Qu’entend-on par « capitalisme », et pourquoi sa phase finale est-elle amorcée ?

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Le capitalisme est un système social caractérisé par l’existence de trois classes principales : celle des « rentiers », détenteurs de capital (= « investisseurs » = « capitalistes »), celle des « entrepreneurs » (= « chefs d’entreprises ») et celle des « travailleurs » (= « salariés »), et par la domination au sein de ce système de la classe des « capitalistes », d’où son nom.

Le rapport de force entre rentiers et entrepreneurs détermine le partage entre eux du surplus créé par le travail des travailleurs : les rentiers obtiennent les intérêts et ce qui reste du surplus revient aux entrepreneurs comme profit, à charge pour ces derniers de redistribuer à leur tour ce profit entre eux et les travailleurs dans une proportion que détermine le rapport de force existant entre ces deux classes.

L’introduction des stock options à la fin des années 1970 permit aux rentiers et aux entrepreneurs, dont les intérêts coïncidaient dorénavant, de s’allier contre les salariés, dont la part dans le partage du surplus ne cessa pas de diminuer depuis.

Les banques centrales, dirigées dès leur origine par les rentiers ou capitalistes (officiellement aux États–Unis et officieusement en Europe), ont toujours travaillé à leurs ordres et aujourd’hui plus que jamais. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, les nations ont délégué une part toujours grandissante de leurs pouvoirs à leurs banques centrales qui sont devenues soit un État dans l’État (comme aux États–Unis) soit un État par-dessus les États (comme en Europe).

Capitalistes et entrepreneurs, désormais alliés, encouragèrent la création d’un abysse de dettes contractées par les entreprises et par les travailleurs. Le processus était condamné à s’interrompre aussitôt qu’ils seraient tous insolvables, stade qui fut atteint en 2007. Plutôt que d’enrayer la crise de la seule manière possible, c’est–à–dire en redéfinissant la donne entre rentiers, entrepreneurs et travailleurs, les gouvernements ont choisi d’encourager entreprises et travailleurs à s’endetter encore davantage, produisant ainsi de nouveaux intérêts dont bénéficient les rentiers, tandis que les banques centrales se voient confier parallèlement la tâche de créer de toutes pièces la montagne d’argent qui sera déversée dans l’abysse toujours plus profond de la dette. Captif désormais d’une rétroaction positive, autrement dit auto-renforçante, le capitalisme est entré dans une phase d’autodestruction.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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130 réflexions sur « Qu’entend-on par « capitalisme », et pourquoi sa phase finale est-elle amorcée ? »

  1. Et on sent déjà une lézarde entre entrepreneurs et capitalistes. Ce qui signifie que l’extrême-droite ou du moins une droite très dure, réactionnaire et nationaliste (souvent les deux formes d’expressions politiques de l’entreprenariat) va refaire à mon avis vigoureusement surface.

  2. La démonstration est tellement simple que c’est imparable. Oui le capitalisme américain s’autodétruit et les conséquences sont innombrables. On verra certainement un retour aux nations et à un certain protectionnisme par grandes zones régionales/continentales. Sans doute tout cela n’est-il pas très bon pour la paix. Mais finalement, n’est-ce pas plutôt le retour annoncé d’autres formes de capitalisme plus étatiques, plus colbertistes sur le modèle chinois ou russe…ou français (type 30 Glorieuses)? En fait, ce que vous annoncez, n’est-ce pas plutôt la fin de la mondialisation néolibérale?

  3. Cette mise au point me permet de mieux comprendre votre affirmation d’une « crise finale » du capitalisme. Si je comprends bien, c’est l’alliance entre rentiers (capitalistes) et entrepreneurs qui serait en bout de course. Idée que je partage tout à fait. Mais le capitalisme, en un sens plus large, a connu des périodes ou prédominaient entrepreneurs ou plutôt « managers », comme le montrait Galbraith. A défaut d’une alternative sérieuse au capitalisme (au sens large), l’enjeu n’est-il pas de redéfinir un compromis historique entre salariés, managers et entrepreneurs, contre les rentiers ?

  4. Votre constat de décès du caîtalisme me laisse perplêxe même si je crois comprendre votre diagnostic.
    Depuis la remise en route de la bonne vieille planche à billets par Obama, je ne perçois plus la différence entre la crise actuelle et celle de 29 dont le capitalisme a pourtant fini par sortir. Quelque chose m’échappe et m’inspire une remarque, une grosse angoisse et une troublante interrogation…
    Pourquoi dans un cas le capitalisme survivrait-il au prix d’une guerre mondiale certes et ce n’est pas rien, et pas l’autre cas ?
    Ou comme la dernière fois, va-t-on en passer par une autodestruction du capital (et non du capitalisme) lui-même, autrement dit la guerre ?!
    D’un point de vue sémantique, est-il possible de prononcer la mort du capitalisme sans pour autant avoir de solution alternative ?

  5. @ Ken Avo

    Oui, pourquoi pas : le jour où je serai mort, je n’aurai pas de solution alternative.

    PS : Pourquoi dire au revoir, alors que vous venez d’arriver ?

  6. Je suis un peu perplexe sur votre distinction entre « capitalistes » et « entrepreneurs ». Historiquement, cette distinction ne me paraît pas avérée. Même si elle peut caractériser le stade actuel.
    Quant à la fin prochaine du capitalisme, je la crois nécessaire pour la survie de la planète. Mais je crains hélas que ce ne soit pas pour demain.

  7. @Paul Jorion,

    Oui le choix de ce pseudo doit être l’effet d’un pessimisme modéré, je suppose. 🙁

  8. @Ken Avo
    Paul connait le breton.
    Avant d’etre sur les rivages du Pacifique, il a été sur ceux de l’Atlantique à l’Ile de Houat au large du Morbihan.
    Mais bon, moi aussi je suis du 56, mais coté Argoat.
    Il a écrit d’ailleurs un livre suite à son séjour sur cette ile :
    Les pêcheurs de Houat (Hermann : 1983)

  9. Au sein des capitalistes, il y a plusieurs sous groupes ( bon pères de familles, boursicoteurs, institutions, holding familiaux ou pas, états, banques, banques d’affaires, hedges funds,…) Ne croyez vous pas qu’une partie seulement est menacée, ceux qui avaient moyen de créer du capital ex-nihilo, de jouer avec les règles mêmes? Pourquoi croire que tout va disparaitre?

    La situation me semble comparable à la piraterie au XVIéme. Ce sont les mêmes îles dans les caraïbes qui servent de refuge. Les états, par intérêts et pour se faire une guerre indirecte, ont laissé se dévellopper une marine corsaire tellement importante qu’elle menace l’ensemble du commerce maritime voir les états même. Pour y mettre fin, les états vont pourchasser les flibustiers dans leurs repêres leur en interdisant l’accès. Privés de ports d’attache, ils n’ont plus d’autres choix que de se rendre, payer l’impôt et accepter les nouvelles règles.

  10. Les pêcheurs de Houat, c’est vrai que c’est tout un roman !
    Cela dit, qui a dit que j’étais breton ? Je ne le suis pas ! Ce qui n’empêche pas l’amour toutefois…
    (Montparnassien de la région de Tours à l’origine)
    Cela dit, le bon vin de Chinon présent à toutes les bonnes tables est surnommé affectueusement « breton » ou plutôt « berton » par les autochtones, d’aussi loin que les Nantais ont sû remonter la Loire pour s’en délecter. 🙂
    Buvez toujours ne mourrez jamais comme aurait dit Rabelais
    Voilà pour de rapides présentations… ^^

  11. Ne faut-il pas ajouter les hommes politiques à la classe des « entrepreneurs » que l’on pourrait appeler plus généralement « les dirigeants » ? Objectivement, les hommes politiques au pouvoir depuis des décennies sont au service des capitalistes, au même titre que les entrepreneurs (surtout les gros).

  12. Ce qui est en train de s’autodétruire, c’est la notion que le capital est au coeur du systême. Le capital restera présent et probablement indispensable, mais son rôle sera pondéré par autre chose : l’humanisme, ou alors et en cela je suis en phase avec Jean François Kahn, la nation, la religion, la race… L’Allemagne nazie restait un systême capitaliste, mais ce n’était pas le capital qui guidait ses actions.

  13. Dans les trois articles consacrés à la fin du capitalisme revient souvent la question « Mais que mettre à la place ? ». Tentative de début de piste de réponse possible 🙂 .
    1) D’abord, faut-il un modèle théorique tout ficelé pour se mettre en route ? Non selon moi.
    2) S’il importe de remettre la finance mondialisée (variété dominante de l’économisme) à sa place (donc subordonnée et plus dictatoriale), il faut la réencastrer dans ce qui la contient : les écosystèmes (naturels et artificialisés) et l’Humanité (sociétés). Ecologie politique et socialisme devraient pourvoir confluer pour proposer des solutions concrètes.
    3) Les échanges commerciaux n’étant plus l’alpha et l’oméga, la relocalisation de l’économie doit permettre de satisfaire les besoins locaux en partant des potentialités (humaines et écosystémiques) locales (voir ce qu’en esquisse Champignac, dans « L’annonce de la mort du capitalisme est-elle prématurée » le 21/3 à 00:14).
    4) Si l’on ne veut pas revenir à des capitalismes nationaux, genre XIXème siècle, mettre impérativement fin à l’accumulation d’argent par l’intérêt : la « Constitution pour une Economie » doit donc limiter l’intérêt au risque de défaut et faire gérer l’attribution de crédit par des institutions socialisées (caisses d’épargne contrôlées par et au services des collectivités).

    Je jure que je n’ai rien bu ni fumé ce soir et pourtant il me semble qu’un avenir possible serait imaginable malgré l’atteinte des limites planétaires (énergie, eau, terres arables…) pour 9 milliards d’humains. Suis-je devenu irréaliste?
    Mais évidemment, je sais aussi qu’il restera (yaka 🙁 ) convaincre les possédants cyniques et dominateurs de renoncer à leurs privilèges. M’est avis que ce ne sera pas simple…

  14. Il fallait vraiment être aveugle ou prisonnier d’une idéologie pour ne pas se rendre à l’évidence : le capitalisme, cette idée récente dans l’histoire de l’humanité et le système qui en a résulté, ont fait leur temps.

    La démonstration de Paul peut déconcerter par sa simplicité, et d’ailleurs elle ne reprend pas les arguments relatifs aux limites des physiques au delà desquelles le capitalisme ne peut plus poursuivre sa logique de colonisation inhérente à sa survie, mais, outre le fait que Paul en a déjà fait état dans de nombreux billets — complémentaires à celui-ci, cette démonstration se suffit à elle-même, et fait des argumentaires annexes les facteurs aggravants qui achèvent de lever tous les doutes quant à l’état de survie artificielle dans lequel est entré le système.

    Personne ne peut dire combien de temps durera la phase d’autodestruction, mais une chose est certaine : elle est en marche !
    Je note aussi que la démonstration intègre parfaitement les préoccupations de ceux qui s’inquiètent du pouvoir exorbitant qui a été accordé aux banques, et en premier lieu aux banques centrales, mais la démonstration va plus loin car elle montre en quoi précisément ces banques jouent un rôle nuisible, dévastateur même, dans notre société. Et la raison en est limpide : le capitalisme est un système SOCIAL. Paul ne s’apesantit pas sur cet aspect des choses. Rarement il fait état de la question des représentations, des valeurs, des idéologies, ou alors par petites touches incidentes.

    Non pas qu’il trouve ces aspects négligeables. Et d’ailleurs il y a des billets invités sur ces questions importantes. Mais parce que le théoricien Paul Jorion nous entretient de la nature du capitalisme en nous en présentant d’abord ses acteurs et leurs agissements. Or une société c’est un ensemble structuré , organisé, finalisé, contradictoire, d’interactions individuelles qui constituent précisément ses différents acteurs.
    Au moins une chose que les tenants de l’individualisme méthodologique ne pourront pas reprocher à notre auteur, celle de ne pas considérer l’économie comme la résultante d’actions bien humaines et individuelles. Paradoxalement ceux sont les « individualistes » libéraux, qui font des êtres humains de pures abstractions lorsqu’ils les intègrent dans des schémas économiques d’où ils ressortent en simples données de formules mathématiques oubliant au passage que ce sont ces mêmes êtres humains, dans des situations particulières — résultant donc d’interactions, qui ont élaboré ces schémas économiques.

    L’approche du capitalisme est également systémique — il y a donc un haut niveau d’abstraction — mais elle ne perd pas de vue que ce sont des personnes, des groupes sociaux bien définis et concrets qui agissent. Il y a en effet deux façons de concevoir la notion de système. Une façon totalement objectiviste, qui fait des humains de simples rouages d’une mécanique qui les dépasse. Ce qui peut sembler avéré si l’on observe seulement ce qui se passe à l’intérieur des limites du système, c’est à dire sans se préoccuper de son origine et de sa fin. Et une autre façon, celle qu’intègre Paul Jorion, qui voit en tout système le résultat d’une modélisation ou invention humaine.

    Dans cette dernière façon d’appréhender les systèmes, sous l’angle social, le système a une histoire : un être humain, puis un nouveau groupe social, entreprennent des actions inédites aux conséquences également inédites mais qu’ils ont en partie anticipées et associées à des représentations.
    Au début, ces actions paraissent hasardeuses si l’on les observe à l’échelle de toute une société, de tout un monde, mais, ensuite, à la faveur de conditions favorables, elles finissent pas concerner la société toute entière : les agissements des acteurs finissent par faire système. Bien entendu les acteurs du système, à son origine, n’en ont pas appréhendé tous les aspects et toutes les implications sociales, économiques. Ainsi le système capitaliste n’a pas été conçu, crée ex nihilo par ceux qui l’ont initié un certain jour quelque part en Lombardie. Comme l’avait bien montré Karl Polanyi, les marchés avant de devenir une réalité incontournable pour tout le monde ont d’abord dû se constituer en institution. Bref, le capitalisme en tant que fait social s’inscrit dans la durée, une histoire ; il a un début, un développement, puis une fin. Cela signifie également que si la formule de départ qui comprend investisseurs, entrepreneurs et travailleurs, reste inchangée au cours du temps, le capitalisme en tant que fait social total se transforme avec la société, ses institutions, ses techniques, avec il fait corps. Ainsi la formule se recompose, plusieurs configurations du capitalisme se sont ainsi succédées. Certes le capitalisme est un système qui s’organise autour de la production, mais cette production elle-même ne tire sa signification que des représentations qui président à sa mise en oeuvre.

    Puisqu’un système touche à sa fin, c’est qu’un autre peut prendre la relève dans l’espace mental et physique vacants qu’a produit le système en train de s’effondrer. Ses prémisses existent déjà, éparses, mais justement parce qu’encore peu développées, encore insignifiantes, ou non encore advenues, il n’a pas encore de figure.

  15. Mouais, il ne faut pas oublier que les rentiers (dont je fais partie) ont ete par 2 fois ruines ces 10 dernieres annees, une fois en 2003 avec la bulle internet, et une seconde avec la double bulle Immobiliere/marches financiers, en 2007.
    Ils sont maintenant rinces….
    Stef / Singapour

  16. @ Stéphane

    Si vous venez ici, c’est peut-être qu’il y a une vie après la rente, et, pourquoi pas, un nouveau monde, tant qu’à faire 😉

  17. Tout nait et meurt,le capitalisme comme l’esclavagisme et le féodalisme
    Parce que le capitalisme qui a développé plus que tout autre système les forces productives n’est plus à même de par l’accaparement des fruits du travail par de moins en moins de personnes de maitriser ces forces productives
    Parce que le développement de ces forces productives le développement des connaissances qu’elles exigent fait prendre conscience à des couches de plus en plus larges que le bonheur serait possible en organisant la société autrement
    Parce que chacun se pose la question que devient le produit de mon travail,que l’on se rend compte que le capital en soi n’existe pas que ce n’est que du travail mort,et que son accumulation démesurée fait mourir la société
    Parce que grandit l’idée que la démocratie économique est la clé pour sortir de la pré histoire et aboutir à un stade nouveau ,et qu’il faut que s’instaure un débat permanent que produire avec quels moyens,de quelle façon, tout le contraire de la fatalité des lois du marché,
    C’est à dire le communisme
    ou le développement de chacun sera la condition du développement de tous

  18. Petite remarque sémantique : L’allusion de Pierre a la piraterie est intéressante car ce terme est effectivement approprié; on devrait parler de piraterie fiscale. Or quel est le terme consacré par les médias ? « Paradis fiscal ». Comment ne pas penser que ceux ci bénéficient, de la part des donneurs d’ordre, de « circonstances atténuantes » pour mériter une sémantique finalement positive ?

    Qui seraient donc les pirates du « système » dans ce cas ? Il y a ceux qui ne veulent ou ne peuvent plus, faute de moyens, enrichir une industrie de rentiers refusant d’évoluer. De même, ceux qui « osent » manifester publiquement leur mécontentement vis a vis d’un système qui ne fonctionne plus pour eux, en « prenant en otage » les bons élèves.

    Pour ce qui est de la fin du capitalisme, je pense qu’il faut d’abord l’envisager sereinement comme une possibilité avant d’en débattre. Il y eut d’autres systèmes, il y aura d’autres systèmes. Tout nait, vit et meurt.
    Cette affirmation de Paul laisse toutefois songeur : pourquoi maintenant, alors que nous avons constaté la ténacité de ce système ?

    La grande question qui est posée finalement c’est « qui paiera les pots cassés ? »
    « Pas nous, bien entendu » répondent en coeur les différents responsables. Or l’injustice ne mène qu’a la révolte. Soit les joueurs floués quitteront gentiment la table de jeu pour aller jouer ailleurs ensemble ou seuls dans leur coin, soit ils seront tentés de la briser pour manifester leur colère.

    Une autre question qui mérite d’être posée : qui paierait les pôts cassés en cas de catastrophe climatique, le nord ou le sud ? Ha, mais j’anticipe; goutons d’abord au hors d’œuvre avant d’attaquer le plat principal … A chaque jour suffit sa peine.

  19. Entre un entrepreneur et un capitaliste, rentier, il y a une sacrée différence. Un entrepreneur crée, travaille et produit de la richesse en même temps que de l’emploi. Très important il a une vision à long terme pour l’avenir de sa société.Il ne licenciera pas pour limiter la masse salariale en vue de profit à court terme sans se soucier de l’avenir.Car sa « boîte » compte pour lui. Il ne la démentèlera pas pour la vendre en morceaux ni ne vendra ses parts ou actions lorsque la situation n’est pas bonne. Lui, il est constructif. De plus ce qu’il produit est en général physique, rarement une société de services, ça va bien 5 minutes les services mais on s’en passe plus facilement que des objets.
    L’économiste Schumpeter l’explique mieux que moi :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Schumpeter

  20. @ gaël

    Pourquoi maintenant la mort du capitalisme alors qu’il a été très tenace, dites-vous.
    Songez au centenaire qui a survécu à deux guerres mondiales.
    Un jour avant la mort de cet homme ou de cette femme diriez-vous que puisqu’il ou elle a vécu tout ce temps, a traversé mille aléas avec une santé à toutes épreuves, bref, diriez-vous que cette personne va encore faire long feu ?
    Pour le capitalisme c’est un peu la même chose. On peut le croire indestructible, mais c’est une illusion.

