Quand la Chine apprend vite

Une affaire qui passionne depuis quelques temps les milieux financiers internationaux, c’est la tentative de la banque britannique Barclays d’absorber la banque néerlandaise ABN Amro. Les deux banques avaient présenté l’affaire comme pratiquement conclue. L’annonce avait cependant donné des idées à d’autres et en particulier à un consortium constitué de la Banque Royale d’Ecosse, du groupe belgo–néerlandais Fortis et de l’espagnole Banco Santander, consortium qui fit une offre concurrente et d’un montant plus élevé.

Les choses en étaient là jusqu’à ce matin, quand la Barclays annonçait qu’elle bonifiait son offre. Les sous, elle les a trouvés à Singapour et en Chine. La participation du gouvernement de Singapour (Temasek) se montera à 1,4 milliards d’euros. La Chine (la Banque Chinoise de Développement) prend elle une participation de 2,2 milliards d’euros dans la Barclays, qu’elle complètera de 7,6 milliards d’euros supplémentaires si la fusion avec ABN Amro se concrétise. Si l’affaire se fait, la prise de participation totale de la Chine pourrait se monter à 13,5 milliards d’euros.

Ce n’est peut–être pas la première fois que la Chine s’engage de cette manière, mais c’est la première fois qu’elle le fait à concurrence de telles sommes. C’est l’histoire d’une progression : en 2005, Lenovo rachetait pour 1,25 milliards de dollars la production d’ordinateurs personnels d’IBM, un peu plus tard, et la même année, la Société Pétrolière Nationale Chinoise acquérait Pétro-Kazakhstan pour 4,18 milliards de dollars. Au début de cette année, la Chine a investi 3 milliards de dollars dans Blackstone, une « private equity », une firme de placement américaine. J’en parlais ici–même en mai dans La symbiose Chine – États-Unis. Nouvelles du front. On disait à l’époque que la Chine espérait ainsi se familiariser avec la technologie financière de pointe. C’est chose faite : c’est en effet Blackstone qui a conseillé à la Chine sa prise de participation dans la Barclays.

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