L’actualité de la crise : L’été sera chaud et orageux, par François Leclerc

Billet invité.

L’ETE SERA CHAUD ET ORAGEUX

« Inquiétudes à propos de risques systémiques dans le secteur des CMBS », c’est sous ce titre un peu elliptique que le Financial Times vient de publier, le 22 juin, un important article d’Aline van Duyn. Car elle vient de rompre le silence qui régnait jusqu’alors sur la forte épineuse question de la poursuite de la crise du marché de la dette hypothécaire, abordée confidentiellement par certains blogs pointus (dont celui-ci). Cette question est désormais évoquée dans des colonnes qui font autorité, devant le danger de la rechute en grand de la crise financière qui pourrait en résulter.

Les Commercial Mortgage-Backed Securities (CMBS) sont des instruments financiers qui résultent de la titrisation de crédits hypothécaires, dans le secteur commercial (bureaux, shopping malls, etc…). Ce sont les cousins des RMBS (Residential Mortgage-Backed Securities) qui ont déjà fait tant parler d’eux, pour avoir été le détonateur de la crise financière en cours. Catégorie à laquelle appartiennent les Asset-Backed Securities (ABS), adossés aux crédits immobiliers dits « subprimes », et les Mortgage-Backed Securities (MBS), adossés aux crédits « prime » (caractérisant un risque de défaut inférieur).

Par pans successifs, c’est l’ensemble de cet édifice financier qui menace de vaciller, après que son secteur le plus exposé a déjà failli. Or, le marché des prêts immobiliers dans le secteur commercial représente quelque 3.400 milliards de dollars, dont environ un quart aurait fait l’objet d’opérations de titrisation, une proportion nettement plus faible que dans le secteur des « subprimes », mais qui pourrait néanmoins avoir également des conséquences dévastatrices. Les refinancements qui devraient d’urgence intervenir sont gelés par la crise, et c’est tout le problème. Seule la renaissance du marché des CMBS pourrait y faire face, dans la situation actuelle et vu les montants en jeu, ce à quoi la Fed devrait activement s’employer dès juillet, déjà en retard sur son calendrier de travail. En lançant son programme financier, d’un montant de 1.000 milliards de dollars, dénommé TALF (Term Asset-Backed-Securities Loan Facility), afin de suppléer sur le marché des prêts hypothécaires aux déficiences du système financier et à la paralysie de la titrisation.

Mais le compte à rebours continue, et la situation devient de plus en plus tendue, avec à la clé des conséquences potentielles désastreuses pour les institutions financières (banques et compagnies d’assurance-vie), qui seraient incapables de faire face à la hausse importante et prévisible du taux de défaut. Devant supporter à nouveau de gigantesques pertes, faute d’avoir en elles mêmes les moyens de refinancement nécessaires, car leur part de ce marché est estimé à 60% de ce gigantesque montant global et nul ne sait dans quelle proportion le taux de défaut pourrait augmenter. Une situation qui, si peu de temps après la tenue des stress tests, témoigne du peu de sérieux de ceux-ci, s’il était encore besoin de le démontrer.

Il y a là un incontestable côté heure de vérité pour le TALF, et dans le mois qui vient. Son succès n’est en effet pas garanti d’avance. D’autant que la Fed risque fort de se retrouver dans l’obligation d’assouplir les conditions qu’elle a mise à son financement, exigeant que les CMBS soient notés AAA pour intervenir, alors que les agences de notation ont annoncé qu’elles envisageaient de procéder à des rétrogradations de leurs notes. Et que les taux des actuels CMBS ont de leur côté grimpé, rendant le montage des opérations de refinancement plus difficiles.

Un autre plan, présenté en son temps par le Trésor comme miraculeux, a été stoppé sine die, sans que son abandon soit pour autant annoncé. Il s’agit du partenariat public-privé (PPIP), destiné à soulager les banques de leurs actifs toxiques. Son banc d’essai, mené sous les auspices de la FDIC, a lamentablement échoué, compromettant la suite des opérations. Le bricolage qui a débuté sous les auspices de l’administration précédente se poursuit donc, il n’est pas exclu que le TALF ne s’ajoute pas à la liste des éléments défectueux de cette boîte de Mécano d’un autre âge.

