L’omerta

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Vous souvenez-vous de ce que disaient les banquiers au début de la crise ? Craignant un retour de balancier trop marqué en faveur de la régulation, ils disaient : « Ce qui est nécessaire, ce n’est pas de la régulation : c’est de la transparence ! ». L’idée était bien dans la ligne de la philosophie des marchés autorégulés : s’ils ne fonctionnent pas à la perfection, c’est que le niveau d’information est encore insuffisant, le contrôle qui leur est nécessaire n’est pas celui que procurent des règlements mais celui qu’offre la transparence.

On sait ce qu’il en est advenu : la première victime de la prise en main par les États, ce fut précisément la transparence. L’agence de presse Bloomberg réclama vainement la liste des établissements financiers américains bénéficiaires du TARP, les fonds d’urgence offerts par la Fed dans son rôle de dernier recours en matière de fonds. L’occasion nous a été offerte plus récemment d’assister à la course engagée par les autorités américaines et européennes rivalisant à qui exercerait le plus de pression sur les agences en charge des règles comptables pour qu’elles abandonnent la « cote-au-marché » – le prix marchand – quand il s’agit de produits financiers, la remplaçant par la « cote-au-modèle », plus connue désormais sous le nom que Warren Buffett lui a attribuée de « cote-au-mythe ».

Pourquoi la transparence fut-elle sacrifiée aussi allègrement malgré son caractère réputé indispensable ? Parce qu’elle aurait révélé que dans un bel ensemble, les établissements financiers étaient insolvables. Et cela, il fallait le taire : cela coûtait déjà bien cher assez de les dire à moitié insolvables seulement.

L’argument-massue en faveur de la transparence était, on s’en souvient, que sans elle, la confiance ne pourrait pas revenir et qu’en l’absence de la confiance, les marchés ne retrouveraient jamais une santé. Or la transparence fut passée à la trappe et l’on nous annonce néanmoins que les choses vont déjà beaucoup mieux. Comment cela est-il possible ?

Parce qu’il existait en fait une alternative à la confiance dont personne ne parlait jamais puisqu’on pouvait s’en passer : l’omerta. L’omerta, c’est la loi du silence, mais dire cela, c’est l’éclairer d’un jour négatif, vue de manière plus positive, l’omerta, c’est la solidarité. Et c’est bien elle qui s’est substituée à la confiance. Les autorités ont convié tout le monde et leur ont dit : « Maintenant chacun fait comme si tous les autres étaient solvables et tout ira beaucoup mieux ».

Et c’est bien ainsi que les choses se passèrent. Il y a en effet des moments où il faut faire taire les petites querelles et penser à l’intérêt général : il ne suffit pas que les équipes s’affrontent, il faut encore que le terrain soit praticable et quand cette dernière condition n’est plus remplie, tous doivent se mobiliser pour le remettre en état.

Seulement, la loi des marchés, c’est plutôt la concurrence et la solidarité leur va comme un coup de poing dans la figure. À quoi faut-il alors s’attendre ? Aussitôt que les affaires auront l’air de s’arranger, la solidarité sera passée aux profits et pertes. Seulement la transparence, sacrifiée aujourd’hui d’un cœur si léger, ne reviendra pas d’elle-même et la confiance qui est sa fille aînée, pas non plus. Sans transparence, sans confiance, sans régulation non plus (qui en parle encore ?), les marchés financiers ayant perdu à jamais toute prétention à être qualifiés de « système », s’effondreront une fois pour toutes. Les atermoiements qui visaient à leur permettre de se refaire une santé se révéleront pour ce qu’ils auront véritablement été : un moyen plus sûr de creuser leur tombe.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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92 réflexions sur « L’omerta »

  1. Les banques tiendront ! stress test bricolé ou non, la comptabilité bricolée ou non. Ce n’est pas de ce côté là qu’il faut chercher. Evidemment ce qu’est qu’une image. Le problème n’est pas l’image mais ceux qui la regardent. Vous pouvez toujours prendre madame tout le monde et trafiquer sa photo sur Photosho(…) pendant 3 semaines et on vous présentera toujours un top model à la fin. Il y a aura eu un réel travail entre les deux et si on était parti d’un des plus beau mannequin au départ il n’aurait fallu qu’une semaine de réel travail pour obtenir le résultat. Tant que monsieur tout le monde croira que ce qu’il voit en photo est la réalité…C’est pareil en économie.

  2. On remarquera que les discours qui prédisent, avec un bel ensemble, la « reprise » pour « bientôt », s’empressent aussitôt de préciser qu’il n’en sera pas de même pour… le chômage. Ce qui est déjà une belle contradiction.

    Comme par hasard, pour le paramètre « chômage », la reprise de… l’emploi est, elle, reportée à bien plus tard. En fait, à une date que personne ne semble vouloir préciser. Tandis que les prévisions de « reprise », elles, se font de plus en plus optimistes.

    Cette désynchronisation, pour le moins étrange, n’est, en réalité, pas du tout innocente. Je subodore qu’elle est même tout à fait volontaire.

