Union des savoirs, Guerres et soldats du futur, conférence de Michel Goya, le 14 avril 2021

Voici l’image que Michel Goya, colonel des troupes de marine, a mise sur l’écran lorsqu’on lui a demandé à quoi ressemblerait le soldat du futur. “Comme ceux d’aujourd’hui”, a-t-il répondu, et il a ajouté, avec un soupir : “Ils sont en sandales, ils se battent bien et sont courageux”.

De manière générale, Goya dit “le soldat” dans le sens de “pris au hasard aujourd’hui à la surface du globe”. Sinon il précise : “le soldat français”.

Quelques notes prises au vol.

– La France n’est engagée aujourd’hui que dans des guerres “asymétriques” qui exigeraient pour être gagnées, des troupes d’occupation, ce que le budget des Armées ne permet plus d’envisager.

– La force d’une armée : le nombre de ses réservistes.

– Le recours à des mercenaires n’est pas récent : la guerre française en Indochine fut une guerre de mercenaires d’origine locale.

– Sur les 90 minutes de l’exposé, 20 minutes seulement ont été consacrées au “soldat augmenté” du futur. Goya n’y croit guère : le soldat français de 2020 est le même que celui de 2000 à l’exception de son fusil … qui était déjà disponible en 2000 mais n’était pas déployé pour des raisons budgétaires.

– L’exo-squelette n’a pas tenu ses promesses.

– De toute manière, notre capacité à anticiper est médiocre. Goya montre une mosaïque d’affiches de films anciens censés se dérouler en 2021 : dans aucun n’existent ni l’internet, ni le smartphone.

– 75% des soldats en opération sont dopés.

– Le budget de l’armée oblige à des choix : envoyer sur le terrain un seul robot-soldat suréquipé ou cent soldats moins équipés. Coût actuel de l’armement du fantassin : 42.000 €.

– L’avenir du soldat-femme dans l’armée française ? Plutôt en retrait : le soldat doit être de plus en plus costaud en raison du poids en hausse de l’équipement du fantassin (40 kg). “Une question de gabarit ! Mais la taille moyenne de la femme française aujourd’hui (1,65m) est celle du conscrit de 1870”.

Un vrai plaisir d’écouter un oiseau rare aujourd’hui : la personne qui sait de quoi elle parle 😉 .

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55 réflexions sur « Union des savoirs, Guerres et soldats du futur, conférence de Michel Goya, le 14 avril 2021 »

  1. – “De toute manière, notre capacité à anticiper est médiocre. ”

    Et c’est ainsi qu’on va d’étrange défaite en étrange défaite ! L’épidémie oblige à constater qu’il en va ainsi dans d’autres guerres dans bien d’autres domaines.
    En fait le service de l’Etat évite les esprits innovants. Il faut éviter les idées originales pour faire carrière. Avec un peu de chance ce sera l’enseignement de cette crise mondiale. Mais les autres pays feront de même : une course à la gestion innovante des états est-elle possible ?
    Merci Guillaume Rozier (https://www.lci.fr/societe/rencontre-avec-guillaume-rozier-le-traqueur-de-donnee-sur-le-covid-19-2183418.html)

    1. La future monnaie chinoise, si je ne m’abuse, sera… geselienne. Sa valeur décroissant dans le temps.
      Je sais que Paul n’aime pas l’idée. A tort.
      En ce qui me concerne, quoiqu’elle ne résolve pas tous les pbs, je l’ai tjs trouvée géniale. Elle fixe un cadre à l’intérieur duquel il est moins compliqué de résoudre de nombreux pb, et elle reste cumulable avec bien d’autres dispositifs.

      1. Je sais que Paul n’aime pas l’idée. A tort.

        Vous ne pouvez pas le savoir puisque c’est faux. Renseignez-vous svp : il y a une fonction recherche en haut à droite, j’ai consacré plusieurs dizaines de pages à la question.

  2. A signaler l’excellent blog de Michel Goya https://lavoiedelepee.blogspot.com/

    Je recommande en particulier :

    – “Ce que la peur fait à l’être” ou les effets du stress de combat https://lavoiedelepee.blogspot.com/2021/01/de-la-vie-permanente-pres-de-sa-mort.html

    – “L’équation de la mort – Huit ans de guerre d’usure au Sahel” sur la situation de la guerre de la France contre les djihadistes du Sahel https://lavoiedelepee.blogspot.com/2021/01/lequation-de-la-mort-huit-ans-de-guerre.html

    – “Les enseignements opérationnels de la guerre du Haut-Karabakh” car ce qui indique peut-être le mieux les directions que pourraient prendre les guerres, ce sont celles qui viennent juste d’avoir lieu https://lavoiedelepee.blogspot.com/2020/12/les-enseignements-operationnels-de-la.html

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      1. Je me suis mal exprimé, c’est à propos de celle-ci:
        “Un vrai plaisir d’écouter un oiseau rare aujourd’hui : la personne qui sait de quoi elle parle”

      2. Pour ce qui est de l’efficacité des femmes au combat sur les champs de batailles d’aujourd’hui, je conseille au monsieur de s’intéresser aux YPJ, les unités de protection féminines des kurdes de Syrie dont les premières combattantes (en 2012/2013) ressemblaient beaucoup à ceux de la photo. Mais comme disait une de ces combattantes “je suis une femme et je vis au Moyen-Orient”, ce n’est pas comme si elle avait quelque chose à perdre… Envoyer une gentille petite européenne se suicider sur je ne sais quel théâtre étranger au nom d’on ne sait quelle cause risque d’être plus difficile…

        1. Soyez sûr, Michel Goya connaît assez bien les organisations Kurdes (YPJ et YPG) et leurs accomplissements contre Daech/Isis. Une petite troupe française était à leur côté…

          Concernant les femmes, “on” ne les envoie pas.
          Elles sont volontaires parce qu’elles ont des convictions. Elles s’engagent.
          Elles étaient/sont européennes, canadiennes ou australiennes, en plus des locales, les plus nombreuses.