Car la philosophie du plan de la Fed n’est rien de moins que de recommencer comme avant, en finançant par l’achat de nouveaux CMBS les nouveaux prêts renégociés, telle la reproduction d’une mécanique qui a failli mais dont il est recherché la relance. Soit par aveuglement, soit faute d’en disposer d’une autre.

L’Europe, rappelle enfin et à juste titre l’article du FT, n’est pas à l’abri de la menace que représente les CMBS, ayant sacrifié aux mêmes démons et émis des titres de même nature. Même si leur maturité ne sera effective que progressivement, dans les deux à quatre années à venir, étalant la pression exercée sur le système financier dans le temps, sans que l’on sache s’il sera capable de la supporter en procédant aux refinancements nécessaires, n’ayant pas en Europe le bénéfice du soutien d’une Fed, qui n’a jusqu’à maintenant reculé devant rien.

http://www.ft.com/cms/s/0/7a415fae-5f60-11de-93d1-00144feabdc0.html

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50 réflexions sur « L’actualité de la crise : L’été sera chaud et orageux, par François Leclerc »

  1. sur la fiscalité, étant donné l’allure et de l’esprit des “réformes”, nous en serons bientôt revenu à des prélèvements néoféodaux peu ou prou équivallents à la taille, gabelle, corvée qui sévissaient sous l’ancien régime

  2. @ Cécile

    Au moins la corvée évitait d’avoir à payer l’impôt en monnaie, ce qui était finalement dans l’intérêt des plus pauvres : pour cette raison, une bonne partie du bas clergé était contre l’abolition de la corvée et l’imposition fiscale en monnaie.

  3. Serait-ce possible que l’horizon des évènements se rapproche aussi rapidement? L’extrait ci-dessous tenterait à démonter que le 30 septembre est un bon candidat pour un “global collapsus”…Sachant que l’année fiscale du gouvernement US se termine à cette date, donc que c’est ce jour-là que doivent être remboursés les T-bonds arrivés à échéance? (dites-moi si je me plante…)

    (…) while it’s easy to predict what is going to happen – that’s usually just a matter of logical deduction – it’s nearly impossible to predict when it’s going to happen.

    I have to admit that I’ve been awed by the acumen of the powers-that-be to keep levitated the corrupt system we have today. I guess when you own the world’s reserve currency, the world’s most powerful military and have a media empire in your back pocket you can do pretty amazing things, for a while anyway.

    Nevertheless, the other day I ran across an article titled, Bank Holiday Coming? Prepare?, that contained a quotation that left me sort of shaken. The quotation, attributed to Bob Chapman over at The International Forecaster, read,

    “Some US embassies worldwide are being advised to purchase massive amounts of local currencies; enough to last them a year. Some embassies are being sent enormous amounts of US cash to purchase currencies from those govts, quietly. But not £’s. Inside the State Dept there is a sense of sadness & foreboding that ‘something’ is about to happen, unknown re a date–just that within 180 days, but could be 120-150 days.”

    (…) I contacted Mr. Chapman, for whom I have great respect and trust, and he confirmed that the quotation cited above is his own and that he stands behind it, even a month after writing it.