    En effet, nos chers Oligarques on parfaitement compris que, à la faveur de l’approfondissement de la crise dans l’économie non-financière, les habituelles peurs du chômage ont repris le dessus. Résultat, non seulement les revendications salariales sont réduites à néant. Mais, de plus, dans certains pays (notamment Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon) la peur du licenciement amène les salariés à accepter carrément des réductions de salaires.

    Voilà qui est tout profit(s) pour nombre d’entreprises. Une nouvelle couche de déflation salariale = une source supplémentaire de bénéfices à distribuer à leurs actionnaires. Qui iront, ensuite, « l’investir » dans de nouvelles folies financières. On comprend, dans ces conditions, la nouvelle euphorie irrationnelle qui saisit les « marchés ».

    Comment ne pas être euphorique, en effet, quand on a provoqué, au vu et au su de tous, une gigantesque crise économie & financière. Et que l’on en ressort gagnant sur tous les tableaux (pas la moindre sanction, sauvetage gratis, re-régulation déjà oubliée, mise à charge des contribuables de la plus grosse part des pertes, et, en prime, nouvelle déflation salariale, et le prétexte idéal pour les énièmes restructurations/délocalisations)?

    En tout cas, voilà pourquoi les prévisions concernant le chômage vont, elles, rester pour un certain temps délibérément beaucoup plus pessimistes que les autres. Elles doivent l’être. Pour pouvoir justifier un nouveau tour de vis salarial. Ainsi que l’acceptation docile des habituelles mesures « douloureuses, mais nécessaires ».

    Évidemment, pas un instant l’idée n’effleure nos Oligarques que, avec la question centrale du crédit, à laquelle est intimement liée, la question de la déflation salariale aura été le puissant moteur de l’effondrement du système. Ça ne les effleure pas, parce qu’ils sont toujours dans leur fascination maladive pour tout ce qui ressemble à un profit facile à court terme.

    Ce faisant, ils ne réalisent pas (mais peut-on attendre, après tout ce que nous avons vu, quelque chose qui ressemble à de la « lucidité » de leur part?), qu’ils sont d’ores et déjà, à force de vouloir gagner toujours sur tous les tableaux, en train de torpiller littéralement leur propre « reprise ».

    Tous les éléments de la crise suivante, puisque ce sont les mêmes, se remettent progressivement en place.

    Dans ces conditions, la question n’est même plus de savoir si la crise va se reproduire. C’est un fait acquis. La seule question, en fait, c’est de savoir quand. Ou plutôt, combien de temps pourra faire illusion la « reprise » que l’on nous concocte. Totalement artificielle. Car ne reposant sur absolument rien de solide. A mon humble avis, ça devrait, cette fois, aller beaucoup plus vite que la fois précédente.

  3. Pour ce qui est du PS aujourd’hui une majorité ne comprennent en effet pas qu’un certain nombre de « riches » font fonctionner l’économie pour la simple raison que ce sont eux qui investissent parce qu’ils ne peuvent faire que cela de leur argent. Et c’est bien cet investissement qui permet la création de richesse. D’autre part et du même côté ce sont souvent eux qui ont le savoir et la culture et quand il placent leur argent ce n’est pas pour faire au plus mal. Ce qui me parait néanmoins critiquable de ce coté là c’est qu’ils prétendent eux savoir et que les autres de toute façon sont trop abruti pour comprendre. C’est hélas statistiquement vrai. Personnellement je pense que ceux qui ont envie de s’abrutir peuvent le faire et que ceux qui n’en ont pas envie doivent pouvoir ne pas le faire. Et là par contre la droite nous explique qu’il ne faut pas comprendre que c’est comme cela etc…. D’une part certains choix fait par les « riches » sont fait non pas en fonction du mieux être global mais de l’intérêt à la limite vil. D’autre part ce n’est pas en empêchant les autres d’accèder au savoir et en les maintenant dans un abrutissement consensuel que cela améliorera les choses. Il y a à gauche comme à droite de toute évidence une énorme quantité de gens qui pensent que la richesse est en fait limitée et qu’à part la prendre au voisin il n’y a pas moyen de s’enrichir(au sens général voire intellectuel).

  4. @ en l’état, je ne vois pas comment le banques tiendraient longtemps!
    Je prédis:
    D’ici un an de très grandes turbulences avec un probable effondrement prochain du dollar!
    Seule une monnaie anticrise (fondante) nous tirera de là!
    jf

  5. à Jean-Nimes
    ne peut-on pas dire que la dégradation de l’économie concrète locale (mise en crise des actifs), – faillite, délocalisation, chomage, paupérisation, précarisation …. se retourne elle aussi contre l’économie financière, catalyse les crédits pourris, emprunts insolvables, autres plans sur la comète, chateaux en Espagne (crise des passifs), … qui à son tour (de poursuivre frénétiquement droit dans le mur) dégénère l’économie concrète locale … laquelle se retourne à nouveau contre l’économie financière ( engloutissement tourbillonnaire du type siphon sur un puit sans fond ) ?

