Ἀπορίες – Apories, par Panagiotis Grigoriou

Billet invité.

Bonjour Paul,

Même si nos analyses ainsi que nos visions respectives des affaires grecques peuvent parfois être distinctes, nous partageons toutefois cette même attitude, je dirais aporétique, devant les a-pories (au sens propre également… ayant glissé du grec ancien au grec moderne et bien au-delà : impasse, difficulté, embarras, et autant en grec moderne, dénuement économique) de notre temps présent si prolongé. Car en réalité, les affaires grecques sont celles de ce… bas monde, car la Grèce est tout simplement… placée bien devant, sur l’axe paradigmatique de la dernière tournure de la dite méta-modernité en crise. Évidemment, aux handicaps structurels du système politique grec (partitocratie, clientélisme, népotisme…), que l’on retrouve également ailleurs à de proportions différentes, est venu s’ajouter (le… couronnement, le comble comme on dit parfois en Grèce !), le contrôle direct du pays par les « institutions » de la Troïka.

Les gens ici comprennent désormais (et enfin mieux que durant les Trente Glorieuses… tardives en Grèce, 1975-2000), que plus rien ne changera par le système des partis. Ils en sont largement conscients d’ailleurs, comme ils réalisent parfaitement que la Constitution (toute proportion gardée, un texte fondamental relativement satisfaisant en théorie) est annulée (et violée) de fait, par les dirigeants et par la mise en place de l’administration quasi-coloniale de la Troïka. Seule et bien maigre consolation, il me semble (j’espère ne pas me tromper) que les aubedoriens ne se renforceront pas non plus, de manière bien significative.

Ce qui m’inquiète c’est que déjà ceci : la société (grecque) est disloquée, préoccupée comme elle est constamment de son présentéisme de survie.

Ainsi, réagir d’en bas et pouvoir inventer n’est pas (et ne plus tellement) une tâche aisée. La lente spoliation des biens privés (personnels) s’agissant de l’ex-classe moyenne, la criminalisation de l’économie d’en haut et autant d’en bas, ou le cannibalisme social, ne nous facilitent pas ce chemin qui n’est pas encore inventé me semble-t-il…

Toutes mes amitiés cher Paul.

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