  3. Pas d’Odyssée de l’espace dans le monde qui s’avance mais de l’eau et de quoi manger seront les points stratégiques à défendre …
    Le retrait des troupes déployées en Afghanistan donne une idée de la gabegie des interventions militaires.

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  4. “75% des soldats en opération sont dopés. ”
    Une constante alors, quasiment toute la Wehrmacht était plus ou moins droguée en 1940/45, les poilus de 14/18 eux carburaient au jaja.
    Actuellement, ils pourraient recruter chez les sportifs professionnels… 🙂

  5. – A noter que Goya place sa réponse dans le scénario où seules des “guerres asymétriques” continueraient d’être menées.

    Ce qui est un scénario possible… du moins en ce qui concerne la France, car de la guerre du Haut-Karabagh en 2020 aux périodiques affrontements indo-pakistanais en passant par la guerre d’Ukraine en 2014-15 et bien sûr la guerre civile en Syrie – et en oubliant pas mal d’autres au passage – les guerres entre armées “plus ou moins” symétriques, avec matériel lourd des deux côtés et lignes de front plutôt que zones d’insurrection… sont tout sauf rares à l’échelle mondiale.

    Et même en ce qui concerne la seule France, les avertissements militaires on ne peut plus clairs que Paris a adressé le mois dernier à Ankara en Méditerranée orientale (1) sont le signe que des guerres “symétriques” restent un scénario tout à fait actuel.

    Quant aux risques de l’avenir, il faudrait parler encore des manœuvres d’intimidation et de contre-intimidation de la Chine et des Etats-Unis autour de Taiwan ces temps-ci, de l’intimidation en cours de Moscou contre Kiev, des risques d’affrontements divers et variés autour du Golfe…

    – S’agissant du budget des armées, il faut rappeler qu’environ la moitié sont constitués des salaires et des pensions. Si le coût de l’équipement individuel du fantassin est de 42 000 €, cela reste une faible partie du total de ses rémunérations au fil des ans (sans compter encore son entraînement, casernement etc.)

    – L’image projetée par Goya est extraite de “Fauda”, une série israélienne sur une unité d’élite chargée de s’infiltrer parmi les combattants arabes palestiniens. Il s’agit donc du cas de guerres asymétriques. Qui nécessitent de fait des effectifs pléthoriques : l’armée de terre israélienne a des effectifs de temps de paix de l’ordre de la moitié de ceux de l’armée de terre russe (133 000 contre 280 000) !

    S’ils s’impliquent directement, les Etats industrialisés ne parviennent à l’emporter dans ce genre de guerres qu’au prix d’efforts très importants. Israël poursuit le contrôle des territoires occupés, mais au prix d’une militarisation poussée de sa société. La Russie l’a emporté en Tchétchénie (1,5 million d’habitants), mais avec le plus grand mal, et encore en acceptant que la région soit sous le contrôle d’un féodal qui reçoit tribut de Moscou et n’applique guère la loi russe (si vous êtes homosexuel à Moscou, il vous faudra seulement renoncer à faire une “gay pride”… si vous êtes homosexuel à Grozny, fuyez et vite !). La France l’emportera peut-être dans le Sahel, mais au bout de nombreuses années et contre des groupes djihadistes pas si nombreux. La Turquie ne contient l’indépendantisme kurde en Anatolie de l’est qu’au prix d’un effort militaire important et sans fin apparente à terme prévisible. Les Etats-Unis ne l’ont emporté ni en Irak ni en Afghanistan.

    La tendance est donc de ne s’impliquer autant que possible qu’indirectement. L’Etat islamique a été vaincu en Irak et Syrie essentiellement par l’armée irakienne et les forces kurdes, Américains et autres (Français par exemple) se concentrant sur la force aérienne.

    Enfin, il n’est pas exclu que tôt ou tard la tentation du génocide ne pointe à nouveau le bout de son nez. Le choix stratégique pourrait être résumé par cette formule : “Nuke’em, bribe’em, or leave’em the hell alone!” (Atomisez-les, achetez-les ou fichez leur la paix)

    Le premier terme n’a à ce jour été choisi par aucun Etat industrialisé. C’est la Chine qui s’en approche évidemment le plus, mais ce qui se passe au Xinjiang n’est pas un génocide : si vous maintenez dans la terreur une population, détruisez ses monuments, interdisez sa culture et placez une bonne partie d’entre eux dans des camps de lavage de cerveau, cette population n’a pas été massacrée.

    Mais la version “light” du génocide que représente l’épuration ethnique (ou religieuse) est assez courante : Yougoslavie dans les années 1990, Irak dans les années 2000, Syrie dans les années 2010, et à plus petite échelle en 2020 au Haut-Karabagh, et à plus grande échelle dans les années 2000 dans l’Afrique des grands lacs…

    Elle n’est pratiquée que par des pays qui ne sont pas des puissances industrielles majeures. Il reste à souhaiter que cela continue…

    (1) Voir http://www.opex360.com/2021/03/18/les-armees-francaises-ont-fait-une-demonstration-de-force-en-mediterranee-orientale/ ainsi que http://www.opex360.com/2021/03/19/mediterranee-les-forces-francaises-envoient-un-second-message-avec-un-exercice-de-lutte-anti-navire/

  6. Dans les années 80, je ne sais plus quel marchand d’armes à qui on présentait un de ces modèles de soldat du futur avait répliqué, “tout ça va être très pratique pour courir après des sauvages en pagnes armés de kalachnikov”. Faut croire que le gars était un peu plus clairvoyant que le stratège français moyen. Surprenant comme les Français ont toujours l’air de découvrir le monde dans lequel ils vivent…

  7. A propos de guerres, et autre “opium” de peuples souhaités “guerriers”, les médias mainstream n’ont-ils pas donné un autre son de “cloches” aujourd’hui… comme hier… que votre prise de hauteur ?

    “En ce jour solennel”.