  6. à johannes finckh :
    est-ce que les retraites par répartition (au contraire des retraites par capitalisation) peuvent être (indirectement ou quelque part) considérées comme « fondante »

  7. En ce qui me concerne je me réjouirais que le PS, ou tout autre parti, prenne réellement au sérieux les réflexions de Paul, ne serait-ce qu’en en débattant publiquement. Cela serait déjà une manière de leur donner une visibilité politique accrue. Corinne Lepage, que je ne confonds pas avec son mentor Bayrou, a déjà, a titre personnel, cité Paul Jorion. D’autres suivront sans doute, car la crise s’aggrave, ce qui veut dire que les solutions proposées aujourd’hui vont tout simplement finir par apparaître pour ce qu’elles étaient : des cautères sur des jambes de bois, auxquelles il faudra bien substituer de réels remèdes.

    On peut douter que le PS, dans son ensemble, n’ait pas pris toute la mesure de la crise , et d’ailleurs le propos de Florence Daerdenne tend le démontrer puisqu’elle nous dit que c’est à titre personnel, au niveau local, qu’elle s’est inspirée des argumentaires de Paul, pour faire campagne.

    Dire que le PS est un parti bourgeois ne fait pas avancer le débat. Des bourgeois il y en a dans tous les partis. Y compris à l’extrême gauche. Je partage pourtant totalement l’analyse d’Opposum concernant l’action du Ps quand il était au pouvoir.

    A mon sens, Florence Daerdenne a toute sa place ici. Son appartenance au PS définit sa personne d’une certaine manière, et à ce titre, son expérience en vaut une autre, et qui plus est elle se rapporte à Paul Jorion, donc loin d’être hors sujet.
    Et puis personne n’est dupe. Les personnes qui fréquentent le blog viennent ici justement pour trouver ce qu’ils ne trouvent pas ailleurs. Ce n’est donc pas une déclaration d’appartenance à un parti de tel ou tel qui change la donne.

    Certes nous ne sommes pas sur un site de discussion partisane, mais il est inévitable que des considérations plus politiciennes viennent se greffer de temps à autre sur le débat. La ligne de séparation entre la grande politique et la petite n’est pas aussi tranchée qu’on voudrait le croire. Pour faire de la grande politique, il faut bien à un moment donné se confronter à la politique au jour le jour, plus terre à terre, mais toujours incontournable, même si elle traduit à notre grand regret une forme de la démocratie très insuffisante. Nous avons beau traiter les choses de façon très théorique, nos propos, tous abstraits qu’ils soient, ne s’en rapportent pas moins à une situation bien concrète, la crise que nous connaissons. Or, dans la crise, le facteur politique joue un rôle crucial. Si nous nous élevons parfois à un certain niveau d’abstraction, ce n’est pas seulement pour le plaisir de débattre ou d’imaginer des points de vue inédits, mais c’est bien aussi pour tenter de cerner au mieux une situation de crise et, le cas échéant, y apporter des solutions, qui doivent, elles, s’imposer en temps et en heure sans quoi elles manqueraient leur but.

  8. Il n’y a pas eu de billet le 5 mai 2009,
    un jour de silence pour mieux souligner l’omerta ? 😉

  9. Et si on nationalisait uniquement toute l’activité de crédit? Laissons les banques se débrouiller, gérer les comptes des clients, spéculer avec leur argent en Bourse et continuer à les voler comme des pigeons. Mais puisque l’État est l’endetté numéro 1, on peut dire que c’est un spécialiste du crédit et de l’emprunt. Si l’État devenait offreur direct de crédit, ce serait sûrement à un taux plus avantageux que le privé, et avec moins de magouilles. L’État récolterait l’argent dans le public, contre titres, comme il le fait déjà, dans le but de prêter cet argent aux citoyens qui en ont le besoin (achat d’une maison notamment ou même financement d’une entreprise).
    Soit on laisse faire la concurrence entre l’État et les banques privées pour l’octroi d’un prêt – mais comment le privé dans ce cas pourrait être meilleur marché que l’État? – soit on interdit carrément aux banques privées de faire du crédit.
    Bref au lieu de renflouer ces foireux de banquiers, pourquoi ne pas instituer un service public direct et nationalisé du crédit, avec contrôle parlementaire? C’est quand même les citoyens qui devront rembourser. Autant emprunter et rembourser directement à l’État.

  10. @ capitainsky

    Une déclaration d’appartenance au PS par un commentateur ne constitue pas un motif suffisant à ce que ses messages soient censurés : il faut encore avoir commis d’autres crimes 😉

  11. Le mal c’estaussi l irresponsabilité la plus totale… Tout le monde est responsable. Personne n’est responsable. C’est la faute « du système ». Et quand quelqu’un est responsable, il n’est pas « coupable ». La pratique qui consiste à tirer en l’aveugle dans la foule n’est que le reflet de cette étrange maladie des démocrtie occidentales.
    Et lorsqu’est avancée la menace physique associée à « l’appel du pied extra-parlementaire » on resort le vieil argument sur « la primauté du sysème ou des structures sur les individus ». Ben voyons!

