L’autorégulation des marchés : le retour !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Aux États–Unis, j’étais au cœur du système financier – du moins jusqu’en octobre 2007 – et j’avais donc un accès direct à l’information sur ce que l’on pensait dans le milieu. J’ai travaillé dans une banque française mais c’était il y a bien longtemps : en 1990-1991. C’est ce qui m’oblige, quand je parle du secteur bancaire en France, de travailler à l’intuition – une situation qui est très loin d’être idéale.

J’ai récemment eu la chance de parler à un banquier français qui a accepté de parler « off the record », hors-micro, et sous le sceau de la confidentialité.

Moi : J’ai le sentiment que si la situation a l’air meilleure dans le secteur bancaire français, c’est à cause d’une certaine tradition de dissimulation en France. Est-ce que je me trompe ?

Lui : Vous ne vous trompez pas.

Cela veut donc dire que les mauvais résultats vont continuer d’apparaître. A-t-on pris la pleine mesure des dégâts ?

Non : il y a encore en France, beaucoup de très mauvais résultats à venir. Et ce n’est pas seulement la France : c’est vrai pour l’Europe en général.

Peut-on dire – comme on l’entend répéter ces jours-ci – que la situation s’améliore dans le domaine financier ou est-elle encore en train de s’aggraver ?

La situation s’aggrave encore.

Pour quelle raison ?

Parce qu’aucune des mesures qui auraient pu être prises pour endiguer la crise n’a été prise. La crise s’est répandue comme une pandémie : il y a eu des phases de développement. À chacune de ces phases, des mesures auraient pu être prises. Aucune ne l’a été.

Comment est-ce possible ?

La peur ! On finira – vous verrez – par adopter partout la formule des « bad bank », des banques de mauvais aloi, où l’on isole du reste de l’économie les produits financiers toxiques. C’est la seule solution raisonnable. Et elle est connue depuis le début de la crise : on l’a envisagée un moment, puis l’on s’en est détourné. La raison, c’est tout simplement la peur : la peur devant les chiffres gigantesques qui étaient apparus.

Les suggestions sur ce qu’il conviendrait de faire ne manquent pas parmi des gens qui sont en-dehors du circuit traditionnel – venant même de certains Prix Nobel d’économie. Pourquoi les éléments de solutions proposés par ces gens-là sont-ils ignorés ?

Parce qu’il existe un cadre traditionnel pour résoudre ces problèmes : celui du milieu financier et de ses superviseurs – c’est-à-dire l’État – et l’on persiste à vouloir résoudre les difficultés au sein de ce cadre traditionnel. Or, comme vous le savez, c’est le monde financier qui est à l’origine des difficultés actuelles mais c’est de lui que l’on exige de les résoudre. Le monde politique ne remet pas en question que ce soit là le cadre au sein duquel il faille opérer.

Que va-t-il se passer ?

Il y aura de nouvelles phases dans la pandémie et on s’abstiendra à nouveau de prendre les mesures qui devraient être prises. Encore une fois, par peur.

On ne fera jamais appel à ceux qui proposent au moins des bouts de solution ?

Si, le moment viendra.

Qu’attend-on ?

Que la situation soit encore beaucoup plus grave.

Et à quel moment s’adressera-t-on à eux ?

Paradoxalement, c’est le marché qui en décidera : quand la situation sera si grave qu’il faille absolument sortir du cadre de référence habituel, les marchés l’imposeront alors.

Moi (un peu désarçonné, il faut bien le dire) : La solution viendra donc de l’autorégulation des marchés !

Si vous voulez.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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112 réflexions sur « L’autorégulation des marchés : le retour ! »

  1. nationalisation totale des banques ! now !! saisie des gains des actionnaires et spéculateurs..nuremeberg de la finance afin de condamner lourdement ces banksters..voila la seule vérité …

  2. merci beaucoup Tartar!
    (communauté politique, ca ne veut pas dire « politiques »… et ils ne sont pas tous corrompus, à l’exemple de Grayson dont j’espère bien qu’il sera le prochain président des Etats-Unis d’Amérique ;-)).

