L’actualité de la crise : « Too Big To Save ? », par François Leclerc

Billet invité.

« TOO BIG TO SAVE ? »

Il est confortable de se trouver des repères dans l’avalanche de nouvelles de cette crise, surtout lorsque l’on en pratique sa chronique (presque) quotidienne. Et que l’on ne se reconnaît pas dans deux attitudes prédominantes, en apparence opposées, qui ont en commun d’annoncer prématurément son issue, aveuglement optimiste dans un cas, catastrophiste par construction dans l’autre.

Jetant un coup d’œil dans l’actualité par derrière son épaule, un geste toujours instructif, on découvre le cimetière des débats déjà enterrés, sur la forme de la relance (U, V, W ou L) ou à la recherche des « jeunes pousses » verdoyantes, etc. Si l’on suit, presque heure par heure et sur toute la planète, ses développements, les déclarations contradictoires (mais toutes péremptoires), les phénomènes obscurs réclamant une interprétation hors de notre portée, les silences qui en disent long et les légers doutes masquant de grandes incertitudes, les indices économiques qui ne veulent plus rien dire, et tant d’autres de ces évènements vite oubliés pour la plupart, on est pris au piège dans un véritable tourbillon. C’est pourquoi, n’ayant pas le bénéfice d’être bardé de trop de certitudes, se méfiant de celles des autres, on se met à la recherche non plus de faits, car on est déjà noyé dedans, mais de raisonnements. On piste de bons raisonneurs, afin de souffler un peu et de comprendre où l’on va.

Progressivement, une petite collection en est constituée. On se prend alors à affectionner ces vigies que l’on a adoptées, refusant d’en faire des prophètes, glissant vite sur leurs petites marottes et leurs gros défauts, afin de pleinement profiter de leurs points forts. On attend avec intérêt leur prochaine chronique, dans une presse économique dite de référence (alors qu’elle ne le faisait pas vraiment pour nous). On est soulagé, encouragé, quand leurs propos viennent conforter nos fragiles intuitions. Mieux encore, quand ils nous ouvrent une nouvelle piste grâce à de leurs rapprochements et leurs prévisions. Sans vergogne, on adopte parfois même leurs raisonnements.

Des noms ? Ils sont sur toutes les lèvres, car ils sont devenus presque des stars du journalisme, dans le petit club très fermé des chroniqueurs économiques, pas habitués à une telle notoriété. Ils ne sont condamnés à l’anonymat que dans les pages de The Economist, car la règle y est depuis toujours que les articles ne sont jamais signés. Sinon, vous les connaissez tous : William Buiter, Ambrose Evans-Pritchard, Simon Johnson, Paul Krugman, Wolfgang München, Robert Reich, Nouriel Rubini, Joseph E. Stiglitz et Martin Wolf (sans préséance et par ordre alphabétique).

De Joseph E. Stiglitz (que l’on ne présente plus), hélas un peu empêtré dans son statut de consultant international, nous avons dernièrement retenu que, selon lui « Les Nations Unies prennent la situation en main ». C’est en effet le titre de l’un de ses derniers articles en syndication (une forme de distribution aux rédactions), aux lendemains de la Conférence du 23 juin dernier de l’ONU sur la crise, prenant hélas un peu ses désirs, et les nôtres, pour des réalités. Mais il a eu le mérite d’être sans doute le premier à voir dans la concentration bancaire en cours un grand danger pour l’avenir.

Paul Krugman, que l’on ne présente pas non plus, et qui tient salon avec mordant dans les colonnes du New York Times, a été un instant suspecté par certains de complaisance politique avec la nouvelle administration, après avoir été un critique au vitriol de la précédente, mais il s’est ressaisi. Sa dernière chronique s’intitule « Ebouillanter la grenouille » et fait référence à cette histoire bien connue, selon laquelle quand on chauffe progressivement l’eau de la marmite dans laquelle on y a plongé une grenouille, celle-ci ne s’aperçoit pas de l’élévation progressive de la température de l’eau, pour finir ébouillantée. Devinez qui est la grenouille et ce qui nous attend, selon Paul Krugman, tant du point de vue économique qu’environnemental ?

La finance et l’économie allemandes sont commentés de manière très critique par Wolfgang Münchau, dans les colonnes du Financial Times. Le titre de sa dernière chronique ? « Berlin a porté un coup à l’unité de l’Europe ». Et voilà sa conclusion, évoquant le jugement de la Cour constitutionnelle allemande, qui a décidé anticonstitutionnelle toute future politique fiscale européenne commune, comme tout commandement militaire : « Le jugement de la Cour reflète le climat politique nationaliste et post-Bismarckien en cours à Berlin. Pour le moins, tous ceux qui sont liés par une union monétaire avec l’Allemagne devraient beaucoup s’inquiéter. » Il n’est pas le seul à prédire de fortes tensions au sein de la zone euro et à s’interroger sur les conséquences du chacun pour soi qui prévaut de plus en plus en Europe.

Egalement dans le Financial Times, visiblement un repaire d’agents dormants que l’on vient de réactiver, ce n’est pas la dernière chronique de Martin Wolf, figure tutélaire des chroniqueurs qui a su rapidement négocier son virage non sans adresse, mais l’une de ses précédentes, datant du 30 juin. Pour son titre sans aucune équivoque, malgré l’article plus emberlificoté qui suit: « L’approche d’une réparation prudente des banques ne marchera pas ». Sa conclusion ? « C’est le gradualisme, pas le radicalisme, qui est aujourd’hui une option risquée. »

Robert Reich, professeur à Berkeley et ancien secrétaire d’Etat au travail dans l’administration Clinton, n’est pas (encore ?) une voix dominante dans ce concert. Il vient pourtant de produire un bref et définitif article sur son blog ( http://www.robertreich.org ), qui pourra être plus tard reconnu comme prémonitoire. « Quand la reprise va-t-elle intervenir ? Jamais », annonce-t-il d’entrée de jeu. Il explique ensuite que la reprise ne peut pas intervenir, car cela signifierait que les choses peuvent redevenir comme avant le crash. « Aussi, au lieu de se demander quand la reprise va commencer, nous devrions nous demander quand la nouvelle économie débutera. » On attend la suite.

C’est Simon Johnson, professeur au MIT et ancien chef économiste du FMI, qui souvent développe sur son blog ( http://baselinescenario.com ) les points de vue les plus acérés et globaux, ne se contenant pas de parcourir la situation financière et économique. Son dernier billet est consacré au projet d’Agence de protection des consommateurs de l’administration Obama. Il compare le timide soutien dont ce projet bénéficie avec celui, massif, dont a été entouré le plan PPIP de rachat des actifs toxiques des banques, en très petite forme aujourd’hui. Mettant en cause les intentions gouvernementales, au vu de ce que cette attitude augure à l’arrivée, une fois que ce projet sera passé par le Congrès, il rappelle comment l’administration américaine avait finalement pris le taureau par les cornes, à la suite de la crise de 1929, en faisant adopter en 1934 le Security Exchange Act, qui réglementait le marché secondaire des valeurs. Tout cela a depuis été détricoté.

Le 3 juillet dernier, Willem Buiter, professeur à la London School of Economics and Political Science, très introduit dans les arcanes des banques centrales européennes, publiait sur son blog hébergé par le Financial Times un long billet très fouillé intitulé : « La création monétaire et l’encouragement du crédit ne fonctionnent pas, voilà pourquoi ». Après avoir été l’inventeur (à notre connaissance) de l’expression « banques zombies », qui a fait depuis florès, et avoir montré comment il était préférable, à la mise en place de bad banks, de créer des good banks (laissant les actionnaires des banques zombies en tête à tête avec leurs actifs pourris), il fait preuve, pour ses lecteurs, d’une salutaire maîtrise technique du monde abscons dans lequel vivent les banquiers centraux.

Enfin, c’est à Ambrose Evans-Pritchard, du Daily Telegraph (plus familièrement appelé le Telegraph) qu’il revient de conclure. Il le fait, comme d’habitude, en allant « straight to the point » (droit au but). « L’Europe creuse sa propre tombe économique, alors que la BCE ne répond pas ». Le sous-titre est encore plus explicite, s’il en était besoin : « Dans un monde de pécheurs, la banque centrale européenne joue les gardiens de la vertu, mais ses actions dévastent les finances publiques de pratiquement tous les pays qui sont l’objet de ses attentions ». Reconnaissant sans difficulté que la Grande-Bretagne doit faire face à ses propres désordres (le français châtié ne rend pas bien compte du « mess » anglais), il conclut ainsi : « D’un point de vue stratégique, le mélange européen de déflation monétaire et de déficit budgétaire effréné n’est rien de moins qu’une folie ». Nous voilà prévenus.

Lorsque vient, toutes ces lectures épuisées, le moment difficile de la synthèse, il est après réflexion possible de se poser une question centrale. Le puits que cherchent à combler les gouvernements des pays occidentaux, ainsi que les banques centrales, n’est-il pas tout simplement trop profond pour être comblé ? La politique qui est suivie a-t-elle, dans ces conditions, une chance d’aboutir ? Le système financier, dans son ensemble, n’est-il pas en réalité « too big to save », trop gros pour être sauvé ?

N’est-ce pas cette vérité toute simple, mais pas exagérément confortable, qu’il va falloir un jour se résoudre à affronter, afin de sortir du déni ?

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100 réflexions sur « L’actualité de la crise : « Too Big To Save ? », par François Leclerc »

  1. vous oubliez juste de citer quelques sources supplémentaires, qui sont pour moi comme des lueurs dans cette nuit noire, ce black out qu’on nous impose… : LEAP, Loic Abadie, Frédéric Lordon et bien sûr, le blog de Paul Jorion…encore merci

  2. Signe des temps (histoire absolument vraie!)

    J’ai une bibliothèque achetée très bon marché chez un marchand d’origine suédoise (que par gentillesse je ne nommerai pas…).
    Je l’ai assemblée il y a 15 ans!

    Il y a des 10 ans des visiteurs s’inquiétait de sa solidité vu le poids des volumineux livres que semblait déformer les panneaux latéraux.
    « Pas d’inquiétude, leur dis-je, cela fait 5 ans que c’est comme cela depuis le premier jour et elle tient merveilleusement bien. (Et elle ne m’a pas coûté cher du tout!) »

    Il y a exactement 1 mois, un menuisier qui venait exécuter chez moi des travaux, s’inquiéta aussi de la déformation des panneaux latéraux de ma bibliothèque.
    « Pas d’inquiétude, lui dis-je, cela fait 15 ans que c’est comme cela et elle tient merveilleusement bien. D’ailleurs quelqu’un m’a fait la même remarque alarmiste il y a 10 ans et vous voyez bien qu’on n’a pas besoin de payer beaucoup pour avoir quelqu’un chose de très fonctionnel. D’ailleurs ma bibliothèque a fait la preuve du temps, même si je reconnais que la déformation des panneaux latéraux (bombés, mais toujours stable) atypique peut en surprendre plus d’un. »

    Il y a exactement 1 heure, Boom! la 2ième tablette s’est écroulée, plein de bouquins par terre.
    En essayant, d’enlever les bouquins, boom la 3ième tablette s’est écroulée.
    Juste en enlevant quelques livres qui restait t-r-è-s t-r-è-s tranquilement, boom la 4ième tablette s’est écroulée.

    Il ne reste plus qu’un squelette d’une bibliothèque vide!

    Je ne suis pas toujours remis du coup….
    Surtout parce que j’ai 5 autres bibliothèques identiques (et TOUTES bombée !!!!…). Graaaahhh!

    Je pense que c’est prémonitoire de ce qui s’en vient.
    Je ne sais pas si François Leclerc, prophète de malheur, serait la cause de la destruction de ma bibliothèque. Je vais en parler à mon avocat 🙂

    Mais je me fais un devoir de rester très optimiste: car il est bien évident qu’une crise de confiance dans mes autres bibliothèque n’est évidemment pas ce qu’il faut dans ces temps difficiles et ne ferait qu’empirer l’humeur dans la maison!

  3. ou , plutôt, trop abyssal pour être « sauvable » , si j’ose ce néologisme.

    un peu comme un désespéré qui vous entraine dans sa funeste noyade…..
    grands spectateurs de notre perte…..qui sont ces hommes qui commentent l’économie depuis tant d’années et semblent
    être les conseils favoris du monde politique , sans en tirer la moindre idée d’une issue favorable ?
    on a vraiment l’impression qu’ils sentent bien que les « carottes sont cuites » et essayent de se placer pour la suite…

  4. A propos d’Evans-Pritchard : je trouve quand même qu’il perd un peu les pédales à chaque fois qu’il est question de l’Allemagne ou de l’euro.
    Je sais bien que la germanophobie est une sorte de « schème cognitif » des Tories (sauf pour le petit noyau des admirateurs d’Hitler type Bernie Ecclestone), de même que l’euroscepticisme, mais son appel dans sa chronique du 31 mai à voter pour l’UKIP aux élections européennes – ce parti « souverainiste » dont l’unique programme est de quitter l’Union européenne (pour faire quoi ? pour aller où ? et avec qui ? mystère…) – me semble extravagant.
    D’une manière générale, tous les commentaires anglo-américains sur les faiblesses de l’UE et de la zone euro me laissent perplexe. D’un côté, ils ont raison : c’est effectivement un beau « mess ». De l’autre, leur Schadenfreude est un peu suspecte, et j’ai parfois l’impression qu’ils prennent leurs désirs pour des réalités.
    Mais bon, l’avenir tranchera, évidemment.

  5. @Verywell
    Ca me fait penser au Titanic: il heurte un iceberg à 23h40 mais l’orchestre joue jusqu’à 2h17. Quelques minutes après, le navire s’ouvre en 2 et coule.
    Le navire économie mondiale a heurté l’iceberg subprime en 2007. Le navire prend l’eau de toute part, mais l’orchestre Bourse/Banque Centrale/Médias économiques nous divertis depuis 2 ans: tout est sous contrôle, pas de problème, tout va repartir comme avant…
    Et si la machine était vraiment cassée ?
    Comme ce navire qui était insubmersible et qui a quand même coulé ?

  6. @ toff et Ken Avo

    Les francophones que vous citez sont plus familiers, c’est pourquoi je n’en ai pas parlé, et puis je ne suis pas certain qu’ils soient les plus pertinents. Paul Jorion est hors concours.

    @ Erwan Quilgars

    Ils ont aussi des fois de gros défauts, à mon sens, comme je le signale. Ambrose Evans-Pritchard ne m’apparaît pas non plus le meilleur spécialiste de la Chine !