    La primauté des structures nous enjoint à ne pas nous tromper de coupable, non pas à ne pas punir; il ne manquerait plus que ça!

    Par ailleurs, oubien on soutient la démocratie comme le régime politique qui repose sur l’autonomie morale reconnue par principe à tous les membres de la communauté politique, et on punit sévèrement, oubien on dénie cette autonomie politique en mettant en avant « les structures sociales » et dans ce cas bien sûr on ne dispose plus d’aucun argument valable pour défendre le gouvernement démocratique contre ses alternative non-démocratiques.
    Quand les citoyens et un démagogue à deux sous se rendent comptent de la contradiction, et ils s’en rendent compte très vite!, le bruit des bottes ne tarde guère à se faire entendre.

    J ajoute que dans n’importe quelle société, démocratique ou non, l’institution de la peine joue un rôle capital. Et ceci pour des raisons qui n’ont rien à voir avec telle ou telle théorie du bouc émissaire, mais parce-que la condamnation des responsables témoigne de la reconnaissance mutuelle que les membres s’accordent (c’est pour ça que, même si ça ne « ramène pas la victime », le verdict de culpabilité, l’expression publique et officielle du blâme est fondamentale).
    De la même façon, ceux qui ont tout perdu, et qui n’ont plus rien à perdre, savent très bien que le chatiment des coupables ne résout en rien le problème de la circulation du crédit et de la monnaie. Mais il savent aussi que ce dernier est fondamental pour eux et qu’à un oment ou un autre il faudra que les citoyens responsabes de la mise en place du système paient. Parfois ca fait beucoup de monde (la noblesse)?

    Le politiquement correct n’est pas politiquement correct. Il conduit bien souvent au désastre. Le champ politique n’est pas « bambiland ». Jefferson savait que sans un bain de sang la nation américaine était condamnée. Machiavel savait que sans un contrôle systématique par les citoyens des activités des grandi, le peuple n’avait aucune chance car il faut peu de temps avant que les meilleures institutions ne soient subverties.

    Mais il est vrai que nous sommes le produit du christianisme pacificateur du Sermon sur la Montagne (qui nous a égalemen amené le politiquement correct puritain) et que nous sommes également le produit de la pensée politique de Hegel, qui à partir de deux morales politiques extremement dures (celle d Aristote et celle de Hobbes) a réussi à produire une morale politique extrêmement lâche (la « synthèse » fait des miracles!). Alors puisque tout est bien comme ça, puisque les banquiers et les lobbyistes qui tavaillent pour eux ne sont pas plus responsables que les autres (doit-on ajouter ceux qui à la BCE, ont empêché la hausse des salaires, forçant les gens à prndre des crédits?) continuons comme ça. Je suis sûr que l’opprobe populaire leur fera à elle seule passer « le gôut du pain ». Mais pour être assz bien informé je vais vous confier un petit secret: ils s’en foutent. Ils vous méprisent. Ils ont toujours raison, « par définiton ». La seule question qu’ils se posent c’est « comment survivre » et « comment continuer à vous tondre » ou encore, dans sa forme simple: « comment continuer de m’assurer les revenus mensuels qui garantisent mon statut social »?

  12. @ Alotar

    Oui, cela me paraît la première chose à faire. Ce qui permettrait de réduire les taux d’intérêt en retrouvant un Etat qui « monétariserait » au moins la dette privée et des entreprises… Reste la dette publique, mais là c’est le rôle verrouillé de la BCE qui bloque tout, puisqu’elle ne peut prêter aux Etats (traité de Maastricht, art. 104, n’est-ce pas Cécile ?)

    @ Cécile, justement
    De nombreux processus d’économie politique rendent compte, surtout a posteriori, de la crise. J’ai donné cet article de 1995 (paru dans L’Humanité) pour montrer que les mécanismes principaux de la contradiction emploi-monnaie (crédit) que nous vivons en ce moment étaient parfaitement clairs depuis des années. Que nous crevons aujourd’hui des décisions néolibérales qui ont été prises depuis 1971 par tous les pays capitalistes, par la France et par l’Union européenne qui conduit une politique ultralibérale (si l’on considère que la politique néolibérale est celle des USA)… Je tiens les divers exemples à votre disposition.

  13. @ Alotar
    Sur le plan théorique, il « suffit » d’étendre le concept pré-rousseauiste de « souvraineté » ( le monpole d’Etat de « battre monnaie »). Notez que la question de la souveraineté doit être mise à jour pour traiter aussi, sur le plan international, un rapport de force équiable dans la gestion des flux financiers (paradis fiscaux).

