L’actualité de la crise : « Too Big To Save ? », par François Leclerc

Billet invité.

« TOO BIG TO SAVE ? »

Il est confortable de se trouver des repères dans l’avalanche de nouvelles de cette crise, surtout lorsque l’on en pratique sa chronique (presque) quotidienne. Et que l’on ne se reconnaît pas dans deux attitudes prédominantes, en apparence opposées, qui ont en commun d’annoncer prématurément son issue, aveuglement optimiste dans un cas, catastrophiste par construction dans l’autre.

Jetant un coup d’œil dans l’actualité par derrière son épaule, un geste toujours instructif, on découvre le cimetière des débats déjà enterrés, sur la forme de la relance (U, V, W ou L) ou à la recherche des « jeunes pousses » verdoyantes, etc. Si l’on suit, presque heure par heure et sur toute la planète, ses développements, les déclarations contradictoires (mais toutes péremptoires), les phénomènes obscurs réclamant une interprétation hors de notre portée, les silences qui en disent long et les légers doutes masquant de grandes incertitudes, les indices économiques qui ne veulent plus rien dire, et tant d’autres de ces évènements vite oubliés pour la plupart, on est pris au piège dans un véritable tourbillon. C’est pourquoi, n’ayant pas le bénéfice d’être bardé de trop de certitudes, se méfiant de celles des autres, on se met à la recherche non plus de faits, car on est déjà noyé dedans, mais de raisonnements. On piste de bons raisonneurs, afin de souffler un peu et de comprendre où l’on va.

Progressivement, une petite collection en est constituée. On se prend alors à affectionner ces vigies que l’on a adoptées, refusant d’en faire des prophètes, glissant vite sur leurs petites marottes et leurs gros défauts, afin de pleinement profiter de leurs points forts. On attend avec intérêt leur prochaine chronique, dans une presse économique dite de référence (alors qu’elle ne le faisait pas vraiment pour nous). On est soulagé, encouragé, quand leurs propos viennent conforter nos fragiles intuitions. Mieux encore, quand ils nous ouvrent une nouvelle piste grâce à de leurs rapprochements et leurs prévisions. Sans vergogne, on adopte parfois même leurs raisonnements.

Des noms ? Ils sont sur toutes les lèvres, car ils sont devenus presque des stars du journalisme, dans le petit club très fermé des chroniqueurs économiques, pas habitués à une telle notoriété. Ils ne sont condamnés à l’anonymat que dans les pages de The Economist, car la règle y est depuis toujours que les articles ne sont jamais signés. Sinon, vous les connaissez tous : William Buiter, Ambrose Evans-Pritchard, Simon Johnson, Paul Krugman, Wolfgang München, Robert Reich, Nouriel Rubini, Joseph E. Stiglitz et Martin Wolf (sans préséance et par ordre alphabétique).

De Joseph E. Stiglitz (que l’on ne présente plus), hélas un peu empêtré dans son statut de consultant international, nous avons dernièrement retenu que, selon lui « Les Nations Unies prennent la situation en main ». C’est en effet le titre de l’un de ses derniers articles en syndication (une forme de distribution aux rédactions), aux lendemains de la Conférence du 23 juin dernier de l’ONU sur la crise, prenant hélas un peu ses désirs, et les nôtres, pour des réalités. Mais il a eu le mérite d’être sans doute le premier à voir dans la concentration bancaire en cours un grand danger pour l’avenir.

Paul Krugman, que l’on ne présente pas non plus, et qui tient salon avec mordant dans les colonnes du New York Times, a été un instant suspecté par certains de complaisance politique avec la nouvelle administration, après avoir été un critique au vitriol de la précédente, mais il s’est ressaisi. Sa dernière chronique s’intitule « Ebouillanter la grenouille » et fait référence à cette histoire bien connue, selon laquelle quand on chauffe progressivement l’eau de la marmite dans laquelle on y a plongé une grenouille, celle-ci ne s’aperçoit pas de l’élévation progressive de la température de l’eau, pour finir ébouillantée. Devinez qui est la grenouille et ce qui nous attend, selon Paul Krugman, tant du point de vue économique qu’environnemental ?