    Je dis : c’est « un peu » la même chose. La différence c’est tout de même que le capitalisme n’est pas un organisme biologique.
    Il y a en lui une part intellectuelle, il est le résultat d’une construction mentale qui a pu être très opérante pendant longtemps mais qui sous certaines conditions devient un obstacle pour sa survie. Le schéma mental de la maximisation des profits individuels qui font la richesse de tous est une formule qui n’est plus tenable. C’était tenable tant qu’il y avait une possibilité de relancer la « machine » à faire de l’argent quand survenaient de trop grandes inégalités.
    Mais, avec la mondialisation, ses moyens techniques, son interdépendance, son intégration poussée, ses inégalités sources de crédits et dettes à un niveau inégalé, la machine s’est emballée, et il n’est plus possible de revenir en arrière, car il faut maintenant alimenter la machine avec toujours plus de combustible. Or les trillons que la Fed injecte ne sont gagés sur aucune richesse future.
    Le futur possible où il y aurait les ressources disponibles (y compris naturelles) pour produire les biens dont la vente permettrait d’alimenter la machine financière et économique à la hauteur de son rendement actuel, n’existe tout simplement pas. Le système capitaliste de ces dernières décennies est devenu hyper court-termiste, mais sa logique de fonctionnement exigeait un temps plus long. Temps plus long sur lequel il ne peut plus se réajuster. D’où la crise et l’effondrement en cours du système.

  21. A moins que j’ai loupé un épisode, l’entrepreneur, aussi travailleur, productif et socialement éthique qu’il soit, n’en demeure pas moins aussi capitaliste que le rentier. Leurs méthodes sont différentes, leur but est identique.

    Quant à Schumpeter, il réalise un joli tour de passe passe avec sa théorie, car jusqu’à preuve du contraire l’innovation ne vient pas le plus souvent de l’entrepreneur à proprement parlé, mais de ses salariés. Où comme disait l’autre:

    « L’ouvrier c’est celui qui sait comment on fait le travail, le patron [l’entrepreneur à l’ancienne mode] c’est celui qui sait pourquoi. » (Coluche)

    Ou alors, autre possibilité, plus prosaïque, l’entrepreneur selon Schumpeter n’est pas l’entrepreneur selon Jorion… C’est finalement sans doute cette option là la plus probable.

  22. Derrière le tumulte des voix de la pensée unique, une dissonance se fait entendre : celle de la pensée tragique.Nous tenons là un nostalgique du bolchévisme.
    Une société idéale est une société sans patrons car ce sont tous d’abominables exploitateurs, ils ont tous les mêmes méthodes. Vive l’économie planifiée. Et encore faudrait-il supprimer les apparachiks sans quoi une hiérarchie persisterait.
    L’idéal serait qu’il n’y en ait aucune . Ou alors pour que le travail soit moins monotone peut-être pourrait-on inverser les rôles, un jour je suis ouvrier, le lendemain responsable des ressources humaines et le surlendemain DG. Le communisme est un capitalisme d’état donc Dissonance ne doit pas être communiste. Surtout que comme disait son ami Coluche, en reprenant la maxime célèbre :  » le capitalisme c’est l’exploitation de l’homme par l’homme, le communisme c’est l’inverse « . Non, à bien y réfléchir c’est moi qui dois avoir loupé un épisode, Dissonance est quoi ?
    Pas prof de français ni intellectuel vu qu’il fait au minimum une faute par phrase, peut-être économiste, il semblerait qu’il ait conçu le système idéal. Ecoutons-le l’heure est grave, Dissonance, nous sommes tout ouïs.

  23. Dans cette crise, on observe que la dette privee est transformee en dette publique.
    Dans la modelisation du systeme capitaliste proposé par Paul, l’ element de base du système (le generateur) est le trio investisseur-entrepreneur-salarié (on peut changer ces 3 mots si on veut inclure une dimension sociale par : rentier-patron-ouvrier).Q
    Quelle conséquence a donc ce transfert « macroscopique » de dette privee en dette publique, sur le modèle de générateur (echelle micro) proposé par Paul ? Il y a disparition du constituant « rentier », l état ne pouvant fonctionnellement le remplacer. On obtient un autre generateur, donc un autre systeme. C’ est la modification de cette relation micro qui doit faire l objet de toute notre attention. C est là qu interviendrait une constitution pour l economie.
    On peut très bien se réveiller demain avec, en chine par exemple, une mesure autoritaire d interdiction du rentier sans prendre en compte le risque que cette fonction perdure en etant assurée par un acteur centralisé autoritaire.

  24. « Le capitalisme est entrée dans une phase d’auto destruction », conclut Paul Jorion au terme d’un exposé de sa définition. Phrase lourde de conséquences, qui a le mérite de permettre la compréhension de ce qui est en train de se passer sous nos yeux. Non pas déroulement d’un plan préparé à l’avance, mais l’enclenchement d’un processus, l’incapacité du capitalisme financier à trouver une solution au problème qu’il a lui-même crée. En effet, enclencher un processus ne le conclut pas. C’est le commencement de la fin, dit-on, sans que celle-ci soit nécessairement discernable. Sans qu’un clou identifié puisse avec certitude chasser l’autre.

    Quel est ce processus ? Si l’on ne veut pas distribuer autrement les surplus d’une activité économique, dont les aspects destructeurs prennent des proportions problématiques, qui assimile émancipation à consommation, faisant des citoyens des consommateurs aliénés et soumis à un contrôle social rampant étendu, et qui rejette une partie de plus en plus importante de ces mêmes citoyens, qui en perdent jusqu’à leur statut pour certains, pour cause d’une insolvabilité qu’elles créent par ailleurs, nos sociétés s’enfoncent lentement dans ce que l’on pourrait appeler une « excursion financière », par analogie avec les « excursions nucléaires » si redoutées.

    Elles fonctionnent selon la boucle rétroactive du financement artificiel d’un endettement sans fin. Avec une conséquence qui sape les fondements même de l’économie productive, puisque le payement des intérêts de la dette prend de plus en plus le pas sur la consommation des produits. L’activité économique devient de plus en plus une activité financière de production de l’argent, et de l’argent par l’argent, et non plus une activité productive de biens et de services associés au bien-être de ceux qui en sont les consommateurs enchaînés. Conséquence : la quantité de travail disponible se raréfie au fur et à mesure que celle d’argent augmente et se concentre. Les ressources qui peuvent être affectées à la consommation reposent de plus en plus sur l’endettement. La société devient, à tous points de vue, de plus en plus précaire. Les financements issus de la création monétaire sont de plus en plus attribués à la consommation de biens dont l’utilité sociale n’est mesurée qu’en termes de surplus financier. La cohésion sociale de l’ensemble tend à reposer sur de nouveaux ciments qui sont amalgamés sous nos yeux.

    Le phénomène, qui trouve son illustration et son origine dans les pays les plus « développés », en particulier dans ceux qui ont le plus enclenché le mécanisme de l’endettement (USA et Grande-Bretagne), a encore du champ devant lui pour son expansion. C’est ce qui explique que si la phase d’autodestruction est engagée, elle n’est pas terminée pour autant. C’est aussi ce qui explique le changement d’axe qui est en train de s’opérer sur la planète. Ainsi que l’ajustement majeur qui s’opère actuellement au sein de celui-ci. L’endettement des pays développés ne va plus exclusivement reposer sur un financement provenant des surplus commerciaux de la partie du monde en expansion productive, il va s’appuyer sur un autre mécanisme, la création monétaire des banques centrales, tant que le système bancaire ne sera pas réparé, que ses pertes n’auront été épongées…par la création monétaire se substituant à la dette publique.

    La crise actuelle étant désormais permanente, il va falloir s’installer dedans, afin de pouvoir dire qu’elle est dépassée. Les pays émergents, après avoir appuyé leur développement sur l’exportation de leur production vers les pays développés, vont partiellement recentrer celui-ci sur leur marché intérieur, sur la production de nouveaux consommateurs, qui à leur tour vont devoir s’endetter…

    Parmi les phénomènes qui illustrent au mieux cette situation général de crise permanente, il y a la construction systématique de murs, de barrières, de protections de toutes natures, physiques et électroniques, qui visent à protéger ceux que l’on peut appeler les nantis, qui s’isolent et se replient sur eux-mêmes. Il y a le développement, impétueux, de l’informalité économique et sociale, qui ne touche pas seulement les pays émergeants, au fur et à mesure que le monde se globalise, consacrant l’avènement de sociétés dans lesquelles ceux qui ne sont ni rejetés ni reconduits dans des privilèges devenus inatteignables sont stoppés dans leur ascension sociale et menacés de précarisation. L’informalité (c’est à dire l’activité échappant à la sphère de l’Etat), après avoir été révélée en bas et en force dans les pays émergeants et à échelle bien plus réduite dans les pays développés, est aujourd’hui découverte en haut, du fait de la crise financière et de ce qu’elle permet de constater d’agissements, de comportements, de privilèges considérés comme des dus et dont la disparition est inacceptable pour ceux qui en bénéficient.

    Les centres off-shore, qui sont les refuges ultimes de l’informalité du haut, sont dénommés « paradis ». On ne saurait mieux signifier à ceux qui en sont exclus ce qui leur est réservé.

  25. Là, c’est quand même beaucoup trop simple. D’abord parce qu’il y a de très grandes différences entre les entrepreneurs. Pour prendre juste un exemple : entre Total et la petite entreprise d’ostréiculture du Sud Bretagne touchée en 1999 par la marée noire de l’Erika, il y a un monde. Et on pourrait évidemment multiplier les exemples comme ça. Il y a aussi une très grande différence entre salariés. Les ouvrières de l’agro-alimentaire quelque part du côté de Locminé ou de Josselin (pour rester dans le Morbihan 😉 sont des salariées. Les traders de Wall Street ou de la City (ou même de telle banque dont le siège est à Brest) sont des salariés aussi. Je ne vois pas qu’ils aient les mêmes intérêts.

    Autre chose : les travaux de Piketty et Saez sur les hauts revenus en France et aux USA montrent bien une progression de ces hauts-revenus. Mais ils ne parviennent pas à distinguer entre entrepreneurs et capitalistes, car les deux « classes » sont souvent confondues dans le haut des revenus. http://jourdan.ens.fr/piketty/_mpublic/ipublic.php
    Ce qu’ils montrent c’est qu’il faut vraiment monter dans les plus hauts fractiles (P 99,99-100, soit les 0.01% les plus riches) pour que les revenus des capitaux mobiliers deviennent majoritaires. Jusqu’à P95-99 les salaires sont de très loins majoritaires dans les revenus (plus de 90%). Entre P99-99,99, la part des revenus du capital augmente mais s’ajoute à des revenus mixtes (honoraires). Autre manière (moins rigoureuse) de poser la question : Ernest Antoine Seillères, ex Pdt du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) est-il entrepreneur ou capitaliste ?

    Ensuite, que signifie « les salariés, dont la part dans le partage du surplus ne cessa pas de diminuer ». S’il s’agit d’une diminution de la part de salaires dans la valeur ajoutée, la réponse doit être beaucoup plus nuancée. http://www.optimum-blog.net/post/2007/03/27/Repartition-capital-travail-:-les-trois-erreurs-dOlivier-Besancenot.

    Voir aussi ici (payant) : http://www.leconomiepolitique.fr/salaires-et-valeur-ajoutee_fr_art_819_41934.html

    En gros, ce que dit ce dernier papier c’est qu’il y a bien eu une « bulle actionnariale » dans la période récente, mais qui s’est faite au détriment de l’investissement plutôt qu’au détriment des salaires. La question est moins celle du partage de la VA entre « travail » et « capital » que celle du partage des profits (après paiement des salaires donc) entre dividendes et investissements. Même des entreprises dont les profits n’étaient pas forcément mirobolants continuaient à verser des dividendes élevés à des actionnaires… dont les dirigeants faisaient eux-même partie (il fallait assurer les fameux 15% de rendement sur fonds propres). Pour assurer quand même le minimum d’investissement, les entreprises recouraient à l’emprunt engendrant ainsi une économie d’endettement. Au final, les salariés vont bien finir par payer (par le chômage, etc.) mais pas tellement parce que la part de leurs salaires dans le partage de la VA avait diminué, plutôt parce que les entreprises ont préféré la jouissance immédiate pour quelques uns (le « bling bling » d’une petite caste de dirigeants) plutôt que l’investissement (R& D…) assurant aussi les emplois de demain…

  26. Une bonne petite guerre économique remettra tous ça en ordre de marche.

    Au fait la Chine s’est déja allié aux USA depuis un bon moment, de vrais jumeaux inséparables.

  27. Eclairage complémentaire

    Les « surplus » financiers ont de plus en plus pour origine, c’était le principe même du « casino » qui est actuellement en faillite, non pas la production de biens et de services, mais les « services financiers » eux-mêmes. Tout étant bon à prendre, ils continuent néanmoins d’être dégagés de l’activité productrice.

    Avec le paradoxe que leur montant virtuel est devenu si gigantesque qu’il ne peut plus être réalisé que marginalement. En d’autre terme que l’argent, conçu pour faciliter les échanges de biens et de produits, dans son processus d’accumulation virtuel actuel, est désormais à la recherche de son propre usage qu’il ne peut plus trouver. Ayant comme seule logique la reproduction du mécanisme qui le génère à grande échelle. Comme chacun sait, les « profitateurs » (ceux qui captent le profit), ne savent plus quoi faire de leur argent. Avec comme unique dilemme le risque de partiellement le perdre, ce qui ne les affecte que « virtuellement », ou d’en gagner encore plus, sans savoir à nouveau ce qu’ils vont en faire.

    Une seule question centrale se pose logiquement à eux. Comment relancer le casino, avec quelles nouvelles règles, afin d’éviter de faire à nouveau sauter la banque ? Ainsi que deux questions subsidiaires : comment stabiliser le processus destructeur des ressources avant qu’il ne soit trop tard ? Quel ciment social faut-il utiliser pour assurer la cohésion sociale nécessaire à l’équilibre de l’édifice financier ?

  28. Autre approche:
    Le problème n’est pas tant l’endettement que les intérets de la dette.
    Si vous avez une masse monétaire de 1000 et qu’une banque prète 2 fois 500 à 10 %, elle crée ainsi une valeur fictive de 50 + 50 =100 qui n’existe que sur le papier!
    Un des emprunteurs va rembourser 550 mais comment? En prenant les 50 qui lui sont nécessaires dans la poche de l’autre qui va se retrouver avec 450 et en faillite!
    Actuellement les intérets de tous les emprunts sont tellement colossaux que plus personne ne peut les payer puisque le montant total à rembourser dépasse le montant de la masse monétaire .
    Une des solutions consiste effectivement à augmenter la masse monétaire en faisant tourner la planche à billet, l’autre solution serait, comme l’a dit Christine Lagarde lors de sa sortie sur « un crédit ça se rembourse », de ne rembourser QUE LE CAPITAL.
    Bizarrement tout le monde a bien capté que le crédit doit se rembourser mais tout le monde a zappé le fait que c’est le capital qui doit être remboursé!
    Dans les années 1970 mon père a acheté une maison, à la fin de son crédit ses mensualités représentaient une misère par rapport à son salaire, pourquoi???
    Parce qu’il y avait une vraie inflation et les salaires augmentaient en même temps que les prix!!
    Donc pour que le crédit fonctionne il faut soit de l’inflation ( la masse monétaire doit couvrir le montant des intérets) soit des crédits à taux zéro ( pour ne pas créér de valeur fictive impossible à payer).

  29. Cher Paul,

    Merci pour ce nouveau billet qui clarifie votre analyse sur la fin du capitalisme.

    Cependant, je constate l’oubli d’une classe fondamentale : les semi-prolétaires (des ruraux en général). Autrement dit, ceux qui sont progressivement intégrés à l’espace capitaliste et qui permettent de compenser la baisse tendancielle des taux de profits en acceptant une rémunération inférieure aux standards de production mondiale. Hé oui, les prolétaires ont cette fâcheuse tendance à s’organiser pour gagner plus, d’où le recours nécessaire à cette masse de paysans encore partiellement autarciques et qui peuvent obtenir des conditions de vie meilleures en acceptant de gagner moins que les autres.

    L’urbanisation et l’épuisement consécutif des réservoirs de main d’œuvre peu prolétarisée à l’échelle mondiale constitue une de ces limites structurelles sur lesquelles butte le capitalisme historique.

  30. Vous oubliez un acteur important , l’Etat avec ses impots .A moins que vous ne le rangiez avec les rentiers ?

  31. @ FabCH

    Ce sont les émigrés non seulement de l’extérieur, mais surtout de l’intérieur dans les pays émergeants, qui se concentrent dans le monde entier dans les grandes mégapoles, qui constituent les grand bataillons de l’économie et de la « société informelle ». Leur intégration au système capitalisme procède d’un mécanisme particulier, l’interfaçage entre deux mondes, formel et informel, qui se côtoient, s’alimentent, partagent le même espace, ont leurs propres lois, etc…

    Ce ne sont de moins en moins des ruraux et de plus en plus des urbains (si l’on peut appeler ainsi les habitants de mégapoles qui nient tout urbanisme).