  7. « Le puits que cherchent à combler les gouvernements des pays occidentaux, ainsi que les banques centrales, n’est-il pas tout simplement trop profond pour être comblé ? »
    C’est absolument certain, mais les politiques et les banques centrales continuent malgré tout leurs plans de relance et leurs injections monétaires afin de ranimer un système en état de mort clinique…
    C’est vraiment pathétique…
    Ils ont si peur de la déflation que tant qu’ils ne verront pas d’inflation poindre à l’horizon, ils continueront d’essayer d’en créer et cela malgré la faillite qui les menace et en fin de compte, à coup (coût?) sûr, ils en obtiendront bien plus qu’ils n’en voudront.
    En clair, leurs réponses pour essayer de sauver le système risquent d’être aussi catastrophique de conséquences que la catastrophe qu’ils essayent « à tout prix » d’éviter…
    Vraiment débile…

  8. @François Leclerc,

    Je me demandais plutôt si cela ne pouvait pas s’expliquer par le fait qu’il faudrait être au coeur du système et là où il est le plus exacerbé pour réagir avec le plus de force et de pertinence. D’où l’absence de francophones ?

    Et tout aussi « bizarrement », n’est-il pas remarquable à l’inverse que les mathématiciens français voire les traders se trouvaient être les plus réputés au sein du système financier anglo-saxon ?

  9. @ Ken Avo

    C’est exactement ce que je crois. C’était là où la Statue du Commandeur étaient la plus adorée.

  10. Repère du jour :

    Lundi 13/07 au soir, le Trésor américain ressort l’ardoise : déficit fédéral année fiscale en cours (9 mois) 1 086 milliards, recettes fiscales -18%, dépenses +21% (à cause du plan de relance de l’économie 787 milliards, des guerres, des courants d’air) …

     » … le plan de relance américain est censé sauver ou créer 3,5 millions d’emplois. Mais, en quatre mois et demi, l’Amérique en a supprimé 2 millions. »

  11. Tant que nous abandonnerons nos devenirs communs tout autant que nos devenirs les plus singuliers à des dominants à la dérive, desespérément à court d’idées sur les nouveaux modes de fonctionnement des échanges économiques que requiert l’accouchement de futurs viables qui, bien évidemment, rapprochent toutes les sensibilités humaines encore agissantes au lieu de les opposer, il est en effet à craindre que ce pourrissement n’en finisse plus de s’amplifier !

    De ce point de vue, la déroute économique ambiante, stupidement masquée derrière des montagnes d’artifices boursiers aussi contradictoires que précaires, n’est plus l’épicentre de nos préoccupations depuis bien longtemps déjà !

    Fort heureusement et opportunément, au delà des impasses économiques subies, le développement de nos échanges, confrontations et rapprochements dans la « noosphère », peut de plus en plus et probablement beaucoup plus que nous ne l’imaginons, nous faciliter la maturation accélérée des différentes options de futurs viables à expérimenter pour nous émanciper de cette fange mortifère !

  12. j’aimerais comprendre ce qui se passe entre le dollar et l’euro mon dieu serait on en train d’etre voler lol

  13. Juste un mot sur Paul Krugman.
    « suspecté par certains de complaisance politique avec la nouvelle administration »

    Il a l’humour tres noir, il faut connaitre l’animal pour trouver les piques quelquefois.
    D’ailleurs, lors de la publication de son editorial sur un deuxieme stimulus, il fallait lire le titre « stimulus trap » et se rappeler qu’il pensait qu’un stimulus etait une mauvaise idee au depart; il ne sera jamais au gouvernement, il dit se qu’il pense et les opinions negatives sont considerees comme etant anti-Americaines.
    Demandez a ceux qui s’opposaient a l’invasion de l’Irak, comme Paul Krugman.
    Je le dis hors contexte, il etait aussi l’un des seuls a refuser d’insulter les Francais dans cette periode difficile alors que les « amis de la France » tel que Charlie Rose ne se genaient pas; Paul Krugman est un homme integre.

  14. Il y avait un prophéte qui criait,seul dans le désert…(paraphrase qui concerne une figure biblique)
    Dieu merci,se lévent aujourd’hui,de plus en plus nombreux,tels P. Jorion ,Leclerc et les autres ici.*
    Ailleurs ,comme indiqué,c’est également le cas.
    Parlez ,nous vous en conjurons,vous les « Intellectuels »,de Taddeï à Gauchet,en passant par Guillebaud,Morin…Et la cohorte ,nombreuse,de Personnes avisées.
    Ne nous laissez pas sans avoir donné vos approches,quelles qu’elles soient.
    Toujours dans le but unique de réussir LA Mutation qui débute…Parce qu’elle sera dure,trés dure.
    Longue et vraisemblablement asssez longue.
    Seuls nous ne pouvons en sortir.
    Solidarité et donc altruisme peuvent constituer nos moyens pour aujourd’hui et,surtout sans doute,pour les générations montantes.
    Intuitivement,et quoi qu’on dise,ils sont prêts,voire demandeurs de cette Solidarité,dans un préalable évidemment nécessaire que constituent l’intégrité ,l’honnêteté intellectuelles.
    Toutes qualités intrinséques le plus souvent transparentes ici.
    Confiance donc…Si engagement de Tous. Et consolidation de la construction à ériger solidement qu’est la Constitution pour l’Economie.

  15. @marquis de Laplace

    … sauf qu’une bibliotheque a montants bombes peut eventuellement se « fixer » (pardonnez ce Franglais) en passant une tige filetee a travers. Ou peut-etre une longueur de cable a faible coefficient d’allongement? Sur les cotes ce n’est pas super joli, mais de devant ca peut rester assez discret si bien place.

    Faudrait-il souhaiter que le monde financier tel que nous le connaissons puisse etre rafistole si facilement? Probablement pas…

  16. Sans vouloir vous offenser, il est probable que ni vous, ni les chroniqueurs que vous citez ne soient capables de nous prédire un tant soit peu l’avenir avec un minimum de clairvoyance.
    Je n’en attends d’ailleurs pas tant. Ici, comme ailleurs, je ne cherche à savoir que jusqu’à quel point les médias traditionnels ne nous informent pas. La synthèse ou la prévision, quoique souvent intéressantes, ne me paraissent jamais crédibles.
    Autant le fait de prédire la crise était une question de compétence, de bon sens et de courage, autant chroniqueur / oracle est maintenant devenu un métier impossible. Il faut se rendre aux évidences :
    – Nous sommes entrés au coeur du chaos,
    – Le scénario des cinq prochaines années est imprévisible.
    Comment, au milieu d’une gigantesque tempête, interpréter chaque vague ? L’exercice est vain.
    Je n’ai pour ma part qu’une seule certitude : ce sera douloureux, et, à l’issue, rien ne sera plus jamais comme avant.
    Mais « avant », c’était une course effrénée qui laissait tout les non-compétiteurs sur le bas-côté. La course est finie, elle menait à un mur. Reste à espérer qu’une fois le mur franchi, l’humanité prendra le bon chemin.

  17. Merci François Leclerc pour votre billet.

    Il m’arrive à la lecture d’articles sur la finance et l’économie d’avoir des réflexions assez incongrues :

    Les politiques, les banques et banques centrales cherchent peut être à nous préserver ?

    Lorsque je dis nous, je parle de l’investisseur lambda.

    Demander à votre entourage où il a investi. Sicav, assurance vie, fonds d’investissements, bidule X et Y.

    Il est difficile de savoir ce qu’il y a dans ces fonds conseillés par le banquier.

    Certains sont assez âgés pour comprendre (surtout s’ils sont encore en anciens francs) et ont confiance dans leurs banques.

    Par curiosité, je gratte un peu, et là, j’ai le droit au gros classeur. On peut lire qu’il y a x % de bons du trésor, Y% des actions etc.…

    Et si des millions de français avaient perdu une partie de leurs économies sans le savoir ? Le danger pourrait être un remake du 14 juillet ou plus pacifiquement, des manifestations islandaises ?

  18. @u Marquis de Laplace

    Cher Marquis, je ne vous connaissais jusqu’à présent que grâce à votre Démon (de Laplace). Car c’est bien vous, n’est-ce pas, qui avez proféré, il y a plus de 200 ans, cette maxime qui est le symbole même du déterminisme des XVIIIème et XIXème siècles : « Une intelligence qui, à un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des livres sur la bibliothèque, embrasserait dans la même formule les mouvements des parois de ladite bibliothèque tout comme ceux du plus léger atome ; rien ne serait incertain pour elle, et l’avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux. ».

    Cette prétention démiurgique, cher Marquis, fut depuis lors déniée par le physique théorique et un certain Heisenberg la mit à mort en constatant que l’on ne pouvait connaître à la fois l’emplacement exact et la vitesse d’une particule (l’électron gravitant autour du noyau atomique en l’occurrence). Tout ceci permit la naissance de la nouvelle physique, basée sur la probabilité, toujours incertaine. Et oui, Dieu joue au dés avec notre avenir…

    La plupart des sciences ont intégré cette donnée mais pas l’économie, ce qui prouve donc que l’économie n’est pas une science mais une morale doublée d’un art. Je suppose donc que les nom cités par François sont les plus intuitifs des connaisseurs de l’économie et donc de véritables artistes… Comme le poète, ils voient plus loin que l’horizon… pas à coup de formules mathématiques mais de savoir mêlé d’imagination.

    Et en parlant de poète, que pensez-vous du fait que c’est 30 ans avant Heisenberg que Mallarmé affirma « Un coup de dé jamais n’abolira le hasard ». ?

    Bonne chance avec vos 4 survivantes, cher Pierre Simon.

  19. Plus occupés à observer l’arrivée de chaque vague lorsque la tempête est déchaînée, qu’en est-il de l’océan ?
    L’endettement est le « meilleur outil » de l’enrichissement et il n’y a pas meilleur système pour manipuler et contrôler tout ce qui est « financiarisable ».
    Et si l’argent redevenait publique maintenant que l’on a apprit qu’il suffisait de le rendre virtuel pour continuer à jouer au monopoly et demander crédit à chaque fois que l’on veut continuer à jouer ?
    C’est toute la question et le rapport que nous entretenons avec le réel et sa complexité.
    Comprendre ce qui se passe c’est avant tout remettre en cause des pratiques qui n’auraient jamais dues exister …
    Mais laisser la gestion de l’argent aux banques c’était comme placer chez Mardoff !
    Trouver le cocktail entre morale et conscience pour réhydrater la mondialisation, une alter-mondialisation, c’est toute la réflexion que l’on peut se poser sur l’abondance et la sobriété, les excès et les manques.
    Et quand l’argent n’existait pas encore, l’homme était-il aussi égoïste et malveillant ? Encore animal ?
    En tout cas nous n’avons pas le choix que de continuer sur le principe d’espérance mais commençons par devenir plus altruiste et bienveillant et qu’un jour une justice universelle châtie les boulimiques et vampires de la finance …

  20. @ Marquis
    De la place ?
    Sur vos bibliothèques il n’y a plus ?
    Au lieu de les réparer, vous pouvez aussi donner vos livres …
    Cela pourrait servir d’exemple lorsque les solutions à la crise sont difficiles à trouver …

  21. Il est ecrit « Parlez ,nous vous en conjurons,vous les “Intellectuels”,de Taddeï à Gauchet,en passant par Guillebaud,Morin…Et la cohorte ,nombreuse,de Personnes avisées »

    On a beau faire la somme de Stiglitz à Hudson , cela ne fait pas une politique :
    L’addition du « c’est pas assez » et du « c’est bien trop », du « Yaka » et de « c’est inutile » ne dessine pas grand chose.
    Le couple Evans-Pritchard / Krugman est stérile. Et mettre côte à côte L.Abadie et F.Lordon coûte une élongation.

    Et du simple magma des « intellectuels » et des « personnes avisées » , il ne sort rien de très opérationnel.

    Sinon effectivement, il semble qu’un consensus se dessine que ça va tanguer très très sec, encore pas mal de temps : 5 ans de crise, puis 10 ans de conséquences politiques, puis encore 15 ans de nettoyage pour aboutir à autre chose qui ne sera pas vraiment dessiné par nous … mais par le reste du monde ‘non occidental’

  22. @Beaufou: « Paul Krugman est un homme integre. »

    Je suis loin de partager cet avis.
    Pour moi c’est surtout l’auteur de « La mondialisation n’est pas coupable ». Un sommet de mauvaise foi ou d’aveuglement, j’hésite.
    Krugman prend des poses de rebelle mais dit toujours in fine ce qui fait plaisir à l’establishment.

  23. @ fujisan

    A chacun de choisir ses petits préférés ! Je ne demande qu’à rallonger ma liste personnelle, mais j’évite ceux qui ont déjà un système tout bâti et emploient trop les grands mots, qui n’apportent rien à l’analyse. C’est l’occasion d’apprendre ou jamais !

    @ Opposùm

    Nous n’en sommes pas à faire la synthèse, on n’écrit pas l’histoire à chaud. La collection est disparate, c’est ce qui fait pour moi on intérêt dans l’immédiat.

  24. M’enfin je ne pense pas que la question soit de savoir si le système actuelle peut être sauvé ou non. La question serait plutot tiendras t’il jusqu’as l’arrivé du nouveau système. Mais là encore la question qui reste sans réponse est; y a t’il un nouveau système économique dans les tuyaux.

    M’enfin je reste persuadé que si les coupables ne sont pas punient ils recommenceront. Puisque toutes l’éducation est avant tout construite sur l’ interdictions. Le nouveau système devras définir ses nouvelles interdictions. De tout temps la socièté humaine c’est rendu compte que certaine interdictions était plus profitable a la socièté que la liberté totale et anarchiques des minorités. Ont peut rapidement citer, l’inceste, le meurtre, le vol, l’enterrement de ses morts et autres règles et interdit qui permettent a une socièté de voir augmenter le nombres des ces citoyens en leur garantissant un cadre de vie salutaires et une possibilité de croissance.

    Hors comme tout autres système le système économique et financier doit se préserver si il veux pouvoir perdurer. Un bonne agriculteur sera qu’il faut détruire ou soigner l’arbre malade sous peine de voir se propager la maladie. Tout comme un bon médecin n’hésitera a vacciner en cas d’épidemie.

    L’économimie et la finance doivent être traité comme le serait une vigne ou un être humain, c’est a dire qu’im doit être vacciner si il veux continuer a vivre. Mais le vrai problème reste pourquoi et comment l’économie et la finance en sont arrivé a develloper en leur sains les maladies que les sociètés saines ne cessent de combattre.

