Présidentielles US (1) – La Cour Suprême

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Les intentions de vote sur le site Real Clear Politics qui pondère les résultats de sondages, sont Obama 51,9 % et McCain 44,4 %. Le sondage le plus récent qui se préoccupait encore de mentionner Ralph Nader pour les écolos et Barr pour la droite libertarienne, leur donnait respectivement 2,5 et 1,3 % ; c’était il y a plus de trois semaines.

Les parieurs d’Intrade sont encore plus clairs que les sondés : qu’Obama gagne 93,6 %, que McCain gagne, 8,1 %. Ça fait plus que 100 % mis ensemble mais comme la crise l’a souligné, on a de toute manière beaucoup trop fait confiance aux mathématiques !

On a évoqué longuement durant la campagne l’« effet Bradley », du nom de Tom Bradley, candidat gouverneur en Californie en 1982. Noir, il avait perdu malgré une avance confortable dans les sondages. L’influence du facteur race est à mon avis largement compensée cette fois-ci par le fait qu’Obama est apparu au cours de la campagne comme un modéré et McCain comme un extrémiste.

Les chiffres des sondages sont donc probablement fiables. Ceci dit, dans le système américain très différencié, ce qu’on appelle le « vote populaire », le total des voix, n’est pas essentiel, et ceci du fait que chaque état est représenté par des Grands Électeurs de manière majoritaire ou proportionnelle. Comme on s’en souvient, Gore l’avait emporté sur Bush en 2000 au popular vote, mais ça n’avait pas compté. Du coup, l’attention se porte sur quelques états seulement et à l’intérieur de ces états, sur quelques circonscriptions clés. C’est là que les démocrates ont fait un effort particulier pour faire s’inscrire de nouveaux électeurs et les républicains pour contester ces inscriptions. Or, le 18 octobre, et dans un vote unanime, la Cour Suprême a rejeté une demande républicaine de rendre plus pointilleuse la confirmation du statut d’électeur en Ohio. Comme on s’en souvient, c’est le poids de la Cour Suprême dans la balance qui avait fait élire Bush en 2000. Il se pourrait bien que l’histoire se soit répétée et qu’Obama ait été élu par la Cour Suprême, dès le 18 octobre.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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2 réflexions sur « Présidentielles US (1) – La Cour Suprême »

  1. Ok je vous lirai plus tard, Ces infos me soûlent en ce moment, et le mode de scrutin US encore plus.

    On pourrait espérer la victoire d’Obama si on pense qu’on avait bien embarqué les parachutes de secours et qu’il veut réellement les utiliser. On pourrait tout aussi bien souhaiter celle de Mc Cain qui lui ne nous laissera pas d’autre choix que de rejeter le système en entier sans aucune préparation et tester tout de suite dans le plus grand désordre des solutons inédites.

    D’ailleurs je ne suis vraiment pas certain que le scrutin ici soit si important: une fois élu, le président fera-t-il fonction ou le système continuera-t-il à faire fonction de président?

    Le noir absolu dans les 2 cas. Je sors pour vérifier s’il y a encore un peu d’oxygène dans l’air …

  2. Paul,
    je me disais bien que vous étiez en train de nous concocter quelque chose sur les présidentielles américaines.
    Cela va être un plaisir de vivre cette soirée électorale américaine en votre compagnie.

    Obama ne sera pas le messie mais, enfin, un peu d’air après huit années du busheries, ne boudons pas notre plaisir, même si les temps seront rudes.

    Obama vu d’ici, Paris — je n’ai pas le poste d’observation privilégiée qui est le votre — étant donnés le contexte idéologique et culturel américain est ce que l’on pouvait espérer de mieux.

    Obama croit aux vertus de la société de marché, à l’individualisme triomphant et à la religion, bref il ne renie aucun des fondamentaux culturels de la société américaine, tout cela est indéniable et évidemment cela n’en fait pas un révolutionnaire ni même un socialiste.
    Mais cela fait très longtemps qu’un président américain (s’il est élu évidemment — mais il le le sera !!) ne concentrait sur sa personne autant de qualités : origines ethniques propres à réconcilier l’Amérique avec son histoire esclavagiste, esprit brillant et pragmatique, charisme, doté d’une réelle éthique, d’une génération éduquée avec la mondialisation, financé en partie par Wall Street les mains relativement libres car il devrait obtenir la majorité dans les deux chambres.

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