À propos de « La monnaie – Schémas d’écritures » de Jean Bayard, par Jean-Pierre Voyer

Billet invité. Egalement ici.

Dans La monnaie – Schémas d’écritures, Jean Bayard défend la règle : « toute augmentation de l’actif bancaire entraîne création monétaire ».

Je sais, par expérience, que ce n’est pas le cas pour les établissements non bancaires.

Je me propose donc d’examiner si l’augmentation de l’actif de la banque Mallet et Cie due à la construction d’une cabine de douche présidentielle pour la modique somme de 850.000 par l’entreprise générale Duchmoll et l’augmentation de l’actif de la banque Neuflize par achat pour 1.500.000 à la banque Mallet d’un paquet d’actions cotées, impliquent une création de monnaie.

Je me suis permis de remplacer, dans le texte de J. Bayard les, X, Y, Z, par des noms illustres moins rébarbatifs ce qui facilitera la lecture et la mémorisation.

Les écritures passées par J. Bayard sont bordées d’un épais trait bleu.

Les écritures passées par moi-même ! sont sur fond blanc.

D – La compensation et les règlements interbancaires

2 – PNS, compensation et règlements interbancaires

Examinons maintenant un exemple de compensation dans le système PNS, toujours en montants nets, en y introduisant des opérations d’ordre et pour compte propre des banques. A la différence du SIT, la compensation est ici multilatérale, non plus par paires de banques.

On prend pour hypothèse que :

a) la banque Mallet remet à la compensation un ordre de virement, pour son propre compte en règlement d’un investissement de 850.000 en faveur de son fournisseur Duchmoll, ayant un compte ouvert à la banque Neuflize ;

il s’agit là d’une transaction faite entre une banque et un agent non bancaire ayant un compte dans une autre banque, soit deux banques dont une agissant pour le compte de son client et l’autre pour son propre compte, avec création ou destruction monétaire selon le sens (ici création),

b) la banque Mallet remet également un chèque d’un de ses clients de 1.100.000 tiré sur la banque Schlumberger,

c) la banque Neuflize remet en compensation un chèque d’un client d’un montant de 900.000 tiré sur la banque Schlumberger, tandis que la banque Schlumberger remet un chèque d’un client d’un montant de 1.200.000 tiré sur la banque Mallet,

d) enfin, la banque Neuflize remet un ordre de virement de 1.500.000 en règlement d’un paquet d’actions cotées qu’elle a acheté à la banque Mallet ;

il s’agit là d’un ordre passé par une banque en faveur d’une autre banque, sans relation avec des agents non bancaires, soit deux banques agissant chacune pour compte propre, sans création de monnaie secondaire avec toutefois création d’une monnaie que l’on assimilera à de la contre-monnaie avec laquelle elle se confond,

e) la compensation fait apparaître les positions suivantes :

etude001

Vous noterez que ce compte est soldé. C’est la transmission d’une copie de ce compte à la BDF qui permettra à celle-ci de débiter le compte de Schlumberger et de créditer Mallet etNeuflize et de solder ces comptes par un virement de Mallet et Neuflize à Schlumberger.

etude002

Dans ce modèle, on suppose que la banque Schlumberger dispose d’une provision à la Banque de France de 800.000, ainsi qu’il lui en est fait obligation.

f) nos trois banques vont régler leurs positions sur le marché interbancaire, et dans l’hypothèse où elles ne sont que toutes les trois à intervenir sur ce marché, la banque Schlumberger empruntera 550.000 à Mallet et 250.000 à Neuflize.

Reconstitution des journaux à partir des données de J. Bayard

Si j’ai bien compris le système que je découvre ici, le journal de la banque est adressé tout écrit par le Centre de compensation, mandaté par ses clients, à la Banque de France qui valide puis enregistre aussitôt les écritures en un millième de seconde. Cela à l’air d’un simple enregistrement puisqu’il n’y a aucun ordre de virement compte à compte des banques. Mais ce n’en est pas un car les écritures sont passées en un millième de seconde et s’annulent toutes, mais les virements compte à compte sont réellement effectués. Il s’agit véritablement d’un virement compte à compte sans monnaie aucune. Ces écritures provoquent en parallèle des créations de créances et de dettes chez les banques comme nous allons le voir, car ces banques ont reçu les mêmes documents du Centre de compensation. C’est un couplage. Il n’y a pas production de monnaie — sinon un bref instant, un millième de seconde, monnaie aussitôt annulée, monnaie virtuelle, exactement — à la Banque de France — mais seulement production de crédit et de dettes qui s’annulent chez les banques. C’est parfait. Ces créations sont encadrées et ne peuvent donc monter ad libitum. Au delà d’un certain montant, il faut refinancer. Cela me fait penser aux fameuses particules virtuelles du Pr. Feynman qui sont annihilées en même temps que crées ou au nombre imaginaire i = -1½ (valeur absurde) que l’on emploie pendant le calcul mais que l’on doit éliminer avant la fin du calcul par élévation au carré i2 = (-1½)2 = -1, valeur parfaitement acceptable. Grâce à cela, les trésoreries des banques font du sur place, elles demeurent inchangées pendant toutes les opérations ce qui est bien le but recherché.

Le but de la compensation est de réduire au minimum les transferts de fonds. Il me semble que ce but est parfaitement atteint puisqu’il n’y a aucun mouvement de fonds sauf à la BDF, mais seulement des créations de créances et de dettes, au millième de seconde. C’est un exemple extraordinaire de l’augmentation de la vitesse de circulation de l’argent et J. Bayard envisage que ce petit jeu se répète au cours de la journée afin que les banques ne restent pas longtemps sur leur position. Après la trésorerie zéro, en route vers la position zéro permanente, compensation en temps réel.

etude003

Voici les soldes, pour cette opération, des comptes à la fin de l’opération : Schlumberger = 0 ; Mallet = 0 ; Neuflize = 0 ; Compensation = 0. Il en va de même dans les comptes des trois banques. Autrement dit le volume de cette prétendue monnaie est perpétuellement nul. Voilà donc une notable importance de quantité nulle. Cette monnaie de volume perpétuellement nul est de grande importance puisqu’elle permet d’effectuer des virements réels.

etude004

etude005

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Remarque : il n’y a pas d’argent sur le compte courant créditeur de Duchmoll. Il y a seulement un droit de tirage sur la trésorerie de Neuflize pour un montant de 800.000 (Cf. François Grua, Recueil Dalloz 1998. Le dépôt de monnaie en banque). La trésorerie de Neuflize n’a pas augmenté, son compte BDF est soldé (c’est aussi le cas pour les autres banques, leur trésorerie fait du sur place – jeu de mot sur « hors place » et « sur place »). Mais son actif a augmenté du fait de son prêt à Schlumberger.

Dès que Duchmoll voudra tirer sur la trésorerie de Neuflize, il faudra que cette banque se démerde pour trouver de l’argent sur le marché monétaire (à ne pas confondre avec le marché inter-bancaire réservé aux banques, comme on vient de le voir) ou bien se refinance auprès de la BDF.

etude007

Si l’on procède à la consolidation des banques, en neutralisant les comptes de DAV des divers clients (soldes = 0) pour simplifier, on aura :

etude008

L’examen de ce modèle permet de faire les commentaires suivants :

1) en augmentant son actif par l’acquisition d’un investissement (transaction a), la banque Mallet a créé 850.000 de monnaie secondaire mise à disposition de Duchmoll dans une autre banque, ce qui apparaît à la consolidation des bilans des banques (schéma 14/6) ;

bien que cela n’apparaisse pas, en raison de la compensation, de la contre-monnaie a été créée pour faire le lien interbancaire entre la valeur d’actif (investissement) chez Mallet à l’origine de l’émission monétaire et la monnaie mise en compte DAV chez Neuflize ;

la règle : toute augmentation de l’actif bancaire entraîne création monétaire s’applique bien ici aussi, mais indirectement,

Au point 2) ci-dessous l’auteur envisage le cas d’une transaction isolée. Ce cas me paraît excellent pour éclaircir mon propos. L’auteur a un mot heureux : il parle de troc. Or qu’est-ce qu’un troc sinon l’échange de biens sans argent !

Examinons donc ce cas. Quelle est la situation ? La banque Mallet se trouve devoir 850.000 à l’entreprise Duchmoll qui a un compte chez la banque Neuflize. Mallet est un peu juste en trésorerie. Elle va donc demander à Neuflize de créditer le compte de son honorable client Duchmoll en vertu de quoi Mallet signera une reconnaissance de dette à Neuflize de 800.000. Nous avons donc comme transaction l’échange d’une reconnaissance de dette contre un promesse de créditer le compte de Duchmoll. Quelle est la situation maintenant. Mallet est toujours endettée, mais auprès de Neuflize et moyennant paiement d’intérêts ; Duchmoll est crédité et Neuflize endettée envers Duchmoll. Il y a donc eu un transfert de dette et non pas un transfert de fonds. il n’y a pas eu paiement. Le paiement de Duchmoll, c’est Neuflize qui s’est engagée à le faire à la place de Mallet (substitution). Et Neuflizen’est pas quitte parce qu’elle a royalement crédité le compte de Duchmoll par une simple écriture comptable. Dès que Duchmoll tirera sur Neuflize, Neuflize devra payer et si elle n’a pas de trésorerie, elle devra emprunter. Le crédit du compte de Duchmolln’est pas de l’argent, mais seulement le signal que Duchmoll est autorisé à tirer sur Neuflize : « M. Duchmoll, tirez le premier » et Neuflize fera le reste. Il n’y a paiement que s’il y a transfert de fonds ou dépôt. Or ce n’est pas le cas ici.

Quelles sont les pièces dont disposent les comptables pour passer les écritures ? Chez Mallet, d’une promesse de Neuflize qui s’engage à créditer Duchmoll dès réception d’une reconnaissance de dette de Neuflize. Chez Neuflize, d’une reconnaissance de dette de Mallet. Voici quelles sont les écritures :

etude009

Le compte fournisseur de Duchmoll est soldé, ce qui ne signifie pas pour autant que Duchmoll est payé.

etude010

Le CC de Duchmoll est crédité, ce qui ne signifie pas que Neuflize a la trésorerie nécessaire pour que Duchmoll puisse retirer ses fonds instantanément.
C’est tout. Pas besoin d’argent, pas besoin de Centre de compensation. Où est le problème ?

Peut-être cette procédure n’est-elle pas légale, je n’en sais rien ; mais d’un point de vue comptable, c’est à dire d’un point de vue algébrique, elle me semble correcte. Les pièces ne sont-elles pas en bonne et due forme ?

Donc, nous avons assisté à un transfert de dette. La banque Mallet demeure endettée (mais envers Neuflize) ; Neuflize le devient (envers Duchmoll). Il n’y a eu aucun paiement : la trésorerie de Neuflize n’a pas augmenté, elle a fait du sur place. Il y aura eu paiement lorsque Duchmoll aura vidé son compte. Il y aurait eu paiement s’il y avait eu transfert de fonds, c’est à dire transfert de trésorerie à trésorerie via la BDF ou de Caisse à Caisse par coursier, foi de trésorier. Il n’y a pas seulement transfert de dette ; mais augmentation du volume total des dettes : avant il y avait un endetté, maintenant, il y en a deux. Comme quoi le crédit ne produit pas des dépôts mais des dettes.

Un transfert de dette, un transfert de créance, ne sont pas un paiement car ni la dette, ni la créance ne sont de l’argent. Certes, il est possible que l’argent soit une dette ou une créance (je n’examine pas cet aspect ici) ; mais toutes les dettes et toutes les créances ne sont pas de l’argent : il n’est d’argent que de trésorerie. Si vous aviez été petit patron pendant dix-huit ans, avec une faillite et une inscription en rouge à la BNF pour commencer, vous sauriez ce que veut dire « trésorerie ».

2) dans l’hypothèse où la transaction d) serait isolée, la banque Neuflize donnerait ordre de virer à la banque Mallet de la monnaie qu’elle n’a pas mais que cette dernière, qui en est tout aussi dépourvue, s’empresse de lui prêter !

ce n’est pas une blague ; même s’il s’agit là d’un cas peut-être plus théorique que pratique, il reste toujours possible ! et, ce qui est possible…

Voir ci-dessus.

il convient de préciser que la banque emprunteuse remet des titres en garantie à la banque prêteuse, titres acquis on l’a vu par création monétaire, ce qui n’est pas mal ! ainsi, la transaction s’apparente à une forme de troc exécuté avec de la monnaie virtuelle ! cette monnaie n’existe nulle part, puisqu’elle n’est pas recensée ; on l’assimile ici à de la monnaie de contrepartie puisqu’elle est créée de même : pour la circonstance, avec toutefois pour différence l’absence de cause (obligation de contrepartie) ;

3) les virements visés aux a) et d) ci-dessus, correspondant en partie ou totalement à des opérations de banque pour compte propre, sont noyés dans la masse des transactions traitées en compensation, échappant ainsi au contrôle des autorités monétaires ;

elles sont effectuées en monnaie de contrepartie ou en équivalent * ;

(*) Non, en stealth money, monnaie furtive, monnaie fugace ou de compensation.

4) enfin, la transaction d) est bien faite en monnaie virtuelle, puisque ce n’est pas la provision en compte à la Banque de France qui a servi au règlement des positions (*), mais bien l’appel au marché interbancaire (**)
;

(*) Exact ! Virtuelle ou imaginaire.

(**) Non, au Centre de compensation.

5) comme on l’a vu, il est fait obligation aux banques de disposer d’une provision en compte à la Banque de France (*) ; les autorités supposent ainsi garantir un règlement immédiatement irrévocable, ce qui serait parfait si les participants utilisaient cette provision pour solder leur position débitrice sans faire appel au marché interbancaire ;

(*) C’est le Centre de compensation, en accord avec la BDF et la loi je suppose, qui offre cette provision pour le temps d’une milliseconde.

ce qui n’est pas le cas, puisque la banque Schlumberger a emprunté sur le marché interbancaire en monnaie de contrepartie, c’est-à-dire dans une monnaie que les banques (*) ont elles-mêmes créée pour la circonstance.

(*) Pas les banques mais le Centre de compensation, en accord avec le règlement et la loi, je suppose.

Il faut bien voir, en outre, que les banques ne restent pas en position entre elles, et puis à quoi servirait le marché ? Aussi, est-il probable que les opérateurs de chambres de compensation, mandatés par les banques, procèdent tout au long de la journée au règlement des positions en intervenant pour leur compte sur le marché interbancaire, ramenant ainsi à tout moment les « compteurs à zéro ».

Ainsi donc, il apparaît que les banques peuvent opérer entre elles, en dehors des règles du droit élémentaire qui les lient à leur Banque centrale ; c’est qu’en effet, l’inscription de leurs positions en compte à la super-banque devraient être soldées avec celle-ci en monnaie centrale et non entre elles dans une monnaie créée pour la circonstance.

Non, puisqu’elle est déjà soldée au départ, elle est pré-soldée. Soldée au départ, elle est soldée à l’arrivée.

La Banque centrale n’est donc que la chambre d’enregistrement d’opérations exécutées par les banques, en toute liberté, dans une monnaie qui n’est pas centrale , contrairement à ce que prétend le pouvoir monétaire.

Effectivement puisqu’elle est de compensation. La Banque centrale n’est pas une chambre d’enregistrement puisqu’un virement réel de compte à compte — qui résout la compensation — a eu lieu par son entremise.

Des analyses qui précèdent, on peut avancer que :

– ce soit dans le SIT ou dans le PNS, la Banque de France sert de chambre d’enregistrement,

Non, elle assure le virement de compte à compte qui résout (n’oubliez pas que la comptabilité est de l’algèbre) la compensation. La pratique de la comptabilité est une équation permanente.

– la monnaie secondaire échangée en compensation n’appartient pas aux banques puisqu’elles doivent créer une monnaie de contrepartie pour solder leurs positions,

Je ne comprends pas le sens de cette phrase.

– dans les deux systèmes (SIT et PNS), la monnaie échangée entre les banques est de la monnaie de contrepartie ou contre-monnaie créée pour la circonstance, monnaie dont la seule fonction consiste à assurer la liaison interbancaire entre les valeurs d’actif qui sont à l’origine de l’émission et la monnaie secondaire en circulation,

Je ne comprends pas le sens de cette phrase.

– lorsqu’elle porte sur des transactions pour propre compte de part et d’autre (cas du d), la monnaie échangée est de la monnaie virtuelle (c’est-à-dire sans cause) créée pour les besoins du moment,

Je n’ai pas encore étudié ce cas.

– les banques font leur affaire en toute indépendance de leurs transactions réciproques, ce qui nous autorise à dire que les banques se re-financent entre elles dans une monnaie qu’elles créent pour la circonstance,

La compensation fut créée pour cela.

– la monnaie portée en compte à la Banque Centrale n’est pas de la monnaie centrale (*) comme le pouvoir monétaire s’efforce de le faire croire, à moins que par un coup de baguette magique cette monnaie de contrepartie ne se transforme soudainement en monnaie centrale, dès qu’elle s’inscrit au crédit du compte à l’Institut d’émission ! (**)

(*) En effet ! La monnaie portée en compte à la BDF est de la « monnaie » de compensation. Elle s’annule, ainsi que celle qui se trouve dans les comptes des banques, dès la compensation terminée ; comme la particule virtuelle de la mécanique quantique, cette monnaie virtuelle s’annule dès l’interaction terminée, comme le nombre imaginaire i, cette monnaie imaginaire s’annule dès le calcul achevé. Donc, il n’y a pas création de monnaie, sinon pendant un millième de seconde.

(**) Ce n’est pas nécessaire puisqu’elle s’annule instantanément.

Enfin, qu’il s’agisse du SIT ou du PNS, à l’issue de la compensation, banque par banque ou prises ensemble les positions débitrices des unes sont égales aux positions créditrices des autres. On en déduit qu’il y a égalité de l’offre et de la demande de monnaie. Il ne s’agit donc pas d’un marché ouvert à la concurrence.

Conclusion

En supposant que j’aie compris le système et que mes écritures soient correctes, je ne trouve pas trace de monnaie non centrale. Les trésoreries ne bougent pas. Où se cachent donc ces monnaies ?

Je ne comprends pas les arguments de J. Bayard. Pourquoi les banques opéreraient-elles « en dehors des règles du droit élémentaire » ?

N’ayant été comptable que dans des entreprises non bancaires et non financières, je n’ai jamais tenu ce genre de comptabilité. Il est donc possible que je commette ici des erreurs. Aussi, tous conseils ou critiques sont les bienvenus.

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156 réflexions sur « À propos de « La monnaie – Schémas d’écritures » de Jean Bayard, par Jean-Pierre Voyer »

  1. Il est a remarquer que Voyer ancien patron et qui a connu la faillite, Jorion tout le monde ici connait son parcours et Bayard le comptable sans peur et sans reproche n’ont pas fait que fréquenter les universités… pour critiquer les affaires il semble qu’il faille en avoir été

    1. Pour ceux qui aiment se référer à des connaisseurs non (totalement) universitaires, je ne peux que conseiller le petit livre de D. Plihon (la monnaie et ses mécanismes), PP17à19.

      Plihon, économiste d’Attac, a travaillé à la Banque de France et au Conseil d’Analyse Economique. Comme nul n’est parfait, il dirige aussi le master « Banque/Finance/Gestion des risques » à Paris XIII.

      Est-il connaisseur, le lecteur jugera.

      Cordialement, B. Lemaire

  2. On peut créer une économie, basée seulement sur des promesses, sans intermédiaires et sans argent…
    A promet à B (par écrit) de lui rendre un service, B ajoute sur la promesse de A un autre service et échange cette promesse à C…….et ainsi de suite.
    Trop de promesses=> surchauffe de l’économie (solution : l’état interdit de faire des promesses pendant un laps de temps)
    Pas assez de promesses => l’état incite les gens à faire des promesses
    On peut même spécule : je crois que A va faire une promesse à B (je prends la promesse de A avant B (le plus vite possible « High frequency Trading »), j’enlève un petit service (mon bénéfice), je fais la promesse à B…

    NB:Ce système a été élaboré plus en détails par un ancien prix Nobel, Monsieur Flintstones.

    1. Pour connaitre la position de la Banque de France sur ce sujet, on pourra se reporter à:

      Banque de France, « Évolutions de la monnaie et du crédit en France en 2008 »
      http://www.banque-france.fr/fr/publications/telechar/bulletin/etu175_4.pdf
      Dans l’introduction on lit par exemple ceci:
      «Principale source de la création monétaire, la distribution de crédits au secteur privé s’est graduellement ralentie durant l’année 2008, en France comme dans le reste de la zone euro.»

      Bonne lecture, Bruno Lemaire

  3. Il est 8h16 et il y a un lever de soleil superbe sur le pays d’Othe.

    Il semblerait que les béotiens en comptabilité ,c’est à dire la plupart des politiciens et peut-être même DSK, soient incapables d’éclaicir les arcanes des chambres de compensation.
    C’est pourquoi ils laissent faire les banquiers qui « savent mieux qu’eux », sous peine de se faire traiter d’incompétents dans les débats télévisés.

    Nous ne comprenons rien à ce que font les banques, feignons d’avoir compris et préservons notre carrière.
    Allons , suivons le trend du mécontentement qui vient.

  4. Si déjà quelqu’un pouvait m’expliquer la formulation des 850ke, car la phrase n’est à mon sens pas claire.
    Si je comprends que la banque Mallet est celle du président, j’enregistre alors un crédit de celle ci à ce dernier en premier pour 850Ke pour payer le fournisseur de la douche Duchmoll.
    La création monétaire est dans les 850ke : j’inscris donc à l’actif de la banque Mallet la créance de 850ke sur Le président et au passif je vais inscrire le règlement de 850ke que je vais faire à Duchmoll. D’où pour l’instant débit crédit =0. Dans le cas qui nous occupe Duchmoll n’est pas client de la banque Mallet mais client de la banque Neuflitze.
    Donc les 850ke vont sortir des comptes de Mallet. D’après ce que je sais la Banque Mallet ne va pas régler les 850ke à la banque Neuftize pour le compte de Duchmoll par un virement comme on pourrait le croire. D’abord elle va régler par une sorte de reconnaissance de dette envers Neuftize pour le montant moyennant intérêts puisque elle s’inscrit ainsi une dette vis à vis de Neufltize et non un paiement comptant.
    Cette dette ne sera pas au final de 850ke puisqu’elle va passer par une chambre de compensation où on fera la différence de ce qui est du par tel ou tel banque :
    supposons pour faire simple que Mallet doive 850ke à Neutflize sur cette opération
    mais que Neufltize elle doive 600ke sur d’autres à Mallet il ne reste à compenser que 200ke au profit de Neutflize
    Neutflitze inscrira donc à son actif une créance de 200ke sur Mallet et Mallet à son passif une dette vis à vis de Neutflize
    Mallet n’aura que les intérêts à payer à Neutlize soit par sa trésorie disponible soit en empruntant à nouveau sur le marché interbancaire ou à la banque centrale la somme des intérêts à d’autres banque dont la trésorie le permet.

    Voilà, ce que personnellement j’ai cru comprendre.
    Je ne vois pas dans ce schéma où la banque centrale intervient ??? sauf à centraliser et à valider les écritures mais certainement comme autorisation à créer ou non de la monnaie.
    850ke ont bien été crée de toute pièce par la banque Mallet à l’origine et les écritures de création donnant bien 0 comme on l’a vu plus haut, ne dispense pas le bilan des banque de grimper plus il y a d’écriture plus la somme total du bilan est importante.

    Si quelqu’un peut me dire si j’ai bon ?

  5. En tant qu’ex matheux, j’ai toujours adoré les problèmes de baignoires et de robinets, de stocks et de flux.

    S’il n’y a que de la monnaie fiduciaire, à un millième de seconde près, il faudra m’expliquer pourquoi la monnaie scripturale existe plus qu’un millième de seconde, et pourquoi elle représente plusieurs fois le montant de la monnaie fiduciaire. Problème de tuyaux peut être.

    cordialement, B.L.

    1. Parce qu’en finance, la monnaie scripturale engendre la monnaie scripturale à l’infini de la solvabilité des parties en présences dans l’équilibre des fonds propres. Les bulles par exemple font naître des quantités de monnaies scripturales qui viennent ensuite huiler le système d’autres actifs, tout va bien tant que la bulle initiale n’éclate pas et ne déclenche pas l’effet domino qui consiste à effacer ces valeurs virtuelles.
      En fait tout se passe bien tant que la bulle n’éclate et tant qu’il y a plus d’acheteurs que de vendeurs de ces actifs hors toute réalité économique réelle.

  6. @ Jean.Pierre Voyer

    Permettez-moi tout d’abord de vous remercier d’avoir pris le temps d’étudier ce schéma d’écritures et d’avoir formulé les commentaires ci-dessus, auxquels je vous réponds ci-après :

    A la lecture de votre texte, j’ai tout de suite « accroché » sur la phrase suivante qui représente me semble-t-il notre point de divergence et de ses conséquences sur la suite de l’exposé :

    Vous noterez que ce compte est soldé. C’est la transmission d’une copie de ce compte à la BDF qui permettra à celle-ci de débiter le compte de Schlumberger et de créditer Mallet et Neuflize et de solder ces comptes par un virement de Mallet et Neuflize à Schlumberger.

    Vous confondez deux opérations distinctes, les positions issues de la compensation, d’une part, et les ordres de règlement des banques, d’autre part. Vous les anticipez sans aucun doute mais vous les liez, alors qu’il s’agit de deux opérations juridiquement indépendantes. Si l’on s’en tient à ces quelques lignes, le marché interbancaire ne sert à rien. C’est pourtant lui qui détermine les règlements interbancaires. D’ailleurs, si vous avez bien lu mes développements sur la monnaie, vous avez pu constater que si la Banque centrale soldait elle-même les positions de la compensation le marché interbancaire ne servirait plus à rien. C’est d’ailleurs une des propositions que j’avance dans mon papier sur « la sortie de crise ».