    Extrait de
    http://daveeriqat.wordpress.com/2009/06/23/is-the-death-of-the-u-s-dollar-imminent/

  4. @ Vincent
    Un autre article allant dans le même sens,…. et envisageant même une fermeture temporaire des marchés US (le terme de bank holliday en ref. à F.D.Roosevelt y est également utilisé) avec dévaluation du dollar en même temps.
    Il semble selon le rédacteur que la source soit crédible car aurait prévu “le crash” de 2008.
    …. C’est fou le nombre de personnes/groupes qui avaient prédit la crise !!!
    Cet article est mentionné dans la revue de presse du LEAP GEAB.
    Je crois me souvenir que cette hypothèse avait été envisagée par le LEAP GEAB il y a quelques mois.
    Peut-on considérer que nous avons là trois sources différentes ???
    http://www.marketwatch.com/story/schultz-paints-bleak-picture-of-future

  5. Je pense, et j’espère, pouvoir faire un récit de l’expérience de Lignières qui eut lieu dans les années 50 ou 55. La commune libre de Lignières adossait sa “monnaie” sur le franc de l’époque. Toujours en appui sur du concret et du réel, une anti-thèse des fantasmes des créationistes, afin de démontrer la solidité de leur argumentaire sur la macro-économie rapportée à l’échelle d’un village comme le titrait un journal de l’époque : 50.000 francs font vivre tout un village !
    Expérience réalisé sous l’égide de l’oeuvre de Silvio Gesell, bien sûr.

  6. @ BA

    Oui, il faut lire l’article d’Olivier Bonnet.

    Il jette une certaine lumière sur la question de “l’omerta” dont il a beaucoup été question ici à propos du monde de la finance.
    Il me semble important de rapporter ces éléments d’enquête car si l’affaire devait être étouffée nous saurons alors à quoi nous en tenir concernant les déclarations du président quant à une nécessaire “refondation du capitalisme”.

    Le président lors de la conférence de presse a eu cette phrase lorsqu’on l’a interrogé sur la question de possibles
    rétro-commissions lors de la vente d’armes au Pakistan et dont aurait été bénéficiaire le “clan Balladur” :

    On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d’État n’existe plus.

    Comme pour dire : je n’ai rien à cacher.

    Olivier Bonnet dans son article en trois parties montre toute l’incohérence de la parole présidentielle en la circonstance puisque :

    1. Bercy fait toujours obtruction pour la communication de documents relatifs à l’affaire des frégates de Taiwan, or il se trouve que les sociétés luxembourgeoises — Heine et Eurolux — crées pour le versement des rétro-commissions jouèrent un rôle dans l’affaire des frégates.

    2. Le gouvernement s’apprête à faire passer deux lois, l’une étendant le domaine d’application de la sécurité intérieure, et l’autre celui du secret défense.

    3. Le gouvernement a l’intention de supprimer le juge d’instruction, ce qui accentuera le contrôle par l’exécutif des prérogatives d’enquête du pouvoir judiciaire.

  7. De l’eau au moulin de M. Finckh?

    Cité par ContreInfo le 19 juin : “Gesell redux : pour lutter contre la déflation, des économistes japonais préconisent l’instauration de taux négatifs, ce qui nécessiterait la suppression de la monnaie fiduciaire (Times + mini dossier)”

    http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=7084

  8. Pierre-Yves D.: “si l’affaire devait être étouffée nous saurons alors à quoi nous en tenir concernant les déclarations du président quant à une nécessaire “refondation du capitalisme”.”

    C’est dingue, vous avez encore des doutes? Il faut quoi pour qu’un dirigeant passe pour un menteur, qu’il l’avoue?

  9. Il faut vraiment que ce systeme meurt… trop de souffrance depuis plus d’un an… Une souffrance qui ne se voit pas, un cri d’agonie silencieux, avec la complicité désinformative des médias….
    on se dirige vers un 1789 a l’echelle planétaire, ou alors la moitié de la population mondiale sera sous prozac

  10. Si toutes ces informations se verifient (posts de CF et Vincent) et se propagent sur l’ensemble de la planete.
    Le dollar s’effondre ainsi que le systeme capitaliste.
    Une question a tout le monde.
    Quelle difference entre des obligarques en Dollars, en or ou en je ne sais quoi?
    Les joueurs resteront les memes et imposeront les memes regles feodales, seulement maintenant les seigneurs seront aussi les usuriers.
    Un monarque comme Philippe le Bel pouvait changer le systeme, personne ne peut y pretendre a ce jour, sommes nous donc dans une logique feodale et sans issues?