    A la question le capitalisme est ‘il mort, je répond personnellement que non, il est tout simplement malade. Est que cettes maladie, qu’est la gouinfrerie le vol et l’arnaque. Un bon médecin conseillerait donc un régime sec a ses patients malades si ils veulent tout simplement survivre.

    M’enfin sachant que beaucoup de malade du coeur préferre attendre l’infarctus plutot que de ralentir leur excés et de limiter les risques d’accident mortel. Et sachant qu’il est interdit d’interdire a ses malades de continuer dans leur penchant macabre. Il risque de falloir attendre l’infractus pour prendre conciensce de la maladie et des risques mortels de celle-ci.

    C’est un peux comme l’histoire de la bibliothéque du marquis, les latte sont anormallement bombé mais comme elle l’on toujours été comment pensé que cela ne puisses pas être normale, mais lorsque le menuisier dont c’est la travaille et lui même surpris de cette arnormalité.

    Les système humains ressemble donc aux humains qui sans servent. C’est a dire que si l’humain devient aliéner par la propagande et l’idéologie, le système en fait de même. Jusqu’as la grosse crise qui révèle l’ampleur de la maladie.

    M’enfin utiliser la perfusion pour un système qui aurait besoin d’une bonne saigné, l’histoire de réduire les humeurs. C’est comme donné du beurre cuit a une malade ayant trop de cholestorol.

    Un bon régine sec, lui serait beaucoup plus profitable. Pour les banques c’est pariel, aux pains sec jusqu’as ceux qu’il aient ré-equilibrer leur bilans. Est si il faut qu’ils vendent leur actifs, qu’ils les vendent, quelques kilos de moins ne leur feront pas de mal.

  25. A l’heure ou le Titanic commença de sombrer certains musiciens se demandaient encore mais qu’est-ce que nous pourrions jouer de mieux pour les gens qui pleurent ?

    Depuis l’aube des temps, sur toutes les planètes de toutes les galaxies, combien de civilisations ont pu naître, poser des questions que nous posons, et puis s’évanouir dans un souffle de vent ?[Gilbert Choquette]

    Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l’Histoire est la leçon la plus importante que l’Histoire nous enseigne. [Aldous Huxley]

    Aucune culture, aucune religion, aucune civilisation n’est à l’abri de la destruction.[Jacques Ruffié]

    L’homme succombera tué par l’excès de ce qu’il appelle la civilisation. [Jean Henri Fabre]

    L’histoire du commerce n’est pas toujours celle d’une meilleure communication spirituelle entre les êtres.

    Notre civilisation : une jolie fille, pomponnée et maquillée, assise sur un tas de merde.[François Cavanna]

    On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas tout d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. [Georges Bernanos]

    Autrefois les hommes chantaient en coeur autour d’une table ; maintenant c’est un seul homme qui chante, pour la raison absurde qu’il chante mieux. Si la civilisation l’emporte, bientôt un seul homme rira, parce qu’il rira mieux que les autres.[Gilbert Keith Chesterton]

    Le plus grand succès de notre civilisation moderne est d’avoir su mettre au service de ses dirigeants une incomparable puissance d’illusion. [Gianfranco Censor]

    Si l’homme civilisé devait tuer lui-même les animaux qu’il mange, le nombre des végétariens augmenterait de façon astronomique.[Christian Morgensen]

    Le degré de civilisation d’une société se mesure à la détresse de ses citoyens les plus pauvres, et non au nombre de ses gratte-ciel. [Nikki Gemmell]

    La plus grande caractéristique de la civilisation orientale est de connaître le contentement, alors que celle de l’Occident est de ne le pas connaître. [Hu-Shih]

    Cette histoire va prendre fin au cimetière, comme toutes les histoires. [Jean Bernard]

  26. @Marquis de Laplace. Je suis inquiet: j’ai, depuis plus de 20 ans, 8 bibliothèques achetés chez le même marchand suédois que vous. Et je crois à la loi de séries… Mais les miennes, remplies pourtant aussi à ras bord, n’ont pas de
    déformation des panneaux latéraux, peut-être parce qu’elles n’étaient pas si bon marché que ça. Ça serait donc l’économie la clé du mystère, ou la physique (vos livres sont plus lourds que les miens) ou tout simplement que vous habitez plus prés de l’épicentre du séisme qui arrive?

  27. @ François Leclerc: vous avez oublié Chaker Nouri. Sur le site ecotidien.fr on peut lire: « Aux Etats-Unis, les médias disent que la crise est finie. Fort de ses années de banquier, Chaker Nouri, notre journaliste économique, analyse la situation pour Ecotidien ». Et dans son texte, on trouve ces lignes qui datent du 6 juillet: « Quoiqu’on en dise, grâce à ces différentes interventions, le marché financier s’est stabilisé, les banques sont sur le point de rembourser près de 68 milliards de dollars à l’État, le marché du crédit s’est assaini ».
    Alors vos William Buiter, Ambrose Evans-Pritchard, Simon Johnson, Paul Krugman, Wolfgang München, Robert Reich, Nouriel Rubini, Joseph E. Stiglitz, Martin Wolf et autres Paul Jorion peuvent aller se rhabiller…

  28. les intellectuels, c’est un peu comme la conscience, ça vient peut-être juste après (ce qui est déjà pas mal, nous pourrions être plus aveugles que nous le sommes 😉 )
    après l’action
    après que les forces se soient modifiés, peut-être juste avant que la transformation se développe vraiment, parce que le corps social est plutôt du genre conservateur, plus que rétif au changement (à ne pas confondre avec l’illusion de nouveauté de nos gadgets et emballages des produits de consommations, là ça bouge surtout pour que rien ne change, afin d’agrémenter la reproduction du même).
    les intellectuels devraient être ceux qui comprennent qu’un monde nouveau depuis pas mal de temps est en train de mûrir
    le projet politique de l’école autrichienne est peut-être la dernière façon de tourner le dos à l’avenir
    (le néolibéralisme dit souvent qu’il faut être moderne, et de fait les réformes néolibérales, sur certains aspects, montrent le chemin de la régression vers l’époque moderne, avant 1789 donc)
    entre l’apparition des bourgeois, leur lente progression, la période où c’étaient déjà eux qui étaient la « force » dominante mais l’organisation sociale était encore celle d’avant, et leur avènement politique il s’en est passé du temps
    et ils ont dû aussi « profiter » de certaines crises, que la société dans son ensemble se mette à bouger
    133 coups de morphing (les horreurs genre terreur viennent en effet assez tout seuls, sans qu’on les aide… d’accord 😉 )
    je me demande, y a-t-il une classe qui serait celle du système de demain? un groupe social qui serait la force dominante de notre société mais qui serait dominée par les structures actuelles (structures de l’hégémonie de la finance, basée sur la dérégulation financière et un libre-échange très particulier – voir Lordon « La menace protectionniste, ce concept vide de sens » – le tout existant grâce à la puissance de l’Etat)…
    c’est qui le monde de demain? les élites chinoises, russes, brésiliennes, indiennes?

  29. @opposùm

    Merci d’apporter un regard perçant.
    Cela peut-il rassurer ?
    Pourquoi pas !
    —-
    A mon sens,rejoignant je crois la majorité,l’essentiel est de débattre,simplement ,et essayer de rester ce qu’on est…
    Mon « avenir » professionnel est derrière moi et je n’ai ni terre,ni actions,ni rente à défendre :cela aurait pu,mais je trouve passionnante l’aventure que nous vivons tous ensemble et ,à mon échelon,je tente de « dire » à la place que j’occupe.
    Je ne peux pour ce faire,n’étant en rien de la partie,que m’appuyer sur ceux ,nombreux ici,qui ont connaissances,expériences et vécus.

  30. Webster G. Tarpley : Il n’y aucune raison de subir une dépression économique mondiale, ni une prochaine guerre mondiale qui pourrait suivre la même séquence d’événements que nous avons connus dans les années 1930.
    Avant tout, les lois de l’économie ne sont absolument pas mystérieuses. Je les expose dans mon nouveau livre, Surviving the Cataclysm (Survivre au cataclysme). Pour sortir d’une dépression, on a d’abord besoin de faire ce qu’il faut pour réduire le fardeau du capital fictif et des revenus spéculatifs de l’économie mondiale.
    Cela signifie faire des choses comme interdire la bulle des dérivés de 1,5 million de milliards de dollars ($1,5 quadrillion), ou taxer les dérivés jusqu’à disparition, interdire les prêts hypothécaires à taux ajustables, déclarer illégaux les « fonds de couverture » hautement spéculatifs (hedge funds), arrêter la saisie des maisons, des fermes et des commerces, taxer les spéculateurs par la taxe Tobin de 1%, réguler de nouveau les marchés pétroliers, saisir et fermer les banques zombies en banqueroute qui dominent Wall Street et la City de Londres.
    Nous devons saisir la Réserve Fédérale américaine, la Banque Centrale Européenne et les banques centrales contrôlées par le privé et les nationaliser. Elles devraient commencer par faire des prêts à 0% pour les activités productives, par lesquelles j’entends la création de biens physiques tangibles sous forme d’industrie, d’agriculture, de construction, de transports, du bâtiment, des mines, de la recherche scientifique, des équipements de santé et autres préalables nécessaires à l’existence humaine.
    Ceci est particulièrement aigu ici aux États-Unis, car toute l’économie approche le point d’un effondrement physique ou thermodynamique. Dans ce pays, nous devrions construire un millier d’hôpitaux, construire cent réacteurs nucléaires haute température de quatrième génération à lit de boulets, construire 170 000 km de rails Maglev (NDT, pour train à sustentation magnétique), reconstruire le système autoroutier inter-États, et reconstruire toutes les installations d’eau et d’épuration. Il nous faut un programme percutant en physique de haute énergie pour résoudre les problèmes actuels de la fusion de l’énergie thermonucléaire. Il nous faut un programme percutant en recherche biomédicale pour trouver les remèdes aux maladies terribles qui affectent l’humanité. Ce sont des efforts, qui par définition devraient être internationaux.

    Bien sûr, nous devons totalement financer et restaurer le réseau de sécurité sociale qui sera important pour les victimes de la dépression dans les deux ou trois ans à venir. Pour couronner le tout, on aura besoin d’une nouvelle conférence monétaire mondiale pour créer un système monétaire mondial viable pour redémarrer le commerce mondial et promouvoir le développement économique et technologique de l’Afrique, de l’Asie du Sud, la plupart des pays d’ Amérique Latine, l’Europe de l’Est et d’autres zones dont le développement économique a été empêché.
    Il faut s’intéresser aux grands projets d’infrastructure mondiale comme le Maglev de Dakar à Djibouti, le Maglev du Cap au Caire, des ponts et des tunnels le long de la Méditerranée à Gibraltar et entre la Sicile et la Tunisie, un système Maglev Eurasien, un pont tunnel pour le détroit de Béring, un nouveau Canal Thaï (NDT: l’isthme de Kra en Malaisie), une « Tennessee Valley Authority » pour le Gange, le Brahmapoutre, le Mekong, l’Amazone et d’autres systèmes fluviaux dans le monde (NDT, Tennessee Valley Authority : entreprise américaine chargée de la navigation, du contrôle des crues, de la production d’électricité et du développement économique de la vallée du Tennessee), et le développement du transport fluvial en Afrique avec un système d’écluses et de canaux entre le haut Nil et le haut Congo.
    Nous devrions faire ceci avec la pleine conscience que si nous ne réalisons pas ces étapes progressives nécessaires de notre vivant, la civilisation mondiale pourrait sombrer dans une période de chaos, des horreurs qu’il est difficile de concevoir pour le moment, mais qui devraient être suffisamment claires. Ma litanie favorite reste celle d’un mineur espagnol de la région au nord de l’Espagne, les Asturies, qui me disait que son credo personnel était : « Ton choix dans le monde moderne est clair. Soit actif avant de devenir radioactif. Alors, choisis. » Cette alternative n’a pas autant changé qu’on le croit. Mon espoir est que de plus en plus de gens choisissent d’être actifs.

  31. Regardez bien cette animation géniale.

    En vert, le revenu moyen des ménages aux Etats-Unis, de février 1987 à aujourd’hui.

    En orange, le prix des maisons dans 20 villes des Etats-Unis, de février 1987 à aujourd’hui.

    Le prix des maisons a augmenté d’une façon prodigieuse, alors que le revenu moyen des ménages augmentait très très peu.

    Mais, depuis octobre 2006, un changement historique a eu lieu.

    Le prix des maisons s’effondre.

    Hypothèse : la paupérisation des Américains ne fait que commencer.

    http://www.youtube.com/watch?v=nSH9KEF8Rso&eurl=http%3A%2F%2Fblogduglobe%2Ewordpress%2Ecom%2F&feature=player_embedded

  32. Etonnant que les auteurs du ‘roman vrai de la crise’ ne soient pas sur votre liste.
    (dgrm: Dessin d’un Gros Rire Moqueur !). La partie proposition de réforme
    est stupéfiante : « on ne peut proposer telle réforme parce qu’ ils
    ne l’accepteront pas ou bien trouveront le moyen de la contourner ».
    L’ode à la sainte liquidité et la défense des hedge funds sont (un gros mot).
    Au total, une impuissance puissamment argumentée.
    Cette démonstration de créativité et de courage justifie
    n’importe quel clown parlant anglais.
    (ça mériterait une nuance: le journalisme d’investigation anglophone
    est souvent remarquable)
    Les journalistes que vous citez valent par leurs informations factuelles
    ou chiffrées, mais la suite nécessite
    le doute systématique: ils ont trop le nez sur le guidon
    pour proposer autre chose que le retour à un état antérieur
    maquillé.

    Répétons-le: un paradigme s’est effondré; la page est blanche;
    il n’y a rien à attendre de ceux qui en sont la cause:
    la route est libre pour les intellectuels de bonne composition.

    Roosevelt et son gouvernement ont mis environ 3 ans
    pour trouver, non sans difficutés, les idées et les hommes.
    Partant du néant actuel, et avec les handicaps revendiqués,
    il serait inespéré de faire mieux.
    Spitzer, attorney à New-York, avait mis en examen sans ménagement
    un certain nombre ( environ 600 ?) des non-réformables de Wall-Street.
    Ce fait indique où se trouve une partie, faible espérons-le, de la question:
    elle n’est pas d’une haute intellectualité.
    Les guetteurs tout azimut sont donc indispensables.

