L’actualité de la crise : Un avenir pas trop radieux, par François Leclerc

Billet invité.

UN AVENIR PAS TROP RADIEUX

Petit à petit, les contours de ce qui nous attend se dessinent, à condition qu’une rechute de la crise financière n’intervienne pas. En mettant à profit pour la décrire, non pas telle ou telle prospective financière ou économique, mais les prévisions de deux organisations internationales qui font autorité dans leurs domaines respectifs : l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et la Food and Agriculture Organisation (FAO). Selon la première, le nombre de chômeurs dans le monde devrait mondialement effectuer un bond en 2009, augmentant dans une fourchette allant de 39 à 59 millions, par rapport à 2007. Selon la seconde, le cap d’un milliard de personnes en état de sous-alimentation sera franchi cette même année. Cela représente, précise-t-elle, un sixième de l’humanité et l’origine de cette situation alarmante est à rechercher non pas dans une baisse de la production agricole, mais dans la hausse des prix de ceux-ci et dans l’accroissement de la pauvreté.

Dans un cas, ce sont les pays développés et émergents qui sont les plus touchés par le fléau du chômage (les autres sont largement dans l’économie informelle), et dans l’autre les pays en voie de développement, par celui de la faim et de la malnutrition. Voilà le premier bilan qui peut être tiré des errements d’un capitalisme financier qui, entre autres promesses, se présentait comme le fer de lance indiscutable du développement économique et du recul de la misère.

Deux autres constatations peuvent être également faites, sans hésitation. Que la reprise économique, quand elle interviendra, sera faible et le rétablissement long et socialement douloureux. Et que, selon une sorte de système de vases communiquant, la dette publique continuera d’enfler dans de gigantesques proportions, au fur et à mesure que la non moins énorme bulle de la dette privée se dégonflera. Le tout au nom de la protection des capitaux privés.

Ce véritable champ de dévastation ne serait toutefois qu’incomplètement parcouru, s’il n’était pas fait mention de deux incertitudes majeures qui demeurent. Celle concernant la maîtrise impossible des déficits publics et les difficultés de leur financement (par l’impôt ? par l’emprunt ?) ; ainsi que celle d’une inflation résultant d’une création monétaire trop abondante, qui pourrait aider à régler le problème précédant mais risquerait en contrepartie de plonger le monde dans d’autres affres. Avec, à la clé et dans les deux cas, l’ouverture d’un nouveau front de crise, cette fois-ci dans le domaine monétaire. En raison de tensions extrêmes au sein de la zone euro, et d’une inévitable dévalorisation accentuée du dollar. Sans parler de la situation des autres devises et des méfaits du « carry trade » que ces situations favoriseront. Ni, sur un autre mais proche terrain, de la reprise de la spéculation à la hausse sur les matières premières.

Comment éviter à la fois l’accroissement des déficits (en lançant une introuvable « stratégie de réduction des déficits », comme vient de le proclamer le Conseil européen de Bruxelles de jeudi et vendredi), et le danger d’une future inflation galopante résultant d’une création monétaire incontrôlable ? C’est ainsi que peut désormais s’énoncer le dilemme dans lequel nous nous trouvons. En réalité, un tel choix entre la peste et le choléra étant refusé, ce sont ces deux calamitées que nous risquons de subir simultanément. En effet, le Pacte de stabilité européen (la limite des 3% de déficit pour le PIB) a d’ores et déjà de facto volé en éclats, si l’on considère les prévisions annoncées de déficits des plus grands pays. Vingt pays de l’Union européenne devraient être, à la fin de l’année, sous le coup d’une procédure pour déficit excessif. Et, quant au danger de l’inflation, même si la création monétaire de la BCE demeurait comme elle l’est aujourd’hui à un niveau très modeste, l’engagement sans mesure de la Fed et de la BoE sur ce terrain répand dans le monde entier son venin potentiel. L’inflation ne connaît pas de frontières dans une économie globalisée, et l’on verra si les assurances données à propos d’un retrait efficace des liquidités du marché se révéleront justifiées, quand le moment sera déclaré venu. Car s’il est en plus un sujet qui divise dans les hautes sphères, c’est bien de savoir quand il faudra l’effectuer. Trop tôt, c’est replonger dans la crise, trop tard, c’est s’engager dans une spirale inflationniste. Difficile à trancher, surtout que les calendriers peuvent ne pas coïncider entre les Etats-Unis et l’Europe.

Le soleil se lève donc timidement sur ce paysage, moment qui est choisi pour dévoiler le cadre, encore très général, des mesures de supervision et de régulation financières de part et autre de l’Atlantique. Une harmonisation sera certainement nécessaire à leur propos, plus tard, quand elles seront établies dans leur détail. Mais elles sont déjà en phase sur l’essentiel, car elles poursuivent le même objectif limité : éviter de se refaire la même frayeur qu’en fin d’année dernière.

Il s’agit de mettre prioritairement en place des instruments d’observation, afin d’anticiper une nouvelle crise majeure et systémique. Car pour le reste des mesures, tout le monde affichant son accord avec les grands principes, notamment ceux que Barack Obama vient d’énoncer, la bataille continue de faire rage et le chemin est encore long à parcourir avant que les décisions finales ne soient prises. Le diable est dans les détails est une des expressions favorites des financiers. Aux Etats-Unis, les sénateurs sont entrés dans la danse, ce sera bientôt le tour les représentants, et l’on sait combien les deux chambres sont les lieux favoris du pouvoir des lobbies de « l’industrie financière ». Le jeu va consister à annoncer des mesures crédibles aux yeux de l’opinion publique sans sacrifier l’essentiel, ce dynamisme financier débridé sans lequel le monde s’arrêterait de tourner. L’exprimant clairement, George W. Bush ne vient-il pas de déclarer, à l’occasion d’une sortie publique et de premières critiques à l’encontre de Barack Obama : « je sais que c’est le secteur privé qui va tirer le pays hors de la situation économique dans laquelle nous sommes » ?

