France : Régionales 1er tour

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

23h13. Les résultats ne sont encore que provisoires mais la victoire des abstentionnistes avec 53 % du scrutin s’annonce d’ores et déjà écrasante !

Ne représentant respectivement que 14,10 % et 12,55 % de l’électorat, le PS et l’UMP arrivent loin derrière.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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237 réflexions sur « France : Régionales 1er tour »

    1. Amicalement vôte a dit: « Ils ont ferré* déja avant…

      * Donner une secousse à la ligne pour faire pénétrer l’hameçon dans les chairs du poisson.
      (définition Le Larousse)

  1. Justement on cherchait partout les vrais résultats, merci!
    Une illustration vaut parfois tous les commentaires du monde.
    ps: peut-on diffuser votre graphique sans violer quelque droit d’auteur?

    1. Et encore, ce graphique est base sur les electeurs inscrits… Avec une hypothese de 80% d’inscrits sur les listes electorales (par rapport a la population en age de voter), on se retrouve avec le chiffre extraordinaire de 66% de NON VOTANTS….

      Democratie non representative?

    2. Vous pouvez toujours tout reecrire, on ne peut se lamenter sur le declin democratique, tout a fait relatif et je m’en explique apres, et travestir les resultats. Les absents ont toujours tord.

      De plus, les francais savent bien ou est l’enjeu, la presidentielle, les legislatives et a un autre niveau les municipales. Et la on retrouve les taux d’abstentions classiques.

      Ces resultats me confortent sur le fait qu’il faille supprimer deux etages du mille feuille administratif francais.

      1) regrouper les communes en entites dotees de budgets leur permettant d’agir sur le reel.

      2)Des regions nouvelles formules dotees des pouvoirs et des budgets des region actuelles + ceux des departements.

    3. Assez d’accord avec astrorock.

      Un étage en moins en laisserait encore trop.
      Il y a trop de scrutins, les gens ne savent même plus quoi ils votent (ou ne votent pas).

    4. @Astrorock :

      Soyez satisfait , c’est ce qui commence à se tramer depuis une quinzaine d’années . Mais comme on se méfie des tribus gauloises , ça s’opère lentement . Vous êtes en phase avec la réforme des collectivités locales avancée par le gouvernement en place qui ne fait que reprendre une tendance lourde ( et l’angoisse des préfets de départements) à l’oeuvre depuis …le rapport Guichard .

      Le hic c’est que le pouvoir national ne veut ( et ne peut) pas se laisser faire de l’ombre par les régions . Il a pour ça l’arme atomique : les dotations financières et une liberté fiscale plus que riquiqui des régions . Ce qui lui donne au passage la faculté de tourner en dérision et en apôtres du gaspillage lesdites régions qui n’ont pourtant pas d’autres issues pour gagner les moyens de leurs compétences . L’autre dilemme pour l’Etat est de savoir à quoi il sert ,coincé entre les régions , qui sont le bon niveau d’efficience économique en symbiose avec les grandes métropoles , et l’Europe .

      A priori ce devrait être de porter et défendre ce qui est  » l’identité nationale  » . Dès lors les prochaines présidentielles n’auront de sens que si l’enjeu est d’y définir « la voix de la France » dans l’Europe ( qui a peut être le même challenge ) ,dans le monde et dans le grand combat entre marché et démocratie . On est bien loin des baratins de responsables de gondoles de supermarché de la dernière élection . Pas sur cependant que la conscience politique d’une majorité d’appelés aux urnes soit au rendez vous . Pas sur non plus que ce soit avec un seul « mot d’ordre » aussi « simple »et accessible que « interdiction des paris sur les fluctuations de prix  » , que l’on éclaire les enjeux et la solution proposée .

      PS : pour moi , à terme relativement proche ( 20 ans ) les petites communes , regroupées en communauté seront des agences (utiles) des grandes métropoles avec possibiltés d’échapper au « monopole » via la région ( si elle n’est pas de même bord politique ) . Les conseils généraux , de la même façon seront des agences ( utiles) de la région avec possibilité d’échapper au monopole via la « métropole » départementale ( si elle n’est pas du même bord que la région ). C’est la contrainte de la ressource bdgétaire qui y pousse .

    5. @ Astrorock

      il est vrai qu’il est plus facile de gérer un grand bétail que d’affronter au quotidien ces concitoyens.

      les communes ( malgré tous leurs défauts ) étaient l’échelon vrai de proximité entre les couillons de citoyens et leurs « représentants »

      les départements sont une construction de la révolution française dans la volonté de détruire les anciennes féodalités.

      la disparition programmées des communes éloigne encore plus les élus des électeurs.

      mais depuis le référendum de 2005 ou le revote de l’Irlande nous avons bien compris que la démocratie représentative était morte !

      l’objectif de tout cela est la volonté d’éloigner les citoens des centres de décisions , et ceci vaut aussi bien pour l’économie que pour la politique : les centres de décisions s’éloignent physiquement et nous restons sans voix !

      La dictature c’est ferme ta gueule, la démocratie c’est cause toujours : nous y voilà !

  2. Une bonne image vaut mille mots, un bon graphique aussi, merci de cet éclairage abasourdissant !
    Pendant ce temps, les médias traditionnels censés nous informer le plus objectivement possible zappent totalement de leurs graphiques la part abstentionniste ! Voyez par ex. sur le site du Monde http://www.lemonde.fr/ ou sur celui de Libération http://www.liberation.fr/elections-regionales-2010-resultats.html.
    La différence de présentation change totalement la perspective et l’image que l’on peut se faire des résultats !

  3. Amusante mais néanmoins réaliste façon de présenter les choses 🙂
    Je me demande bien quelles raisons les politiciens et politologues et autres analystes vont invoquer pour essayer de justifier un tel désintérêt de la vie politique de la part des citoyens.

  4. et s’engager auprès de ces gens là, n’est ce pas leur servir de caution alors même qu’ils sont complètement decrédibilisés ?

  5. Bonsoir Mr Jorion,

    Excellente représentation graphique des résultats électoraux relativisant le succès ou l’infortune des uns et des autres.
    Il conviendrait de mettre en ligne un graphique similaire concernant la victoire  »éclatante » de l’UMP lors des élections européennes avec un taux d’abstention similaire si mes souvenirs sont exacts.

    En tout cas la démocratie est bien malade.

  6. Merci.

    Depuis le temps que j’attend une présentation des résultats de cette maniére, qui est beaucoup plus représentative de la réalité des faits que celle utilisée habituellement par les media, ça fait plaisir.

    Cela dit (et je le pense) les absents ont toujours tort, et le monde appartient à ceux qui se lèvent.

    Quelle leçon tirer de cette abstention record, ci ce n’est:

    La défiance des gens à l’égard du politique, qu’ils ne considerent plus comme étant pour eux un pouvoir qui les serve.
    La méconnaissance du fonctionnement des institutions, en particulier à un niveau intermédiaire et nouveau dans ses attributions comme ces le cas de la région.

    Il serait dangereux, pour quelque formation politique que ce soit, de tirer des conclusions sur les rapport de force en présence.