    “Alors qu’il paraît qu’il n’y a pas de diversion sur-médiatisée politiquement, “culturellement et cultuellement” derrière les reportages tournant en boucle dans les chaînes d’info en continue, l’avancée des travaux de la cathédrale de Notre Dame de Paris incendiée, et alors “qu’en même temps” la proposition de loi “Sécurité globale” a été votée définitivement par l’Assemblée nationale aujourd’hui… n’est-il pas étrange – du genre deux poids deux mesures” – qu’une plainte pour diffusion d’images authentifiant (tirées des “réseaux sociaux” FB), deux policiers de la brigade de nuit, collées sur “les murs d’un immeuble et dans les halls” d’une bâtisse de Epinay-sur-Seine en Seine Saint-Denis, ouvre “une enquête préliminaire” auprès du “parquet de Bobigny pour actes d’intimidation et confiée à la Sûreté départementale”… alors qu’aucune enquête, ni même plainte – y compris des forces et alliances de la Gauche – pour les même motifs d’intimidation aient à ce jour été ouverte, portée, pour les faits de manifestations nocturnes récidivistes… de policiers – du syndicat d’extrême droite d’Alliance – commises en pleine nuit, toutes sirènes hurlantes et gyrophares allumés, dans la même localité, jusqu’à des occupations illégales de l’arc de Triomphe, etc…?

    Faut-il s’étonner après, entendre dire que les “temps de cerveaux disponibles” qu’à vouer un “culte féroce” à la seule “DICTATURE des émotions” capable de “rassurer” les doutes, incertitudes… de leur “ras le bol fiscal”, “poujadisme”, “bas instincts” ne sont perméables qu’aux discours du genre “ce qui ne se voit pas ne fait pas peur”, tenus par l’extrême droite, droite extrême, les “chiens de garde”, et même par une partie de la macronie… qu’il s’agisse du nuage radioactif s’étant arrêté à la frontière du pays… à la suite de l’explosion de celle de Tchernobyl… ou du relargage des eaux usées et radioactives de la centrale de Fukushima, pollution hyper-toxique pour l’environnement, la faune, flore et biodiversité nourrissant les populations locales…. pollution qu’il est envisagé de vider dans l’océan… qu’il s’agisse du coronavirus nommé covid-19 que les Trumpistes asymptomatiques mais contagieux, fraichement vaccinés mais aussi contaminateurs (incluant l’extrême droite et droite extrême occidentale) osent considérer pour les morts, comme des “perdant.e.s”, pour parler des décès après infection létale, quand ils préfèrent s’inquiéter et plaindre que les vies predues de celles et ceux “qui n’auront pas pu faire d’argent”…

    La liste exhaustive des dangers, risques, qui ne se voyant pas, n’ont aucune raison d’inquiéter dans l’immédiateté les esprits décérébrés (dérèglement climatique, guerres monétaires, commerciales, de “civilisations”, cybernétique, etc. D’après vous combien les “milliardaires français” venant au secours de leur image de marque en sauvant NDP, sont prêts à mettre en investissement privé, en hausse d’impôts sur leur fortune, et autres impôts de production de société concernant leur activité… pour démanteler des centrales nucléaires au bord de l’effondrement, pour retraiter des déchets dont la pollution et radioactivité durera des milliers d’années…?) étant trop longue dans les analogies à développer, vous avez suffisamment d’imagination pour lui laisser libre court.

    Mais au fait, est-ce à ce genre de risque de sombrer dans une société de “délation” que faisait référence le “Grade des Sceaux” (qui me semble être plus “représentatif” des dirigeant.e.s du public/privé d’une “république bananière” se demandant comment lutter contre la menace de justice sociale et “sociétale), ces jours derniers, pour revenir aux moutons devant juger le “deux poids deux mesures” des plaintes pour “intimidation” déposées… et celles laissant dans l’indifférence, “l’accoutumance”, “l’acceptabilité”, des “temps de cerveaux disponibles”, des esprits en état de faiblesse parce qu’ostracisés, tétanisés par la peur, et autre arme de dissuasion…?”

    Il paraît qu’une actu en chasse l’autre. Mais est-ce réellement le cas, quand les corrélations entre le traitement médiatique de l’actu d’hier ne peuvent effacer un fil rouge résistant…?

    “Le refrain de « qui va payer les 424 milliards d’euros » d’explosion des dettes publiques, à la suite d’une gestion d’une crise sanitaire plus néolibérale que « sociale » voir “sociétale” si on se réfère à ce que subissent les populations vivant dans les inégalités territoriales, scolaires (Seine Saint Denis par exemple), est entonné en chœur dans les médias mainstream… ou y bat le « cœur » de l’extrême « droitisation de la société ».

    Le couplet des élections locales et bientôt présidentielles donnant le ton, les esgourdes des « temps de cerveaux disponibles » sont tout ouïe aux résonnements des sons de cloches de la « religion féroce »… Pendant que les doutes, incertitudes de leur « ras le bol fiscal », « poujadisme » dénaturent leur rationalité jusqu’à la déraison, la « DICTATURE des émotions » vient les “rassurer” en donnant le là…

    L’ambiance « rassuriste » mélodieuse, ne souffre d’aucune fausse note. Le pessimisme décriant « l’immorale optimisation fiscale » des propriétaires privés d’entreprises, d’actions, n’ayant jamais été autant assistés sans contrepartie qu’à « l’occasion », « l’aubaine » de cette gestion de crise… et son pendant, l’explosion des inégalités, de la précarité et pauvreté, à l’autre bout de l’échelle sociale, n’ont pas de partition à jouer… Qu’ils s’abstiennent (même de voter) au pire, ou fassent de l’absentéisme au mieux.