Si l’on veut mesurer tout le poids qui est mis dans la balance afin de proscrire d’inconvenantes mesures de régulation, il suffit d’observer avec quelle vigueur le gouvernement de sa Majesté britannique, se faisant l’interprète direct de la City, a obtenu sans coup férir que soit signé un armistice européen à propos du dispositif envisagé par la Commission de Bruxelles, qui risquait de l’incommoder. Trois nouvelles autorités paneuropéennes seront bien chargées, courant 2010, de la surveillance des banques, des assureurs et des marchés financiers. Mais le projet de résolution du Conseil européen précise désormais que « … les décisions adoptées par ces autorités ne devraient empiéter en rien sur les compétences budgétaires des Etats membres ». On est donc revenu au point de départ, les organismes européens de supervision n’auront toujours aucun pouvoir, comme c’était le cas avant la crise. La City peut respirer. José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, avait bien annoncé mardi dernier que la réforme de la supervision financière européenne rencontrait « d’énormes résistances ». Elles n’ont plus lieu d’être désormais.

L’administration Obama a, de son côté, consacré ces derniers temps beaucoup d’énergie à la mise au point de son dispositif de supervision financière, la face connue du monde encore caché de la nouvelle réglementation, qui n’est encore annoncée que dans ses grandes lignes (dans un document qui fait tout de même quatre-vingt cinq pages). Voici l’analyse de Nicolas Cori, de Libération, qui résumait hier 18 juin dans son blog l’essentiel de ce qui peut en être dit.

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49 réflexions sur « L’actualité de la crise : Un avenir pas trop radieux, par François Leclerc »

  1. @ Quidam

    Désolé, j’argumente et ne rejette pas a priori les arguments des autres. Jusqu’à preuve du contraire, je maintiens ma vision des choses.
    Vu le niveau des intervenants sur ce blog, s’il n’y a pas de contrarguments ce me semble être une preuve de la solidité des miens.
    Etant donné que je n’ai pas développé « Jouissons sans entrave » j’ajoute qu’associé à « Il est interdit d’interdire » ce slogan peut expliquer beaucoup de choses.
    Les traders n’ont ils pas avoué qu’ils éprouvaient une très grande jouissance à réaliser des gains faramineux en jouant avec les différences de cours en divers lieux ? N’avez-vous pas vous-même vu sur les graphiques boursiers combien il était possible pour peu qu’on mise gros et avec effet de levier, de faire de beaux coups quand on aime l’adrénaline ?
    Pour les patrons de banques, et les financiers, véreux ou pas, ça n’est qu’une question d’ordre de grandeur par rapport aux traders.
    Dès lors qu’il est interdit d’interdire, tout est permis et c’est bien pour cela que les interdits qu’il faut mettre pour réformer le système financier seront difficilement acceptés.
    Les slogans de mai 68 ont sapé la morale de notre civilisation et nous en payerons tous l’addition pendant longtemps.

  2. @ Jducac (40 ?), ce n’est pas le côté « réactionnaire » (là aussi c’est facile) de vos propos qui me surprend que la capacité que vous donnez à Mai 68 d’avoir à ce point changé les références et les valeurs, non seulement de la France mais de la planète entière. Les étudiants de Mai 68 n’en espéraient pas autant. Le mouvement était non seulement parisien, mais aussi mondial, en témoignent la « beat generation » étasunienne entre autres.

    Si les valeurs ont changé, ce n’est pas par le grâce de quelques slogans bien sentis rue Souflot ou rue Descarte… mais plutôt par une civilisation portée pour le meilleur et pour le pire par une révolution technique (techniciste devrais-je dire), économique mais aussi (et peut-être essentiellement ?) énergétique.
    Comme le dit Jancovici, l’énergie abondante et gratuite de la deuxième moitié du XXe siècle a offert à tous les smicards une horde d’esclaves à son service (d’un point de vue purement physique, un litre d’essence équivaut au travail de dix bonshommes, rien moins !). Cette énergie sur abondante a permis non seulement une production de tout et de rien hors norme, non seulement une sur consommation et le gaspillage en corolaire, non seulement une pollution et une destruction de la bio diversité comme jamais, mais aussi une délocalisation réglementaire de toutes les activités : habitat dispersé et pavillonnaire, vacances à l’autre bout de la planète pour la majorité des occidentaux, supermarchés en périphérie des villes, « sprawling suburbs » et disparition (aux USA) des centre villes et en apothéose délocalisation de l’activité, de la fabrication du tout et du rien qui nous est si nécessaire (ipodisation du monde) aux antipodes.

    Corolaire de tout ce bonheur matériel et consummériste (qui a fait aussi le mien, il ne faut pas le cacher), la COMMUNICATION, variante de la propagande, de la réclame, de la publicité, du marketing et autre « parce que je le vaux bien » !

    Alors, lorsqu’ « Avec Carrefour je positive », je ne donne personnellement pas cher des valeurs de nos ancêtres, a fortiori quand les très riches sont encore plus riches comme les chiffres auxquels je fais référence plus haut en apporte la démonstration (les chiffres sont français !).

    Finalement, je crains que Mai 68, ne soit qu’un épiphénomène ou plutôt une expression emblématique d’un mouvement commencé après guerre en Europe du bonheur des masses s’exprimant par le bonheur de posséder !
    Pour la blague, on peut décripter le slogan de Carrefour de la manière suivante :
    – Avec Carrefour je positive = Sans Carrefour je négative = Sans consommer je négative = Sans consommer je ne suis pas = Sans Avoir je ne Suis pas… ou encore, J’ai donc je suis.

    « CRS, SS » en comparaison est bien mignon… kawaï comme disent les japonaises !!

  3. En bref, cher Jducac, avec ou sans 68, le monde serait ce qu’il est aujourd’hui, aux détails près des thuriféraires de partis politiques ici ou là…
    Si les Conh Bendit et autres Geismar et toute une clique de maoistes de bar tabac avaient changé le cours de choses à ce point ça se saurait… Mais trouver ainsi un bouc émissaire à nos maux soi disant franco français est un peu court… à la hauteur des talonnettes de celui qui en répand la théorie ! Et on tente pour finir d’en vider la moelle en récupérant le vocabulaire pour peindre de beaux atours forcément révolutionnaires, la vaste blague du « développement durable » dans le fameux « Grenelle de l’environnement ». Pathétique !

  4. @ jducac dit :
    20 juin 2009 à 17:50

    C’est bien connu, les excès et dérives qui ont conduit à la crise de 29 sont issus de mai 68 😉
    Des interdits ils y en a eu dans de nombreuses sociétés et il y a eu des humains pour les braver bien avant les slogans de mai 68.
    Vous êtes libre de vos interprétations et vous êtes libre de tout faire remonter à quelques slogans. Je vous ai dit ce que j’en pensais et il n’est pas besoin pour moi d’épiloguer.