  32. Plusieurs peinent à accepter l’idée qu’un entrepreneur ne soit pas nécessairement un capitaliste (rentier). Il est vrai que ceux qui réussissent et font prospérer leur entreprise dans le système actuel finissent par accumuler du capital qu’ils font fructifier. Mais il est des entrepreneurs qui agissent hors du circuit traditionnel. Si c’est l’innovation originale qui, selon Schumpeter, est le gage du succès de l’entrepreneur, ne pensez-vous pas qu’aujourd’hui les vrais entrepreneurs sont dans le non-marchand et que c’est de là que viennent les innovations ?
    Dans le secteur environnement en tout cas cela me paraît évident. Je me souviens de cette initiative à Dunkerque, vers 1985, ou une association de réinsertion sociale sans but lucratif a crée, sous les lazzis, le premier centre de tri de déchets ménagers. Ils ont vivoté et expérimenté des années avant que, prise de conscience écologique aidant, l’idée ne fasse son chemin. Aujourd’hui c’est Suez et Véolia qui ouvrent des centres de tri (avec plus d’automation et moins de chômeurs remis au travail) un peu partout et en font du profit mais les vrais entrepreneurs étaient hors système capitaliste. De même en Belgique, les premiers collecteurs de papiers usés étaient des personnes du monde chrétien qui se battaient pour l’aide au développement et la réinsertion des exclus. Aujourd’hui l’asbl Terre emploie 350 travailleurs, continue à fonctionner sans profits et avec une grille salariale avec tension minimale, mais ils ont du mal à maintenir la collecte des vieux papiers qu’essaient de capter les mêmes multinationales…

  33. Il est certain que cette période difficile, engendrée par un système devenu « sauvage », (mode de pensée économique qui a quand même survécu à plusieurs guerres dont 2 mondiales et à une grande dépression), est propice à la réflexion sur le « comment bâtir une société plus juste, équilibrée, écologique…mais aussi mondialisée… » et que de cette réflexion naîtront très certainement de nouvelles et nobles idées, en tout cas je l’espère.
    Mais, même si ça ne se décrète pas, est-ce qu’une grosse inflation ne va bientôt résoudre beaucoup des problèmes évoqués ici comme étant des signes annonciateurs de l’effondrement du capitalisme et les décisions politiques actuelles ne sont-elle pas justement l’illustration de cette volonté ?

    La politique de la fuite en avant de type Ponzy-Madoff par l’endettement sans fin et les conséquences que l’on pourrait imaginer suicidaires de la prise en charge de tous les excès de la dérégulation par des états en ce moment ne vont-t-elles tout simplement pas se résoudre d’elles mêmes par une forte dévaluation des monnaies fiduciaires, permettant au système en place de faire un forte cure d’amaigrissement, et d’enfanter sans péridural d’un système moins cannibale avec des bases plus justes, équilibrées, écologiques…, mais sans pour cela changer les fondements du cadre libéral et remettre en cause la relation certes pervertie mais jusqu’à ce jour la plus démocratique et fondatrice, entre travail (salarié-entrepreneur) et capital ?

    Quelques mois voir années de déflation, une politique monétaire volontairement suicidaire pour calmer les esprits qui s’échauffent et une « belle » inflation sur 5-10 ans diminuant par 2, 3 voir plus l’endettement des particuliers, des collectivités, des entreprises et des états, et ruinant au passage le capital et les rentiers.
    Puis de nouveaux équilibres commerciaux, des pays émergeants qui prennent toute leur place avec leur immense potentiel démographique et de nouveaux rapports de force qui s’ajustent dans la douleur, douleur qui depuis l’aube des temps rythme une aventure humaine qui devra tenir de plus en plus compte de dame nature avant d’être, dans le cas contraire, définitivement rappelée à l’ordre.

  34. >Paul Jorion

    Votre analyse rappelle celle de Gérard Duménil, qui reprends la thèse du Cadrisme, c’est à dire l’émergence d’une classe intermédiaire, formés de cadres, et de managers compétents que les capitalistes cherchent à mettre de leur côté par l’intermédiaire de la finance.

    Pour un résumé des idées de Duménil, lire cet article du Monde Diplomatique:
    http://www.monde-diplomatique.fr/2007/10/BIDET/15216

  35. @ Dissonance

    Le billet de Paul va droit à l’essentiel, il ne s’encombre pas, pour des motifs pédagogiques (ou alors il lui faudrait écrire une thèse répondant par avance à toutes les objections) des détails, détails qui ne changent rien à la démonstration, au contraire, puisqu’ils en constituent des facteurs aggravants.

    Dans un autre billet ou commentaire il a déjà été rappelé par Paul Jorion que les entrepreneurs et investisseurs pouvaient être les mêmes personnes.
    Il est bien évident qu’un patron du CAC 40 est à la fois entrepreneur, en tant que PDG, et rentier-investisseur puisque beaucoup de ses décisions consistent à arbitrer entre projet à long terme pour l’entreprise, maintien du salariat existant, et retour sur fonds propres de 15 %, avec tout ce que cela comporte d’opérations LBO, restructurations, fusions-acquisitions, délocalisations.
    Or ces dernières décennies ceux que l’on appelle entrepreneurs se comportent eux aussi comme des joueurs de casino, misant là où cela rapporte le plus, faisant passer alors leurs propres salariés pour de simples variables d’ajustement. Nous avons alors les plans dit « sociaux » (qui sont tout sauf sociaux), les salaires qui stagnent, voire baissent dans certains cas.

    La question qui se pose alors est : ces dirigeants sont-ils encore des entrepreneurs ?
    Un entrepreneur classique, s’il en est, a un projet industriel, cohérent avec un politique économique et sociale.
    C’est ce que nous avons connu lors des trente glorieuses, même si,il faut le préciser,car c’est important, ces années glorieuses, elles étaient moins glorieuses qu’on ne le dit, car en effet, le compromis social qui s’établissait n’empêchait pas l’exploitation sans vergogne du tiers monde. Je ne vous rappellerai pas, s’agissant simplement du cas français, les turpitudes de la Françafrique qui mêlèrent tous les gouvernements de la cinquième république. Les USA avaient eux l’Amérique du sud et ses dictatures comme champs d’exploitation. Salvador Allende en est mort. Bref, le capitalisme n’a jamais une partie de plaisir ni une oeuvre philanthropique comme a cru bon un jour me le rappeler mon patron.

    @ Thierry Dorée

    Dissonance a raison de dire que l’innovation ne vient pas le plus souvent de l’entrepreneur.
    Tenez, Bill Gates, l’homme le plus riche de la planète, a surtout inventé un procédé commercial, qui revient grosso modo à faire de la vente forcée, ce qui lui a permis de monopoliser tout le marché, ou presque, de la vente des micro-ordinateurs.
    Il n’a pas inventé lui-même le micro-ordinateur.
    On appelle a tord entrepreneurs ce qui sont en fait des gestionnaires, et très souvent, avant tout gestionnaires d’une rente.

    Bref, lorsque Paul Jorion distingue, pour des raisons pédagoqiques, entrepreneurs et investisseurs il est en deça de la réalité, et pourtant son explication est déjà probante, et rend compte de la réalité du capitalisme depuis son invention.
    On retorquera, oui mais il y a tous les petits entrepreneurs qui ne sont pas forcément des exploiteurs et qui ont de réels projets industriels, et même parfois à forte connotation sociale, compatibles écologiquement, mais ce ne sont pas eux qui ont le pouvoir.

  36. juste pour signaler un blog que je trouve interessantissime et hautement inspiré le tout dans la joie et la bonne humeur (ou pesque) : http://tsunamifinancier.blogspot.com/

    curieux toutefois qu’il soit si difficile d’y laisser un commentaire .
    sans oublier un grand (grand) merci pour vos efforts.

  37. @ Jef

    Une inflation « modérée », de 5, 10 ou 20 % l’an serait gérable. Elle restreindrait le pouvoir des rentiers au profit des entrepreneurs, allègerait le poids de la dette… Nous avons déjà connu une période similaire après les chocs pétroliers, on y survit finalement fort bien.

    L’ennui c’est que les montants en jeu sont colossaux et difficiles à concevoir. Leur mise en mouvement chaotique est en passe de détruire jusqu’à l’instrument qui les mesure, à savoir la monnaie. Comment échelonner la valeur des choses quand on doute de l’instrument de mesure ? Comment gérer les échanges économiques quand même la monnaie est objet de défiance ?

  38. >Pierre-Yves D.

    N’oublions pas non plus qu’en économie capitaliste, une part importante du travail des entrepreneurs consistent à entretenir leur rente, en maintenant artificiellement des asymétries d’informations.

    Un exemple tout à fait amusant nous vient de l’informatique: il existe ainsi toute une branche de l’ingénierie informatique, l’obfuscation, consistant à rendre obscur le bytecode ou le code sources des programmes informatiques, afin d’empêcher à la fois le reverse engineering de la concurrences, et d’interdire les interventions des acheteurs qui deviennent ainsi totalement captifs des services de leur fournisseurs.

  39. .QUESTION.

    Bonjour,Je voudrais savoir si en fin de compte, l’argent amassé par les rentiers n’a pas été redistribué dans le reste du monde ?

    Donc en fait l’accroissement des inégalités en Europe de l’ouest ou aux Etats Unis se serait traduit par une diminution de celles ci en Asie en europe de l’est et en amerique du sud (l’Afrique étant la grande perdante).

  40. @ Hervé.

    La dette globale US/PIB est effectivement à un niveau dramatique : 369% au T4 2008. La moyenne long terme soutenable est de 100 à 150%.
    Il faudrait donc diminuer cette dette du montant correspondant, ce qui est possible avec une forte inflation sur 5 à 10 ans.

    Pour la mesure et donc la valeur, l’idée du panier me semble aujourd’hui la plus juste. Il est clair que l’instrument de mesure actuel a perdu de son lustre.

  41. >Le Fan

    En Chine, les inégalités ne se réduisent pas malheureusement, et même semble exploser: le coefficient de Gini, qui est une mesure quantitative de ses inégalités a explosé ses 10 dernières années, ce qui explique d’ailleurs la campagne lancée par Hu Jintao sur la Société Harmonieuse. Ce coefficient est d’ailleurs l’un des plus élevé du monde, ce qui ferait de la Chine l’un des pays les plus inégalitaire du monde.
    Il existe en effet de très fortes différences d’opportunités entre les campagnes et les villes, ce qui provoque d’ailleurs de véritables drames dans certaines familles.

    L’un des grands programmes lancées actuellement d’ailleurs cherchent à augmenter le niveau de vie des paysans, et à constituer une élite rurale qui pourrait s’approprier des terres et même acquérir une forme de pouvoir locale au travers d’élections.

    J’ai l’impression d’ailleurs que les planificateurs communistes se sont inspiré de l’exemple français de la troisième république.

  42. « Les nations ont délégué une part toujours grandissante de leurs pouvoirs à leurs banques centrales qui sont devenues soit un État dans l’État (comme aux États–Unis) soit un État par-dessus les États (comme en Europe) »

    Trois sujets essentiels dans cette phrase de Paul :
    1.    Les Banques centrales sont à l’origine du trouble financier – donc économique et social.
    2.    Les nations ont abandonné une partie importante de leurs pouvoirs – supposés – démocratiques au bénéfice des Banques Centrales.
    3.    En Europe la Banque centrale Européenne, à non seulement prix un pouvoir essentiel aux états, mais elle à prédominances dur les états qui isolés et seuls ne pourraient plus reprendre leur autonomie financière ni même influencer cette Banque Centrale devenu un super état non démocratique.

    Alors, avant de faire un nouveau Bretton Woods, de renforcer les règles du capitalisme, d’attaquer le secret bancaire, de tenter de faire disparaître les paradis fiscaux, de rendre la parité fixe entre les devise, d’interdire la spéculation sur les matières premières ou les céréales, etc. Ne serait-il pas nécessaire de remettre en cause le pouvoir, ou même l’existence de ces Banques Centrales sous le contrôle Rentiers Capitaliste ?

    L’influence des nombreuses organisations qui représentent ces derniers (e.g. Le groupe des trente), et ou l’on retrouve mélangé Politiques et Rentiers Capitaliste, n’est elle pas aussi une des raisons pour lesquels il est impossible d’attendre quelque solution que se soit dans la durée, de la part des Politiques.

    Fermons les Banques Centrales, et créons les organisations qui, à la place des politiques, travaillerons à inventer ce nouveau système monétaire humain juste pérenne et stable que nous appelons !

  43. Si c’est pour remplacer l’horreur capitaliste par l’horreur marxiste je passe mon tour. La démocratie n’est compatible ni avec l’un ni avec l’autre. Le mal est beaucoup plus profond que ne le suggère cette tentative désespérée de remettre à jour les vielles lunes. L’égalitarisme radical, mais libéral, d’un Dworkin ou la démocratie d’un Rawls me parait encore une meilleure option. Mais je en me fais pas d’illusions.
    La promesse d’un monde meilleur échoit désormais, à plus ou moins long terme, aussi paradoxalement que cela puisse paraître, aux cultures traditionnelles du Tiers Monde, qui elles n’ont pas oublié « les fondamentaux », et qui possèdent les ressources.

  44. @François Leclerc « la société devient, à tous points de vue, de plus en plus précaire. »

    je confirme en France on en est à 20% sous le seuil de pauvreté, ce n’est pas rien pour un pays dit « riche » sachant que dans ces 20% beaucoup travail, sont au smic et locataire.

  45. @ Antoine

    Intéressant de se pencher sur l’Histoire et de constater le Marxisme est né en réaction au, déjà dominant, modèle financier british Capitaliste et à la misère et aux crises dramatiques qu’il créait sans cesse… Si le Marxisme n’est pas la voie, ou si l’on veut d’autres solutions plus démocratiques, alors il nous faut encore les inventer. Sans cela, soit nous sombrerons de nouveau dans le fascisme ou des dictatures de type Communistes, soit nous resterons victime du modèle d’oppression social courant. Le Capitalisme.

  46. >Antoine.

    Je suis toujours un peu peiné que l’on renvoie aux Marxistes le gâchis humains que fut le régime soviétique ou le régime Maoïstes.

    Il faut quand même prendre conscience que le régime soviétique fut surtout la relecture dans le cadre d’une société très archaïque de la traduction par Lénine du Marxisme Européen. De même dans le cadre Chinois, où l’on peut même dire que le Maoïsme est sans doute par certain aspect plus proche des traditionnelles révoltes paysannes chinoise, souvent emprunt de forme de populisme et menées par des intellectuels déclassés par leur échec aux concours impériaux, que du scientisme progressiste occidentale.

    Faut il encore rappeler que les premiers critiques du régime soviétique furent les marxistes allemands et d’europe centrale comme Rosa Luxembourg?

    Par ailleurs, un authentique libéral comme Schlumpeter, bien qu’anti-marxiste, a certainement fait la meilleure synthèse sur le sujet, qui témoigne de son intéret pour ce courant de pensée.

  47. Le goupe des trente – Group of Thirty – G30

    Un extrait d’un article de Ibrahim Warde dans le Monde diplomatique de Novembre 1998 – Un capitalisme de compères – Le système bancaire dans la tourmente.

    « … L’organisme le plus influent dans la justification et la diffusion de ces nouveaux principes est sans aucun doute le « groupe des Trente » (connu également sous le nom de « Groupe de consultation sur les affaires économiques et monétaires internationales »), qui est une sorte de think-tank basé à New York, financé par les géants de la finance internationale, et dont les trente membres, triés sur le volet, constituent un véritable « who’s who » de la finance privée et publique. Présidé par M. Paul Volcker, ancien président de la Réserve fédérale, le groupe des Trente comprend des gouverneurs de banques centrales, dont MM. Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque de France, Jacob A. Frenkel, gouverneur de la Banque d’Israël, et Andrew D. Crockett, directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI), la « banque centrale des banques centrales » ; des patrons d’établissements financiers tels Morgan Stanley, Merrill Lynch ou Dresdner Bank ; et des économistes de renom, comme les professeurs Peter Kenen de l’université de Princeton ou Paul Krugman du Massachusetts Institute of Technology (MIT).

    Les publications et colloques du groupe des Trente ont produit un catéchisme – aussitôt répété urbi et orbi par la presse financière, par les « économistes de marché » et par les analystes financiers – que personne ou presque ne contestait : il fallait « moderniser » la finance, promouvoir l’innovation, « harmoniser » la réglementation internationale, assurer la libre circulation des capitaux et l’ouverture des marchés, et surtout se fier au rôle autorégulateur de ces derniers, en particulier en ce qui concerne les fonds spéculatifs et les produits dérivés … »

  48. @ Blob

    Au contraire lorsque je parle du marxisme j’ai 2 choses en tête:
    – La doctrine de Marx lui même, qui n’est qu’une variante (et non pas un renversement comme il le prétend lui-même) de la pensée de Hegel, elle même fondée sur la façon d’envisager les choses humaines depuis Hobbes. Tout adversaire résolu de Hobbes est un adversaire résolu de Marx, parce que les même critiques, très dures, portent dans les deux cas. On ne peut pas tenir ensemble Aristote et Marx, et c’est un enorme problème pour les marxistes, incapables de penser la communauté dans des termes qui ne seraient pas conflictuels (on ne bâtit pas une cité là dessus, ou alors on renvoit ça « à la fin de l’histoire »…)
    – Les tentatives contemporaines de remettre Marx au gout du jour dans ce qu’on a appelé « le marxisme analytique » d’un Roemer par exemple a échoué. De même a échoué la tentative de remettre au gout du jour les analyses minable de Marx (empruntées/pompées à Feurbach) sur le phénomène religieux. De même n’a pas eu d’échos la tentative de Poulanzas en France de repenser le concept de classe de manière plus fine, adpatée à la complexité du monde social contemporain qui n’est plus celui de Marx.

    Quand j’attaque Marx c’est toujours sur la base de ses écrits. Nul besoin de s’appuyer sur l’histoire…
    Toutefois, il suffit de luire Proudhon qui a tout de suite écrit une belle lettre à Marx en expliquant ce à quoi aboutirait l’application de sa doctrine, et qui ne s’est pas trompé. Il y a un lien direct entre le marxisme de Marx et les expériences menées en Russie et en Chine. N’en déplaise aux marxistes d’aujourd’hui… qui sont souvent bien plus eloignés du vrai Marx (tant mieux en un sens) que ne le furent au contraire Staline et Mao.
    Ce que je veux dire c’est qu’il y a le matériau intellectuel: la critique la plus dure du refus de prendre en compte les extarnalités vient d’un auteur… libertarien, à savoir Gauthier!!! Il existe aussi des libertariens d’extrême gauche!
    Marre de voir le marxisme, un vieux truc dépassé théoriquement, ramené quasi systématiquement en France dès qu’une fenêtre de tir s’ouvre pour la critique du « capitalisme ».
    La faute n’en revient pas aux militants… encore qu’ils aient tout fait au plus haut niveau pour empêcher le developpement d’un espace critique non marxiste (Gesell). La faute en revient à l’abandon de la recherche fondamentale en philosophie politique et morale dans ce domaine (c’est pas « productif » et « la philosophie ne devrait pas s’intéresser à des sujets aussi sales que « l’argent », indigne d’elle »… bref. J’ai moi-même dû arreter et me lancer dans tout autre chose, parce que je ne pouvais pas en vivre (ce qui ne m’empêche pas de continuer dans mon coin).
    Mais par pitié, lisez Walzer, Rawls, Dworkin, Gauthier, Strauss, Schmitt, Aristote, Thomas d’Aquin, Maimonide… Marx ca va bien 2 minutes… c’est un outil parmi d’autres. Rien de plus.