    Ni le refrain, ni même un couplet, ne laisse entendre la réalité des faits au sujet du sort fatal réservé aux « inégalités de destin » (NON RECOURS, soit non redistribution du soit disant « pognon de dingue mis dans les minimas sociaux, qui fait que les pauvres le restent et se déresponsabilisent »)… Les queues d’étudiant.e.s, et les cortèges de mendiant.e.s mourant encore dans les rues des grandes agglos… rejoignent les rangs de la “règle du silence est d’or”… où y succombent déjà les réfugié.e.s refoulé.e.s…

    « L’Harmonisation » des « cœurs » de l’imaginaire du pays de la déclaration universelle des droits de « l’Homme et du citoyen », déclaration défunte, assassinée par le mythe d’un pays qui prône « Que le meilleur gagne »… harmonisation alignant les tonalités au moins disant moral, social, fiscal, environnemental, ne chantent pas à l’unisson, en toute solidarité, fraternité… la partition des plus pauvres de la population, subissant le plus de « discriminations systémiques » (à l’embauche, dans l’accès aux logements, dans les brutalités commises, lors de contrôles aux faciès, « manifestations interdites », par une partie des 50 % du personnel du « monopole de la légitime violence de l’Etat », votant pour l’extrême droite).

    “L’unanimisme” du concert de l’extrême “droitisation de la société” “assimile” à la perfection l’étouffement, le dénigrement, des pires injustices, inégalités… comme jadis sur le Titanic, lorsque l’orchestre joua à tue tête jusqu’à la fin, l’embarquement chahuté des passagers de première classe, sur un nombre de chaloupes insuffisant… alors qu’en fond de cale se noyaient les premiers-ères de corvées avec leurs enfants, familles.

    Pendant combien de temps encore les petits enfants, les arrières petits enfants… des plus pauvres (Il faut 6 générations, pour que la descendance des plus pauvres puissent espérer trouver une place dans la file d’attente de « l’escalier social » aussi effondré qu’encombré) vont devoir payer des dettes publiques, déficits, « réformes structurelles », l’austérité… en plus des risques d’un dérèglement climatique, de la perte de la biodiversité, des guerres de civilisations, monétaires commerciales… pouvant raccourcir drastiquement et dramatiquement le “bénéfice” de ce délais de 6 générations (il resterait que trois générations à l’espèce humaine, si le rythme du consumérisme de plus trois planètes par an pour notre modèle de croissance épuisant des le mois de juillet de chaque année toutes les ressources renouvelables, n’est pas arrêté immédiatement)… ?

    Pendant combien de décennies les plus pauvres, vont devoir payer un « ruissellement » actuel de plus valus, de stock-options, retraites chapeaux, salaires variables… et leurs flat tax, baisses d’impôts de production, de société, baisse de cotisations sociales patronales, et de l’ISF… qui n’investissent en rien dans le combat contre les inégalités, la pauvreté, la précarité, que doivent mener des services publics d’un « État providence » digne de ce nom… d’annulations de dettes fiscales, sociales, des propriétaires privés d’entreprises… qui se redistribuent des dividendes plus qu’indécents quand ils se font sur les ventes et hausse de prix de « vaccins… » manquant cruellement, sur les stocks gérés en flux tendu de masques, respirateurs, médicaments, gants, blouses, denrées alimentaires… et ne promettent comme emploi du « monde d’après demain”, que le « retour des jours heureux » de ceux « ubérisables », de ceux qu’effectuent des robots, caisses automatiques de supermarchés, des IA (Trading Haute Fréquence)… des services publics digitalisés, privatisés… et défiscalisés, puis désocialisés… mais surtout de ceux effectués par des CSP+ en “télétravail” aux Îles Canaries par exemple durant les période de confinement ?”

    Hier encore, dans les médias de masse, la nostalgie du “c’était mieux avant” semblait faire écho à la rhétorique du “on est chez nous”…

    “Quel autre qualificatif que « catastrophe naturelle » et son cortège « d’aides d’exceptions » devenant la règle… devra être employé par le politique et son acolyte « scientiste » (quelque peu « nihiliste », « négationniste ») lorsqu’il sera rendu compte/conte que le dérèglement climatique et la perte de la biodiversité étant actées, constatables et mesurables toutes deux, la question devra être posée en terme autre ; comme celui de continuer de subventionner des productions privées de produits de luxe (grands crus viticoles, truffes, etc) « exportables »… ?

    Il est défendu aujourd’hui sur une chaîne du service public audiovisuel (« C dans l’air » formaté par le groupe de com’ privé, Lagardère) l’idée que l’épisode de gèle des derniers jours ayant fait grands bruits et presses, sur tous les canaux, est de l’ordre d’une « catastrophe naturelle séculaire ». Tirant ce constat de la bouche d’un « communicant de l’Élysée », « l’autorité » du propos ne semble pas remettre en cause, le fait que des températures élevées pour la saison (ayant par ailleurs réveillé les hormones d’un déconfinement à éjaculer précocement, sur les ondes…) ayant eu lieu avant l’épisode de grand gèle, avait perturbé prématurément les écosystèmes artificiels au point de les avoir fait germer, bourgeonner, avant l’heure.

    Plus que de l’ordre d’un supposé épisode « naturel catastrophique » pour les cultures saisonnières (comestibles mais aussi en terme de « l’exception culture à la Française » culinaires quoi) ayant besoin d’un climat tempéré, il semble apparaître dans cet épisode différenciant dans le domaine de « l’acceptabilité » : ce qui est de l’ordre de « l’aubaine » pour la saison si avancée qu’il faut déconfiner les décolletés, et autres hormones… de ce qui est du domaine de « l’insupportable », « injuste », quand après avoir été autant allumé de promesses, la douche froide vient glacer les espoirs libidineux les plus chauds et les aphrodisiaques y aidant… il semble apparaître donc dans ce cette hiérarchisation inversée des valeurs morales traitées et ce signal faible du dérèglement climatique… que s’il n’est pas possible de profiter durablement et immédiatement d’un printemps précoce, qu’au moins « l’État providence » vienne en aide à celles et ceux profitant des « aides d’exceptions » (en refusant de payer plus des assurances privées) accordées aux produits de luxe… en toutes saisons…