  11. Dévaluer lors d’un “bank holliday” une monnaie de réserve,….. bon courage !!
    J’ai du mal à croire que tout le monde serait logé à la même enseigne si cela devait arriver.

  12. Le Watergate français : un article très important paru dans Libération aujourd’hui :

    Dès le début de l’affaire, les cadres de la DCN (Direction des constructions navales) se montrent convaincus que l’attentat du 8 mai 2002 contre son personnel à Karachi résulte directement de ses engagements contractuels dans ce pays. C’est-à-dire un contrat signé le 21 septembre 1994 pour livrer et fabriquer trois sous-marins au Pakistan. Enjeu : 950 millions de dollars.

    C’est l’une des nombreuses révélations du dossier d’instruction dont Libération a pu prendre connaissance, et qui éclairent l’hypothèse d’un attentat lié à des différends autour de commissions versées en marge de la vente des sous-marins.

    L’avertissement de la DCN.

    Ainsi, le 2 septembre 2002, Philippe Japiot, patron de la branche internationale du groupe, écrit au juge Jean-Louis Bruguière pour que sa société se constitue partie civile. Argument avancé dans ce courrier de trois pages : « C’est à raison de l’exécution de ce contrat que les onze ingénieurs et techniciens ont été assassinés [dans l’explosion du bus, ndlr] dans des conditions particulièrement odieuses et que douze de leurs collègues ont été gravement blessés dans l’exercice de leur mission. » Et d’affirmer que la DCN « se trouvait directement visée par les faits de terrorisme ».

    Philippe Japiot termine sa lettre en soutenant : « C’est parce que DCN-International a conclu et mené à bien le contrat du 21 septembre 1994 que des personnels ont été pris pour cible. » A la lecture de cette correspondance, personne ne semble croire à l’hypothèse d’un attentat aveugle chez les responsables militaires français (la DCN, dont les avocats ont accès au dossier, est à cette époque une émanation directe du ministère français de la Défense, alors sous la tutelle de Michèle Alliot-Marie).

    Mieux, pour que le magistrat instructeur suive ce raisonnement, Philippe Japiot lui transmet un exemplaire – certes tronqué – du fameux contrat du 21 septembre 1994. Sur les 162 pages de cet accord, Jean-Louis Bruguière n’en reçoit que sept. Celles-ci comportent un sommaire général du contrat, où apparaît l’existence d’une clause numéro 47 consacrée aux paiements de commissions, précédée d’une clause secrète frappée du numéro 46. Jamais le juge d’instruction ne demandera une copie intégrale du contrat.

    Les confidences américaines.

    Pourtant, les premières investigations effectuées à Karachi auraient pu orienter le magistrat. Dès le 11 mai 2002, le procureur Michel Debacq, en charge du pôle antiterroriste de Paris, installe ses quartiers au consulat de France de Karachi pour mener l’enquête en accord avec les autorités civiles pakistanaises. Il reçoit la visite de Randall Bennett, responsable du service de sécurité diplomatique de l’ambassade des Etats-Unis. Cet enquêteur américain dirige alors depuis quatre mois une cellule d’investigation travaillant en étroite collaboration avec la police pakistanaise pour tenter de retrouver les assassins du journaliste Daniel Pearl. Il répercute à Michel Debacq les confidences que ses équipiers ont recueilli auprès de leurs collègues pakistanais. Selon eux, l’attentat ne serait pas imputable à Al-Qaeda et ne serait pas lié aux tensions entre des groupes islamistes et des puissances occidentales. Le mobile serait à rechercher dans la coopération bilatérale pour la vente et la construction des sous-marins.