    Je vous signale un événement important qui n’a pas pu vous échapper : en mars 2008, voici ce que l’on pouvait lire dans la presse française : la Banque centrale américaine tente par tous les moyens d’inciter les banques à se prêter entre elles. Le moyen annoncé serait d’apporter jusqu’à 200 milliards de dollars de titres du Trésor américain (de la bonne monnaie) à un nombre limité de banques, en contrepartie de titres totalement illiquides aujourd’hui (la mauvaise monnaie). ce qui montre bien que les opérations sont indépendantes et que la monnaie échangée sur le marché interbancaire n’est pas de la monnaie centrale, comme le pouvoir monétaire s’emploie à le faire croire.

    Enfin, je sais qu’ici on défend la thèse de la monnaie centrale comme source de monnaie universelle. C’est votre position quand vous dites :

    il n’y a pas d’argent sur le compte courant créditeur de Duchmoll. Il y a seulement un droit de tirage sur la trésorerie de Neuflize pour un montant de 800.000 (Cf. François Grua, Recueil Dalloz 1998. Le dépôt de monnaie en banque).

    Je ne suis pas de cet avis et je puis vous citer des textes qui disent le contraire, et ils sont édités par la Banque de France.

    Le compte de Duchmoll a bien augmenté de 850.000, du fait de l’investissement effectué par la banque Mallet, cela me paraît indéniable. En conséquence, l’agrégat M1 a augmenté d’autant. Je vous rappelle que M1 est le premier indicateur monétaire de la Banque centrale.

    Cordialement
    jean

    1. Cher monsieur,
      j’accuse présentement réception de votre réponse dont je vous remercie. Je vous répondrai après mure réflexion et après la prise de connaissance des autres réponses. Je n’ai pas trouvé sur votre site votre adresse e-mail, sinon je vous aurais envoyé copie des présentes. Dites-moi si vous préférez une réponse privée sur votre e-mail ou une réponse publique.
      Sincères salutations et merci : tout (ou le peu) ce que connaisse du système de compensation, je le connais par vous.

      Mon adresse e-mail: m.rhyple@orange.fr

      JPV.

  7. bruno ,
    il faut prendre des paradoxes quantiques (epr,schrodinger) pour bien piger le truc ,ou des experiences (alain aspect,l’effet casimir) ..

  8. Je ne suis pas sûr que faire intervenir 3 banques + une chambre de compensation + l’entrepreneur Duchmol + un président de république (honorablement représenté par sa cabine de douche) était la meilleure chose à faire pour rendre plus clair ce qui est obscur…

    La question de cette « création monétaire », après m’avoir longtemps cassé les pieds, commence à m’amuser. Holbecq, qui critique la position de Jorion, (http://postjorion.wordpress.com/2009/12/04/49-billet-invite-a-j-holbecq-sur-%C2%AB-lerreur-de-creutz-et-de-jorion-%C2%BB/#comment-863) dit que la masse monétaire n’augmente pas, je cite:

    « 4°) que non seulement il ne se produit pas d’accroissement de la masse monétaire mais, qu’en fait, en ce qui concerne la masse monétaire active et axée sur la demande, elle diminue même constamment, étant donné que sur les 100 millions initiaux, des montants de plus en plus élevés disparaissent dans les réserves des banques où ils sont finalement complètement absorbés ; »

    Mais son texte s’achève sur ce lien: la création monétaire pour les nuls, où il est dit:
    a) en gras: « La masse monétaire demeure strictement inchangée,… »
    b) « Comme le fait remarquer justement A. Chaineau : « La preuve de ce pouvoir de création monétaire est que la masse monétaire n’est pas fixe comme elle le serait si le banquier ne faisait que prêter les avoirs monétaires des déposants » (p. 151). »
    c) « Les opérations entre des agents non financiers et les banques font ainsi varier la masse monétaire »

    In fine, les « créationnistes » disent que si ! Il y a création de monnaie par octroi de crédit, mais cette monnaie c’est de la dette. Exemple chez RST, grand ennemi du présent blog, en réponse à un commentaire de ma pomme:

    « Pourquoi dit-on que les banques créent de la monnaie?
    Tout simplement parce qu’on appelle monnaie les comptes en banques, dont le montant ne correspond pas aux avoirs de la banque auprès de la banque centrale ou en billets. La plupart des économistes qualifie les comptes à vue de monnaie car ils peuvent être utilisés pour la quasi-totalité des transactions. »
    (http://ecodemystificateur.blog.free.fr/index.php?post/2010/01/20/Paul-Jorion-cr%C3%A9e-de-l%E2%80%99argent-ex-nihilo#c98461)

    C’est un peu léger. Dans le peu que je viens de lire, j’ai remarqué que la notion de trésorerie n’intervient pas. On dit « il y a création de monnaie par simple jeu d’écriture, car la banque met une créance à son actif, et crédite le compte de l’emprunteur, ce qui constitue un « moyen de paiement ». Certes, mais au moment où ce « moyen de paiement » est utilisé, il faut bien que la banque « sorte le fric ». D’où le sort-elle ?

    Dans son article, Holbecq se plante complètement quand il écrit : « il n’est pas vrai que la banque ordinaire peut me priver de l’utilisation de mon dépôt pour le prêter à quelqu’un d’autre. » : oui, quand tout va bien, mais si tout le monde se rue pour retirer ses dépôts, la banque ne pourra pas tout rembourser, il y aura donc des gens qui ne pourront pas « utiliser leur dépôt » et ce, du fait que la banque aura utilisé leur fric pour le prêter à d’autres. On est passé si proche de ce risque que les états se sont engagés à garantir les dépôts jusqu’à un certain montant. C’est bien la preuve que leur utilisation « à vue » ne va pas de soi.

    J’ai l’impression que toute la problématique vient du fait que l’on « considère » (allusion à L’Argent mode d’emploi), la monnaie « scripturale », celle des comptes en banque, comme de la monnaie « sonnante et trébuchante ». Mais la première n’est jamais « garantie », et c’est sans doute pourquoi, en période de crise, il faut mieux avoir du cash sous son matelas, et de préférence en lingots.

    1. Je pense que personne n’a jamais mis en cause le fait que la Banque Centrale, Institut d’Emission, était la seule habilitée à émettre (= créer) de la Monnaie-papier, ou monnaie fiduciaire.

      Le fait de restreindre le terme « monnaie » à la monnaie-papier (si je laisse de côté) les pièces – ce qui est tout à fait le droit de Paul Jorion – ne change rien à deux faits.

      1) Tous les mécanismes monétaires reposent sur la confiance: si vous n’avez pas confiance, mieux vaut convertir ce que vous avez en banque en ce qui vous donne le plus confiance: billets sous votre matelas, lingots d’or, compte numéroté en Suisse ou ailleurs (c’est plus facile par virement que par valise de billets 😉 ), achats immobiliers, actions, stocks de livres… Les billets sont garantis par la Banque Centrale. Mais est-ce que la possibilité de retirer tous ensembles les billets est garantie? A vous de voir, c’est bien là toout le problème, ou la question concrète que le débat actuel soulève périodiquement.

      2) quel que soit le nom que vous donnez à la « monnaie scripturale », enlevez lui le nom de monnaie, elle sert dans 95% des échanges de biens et de services. Certains l’appellent « monnaie virtuelle » ou « image de monnaie », avec la comparaison amusante d’un cheval qu’on peut monter, ce qui est faux de son image. Tant que l’on pourra payer avec de la monnaie scripturale (si 40% des transactions se font en utilisant des virements de compte à compte grâce à l’utilisation de cartes bancaires), il sera difficile de considérer qu’on ne travaille que dans le virtuel et dans l’image.

      Bien sûr, la seule chose réelle, c’est l’économie, la production, la consommation, l’investissement, des exclus et des nantis. Et la monnaie-papier, si la sphère « réelle » n’esiste pas, sera réduit aux m^mes atours que la pseudo-monnaie, la fausse-monnaie, la « monnaie scripturale », à savoir à rien. Même les lingots d’or ne sont pas mangeables, si plus rien n’est produit.

      Si la monnaie, quels que soient ses composants, n’est pas au service de l’économie réelle, la distinction – certes intéressante – entre monnaie fiduciaire, monnaie scripturale, agrégat M1, M2, M3, on s’enfonçera de plus en plus dans la crise actuelle. Une vraie question serait donc: quels sont les mécanismes les plus efficaces pour mettre la monnaie au service du plus grand nombre?

      Cordialement, Bruno Lemaire.

    2. « Certes, mais au moment où ce « moyen de paiement » est utilisé, il faut bien que la banque « sorte le fric ». D’où le sort-elle ? »

      Justement ce moyen de paiement n’est jamais utilisé en totalité, puisqu’il est par nature compensé :
      comme les banques jouent en permanence à ce jeu, le fric qui sort réellement du système et qui coûte réellement à la banque est le CASH,
      Dans le cas qui nous occupe on ne va retirer 850ke de CASH.
      Le CASH en circulation, lui est bien acheté par les banques aux banques centrales.

    3. « Une vraie question serait donc: quels sont les mécanismes les plus efficaces pour mettre la monnaie au service du plus grand nombre? » Le premier mécanisme à mettre en place est celui de COMPRENDRE, ou faire comprendre comment ça marche actuellement. Les sites abondent qui parlent de « création monétaire » par simple octroi de crédit, mais il suffit de gratter le vernis de leurs explications pour comprendre que celles-ci sont tronquées, approximatives, et, pour tout dire: foireuses. Tout ça pour quoi ? Parce que les distinctions entre « types de monnaie », distinctions « certes intéressantes » dites-vous pour faire entendre qu’elles n’ont rien de fondamental, ces distinctions sont bien au contraire fondamentales.

      Des tas de gens soutiennent la théorie de la « création monétaire » parce qu’ils croient dénoncer une situation scandaleuse. D’autant plus scandaleuse, au demeurant, que les « autorités monétaires » ne s’en cachent pas. Pour moi, cela suffit à jeter la suspicion sur cette théorie, car je soupçonne les mêmes autorités d’avoir intérêt à nourrir ce mythe, justement pour entretenir la confiance. Il présente quelque chose de rassurant, somme toute, puisqu’il laisse croire que la monnaie est créée en veux-tu en voilà, donc que les banques ne peuvent pas en manquer. Il masque en même temps un fait angoissant: l’argent n’est pas dans nos poches mais dans celles des banques. Ce qui est marqué sur mon compte n’est pas de la monnaie, seulement une reconnaissance de dette de ma banque. Ma monnaie à moi a été prêtée, et il n’est pas sûr que je puisse la récupérer en toutes circonstances.

    4. @BRUNO LEMAIRE: « Les billets sont garantis par la Banque Centrale. »

      Non. Les billets n’ont aucune garantie et n’en ont pas besoin. Ils ont cours légal. Ils valent par eux-mêmes. C’est de l’argent.

      « quel que soit le nom que vous donnez à la « monnaie scripturale », enlevez lui le nom de monnaie, elle sert dans 95% des échanges de biens et de services.  »

      Personne ne dit que la monnaie scripturale n’est pas de la monnaie (un coquillage aussi est de la monnaie si quelqu’un l’accepte comme moyen de paiement). Ce que l’on dit c’est que ce n’est pas de l’argent. Voyez-vous la particularité de cette monnaie que l’on appelle « argent »? Elle a cours légal. Elle n’a pas besoin d’être garantie (comme l’or, imagine-t-on une garantie sur l’or? par quoi serait-il garanti? de même qu’est-ce qui garantirait le billet de banque?). Elle ne repose pas sur la confiance (le terme « monnaie fiduciaire » est en ce sens très trompeur et date d’une époque où le billet de banque n’avait pas cours légal et par conséquent était bien basé sur la confiance, c’est-à-dire la garantie de sa convertibilité en or).

    5. Bonjour

      Crapaud Rouge estime que j’aurais écrit

      « 4°) que non seulement il ne se produit pas d’accroissement de la masse monétaire mais, qu’en fait, en ce qui concerne la masse monétaire active et axée sur la demande, elle diminue même constamment, étant donné que sur les 100 millions initiaux, des montants de plus en plus élevés disparaissent dans les réserves des banques où ils sont finalement complètement absorbés ; »

      Regardez bien, c’est justement un extrait de Creutz car en « blockquote »
      Je précise d’ailleurs juste avant cette citation, en gros caractères d’ailleurs :
      « A partir de prémisses fausses, les conclusions de Creutz ne peuvent être que fausses dans presque toutes leurs expressions »… et je les cites

  9. jean bayard dit:

    Rappelons qu’en France il existe 2 systèmes de télé-compensation qui fonctionnent tous deux en règlements nets, c’est-à-dire véritablement compensés :

    a) le Système Interbancaire de Télé-compensation (SIT) réservé aux opérations d’un montant unitaire inférieur à 760 mille euros (en vigueur en 2006),

    b) et le Paris Net Système (PNS) réservé aux opérations d’un montant supérieur.

    Hors la compensation, la Banque Centrale exerce pleinement son autorité puisque tous les ordres de transferts passent par son intermédiaire et elle fournit les besoins de monnaie centrale des banques par le biais de l’Open market. En France, ces ordres de transfert sont traités par le système TBF (Transfert Banque de France) que l’on examine dans ce chapitre.

    La Banque de France écrit:

    Système de paiement de masse

    CORE a également remplacé l’infrastructure de paiement de détail préexistante, le SIT (Système Interbancaire de Télécompensation), pour la compensation interbancaire de l’ensemble des instruments de paiement dématérialisés nationaux : ces moyens de paiement ont migré du SIT vers CORE entre juin et octobre 2008.

    LE SYSTEME DE PAIEMENT DE MONTANT ÉLEVÉ FRANÇAIS : TARGET2-Banque de France

    La place de Paris disposait jusqu’au 15 février 2008 de deux systèmes pour le règlement des paiements de montant élevé : TBF (Transfert Banque de France) la composante française du réseau européen TARGET (Trans-european Automated Real-time Gross settlement Express Transfer system) et PNS (Paris Net Settlement). Depuis, ces derniers ont laissé place à TARGET2-Banque de France, le seul système de paiement de montant élevé français.

    Donc SIT, PNS et TBF n’existent plus, ils ont été remplacés par CORE et TARGET2. Cela ne doit pas changer grand chose quand aux grands principes, mais une màj serait le bienvenue.

    On peut en effet se demander à quoi servirait le marché interbancaire (càd en monnaie « privée ») si les compensations devaient toujours être réglées en monnaie de BC.

    1. Monsieur, pouvez vous me dire à quoi il pourrait servir d’autre? N’est-ce pas suffisant qu’il permette que les chèques à encaisser soient encaissés et les chèques à payer, payés, avec le moindre transfert de fonds?

    2. Crapaud rouge 13h43
      Votre  » ma monnaie à moi a été prêtée « . Qui de l’oeuf ou de la poule est arrivé le premier?!!!!!!!!!!!!!!!

      Démonstration; et vous, vous l’avez acquis ou emprunté à QUI COMMENT.
      Soit par votre force de travail REMUNERATION, votre employeur vous rémunérant soit avec de la monnaie « positive
      acquise sans crédit » ou « négative acquise avec crédit ».Comme personne dans le système est capable de dire à l’instant T de la transaction « achat vente » si votre monnaie est positive ou négative, la valeur contractuelle repose uniquement sur la confiance des transactants, confiance confortée par la garantie de l’état souverain à hauteur
      de (70.000€?) par compte bancaire nominatif.
      L’état n’étant que le représentant du peuple souverain, je serai comme les Islandais assez partisan de la répudiation des dettes, puis de repartir sur des bases solides avec la copie améliorée du Conseil National de la Résistance.
      Comme dit Mr Lemaire, la confiance et même l’or n’est pas mangeable, sauf à dose infinitésimale c’est un bon
      anti-infectieux. Transformer son or en matelas, j’ai déjà dormi sur un tas de briques mais croyez moi c’est inconfortable, peut être qu’avec l’or……… serait de plus de confort mais j’en doute.
      Salutations cordiales et citoyennes à tous.

  10. Cette nuit, j’ai signé un contrat avec le diable. En échange de mon âme, il a créé ex nihilo une banque à mon nom que j’ai aussitôt baptisée La Providence pour appâter le chaland. Il m’a déniché 1000 déposants qui m’ont donné chacun 1000 euros, (soit 1.000.000) et 900 emprunteurs à qui j’ai prêté 1000 euros à chacun (soit 900.000). A la suite de quoi j’étais à sec, impossible de prêter un radis de plus à cause de la barre des 10% de réserve. Impossible de descendre au-dessous sous peine de me retrouver illico en enfer, contrat oblige. Mais le diable avait tout prévu: à midi, j’avais déjà 900 nouveaux déposants avec 1000 euros chacun. D’où venaient-ils ? C’était les commerçants qui avaient vendu des trucs et des bidules à mes emprunteurs. Mes dépôts se sont donc élevés à 1.900.000, ce qui m’autorisait à prêter 1.710.000 (90% de 1.900.000). Soustrayant les 900.000 déjà prêtés et pas encore remboursés, j’ai aussi sec prêté 810.000 en début d’après-midi. Remplacez La Providence par « le système bancaire », et vous avez une bonne idée de la façon dont il s’enrichit sans avoir besoin de créer de la monnaie.

  11. @Tous :
    J’ai une question sur la monnaie et le mot « ex-nihilo » sans doute hors sujet par rapport à ce billet. Quelqu’un pourra peut-être m’expliquer :

    Pourquoi un prix Nobel emploie-t-il l’expression « création monétaire ex-nihilo » tandis que si je vais à ma banque demander un crédit, le banquier me demandera un bulletin de salaire pour s’assurer de ma solvabilité et imprimera un contrat juridique sur lequel je devrais poser ma signature avant de recevoir cet argent ? Avant toute création monétaire, il y’a émission d’un contrat juridique entre deux agents économique et un pari de la banque comme quoi durant le temps de mes remboursements je resterai solvable. Je n’ai jamais compris le mot « ex-nihilo » puisqu’une banque imprime des contrats avant toute chose, et sans ma signature elle n’octroie pas de crédit, et en paraphant j’accepte la création monétaire due aux intérêts qu’empochera la banque. Au début il y’a un imprimé encadré par le législateur, et ensuite des mouvements comptables entre banques que peu de citoyens pourront comprendre. D’où vient ce mot « ex-nihilo » pour qualifier la création monétaire, dans ce cadre là ?

    1. @Jean Bayard à propos du terme ex-nihilo :
      « Par une simple écriture comptable » –> L’institut financière crée de l’argent.
      La banque de détail ne créé rien « ex-nihilo », elle imprime des contrats pour qui veut bien y souscrire. On coupe des arbres avant de créer de la monnaie. Le banquier imprime avant que vous ne souscriviez un contrat, il existe une offre sur un papier avant que vous ne signez ! La carambouille que vous décrivez concerne l’usage de l’intérêt.

      ps : Jean, excusez moi pour cette réponse en dehors des chemins comptables et à l’emporte pièce. J’ai lu avec intérêt il y’a plus d’un an vos arguments sur la création monétaire grâce aux discussions suscitées par Paul. j’ai apprécié votre site. Toutefois le mot « ex-nihilo » reste inapproprié dans la conception d’une banque de détail, le jeu d’écriture à fausse somme nulle que vous documentez concerne la gestion de l’intérêt entre initiés.

  12. Bruno LEMAIRE dit :
    23 janvier 2010 à 12:37

    «  »(…) Bien sûr, la seule chose réelle, c’est l’économie, la production, la consommation, l’investissement, des exclus et des nantis. Et la monnaie-papier, si la sphère « réelle » n’esiste pas, sera réduit aux m^mes atours que la pseudo-monnaie, la fausse-monnaie, la « monnaie scripturale », à savoir à rien. Même les lingots d’or ne sont pas mangeables, si plus rien n’est produit.

    Si la monnaie, quels que soient ses composants, n’est pas au service de l’économie réelle, la distinction – certes intéressante – entre monnaie fiduciaire, monnaie scripturale, agrégat M1, M2, M3, on s’enfonçera de plus en plus dans la crise actuelle. Une vraie question serait donc: quels sont les mécanismes les plus efficaces pour mettre la monnaie au service du plus grand nombre? » »

    Entièrement d’accord avec ces propos de Bruno Lamaire

    Si, pour un espace économique donné et un temps comptable donné, on pouvait faire l’expérience de totaliser toute les factures, tous les tickets de caisse y compris les factures et les ticket représentant ce qu’a payé l’État pour son fonctionnement (autrement dit le montant des impôts concernés par ce temps comptable) (de même les actes notariés d’achats ilmmobiliers mais ils peuvent être mis à part); mais rien que la masse M1 pourrait suffire à reflèter cette réalité-là. Nous aurions alors le montant précis des dépenses de consommation qui contiendraient toutes les dépenses de consommation des ménages, ainsi que de l’industrie, de l’agriculture, de l’artisanat et des services pour produire leurs objets et leurs services durant ce temps comptable (1). Et bien nous aurions là le montant total des dépenses de consommation toutes catégories confondues: consommation pour produire et consommation pour vivre. Toutes les catégories monétaires formant donc ce total car ayant servi pour l’ensemble des transactions pendant ce temps comptable, sont des – moyens de paiement – appelés: monnaie, tout simplement.
    Si cette masse monétaire (donc au moins M1) ayant « transactionné » pendant ce temps comptable ne correspond pas, ou ne serait pas très proche de la masse monétaire comptable, c’est que cette monnaie ne reflète pas la réalité économique avec les distorsions, les pertes et les déséquilibres dont les accumulations ne mènent qu’aux crises. Si
    – cette masse-là – est plus grande que ce total ayant servi aux transactions, ce serait la preuve que les transactions qui ont eu lieu ont été effectuées avec des prix qui contiennent « en plus » « autre chose » que la juste rémunération des produits: marges bénéficiaires des entreprises qui versent des salaires, paiements des matières premières, frais de transports et d’entrepôts, mais aussi, et c’est là que le bas blesse LES FRAIS ET LES RÉMUNÉRATIONS DU CAPITAL engagé dans les investissements effectués dans les moyens de productins (usines, machines, etc) dont les durées de financement dépassent assez largement le circuit monétaire de la consommation en générale. Mais aussi, sur cette même branche de rémunér
    (1) d’ailleurs tout ceci est le travail des services de statistiques qui sont donc normalement capables de faire ce travail qui doit être fiable, les erreurs se corrigeant en grande partie d’elles-mêmes par interpolations)

  13. Le CASH, c’est le talon d’Achille du système, c’est pour ça que les banques rêvent tellement de le voir disparaître.

    1. Le Cash, talon d’Achille… Tout à fait: certaines » banques » « internet » disent vouloir s’en passer. Je ne suis pas totalement sûr que ce soit, pour le moment, très légal.

      Bruno Lemaire.

  14. Bruno LEMAIRE dit :
    23 janvier 2010 à 12:37

    «  »(…) Bien sûr, la seule chose réelle, c’est l’économie, la production, la consommation, l’investissement, des exclus et des nantis. Et la monnaie-papier, si la sphère « réelle » n’esiste pas, sera réduit aux m^mes atours que la pseudo-monnaie, la fausse-monnaie, la « monnaie scripturale », à savoir à rien. Même les lingots d’or ne sont pas mangeables, si plus rien n’est produit.

    Si la monnaie, quels que soient ses composants, n’est pas au service de l’économie réelle, la distinction – certes intéressante – entre monnaie fiduciaire, monnaie scripturale, agrégat M1, M2, M3, on s’enfonçera de plus en plus dans la crise actuelle. Une vraie question serait donc: quels sont les mécanismes les plus efficaces pour mettre la monnaie au service du plus grand nombre? » »

    Entièrement d’accord avec ces propos de Bruno Lamaire

    Si, pour un espace économique donné et un temps comptable donné, on pouvait faire l’expérience de totaliser toute les factures, tous les tickets de caisse y compris les factures et les tickets représentant ce qu’a payé l’État pour son fonctionnement, autrement dit le montant des impôts concernés par ce temps comptable (impôts déjà payés par nous à lui l’État) et dépensés par l’État pendant ce temps comptable (de même les actes notariés d’achats ilmmobiliers mais ces derniers peuvent être mis à part); c’est ainsi que rien que la masse M1 pourrait suffire à reflèter cette réalité-là. Nous aurions alors le montant des dépenses de consommation qui contiendraient l’ensemble des dépenses de consommation des ménages, de lÉtat, ainsi que celles de l’industrie, de l’agriculture, de l’artisanat et des services pour produire leurs objets et leurs services durant ce temps comptable (1). Et bien nous aurions là le montant total des dépenses de consommation toutes catégories confondues: consommation pour vivre et consommation pour produire. Donc TOUTES les catégories monétaires ayant formé ce total, car ayant servi pour l’ensemble des transactions pendant ce temps comptable, sont bien des – moyens de paiement – appelés: monnaie, tout simplement. Cette monnaie là a forcément une contrepartie matérielle dans les transactions, donc elle a le droit de s’appeler vraie monnaie.

    Si cette masse monétaire (donc au moins M1) ayant « transactionné » pendant ce temps comptable ne correspondait pas, ou ne serait pas – très proche – (2) en plus ou en moins de la masse monétaire comptable, c’est que cette monnaie ne reflète pas la réalité économique et pèche en trichant quelque part, ce qui est certain. C’est le cas actuel du traitement monétaire qui est d’une part faux et sûrement frauduleux. Cela débouche sur les distorsions, les pertes et les déséquilibres dont les accumulations s’abbatent toujours sur les sociétés civiles, jamais ou presque sur les faiseurs d’argent et ce « résultat » ne mène qu’aux crises ou aux guerres.