La finance et l’économie allemandes sont commentés de manière très critique par Wolfgang Münchau, dans les colonnes du Financial Times. Le titre de sa dernière chronique ? « Berlin a porté un coup à l’unité de l’Europe ». Et voilà sa conclusion, évoquant le jugement de la Cour constitutionnelle allemande, qui a décidé anticonstitutionnelle toute future politique fiscale européenne commune, comme tout commandement militaire : « Le jugement de la Cour reflète le climat politique nationaliste et post-Bismarckien en cours à Berlin. Pour le moins, tous ceux qui sont liés par une union monétaire avec l’Allemagne devraient beaucoup s’inquiéter. » Il n’est pas le seul à prédire de fortes tensions au sein de la zone euro et à s’interroger sur les conséquences du chacun pour soi qui prévaut de plus en plus en Europe.

Egalement dans le Financial Times, visiblement un repaire d’agents dormants que l’on vient de réactiver, ce n’est pas la dernière chronique de Martin Wolf, figure tutélaire des chroniqueurs qui a su rapidement négocier son virage non sans adresse, mais l’une de ses précédentes, datant du 30 juin. Pour son titre sans aucune équivoque, malgré l’article plus emberlificoté qui suit: « L’approche d’une réparation prudente des banques ne marchera pas ». Sa conclusion ? « C’est le gradualisme, pas le radicalisme, qui est aujourd’hui une option risquée. »

Robert Reich, professeur à Berkeley et ancien secrétaire d’Etat au travail dans l’administration Clinton, n’est pas (encore ?) une voix dominante dans ce concert. Il vient pourtant de produire un bref et définitif article sur son blog ( http://www.robertreich.org ), qui pourra être plus tard reconnu comme prémonitoire. « Quand la reprise va-t-elle intervenir ? Jamais », annonce-t-il d’entrée de jeu. Il explique ensuite que la reprise ne peut pas intervenir, car cela signifierait que les choses peuvent redevenir comme avant le crash. « Aussi, au lieu de se demander quand la reprise va commencer, nous devrions nous demander quand la nouvelle économie débutera. » On attend la suite.

C’est Simon Johnson, professeur au MIT et ancien chef économiste du FMI, qui souvent développe sur son blog ( http://baselinescenario.com ) les points de vue les plus acérés et globaux, ne se contenant pas de parcourir la situation financière et économique. Son dernier billet est consacré au projet d’Agence de protection des consommateurs de l’administration Obama. Il compare le timide soutien dont ce projet bénéficie avec celui, massif, dont a été entouré le plan PPIP de rachat des actifs toxiques des banques, en très petite forme aujourd’hui. Mettant en cause les intentions gouvernementales, au vu de ce que cette attitude augure à l’arrivée, une fois que ce projet sera passé par le Congrès, il rappelle comment l’administration américaine avait finalement pris le taureau par les cornes, à la suite de la crise de 1929, en faisant adopter en 1934 le Security Exchange Act, qui réglementait le marché secondaire des valeurs. Tout cela a depuis été détricoté.

Le 3 juillet dernier, Willem Buiter, professeur à la London School of Economics and Political Science, très introduit dans les arcanes des banques centrales européennes, publiait sur son blog hébergé par le Financial Times un long billet très fouillé intitulé : « La création monétaire et l’encouragement du crédit ne fonctionnent pas, voilà pourquoi ». Après avoir été l’inventeur (à notre connaissance) de l’expression « banques zombies », qui a fait depuis florès, et avoir montré comment il était préférable, à la mise en place de bad banks, de créer des good banks (laissant les actionnaires des banques zombies en tête à tête avec leurs actifs pourris), il fait preuve, pour ses lecteurs, d’une salutaire maîtrise technique du monde abscons dans lequel vivent les banquiers centraux.

Enfin, c’est à Ambrose Evans-Pritchard, du Daily Telegraph (plus familièrement appelé le Telegraph) qu’il revient de conclure. Il le fait, comme d’habitude, en allant « straight to the point » (droit au but). « L’Europe creuse sa propre tombe économique, alors que la BCE ne répond pas ». Le sous-titre est encore plus explicite, s’il en était besoin : « Dans un monde de pécheurs, la banque centrale européenne joue les gardiens de la vertu, mais ses actions dévastent les finances publiques de pratiquement tous les pays qui sont l’objet de ses attentions ». Reconnaissant sans difficulté que la Grande-Bretagne doit faire face à ses propres désordres (le français châtié ne rend pas bien compte du « mess » anglais), il conclut ainsi : « D’un point de vue stratégique, le mélange européen de déflation monétaire et de déficit budgétaire effréné n’est rien de moins qu’une folie ». Nous voilà prévenus.