    Le fait que l’habitant lambda de la France ne vote pas représente une alerte sur les dangers potentiels en cas de crise majeur: la moitier des français n’aura surement pas trés envie de se battre pour sauver le système.

    Attention!

    1. @ Jérémie Martin

      …et si, « en cas de crise majeure », c’était justement cette majorité d’abstentionnistes qui se levait?
      S’il s’agissait là de gens qui croient encore à la politique, la vraie, et non pas ces moutons qu’on nous dit, qui seraient prêts à se faire tondre par le premier dictateur venu (air connu)?
      Vous dites que le monde appartient à ceux qui se lèvent, et en regardant le graphique, je les trouvent bien debouts moi, ces abstentionnistes.
      La démocratie n’a rien à craindre de voir une majorité de gens ne pas répondre à une question mal posée. Cela ne veut pas dire qu’ils ne répondront pas le jour où la question sera la bonne.

    2. « La démocratie n’a rien à craindre de voir une majorité de gens ne pas répondre à une question mal posée. Cela ne veut pas dire qu’ils ne répondront pas le jour où la question sera la bonne. »

      Bien evidement, il suffit de voir la participation aux debats et dans les urnes lors de la mere de toutes les batailles, la presidentielle.

    3. Astrorock,

      Qu’est-ce qui vous fait croire que l’élection présidentielle pose une meilleure question?
      Qu’est-ce qui vous fait croire que de choisir l’acteur d’un rôle écrit d’avance vaille un débat ou un déplacement aux urnes?
      On parlait de crise majeure. Et de bonne question.

      « La présidentielle, mère de toutes les batailles » …n’écoutez pas toujours ce que racontent les journaux Astrorock. La politique n’est pas une série télé.

    4. Astrorock, je ne serais pas si optimiste que vous sur l’engouement pour les élections présidentielles. Les débats? à gauche, oui, un peu avec le modem, mais à part ça, la dernière élection a été « hystérisée ». J’étais à l’un des derniers meeting de Royal. j’ai compris que la politique y était morte. Des jeunes, à peine en age de voter, étaient venus voir une star, une people. On se serait cru à un concert.

    5. Certes, mais un meeting c’est un rassemblement de gens d’accord entre eux qui viennent pour se rassurer.

      Oui, segolene royal est un sarkozy de gauche et vice versa, mais c’est trop simple de les reduire a cela, ils prosperent juste sur un systeme mediatique corrompu, au sens originel du terme, qui donne a voir mais n’explique plus la complexite du monde.

      On est surement dans un moment historique faible du debat politique, ce n’est ni le premier et ce ne seras pas le dernier, attention a ne pas jeter le bebe democratique avec l’eau du bain mediatique.

    6. @ Astrorock

      Pouvons-nous ici, sur ce site qui cherche des solutions pour un monde meilleur, nous focaliser sur les uniques elections comme fondement de la democratie ?

    7. Et vous proposez quelle alternative?

      La dictature au sens romain du terme?

      Certains ecologistes, devant l’urgence autoproclamee, sont pret a jeter la democratie et le vote populaire avec l’eau du bain.

      Je sens poindre cette tentation a la lecture des interventions que je lis depuis ce matin sur le sujet des elections regionales.

      Je sens aussi une morgue qui me deplais souverainement, sous entendu, entre happy few du blog, nous on sais, donc nous sommes plus legitime que d’autres.

      Peut etre suis je excessif, naif, mais je reste convaincu de la necessite du vote populaire.

    8. J’ai entendu ce matin à la radio une dame dont je ne me rappelle pas le nom mais qui a écrit un bouquin sur la sujet parler de « la naissance d’une démocratie de l’abstention ».
      Les sois disant experts peuvent vraiment dire n’importe quoi pour inventer de nouveaux concepts..

  7. J’ai expliqué dans un post précédent ‘pourquoi je n’irais pas voté demain’ :
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=9070#comment-64554

    Et je ne crie pas victoire. Je suis même désespéré. Désespéré par l’absence totale de réflexion des politiques sur les médias ce soir (qui évidemment, encouragent leurs ‘vices’ plutôt que leurs vertus). Nada. Wallou. Nothing. En dehors de quelques personnalités qui ont tiré un enseignement de ce fait majeur, toutes se sont laissées aller au petit jeu minable du ‘ma victoire est mienne et c’est pas la tienne’ ou au ‘ceci n’est pas un désavoeu de l’action gouvernementale car il y a l’abstention (!!)’.
    Aucune pudeur. Aucune retenu. Très peu de pensées quant aux abstentionnistes et aux raisons qui ont pu les pousser à ne pas voter. Sinon pour dire pour les uns que ce pourrait être un ‘réservoir’ de voix potentiel pour le second tout (perso, si j’étais abstentionniste de droite, je le prendrais menveugra de faire traiter de ‘réservoir’ !) et pour les autres passé par pertes et profits de la ‘victoire’ inespérée ainsi obtenue (genre, ‘on va pas se gâcher l’occasion avec les deux-trois abstentionnistes, vu que c’est pas la fête du slip tous les jours pour nous’).
    Exceptions (pas tout vu mais vu celles-là, qui ‘honorent’ ceux qui les ont exprimé) :
    – Mélenchon, qui a carrément parlé « d’insurrection civique ». J’avoue qu’il m’a impressionné dans son analyse …
    – Bayrou, qui a parlé de côte d’alerte atteinte pour la démocratie. J’avoue que cela m’a beaucoup moins impressionné, tant le personnage est à la ramasse politiquement et qu’il n’en tire aucun enseignement (si ce n’est ‘que la côte d’alerte est atteinte’ …).

    Les autres ? Trop occupé déjà à tirer les enseignements de leur ‘victoire’ ou de leur ‘absence de défaite’. Il est significatif que ceux qui se sont exprimé clairement sur l’abstention ne font pas parti du ‘sérail’ des partis politiques ‘dominants’, à savoir qui peuvent occuper le pouvoir ou y participer. Même le FN (ce qui devrait nous permettre, à nous et aux électeurs abstentionnistes tentés de voter pour le FN au second tour, d’en tirer les leçons qui s’imposent), qui un temps, titra sur l’abstention record (remember les élections européennes de l’année dernière), ne le fait plus : trop occupé à …
    Enfin, last but not least, si bon nombre de médias titrent sur ce fait majeur, aucuns n’en tirent … quoique ce soit en guise de conclusions. Certains médias vont même jusqu’à dire ‘y eu pire’, en utilisant des comparatifs merdoyants (excusez moi, mais suis un peu colère là) sur cette élection à deux tour et celle de 1998 … à un tour !! Phénoménal. Ne manquait plus que le comparatif avec les élections européennes de l’année dernière, seule véritable possibilité élective de comparer à son avantage l’élection présente, ce qui fut fait, comme de bien entendu. Sauf qu’évidemment comparer des élections européennes à des élections françaises, bientôt on finira par comparer les élections françaises d’avec les élections marocaines (excusez moi les marocains qui me lisent mais le taux d’abstention a chez vous de belles marges, avec de multiples raisons dont je ne suis pas loin de penser qu’elles sont sinon identiques du moins convergentes).