    @ papimam dit :
    20 juin 2009 à 16:53

    J’avais fait quelques recherches il y a quelques temps:

    1 – Des riches de plus en plus riches
    Entretien avec Camille Landais
    par Maya Bacache-Beauvallet & Florian Mayneris & Thomas Vendryes [04-02-2008]
    http://www.laviedesidees.fr/Des-riches-de-plus-en-plus-riches.html

    Camille Landais, économiste à l’Ecole d’économie de Paris, a analysé le creusement des inégalités en France dans la période récente et montre que la stabilité séculaire de l’échelle des revenus a laissé la place depuis 1998 au creusement d’un fossé entre les plus riches et la majorité de la population. Cette étude est tout à fait cruciale à l’heure où la question du pouvoir d’achat préoccupe l’ensemble de la classe politique. Entretien vidéo.

    2 – Faut-il avoir peur des inégalités de revenus ? par Camille LANDAIS (*) – Vendée
    mercredi 23 janvier 2008
    http://www.ouest-france.fr/2008/01/23/vendee/Faut-il-avoir-peur-des-inegalites-de-revenus-par-Camille-LANDAIS-*–52884099.html

    La mise au jour, l’an dernier, d’une forte hausse des inégalités de revenus a suscité beaucoup de réactions. On s’est scandalisé à gauche, dénonçant les conséquences d’une politique gouvernementale définitivement favorable aux plus riches. Tandis qu’à droite, on minimisait la chose, s’offusquant de cette lancinante attention aux plus riches, qui continue à culpabiliser les Français quant à leur argent. Passion égalitaire bien française, aux conséquences néfastes « pour l’innovation et l’esprit d’entreprendre ». Pour les pourfendeurs de cette « culture de l’égalitarisme », les inégalités de revenus ne seraient pas si graves ; elles stimuleraient au contraire la mobilité, en encourageant les moins riches à travailler pour parvenir au plus haut de l’échelle sociale. C’est l’image plus ou moins mythique du rêve américain, pays de très fortes inégalités et de (soi-disant) très importante mobilité sociale.

    3 – L’Insee révèle les « vrais » revenus
    le 15 novembre 2007
    http://www.inegalites.fr/spip.php?article772&id_mot=30

    L’Insee reconnait que le niveau de vie des 5 % les plus riches est de 20 % supérieur à ce que les données officielles indiquaient jusqu’à présent. Un coin du voile se lève sur les revenus. L’analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

  5. Sur le livre d’Annie Lacroix-Riz, Le choix de la défaite.
    Elle explique que la « synarchie », l’élite financière des années 20/30, voulant éviter le communisme dans les pays occidentaux, a préféré ne pas engager le combat en 1939 et livrer la France à Hitler, plutôt que de payer des congés à leurs travailleurs. Cette élite (banque, gouvernement,patrons) a favorisé la venue de Franco en Espagne, laissé tomber l’URSS, la Tchécoslovaquie, etc.
    Dans les années 20, une union européenne se dessinait (déjà), pour que la synarchie puisse échapper aux Etats-nations, trop proches du peuple. Mais la grande crise à mis un terme à cette idée. Cette idée d’une union européenne néo-libérale reviendra sur le tapis après la deuxième guerre mondiale, avec succès cette fois-ci.
    Veuillez ne pas supprimer mon message cette fois-ci, merci.

  6. @jducac

    Vous n’argumentez pas, vous vous contentez de lancer des idées toutes faites qui sont caractéristiques du type d’éducation dont vous faites la promotion, privée de sens critique. Vos propos sont totalement excessifs, vous mélangez à souhait les constats et les causes et tout partisan de l’ordre que vous êtes, vous devriez commencer par en mettre dans vos analyses socio-politiques. Les traders n’ont pas attendu 1968 pour jouir de leur pouvoir, comme l’ensemble de la classe parasite à laquelle ils appartiennent et l’autorité dont vous réclamez le retour est juste le masque du tour de vis que certains veulent imposer pour maintenir leur prédation tant bien que mal.

  7. @Quidamm

    Merci pour vos infos. Le lien vers Ouest-France est out.

    Le site « observatoire des inégalités » est très instructif, je l’avais mis dans mes favoris pour analyser à l’occas. les inégalités dans l’enseignement & disposer d’un camembert du nombre d’étudiants par CSP de ses parents et type d’école ou école.
    L’accès aux universités & grandes écoles doit être, dans notre République, au rendez-vous avec la jeunesse à qui on doit apprendre à pècher, à apprendre & à être curieux.

    Il est essentiel qu’un jeune ayant les capacités puissent progresser quel que soit sa position dans l’échelle sociale.

  8. @ judcac

    Ne pouvant laisser passer ce monceau d’énormités j’ai pris le temps de vous répondre. Mais ne suis pas, hélas, du niveau que vous supposez aux commentateurs de ce blog. Vous ne m’en tiendrez pas trop rigueur, j’espère.

    jducac dit :
    20 juin 2009 à 10:52

    20/06
    @Rumbo et aux autres

    « C’est par le capitalisme que nos lointains ancêtres se sont engagés sur la voie de l’humanité. »

    Un petit travail de definition d’abord :

    « Le capitalisme est le régime économique et juridique d’une société dans laquelle les moyens de production n’appartiennent pas à ceux qui les mettent en oeuvre.

    Le capitalisme est fondé sur :

    * l’entreprise privée (il peut exister un capitalisme d’Etat) ;
    * la liberté des échanges ;
    * la recherche de profit considéré comme une contrepartie au risque encouru ;
    * l’accumulation du capital.

    Dans la pratique chacune de ces caractéristiques peut être plus ou moins accentuée, donnant à la notion de capitalisme une grande diversité des formes. » http://www.toupie.org/Dictionnaire/Capitalisme.htm (très bon petit site, au passage)

    « Définition d’ humanité :

    Etymologie : du latin humanitas, nature humaine, culture, lui-même dérivé de homo, homme.