  3. A propos de stage : Intuitivement, il n’a absolument rien de choquant puisque étymologiquement il signifie « séjour », le fait de rester un certain temps en un certain lieu. Le mot « phase » est finalement moins heureux si j’en juge à la définition qu’en donne le Petit Robert : « Chacun des états successifs d’une chose en évolution. » « Chacun » désignant une « personne ou chose prise individuellement dans un ensemble, un tout, et « successifs » impliquant la connaissance d’un ordre temporel, la connaissance d’une phase supposant celle de la suivante, le mot est, en toute rigueur, inutilisable pour parler de la crise. Faut de pouvoir en prédire le développement, on peut seulement voir la crise « séjourner », stagner dans des situations relativement stables, entre deux évènements importants.

  4. @JJJ
    « L’argument massue en faveur du sauvetage des banques, c’est le risque systémique. Incontestable. »

    Mais ce qui se passe maintenant est un effondrement de toute l’économie : chomage qui explose, faillites d’entreprises… Qui se propage inéluctablement vers la faillite des états. Si ce n’est pas systémique, alors je ne sais ce que c’est !

    Vous n’avez peut-être pas lu l’article de Willem Buiter pour RBS:
    http://www.voxeu.org/index.php?q=node/3264

    Il parle de l’approche « Good bank », càd créer une nouvelle entité où sont transférés les dépôts et avoirs sûrs. La good bank reprend les activités de base. L’ancienne banque est en veilleuse. Elle détient toujours les actifs pourris mais aussi les actions de la good bank. Elle perçoit donc les bénéfices de la good bank, et les éventuelles plus values ou rentrées des actifs pourris. Il n’y a pas de différence pour les actionnaires et obligataires d’origine. Mais la clientèle et les autres banques ont maintenant affaire à la Good bank aux actifs sains.

    C’est l’opposé de l’approche « Bad bank » où l’on transfère les actifs pourris dans une nouvelle structure de défaisance à des prix bien au delà de leur valeur, ce qui est ruineux et contre-productif (ex CDR – LCL).

    Concernant les risques systémiques:
    Les réassureurs de crédit (AIG, MBIA…) sont en danger? Il faut déjà rendre nul et non avenu tout naked CDS (càd les paris purs sur la faillite, sans détenir la contre partie)
    Les obligataires sont des fonds de pension, assurances vie… ? En effet cela pose problème.

    Il faut briser les reins du système financier fou.
    Ceux qui sont responsables doivent être traduits en justice, non seulement les banquiers et assureurs fous, mais aussi leurs lobbies, les agences de notations, les courtiers faussaires, et même les gérants des BC et les autorités de contrôle…
    Tous doivent apprendre à assumer leurs responsabilités. Ils doivent savoir qu’ils risquent aux-même leur propre avoirs. Alors seulement ils mesureront mieux les risques qu’ils prennent. Mais comme ils sont couverts et garantis par les BC et les états, ils se croient tout permis, même les paris les plus fous. Leur arrogance est inacceptable, ils osent se déclarer « indispensables », « essentiels » voire même se plaindre que l’état vienne à leur secours. Il faut les remettre à leur place, au besoin en prison et saisir tous leurs biens.

  5. @ tous
    en quoi consiste ce « pire »?
    A mon sens, c’est le fait que la monnaie circule de plus en plus mal et exclut de plus en plus de personnes de l’économie monétaire!
    jf

  6. @Auguste: je suppose qu’il y a une limite à l’endettement des Etats. Il leur faut des créanciers et ceux-ci (la Chine par exemple) ne sont pas si pigeons que ça (contrairement aux contribuables).