    Bref, tout cela est pitoyable. J’avais écris dans mon post d’hier que si l’abstention dépassait les 50% et que si le ‘sérail’ politique n’en tenant pas plus compte que comme ‘as usual’, j’aurais ma réponse sur le fait que ces hommes là cautionnent bien tout ceci et le système avec.
    Et qu’en conséquence, que la persuasion a du bon M. Jorion, mais surtout quand on a du temps devant soit. Et des élites à l’écoute.
    Sans vouloir choquer les familles, je pense que c’est seulement avec le temps et la patience que l’on peut permettre aux autistes d’acquérir les outils pour défendre la place qui leur revient de droit, juste pour pouvoir dire qu’ils n’ont pas à être intégrés puisqu’ils vivent parmi nous. Or, pour une bonne part apparemment, les hommes politiques français semblent être autistes. Et c’est là où je fais mes excuses auprès des familles d’autistes pour la comparaison : vous ne méritez pas ça. Car l’autisme est un trouble du comportement qui ne se guérit que très rarement. L’autisme politique en France est, lui, un trouble de l’entendement, à la fois auditif, visuel et cognitif. Et non seulement il ne semble pas en voie de guérison mais son état empire et se généralise.

    M. Jorion, je n’ai pas votre patience.
    J’en appelle donc mes compatriotes à leur foutre profond.
    Y en a marre : n’allez pas voter au second tour (mais réservez vous pour 2012, s’ils ont bien compris la leçon).
    Voilà, c’est fait et ça me fait chier.

    J’attends que le second tour passe. Et je réfléchis aux solutions.

    Ami, entends-tu
    Le vol noir des corbeaux
    Sur nos plaines?
    Ami, entends-tu
    Les cris sourds du pays
    Qu’on enchaîne?
    Ohé! partisans,
    Ouvriers et paysans,
    C’est l’alarme!
    Ce soir l’ennemi
    Connaîtra le prix du sang
    Et des larmes!

    Montez de la mine,
    Descendez des collines,
    Camarades!
    Sortez de la paille
    Les fusils, la mitraille,
    Les grenades…
    Ohé! les tueurs,
    A la balle et au couteau,
    Tuez vite!
    Ohé! saboteur,
    Attention à ton fardeau:
    Dynamite!

    C’est nous qui brisons
    Les barreaux des prisons
    Pour nos frères,
    La haine à nos trousses
    Et la faim qui nous pousse,
    La misère…
    Il y a des pays
    Ou les gens au creux de lits
    Font des rêves;
    Ici, nous, vois-tu,
    Nous on marche et nous on tue,
    Nous on crève.

    Ici chacun sait
    Ce qu’il veut, ce qui’il fait
    Quand il passe…
    Ami, si tu tombes
    Un ami sort de l’ombre
    A ta place.
    Demain du sang noir
    Séchera au grand soleil
    Sur les routes.
    Sifflez, compagnons,
    Dans la nuit la Liberté
    Nous écoute…

    1943

    PS : sommes-nous, amis abstentionnistes, ces ‘corbeaux noirs sur les plaines’ ? Devons-nous nous ‘suicider politiquement’ pour le mal que nous faisons et le bien que nous ne faisons pas ?

    1. c’est une nouvelle législation sur les élection qui manque de manière flagrante!
      53,5% d’abstention! et il n’y a pas de vote contestataire,noooon!!! Le P.S avec ses 30% représente le parti le plus plébiscité, et seulement 13,95% du total des électeurs inscrits sur les listes électorales!!! (sans parler des votes blancs qui sont comptabilisés comme votes exprimés et non comme abstentionnistes!!! qui expriment pourtant à leur manière qu’ils ne se reconnaissent pas dans les « aspirants-candidats » et autres « élus »…)
      A quand un quorum de 50% des citoyens en âge de voter pour valider des élections réellement représentatives, qui prendraient en compte les abstentions et les votes blancs comme autant de votes sanctions!
      Dans ce système on qualifierait comme impropres à représenter la Nation des candidats qui n’auraient sû attirer plus de 50% du nombre de citoyens en âge de voter: si on exprime aucun attachement aux idées qu’ils expriment et défendent, en quoi ces grands politiciens sont-ils légitimes?
      Pas pour demain, car dans ce cas les aspirants-candidats des dernières élections (Européennes comprises!) devraient se trouver un autre métier pour cause de récusation de représentativité (abstention supérieure à 50%), en gros les citoyens les déclarent inéligibles car non représentatifs!

    2. Que faut-il faire pour que nos dirigeants nous écoutent??? Comme le dit si bien Zébu, nos dirigeants sont des autistes mais nous que faisons nous (population) ??? Je pense que nous devons aussi nous remettre en question également sur notre état végétatif. Si les élus ne sont pas déranger dans leur train train quotidien, rien ne changera.

      Des propostions???

    3. @ Zébu

      Ils nous décrivaient au mieux comme des indifférents, au pire comme des inconscients. Le registre change : maintenant, l’abstention c’est la faute à « la crise ».

      Ton message montre que l’abstention touche aussi des gens qui ont une conscience politique. Je pense faire partie de ces gens-là. Et je pense que nous sommes nombreux à être aux antipodes de l’inconscience.

      Moi aussi ça me fait ch…

      Restons en éveil. Tout ça aura une suite, j’en suis convaincu.

      Amicalement

      Frédéric

    4. Il y a les abstentionnistes et aussi ceux qui ne sont pas inscrits, par négligence, par haine de la démocratie ou tout simplement parcequ’ils savent que l’électeur, quant il a voté, a transféré ses droits aux professionnels de la politique et a de ce fait abandonné le droit de s’exprimer, jusqu’ à la prochaine élection et pour les siècles à venir.
      L’électeur, ayant perdu tous ses droits, conserve néanmoins tous ses devoirs et se transforme en contribuable, non pour faire fonctionner les services publics mais pour redonner de l’argent, à la sueur de son front, à ceux qui lui ont déjà tout pris.
      Les mots travaillent aussi, que peuvent signifier aujourd’hui « citoyen » ou « démocratie » ?

    5. @ Niconingbo :
      J’en ai mais j’attends que le second tour passe. En tout cas, rien d’extraordinaire puisque pour réformer le système électif, il faudrait une révision constitutionnelle (intégration du vote blanc, etc.). Donc rien à attendre d’immédiat (l’UMP ne va pas couper l’arbre pourri sur lequel elle est assise).
      Attendons de voir les résultats du second tour et n’ayons aucuns ‘remords’ car sans autres possibilités.
      Cordialement.
      @ Frédéric :
      merci.

    6. Frère Zébu,

      Je n’irai pas par 4 chemins. Ton post est magnifique !!!! Tout y est. Conclure avec le Chant des partisans est une idée lumineuse. Depuis que je surfe sur internet, c’est à dire de très longues années, je n’ai jamais été autant en fusion avec un posteur. J’avais les larmes aux yeux à la fin.