    Un courriel émanant d’un adjoint de Bennett, versé au dossier, confirme que dès le 9 mai les policiers locaux privilégient cette analyse. À l’exception de ce courriel, tous les procès-verbaux provenant de ce transport judiciaire à Karachi seront annulés en 2003 par la cour d’appel de Paris, pour vice de compétence territoriale. Simple problème de procédure regrette-t-on alors à la chancellerie. Mais jamais on ne tentera de reconvoquer Randall Bennett pour recueillir dans de meilleures conditions, à Paris, ses informations. Pourtant, l’homme ne se cache pas. Il y a quelques mois, nous avons retrouvé sa trace alors qu’il travaillait pour l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad.

    L’investigation financière.

    Ces conjonctions d’appréciations s’inscrivent dans un contexte particulier. Entre l’été 2001 et début 2002, une tempête judiciaire secoue les arrangements financiers entre l’état-major de Karachi et la DCN. La Cour des comptes pakistanaise boucle des investigations sur des pactes de corruptions passés par des officiers pakistanais avec des responsables français pour obtenir la signature du contrat des sous-marins Agosta 90B. Le 30 janvier 2002, lors d’une audience devant la première chambre de Rawalpindi, l’amiral en chef de la marine, Mansur ul-Haq, plaide coupable pour avoir reçu des Français près de 7 millions de dollars en guise de remerciement. Le chef du service de renseignement de la marine pakistanaise écope de sept ans de prison, et un capitaine de trois ans de prison.

    Dans le dossier pénal de l’attentat, aucune trace de ces affaires sulfureuses, alors même qu’elles paraissent avoir conditionné le partenariat autour du chantier de la DCN à Karachi. Curieux. D’autant qu’à Paris, des homologues à la Cour de discipline budgétaire partagent le même intérêt pour les volets financiers de ces relations sous-marines. Un magistrat détaché auprès de la Cour sollicite le 28 mars 2002 la levée du secret-défense pour obtenir des comptes rendus de réunions tenues à Matignon (sous le gouvernement d’Edouard Balladur, dont le ministre du Budget était Nicolas Sarkozy), entre le 2 juillet 1993 et le 2 septembre 1994 et portant sur les volets financiers de la vente des sous-marins. Le 6 juin 2002, la Commission consultative du secret de la défense nationale a donné son accord à la déclassification de ces notes. Hélas, là encore, le dossier pénal n’en a pas profité. Jusqu’à présent.

    L’enquête relancée.

    Depuis quelques mois, les juges Yves Jannier et Marc Trévidic, qui remplacent Jean-Louis Bruguière (après son départ pour suivre une carrière politique aux côtés de l’UMP), ne semblent pas vouloir écarter d’emblée l’examen d’un éventuel mobile financier. La semaine dernière, ils confiaient aux familles des victimes qu’il s’agissait d’une « piste cruellement logique ». Deux semaines plus tôt, le 15 mai, ils auditionnaient le directeur financier de la DCN, un ancien cadre de la direction du Trésor. Un pro des comptes qui a éclairé la répartition des 10,25 % de commissions prévues par le contrat, soit près de 100 millions de dollars. Un pactole distribué, parfois de manière occulte, vers divers intermédiaires politiques et militaires en France et au Pakistan. Certains fréquentables, d’autres un peu moins. Après sept ans d’une prudence consommée, l’enquête démarre enfin.