    C’est pourquoi il y a de profondes zones d’ombre dans l’acte de création monétaire et les bilans des banques (et l’exemple ci-dessus, s’il fait un effort louable après celui de l’Argent mode d’Emploi, ne clarifie pas cet état de chose. Les commentaires lus ci-dessus semblent aller dans ce sens (3).

    On peut résumé tout ce qui précède ainsi: à la base, tout ce qui est facture et tickets de caisse, reçus, preuves de paiement, etc., doit pouvoir s’appeler: recus de – monnaie – après avoir effectué des transactions. Les différences financières, monétaires, bancaires en plus ou en moins par rapports à ces preuves de paiement ne doivent pas entrer dans ce type de comptabilité, ou bien s’appellent crédit implicitement forcé à cause du manque de pouvoir d’achat (c’est encore pire après!), rémunérations d’un capital frelaté, de fanfreluches financières se fanant sous nos yeux ruinant les sociétés civiles productrices. La meilleure explication, car documentée, de cette distorsion redoutable dans la création monétaire qui fait se prendre au collet tant de gens, a été donnée par le praticien très fécond dans le résultat de ses investigations, c’est le Major Clifford Hugh Douglas, qui était un vrai praticien du terrain de l’économie industrielle, en avance sur nombre de théoriciens.

    (1) d’ailleurs tout ceci est le travail des services de statistiques qui sont donc normalement capables de faire ce travail qui doit être fiable, les erreurs se corrigeant en grande partie d’elles-mêmes par interpolations)

    (2) cela peut s’expliquer car c’est ici le phénomène actuel que le pouvoir d’achat est amputé des frais de rémunération du capital et de toutes les fanfreluches financières qui vont avec, il y en a tout un catalogues. Mais ce n’est pas le sujet ici

    (3) j’ai longtemps laissé l’ordi sur ce blog cet après midi car je suis sorti plus longtemps que prévu et n’ai pas quitté le blog tout ce temps et s’il y a eu d’autres commentaires, normalement, je ne le saurai qu’après avoir envoyé celui-ci

  15. @Moi,
    Intéressant votre commentaire sur la monnaie qui n’est pas de l’argent, et sur votre interpellation

    @BRUNO LEMAIRE: « Les billets sont garantis par la Banque Centrale. »

    « Moi » écrit: Non. Les billets n’ont aucune garantie et n’en ont pas besoin. Ils ont cours légal. Ils valent par eux-mêmes. C’est de l’argent.

    Je (Bruno L.) va donc répondre.
    Quand je dis que la valeur d’un billet est garanti par la Banque Centrale, cela signifie, pour moi, que le « billet » a cours légal, et que l’Etat – dont la Banque Centrale, dans ce cas, est censé être l’émanation (il y aurait bcp à dire sur ce point, il est vrai 😉 ) garantit que les 100 euros qui sont dessus permettront d’acheter n’importe quelle marchandise dont le prix affiché sera de 100 euros.

    Par ailleurs, sur la différence sémantique entre argent et monnaie. En anglais, Money a le sens de ce que vous semblez appeler argent, mais aussi de ce que l’on appelle monnaie. Mais restons en France.

    Si vous me dites qu’un billet, du papier-monnaie, c’est de l’argent, au sens habituel du mot, qui le contestera. si vous me dites maintenant que la monnaie scripturale, ce n’est pas du papier-monnaie, personne ne le contestera non plus.

    Mais, bien entendu, le débat n’est pas là.

    Le débat, je crois, porte sur les utilisations diverses du papier-monnaie, VOTRE argent (ce que « moi » appelle argent), et sur celles de la monnaie scripturale. Sont-elles différentes: si oui, dans quel contexte?. Le débat porte aussi sur les émetteurs du papier-monnaie, et sur les émetteurs de la monnaie scripturale, sur les droits et les devoirs des « émetteurs ».

    Très cordialement, « je » salue « moi »,

    Bruno Lemaire.

    1. Moi aussi (je) vous salue. (Remarquez qu’en s’appelant Moi on peut encore parler de soi à la troisième personne) 🙂

      « cela signifie, pour moi, que le « billet » a cours légal »

      Oui, je sais. Mais pour vous, qu’est-ce que cela signifie? (je rigole. ok, cela règle cette question)

      « si vous me dites maintenant que la monnaie scripturale, ce n’est pas du papier-monnaie » »

      Non, ce n’est pas cela, je dis que la monnaie scripturale n’est pas de l’argent. La monnaie fiduciaire est de l’argent. Mais l’or aussi (il n’a pas besoin de cours légal, il est universellement accepté) et toute monnaie qui aurait cours légal.
      On compte dans les agrégats monétaires des monnaies, dont certaines ne sont pas de l’argent, mais pas toutes les monnaies (pas par exemple les coquillages que j’échange comme moyen de paiement avec mon voisin, ni les bons d’achat des grands magasins, ni les monnaies locales, etc). On compte donc dedans, l’argent et la monnaie bancaire (les reconnaissances de dettes des banques). Je ne vois pas pourquoi cette discrimination sélective. Selon ma conception il faudrait soit qu’on compte toutes les monnaies, soit seulement l’argent et au minimum il faudrait préciser pourquoi on y inclus certaines monnaies et pas d’autres, pourquoi on exclut l’or qui est pourtant de l’argent, etc.

      « Sont-elles différentes »

      Je réponds oui.

      « si oui, dans quel contexte? »

      En période de crise financière, la différence est claire.

      « le débat porte aussi sur les émetteurs du papier-monnaie, et sur les émetteurs de la monnaie scripturale, sur les droits et les devoirs des « émetteurs ». »

      Justement, je ne pense pas que le débat soit là, ou du moins que ce débat soit important. L’émetteur de monnaie scripturale est n’importe qui (je signe par exemple une reconnaissance de dette à mon voisin et j’ai émis de la monnaie scripturale s’il arrive à l’échanger contre une saucisse chez le boucher du coin). Je ne vois là aucune question sur les droits et les devoirs, je suis juste tenu de rembourser ma dette à l’échéance. Cette question ne semble importante que si l’on confond monnaie scripturale et argent.
      La vraie question est celle-ci: faut-il créer de l’argent pour garantir les reconnaissances de dettes que les banques ont émises? Si oui, comme c’est le cas, pourquoi? Pourquoi ce cadeau collectif aux banques et indirectement à ceux qui ont investi leur argent dedans? Pourquoi moi, qui n’avait quasiment rien en banque et même plutôt des dettes, vais-je devoir payer (sous forme d’impôts ou autre) pour que les banques puissent restituer leur argent à ceux qui avaient de gros comptes chez eux? C’est là un transfert clair et net du pauvre vers le riche. Le système s’écroule parce que de plus en plus de pauvres ne peuvent plus payer payer leurs dettes et tout ce que l’on fait c’est dire « ok, on va répartir la dette sur tous les pauvres et l’échelonner aussi sur les pauvres à venir (les générations de pauvres suivantes) ».

  16. Il me semble que dans tout çà il y a comme des « confiscations » successives.
    Pendant très longtemps, l’argent c’étaient des pièces en métal plus ou moins précieux.
    Plus on en avait, plus on pouvait acheter de choses et plus on était riche.
    Puis des gens bien intentionés ont décidé que tout ce métal n’était pas pratique, trop lourd, et l’ont remplacé par du papier en nous disant que la valeur de celui-ci était égale à une certaine quantité de métal, conservant une partie de monnaie métallique pour de toutes petites transactions.
    Evidemment, ces gens bien intentionnés ont gardé la majorité du métal pour eux.
    Puis ils n’ont plus dit que ce papier avait une certaine valeur par rapport au métal, mais comme on était habitués au papier monnaie on n’a pas fait bien attention.
    Ensuites ils nous ont dit qu’il y avait encore plus pratique : un autre papier sur lequel on écrit nous-mêmes un chiffre avec plein de zéros derrière et ça remplace tout un paquet du papier monnaie.
    Mais, pour avoir le droit de faire cela il fallait d’abord leur apporter tous nos papiers monnaie.
    Evidemment, depuis ils s’arrangent pour garder le maximum de papier monnaie.
    Puis ils ont inventé encore mieux : plus besoin d’écrire ! un bout de plastique, un code à taper et hop ! c’est réglé !
    Leur rève ?
    Dématérialiser totalement l’argent, nous retirer les quatre piécettes qui tintent encore au fond de notre porte-monnaie !
    Ces quatre sous les font saliver, pire qu’Harpagon!
    Ils essaient (moneo) on résiste encore.
    C’est pourquoi je me dis que, si ces gens bien intentionnés s’acharnent avec autant d’énergie à nous confisquer la monnaie sonnante, trébuchante ou même crissante, c’est que le noeud du problème est là.
    De dématérialisation en dématérialisation ils nous volent tous nos sous!!!

    1. En plus la monnaie dématérialisée c’est vrai que c’est super pratique !
      Essayez d’appliquer un intéret de 10 % à une bourse contenant 100 pièces d’or !
      Vous pouvez tenter des incantations tant que vous voudrez, vous n’y arriverez pas !
      Par contre sur une somme inscrite dans un livre de comptes rien de plus facile !
      Il suffit de créer les comptes nécessaires à la comptabilisation de cet intéret !

  17. Sur les phénomènes de compensation bancaire.

    Une des questions « simples », mais qui revient souvent quand on étudie les phénomènes monétaires, et en particulier la circulation des diverses formes de monnaie, de la plus liquide, la plus « légale », à la moins « liquide », la plus « risquée » est celle de la compensation.

    On peut s’interroger ‘techniquement’ sur la compensation, en se demandant comment les diverses banques s’organisent-elles pour faire le point entre elles, soit à chaque seconde, soit chaque demie-journée, soit…

    Cette question n’est sans doute pas très délicate techniquement, du moins maintenant que des systèmes électroniques ont été mis au point et testés depuis une trentaine d’années, les plus récents ayant été mentionnés dans le fil de discussion actuel.

    De plus, au moins au niveau élémentaire, ce phénomène existe depuis qu’il ya des banques, donc au moins depuis des siècles, et, bien avant cela, par l’intermédiaire des lettres de change entre marchands ‘internationaux »‘.

    Mais cette question me semble importante, voire fondamentale, sur le plan conceptuel, car elle permet de voir, d’après moi, ce qui dans le système bancaire de ce qui est « en dehors ».

    On compare souvent le système bancaire à une énorme banque unique. Je ne pense pas, même si j’ai parfois utilisé cette image, qu’elle soit très bonne.

    L’approche système, avec des interactions à l’intérieur du système, et des interactions avec son environnement Banque Centrale, et éventuellement, directement ou indirectement, avec l’Extérieur (Import/Export) me semble plus adaptée.

    Prenons ainsi une demande de crédits, qui arrive au Système, et supposons que le solde de cette demande de crédits soit positif (les nouveaux crédits sont supérieurs aux remboursements).

    Le système va réagir de 2 façons:

    a) si l’ensemble du système n’est pas en « sous-liquidité » – si le ratio de liquidité n’est pas encore atteint, non plus que les ratios prudentiels – le système bancaire va réagir en accordant de nouveaux prêts, en émettant de la monnaie scripturale supplémentaire, quitte à s’autoréguler en interne par des interventions sur le marché interbancaire.

    b) dans le cas contraire, le système va devoir intervenir sur le marché monétaire, ou faire appel à la banque centrale. On voit bien la masse monétaire qui enfle à l’intérieur du système bancaire pour, espérons le, irriguer l’économie « réelle » (ce qui est de moins en moins le cas, hélas.)

    Dans les deux cas, il y aura un phénomène de compensation à l’intérieur du système, bien sûr. Mais le fait que les crédits soient accordés par tel ou tel établissement bancaire n’est pas neutre. Il y a donc une concurrence dans le système, pour être le plus liquide possible et/ou pour être le plus rentable possible, et/ou pour avoir des engagements hors bilan les plus importants possible, en cas de crise.

    Une démarche plus « microéconomique », moins « écosystème » fait qu’on se focalise sur des choses qui m’apparaissent maintenant moins importantes. Comment vont se passer les fuites à l’intérieur du système est une question importante pour les banques, mais pas pour les autres agents économiques. Du moins est-ce le point actuel de ma réflexion.

    Commentaires, critiques, suggestions bienvenues.

    Cordialement, B.L.

    1. à Bruno,

      Je partage ce que vous venez d’énoncer : l’ensemble A le système bancaire regroupant toute la finance et ses divisions en sous ensembles concurrents. L’ensemble B l’économie et ses divisions en sous ensemble concurrents.
      Seulement il me semble à l’heure actuel que l’ensemble A présente des montants sans commune mesure avec la valeur réelle de l’ensemble B. L’ennui supplémentaire c’est qu’avec la crise l’ensemble B continue à diminuer en valeur réelle et continue à se détacher de ce qu’affiche A comme valeur.

  18. Je suis de ceux qui décrochent assez rapidement (en fait dès les tableaux de départ). Peut-être que si je m’y plongeais quelques heures (jours?) j’arriverais à comprendre mais j’ai des doutes sur mes capacités cérébrales à transformer des échanges monétaires en pure algèbre abstraite.
    Mais quand même, depuis la première vision du film sur les « banksters » qui m’avait remué sans que je comprenne bien pourquoi cela semblait à la fois honteux et incompréhensible, je crois que j’ai bien progressé en 2 ans et demi de fréquentation de ce blog et des liens qu’il m’a permis de fréquenter.

    Si cela peut aider des « limités » comme moi, je vais me permettre de dire avec mes mots simples ce que je crois avoir compris:
    – La monnaie fiduciaire, celle des banques centrales est la seule fiable à 100% car l’Etat qu’elle représente ne peut faire faillite par définition;
    – la monnaie scripturale, bien que s’exprimant dans les même unités est d’une fiabilité moindre puisqu’elle repose sur des crédits, des prêts dont la certitude du remboursement est moindre que 100%. Quand c’est proche de 100%, des amortisseurs divers permettent d’assimiler la monnaie scripturale à la fiduciaire ce qui explique sa liquidité, sa possible titrisation et les bulles qui gonflent, gonflent, gonflent… Mais quand les emprunteurs se mettent à faire défaut en grand nombre, le système peut capoter plus ou moins gravement.
    Mais ce que j’ai surtout retenu au-delà de l’inéluctabilité des crises dans un tel système, c’est que le remboursement n’est pas celui du montant initial du prêt mais montant initial + intérêt (ce que je savais déjà auparavant, comme tout le monde). Mais j’ai surtout compris que les intermédiaires (banques et investisseurs spéculateurs associés) ont perverti la machine aux dépens des prêteurs de départ (ceux qui mettent de l’argent « de côté »). Le différentiel d’intérêt et les mille trucs et ficelles qu’ils ont mis au point leur permet de vampiriser l’économie réelle, les échanges utiles au fonctionnement de la société (auquel ils sont censés coopérer mais dont ils ont détourné les finalités d’origine).

    Tant que le nombre de sangsues était limité sur un corps sain, cela se passait sans trop de problèmes, même si c’était moralement inacceptable. Mais aujourd’hui, les sangsues sont trop nombreuses, elles recouvrent le corps entier de la société (elle ne se limitent plus aux crédits aux entreprises ou au logement mais pompent aussi du sang via les prêts à la consommation). Les sangsues sont également devenues de plus en plus gourmandes (taux de return non plus limité aux 2 ou 3% de croissance réelle mais obligation de taux supérieurs à 10%).
    Certains ici s’émeuvent de la rapacité des sangsues et se demandent pourquoi elles ne réalisent pas qu’elles tuent la poule aux œufs d’or. Comme si des sangsues pouvaient avoir l’intelligence de ménager leurs proies…
    Seuls l’organisme parasité peut comprendre qu’il s’anémie et qu’il doit réagir. Certes ils est bien de comprendre comment les sangsues anesthésient localement leur victime, comment elles injectent des anticoagulants afin que la saignée continue (toutes ces discussions sur les monnaies et les mécanismes de la finance) mais, de grâce, aux actes, sortons nos couteaux et commençons à détacher de nos peaux sanguinolentes ces exploiteurs (leech en anglais = sangsue et exploiteur) qui vont finir par nous tuer.

    1. « Mais j’ai surtout compris que les intermédiaires (banques et investisseurs spéculateurs associés) ont perverti la machine aux dépens des prêteurs de départ (ceux qui mettent de l’argent « de côté »). »

      J’ai compris la même chose que vous sauf que sur ce point je ne pense pas que seules les banques soient les sangsues. Qu’est-ce qu’une banque d’ailleurs? C’est une industrie qui ne produit pas directement de richesse (indirectement elle peut en produire en allouant efficacement les capitaux, mais ce n’est même plus le cas de nos jours parce que la spéculation est plus rentable à court terme que l’intermédiation classique) et derrière laquelle il y a des gens qui se mettent plein d’argent « de côté ». C’est important de comprendre qu’il y a des personnes derrière ce système, des capitalistes, et que leur caractéristique première est d’avoir de l’argent « de côté » (pas d’en avoir beaucoup ou peu, cela ne fait qu’une différence de taille non de nature, de savoir si c’est un gros capitaliste ou un petit capitaliste, d’un gros rentier ou d’un petit rentier).
      Ceux qui mettent de l’argent de côté sont donc tout autant, sinon les vraies sangsues, ils reçoivent des intérêts aussi et l’Etat garanti maintenant de manière immorale le risque qu’ils ont pris en investissant leur argent dans les banques. C’est bien pour payer tous ceux qui ont des billes dans les fonds de pensions et autres investissements « à revenu garanti » (si l’on en croit les dépliants, et ils ne sont pas loin d’avoir raison grâce aux mannes de la FED) que les entreprises doivent délocaliser pour avoir un meilleur rendement et que les banques spéculent au casino boursier.

    2. Alain A dit : « La monnaie fiduciaire, celle des banques centrales est la seule fiable à 100% car l’Etat qu’elle représente ne peut faire faillite par définition; »

      Ah bon? Allez vite annoncer la bonne nouvelle aux Zimbabwéens, aux Islandais… (pour ne reprendre que des exemples récents)

      C’est contredit par l’histoire, comme l’a dit ce petit comique de Voltaire : « Une monnaie papier, basée sur la seule confiance dans le gouvernement qui l’imprime, finit toujours par retourner à sa valeur intrinsèque, c’est à dire zéro. »

      Le sort du papier-monnaie, Monnaie fiduciaire (en Anglais)

      Cette analyse comprend 599 monnaies qui ne sont plus en circulation. L’âge médian pour ces monnaies n’est que quinze ans!

      Détruites par une hyperinflation : 156 Monnaies détruites par un excès de délivrance par le gouvernement.
      Détruites par les actes de guerre : 165 Monnaies déclarées illégales durant une occupation militaire ou une libération.

      La Seconde Guerre mondiale a vu au moins 95 monnaies disparaître alors que des nations ont été conquises et libérées.

      L’hyperinflation est une des plus grandes calamités qui puisse frapper une nation. Ce processus dévastateur a détruit des monnaies aux États-Unis, en France, en Allemagne, et nombre d’autres pays.

    3. @Moi
      Quand je dis  »personnes qui mettent « de l’argent de côté » » je pense à ceux qui déposent leurs salaires sur des comptes à vue (intérêt aujourd’hui: 0%), ou qui épargnent sur un livret d’intérêt à terme (intérêt aujourd’hui: 2% environ). Ceux-là sont des sangsues sans guère d’appétit. Je dirais même que tous ces épargnants qui ont acheté des actions Fortis pour leurs vieux jours, parce que c’était un placement de bon père de famille leur a dit leur banquier, ne sont pas des sangsues véritables non plus (d’ailleurs, ils ont quasi tout perdu aujourd’hui).
      Et puis il y a ceux qui ont cru au « capitalisme populaire », qui ont acheté des SICAV ou des obligations et qui, bon an mal an ont gagné un peu d’argent mais en ont perdu quand cela allait mal. Ceux-là sont des complices, mais pas de vrais requins.
      Et puis il y a les capitalistes, ceux qui jouent, spéculent, échangent à toute allure. C’est vrai quel les Fonds de pension le font pour de simples épargnant et qu’il n’y pas pas de limite précise entre la sangsues à la petite semaine et le grand requin blanc. Mais il y des degrés (vous dites taille) aussi bien dans la conscience du mal que l’on l’on fait et dans le produit des spéculations. C’est pourquoi la punition des malfaiteurs sera toujours un peu vaine et il vaut mieux concentrer notre énergie sur la volonté de mettre fin à ce système (le capitalisme dont les « banquiers » (terme générique qui ne désigne pas des individus mais les banques privées qui ont bâti et entretiennent le système).
      @Fusijan
      Le Zimbawe a-t-il encore un Etat ? L’Islande, elle en a bien un et la Krona (ISK) a toujours bien cours. Le danger pour une monnaie (et donc le bien-être de la population d’un pays) serait selon moi l’hyper-inflation. Ce qui s’est passé en Allemagne dans les année 1920 montre à la fois où cela peut conduire et explique l’attitude de la Banque centrale Allemande tant qu’elle a existé (et qui continue à influencer la banque centrale européenne et Angela).

  19. @ Bruno Lemaire
    Vous tenez quelque chose d’important.

    « Mais cette question me semble importante, voire fondamentale, sur le plan conceptuel, car elle permet de voir, d’après moi, ce qui dans le système bancaire de ce qui est « en dehors ».

    « On compare souvent le système bancaire à une énorme banque unique. Je ne pense pas, même si j’ai parfois utilisé cette image, qu’elle soit très bonne. »

    Je ne peux guère vous aider pour la compréhension du système. Mais je sens déjà que les implications axiologique/normatives et stratégiques de cette façon de voir sont suffisamment intéressantes pour que ca vaille absolument le coup d’approfondir. J espère que d’autres vous prêteront main forte sur ce point.

  20. Réponse à Moi : c’est pire que cela : l’imagination sans limite de la finance a inondé le monde de « produits » à vendre.
    Car plus il y a de produits à vendre, plus il a de commissions à la clef. La plupart de ces produits sont comme la majorité des Starts Up de la bulle internet mais cela n’est pas politiquement correct de le dire, on préfère parler de produits trop sophistiqués que seule une élite matheuse peut comprendre…A partir de la vente et de la notation de ses produits, on a tiré des actifs qu’on a inscrit au bilan qui ensuite permettent d’en acheter encore d’autres à crédit en servant de garantie… Créativité à l’infini jusqu’à l’indigestion comme cela c’est produit avec les CDS entre autre…

  21. @moi (lui) qui m’interpelle, moi, B.L.

    Je suis tout à fait d’accord sur l’importance de la question soulevée par « moi », qui écrit (le 24 janvier 2010 à 02:16).

    La vraie question est celle-ci: faut-il créer de l’argent pour garantir les reconnaissances de dettes que les banques ont émises? Si oui, comme c’est le cas, pourquoi? Pourquoi ce cadeau collectif aux banques et indirectement à ceux qui ont investi leur argent dedans?

    C’est sans doute un cadeau « collectif », mais qui peut, ou qui pouvait, se comprendre, lorsque le système bancaire consacrait l’essentiel de ses prêts à un financement de typer économique. Certes, certains intérêts privés étaient favorisés, certes le taux d’intérêt était trop important, mais la partie purement spéculative était relativement faible, voire très faible.

    En France, depuis 1986/1987 (création du MATIF et du MONEP), puis, plus tard, lorsque l’on a tout fait pour persuader les français qu’il fallait investir en bourse, les banques, le « système bancaire » s’est mis à prêter de moins en moins pour l’investissement productif et la consommation « normale », mais de plus en plus pour des visées spéculatives.

    Et, comme si ce n’était pas suffisant, le « système bancaire » s’est mis à investir lui-m^me, directement, donc parfois sans passer par le prêt à des intermédiaires. C’est du moins ainsi que j’interprète les chiffres fournis par Plihon dans son opuscule « la monnaie et les mécanismes ».

    C’est d’ailleurs peut être pour cela que Paul Jorion propose l’interdiction des paris sur les anticipations de cours.

    En dehors de cette mesure, que faut-il faire?
    Une suggestion serait d’avoir la volonté politique d’exiger une transparence totale des banques. Mais, pour le moment, les secrets bancaires semblent encore plus « secrets » que le secret Défense …
    Demander les contre-parties « réelles », les garanties « réelles » qu’exigent les banques pour prêter de l’argent, et leur interdire d’investir directement sur le marché des actions ou des obligations serait déjà un bon début.

    Une autre suggestion concernant les contribuables à qui on serait tenté de demander de renflouer, par leurs impôts, ou par les intérêts qu’ils vont payer aux banques: supprimer, au moins, les intérêts payés au « système bancaire », et ce pendant une durée à déterminer. Moratoire des intérêts, provisoire ou définitif, affaire à suivre…

    Très cordialement, à « moi » et à tous, Bruno Lemaire.

  22. Je n’ai rien compris et les interventions ne sont pas très éclairantes.
    Sujet aride ? Après tout , quand vous passez sur un pont ( ouvrage d’art)
    vous ne vous interrogez pas sur la résistance des matériaux, ni sur
    les formes et structures permettant de compenser les efforts que votre
    passage infligera à ce pont. ( encaisser est plus exact que compenser
    mais le contexte…)

    Ce système centralisé de compensation permet-il
    de suivre l’argent de la corruption ?

    Au sujet de Clear-Stream, Denis Robert a montré ( peut-être à son insu ?)
    que ce système est une fenêtre ouverte sur tous les mouvements de capitaux,
    y compris ceux allant et venant des paradis fiscaux.
    Si la Justice le veut, elle a les moyens de savoir. Les trous noirs
    financiers pourraient être mis en pleine lumière, les moyens techniques
    existent.
    Seuls y échappent les mouvements physiques.
    La dématérialisation présente des avantages.