  7. @ Crapaud Rouge

    vous demandiez, dans un post précédent :

     » mais où, quand, comment la pensée de la liberté a-t-elle pris le pas sur celle de la justice ???
    Quant au remède… Comment redonner sa place à la justice dans ce monde devenu si complexe et, sur tous les plans, inter-connecté ? »

    la philosophie grecque antique était recherche de la vertu, idéal de perfectionnement par la connaissance du vrai,
    du juste et du beau

    pour ce qui est du juste, Socrate, Platon et Aristote le considèrent en lien avec le politique

    on sait que cet idéal est balayé avec la décision en 313 de l’empereur romain Constantin d’imposer la religion chrétienne à tout l’empire

    ce sera une énorme régression de la pensée : un dogme prendra la place de la réflexion, celui de la vie comme conséquence irrémédiable d’une faute originelle, ayant dès lors comme seuls buts la pénitence et le repentir

    à la Renaissance, lorsque de nombreuses découvertes percent le voile du dogme, la pensée renoue avec la philosophie grecque, mais uniquement pour la recherche du vrai et du beau

    le juste n’y est plus,
    Machiavel et Hobbes, les penseurs du politique moderne, déclarent ouvertement vouloir séparer
    l’éthique de la politique

    était-ce parce qu’il était plus urgent de prendre le pouvoir politique, afin d’ assurer la liberté de pensée et d’action ?

    car une éthique qui puisse remplacer un appareil aussi lourd que la morale chrétienne, bâtie le long des siècles, ne se construit pas en un tour de main

    toujours est-il que la liberté est désormais la valeur la plus importante
    et plus tard, quand on parlera de démocratie, ce sera toujours au nom de la liberté

    la modernité n’a donc pas réalisé une théorie élaborée de la justice

    cependant, la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen (1789) définit la liberté
    comme « ce qui ne nuit pas à autrui » et comme limitée par la loi

    mais il s’agit ici d’un principe, rien n’est précisé quant à l’application

    il n’est pas dit, par exemple, que la liberté pour certains individus d’accumuler de l’argent
    ne doit pas priver d’autres d’avoir un travail et un logement

    comment faire justice à ces derniers ?

    pour moi, c’est simple : ils devraient s’organiser en parti politique
    et faire voter des lois qui leur soient favorables

    le monde est inter-connecté, en effet, mais chaque pays fait ses lois

    étant majoritaires dans la société, ils devraient aboutir

    le problème est qu’ils ne sont pas solidaires

  8. à Sylvie
    La Liberté (au singulier, avec une majuscule: libre-responsabilité, libre-arbitre, jugement-réfléchissant, impératif-catégorique….) n’est pas à confondre avec les libertés (pluriel, sans majuscule : celles des autorisations que l’on prend, des permissions que l’on se donne …. )

    à Paul
    ce banquier manque cependant d’observer que les réformes en cours visent à capter les caisses, comme celle de la sécurité sociale (allocations familiales, retraite par répartition, assurance maladie, chômage…) qui échappe à la spéculation -alors qu’aux USA, cette argent à été joué et déjà probablement perdu – comme le budget de l’éducation nationale publique (écoles primaires publiques, collèges publiques, lycées publiques, facs …. -l’état a déjà vendu les autoroutes, le téléphone, c’est déjà bien parti pour le gaz et l’électricité …. sans dire de l’eau et des poubelles …)
    ne serait-il pas quelque peu mesquin, voire un tantinet sournois ???

  9. @ Sylvie… reconstruction bizarre…
    Il faudrait arrêter avec la fable d’un Moyen Age plongé dans les ténèbres et la Renaissance comme redécouverte de la pensée classique… Ce que l’on doit à la philosophie politique médiévale est sans commune mesure avec ce qu’apporte la Renaissance en matière de philosophie politique (Maimonide, Al Farabi, Halevi, Thomas d’Aquin, Averoes, Guillaume d’Ockam. Penchez vous sur les pensées médiévales de la Loi… vous verrez que tout part du nominalisme d’Ockam (Suarez avait déjà commencé à dévier).

    Effectivement, les Modernes séparent la religion en éthique et politique, qui seront plus ou moins artificiellement réunis plus tard sous la forme du « social » (confusion qui embrouille tout et fait place nette pour une solution utilitariste au problème politique et pour une solution purement « technique » aux problèmes sociaux, que reprendra à son compte la welfare economics. Il en résultera aussi la pseudo « science » politique moderne condamnée à l’impuissance, et partant en ce qui me concerne à la nullité).