Lorsque vient, toutes ces lectures épuisées, le moment difficile de la synthèse, il est après réflexion possible de se poser une question centrale. Le puits que cherchent à combler les gouvernements des pays occidentaux, ainsi que les banques centrales, n’est-il pas tout simplement trop profond pour être comblé ? La politique qui est suivie a-t-elle, dans ces conditions, une chance d’aboutir ? Le système financier, dans son ensemble, n’est-il pas en réalité « too big to save », trop gros pour être sauvé ?

N’est-ce pas cette vérité toute simple, mais pas exagérément confortable, qu’il va falloir un jour se résoudre à affronter, afin de sortir du déni ?

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100 réflexions sur « L’actualité de la crise : « Too Big To Save ? », par François Leclerc »

  1. >le 1) il est impossible pour une zone économique de vivre sans exportation, si ce n’est en s’endettant ce qu’à fait >l’Occident ces dernières années. La dette c’est cela. Alors ne dites pas qu’on peut vivre, dans une région donnée, sans >exporter.

    Hmm. Et si on considere le monde entier comme une zone economique? Il faut bien pouvoir fonctionner en circuit ferme dans ce cas.

  2. Glosez ,Glosez….Messieurs les réanimateurs du malade en coma dépassé.
    Plus vite il sera « débranché »‘ ,plus vite les Reconstructeurs ,déjà au Travail depuis un long moment,pourront s’atteler à la tâche en redoublant d’ardeur,et pour laquelle ils seront accompagnés de centaines,voire de milliers d’Artisans du Métier.
    La Force -s’il faut employer ce terme- réside dans leur sens affiné et radical de la Solidarité.
    Notion qui est décidément ignorée chez les médicastres qui utilisent leurs sels auxquels ils vouent une sacro-sainte dévotion.
    Vite ,légiférons,à titre exceptionnel ,pour le bien de l’Economie (Santé) publique ,en décidant du droit d’euthanasie face à ce moribond condamné !

  3. @Lisztfr,

    Le marquis et un provocateur, il aime démentir et pense que la prodution trouve toujours prenneur. Se qui est absolument faux, voire l’immo, les voitures et les billets d’avions, les actions et autres produit toxique qui même en voyant leur prix baissr ne trouve toujours pas preneur. La production n’est efficace qu’en flux tendu, c’est a dire ou la production suis la demande, trop de production feront baissé les prix car il faut l’écouler sous peine de devoir stocker.
    Hors les produits nouveaux auront toujours la préference et produire de trop c’est prendrent les risques d’avoir un stocke d’anciens donc moins cher.

    Une économie d’autarcie, est pour le Marquis une possibilité, oui mais que dans la mesure ou il ne faut rien importer de l’extérieur, donc de la pure utopie.

    Robotiser une production n’est interressant que si cette stratégie permet d’augmenter la rentabilité. Hors augmenter la rentabilité implique soit une baisse des salaires soit une diminution de la mains d’oeuvre. Pourquoi automatiser si le travail manuel avait le même cout que les machines ?????????? l’argument du marquis est une fois de plus incomplet.

    Réduire la mains d’oeuvre a une implication directe sur la consommation, moins de consommateur c’est aussi moins de salaires, donc moins d’argent disponible pour la consommation des biens.

    Oui, mais a tout cela il y a la magie du crédit. Ont viens d’avoir un petit aperçu des effets de l’économie selon le Marquis. Une catastrophe financière, social et humaine a crédit bien sur.

  4. Oh pas grand chose à dire comme dab:
    Ah si =
    l’inévitable(les « inévitables ») sont arrivés,ce qui ma foi est trés trés bon signe pour Paul Jorion chez qui,pas plus qu’ailleurs,je ne posséde d’actions.

    Ces avatars caractérisent souvent,par analogie avec les soubresauts du moribond,l’approche imminente de sa fin dernière…

  5. @ Marquis de Laplace

    Pour être honnête avec vous j’utilise souvent le site suivant: http://www.evene.fr pour piocher la plupart de mes citations choisis bien sur elles ne sont pas toujours toutes bonnes à prendre.

    Hier j’étais disponible pour venir discuter sur le blog dans les prochains jours je le serais moins travail le dimanche oblige. Vous avez raison il ne faudrait pas en finir par être trop triste dans la vie.

    Sans l’humour tout travail sur soi ne mène strictement à rien, mais pas d’humour méchant chez moi.

    Hélas l’humour politique bête et méchant n’est pas toujours plus libérateur pour son prochain, surtout s’il n’y en plus qu’un seul qui rigole devant son monde, écrasant et se moquant de tout sur son passage.