      Moi aussi j’ai décidé depuis quelques années de grossir le rang des abstentionnistes. Certainement parce que plus qu’un grand nombre je suis attaché au respect de l’Homme. Voter est devenu paradoxellement une atteinte contre l’humanité. Horrible d’écrire cela.

      Les partisans de tout bord ne peuvent que partager ton point de vue et ta colère. Ces colères individuels devront un jour être canalisées afin, un jour, de pouvoir espérer faire sauter ce système tyrannique.

      Merci, merci, merci 1000 fois merci.
      Fraternellement,

      david

    7. @ Frère Grandghana :
      Merci mais je n’ai pas de réponses toute faites. J’espère aussi.
      « Ces colères individuels devront un jour être canalisées afin, un jour, de pouvoir espérer faire sauter ce système tyrannique.  » Nous n’en sommes pas encore là et loin s’en faut : sinon, nous ne serions pas en train de tapoter sur le clavier àl’heure qu’il est mais dans des cellules ou dans des stades.
      Mais ça fout les boules …

  8. Si les abstentionnistes ont obtenu une victoire, alors je suppose que c’est cela qu’on appelle une victoire à la Pyrrhus… Et le jour où le peuple ne votera plus du tout, je suppose que ce sera une victoire totale et éclatante…. Bref, on progresse…

    1. La démocratie française est morte il y a deux ans de cela au moins. L’acte de décès officiel est paru le 8 février 2008, au moment même où le Congrès a accepté de remettre en cause une décision populaire (Traité de Lisbonne). Les historiens pourront s’échiner à découvrir si cet acte de décès fut précédé de signes préalables, de symptômes, etc.

      Je me suis abstenu hier et ce sans le moindre scrupule. Quelques raisons que j’ai déjà évoqué ailleurs:

      1/ Une élection de ce type – dit « intermédiaire » – n’a pas, n’a jamais eu et n’aura jamais d’impact au niveau national. Prétendre que tel ou tel résultat pourrait faire vaciller le gouvernement en place est du même ordre que de vouloir changer le moteur de sa voiture quand on a une panne d’essence. Dans les deux cas, la solution préconisée ne répond tout simplement pas au problème posé. C’est pourtant l’analyse qui ressort pour quelques observateurs – quel que soit le scrutin d’ailleurs.

      2/ L’action des élus dans ces « subdivisions de l’État » se résume à celle du gérant d’une entreprise dont le propriétaire est un tiers. Ils procèdent à des arbitrages dans un cadre qu’il ne leur appartient pas de définir. Leur seul pouvoir est d’appliquer ce qui se décide au parlement et dans les cabinets ministériels.

      3/ La pauvreté du débat a été telle – on le dit presque à chaque fois, et pourtant la fois suivante semble toujours pire – que même avec toute la bonne volonté du monde, il est purement et simplement impossible de faire un choix honnête et en conscience.

  9. Victoire écrasante, certes…

    Reste à voir (façon de parler, c’est tout vu) les conclusions qui en seront tirées. Les médias parleront d’une victoire du PS et d’un léger recul de l’UMP. Si on leur offre leur pitance sur un plateau d’argent, ils ne vont pas s’en priver.
    14 x 2 = 28 % pour le PS.
    13 x 2 = 26 % pour l’UMP.
    53 x 0 = 0 % pour les abstentionnistes. Belle victoire.

    Imaginons un instant que ce soit, par exemple, le NPA qui ait obtenu ces 53%. Vous ne pensez pas que ça aurait un peu plus d’impact ?

    1. Candy,
      Je vous retrouve après nos échanges de tantôt, avant les résultats.

      Imaginons aussi un instant que ces 53% ne veuillent pas voter à l’extrême gauche, ni à l’extrême droite, mais « ailleurs ».
      Imaginons que ces 53% d' »ailleurs » aient plus d’impact (pour celui qui saura les lire correctement) qu’un vote dans les mêmes proportions pour l’un des partis en lice.
      Imaginons que la démocratie soit en train de fabriquer un autre modèle, que les anciens critères ont encore du mal à saisir.
      Imaginons que cela ne soit pas aussi grave que la saine colère de Zébu veut nous le dire.

      Imaginons que le soleil se lève dans quelques heures, et que les vingt-deux régions françaises soient toujours à leur place. Le clocher au milieu du village, et la niche sur le chien.

      Imaginons que dimanche prochain il y ait 90% d’abstention …ah, là, ça aurait un peu plus d’impact.

    2. L’histoire nous apprend qu’une victoire des marxistes léninistes est un défaite pour le peuple.

  10. « Il y a quelque chose qui est un peu désespérant, c’est qu’après un tel résultat, on considère que l’abstention c’est une case creuse. Non, ce n’est pas une case creuse, c’est une case d’insurrection civique de gens qui disent: +y’en a ras le bol+ et ça s’adresse à tout le monde », a déclaré le président du Parti de gauche, l’un des partis du Front de gauche aux côtés des communistes. »

    http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41938311@7-40,0.html

    1. En fait ce n’est pas vraiment le changement que je recherche d’abord sur une tribune et cela même le soir d’une élection ayant montré une forte abstention de plus, mais d’abord et avant tout le changement de l’autre en société, les excès n’entraînent que les excès, bien des gens de nos jours veulent souvent changer le monde et les choses à l’antenne, mais bien peu hélas incarnent déjà ce changement dans leur quotidien. Et oui Mr Mélenchon n’est pas du tout le seul à vouloir de nouveau se conduire comme ça le soir d’une élection, comme c’est grandement désespérant à voir aussi.

    2. Oui, c’est le seul et je trouve un peu désespérant que le ton général des commentaires soit de condamner en bloc au lieu d’encourager par le vote ceux qui veulent aller dans la bonne direction.
      Je vous invite à relire le texte de Paul : Le duc d’Aiguillon, le vicomte de Noailles, le vicomte de Beauharnais et le duc du Châtelet

  11. Cela n’a l’air de rien mais il m’étonnerait beaucoup que l’on puisse rencontrer un tel graphique dans la « grande » presse (les vrais censeurs, eux !) aux aurores.

    Mes Respects, Amiral !

    1. Il faut arreter avec le delire, personne n’oblige personne a lire cette presse que vous citer ou de regarder la television, l’information est tres diversifiee, on trouve presque tout sur tout, il faut juste faire l’effort de chercher.

      Et puis quand on vois les chiffres de vente de la presse, son influence reelle est minime.

    2. La « presse que je cite » est la plus diffusée sinon la plus lue. Son rôle devrait donc être logiquement de mettre en avant les évidences aussi énormes que celle qui ressort de ce graphique. Je constate donc. Surtout que, dans l’intervalle, j’ai eu le temps de poser mon groin sur la-dite presse, et me trouve confortée dans mon sentiment.
      Par ailleurs, il existe d’autres organes de presse exprimant des opinions plus diversifiées. Je constate comme vous « qu’il faut se donner la peine d’aller les chercher ». Pour moi, ça va, mais j’ai bien conscience qu’il y a des tas de gens qui n’ont pas le temps de tenir les murs dans les points presse. Il n’y a pas lieu de les mépriser pour autant, ils sont peut-être fatigués. C’est toujours un constat.
      Le mot « délire » employé à tort et à travers m’agace. En l’occurence, il n’a rien à voir avec la chose constatée. Le délire, c’est autre chose. Ce n’est même pas quand le Figaro aborde à peine le sujet de l’abstention. Là, ce n’est plus du délire, c’est de la cécité.
      Rompez !