    « On sait que cet idéal est balayé avec la décision en 313 de l’empereur romain Constantin d’imposer la religion chrétienne à tout l’empire »
    ??? Je ne dois pas faire partie du « on »…

    Pour la question de la majorité c’est simple: il faut et il suffit dans une démocratie procédurale de masse (ou « dictature de la majorité ») de draguer la partie de la classe moyenne qui vote, et qui qui fait passer de 50 à 51 pourcents… Il y a aussi le problème des thématiques de vote qui servent dans le même mouvement à détourner l’attention (la sécurité contre la privatisation de l’eau… c’est vite vu).

    @ Cécile…
    C’est également bizarre comme précision… pourquoi se référer à Kant?
    (Sa distinction repose sur une doctrine métaphysique dualiste et n’est donc pas acceptable « entre-nous » sur l’espace public. C’est pourquoi elle est abandonnée par les libéraux conséquents eux-mêmes comme base de justification possible. Il s’agit d’une doctrine morale compréhensive/englobante, au même titre que celle impliquée dans l’Islam ou la culture Tonga par exemple, qui ont aussi leur propre conception de ce en quoi consiste le processus de subjectivation, et qui ne sont pas tenus d’adhérer à la sécularisation du concept de libre-arbitre opérée par Kant. Qu’elle soit plus ou moins « laïque » ne la rend pas plus acceptable pour autant; dans une société démocratique marquée par le fait du pluralisme, la borne entre l’acceptable et le non-acceptable sur l’espace public ne passe pas entre conception religieuse et conception athée de l’autonomie mais entre conception « métaphysique » (athée ou religieuse) et conception « politique » de l’autonomie. Celle de Kant ne peut pas en effet faire l’objet d’un « consensus par recoupement ».

    Car in fine, ne s’agit-il pas plutôt de distinguer entre conceptions de l’autonomie relevant de la psychologie morale (explications descriptives internalistes structurales/historiques ou externalistes) et conception politique de l’autonomie (normative)? Ceci pour La liberté. Pour les libertés, j’avoue que je les considère moins comme de pures positivités que comme des trous dans la matrices de nos obligations en rapport direct d’ailleurs avec la conception normative de l’autonomie politique retenue plus haut par les libéraux.

    @ tous:
    Je rappelle à toute fin utile la définition de la liberté attribuée au républicanisme neo-classique (qui est liée à l’idée d' »égalité » via celle de « fraternité »; dans la devise française, « fraternité » qui ne se confond donc nullement avec une quelconque idée de « solidarité » comme je le lis parfois):
    Liberté: non pas la capacité à choisir (formelle ou pas) mais la fait de ne pas être dominé, ni à l’intérieur par d’autres citoyens comme les « grandi »-financiers par exemple » (dominium) ni à l’extérieur par une puissance étrangère (imperium).
    Si on garde ce fil conducteur, et même si ca laisse encore pas mal de place pour des désaccords entre nous, c’est à dire même si ca laisse de la place pour des différences entre républicains de gauche et républicains de droite et que sais-je encore, on est à peu près sur de ne pas faire de trop grosse bêtise et d’être d’accord pour les questions économiques et constitutionnelles fondamentales. Surtout, l’idée d’égalité est toujours enveloppée dans celle de liberté et vice-versa, ce qui fait qu’on n’a plus à choisir entre les deux mais entre différentes interprétations de l’une ou de l’autre.
    Ca a le mérite de nous sortir des fausses alternatives, et du faux débat « Etat/marché » en particulier 🙂

    La good bank c’est une bonne idée…
    Mais les banques préféreraient une bad bank car si c’est une good bank (d’Etat il y a des chances) elles risquent de tout perdre (direct je transfère mes comptes dans la good bank)