    Il est inquiétant que ne soit alors abordé les conséquences politiques, à moyen et long terme d’un pareil traitement du probable effet durable du dérèglement climatique, en région tempérée, et de la perte de biodiversité (pesticides, herbicides, etc etc) sur les cultures saisonnières, devant nourrir les moins bien lotis, de la hausse des prix des denrées alimentaires, et des dépenses contraintes pesant toujours lourdement sur le pouvoir d’achat des plus pauvres, étudiant.e.s faisant la queue devant les guichet d’assoc… hausse des prix par rapport à la gestion en flux tendu des pénuries à venir… quand en guise de solution, la distribution par la GRATUITE de ces produits de premières nécessités (« 5 fruits et légumes par jour ») devant satisfaire nos besoins existentiels, élémentaires, et donc la nationalisation (ou au mieux une “planification”… ) d’une partie de la production alimentaire, serait nous prémunir à l’avenir de la rapacité des « marchés » (actionnaires et « grands partons » de l’agroalimentaire et de la « grande distribution »), laissant aux riches, le soin de s’assurer seuls leurs envies de luxe et luxure (grands crus, etc) nous évitant d’avoir à “socialiser” leurs risques, en déplorant de devoir “privatiser” leurs bénéfices s’exonérant toujours de contribuer fiscalement, moralement socialement… à l’intérêt général…

    Ce même genre d’inquiétude peut être soulevé par rapport aux inondations, et autres « tempêtes d’exceptions », grandes crues, se produisant sur des littoraux, etc, ou seuls des grandes villas luxueuses envahissent les paysages, restreignent les accès à l’espace public…. et par rapport à l’accès à l’eau potable dans les régions agricoles, ou les sécheresses vont devenir monnaie courante.”

  8. Les 4 patibulaires sur la photo sont issus de “Fauda” ( ce qui a déjà été signalé par un intervenant) , une excellente série cinématographiquement parlant sur une unité anti-terroriste des services secrets israëliens, tous parfaitement arabophones . Ils ne sont pas en sandales , et ont les moyens technologiques dernier cri à leur disposition avec la puissance d’un état en soutien . Curieux que Goya nous sorte cet exemple . Mais c’est vrai qu’un militaire mettra toujours plus l’accent sur le “moral” et la ” détermination” avec une kalach rouillée que sur la “technologie” servie par des mercenaires . Comme disait mon chef d’escadron lors de manoeuvres avec-l’Otan-sans-être-dans-l’Otan , les T34 qui sont entrés dans Berlin étaient déjà démodés ( mes salutations respectueuses à 40 ans de distance mon capitaine, il semble que l’armée a longtemps été le refuge de certaines âmes exceptionnelles )

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    1. @minod
      S’il en est ainsi, en quelque sorte il s’agit d’agents infiltrés dans une guerre civile.
      Un peu comme des provocateurs (RG ou blackblocks) dans une manifestation de gilets jaunes.
      Ou peut être en plus militaire l’analogue des jeunes européens allemands envoyés sous l’égide d’Otto Skorzeny en uniforme des troupes d’invasion US pour les désorganiser à la fin de la guerre et une fois démasqués et fait prisonniers exécutés sur le champ.

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  9. Disons que nous en sommes au stade des Blériot XI ou des Nieuport, celui des très vulnérables, très lentes, très bruyantes libellules à l’autonomie limitée, dont on ne sait trop quoi faire et dont seuls quelques-uns imaginent qu’elles pourront façonner prochainement le champ de bataille (ou plutôt la « ville de bataille » puisque la majorité de la population de la planète vit maintenant dans des villes).

    L’excellent colonel Goya appartient à « La Colo », les troupes de marine dont la vocation première est depuis la fin de l’empire coloniale d’être projetées principalement en Afrique, mais pas que, pensons à l’ex-Yougoslavie, dans le cadre de conflits asymétriques.

    Interrogé sur le même sujet, un aviateur ou un marin qui servent des armes extrêmement techniques auraient sans nul doute apportés un éclairage différent.

    https://youtu.be/fiLorY7VzmM

    S’il ne faut pas beaucoup d’imagination pour imaginer des machines plus performantes, létales, coopératives, incluant des degrés d’autonomie autorisant l’ouverture du feu sur des êtres humains, les apports et changements apportés par l’IA sont par contre beaucoup plus difficiles à appréhender pour les niveaux opératif et stratégique. Même si la chose est moins spectaculaire que le « robot-tueur », l’IA bouleverse déjà le travail des états-majors, ne serait-ce que par la force brute de la quantité de données qu’elle est capable de gérer.

    D’un point de vue tactique il n’est déjà plus absurde d’imaginer des soldats « sous cloche », loin d’un champ de bataille où règnent des essaims de machines. Cela pose de très réels problèmes moraux et juridiques, -même s’il est bien connu qu’à la guerre ce qui est possible à tendance à devenir obligatoire-, mais qui ne sont rien en comparaison des problèmes posés par une IA stratégique de niveau État-major des armées. Peut-on confier le destin d’une nation à une boite noire dont on ne comprend que très partiellement le processus de décision, mais dont la rapidité de réaction et le « coup d’œil » proprement jupitérien deviennent une condition sine qua non de la victoire ?

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    1. Deux développements récents notables au sujet des robots de combat :

      – La Russie a annoncé la création d’une première unité de combat terrestre entièrement robotisée à fins expérimentales (1)

      Elle sera dotée dans un premier temps de 20 véhicules de combat Uran-9, des blindés relativement petits, déjà testés en Syrie, capables d’évoluer en autonome mais aussi téléguidés par un opérateur, qui est seul à pouvoir ordonner l’ouverture du feu.

      Cette limite est probablement obligée aujourd’hui, afin que l’être humain puisse confirmer que la cible est bien la bonne. Elle correspond aussi à un “tabou”, le tabou contre les robots tueurs. Tabou dont la France a affirmé qu’elle continuerait à le respecter, que l’homme garderait toujours l’ “autorité de feu”, et la Russie semble ne pas objecter, du moins pour l’instant. Mais il n’est pas certain que ce tabou tienne indéfiniment

      – D’autant que la Turquie semble bien avoir fait l’Histoire en Libye en 2020 en ordonnant la première utilisation de robots tueurs autonomes dans une vraie guerre, avec les drones suicide vagabonds Kargu-2. La chose a été confirmée par un rapport de l’ONU (2)

      On remerciera bien chaleureusement M. Erdogan d’innover, et de ne pas se laisser arrêter par des tabous probablement surannés. Ne faut-il pas briser les tabous et faire tomber les préjugés ?

