L’actualité de la crise : Stress tests européens, grande nervosité, par François Leclerc

Billet invité.

STRESS TESTS EUROPEENS, GRANDE NERVOSITE

Vous avez aimé la saga des paradis fiscaux ? Vous allez adorer celle des stress tests européens, qui viennent d’être annoncés, afin de jauger de la solidité des banques.

Hier, à Paris, le FMI a lancé son premier épisode, annonçant de manière impromptue, et sur un mode comminatoire, que des stress tests devaient être effectués en Europe, afin d’opérer « un nettoyage de printemps urgent et minutieux », condition à ce que la reprise puisse intervenir ultérieurement. Une certaine confusion en a résulté, et l’on a compris qu’il n’y avait pas, c’est le moins que l’on puisse dire, accord parfait à ce propos entre les parties prenantes. On a d’abord appris, par l’AFP, que cette décision avait été prise par les ministres européens des finances, en concertation avec le FMI, une semaine auparavant. Puis, par le biais d’un communiqué de presse du comité européen des superviseurs bancaires (CEBS), à Londres, que cet organisme regroupant les représentants des régulateurs et des banques centrales européennes, que celui-ci intervenait. Aujourd’hui, Christine Lagarde, ministre française des finances, présentée comme la future commissaire européenne à la concurrence, nous apprend que les ministres des finances avaient seulement « pris acte » de la décision du CEBS, une formule habituellement utilisée pour marquer son désaccord.

Tout cela témoigne d’une certaine confusion et augure mal des épisodes qui vont suivre. C’est aussi une manière, pour le gouvernement français, de ne pas assumer les décisions prises, tandis que le FMI faisait clairement savoir de son côté qu’il ne les partageait pas.

Tout ce que l’on sait pour l’instant des futurs tests, c’est qu’on ne les connaîtra pas. Résumons les informations à notre disposition :

1. Leurs résultats ne seront pas rendus publics.
2. Leur méthodologie ainsi que les critères de solidité retenus non plus.
3. Ils seront menés sur cette base commune confidentielle par les régulateurs nationaux, chacun restant maître chez soi.
4. Ils n’ont pas vocation finale à mesurer les besoins de recapitalisation des banques.
5. Ils ne seront pas menés sur toutes les banques, mais sur un échantillon systémique.
6. Le rapport final sera prêt en septembre prochain, selon un printemps tardif.

Nul doute que cette histoire va faire couler beaucoup d’encre, puisque sa vocation réelle semble être de réaliser une opération de communication, qui a mal démarré. De même nature que celle qui a été menée aux Etats-Unis, y compris si l’on considère que son objectif n’est pas de dévoiler la réalité mais, au contraire, de la masquer. A ceci près que d’un côté les résultats des tests ont été publiés, tandis qu’ils ne le seront pas de l’autre, en Europe, si ces prémisses sont bien maintenus.

Cela signifie aussi que les décisions que viennent de prendre les autorités allemandes en matière de bad banks vont d’une manière ou d’une autre devoir faire école en Europe, et qu’il s’agit de préparer l’opinion à leur annonce.

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36 réflexions sur « L’actualité de la crise : Stress tests européens, grande nervosité, par François Leclerc »

  1. @ CF

    KBC n’a plus besoin de stress tests, du moins, pour ses crédits structurés, puisque l’Etat Belge, dans son infinie générosité, vient d’annoncer ce matin la conclusion d’une « assurance de délestage des actifs (pourris) ». Laquelle ressemble étrangement à une variante… de « bad bank » à la sauce Allemande.

    Pour les détails de cette structure de défaisance, qui ne dit pas son nom, voir ici:

    http://www.lecho.be/actualite/entreprises_finance/KBC-_un_accord_qui_vaut_20_milliards.8183159-584.art

  2. Apparemment, KBC n’est pas le seul à avoir des problèmes « d’assurance » avec MBIA, puisque rien moins que Bank of America, Citigroup, JPMorgan, Barclay’s, HSBC, UBS, Canadian Imperial Bank of Commerce, BNP Paribas, Royal Bank of Canada, Morgan Stanley, Sumitomo Mitsui Financial Group Inc., Societe Generale, Credit Agricole SA and Wells Fargo & Co, et un paquet de plus petites se retrouvent avec un assureur « monoline » qui semble avoir lui-même organisé son insolvabilité à leur égard. Le tout pour un total de 241 milliards de dollars!

    Si les autres banques doivent, comme KBC, passer plus ou moins totalement à la case « pertes » les nombreux produits de type CDO, ABS, etc… que MBIA assurait, ça va saigner dans le secteur bancaire. Les loups se tirent mutuellement dans les pattes et ne se font pas de cadeaux.

    Info:

    http://www.ft.com/cms/s/0/2a21bfde-400f-11de-9ced-00144feabdc0.html?referrer_id=yahoofinance&ft_ref=yahoo1&segid=03058&nclick_check=1

    http://bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=aT3kg7Yoa1YQ&refer=home

  3. Message d’Obama à Netanyahou : pas d’attaque surprise de l’Iran (Haaretz)
    jeudi 14 mai

    Obama warns Netanyahu : Don’t surprise me with Iran strike
    U.S. President Barack Obama has sent a message to Prime Minister Benjamin Netanyahu demanding that Israel not surprise the U.S. with an Israeli military operation against Iran. The message was conveyed by a senior American official who met in Israel with Netanyahu, ministers and other senior officials. Earlier, Netanyahu’s envoy visited Washington and met with National Security Adviser James Jones and with Secretary of State Hillary Clinton, and discussed the dialogue Obama has initiated with Tehran.