  33. @iGor milhit : « je me demande, y a-t-il une classe qui serait celle du système de demain? un groupe social qui serait la force dominante de notre société mais qui serait dominée par les structures actuelles »

    D’après Todd (si j’ai bien compris), le système éducatif produit cette nouvelle classe dominante. Après à peu près deux siècles de démocratisation du niveau éducatif qui a vu la majorité accèder à l’école primaire puis atteindre le bac, il y a maintenant un nouvel écart qui se creuse entre une majorité qui ne dépasse pas le bac et les autres. Cette classe bénéficie de la mondialisation contrairement aux autres, qui trinquent. Et la démocratie risque d’y passer, au bénéfice d’une oligarchie technocratique.

    A noter qu’en 1789, c’est la bourgeoisie qui a affirmé son pouvoir (qu’elle détenait déjà de fait). Ceci pour dire que le nouveau pouvoir a peut-être déjà le pouvoir de fait.

  34. La bourse a grimpé hier car elle avait baissé de 7-8% depuis l’annonce du chiffre du chômage aux Etats-Unis, plus élevé que prévu. Pourquoi hier? Parce que c’est le début de la publication des résultats du deuxième trimestre aux Etats-Unis et c’est la bourse américaine qui donne le ton, les autres bourses suivent. Autre facteur: le momentum, c’est-à-dire la dynamique de l’opportunité. Depuis hier, on sait que les résultats de Goldman sertont meilleurs que prévus (ils le sont, le chiffre vient de tomber). Cette prévision a eagi comme un déclencheur et a entraîné tout le secteur financier à la hausse, lequel a entrâiné d’autre secteurs, et notamment celui des matériaux, le plus volatil et le mieux placé en cas de redémarrage.

    Il n’y a pas vraiment une nouvelle en termes de fondamentaux pour justifier cette hausse. C’est juste du momentum.

  35. @Ton vieux copain Michel: « Depuis hier, on sait que les résultats de Goldman sertont meilleurs que prévus (ils le sont, le chiffre vient de tomber). »

    Comment le savait-on hier si les chiffres viennent de tomber aujourd’hui? 😉

  36. @Jérémie

    Vous avez oubliez le sens de la vie:

    Q: Qu’est-ce que la vie?
    R: La vie est une maladie mortelle transmise sexuellement.

    @HuguesL

    Mais, où peut-on acheter des tiges de métal filletées (et de bonne dimensions?)
    Faites vites, la crise va plus vite à l’intérieur de ma demeure qu’à l’extérieur

    @Pablo75
    “Je suis inquiet: j’ai, depuis plus de 20 ans, 8 bibliothèques achetés chez le même marchand suédois que vous”

    N’ayez crainte. Une amie m’a fait savoir que ma mémoire était bien mauvaise. Les dites bibliothèques, loin d’avoir été achetée chez “un marchand d’origine suédoise que par gentillesse je ne nommerai pas ». ont en fait été achetées chez un manufacturier local qui a depuis belle lurette disparu et que par gentillesse je ne nommerai pas (d’autant plus que je ne me rappelle plus son nom!)

    D’ailleurs parlant de ma santé, j’ai des doutes : j’ai vu dans un rêve cette nuit de « jeunes pousses » poussées sur mes bibliothèques.

    @AlainA

    “Cette prétention démiurgique, cher Marquis, fut depuis lors déniée par la physique théorique”

    Mon digne représentant au XX ième siècle, E.T. Jaynes, a déjà répondu à vos doutes/préoccupations dans “Probability Theory” “10.7 But what about quantum theory?” (p.327) et a très bien su préserver ma très haute réputation.

  37. @ Moi, je rectifie. Depuis hier, le faisceau de présomptions concernant des résultats de Goldman supérieurs aux attentes s’est amplifié et notamment depuis que l’analyste vedette du secteur financier, la très écoutée Meredith Whitney a recommandé d’acheter le titre avec un objectif de 183$; ce qui laisse encore un petit 20% (mais le titre a triplé depuis janvier).

    C’est du pur momentum. On a assez répété que le résultat de Goldman allait être excellent et il était annoncé pour aujourd’hui. Hier, lundi, les gens ont acheté au son du canon sacnant bien qu’ils avaient une fenêtre d’opportunité de 24 heures.

  38. @ Ton vieux copain Michel

    Aujourd’hui, Wall street a ouvert « en petite baisse » et Goldman ne semble pas avoir au final autant « tiré » que cela les bourses de New York, cela ressemble plutôt à un feu de paille. La question qui va être sur beaucoup de lèvres est : « est-ce que cela est vraiment une si bonne nouvelle que cela, ces résultats de Goldman ? »

  39. Il paraît que dans les résultats des banques, ils ne sont pas obligés de mentionner ls pertes dues aux actifs pourris, est-ce vrai ? Dans ce cas-là ces résultats ne veulent absolument rien dire, non ?

  40. @ DB

    Officiellement, les règles comptables internationales du moment sont appliquées, mais elles ont tendance à être à géométrie variable, afin d’arranger les comptes (les américains appliquent leurs propres règles, qui ont été récemment modifiés en ce sens). Pratiquement, c’est de l’auto-déclaratif. Cela devient plus sérieux en fin d’année, quand il faut effectuer la clôture des comptes. Il y a donc une course de vitesse en cours, afin d’obtenir de nouvelles règles avant cette échéance. Nous aurons par ailleurs droit cette année, c’est actuellement prévu en septembre, à des tests de solidité (stress tests) des banques. Mais leurs résultats détaillés, banque par banque, et peut être même pays par pays, ne seront pas rendus public.

  41. @François Leclerc

    Merci pour votre réponse. Mais une fois de plus, les résultats des stress tests ne seront pas rendus publics et donc il sera facile de nous raconter ce que l’on veut. Quand à la clôture des comptes, ne peut-elle pas aussi être trafiquée ? Pour l’instant, la seule chose qui me paraît la plus sûre pour voir l’état de l’économie, cesont le chômage et les faillites d’entreprises, qu’en pensez-vous ?

  42. >Mais, où peut-on acheter des tiges de métal filletées (et de bonne dimensions?)
    >Faites vites, la crise va plus vite à l’intérieur de ma demeure qu’à l’extérieur

    Normalement, n’importe quel magasin de brico. Mais c’est generalemtent par morceaux d’un metre, et si votre bibliotheque est + large il faudrait utiliser un raccord (ca se trouve de meme dans les bricos, je ne connais plus le terme exact).
    Desole Paul Jorion ca derive un peu par rapport au topic, mais les livres et leur contenu, c’est sacre!

  43. @HuguesL

    Merci pour le conseil. Je vais m’atteller à la tache.

    « ca derive un peu par rapport au topic »

    Pas du tout!
    Car, même si c’est tout-à-fait un hasard, la similitude entre mes bibliothèque et l’économie est à la fois surprenante et éclairante.

    Espérons qu’il existe aussi des tiges métalliques pour l’économie.

  44. @F. Leclerc

    « Lorsque vient, toutes ces lectures épuisées, le moment difficile de la synthèse, il est après réflexion possible de se poser une question centrale. Le puits que cherchent à combler les gouvernements des pays occidentaux, ainsi que les banques centrales, n’est-il pas tout simplement trop profond pour être comblé ? La politique qui est suivie a-t-elle, dans ces conditions, une chance d’aboutir ? Le système financier, dans son ensemble, n’est-il pas en réalité « too big to save », trop gros pour être sauvé ?

    N’est-ce pas cette vérité toute simple, mais pas exagérément confortable, qu’il va falloir un jour se résoudre à affronter, afin de sortir du déni ? »

    Ces questions me paraissent quelque peu hors-sujet, ou du moins les réponses en sont déjà clairement établies depuis plusieurs mois par vous-même et Paul. Les dirigeants internationaux agissent selon les méthodes qu’ils connaissent, et selon l’hypothèse préalable d’une posture A (ou B light) dans le référentiel de J. M. Granier. Le choix du déni à déjà été fait, il n’est plus en question désormais, et rien actuellement ne permet d’envisager un revirement à ce sujet. L’Histoire tend plutôt à montrer que seul un choc majeur pourrait les amener à reconsidérer leurs positions (type guerre, famine, etc).

    Par ailleurs, sur ces problématiques comme dans l’ensemble du champs de la Raison, il existe deux grands courants méthodologiques. Très grossièrement, dans l’un la théorie est préalable à la mise en pratique, tandis que dans l’autre on expérimente dans un premier temps pour seulement ensuite déduire les lois générales. C’est par exemple l’une des distinctions fondamentales que l’on puisse faire entre les mathématiques et les sciences physiques.

    La chose est manifeste dans pas mal de discussions sur internet:
    La question « le système actuel ne vous convient pas, mais avez vous une solution de remplacement à proposer? » est récurrente. Ainsi, il faudrait pouvoir livrer un système « clé en main » pour avoir voix au chapitre. Cependant, l’exemple le plus frappant issu de cette méthodologie réside sans doute dans le marxisme et son application soviétique, dont on ne peut pas réellement dire que ce fut une réussite.

    Parallèlement à cela, cette objection dans la bouche de défenseurs du modèle capitaliste est paradoxale: Le capitalisme est précisément le fruit d’une maturation essentiellement expérimentale entamée dès la Renaissance, non pas celui de la production purement théorique d’on ne sait quel savant qui aurait jeté sur le papier tous les principes de fonctionnement d’une société moderne.

    Ainsi donc, la question de savoir « s’il ne serait pas temps de sortir du déni » n’a plus d’objet. La plupart des lecteurs de ce blog on déjà admis avec plus ou moins de fermeté leur doute quant à la pérennité du système actuel, ainsi que pour certains dans la nécessité même de voir cette machine redémarrer. En d’autres termes, les objectifs des uns et des autres sont fixés.

    Or, pour ceux dont l’objectif ne soit pas « de tout recommencer comme avant », l’heure est plutôt à l’observation des activités humaines concrètes qui parent à la faillite du système financier, ou à la mise en place de celles-ci, puis, ultérieurement, à la théorisation de ces processus.

    A titre d’exemple, lors d’une discussion récente avec un élu local, ce dernier me parlait de « la mode » du retour au jardinage… Je ne suis pas certain que son analyse de cette tendance soit la plus pertinente…

  45. @François Leclerc
    “est-ce que cela est vraiment une si bonne nouvelle que cela, ces résultats de Goldman ?”

    Oui, pour les gens qui travaillent a Goldman…18 milliards de bonus, c’est joli en pleine crise.
    Tous les animaux sont egaux mais certains le sont plus que d’autres.

    Je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle mais ca me donne envie de vomir.

  46. Vous traitez des chroniqueurs dans les blogs ou journaux mais j’aime beaucoup aussi les livres qui sortent sur le sujet.

    Ce printemps, j’ai lu « La trahison des économistes » de Jean-Luc Gréau et j’ai beaucoup aimé les explications claires sur le monde financier. Il y en a évidemment plein d’autres intéressants dont les livres de Paul Jorion.

    Il est quand même difficile effectivement de se lancer dans des prévisions sur 5 ans quand on voit que les médias ont peine à saisir l’ampleur actuelle de la crise. Peu parlent de crise systémique et on dirait que le monde financier et le monde politique sont prêts à repartir comme avant. Aux prochains soubresauts de reprise, on attend que les consommateurs se mettent à reconsommer et à s’endetter comme si de rien n’était. C’est incroyable…

  47. @Ton vieux copain Michel : « Depuis hier, le faisceau de présomptions concernant des résultats de Goldman supérieurs aux attentes s’est amplifié… »

    Faisceau de présomptions, comme c’est bien dit. 🙂
    Je sais comment cela se passe, j’ai déjà vu faire (pas pour Goldman Sachs mais quelques autres). Les chiffres sont connus des employés avant la publication, parfois une semaine avant. Il suffit d’avoir le bon contact et on a quelques jours pour se positionner avant de déboucler au moment de la publication.

    Tout cette hypocrisie boursière me gonfle vraiment.

  48. @ Dissonance

    Je ne vais pas en disconvenir, le système capitaliste à sa logique, c’est celle de sa perpétuation. Cela ne lui est d’ailleurs pas propre.

    Mais s’il est bien en train de se heurter à des murs qu’il ne parvient pas à esquiver, il va lui falloir, pour sauver ses meubles, à nouveau aller au-delà de ce qu’il est prêt à envisager. C’est ce qu’il a commencé à faire, il peut devoir poursuivre, malgré les tentatives auxquelles on assiste en ce moment de limiter les futurs mesures de régulation financière.

    Bien entendu, il faudrait un « choc majeur » pour que tout ne redevienne pas comme avant, à ce qui ne pourrait alors être considéré que comme des aménagements acceptables, de son point de vue. De quelle nature pourrait donc être celui-ci ?

    Une révolte sur un porte-avion nucléaire ? Peu probable. Une grève générale illimitée ? Pas plus. Les mouvements de protestation et de révolte n’ont pas d’impact, ils cherchent encore leurs modes d’expression, leur traduction politique est incertaine. Cette aspect de la situation reste une grande inconnue, qui s’imposera d’autant plus sur le devant de la scène que la suite des évènements sera socialement douloureuse. Elle s’annonce devoir l’être.

    Par contre, de nouveaux chocs financiers ne sont pas à exclure. Aux Etats-Unis, en Europe également, ce que l’on commence à reconnaître. Quelles mesures de sauvegarde et de sauvetage appelleront-ils ? L’attentisme et les bricolages qui prédominent aujourd’hui sera-t-il toujours possible ? C’est en ce sens que le déni ne sera plus tenable, tout du moins sous sa forme actuelle.

    Nous semblons nous diriger plus vers une exacerbation de la crise que vers une accalmie, qu’elle soit considérée sous ses aspects financiers, économiques et sociaux. Si cela se confirmait, pour reprendre la phrase célèbre, nous étions au bord de l’abîme, et nous ferions un grand pas en avant.

    Impossible de refermer le livre avant de l’avoir lu en entier !

  49. Un peu de simplisme au milieu des brillants penseurs.
    L’histoire nous enseigne que ce ne sont jamais les privilégiés qui ont abolis les privilèges.
    Attendre de ceux qui pilotent ce système moribond et scandaleux qu’ils en entreprennent la réforme me parait être une douce utopie…
    Le plus inquiétant à mes yeux est qu’aucune alternative politique en capacité de réformer cette folie ne semble émerger.
    L’alliance des états et des corporatismes ont produit ce puits sans fond.
    Nous avions presque séparé l’église et l’état, comment se fait il que aucun mouvement politique ne parle de séparer l’état et les corporatismes.
    Étrange époque.
    Confisquer les leviers de nuisances des nuisibles?
    Avons nous d’autres alternatives pour changer de paradigmes?