      Voici une petite vidéo “sympathique” présentant un essai du Kargu-2 (3) Inutile sans doute de souligner que si les mannequins avaient été remplacés par des êtres humains, ceux-ci auraient eu de petits problèmes de santé.

      (1) http://www.opex360.com/2021/04/12/le-ministere-russe-de-la-defense-annonce-la-creation-dune-unite-entierement-robotisee/
      (2) http://www.opex360.com/2021/03/17/un-rapport-de-lonu-confirme-lutilisation-de-systemes-darmes-letaux-autonomes-turcs-en-libye/
      (3) https://youtu.be/eniLObVuZ_U

      1. Les drones suicides et munitions rodeuses ne peuvent encore prétendre à l’autonomie de décision. Ils sont programmés pour frapper les cibles repérées, même en déplacement, ou patrouiller un secteur prédéterminé pour y traiter les objectifs d’opportunité correspondant à leur banque d’images.

        La vraie rupture viendra lorsque ces machines intégreront des schémas tactiques ouverts leur permettant de manœuvrer comme des unités habitées, avec une véritable intentionnalité : ne plus taper “bêtement” mais contraindre l’évolution de l’adversaire pour maximaliser l’effet des frappes avec des effets portant sur l’ensemble d’un front.

        1. “traiter les objectifs d’opportunité correspondant à leur banque d’images”

          Ce cas correspond justement à l’attribution à une machine de l’ “autorité de feu”. C’est elle qui décide qu’ici se trouve une cible à détruire, sans validation préalable par un être humain.

          Et les hommes qui ont lancé le drone rôdeur ne savaient pas à l’avance qui il frapperait. C’est la différence avec un missile même autoguidé.

          Sans doute, il n’y a pas encore vraiment d’IA dans ce drone, et certainement pas de manœuvre tactique à plusieurs robots ni d’adaptation aux tactiques détectées chez l’adversaire. Cela viendra peut-être un jour.

          Mais déjà il a l’autorité de feu. Pour la première fois semble-t-il de l’histoire humaine…

          Un grand merci au président turc, vraiment.

          1. « Mais déjà il a l’autorité de feu. Pour la première fois semble-t-il de l’histoire humaine… Un grand merci au président turc, vraiment. »

            Une munition rôdeuse ou un drone kamikaze fonctionnent selon un programme préétabli ce qui en fait en réalité des automates. Des automates certes sophistiqués, notamment par la gamme des capteurs utilisés qui permettent des discriminations d’objectifs de plus en plus fines en dépit de conditions météos contraires ou lorsque le spectre électromagnétique est disputé, mais encore bien loin de ce que l’on attend d’une IA autonome qui elle, doit être capable de trouver ses propres solutions en fonction de la mission confiée et de la situation tactique. Le tout en collaboration avec des humains et d’autres IA. Une arme autonome -comme le sont les mines terrestres et maritimes depuis des lustres-, n’est donc pas forcément synonyme de robot.

            Quant à la délégation du feu à des automates sophistiqués, il ne semble pas que la Turquie ait innové dans le domaine (même s’il y a bel et bien innovation tactique dans l’emploi). Cette délégation existe par exemple depuis les années soixante/ soixante-dix pour les torpilles, dont aujourd’hui les modèles les plus avancés n’ont plus rien à envier à la missilerie. Avec entre autres exemples, la possibilité d’ignorer certaines cibles et de se poser sur les hauts fonds dans l’attente d’une cible à haute valeur (elle laissera passer une frégate mais s’activera contre un porte-avion).

            1. Il y a longtemps on avait la fosse dont le fond était tapissé de pointes acérées, et le dessus recouvert d’un fin mélange de branchages et de feuilles pour créer un piège mortel, comme le piège à collet ou à mâchoires pour paralyser l’intrus. Dans le même genre, automate de protection, on a le fusil de chasse dont la gâchette est reliée à la poignée de porte d’entrée par une ficelle et qui s’active quand tu tires la porte ! Comme quoi le procédé n’est pas très neuf, juste il est plus mobile…

              1
        2. @Roberto Boulant
          A l’inverse les unitées habitées sont conditionnées pour ne pas avoir l’autonomie de décision.
          Un pilote de chasse lors de la bataille d’Angleterre pouvait l’avoir, mais l’équipage de l’Enola Gae, des Squadron de bombardement vers Dresde étaient programmés pour frapper les cibles repérées, comme les équipages de SNLE.
          Plus intéressant est l’IA qui extrait les cibles des images satellitaires pour les proposer sans autres éléments de décision à l’autorité décisionnaire du traitement.
          Ou les modèles de simulation (avec leurs biais et limitations) qui peuvent être joués et entrainent sur la base de leurs résultats les décisions stratégiques ou tactiques.
          (y compris en épidémiologie et avec la volonté de s’en extraire)

          1. En fait -et ce n’est pas spécifique aux seules organisations militaires-, l’autonomie de décision ne peut avoir lieu que dans un cadre défini par une hiérarchie. Dans l’armée cela se traduit par des missions qui doivent être accomplie « quoi qu’il en coûte » et l’autonomie de décision laissée aux échelons subalternes ne concerne que les modes et moyens de parvenir à atteindre l’objectif.

            La guerre germano-soviétique en offre un exemple quasi-caricatural dans ses premières phases, avec d’un côté des ordres soviétiques extrêmement détaillés et précis donnés aux chefs tactiques (occuper le point A à 1430 en étant passé par le point B à 1200 et le point C à 1100), alors que les ordres allemands, infiniment moins détaillés, donnaient des objectifs (pousser vers tel point) et avaient surtout pour but d’exprimer « les intentions » du chef, ce qui laissait l’initiative de décision aux subordonnés. Comme le disait Mon Général, la guerre est affaire de contingence, ce qui signifie que ce sont les hommes sur le terrain qui sont à même de prendre les meilleures décisions pour remplir la mission quand le chaos s’installe.