  12. Afant nouz afions les moyens de fous vaire parler, maintenant nous avons les moyens de vous faire taire….
    « Coluche » avant son « putain de camion. » qui lui ne s’est pas abstenu de lui barrer la route.

  13. Le député Melenchon ayant ce soir droit de citer sur le blog, j’en profite pour saluer sa parole et son énergie pour trouver politiquement un chemin aux hommes de bonne volonté.
    Il est tout aussi « convaincant » ce soir que madame Lepages est « convaincue »….

    1. @ Pïerre

      Vous plaisantez j’espère,

      Pauvre Mr Mélenchon oui il y a bien aussi quelque chose d’un peu désespérant à voir dans sa conduite comme dans ses propos surtout après un tel résultat, on laisse même sous entendre que la plupart des gens qui se sont abstenus fonctionnent pareillement comme vous sur une tribune, si seulement l’abstention s’adressé bien à tout le monde, oui car si c’est principalement les autres qui ont pris une raclé hier soir cela nous permet alors d’avoir de nouveau le beau rôle aujourd’hui, sans doute pour mieux faire encore les malins à l’antenne oui quel grand changement de conduite, guère peu différent en fait de ce que nous avons si souvent l’habitude de voir ou d’entendre à travers ce genre de personnes, oui j’ai vraiment mal pour ce pays comme je comprends mieux maintenant à quoi je sers et nous servons tous sur ce blog.

      Oui c’est tellement plus beau et rassurant à voir.

  14. L’avez-vous remarqué? Sur Dailymotion, tous les commentaires relatifs à cette élection ont étés désactivés. Il nous est également impossible, grâce à un subtil filtrage, d’exprimer quoi que ce soit sur les espaces d’expression des quotidiens nationaux en ligne sur le net. Il est hors de question que les internautes participent au débat démocratique alors qu’il s’agit justement d’une élection démocratique.
    Par contre on a le droit de gober les discours creux des journalistes bien-pensants.
    Reste l’abstention…on ne va pas s’en priver.
    Encore plus fort! Certains médias expriment l’idée saugrenue de rendre le vote obligatoire… plus faux-cul et manipulateur…tu meurs.

    1. Contre le vote obligatoire ? Désolé mais je n’adhère pas… Je pense au contraire que si le vote était obligatoire, nous pourrions réellement voir le _ras le bol_ du peuple. Il faudrait ajouter à cela le décompte des votes blancs (sauf pour les élections présidentielles puisqu’un président élu à moins de 50% des suffrages, ca passerait difficilement…).
      J’ai beaucoup hésité à voter blanc, mais sachant que je serais compté dans les abstentionnistes, j’ai préféré faire un choix, même si il ne s’agit pas de celui qui satisfait le plus…
      Je me dis que dans nombre de pays, les populations n’ont pas le droit de choisir. Plutôt que laisser d’autres choisir à ma place, je préfère exprimer ma voix.
      Et quand on apprend que à peine 300 personnes (sur 750) sont allés à mon bureau de vote, cela veut dire que ma famille seulement (3 personnes), représente 1% des suffrages exprimés ce qui, je pense, est déjà énorme… Alors oui, à l’échelle de ma ville, 3 voix c’est peu, mais ce point de vue me motive plus à aller voter.

      Cordialement,

    2. Amaury,

      L’abstention EST le ras le bol du peuple.
      Ras le bol d’un jeu qui ne l’amuse plus, et auquel on veut le faire jouer à ses dépens. Ras le bol d’être obligé de choisir le gardien du troupeau. Ras le bol de répondre gentiment à des questions idiotes (« Sachant que toutes les décisions se prennent ailleurs, qui voulez-vous comme président de nation, de région, etc.? »). Ras le bol de l’histoire du Grand Méchant Loup, qu’il soit borgne ou facteur, destinée à faire voter toujours pour les mêmes (« Il faut voter mon enfant. Si tu ne vas pas voter, le Grand Méchant Extrême, avec son casque à pointes et son couteau entre les dents, viendra te manger tout cru! »). Ras le bol des professionnels de la politique, et ras le bol des professionnels du commentaire de la politique. Ras le bol qu’on parle au citoyen de progrès, de développement ou des défis du futur, sans que personne ne prenne la peine de le regarder, lui. Ras le bol des promesses de médiathèques, de salles polyvalentes, de stade de foot, de lycées-WIFI, d’autoroutes ou de « nouvelles technologies de l’information et de la communication », quand l’argent lui manque en fin de mois.

      Si le vote était obligatoire, on ne pourrait pas le voir ce ras le bol!
      Rendre le vote obligatoire serait une nouvelle trahison du peuple (Riou a raison: faux-cul et manipulateur).

      Vous dites que vous avez voté hier en pensant aux nombreux peuples qui n’ont pas le droit de voter.

      Sachant qu’ici l’enjeu n’est pas entre la dictature ou la démocratie, certains s’abstiennent en pensant aux quelques peuples (en Belgique, en Grèce, au Liechtenstein, au Luxembourg ou en Australie) qui, malheureusement, ont l’obligation de voter.

    3. @Jean Luc
      Je comprends bien, vous n’êtes pas seul à en avoir ras le bol…
      Ce que je veux surtout dire, c’est que si le vote était obligatoire, le vote blanc serait le vrai moyen de contestation. Car parmi les abstentionnistes, je ne pense pas que la totalité ne soit pas allé voter pour les raisons que vous évoquez. C’est certain, ça doit tout de même correspondre à une large majorité, mais il serait intéressant de la chiffrer…
      Personnellement, si les votes blancs étaient comptés (sans que le vote soit obligatoire), c’est ce que j’aurais fait.
      Je pense vraiment que l’abstentionnisme, on met vraiment tout le monde dedans, les insatisfaits, les indisponibles, etc… Les choses ne me plaisent pas, les listes proposées ne m’intéressent pas, je veux envoyer un signale claire donc je l’exprime à travers mon vote blanc, tout simplement…

    4. @ Amaury,

      Alors je suis d’accord avec vous.
      Avez-vous lu mon sentiment à ce sujet hier, dans une suite d’échanges avec deux de nos amis Belges du blog, qui nous apportaient quelques précisions utiles sur le vote obligatoire qu’il ont chez eux?:
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=9070#comment-64446

      C’est le vote obligatoire sans la reconnaissance du vote blanc qui est une trahison, et une manipulation.
      Le vote blanc, c’est-à-dire:
      -sa reconnaissance effective par la mise à disposition de bulletins vierges aux mêmes conditions que ceux des candidats;
      -son rôle reconnu d’invalidation de tout résultat au delà d’un seuil déterminé à l’avance.