  50. @Francois Leclerc et Dissonance

    Le scenario le plus probable est le suivant: une lente effritement de la crédibilité et du pouvoir de l’état au profit de « communautés » (au pluriel) dont le ciment sera de différents types: niveau sociaux professionnel, ethnie, religion, gangs, mafia de tout acabit, communauté de militaires, etc

    Bref, ce sera une décomposition lente de l’état comme cela se passe au Mexique, et dans le passé dans l’Empire Romain.

    Entre temps, la situation peut rester relativement stable avec le patchage habituel.

    Quand Geithner appelle la Chine à la rescousses pour sauver le dollars (récente nouvelle), la Chine a du mal à retenir son sourire et feint de faire une contribution. Car bien évidemment maintenir le dollar élevé est à son avantage et permettra de continuer (en s’accélérant presqu’exponentiellement) le transfert des usines et de la technologie des USA vers la Chine (en échange de babioles de consommation immédiate de tout acabit). Bref, un échange de biens productifs contre des biens de consommation (relire Adam Smith!). La Chine a besoin que la bulle financière continue pour donner l’illusion aux américains que le transfert réel de la richesse vers la Chine est compensé par un transfert de capital (illusoire) financier.

    Quand tôt au tard, les USA ne pourront plus continuer (dans 1 an (peu probable), 5 ans, 15 ans ?) alors le dollar s’effondra, les exportations de la Chine aussi, et le transfer techno/usine vers la Chine prendra abruptement fin. Alors la Chine n’aura qu’à écouler sa spectaculeur production industrielle récemment acquise sur son immense marché intérieur en devenir et sa monnaie sera la nouvelle monnaie forte et son indice boursier remplacera le SP500. Les USA ressembleront alors à l’Argentine et les chinois seront suffisemment « gentils » d’accepter de financer leur re-développement soit directement soit via le FMI.

  51. @ Moi

    Est-ce que Meredith Whitney a obtenu des informations confidentielles? Peut-être. Tout est possible dans cette corporation. Ce qui met la puce à l’oreille, c’est que la veille de la publication des résultats de Goldman, elle relève son objectif et annonce une estimation de 1$ par action supérieure au consensus (il s’avère aujourd’hui qu’elle était encore en-dessous de la vérité). Quoi qu’il en soit, l’important n’est pas que Meredith Whitney soit au parfum de quelque chose mais qu’on s’imagine qu’elle sache quelque chose que les autres ignorent, ça suffit pour faire monter le titre.

    @ François Leclerc

    En effet, pour l’instant, la bourse n’a pas suivi sur sa lancée. Il faut sans doute attendre les chiffres de General Electric, cette semaine, et puis des autres banques (JP Morgan, Morgan Stanley, Wells Fargo, Bank of America et Citicorp) pour voir si la tendance se confirme. Comme quoi, une hirondelle nommée Goldman Sachs ne fait pas le printemps. « Est-ce que c’est une si bonne nouvelle que ça, les résultats de Goldman? » demandez-vous? A part les actionnaires, les execs et les employés de cette banque qui vont toucher en moyenne 350.000$ pour les six premiers mois de l’année, je ne vois pas qui ça pourrait réjouir. Ces chiffres sont bien la preuve que ce tout qui a provoqué la crise de l’année dernière est reparti de plus belle, en attendant une nouvelle catastrophe, une nouvelle bulle qui se formera sans doute ailleurs (j’ai lu quelque part que l’immobilier à Pékin grimpe de 8% par semaine). Rien n’a fondamentalement changé.

  52. La crise des subprimes ne semble pas avoir ébranlé le moins du monde les financiers renfloués allégrement par les gouvernements (elle a juste ébranlé des millions de familles américaines sur le carreau mais ce n’est pas grave). Quel événement plus important que cette crise peut être l’élément déclencheur ?

    Un nouveau krach financier qui risquerait peut-être de balayer toutes les annonces faites par les politiques et médias de signes de reprise ? Une guerre ?

    Voilà pendant ce temps-là le genre d’articles qui continuent de pulluler dans la presse d’ici et qui sont fatiguants :

    http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/etats-unis/200907/14/01-883902-la-consommation-ne-repart-toujours-pas-aux-etats-unis.php

    Pense-t-on qu’avec 500 000 nouveaux chômeurs par mois aux US, les gens vont se mettre à reconsommer d’un coup de baguette magique et que tout va recommencer comme avant ? Sincèrement…

    Si c’est ça que l’on appelle une reprise…On risque fort de ne jamais s’attaquer auxréformes du système financier.

  53. @Marquis de Laplace

    Qui est devenu le premier marché automobile dépassant les US ce premier semestre ? La Chine
    Où VW vend maintenant plus d’un million de voitures et représent son premier client : La Chine
    Où c’est ouvert la première usine d’assemblage de Airbus hors Europe : La Chine

    Bien sûr tous cela n’a rien d’écologique.

    En face, pour juin, vous avez le marché automobile japonais qui recule de plus de 13% mais fait inédit au monde, les véhicules hybrides dépassent les 10% de parts de marché.

  54. @ iGor 1K-hit,

    C’est quoi un intellectuel?
    Un mec qui refait le monde avec ses maux faute d’accord sur des concepts opératoires?

  55. @Marquis « de » Laplace

    Parce que je vous parle de la mort cinq minutes alors vous en concluez que j’ai déjà oublié le sens de la vie.

    Ne savez-vous pas que la source de toutes les misères de l’homme, ce n’est pas la mort, mais la crainte de la mort ? [Epictète]

    L’homme qui s’attache à cueillir les plaisirs comme des fleurs, est saisi par la mort qui l’emportera comme un torrent débordé emporte un village endormi. [Bouddha]

    La mort ne surprend point le sage : il est toujours prêt à partir. [Jean de La Fontaine]

    C’est parfois la peur de la mort qui pousse les hommes à la mort. [Epicure]

    Philosopher, c’est apprendre à mourir. [Cicéron]

    La mort rattrape ceux qui la fuient.[Horace]

    La mort est le berceau de la vie.[Jacques Higelin]

    Chaque instant de la vie est un pas vers la mort. [Pierre Corneille]

    Il est mauvais de souhaiter la mort, encore plus mauvais de la craindre. [Chilon]

    Si tu veux pouvoir supporter la vie, sois prêt à accepter la mort ! [Sigmund Freud]

    Les hommes, n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, se sont avisés pour se rendre heureux de n’y point penser. (ils se divertissent) [Blaise Pascal]

    Une vie remplie n’est pas forcément une vie heureuse, comblée, mais celle qui laisse sa marque sur nous-mêmes, sur autrui. [Paul Michaud]

    Qui ne vit que pour soi est mort pour les autres. [Publius Syrus]

    Toute vie qui n’a pour but que de ramasser de l’argent est une piètre vie. [Andrew Carnegie]

    Les marchés n’apportent pas toujours la vie, la jouissance, le rire, mais parfois la mort, la bêtise, les lamentations.

    Ne perds pas ton temps à gagner ta vie. Gagne ton temps, sauve ta vie. [Lanza del Vasto]

    La vie n’est pas raffinée. La vie ne se prend pas avec des gants.[Romain Rolland]

    A force d’être moderne, je me demande si la vie est encore la vie… [Quino]

    Une vie trop facile est une atteinte à la valeur de la vie. [Volter Kilpi]

    On se demande parfois si la vie a un sens… et puis parfois on rencontre des êtres qui donnent réellement un sens à la vie. [Brassaï]

    Sans la mort, y aurait-il la vie ? Et sans la haine y aurait-il l’amour qui engendre la vie dans le ventre des humains ?
    [Francine Ouellette]

    La vie et l’amour sont la même chose. Quand il n’y a pas d’amour, il n’y a pas de vie.[Roch Carrier]

    Aimes-tu la vie ? Alors ne gaspille pas ton temps, car il est l’essence de la vie.[Benjamin Franklin]

    Ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort. [Antoine de Saint-Exupéry]

  56. @Serge Demoulin

    Le mouvement punk a été bien plus médiatique que l’emblème d’un quelconque courant de pensée véritable dans sa version historique (70’s). Actuellement, un mouvement de nature artistique qui me paraisse à la fois relativement proche de « l’idéal punk », tout en étant à mon sens bien plus profond, c’est celui qui anime le monde des « teufeurs » et des raves-parties, bien qu’il ait été assez largement muselé par les autorités. Ce n’est d’ailleurs peut-être pas un hasard?

    Quant à l’anarchie, vous semblez malheureusement la confondre, comme c’est bien trop souvent le cas, avec l’anomie (« absence d’ordre »). En réalité l’anarchie (« absence de commandement ») est l’idéal de la démocratie (« souveraineté du peuple »), si l’on en croit le sens étymologique des termes, à mettre en opposition à celui de hiérarchie (« commandement sacré ») – (entre parenthèses et guillemets l’étymologie – grecque – des mots pré-cités). Ainsi une société anarchique serait par définition fondamentalement égalitaire, puisque aucun individu ne disposerait de la moindre préséance sur aucun autre, ce qui est, au moins en matière de droits, l’essence du propos démocratique.

    Une question philosophique découle de ce bref exposé: l’absence de commandement implique-t-il l’absence d’ordre? Je vous épargne ici l’ensemble du raisonnement qui me conduit à penser que non. A ce sujet je me contente juste de citer l’exemple de la période prohibitionniste américaine, qui donne corps à la maxime « les lois n’existent que pour être contournées ».

    Toutefois l’anarchie n’est jamais rien d’autre qu’une ligne d’horizon. En effet, si l’on peut à la rigueur envisager que par le jeu de l’éducation et d’une équitable distribution des richesses (entre autres), on puisse rendre la plupart des individus suffisamment conscients de leurs propres responsabilités vis à vis de la collectivité (une personne étant à même de satisfaire tous ses besoins n’a aucune raison de pratiquer le vol par exemple), elle est foncièrement incapable de répondre aux problèmes posés par les cas pathologiques: Que faire des personnes qui ne sont pas maîtresses de leurs actes si on refuse de leur imposer quoi que ce soit?

    @F. Leclerc et Mr le marquis 🙂

    Oui, oui et encore oui. Les seuls « chocs » prompts à amener un changement de paradigme sont sans doute ceux qui prendront prochainement naissance dans le cœur du système lui-même, démontrant que l’ensemble des solutions actuellement mises en œuvre ne sont que de la poudre aux yeux. L’exemple argentin est à ce titre sans doute plus ou moins représentatif de la situation à venir par chez nous; on pourrait aussi considérer la situation russe au lendemain de la chute du mur de Berlin.

    Remarquez toutefois, comme l’avait fait remarqué Paul dans son intervention sur Parlons.net, qu’au delà d’un certain seuil d’amendements, la question de savoir s’il s’agisse du même système ou d’un autre ne se résumera plus qu’à une stricte question de vocabulaire: Dans les faits, l’après n’aura de toute façon plus grand chose en commun avec l’avant.

  57. @marquis,

    c’est ma plus grande inquiétude pour nos générations futures. Mais là encor l’objectif reste le conquète de nouveaux consommateur donc une nouvelle émissions de monnaie. Je crois qu’ils ont perdu les pédales, tout simplement. Je ne pense pas que les occidentaux qui auront fait fortune en chine pourront garder leur pouvoirs bien lomgtemps si ils poussent leur propres peupkes a la misère. Il y a le jeux de qui perd gagne mais en se momment il semblerait que celui qui as gagner risque de se perdre et de nous perdrent avec. La chute des empires ces aussi la chute des colonnies.

  58. une petite blague de mr chevallier pour vous faire rire.

    « L’effondrement financier qui s’est produit en 2008 n’était pas une crise, juste une destruction créatrice indispensable comme il s’en produit toujours depuis 60 ans.

    Le système bancaire des Etats-Unis est sain maintenant, ce qui est loin d’être le cas dans la Vieille Europe où un tsunami bancaire peut se produire à tout moment à cause des banques qui ne respectent pas ces ratios d’endettement.

    Tout est simple disait Milton Friedman…  »

    http://www.chevallier.over-blog.fr/

  59. « le systeme bancaire des E-U est sain  »
    j’ai encore du mal à m’en remetre tellement j’en pleure 🙂

  60. @enzobreizh

    Par le même raisonnement, j’ai trafiqué le compteur de vitesse de ma vieille 2CV pour qu’il affiche 200km/h en toute circonstance, j’ai repeins le vénérable véhicule en rouge vif et ainsi, j’ai le sentiment de rouler en voiture de sport… Problème, voilà bien longtemps que je ne parviens plus à la démarrer 🙂

  61. @jérémie

    Je cherche depuis longtemps les mots exacts d’une citation d’un auteur français qui a dit quelque chose comme:

    « Pour convaincre, il ne suffit pas que ce qu’on dit soit vrai mais que ce soit avantageux pour l’autre que ce le soit »

    Aucune résultat dans ma recherche dans 3 livres de citations.
    Mais il semble que vous êtes l’expert en ce domaine: êtes-vous capable de me la retrouver?

  62. Plus avant je lis l’intérêt d’un quidam ,élu local,pour le jardinage…
    Ne devra-t-on pas nous y intéresser tous,à court-moyen terme ?
    Je suis persuadé,devant les faits :
    –Cupides financiers repartant à la manoeuvre
    –Politiques s’en remettant à eux et à leurs « connaissances »(ils leur sont redevables en effet…)…archi nulles pourtant(Preuve faite)
    –Les mêmes et quelques milliers de spéculateurs peu soucieux d »autres chose que de leurs dividendes
    –!et tout le reste à l »avenant,
    que nous devrons tous nous y mettre …et protéger nos « biens »(Chiens et ,si nécessaire : piéges divers….et autres joyeusetés jusqu’au champ de mine !!! )

    Trés sérieux,à l’instar des secrétaires londoniennes(qui consacrent leur pause de midi à leur sustentation avant de se mettre à la bêche) ,avec les miens d’abord,on va s’y mettre avec détermination. Le temps de voir ,grâce à une Constitution pour l’économie bien posée et opérationnelle,se mettre en place un monde différent :
    Moins pollué sans doute,mais surtout moins pourri ,car il l’est jusqu’à la moelle = en médecine on dit incurable ou morituri selon les générations.