    L’humour politique n’est pas toujours la forme la plus saine d’esprit, de lucidité, l’optimisme béat d’une marque.

    Le diable rigole souvent de la peine du juste, mais rira bien qui rira le dernier.

    Tant de rentiers, d’usuriers, est-ce vraiment cela faire le bien de l’entreprise et on rigole encore comme le diable ?

    Il peut même arriver dans votre vie que vous croisiez des gens qui ne vous font plus guère rire du tout dans la vie.

    Où il n’y a pas d’humour, il n’y a pas d’humanité, où il n’y a pas d’humour, il y a le camp de concentration. [Eugène Ionesco]

    Un homme glisse sur une peau de banane devant dix personnes. S’il rit, c’est de l’humour. Dix personnes glissent sur dix peaux de bananes devant un homme. S’il rit, c’est de l’imprudence ! [Anonyme]

    Jésus, portant sa croix dans la montée du Golgotha, aurait souhaité avoir un diable pour l’aider.[José Artur] Il en aurait certainement moins rit de son coté dans la douleur.

    Il ne faudrait jamais souhaiter davantage la mort d’un autre, d’un parti s’en moquer en public, on ne sait jamais de quoi l’avenir sera fait.

    Je ris de tout sauf de Dieu par respect… Mais je crois que j’ai tort : il doit avoir le sens de l’humour ! Le diable ne sera bien sur pas toujours libre de faire le mal. [Eddie Murphy]

    La bêtise et l’humour politique progresse partout ; dans les intelligences comme les esprits, qu’elle en est la marque de plus en plus affiché à l’antenne ?

    En période de crise ne devrions pas plutôt rechercher à nous montrer moins durs et compréhensifs envers les êtres, à moins bien sur que l’on préfère toujours se montrer bête et méchant comme certains à l’image de leur monde.

    La violence progresse, les prisons se remplissent davantage de gens pauvres déshérités et malheureux, combien se suicideront demain dans les prisons françaises ? Combien rigolent encore dans les prisons ou les hopitaux français ?

    Les pays se couvrent d’armes diaboliques et de militaires avides de nouvelles armes et guerres de plus ; C’est le progrès les menaces s’accroissent, les guerres et les révoltes se multiplient, faut-il davantage en rire ou en pleurer ?

    Les villes souillent et saccagent de plus en plus la nature en se développant comme de tumeurs malignes un peu partout sur terre ; Des sites naturels sont défigurés, comme tant d’êtres partout dans les villes ou les gens de partis.

    La servitude et le contrôle et la surveillance de tous s’intensifie un peu partout, par principe de précaution pour nos élites qui rigolent encore de la crise à l’antenne.

    La crise mondiale s’accentue, quand bien même ils en finiraient par faire taire et censurer radicalement es deux plus grands témoins de la crise, la tristesse et la douleur des pauvres gens à l’antenne. A qui appartient le monde ?

    Les faibles sont bien sur toujours autant méprisés, opprimés et rejetés dans les grands partis politiques, avec d’ailleurs d’autres Manuel Valls ou Cohn Bendit de plus, vanités des vanités de gens de parti;

    Les pauvres gens illettrés ou trop simples à voir sont délaissés, rejetés, bannis et les enfants manipulés, pressés.

    Les vieillards sont abandonnés ; Des peuples entiers souffrent de famine, mais le pire voyez vous Mr le marquis c’est qu’on préfère encore traiter les gens de la sorte, Mais non monsieur le Marquis ne pleurez pas tout va bien.

    Les espèces naturelles sont dénaturées au profit d’une fausse économie durable et par ceux qui ne font aucun cas de la création première ; Tout ce qui est naturel disparaît ou devient abominable aux yeux de tous ; il faut surtout surproduire et divertir, faut s’amuser rire de tout, surtout faire plaisir à nos gouvernants aussi bien le dimanche.

    La surface de la Terre est souillée, salie et meurtrie, ses entrailles sont bouleversées, la terre en tremble de plus en plus des méfaits des hommes, qui rigolent, des épicuriens, des hédonistes, des gens de parti, des gens si distingués.

    Les forêts comme les espèces disparaissent à petit feu, Les cours d’eau se putréfient, le monde à soif, l’eau potable et propre diminue c’est bien que l’homme moderne bête et méchant nous conduit tout droit vers l’abyme.

    Les machines de fer jettent les hommes et le bétail par-dessus bord, quand elles ne les écrasent et les tuent ; Les maladies prolifèrent, s’aggravent et augmentent leur étendue aussi bien d’ailleurs le Dimanche maintenant.