    L’espèce humaine

    L’humanité est l’ensemble de l’espèce des Homo sapiens, définie de manière descriptive à partir de ses caractéristiques telles la station debout, la locomotion bipède, le langage, la structure de la main, etc.
    La nature humaine

    Par extension et de manière plus abstraite, désigne l’ensemble des caractères communs à tous les hommes, quelles que soient leurs différences, culturelles, ethniques, religieuses, philosophiques, sexuelles…

    L’attitude humaine

    Avec un sens de prescription morale ou comportementale, l’humanité sert à qualifier une attitude de bonté, d’altruisme, de bienveillance envers les autres et qui respecte l’homme dans ce qu’il a d’humain.
    Exemple : Traiter un prisonnier avec humanité.

    Confucius (551-479 av J.-C.), avec le jen, a introduit la vertu d’humanité et de dignité de l’homme en tant que sens de l’humain et de la sagesse ». http://www.toupie.org/Dictionnaire/Humanite.htm

    (Pas besoin d’aller chercher très loin pour que ça branle dans le manche de votre réduction, quand même…)

    J’aurais envie de dire gloubiboulga mais comme nous ne partageons certainement pas les mêmes références (c’est même tout à fait sûr) je vais faire trans-générationnel. Cela ne veut rien dire du tout. Si vous entendez réduire l’humanité au capitalisme. Comment réduire ce concept à un quelconque modèle économique ? N’y-a-t-il donc jamais eu d’humanité hors du « capitalisme » ? Soyons sérieux.

    « Les premiers qui ont travaillé plus que les autres en cueillant plus de graines que ce dont ils avaient besoin pour se nourrir dans l’immédiat, ont fait le premier pas. D’eux-mêmes ils avaient décidés d’assurer leur protection sociale au cas où ils en auraient besoin. »

    Vous semblez ensuite réduire « capitalisme » à « protection sociale » ? C’est « humanité » ou « protection sociale » ? Faudrait savoir. Ca fait aspirateur et ramasse-miette aussi ?!

    Rappelez-moi qui est à l’origine de la protection sociale en France pour aller au plus simple. Entre qui et qui s’est établi ce compromis au sortir de la seconde guerre mondiale ? Et comment ne pas vous renvoyer ces rengaines que l’on nous sert encore maintenant : « mais les congés payés c’est la ruine des entrepreneurs » et autres fadaises sur les fuites de nos précieux « capitalistes, traders et autres exilés fiscaux » ?

    Rappelez-moi la durée légale du travail et l’age légal minimum de celui-ci ? (qu’on parle d’ailleurs en ce moment même de remettre en question) Et par qui ils ont été obtenus ? Les droits sociaux ont été obtenus contre les « capitalistes » et autres « rentiers ». Et avant contre la noblesse. Sont-ce là les maîtres qu’il nous faut respecter ? Est-ce le « respect » qui a conduit à leur arracher ces miettes de redistribution qu’on appelle « protection sociale » ? Je crois bien qu’avec des poses comme ça nous serions toujours des serfs attachés à leur terre.

    « Probablement plusieurs générations plus tard leurs descendants, au lieu de consommer toutes leurs réserves (tout leur capital) ont décidé de travailler plus encore pour mieux tirer profit de leurs avoirs en plantant leur graines, devenues semences, là où le terrain leur apparaissait le plus fertile. Ils ont à leur tour fait progresser la race humaine. Ceux de nos ancêtres qui en travaillant plus encore que les autres se sont donné la peine de domestiquer et d’harnacher des animaux de trait ont fait…etc…etc… »

    Un conseil, laissez tomber la fable.

    « On sait que ces mutations successives ne se sont pas opérées que sous des régimes de stricte liberté, égalité, fraternité, bien au contraire et on doit le regretter. Pourtant l’homme a progressé. Puis, avec l’exploitation des matières premières non renouvelables principalement, les métaux et les énergies fossiles, les hommes ont fait en moins de deux siècles un parcours encore plus époustouflant. »

    Et alors pas de métal avant le XVIIIe siècle alors ? Et ce parcours est dû selon vous au capitalisme ? Et ce sont les mêmes qui sont entreprenants de pères en fils c’est ça, depuis quand ? Néandertal ? Les premiers chasseurs–cueilleurs ?

    Mais cette élite là, Monsieur, est quand même bien en droit de régir les destinées de l’humanité ! Je ne vous le fais pas dire M’âme Michu.

    « Aujourd’hui, tout semble se détraquer. »

    C’est vrai que c’était quand même mieux avant, mon pov’ monsieur. Laissez-moi me remettre de la puissance de vos « arguments » !

    « La richesse, (les avoirs, le capital) initialement mesurée en graines a été comptée en diverses autres unités jusqu’à ne plus être représentée, aujourd’hui, que sous la forme immatérielle de bits qui s’échangent en tous sens sur la planète à la vitesse de la lumière. »

    Et c’est la dématérialisation ou l’abandon de « l’étalon graine » qui vous gène ? La vitesse de la lumière peut-être ? Ben et ce progrès colossal dont vous nous abreuviez il ya deux lignes ? Celui-ci faut pas le garder ? L’autre si ? Les chemins de fer, la vapeur oui, mais l’informatique, non ? Faudrait savoir. A moins que vous ne soyez un tantinet nostalgique peut-être ?

    « Or la richesse, surtout quand elle n’est pas colossale, représente pour beaucoup le résultat d’un réel et parfois laborieux travail mis en réserve provisoire, au même titre que les graines de nos lointains ancêtres. »

    Je ne vois pas le rapport entre le paragraphe précédent et cette vérité tellement générale ? Les graines c’est pour faire joli ? Et de votre vérité générale sur la difficulté à gagner 3 clopinettes ( mais pourquoi ?) on doit en déduire quoi ? Et en quoi cela doit-il être opposé (« or » dites-vous) à la «dématérialisation précédente ? Soyez cohérent ou plus explicite !.

    « C’est entre autres à ceux-là que pense notre président lorsqu’il dit devant le BIT « il est chimérique et irresponsable de croire que les peuples subiront sans rien dire les conséquences de la crise » d’où la nécessité de sauver les banques. »

    Vous avez bien de la chance de savoir ce que pense celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. (Je suis pas sûr que ses paroles soient les mieux à même de nous éclairer là-dessus ! A cet égard (merci à notre Béber le cancre pour la référence) :

    http://vazimonga.over-blog.com/article-32209992.html

    « Moi, c’est à ma Maman de 95 ans que je pense, elle qui m’a appris à glaner et qui a peut être croisé un certain Joli-Papa. Cf. Les Glaneurs 17 juin 2009 à 14:53 »

    Naaaaaaan z’êtes dur là vous allez me tirer une larme. Moi je ne pense pas du tout à ma pauvre vieille maman. (Je suis punk je vous l’ai dit) Quant à joli papa pas besoin d’aller lui supposer un age canonique c’est un vert gaillard de 65 ans – à peu de chose près – comme quoi pour certains la valeur n’attend pas le nombre des années, hein, jducac !