  10. @ tous:
    Comment assurer les paiements courants quand l’écart entre les créanciers et les débiteurs, en fin de compte les états, prend des formes si extrêmes que lasolvabilité des débiteurs n’est plus?
    Les « bad banks » n’annulent pas les fait que les sommes sont dues!
    Les créanciers se retrouvent devant la situation de déjà avoir tout et de demander encore davantage à ceux qui n’ont plus rien!
    Pour « débloquer » cela, je ne vois que l’introduction d’une monnaie anticrise qui impute aux créanciers le dommage que cause leur attentisme en se maintenant liquides le plus possibles.
    C’est le fait que des centaines de milliards, dûment mis à la disposition par les banques centrales aux banques pour prêter aux acteurs économiques , ne servent pas au redémarrage mais simplement comme valeur refuge!
    Je me répète, je sais, mais il me semble que les banques centrales seront bien contraintes, un moment donné, de proposer une solution de ce tyoe, comme l’indique aussi le banquier avec qui Paul Jorion a eu sa conversation!
    La solution « du marché » serait bien celle-ci, car il n’y a marché que si on rétablit des circuits efficaces de la circulation du numéraire d’abord, du crédit ensuite.
    On ne peut agir que sur ce qui est en mouvement!
    jf

  11. L’oligarchie financière est subtile,sournoise ,autoritaire (de fait,elle méprise et bafoue toute dignité de ceux qui ne sont pas de leur « espéce »…)
    Au delà des inévitables péripéties actuelles et à venir,et pour parler de façon pragmatique,mais aussi angoissée comme cela doit l’être pour la majorité des Humains,des Français aussi donc :
    l’atteinte par le virus de notre CDC met-elle sérieusement,trés sérieusement,en péril et à court-moyen terme nos
    protections sociales (santé-retraites de l’état et tout le cortége des charges qui sont les siennes ?)

  12. Georges Pauget?…Un tigre en papier!..
    Georges Pauget,Président de la fédération bancaire francaise et du Crédit agricole s’engage(gratuitement) dans la lutte des paradis fiscaux!..
    NOTA BENE:le Crédit agricole est présent dans 110 paradis fiscaux…

    « Il est vrai qu’aujourd’hui la liste grise est pratiquement inutilisable en raison de son étendue(elle inclut par exemple des Etats de l’Union européenne)tandis que la liste noire des pays les moins coopératifs ne contient rien. » disait G.Pauget au journal les échos du vendredi 22 mai 2009.
    Le meme Pauget: »Nous ne cachons rien à nos superviseurs,ils peuvent tout nous demander.Mais nous ne pourrons pas donner ce genre d’information au public » et pour cause,cela est édifiant et affligeant!
    Conclusion:ne rien attendre de ce coté mais vers l’OCDE pour les listes ainsi que du conseil européen prévu à Bruxelles les 18 et 19 juin en attendant le deuxième G20 de septembre

  13. @antoine

    Ta définition de la liberté, ainsi que la définition de certaines notions fondamentales (justice, imperium, dominium…), assorties d’un contexte philosophique, comme tu le fais si bien, auraient toute leur place dans le LEXIQUE de ECCE.

  14. @ JL Bars
    Court ou moyen terme ?
    C’est la question essentielle!
    C’est la question de la paix civile à court terme et éventuellement de la bascule vers une situation chaotique.
    Sans les protections sociales « acquises » et conservées en France au prix d’un certain retard « libéral »(celles que le monde entier est censé nous envier) , et en raison de la perte d’influence régulatrice des syndicats, il y a un risque révolutionnaire.

  15. Le Trésor américain prépare la nationalisation de General Motors à travers sa mise en faillite.
    Faute d’accord avec les créanciers obligataires, General Motors s’achemine vers l’une des plus lourdes faillites de l’histoire des Etats-Unis.
    A l’issue de sa restructuration, le Trésor américain détiendra 70 % de son capital, aux côtés du syndicat UAW (United Auto Workers), à 17,5 %.

    http://www.lesechos.fr/info/auto/4869086-le-tresor-americain-prepare-la-nationalisation-de-general-motors-a-travers-sa-mise-en-faillite.htm

  16. @ Sylvie

    « car une éthique qui puisse remplacer un appareil aussi lourd que la morale chrétienne, bâtie le long des siècles, ne se construit pas en un tour de main »; j’ajoute: d’autant que l’utilitarisme n’a cessé et ne cesse encore de vouloir la rayer de la carte!