      Un petit rendez-vous du Congrès au château de Versailles sur le coup des dix heures du mat’, deux ou trois discours rapides, quelques signatures …et le tour est joué! nos députés et sénateurs sont libérés à l’heure de l’apéro. C’est pas compliqué la démocratie.

      La démocratie est un système vivant qu’il convient de savoir amender au gré des temps.
      (je ne sais plus qui nous rappelait ici récemment que la démocratie grecque indemnisait les votants, de la journée de travail qu’ils perdaient en se rendant aux urnes. Depuis nous votons un jour chômé. Si ceux qui rêvent de voir le dimanche redevenir ouvré, comme du temps des grecs anciens, gagnent un jour la partie, on pourrait reparler de l’indemnisation, pourquoi pas?)

    5. Le vote doit-il rester obligatoire en Belgique?

      Bonjour Metro,

      Dans le n°2063, datant du 16 février 2010, en page 2, vous proposez un petit article dans lequel est fallacieusement remis en question la pertinence du « vote obligatoire ».
      Le vote facultatif [ne serait] pas favorable au VB → http://www.metrotime.be/digipaperArticlefr.html?storyId=29771021
      Abolir le « vote obligatoire » devient soudainement une manière de lutter contre l’extrême droite 🙂
      Mais vous n’y êtes pour rien, bien sûr… C’est pas vous qui le dite, c’est un certain Pierre Verjans, politologue (Ulg) « qui vous le fait écrire » ! et d’abord dans Vers l’Avenir, la bonne affaire… Bravo 🙂

      Alors je suis peut-être pas politologue, mais voila ce que j’en pense :

      Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment, mais c’est la seconde fois en quelques jours, que je constate dans les médias que l’on s’attaque encore à notre démocratie et le passage obligé par les urnes, que l’on nomme de manière erronée selon moi le vote obligatoire. Je m’explique.
      L’idée de la démocratie est contraire à l’élitisme et impose que l’ensemble du peuple puisse sereinement s’exprimer lors d’élections.
      Mais l’on n’est vraiment serein que dans un isoloir. Avant l’isoloir, on peut encore être menacé de « représailles » si l’on s’y rend. Ne pas se rendre aux urnes peut ainsi par exemple devenir un effet de mode que les plus faibles se verront être « forcés » de suivre.
      Une fois dans l’isoloir, on n’est pas obligé de voter ! Mais on est vraiment libre, indépendamment de toute annonce public, de le faire quand même !
      Ce principe est particulièrement pertinent concernant les plus jeunes qui vivent chez leurs parents, les femmes et les hommes qui vivent sous le même toit. Une personne autoritaire peut très bien interdire à son conjoint de ne pas se rendre aux urnes. Par contre, lorsque le passage aux urnes et l’isoloir est obligatoire, cela n’est pas possible.
      Petite pause Wikipédia 🙂 → http://fr.wikipedia.org/wiki/Vote_obligatoire
      Il est fourvoyant d’insister sur le terme « vote obligatoire », celui qui « contrarie les braves gens qui préfèreraient aller à la pêche ce beau jour là ! ». Personne ne se souvient du vrai sens du passage obligatoire par les urnes et ignore que cela n’implique nullement l’obligation de s’exprimer, dans la mesure ou nous sommes libre de laisser notre bulletin blanc. Ceux qui considèrent que rendre un bulletin, même blanc est une manière de s’exprimer et y voit donc quand même un contrainte devraient simplement mordre sur leur frein. Disons-leur que c’est un petit sacrifice…
      La principale défaut de notre démocratie, c’est le pouvoir de l’information, détenu par ceux qui ont de l’argent, directement ou indirectement. Internet promet de rééquilibrer la balance et déjà les boucliers se lèvent et une véritable guerre des médias fait rage… Ensuite viennent la corruption et le pouvoir de l’argent en générale, à tout les niveaux… Mais je ne cherche pas ici à refaire le monde !
      Si nous abolissons le principe du passage obligatoire aux urnes, nous affaiblissons notre démocratie. Cela renforcera le(s) parti(s) majoritaire(s) et découragera encore d’avantage l’opposition et les minorités.
      Les sanctions prévues doivent être justes. Il faut bien prévoir de véritables empêchements. Mais elles doivent être appliquées pour faire respecter la loi et son principe démocratique.
      Le vote électronique est également antidémocratique car il dépossède le citoyen de la procédure de vote. De nombreux pays y ont sagement renoncé.
      Seconde pause Wikipédia 🙂 → http://fr.wikipedia.org/wiki/Vote_%C3%A9lectronique
      À ceux qui répondent que de toutes façons nous ne vivons pas en démocratie (« … cause toujours ! Hahaha… »), je dirais ceci : La démocratie est une utopie, c’est donc une direction à prendre (ou pas), un cape à tenir. Il nous faut sans cesse chercher à l’atteindre.
      Ceux qui par contre ne croient pas dans la démocratie, n’en veulent tout simplement pas, ils doivent reconnaitre que d’une manière ou d’une autre ils sont favorable à une forme d’élitisme. Ceux-là doivent avancer à visage découvert ! Il n’est pas dit alors qu’ils ne soient pas applaudis, bien sûr… Mais pas par moi !

      Merci aux médias, de réfléchir un peu à leur rôle dans cette démocratie…

      Serge Smeesters

  15. De mon petit promontoire nordique belge, j’ai suivi de loin la campagne électorale des élections régionales, et je dois avouer mon extrême étonnement.

    Si je ne me trompe, les Régions françaises ont des compétences (très (?)) limitées (?), en tout cas très certainement pas de celles qui décident du sort et de l’avenir de toute une nation et de ses relations avec l’Europe et le monde.

    Or, j’ai l’impression que, en moyenne tous les deux ans, la France entre en campagne électorale nationale : pour s’en convaincre, il suffit de suivre, même distraitement, les débats dans les médias, avec cette pénible impression d’assister à des discussions de café de commerce sur la planète Mars, tant ils sont en décalage complet avec les enjeux d’une élection au niveau d’une collectivité locale.

    Cela explique sans doute, pour une très large part, le taux record d’abstentions : les français(es) savent fort bien que ce ne sont pas les élus régionaux qui vont pouvoir rencontrer leurs problèmes quotidiens, aggravés par la Grande Crise (chômage de masse, précarité et exclusion, dette et déficit publics, insécurité etc). Alors, pourquoi irai-je voter ? Les élus régionaux n’allant pas siéger au Parlement, à quoi bon me déplacer avec le risque d’avaliser un gros mensonge relayé par les médias ? Quel que soit le résultat des urnes, les élus nationaux, la majorité et l’opposition nationales resteront en place encore pendant deux ans, sans changement notoire de mon sort ? Voilà le genre de questions qu’ont dû se poser bon nombre d’abstentionnistes, sans doutes plus intelligents que leurs élus.

