Juliette Gréco

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Une petite histoire, qui m’a été racontée par Jean Pouillon. Sartre est assis aux Deux Magots ou au Flore et il dit à ces jeunes gens qui viennent de fonder avec lui Les Temps Modernes : « J’aimerais bien écrire des chansons : ce sont des choses que les gens retiennent. Mais qui les chanterait ? » Quelqu’un dit : « Je sais qui ! » Quelques jours plus tard, la jeune femme à qui il pensait est présentée à Sartre : toute en noir, avec une chienne et de longs cheveux noirs raides, toute « gothique » comme on dirait aujourd’hui. Il lui pose poliment quelques questions. Puis, à tout hasard : « Vous chantez ? », à quoi elle répond « Non ! ». Sur quoi Jean-Sol Partre se tourne interloqué vers le « contact » qui ne se démonte pas pour autant, il hoche la tête pour bien lui signifier : « Non, non, ne vous inquiétez pas ! » Et il avait raison, puisqu’il s’agissait de Juliette Gréco.

Je l’ai vue et entendue à l’Ancienne Belgique, vers 1952-54. J’ai expliqué ma terreur à l’écoute d’Edith Piaf chantant « Bravo pour le clown ! » et ce dont je me souviens pour Juliette Gréco, ce sont deux choses : d’abord ce toute en noir que je trouvais très chic, et puis, une chanson qui commençait par « Une fourmi de dix-huit mètres, Avec un chapeau sur la tête… » (Robert Desnos). Elle ajoutait bien : « Ça n’existe pas ! » mais je ne suis toujours pas entièrement rassuré.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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4 réflexions sur « Juliette Gréco »

  1. Pfff…

    18h18 et pas un seul commentaire…à croire que la poésie et le surréalisme ne nous inspirent pas beaucoup en ce temps et pourtant…

    50 milliard de dollars qui disparaissent…psssshhiit …aux nez et à la barbe des banquiers et des états…

    ça n’existe pas…ça n’existe pas…

  2. Moi aussi, quand j’étais enfant, je détestais les dimanche. Je m’ennuyais. Mais bon, je n’en ai pas fait une chanson. Ça ne le méritait pas. Ça ne le mériterait toujours pas.

    Le temps passe, indifférent et froid, et le passé le plus brillant est vite enseveli dans les sables de l’oubli.

    Sic transit gloria mundi.

  3. J’avais été un peu choqué l’autre jour en découvrant la voix que James Stewart avait « en français » : sa voix était très spéciale. Après une scène de « Meet John Doe » de Frank Capra (1941), en voici une de « Mr. Smith Goes to Washington », de lui également (1939). Si vous ne comprenez pas l’anglais, ne vous inquiétez pas : le message passe très bien de toute manière.

  4. désolée, mais puisque nous sommes sur un blog….ahumm, francophone, je pensais m’adresser aux plus grands nombres…

    en tous cas @tous les Capra’s lovers ( en période de Noël, je me les repasse tous histoire de bien terminer l’année…) je conseille vivement de courir voir CE film :

    excellente soirée !

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