    Bien vu! mais tu fais comment pour la remplacer?

    Tu construis une autre religion? sur quelles bases? avec quelle inspiration?

    Je te propose une solution qui vaut ce qu’elle vaut.

    Trouves des procédures de vérification de la deuxième phase dialectique du modèle axiologique dans la théorie de la médiation et je te fiche mon billet que les théologiens qui ont qq chose entre les oreilles comme on disait chez Fr Inter sauront reconnaitre la pertinence des propositions, à l’interprétation près mais ce n’est pas çà qui importe le plus.

  17. @ Oppossùm

    L’addition des analyses individuelles mais laissez moi en rire ou en pleurer et si vous raisonniez parfois à l’addition des vaines cupidités individuelles de plus rien qu’une seule fois dans votre vie.

    Oh mon beau Marché, mon beau Marché dis moi encore celui qui gagne le plus d’argent dans ce monde, moi qui préfère encore plutôt gagner ma vie de la sorte tant que cela me touche pas encore le premier, bureaucrate ou pas de plus dans le privé.

    Et si le privé n’était pas toujours si beau à voir contrairement aux idées reçus sur le politique et sa machinerie administrative que l’on préfère bien sur toujours montrer du doigt, bandes d’hypocrites regardez les souvent se pavaner le portable à la main ils sont si bien habillés devant le ciel comme des rentiers sans aucun états d’ames,
    tant de marchands de sommeil et d’illusions…

    Nous n’avons bien sur encore rien vu de la folle obstination cupide des hommes en société.

    Hélas le raisonnement parfait en matière de marché n’existe pas non plus à l’usure.

  18. @antoine

    Je vous cite : “fraternité” qui ne se confond donc nullement avec une quelconque idée de “solidarité” comme je le lis parfois.

    Alors comment comment faut-il comprendre le mot fraternité dans la devise de la France ?

  19. @Lemar: amusant, j’allais écrire exactement le même post. Je veux bien accepter que fraternité et solidarité ne se confondent pas mais qu’est-ce qu’une fraternité qui n’inclut pas la solidarité?

    Dans Wiki: « Au sens commun, cette notion désigne un lien de solidarité et d’amitié entre les humains. »

  20. On peut-être fraternel sans être solidaire.
    La nuance?
    Mon frère ne fait que des conneries que je désapprouve, je serai solidaire néanmoins au cas oû il se mettrait en danger.
    C’est Voltaire (ou un autre ) qui a avait déclaré qu’il désapprouvait certains mais se battrait pour qu’ils puissent exprimer leurs idées.

  21. Le dernier post de johannes finckh, m’inspire l’idée selon laquelle les créanciers possèdent, sous la forme de ces dettes gigantesques, quelque chose qui n’existe pas ou qui n’existe plus ! Je m’explique : normalement, à une dette, correspond quelque chose qui existe, par exemple un salaire qui permettra son remboursement, ou un bien physique dont le créancier peut s’emparer en cas d’insolvabilité.

    En tout cas, je n’y comprends rien, il me semble qu’il y a quelque chose de complètement idiot au départ, peut-être dans le fait que l’hypothèse de l’insolvabilité n’a jamais été sérieusement envisagée. Dans un autre monde, celui de la mafia et de la pègre en général, il n’en va pas de même: si vous êtes insolvable, ça se termine par une balle entre les deux yeux. (C’est en tout cas ainsi que j’imagine ce monde où je n’ai jamais mis les pieds.)