  23. Aux intervenants, j’aimerais juste faire remarquer que Jean Bayard défend les thèses de l’extrême-gauche dans ses écrits, notamment le communisme ….
    On peut déduire cela des solutions qu’il propose pour sortir de la crise.
    « L’Etat prend en charge la politique monétaire du pays, avec tout ce que cela comporte, et notamment en matière de maîtrise de l’inflation monétaire et de la hausse des prix. »
    Ce qui revient à une nationalisation du secteur financière

    « relever sensiblement le salaire des fonctionnaires…..
    Ce qui revient à aider ceux qui ont en partie profité de la crise (déflation –sécurité d’emploi) aux dépens de ceux (les indépendants) qui ont essayé de « survivre » grâce à leur travail ( comme Paul Jorion par exemple à moins qu’il ne compte l’engager au ministère de la propagande…)

    « relever le salaire minimum (Smic en France) »
    Une mesure « populaire » : encore faut-il savoir où on peut trouver les moyens pour réaliser un tel projet …surtout que Jean Bayard veut que l’état réalise de grands projets en appliquant la théorie de Keynes.

    Conclusion : Jean Bayard veut résoudre la crise économique de la même façon que Staline l’a fait au 20ème siècle. Bien sûr je ne veux en aucun cas suggérer que Jean Bayard est favorable ou veut défendre les exactions commises par Staline ,au contraire il a l’intention d’aider le peuple….

    1. @le marin.

      Je ne suis pas spécialement stalinien, mais je voudrais juste faire une remarque:

      Puisque la monnaie doit être « au service de l’état », je pense que la création monétaire doit être « contrôlée » par l’état. Je ne suis pas contre la nationalisation de la monnaie, je suis contre la nationalisation des banques. C’est un peu comme pour l’éducation nationale, ou les routes. C’est une mission de service public, pas nécessairement de « secteur public ».

      Une des façons de contrôler, c’est de rendre transparent tout ce qui se passe (vive « clearstream », au sens premier: rendre clairs les transferts de fonds). Il y a aussi d’autres méthodes, bien sûr, pour tenter de dompter l’ogre bancaire, mais ce n’est pas si simple. Nous avons besoin de « bonnes » banques, qui font « bien » leur travail.

      Comme le disait S. Gesell, je crois, la nécessité d’une bonne circulation monétaire s’impose dès lors que l’on fait appel à une spécialisation du travail, et pas à un travail « standard », statistiquement comparable à d’autres « travaux socialement nécessaires ».

      Le curseur entre mesures étatiques et influence du marché sera toujours difficile à positionner. C’est là, je pense, où l’éthique doit intervenir, et où les politiques doivent jouer leur rôle, l’un de leurs premiers devoirs étant de lutter contre toute opacité. Comment laisser le « pouvoir au peuple » si on leur cache tant de choses?

      Cordialement, B.L.

    2. @Bruno Lemaire

      Silvio Gesell, considéré par certains comme le prédécesseur de Keynes et concepteur de la « monnaie fondante » dont Paul à parlé sur ce blog, voulait éliminer le capitalisme financier, c’est-à-dire les rentiers. Mais seulement, lui-même est devenu rentier après avoir fait fortune en Argentine et a ainsi « trahi » sa propre « cause ». Ce fut d’ailleurs aussi le cas des communistes qui ont trahi le peuple en transformant la société en une particratie et en les privant des libertés fondamentales. Voilà donc la preuve que les utopies – qui ont de bonnes intentions au départ – mènent très souvent à l’enfer…

      cordialement

    3. @ Le Marin,

      Au sujet de Silvio Gesell qui devint un méchant rentier (trahissant son idéal…) : vous auriez fait quoi à sa place ?
      Alors qu’il fut traduit en haute cours de Justice avec son conseiller Teophil Christen vers 1919 à la chute du Conseil des soviets de Bavière et la prise de pouvoir par l’extrême-droite militaire : il risquait la peine de mort pour haute trahison dont il réchappa grâce à sa seule défense.
      Enfin, vous considérez un homme seul au pouvoir pendant une quinzaine de jours alors que les communistes l’eurent pendant deux générations au moins en ex-URSS.
      Que je sache, ce que vous qualifiez d’utopie gésellienne a été expérimenté brillamment dans plusieurs cas locaux et n’ont jamais mené à l’enfer selon vos propos un peu léger dans ce cas précis.

  24. @Daniel sur Compensation, corruption et transparence

    Non Daniel, vous avez tout à fait raison, les mécanismes de compensation n’ont pas pour objet d’être transparents, mais d’être « efficaces » au niveau de la circulation de la monnaie.

    Cela étant, pour avoir accès à la transparence,- et en dehors d’une volonté politique « sans failles » – il faudrait déjà que l’ensemble du système bancaire accepte le « traçage » ou la « traçabilité » de toutes ses opérations de crédit: une cour des comptes bancaires en somme, puisque la monnaie est censée être au service de tous.

    Avec mon idée de système et d’écosystème, je disais simplement qu’en procédant ainsi, on pourrait (peut être?) suivre plus facilement les interactions entre sphère « bancaire » et sphère « réelle ». Tout gonflement de la masse monétaire « sans raisons économiques » pourrait ainsi être vu plus rapidement. Quitte, ensuite, à se demander, en creusant à l’intérieur du système bancaire trop opaque, à quoi est dû ce gonflement.

    Cela ne résoudrait pas tous les problèmes, bien entendu, mais on s’en apercevrait peut être un peu plus tôt.

    Bien entendu, si j’ai raison, m^me partiellement, le système banco-financier doit le savoir, et n’acceptera pas de gaité de cœur cette transparence, de la même façon qu’il n’acceptera pas, je pense, les propositions de Paul Jorion sur « l’interdiction des paris ».

    Cordialement, Bruno Lemaire

  25. Bonjour tous,
    Je reprends le texte intéressant de Alain A , mais en y insérant quelques commentaires

    « – La monnaie fiduciaire, celle des banques centrales est la seule fiable à 100% car l’Etat qu’elle représente ne peut faire faillite par définition; »

    => Dire que la fiduciaire est plus fiable ne veut rien dire de précis
    – Elle a une force supérieure puisqu’elle est légalement opposable , c’est tout et ça ne dit rien de sa valeur.
    – Elle est ‘garantie’ puisqu’elle émane de l’Etat éternel , ok , mais si l’Etat ne pet pas faire faillite c’est parce qu’il n’existe aucun moyen juridique de le faire d’une part , d’autre part parce que l’Etat comporte d’autres compartiments d’actions qui ne peuvent disparaître totalement, et enfin parce que l’Etat a la force : s’il le veut il confisque tout à tous (cas extrême) pour assoir la puissance d’une monnaie imposée . Mais on ne sera pas plus riche pour autant et cette monnaie ne vaudra que tripette

     » – la monnaie scripturale, bien que s’exprimant dans les même unités est d’une fiabilité moindre puisqu’elle repose sur des crédits, des prêts dont la certitude du remboursement est moindre que 100%. Quand c’est proche de 100%, des amortisseurs divers permettent d’assimiler la monnaie scripturale à la fiduciaire ce qui explique sa liquidité, sa possible titrisation et les bulles qui gonflent, gonflent, … « … etc

    => La monnaie scriptural est d’une fiabilité un peu inférieure ?
    Ca dépend , car parfois il vaut mieux détenir son carnet de chèque que des billets dans sa poche. En cas de tremblement de terre , ou de demi fin du monde oui. Même la crise actuelle qu’on qualifie d’énorme n’a pas entamé cette confiance, c’est dire.
    Vous dites , Alain, « fiabilité inférieure de cette monnaie » , car il n’y aurait pas certitude du remboursement … mais là, il y a deux choses :
    -Si un prêt n’est pas remboursé, quelqu’un doit endosser cette perte, à priori c’est la banque et ses actionnaires. Ceux ayant leurs valeurs sur des DAV dans cette banque n’en seront pas affectés. Et la valeur générale de la monnaie scripturale n’en sera pas altéré.
    -Si c’était une défaillance très importante, alors effectivement, on pourrait perdre un peu confiance en la monnaie scripturale et exiger plus de fiduciaire sonnante et trébuchante … mais Un Euro scriptural aura exectement la même Valeur qu’ Un Euro Fiduciaire . Par contre il en résulterait une perte de Valeur générale de la monnaie Euro , qu’elle soit en fiduciaire ou en scripturale.
    Bref Fiduciaire et scripturale sont dans le même bateau Euro.

    Vous parlez, Alain , « d’assimiler la scripturale à la fiduciaire » , mais à mon avis cela ne veut rien dire. On peut transformer une valeur en monnaie scripturale en fiduciaire , ça oui.
    Mais l’une n’est pas assise proportionnellement ou magiquement sur l’autre. La monnaie fiduciaire est la Monnaie des monnaies. La cléf de voute. Mais pas la base.

    « Mais ce que j’ai surtout retenu au-delà de l’inéluctabilité des crises dans un tel système, c’est que le remboursement n’est pas celui du montant initial du prêt mais montant initial + intérêt  » … etc
    => Oui, c’est l’intérêt qui pose problème
    Mais attention, l’intérêt pose problème en lui même , hors des considérations sur le ex-nihilo et sur la fiduciaire/scripturale. Et il me semble que ce problème se posera inéluctablement quelque soit la direction prise.
    A moins bien sûr d’interdire l’intérêt. Ce qui signifie castrer l’épargne . C’est possible, il faut en mesurer les conséquences.

    Voilà, signalez moi mes erreurs éventuelles

    1. @oppossum, sur la question de l’intérêt.

      Pour l’intérêt, je comprends vos réserves (sans jeu de mots). Il faut à tout le moins encadrer le taux d’intérêt, comme je l’avais écrit en décembre 2008 (cf. http://www.contre-feux.com/economie/la-fin-du-capitalisme.php), peut être pas le supprimer complètement.

      Disons que le taux d’usure devrait, en ce moment, être plus près de 5% que de 18%, plus proche du taux de refinancement que du taux pratiqué actuellement par certaines officines dont j’ai récemment encore reçu des offres « alléchantes » autour de 17%.

      Cordialement, B.L.

    2. Opposum
      Je ne veux pas vous signaler vos éventuelles des « erreurs » mais tenter de nous mettre d’accord sur les mots.

      D’abord, je vous ai déjà un peu répondu par des réactions à Moi et Fusijan (voir un peu plus haut).

      Les créances (monnaie scripturale) sont, de fait, d’une autre nature que la monnaie fiduciaire. C’est la base même des raisonnements de Paul quand il nous dit qu’il n’a a pas de création de monnaie ex-nihilo par les banques mais la création d’autre chose, des crédits plus ou moins risqués (voir son bouquin sur l’Argent pour les détails). Certes, sauf si vous prêtez directement à un ami, ce sont les banques qui assument le risque du prêt mais c’est parce que ce risque leur pesait (et les empêchait de faire encore plus de prêts – critères de Bâle) qu’elles ont inventé la titrisation qui n’est rien d’autre que la revente des crédits à d’autres, en chaine, jusqu’aux particuliers. Tant que les emprunts étaient remboursés (capital et intérêt) tout le monde y gagnait (certains un peu, d’autres beaucoup). Quand les ménages états-uniens peu aisés n’ont plus pu rembourser, la preuve a été faire que la monnaie scripturale n’avait vraiment pas la même valeur que la monnaie fiduciaire.

      Quand je dis assimiler monnaie fiduciaire et scripturale, je veux dire qu’on peut intellectuellement penser que leur valeur et fiabilité est identique, ce qui n’est vrai que momentanément. Mais si vous aimez les débats sémantiques sur ces sujets, je crois qu’ils reprennent de plus belle un peu plus bas entre Paul et Etienne Chouard…

      Comme vous le dites on peut transformer une fiduciaire en scripturale et inversement, pièce à pièce, Euro contre Euro. Mais ce qui compte c’est de ne pas avoir le zwarte pit (le valet puant) dans son jeu au moment ou la valeur fiduciaire se dégonfle, comme la bulle qui l’a créée). 😉

      Et oui, c’est l’intérêt qui permet aux riches d’être plus riches et aux pauvres d’être plus pauvres…

      Cordialement

  26. Et surtout en aucun cas les états ne devraient emprunter à 3 ou 4% à des banques privées pendant que les taux des banques centrales sont entre 0.5 et 1%. De qui se moque t on ?

  27. @tous, petite question sur les interactions entre banques et Banque Centrale.

    Là voilà:

    Ce jour, supposons que l’ensemble du système bancaire (français, ou européen) a émis 10 millions d’euros de plus qu’il n’en a retiré par le jeu des remboursements.

    Plusieurs cas sont possibles bien sûr:
    1) les ratios prudentiels ne sont pas encore atteints (il reste de la marge)
    2)certains ratios prudentiels, ou tous, sont déjà atteints.

    Que va- t-il , ou pourrait-il se passer?

    J’ai des idées sur la ou les réponses, mais il n’y aucun piège derrière cela (du moins je crois).

    Cordialement, Bruno

  28. Dans le 2, la banque centrale devrait normalement intervenir en haussant les taux et en demandant aux banques d’augmenter leurs fonds propres.

    Dans le 1 une simple hausse des taux devrait calmer le jeu.

    Mais tout cela n’est que de la théorie, dans la pratique….

    1. @liervol.
      C’est effectivement des pistes possibles. Cela peut changer aussi le ratio M1/monnaie fiduciaire, qui, historiquement en France, sur les 10 dernières années, vaie entre 4 et 5,5
      Cordialement, B.L.

      En fait, dans les réponses possibles, il y a les actions envisageables, et les conséquences possibles. A l’intérieur du système bancaire, il peut aussi y avoir des repositionnements, surtout lorsque certains fonds propres sont malmenés, du fait de certaines opérations douteuses sur des créances « toxiques ». Mais ceci est un autre débat, interne au système bancaire (mais pas sans répercussion sur la sphère réelle, comme on l’a appris à nos dépens)

  29. La Banque de France explique la création monétaire (brochure et vidéo, 2009)

    Bonsoir.

    Pour mémoire, la création monétaire est expliquée simplement à tous les citoyens par la Banque de France elle-même, dans des brochures très claires.

    • Voyez la brochure (format pdf) qui a été distribuée cette année par la BDF dans les lycées :
    « La monnaie et nous »
    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/BDF_2009_La_monnaie_et_nous.pdf

    • Voyez aussi cette vidéo de 10 minutes de la BDF, on ne peut plus limpide et univoque :
    « La monnaie et nous »
    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/bdf_explique_la_monnaie.avi

    On y trouve ceci (ce n’est pas moi qui parle, mais la Banque de France) :

    « Prenons le cas d’une entreprise : pour fonctionner, elle a souvent besoin d’argent frais. Car il lui faut du temps pour fabriquer ses produits, les vendre et être payée. Et en attendant, elle doit payer ses fournisseurs, acheter du matériel et rémunérer ses salariés.

    Elle s’adresse donc à sa banque, qui va pouvoir lui accorder un crédit, moyennant intérêt bien entendu. La banque inscrit le montant du crédit au compte de l’entreprise : la banque a créé de la monnaie.

    C’est ainsi que la banque augmente par le crédit le montant des dépôts et crée de la monnaie. De son côté, l’entrepreneur s’engage à rembourser le crédit et les intérêts correspondants, grâce aux profits qu’il compte retirer de son activité.

    L’entrepreneur a maintenant les moyens de produire, puis de vendre sa production. Il peut alors rembourser son banquier, et ses recettes lui permettent de payer les intérêts de son emprunt, qui sont la rémunération de la banque.

    Quand elle a reçu le remboursement, la banque annule le crédit accordé et la quantité de monnaie diminue.

    Au total, la masse monétaire ne cesse de varier au rythme des créations et des destructions continuelles de monnaie. »

    Source : BDF 2009, « La monnaie et nous », pages 10-11)

    Amicalement.

    Étienne.

    _________________

    « La plupart des discussions sur la monnaie s’enferment dans une épaisse gangue d’incantation et de prêchi-prêcha. Souvent de propos délibéré. Ceux qui parlent d’argent ou en font le sujet de leur enseignement et donc leur gagne-pain tirent prestige, estime et avantages pécuniaires, comme les médecins ou les sorciers, de la croyance soigneusement cultivée qu’ils entretiennent une association privilégiée avec l’occulte — qu’ils ont des perspectives sur un domaine totalement inaccessible aux gens ordinaires.

    Source de satisfaction professionnelle et, à l’occasion, de profit personnel, cette attitude n’en constitue pas moins elle aussi une escroquerie bien connue. Il n’est rien, s’agissant de l’argent, qu’une personne dotée d’une curiosité, d’un zèle et d’une intelligence raisonnable ne puisse comprendre. Et quelles que soient les erreurs d’interprétation ou de fait que la présente histoire puisse contenir, il n’en est aucune, le lecteur peut s’en persuader, qui procède d’une simplification outrancière.

    L’étude de la monnaie est, par excellence, le domaine de l’économie dans lequel la complexité est utilisée pour déguiser la vérité et non pour la révéler. La plupart des choses de la vie — automobiles, maîtresses, cancer — comptent surtout pour ceux qui les ont. L’argent au contraire est aussi important pour ceux qui en ont que pour ceux qui n’en ont pas. C’est pourquoi les uns comme les autres ont intérêt à le comprendre. Et les uns comme les autres devraient savoir que cette compréhension est parfaitement à leur portée.

    À cet égard, on ne manquera pas de demander si un ouvrage consacré à l’histoire de l’argent ne devrait pas commencer par une quelconque définition de ce qu’est en réalité l’argent. Cette bande de papier de valeur intrinsèque nulle, qu’est-ce donc qui la rend utile à l’échange tout en laissant telle autre bande de dimension et de couleur semblables parfaitement sans valeur ? Les précédents de ce genre de tentative ne sont guère encourageants. À la télévision, les journalistes réputés pour leur sagacité ouvrent immanquablement les interviews d’économistes par cette question : « Bon, eh bien, dites-moi — c’est quoi au juste, l’argent ? » Immanquablement, les réponses sont incohérentes. Quant aux professeurs chargés d’enseigner les premiers rudiments d’Économie, qu’il s’agisse de la monnaie ou de la banque, ils commencent par donner des définitions d’une remarquable subtilité. Lesquelles sont soigneusement transcrites, apprises à grand-peine et heureusement oubliées.

    Le lecteur devrait s’attaquer aux pages qui vont suivre en sachant bien que l’argent n’est rien de plus ou de moins que ce qu’il a toujours cru — ce que l’on offre ou reçoit pour l’achat ou la vente de biens, services et autres.

    Les différentes formes de monnaie, comme ce qui détermine ce qu’elles achètent, voilà qui est encore autre chose. Mais c’est précisément ce que les pages suivantes se proposent de révéler. »

    Source : John Kenneth Galbraith, « L’argent », Folio, p. 18-19 (un livre essentiel, véritablement passionnant d’un bout à l’autre).

    _________________

    1. Etienne, tu as oublié la conclusion du document de la BDF que tu cites : où l’on parle enfin de… la réalité (ce n’est pas moi qui parle, c’est la Banque de France) page 14 :

      Dans la réalité, la création monétaire* est conditionnée par
      plusieurs mécanismes régulateurs.

      Si les crédits* que consent une banque commerciale
      servaient uniquement à régler des agents économiques
      ayant un compte chez elle, une banque pourrait créer indéfiniment
      de la monnaie. Si tous les fournisseurs, tous les
      salariés et tous les clients de l’entreprise* avaient leur
      compte dans la même banque que la sienne, ce circuit
      resterait en effet en équilibre…

      Mais dans la réalité, tous ces acteurs économiques peuvent
      avoir des comptes dans d’autres banques. L’argent créé par
      le banquier prêteur va se retrouver en dépôt dans d’autres
      établissements bancaires. Et il ne faut pas oublier qu’une
      banque doit avoir chaque jour une trésorerie suffisante,
      aussi bien pour faire face à tous ses règlements envers les
      autres banques que pour satisfaire les retraits en espèces*
      de sa clientèle.

      Mais même si une banque a de nombreux clients, les divers
      mouvements de fonds ne s’équilibrent pas toujours entre
      eux. Pour maintenir leur situation en équilibre, les banques
      doivent faire appel au marché interbancaire* où elles
      échangent chaque jour entre elles de la monnaie qu’elles
      s’empruntent les unes aux autres.

    2. « Quand elle a reçu le remboursement, la banque annule le crédit accordé et la quantité de monnaie diminue. »
      C’est vrai pour cette banque qui a fait le prêt au moment où tout est remboursé : comptablement

      Mais la quantité de monnaie ne diminue pas car les crédits faisant les dépôts l’argent du crédit initial est allé alimenter d’autres comptes, il a peut être même permis de faire d’autres crédits en étant la base d’un apport.

      De toute manière nous savons que la croissance monétaire ces dernières années a été bien plus forte que la croissance économique réelle.

      Question: comment calcule t on justement cette croissance monétaire ?

    3. Paul,

      tu devrais poursuivre ton raisonnement, car la réalité signalée in fine par la BDF n’est pas contradictoire avec l’exposé de synthèse liminaire de la BDF : la réalité est nuancée, effectivement, et la nuance trouve sa place naturelle dans un discours après l’exposé des mécanismes essentiels.

      Pour en avoir parlé ici pendant des mois, nous savons tous que la création monétaire d’une banque privée est contrainte par des limites, notamment par les fuites en proportion inverse à sa part du marché des dépôts (fuites d’ailleurs mécaniquement moins contraignantes pour les banques géantes ayant une grande part de ce marché).

      Mais cette nuance de la BDF n’invalide en rien, me semble-t-il, l’explication simple que la BDF donne elle-même du mécanisme de base de la création monétaire par les banques privées à l’occasion des concours à l’économie (du crédit).

      Étienne.

      ____________

      « Le processus par lequel les banques créent de l’argent est si simple que l’esprit en demeure confondu. Quand il s’agit de choses aussi importantes, on est en droit de s’attendre à un mystère plus profond. Les dépôts de la Banque d’Amsterdam dont on vient de parler pouvaient, sur instruction de leur propriétaire, être transférés à d’autres pour régler des comptes. (Un service qui avait longtemps été rendu par les précurseurs privés de la banque.) Les pièces déposées ne servaient pas moins d’argent par le simple fait d’être enfermées dans une banque et susceptibles de transfert sous le seul effet d’un trait de plume.

      Il était inévitable que l’on découvre — comme le firent les échevins conservateurs d’Amsterdam en se penchant avec un intérêt coupable sur leurs propres besoins en tant que directeurs de la Compagnie des Indes orientales — qu’un autre trait de plume permettrait à un débiteur de la banque, et non plus à un créditeur du titulaire du dépôt, de recevoir un prêt sur ce dépôt inemployé. Et bien sûr, c’était la banque qui percevrait des intérêts sur le prêt ainsi consenti !

      On pouvait prévenir les auteurs de dépôts que ces derniers étaient susceptibles d’une telle utilisation — peut-être même les payer pour cela. Le dépôt original restait au crédit de son auteur. Mais il existait désormais un nouveau dépôt constitué par le prêt. Les deux dépôts pouvaient être utilisés pour effectuer des paiements, comme de l’argent. De l’argent avait donc bien été créé. La découverte de cette capacité des banques à ainsi créer de l’argent se produisit très tôt dans l’histoire de la banque. C’est qu’il existait cet intérêt à gagner sur les prêts. Avec ce genre de stimulant, les hommes ont un naturel instinct de novateur.

      Il existait une autre possibilité faisant appel à des billets de banque et qui serait un jour merveilleusement exploitée par la future république américaine. L’emprunteur recevait non plus un dépôt, mais un billet rachetable dans les espèces qui avaient été placées à la banque comme capital ou comme dépôt sédentaire. Avec ce billet, l’emprunteur pouvait effectuer ses paiements ; le bénéficiaire d’un tel paiement, plutôt que de changer son billet pour de l’argent liquide, pouvait fort bien l’utiliser pour ses propres paiements, et ainsi de suite à l’infini. Entre-temps, la banque continuait de recevoir des intérêts sur le prêt original.

      Un jour, peut-être, le billet reviendrait à la banque pour être échangé contre du liquide. Mais alors l’emprunteur aurait déjà remboursé son emprunt, en liquide lui aussi. Tout serait pour le mieux, et l’on aurait gagné un intérêt. Il y avait aussi une chance pour que le billet continue de passer de main en main sans jamais être reconverti. Le prêt qui avait conduit à son émission produirait des intérêts puis serait remboursé. Le billet continuerait sa ronde. Personne ne viendrait jamais réclamer les liquidités originales qui avaient permis le prêt original.

      Dans les années 1960, M. George Bail, diplomate, politicien et avocat, chéri du succès, quitta le service public pour s’associer aux Lehman Brothers, la grande firme de Wall Street. « Pourquoi diable, l’entendit-on demander un peu plus tard, est-ce que personne ne m’avait parlé plus tôt de la banque ? » »

      Source : John Kenneth Galbraith, « L’argent », Folio, p. 40-41.

      ____________

    4. Les « agrégats » ou « masses » monétaires sont censées mesurer la quantité de reconnaissance de dettes qui ont pu être générées à partir d’une certaine masse d’argent. Comme le nombre de doubles emplois est mal maîtrisé dans le calcul de ces masses monétaires, j’ai proposé le principe d’une méthode rigoureuse que j’appelle « dimension créancière » (L’argent, mode d’emploi, Fayard 2009 : « Un outil analytique pour la monnaie » : 371-392).

    5. Les agrégats calculés et édités par la BCE étant des situations comptables de chaque banque et établissement financier à une date donnée (dernier jour du mois à minuit), il ne peut y avoir de « double emploi » des sommes des reconnaissances de dettes (puisque « la monnaie » est une reconnaissance de dette qui circule, elle ne peut être dans deux comptabilités en même temps)

    6. @Etienne et à Paul.
      Je suis d’accord avec vous deux. La « création monétaire » existe, MAIS elle est conditionnée. Le système bancaire est donc en « liberté surveillée », ou en « liberté conditionnelle ». Tout dépend maintenant des juges d’application des peines. En d’autres termes, qui contrôle vraiment les interactions entre le système bancaire et la Banque Centrale.