  63. @Jason
    Il y a une différence entre le risque et l’incertitude : le risque est quantifiable , l’incertitude , non . C’est une chose de savoir qu’il y a 50% de chance qu’une chose tourne mal . C’en est une autre de ne pas savoir du tout quelles sont les chances . L’utilisation des informations de ce blog a le mérite de réduire les incertitudes de la situation actuelle selon un pourcentage qui est laissé à la libre appréciation de chacun . C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous sommes de plus en plus nombreux à le consulter . A bord du Titanic ou de l’arche de Noë , au fond du puits ou en équilibre sur la margelle , c’est selon . Guettant le gros cumulus qui nous décidera à sortir le canot de sauvetage ou l’échelle de corde , tout en espérant le moindre rayon de soleil qui confortera notre position actuelle de ne pas en arriver là .

  64. Le seul commentateur auquel je fais confiance est moi-même en toute modestie, car même Stieglitz et autres sont trop optimistes. Mes vues correspondent à ce qui est exprimé ici :

    Il faudrait que chacun applique la méthode du doute cartésien : Examiner les chaines logiques, ne pas croire.

    En ce qui me concerne, le capitalisme n’a jamais fonctionné, au sens plein, sauf maintenant et l’on en voit le résultat. Il est fondé sur un immense tissu de mensonges indignent d’un enfant de 6 ans. Le libéralisme a moins de fondements logiques que la religion.

    1) Une entreprise est précisément destinée à fournir de la surproduction, elle est faite pour ça. Les employés d’une quelconque entreprise ne peuvent consommer ce qu’ils produisent, et le microcosme rejoint le macrocosme. Une région prospère est nécessairement exportatrice, mais la planète entière ne peut l’être.

    Une série mathématique A/B, A1/B1, A2/B2, …où An > Bn (où A est la valeur produite et B la valeur distribuée) tend vers un nombre positif à savoir que l’ensemble de la zone n’a pas les moyens de consommer ce qu’elle produit, et il ne sert à rien d’invoquer l’investissement ou la consommation des riches pour s’en sortir : c’est insuffisant, -c’est la fausseté de la Loi de Says.

    2) la liberté des prix est le tonneau des danaïdes, qui rend impossible toute amélioration de quoique ce soit.

    3) la valeur de l’argent repose sur sa rareté, donc sur la pauvreté des autres acteurs économiques. La valeur d’un capital est différentielle, et non absolue ou numéraire.

    http://fr.internationalism.org/ri331/crise.html

    Il en est ainsi depuis la genèse de ce mode de production. Le capitalisme n’a pas conquis la planète entière du jour au lendemain. Prenons l’exemple de l’Angleterre. Lorsque, en 1733, John Kay met au point son fameux métier à tisser qui multiplie par quatre la productivité, les étoffes tissées, désormais abondantes et bien moins chères, n’ont pas été vendues aux seuls ouvriers et entrepreneurs anglais. Elles étaient également consommées par des paysans ainsi que par des nobles qui avaient la possibilité d’acheter. Ces paysans, ces nobles, n’appartenaient pas à la sphère de production capitaliste qui, à elle seule, eût été incapable de tout absorber. Voilà donc un exemple de marché extracapitaliste à l’intérieur même du pays où est née la révolution industrielle. Dans une certaine mesure, des poches, des unités de production capitalistes, sont apparues et ont progressivement gagné le reste du monde. Par là même se trouvaient résolues, momentanément, les crises de surproduction. Certes, il y en avait, mais celles-ci, aux 18e et 19e siècles, duraient deux à trois ans, le temps que de nouveaux débouchés soient conquis. Après quoi la machine économique repartait de plus belle.
    Ainsi ce système a-t-il pu, dans les contrées où il est né, c’est-à-dire en Europe, trouver les conditions de sa croissance. Toutefois, en conquérant ce type de marché avec des produits défiant toute concurrence, le capitalisme contraignait les sphères de production extra-capitalistes à produire de la même façon que lui. Pourquoi ?
    Qui pouvait en effet continuer à produire des étoffes artisanalement alors que les manufactures, ces ancêtres des usines modernes, faisaient les mêmes mais à bien moindre coût ? Personne. En conséquence, le capitalisme ne faisait que détruire ce qui lui servait momentanément de ballon d’oxygène. Ces marchés extérieurs adoptaient à leur tour le mode de production capitaliste et le même problème se retrouvait posé encore et toujours à une échelle chaque fois supérieure : à qui vendre ?

    =========================

    La question qu’on pose est de savoir comment l’économie fonctionnait avant la crise des subprimes, en tout cas il semble que sans endettement il n’était jamais possible de faire fonctionner cette économie.

    L

  65. @Lisztfr

    Vos arguments sont facilement réfutables:

    1) « Une entreprise est précisément destinée à fournir de la surproduction »
    Faux
    « Les employés d’une quelconque entreprise ne peuvent consommer ce qu’ils produisent »
    Propos habilement trompeurs.
    Rectificatif: Les employés d’une quelconque entreprise ne peuvent consommer tout le produit que l’entreprise produit. Ainsi échangeront-il l’excédent de produits contre l’excédent d’un AUTRE produit produit par une autre entreprise, autre produit dont il sont eux-mêmes en MANQUE.
    Ce procédé s’appelle la SPECIALISATION des tâches qui existent depuis des millénaires et qui font bien théorisé et mis sur papier par Adam Smith, vraisemblablement le plus brillant économiste de tous les temps (hormis de petites erreurs de sa part, en particulier, et non pas la moindre, sur la valeur du travail)

    2) »Une série mathématique A/B, A1/B1, A2/B2, …où An > Bn (où A est la valeur produite et B la valeur distribuée) tend vers un nombre positif à savoir que l’ensemble de la zone n’a pas les moyens de consommer ce qu’elle produit, »
    Cette série mathématique suppose que tous les quantité sont IDENTIQUES EN NATURE.
    Il n’en est rien en économie.
    Exemple:
    A1=6 pommes
    B1=3 pommes
    A2=6 oranges
    B2=3 oranges
    *** Une pomme n’est pas identique en nature a une orange.***
    Les employés de l’entreprise 2 échangent les 3 oranges excédentaires contre les 3 pommes qu’ils n’ont pas. Résultats
    Possession 1: 3 pommes + 3 oranges
    Possession 2: 3 pommes + 3 oranges
    Equilibre parfait. Joyeux festin de tous les convives devant un @listzfr malheureusement maintenant en état de choc!
    En terme mathématiques: la somme de la série est toujours positive. Il y a eu de la valeur CREE et elle est distribuée entre tous selon les goûts de chacun par un échange.

    2) « la liberté des prix est le tonneau des danaïdes, qui rend impossible toute amélioration de quoique ce soit.  »
    Changer « impossible » par « possible » et c’est maintement parfaitement juste.
    La liberté des prix permet de déterminer ce que chaque chose vaut aux yeux de chacun et permet ainsi de réajuster la production future en vue des besoins de chacun exprimés par les prix de chaque chose
    Par exemple, aujourd’hui aux USA, le prix des camions 4×4 est en chute libre et les soins de santé explosent — il faut donc réduire ou abandonner la production des 4×4 et utiliser la main d’oeuvre (ouvrier, ingénieurs) libérées pour construire des cliniques/hôpitaux et former du personnel approprié. Présentement cela ne fait pas parce que les politburos communistes Bush/Paulson et Obama/Geitner après avoir nationaliser de facto la plus grande compagnie d’assurance (AIG), les plus grandes banques, 1/2 de toutes les hypothèques du pays (via Fannie Mae et Freddie Mae) ont décidé encore une fois d’interférer et de « sauver » General Motors en la nationalisant pour qu’elle continue encore de produire ce que personne ne veut acheter. Bref, le politburo ne veut pas que le marché fonctionne normalement.

    3) « la valeur de l’argent repose sur sa rareté, donc sur la pauvreté des autres acteurs économiques.  »
    La valeur de l’argent repose sur sa propriété d’être utilisable comme intermédiaire pratique pour échanger des biens. Loin de reposer sur sa rareté, la valeur de l’argent repose plutôt sur le fait
    a) qu’elle est ubiquitaire, c’est-à-dire exactement le contraire de ce qui était énoncé.
    b) et donc, peut mesurer la valeur RELATIVE d’une chose vs une autre.

    4) « Qui pouvait en effet continuer à produire des étoffes artisanalement alors que les manufactures, ces ancêtres des usines modernes, faisaient les mêmes mais à bien moindre coût ? Personne. »
    Et tout le monde s’en réjouit!
    La personne qui hier produisait quelques étoffes dans des conditions difficiles et suffocantes (c’est encore le cas dans bien des pays même aujourd’hui!) se retrouve maintement secrétaire, jouit de l’air climatisé, de soins de santé, de myriades d’étoffes de toutes les couleurs, design et formes, de machine à laver son linge, d’un réfrigérateur, et en plus de même de temps libre supplémentaire que lorsqu’elle produisait seulement des étoffes!

    5) « il semble que sans endettement il n’était jamais possible de faire fonctionner cette économie. »
    Là c’est plutôt un choix politico/économique. Les politiciens n’ont d’yeux et d’oreilles que pour Keynes dont logiquement les théories mènent vraisembablement à un endettement général.
    Mais il possible de créer une économie libérale sans dette. En fait, le modèle « islamique » est en un modèle très proche.
    L’investissement requis est simplement sous la forme de capital/action. C’est possible, faisable et contrairement à l’erreur logique gigantesque de Keynes (qu’on répète BETEMENT, sans aucunement réfléchir, pensez-ici à Krugman), cela ne réduit EN RIEN la « croissance » REELLE d’une économie telle que tout le monde la comprend intuitivement (et qui diffère souvent considérablement de la « croissance » mesurée de façon erronée par les chiffres « officiels » de PIB).

  66. @Ton vieux copain Michel : « Quoi qu’il en soit, l’important n’est pas que Meredith Whitney soit au parfum de quelque chose mais qu’on s’imagine qu’elle sache quelque chose que les autres ignorent, ça suffit pour faire monter le titre. »

    Tout à fait. Ce que je voulais dire c’est qu’il n’y a pas de marché rationnel malgré ce que peuvent en dire des dizaines de « prix Nobel d’économie » et Boursorama. Soit il y a délit d’initié, soit mouvement moutonnier, soit les deux, mais pas de calcul rationnel sur l’évolution du prix.
    Sauf peut-être à long terme (pour faire plaisir au Marquis).

  67. @Marquis: « La personne qui hier produisait quelques étoffes dans des conditions difficiles et suffocantes (c’est encore le cas dans bien des pays même aujourd’hui!) se retrouve maintement secrétaire »

    La personne qui produisait des étoffes ne se retrouve pas secrétaire. Elle se retrouve juste en Chine.
    Il y aurait progrès s’il n’y avait plus personne à produire péniblement des étoffes, comme à l’époque où elles étaient produites artisanalement (quoiqu’à un coût beaucoup plus élevé). Cela est-il possible? J’en doute. L’automatisation, si elle est possible, éleverait le coût de fabrication. (Je dis « si elle est possible » car ce que l’on appelle « automatisation » n’en est pas une, puisqu’il faut des gens derrière la machine: opérateurs, ouvriers de maintenance, ingénieurs, etc. On diminue dans ce cas la pénibilité, mais on augmente le coût de fabrication. Preuve par l’absurde, si l’automatisation diminuait le coût, tout serait fabriqué dans les pays les plus développés, là où « l’automatisation » est la plus poussée.)

  68. @moi

    « Ce que je voulais dire c’est qu’il n’y a pas de marché rationnel »
    Par moment, les ratio spéculateurs / investisseurs est considérablement et même immensémment supérieur à 1. C’est le cas aujourd’hui.
    Mais ne vous inquietez pas: si vous êtes INVESTISSEUR, vous continuer comme avant et simplement acheter si le cours est inférieurs à votre estimé de la valeur réelle vous acheter, et si supérieur vous vender. Aucun mystère. Si aucune affaire intéressante, vous attendez des mois, parfois de nombreuses années. Il faut être patient et avoir une grande indépendance d’esprit.

    « Sauf peut-être à long terme »
    Voilà!

    « ll y aurait progrès s’il n’y avait plus personne à produire péniblement des étoffes »
    Correction: ll y aurait progrès s’il n’y avait relativement MOINS DE personne à produire péniblement des étoffes »
    C’est vraisemblablement le cas

    « L’automatisation, si elle est possible, éleverait le coût de fabrication. »
    Auquel cas, les compagnies qui n’automatiseraient pas dans ce domaine mettraient en faillite les autres.
    C’est vrai: l’automatisation (TOUT dépend de l' »automatisation » précise mise en oeuvre) n’est pas toujours rentable: c’est du cas par cas, essai erreur, c’est expérimental.

    « Preuve par l’absurde, si l’automatisation diminuait le coût, tout serait fabriqué dans les pays les plus développés, là où “l’automatisation” est la plus poussée. »
    Correction: « dans les ZONES/REGIONS les plus dévloppées ».
    Allez visitez Shanghai ou Sao Paulo: vous aurez un choc! Vous y trouverez les usines les plus automatisées et les plus performantes de la planète (voir video sur YouTube sur la mise en service récente de l’usine la plus sophistiquée de GM au Brésil – qui a mis en furi les syndicats américains).
    Vous avez raison, l’automatisation TOTALE n’est pas possible et il toujours nécessaire d’avoir une main d’oeuvre spécialisée et non-spécialisée (mais considérablement inférieure à si l’usine n’était pas automatisée!), mais comme ces DEUX types de main d’oeuvre sont souvent une fraction du prix américain en Chine, au Brésil et en Inde, c’est là que l’usine se trouve localisée.

  69. @ Marquis de Laplace

    Mr le Marquis c’est fort dommage que vous pensiez cela, je ne recherche aucunement à vous convaincre, à vous empoisonner l’estomac aussi j’essaie simplement de vous faire voir autre chose à travers le choix de certaines de ces citations venant d’auteurs antiques ou pas.

    Peu m’importe que vous preniez plutôt cela à la légère que cela vienne de moi ou d’un autre prenez plutôt le temps de me relire et de méditer certaines de ces citations quand bien même elles vous paraîtraient encore peu avantageuses à prendre en compte pour vous, pour vos proches ou pour l’autre.

    Je ne pense pas non plus avoir fait un trop mauvais choix. Tout ce que vous dites n’est pas non plus à la seule gloire des marchés passez néanmoins une bonne semaine Monsieur le Marquis, même si cela vous semble encore peu avantageux à lire pour vous et pour finir sur une autre citation.