    @ Paul
    merci

  14. Comment aurait il fallu faire la mondialisation ?
    Y avait il un autre moyen de partager le travail (pour de vrai) au niveau mondial ?
    Était il envisageable pour les occidentaux exportateurs de travail, de le faire sans se priver eux mêmes ?
    La finance n’ a t elle pas été l’ outil de ce partage au niveau mondial, se servant au passage une grosse taxe pour le « service rendu » ?
    Individuellement, nous ne voulons rien lâcher de « nosavantagesacquis », même si collectivement cela nous appauvrit et appauvrit nos enfants.
    Ne peut on pas récupérer quelque chose d’ utile dans ce système, a savoir, cette réalisation du partage mondial, malgré l’ opposition naturelle de notre interêt individuel ou corporatiste ?
    N’ y a t il pas un danger à occulter, à absoudre cette lacheté individuelle, et ce faisant, libre comme l’ air, prendre masque de vertu opprimée, pour commander la condamnation des puissants, qu elle a pourtant porté au pouvoir de tous temps. Le politicien habile saura répondre a cette lâcheté en utilisant le masque opportun et biface pour le peuple, avant de le retourner pour présenter l’ autre face aux vraies puissances, pour grapiller un forage ici, une ligne de crédit là.
    Le PS a ceci d’ affreux qu il continue dans la lâcheté tous azimuts, a mentir de façon éhontée. Ceci a du devenir insupprtable a nombre de ses intellectuels qui n’ osent plus s’ exprimer ou ont quitté ce parti.
    Leur arrivée sur ce blog en tant qu entité politique est bien tardive, trop tardive, n’ avaient ils pas tout le loisir d’ expliquer la crise, de mettre en garde et éviter a bien des petits épargnants des investissements malheureux dans de l’ immobilier defiscalisé dans les champs de betterave ?
    Ils ont participé a la curée .
    En tant que citoyens sincères, ils sont bien entendu bienvenus.
    Qu on ne me parle pas de socialisme, je vois les tenants dezavantagesacquisparladette, cela me donne la nauseé…

  15. «  » La puissance d’argent fait sa proie de la nation en temps de paix et conspire contre elle en temps d’adversité. Elle est plus despotique que la monarchie, plus insolente que l’autocratie, plus égoïste que la bureaucratie. Je vois arriver dans un proche avenir une crise qui me déconcerte et me fais trembler pour la sécurité de mon pays. Les groupes financiers et industriels sont devenus tout puissants, il s’ensuivra une ère de corruption aux postes élevés et la puissance d’argent du pays cherchera à prolonger son règne en utilisant les préjugés du peuple jusqu’à ce que la fortune soit concentrée en un petit nombre de mains et la république détruite. » »

    Quel est celui qui rompit ainsi l’omerta? Son histoire et son destin sont éclairants à ce sujet.

    Je pense que sur ce blog la plupart auront deviné quel est l’auteur de ces lignes?

  16. Abraham Lincoln.

    Il y a une autre citation que j’aime bien.

    C’est une citation d’un député de la Convention, membre du Club des Jacobins, Jean-Marie Goujon (1766-1795). Le 22 mai 1795, Jean-Marie Goujon fait partie des quelques rares députés qui prennent le parti des émeutiers : il est arrêté sur ordre de la Convention. Il passe devant une commission militaire. Il est condamné à mort.

    Trois jours avant de se suicider, Jean-Marie Goujon écrit une dernière lettre à sa famille. Il y exprime ce vœu :

    « Que le peuple français conserve la constitution de l’égalité qu’il a acceptée dans ses assemblées primaires. J’avais juré de la défendre et de périr pour elle. Je meurs content de n’avoir point trahi mon serment ; je mourrais plus content si j’étais certain qu’après moi elle ne sera pas détruite et remplacée par une autre constitution, où l’égalité sera méconnue, les droits de l’homme violés, et par laquelle la masse du peuple se verra totalement asservie à une caste plus riche, seule maîtresse du gouvernement et de l’Etat. »

    (Françoise Brunel et Sylvain Goujon, Les martyrs de prairial, Georg Editeur, page 359)

  17. Partager le travail ou la richesse est une bonne idée mais cela sous entend trop souvent par ailleurs que ce sont des quantités limitées, ce qui est faux, et que la seule solution serait de déshabiller Paul pour habiller Jacques ce qui ne résout en rien le problème globalement. Le problème n’est aujourd’hui pas tant au niveau individuel que global. Pour autant permettre à tout le monde de vivre correctement indépendamment de toute « rentabilité » voire même de tout travail serait un minimum. Dès que l’on sous entend que ceux qui ne travaillent pas sont des vilains méchants on se retrouve bon an mal an à exclure certains sous prétexte qu’il ne sont pas assez productifs ou que socialement il ne font pas ce que la société voudrait qu’ils fassent et là on pourra toujours exclure les plus faible et par la même on entretient perpétuellement une certaine exclusion tout donnant bonne conscience à la majorité en leur fournissant des boucs émissaires.

