146 réflexions sur « Ce soir (ou jamais !), France 3, jeudi 4 février à 23h10 »

  1. en bref le ministre parle de l’offre (nouveaux métiers, portables , iPhones…..) mais jamais de la demande ! là il est plus que vulnérable, voire malhonnète

  2. @ Jean-Louis

    « s’agissant généralement de Personnes intelligentes voire douées  »
    Il y a aussi des personnes très intelligentes qui se font sauter…

    Disons des libertariens qu’il y en a à des degrés divers:
    – Il y a le « gourou », en général un exalté complètement embrigadé dans son truc (avec vocabulaire stéréotypé, réflexes quasi pavloviens…). Pour lui c’est une Religion. Inutile de discuter avec lui… autant essayer de convaincre un extremiste religieux.

    – On trouve en France une variante de ce premier type qui se présente volontiers comme « centriste », ce qu’elle fut d’ailleurs, et qui a en mémoire la lutte nécessaire que le libéralisme politique doit mener contre les systèmes politiques totalitaires (nazisme, communisme stalinien, fascisme). Malheureusement cette tradition n’a pas compris que le monde avait changé et que le libéralisme politique devait désormais lutter contre le fascisme financier qui le met tout autant en péril (comme il met en péril les aspects nobles qu’il peut y avoir dans le libéralisme économique). Ils sont souvent atlantistes. Ils ne sont pas des chercheurs à proprement parler, mais plutôt des idéologues professionnels, des combattants intellectuels. Ayant en tête le contexte de la guerre froide, ils n’hésitent pas à utiliser des méthodes de guerre idéologique issues de la guerre froide (mais paradoxalement en toute « bonne foi ».
    Je ne crois pas qu’il soit encore possible pour la plupart d’entre-eux de réviser leurs positions.
    C’est une question de continuité du moi, de « fidèlité à soi-même » (qui a pris le pas sur la recherche de la vérité): changer d’avis serait se renier.

    – Il y a celui qui pense qu’il faut soutenir ces thèses pour appartenir à une élite (la combo Entrepreneur/ UMP/ Capital/). Il faut que « les autres » sachent qu’il fait partie du groupe (typiquement l’homme d’affaire parisien): il s’achète de la reconnaissance sociale (liée à ce qu’il estime pour lui être une « vie réussie »).

    – Il y a celui qui soutient ce point de vue parce-que c’est celui qu’on soutient dans la famille politique à laquelle sa famille est liée depuis des générations.

    – Il y a celui qui a fait des études d’économie et qui est sincèrement convaincu de la validité du modèle, mais qui pourrait penser autrement si il avait l’occasion de comparer différentes manière de poser la question économique dans son cursus (anthropologique/guerrière/philosophique/sociologique/managériale…)

    – Il y a ceux qui considèrent que la vie est une jungle, et que quel que soit le système en place le but est d’obtenir la meilleur place dans ce système. Ils n’ont donc aucune affiliation idéologique particulière, mais une fois leur place sécurisée ils font ce qu’il y a à faire et tiennent le discours qu’il convient de tenir pour maximiser leurs chances de maintenir leur place au sein du système.

    Bien sûr on peut trouver un mélange de tout ça:
    Mais globalement il y a donc 3 types motivation: « identitaire », « scientifique » (ceux là sont de bonne fois mais sont dépendants des égarements de la science économique), et « opportuniste ».
    A part les « gourous », tous les autres peuvent être amenés à réviser leurs positions. Je dis bien « réviser leurs positions », les « remettre en question » et pas nécessairement adopter celles qui sont soutenues ici par exemple. Mais ca implique de s’adresser différemment à ces gens, d’utiliser des méthodes de monstration différentes à chaque fois (il est évident qu’on ne convainc pas de la même manière l’opportuniste et le chercheur).

    Sur le plan intellectuel c’est différent:
    les « néo-libéraux » n’existent pas, pas plus que les « ultra-libéraux », sont ne sont plus d’ailleurs des « libéraux » du tout. C’est une étiquette qui sert souvent à stigmatiser l’ennemi politique.
    Mais pour faire simple il y a:
    – les libertariens minarchistes/anarchistes
    – les libertariens qui s’appuient sur des principes moraux/ les libertariens conséquentialistes qui s’appuient sur la welfare economics (les plus répandus en Europe).

    Dans les faits ceci peut faire de grosses différences, par exemple en matière de théorie pénale, de droit à l’immigration ou de théorie des droits de propriété.