    Le phénomène que j’analyse ici n’est évidemment pas propre à la France, mais il est aggravé dans ce pays, pour la raison qu’il reste profondément centralisé. La France n’est pas un pays fédéral, contrairement à la Belgique dont les Communautés et les Régions sont dotées de compétences extrêmement larges (culture, enseignement, santé, urbanisme et aménagement du territoire, environnement et politique de l’eau, rénovation rurale et conservation de la nature, logement, politique agricole et pêche maritime, économie, pouvoirs subordonnés, emploi, travaux publics et transport …), à ce point larges que les compétences fédérales ne sont plus que résiduaires (y compris pour certains points dans certaines des matières ci-dessus).

    Les élections régionales et communautaires belges ont donc des enjeux très variés, et extrêmement importants pour la vie de tous les jours. En conséquence, ledit phénomène ne se rencontre que très rarement : les débats et les programmes ne débordent presque jamais sur des enjeux fédéraux.

    Pour terminer : il serait sans doute grand temps, en France (comme en Belgique d’ailleurs !) de fixer le même jour, les élections à tous les niveaux de pouvoir : l’abstention diminuerait très fortement, les électeurs prenant conscience qu’il y va de tous les aspects de leur vie de citoyen, dans la Commune, le Canton, la Région, l’Etat et l’Europe.

    1. Vous citez des compétences dans les dmaines suivants: « culture, enseignement, santé, urbanisme et aménagement du territoire, environnement et politique de l’eau, rénovation rurale et conservation de la nature, logement, politique agricole et pêche maritime, économie, pouvoirs subordonnés, emploi, travaux publics et transport … ». Les régions, départements, et communautés d’agglo ont en fait des compétences dans ce domaine en France. La question est celle du réel pouvoir. Localement, il y a l’argent, quoi que de moins en moins puisque Sarko a supprimé la taxe professionnelle, qu’en outre, l’Etat ne compense pas les dépenses prises en charge par les collectivités locales, comme l’allocation pur les personnes âgées (mais par exemple, 70% de l’investissement en France a été fait pas les collectivités locales et non l’Etat en 2009, je crois). Mais comme disait un commentaire plus, c’est de la gestion, quoi que, des choix vraiment politiques peuvent être faits, mais bon, il est clair que le pouvoir reste à Paris. Mais on oublie un peu l’idéologie néo libérale promeut la décentralisation et la montée du local, pour mieux vider l’État de sa substance (shadow state). Et ça marche.

    2. @lou dit : 15 mars 2010 à 11:01

      En Belgique, ce n’est pas que de la gestion. Les Régions et les Communautés ont un pouvoir législatif : ainsi elles ont leurs propres codes de l’aménagement du territoire, du logement, de la voirie etc… Elles votent chaque année leur budget (dans le cadre d’une enveloppe transférée par le Fédéral). Elles peuvent lever diverses taxes et perçoivent les droits de succession. Elles peuvent aussi conclure des traités internationaux relatifs à leurs compétences.

    3. A André,
      Oui, je sais, ce n’est pas tout à fait comparable; Mais je voulais juste un peu relativiser car ce que vous décrivez, les Régions, départements, et agglo sont concernés. Après tout dépend le poids qu’on accorde à la politique locale, que l’on peut juger comme de la gestion plus qu’autre chose. Je peux vous citer par exemple, sur l’aménagement du territoire, les schémas de cohésion territoriale, ça c’est local; les plans locaux d’urbanisme; la voirie est entièrement prise en charge localement; le Programme local de l’habitat, pour le logement…bref, la décentralisation à la française a, quand même, transféré de nombreuses compétences aux collectivités locales; Par ailleurs, les « lois » votées au niveau local s’appellent des délibérations. Mais il faut vraiment s’intéresser à la politique locale pour bien comprendre tout ce qui s’y passe: on ne parle que par sigles et dans une nov langue indigeste. Par contre, ce qui est l’essentiel, à commencer par la reforme territoriale, voulu par Sarko, c’est le parlement qui légifère. Mais je reste convaincue que la décentralisation a deux visage, et celui, néolibéral, qui veut vider l’État de sa substance, se cache derrière tout le discours de la nécessaire « proximité ». La proximité, c’est le mot à la mode, chez nous, comme dans la bouche des développeurs en Afrique notamment.

  16. Bonjour à tous,

    désespérant…

    Mais comment pouvez vous montrer de la satisfaction quand plus de 50% des electeurs ne se sentent pas concerné ?

    Quelle sera leur mode d’action ? la guerre civile ?

    Et bien moi je vais tracter samedi, et envoyer quelques mails dans la semaine

    désespérant…

    1. @ Marlowe,

      je peux comprendre que ceux qui ne votent pas soient désespérés, mais je ne comprends toujours pas comment ils comptent s’y prendre !

      une idée ?

  17. Un seul constat du point de vue de la représentation en France. Plus aucun parti traditionnel ne représente plus une majorité, quelle qu’elle soit.

    Ils n’ont plus aucune légitimité à nous gouverner, ni les uns, ni les autres.
    C’est la situation des EU… droite et gauche molle sont parvenues à dégoûter définitivement de toute croyance en la démocratie.
    Il n’est pas difficile de voir que les choses se règleront par le rapport de forces, comme d’habitude, dans la rue. Je le déplore, mais c’est ainsi.
    Même le centre « mou » ou les tentatives d’union nationale n’ont aucun avenir. Ils sont tous sanctionnés!
    Les régions seront encore au PS, et alors…???? On recommence comme depuis les dernières élections où rien ne change, la situation empire dans nos campagnes sans que personne ne décide de rien.
    La droite peut se réjouir pour un temps et continuer sa pression sur les impôts locaux! Ce n’est pas le PS qui trinque, c’est nous!
    Le Front national sort gagnant du « grand » débat sur l' »identité nationale », fomenté par la droite, je le rappelle, et le tour est joué! Pour qui court la droite de ce pays?
    Bonne journée quand même dans cette atmosphère puante… qui me rappelle d’autres temps…

  18. Beaucoup de commentaires restaurent le concept de « majorité silencieuse » inventé par Nixon en son temps (rappel : ceux qui ne manifestaient pas contre la guerre du VietNam).

    Ici, cette majorité silencieuse serait une majorité d’abstentionnistes pré-insurrectionnels. D’après ce que j’observe dans ma région, les insurgés en question n’ont semble-t-il pas hésité à propager la bonne parole vers les plages ou les stations de ski, ou plus classiquement tenté de convaincre (patiemment) les truites.