            L’autonomie de niveau tactique, que ce soit celle d’un humain ou d’une IA, consiste à savoir innover -pour surprendre- en fonction des facteurs externes (météo, type de terrains, connaissance du dispositif et des moyens adverses) et internes (connaissance de ses propres forces et faiblesses), afin de remplir la mission. Le tout bien sûr dans le fameux brouillard de guerre (connaissance et rationalité limitées, voire erronées) et la friction (la contingence de Mon Général).

            1. Autre exemple caricatural, le plan de l’offensive Nivelle sur le Chemin des Dames en 1917 (objectifs à atteindre à J+1, J+2). Échec sanglant. L’année suivante, les Allemands ont franchi cette position en quelques jours avec des unités légères, souples et avec plus d’autonomie (les Sturmtruppen).

            1. Pour venir jusque dans les Pyrénées, il sera plus facile de déployer des drones que de larguer des T34 en parachute ! 😁
              Et puis les T34 aiment la plaine, beaucoup moins les montagnes. Alors que les drones…. 😕

        1. Toujours drôle de voir comment ces engins, dans la fiction, défient les lois de la gravité 😉
          C’est tellement facile au cinéma (comme l’autre zozo qui traverse un trou noir sans dommages)

            1. Ouille mauvais exemple ! le pauvre Franky Zapata s’est tué lors d’un meeting.

              Heureusement, la technologie n’a pas dit son dernier mot et cocorico, le blindé français lévitant au-dessus du sol existe ! Il s’appelle le Chalençon :

              https://youtu.be/OujhpqKUAHA

              1. Euh Roberto,

                Je pense que tu confonds avec Emiliano Zapata, bien mort lui mais sans rapport avec la gravité, ou alors Vincent Reffet…

                Quant à Zapata, Franky de son prénom, il respire toujours à l’heure où l’on parle.

                1. Oups ! Dézôlé, j’espère que Franky Zapata ne lira pas ces lignes, ça doit faire un choc d’apprendre qu’on est mort…

      2. ” la Turquie semble bien avoir fait l’Histoire en Libye en 2020 en ordonnant la première utilisation de robots tueurs autonomes dans une vraie guerre, avec les drones suicide vagabonds Kargu-2″

        Les V1 d’Adolf Hitler étaient nettement plus primitifs que tout ce qu’on a fait depuis dans le même genre mais c’était finalement exactement la même idée (ça a en fait vraiment commencé avec le canon d’artillerie.)

        Il y a deux manières de faire la guerre: l’ancienne, en s’exposant directement aux coups de l’adversaire et celle où on se tient le plus loin possible des adversaires (et tant pis si on sait pas toujours très bien sur qui ça va tomber.)

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    2. “Peut-on confier le destin d’une nation à une boite noire dont on ne comprend que très partiellement le processus de décision, mais dont la rapidité de réaction et le « coup d’œil » proprement jupitérien deviennent une condition sine qua non de la victoire ?”
      ou de la défaite ? surtout s’il est humain !

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      1. Si les progrès de l’IA militaire finissent par rendre obligatoire l’acceptation de ses décisions en ravalant les états-majors au statut de frictions, d’actes de ralentissement de son processus décisionnel, alors la guerre change de statut : elle ne peut plus être l’art de garder sa liberté, car celui des adversaires qui aura le plus de chance de gagner sera paradoxalement celui qui décidera de remettre totalement sa liberté de décision à l’IA.

        1. En même temps , la guerre n’est pas une affaire de sondage .
          Depuis l’affaire Goliath , celui qui est censé avoir le plus de chance de gagner n’est pas toujours celui qui gagne effectivement .

          1. Absolument ! Les étasuniens qui ont les armées les plus grosses et technologiques qui soient sont même passés maitres dans l’art de gagner toutes les batailles pour perdre les guerres.

            Même si nous en sommes encore très loin, disons au stade de la SF réaliste, si une éventuelle (prévisible ?) IA de niveau EMA atteint l’équivalent militaire du niveau AlphaZero avec une autorité directe sur des masses robotiques, le triptyque vitesse/conscience situationnelle et « bibliothèque » des batailles et guerres passées risque de faire très très mal.

            À tel point que l’on ne voit pas ce qui serait en mesure de s’y opposer à part une IA de même force.

            1. « À tel point que l’on ne voit pas ce qui serait en mesure de s’y opposer à part une IA de même force. « .

              De Bayard en passant par le cheval de Troie …toujours la même erreur qui donne la victoire à ceux que l’on imagine vaincus par avance.
              La violence est un jeu de dupes.

              1. Sur le plan moral vous avez mille fois raison, la violence est un jeu de dupe.

                Sur le plan pratique, je ne suis pas sûr qu’une chaine de l’amitié en se tenant tous par la main pour empêcher les panzerdivisionen d’envahir le pays en mai 40 eut été très efficace. Je ne sais pas si le Mal avec une majuscule existe, mais il faut bien reconnaitre que certains bipèdes et leur régime font des efforts tout à fait méritoires pour y ressembler.

                Sur le plan anthropologique, l’IA n’est en rien comparable à l’humain dans sa prise de décision, elle est fondamentalement différente comme elle l’a prouvé aux Échecs ou au Go. À partir d’un certain niveau de son développement, la question de la comparaison avec les performances humaines ne se pose même plus.

                1. Fatalité que l’obligation pour l’être humain de s’intégrer à une société où il n’a pas choisit de naître, où sa survie passe par la mort de l’autre.
                  La guerre, ce Moment crucial où l’intelligence humaine se met en coma artificiel…

                   Une course à l’armement qui n’a pas de fin , et des budgets militaires exponentiels , autant de moyens en moins pour la santé , l’éducation , la recherche , l’écologie , le futur …
                  Pas de traces de réelle intelligence dans ces comportements qui prônent le toujours plus de violence.