    « Le seul vocabulaire des marchés n’apportera pas toujours le bonheur de l’homme dans l’esprit de tout-à-chacun »

  70. @F.Leclerc

    Pour répondre à la question première du sujet, oui c’est évident mais nous reprendrons bien encore de la vanité et de la séduction dans un autre moderne pour pouvoir prétendre le sauver à l’image.

    Le cerisier qui fleurit en hiver est un imbécile. « Proverbe chinois »

  71. @ Moi

    Quand on pense que l’ensemble des bourses du globe ont réagi à l’annonce d’une seule analyste financière, lundi dernier, cela donne une petite indication de la « rationalité » de ce système. Keynes avait bien analysé ce phénomène avec son exemple du « concours de beauté ». Les investisseurs ne réagissent pas par rapport aux faits (qui est la plus belle fille ?) mais par rapport à ce qu’ils imaginent être l’opinion d’autres investisseurs (quelle candidate sera élue par les autres jurés ?). Une très belle théorie cognitive – la théorie des cascades informationnelles – montre qu’une fois admise la règle selon laquelle l’opinion de chacun se fonde non sur les faits mais en fonction des opinions des autres, il suffit de quelques opinions, voire d’une seule opinion, pour emporter l’adhésion d’un groupe. Il est évident que l’analyste Meredith Withney est à l’origine d’une cascade, et sans doute volontairement, en choisissant un moment stratégique idéal (la veille de la publication des résultats de Goldman) pour relever ses objectifs sur Goldman.

    Il faut noter qu’une fois une cascade formée, il est souvent difficile de la défaire. Les faits ont dès lors tendance à être sélectionnés dans un sens favorable à l’opinion collective. Les faits confirmant l’opinion collective sont retenus, les autres sont rejetés ou minimisés. Aujourd’hui mercredi, nous voyons se cristalliser un jugement collectif sur la lancée de lundi à savoir que les résultats des entreprises du S&P 500 seraient meilleurs que prévus. Hier, Intel a annoncé des résultats supérieurs aux attentes (si l’on excepte la lourde amende que cette entreprise a dû payer à l’UE). Si un troisième chiffre relativement favorable tombe cette semaine (par exemple General Electric), la cascade va s’emballer et il faut prévoir que les bourses reviendront à leurs meilleurs cours de l’année.

  72. @Marquis de Laplace

    Mes arguments ne sont pas si facilement réfutables que vous le croyez…

    1) (surproduction) Vous pourriez songer à la nécessité pour toute zone économique d’exporter. Ceci est un indice qui montre que je pourrais avoir raison, et que vous ne faites que nier le problème. Aucun économiste, décideur etc ne trouve souhaitable pour une zone concernée, de ne pas exporter, or selon votre idée, une zone économique pourrait être viable sans exportation, les acteurs étant satisfait du marché intérieur. la réalité montre que ceci est faux, et que votre raisonnement quel qu’il soit, est faux. La Loi de Says est fausse.

    2) la série mathématique : si vous ramenez tout à la valeur produite, vous pouvez oublier le fait qu’il s’agisse de poire ou de pommes. La valeur distribuée en terme de salaires est toujours inférieure à la valeur produite, et la différence n’est PAS réinvestie comme on voudrais le faire croire. C’est le problème de la plus value. On ne donne que des salaires de subsistance sans aucun lien avec la productivité.

    L’ensemble des salaires de chaque entreprise sont donc largement inférieurs à la valeur produite, ce qu’exprime parfaitement ma série de rapports A/B, A1/B1….An/Bn/. A chaque fois, la valeur produite A est bien supérieure au volume des salaires B, et la somme de ces fractions représente la valeur produite globale sur la valeur distribuée globale. L’ensemble de la zone ne peut acheter ce qu’elle vient de produire. Pour cela il faudrait une entreprise qui donne des salaires supérieurs a ce qui est produit, ainsi avec ce genre de fraction inverse, la série pourrait tendre vers l’unité (1). Or nous n’avons pas d’entreprise qui paye davantage que ce qu’elle produit.

    3) la liberté des prix associé à la volonté de maintenir une inflation basse est l’équation mortelle de cette économie. L’inflation basse signifie que la consommation est atone, et elle ne signifie en général QUE cela.

    Si vous voulez augmenter le pouvoir d’achat, vous ne le pouvez pas car l’inflation vient immédiatement grignoter toute marge bénéficiaire du consommateur. Le consommateur, en augmentant ses achats, incite les vendeurs à augmenter les prix, ce qui revient à le priver du bénéfice de la croissance.

    4) La valeur de l’argent repose sur sa rareté et je maintiendrais ce point-clef plus fermement que jamais. Dans une économie libre ou rien n’est fixé, à commencer par les prix, il n’existe pas d’autres lois que celles de l’Offre et de la Demande. Vous en voyez d’autres ? pas moi. Or l’argent est donc soumis à la loi de l’offre et de la demande, car il n’y en a pas d’autre et l’argent est un élément du circuit économique. C’est pourquoi on veille aux taux d’intérêt aussi, manière de contrôler la quantité d’argent en circulation. Trop d’argent est inflationniste, or la BCE avait pour unique objectif de contrôler l’inflation récemment.

    L’argent étant soumis aux loi d’Offre et de Demande, il est clair qu’il faut maintenir une demande, qui dit demande d’argent dit pauvreté, par définition.

    Si vous anéantissez la demande réelle d’argent, vous en anéantissez sa valeur même car vous ne pourrez plus l’utiliser dans l’échange, votre partenaire commercial ne l’acceptant plus. Or s’il l’accepte c’est parce qu’il est demandeur, sinon il ne l’accepterait pas. Plus il est demandeur, et plus il a tendance à accepter votre argent, donc plus la transaction est rentable pour vous. Ceci signifie que plus il est pauvre, plus il accepte de l’argent et plus donc la valeur de l’argent est grande pour lui et la transaction rentable pour vous.

    Il est évident qu’une masse monétaire ne vaut que dans l’environnement économique qui lui est favorable et où on l’accepte. Cet environnement peut être compris comme une écologie… On est d’autant plus puissant dans une niche écologique qu’on y est seul, et qu’on maintient ses avantages. Etre seul s’est se garantir une absence de concurrence, donc de rivalité (rester seul riche).

    5) dans votre dernier point, vous négligez le problème de la productivité : « il est possible de construire une économie libérale sans endettement…3 oui mais avec quelle productivité ? La passé n’est pas le présent !

    L

  73. @Jeremie

    Il y a eu un énorme mal-entendu (très typique de courier électronique).
    Le contenu de la 2ième citation ne s’addressait AUCUNEMENT à vous.
    C’est une question qu’il faut prendre littéralement: je travaille sur un autre projet totalement différent et j’aurais besoin de savoir qui a écrit la citation que j’ai citée; et comme vous semblez être avoir à votre disposition les moyens hors du commun de vous rappeler de citations de grands auteurs, j’avais pensé que, presque de mémoire, vous pourriez me trouver l’auteur.
    J’espère toujours!
    (Quant à la première citation (sur la vie), le but était à la fois de ne pas oublier de tout relativiser dans la vie (le contenu de la citation) et d’ajouter un brin d’humour)

    @Listzfr

    1) « une zone économique pourrait être viable sans exportation, les acteurs étant satisfait du marché intérieur.  »
    Oui, tout-à-fait.

    « la réalité montre que ceci est faux, et que votre raisonnement quel qu’il soit, est faux. »
    La réalité ne montre pas cela.
    La réalité (en parfait accord avec la théorie d’ailleurs) montre qu’une zone économique, bien que possiblement viable par elle-même, a avantage a commercé avec d’autres zones productrices (bien que cela ne soit pas absolument utile pour sa viabilité).
    Bref, améliorer sa vie même si on vivait quand même bien tout seul. N’est-ce pas une bonne idée?

    « La Loi de Says est fausse. »
    Je n’ai jamais dit qu’elle était vraie ou fausse.
    D’où dépend de ce qu’on entend par cette loi (car il y a des interprétations fausses et d’autres vraies)
    Par exemple, il est clair que si on produits des produits hautement radio-actifs/toxiques sans intérêt réel, que personne de les achetera! Donc, on peut dire que strictement interprétée elle est fausse.

    2) « 2) la série mathématique : si vous ramenez tout à la valeur produite »

    Maintenant, c’est beaucoup mieux, car à la différence de votre exemple précédent:
    la valeur varie en fonction du temps
    Donc, à chaque fois qu’une nouvelle pomme est produite, la VALEUR de toutes les pommes est légèrement diminuée (en fonction des courbes offres/demande). Donc pour le travailleur rationel qui aurait toutes les informations à sa disposition (ce qui est impossible – et donc dans l’alternative il fait un ESTIME personnel au mieux de sa connaissance), il doit s’arrêter au moment précis où la valeur marginale d’une unité de travail/effort (en fait la valeur du loisir pour lui) rejoint la nouvelle valeur (pour lui) des produits qu’il pourrait se procurer par cette unité de travail supplémentaire.
    Ainsi donc, dans votre exemple mathématique pous avez oubliez la variable TEMPS: la quantité de produit AUGMENTE mais leur valeur individuelle DIMINUE avec le temps.
    (en terme plus technique vous devez plutôt utiliser l’analyse différentielle/intégrale.)

    3) « Si vous voulez augmenter le pouvoir d’achat, vous ne le pouvez pas car l’inflation vient immédiatement grignoter toute marge bénéficiaire du consommateur. »

    Si vous voulez augmenter le pouvoir d’achat vous pouvez simplement laisser les prix des produits diminués. C’est ce que la théorie s’attend à trouver, et c’est également ce qu’on observe.

    4) « Or l’argent est donc soumis à la loi de l’offre et de la demande, car il n’y en a pas d’autre et l’argent est un élément du circuit économique. »

    Oui! Très bien! Comme tous les autres biens!
    Ce qui particularise la monnaie par rapport aux autres biens sont les caractéristiques décrites dans mon commentaire précédent.

    5) »Etre seul s’est se garantir une absence de concurrence, donc de rivalité (rester seul riche). »

    Oui! Comme tous les autres biens, l’argent pourrait être (et a souvent été) monopolisée au profit du/des monopolisateurs et aux détriments des autres.
    C’est la raison (en partie) pour laquelle on a inventé l’impôt et la création monétaire (une des raisons) qui est elle-aussi un impôt (entre autre chose).

    FINALEMENT
    Vous vous éloignez du point crucial économique qui devrait occuper la tête de n’importe qui cherche à comprendre ou améliorer l’économie.
    LA grande question est:
    Qui dans une économie, qeulles sont les meilleurs personnes pour déterminer quel investissement/épargne doivent être fait:
    – les « experts » dans chaque domaine pertinents?
    – les consommateurs?
    – une classe politique?
    – impossible à déterminer?
    – ?

    Bref, l’économie c’est d’abord et avant tout un problème COGNITIF.

    C’est pourquoi j’ai choisi de m’appeler Marquis de Laplace, car à mon avis on profiterait grandement de relire les brillantes idées en probabilité (maintenant oubliée et souvent remplacées par des erreurs) de Laplace.

  74. @Marquis de Laplace

    le 1) il est impossible pour une zone économique de vivre sans exportation, si ce n’est en s’endettant ce qu’à fait l’Occident ces dernières années. La dette c’est cela. Alors ne dites pas qu’on peut vivre, dans une région donnée, sans exporter.

    2) Le temps ne change rien à l’affaire… Le salaire est toujours un salaire de subsistance très inférieur à la valeur produite.

    Le reste : malheureusement le temps se chargera de démontrer que mes idées sont correctes, je dis malheureusement car après tout on peut considérer que ce système avait du charme, il combattait l’ennui, la réussite était étonnante et souvent celle du mérite, il y avait un certain romantisme dans la capitalisme.

    Concernant la cognition, les probabilités sont une chose, dont on abuse à la bourse, la probabilité c’est l’espérance, et la logique n’est pas probabiliste, c’est celle des règles d’identité et d’implication.

    L’économie ne sera pas guérie par la science cognitive… si on savait quelle décision prendre, on l’aurait prise… et je suis plutôt terrifié par ce qui va arriver. Le Titanic a coulé, parfois il n’y a pas de solution ou alors nous n’avons pas le paradigme de cette solution.

    L

  75. >le 1) il est impossible pour une zone économique de vivre sans exportation, si ce n’est en s’endettant ce qu’à fait >l’Occident ces dernières années. La dette c’est cela. Alors ne dites pas qu’on peut vivre, dans une région donnée, sans >exporter.

    Hmm. Et si on considere le monde entier comme une zone economique? Il faut bien pouvoir fonctionner en circuit ferme dans ce cas.

  76. Glosez ,Glosez….Messieurs les réanimateurs du malade en coma dépassé.
    Plus vite il sera « débranché »‘ ,plus vite les Reconstructeurs ,déjà au Travail depuis un long moment,pourront s’atteler à la tâche en redoublant d’ardeur,et pour laquelle ils seront accompagnés de centaines,voire de milliers d’Artisans du Métier.
    La Force -s’il faut employer ce terme- réside dans leur sens affiné et radical de la Solidarité.
    Notion qui est décidément ignorée chez les médicastres qui utilisent leurs sels auxquels ils vouent une sacro-sainte dévotion.
    Vite ,légiférons,à titre exceptionnel ,pour le bien de l’Economie (Santé) publique ,en décidant du droit d’euthanasie face à ce moribond condamné !

  77. @Lisztfr,

    Le marquis et un provocateur, il aime démentir et pense que la prodution trouve toujours prenneur. Se qui est absolument faux, voire l’immo, les voitures et les billets d’avions, les actions et autres produit toxique qui même en voyant leur prix baissr ne trouve toujours pas preneur. La production n’est efficace qu’en flux tendu, c’est a dire ou la production suis la demande, trop de production feront baissé les prix car il faut l’écouler sous peine de devoir stocker.
    Hors les produits nouveaux auront toujours la préference et produire de trop c’est prendrent les risques d’avoir un stocke d’anciens donc moins cher.

    Une économie d’autarcie, est pour le Marquis une possibilité, oui mais que dans la mesure ou il ne faut rien importer de l’extérieur, donc de la pure utopie.

    Robotiser une production n’est interressant que si cette stratégie permet d’augmenter la rentabilité. Hors augmenter la rentabilité implique soit une baisse des salaires soit une diminution de la mains d’oeuvre. Pourquoi automatiser si le travail manuel avait le même cout que les machines ?????????? l’argument du marquis est une fois de plus incomplet.

    Réduire la mains d’oeuvre a une implication directe sur la consommation, moins de consommateur c’est aussi moins de salaires, donc moins d’argent disponible pour la consommation des biens.