  22. @TATAR: vous le dites vous-même, vous seriez solidaire avec votre frère s’il se mettait en danger même si vous le désapprouvez. Partager ou ne pas partager une opinion n’a rien à voir avec la solidarité, sauf dans un sens dérivé à parler de « solidarité de pensée ».
    Donnez-nous donc un cas de fraternité du type libéral où l’on laisse crever l’autre la gueule ouverte… 🙂

  23. @ Crapaud

    Exact pour vos observations, comme celles de Johannes : les créanciers ne veulent pas accepter le fait qu’une large part de leurs créances soit sans valeur. Alors qu’ils ont eux-mêmes emprunté (beaucoup, le plus souvent) pour acquérir lesdites créances. C’est là que se situe le déni de réalité, le truc « complètement idiot au départ », qui s’obstine à vouloir appréhender la crise de solvabilité actuelle comme une « simple » crise de liquidité.
    C’était « idiot » au départ, et ce sera idiot à l’arrivée, pour une raison évidente : même si l’on parvenait à accréditer l’idée que le contribuable doit empêcher la ruine des créanciers (laquelle est normale, sur le plan contractuel), et donc garantir les avoirs de ces derniers, l’enjeu est tellement élevé que ce n’est techniquement pas réalisable, sauf à séquestrer une part énorme des revenus des citoyens jusqu’à la fin de leur vie.
    Pour ce qui est des pratiques mafieuses, le meilleur exemple réside bien dans la collusion objective entre les « autorités » et les porteurs de créances, largement logés dans les « paradis » et souvent pour des raisons autres que fiscales. On observe quand même quelques « suicides » dans le monde financier (aux USA et surtout en Russie), qui ne sanctionnent apparemment pas l’insolvabilité des défunts (la mort d’un débiteur défaillant ne rembourse pas le créancier), mais les pertes irrécouvrables qu’ils ont fait subir à leurs clients sulfureux. Le blanchiment est une activité délicate, dans laquelle mieux vaut éviter que la lessive utilisée ne soit à ce point décapante qu’elle détruise le tissu 😉

  24. @ Moi:OK entre divers types de fraterno-solidarités la discussion risque de durer longtemps.
    LOL pour la dernière question.
    Le renard libéral dans le poulaillier bouffe des poules, les siennes d’abord… puis les poules parts de marché que son frère goupil a tuées.
    Ensuite il bouffe peut-être le frangin.
    Il n’a qu’un avantage ..il ne recourt pas à l’emprunt au fermier, et ainsi meurt sans dettes!

  25. à Crapaud Rouge [10:45]
    La dette publique de la France était de 1200 milliards € en 2007.
    wikipedia

    (…) normalement, à une dette, correspond quelque chose qui existe, par exemple un salaire qui permettra son remboursement, ou un bien physique dont le créancier peut s’emparer en cas d’insolvabilité. (…)

    Considérons le cas concret de la dette publique de la France
    Avec quelques autres empereurs transfrontières, vous êtes membre du Club qui détient l’enveloppe décisive (non manquante) dans la Dette Extérieure de la France, c’est-à-dire un pourcentage (à préciser) du « dépôt-prêt-fardeau »
    un pourcentage de 800 milliards € sur un total de l’ordre de (?) 1300 milliards en croissance.
    Imaginons — hypothèse 1 — que vous soyez « carré » en affaire, disons « froid »
    voire sans grand scrupule … (entrainé par d’autres membres du Club)
    Imaginons — hypothèse 2 — que vous ayez un meilleur placement à exécuter ailleurs
    … Alors, vous vous interrogez.
    Vous relisez la Convention du Prêt que vous avez accordé à l’Etat français. Vous relisez les clauses,
    notamment les clauses de sortie … (a) à l’échéance, (b) avant l’échéance, (c) en cas de force majeure,
    (d) en cas de ceci ou cela.
    … Vous continuez à vous interroger :
    Et après l’échéance que pourrait-il se passer pour, par exemple, un ticket de 100 milliards € que mon club rendrait manquant ?
    Y a t-il un autre groupe de créanciers qui viendrait se substituer à nous ? Qui ?
    Et au lieu d’un tocket de 100 milliards € qui serait manquant avec l’effondrement, mais 3, …(?), 5, … X ?
    … Et vous revenez à la lecture de votre Convention-de-Prêt.
    En cas de non paiement, quelles dispositions sont prévues au protocole.