  18. Dans un monde dominé par la logique du marché et la concurrence impitoyable, je ne crois pas que la transparence soit la condition nécessaire du retour de la confiance. Je trouve cette croyance assez naïve lorsqu’on sait que de nos jours toute information un tant soit peu pertinente est immédiatement exploitée et transformée en opportunité. Si on apprenait, par exemple, que telle banque spécifique est particulièrement mal en point, nul doute que d’autres banques en profiteraient immédiatement. C’est comme un poulailler : dès qu’une poule est blessée, les autres l’achèvent. Il suffit de lire l’histoire de la chute de Bear Stearns. En une semaine, cette banque est passée de vie à trépas, et cela n’a même pas eu lieu sur la foi d’une information particulière mais sur un ensemble de rumeurs plus ou moins fondées (elle possédait beaucoup d’actifs immobiliers dans son portefeuille). L’Etat américain qui ne cherche pas à remplacer le système par un autre comme l’espèrent certains intervenants mais seulement à sauver le système existant ne peut pas se permettre de désigner certaines banques à la vindicte en divulguant leur situation réelle sous peine de voir le système s’effondrer.

    Je crois aussi que le Trésor américain fait une sorte de pari sur la relance. C’est une sorte de méthode Coué, à quoi se résume la psychologie de l’entrepreneur (il suffit de lire un manuel de management pour s’en apercevoir). La confiance est quelque chose d’éminemment subjectif et volatil. Elle ne repose pas nécessairement sur des critères objectifs. Il suffit de peu pour qu’elle s’envole ou pour qu’elle revienne. Parfois la confiance dégénère en euphorie, une sorte de phase maniaque appelée aussi parfois ‘Irrational exuberance ». Avec toute sa panoplie de mesures, l’Etat américain cherche donc à obtenir un effet d’entraînement, une sorte d’effet auto-catalytique. J’ai travaillé assez longtemps dans le monde du marketing et de la publicité pour savoir que ce qu’on appelle la réalité est dans une certaine mesure affaire de perception. Modifiez la perception et vous changez la réalité. Parce qu’il n’a aucunement l’intention de remettre en question le système financier, l’Etat américain fait le pari que le retour à la confiance (soutenu par énormément d’argent public) permettra à terme d’assainir le bilan des banques et non l’inverse. On va voir si ce pari marche.

  19. @captainsky dit :

    5 mai 2009 à 21:16
    Si ce blog doit devenir une annexe, un refuge pour membres désoeuvrés du PS, alors, on ne le consultera plus. Bye Bye.

    @Oppossùm :

    Je suis toujours surprise par le clivage – du genre, les bons d’un coté et les mechants de l’autre – et par la radicalité des propos et les proces d’intention qu’il génére.

    @ pierre-yves D et @ paul
    Merci à Pierre-yves D et à Paul de rappeler que j’ai juste le droit d’exister sur ce blog et à Paul de me rassurer sur le fait que je ne suis pas completement une criminelle. OUF, j’ai eu chaud, le couperet est tombé pas loin !

    Pour info, je rappelle pourquoi je suis sur ce blog :

    clemence daerdenne dit :

    24 octobre 2008 à 14:13
    Simplement pour vous dire que j’apprécie votre/notre capacité d’autorégulation dans le débat même quand il est vif.

    Je trouve que ce blog à des intervenants d’une grande maturité qui honore la confiance que nous fait Paul en ne mettant pas le filtrage d’un modérateur.

    Cela crée une sagesse collective qui est la démonstration que la re-humanisation des liens est possible.

    la contradiction, le débat, et même les conflits ne m’inquiètent pas si ils sont reconnus et élaborés. Le déni de la violence, la toute-puissance de la jouissance, l’incapacité à la frustration, l’avidité par contre, sont des bombes à retardements :

    voilà pour rappelle ce que j’ecrivais au sujet de Paul le 18 octobre.

    PAUL JORION N’EST PAS SOUS L’EGIDE DU DENI DE L’INCONSCIENT

    Je suis Psychothérapeute-Analytique, passionnée, entre autres, d’économie, et lectrice de la première heure des livres d’économie de Paul JORION (dont le premier dès sa parution début 2007).

    Ce que j’apprécie dans l’approche théorique de M.JORION, c’est sa vision holistique, globale, inter et trans disciplinaire de l’économie. Je suis sensible à sa capacité créative à emprunter les chemins de traverses pour étayer ses analyses dans ce secteur si balisé, je dirai presque à faire l’école buissonnière.

    Pour moi, les principales forces de ses analyses sont de contester la sagesse toute-puissance de la fameuse “main invisible” du marché et d’autre part, la plus importante, de rappeler que le marché est juste constitué d’êtres humains soumis à leurs pulsions et à la puissance de l’AUTRE fameuse “main invisible», l’Inconscient, cher à notre ami Freud et aux psychanalystes dont je suis.

    Dans la théorique économique mon principal étonnement est celui ci : comment a t-on pu créer des théories économiques avec comme pierre angulaire le déni de l’Inconscient ? L’économie est surtout une science humaine à forte composante émotionnelle, pulsionnelle donc irrationnelle et certainement pas une science exacte rationnelle. Le marché est crée par des êtres humains. Tous les acteurs qui le constituent sont des personnes humaines fortes de leur compétence, leur savoir, leur expérience mais, c’est oublié trop souvent, soumises aussi et j’allais dire surtout, à leur monde émotionnel conscient et inconscient.