  13. @ Beaufou dit :
    25 juin 2009 à 04:50

    Si vous considérez que la sauvegarde fondamentale de nos biotopes vitaux et plus globalement de la «conquête par l’humanité de futurs viables sans démolir sa biosphère nourricière» à 7 milliards et plus, de destins «librement vécus» bien que devenus jusqu’alors malgré eux ultra-pollueurs, économiquement précarisés et asservis, ultra-compétiteurs et ultra-prédateurs, insupportablement anxieux, nécessiterait DESORMAIS, au stade auquel nous sommes parvenus dans L’EVOLUTION UNIVERSELLE, un minimum d’ententes globales au moins sur les décisions et les écoredéploiements de salut public à engager, ce qui relève plutôt de l’union sacrée, vous voyez apparaître la plus redoutée des perspectives que tous les DOMINANTS de la planète s’emploient à refuser ou à repousser le plus possible, à savoir : la RENONCIATION aux éternels rapports dominants/dominés, maîtres/esclaves, peuples élus/peuples assujettis, anthropocentrisme aveugle/pillage & saccage de la biosphère, croyants/incroyants, compétents/incompétents, cultivés/incultes, compétition généralisée/coopération généralisée, etc., ce qui en clair, signifie l’invention, la mise au point expérimentale et le PARTAGE (oh quelle horreur !) de nouvelles formes D’EXERCICE DU POUVOIR plus appropriées donc, pour les innombrables opportunistes, suivistes et profiteurs qui vivent grassement des dérives du modèle dominant à visées totalitaires, L’ABANDON DES ORGANISATIONS DEMOCRATIQUES EN TOC entretenues à coups de corruptions et de manipulations de plus en plus pathogènes, échéances d’assainissement auxquelles ils semblent plus s’opposer jusqu’alors par imbécillité, représentations oligarchiques de la vie en société, suivisme, dogmatisme, peur panique du moindre changement majeur, scientisme borné souvent, paresse mentale et irréflexion que sur la base d’analyses diagnostiques sérieuses et de constructions intellectuelles solidement étayées qui deviendraient défendables !
    Avec en prime, un VIDE SIDERAL sur les sorties de crises éventuelles !

  14. Le Watergate français : en 1995, la campagne présidentielle d’Edouard Balladur a été financée par les rétro-commissions provenant de la vente de 3 sous-marins au Pakistan.

    En 2007, un courrier du procureur de Paris envisage un lien reliant une société, HEINE, et le financement de la campagne d’Edouard Balladur.

    Lisez cet article :

    « La campagne d’Edouard Balladur au coeur de l’enquête sur Karachi.

    Le financement en 1995 de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur, que soutenait alors Nicolas Sarkozy, est au coeur de l’enquête sur l’attentat anti-français de Karachi de 2002, confirme un document.

    Ce courrier de 2007 du parquet de Paris, que Reuters s’est procuré, mentionne la société Heine, créée au Luxembourg en 1994 par la Direction des constructions navales (DCN). Elle était destinée au versement de commissions officiellement légales à l’époque pour faciliter la conclusion des marchés d’armement.

    Citant des éléments de l’enquête, le courrier du procureur envisage un lien avec le financement de la campagne électorale du Premier ministre de l’époque, Edouard Balladur, campagne que dirigeait Nicolas Sarkozy, ministre du Budget de 1993 à 1995.

    Les juges d’instruction Yves Jannier et Marc Trévidic pensent que c’est l’arrêt en 1996 puis en 2000 de paiements de commissions au Pakistan, en partie par cette structure luxembourgeoise de la DCN, qui aurait amené des militaires pakistanais à commanditer l’attentat du 8 mai 2002.

    Précipitant un véhicule bourré d’explosifs sur un bus, un kamikaze avait tué à Karachi 14 personnes, dont 11 ingénieurs et techniciens français de la DCN, qui travaillaient sur place à la construction de sous-marins Agosta.

    Le versement de “commissions” – souvent un alibi pour des opérations de corruption, officiellement déclaré illégal par la France en 2000 – avait bien été convenu dans ce contrat de sous-marins signé en septembre 1994, versé au dossier judiciaire et dont une reproduction est publiée jeudi par Libération.

    Le courrier du procureur Jean-Claude Marin consulté par Reuters détaille les faits découverts sur la société Heine.

    “Plusieurs documents viennent interroger sur la nature exacte de cette activité en lien avec les pouvoirs publics”, écrit le procureur, qui fait référence à un document chronologique (1994-2004) d’une page, non daté ni signé, racontant les circonstances de la création de la société Heine.

    Ce document saisi à la DCN mentionne “l’aval du directeur de cabinet du Premier ministre (Edouard Balladur – NDLR) et celui du ministre du Budget (Nicolas Sarkozy-NDLR) et laisse supposer des relations ambiguës avec les autorités politiques en faisant référence au financement de la campagne électorale de M. Balladur pour la présidentielle de 1995”, explique-t-il.