                  Les guerres commerciales sont de celles qui ne disent pas leurs noms , que l’on pratique sans même sans rendre compte . De celles où les combattants ne savent même pas qui est l’adversaire .
                  Le guerrier qui détruit tout sur son passage est aujourd’hui en costume cravate , et son arme est l’argent.
                  Quel sera son terrain de jeux dans le futur ?
                  Le dire serait l’inspirer , si déjà le monde survit au délire de la négation de l’interconnexion des peuples.

  10. Bonjour

    Robot armé, robot chien, robot mule ou de reconnaissance… Un exercice de l’Ecole militaire interarmes de Saint-Cyr a testé en conditions réelles, fin mars 2021 , l’apport d’engins robotisés aux opérations militaires. Un avant-goût de la guerre de demain.

    C’est à Coëtquidan Morbihan

    https://www.challenges.fr/entreprise/defense/l-armee-de-terre-teste-le-combat-robotise-du-futur_760206

    Regarder la vidéo.

    https://www.nexter-group.fr/sites/default/files/fichiers-catalogue-produit/OPTIO.pdf

    1
    1. Le Robot OPTIO X20

      Puissance de feu :

      1- Tourelleau téléopéré ARX®20
      2- Armement principal : Canon Mit. 20M621- 20X102
      standard OTAN
      3- Armement secondaire : Mitrailleuse MAG 58
      (optionnelle) – 7,62 x 51 standard OTAN
      4- Cadence de tir :
      • Canon 20M621 : 750cps/min
      • Mag 58 : 800cps/min
      5- Portée efficace:
      • Canon 20M621 : 1600m
      • Mag 58 : 800m
      6- Emport en munitions
      • Canon 20M621 : 100cps
      • Mag 58 : 300cps
      7 – Pointage en site : +60° – 5°
      Pointage en gisement : N X 360°
      8- Visée gyrostabilisée en site et gisement
      9- Optronique
      • Caméra diurne couleur/nocturne infrarouge non
      refroidie
      • Télémètre laser

  11. Bonjour,
    La photo illustrant le post est extraite de la série israélienne Netflix intutulée FAUDA.
    Très bonne série au deumeurant pour ceux qui ne rechignent pas à la violence XXL. Les “guerriers” appartiennent aus services secrets israéliens. A bon entendeur…

  12. La liberté de parole et d’écriture par un officier opérationnel, qui est aussi Docteur en histoire, est très précieuse.

    Disant cela, je me réfère au livre du Capitaine de Vaisseau de la Marine Suédoise Lars Wedin, «Marianne et Athéna La pensée militaire française du 18.ième siècle à nos jours» Economica -2011 . Selon ses observations, nos défaites de 1870 et après sont associées à la paresse intellectuelle des officiers supérieurs et généraux par coupure avec l’opinion publique. Pour lutter contre tous les dogmatismes, il faut donc interpeller cet opinion publique et… l’Université. Au 18ième et suivant, les intellectuels et les salons où l’on réfléchissait ne dérogeaient pas quand ils analysaient avec passion les écrits de Guibert , Turpin de Crissé, Folard et bien d’autres. Il faut réveiller ce courant intellectuel.
    Les interrogations concernant la Défense sont l’affaire de tous les citoyens. Contrairement à ce que l’on pourrait penser les questions de tactique supérieure et de stratégie ont de quoi alimenter les grand esprits qui voudraient s’y intéresser. Les universités britanniques et US l’ont compris depuis longtemps. Leurs productions sont nombreuses et d’ailleurs de qualités inégales.

    L’intérêt du Colonel Goya en tant que personne réside dans sa formation et sa pratique: c’est un combattant expérimenté, peu susceptible d’abstractions fumeuses. Il n’est donc pas étonnant qu’il soit sceptique quant aux modes qui voudraient ‘électroniser’ le combattant.

    De même que le plan d’opération est la première victime quand les combats commencent, tous les accessoires dont on voudrait supplémenter le combattant seront les premiers à l’empêtrer et le trahir. Ces trucs de haute technologie ont des faiblesses invisibles du fond d’un fauteuil. Ils font faux bond précisément quand le besoin s’en fait sentir, ainsi que l’a noté un Colonel commandant une batterie d’artillerie en Irak, en tandem avec une unité US et utilisant ses moyens. A cet égard, les délires technologiques des films dits de guerre et les jeux vidéos ne rendent pas service.

    Il convient d’admettre que l’ Aviation et la Marine, armées techniques par excellence, ne présentent pas les mêmes handicaps face à des matériels mal pensés. (Je l’espère pour elles).

    C’est ma conviction que nous n’aurons pas de guerre en Europe du fait des Russes dans les 15 ans avenir. Cependant, nous avons toutes raisons de maintenir notre vigilance. Participe de cette vigilance la veille technologique en améliorant notre matériel terrestre lourd, tel que blindés et engins chenillés. En effet, des faiblesses en guerre de haute intensité ne pardonneraient pas. Remarquons qu’au plan géographique, et pour la première fois dans notre histoire, la France serait en seconde ligne, si la confrontation restait cantonnée au classique non nucléaire.

    Pas de guerre prévisible en Europe mais des opérations hors métropole ou sous l’égide de l’ONU sont possibles et d’ailleurs en cours. C’est dire que l’homme combattant au plus près l’ennemi garde toute sa valeur. Protéger ce combattant, lui donner confiance et le rendre efficace demande d’autre efforts d’équipement et de formation que des gadgets. A protection égale, il faudrait l’alléger. Les pensées qui voudraient une profusion de matériel de toute nature sont celles de paresseux. L’adaptabilité, l’inventivité, la souplesse intellectuelle et aussi bien courage sont des ingrédients autrement indispensables. Cette réflexion prend tout son sens au moment où l’armée US évacue un Afghanistan dévasté…

    On notera que des opérations -souvent celles sous la responsabilité de l’ONU- réclament un engagement restreint et contrôlé, suivi d’un contact tout à fait pacifique avec la population civile. Il semble que l’Armée française soit efficace dans ce domaine.

    Je note avec satisfaction que le Colonel Goya a participé à une rencontre centrée sur la Défense, initiée par …. Mélenchon, il y a 2 ou 3 ans. A vrai dire, elle n’a pas fait les gros titres et j’en ignore tout.

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