  49. >Antoine

    Votre démarche me parait toute à fait saine: je suis bien d’accord avec vous lorsque vous en faite du marxisme un outil parmis d’autres.
    Je suis moins convaincu par contre par ce que vous dites sur les expériences Russes et Chinoises. Dans le cas de la Chine, l’ouvrage de Lucien Bianco, Les origines de la révolution Chinoise sont assez éclairant.

  50. Dans les faits la vitesse des échanges boursiers s’effectue selon celle des échanges de données informatiques, soit entre 0,9 et 2 millisecondes de n’importe quel point du globe à n’importe quel autre. S’il fallait parcourir à pied, soit à la surface de la Terre, les deux points les plus éloignés l’un de l’autre il faudrait marcher de l’ordre de 20 000 km. Le courtier Philippidès qui mettrait 1 milliseconde pour parcourir 20 000 km irait à une vitesse de 20 000 000 000 mètres par seconde, soit 500 fois la vitesse de la lumière.
    À un tel degré d’instantanéité, la valeur a conquis l’attribut divin d’ubiquité, elle est potentiellement partout à la fois, tout en circulant selon la logique du Capital. Si la valeur est l’objet d’une telle accélération de sa circulation, c’est qu’il ne suffit pas au capitalisme qu’elle existe, sous forme de crédit, avant que son potentiel soit réalisé, il aura aussi fallu que ce crédit même fût l’objet d’une spéculation. Or un spéculateur agit selon sa maîtrise des positions de la valeur : qui sait que telle quantité de valeur prendra telle position avant les autres peut parier, à la baisse ou à la hausse avant eux sur les positions qu’il anticipe.

    « À mesure que le système de crédit se développe, le capital-argent libéré par le simple mécanisme du mouvement de rotation jouera un rôle considérable (à côté du capital-argent libéré par le retour successif du capital fixe et celui qui est nécessaire, comme capital variable, dans chaque processus de travail) ; il constituera en même temps un des fondements de ce système. » [Marx Capital II, deuxième section, p. 673 Rubel]. Autrement dit, à côté de l’économie réelle, le temps de suspension du capital-argent est un lieu de production de valeur de plus en plus fondamental. Le système marche tendanciellement de plus en plus sur sa tête. Ce temps de suspension est relativement court dans l’ensemble de l’économie, mais la logique capitaliste, en le cultivant intensivement par le seul moyen de l’accélération de la diffusion des informations, le rend prééminent.

    Tendanciellement, ce secteur parasitaire devient le secteur fondamental parce qu’il est aussi celui où l’écart entre les capitaux fixe et variable, investis, et les capitaux attendus est le plus grand et la rotation la plus rapide. Ce caractère parasitaire précipite substantiellement l’ensemble du système dans sa crise. En aimantant – soit par l’absorption directe de plus-values, soit en imposant ses normes à la production réelle et aux États – l’ensemble des valeurs, il aiguise par presque tous les côtés les conditions de la disparition du système capitaliste. En effet, en maintenant une telle proportion de valeurs en suspension il contribue à la fois à la crise de surproduction, aux tendances monopolistiques, à l’atonie de la consommation et à la vassalisation des États. Le fait que la paralysie des échanges boursiers fasse baisser son volume global n’est pas décisif ni pour ce secteur ni pour l’ensemble du système, puisque persistent les conditions de la cannibalisation entre les propriétaires de valeurs.

    Le système peut agoniser longtemps, aussi longtemps que le dernier côté de la disparition du capitalisme – non plus seulement comme système, mais comme mode de production – reste latent : l’avènement d’une révolution sociale prolétarienne internationale apte à ne pas reconstituer la valeur, fût-ce sous forme étatique. Cela est déjà une autre histoire. D’ici là, la police et l’armée s’occupent de maintenir comme sur ses pieds ce système qui marche sur la tête.

    Une nouvelle « constitution » ne fait rien à l’affaire : quelle instance sociale la constituerait ?

  51. @Pierre-Yves D.
    Oui, ils n’ont pas le pouvoir mais ce n’était pas le sujet. J’ai expliqué la différence entre un entrepreneur et un rentier pour tous ceux qui ne la comprennent pas, dont tu sembles faire partie. Il y a un million d’entreprises en France et lorsque des gens comme vous évoquent le patronnat, ils ne pensent qu’au CAC 40. Le manichéisme de Dissonance m’a agacé. Lui n’a pas dit que l’innovation ne venait pas souvent des entrepreneurs mais plutôt jamais. Maintenant vous voulez quoi ? Plus de patrons, qui va les créer les entreprises ? Qu’est-ce qui vous empêche d’en créer une à votre idée?
    C’est plus facile de critiquer et de se poser éternellement en victime, d’un point de vue moral , on a le beau rôle.Mais ce sont les entreprises qui créent le tissu économique qui vous donne des emplois. Il faut donc que des entrepreneurs investissent leur argent, au risque de le perdre si ça ne marche pas. Beaucoup font un emprunt pour démarrer, peu sont rentiers. S’ils s’enrichissent , c’est une juste récompense à l’initiative et à la prise de risque. Une entreprise a pour but de gagner de l’argent pas vocation à faire du social. Mettez votre argent, vous comprendrez. Ce sont les entrepreneurs qui font tourner le monde, pas vous. Je dis ça parce que les gens comme vous m’agacent et ne font pas avancer le schmilblick.
    Le CAC 40 est un autre monde, là je vous rejoins. Le monde de la finance et les sociétés secrètes qui sont les gouvernements de l’ombre sont les vrais ennemis de la démocratie. Les politiciens qui sont leurs représentants et dont les campagnes ont été financées par les banques se doivent de leur renvoyer la balle une fois élus.
    Vous vous trompez de cible.
    Et en politique aussi, vous avez certainement voté socialiste en 81, 88,95. Qui a commencé la politique des bas salaires en France en 1983 si ce n’est Jacques Delors puis les privatisations, Jospin ? D’où vient la dette publique ?

    Depuis janvier 1973 , Giscard, ministre des finances de Pompidou ( ex de chez Rothschild ), empêchait l’état d’emprunter à taux bas à la Banque de France, pour l’obliger à le faire auprès de banques privées, à des taux astronomiques. Tout le problème de la dette vient de là avec les mesures de restriction du budget de l’état pour la contracter qui en découlent, suppression de postes de fonctionnaires.

    De 1973 à 2009, avez-vous entendu un politicien de gauche, l’expliquer au cours d’un débat télévisé ? Son carriérisme serait mis à mal et il sait éviter le sujet.

    Pour vous expliquer que le monde n’est pas celui que vous croyez être devant votre poste de télé, quelques infos :

    Mitterrand a débuté sa carrière à l’extrême droite chez les Croix de feu. Georges Marchais fut travailleur volontaire dans les jeunesses hitlériennes. Mitterrand était un franc-maçon de très haut niveau. Chirac en était un aussi, ils le sont tous, lui était communiste dans sa prime jeunesse. Les vrais décisions ne se prennent pas en démocratie, à l’assemblée mais dans les sociétés secrètes. Qui avait sorti la France de l’Otan, contre l’avis des socialistes, De Gaulle ?

    Maintenant vous prenez un billet de un dollar, côté verso et vous découvrez l’emblème des Illuminatis, la pyramide avec le grand oeil. C’est sous vos yeux.

    Pendant des années ils vous ont amusé à vous faire croire qu’une opposition existait mais ils marchent tous ensemble.
    Regardez Sarkozy et Strauss-Kahn, copains comme cochons, ils mangeaient ensemble après les joutes télévisuelles.
    Plus sioniste comme parti que le PS en France, il n’y a pas, impérialiste donc.

    La révolution bolchévique de Lénine et Trotsky a été financée par Rothschild en Europe et la banque Kuhn&Loeb aux USA.

    Tout comme Israël avait anticipé une opposition à ses exactions en Palestine en choisissant de financer le Hamas, à ses débuts, la grande finance vous a donné un semblant d’alternative avec le communisme, sensé défendre les ouvriers. Sauf que Lénine n’en a jamais rien eu à foutre des ouvriers, pour lui seule la production comptait et la démocratie n’était pas souhaitable, au contraire. Le PC est né en France en 1920 d’une scission avec le PS pour rejoindre le modèle soviétique.

    Je m’arrête là pour l’instant.

  52. Au vu des précédents billets,(et du billet suivant) je me permet d’exprimer ma pensée.
    Beaucoup se posent la question:
    si c’est la fin du capitalisme, qu’allons nous mettre à la place?
    Le choix dépend de chacun de nous –>niveau individuel
    de chacun de nous réunis –>niveau collectif
    et enfin ne dépend pas de nous –>imposé par la limite finie de la terre
    Car comme il est rappelé sur le blog maintes fois, le système capitaliste actuel a un problème majeur, il engendre la destruction de la terre … et de facto les hommes !
    Si l’on reste en posture C selon la définition de Garnier, on change les règles comme le propose le billet précédent de Vignal et l’on obtient le même système mais métamorphosé.
    Pour ma part, je pense que nous devons évoluer en posture D(le système est cassé, on ne peut que le changer)
    Le système basé actuellement sur le profit individuel est en phase auto-destructrice.
    La conjonction des annonces alarmantes sur le réchauffement climatique du GIEC(voir contre-info)pour ne citer que ce point écologique …et l’effondrement du système capitaliste est lié de fait car l’un est le résultat indirect de l’autre.
    Pour ceux qui s’interroge(comme moi) sur un nouveau système, il ne peut en rester qu’un, et celui-ci devra s’appuyer sur la préservation de la planète, il n y a pas d’autre alternative:sauvegarde des ressources minérales
    :sauvegarde des ressources végétales
    : sauvegarde des ressources animales(nous compris)
    La recherche du profit monétaire, (argent) et individuel est révolu et doit être remplacé par la recherche du profit planétaire(écologique) et collectif!
    Tel est l’équation qui ressort de mes nombreuses lectures lors de ses derniers mois
    Maintenant j’ai bien conscience du travail colossal et du temps important(que nous n’avons pas) que cela suppose.
    Je vous laisse libre de propositions concrètes pour aboutir à ce projet 🙂
    Mais la constitution économique proposé par Paul est à mon avis un support idéal à une tel réalisation 😉
    respectueusement galapiat

  53. @ThierryDorée

    « Pas prof de français ni intellectuel vu qu’il fait au minimum une faute par phrase, peut-être économiste, il semblerait qu’il ait conçu le système idéal. Ecoutons-le l’heure est grave, Dissonance, nous sommes tout ouïs. »

    Belle définition d’un intellectuel! Pas trop réductrice, ni même sectaire, un rien perfide, juste assez pour être compatible avec le qualificatif auto-décerné d’intellectuel.

    Pwardon misssieu….

    Cela dit, a part François Leclerc qui ose se compromettre, il faut bien reconnaitre que la discussion n’existe qu’entre les intellectuels agréés de ce blog.

    Reste aux autres la lecture des réflexions hautement sérieuses, et responsables, de ces misssieux…

    Le jeu des chaises musicales à recommencer, les places se libèrent.

  54. @ThierryDorée:

    Je n’ai pas pour habitude de « nourrir les trolls », mais tout de même…

    Tenter de discréditer quelqu’un en brandissant de vieux fantômes poussiéreux est un art difficile, vous n’êtes vraisemblablement pas à la hauteur de cette tâche. La pique sur l’orthographe m’a tout juste fait sourire.

    Vous interprétez mon propos au lieu de simplement le lire, et extrapolez sur cette base (erronée) mon hypothétique appartenance idéologique. Mauvaise pioche, essayez encore…

    Mon propos sur l’innovation est celui-ci: Celui qui innove est l’innovateur, mais rien ne permet objectivement de prétendre qu’un innovateur est par définition entrepreneur. La réciproque est tout aussi vraie, je vous le concède, rien ne permet de prétendre qu’aucun entrepreneur ne peut être innovateur. La réalité se trouve quelque part entre ces deux extrêmes.

    Histoire de vous donner encore du grain à moudre… Plus de patrons? C’est une idée, effectivement. Non pas, comme vous en préjugez à mon endroit, parce que je les considèrerais comme tous pourris, mais simplement parce que philosophiquement, la structuration absolument hiérarchique du monde économique est en totale contradiction avec le principe démocratique qui régit la société par ailleurs. Il suffit juste de comparer la définition et l’étymologie de ces deux termes, démocratie et hiérarchie, pour comprendre que les idées qu’ils soutiennent ne peuvent mener qu’à leur affrontement.

    @PierreYves D.

    Mon commentaire précédent était tout destiné à ThierryDorée (je crois que j’ai fait mouche 🙂 ), je me doute vaguement que P.J. passe sur certains éléments triviaux pour ne pas alourdir son argumentation. Néanmoins merci, c’est toujours un plaisir de vous lire, votre faculté à appréhender et reformuler les avis de chacun est assez impressionnante.

  55. @AAA+
    Encore un à qui je vais devoir apprendre une autre lecture. Un intellectuel ne peut être aussi nul en orthographe sinon il n’en est pas un. Donc mon propos n’est pas réducteur. Secundo je ne me proclame pas intellectuel, je critiquais quelqu’un, je ne parlais pas de moi. Il y a une différence importante. Par ailleurs je n’en suis pas un et n’ai jamais pensé une seconde en faire partie, cette forme d’objectivité me permet de rigoler néanmoins lorsqu’une personne incapable d’écrire une phrase sans faire une faute vient nous donner des leçons d’économie. Parce que pour concevoir un système parfait en économie, vu le nombre d’intellectuels qui s’y sont essayé, il vaut mieux être intelligent. Ce qu’une telle nullité en orthographe vient démentir. Apprendre à rester à sa place est pas mal car lorsqu’on voit le nombre de commentaires débiles sur les blogs, ça fait pitié.

    François Leclerc ne va pas assez loin, la situation est pire qu’il ne l’imagine. Cette crise comme toutes les crises a été provoquée par la FED et la City. Après des années de baisse des taux de nature à provoquer l’endettement, la FED les remonte brutalement de 5%. Inévitablement les bulles explosent, c’est le même scénario à chaque fois depuis plus d’un siècle mais vous ne comprenez tjrs pas que ceci a été voulu.
    Le Nouvel ordre mondial, celui du gouvernement unique, de la finance, le totalitarisme financier, reconstruira sur les cendres. Cela passe par la réduction du nombre de banques. La destruction de Lehman Brothers a été savamment provoquée, notamment par des spéculations à la baisse de ses concurrentes, ce qui rapporte le plus. Franklin D. Roosevelt, le promoteur du New Deal, l’a tjrs dit :  » soyez sûrs qu’en matière d’économie rien n’arrive qui n’ait été soigneusement calculé ».
    A qui profite le crime, La Morgan Chase en premier ? Qui a créée la FED en 1910 sur son île Jekyll, amusant non, JP Morgan ?

    Encore une leçon d’histoire : qui a mis Franco au pouvoir en Espagne ? La banque de France. La même qui avec celle d’Angleterre et d’autres privées américaines ont financé Hitler. Où s’est faite la fortune des Bush, Prescott Bush, le grand-père, à Auschwitz ?

    Petite révision d’histoire en passant. Qui a interdit le révisionnisme historique en France, non le négationnisme, il y a une grosse différence, un communiste, Gayssot ?

    De quoi ont-ils tellement peur, que la vérité éclate ?

    Prenez des leçons et ayez l’humilité, lorsque vous ne savez rien , de ne pas en donner.

  56. @ Paul

    Quelques précisions sur cette présentation de l’état actuel du capitalisme (que je distinguerai de sa définition).

    Elle tient au « surplus » et à son utilisation.

    Paul, vous êtes très injuste avec les actionnaires: c’est un système EQUITABLE, injustement décrié, dans lequel une part de plus en plus importante du surplus est réservé aux travailleurs. C’est absolument scandaleux de le passer sous silence.

    Il s’agit du supplément de déchets et de poisons!

    Et oui, le visage humain du capitalisme, c’est Jim JONES !

  57. @ThierryDorée:

    J’ai beau chercher, je ne vois pas cette quantité pourtant manifestement impressionnante de fautes d’orthographe qui vous irrite à ce point la rétine… A ma décharge, mon correcteur orthographique non plus 🙂

    En tout cas, plus je vous lis, plus je trouve dans vos propos des relents nauséabonds. Cela dit, pour vous apaiser, effectivement je ne suis adoubé par aucune officine au titre « d’intellectuel ». Et à vrai dire, je m’en félicite.

    Une dernière petite remarque pour conclure cette digression, vous confondez culture et intelligence. C’est bien dommage.

  58. @Paul Jorion

    Je comprend la réalité d’une perte d’équilibre, d’un rapport de force devenu impossible. Des trois classes définies par des intérêts divergents, et qu’il n’en reste plus que deux. Là où je vous suis moins, c’est dans la classification utilisée, vous définissez les Chef d’entreprises comme entrepreneurs, et bénéficiaires des Stock Option ce qui les a fait basculer dans le camp des Capitalistes (rentiers).
    Les chefs d’entreprises (PME et PMI ), doivent avoir quelques difficultés à se reconnaitre dans cette classification. Ils ne bénéficient pas de Stock Option, et leur quotidien est souvent aussi tendu que celui de leurs employés.
    Il est peut être nécessaire de faire une disctinction dans la classification utilisée ?
    Les Entrepreneurs bénéficiaires d’avantages qui les rapprochent des Rentiers sont à la tête de quelques entreprises…souvent celles figurant dans les index des bourses, cac40, DowJones, …etc.
    Si cette remarque est fondée, alors je peux ajouter que ces Entrepreneurs là, (qui n’ont pas grand chose à voir avec les Chefs d’entreprises qui font l’immense majorité des entreprises), sont issues des mêmes sphères, écoles, institutions et administration. En France notamment, on y retrouve; les Polytechniciens, les Enarques, Science Po, les grandes Ecoles.
    Il est clair aussi, que pour profiter de la perversité des Stock Option, il faut avoir la capacité de construire les comptes de résultats de l’entreprise. Un cadre bénéficiaire de Stock Option, les subit plus qu’il n’en profite. Souvent dans les SSII, se système a permis de faire travailler plus sans gagner plus.
    En tant que sociologue vous vous êtes certainement intéressé aux origines familiales de ces Entrepreneurs, tel que vous les définissez. Ne s’agit-il pas des rejetons des rentiers qui ont compris que le système Capitaliste pouvait être encore plus inégalitaire par l’instauration d’un circuit fermé. Je serais finalement rentier, mais avant j’aurais été entrepreneur, et ma projéniture, salariée au départ puis entrepreneur deviendra finalement elle aussi rentière.
    Il y a, bien sûr comme dans toute chose des exceptions, mais le fait est là…des millions de gens triment, suent, meurent, pour le bien être d’une toute petite minorité.
    L’oisiveté, de cette minorité, lui permet de réflechir, penser à son bien être, au meilleur moyen de le conserver, de l’accroître, ce qui est devenu absolument impossible de faire pour les autres.
    Mieux quand le mystère est percé, c’est un nouveau qui apparaît. Tout aussi confiscatoire que le précédent.
    Il y a donc selon moi, le déséquilibrage d’un système par l’accaparement du pouvoir par quelques individus…

  59. @ThierryDorée
    Je vous cite :

    « Prenez des leçons et ayez l’humilité, lorsque vous ne savez rien , de ne pas en donner »

    CQFF !

