11 réflexions sur « Jean-Claude Mézières (1938-2022) »

  1. Terminus cosmos et un grand merci pour Mézières qui, avec Christin, m’aura bien fait rêver gamin… Je l’apprends en débarquant sur le blog. J’espère qu’il n’a pas décidé de décamper vers l’Empire des mille planètes juste avant la catastrophe en Arctique qui doit transformer une bonne partie des villes en cités des eaux mouvantes et déclencher l’âge obscur dont émergera Galaxity. Il est vrai que cette réalité-là a été remplacée par une autre dans les années 80… Encore un coup du programmateur.

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  2. Quel adolescent n’est pas tombé amoureux de Laureline ? !

    Oui, un grand de la BD, du rêve, de l’humour y compris dans ses dédicaces qu’il dessinait avec application, et aussi bien sûr de la critique sociale.

    Christian son collaborateur de toujours évoque son ami Mézières :

    «Son dessin paraît raisonnable, et garde toujours une espèce de fraîcheur de la BD d’antan, ce qui fait qu’on a tendance à le sous-estimer, regrette Pierre Christin, alors qu’il était l’un des très rares à savoir tout dessiner. Je pouvais demander n’importe quoi à Jean-Claude : chevaux, astronefs, et même les bagnoles, qu’il détestait, il dessinait tout admirablement. Un talent pas toujours reconnu à sa juste valeur, alors qu’il a inspiré d’innombrables jeunes dessinateurs actuels, qui ont regardé comment il faisait ».
    « Je ne l’ai jamais entendu se considérer comme artiste, ou dire, ce qui était presque un gros mot dans sa bouche, mon oeuvre. Il parlait de son travail et ça, c’est tout Jean-Claude. C’était un moine-soldat, il vivait comme un cow-boy. Il n’avait besoin de rien : il n’avait pas de télé, pas de bibliothèque, pas de disques, pratiquement pas de cuisine… Sa vie, c’était Valérian, dans son petit atelier, il aimait se balader dans Paris, et il n’était demandeur de rien d’autre de spécial ! »

    https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/mort-a-83-ans-de-lauteur-de-bd-jean-claude-mezieres-pere-de-valerian-et-laureline-23-01-2022-U2F7IKSONVDOBH4BULCXG6GZVE.php

    https://zoolemag.com/actualites/articles/2015/05/260-valerian-et-laureline-l-aventure-aux-mille-planetes

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    1. La description que fait Christin, son scénariste, de l’adorable feu Jean-Claude Mézières, est presque effrayante : Moine soldat cow boy, sans le moindre livre chez lui, et vivant dans un total dénuement… Un vertige me saisit devant un tel vide… J’ai été quelques temps l’assistante de Guy Peelaert, notamment pour des pochettes de disques (Rolling Stones), Guy vivait comme Mézières… Pas un seul livre chez lui non plus. Une cuisine, mais rien dedans. Des murs nus, et un matelas par terre, à plus de cinquante ans. Il me payait très mal et je crois que lui aussi était très mal payé. Il était charmant, mais c’était une sorte d’adolescent aussi rêveur que surexploité. Incapable de se défendre face aux loups du show bizness. Quand à l’absence totale des livres, et donc de
      la lecture, cela se ressentait un peu dans la conversation de Guy… Christin, par contre, chez lequel j’ai déjeuné une fois, n’en manquait pas, de livres… L’infantilisation des dessinateurs, notamment ceux de la bande dessinée, est peut être aussi la conséquence de ce genre de comportement détaché des réalités sociales, économiques, terrestres, qui profite toujours aux mêmes… A moins que ce soit l’inverse? Oui, je sais, je casse un peu l’ambiance, pardon, mais je suis une femme méchante, comme chacun sait.

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  3. Oui je suis également très triste. Laureline et Valérian ont bercé mon ado-adulescence. D’autant que Laureline était pour moi la première femme dans une BD qui a supplanté le héros Valérian au rang de second rôle. La BD au fil des albums aurait du s’appeler Laureline (voir Laureline et Valérian)
    C’est d’ailleurs ce que n’a pas compris Luc Besson. Si il avait su faire un film autour de Laureline (plutôt que sur Valérian) son film aurait eu je pense un meilleur accueil.
    Surtout que dans l’album « l’ambassadeur des ombres » qui a fait l’objet de l’adaptation « Valérian et la Cité des mille planètes » le personnage principal est bien Laureline qui part à la recherche de Valerian et l’ambassadeur de Galaxity dans le labyrinthe « Point Central » peuplé de communauté extra terrestres toutes les plus
    Au fait la vie est un peu une sorte de « cancel culture » à un certain âge. Je vois mes « idoles » disparaitre les un.e.s après les autres.

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    1. C’est sans doute inadaptable au cinéma, un peu comme pour Dune, on ne recrée pas un univers poétique avec simplement des effets spéciaux et une intrigue sans nuances…
      Chantal a raison, rien ne remplace un dessin bien senti !

    1. De manière générale, les coloristes me semblent injustement méconnus dans le monde de la bande dessinée.
      Il me semble aussi que ce sont souvent des femmes (à vérifier) et parfois le petit frère.

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