La prière de Darwin

Ce matin, nous écoutons les nouvelles, et nous apprenons que l’un des enfants d’un couple célèbre est entre la vie et la mort. Et nous hochons la tête en silence. Et un peu plus tard, je me rends au bureau et je roule sur la Pacific Coastal Highway et je me mets à prier. Enfin, de la manière qui est la mienne. Je dis : « Dieu, s’il–vous–plaît, est–ce que Tu ne peux pas faire quelque chose pour ces parents : la maladie d’un enfant, c’est un supplice ! ». Et bien entendu, dans ces cas–là j’adopte un ton mi–enjôleur, mi–menaçant, comme Calvin (dans la bande dessinée Calvin & Hobbes) quand il écrit au Père Noël : « Parce que, comme tu le sais, je ne m’adresse à toi que dans les grandes occasions, mais là, ce n’est pas bien ça : c’est des fautes d’inattention ! » Et bien entendu, je ne tarde pas à m’emporter : « Tu diras ce que tu voudras mais ce n’est pas du travail professionnel ça : c’est du boulot d’amateur ». Parce que je suis vraiment fâché après Lui dans des cas comme celui–là. Et j’ajoute, « Je sais comment tu travailles : c’est de l’à–peu–près, ça montre un manque de concentration ! Tu pars de quelque chose dont tu sais dès le départ que ce n’est qu’approximativement ce que ça devrait être, et tu te dis « Ça passe ou ça casse ! ». Si ça marche, on garde, sinon, on jette, oui : « Bonjour les dégâts! » Je connais ta méthode : ça s’appelle la méthode par essai–et–erreur ! »

Et alors là, je m’arrête, je me dis : « Ça me rappelle quelque chose ! » Et effectivement, voilà qu’à sept heures du matin, roulant entre Santa Monica et Malibu, et contemplant de temps à autre l’Océan Pacifique, j’avais redécouvert par hasard la manière dont Darwin devait sans doute prier.

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Une réflexion sur « La prière de Darwin »

  1. Ring de Bruxelles, 18h 30.

    Dieu – … et le cal aux genoux du petit de phacochère, à la naissance elles se traînent, ces bêtes la, ça s’infecterait tout de suite… la seule solution c’était de leur mettre d’un bon cal aux genoux dès le ventre de maman, ça, c’est mon œuvre !

    Jorion – Je vois, tu vas me faire le coup des centaines de générations de phacochères qui souffrent des genoux dans leur enfance…ceux dont peau des genoux plus dure, par hasard, auraient une enfance plus légère, ils seraient plus enthousiaste devant la vie et finalement ils se reproduiraient mieux…trop facile tout ça comme excuses. Ma question c’est pourquoi tout ce gâchis tout autour : une fois, les oreilles plus grandes et l’autre fois, plus petite, plus de poils, moins de poil, un petit cancer par-ci, un Alzheimer par là, une extinction d’espèce de temps à autre…

    Dieu – J’ai l’air de faire amateur, mais c’est voulu. D’accord, je gâche énormément la sauce tout le temps, mais malgré le gâchis, lequel je ne conteste pas, tu ne contesteras pas que, dans l’ensemble, les choses vont quelque part…

    Jorion, c’est ce que je dis, tu bricoles et, après coup, tu nous fais croire que tu vas quelque part.

    Dieu – D’accord, je ne sais pas où je vais, mais…. Je sais d’où je viens….

    Jorion – Du ciel ?

    Dieu – Pff…évidemment… Comme tout le monde, j’avais pensé faire un monde absolument parfait, puis j’ai réfléchi

    Jorion – Bien, bon départ !

    Dieu – Oui, car dans ce monde là, plus rien n’aurait été à changer, et jamais vous n’auriez eu la moindre raison besoin de faire appel à moi : aucun manque, aucun mieux possible, aucun moyen de m’imaginer. J’aurais créé un monde sans Dieu, et ça, même moi, je ne pouvais pas. Alors plutôt que de renoncer, j’ai choisi de faire dans l’à peu près : « ça casse ou ca passe ».

    Jorion – et de la théologie à deux sous, en plus…

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