    Ne nous faites pas un infarctus ! Vous nous manqueriez…si si je vous l’assure.

  60. Je laisse les lecteurs juges des propos de Dissonance et ne veux plus monopoliser le blog de Paul Jorion pour régler des comptes personnels.
    Ce pauvre garçon qui s’est senti coincé essaye de s’en sortir par des propos dont il ne se rend même pas compte qu’il sont contradictoires.
    Il ne peut bien sûr pas renier sa haine des patrons en affirmant que toute hiérarchie est incompatible avec la notion de démocratie.
    A part ça, je tente de le discréditer en brandissant de vieux fantômes poussiéreux. La bêtise humaine n’a décidément pas de limites.
    Je l’ai accusé de manichéisme, ce qu’il ne peut faire autrement que de reconnaître en concédant que rien n’empêche un entrepreneur d’être innovateur. Ce qui n’était pas son propos initial, celui qui m’a fait réagir.

    Il vient nous parler de démocratie alors qu’il est un communiste de base et que le communisme ou socialisme d’ailleurs, puisque c’est la même chose, est par définition antidémocratique.

    Cite-nous donc un pays communiste qui soit une démocratie. Le vrai communisme n’a jamais existé, soit, c’est vrai, mais ce n’est pas par hasard que cette niaiserie économique débouche toujours sur un totalitarisme.

    Explique-nous donc pourquoi Marx, dans son livre III du capital affirme que la grandeur de Rome venait de l’esclavage alors que c’est précisément à cause du saturnisme ayant décimé les esclaves romains que l’empire s’est effondré ?

    Explique-nous également en quoi un capitalisme d’état est préférable à celui privé pour l’ouvrier commun ?

    N’as-tu pas payé des factures doubles ou triples chez France Télécom lorsque celle-ci détenait le monopole, par rapport à ce que proposent des opérateurs alternatifs ?

  61. à moins que j’aie loupé et à proprement parler. Je ne confonds rien, vous manquez des deux, je dis vous car vous êtes plusieurs. A voir ta conception, communiste, et ta compréhension du monde, tu ne peux être intelligent. Ce que tes propos contradictoires corroborent.
    La culture aide quand même bien à prendre des décisions intelligentes, ne serait-ce que sur la méthode empirique.
    Une chose est sûre malgré l’assentiment général sur l’inanité, la vacuité intellectuelle, économique et psychanalytique du communisme, renforcée par l’expérience, tu n’en retiens aucune leçon. Tu persistes.

    Psychanalytique aussi, encore une leçon pour les décérébrés. Freud déclarait que lorsqu’on retire à un homme ce qui est à lui, il ne lui reste que ses fèces. C’est à dire ses excréments.

    Pourquoi un bébé pleure-t-il lorsqu’on lui prend ses jouets ? Parce qu’il considère qu’ils font partie de son corps.

    Ceci pour expliciter la notion de propriété privée inhérente à l’être humain qui manque à tous les gauchistes de base.
    Après bien sûr, il reste à déterminer ce qui doit être nationalisé et ce qui ne doit pas l’être.

    J’ai des propos peut-être extrêmes mais uniquement envers la bêtise des deux prosélytismes économiques : communisme et capitalisme, qui étaient voués à s’effondrer tous les deux. Mes pensées politiques n’ont jamais été extrêmes contrairement aux communistes. Car si je ne m’abuse le communisme est bien l’extrême gauche, Besancenot, le facteur d’Attali, en est le digne représentant.

    Il n’est qu’à regarder l’histoire, on passe systématiquement d’un extrême à l’autre. Je ne répondrai plus, vous ne m’intéressez pas, je laisse les lecteurs juges.

  62. Je suis donc, dans l’ordre:
    Bolchevique,
    analphabète notoire,
    pauvre garçon pétri de contradictions,
    haineux envers les patrons.
    Je suis par ailleurs l’incarnation de la bêtise humaine,
    manichéen,
    communiste « de base »,
    et par définition donc, antidémocratique.
    En lisant entre les lignes, je suis également,
    idiot,
    donneur de leçons,
    incapable d’écrire sans faire de faute (sic),
    et je ne sais pas rester à la place qui est mienne.
    Je suis, par ailleurs:
    inintelligent,
    bouché,
    décérébré?
    Gauchiste de base en tout cas, donc amputé de certaines notions fondamentales, par définition.
    Ah oui, j’allais oublier, je suis bien entendu prosélyte, d’ailleurs méfiez-vous, les européennes arrivent, vous allez m’entendre…

    (Pour compléter le tableau, vous auriez au moins pu ajouter que je mange les enfants, ça fait toujours son petit effet).

    Et malgré tous ces signes de mon ignominie manifeste, vous daignez encore m’adresser la parole? Grâce vous en soit rendue, vous êtes trop bon, mon seigneur, touchez ma bosse s’il vous sied…

    P. S. Merci pour la leçon d’orthographe très cher, mais si vous tenez bien les comptes, nous sommes loin de la faute par ligne que vous annonciez préalablement. Je suis déçu.
    P. P. S. « J’ai des propos peut-être extrêmes[…] » C’est un euphémisme ou une litote là?
    P. P. P. S. Non décidément, je ne nourrirai plus les trolls -_-‘.
    P. P. P. P. S. Désolé à Paul et aux autres commentateurs qui ont du subir cette joute consternante.

  63. Une bonne nuit de sommeil calmera les egos et ramènera un peu de lucidité.

    L’intelligence n’est-ce aussi savoir s’adapter à l’autre ?

  64. A Ken Avo : à mon humble avis, la Seconde Guerre Mondiale n’a pas, en elle-même, permis de sortir de la Crise de 29. Par contre, cet événement majeur a généré un changement de mode de partage, un changement d’attitude parfois, et a donc modifié le capitalisme. Chacun souhaitant éviter que ne se renouvellent les conditions d’un autre conflit. Exemples : droit de vote des femmes, retraite, meilleur répartitions des pouvoir au travers de création d’instances paritaires etc. Mais, le temps passant, le souvenir des catastrophes s’estompe.

  65. Arrêtez le massacre !

    D’un coté, des chefs d’entreprises se suicident

    Ils ont pourtant parfois eu le courage d’entreprendre, travaillé tout leur vie sans compter leurs heures, sacrifié sa vie de famille, en ayant parfois perdu sa villa, et surtout le propre respect de soi-même.

    De l’autre, meurent des centaines d’africains dans des bateaux de fortunes.

    Ce sont pourtant les plus fort et les plus volontaires des déshérités africains, ceux qui ont vaincu la sélection naturelle des éléments désert, faim, océans, et surtout été assez malin pour survivre aux arnaques des passeurs et au zèle de nos policiers tout cela pour venir ramasser des poubelles dans nos pays occidentaux si fortunés à leurs yeux, pourtant ils sont chassés ignominieusement

    D’un coté des mines et des gisements raclées jusqu’à l’os sur les continents et les océans. Tout cela pour semer des poisons dans les eaux, les airs, la nourriture jusqu’aux veines de vos enfants.

    De l’autres des poubelles débordantes d’heures de travail gaspillées, dont certaines sont destinées à devoir êtres surveillée pendant des millions d’année par les générations futures qui n’auront même plus de plaisir d’entendre chanter un rorqual ou de surprendre un ours blanc !

    Votre système économique est une belle connerie ! Vous le savez alors pourquoi vous accrochez vous tant à cette épave !

    Ah oui vous qui dirigez ou qui êtes arrivés an haut de l’échelle, vous avez peur de tout perdre dans ce futur changement inéluctable, y compris même vos certitudes, mais vous avez déjà tout perdu, vous êtes responsables, l’histoire ne l’oubliera pas ! Alors oui votre position si mal tenue risque de vous échapper avec le pouvoir, l’honneur et cette fortune amassée sur le dos de ceux qui vous écoutent et vous obéissent. Mais il ne s’agit plus de vous mais de l’avenir de vos enfants, alors ces belles médailles jetez les et remettez vous à réfléchir et à construire.

    Votre monnaie nous ment, elle triche dans ses mesures elle triche au profit de ceux qui l’émettent, elle vous fait croire qu’il n’y a plus de travail alors que tout est à faire autour de vous ! Elle vous fait croire que la famine est une catastrophe naturelle alors que c’est elle qui draine toutes les richesses dans les mêmes poches. Elle vous fait croire riche alors que vous ne possédez que la servilité aux suzerains qui l’émettent. Et vous bavez de confiance éternelle dès que quelqu’un essaye de vous convaincre qu’il va sauver vos économies de papier sans valeur.

    Il faut changer la monnaie : Construire une monnaie sociale et démocratique dont l’étalon est universel et les règles indépendantes des puissants, banques ou institutions.
    http://www.trazibule.fr/monnaie-serie-2.php

    Vos institutions vous manipulent, et se retrouvent obligées à doubler les fichiers, les caméras, les lois et les prisons tout cela pour votre prétendu bonheur alors qu’il ne s’agit que de leur prétendue nécessité de survie. A coup de peur et de division, il faut à tout prix forcer les gens à marcher toujours dans le même sens même si nous allons droit au mur, en les convainquant que c’est pour leur bonheur. A coup de pièces jaunes, de téléthon, de resto du cœur, d’ONG, on vous fait une tartine de bonnes actions pour votre bonne conscience, et pendant que la générosité populaire paye, les mauvaises actions peuvent continuer, bénéfices délirants, paradis fiscaux, ventes d’armes, productions écologiquement catastrophiques, luxe éhonté.

    Il faut changer la société ; Remettre la solidarité et l’égalité au cœur de la logique de production, ne plus dévaloriser le chômage ni le travail manuel, accepter le droit à la paresse comme le gout du métier. Ne plus pénaliser l’un pour arroser l’autre !
    http://www.trazibule.fr/solution.php

    La démocratie ce n’est pas le doit de donner sa voix une seconde pour devoir se taire cinq ans. Ce n’est pas dire oui ou non à un document de 100 pages, c’est écouter réfléchir ensemble, c’est confier les affaires à des compétences qui rassemblent et représentent et les retirer dès que la faute est avérée, ce n’est pas choisir entre se soumettre et adorer ou critiquer et démolir systématiquement. La loi du plus grand nombre nécessite la formation du plus grand nombre de citoyens. Le respect du plus pauvre d’entre nous passe par l’irrespect du plus voleur d’entre nous. La qualité de vie du plus malheureux dépend de l’excès de luxe du plus riche !

    De solutions politiques existent il faut changer la constitution, nos règles du jeu commune, séparer le langage et l’action, la justice et l’argent, le pouvoir et ses représentants.
    http://www.trazibule.fr/separation.php

    Nous devons d’urgence nous atteler à une reconstruction complète de nos sociétés, cohérente logique et démocratique. Toutes les idées sont à explorer, à confronter, sinon, les tenants du «il faut relancer ce système», ou du « on n’y peut rien, c’est international », ou «faisons confiance aux gens qui se disent compétents » nous enliserons rapidement dans une insoluble souffrance.

  66. @ Moi, (Vous qui avez ouvert le bal)

    Qu’est-ce que vous appelez « réactionnaire » et surtout dans quel contexte ? La réaction est une composante de toute révolution historique en tant que retour à des sources que l’on estime fondamental de remettre au goût du jour. La véritable révolution que fut le protestantisme était aussi un retour à l’esprit originel de la bible, comme la révolution de 1789 s’est complus dans le vieux miroir que lui tendait la république romaine.

    Il est certain, plus que probable donc, que la fissure entre l’entreprenariat et le capitalisme financier trouvera une expression politique. Mais je ne vois pas pourquoi cette expression là mériterait automatiquement le qualificatif de
    « dure ». Elle sera certainement une réaction contre la fuite en avant insensée des croqueurs de parts de marché aux slogans charmeurs mais tellement lourds de conséquence: toujours plus de marché, toujours plus de concurrence, toujours plus de crédit, toujours plus d’Europe sans consistance et de mondialisation sans limite.

    Mais le système dont elle se démarquera était-il pour autant un terrain de jeu pour les anges ? L’oligarchie financière qui domine le monde depuis des décennies avait trouvé une forme d’expression politique la plus dure que l’on puisse imaginer, celle qui exerce sa poigne de fer dans un gant de velours, et invite ses victimes à l’injonction contradictoire permanente : « Soumets toi à ma volonté quitte à te faire violence, je suis le Bien immanent ».

    La haute administration politique aux ordres de la finance (gauche ? Droite ? La belle affaire !), quant à elle, se voulait insoupçonnable car elle se réclamait de l’internationalisme (« Plus de mondialisation au bénéfice des plus pauvres ») et de la Libération individuelle face aux « vieilles idéologies ». Le syllogisme était imparable : la liberté c’est le désir, et le désir étant inclus dans le marché, la liberté c’est le marché. C’est avec ce vent là en poupe que le nouveau capitalisme a supplanté les anciennes bourgeoisies industrieuses et nationales. Celles-ci renaîtront mais non sous leur forme ancienne, comme vous semblez le croire, car on ne se remet pas sans dommage d’une éclipse aussi longue et culturellement ravageuse.

    La nouvelle droite entrepreneuriale sera protectionniste mais certainement pas nationaliste, car elle sait trop bien que l’échelle du monde a changé. Il est tout aussi probable qu’elle cherchera à s’enraciner à nouveau dans un tissu local, effet réflexe irréversible de la déjà ancienne mondialisation (ce que Z. Bauman appelait la « glocalisation »). Le journaliste Daniel Mermet avait réalisé l’an dernier un reportage remarquable sur le nouvel état d’esprit des petits entrepreneurs d’une vallée savoyarde, allant tout à fait dans le sens où je le pressens.

    Ce ferment qui se lève ne sera pas tendre, et il n’y a aucune raison qu’il le soit moins que le reste de la société, puisqu’il subit lui aussi les contrecoups déstabilisants de la mondialisation financière. Mais il est probable qu’il cherchera un appui auprès d’autres couches sociales dans un cadre politique hétérogène. En tout cas, voir dans cette nouvelle donne politique un nouvel avatar convenu du « ventre fécond de la bête » m’apparait comme un gros contresens. Les logiciels vieux de quatre vingt ans doivent aussi être changés un jour.

  67. @ThierryDorée: reprenez-vous Monsieur SVP. Ici on se respecte et on est dans le débat d’idées pas dans la haine d’un autre intervenant. On utilise ses connaissances et son intelligence au profit de tous. Vous n’en manquez pas. On doit laisser ses névroses et ses colères à l’entrée. Merci.

  68. @D-croissance

    Assimiler tous les patrons de France, un million, à des rentiers capitalistes me dérange profondément. c’est non seulement faux mais ça dénote une très mauvaise mentalité, aussi nuisible que celle des rentiers pour une société.

    Il va falloir expliquer un jour que certaines « théories économiques » sont nuisibles pour que nous n’ayons plus à les subir.

    Le communisme est hautement nuisible à l’humanité, autant que le capitalisme et les religions.

    En quoi un entrepreneur qui créé une société, là où il y a un besoin, puisqu’elle marche, est-il aussi nuisible, selon lui, qu’un rentier capitaliste ?

    L’entrepreneur crée de la richesse et de l’emploi. Que ça lui rapporte de l’argent, encore heureux.Et ce n’est pas condamnable, au contraire. Il ne licencie pas sans justification puisqu’il voit à long terme et ne cherche donc pas le bénéfice maximum à court terme qui passe par des réductions d’effectifs. Seule solution pour maximiser les dividendes du profit lorsqu’on ne peut augmenter le chiffre d’affaires par une production meilleure. L’entrepreneur, pour la plupart, s’occupe de sa boîte, la fait tourner et est donc productif pour la société. Qu’il existe des exceptions, on s’en fout. Et le CAC 40 c’est autre chose, de même que le second marché.

    Le capitaliste rentier, lui, voit autrement. Il vient investir de l’argent, qui n’est pas forcément à lui en plus, par ex les fonds de pension, dans une société quelconque, qui est en difficultés, souvent , et donc vulnérable à une augmentation de capital ou pire une OPA.

    Le rentier n’a que faire du futur, il n’hésitera pas à mettre sa proie en danger pour en tirer un bénéfice immédiat. Par le démantèlement et des licenciements abusifs. Une fois cette opération réalisée, le bénéfice augmentera temporairement avant de rechuter plus tard. Mais il augmentera la 1ère année suite à la réduction de masse salariale ce qui permettra à l’action de remonter subrepticement. A ce moment là, il revendra ses parts ou actions plus chères qu’il ne les avait achetées et réalisera un bénéfice conséquent.

    Ceci lui rapportera bcp d’argent mais n’est pas productif, à la grande différence de l’entrepreneur. Car il aura non seulement bcp licencié mais souvent laissé la société exsangue.
    On peut presque le considérer comme un parasite.

    L’entrepreneur construit, même si ce n’est pas lui qui a déposé le brevet de fabrication de son produit mais un ingénieur.

    Le capitaliste rentier détruit.

    La différence est fondamentale et même si bien évidemment celui qui crée une entreprise le fait pour gagner plus d’argent qu’en tant qu’employé, ceci reste productif pour la société. Je n’accepte pas qu’on fasse l’amalgame systématique entre entrepreneur et capitaliste.

    Un entrepreneur n’est pas un nuisible , au contraire, à la différence des frustrés de type syndicaliste ou communiste qui viennent déverser leur jalousie de la réussite sur les autres pour éviter de se regarder dans une glace.