    Mon club est-il préférentiel pour certains garanties :
    réserves de minerais, titres de sociétés d’Etat, participations en capital de l’Etat dans ceci ou cela, bases-de-données ayant une valeur marchande, réseaux publics, réseaux de sociétés d’economie mixte (SEM), terrains militaires ou en friche, terres arables, forêts, ports, aéroports, châteaux, immeubles.
    Inutile d’allonger la liste des contreparties à disposition.

    Est-on dans la monnaie qui fondrait au soleil de printemps ?

  26. @Lemar

    Il y a quelques années, j’avais vu un documentaire très intéressant à propos de la devise « Liberté, Egalité, Fraternité ».

    « fraternité » fait au moins en partie allusion à l’un des moteurs idéologiques de la Révolution française : la Franc-Maçonnerie héritière des « Lumières ».

    Ils ont joué un rôle considérable dans l’élaboration d’un système d’information efficace entre provinces, et ont apporté le ferment des projets politiques capables d’assurer la transition et surtout tenter de pérenniser ces nouvelles institutions qu’ils avaient rêver sans pouvoir jusque-là les concrétiser.

    C’était un peu l’âge d’or de la Franc-Maçonnerie. O tempora, O mores…

  27. à Tatar,
    Lorsque l’idée de la Fraternité, n’en sera plus réduite qu’à la promotion des actes de charité ( à la bonne votre et des bonnes oeuvres …. ), le moyen de la charité (à la Liberté de chacun, … ) sera-t-il pour autant de devoir être confondu avec le moyen de la solidarité ?

    Sur la solidarité , sa mise en oeuvre , (son interprétation) version « néo-solidarité sociale » (aussi détournée de son essence, que peut l’être la théorie de l’évolution entre « darwinisme » et « néodarwinisme social » )
    illustration : Evo Morales a dénoncé le fait des mutinationales européennes prélèvent sur tous les salaires une cotisation retraite laquelle ne profite aux travailleurs locaux, que d’alimententer des comptes en Suisse, (l’opération génère des bénéfices puisqu’ à l’ouverture de leurs droits la plupart de ces travailleurs-là sont déjà morts )
    relève-t-elle de la Fraternité ( élevée à l’universel)
    mais ne relève-t-elle pas cependant d’une certaine forme de solidarité (certe calculée au profit d’une minuscule cooptation circulaire…) ?

  28. Bonjour à tous,

    Je serai bref sur ce point, mais je vous invite à aller vous en rendre compte rapidement par vous-même si ce n’est déjà fait !

    Quand autorégulation et propagande spéculative se rencontrent, cela donne ceci :

    IL SEMBLERAIT QU’IL NE SOIT PLUS POSSIBLE DE COMMENTER L’ACTUALITE AFP sur http://www.boursorama.com/

    Je viens de remarquer « ce petit détail » seulement maintenant, lol… Je suis incapable de vous dire quand cette « censure », radicale selon moi s’il en est, a débuté… Peut-être hier, peut-être il y a une semaine…

    Mais je ne suis pas fou, il y a toujours eu des commentaires d’Internautes sur ce site… Et encore le mois dernier…

    … à méditer de toute urgence !
    (je précise, je ne suis pas membre boursorama, mais je consulte ce site régulièrement depuis des années)

  29. @ Auguste

    Le dette qui fait problème à l’heure actuelle n’est pas la dette souveraine. C’est de la dette strictement privée (ménages et entreprises). Mais bien sûr, si les Etats continuent de se substituer indirectement aux emprunteurs défaillants (qui n’ont rien demandé de tel), à hauteur de montants déraisonnables, ça se finira pour eux en eau de boudin. Votre Club ne pourra pas pour autant se couvrir de la défaillance souveraine par captation des actifs publics. Les OAT françaises ne sont pas les assignats de la Révolution, « gagés » sur des biens réels (ceux du clergé, en l’espèce) : nul ne peut aujourd’hui faire procéder à l’aliénation de biens publics. Même pas votre Club des 0.001%. Mais vous êtes personnellement privilégié : si l’Etat sabote vos économies, vous pourrez toujours aller chasser dans la forêt du Loup pendu 😉

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