      Cordialement, B.L.

    7. @ Toute Neuve

      Ma fortune se monte à 200 €. Or je dois 200 € à quatorze personnes différentes : 200 € en argent supportent une somme des reconnaissances de dette d’un montant de 2 800 €. L’un des quatorze peut être remboursé, mais dans les treize autre cas, il y a double emploi des 200 €. Ces choses-là sont très clairement expliquées dans mon livre « L’argent, mode d’emploi », dont je vous recommande la lecture.

    8. @ Bruno Lemaire

      Non, Bruno : le mot « création » ici est un mauvais jeu de mots. L’origine de ce mauvais jeu de mots pour parler de la « vitesse de circulation de la monnaie » est expliquée de manière détaillée par Schumpeter : il s’agissait d’une astuce utilisée par la « science » économique pour justifier l’une de ses constructions abracadabrantes. Je discute de cela dans « L’argent, mode d’emploi » (Fayard 2009 : « D’où vient l’idée que les banques commerciales créent de la monnaie ? » : 147-156). Signale-moi quand tu auras lu le 6e chapitre de mon livre, chapitre intitulé « La création monétaire par les banques commerciales » et nous pourrons reprendre utilement ce dialogue.

  30. Ces questions sans fin sur l’argent, ses traitements, ses « tiraillements » à hue et à dia sont autant d’interrogations récurrentes et de réponses. Réponses qui, pour justes qu’elles soient, font penser à un règlage de la carburation d’un moteur dont on ne s’aperçoit pas que la pipe d’admission n’est pas étanche et donc on ne s’aperçoit pas d’une prise d’air qui n’a pas lieu d’être, ce qui fausse par avance tout règlage, même fait selon les règles de l’art…

    Un tel exemple s’applique parfaitement au traitement monétaire. La monnaie créée par les banques comporte non pas une « prise d’air », mais, outre un mode de création monétaire qui est devenu polémique et récurrent, la création monétaire est aussi une « prise sur de temps », or le temps ne respecte pas ce qu’on fait sans lui (selon le sage dicton). Donc cette « prise sur le temps » n’est pas naturelle et très peu possible à contrôler, tout en procurant la satisfaction artificielle que tout les « bons coups » sont offerts, et même recommandés…. Contrairement à la chanson de Léo Ferré, avec le temps rien ne s’efface en matière monétaire. Au contraire tout s’aggrave à cause du lucre omniprésent et des processus artificiels à souhait. Le risque ne peut s’estomper plus vite que la vitesse de grossissement des demandes de crédits et de création monétaire en conséquence lorsque les demandes de crédits sont en croissance continue sur de longues périodes. Mais croyons-nous que c’est pour arriver à une croissance stable et libérée sainement des dettes? De même pour une économie saine de développement et de croissance de pouvoir d’achat amenant âinsi l’ ordre et la sécurité économique? Bien sûr que non! Les portes s’ouvrent toutes grandes vers la fraude « légale », la destruction sociale et environnementale qui ne s’appelle pas destruction, le vol qui ne s’appelle pas vol, le crime qui ne s’appelle pas crime, etc. C’est ainsi que les bilans actuels des banques ont une dimension – subjective – stupéfiante, nominaliste peut-on dire. Il existe un antagonisme « mortel » entre d’une part les bilans des banques et d’autre part la société civile productrice de tous les biens dont on devrait disposer alors que 2/3 hommes dans le monde en sont écartés de cette provende. Actuellement, ces deux pôles son incompatibles, les instigateurs des bilans des banques savent ce qui se passe et mentent et la société civile ne sait pas franchement ce qui se passe et est de plus en plus malade… D’une part donc les arcanes d’initiés pour faire des profits financiers sans produire un grain de blé dont le mode de création monétaire actuel est ce nœud gordien de tous les malentendus, chausse-trappes, trompe-l’œil et arguties sans fin de « justification », et d’autre part les intérêts naturels, légitimes et légaux des sociétés civiles productrices des biens réels. Cette crise va faire bouger les choses, mais nous avons à faire au même personnel financier et politique qui va ruser et noyer le poisson. Il faudrait toujours le prendre au mot, ce serait plus facile de l’éjecter d’une façon ou d’une autre.

    Il manque à la monnaie sa vérité OBJECTIVE. C’est à dire être le vrai reflet de la production des biens indispensables à la société, à toutes les sociétés dans le monde, et rien d’autre. Les conditions existantes en Occident depuis 1945 ont permis, à partir des États-Unis après l’Angleterre, d’infiltrer et d’imposer partout le mercantilisme absolu sans l’annoncer. Ce mercantilisme absolu avait réussi à s’imposer dans la durée. Une durée suffisamment longue à l’échelle humaine pour faire croire durablement à la pérennité assurée de son omnipotence, alors que ce mercantilisme fut le fourrier des fanfreluches financières qui allaient se fâner à vue d’œil. À moins que notre vision change, mais c’est difficile, à cette heure, c’est l’incertitude qui risque de durer.

    Les sociétés, actuellement « travaillées » au corps et dans leur tête, sont en train de comprendre à leur frais, comment et pour qui et quoi elles sont sytématiquement et majoritairement perdantes. Je crains que ce soit encore long (à moins que?..). Mais comme il s’agit d’une crise escatologique, les impasses sont partout. Dans le domaine terre-à-terre incontournable, l’impasse numéro un: c’est la monnaie, sa création: comment? et son contrôle: par qui? Il y a des réponses prêtes, elles peuvent être étudiées par quiconque.

    1. Au risque de me répéter, je conviens avec Rumbo que la vérité « objective » de la monnaie est difficile à appréhender, car elle ne peut, en fait, que s’asseoir sur la production de biens et de services, actuelle, passée, et aussi en devenir. C’est cela la vraie richesse, mais, au moins pour la richesse « future », elle n’est que virtuelle.
      D’où la tentation de s’accrocher sinon au « réel », du moins au « tangible »(mais sans lien avec cette richesse potentielle) à savoir l’or, l’argent, ou du papier-monnaie.

      Au delà de cette vérité « objective », difficilement atteignable, il convient donc peut être de se ramener à ce que nous pouvons réellement maîtriser. Dans le contexte actuel, je pense qu’il faut s’intéresser à trois types d’interactions.

      Le premier type d’interactions, « purement » monétaires, correspond aux interactions entre le système bancaire « privé » et la banque centrale: ceci devrait être gérable, si l’on rendait transparentes les modalités de ces interactions.

      Le deuxième type d’interactions est interne au système bancaire, opaque s’il en est. Là encore, rendre transparents les processus d’emprunts, de « création monétaire » et de remboursements, ainsi que les critères d’octroi des prêts serait une nécessité absolue. Mais nous en sommes bien loin, le « secret bancaire » étant plus affirmé encore que le « secret défense ».

      Le troisième type d’interactions est entre la sphère économique et la sphère banco-financière. Je pense que ce point est extrêmement délicat, et je vois au moins deux pistes pour cela: la piste envisagée par Paul Jorion, et la piste rappelée par Rumbo, celle du crédit social.

      Commentaires et critiques bienvenus, cordialement, Bruno Lemaire.

      Mais

  31. Monsieur Jorion
    Vous avez l’air de découvrir des choses que tout étudiant connait.
    1 – Bien sur qu’il y a des besoins de monnaie centrale que les banques doivent se procurer (les réserves obligatoires + les besoins en billets de banque des ménages et des entreprises) … total, environ 15% des dépôts
    2 – Pour l’ensemble des banques d’une zone monétaire la compensation est égale à zéro
    3 – Le coefficient réel instantané constaté de multiplication du crédit (de monnaie scripturale bancaire par rapport à la base monétaire, c-à-d la monnaie centrale M0) est de 4,1. Et ça ce n’est pas  » une interprétation complotiste du mécanisme du crédit « 
    4 – La monnaie de base centrale représente environ 1100 milliards d’euros (y compris les billets de banque) alors que l’ensemble des créances détenues par les banques commerciales rerésentent 16000 milliards d’euros… Sur quoi pensez vous que sont appliqués les demandes d’intérêts par le « système bancaire » ?

  32. Sans être fausse, l’explication dans le document de la BDF est tendancieuse : elle présente dans un premier temps une explication « simplifiée » qu’elle corrige ensuite par des phrases commençant par « Dans la réalité… »

    Pourquoi procéder ainsi ? probablement dans un souci « pédagogique » : « parce que ces choses sont très complexes… », dira-t-on. Sans doute aussi – comme je l’ai souligné dans « L’argent, mode d’emploi » (Fayard 2009 : 177-180) – parce qu’une explication en deux temps est plus rassurante : elle gomme en particulier le double emploi des sommes, ce qui lui permet de passer sous silence le risque de panique bancaire.

    Le danger de ce type d’explication, on le connaît : certains peuvent se contenter de l’explication simplifiée et ignorer la partie « Dans la réalité… » et en tirer la conclusion que « de l’argent a été créé à partir de rien ».

    Dans « L’argent, mode d’emploi », j’ai moi aussi un souci pédagogique et c’est pourquoi mon explication procède pas à pas, mais à la différence du document BDF, je ne présente pas d’explications simplifiées que je dois ensuite corriger : je considère que mon lecteur – quel que soit son âge – est un adulte, et je le traite en conséquence.

    1. Monsieur Jorion,

      La plus grosse des création monétaires aujourd’hui vient des déficits des états.
      Je m’explique, il faut vendre ces titres de créances sur les états, les assurances sont parmi les plus gros acheteurs de titres via l’assurance vie. AINSI on pourrait croire que tout s’arrête avec l’épargne de ceux qui achètent et alimentent des assurances vie . Dans la réalité, il n’en est rien, car vous pouvez très bien nantir votre contrat d’assurance vie pour obtenir un crédit toujours plus important que votre mise initiale. Ce qui est somme toute cynique dans ce schéma là, c’est que vous vous trouvez à avoir obtenu un crédit sur la base d’un crédit, parce que cet actif qui vous sert de support n’est rien d’autre qu’une dette. On monte donc de la dette sur de la dette comme on le ferait avec de l’huile et des oeufs.
      Ensuite pour continuer la mayonnaise, la banque qui a fait le crédit, détient elle une créance c’est à dire un actif qui lui permet de continuer la sauce. Elle aussi s’endette via d’autres pour alimenter le fourneau.

      Il n’y a que l’oeuf pourri qui peut interrompre cette cuisine…

      Dans ce qui va nous préoccuper maintenant c’est la hausse des taux sur les obligations d’états, qui risque de mettre à mal ces beaux montages si Krach soudain ou krach larvé sur l’obligataire. Entrainant par là des appels de marge… et un autre tsunami financier…

    2. @Paul,
      je crois effectivement qu’il faut se méfier des explications simplifiées qui peuvent parfois conduire à un contre sens, comme celui d’imaginer des banquiers tout puissants et une Banque Centrale complètement passive.

      Sur ce point, d’ailleurs, je voudrais revenir à une « idée » très simplificatrice, celle du « multiplicateur monétaire ».
      Cette thèse du multiplicateur monétaire est, en règle général, mal présentée, mal utilisée, et mal comprise. On peut d’ailleurs lui faire dire ce que l’on veut. C’est encore pire que le multiplicateur keynésien.

      Ce « multiplicateur » est censé expliquer « vaguement » que si on utilise les ratios prudentiels habituels, on pourrait avoir un ratio « M1/monnaie scripturale » de l’ordre de 6,75, alors que, historiquement, il est en France, depuis 10 ans, entre 4 et 5.5.

      La bonne question serait de savoir si ce ratio est endogène ou exogène, et, plus précisément et concrètement, s’il est prioritairement déterminé par les actions de la Banque Centrale, ou plutôt par les actions des banques commerciales, le « système bancaire », ou comme souvent, si ce multiplicateur dépend un peu des deux « systèmes », ainsi que des demandes de la sphère réelle.

      Cordialement, Bruno Lemaire

    3. @ Bruno LEMAIRE
      Bonne question que j’avais déjà soulevée sur le billet À propos de « De quoi l’argent est-il le nom ? »

      On peut aussi s’interroger sur la quasi-autonomie que se sont accordées les méga-banques. Vu les grandes parts de marché qu’elles couvrent, elles tournent presque en circuit fermé, quasi sans « fuites ». Vu les ratios de solvabilité et de réserve ridiculement faibles, les BC n’ont pas grand contrôle sur elles.

      On peut aussi s’interroger sur les acteurs qui sont à l’origine, la cause de la création monétaire (de BC). Vu la quasi-autonomie des méga-banques, il me paraît que les BC n’ont d’autre choix que de suivre a posteriori le mouvement initié par les méga-banques et leurs emprunteurs afin de satifaire aux règles très laxistes de solvabilité et de réserves.

      Décidément, trop de questions restent ouvertes.

  33. @ Jean-Pierre,

    Sur le Net, il est d’usage de se tutoyer. Je commencerai donc le premier.
    J’ai fait une tentative d’envoi d’un message à ton adresse m.rhyple@orange.fr , elle m’a été refusée (utilisateur inconnu).

    Je voudrais ajouter quelques mots à mon message précédent et répondre rapidement à une question posée par un des internautes sur ce blog.

    Tu as vérifié la théorie que j’avance : toute augmentation de l’actif bancaire entraîne une création monétaire que tu appelles « un droit à tirage ». Dans le cas précis, la banque Mallet s’est acquittée de son investissement en créditant chez un confrère, la banque Neuflize, le compte de Duchmoll. Le compte de celui-ci est un compte de Dépôt à vue (DAV), donc à ce titre, il entre dans la masse M1.

    Il s’agit plus que d’un droit de tirage, mais de monnaie. puisque la règlementation bancaire fait obligation à Neuflize de constituer des réserves obligatoires (appelée aussi fractionnaires) en moyenne journalière sur la somme figurant à ce compte précisément, ainsi qu’à tous les comptes inclus dans M1 et M2 (grosso modo). Ce qui veut dire que la Banque centrale considère ce dépôt comme de la monnaie, puisque soumis aux RO, sauf si quelqu’un peut prouver que le compte de Duchmoll n’est pas un compte de DAV ?

    En ce qui concerne la compensation, les positions issues du Core sont bilatérales et réglées de gré à gré entre banques, deux par deux, donc directement sans intermédiaire. En ce qui concerne le PNS (Target2) les positions sont multilatérales et (je pense) nécessairement réglées par l’entremise d’un ou plusieurs courtiers.

    Cordialement
    jean

  34. @Paul

    Si tu le permets, je voudrais ajouter quelques mots aux échanges que tu as eus au-dessus avec Etienne, en reprenant la phrase de la Banque de France.

    Elle s’adresse donc à sa banque, qui va pouvoir lui accorder un crédit, moyennant intérêt bien entendu. La banque inscrit le montant du crédit au compte de l’entreprise : la banque a créé de la monnaie.

    Cette phrase ne devrait entraîner aucune contestation.

    Paul, je suis désolé, mais la réalité dont parle l’autorité monétaire, en l’espèce, est celle des limites à la création monétaire, non celle du principe même de la création qui est fondamental et que l’on ne peut remettre en cause, à mon avis. Les limites sont de plusieurs ordres : règlementaires : ratio Cooke notamment, réserves obligatoires, fraction de monnaie fiduciaire que toute création nécessite et techniques : celles qui sont nées de la création elle-même, c’est-à-dire les fuites vers les autres banques, les opérations de compensation et les règlements interbancaires qui en résultent (comme analysées par JP Voyer) et aussi les besoins en monnaie centrale que les banques se procurent sur l’open market pour assurer leurs transactions réciproques et continuelles y compris celles qu’elles ont avec le Trésor Public.

    Bien à toi

    jean

    1. @Jean, et peut être à Paul,

      comme Paul m’a incité à le faire, je me suis rué sur le chapitre de son livre traitant de la création, ou non, monétaire.

      Il faut bien sûr que je creuse davantage les arguments de Paul, qui reposent partiellement sur une critique de Schumpeter, tantôt positive tantôt négative. Mais là n’est pas mon propos.

      Paul écrit que ceux qui soutiennent la thèse – farfelue ou non – de création monétaire « ex nihilo » sont ceux qui la trouvent scandaleuse.
      Etant, pour le moment 😉 plutôt d’accord avec les tenants de cette thèse (création monétaire – mais pas ex nihilo, ni « toute puissante ») , je ne pense pourtant pas que cette éventuelle création soit diabolique, et qu’il faut à tout prix l’éviter. Je dis seulement, et je ne pense pas être le seul, que si elle existe, elle doit être mieux contrôlée. Certains tenants de la même thèse, peut être Jean Bayard, veulent aller plus loin. C’est leur choix, ce n’est pas tout à fait le mien.

      Bien sûr, il n’y a pas d’idée vraiment neutre en économie, et des arrière-pensées sont toujours possibles. Mais on peut être en désaccord sans prêter à autrui des pensées diaboliques. Le point qui est en jeu, me semble t-il, est l’influence respective des banquiers « privés » et des banquiers centraux.

      Cordialement, Bruno Lemaire.

  35. Le document de la BDF n’est pas tendancieux.

    Il y a d’une part une explication théorique (« simplifiée » selon vous) qui détermine, en fonction du taux des réserves obligatoires et du taux de demande de billets pour chaque nouveau crédit/dépôt, le maximum théorique de la capacité multiplicative de l’ensemble de toutes les banques d’une zone monétaire à partir de la monnaie centrale disponible, aboutissant à une certaine quantité (possible) de monnaie bancaire/reconnaissances de dettes (le coefficient multiplicateur théorique).

    Il y a d’autre part l’application « en réalité » parce que les banques commerciales n’utilisent pas la totalité de ces capacités pour les différentes raisons citées ci dessous mais également parce qu’elles n’ont pas la demande de crédit et qu’une partie des demandes de crédit est aussurée par des épargnants
    En mai 2009, un bulletin de Natixis (N°216) précisait :

    Alors que les banques européennes génèrent habituellement 4800 euros à partir
    de 1000 euros de monnaie banque centrale (multiplicateur moyen de 4,8), la
    capacité de création monétaire des banques est tombée à 3500 euros depuis
    Lehman (graphique 10), ce qui traduit non seulement la hausse des réserves
    volontaires auprès de la banque centrale, mais aussi une plus forte propension des
    agents privés à détenir de la monnaie fiduciaire (graphique 11), signe de défiance.

    1. @Toute Neuve

      En fait ce « multiplicateur moyen » (mesuré après coup, et qui n’est donc pas ‘explicatif’ et encore moins ‘normatif’) a oscillé depuis 1996 entre 4,1 et 5,5 (d’où la « moyenne » de 4,8, qui elle non plus ne veut rien dire).

      La seule chose que l’on peut dire c’est que, en fonction des critères prudentiels habituellement appliqués, l’économie française n’a jamais manqué d’argent liquide (pour cela, il aurait fallu que le « multiplicateur » aille au delà de 6.5, valeur « théorique »). Ce n’est donc pas pour cela qu’il y aurait eu, dit-on, un début de « credit crunch »

      Cordialement, Bruno Lemaire.

  36. Paul Jorion
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=7050#comment-51854

    @ Toute Neuve

    Ma fortune se monte à 200 €. Or je dois 200 € à quatorze personnes différentes : 200 € en argent supportent une somme des reconnaissances de dette d’un montant de 2 800 €. L’un des quatorze peut être remboursé, mais dans les treize autre cas, il y a double emploi des 200 €. Ces choses-là sont très clairement expliquées dans mon livre « L’argent, mode d’emploi », dont je vous recommande la lecture.

    J’ai lu et rien n’est clair, sauf peut être pour vous…
    Vous jouez sur les mots « argent » , « espèces », « liquidité », « dépôts » , et surtout « monnaie »
    Quand je dis « l’argent qui est sur mon compte bancaire », c’est quel argent pour vous ? Ce n’est pas le même que celui que vous avez dans votre porte monnaie et pourtant vous pouvez payer avec lui…
    Dans votre exemple, les 2600 restants peuvent être remboursés en monnaie fiduciaire: il suffit d’en faire la demande à la banque!
    Si les reconnaissances de dettes sont des reconnaissances de dettes bancaires (ce qu’on appelle partout « monnaie scripturale »), une grande majorité des gens les accepteront (en tant qu’argent ) en règlement de vos dettes : mais d’accord avec votre idée que si vous faites un chèque sur une banque dont on ne peut vérifier la « solidité », au dessus de 70000 € je ne suis pas certaine d’accepter votre chèque.

  37. @Bruno

    Ton message de 13:26
    Je te confirme que je suis partisan d’un contrôle plus étroit de l’émission monétaire par les banques privées. Je ne sais pas ce que tu entends par « aller plus loin », mais dans mes propositions de réforme du système figure en bonne place la révision du ratio (Cooke, complété Bâle II) de solvabilité des banques, dans le but de séparer les crédits à l’économie de leurs opérations pour propre compte. Les premiers pouvant rester dans les limites actuelles (sinon étendues) mais les deuxièmes devant être sévèrement contenues. Je dirai même qu’elles devraient faire l’objet de lignes de crédit accordées par la banque centrale.
    J’espère avoir répondu à ta question.
    jean

    1. @JeanB

      tout à fait. Je ne t’imaginais d’ailleurs pas « stalinien ». La question délicate, bien sûr, consiste à contenir ce que font les banques pour leur propre compte. F. Leclerc a donné une piste, P. Jorion une autre (assez complémentaire), toi une autre. En particulier dans ce que tu écris ailleurs sur les opérations hors-bilan, à encadrer de très près, et sur la titrisation.

      Cordialement, Bruno.

  38. Au lieu de parler de création monétaire il vaut peut-être mieux parler de la création de dettes . Les deux sont liées et dépendent de la confiance que les acteurs économiques ont dans le marché et dans le système financier.

  39. Quand les banques centrales interviennent directement dans le marché comme pendant cette crise ,elles créent de l’argent (elles impriment des billets) ,quand les banques ordinaires augmentent les crédits en fonction des dépôts, elles créent des dettes ,ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

  40. « Moi » a dit:
    « La vraie question est celle-ci: faut-il créer de l’argent pour garantir les reconnaissances de dettes que les banques ont émises? Si oui, comme c’est le cas, pourquoi? Pourquoi ce cadeau collectif aux banques et indirectement à ceux qui ont investi leur argent dedans? »

    Je réponds que, non, « ce n’est pas le cas », les banques n’ont aucune garantie intégrale des reconnaissances de dettes émises, puisque, justement, nous fonctionons dans un système de réserves fractionnaires, qui n’exige qu’une fraction des engagements comme dépôt en garantie auprès de la banque centrale. Tout le reste, i.e. tous les engagements pris au delà de ce dépôt fractionnaire, n’est pas couvert par de « l’argent », i.e. de la monnaie centrale.

    Les banques créent bel et bien de la monnaie scripturale au delà de la monnaie centrale disponible (ce que vous appelez sur ce blog « argent »). Or, cette monnaie scripturale est bien utilisée comme moyen de paiement, même si, comme le note Bruno Lemaire, ce n’est pas des billets de banque centrale (argent). Cette monnaie scripturale, pour peu qu’elle soit sur un compte approprié, sert bien l’économie réelle, l’échange réel de biens et de services.

    Je crois déceler une sorte de biais dans la position que défend Paul Jorion et ceux qui pensent comme lui : tous semblent raisonner comme si tout mouvement de monnaie après l’octroi d’un crédit se faisait en argent (papier monnaie). Ce n’est bien sûr pas le cas! Près de 90% des échanges se font en utilisant directement la monnaie scripturale (ou reconnaissance de dette) des banques privées. Toute somme de monnaie scripturale émise par crédit se retrouve, tôt ou tard, en dépôt dans une banque, et sert de base au calcul des dépôts fractionaires en banque centrale. Ce faisant, elle participe à l’élargissement de la base sur laquelle, juridiquement, une banque peut assoir ses engagements de crédit!

    Si, comme c’est le cas actuellement semble-t-il, la banque centrale est « suiveuse », i.e. qu’elle crée à son tour la base monétaire centrale nécessaire au refinancement bancaire privé, alors il y a une spirale expansionniste du crédit.

    En reprenant le cas exposé en thème de l’article de ce fil, si Duchmoll utilise un chèquier, un ordre de virement ou une carte bancaire pour dépenser 90% des 850keuro « promis » par Neufliz, alors Neufliz n’aura à trouver en « argent » que les 10% restant, soit 85keuro. Or, comme toute transaction au delà de 3000 euro est interdite en liquide, ce n’est probablement même pas autant que Neuflize devra trouver.

    Le reste, tout ce qui circule en monnaie scripturale, sera globalement effacé par la compensation puisque, statistiquement, autant de monnaie scripturale viendra à Neufliz que ce que Duchmoll en fera sortir vers les concurrentes de Neufliz. Mais durant ce temps, de « vrais » échanges auront eu lieu, utilisant pour instrument libératoire, les reconnaissances de dette de Neufliz.

    C’est CELA que les « créationnistes » appellent création monétaire : la capacité (certes encadrée, nul ne le nie) des banques commerciales à fabriquer des dettes sans contrepartie réelle, dettes qui sont utilisées comme moyen de paiement (ou « monnaie », dès lors qu’ils sont universellement acceptés).

    Bien évidemment, le système ne tient que tant que tout le monde y croit, ou que personne ne se pose de question. En cas de crise, le roi est nu, et tout le monde le sait et le dit. Dans ce cas, il ne reste que le billet papier, (« l’argent » de Paul Jorion) qui puisse conserver, par la force de la Loi, sa valeur faciale. Mais quid de sa valeur réelle d’échange? Si demain (cas probable) le US dollar s’effondrait totalement, le gouvernement américain me garantirait toujours que les 100 dollars dans mon portefeuille valent bien 100 dollars, mais qu’en faire si personne n’affiche plus de prix en dollars? Que faire si la BCE cesse la cotation du dollar?