    « Elle n’a pas appris qu’à glaner à ces enfants, elle leur a aussi appris à respecter leurs ancêtres comme cela se fait depuis l’éternité dans pratiquement toutes les civilisations, je crois. »

    Aucun critère a priori pour moi dans l’attribution du respect. Cela se mérite c’est tout. (Voilà une formule qui devrait vous complaire, non ? Slogan électoral…) Un vieux qui raconterait n’importe quoi resterait un vieux qui raconte n’importe quoi. Et ce n’est pas le nombre d’années qu’il pourrait empiler qui y changera grand chose. En revanche je suis tout à fait prêt à faire attention à lui, à le ménager, à lui payer sa retraite – vous savez la protection sociale et la solidarité inter-générationnelle – et à faire en sorte qu’après une dure vie de labeur et de triste condition humaine il puisse jouir de ses dernières années au mieux. Le respect auquel vous faites référence n’a rien à voir avec le raisonnement. Et malgré mon affection et mon « respect », quand il a tort, il a tort. Pas d’argument d’autorité pour moi. Mais vous semblez être attaché à cette notion « d’autorité » que vous semblez bien mal comprendre, on y reviendra et à joli papa, aussi.

    « Elle qui a travaillé dès l’âge de 12 ans a aussi appris la morale à ses enfants afin de leur léguer ce qu’il y a de plus précieux dans un héritage, les valeurs morales. »

    Mon grand père maternel aussi a travaillé à partir de 13 ans dans la chaussure, à Fougères. Ce n’est pas ça qui l’a rendu expert sur les questions morales et éthiques. Vous semblez penser que l’on acquiert cette capacité morale par le travail ? Ou que c’est la condition de travailleur qui rend moral ? Je ne vous suis pas bien là… Et quelles valeurs morales ? Celle de soumission volontaire à cette condition misérable ? Ce respect pour les anciens et les maitre que vous défendez ? Gloubiboulga encore.

    « Quand l’homme oublie (ou méprise son passé) il ne peut assurer son avenir » a dit quelqu’un à peu près en ces termes.

    Grande vérité générale encore, que l’on ne saurait contredire sans se tortiller un peu. Admettons. Mais… Juste une chose vous assimilez « passé » à « histoire » ou à « vieux » ? Parce que ce n’est pas la même chose quand même.

    « C’est ce qui est arrivé à notre civilisation depuis 68. Cela explique l’impasse dans laquelle elle se trouve. »

    Et alors par un procédé rhétorique un peu éculé vous comptez glisser de la proposition d’avant à celle-là ? Faut que je le concède par respect pour votre grand age là ?

    Ceci dit : je ne savais pas que 68 avait eu des répercutions civilisationnelles. Merci de me mettre au courant. Je pensais plutôt qu’en France ça avait gravement foiré, en fait. Dès que tous les gaillards dans votre genre étaient « allés voter pour l’ordre et la sécurité ».

    « C’est pourquoi j’espère beaucoup en une morale de civilisation évoquée par notre président. »

    Comme on dit les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Et par « morale de civilisation » (gloubiboulga) vous entendez quoi ? La morale chrétienne sans doute ? « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front « ? « Toujours tu vénéreras tes Maîtres » ?!

    [ Entre nous c’est « votre » président pas le mien ! 😉 ]

    « Quand les slogans (je n’ose dire les mots d’ordre) étaient « Il est interdit d’interdire » « CRS-SS » « Jouissons sans entrave » pouvait-on espérer autre chose que ce qui nous arrive ? Leur ravage continue et il sera difficile d’y remédier. »

    Est-ce que cela vaut la peine d’argumenter ? Vous appelez cela arguments d’ailleurs ? Ne restez pas sur des images d’Epinal comme ça ce n’est pas fortifiant pour le cerveau. Que nombre de CRS puissent se conduire comme de gros fachos ça n‘étonnera que vous. Mais vous semblez un fan de l’ordre, vous aussi, et de la soumission à « l’autorité »… Vous seriez pas un tantinet « légaliste » ? Vous savez à une époque pas si lointaine le gouvernement les traitait de terroristes ceux que l’on célèbre maintenant…

    jducac dit :
    20 juin 2009 à 16:43

    @ François Leclerc

    « Il peut arriver à tout le monde de fantasmer… par mégarde. Relisez-bien ci-dessus, je n’ai pas parlé de fils de riches. Mais là n’est pas le problème, ce slogan « CRS-SS » tout comme « Il est interdit d’interdire » n’étaient pas bons pour notre civilisation, à moins qu’on démontre le contraire. »

    Vous semblez prêter beaucoup de pouvoir à ces slogans. C’est quoi ? De la magie noire ? Il suffit de les écrire sur les murs pour que notre « civilisation » – Civilisation comme vous y allez ! Mettons, notre « société », plutôt, non ? Et puis notre « société »… Comme vous y allez ! Mettons « votre petit monde bien ordonné de soumission inconditionnelle à l’autorité » plutôt, non ? – pour que « votre petit monde de soumission inconditionnelle à l’autorité », donc, vacille. (Tant mieux !)

    Mais : vous étiez CRS vous même ? C’est faire beaucoup de cas de ce genre de blagues un peu « bouffonnes », non ? On disait de « potache » à une certaine époque. Tenez sur le mur des toilettes il y a écrit : « Pour cause de mouvement social demain a été annulé » vous croyez que c’est grave ? Est-ce qu’il faut faire intervenir la 117e aéroportée ?

    CRS-SS : quand on porte un uniforme et qu’on obéit bêtement à des ordres donnés par un gouvernement réactionnaire il faut s’attendre à subir les foudres de la jeunesse et de ses armes face aux matraques : l’humour et le ridicule. Je crois que cela ne va guère plus loin. Depuis le temps qu’on crie « X… Y… Z… t’es foutu, le peuple est dans la rue ! » on devrait être débarrassés maintenant.