    Je dirai, pour faire un mot d’esprit, que n’apprécierai peut-être pas A. Smith, que le marché est bien commandé par “UNE MAIN INVISIBLE », mais c’est LA MAIN INVISIBLE DE L’INCONSCIENT.

    Aujourd’hui, nous assistons à l’explosion d’un déni. La dérégulation des années Reagan-Thatcher a donné un blanc-seing au monde pulsionnel où le hors-limite et sans-limite sont devenus la règle – gain maximum, tout tout de suite, frustration minimum, avidité, cupidité, toute-puissance et tous leurs cortèges d’avatars. Mais comme elle n’est pas si simple a assumer, cette primauté au monde pulsionnel a été refoulée, bien dissimulée, transformée en politiquement correct. Dépulsionnalisée pour une sur-rationalisation avec l’aide d’une pléiade de prix-Nobel mathématiciens qui ont œuvré pour mettre les échanges financiers (et donc humains) en équation et atteindre ainsi le fantasme du contrôle total des risques, être Dieu comme Peter-Pan dans son monde merveilleux du jamais-jamais. Titrisation, produits dérivés, complexification etc. … mais tout ça sur le mode du ni vu, ni connu.

    Sur le plan inconscient, le terme dérégulation est entendu comme une autorisation tacite au « tout est permis » pour atteindre la satisfaction maximale. Bien-sur, personne consciemment ne reconnait être dans une telle dynamique. C’est justement comme cela qu’agit le déni aussi bien individuel que collectif. Mais, nous voyons aujourd’hui avec l’éclatement du déni et l’éruption du retour du refoulé que la majorité des acteurs de ce désastre financier étaient mus exclusivement par la cupidité, l’avidité vorace et ont sombré dans un délire de toute-puissance qui leurs a fait prendre des risques insensés. La majorité d’entre eux a quitté le principe de réalité pour sombrer dans le monde chimérique du principe de plaisir maximal.

    Voilà, il me semble que c’est ce que nous dit Paul JORION. Peut-être est ce parce que son approche de l’économie est emprunte de psychologie qu’il est visionnaire ???

    Je résumerai en disant que PAUL JORION est un économiste-Anthropologue qui n’est pas sous l’égide du déni de l’Inconscient.

  20. On avait parlé d’un montant de 10 milliards, mais c’est finalement 34 milliards que le Trésor va devoir avancer pour recapitaliser BofA. A voir la hausse du titre, les actionnaires de la banque ont l’air contents car ce montant est inférieur aux 45 milliards que l’Etat avait promis à BofA dans le cadre du TARP (je croyais que cet argent avait déjà été versé). Comment l’Etat-il va avancer cet argent sans effectuer une nouvelle demande au Congrès? En convertissant en actions ordinaires les actions préférentielles qu’il détient déjà. Cerise sur le gâteau, il paraît que le capital ne va pas être dilué pour autant. Allez savoir pourquoi. Evidemment, en détenant des actions ordinaires, l’Etat, donc le contribuable participe désormais aux aléas de la banque. Cela fait des semaines que l’on craint de mauvaises nouvelles du côté des stress-tests. D’une certaine manière, les nouvelles sont encore pires que ce que l’on imaginait (Citi de son côté aurait besoin de 50-55 milliards supplémentaires) et pourtant, les bancaires sont en hausse. Va comprendre, Charles !

    Lire Tech/Ticker sur finance.yahoo.com

  21. @Sylvie
    Vos propos…
    « il convient de remarquer que la responsabilité est générale :
    dans cette cata, l’individu lambda, qui aujourd’hui veut passer pour une victime,
    n’y est pas pour rien »

    NON la responsabilité n’est pas générale loin, trés loin s’en faut!
    Peut-être ne l’avez-vous pas remarqué mais votre détermination, voire votre engagement, vous fait prendre des vessies pour des lanternes. Est-il obligatoire, sous peine d’être responsabilisé et culpabilisé, de vouloir s’individualiser au point d’assumer d’autres responsabilités que la sienne propre? Des milliards d’individus sur terre ne se posent même pas la question. Pour un tas de raisons, dont la plus importante est qu’ils ne savent même pas qu’ils pourraient se la poser!
    Alors OUI, il y a des responsables, des coupables et mêmes des victimes.
    L’accés aux responsabilités est il permis à tous ? La réponse est négative.
    Dans l’exemple des prêts subprime faire de l’emprunteur une prétendue victime, donc un responsable identifié , et pour le coup, un coupable potentiel est un propos démagogique.
    Comme je ne n’imagine pas que vous soyez en charge de la communication des responsables de cette « cata » et des autres, passées et à venir, je vous suggère de soumettre votre cas à la psychotérapeute-analytique qui nous fait l’honneur de son CV, et qui dans sa trés grande largesse ne nous facture même pas ses interventions!!