    « l’argent » de la BCE ne vaut pas plus que la reconnaissance de dette de la banque Neufliz ou que de l’or. C’est un instrument monétaire fiduciaire, ce qui veut bien dire ce que ça veut dire: fondé sur la confiance. La monnaie métal semble devoir garder, sans doute par atavisme, un attrait certain auprès du genre humain, et donc une certaine valeur d’usage comme monnaie, en temps de crise. Mais je dois avouer que je ressens, à titre personnel, à peu près autant d’attirance pour l’or que pour le papier-monnaie ou les chiffres de mon relevé de compte : fort peu de chose. Ce qui m’intéresse, c’est de trouver de quoi manger et me loger. Si demain il fallait pour cela utiliser un carnet de compte dans un système local de crédit mutuel, je m’en contenterais avec le sourire.

    1. « l’argent » de la BCE ne vaut pas plus que la reconnaissance de dette de la banque Neufliz ou que de l’or.

      Mais si, la reconnaissance de dette de la banque Neufliz repose sur la solvabilité de la banque (qui elle-même repose sur la solvabilité de la BCE, des pays/contribuables de l’eurozone). Une reconnaissance de dette est une marchandise dont le prix varie de 100% de sa valeur faciale quand tout va bien à 0% quand …

      Pour accéder à un billet de banque dans son portefeuille, il suffit de l’ouvrir. Son accès est inconditionnel.
      Pour accéder à l’argent sur son dépôt à vue de sa banque, on doit s’y rendre. Son accès dépend de la capacité de la banque de fournir l’argent (ou plus généralement de la monnaie de BC si l’argent est transféré à une autre banque). Voir par ex. Northern Rock en GB en sept 2007:
      http://www.blinkx.com/watch-video/northern-rock-withdrawal-run-continues/vaz4ehVIQ_9AsIGZsOsoLQ

      Or, cette monnaie scripturale est bien utilisée comme moyen de paiement, même si, comme le note Bruno Lemaire, ce n’est pas des billets de banque centrale (argent)

      L’argent est un moyen de paiement. Est-ce pour autant que tout moyen de paiement est de l’argent? Un commerçant n’est pas obligé d’accepter un paiement par chèque ou CB.

    2. @Brieuc,

      j’ai l’impression que vous introduisez ainsi, en particulier dans votre dernier paragaphe, d’autres formes de monnaie, ou de pseudo-monnaie, (au moins dans leur fonction de moyen de paiement) telles les  » monnaies » complémentaires. J’espère qu’il y aura un billet un de ces jours sur ce sujet, que ces « monnaies » complémentaires soient fondantes ou non. Mais la question de la maîtrise de ces monnaies restera posée.

      cordialement, B.L

    3. @ Brieuc
      Histoire vécue :
      Il y a plus de 20 ans, je travaillais pour une société au crédit « ébranlé » (euphémisme à la mode). J’ai quitté cette société pour fonder ma propre petite entreprise et j’ai fait appel à un fournisseur allemand de mon ancienne boîte. C’était l’époque des euro-chèque qui étaient garantis à hauteur de 7000 BEF (173 €). Ce fournisseur allemand ayant eu des déboires avec mon ancienne boîte et sachant que j’y avais travaillé était refroidi et a exigé que je le paie avec plusieurs euro-chèques à hauteur du montant garanti.

    1. @Toute Neuve

      La BCE n’a fait de cadeaux ni à vous ni à moi mais bien à certaines banques…. Il ne faut quand même pas rêver !

    2. @Tout Neuve
      La BCE avait exigé des états de limiter leurs déficits à 3% : à cause de la crise bancaire, les états ont pu dépasser ces déficits pour sauver les banques, ils ont injectés de l’argent ou garantit les actifs « pourris » et pour ce faire, ils ont emprunté de l’argent aux banques qui à leur tour l’ont emprunté à la BCE. Autant dire que les états ont emprunté de l’argent directement à la BCE puisque les banques étaient toutes au bord de la faillite .
      Conclusion et résultat : la BCE a emprunté de l’argent aux états pour que ces états puissent garantir les actifs pourris des banques ou prêter de l’argent aux banques….
      La BCE a-t-elle aussi, à un moment donné, directement injecté de l’argent dans les banques sans passer par les états ? Possible , mais il n’y a pas de preuves…

    3. Le Marin

      Les banques centrales font au niveau de la monnaie centrale exactement la même chose que font les banques commerciales au niveau de la monnaie scripturale: Les banques centrales émettent la monnaie (centrale) en monétisant des créances des banques commerciales (prise en pension par exemple).
      Maintenant je ne nie pas qu’il y ait également des actifs pourris dans ces créances.

      Vous écrivez « La BCE avait exigé des états de limiter leurs déficits à 3% : à cause de la crise bancaire, les états ont pu dépasser ces déficits pour sauver les banques, ils ont injectés de l’argent ou garantit les actifs « pourris » et pour ce faire, ils ont emprunté de l’argent aux banques qui à leur tour l’ont emprunté à la BCE. Autant dire que les états ont emprunté de l’argent directement à la BCE puisque les banques étaient toutes au bord de la faillite . »

      Non, je ne crois pas. Je pense que les banques commerciales n’ont pas eu besoin d’emprunter de la monnaie à la banque centrale. Il leur a suffit de monétiser des obligations d’Etat (OAT et autres) pour prêter à l’Etat. Puis elles ont « déposé » ces OAT à la BCE pour obtenir des liquidités (de la monnaie centrale).
      Les avances qu’a fait l’Etat en plus aux banques commerciales sont évidemment originaires d’une augmentation de la dette… de la monnaie créée par les banques commerciales.

      Vous écrivez aussi Conclusion et résultat : la BCE a emprunté de l’argent aux états pour que ces états puissent garantir les actifs pourris des banques ou prêter de l’argent aux banques….
      Là je suis plus affirmative: c’est non: les États n’ont rien prêté à la BCE

      Enfin La BCE a-t-elle aussi, à un moment donné, directement injecté de l’argent dans les banques sans passer par les états ? Possible , mais il n’y a pas de preuves…
      Bien sur qu’elle l’a fait, en échange de « prises en pension ».
      La Banque Centrale est la « banque des banques »: elle a tout à fait le droit de faire crédit à ses clients (« politique non conventionnelle » http://www.lyc-arsonval-brive.ac-limoges.fr/jp-simonnet/IMG/pdf/FMR_SPECIAL_REPORT_2009-028_06-02-2009_FR.pdf ).

    4. @Toute Neuve

      Les OAT, ce sont des titres de créances sur la dette de l’état .Alors pourquoi les états passent-ils par les banques qui étaient tous au bord de la faillite et pas directement par la BCE ?…. Il n’y a aucune raison pour les états de passer par les banques, si ce n’est pour leur faire un petit cadeau ! C’est pour cela que j’ai écrit : « Autant dire que les états ont emprunté de l’argent directement à la BCE »…….
      Conclusion et résultat : la BCE a donc prêté (et non emprunté comme je l’ai écrit par inadvertance) de l’argent aux états pour que ces états puissent garantir les actifs pourris des banques ou prêter de l’argent aux banques…
      Dans la dernière phrase : « La BCE a-t-elle aussi, à un moment donné, directement injecté de l’argent dans les banques sans passer par les états » : je suggère que la BCE a peut-être aussi prêté de l’argent directement aux banques au bord de la faillite sans aucune garantie d’être remboursée, ce qui revient presque à donner l’argent … et ceci en dehors du contrôle des états.

  41. On nous a vendu les banques centrales indépendantes comme garantes de l’inflation, c’est à dire de la création monétaire à tout va par les états s’ils étaient eux même aux commandes.
    Avant le trésor émettait un billet de 1000 euros, par exemple, il y avait 1000 euros de plus en circulation dans le système, l’état payait son fournisseur avec ces 1000 euros.

    Aujourd’hui l’état émettait un déficit de 1000 euros qui devient un bon du trésor de 1000 euros avec un intérêt disons sur un an de 4%. Avec ces 1000 euros qu’il a vendu contre 4% d’intérêt et moins la commission qu’il doit s’en doute payer aux banques qui les vendent à des investisseurs, l’état paye son fournisseur et il doit encore trouver les 40 euros pour payer les intérêts et peut être même encore 20 euros de commissions aux intervenants qui ont vendu les 1000 euros.
    DONC comme entre temps il n’est pas plus riche, il va emprunter en année n+1 1060 euros et ainsi de suite.
    Seulement là, comme c’est soit disant un actif sûr, celui qui détient le bon va pourvoir le donner en nantissement.
    Et la banque va pouvoir prêter selon la pertinence du projet x fois le montant du natissement.

    Je ne vois pas en quoi les banques centrales nous protègent de la création à tout va de monnaie.
    Au contraire, par le jeu des intérêts, il faut toujours en créer plus. Par le jeu des actifs soit disant sécurisé, on peut faire tout autant de crédit.

    La seule chose que je vois c’est un transfert de richesse des plus pauvres au plus riches.
    Et une escalade des déficits des états puisque c’est d’autant plus facile que c’est aussi tôt imprimé vendu car les agences de notations sont là pour rassurer le chaland.

    En un mot, l’inflation des actifs, c’est de l’inflation qu’on le veuille ou non, c’est de la monnaie en plus crée, ce n’est rien d’autre que cela, et ça ne repose sur rien de réel puisque les salaires partout dans le monde stagnent, ça ne repose que sur la création monétaire à tout va légalisé parce qu’elle profite aux plus riches : ceux qui peuvent se permettre d’avoir des actifs.

  42. Fujisan,

    Inutile de répéter des passages du livre de Paul Jorion : je l’ai lu, et il ne m’a pas entièrement convaincu. Par ailleurs, vous enfoncez des portes ouvertes, et tentez de préciser à ma place des pensées que je n’ai pas eues. Tout ceci étant une petite critique amicale 😉

    Sur le fond de votre intervention, je suis tout à fait d’accord avec vous pour dire que la monnaie scripturale des banques privées n’est pas de l’argent, au sens restrictif ou M. Jorion (et vous même) l’entendez. C’est-à-dire : n’est pas un tas de billets de banque centrale.

    Quant à dire que la monnaie scripturale n’est pas disponible inconditionnellement, désolé, mais si, elle l’est : je dispose du solde de mon compte, pour le transférer instantanément à qui je désire, par voie de papier (chèque) ou électronique (virement, CB). Ce qui est conditionnel, c’est la conversion de ce solde en argent.

    Ensuite, vous vous prenez à votre propre « piège », si je puis dire, en disant implicitement que la monnaie scripturale pourrait être de l’argent, mais peut-être pas (vous laissez en tout cas ce point sous une forme interrogative). Entendons-nous sur cette définition, pour parler de la même chose en termes identiques : l’argent est composé des pièces et billets. Point. Etes-vous d’accord avec cette définition? Si oui, alors certes non, la monnaie scripturale n’est pas de l’argent. Mais c’est une monnaie quand même : avec, je peux payer mes courses hebdomadaires au supermarché du coin, et partir du pas assuré de l’honnête homme. Que ma banque doive ensuite ou non trouver une partie de cette somme en monnaie centrale (dépendamment des soldes de compensations, de ses engagements, de sa solvabilité instantanée, etc), c’est une autre affaire, mais qui porte sur une fraction de la somme transférée. Qu’elle y arrive ou pas, à ce stade, n’est pas mon affaire. Que la banque du supermarché soit en mesure de fournir le fond de caisse ou non ne me concerne plus : j’ai payé mon dû au moment même où la transaction a été signée par la frappe de mon code personnel sur le clavier du terminal de point de vente.

    Concernant l’idée que les billets sont basés sur la solvabilité des Etats émetteurs, il faudrait savoir, parce que d’après M. Jorion, les billets ne sont PAS garantis par la solvabilité de leur émetteur, mais bien affublés d’une valeur faciale PAR LA LOI. Ils ne représenteraient donc en ce sens aucune contre-partie réelle, ni aucun d’engagement de la part de l’émetteur (et c’est plutôt vrai à mon avis : qu’est-ce que l’Etat, à travers son émanation Banque Centrale, promet en échange d’un billet? Rien, à part qu’il sera accepté PAR FORCE DE LOI par tout commerçant sur son territoire de validité).

    Sur le dernier point (acceptation du chèque ou CB par le commerçant), vous avez raison… sauf que au delà de certains montants, seule la monaie scripturale est autorisée (plus de 3000 euros en paiement comptant, plus de 1500 euro en salaire, etc, chiffre de mémoire, à vérifier). Ce qui donne, de facto, valeur légale et forcée à la monnaie scripturale, i.e. aux reconnaissances de dette des banques privées, et ce, à cours fixe (parité 1:1 avec l’argent), quand bien même la banque de l’employeur payant un salaire, ou celle de l’acheteur réglant une transaction, serait en train de battre de l’aile, avec un « cours » réel de sa monnaie privée proche du néant. Vous avouerez que ce fait ne permet pas franchement de clarifier une situation et des définitions déjà bien confuses…

    1. Quant à dire que la monnaie scripturale n’est pas disponible inconditionnellement, désolé, mais si, elle l’est : je dispose du solde de mon compte, pour le transférer instantanément à qui je désire, par voie de papier (chèque) ou électronique (virement, CB). Ce qui est conditionnel, c’est la conversion de ce solde en argent.

      Le transfert n’est pas instantané, mais différé. C’est évident pour un chèque puisque le bénéficiaire doit encore le remettre à sa banque qui devra l’encoder… Un virement n’est autre qu’un ordre de transfert qui ne sera exécuté que plus tard par votre banque, votre compte ne sera débité et le bénéficiaire ne sera crédité que plus tard. Pour une CB, le compte du bénéficiaire n’est crédité que plus tard. Je le sais d’expérience pour ma TPE cela prend 3 jours. Sans certidude, cela devrait transiter par l’organisme de crédit.

      Ça c’est quand tout va bien, mais des banques peuvent aussi faire faillite, ou du moins manquer de liquidités. Les clients belges de Kaupthing ont eu leur compte inaccessible longtemps.

      Si oui, alors certes non, la monnaie scripturale n’est pas de l’argent. Mais c’est une monnaie quand même : avec, je peux payer mes courses hebdomadaires au supermarché du coin, et partir du pas assuré de l’honnête homme. Que ma banque doive ensuite ou non trouver une partie de cette somme en monnaie centrale (dépendamment des soldes de compensations, de ses engagements, de sa solvabilité instantanée, etc), c’est une autre affaire, mais qui porte sur une fraction de la somme transférée. Qu’elle y arrive ou pas, à ce stade, n’est pas mon affaire.

      Vous vous placez de votre point de vue subjectif « d’honnête homme ». Du point de vue du déposant, son DAV semble parfaitement liquide, mais le fonctionnement réel du système bancaire a son importance, ne fusse que pour le supermarché qui, lui, n’est pas assuré d’effectivement toucher son argent si votre banque est incapable de le transférer à la sienne.

      Sur les billets de banque, je n’aurais pas du parler de solvabilité mais peut être de fiabilité. Un état peut dévaluer sa monnaie, une BC peut être incapable de défendre sa devise (ex crise asiatique de 1997) ou entrer dans une spirale d’inflation galopante… (ex Zimbabwe).

      au delà de certains montants, seule la monaie scripturale est autorisée (plus de 3000 euros en paiement comptant, plus de 1500 euro en salaire, etc, chiffre de mémoire, à vérifier). Ce qui donne, de facto, valeur légale et forcée à la monnaie scripturale, i.e. aux reconnaissances de dette des banques privées, et ce, à cours fixe (parité 1:1 avec l’argent), quand bien même la banque de l’employeur payant un salaire, ou celle de l’acheteur réglant une transaction, serait en train de battre de l’aile, avec un « cours » réel de sa monnaie privée proche du néant. Vous avouerez que ce fait ne permet pas franchement de clarifier une situation et des définitions déjà bien confuses…

      Oui, c’est juste. D’autant plus confu que PJ introduit la garantie de l’état de 70 000€ sur les dépôts pour distinguer la partie qui serait « 100% sûre » du reste qui n’est pas garanti et serait donc sujet à prime de risque. PJ assimile un dépôt à vue à une reconnaissance de dette de la banque, une marchandise comme une autre qui aurait un prix variable entre 100% et « moins ». Mais un DAV n’est pas un titre négociable sur un marché secondaire. Il me semble ici que c’est du tout ou rien ; en cas de panique bancaire, c’est les premiers qui sont servis jusqu’à épuisement des liquidités.

    2. « Ce qui donne, de facto, valeur légale et forcée à la monnaie scripturale, i.e. aux reconnaissances de dette des banques privées »

      Pas tout à fait. Une banque peut refuser une transaction par CB en provenance d’une autre banque. Il n’y a donc pas cours légal. Le fait de devoir passer par la monnaie scripturale au-delà d’un certain montant oblige à utiliser des reconnaissances de dette bancaires comme monnaie mais ne transforme pas cette monnaie en argent.

      « quand bien même la banque de l’employeur payant un salaire, ou celle de l’acheteur réglant une transaction, serait en train de battre de l’aile, avec un « cours » réel de sa monnaie privée proche du néant. »

      Eh non, c’est là qu’à mon avis vous vous trompez. Dans le cas de la Kaupthing, les transactions en monnaie scripturale ont bien été refusées déjà quelques jours avant l’annonce officielle de sa faillite. Si une banque se rend compte qu’une autre est insolvable ou peu digne de confiance sur ce point, les reconnaissances de dette de cette dernière seront refusées.

  43. @ Bruno Lemaire,

    Oui, je parle dans ce dernier paragraphe de mon message du 25/01 16:11 de diverses formes de monnaie qui, de mon point de vue, sont strictement équivalentes pour ce qui concerne la fonction d’échange. D’ailleurs, une monnaie n’est rien d’autre qu’un bien intermédiaire, souvent symbolique (i.e. sans utilité réelle: coquillage, caillou (dont l’or), papier, etc), accepté dans un système économique par celui qui se défait d’un bien, parce qu’il est assuré de trouver ailleurs et plus tard une autre personne qui l’acceptera à son tour en échange d’un autre bien.

    A ce sujet, le crédit mutuel est sans doute le plus abouti des systèmes d’échanges, puisqu’il permet de conserver en tout temps un solde global égal à zéro, et de démarrer toute chaîne de transaction sans aucune mise initiale d’un quelconque symbole préexistant ; seul l’engagement des participants à respecter les règles communes est nécessaire. Ensuite, c’est la succession des rencontres de personnes désireuses d’échanger qui crée et détruit le crédit mutuel, exactement au rythme des besoins réels.

    Si les Etats, dépositaires de l’autorité, acceptaient de poser, d’encadrer, et de faire respecter les règles d’un système de crédit mutuel, il n’y aurait tout simplement plus aucune limite monétaire à l’activité humaine. Bien entendu, ceci n’est pas une autorisation illimitée de faire n’importe quoi, et en particulier, il y aurait bien encore besoin de spécialistes de la finance, pour accorder, en fonction des capacités et ressources réelles des entreprises, du pays, etc, des crédits par avance aux entrepreneurs, aux services de l’Etat…

    Il resterait nécessaire de tenir une comptabilité, et il resterait possible d’accorder des crédits à des activités nuisibles, destructrices, stupides, etc, car tout ceci est du ressort de la politique, et non plus, tant que les ressources existent, de la seule économie. Mais à tout le moins, la question de la limitation monétaire ne se poserait plus, et il deviendrait enfin possible d’envisager un véritable développement humain, social, matériel des pays les plus pauvres (au lieu de l’habituel « nous n’avons pas les moyens, snif, c’est triste mais c’est ainsi, snif snif »).

    La monnaie est une convention, c’est une partie du Contrat Social (ou du moins, elle devrait l’être). Actuellement, force nous est de constater que nous sommes, collectivement, totalement dépouillés de tout pouvoir de décision sur cette partie-là de notre Contrat Social!

  44. Création monétaire :

    Cas d’école : Sur quatre ans, un ménage US achète un bien 250K USD avec 50K d’apport et « extrait » 300K USD en deux refinancements sur la valeur inflatée du logement (Alex Damady, reco du jour)
    lundi 25 janvier

    My neighbors are gone. They left several months ago. I didn’t realize exactly when, since I didn’t know them that well and frankly I don’t pay attention to those things.

    My curiosity was piqued. “What happened to these people ?”

    Well, the interweb is a wonderful and scary place and the answer was there. I looked up the county records and voilá :

    (Tableau)

    I believe the table explains itself quite clearly, but in any case : they bought the property in 2002, with 20% down financing $205k for 30 years. Three years later, they refinanced for $342,400, probably at a better rate and pulled about $140k out. And then, only one year later, refinanced again with a $414,000 first mortgage and an $86,000 second mortgage tied to a revolving credit line (which I can only assume they used) and got themselves another cash-out for about $160k.

    So basically, my neighbors bought their house with about $50k down, and pulled roughly $300k out of it in four years. We all know what happened to the real estate market and now the house is listed at zillow.com with a value of approximately $340,000, but no way it goes for anything like that in an auction.

    They will be liable for some taxes once the bank forecloses on the property and sells it (owner is liable for the difference between the loan value and the sales prices), But who knows when that will be.

    One can only wonder how many more neighbors’ houses are still out there. Abandoned, but not foreclosed, sitting in residential real estate purgatory.

    Time to sell my Bank of America shares.
    Sources Alex Damady

    contreinfo

  45. @ Brieuc Le Fèvre 21:15

    Ah oui, j’aime bien votre définition, monnaie = convention = contrat social.

    La convention est de droit privé ( entre deux individus ) régie par les règles émanant des lois de notre société démocratique donc souveraine. La souveraineté du peuple, pour le peuple, par le peuple, est la loi.

    L’ensemble forme un contrat social qui ne saurait déroger aux règles élémentaires de la vie en société. Cela parait tellement simple et à la compréhension du premier quidam venu, dont je fais partie, sans ambiguïté la monnaie est donc contrat social.

    Tant que le contrat social respecte la loi, ce contrat est donc de plein droit et fini. La valeur d’échange est instantanée et irrévocable à l’instant T.

    Si j’ai été assez bon ou sot pour accepter en paiement une quelconque valeur matérielle ou immatérielle hypothétique dans l’échange, quelle est la part de ma bétise, de ma cupidité ou de mes humanités?

    A votre bon coeur, je peux tout entendre.
    Cordialement à tous.

    1. La grande question qui se pose avec la monnaie actuelle, c’est : de quel droit émane-t-elle?

      Certes, l’argent (pièces et billets) relève encore un peu du droit régalien de l’Etat à battre monnaie, mais qu’en est-il de la monnaie des banques, tout ce qui est en réalité (et sur ce point nous sommes d’accord sans conteste avec Paul Jorion) une somme de reconnaissances de dettes à valeur variable selon la situation du débiteur (la banque auprès de laquelle la reconnaissance de dette est placée en dépôt)?

      Selon quel texte de Loi, voté par les représentants du Peuple dans l’intérêt supérieur du bien commun, est-il autorisé aux banques privées de libeller une reconnaissance de dette privée du nom de la monnaie nationale, à parité exigible fixe avec celle-ci?

      Cette multiplication exagérée des titres de dettes, qui circulent dans l’économie réelle comme si c’était de l’argent, que tout le monde considère comme de l’argent à valeur libératoire paritaire avec la monnaie nationale, qui l’a autorisée sous cette forme? Dans quel TEXTE LEGAL est inscrite cette capacité des banques privées de porter sur les relevés des cients « solde en euros », quant ce qui est inscrit dans les livres de compte, c’est un « montant de promesse à concurrence de tant d’euros, sous réserve de la solvabilité du débiteur »?

      Si une arnaque et un scandale existent, c’est bien là : la confusion, sciemment organisée, d’un méga-Ponzi occulte, assis sur un total vide juridique de protection de la monnaie centrale contre cette véritable contre-façon.

      Depuis plusieurs mois, avec quelques amis, nous lançons des sondes ici et là sur le net pour tracer le DROIT des banques à faire ce qu’elles font. Pour l’instant: néant. Rien. Pas un mot dans les 250 000 pages de règlementations européenne. Les banques nous filoutent sur ce qu’elles nous laissent prendre pour de l’argent, et PERSONNE dans les sphères du pouvoir en place ne pipe mot.

  46. @Brieuc Le Fèvre : « Selon quel texte de Loi, voté par les représentants du Peuple dans l’intérêt supérieur du bien commun, est-il autorisé aux banques privées de libeller une reconnaissance de dette privée du nom de la monnaie nationale, à parité exigible fixe avec celle-ci? »

    Brieuc, ce droit est accessible à tout un chacun. N’importe qui peut faire une reconnaissance de dette et n’importe qui peut les échanger (si en face il a quelqu’un pour les accepter). N’importe qui peut aussi créer sa propre monnaie (rappelons que ce n’est qu’un moyen de paiement, il suffit que deux personnes se mettent d’accord). Lorsque ces monnaies prennent une forme un peu plus larges que le simple échange d’allumettes en famille, on appelle cela une « monnaie locale ». Et la monnaie scripturale en est une, ou pour être plus précis, c’est à mon avis une monnaie complémentaire (sectorielle, interbancaire).