    On repassera pour la performativité des slogans grévistes.

    « Ils ont à mon avis directement conduit à l’affaiblissement de l’autorité qui, quoi qu’on puisse dire, est utile, même en démocratie. »

    C’est une spécialité rhétorique chez vous ça : la vérité éternelle et derrière paf ! le poncif qu’on avale avec. Sauf que là, sournois que vous êtes, vous faites l’inverse – pour noyer le poisson ? – et affirmer que l’autorité est utile c’est une évidence, un poncif, mais lier l’évolution des « formes » de l’autorité à sa disparition montre que vous n’y connaissez rien.

    Et allez hop ! Une petite définition :

    “Autorité, nom féminin
    Sens 1 Droit ou pouvoir de commander, de se faire obéir. Anglais authority
    Sens 2 Crédit, influence grâce à laquelle on se fait obéir, ascendant. Anglais authority
    Sens 3 Personne, oeuvre, opinion qui servent de référence, auxquels on reconnaît une valeur certaine. »

    http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/autorite/

    Je n’ai pas entendu parler de la disparition de l’Etat après 68 vous si ? (sens 1) De l’armée, de la police ? Du monopole de la violence légitime ? Ne prenez pas vos fantasmes pour des réalités.

    Le second sens semble mieux convenir à votre représentation de la famille. Notez que la notion de « crédit » quand elle n’est pas dévoyée par la finance, fait intervenir la confiance, le contrat. Qu’on soit passé de l’image de pater familias qui n’est qu’une des formes possibles de l’autorité (sur le modèle de Dieu Le Père, du Roi aussi… Marrant ça.) à une autre forme de régulation des rapports familiaux vous étouffe ? Et alors ?! Dans les formes de l’autorité il y a aussi : l’expert (compétence, mais je vous le concède l’argument « d’autorité » quand elle est pleinement légitime du point de vue intellectuel), l’arbitre (institution : quand vous jouez au foot vous jouez selon les règles et l’arbitre est seul juge), le contrat, enfin, qui ne s’établit que d’égal à égal. Pour ma part, je préfère évoluer dans ce modèle que sous la férule d’un Dieu tout puissant (même vieux)

    « C’est aussi à l’autorité parentale, élément de base des civilisations, qu’ils ont porté un coup fatal. La société n’arrive pas à s’en relever. »

    J’ai un peu anticipé sur cette phrase. Aussi vais-je continuer sur joli-papa, comme promis.

    Il est très nostalgique joli-papa depuis qu’il a constaté que l’autorité du pater familias qu’il représentait s’était étiolée. Ses fils sont grands. Peu enclins au conflit. Alors ils le laissent parler – retiennent ce qu’il y a à retenir – et font comme ils l’entendent . Ce qui est bien normal.

    Mais quand on est sous son toit… Attention quand même ! (Surtout les petits enfants, maintenant. Et les animaux. C’est comme si le cercle de l’autorité réelle avait changé de centre de gravité. Et ça, joli-papa, il aime pas trop. Alors il l’exerce sur ceux qui ne lui échappent pas encore…) C’est donc avec l’oeil humide qu’il nous tenait à peu près le même discours que vous, sur le bon vieux temps où, quand Le Père refermait son couteau tout le monde avait fini de manger et pis c’est tout. Ah bon ? Mais c’est un peu court vieil homme ! Vous ne trouvez pas ? Moi si. Et pourtant je ne passe pas pour un laxiste avec les mouflets. Mais mon autorité est fondée sur la légitimité de mes requêtes et leur bien fondé, pas sur de vulgaires principes miltaro-religieux ( le couvent et la caserne !)

    « Car ces slogans mères ont eu des filles et des fils. « Nique ta mère » « Nique la police » tagués à tous bouts de champs et criés sur de nombreux les raps sont leurs héritiers à la première ou seconde génération. J’ai beau chercher ; je ne vois pas la marque de respect dans ces locutions. »

    Vous ne voudriez pas, à la différence de TF1, faire un peu l’analyse des raisons de cette révolte – que décidément vous semblez à mille lieues de pouvoir seulement concevoir – et de ce qui s’exprime là plutôt que de flatter de bas instincts par vos allusions à « première ou deuxième génération » un peu trop marquées à mon goût. Mais c’est bien ciblé : le rap, les banlieues, les jeunes… « de première ou seconde génération » ? Interrogez-vous plutôt sur la réalité économique et sociale de ces quartiers de relégation et sur le système qui génère cette misère. Ca nous changera de la propagande gouvernementale et de ses kärcher.

    « Pire encore, l’interdit d’interdire a conduit à rendre le système éducatif inefficace. Extrêmement moins efficace que ce qu’elle était avant 68 alors qu’on y consacrait beaucoup moins de moyens. »

    Ah oui et quand on séparait en filières et en ordres scolaires cloisonnés c’est ça ? Ecole du peuple (Primaire supérieur) contre Lycée (dès le primaire 11e, 10e,…) et 1 à 3% au baccalauréat. C’est ça votre Ecole efficace ? Ne parlez pas de ce qui vous est étranger ou alors documentez–vous avant de nous sortir la rengaine de l’Ecole de papa. (Je vous conseille Antoine Prost, Education, Politiques et société.)

    « Pourquoi ? C’est très simple.
    Du temps de mes grands parents maternels, petits paysans avec dix enfants, la morale été enseignée à table durant les repas par le chef de famille. Il disait ce qui était bien et ce qui était mal, sans référence religieuse, et pratiquement sans commentaire. »

    Bienheureux chef de famille qui tel Moïse récitant les tables de la loi… Naaaan mais vous rigolez, en fait. C’est une méga blague ? Vous êtes un sacré luron quand même. « Et sans commentaires » cela doit nous rassurer sur le modèle de démocratie que vous préconisez ou quoi ? Bien avisé chef de famille qui, comme la mère a appris la morale en travaillant depuis l’age de 12 ans, la reçoit lui en même temps que lui vient son premier né, c’est ça ? Ou un mixte de travail à 12 ans et de génitalité ? Ou alors parce que le pauvre soumis n’a que sa femme, ses enfants et son chien pour exercer une autorité qui lui est déniée partout ailleurs ?

    Je commence à me demander pourquoi je vous réponds. (Notez que je ne suis pas vif, quand même.) Avant de voter pour Celui-qui-ne-doit-pas-être-nommé vous aviez encore de la marge à droite ?