    Le magistrat ajoute qu’à l’appui des soupçons pesant sur la société Heine, il peut aussi citer les menaces proférées par ses dirigeants, dans le cadre de querelles internes, de “révéler la nature des missions qui leur avaient été confiées”.

    Edouard Balladur ne bénéficiait pas en 1995 des financements de son parti, le RPR, réservés à Jacques Chirac.

    L’ancien Premier ministre Edouard Balladur a nié toute irrégularité dans une déclaration à France 3 le 18 juin. Nicolas Sarkozy a qualifié le 19 juin de “fable” l’ensemble du scénario faisant état de commissions donnant lieu à des “rétrocommissions” en France.

    Cependant, l’arrêt du paiement de commissions au Pakistan et à d’autres pays, après la victoire de Jacques Chirac sur Edouard Balladur en 1995, a été confirmé à Paris Match mercredi 24 juin 2009 par Charles Millon, ministre de la Défense entre 1995 et 1997.

    Il s’agissait de “stopper le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions”, a-t-il dit.

    Des auditions déjà menées au sein de la DCN laissent penser que les commissions promises au Pakistan prenaient aussi d’autres circuits que la société Heine et s’élevaient à plusieurs dizaines de millions d’euros au total.

    Le collectif des familles de victimes entend demander les auditions d’Edouard Balladur et Jacques Chirac.

    “On espère aujourd’hui que l’affaire ne sera pas étouffée. D’autres dossiers de ce genre l’ont été mais là, il y a des familles avec des morts derrière, les politiques sont pas tout seul”, a dit Magali Drouet, porte-parole du collectif.

    Le Parti socialiste a demandé la formation d’une mission d’information parlementaire.

    “Toute la lumière doit être faite sur ce qui s’est passé”, a dit la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie au Sénat jeudi. Elle a assuré que les juges avaient tous les moyens d’agir.

    http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE55O0EV20090625

  15. Ce qui me désole c’est de voir que finalement tout tourne autour de l’argent et quel que soit le sujet abordé. Pour moi cette rise n’en est pas une car je me contrefiche de l’argent. Et j’espère même que tout va finir par exploser car seulement à ce moment-là, les gens prendront conscience que l’argent est finalement une absurdité de nos civilisations. Ils prendront aussi conscience (même si ça peut paraître simpliciste de dire ça) que seule la terre est essentielle à la survie et que rien ne vaut plus que de cultiver ses légumes et ses fruits…
    Je vous laisse méditer ces paroles simples..

  16. Le 24 juin 1994, puis le 3 août 1994, deux notes de travail informent la Direction des Constructions Navales et le gouvernement que si le contrat est signé, le contrat coûtera très cher à la France : entre 47,26 millions d’euros et 99,09 millions d’euros.

    C’est à la page 4 :

    http://www.ccomptes.fr/fr/CDBF/documents/ARR/Arret05493.pdf

    Pourtant, le gouvernement Balladur décide de passer outre cet avertissement !

    Le gouvernement Balladur signe le contrat le 21 septembre 1994 ALORS QU’IL SAIT QUE LA FRANCE VA PERDRE DES DIZAINES DE MILLIONS D’EUROS SUR CE CONTRAT !

    Pourquoi le gouvernement Balladur a-t-il signé un tel contrat ruineux pour les finances de l’Etat ?

    Réponse : parce que Edouard Balladur avait besoin de beaucoup d’argent pour financer sa campagne présidentielle.

    Edouard Balladur a donc choisi de faire perdre des dizaines de millions d’euros à la France en toute connaissance de cause, parce que ce contrat lui permettrait de financer sa campagne présidentielle grâce à des rétro-commissions.

    Conclusion de ce Watergate français : ce contrat a finalement coûté à la France 76 millions d’euros (lire page 4) et ce contrat a causé la mort de 14 innocents (11 morts français, 3 morts pakistanais).

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