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie_compl%C3%A9mentaire
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie_locale

  47. @ Brieuc Le Fèvre 13h10

    Droit régalien, simplifions. Au départ du Roi, puis de l’état, l’état c’est nous individuellement dans le collectif représentant l’état, donc nous sommes créateur de la monnaie individuellement mais faut être deux pour créer. Arrêtons là la démonstration sur la création, nous allons tomber dans les blagues potaches.
    La somme de toute ces créations individuelles, par nos oboles versées dans la joie et la bonne humeur citoyenne forme la garantie étatique assise sur la valeur de tous les biens communs.
    Le problème de l’état, ce n’est pas la monnaie mais la préservation des biens communs, l’exemple actuel c’est Haïti détruit par un séisme naturel. Mais les Haïtiens reconstruirons à partir de rien, les bases du rien n’étant pas facile à définir, et pourtant !!!
    Le droit des banques, le code du commerce avec une certaine garantie de fonds donc de monnaie étatique, la boucle est bouclée, le chien se mord la queue, ou dixit Einstein: il y a 2 choses d’infini au monde, l’univers et la bêtise humaine….. mais pour l’univers je n’en suis pas très sur.
    L’avenir c’est la mutualisation des moyens et non la compétition, du c’est moi je, je suis le premier, le plus riche, le plus intelligent ou le plus con, suffit de le savoir et comme je le sais, je relativise comme Albert cité plus haut, qui de l’avis des ses professeurs de l’époque était plutôt du coté du poêle (pour moi du radiateur).

  48. @Moi

    Vous avez raison: les banquiers se sont accaparés ce droit inouï de pouvoir céder, contre des garanties de remboursement appelés « reconnaissances de dettes » que leur donnent les emprunteurs, leurs propres reconnaissances de dettes qu’ils ont le culot de nommer « monnaie » et que nous avons toutes et tous la sottise d’accepter en tant que telle tant elle nous facilite la vie, reconnaissons le.
    Le problème est qu’ils osent demander des intérêts là dessus!

    Il ne semble pas effectivement y avoir de loi leur permettant ceci.. c’est donc une « habitude » qui est devenue un droit: celui de « faire crédit »

    Maintenant émettre des « monnaies locales » pourquoi pas: mais le problème c’est que le terme « euro » est probablement réservé aux reconnaissances de dettes des banquiers ( que dit le code monétaire et financier à ce sujet ?), et que votre monnaie locale risque de ne pas avoir des garanties suffisantes pour que n’importe qui les acceptent.

    1. L’emprunteur ne reçoit pas une reconnaissance de dette, il reçoit de l’argent (d’où les difficultés des banques lorsque les emprunteurs font défaut en masse) et va acheter des biens avec celui-ci. Je ne vois pas le scandale à payer des intérêts pour l’emprunteur, peut-être pouvez-vous me l’expliquer.

      « mais le problème c’est que le terme « euro » est probablement réservé aux reconnaissances de dettes des banquiers  »

      Les reconnaissances de dettes des banquiers ne sont pas des euros, ce sont des bons à valoir sur des euros. Rien ne vous interdit d’émettre des reconnaissances de dette, il faut juste trouver un prêteur. Et si vous êtes le prêteur, rien ne vous interdit non plus d’échanger ensuite ces reconnaissances de dette contre des biens, il faut juste trouver un vendeur qui vous les accepte.
      Lorsque vous utilisez votre CB pour faire un achat, ce n’est pas la banque qui paye avec des reconnaissances de dette, c’est vous. Vous l’oubliez, ainsi que le vendeur du bien, parce que les banques s’arrangent entre elles en ce qui concerne le transfert d’argent qu’a impliqué votre achat. Cela permet de continuer à avoir l’illusion que votre argent déposé en banque est continuellement à votre disposition et donc l’illusion que votre reconnaissance de dette est bien de l’argent.
      Lorsque vous utilisez une carte de crédit pour faire un achat, la banque avance l’argent à la banque du vendeur. Il n’y a pas de paiement par reconnaissance de dette (puisque vous n’en possédez pas en tant qu’emprunteur). Le seul cas limite est lorsque le vendeur du bien est à la même banque que vous. Là la banque crédite le compte du vendeur et elle ne sort pas d’argent. Mais c’est toujours celui qui possède une reconnaissance de dette (le vendeur dans ce cas-ci) qui a un problème (le risque de ne pas recevoir l’argent de la vente si sa banque fait défaut), pas l’emprunteur.

  49. Réponse génerale
    Après publication sur le blog de Paul Jorion, je comprends en lisant les communications de deux intervenants que 1) mon modèle est irréaliste car les règlements qui soldent les positions ne se font pas automatiquement, comme je l’imaginais, mais « manuellement » sur le marché interbancaire (à vérifier). Ce serait mieux complètement automatique avec un taux d’intérêt fixé chaque jour à 7 h pour la journée selon certaine règles ; mais bon… (alors, ce sont les mouvements de compte à la banque centrale qui deviennent une énigme pour moi. C’est comme dans les montagnes où une montagne en cache une autre : ici une contradiction en cache une autre) ; 2) je comprends soudain l’intérêt de la compensation, son concept : transformer un difficile problème de règlements dans tous les sens en un facile problème de virements de compte à compte dans chacune des banques impliquées, moyennant le règlement des positions (j’ai d’ailleurs lu cela je ne sais où lors de mes recherches — la compensation ramène le problème à des virements de compte à compte —, sans comprendre… car il n’était pas précisé : dans une même banque et je me demandais comment on pouvait faire des virement de compte à compte dans deux banques) Seuls les règlements des positions ne sont pas des virements compte à compte, en interne. Donc, cela confirme que l’entité (monnaie, pas monnaie ?)… qui permet ces virements internes de compte à compte, entre clients débiteurs et clients créditeurs d’une même banque envers des clients d’une autre banque, eux-même débiteurs et créditeurs envers les clients de la précédente, avec pour solder le tout, une position… est toujours de volume nul. À la fin de l’opération les comptes « Compensation » sont soldés. En tant que comptable, je me demandais : « Si ces règlements compensés ne touchent pas la trésorerie des banques, trésorerie où est logée la monnaie scripturale centrale, cas dans lequel le débit du compte client le serait par le crédit d’un compte de trésorerie (Caisse ou Banque de France), quel compte dans ce cas sera crédité ? Le compte « compensation » (et même chose pour les clients créditeurs : c’est le compte compensation qui sera débité). C’est ce compte qui permet de résoudre le problème de règlement en un simple problème de virements compte à compte en interne. C’est beau quand même. J’ai toujours trouvé la comptabilité belle. Donc, hormis le règlement qui solde les positions, le cas est ramené à un cas précédent : le cas de la compensation entre clients d’une même banque… mais avec une nouveauté majeure… l’introduction, par la compensation, d’un risque de liquidité et d’un risque d’insolvabilité, car si charbonnier est maître chez lui… il n’est pas maître chez les autres charbonniers. Il est quand même étonnant que l’introduction d’une prétendue monnaie introduise un risque de liquidité et un risque de solvabilité.

    Il faut encore remarquer que les clients d’une même banque qui ont des dettes et des créances envers les clients d’une autre banque, ne se doivent rien entre eux. Les virements de compte à compte par l’intermédiaire du compte compensation (virements triangulaires) ne sont pas des virements de débiteur à créanciers mais des virements de débiteurs de clients d’une autre banque à créanciers de clients d’une autre banque. Y a-t-il paiement des créanciers de l’autre banque et paiement des créancier de notre banque par les débiteurs de l’autre banque ? Oui. Par la magie de la compensation, des règlements entre gens qui ne se doivent rien dans notre banque entraînent des paiements à distance dans l’autre banque sans aucun déplacement de fonds et réciproquement. Cela me fait penser à l’expérience d’Alain Aspect et des deux photons couplés quelque soit la distance et le temps : la conservation du moment angulaire du système composé par ces deux photons est conservée, quelle que soit la distance. Si, du fait d’une interaction le moment s’inverse chez l’un, il s’inverse chez l’autre et cela sans délai, donc avec une vitesse infinie (sans transmission d’information).

    Résumons les faits : les clients créditeurs des banques (le fait qu’ils soient créditeurs n’est autre qu’une autorisation de tirer à vue) tirent, tirent, tirent sur leurs banques et jamais leurs projectiles n’atteignent la trésorerie des banques ; ils sont absorbé par le gros matelas de la compensation. Seules les positions atteignent la trésorerie et, me dit J. Bayard, même pas. Le règlement des positions se ferait hors trésorerie, par des prêts, donc eux aussi par une sorte de compensation.

    Je déduis de cela que la trésorerie et la compensation constituent deux univers isolés qui ne communiquent pas entre eux. Il y aurait donc bien deux monnaies ? Je ne le pense pas. Je prend un exemple dans l’astronomie. Une hypothèse pour expliquer l’existence de satellites est que des agrégats issus d’un même nuage gazeux se sont formés et sont devenus indépendants (il faudrait plutôt dire distincts car ils sont toujours liés par la gravitation) tout en se formant à partir d’un même nuage. C’est la même chose ici. Aujourd’hui trésorerie et compensation sont indépendantes, mais dans le temps elles ne l’étaient pas, elles sont issues toutes deux d’une même émission centrale et se sont séparées peu à peu. C’est la thèse de Creutz que je relis après mon exercice et que je trouve excellente. Autrement dit, les banques n’émettent pas de monnaie. Elles font circuler, de plus en plus vite, une masse d’origine centrale par la compensation. C’est très simple : plus il y a de comptes plus la vitesse est grande. La vitesse de circulation est une fonction du nombre de comptes ouverts. C’est tout. Et la monnaie avec laquelle les banques se refinancent en permanence est d’origine centrale. Quant aux transactions sur le marché interbancaire, elle se font en monnaie centrale, c’est à dire sur les comptes courants des banques à la Banque de France. Certes, je pense maintenant que les règlement des positions se font sur le marché interbancaire, avec un taux soumis à l’offre et à la demande, après la compensation ; mais elles se font nécessairement par crédit et débit des comptes courants des banques à la Banque de France. Je veux bien croire qu’il existe un manière pour les banques d’effectuer ces transactions sans recourir à leurs comptes courants, mais il faudra d’abord me montrer comment elle font, quels sont les comptes mouvementés et où ils se trouvent, dans quels livres.

    * * *

    Avec ce que j’ai appris au cours de cet exercice, je peux répondre à une question qui, pour un comptable est la plus importante : quelles sont les écritures qui sont passées avant et après la compensation.

    Les banques remettantes mettent à l’encaissement les chèque que leurs clients ont reçu en paiement. Si le tireur du chèque est un client de la banque, une simple écriture suffira, sans aucun recours à quelque trésorerie que ce soit, ni à la trésorerie :

    _______________________________________
    Par client A, virement de B………….100
    __________ à client B, virement à A………. 100
    _______________________________________
    Sinon, il faut recourir à la compensation.

    La banque remettante copie le chèque (le post-marque peut-être), l’archive, puis crédite ses clients en passant les écritures suivantes (portant toutes les mentions nécessaires à le compensation, ce que je ne fais pas ici) :

    _______________________________________________
    Par Compensation, Mallet, ch. 236145………..341
    __________ à Client Petiot, ch. de Borodine ………… 341
    _______________________________________________
    Par Compensation, Neuflize ch 265987.……1.000
    __________ à Client Dufot, ch. de Batavia…………1.000
    _______________________________________________

    …… etc
    Puis elle adresse copie (remise électronique) de ce compte au Centre de compensation à l’heure dite.
    Toutes les banques font de même. Une minute (quart d’heure, demi-heure, heure, milliseconde) après l’heure dite de la compensation, les banques reçoivent le résultat de la compensation. Elles connaissent alors leurs positions. Elles les soldent en empruntant et en prêtant sur le marché interbancaire. Puis elles passent, grâce à la liste fournie par le Centre de compensation, des écritures qui débitent ses clients du type :

    __________________________________________
    Par client Dupont, ch. 424564……………250
    ______________ à Compensation………….…..250
    __________________________________________
    Par client Durand, ch. 346951……………125
    ______________ à Compensation………….……125
    __________________________________________
    ……..etc

    Enfin, elles passent les dernière écriture (il y aura autant de lignes d’écriture que de banques moins une qui participent à l’opération de refinancement) ;

    soit :
    ______________________________________________________
    par Compensation…………………………………….2.364
    _________ à Banque de France, virement à Neuflize…………2.364
    ______________________________________________________
    (le compte de la banque dans les livres de la BDF sera débité)
    soit :
    _______________________________ _______________________
    par Banque de France, virement de Neuflize…..…….3.654
    __________à Compensation……….…………………………3.654
    ______________________________________________________
    (le compte de la banque dans les livres de la BDF sera crédité)

    Et voilà, le compte « Compensation » soldé, les clients débiteurs débités et les clients créditeurs, crédités, sans aucun mouvement d’argent. Tout le monde a payé ou encaissé sans un seul mouvement d’argent sinon ceux des soldes de positions sur les comptes des banques à la Banque de France.

    1. Complément

      Ainsi, le compte « Compensation » est comme trésorerie fantôme des banques. Le seuls dépôts qui atteignent la trésorerie des banques sont les dépôts en billets et ceux qui viennent de l’étranger. Les écritures pour ces dépôts seront du genre :

      Débit de la trésorerie de la banque ; Crédit du compte client.

      Sinon, les dépôts effectués par chèques ou virements seront du genre :

      Débit du compte « Compensation » ; Crédit du compte client.

      Quant aux prêts consentis par la banque à ses clients :

      Débit du compte « Créance clients » ; crédit du compte client.

      On voit que ce prétendu « dépôt » n’atteint ni la trésorerie, ni la compensation. Pour être véritablement un dépôt, il devrait soit atteindre la trésorerie, soit la trésorerie fantôme. Ensuite, quand le client tire sur la banque, les règlements se font par la compensation et n’atteignent pas la trésorerie de la banque. Or, dans la compensation, il ne circule pas du tout d’argent, il n’y a pas du tout d’argent. Dans la trésorerie fantôme, il n’y a que de l’argent fantôme. Voilà donc pourquoi un crédit consenti à un client ne crée pas d’argent. Le seul argent qui circule le fait sur les comptes des banques à la BDF lors du solde des positions. Et la seule création d’argent est le fait de la banque centrale. Le volume M1 – M0 n’est pas un volume d’argent.

      Cette trésorerie fantôme est remise à zéro au moins une fois par jour. C’est donc une trésorerie zéro parfaite. Il n’y a donc pas de création d’argent de son fait.

      La trésorerie fantôme est néanmoins reliée à la trésorerie des banques par les règlements des positions. Les véritables mouvements de fonds se font sur les comptes courants des banques à la Banque de France. Pour régler les découverts temporaires à la BDF du fait que tous les ordres de virement n’ont pas lieu en même temps puisqu’il y a recherche sur le marché interbancaire, la BDF fait des facilités, payantes évidemment, aux banques qui sont débitrices provisoirement dans les livres de la BNF pour quelques instant, de la milliseconde à… disons une heure. Quand le round de la compensation est terminé, les banques qui étaient provisoirement à découvert se retrouvent créditrices et peuvent donc rembourser immédiatement la BNF.

  50. @ tous:

    et si pour la constitution économique, l’article suivant pouvait se révéler suffisant.

    Les états souverains décrète que la garantie régalienne de leur monnaie légale, ne peut dépasser par compte de particulier détenu sur leur territoire national respectif, le ratio international suivant PIB national/population nationale totale.
    En cas de crise financière, l’état souverain répartira au prorata des encours de chaque compte détenu par un particulier, dans la limite des sommes du ratio précédemment défini.

    Serait-ce suffisant pour préserver les encours du citoyen lambda et lui redonner confiance dans ses sous?
    Les spéculateurs de toutes espèces seraient à quoi s’en tenir!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    1. [complément]

      Je remarque encore que les comptes des clients sont situés en classe 2, Comptes d’opérations avec la clientèle, classe qui n’est pas celle des comptes de trésorerie, classe 1, Opérations de trésorerie et interbancaires. Les comptes mouvementés par la compensation ne sont donc pas des comptes de trésorerie. La compensation consiste donc à manipuler des provisions en circuit fermé et non pas de l’argent. Le volume M1 – M0 est un volume de provisions. Si les provisions étaient de l’argent, il ne pourrait pas y avoir de bank run. Ces provisions-là ne sont pas plus de l’argent que les provisions pour risques et dépréciations. Les provisions pour risque et dépréciation sont créditées par le débit d’un compte de charges : Dotation aux provisions. Les provisions des comptes clients sont créditées soit par le débit de la Trésorerie, soit par le débit du compte Compensation (s’il existe, j’aimerais bien savoir dans quelle classe il est), soit par le débit du compte Créances sur la clientèle. Quelqu’un pourrait-il m’adresser le plan comptable détaillé des banques françaises ? (le courrier électronique est réparé et fonctionne à nouveau). J’apprends à l’instant que le plan comptable des banques est classé par liquidité décroissante : 1 cash (Caisse et CC BDF) ; 2 comptes d’opérations avec la clientèle ; 3 autres comptes financiers ; 4 Valeurs immobilisées ; 5 Capitaux permanents (c’est là que sont les provisions, ce qui est bien la preuve qu’elles ne sont pas de l’argent et qu’elles sont loin d’en être. Elles sont aussi peu de l’argent que les capitaux. Il n’y a pas d’argent là). Puisque les CC clients sont moins liquides que Caisse et CC BDF, c’est donc la preuve que les sommes qui y sont constatées, aussi liquides soient-elles, ne sont pas des sommes d’argent mais seulement des provisions. Cela confirme mon opinion de trésorier-comptable : il n’est d’argent que de trésorerie. Le reste peut être transformé en argent, plus ou moins facilement, mais ce n’est pas de l’argent. M1 – M0 n’est pas une masse d’argent. Je crois d’ailleurs avoir eu une idée intéressante sur la nature de cette masse et je vais essayer de l’exposer tranquillement. La définition de l’argent serait alors : 1) ce qui peut payer 2) ce qui a cours (on ne peut refuser le paiement) 3) ce qui est complètement disponible. Cela me permet de faire cette remarque : autrefois, l’argent était de l’or monnayé, puis ce fut des billets de banques. Qu’est-il aujourd’hui ? Un nombre est argent ou non selon le compte où il se trouve. Point final. Buchführung über alles !

      Il me vient une autre idée qui me permettra de démontrer que tout solde créditeur d’un compte client qui est obtenu par débit du compte Créances clients sera financé dès que le client tirera sur la banque. Prenons la banque Mallet. Un certain Laffitte vient d’y faire un emprunt et son compte est donc crédité par le débit du compte Créance client Laffitte pour un nombre de 1.000. Simple remarque, à cet instant, M1 augmente de 1.000. Maintenant supposons que le lendemain Laffitte ne touche pas à son compte, mais qu’un fait exceptionnel se produit : à la fin de la compensation quotidienne, le compte Compensation de Mallet est soldé. Mallet n’est ni en position débitrice, ni en position créditrice. Autre hypothèse maintenant, supposons que, ce même jour, toutes choses égales par ailleurs, ce con de Laffitte s’avise de tirer sur sa banque, Mallet, un chèque de 1.000 à l’ordre du dénommé Pauret et que celui là met immédiatement son chèque à l’encaissement. Que se passe-t-il à la compensation ? Mallet est en position débitrice pour un nombre de 1.000, exactement. Que se passe-t-il ensuite ? Mallet emprunte 1.000 sur le marché interbancaire à la suite de quoi il est crédité de 1.000 sur son compte à la Banque de France. Donc, ce prétendu argent créé au bénéfice de Laffitte ne l’était pas, créé, à tel point que le prêt fait à Laffitte par Mallet vient, sous vos yeux, d’être dûment financé par du bon argent scriptural central. Je peux généraliser. Si sept autres gus avaient tiré ce jour là sur Mallet, celui-ci aurait eu une plus grande position débitrice, mais le prêt à Laffitte n’en aurait pas moins été dûment financé. De même, si quatre gus s’étaient abstenus de tirer ce jour là, à l’exception de Laffitte évidemment, le prêt de celui-ci n’en aurait pas moins été financé, mais cela ne se serait pas vu. Je généralise encore : tout compte client crédité par le débit de la Caisse ou du CC BDF ou par le débit du compte Compensation ne demande pas de financement car il est déjà financé. Seuls ne sont pas financés les soldes créditeurs obtenus par débit du compte Créances clients. Il s’ensuit qu’il n’y a qu’une seule monnaie, que tout ce qui est argent dans les comptes de Mallet est d’origine centrale, contrairement à ce que je pensais plus haut. Évidemment, le dépôt fait par Pauret par remise de son chèque à sa banque est un véritable dépôt car le compte de Pauret sera crédité chez sa banque par le débit du compte Compensation. Ce vrai argent de ce vrai dépôt, n’a pas été créé, il vient d’ailleurs, il a été simplement déplacé. Il n’y a aucun mystère en comptabilité. Les banquiers peuvent faire autant de crédit qu’il veulent, à la condition qu’ils les financent. Donc la scie « les crédits font les dépôts » est une parfaite sottise (une de plus) car ce sont les financements des crédits qui font les dépôts… chez les autres banques. Le prétendu dépôt sur le compte de Laffitte ne devient vrai dépôt chez la banque de Pauret que parce que Mallet a, entre-temps, financé le prêt lors de la compensation.

  51. Bonjour Jean-Pierre,

    Pour moi, la compensation ne représente pas un compte au sens d’écritures comptables, bien que je l’ai présenté comme tel dans mes pages sur les schémas monétaires. J’aurais dû le préciser. La fonction du centre de compensation est de donner des informations aux banques, c’est-à-dire les opérations détaillées les concernant. C’est ici que les impayés sont détectés.

    Voici ce que je te propose. Suppose que la Banque de France n’oblige pas les banques à faire passer leurs transactions chez elle. Si tu veux bien te reporter à ton tableau, dont je change le titre :
    Relevé des informations communiquées par le Centre de compensation au lieu d' »établissement du journal de compensation »

    Voici les écritures que passent les banques, et tu remarqueras que la Banque de France n’y figure pas, pour la bonne raison qu’elle n’est pas partie prenante à ces opérations.

    Mallet
    Actif
    Immobilisation 850.000 DT
    Portefeuille 1.500.000 CR
    Débiteurs divers 550.000 DT
    (Solde de compensation à régler)

    Passif
    Client X Mallet 1.100.000 CR
    Client Y Mallet 1.200.000 DT

    Neuflize
    Actif
    Portefeuille 1.500.000 DT
    Débiteurs divers 250.000 DT
    (Solde de compensation à régler)

    Passif
    Client Duchmoll 850.000 CR
    Client X Neuflize 900.000 CR

    Schlumberger
    Actif

    Passif
    Client X Schlumberger 1.100.000 DT
    Client Y Schlumberger 900.000 DT
    Client Z Schlumberger 1.200.000 CR
    Créditeurs divers 800.000 CR
    (Solde de compensation à régler)

    Ici, les banques savent qu’elles sont prêteuses ou emprunteuses, mais elles ne savent pas qui va prêter ou qui va emprunter, c’est précisément l’objet du marché interbancaire. C’est donc sur ce marché que les courtiers vont réunir prêteurs et emprunteurs. En l’occurrence, Mallet et Neuflize vont prêter, respectivement 550.000 et 250.000 à Schlumberger. Elles seront informées de ces opérations par l’intermédiaire du CRI (Centre des Règlements Interbancaires) qui joue ici le rôle équivalent d’informateur du centre de compensation, ni plus, ni moins. Les soldes de compensation seront ainsi régler et les banques vont faire apparaître à leur bilan les prêts et emprunts interbancaires à leurs comptes.

    Deux observations pour terminer.
    La Banque de France n’intervient que parce qu’elle oblige les banques à passer par son intermédiaire, et la monnaie échangée sur le marché interbancaire n’est pas de la monnaie centrale comme veut le faire croire le pouvoir monétaire. J’ai appelé cette monnaie , monnaie de contrepartie, car elle ne sert qu’à relier les transactions de monnaie secondaire.

    Enfin, merci Jean-Pierre d’avoir ouvert ce débat qui me permet d’aller plus loin dans les analyses.
    Codialement
    jean

    1. J’ai écrit ci-dessus dans mes « compléments »

      Quant aux transactions sur le marché interbancaire, elles se font en monnaie centrale, c’est à dire sur les comptes courants des banques à la Banque de France. Certes, je pense maintenant que les règlement des positions se font sur le marché interbancaire, avec un taux soumis à l’offre et à la demande, après la compensation ; mais elles se font nécessairement par crédit et débit des comptes courants des banques à la Banque de France. Je veux bien croire qu’il existe un manière pour les banques d’effectuer ces transactions sans recourir à leurs comptes courants, mais il faudra d’abord me montrer comment elles font, quels sont les comptes mouvementés et où ils se trouvent, dans quels livres.

      Évidemment, ce que je demande, ce sont les écritures dans les journaux et où se trouvent ces journaux. Des soldes sans origine connue dans un bilan ne me convaincront jamais. Les écritures aux journaux décrivent des événements réels. Seuls ces événement réels ont un intérêt ici. Je croirais à l’existence de monnaie de contrepartie quend je verrai ces écritures.

      Que je sache : il n’y a pas de règlements sur la marché interbancaire, il n’y a que des contrats suite auxquels les ordres de virement sont passés, peut importe par qui, et passés à la Banque de France.

      J’ai également, à la fin de ma démonstration énoncé un théorème :

      Théorème : le prétendu dépôt sur le compte de Laffitte ne devient vrai dépôt chez la banque de Paudret que parce que Mallet a, entre-temps, financé le prêt de Laffitte lors de la compensation.

      Autrement dit, il n’existe pas de création d’argent par une simple ligne d’écriture. La création d’argent a lieu à la banque centrale.

      Vous avez à cette adresse la version perpétuellement actualisée de cette étude.

      JPV

  52. « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement « .
    Monsieur Bayard, vos interventions à ce sujet n’offrent pas encore un résumé simple pour un néophyte, j’en déduis que ce n’est pas encore là, le bon schéma que vous en tirez. Revenez donc sur l’ouvrage.