  69. Un avis un peu à contre-courant si c’est permis : on peut penser qu’une solution passe par plus de chômeurs et/ou plus de rentiers publics ou privés. Et arrêter de croire qu’il n’y a de la fraude et de l’injustice que dans le capital (fraude financière) : il y a autant si pas plus de fraude et d’injustice dans le travail (fraude sociale). Penser que la frontière entre salarié et rentier s’estompe (par exemple un pensionné ou un chômeur est un rentier du public). Penser que la religion du travail esclavagiste et salarié est dépassée. Vivent les robots qui délivrent de l’exploitation humaine. Voir qu’il n’y a pas de critères réellement objectifs permettant de mesurer le travail, et permettant de quantifier ou même qualifier un travail quelconque (combien vaut vraiment tel travail; est-il vraiment utile, nécessaire, ou n’est-il plutôt que du gaspillage; ce travailleur travaille-t-il vraiment ou plutôt sabote-t-il; ce professeur n’est-il pas contre-productif à ainsi dégoûter ses élèves de la matière enseignée; combien de fonctionnaires sont de faux travailleurs et de vrais (supers) rentiers du public maquillés; en général combien de travailleurs feraient mieux de rester à la maison parce que ce à quoi est le plus souvent dépensée inutilement l’énergie dans le monde du travail, ce sont les relations (mauvaises) entre les travailleurs; etc.). Comprendre que le travailleur n’est pas à l’origine d’une plus-value captée par le capital, sinon les firmes feraient plus de profits avec plus de travailleurs, ce qui n’est pas; (l’origine de la plus-value étant à chercher du côté de l’inventivité intellectuelle, ce bien immatériel commun à toute l’humanité). Par contre voir que plus de profit pour l’actionnaire va de pair avec moins d’investissement et donc plus d’emplois qui ne sont pas remplacés par des machines (car qui dit investissement, dit moins de travailleurs et plus de robots). Voir par conséquent la collusion de la gauche qui veut sauver l’emploi avec la droite qui veut plus de profit pour l’actionnaire (au détriment de l’investissement). Penser que le cadre marxiste est situé et daté, donc inopérant aujourd’hui, où ce qui décide des choses est la guerre économique entre grands blocs par devises interposées (et donc le problème est aussi dans la finance internationale). Voir que la mondialisation ne concerne pas l’unité du monde humain mais uniquement l’unité du champ de bataille des opérations économico-financières. Penser que l’explication de la faillite du capitalisme occidental ne doit être qu’un cas particulier d’une explication générale englobant aussi la faillite du communisme occidental. L’impasse de la religion du capital et de la religion du travail. Autant de cupidité et d’avidité, autant de vautrement dans la vie confortable et facile, dans le gaspillage hébété et dans ces 3 Grâces de la pensée unique que sont l’épanouissement, l’enrichissement et le plaisir, que l’on soit rentier et/ou salarié. Pas mieux l’un que l’autre.
    Ce dont le monde a besoin, et surtout le monde occidental, c’est de moins de travail et de travailleurs, et par conséquent, la solution passe par plus de rentiers qu’ils soient du public ou du privé. Avec évidemment la complète éradication des magouilles financières. Mais également une éradication des inégalités que ce soit entre rentiers et/ou travailleurs. Pourquoi par exemple augmenter le salaire avec l’ancienneté? Pourquoi le jeune qui s’installe doit-il gagner moins que le vieux qui a déjà tout? Et aussi pourquoi lier le grade et le salaire? N’a-t-on jamais réfléchi que certains refusent plus de responsabilités simplement parce qu’ils sont contre les inégalités de salaires? Mais il y aura malheureusement toujours une majorité de ce genre de personnes qui ne peuvent se donner d’autre sens que l’écrasement des autres, même s’ils n’en ont pas une claire conscience; (ils appellent écraser autrui, « réussir sa vie »). Il faut voir que l’amour est une forme rare sur un fond de répugnance généralisée, car l’humain sait ce qu’il en est vraiment de lui-même et de son abjection; et voyant autrui il se voit lui-même.
    En conclusion, la cause est peut-être bien l’excès de travail inutile et absurde, l’excès d’esprit d’entreprendre tout et n’importe quoi, l’excès de production de choses non nécessaires, avec également cette fuite en avant corrélative dans la consommation, le gaspillage et l’endettement en croissance exponentielle. La solution passe par l’appauvrissement, la décroissance et plus de rentiers du public. Pour avoir l’égalité dans les rentes, il faudrait nationaliser (ou mondialiser) le capital. Mais il vaut mieux éradiquer le travail esclavagiste et salarié, imposé par le patron ou le chef, et laisser le travail libre et privé, c’est-à-dire au choix de chacun.
    NB. : quid du schéma esclave/marchand d’esclaves/propriétaire (ou? travailleur/patron/rentier) en ce qui concerne la fonction publique?

  70. En 1909, l’usure est délit

    « L’usure.
    – L’usure consiste à demander un taux exagéré de l’argent que l’on prête.
    Vous savez que, pour l’argent placé dans un commerce, une entreprise quelconque, et qui s’appelle capital, on a le droit de réclamer tous les ans une certaine somme qui se nomme intérêt.
    Vous entendrez vos parents dire qu’à la Caisse d’épargne l’intérêt est de 3 % ; que dans tel entreprise il est de 4 ; c’est à dire que pour 100 francs prêtés on vous donne 3 ou 4 francs chaque année.
    Eh bien ! quelqu’un qui profiterait du besoin extrême où serait une personne pour lui prêter de l’argent à un taux exorbitant, à 10 ou 12 % par exemple, serait coupable ; il serait un usurier. »

  71. Ce qui manque à ces analyses, très justes et pertinentes, c’est l’inscriptions dans le temps long.

    + L’analyse des évolutions des rapports de force entre groupes sociaux est inséparable de celle s’intéressant à l’évolution des structures éconmiques au niveau mondial et de ce qui la détermine : la mondialisation, et l’ouverture au capitalisme de la Chine et des pays émergents du 1/3 monde (Inde) et de l’ancien bloc communiste.

    + la mondialisation était ce qui permettait de sortir du paradoxe de Triffin : les E-U pouvaient équilibrer leur balance commerciale en alimentant en liquidités leurs partenaires commerciaux. Dans un premier ces partenaires étaient principalement les pays d’Europe Occidentale et le Japon. C’est dans ce cadre que se comprennent les accords du GATT puis de l’OMC. Dans un second, temps à partir de l’ouverture de la Chine au capitalisme et de la chute du bloc soviétique, la mondialisation des échanges a connu une seconde accélération.

    + C’est dans ce cadre que doivent être posées les analyses sur les évolution entre les différents groupes sociaux.

  72. @ quiconque en mesure de répondre :
    Si l’on souscrit à l’explication donnée dans le billet ( ce qui est le cas pour ma part), alors quel est le moteur des changements de rapport de force entre les groupes sociaux ?

    C’est LA question qu’il faut poser.

  73. @ A

    Le refus de ceux qui subissent et la promesse collective crédible d’une alternative.

  74. @Daniel Dresse : « La réaction est une composante de toute révolution historique en tant que retour à des sources que l’on estime fondamental de remettre au goût du jour. »

    Tout à fait. Il n’y avait là aucun jugement de valeur. Je suis moi-même souvent réactionnaire. 🙂 (j’ai par exemple une conception de la famille qui ne colle pas du tout au schéma moderne).

    « Mais je ne vois pas pourquoi cette expression là mériterait automatiquement le qualificatif de « dure ». »

    Historiquement, les pouvoirs ayant pour assise sociale l’entreprenariat étaient plus dirigistes, moralistes et hésitaient moins à faire usage de la force face aux opposants. Sans aller jusqu’à parler de certaines dictatures, dont à mon avis les régimes fascistes ou la Chine actuelle, et pour prendre un exemple plus nuancé, on voit bien la différence entre le gaullisme (que je qualifie pour ma part de régime entreprenarial) et la France d’après-Giscard (qui est devenue un régime capitaliste). Dans une société capitaliste, c’est-à-dire une pseudo-démocratie libérale parlementaire, le contrôle des foules est plus subtil et in fine plus efficace (la foule est manipulée et pense y être libre, néanmoins les foules ne sont pas complètement dupes car les régimes entreprenariaux ont toujours bénéficié d’un appui populaire plus large que les démocraties libérales). Et bien que moins dur en apparence, ce qui est imposé provoque plus de dégâts au tissu social. L’extrême du régime capitaliste, c’est la Communauté Européenne telle qu’imaginée par les anglo-saxons, une technocratie.
    Pour ma part, mes préférences vont à une véritable social-démocratie où le tirage au sort des dirigeants serait prépondérant (je rejoins Etienne Chouard sur ces questions).

  75. Il semblerait que la chute du capitalisme ait fait une pause avec la volonté (officielle) de la chine de continuer à acheter les bons du trésor Américain

  76. Merci pour cet article. Je tenais à apporter un certain nombre de précisions cependant sur ses extensions historiques.

    Il me semble en effet insuffisant d’exprimer que les banques centrales avaient été officieusement tenues en Europe par des intérêts privés. En réalité, la première banque « moderne » de ce type, sinon la première avoir émis des billets de banque, à savoir la Banque d’Angleterre, a été créée très expressément afin d’organiser la dette publique de la couronne. Ce système n’a jamais été réellement remis en cause et a même été étendu à la totalité des pays occidentaux, et même à certains pays de l’ex bloc-communiste (la Russie se souvient certainement encore des remarquables interventions du FMI).

    Les informations utiles se trouvent par exemple dans l’Universalis :

    http://www.universalis.fr/encyclopedie/T310428/BANQUE_D_ANGLETERRE.htm

    Et un chapitre assez intéressant avec de nombreuses références avait été écrit dès 1950, dont la portée n’est à mon avis pas sans éclairer les termes de l’actuelle crise systémique, cité ici :

    http://be.altermedia.info/gnral/merci-a-lun-de-nos-lecteurs-le-super-mecanisme-concentrationnaire_8407.html

    bien sûr, on peut discuter de ce qui est écrit, mais le sens du propos est tout sauf inintéressant.

    Maintenant, il est peut-être aussi permis de se poser la question de savoir si la crise actuelle est une crise du « capitalisme » ou une crise du système bancaire, ce qui n’est tout de même pas la même chose. Je ne vois pas très bien en quoi le mode de production capitaliste serait directement à l’origine des troubles rencontrés ni en lui même spécialement affecté aujourd’hui : certaines industries sont menacées, il y a des dérives évidentes, mais le principe même de l’investissement productif est-il directement en cause (je ne dis pas que ce système est éminemment louable pour autant) ?

    La formule « crise du capitalisme » n’est-elle pas parfois employée à dessein pour dissimuler une crise qui est en réalité celle du système bancaire et financier ?

  77. C’est le printemps, les oiseaux, les idées et les questions refleurissent. On peut se poser la question du sens d’une vie à crédit, mais on ne peut qu’être abasourdis par l’ampleur du phénomène. Le système a besoin pour son fonctionnement d’un apport régulier de carburant : le moteur a besoin d’essence, nous avons besoin de tickets pour échanger et acquérir. De plus en plus de tickets, dont nous anticipons la création effective par notre travail. Et avec un intérêt qui rajoute au poids de l’anticipation donc du travail à fournir pour se mettre à jour de nos dettes. Or, certains ponctionnent l’essence mise dans le circuit, prélèvent des tickets pour faire fonctionner un moteur parallèle à l’économie réelle : la finance. Et il arrive que ce nouveau circuit, parallèle donc, se persuade qu’il peut fonctionner indépendamment du circuit réel, c’est à dire concrètement, en y réinjectant moins d’essence ou de tickets que ce qu’il a prélevé. Et pourtant l’économie réelle est basée sur un accroissement de sa consommation, accroissement qu’elle a anticipé par le crédit, que ce soit au niveau du particulier, de l’entreprise, d’une collectivité ou de l’état. C’est donc qu’il va falloir pomper davantage pour « rembourser » ces tickets ou cette essence ponctionnés, en plus du remboursement du crédit. Et qui c’est qui va pomper ? Les rentiers…? Les TopOffshores..? Non non non !

    Ca se tient. Bon, le capitalisme est mort. Champagne. Nous allons pouvoir rembourser plus facilement nos tickets ! Champagne. Travailler moins pour une qualité de vie égale, ou travailler autant pour une qualité de vie supérieure. Champagne. Mais si nous travaillons moins, qu’allons-nous faire ? Ne risquons-nous pas de nous ennuyer bien vite ? L’oisiveté n’est-elle pas mère de tous les vices ? Une guerre, des pyramides, un réseau haute-densité de transports en commun, l’amour universel (http://www.radiofrance.fr/franceinter/chro/lhumeurde/index.php?id=77799)…il va bien falloir trouver quelque chose.

    PS : une petite pensée pour le NPA…Que sa vie fut brève ! C’est à se demander si tout ça n’a pas été organisé par une certaine gauche ayant rendu visite à Obama lors de son élection : c’est l’anticipitude !

  78. Merci Monsieur Jorion pour vos contributions.
    Je vous ai découvert cet automne dernier par le biais du bon site ContreInfo. Je vous suis, j’apprends beaucoup avec vous.
    Mais je ressens un malaise lorsque je rencontre votre analyse sur les évolutions récentes dans le partage de la valeur ajoutée, qui est connivence entre capitalistes et entrepreneurs au détriment des salariés. Vous partagez ce regard avec Jacques Attali, Michel Rocard et beaucoup d’autres outre-Atlantique.
    Or, bien du monde s’est invité depuis vingt ans à la table du capitalisme. La Chine à cet égard fait paradigme.
    La concurrence pour ce qui est de l’allocation optimale du capital s’est accrue. Si Karl Marx imaginait une « baisse tendancielle du taux de profit », ne pourrions-nous pas reprendre son mot pour deviner une baisse tendancielle du salaire occidental ? Si la mondialisation des échanges se poursuit, la loi « à travail égal, salaire égal » s’imposera. Un Chinois accomplissant un travail dans les mêmes conditions de qualité qu’un Américain sera, à terme, payé comme un Américain. Cette loi suppose une hausse de son salaire, mais aussi… une baisse du salaire américain. Une péréquation est en cours.
    Quand j’entends Michel Rocard vanter Henry Ford, accordant à ses ouvriers de gros salaires pour qu’ils achètent ses voitures, nous évitant, par là, la malsaine inflation du crédit, j’ai l’impression qu’il se trompe d’époque et nous propose la « construction du capitalisme dans un seul pays ». Le protectionnisme, qui serait le moyen d’augmenter la part des salaires en Occident, demanderait des forces de douane et de police très importantes, dont les échanges entre personnes du monde par Internet ruineraient d’avance l’effort réactionnaire.
    Le capitalisme financier américain a anticipé la guerre de la concurrence par la fuite en avant. Les Américains ont engrangé tout ce qu’ils pouvaient dans la goinfrerie concurrentielle. La bulle du crédit est cause de la crise financière, mais elle est aussi, plus en amont, symptôme d’une crise plus lourde qui est, pour ce qui est de l’espèce humaine, l’élection du futur mâle dominant (ou modèle de société dominant).
    Nous assistons à la mort d’un certain capitalisme, sans doute. Nous assistons plus sûrement, me paraît-il, à la démocratisation du capitalisme.
    Nous assistons au vif progrès, construit historiquement par le capitalisme et l’impérialisme, et dont nous prenons soudain acte comme du tonnerre dans un ciel serein, de la concurrence entre les hommes.

  79. La célèbre phrase de Woody Allen s’impose, à ce stade comme dirait leClownBlanc: « l’éternité c’est long, surtout vers la fin ».

  80. Je ne peux, hélas, ratisser tous les messages des interrvenants. Il ne faut pas confondre: le capitalisme politique qui est un capitalisme nécéssairement mensonger, et capitalisme simplement – organique -, tel qu’il est naturellement, donc un organe naturel. Organique, c’est à dire que comme tout participant à un « métabolisme » d’un corps quelconque, ici social, le capitalisme organique est sensé, intrinsèquement, ne jamais dépasser les minima et les maxima (sinon maladie) qui lui sont attribués – naturellement – en tant qu’organe, et non pas, plus jamais, comme l’instrument exécutant telle ou telle politique. Celle du monde financier qu’on voit clairement à présent située au dessus des gouvernements.

    On peut voir ce blog très intéressant, français celui-là:

    http://credit-social.over-blog.com/article-29324408.html

  81. Les systèmes politiques ne sont pas des « organismes » ou autre « écosystèmes ». Les métaphores de ce type sont dépourvues de sens. Elles sont nuisibles à une bonne compréhension des choses. C’est vraiment une mauvaise tendance dont il faudrait apprendre à se passer. Les sociétés humaines ne sont pas des ruches ni des fourmilières ou que sais-je encore. Elles sont fondées, au sens noble, sur des artifices de la raison. le capitalisme « organique » n’est pas moins une construction politique que ce que vous appelez le capitalisme « politique ».

    Les PME/PMI représentent la majeure partie des cadres dirigeants/entrepreneurs. Déduire de l’existence des stocks option perçus par une minorité une association/alliance historique entre investisseurs et entrepreneurs au détriment des salariés c’est peut-être exagéré… Je ne me rends pas vraiment compte du poids de toutes ces composantes dans l’économie d’un pays. Je me trompe peut-être…

  82. Selon les premières lignes de l’article Wikipédia consacré:

    « les définitions du terme [capitalisme] se distinguent par les poids différents qu’elles accordent aux caractéristiques suivantes:

    * la propriété privée des moyens de production ;
    * la recherche du profit et de sa justification (ou l’absence de) ;
    * la liberté des échanges économiques et de la concurrence économique ;
    * l’importance du capital, les possibilités de l’échanger (spécialement en bourse), de l’accumuler et de spéculer ;
    * la rémunération du travail par un salaire. »

    Si effectivement la pondération de ces différentes caractéristiques permet une différenciation pertinente de l’entrepreneur et du rentier, les deux sont bel et bien regroupés au sein d’un seul et même paradigme.

    Sachant cela, que faut-il comprendre des derniers billets de Paul Jorion? Est-ce la fin du capitalisme des rentiers, de celui des entrepreneurs, des deux?

  83. J’aime vous lire,vous tous qui avec enthousiasme partagez vos idées.Dans cette discussion sur les entrepreneurs ,les salariés il manque quelques notes de musique.
    Le salarié , sa valeur,ses compétences, sa formation……
    l’entrepreneur a-t-il une formation, il me semble que bien souvent c’est un héritier , qui souvent ne gère pas très bien son entreprise,est-il jugé, a-t-il le salaire qu’il mérite?là aussi il faut se poser les questions.

  84. Apparemment nous devrions assister à la fin d’un monde.
    Nous le croyons presque tous.
    Un monde qui n’aura duré que quelques générations, une « minute » de civilisation…
    Combien de temps pour le changement ?
    Et en passant par quels errements pour qu’un nouvel ordre mondial se constitue (en espérant qu’il sera juste et moral) ET surtout PAR QUELS MOYENS ?

  85. @ Alotar :

    Merci pour vos observations, vos réflexions … et votre franc – parler !
    Beaucoup « d’alternatif » constructif….

  86. @Dissonance.