    Les espèces animales se raréfient, beaucoup ne sont plus que souvenirs ; L’ordre originel est gravement ébranlé.

    Le sacré, comme les réelles valeurs de l’existence défendues par la loi sont foulées au pied ; La foi et l’espérance se sont envolées qui se repose encore réellement le dimanche en Famille, qui écoute encore les anciens le dimanche ?

    La sagesse et le bon sens n’existent plus ; venant de la part de nos sénateurs si bien conditionnés par tout ceci.

    Les jeunes gens se désespèrent, un grand nombre se donne la mort, combien aujourd’hui, combien demain, et combien depuis la vaine élection de ce politicien malin à la tête de son parti, mais quelle honte pour le pays ?

    L’humour et les blagues peuvent non seulement avoir un effet thérapeutique
    à court terme mais aussi sauver des civilisations tout entières.
    [Bernard Werber]

    Mais vous avez raison Monsieur le marquis l’humour a non seulement quelque chose de libérateur, mais encore quelque chose de sublime et d’élevé, est-ce de moi ou d’un autre ? quelle importance de savoir d’où cela vient ?

    L’humour éclaire les heures sombres et dore les heures heureuses.
    [F.I. Romay]

    Les grandes catastrophes, ce sont les fêtes des pauvres.
    [Guillaume Hanoteaux]

    Ô ! homme, où est ta gloire ? De rire de voir autant cela ?

    « Too Big Save ? »

    Bien sur c’est évident pratiquement une mission impossible même le dimanche …

  6. Pour tout ceux que mes bibliothèques passionnent, voici le point d’orgue sur cette aventure:

    Compte tenu de ce que je vis dans un village où je crains que de demander au petit quincailler de la place « une tige filletée de 1 m svp » risque de recevoir une réponse telle que « Huh ! C’est quoi ça? » (mais grand merci à Hughes pour la gentille suggestion) et entendu que les 8 bibliothèques de Pablo78 ont duré 20 ans, et que mes bibliothèques, elles, contrairement à celle de Pablo78 provenait plutôt d’un manufacturier local que d’une entreprise suédoise que gentillement je préférais ne pas nommer, contrairement à ce que je pensais initialement, et entendu qu’Adam Smith a encore une fois raison et que le principe de spécialisation demeure une loi économique qu’on ignore qu’à son propre risque (qu’ainsi qu’a celui de ses livres), et compte tenu que la mondialisation est parfois fort utile, je me suis pourvu de 5 magnifiques bibliothèques d’une énorme compagnie multi-nationale suédoise (à 1/4 du prix de mes anciennes tout en me paraissant plus solide) que par gentillesse je nommerais si je pouvais sans que mon post soit censuré pour cause de publicité, et je les ai assemblées (non sans effort, grr… et multiples erreurs de parcours, grrr…) mais avec un résultat final très satisfaisant pour ne pas dire magnifique, qui me comble, moi, bienheureux consommateur, d’une joie non dissimulée.

    Et à tout ceux, malveillants, qui oseraient dire qu’ « on se fout de tes bibliothèques », je rappelle bienveillamment qu’elle représente une merveilleuse allégorie de la situation financière mondiale (même si c’est VRAIMENT un hasard prodigieux), en particulier des grandes institutions financières, depuis les soupçons, avertissement, jugée alarmiste car la « preuve du temps » montrait le contraire, jusqu’à l’écroulement par étape et finalement ( et on l’esperera aussi pour les banques) jusqu’au remplacement simple par du neuf (au lieu d’un rafistolage difficile aux résultats finaux incertains) avec efforts de contruction, et inévitables petites erreurs de parcours!

  7. Loin des débats « philosophiques », des nombreux échanges creux ( même s’il n’est pas inutile de faire référence à l’histoire et à la théorie ) et pour revenir au sujet, il me semble assez probable que les fondations du système ne seront pas ébranlées, contrairement à ce que beaucoup espèrent ou croient et ne peuvent justifier.
    Certes, le système actuel risque évoluer mais les forces à l’oeuvre seront les mêmes qu’aujourd’hui, et qu’hier … c’est à dire l’appât du gain, la convoitise, la domination du faible par le fort pour les plus marquantes; tout cela est au plus profond de l’homme. Les besoins et les faiblesses de l’homme y siègent également, et ils incitent justement l’individu à se soumettre, rendant la tâche des affameurs plus aisée.
    Cela est d’autant plus vrai que les dominants/possédants ont entre leurs mains les moyens – au sens large – de perpétuer le système et de remédier aux accidents de parcours