    « En fait c’était simple : ce qui était mal était interdit, ce qui était bien était obligé. »

    Et sinon tremblez mortels ! Bienheureux encore celui qui sait le Bien et le Mal…

    « Les mères, le reste du temps, surveillaient les comportements et intervenaient en correction si nécessaire avec recours possible au chef de famille. Il était recommandé de ne pas en arriver là. »

    Et sinon ? La férule ? Le martinet ? Le fouet ? Le ceinturon ? Magnifiques préceptes éducatifs. Degré zéro de la réflexion. Remarquez la chienne aussi mord ses chiots. (Mais vous allez sûrement penser que j’ai manqué de coups de pieds au cul ? Je vous laisse deviner)

    « A 12 ans ma mère avait achevé l’acquisition de ses savoirs et de ses fondements moraux fondamentaux. »

    Je crois que même Socrate a mis un peu plus de temps. Jésus peut-être, alors. Mais faut admettre que c’est vachement plus simple quand la Vérité est révélée par Dieu le Père en personne armé de son ceinturon à clous.

    « Elle se perfectionna dans d’autres familles où elle exerça comme servante puis se maria. Mon père dans une famille 7 enfants connu le même cursus. »

    Elle a perfectionné quoi au juste ? Sa morale servile ? (Je ne vise pas votre maman, ni sa condition, mais votre raisonnement spécieux)

    « Mes frères et moi avons bénéficié du même régime mais amélioré (nous n’étions que trois). Cela ne nous a nullement traumatisés ; nos vies me semblent avoir été réussies jusqu’alors. Nos enseignants ont toujours bénéficié de notre respect. Ils n’ont pas eu à galérer pour commencer leurs cours et à faire autre chose qu’enseigner des savoirs. Il est vrai également, qu’hormis dans les petites classe, le vouvoiement était de rigueur. »

    Ah, mais le voilà… Le voilà !

    Le voilà donc ce « tu » qui de notre société a détruit l’harmonie, il en rougit le traître !

    Figurez-vous (Figure-toi cousin !) que moi aussi j’ai toujours vouvoyé mes enseignants et que je ne crois pas qu’il soit un seul établissement scolaire de l’Education Nationale où les enseignants ne soient pas vouvoyés. (En tout cas pas ceux dans lesquels j’ai travaillé) Hormis… les petites classes (on dit « le primaire » ou « la maternelle » si vous avez oublié)

    « Somme toute, pour être vertueux, ça n’était pas la mer à boire. »

    J’ai le droit de rigoler là ? C’est marrant j’étais persuadé que cela faisait 2500 ans que l’on galérait pour parvenir ne serait-ce qu’à une définition qui tienne la route ? On m’aurait menti ? Ou alors vous confondez encore morale et soumission. C’est triste.

    « Il suffisait de respecter ses anciens et ses maîtres. »

    J’avais l’intention de commenter aussi votre troisième forfait mais cette fin là est trop bonne pour embrayer sur autre chose. Tellement définitif qu’il n’y a rien à ajouter. Je laisse les commentateurs avisés de ce blog savourer tout le sel de cet aveu final.

    Et bonjour chez vous.

  9. 2Casa dit :
    20 juin 2009 à 22:59

    Je tâcherai de revenir et lire plus tranquillement ton long message.

    Je crois qu’il faut intérioriser soi-même le « non » du père, qui est certainement la version du Nom du Père.

    J’ai vécu mai 68 et j’ai trouvé ça une belle rigolade.

    L’été suivant j’allais écouter, « extasié », Fidel Castro le 26 juillet. Très peu d’années après je tournai définitivement le dos à ce type de régime et d’expérience. J’avais déjà tourné le dos définitivement auparavant à l’ « autre » régime en vigueur à 180 kms au Nord de la Havanne. Mais, outre Cuba, j’acqueris d’excellentes relations avec les Latinos Américains, j’avais déjà été attiré par leurs musiques (y compris la milonga) dès mon enfance.

  10. @ Alexis et Rumbo

    Merci de votre attention.

    Rumbo :

    Qu’entendez-vous par intérioriser le « non du père » ? (Je ne suis pas un spécialiste de la psychanalyse, ni de rien, d’ailleurs)

  11. @François Leclerc 20 juin 2009 à 17:39
    Que ma description soit incomplète, j’en conviens, notamment sur les aspects que vous évoquez. Mais il n’y a rien qui empêche de retenir ce qui était bon dans le passé. Tout n’était pas mauvais bien au contraire. L’enseignement, puisque qu’un de vos proches y exerçait, a fait des merveilles. J’ai un peu connaissance du sujet puisque 3 de mes proches en ont fait leur profession. Deux en France, dont un dans le primaire (quartier difficile) retraité depuis 20 ans, et un au lycée (quartier difficile) retraité depuis un an. L’autre exerce encore dans un lycée aux USA.
    Lors des repas de famille, le sujet de l’enseignement est souvent abordé étant donné les problèmes qui s’y posent. Pour ce qui est de la discipline il n’y aurait en général pas de problème aux USA. C’est loin d’être le cas en France depuis la fin des années 70 et cela s’amplifie chaque année. La personne retraitée depuis 20 ans était enthousiaste dans sa jeunesse, mais elle a terminé sa carrière épuisée, heureuse d’en finir. Idem pour le prof de collège qui n’a pris sa retraite que depuis un an. Bien évidemment, les résultats scolaires ne peuvent pas être à la hauteur de ce qu’ils étaient du temps de votre grand’mère, bien qu’ à la campagne, il y avait souvent une classe unique (j’ai connu cela en tant qu’élève durant la guerre)
    Le niveau a baissé, les élèves d’aujourd’hui apprennent à lire avec 2 ans de retard et leur niveau en français en fin de lycée et même jusqu’en sortie du supérieur est bien inférieur à ce qu’il était il y a 40 ou 50 ans. A mon avis les enseignants ne sont pas en cause. Il y a probablement une question de méthode mais c’est surtout la discipline qui pose problème depuis une trentaine d’années. On peut logiquement penser que le « Il est interdit d’interdire » y est pour beaucoup. Il y a un défaut d’éducation dès le plus jeune âge qui incombe certainement à la famille plus qu’aux enseignants

    @ 2Casa
    Non, je ne vous en tiens pas rigueur, je dirais même que votre réponse m’a touché pour deux raisons.
    1-D’abord elle vous a demandé un gros travail (qui doit toujours être respecté)
    2-Ensuite sa tonalité me laisse penser que vous étiez en rage, si j’avais été près de vous, vous m’auriez volé dans les plumes. Vous n’avez pas passé un bon moment, même si ça vous a défoulé. C’est bien regrettable de se mettre dans un tel état, même si l’on dit qu’il faut se battre (au figuré) pour ses idées.
    Sur l’ensemble des sujets que vous traitez, je suis pratiquement certain qu’il y en a au moins un sur lequel, à condition de nous expliquer pour mieux nous comprendre, nous aurions pu nous mettre d’accord. Cela nous aurait rapprochés et aurait contribué à une consolidation mutuelle de nos arguments sur les autres sujets.