    Il y a probablement du rentier en chacun de nous, entrepreneur ou pas. Ce n’est pas une raison pour confondre, dans l’absolu, deux principes distincts que le système des stock-options a largement conduit à amalgamer dans nos esprits depuis trente ans.
    A la base, le rentier tel Midas, aime l’or. L’argent sert à faire de l’argent, et l’argent plus d’argent encore. Point. Résultat : plus d’eau, plus d’air, fin de l’espèce ! et fin de l’angoisse du rentier, dirait Freud ! Tandis que l’entrepreneur – à défaut d’être un créateur tout court – est toujours un créateur de richesse économique qui utilise l’argent comme moyen de développer une activité génératrice de revenus (et non l’inverse).

  87. rentier= seigneur
    entrepreneur= paysan libre
    salarié= serf

    et on est de retour au moyen âge.

    Mais qui va faire le clergé ?

  88. @ Pierre025

    Votre argumentation est intéressante. Vous prenez le contrepied de la thèse de la fin du capitalisme en
    objectant que c’est en poursuivant la mondialisation des échanges que la capitalisme trouvera sa porte de sortie, puisque, selon,
    vous, il s’opérerait alors une égalisation des salaires, ce qui aurait pour effet de « démocratiser » le capitalisme.
    Votre thèse est très séduisante mais elle ne me convainc pas car e elle s’apparente à la thèse de Lénine selon laquelle l’impérialisme serait le stade suprême du capitalisme après quoi il y aurait le socialisme, mot auquel vous substituez curieusement celui de « démocratisation du capitalisme. »

    Il me paraît douteux que la démocratisation soit une phase, ultime, du capitalisme. Après le capitalisme il y aura autre chose car capitalisme et démocratie sont antinomiques. Le capitalisme est un système hiérarchique, quasi militaire. Le mécanisme qui permet le reproduction et l’augmentation du capital implique que le capital puisse se concentrer. Toutes les régimes politiques qui abritent le capitalisme rendent celui-ci garantissent en effet les titres de propriété et richesses accumulées par les individus et les personnes morales. Un principe d’illimitation est donc inscrit dans sa logique. A l’inverse, en accordant aucun pouvoir aux salariés ceux-ci ne sont jamais qu’un facteur de production, en vue de la reproduction d’un capital investi. D’un point de vue fonctionnel le rôle des salariés est alors seulement de faire fructifier le capital.

    Le capitalisme n’a donc pas pour finalité d’offrir à tous les salariés des salaires égaux et encore moins des pouvoirs égaux à tous ceux qui participent au processus de production. Dans le cas contraire on entrerait en contradiction avec le principe, capitaliste, de la libre concurrence. Et si j’évoque la libre concurrence c’est pour ajouter aussitôt qu’elle est toujours faussée, et ce précisément parce que les pouvoirs respectifs des salariés et des capitalistes ne sont pas égaux.

    Quant à la baisse tendancielle des taux de profit c’est ce qui menace la survie du capitalisme : un capitalisme sans concurrence, sans parts de marchés à conquérir, sans différences économiques et sociales à exploiter ( aussi bien dans les pays qu’entre les pays), sans inégalités, n’est plus un capitalisme. La mondialisation des échanges si elle a généré une production de richesses sans précédent a dans le même temps accru les inégalités à un niveau inégalé dans l’histoire humaine.

    Si la crise actuelle aboutit à une certaine égalisation des salaires à l’échelle planétaire ce sera la conséquence d’une contradiction du capitalisme et non pas de son effet vertueux. Selon les cas, cela signifiera simplement un recul tactique — peu probable comme vous semblez l’indiquer vous-même — des capitalises, pour préserver le système, ou bien, bien plus surement, l’autodestruction du capitalisme faute de nouveaux marchés solvables et de ressources naturelles suffisantes nécessaires pour relancer la machine et donc à même d’enrayer la baisse tendancielle des taux de profit.

    Les salariés n’ont pas droit au chapitre dans l’entreprise, la démocratie ne fait pas partie du programme. S’il y a une dose de démocratie elle s’impose de l’extérieur via les syndicats, voire de l’intérieur pas des grèves sauvages ou organisées. Et si les les salariés deviennent tous actionnaires à part égales cela signifierait alors qu’ils sont tous devenus capitalistes, ce qui aboutit alors à la disparition du salariat.

  89. @Stubborn

    Je ne crois pas confondre quoi que ce soit, mais soit, oublions deux secondes le capitalisme en lui-même, et concentrons nous sur les deux principes « distincts ».

    P.J. dit ceci:

    « L’introduction des stock options à la fin des années 1970 permit aux rentiers et aux entrepreneurs, dont les intérêts coïncidaient dorénavant, de s’allier contre les salariés[…]. »

    Autrement dit, les deux acteurs se retrouvent dans une même communauté d’intérêts, par le jeu des stock options.

    La problématique que je tente de mettre en évidence est la suivante:
    Ces deux acteurs étant adossés l’un à l’autre, en cas de chute du premier, que peut-on prévoir pour le second?

    >A priori, je serais tenté de dire que la chute de l’un provoque la chute de l’autre.

    Au reste, le jugement de valeurs sur l’un et l’autre acteurs ne me semble pas pertinente ici. Vouloir présenter l’entrepreneur comme inconditionnellement bon, ou le rentier comme inconditionnellement mauvais, ne suffit pas à prédire que l’un échappera aux phénomènes annoncés par P. J. et l’autre non, dans la mesure ou les phénomènes décrits ici sont purement mécaniques.

    > Par ailleurs, j’estime que le terme de rente est interchangeable (bijectif au sens algébrique du terme) avec un autre, à savoir l’investissement. En effet, l’investissement génère la rente, et la rente génère l’investissement. Autrement dit, si on considère les propositions précédentes comme exactes, cela revient à dire la chose suivante:

    >> La chute de l’investissement provoque la chute des entreprises.

    N’est-ce pas précisément la crainte fondamentale que les milieux financiers et autres analystes économiques expriment quand ils parlent de crise?

  90. bonjour,
    j’ai publié un commentaire il y a quelques jours car je ne comprenais pas l’association que vous faites entre la fin de la version du capitalisme que l’on connait aujourd’hui et la fin du capitalisme. Je dois dire que c’est toujours aussi peu clair.

    il me semble que le capitalisme, loin d’être une politique est
    == l’organisation du travail dans le salariat
    == la propriété privée des moyens de production (ou du capital, c’est la même chose)
    == la baisse tendancielle du taux de profit et donc l’obligation de la croissance
    c’est à dire 3 conditions quye l’on peut torturer et mettre dans tous les sens pour obtenir une infinité de variations.

    Même dans le cas où la crise actuelle menerait à un univers à la mad max je ne vois pas en quoi cela signifierait la « chute finale » du capitalisme, tant que ces conditions sont remplies.

    Dans un autre post vous dites que l’Europe va se social-démocratiser. La social-démocratie est bien la version « régulatrice » du capitalisme non ? Que la Chine va se re-collectiviser, mais les 3 conditions sont toujours vérifiés, on parle de capitalisme d’état là ! (pour la propriété privé c’est la création d’un classe administrative qui permet la réalisation de la condition. Pour des arguments là dessus voir par exemple J. Sapir et son travail sur l’économie de l’URSS)

  91. @Eric: il vous faut les 3 conditions mais si y’en a une qui manque, par exemple la propriété privée du capital, là vous parlez toujours de capitalisme d’Etat? Et s’il manque le salariat, vous parlerez de capitalisme féodal? Et s’il manque la croissance, vous parlerez de capitalisme décroissant?

    En ce qui me concerne, j’appelle capitalisme un système social dominé par les capitalistes. Les 3 conditions que vous décrivez s’attachent plus à définir le marché. Or les capitalistes existaient avant le marché, ce sont eux qui l’ont imposé. Ainsi Venise était clairement capitaliste dès le XIV-XVè siècle, pourtant il manquait le salariat et la croissance. Le jour où il n’y aura plus de capitalistes, il n’y aura plus de capitalisme. (et pour moi l’URSS n’était pas capitaliste, pas même capitaliste d’Etat. Ce terme de capitalisme d’Etat est apparu a posteriori pour justifier un échec.)

  92. @Pierre-Yves D.

    J’ai été peu clair, mon mot de « démocratisation du capitalisme » prête à confusion. Je voulais simplement remarquer que les invités à la table de la concurrence étaient plus nombreux qu’autrefois. Samuel Huntington disait il y a 15 ans : nous, occidentaux, etions les rois en 1920 ; nous contrôlions toute l’économie mondiale ; ce n’est plus le cas aujourd’hui.
    Je crois donc que la part affaiblie des salaires dans la valeur ajoutée, au-delà de la cupidité des capitalistes, est la prise en compte de la concurrence des pays à faibles salaires.
    Hier, dans Le Monde, Pierre Larrouturou faisait remarquer la baisse du poids des salaires dans le PIB ; il appelle les partis socialistes des 27 à un nouveau Bretton-Woods. S’il réussissait avec l’appui de majorités populaires à augmenter les salaires en Europe, il faudrait fermer Europe à la concurrence. Cela ne serait-il pas bien difficile et bien dangereux ?
    Je ne crois pas comme vous à la fin du capitalisme, parce que je crois que les humains compteront toujours des individus plus entreprenants, plus charismatiques, plus courageux que la moyenne. Toujours ces gens-là sauront-ils se subordonner d’autres hommes pour entreprendre. Et restera toujours un outil (la monnaie) qui sanctionnera cette différence de statut. L’égalité n’existe pas dans le règne animal, et nous sommes des animaux. Le riche a besoin du pauvre et le pauvre a besoin du riche, « mais peu de gens veulent le voir » disait déjà Sophocle dans son Ajax.

  93. @Pierre025: « « mais peu de gens veulent le voir » disait déjà Sophocle dans son Ajax. »

    Et le capitalisme existait déjà à l’époque? Si non, est-ce parce que les grecs manquaient d’individus d’exception?
    Et puis qu’appelle-t-on individu « plus entreprenants, plus charismatiques, plus courageux que la moyenne »? Madoff? Kerviel? Ou Pericles, Socrates, Jules César, Alexandre, etc, etc?

    Ce qui prouve la fausseté complète de cet argument : « Je ne crois pas comme vous à la fin du capitalisme, parce que je crois que les humains compteront toujours des individus plus entreprenants, plus charismatiques, plus courageux que la moyenne. » Il n’y a aucun lien entre qualité des individus et capitalisme. Au contraire, plus les individus sont médiocres et semblables et plus le capitalisme a de chances de fleurir (à moins que le capitalisme ne soit la cause de cette décadence de l’esprit?).

  94. @ Moi (très bon le pseudo !)

    Évidemment il s’agit de définitions.
    Ceci dit j’aimerai bien savoir dans quel cadre il pourrait y avoir un capitalisme décroissant. Ou alors dans le cas d’un transition historique. Le PIB a bien diminué par periode pour les pays capitalistes dans ce siecle sans que jamais on ne sorte du système capitaliste.
    De la même manière il ne faut pas voir la propriété privée comme uniquement par des personnes privées. Comme je le disais lorsqu’une classe (par exemple administrative) obtient la jouissance des moyens de production et même si ce ne sont pas des individus il y a, à mon sens, propriété privée.
    La seule hypothèse que je vois étudiée c’est la sortie du salariat par la transformation du travail productif: du materiel au créatif qui va nécessiter (voir Gorz) une autonomie inadmissible dans le salariat.

    Le capitalisme est une réalisation historique qui s’est pas faite en un jour. Dire qu’il a existé des systèmes proto-capitalistes ne change rien à l’affaire.

  95. @ Pierre025
    « et nous sommes des animaux »

    Un extrait de Mahdi (Introduction ou chapitre 1): « la naissance de la philosophie politique en Islam »:

     » Selon l’opinion commune, l’activité humaine appelée philosophie n’est ni nécessaire ni utile, et la prégnance de cette idée impose à la philosophie de se justifier. Mais il convient au préalable de s’interroger sur ce qui est nécessaire et utile à l’homme, et éventuellement sur la propre nature de l’homme. L’une des façons d’aborder la question « Qu’est ce que l’homme » consiste à observer la place qu’il occupe dans le monde et à spéculer sur sur ce qui pourrait le distinguer des autres être que l’on voit ou imagine. La question revient à ceci: la raison ou l’intelligence de l’homme est-elle différente du reste du monde naturel et des parties de lui-même qu’il partage avec les animaux supérieurs? Ou bien la raison de l’homme est-elle seulement un mécanisme mental plus complexe que celui des autres animaux, une simple extension ou amélioration des facultés animales, qui servirait à satisfaire les mêmes besoins, désirs, passions que les animaux éprouvent, mais de façon plus efficace et parfaite? Cette question est INSÉPARABLE de la nature du politique. Les Anciens et les Modernes ont appréhendé l’homme comme un animal politique, un animal qui diffère des autres en vivant, agissant, et poursuivant des objectifs au sein d’une communauté politique. Les questions « qu’est ce que l’homme » et « qu’est ce que la politique » visent le même objectif en partant de deux positions différentes.
    (…) Si l’existence de l’homme et ce qui le distingue des autres animaux ont pour raison l’exercice de l’intelligence et la capacité à connaître, ce dont le philosophe [classique] est fermement convaincu, si pareille connaissance est destinée à examiner les convictions et opinions et à enquêter sur tout, et si la communauté dénie le besoin d’une telle investigation et la rend impossible, cette communauté politique a, par conséquent, déjà opté en faveur d’une vision selon laquelle l’objectif propre de la vie politique et de l’homme lui-même est d’acquérir une plus grande capacité à poursuivre des fins qui ne sont pas spécifiquement humaines, mais qui sont des versions élaborées des fins recherchées par certains animaux: le plaisir, la richesse, l’honneur, etc… C’est là que commence le CONFLIT classique entre la philosophie et la communauté politique. »

    Moi je maintiens, à la suite des Anciens, mais également de Bergson, Heidegger et d’autres… que nous sommes radicalement distincts des animaux (notez le lien direct entre le réductionnisme scientiste et le projet politique des européens: ils sont comme les deux faces d’une même pièce, la pièce étant la façon particulière dont cette « civilisation » porte son regard sur le « domaine des affaires humaines »).

    Quelqu’un peut-il m’expliquer ce qu’il y a comme problème à « fermer Europe à la concurrence »… ou à ne l’ouvrir qu’à ceux qui ont des ressources naturelles à échanger? En quoi est-ce dangereux? Pour qui eaxctement (je n’ai aucune idée préconçue sur ce sujet j’aimerais juste comprendre cette espèce de chasse aux sorcières contre le protectionnisme… sous toutes ses formes)? Merci.

  96. @pierre025
    « nous, occidentaux, etions les rois en 1920 ; nous contrôlions toute l’économie mondiale  »
    j’adore cette phrase, « nous puissants étions puissants ! mais maintenant nous.. euh…Occidentaux ne le sommes plus ! » De l’art et la manière de créer des familles qui n’existent pas…

  97. Pierre025,

    Pourquoi organisation d’un quelconque projet afin de le mener à bien et distribution des fruits de l’aboutissement du projet doivent obligatoirement être liés au prorata de la soit-disante importance de position hiérarchique que chacun avait pour l’accomplissement du projet ?

    Le mettre d’oeuvre ne ferait rien s’il ne perçoit pas une rémunération en adéquation avec sont soit disant statut ?

    L’entrepreneur n’entreprendrai donc qu’en fonction de se que cela lui apporterai de plus que les autres ?

    Ce serait un spéculateur de plus alors ?

    ma réponse:
    orgueil et cupidité (pour pas dire plus et pire …) face à l’intérêt général.

    Je ne jette la pierre à personne étant donné la structure du monde dans lequel nous vivons.
    Néanmoins on peut aussi envisager les choses en tentant de s’affranchir de cette structure non ?
    Tentez l’aventure 😉

    L’intérêt général peut être un moteur de satisfaction et de récompense personnelle.

    Si ce n’est pas le choix de tout le monde (on est pas obligé hein) est ce une raison pour empêcher d’autres de vivre ce choix là ?

  98. @Eric: je ne vous comprends. Vous nous dites qu’il y a 3 conditions pour pouvoir parler de capitalisme et ensuite ceci : « Le PIB a bien diminué par periode pour les pays capitalistes dans ce siecle sans que jamais on ne sorte du système capitaliste. » Ou encore vous parlez de capitalisme d’Etat, etc.

    Donc soit on abandonne vos 3 conditions pour définir le capitalisme, soit il n’y avait plus de capitalisme lors des récessions, en URSS, etc. Affaire de cohérence. Mais évidemment, si on accepte des phrases pareilles « il ne faut pas voir la propriété privée comme uniquement par des personnes privées », la logique est abandonnée… 🙂

  99. @Moi

    Le capitalisme n’existait pas au temps de Sophocle. Mais existaient des personnes qui en entraînaient d’autres, tel Périclès qui, – c’est intéressant – expliquait aux Athéniens que la démocratie n’était pas concevable sans l’impérialisme.
    Pour ce qui est des individus entreprenants, excluez peut-être Jérôme Kerviel, qui est un pauvre qui se joue des riches. Mais les autres noms de votre liste sont bons.
    Les entreprenants sont des gens qui prennent des risques. Regardez notre Président de la république, Nicolas Sarkozy. Tous les jours que Dieu fait, des milliers de personnes, dans les journaux, à la radio, sur internet, ne cessent de l’accabler. Avez-vous, dans votre vie, pris ce risque de l’agression constante de l’autre ? Moi pas.
    Le capitalisme, parce qu’il sanctionne l’inégalité et la différence, appelle au désir de combler la différence, c’est-à-dire à la vie.

  100. @ moi
    ce que j’essai de vous faire remarquer c’est que ces conditions sont une pensée, un système « en vie », qui s’adapte, une tendance vers laquelle on tend et pas une vérité première dont la seule intermitence d’un paramètre fait basculer l’existence.
    Mais évidemment si on accepte des phrases comme ou « j’appelle capitalisme un système social dominé par les capitalistes. » qui introduit une définition inquantifiable et à qui on peut donc tout faire dire on est loin de la rationalité.

    Par ailleurs, en disant « Le jour où il n’y aura plus de capitalistes, il n’y aura plus de capitalisme. » vous semblez croire que le capitalisme n’est pas un système mais un groupe d’hommes.

  101. @ pierrot025
    alors pourquoi Rimbaud n’est pas mort riche ?
    le capitalisme ne sanctionne pas la différence mais le conformisme (par la concurence), la vulgarité (par l’apparat de la « réussite ») et la médiocrité (par le mercantilisme).

    désir de combler la différence… on n’a pas la même conception de la vie…

  102. @Pierre025: « Les entreprenants sont des gens qui prennent des risques. Regardez notre Président de la république, Nicolas Sarkozy. »

    Vous m’avez bien fait rigoler. 🙂
    Vous auriez dû citer aussi les risques pris par les dirigeants des banques et d’AIG et la coupe était pleine…

  103. @ Pierre025

    « Je ne crois pas comme vous à la fin du capitalisme, parce que je crois que les humains compteront toujours des individus plus entreprenants, plus charismatiques, plus courageux que la moyenne ».