    The message from the American envoy to the prime minister reveals U.S. concern that Israel could lose patience and act against Iran. It is important to the Americans that they not be caught off guard and find themselves facing facts on the ground at the last minute.

    Obama did not wait for his White House meeting with Netanyahu, scheduled for next Monday, to deliver his message, but rather sent it ahead of time with his envoy.

    It may be assumed that Obama is disturbed by the positions Netanyahu expressed before his election vis-a-vis Tehran – for example, Netanyahu’s statement that « If elected I pledge that Iran will not attain nuclear arms, and that includes whatever is necessary for this statement to be carried out. » After taking office, on Holocaust Memorial Day Netanyahu said : « We will not allow Holocaust-deniers to carry out another holocaust. »

    Following the Bush visit to Jerusalem, about a year ago the previous administration sent two senior envoys, the chairman of the Joint Chiefs of Staff Adm. Mike Mullen, and the former U.S. national intelligence chief Mike McConnell to demand that Israel not attack Iran.

    The previous administration also gave the message greater weight through Mullen’s public statement that an Israeli attack on Iran would endanger the entire region. Since that statement, Mullen has met a number of times with his Israeli counterpart, Israel Defense Forces Chief of Staff Gabi Ashkenazi.

    Sources Haaretz

    L’Iran aurait déployé des batteries de missiles anti-aériens auprès de ses sites nucléaires (Yediot Aharonot)
    jeudi 14 mai

    Saudi media quotes top Iranian official as confirming Revolutionary Guard has recently deployed anti-aircraft missile batteries in Persian Gulf following reports of imminent US-Israeli attack on country’s nuclear facilities

    Saudi daily ’Al-Watan’ is reporting that over the past several weeks Iran’s Revolutionary Guard has deployed several mobile surface-to-air and anti-ship missile batteries in the Strait of Hormuz and other areas in the Persian Gulf.

    On dirait que cela va chauffer bientot la bas…guerre Iran/Israel//crise financière..pandémie..réunion des bilderbergs à Athènes ..tiens tiens ….détroit d’ormouz bloqué…réactions en série….

  4. Je m’excuse d’avance car je sais que ce n’est pas trop en rapport avec l’article du blog mais comme les derniers papiers sont les plus lus, je me permet de glisser le lien et le copier coller d’une dépêche toute fraîche dans la série « tout va bien madame la marquise »

    http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLE86450520090514

    Face à la crise, les Pays de la Loire émettent des obligations
    jeudi 14 mai 2009 19h07

    NANTES, 14 mai (Reuters) – Les épargnants des Pays de la Loire vont pouvoir acheter des obligations émises par leur conseil régional qui espère ainsi réinvestir 40 à 80 millions d’euros dans l’économie régionale.

    Ouvertes aux particuliers et aux investisseurs, ces obligations seront proposées par les banques commerciales et rémunérées entre 4 et 5% pendant cinq à dix ans.

    « C’est une première en France, jamais une région n’avait procédé ainsi depuis le début de la crise économique », déclare Jacques Auxiette, président (PS) du conseil régional, dont les élus vont voter vendredi le principe de cette mesure.

    « Cela va permettre aux habitants de jouer un rôle visible dans le développement des entreprises et des équipements publics, et ainsi de préserver leurs emplois », a-t-il précisé.

    Une première liste de 33 projets dans lesquels l’argent sera investi doit être validée vendredi par les conseillers régionaux.

    Outre cet emprunt, le plan régional contre la crise comporte des mesures de formation pour les salariés en chômage partiel et la mise en place d’une « caution solidaire » pour les jeunes locataires.

    (Guillaume Frouin, édité par Sophie Louet)

  5. « Maintenant que le moratoire sur l’éviction a pris fin, les Avis de défaut [de paiement] (NOD) ont grimpé à leurs plus hauts niveaux historiques. Dans 4 à 5 mois, ces avis vont devenir des saisies créant une autre série de saisies. Les analystes du marché prédisent qu’il y aura 5 MILLIONS DE NOUVELLES SAISIES ENTRE AUJOURD’HUI ET 2011. Il s’agit d’une catastrophe plus grande que l’ouragan Katrina. La sidérante augmentation du chômage et la hausse des saisies rendent certain que des centaines de banques et d’institutions financières vont être contraintes à la faillite. 40% des propriétaires en défaut de paiement ont déjà évacué leurs maisons. Il n’y a rien qu’Obama puisse faire pour les faire rester. Pire encore, seulement 30 % des [maisons] saisies ont été remises en vente suggérant ainsi encore plus d’entourloupettes au sein des banques. Où sont donc passées les maisons? Ont-elles tout simplement disparues? ». Selon l’article du San Francisco Gate cité par Whitney, il y aurait 600.000 maisons DE PLUS à mettre en vente sur le marché, ce qui fera exploser le marché

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