    J’ai même pensé que ce sujet d’accord aurait pu porter sur l’effet très néfaste du « Il est interdit d’interdire » cité ci-dessus, quand j’ai réentendu un rap que j’apprécie beaucoup. Il s’agit de « Je ne crois plus en l’illicite » du rappeur Kéry James.
    Oui, malgré mon âge, qui ne m’y destine pas et en dépit de ce que vous semblez penser à mon sujet quand vous dites « Mais c’est bien ciblé : le rap, les banlieues, les jeunes… », je m’intéresse aussi un peu au rap.
    Les paroles sont là : http://www.rap2k.com/paroles-rap-12173-je-ne-crois-plus-en-l-illicite.html

  12. @ jducac

    Ne présumons pas des états de conscience de l’interlocuteur, si vous le voulez bien.

    Désolé, j’argumente et ne rejette pas a priori les arguments des autres. Jusqu’à preuve du contraire, je maintiens ma vision des choses.
    Vu le niveau des intervenants sur ce blog, s’il n’y a pas de contrarguments ce me semble être une preuve de la solidité des miens.

    Mais alors c’est parce que je n’ai pas « le niveau des commentateurs de ce blog » que vous passez à l’analyse de mes « humeurs » ? Rhétorique quand tu nous tiens ! Captatio benevolentiae, arguments ad hominem et focalisation sur un point de détail… Il nous manque la grande vérité générale là, non ?

    Vous me répondrez sans doute que « ce n’est pas au vieux singe… »

    Une dernière chose : franchement le hip hop, je suis pas fan.
    Je suis punk, je vous l’ai dit : http://www.youtube.com/watch?v=mMFVWgqfO9Q&feature=related :o)

  13. @iGor milhit 21 juin 2009 à 22:56
    Merci pour Ekoué, vous avez fait le bon choix pour rester dans 68. Le décodage est évident, il faut entendre les messages. On voit où CRS-SS a pu conduire. Plusieurs générations plus tard, les effets se font encore sentir de manière douloureuse, surtout dans les secteurs les plus fragiles comme toujours.

    @2Casa 22 juin 2009 à 01:38
    Je crois que vous n’avez pas ressenti en quoi ma réponse à celui qui m’avait décoché une volée de bois vert, était un geste de conciliation, pour ne pas dire plus. Quand, même ce qui vient du coeur est rejeté, il est difficile de poursuivre.
    Merci néanmoins pour les béruriers noirs. Je vais rechercher le texte car mes vieilles oreilles sélectionnent mal les paroles surtout si la musique écrase tout. Je n’ai pourtant pas, quand j’étais jeune, matraqué mais oreilles comme c’est l’usage maintenant. Qu’en sera-t-il plus tard pour tous ceux qui abusent actuellement?
    Enfin, je vous livre le texte d’un punk relevé sur le forum du site que vous m’avez indiqué:

    yoyogi01 (il y a 2 mois) je vais me répéter mais
    Pq toujours critiquer…
    les gotiques ne sont pas tous maso
    les punks ne sont pas tous des nazis
    les politiciens ne sont pas tous mauvais (euh quoi que 😉
    les vieux ne sont pas tous cons
    les cathos ne sont pas tous + catho que le pape
    les musulmans ne sont pas tous extrémistes
    les groupes de rock ne sont pas tous bons
    les jeunes ne sont pas tous des ‘gamins de m…’

    vive tout le monde … dans le respect
    amitiés à ceux qui comprennent ca

    J’espère que vous ne le rejetez pas et que vous appréciez comme moi les valeurs morales qu’il porte. C’est fou ce qu’on peut aller loin quand on n’a pas d’a priori. Pour cela il faut faire un effort sur soi et s’obliger à se remettre en cause tant qu’on n’a pas entendu et compris le message de l’autre. Il est souvent plus profond que les clichés simplificateurs auxquels notre pulsion de défense nous renvoie si l’on prend tout ce qui vient de l’autre comme une attaque. Tout ça c’est du travail, du travail sur soi qui permet de s’enrichir… Ah! les riches….

  14. @jducac

    Il me semble encore une fois que vous vous méprenez. Vous avancez un discours et des « arguments » prétendant ensuite que, s’il n’y a pas contradiction par les esprits puissants de ce blog, vous les considérez comme validés. Je vous contredis – sans prétendre une seconde appartenir à ces « commentateurs avisés » – et vous analysez mon attitude comme « colère ». Je me relis et, franchement, par rapport à ce à quoi je suis accoutumé, cela me semble au pire : un peu « vif » au mieux « méthodique ».

    Je ne rejette en aucune manière votre volonté de conciliation ou de modération du propos. Ce, même si je pense n’avoir mis en cause que votre discours pétri de contre-vérités, de raccourcis et d’amalgames réducteurs qui ne sont aucunement pour moi des arguments. Il est parfois douloureux d’être contredit, cela ne vise pourtant pas votre personne mais vos commentaires, soyez-en assuré.

    Sur ce, je ne peux donc que considérer la discussion comme close et vos « arguments » réfutés – vous aviez quand même de vastes boulevards pour poursuivre. Je l’ai déjà dit, je ne suis sans doute pas de ces commentateurs à même de vous amener à « aller loin quand on n’a pas d’a priori » ou à « faire un effort sur soi et s’obliger à se remettre en cause ». Dont acte.

    (Faut vraiment que je travaille la com’, moi.)

    No Future ! :o)

  15. @ tout le monde

    je n’ai pas le courage de lire tout le monde…. le « trop » est-il l’ennemi du bien?

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