    Les individus que vous décrivez comme « entreprenants et charismatiques » et qui ont vocation à prendre les premières places dans « l’ordre naturel capitaliste » ne sont rien, strictement rien, sans le législateur. Il ne faut pas confondre le Capitalisme en tant que système et l’entrepreneur Schumpeterien cher aux « liberaux ». Les classes dominantes, y compris le haut de la classe moyenne, s’est vu promulguée aux places enviées grâce aux grandes écoles, aux universités de renoms, qui produisent des diplômes reconnus par l’Etat Capitaliste pour le Capitalisme.

    Lorsque la FED envisage la dernière option à cette crise en rachetant sa dette avec sa monnaie de singe, c’est non seulement sa dernière figure de style avant implosion, mais c’est à coup sûr la fin des haricots pour toute une partie de la classe moyenne dont les boulots sont directement dépendants du Capital. Car la « démocratie libérale » ne tient qu’à sa classe moyenne, à ses « cols blancs », rouages essentiels du capitalisme par sa consommation outrancière et par son activité dans le secteur tertiaire en général et financier (au sens très large) en particulier. Alors l’expression « fin du capitalisme » n’est pas erronée dans son postulat au vu des réactions en chaines catastrophiques que la FED va engendrer.

  104. @Eric: « vous semblez croire que le capitalisme n’est pas un système mais un groupe d’hommes. »

    C’est exactement ce que je crois. Un groupe d’hommes qui organisent les choses à leur profit. Pour vous, c’est une loi de la nature? Le capitalisme et la mondialisation nous sont tombés dessus comme la loi de la gravitation? « There is no alternative » comme disait Thatcher?

  105. @antoine

    Que nous soyons différents des animaux, l’affaire est entendue.
    Mais en quoi le sommes-nous ?
    Eh bien, nous ne savons pas.
    Notre époque se rit de Descartes, qui voyait dans les animaux des mécaniques. Descartes devait être insensible, lit-on partout, puisqu’il ne voulait pas voir les sentiments des animaux. La vérité est que Descartes devait s’inscrire dans le christianisme, qui était son époque et sa limite, tout en protégeant sa proposition de rationalité. Or le christianisme prétendait que l’humain abritait « une âme ». Les animaux, supposés sans âme, ne pouvaient être régis que par la rationalité, par les lois physiques, comme l’univers, comme les machines.
    Il avait raison !
    Mais nous aussi, humains, somme régis. La concession de Descartes à l’Église disait déjà le défaut de son concept.
    Où sommes-nous différents des animaux ? Jacques Lacan voulait que ce soit par le langage. Il a eu raison, mais il n’a eu qu’un peu raison.
    Nous ne savons pas !
    Les remaniements pour ce qui est de la définition de l’homme sont en ce moment considérables. J’ai vu avec surprise il y a six mois Yves Coppens se débarrasser de Lucy pour admettre Toumaï comme notre premier ancêtre. Nous sommes dans la période de l’incertitude.

  106. @moi
    ça n’est pas en changeant quelques personnes que le capitalisme disparaitra. les capitalistes sont déjà en concurence permanente entre eux, ils n’ont de solidarité que classe contre classe. Virez en quelques uns il s’en trouvera toujours pour les remplacer. Combien faut il en virer ? 1%, 10% ou 100% ? En quoi sont ils différents de qui que ce soit ? Pourquoi ceux qui les remplaceront agiraient ils de manière différente ? Il sont capitalistes aussi ?

    Il n’y a pas de nature là dedans, juste un système de production et de reproduction. Qu’est ce que vous croyez, que l’on nait capitaliste ?
    On ne se bat pas contre des hommes mais contre un système (défendu par des hommes).

  107. @BDphile

    « Orgueil et cupidité » sont installés dans le cœur des hommes. Ils sont installés dans votre cœur, votre cœur à vous, parce que vous désirez quelque part vous élever, et parce que vous désirez des biens que vous n’avez point. Ne le niez pas : vous vous mentiriez à vous-même.
    Ne cherchez point à vous affranchir de vous-même. Prenez les choses telles qu’elles sont. Vous vous découvrirez faible. Acceptez-le comme je m’efforce de l’accepter pour moi-même. Existez, si vous pouvez, plutôt que rêver.

  108. @ Eric
    Je ne comprends pas bien votre critique.
    Rimbaud n’a pas cherché la réussite, il ne s’est pas répandu en flagorneries devant les puissants, il a voulu sa solitude. La civilisation française d’aujourd’hui, dont la fondation est capitaliste, l’a pourtant reconnu.
    Le capitalisme ne reconnaît pas le conformisme, si ce n’est sur un temps bref. Le capitalisme est appel constant à l’invention.
    (C’est sympa de m’appeler Pierrot !)

  109. En plus des stock options qui ont ait basculer l’entrepreneur dans le camp des rentiers. La nature des rentiers n’a-t-elle pas changé elle aussi, changeant du même coup la nature du capitalisme ?

    Historiquement le rentier est le « business angel » au cigare rondouillard qui joue avec son pactole pour le faire fructifier en finançant des entrepreneurs intrépides. Et il accepte tous les aléas car s’il perd son train de vie ne sera remis en cause qu’à la marge.

    Aujourd’hui les rentiers sont surtout personnifiés par les fonds de pension qui doivent verser mensuellement leur pension aux retraités. Donc on n’accepte plus les risques et compte tenu de la faiblesse des cotisations par rapport aux prestations, il faut impérativement du 15% de rendement si on veut équilibrer les comptes. C’est peut-être pour cela que les stocks options ont été inventées : pour que l’entrepreneur ne s’occupe plus d’innovation, de production, du rôle social d’employeur, mais uniquement de finance.

  110. @Moi
    Mais oui, à la différence de vous et de moi, les gens qui s’élèvent dans l’échelle sociale (tel Nicolas Sarkozy par le moyen des élections) prennent des risques.
    Les dirigeants des banques prennent des risques. Regardez comme ils sont critiqués aujourd’hui, et d’ailleurs à juste titre, puisque vous citez les folies d’AIG.
    Les dirigeants d’AIG s’en prennent plein la poire. Avez-vous pris ce risque, de vous en prendre plein la poire ?
    il m’est arrivé de le prendre, à très petite échelle. J’ai parfois réussi, mais je m’en suis souvent mordu les doigts.

  111. @ Bertrand

    Je ne comprends pas tout ce que vous dites.
    Mais vous donnez, me paraît-il, trop de place au législateur. Le législateur, dans toutes les sociétés humaines et depuis toujours, a laissé sa liberté à l’entreprenant.
    Il est arrivé que des constitutions limitent le droit des hommes a inventer, à entreprendre, à s’enrichir. Elle n’ont jamais duré longtemps.

  112. Il n’y a aucun rapport entre ma citation… et votre commentaire… ou plutôt si il n’y en a un.
    Ou bien les hommes ont « une âme » ou sont « capese dei » ou sont capables de « l’Eveil » (ce que vous voulez) ou méritent le titre de Dasein, et en ce cas on bâtit un certain type de société, ou bien ce n’est pas le cas et on bâtit un autre type de société car les fins de l’association politique ne sont pas du tout les mêmes!. L’alternative fondamentale est là.
    Vous prétendez qu’on n’en sait rien.

    Le simple fait de penser que la paléontologie/psychologie évolutionniste/ethologie humaine ou ce type d’investigation puissent être d’un quelconque intérêt/secours pour répondre à la question « qu’est ce que l’homme » implique dejà qu’on ait déjà tranché dans un certain sens (l’homme n’est qu’un animal complexe et il n’y a pas de différence ontologique entre lui et le reste des étants naturels)… C’est donc passer complètement à côté de la question… et imposer une réponse en faisant mine de l’avoir posée.

    Pour revenir au « capitalisme »: votre définition n’a aucun intérêt. Qu’il y ait des leaders « naturels » personne ne le conteste. Quelles que soit les règles de la coopération sociale choisies, il y aura toujours des gens qui se distingueront et qui en tirent un avantage matériel. Vous affirmez que ce sont « ceux qui prennent les risques ».
    Or:
    1/ C’est faux. Parfois ce sont les prêtres (ou dérivé), parfois les guerriers (ou dérivé), parfois une caste (ou dérivé)… Que l’entrepreneur soit celui qui commande et non celui qui obéisse, cela ne va absolument pas de soi.
    2/ Par ailleurs d’après votre définition Staline est typiquement un entrepreneur capitaliste… et le mot ne veut plus rien dire.
    Le capitalisme est une forme parmi d’autre d’organisation de la coopération sociale, de distribution des rôles, qui n’a rien à voir avec les caractéristiques psychologiques de tel ou tel. En tant que mode d’organisation de la coopération sociale il s’oppose à tels ou tels autres modes d’organisation de la coopération sociale.
    On peut très bien essayer de soutenir que de toute façon quel que soit le système ce sont les plus doués qui s’en sortiront le mieux mais dans ce cas on s’interdit d’avoir un avis sur ces questions, parce qu alors il est évident que chacun lutte contre tous les autres pour imposer le système dans lequel il pense qu’il aura le plus de chances d’avoir la meilleure place. Et in fine, le capitalisme ne vaut pas mieux que n’importe quoi d’autres… si on suit cette logique jusqu’au bout. La règle étant celle de la guerre perpétuelle. Et le fait servant d’argument ou plutôt d’ultima ratio. (C’était la thèse du premier penseur authentiquement capitaliste/libertarie, B.R. Tucker, qui a évité les contradictions performatives de Spencer, et qui a , en toute rigueur logique, finit par justifier la position de son courant de pensée politique de la manière suivante – « nous sommes anarchistes individualistes (libertariens) parce que nous sommes anarchistes individualistes » (et ce n’est PAS une tautologie dans ce cas précis, ar fondamentalement il n’y a pas de meilleur argument ni d’autre manière de l’exprimer).

    Votre remarque sur Pericles et le rapport entre Démocratie et Empire est très juste. Mais en général les démocrates n’aiment pas qu’on vienne les chatouiller avec ça (eux qui sont tellement sûr d’avoir « le meilleur mode de gouvernement » ou le « moins mauvais » (sic), de même que les français n’aiment pas qu’on leur ressorte Robespierre ou De Maistre, quoique pour des raisons différentes, parce que certaines critiques/remises en question dures ne sont pas « politiquement correctes »).

  113. Pierre025,

    Merci pour votre réponse mais malheureusement vous occultez toute la substance de mon message pour vous focaliser sur le constat commun de la nature humaine et le retourner envers ma personne.
    C’est gentil de vous préoccuper de ma personne mais cela ne fait pas avancer les idées 😉

    S’il fallait comprendre qu’ orgueil et cupidité sont commun à tous les humains et donc en excusent les comportements et que cela absout la structure actuelle de la société alors nous serions dans la fatalité de l’homme irraisonné.
    Inutile de gloser là dessus, l’histoire, le passé, montre que c’est faux.

  114. @ Pierre025
    Il n’y a pas de gloire à prendre un risque, mais il est parfois plus risquer de ne pas en prendre.
    « Chaque jour en me levant je prends un risque » dixit…
    Le couple risque/gain est déjà plus intéressant à étudier.
    Et où se situe l’ego et l’estime de soi dans ce processus ?…

    Sinon le monde à besoin d’entrepreneurs et il leurs faut des récompenses, pas forcement monétaires si la société sait en valoriser d’autres via des valeurs faisant consensus pour le groupe dont sollicite l’appartenance.

    A défaut d’une troisième voie, il faut mieux canaliser l’intelligence et l’ego vers des activités bénéfiques à tous( au moins via les impôts ), quitte à une contre partie financière excessive pour certains, plutôt qu’en activité extrémiste ou guerrière.

  115. @ Pierre025

    « Je ne comprends pas tout ce que vous dites. Mais vous donnez, me paraît-il, trop de place au législateur. Le législateur, dans toutes les sociétés humaines et depuis toujours, a laissé sa liberté à l’entreprenant. »

    Vous raisonnez avec le mot « entrepreneur », cette classe sociale fait partie du capitalisme mais n’est pas le capitalisme à lui tout seul. L’entrepreneur n’est qu’une figure rhétorique parmi d’autres pour légitimer certains aspects du système capitaliste, c’est l’entrepreneur au sens de Schumpeter. Depuis dans les multinationales, les capitaines d’industries ne sont plus « entrepreneurs » au sens propre, mais payés par le Capital avec des contrats de salariés. Dans une grande firme il n’y a plus que des salariés.

    Lorsque Paul fait référence à la fin du capitalisme il ne le fait pas par hasard : c’est tout le logiciel idéologique du capitalisme américain qui va péricliter. Ma remarque sur le législateur signifiait que tous les salariés diplômés des grandes universités, des grandes écoles, qui sans diplômes légaux ne seraient rien, qui ont théorisé le libéralisme économique dans tous ses aspects pour en faire une théorie du « management des humains » verront leur théorie fausse dans les faits. Il fallait pour cela exploser le dollar, ils viennent de le faire. Donc, c’est la fin du capitalisme tel que nous le connaissons. Vous en serez persuadé lorsque certaines nations verront leurs magasins vides tandis que les ordinateurs des banques n’auront été coupables que d’un seul crime : Afficher des chiffres négatifs sensés représenter nos dettes à vie.

  116. @Dissonance.
    Je comprends votre raisonnement, il paraît tellement logique à-priori.
    Une question cependant : ne trouvez-vous point que l’argument de l’intérêt commun entre entrepreneurs et rentiers ait quelque peu de plomb dans l’aile ces derniers temps ?! Qu’il a trouvé sa limite : tant il s’avère que la recherche, l’innovation, j’ose à peine ajouter l’éducation, ont été si peu investies par le capital, que nos états désemparés, faute de mieux, retrouvent en catastrophe le chemin – j’adore l’expression – des « grands travaux ». Bref, ne pensez-vous pas que ce que démontre cette crise chaque jour par le menu c’est précisément l’illusion qu’il y a à croire encore que rente et investissement sont nécessairement synonymes.

  117. @Dissonance.

    Vous voulez dire dans le monde merveilleux des grandes et belles idées sur le papier ?
    Car enfin, dans les faits, à quoi assiste-t-on, si ce n’est à la sophistication extrême de produits financiers permettant d’investir la seule hypothèse des choses, autrement dit, souvent pas grand chose, et même carrément parfois rien ; le tout a son seul et unique profit. Ce que d’aucuns appellent communément spéculer, il me semble…

  118. Je tombe à retardement sur ce post. Vous décrivez le capitalisme comme un « système social caractérisé par l’existence de trois classes principales », et vous annoncez sa disparition. Ca pourrait ressembler à quoi ?

    Les trois catégories que vous appelez classes sont bien définies en économie. Le « rentier » « investisseur » « capitaliste » est celui qui a épargné dans le passé, et qui prête son épargne à un « entrepreneur » « chef d’entreprise » qui l’utilise pour payer ses « travailleurs » « salariés ». Ces catégories sont en revanche mal définies socialement, car un individu est bien souvent capitaliste et salarié à la fois, ou entrepreneur et capitaliste, voire les trois à la fois. Travail, épargne et entrepreneuriat sont trois types d’activités humaines, et un même individu peut évidemment partager son temps entre les trois. Je ne crois pas que vous demandiez la disparition ou l’interdiction de l’une ou l’autre de ces activités. Alors à quoi ressemblerait la fin du capitalisme ?

    La réponse se trouve peut-être un peu plus loin : « et par la domination au sein de ce système de la classe des « capitalistes », d’où son nom. » Ah, la domination !

    La théorie marxiste de l’histoire peut se résumer ainsi :
    – l’histoire de l’humanité est l’histoire de la lutte entre les trois classes
    – la classe dominante est unie pour défendre ses intérêts et maximiser le surplus qu’elle s’approprie
    – la domination d’une classe se manifeste principalement par ce que Marx appelle les « relations de production » et que l’on pourrait traduire par « assignation des droits de propriété »
    – la concurrence au sein de la classe dominante génère une tendance à la concentration et à la centralisation
    – la centralisation atteint finalement une limite en termes de croissance et de concentration du pouvoir, d’où une stagnation économique et des crises, provoquant l’émergence d’une conscience de classe au sein des classes opprimées ; par suite, une révolution devient possible

    Ces cinq affirmations sont tout à fait défendables, mais Marx les justifie à tort par son absurde « théorie de l’exploitation. » Selon lui, la relation qui lie le travailleur au capitaliste – ce que nous appelons travail salarié – est une relation hégémonique où le capitaliste impose sa volonté au travailleur et le prive d’une partie des richesses qu’il crée.

    Ces cinq affirmations peuvent être justifiées par une théorie beaucoup plus crédible. L’exploitation existe chaque fois qu’un individu revendique le contrôle total ou partiel de ressources qu’il n’a ni découvertes, ni produites, ni épargnées, ni acquises par échange volontaire avec un propriétaire antérieur. Autrement dit, l’exploitation survient lorsqu’une violation des droits de propriété est commise.

    A lire : Marxist and Austrian class analysis

    1. @Gu Si Fang: « L’exploitation existe chaque fois qu’un individu revendique le contrôle total ou partiel de ressources qu’il n’a ni découvertes, ni produites, ni épargnées, ni acquises par échange volontaire avec un propriétaire antérieur. Autrement dit, l’exploitation survient lorsqu’une violation des droits de propriété est commise. »

      Donc il y a bien exploitation par le capitaliste. D’ailleurs, il faudrait commencer par exproprier tous les américains (capitalistes ou non) qui ont volé la terre qu’ils habitent. Ensuite, il faudrait exproprier 99% des capitalistes de toute la planète car ils ont fait fortune par rapine ou en utilisant le fruit de la rapine de leurs ancêtres.
      Voulez-vous quelques références historiques de ces rapines? (disons de Rockefeller à Godefroid de Bouillon)

      PS: votre école autrichienne part déjà mal de ce point de vue. Héritière de l’école de Salamanque qui a justifié très hypocritement le vol des terres américaines par l’Empire d’Espagne. Ensuite elle apparaît dans un autre Empire, l’Autrichien, pour en justifier la classe dominante (qui exploite les prolétaires et les peuples serfs). Elle émigre ensuite dans l’Empire britannique, centre de la colonisation mondiale, pour enfin finir au service des visées impérialistes US. Et ça vient donner des leçons sur la propriété légitime, fallait oser.

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