  53. Mais si il y a création monétaire, peut importe la compensation ce n’est qu’une écriture comptable, la preuve de la création monétaire est pourtant simple : c’est l’inflation d’un actif par exemple.
    Prenons un appartement en 1998, il est acheté 100 000 euros à crédit
    En 2006, il est vendu 300 000 euros à crédit.
    C’est le même bien, mais à partir de ce même bien, il y a maintenant 200 000 euros en plus en circulation dans le système.

    1. @liervol,
      La compensation s’accompagne d’une écriture comptable, mais ce n’est pas « qu’une » écriture comptable.
      En cas de croissance, du PIB ou des intérêts, la masse monétaire détruite (correspondant à des remboursements de crédits) est inférieure à la masse monétaire créée (lors de l’ouverture de crédits), cela, c’est « mathématique ».

      La compensation correspond simplement au fait que l’on s’intéresse au solde net (création/destruction) les « créationnistes » devant aussi être des « destructionnistes », s’ils sont cohérents.

      Je pense que c’est peut être ce que vous indiquez à propos des biens immobiliers, mais je ne suis pas sûr d’avoir compris votre point.

      Cordialement, B.L.

  54. Et qu’importe qu’ils se compensent ces 200 000 euros, c’est toujours 200 000 euros de plus qui circulent et qui diminuent d’autant la valeur des autres en circulation.

  55. Je reprends Johannes Finckh
    Quant aux marchandises offertes, elles sont écoulées en échange de monnaie ou d’une créance, il s’agit d’un échange présent, il n’existe pas d’anticipations qu’un crédit aurait permis, car même le crédit ne permet qu’acheter que ce qui existe réellement, pas le futur. Cela me semble basique. Et quand j’achète à crédit, un autre n’aura pas acheté ce même bien, cela aussi est élémentaire! C’est PHYSIQUE
    ****
    A chacun de juger, donc, B.L.

    Faux aussi à mon sens, prenons le marché de l’or, il existe des certificats qui montent et qui descendent sur un présumé stock d’or, il se peut qu’en réalité le stock soit inférieur à ce qui est dit ( qui audite le stock si c’est comme la fed ou la bce) imaginons que j’ai acheté de ces certificats à 50 euros et que je les revende 150 euros, je me retrouve avec 100 euros en plus. Imaginons maintenant que le stock d’or réel correspondant à ce certificat ne soit pas de 1 mais de 0.25.
    Dans ce cas là, je me retrouve avec de la monnaie en plus alors que la vente que je viens de réaliser pour une base de 1 est une fraude puisque le stock d’or garant des certificats était à la base faux puisque de 0.25.
    Ce que je voulais démontrer c’est qu’on peut tout vendre quand on vend une promesse sur un papier et qu’il n’y a comme limite que la crédulité ou la confiance des gens appelez cela comme vous voulez.

    1. @liervol,
      Tout signe monétaire à l’intérieur d’une certaine communauté repose sur la confiance, c’est bien vrai, que ce soit la monnaie-papier ou la monnaie « scripturale », vous avez tout à fait raison. Mais je crois que personne ne le nie.

      C’est la question du contrôle des signes monétaires que nous posons tous sur ce blog, avec diverses variantes, mais avec le m^me objectif. Mettre la monnaie au service du plus grand nombre.

      Cordialement, B.L.

  56. Mon point de vue, il est peut être faux, mais je ne crois pas.
    C’est que ok il y a destruction une fois le crédit remboursé mais seulement au niveau de la banque qui a fait la création au départ. Mais dans la banque qui a reçu le montant du crédit fait, il n’y a pas destruction. Alors qu’on se penche sur la croissance pour dire que cette création est justifié c’est un autre débat. En effet les subprimes avant d’exploser était partie intégrante de la croissance américaine, est ce pour autant que la création monétaire à la base de ces prêts était justifiée quand on sait qu’ils ne pouvaient être rembourser ? Résultat on se retrouve aujourd’hui avec une perte mettons de 200k$ pour une banque qui a fait le prêt qui vient solder le crédit donc destruction du montant mis en circulation dans cette banque mais destruction aussi au niveau des fonds propres contrebalancé par celle qui a reçu les 200ke initial du crédit. Même dans ce cas de figure les 200ke ne sont pas détruit mais simplement neutralisé.
    S’il y avait destruction réellement les 200ke qui ont été reçu devraient eux aussi être détruit. Or ils ne le sont pas même s’ils proviennent d’une fraude. Ils ne sont neutralisés qu’au niveau des fonds propres des banques sauf que les banques rechignent à passer les pertes ce qu’on peut comprendre compte tenu des montants en jeu.
    Si on s’en tient aux critères réels, c’est à dire le montant de leurs fonds propres et l’ensemble des pertes réelles elles sont toutes pratiquement en faillite.
    Elles sont toutes en faillite parce qu’elles ont crée trop de monnaie sans commune mesure avec l’économie réelle composée elle du pouvoir d’achat des peuples à des années lumières de l’endettement qu’elles ont concédé.
    En résumé, elles ont artificiellement gonflé le poste client de leurs bilans, qu’elles ont soldé par la titrisation, tout cela n’est ni plus ni moins que de la cavalerie.
    Si la monnaie crée se détruisait réellement nous n’aurions aucune crise aujourd’hui, c’est justement parce qu’elle ne se détruit pas mais change de possesseur que nous sommes en crise. En effet comment expliquer à ceux de la fin de la chaine que leur monnaie ne vaut rien puisqu’elle repose au départ sur une fraude du poste client ?
    La crise d’aujourd’hui n’est que la conséquence de la création monétaire à tout va sans fondement avec la réalité économique des peuples. C’est la mayonnaise qui est tombé parce qu’on y a mis des oeufs pourris.
    Sauf que ceux qui ont achetés les tubes de mayonnaise ne veulent pas les jeter mais bien s’en servir.
    A partir de là, je ne vois pas comment on peut dire qu’il n’y a pas création monétaire par les banques privés ???
    Dans notre système monétaire au vu de la répartition qui est faite, la croissance ne peut venir que du crédit, supprimer le crédit et vous n’avez plus de croissance. C’est d’ailleurs à cause du crédit à tout va que la croissance était supérieure avant la crise aux Usa qu’en Europe.
    On parle toujours de croissance mais je pense qu’on devrait distinguer la bonne croissance de la mauvaise croissance. La bonne croissance c’est celle du Fordisme, la mauvaise c’est celle du modèle Wall mart.
    La bonne croissance engendre de la bonne monnaie, la mauvaise de la mauvaise monnaie.
    Aujourd’hui nous avons trop de mauvaise monnaie dans le système tellement que tout le monde à son échelle en possède et qu’elle contamine un peu plus chaque jour la bonne puisque personne ne sait réellement comment nettoyer le système.
    On parle de réduire les déficits des états, mais il faudrait aussi à mon sens que les entreprises privées se serrent la ceinture, qu’elles abandonnent pour quelques temps la notion de profit pour maintenir les emplois et je rêve rattraper les salaires perdus au profit du capital, que les Pdg aussi revoient leurs salaires à la baisse, enfin que tous fassent un effort afin que cette mauvaise monnaie se transforme peu à peu en bonne monnaie, c’est à dire en accord avec la réalité économique.
    Car plus nous mettons de gens au chômage, plus cette mauvaise monnaie devient de plus en plus mauvaise et plus elle contamine la bonne et il faudra des dizaines d’années pour en sortir si toutefois on en sort, voir le cas du Japon.
    Bien sûr les capitaux privés se disent qu’il n’y a pas d’intérêt à faire des efforts ni au Usa ni en Europe puisque le plus grand marché du monde est maintenant dans les BRIC sauf qu’ils oublient une chose les BRIC au fur et à mesure s’affranchiront de tout contrôle occidental, et ces multinationales se retrouveront de par et d’autre sans clients.
    Ce n’est qu’une question de temps et le temps s’accélère,

    1. REbonjour,

      je vais répondre aux interrogations de liervol par un « petit modèle »:

      Je travaille actuellement sur le modèle « monétaire » suivant.

      Trois groupes d’agents économiques, dans une « communauté socio-économique », communauté C, trois « secteurs », trois systèmes en interaction.
      Le Système E est celui des acteurs économiques, des « vrais » acteurs, les acteurs qui n’appartiennent pas au monde banco-financier
      Le système FB est le système banco-financier, avec le sous-système F qui ne va manipuler que la « vraie épargne », le sous-système B est intermédiaire entre la vraie épargne et les emprunteurs du système E, le système BC représente la banque centrale, la seule qui a le droit de créer de l’argent-papier, du « papier-monnaie ».

      Dotation initiale, en début de période 0 (t=0):
      Argent: X (émis par BC)
      « Monnaie scripturale » (montant des DAV): Y
      Taux de croissance de l’économie prévue entre 0 et 1: r
      Taux d’intérêt: i
      Remboursement des prêts: durée une unité de temps (pour simplifier)

      Question (triviale):Quel est l’etat du système à l’instant t=1, t=2, t=3

      Réponse(s)?

      Conclusions qualitatives éventuelles.

      A vos tableurs, camarades

      Cordialement, B.L.

  57. @J-P Voyer

    « (…) Il n’y a aucun mystère en comptabilité. Les banquiers peuvent faire autant de crédit qu’il veulent, à la condition qu’ils les financent. Donc la scie « les crédits font les dépôts » est une parfaite sottise (une de plus) car ce sont les financements des crédits qui font les dépôts… chez les autres banques. » — Voyer on his blog.

    Quand je pense que l’un des commentateurs de ce blog, partisan fiévreux des résumés intellectuels, n’aime pas votre style…
    Quelle injustice !

  58. Il n’y a aucun mystère en comptabilité mais un tas d’arrangement possibles et surtout en finance dans un domaine virtuel où une écriture peut s’en problème en engendrer une autre car la monnaie ici n’est pas physique.
    Nous n’en sommes pas à compter des stocks de marchandises.

    1. Erreur: toute écriture en comptabilité est l’enregistrement d’un évènement. Pas d’évènement pas d’écriture. Où alors ça s’appelle fraude et ça fini comme Enron. Quand le fisc vient vérifier votre comptabilité, il vérifie que toute écriture enregistre bien un évènement réel.

  59. @voyer
    Je reprends votre exemple :
    Que se passe-t-il à la compensation ? Mallet est en position débitrice pour un nombre de 1.000, exactement. Que se passe-t-il ensuite ? Mallet emprunte 1.000 sur le marché interbancaire (peu importe le procédé) à la suite de quoi il est crédité de 1.000 sur son compte dans les livres de la Banque de France (ce qui correspond à un débit du CC BDF dans les livres de Mallet). Donc, ce prétendu argent créé au bénéfice de Laffitte ne l’était pas, créé, à tel point que le prêt fait à Laffitte par Mallet vient, sous vos yeux, d’être dûment financé par du bon argent scriptural central. Nous avons les écritures suivantes qui enregistrent ces mouvements dans les livres de Mallet :

    Il n’est pas juste : la banque centrale n’a pratiqué aucune intervention active sur le marché se bornant à jouer le rôle de teneur de livre. On peut très bien imaginer que les débits et les crédits issus de la compensation et des emprunts monétaires entre institutions financières s’effectuent sur d’autres comptes que ceux de la banque centrale, par exemple auprès d’une maison de clearing indépendante de celle ci.

    La banque centrale n’intervient que si sur les 1000 euros, 100 sont demandé par le client final en Billets, pour se faire seul un véritable recours au refinancement auprès de la banque centrale est possible. Il se fera soit par une cession direct d’actif à la banque centrale contre crédit en compte monnaie banque centrale nouvellement émise, soit par emprunt auprès d’une autre institution financière qui aura, elle la possibilité de céder des actifs à la banque centrale pour en obtenir l’appoint de monnaie centrale indispensable au bouclage de l’ensemble des circuits émetteurs de monnaie.

    Au demeurant la création de pouvoir d’achat donc de monnaie est une décision initiale des institutions financières qui ne recherchent qu’ultérieurement une fraction de leur création monétaire auprès de la banque centrale. (10% dans notre exemple) .

    Il n’en reste pas moins que le pouvoir de création monétaire des institutions financières dans leur ensemble est limité par la « fuite » sous forme de billet dans le public qui tend à disparaître par l’usage des cartes de crédit.

    Ce sont bien les banques qui créaient la monnaie, la banque centrale ne créait que les billets et le taux directeur c’est le prix de ces derniers payé par les banques.

    1. Très bien, passez les écritures et je verrai. Ce que vous me dites là est très vague, très imprécis. Passez les écritures avec les établissements financiers qui vous plairont et nous pourrons discuter. Je demande du concret.

      De toute façon, cette question est secondaire, la question principale est que Mallet est d’olbligé d’emprunter, fut-ce chez le diable et que cela prouve que Mallet ne peut pas créer d’argent.

      Les banques commerciales « achètent » leur monnaie à la banque centrale en lui remetttant des créances. Elles ne créent aucune monnaie.

      La banque centrale ne crée pas d’argent en créant des billets puisqu’elle détruit la valeur correspondante sur le compte des banques commerciales qui les lui demandent. Les banques commerciales achètent leurs billets aussi.

      JPV

  60. Donc tant que les réserves sont ok, la machine crédit peut marcher à plein régime.
    La seule chose qui l’arrête et nous l’avons vu en 2008, c’est si les banques entre elles ne se font plus confiance, estimant que les actifs qu’elles offrent en contrepartie peuvent être l’objet de pertes, d’où intervention des banques centrales qui se sont mises là à prêter à la place des banques (interbancaire en panne) le temps qu’il a fallu pour que le marché retrouve sa liquidité.
    De plus je vous ajoute qu’à la compensation la banque A qui doit mettons 500 à banque B, peut très bien prendre un crédit chez la banque C pour 500 euros pour régler B. Tout cela reste une écriture qui ne coûte à la banque A que les intérêts si par la suite C lui doit aussi en compensation 500 euros.

    Tant que la monnaie reste monnaie bancaire, et tant qu’il n’y a pas de pertes, c’est le meilleur des mondes possibles pour les banquiers, l’univers de la création est infini tant que la réalité des emprunteurs ne s’écartent pas de la réalité économique….

  61. Considérez donc le système bancaire comme un grand ensemble où les crédits des uns font vraiment les dépôts des autres. Là vous l’avez votre partie double. Le chiffre d’affaire ne dépend que du volume de crédit qu’il veut bien faire à partir de ses ressources (réserves) et de ses dépenses (billets) : le chiffre d’affaire (si on ne considère bien sûr que cette activité là de la banque) c’est les intérêts de la création monétaire.

    D’ailleurs une chose m’a toujours choqué, c’est que le chiffre d’affaire, c’est à dire les intérêts des crédits de l’année pas encore payés par les clients font le résultat, alors que si on était orthodoxe, on calculerait le résultat année par année de crédit et non pas sur la production de l’année.

    1. Erreur, monsieur: les ressources des banques ne sont pas leurs réserves mais 1) les dépôts à vue et à terme; 2) les obligations; 3) les autres emprunts.

      Les bénéfices ne sont pas les intérêts de la création monétaire mais la différence entre les taux des ressources et le taux, plus élevé, des emplois

  62. @voyer

    Si vous cessiez d’isoler Mallet par rapport à Neuflitz, Rimbau, Parlaw ect…. enfin toutes les banques, vous comprendriez. C’est le système bancaire comme il est fait qu’il vous faut considérer dans son ensemble.
    Il y a une grande différence entre le commerce de la monnaie et le commerce de biens.
    Les biens d’une simple écriture vous ne pouvez les créer à part dans le virtuel.
    La monnaie d’une écriture vous pouvez la créer si vous avez les réserves nécessaires qui vous y autorise, et la création de Mallet vous allez la retrouver dans le dépôt de Rimbau : le système se prête à lui même.
    Il tourne en vase clos sauf pour le cash considérez donc l’ensemble et non un maillon.

    La banque centrale n’intervient pas dans ce schéma, elle n’intervient que si les banques veulent du Cash, elle vend le cash au banque, c’est tout. C’est uniquement pour avoir du Cash, la partie la moins importante de la monnaie en circulation que les banques se tournent vers la banque centrale.

    Monsieur Voyer, s’il n’y avait aucune création monétaire par le crédit des banques, nous n’aurions jamais eu une seule bulle immobilière, car qui avait les sommes disponibles pour alimenter cette machine infernale d’où selon vous serez sorti ces milliards tout neufs qui n’existaient pas ?
    C’est bien parce que c’est du ex nihilo que les prix sont passé en France de 100 000 euros en 1998 à 300 000 euros en 2007.

    Considérez donc le système dans son ensemble au lieu d’isoler un de ses participants comme Mallet,
    le système dans son ensemble a mis en circulation dans la machine bancaire 200 000 euros de plus en même pas dix ans gagé sur le même bien x par x cas comme ça et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui 15000 euros cela n’a pas la même valeur que 100 000 francs, il y a dix ans 100 000 francs c’était encore une belle somme, peut on en dire autant de 15 000 euros ?

    Il y a dix ans avec 200 000 francs vous aviez un studio ou un appartement selon les villes, cherchez maintenant

    1. Monsieur, la banque centrale est la banque de toutes les banques; et les banques font comme tout le monde, elle mettent leur argent à la banque c’est à dire ici: à la banque de France. Il s’ensuit que tout l’argent de la France se trouve à la banque de France hormis les billets. La banque de France intervient dans chaque opération des banques comme votre banque intervient dans chacune de vos opération monétaires.

      Erreur: ce n’est pas les réserves qui permettent de financer les prêts, mais le ressources, c’est à dire les emprunts de la banque. Regardez vous-même comment ça marche.

      Vous le dites vous-mêmes: « le système se prête à lui-même ». C’est bien la preuve, puisqu’il se prête, qu’il n’y a pas de création de monnaie. C’est la même monnaie qui tourne, de main en main, de banque en banque comme je l’ai démontré pour le cas de Mallet. Le cas est le même pour toutes les autres banques. Selon sa vitesse de rotation, une pièce de monnaie pourra permettre de faire 10, 20, 100 , 1000 paeiment par semaine.

  63. Ce que j’entends par se prêter à lui même, c’est qu’il créait lui même la monnaie dont il a besoin à partir de reconnaissance de dettes. Un autre exemple : les banques achètent des bons d’états : elle monétisent la dette publique en agissant ainsi puisqu’elles transforment des déficits en monnaie que l’état va pouvoir distribuer

    Les réserves et les ressources vont de pairs, les réserves c’est vis à vis des clients, les ressources vis à vis des fonds propres.

    Si les banques ne prêtaient que l’épargne comme vous avez l’air de le dire moyennant une vitesse xxxxxxde rotation,
    il n’y aurait pas assez d’argent dans le système et nous n’aurions jamais vu de bulles.
    Et La banque centrale n’intervient pas.

  64. Maurice Allais : « Dans son essence la création de monnaie ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique… à la création de monnaie par des faux monnayeurs. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents ».

    Je crois que l’abstrait n’est pas votre fort, Monsieur Voyer, une banque n’est pas une entreprise comme une autre.
    lisez donc Maurice Allais, mais peut être pour vous lui aussi c’est du charabia.

  65. La monnaie crée se concrétise par une inscription au compte du client emprunteur qui figure au passif du bilan bancaire ; la contrepartie est inscrite à l’actif à un poste créance sur le client. Le remboursement du crédit aboutira, de façon sysmétrique, à une destruction de monnaie en diminuant à la fois l’actif et le passif du bilan bancaire. La masse monétaire, constituée essentiellement par la monnaie scripturale, s’accroit lorsque les flux de remboursements sont inférieurs aux flux de crédits nouveaux Les banques commerciales collectent également de l’épargne ; la part des crédits financés sur épargne ne participe pas, par définition, à la création de monnaie. »

    Vous qui êtes comptable donnez moi donc un exemple d’entreprise où je peux passer ce type d’écriture :
    créditer pour faire simple la classe 7 du même montant que je débite la classe 6 et avoir un bénéfice à la clef de l’opération ?

    Cessez donc de considérer la banque comme une entreprise comme les autres.

    Et au lieu de traiter de charabia ce que j’écris argumentez donc expliquez moi pourquoi s’il n’y a pas de création monétaire comme vous le dites on ne fait plus avec 100 euros ce qu’on faisait avec 500 francs…Pour que le pouvoir d’achat de la monnaie diminue, il n’y a qu’une solution la dilution du pouvoir d’achat de celle ci dans la masse de création de monnaie. Plus vous mettez de monnaie en circulation, moins celle ci a de la valeur.

  66. @liervol

    Mais bien sûr que la Banque centrale intervient. Puisque tout se tient. La dette publique et la dette privée. C’est du reste la raison pour laquelle la question de la dette souveraine des états est dorénavant sur le devant de la scène. Et bien sûr que les bulles apparaissent, sans nul besoin que les banquiers créent de l’argent ex ex ex, puisque la dette est en vérité une hypothèque sur l’avenir. L’avenir de qui ? me direz-vous. Et bien le mien, le vôtre, celui de nos enfants et de nos petits-enfants. Autrement dit, de tous ceux qui demain peut-être crèveront de faim et payeront d’une vie de misère votre soi-disant argent nihilo. Autrement dit encore : l’injustice est l’antithèse de la métaphore comptable, Maurice Allais or not Maurice Allais.
    Mais réfléchissez, bon sang ! Que Paul Jorion & Jean-Pierre Voyer n’aient pas toujours l’impression de se décarcasser les neurones pour rien.

  67. Martine, c’est justement à cause de ce privilège de créer ex nihilo (à partir de rien) des crédits, c’est à dire des sommes à rembourser sans fondement avec la réalité des peuples que ce système bancaire est condamnable.
    Je reprends l’exemple de l’immobilier, les banques ont permis que les prix grimpent pour deux raisons:
    premièrement : elle pouvait créer la dette à rembourser ex nihilo, c’est à dire créer 300 000 euros de dette à rembourser sur un appartement qui dix ans auparavant en valait 100 000 euros.
    deuxièmement pour rendre l’emprunteur solvable vis à vis de ce montant, c’est à dire lui donner 25 ou même 40 ans selon les pays pour payer sa dette moyennant intérêt.
    L’allongement de la durée des prêts n’a été fait que pour rendre l’emprunteur solvable selon les critères des 33%
    De plus comme les banques créaient seulement le principal et pas les intérêts, pour trouver les intérêts le système monétaire doit être constamment en expansion, en croissance appelez cela comme vous voulez.

    Quand à la dette des états, sachez qu’aujourd’hui les Etats ne sont ni plus ni moins qu’une Sarl, ils ont abandonné tout pouvoir, et quand au principal actionnaire des états, le contribuable il n’a même pas le droit de vote.
    Regardez ce qui s’est passé avec le NON au référendum, et les accords de Lisbonne qui ont suivi.
    Les états vis à vis du système monétaire, c’est comme vous et moi, sauf en cas de problème comme en 2008, là comme par hasard, ils redeviennent une puissance, mais une puissance seulement pour socialiser les pertes.

    La banque centrale n’est qu’un arbitre des banques et un vendeur de billet, d’ailleurs la banque centrale est un organisme privé.

    Ce que vous appelez dette publique, c’est la dette de la Sarl France et si la dette des états est sur le devant de la scène c’est parce que la SARL France entre autre a besoin qu’on lui créait du crédit c’est à dire soit qu’on monétise sa dette, ce qui revient à injecter encore et encore de la monnaie dans un système où il n’y a pas assez de croissance pour la temporiser soit qu’on trouve des acheteurs autre que les banques c’est à dire des épargnants et ceux là vu la quantité de dettes à acheter au niveau mondial on n’est pas sûr de les trouver : d’où la hantise de la montée des taux. Hantise de la montée des taux qui serait une mauvaise nouvelle pour les banques qui ont comme actifs des bons d’états. N’oubliez pas la Sarl France ne peut pas demander de monnaie à la banque centrale, c’est interdit, elle ne peut demander qu’à une banque d’acheter sa dette, c’est à dire un crédit ou bien aux épargnants.

    1. Non, l’état Français ne peut être considéré comme une SARL. C’est ce que veut nous faire croire la doctrine néo-libéralo-capitalo-bankster. Avec succès jusqu’à maintenant.
      Le peuple Français est souverain, il ne fait que déléguer son pouvoir à l’état et à son gouvernement.( parfois, il change son cheval borgne pour un aveugle démocratiquement élu ).

      Pour la valeur de votre appartement, la transaction par échange de bien ou de monnaie, ne vaut que par
      l’accord sur la valeur entre les 2 parties à l’instant même de la transaction. Vouloir projeter ce montant « valeur pérennisé » dans un avenir proche ou lointain, c’est comme vouloir jouer à la roulette russe avec un pistolet.

      Un conseil, peuple Français, n’attachez aucune valeur future à votre monnaie ou à vos biens, profitez en pour ce qu’ils vous apportent à l’instant même. Le but ultime de la vie étant….. pourquoi vouloir jouer avec un pistolet.

  68. Je suis d’accord avec vous sur le fait qu’il ne peut être considérer comme une Sarl mais c’est malheureusement ce qu’il est devenu et ce qu’il faudrait changer. On nous a vendu l’indépendance des banques centrales comme garantes de l’inflation sauf bien entendu sur les actifs là l’inflation pour eux n’existait pas, elle était même bien venu puisqu’elle faisait s’enrichir ceux qui en détenait. Et on a fait porter sur les salaires le contrepoids à la création monétaire qui alimentait les actifs à la hausse.

  69. Simple sans tête bizarre, votre argumentaire est bien instruit, du couler dans le moule…………..vous oubliez que le choix est pouvoir, que la liberté n’est pas sans le prix de la contrainte.
    Le consom-acteur a toujours le choix de sortir du moule de la mondialisation forcenée et enjouée.
    Pour le crocodile et la maroquinerie, deux espèces en voie de disparation. Pour Coluche, pensée et aide à ses Restos qui ne devait être que temporaire, c’était du recyclage écologique avant l’heure.

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