    Probablement des répliques vont à nouveau secouer l’édifice , et il faudra alors peut-être aux autorités prendre les mesures qui s’imposaient d’emblée. Elles ne pourront en effet plus s’entêter dans la fuite en avant.
    Il serait alors nécessaire de procéder à un nettoyage des bilans des institutions financières en général, à une « opération vérité ». Que les banques qui ont failli, comme indiqué/cité par d’autres bien plus qualifiés que moi, soient dépecées, que les actionnaires prennent dans tous les cas leurs pertes, et les Etats créeront des structures alors saines et d’un fonctionnement que on l’imaginerait plus transparent. Les autorités étant sans connaissance de l’étendue réelle des dégâts, il n’était a priori pas admis qu’elles adoptent de telles mesures, mais en cas de rechute celles-ci se trouveraient pleinement justifiées. De nouveaux excès seraient exclus pour un bon moment et l’impact sur les marchés en général risquerait d’être très important. De plus, forcer les banques à adopter des comportements vertueux amèneraient inévitablement à retarder leur rétablissement, fût-ce au bénéfice de prises de risque moins importantes.
    Finalement, la solution la plus « juste » mais aussi la plus « brutale » ne sera d’emblée pas préférée . On n’y recourra que sous la menace d’une dégradation de grande ampleur.

    Alors que si la la situation actuelle est tenable ( éventuellement au prix d’interventions massives ), les banquiers pourront continuer d’user de la liberté qu’ils n’auront donc pas perdue. Les banques sont inondées de liquidités qu’elles aillent bien ou qu’elles aillent mal. Cela contribue à leur capacité à publier de bons voire d’excellents résultats d’autant qu’elles ont, au moins partiellement, la faculté de ne pas dévoiler les pertes potentielles sur les éléments d’actif inscrits à leurs bilans. On vérifiera que les activités de banque de réseau ne contribueront que peu,voire négativement à l’ensemble. Tout cela se fait avec la bienveillance « éclairée » des autorités, tant les intérêts des milieux de la finance, des possédants et des gouvernants sont liés.

    Il faut noter qu’il est risqué de tenter d’alléger le fardeau de la dette des ménages en leur permettant d’emprunter à des taux faibles, même sous des conditions très strictes, c’est trop dangereux!. Pris aux pièges de leurs envies ou besoin, les ménages n’en seront que plus serviles. Il faut avant tout sauver les banques et leur permettre de façon « ordonnée » de remonter la pente, et donc de préserver/retrouver leurs acquis.

    Reste la question essentielle du « reste du monde ». Poursuivre dans la voie actuelle de la sur-/sous-évaluation des devises majeures, de l’accumulation de déficits commerciaux vis-à-vis des pays ( parfois encore ) émergents et corrélativement de leur enrichissement à marche forcée, permettra de fournir une justification des efforts que devront bientôt consentir les populations des pays jusqu’alors développés.
    Les Etats-Unis ont encore les moyens de négocier avec la Chine une sortie de crise honorable vu l’ampleur de leur dette, mais pas sans des ajustements internes décisifs. Quant aux 27 cas distincts de l’Europe des 27, les ajustements seront pour eux extrêment douloureux dans la mesure où, notamment, l’Euro risque de rester fort.

    Comme certains l’ont indiqué, les autorités redoutent par dessus tout la déflation, plus encore que l’inflation.
    Pourtant j’imagine que, si elle est brutale, ce peut-être une des issues possible ( voire naturelle ), à la crise. Accompagnée de réformes « adéquates » et donc douloureuses, elle permettrait de mettre un terme ( même si ce n’est que temporaire ) aux bulles des prix des actifs, à la surévaluataion des monnaies en question, et aussi d’améliorer à plus long terme la compétitivité et le pouvoir d’achat.
    Difficile retour à la réalité, je m’étais pris à rêver… rêver qu’il est possible d’administrer vraiment un pays, que nos politiques puissent prendre des décisions courageuses ( synonyme ici de suicidaires ), d’appliquer une politique vertueuse ( vertu quand tu nous tiens !!! ) au profit du plus grand nombre. Ah non, décidément …

    risquerait de gripper davantage des économies déjà mal en point. Elle permettrait la fin de l’éclatement des bulles des actifs ( financiers ou autres ) ne doivent-elles pas finir par se dégonfler

    L’impression d’une revanche, je le trouve injuste

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