    Oui, mais a tout cela il y a la magie du crédit. Ont viens d’avoir un petit aperçu des effets de l’économie selon le Marquis. Une catastrophe financière, social et humaine a crédit bien sur.

  78. Oh pas grand chose à dire comme dab:
    Ah si =
    l’inévitable(les « inévitables ») sont arrivés,ce qui ma foi est trés trés bon signe pour Paul Jorion chez qui,pas plus qu’ailleurs,je ne posséde d’actions.

    Ces avatars caractérisent souvent,par analogie avec les soubresauts du moribond,l’approche imminente de sa fin dernière…

  79. @ Marquis de Laplace

    Pour être honnête avec vous j’utilise souvent le site suivant: http://www.evene.fr pour piocher la plupart de mes citations choisis bien sur elles ne sont pas toujours toutes bonnes à prendre.

    Hier j’étais disponible pour venir discuter sur le blog dans les prochains jours je le serais moins travail le dimanche oblige. Vous avez raison il ne faudrait pas en finir par être trop triste dans la vie.

    Sans l’humour tout travail sur soi ne mène strictement à rien, mais pas d’humour méchant chez moi.

    Hélas l’humour politique bête et méchant n’est pas toujours plus libérateur pour son prochain, surtout s’il n’y en plus qu’un seul qui rigole devant son monde, écrasant et se moquant de tout sur son passage.

    L’humour politique n’est pas toujours la forme la plus saine d’esprit, de lucidité, l’optimisme béat d’une marque.

    Le diable rigole souvent de la peine du juste, mais rira bien qui rira le dernier.

    Tant de rentiers, d’usuriers, est-ce vraiment cela faire le bien de l’entreprise et on rigole encore comme le diable ?

    Il peut même arriver dans votre vie que vous croisiez des gens qui ne vous font plus guère rire du tout dans la vie.

    Où il n’y a pas d’humour, il n’y a pas d’humanité, où il n’y a pas d’humour, il y a le camp de concentration. [Eugène Ionesco]

    Un homme glisse sur une peau de banane devant dix personnes. S’il rit, c’est de l’humour. Dix personnes glissent sur dix peaux de bananes devant un homme. S’il rit, c’est de l’imprudence ! [Anonyme]

    Jésus, portant sa croix dans la montée du Golgotha, aurait souhaité avoir un diable pour l’aider.[José Artur] Il en aurait certainement moins rit de son coté dans la douleur.

    Il ne faudrait jamais souhaiter davantage la mort d’un autre, d’un parti s’en moquer en public, on ne sait jamais de quoi l’avenir sera fait.

    Je ris de tout sauf de Dieu par respect… Mais je crois que j’ai tort : il doit avoir le sens de l’humour ! Le diable ne sera bien sur pas toujours libre de faire le mal. [Eddie Murphy]

    La bêtise et l’humour politique progresse partout ; dans les intelligences comme les esprits, qu’elle en est la marque de plus en plus affiché à l’antenne ?

    En période de crise ne devrions pas plutôt rechercher à nous montrer moins durs et compréhensifs envers les êtres, à moins bien sur que l’on préfère toujours se montrer bête et méchant comme certains à l’image de leur monde.

    La violence progresse, les prisons se remplissent davantage de gens pauvres déshérités et malheureux, combien se suicideront demain dans les prisons françaises ? Combien rigolent encore dans les prisons ou les hopitaux français ?

    Les pays se couvrent d’armes diaboliques et de militaires avides de nouvelles armes et guerres de plus ; C’est le progrès les menaces s’accroissent, les guerres et les révoltes se multiplient, faut-il davantage en rire ou en pleurer ?

    Les villes souillent et saccagent de plus en plus la nature en se développant comme de tumeurs malignes un peu partout sur terre ; Des sites naturels sont défigurés, comme tant d’êtres partout dans les villes ou les gens de partis.

    La servitude et le contrôle et la surveillance de tous s’intensifie un peu partout, par principe de précaution pour nos élites qui rigolent encore de la crise à l’antenne.

    La crise mondiale s’accentue, quand bien même ils en finiraient par faire taire et censurer radicalement es deux plus grands témoins de la crise, la tristesse et la douleur des pauvres gens à l’antenne. A qui appartient le monde ?

    Les faibles sont bien sur toujours autant méprisés, opprimés et rejetés dans les grands partis politiques, avec d’ailleurs d’autres Manuel Valls ou Cohn Bendit de plus, vanités des vanités de gens de parti;

    Les pauvres gens illettrés ou trop simples à voir sont délaissés, rejetés, bannis et les enfants manipulés, pressés.

    Les vieillards sont abandonnés ; Des peuples entiers souffrent de famine, mais le pire voyez vous Mr le marquis c’est qu’on préfère encore traiter les gens de la sorte, Mais non monsieur le Marquis ne pleurez pas tout va bien.

    Les espèces naturelles sont dénaturées au profit d’une fausse économie durable et par ceux qui ne font aucun cas de la création première ; Tout ce qui est naturel disparaît ou devient abominable aux yeux de tous ; il faut surtout surproduire et divertir, faut s’amuser rire de tout, surtout faire plaisir à nos gouvernants aussi bien le dimanche.

    La surface de la Terre est souillée, salie et meurtrie, ses entrailles sont bouleversées, la terre en tremble de plus en plus des méfaits des hommes, qui rigolent, des épicuriens, des hédonistes, des gens de parti, des gens si distingués.

    Les forêts comme les espèces disparaissent à petit feu, Les cours d’eau se putréfient, le monde à soif, l’eau potable et propre diminue c’est bien que l’homme moderne bête et méchant nous conduit tout droit vers l’abyme.

    Les machines de fer jettent les hommes et le bétail par-dessus bord, quand elles ne les écrasent et les tuent ; Les maladies prolifèrent, s’aggravent et augmentent leur étendue aussi bien d’ailleurs le Dimanche maintenant.

    Les espèces animales se raréfient, beaucoup ne sont plus que souvenirs ; L’ordre originel est gravement ébranlé.

    Le sacré, comme les réelles valeurs de l’existence défendues par la loi sont foulées au pied ; La foi et l’espérance se sont envolées qui se repose encore réellement le dimanche en Famille, qui écoute encore les anciens le dimanche ?

    La sagesse et le bon sens n’existent plus ; venant de la part de nos sénateurs si bien conditionnés par tout ceci.

    Les jeunes gens se désespèrent, un grand nombre se donne la mort, combien aujourd’hui, combien demain, et combien depuis la vaine élection de ce politicien malin à la tête de son parti, mais quelle honte pour le pays ?

    L’humour et les blagues peuvent non seulement avoir un effet thérapeutique
    à court terme mais aussi sauver des civilisations tout entières.
    [Bernard Werber]

    Mais vous avez raison Monsieur le marquis l’humour a non seulement quelque chose de libérateur, mais encore quelque chose de sublime et d’élevé, est-ce de moi ou d’un autre ? quelle importance de savoir d’où cela vient ?

    L’humour éclaire les heures sombres et dore les heures heureuses.
    [F.I. Romay]

    Les grandes catastrophes, ce sont les fêtes des pauvres.
    [Guillaume Hanoteaux]

    Ô ! homme, où est ta gloire ? De rire de voir autant cela ?

    « Too Big Save ? »

    Bien sur c’est évident pratiquement une mission impossible même le dimanche …

  80. Pour tout ceux que mes bibliothèques passionnent, voici le point d’orgue sur cette aventure:

    Compte tenu de ce que je vis dans un village où je crains que de demander au petit quincailler de la place « une tige filletée de 1 m svp » risque de recevoir une réponse telle que « Huh ! C’est quoi ça? » (mais grand merci à Hughes pour la gentille suggestion) et entendu que les 8 bibliothèques de Pablo78 ont duré 20 ans, et que mes bibliothèques, elles, contrairement à celle de Pablo78 provenait plutôt d’un manufacturier local que d’une entreprise suédoise que gentillement je préférais ne pas nommer, contrairement à ce que je pensais initialement, et entendu qu’Adam Smith a encore une fois raison et que le principe de spécialisation demeure une loi économique qu’on ignore qu’à son propre risque (qu’ainsi qu’a celui de ses livres), et compte tenu que la mondialisation est parfois fort utile, je me suis pourvu de 5 magnifiques bibliothèques d’une énorme compagnie multi-nationale suédoise (à 1/4 du prix de mes anciennes tout en me paraissant plus solide) que par gentillesse je nommerais si je pouvais sans que mon post soit censuré pour cause de publicité, et je les ai assemblées (non sans effort, grr… et multiples erreurs de parcours, grrr…) mais avec un résultat final très satisfaisant pour ne pas dire magnifique, qui me comble, moi, bienheureux consommateur, d’une joie non dissimulée.

    Et à tout ceux, malveillants, qui oseraient dire qu’ « on se fout de tes bibliothèques », je rappelle bienveillamment qu’elle représente une merveilleuse allégorie de la situation financière mondiale (même si c’est VRAIMENT un hasard prodigieux), en particulier des grandes institutions financières, depuis les soupçons, avertissement, jugée alarmiste car la « preuve du temps » montrait le contraire, jusqu’à l’écroulement par étape et finalement ( et on l’esperera aussi pour les banques) jusqu’au remplacement simple par du neuf (au lieu d’un rafistolage difficile aux résultats finaux incertains) avec efforts de contruction, et inévitables petites erreurs de parcours!

  81. Loin des débats « philosophiques », des nombreux échanges creux ( même s’il n’est pas inutile de faire référence à l’histoire et à la théorie ) et pour revenir au sujet, il me semble assez probable que les fondations du système ne seront pas ébranlées, contrairement à ce que beaucoup espèrent ou croient et ne peuvent justifier.
    Certes, le système actuel risque évoluer mais les forces à l’oeuvre seront les mêmes qu’aujourd’hui, et qu’hier … c’est à dire l’appât du gain, la convoitise, la domination du faible par le fort pour les plus marquantes; tout cela est au plus profond de l’homme. Les besoins et les faiblesses de l’homme y siègent également, et ils incitent justement l’individu à se soumettre, rendant la tâche des affameurs plus aisée.
    Cela est d’autant plus vrai que les dominants/possédants ont entre leurs mains les moyens – au sens large – de perpétuer le système et de remédier aux accidents de parcours

    Probablement des répliques vont à nouveau secouer l’édifice , et il faudra alors peut-être aux autorités prendre les mesures qui s’imposaient d’emblée. Elles ne pourront en effet plus s’entêter dans la fuite en avant.
    Il serait alors nécessaire de procéder à un nettoyage des bilans des institutions financières en général, à une « opération vérité ». Que les banques qui ont failli, comme indiqué/cité par d’autres bien plus qualifiés que moi, soient dépecées, que les actionnaires prennent dans tous les cas leurs pertes, et les Etats créeront des structures alors saines et d’un fonctionnement que on l’imaginerait plus transparent. Les autorités étant sans connaissance de l’étendue réelle des dégâts, il n’était a priori pas admis qu’elles adoptent de telles mesures, mais en cas de rechute celles-ci se trouveraient pleinement justifiées. De nouveaux excès seraient exclus pour un bon moment et l’impact sur les marchés en général risquerait d’être très important. De plus, forcer les banques à adopter des comportements vertueux amèneraient inévitablement à retarder leur rétablissement, fût-ce au bénéfice de prises de risque moins importantes.
    Finalement, la solution la plus « juste » mais aussi la plus « brutale » ne sera d’emblée pas préférée . On n’y recourra que sous la menace d’une dégradation de grande ampleur.

    Alors que si la la situation actuelle est tenable ( éventuellement au prix d’interventions massives ), les banquiers pourront continuer d’user de la liberté qu’ils n’auront donc pas perdue. Les banques sont inondées de liquidités qu’elles aillent bien ou qu’elles aillent mal. Cela contribue à leur capacité à publier de bons voire d’excellents résultats d’autant qu’elles ont, au moins partiellement, la faculté de ne pas dévoiler les pertes potentielles sur les éléments d’actif inscrits à leurs bilans. On vérifiera que les activités de banque de réseau ne contribueront que peu,voire négativement à l’ensemble. Tout cela se fait avec la bienveillance « éclairée » des autorités, tant les intérêts des milieux de la finance, des possédants et des gouvernants sont liés.

    Il faut noter qu’il est risqué de tenter d’alléger le fardeau de la dette des ménages en leur permettant d’emprunter à des taux faibles, même sous des conditions très strictes, c’est trop dangereux!. Pris aux pièges de leurs envies ou besoin, les ménages n’en seront que plus serviles. Il faut avant tout sauver les banques et leur permettre de façon « ordonnée » de remonter la pente, et donc de préserver/retrouver leurs acquis.

    Reste la question essentielle du « reste du monde ». Poursuivre dans la voie actuelle de la sur-/sous-évaluation des devises majeures, de l’accumulation de déficits commerciaux vis-à-vis des pays ( parfois encore ) émergents et corrélativement de leur enrichissement à marche forcée, permettra de fournir une justification des efforts que devront bientôt consentir les populations des pays jusqu’alors développés.
    Les Etats-Unis ont encore les moyens de négocier avec la Chine une sortie de crise honorable vu l’ampleur de leur dette, mais pas sans des ajustements internes décisifs. Quant aux 27 cas distincts de l’Europe des 27, les ajustements seront pour eux extrêment douloureux dans la mesure où, notamment, l’Euro risque de rester fort.

    Comme certains l’ont indiqué, les autorités redoutent par dessus tout la déflation, plus encore que l’inflation.
    Pourtant j’imagine que, si elle est brutale, ce peut-être une des issues possible ( voire naturelle ), à la crise. Accompagnée de réformes « adéquates » et donc douloureuses, elle permettrait de mettre un terme ( même si ce n’est que temporaire ) aux bulles des prix des actifs, à la surévaluataion des monnaies en question, et aussi d’améliorer à plus long terme la compétitivité et le pouvoir d’achat.
    Difficile retour à la réalité, je m’étais pris à rêver… rêver qu’il est possible d’administrer vraiment un pays, que nos politiques puissent prendre des décisions courageuses ( synonyme ici de suicidaires ), d’appliquer une politique vertueuse ( vertu quand tu nous tiens !!! ) au profit du plus grand nombre. Ah non, décidément …

    risquerait de gripper davantage des économies déjà mal en point. Elle permettrait la fin de l’éclatement des bulles des actifs ( financiers ou autres ) ne doivent-elles pas finir par se dégonfler

    L’impression d’une revanche, je le trouve injuste

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