    Ceci pour le courant libertarien, il y aurait autant de variantes entre le libéralisme « à la française », « écossais », « anglais »…

    Je terminerai par une remarque: on « découpe » ainsi le champ disciplinaire en catégories.
    Mais procéder ainsi, c’est déjà accepter des façons d’opérer ce découpage qui nous ont été laissées par la tradition, ce qui implique de rester fixer à la façon dont certains de nos prédecesseurs ont posé les problèmes avant nous. Ceci empêche d’innover ou d’imaginer des manières différentes d’aborder les problèmes et donc bride la créativité institutionnelle.

    Ce qui est efficace dans le combat politique (structuration du champ politique à laquelle tous les partis implantés ont un intérêt, structuration qui est une ressource puisqu’elle légitime leur existence) est délétère pour la réflexion et l’analyse
    Par exemple, si on retient le critère « droite/gauche », et l’idée implicite qui l’accompagne de « symétrie autour d’un axe central », on perd toute la richesse de l’investigation philosophique, qui distingue par exemple sur le plan des principes au moins 8 manières différentes d’aborder la question de l’égalité équitable des chances, qui ne sauraient être ordonnées autour d’un « un axe de symétrie », et qui se distinguent les unes des autres par des aspects qui ne sont pas jugés pertinents du point de vue des partis en place, leur façon de poser les problèmes et de découper le réel étant liée à leur histoire institutionnelle et non au travail de la recherche – et ici il faudrait distinguer philosophie et sciences sociales mais inutile de compliquer pour rien).

  3. Paul et Frédéric Taddeï savent écouter, mais les autres sur le plateau n’entendaient qu’à travers leur propre « filtre », d’où la cacophonie.

    Il y a un art de l’écoute. Pour être vraiment capable d’écouter, on doit abandonner tout préjugé, toute idée préconçue et toute activité quotidienne. Quand vous êtes dans un état d’esprit réceptif, les choses se comprennent aisément ; vous écoutez quand vous êtes réellement attentif à quelque chose. Mais malheureusement, la plupart d’entre nous écoutent à travers l’écran de leur résistance. Nous avons l’écran de nos préjugés religieux ou spirituels, psychologiques ou scientifiques, ou celui de nos soucis quotidiens, de nos désirs ou de nos peurs. Et c’est à travers cet écran que nous écoutons. Nous écoutons donc réellement nos propres bruits, nos propres sons, et non ce qui est dit. Il est extrêmement difficile de laisser de côté notre éducation, nos préjugés, nos inclinations, nos résistances et d’écouter par delà l’expression verbale de façon à comprendre dans l’instant même.

    Jiddu Krishnamurti, The First and Last Freedom, p.19, 1964, London

  4. En me relisant je me rends compte que j’y vais un peu fort sur « l’inexistence » du néo-libéralisme.

    En même temps je ne sais pas vraiment expliquer ce qui me gêne dans l’appellation: le fait qu’elle masque la diversité des principe derrière une unité de projets? le fait qu’elle montre en l’effaçant la distinction libéralisme/néo-libéralisme (faisant croire à une continuité là ou il n’y en a pas forcément)? le fait qu’elle rend floue la distinction conceptuelle « capitalisme »/ » libéralisme »?
    Malgré tout j’ai l’impression que c’est tout autre chose…

  5. Bonsoir,

    Malheureusement Woerth est sorti OK du débat, il a géré avec sa capacité oratoire et comme il n’était pas tout à fait seul sur le plateau dans la croyance que la situation est controlable il fût crédible.

    C’est en l’interpellant comme Closet, en insistant sur les réponses aux questions, prendre à témoin les telespectateurs jusqu’à en être impolis que ces gens là sont déstabilisables devant les caméras. Tenir une façade, mener la majorité de l’auditoire, c’est ça leur objectif, le débat d’idée c’est pas devant les pequenots de citoyen.

    C’est vraiment dommage que cette intelligence politique soit aussi veulle, prête surtout à l’esquive mais jamais à un débat sincére et ouvert devant les citoyens … ils nous prennent certainement pour des cons même à une heure si tardive où la majorité dort.

    Cordialement

  6. Paul,
    Merci pour votre brève prestation, toujours très précise.
    J’ai beaucoup aimé l’extrait du film en introduction avec Fernandel en conseiller du Roi. Impayable !
    Faites nous le plaisir de rester sérieux : votre qualité d’écriture pour décrire la situation présente doit vous amener à envisager la conception d’un tel scénario, faites nous rire !
    Le peuple a besoin de comprendre vos savants propos et ceux de François Leclerc par une approche à l’humour ravageur : cela paye souvent plus que des analyses destinées aux méritants de l’intellect !
    Songez-y durant vos périodes de tranquilité…

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