  22. AAA+

    La croissance infini dans un monde fini, ça ne passe pas. Bientot, même un enfant de cinq ans vous le dira.

    C’est en ce sens, à mon avis, que nous portons chacun une part de ce qui arrive.

    Notre quotidien est une succession de privilèges qui n’auront pas cours deux fois dans l’histoire de l’humanité.

    Se déplacer à 100 km/h dans un véhicule privé, écouter un orchestre symphonique quand cela vous chante, vivre près de quatre vingt ans en moyenne (!!) etc etc…

    Peu importe que vous soyez vendeur ou acheteur de ces privilèges, ils ont quoiqu’il arrive un cout réel que nous ne pouvons pas payer.

  23. @ Clémence Daerdenne

    Ma formule était maladroite, quand je disais que vous aviez toute votre place ici. Mais loin de moi l’idée vous auriez seulement le droit d’exister. Avoir toute sa place, c’est celle que vous prenez, vous, pas celle que je vous autoriserais à prendre, ce qui serait ridicule. Peut-être l’ai-je été. Nul n’est parfait. 😉

  24. @ clemence daerdenne,

    Inconscient? hum! substantif et/ou adjectif? Peu importe: pourriez vous nous faire un billet invité sur le rôle effectif des inconscients dérégulés de ceux qui gouvernent la planète financière et la façon dont vous voyez une façon soit de les écarter de cette forme de pouvoir, soit à travers le projet de PJ d’une constitution pour l’économie d’y inclure la procédure permettant de créer les conditions de cette mise à l’écart donc ainsi éviter la répétition du même chère aux dérangés de l’inconscient?

  25. @ clemence daerdenne,
    moi aussi, je vous encourage, la loi de l’échange dans sa version actuelle, m’apparaît infantile, schizoïde, suicidaire, absurde …

  26. Je trouve un peu forcée l’analogie entre « la main invisible », c’est-à-dire l’hypothèse de la capacité d’autorégulation des marchés et le travail « invisible » de l’inconscient. C’est un peu la limite inhérente au recours à l’analogie en général. Cela dit, Freud a utilisé la métaphore de l’entrepreneur capitaliste dans son « Interprétation des rêves » et Lacan disait du rêve (qui ne pense pas, ne calcule pas etc) qu’il était un ouvrier idéal. Lacan a également tenté de formuler le mathème (comme on disait à l’époque) du discours capitaliste.

    Pour l’inconscient, je ne sais pas, mais une chose est sûre: le capitalisme n’a pas de conscience (« auto-réflexive ») et les événements démontrent une fois de plus qu’il n’a aucune mémoire.

    Il est un peu vain de lui demander de réfléchir sur les causes véritables de la crise qui l’a touché car les crises sont le corrélat logique du capitalisme. Elles font partie de son logiciel. Un économiste a même trouvé une formule remarquable pour décrire et légitimer les crises que le capitalisme provoque et subit tout à la fois, celle de « destruction créatrice ».

    Il est un peu naïf de croire que pour un capitaliste, et surtout un capitaliste financier, la crise serait un moment de suspension qui lui permettrait de réfléchir sur ses causes et sur la viabilité de son système.

    En effet, pour un capitaliste, une crise n’a pas le même sens que pour ceux qui réfléchissent sur le capitalisme, tels Paul et d’autres.

    Pour un capitaliste, une crise est une opportunité. Elle ne l’incite pas à remettre son système en question mais au contraire, elle renforce encore davantage sa croyance dans les vertus de son système.

    La preuve: les affaires ont redémarré comme aux plus belles heures. Sur Bloomberg, on peut lire que Goldman Sachs, par exemple, a eu 30 jours (ah ces statistiques!) de marges supérieures à 100 millions d’USD/jour durant le premier trimestre. Leur Value at Risk a dépassé les 250 millions d’USD/jour, autrement dit, cette banque et d’autres banques bien sûr, profitent des conditions nées de la crise pour mettre toute la gomme et augmenter encore le niveau de risque.

    Ça peut paraître incroyable mais c’est mais parfaitement logique dans ce système.

  27. A propos d’omerta, Glenn Greenwald sur son blog chez Salon.com a posté hier un billet sur la définition de « oversight » (surveillance) en ajoutant une vidéo où l’on voit Elizabeth Coleman, Inspectrice général de la Fed témoigner devant le House Financial Services Committee (Congrès) et se faire interroger par le Rep. Alan Grayson sur la menue monnaie que la Fed à mis à disposition des banques pour les sauver, sur le soupçon d’opération hors-bilan émis par Bloomberg, et les réponses sont, pour ce que j’ai pu comprendre, édifiante, s’il l’on peut dire: Avez-vous fait des enquêtes? Non. Et pour cette histoire de hors-bilan? Et les noms des banques bénéficiaires? Où en est votre enquête, parce que cette histoire commence a durer depuis quelques mois? Ben, euh… l’enquête suit son cours, alors on n’a pas de réponse pour le moment.

    le post avec la vidéo est ici

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