    Certes le graphique est parlant et mérite de figurer au 1er plan de l’analyse. Mais il n’est pas exact de dire que l’abstention a été passée sous silence : au contraire, prévisible, elle était au centre de l’argumentation développée par l’UMP : c’est la majorité sortante dans les régions (PS) qui n’a pas « intéressé » les Français. Mieux, avec cette faible participation, on laisse entendre que l’élection (favorable à la gauche) n’en est pas vraiment une…

    1. Exact. Mais c’est étrange, l’UMP a oublié les dernières élections, qu’elle avait ‘gagné’, celles des européennes, où le taux d’abstention était encore plus élevé !!
      Démagogie, quand tu nous tiens …

  19. A joindre à ce non-dit symptomatique des « non-disant » , le non-dit sur la disparition historique du parti communiste français …

    1. A la grande époque des Verts, j’habitais St Etienne où sévissait en guise de maire , un soit disant « stalinien » puisque monsieur Sanguedolce était communiste, …
      Le maire suivant n’était peut-être pas soit disant « stalinien », mais question d’être honnête, alors là, ce fut tout autre chose, …

      Tout ça pour dire que peut-être je suis trop jeune, …
      peut être les quelques élus communistes que j’ai pu voir au travail, s’intéressaient beaucoup plus de leur petit travail d’élus en France que de se revendiquer de Staline, ou même à la gloire de l’Union Soviétique, …
      peut-être que les communistes que j’ai pu croiser dans les manifestation se préoccupaient eux aussi beaucoup plus de leur petite revendication sociale nationale, que de se gargariser de Staline, …
      peut-être que … mais bon …

      Ma critique envers les communistes étaient surtout que je ne les trouvais fort peu, sinon pas du tout écolos, mais sur ce point, je dirais qu’ils sont en train de changer, ou d’essayer de changer … enfin il me semble, …
      (car étant donné que je n’avais pas spécialement remarqué qu’ils étaient « staliniens » , (alors qu’il s’agit pourtant d’un fait notoire, une spécificité par définition du communiste qui a toujours été ou sinon presque et dont il sera toujours ainsi :
      Le communiste est stalinien, comme les fleurs de pissenlit sont jaunes, le cuivre est un métal conducteur, les poissons nagent, ou l’eau mouille ….)

      Peut-être que je ne sais pas de quoi je parle, peut-être que je ne sais pas reconnaître le stalinisme des communistes que je peux rencontrer par hasard quand bien même serait-il aussi voyant que le nez au milieu de la figure , ou peut-être … va-t-on savoir ???
      (Je ne comprends déjà pas seulement si les socialistes sont encore majoritairement franchement de gauche, et non pas plutôt souvent, que parfois d’une tendance disons centriste, si certains UMP, et non des moindres, ne seraient pas surtout d’extrème droite, plutôt que seulement de droite, …
      alors après dans l’égrappillement manifeste de la gauche, je dois dire que les communistes tous et fatalement « staliniens », cela encore plus aujourd’hui que déjà de bien quelques temps, j’ai vraiment quelque part comme un doute, même l’extrème gauche peut-on encore la décrire exactement comme il en était de l’extrème-gauche d’antant ??? … )

    2. Si Cécile, vous êtes peut-être trop jeune mais les staliniens ont bien existé et, croyez-moi, personne ne les regrette. Votre petit laïus fait craindre que le souvenir de ce qu’ils furent s’estompe déjà. Aussi, renseignez-vous en vitesse.

      En attendant, un petit cours d’histoire express sur les staliniens par le regretté Jean Ferrat.

    3. merci pour cette chanson (je ne la connaissais pas, je la découvre cette année …)

      Pour moi, le communiste soviétique est forcément quelque part une caricature, cela dès 1930 après le suicide de Maïkovski
      (avant même déjà quand autour de Dada les artistes se moquent avec le nouveau NEP, soit en -je dirais- 1923 ?…)
      Le jour de son suicide, c’est en 1930 et Vladimir Maïakovski écrit
      « A tous! … je meurs, n’en accusez personne
      Et pas de cancans. Le défunt avait ça en horreur …………………
      Comme on dit
      « l’incident est clos »
      Le canot de l’amour s’est brisé contre la vie quotidienne
      Je suis quitte avec la vie
      Inutile de passer en revue
      les douleurs
      les malheurs
      et les torts réciproques
      Soyez heureux  »

      Cela, je sais, j’ai fait russe en seconde langue, j’ai étudié les poèmes de Boulat Okoudjava,
      le soldat de papier -Maïkovski- (c’était un soldat de papier, il était brillant et courageux, il lui ont dit va au feu, vas y, vas-y..au feu, j’y vais .. et il a brulé en un éclair …)
      le chat noir -Staline- … (noir c’est le noir du diable, sur la racine de diable en russe, il est sous l’escalier, il se tait, il ne pleure pas,… il mange du saussisson et eux ils n’ont même pas seulement une ampoule pour s’éclairer…)
      ce que je ne comprends pas c’est seulement que les communistes que j’ai pu rencontrer, avec qui j’ai discuté
      (certes c’est moi qui branche, c’est moi qui choisit mon interlocuteur, et aussi si ça ne va pas, je vais voir ailleurs)
      ne me sont jamais apparus comme « stalinien » alors que parait-il il le serait même encore aujourd’hui et en plus fatalement tous, (je ne veux pas non plus en dire plus que ça, …)

      Après si l’on doit compter sans l’armée rouge, ni les millions de morts de cette armée rouge, (donc aussi sans Staline …) lors de la deuxième guerre mondiale, même en comptant avec les valeureux soldats de l’armée US (mais comme je suppose que de parents morts je n’aurais pas seulement pu naître, à quoi bon …)

    4. @Cécile et Paul

      Bien évidemment que personne (ou presque) ne regrette les staliniens. De la même manière que personne (ou presque) ne regrette Hitler.

      Cependant je réfute l’équation communiste = stalinien.
      Le « communisme » stalinien appartient à la longue histoire (pas si longue que cela finalement) de la recherche d’émancipation des peuples. Elle n’en constitue certainement pas un épisode glorieux, mais il ne peut être que riche d’enseignements de comprendre les mécanismes en œuvre.

      Il convient bien en ce moment de tirer des leçons de l’histoire et de ne pas hésiter à se documenter sur un maximum de sujets.

      Dans le cadre de cet objectif, je me permets de vous signaler un ouvrage que j’ai trouvé très intéressant. Il s’agit de « L’idée du communisme » qui retranscrit une conférence organisée à l’initiative de BADIOU et ZIZEK à Londres en 2009.

    5. Vincent :

      Les leçons à tirer du « communisme stalinien » sont du même ordre que celles qu’on peut tirer du « national-socialisme hitlérien ». Ni plus ni moins.

      Deux points Godwin pour moi, je sais : un dans un sens, l’autre dans l’autre.

    6. Paul, je suis à 100% d’accord avec vous. J’avais d’ailleurs mis cela dans une première version puis y ai renoncé par peur d’atteindre le point…;-) )

      Je ne prône en aucun cas une apologie du communisme stalinien. Il s’agit simplement d’essayer de comprendre comment fonctionne les points de bifurcations de l’histoire. Pour comprendre comment d’une idée d’émancipation, on passe à une des pires dictatures possibles.

      Un autre ouvrage intéressant est « Condition de l’homme moderne » d’Hannah ARENDT.

    7. @Vincent Wallon: « Cependant je réfute l’équation communiste = stalinien. »

      Certes tous les communistes ne furent pas staliniens. Il y a des communistes sincèrement épris du bien commun, et même beaucoup.
      Mais là n’est pas la question. Si on parle de sociologie et non de psychologie, c’est-à-dire des mouvements sociaux et non de la conscience ou des intentions des acteurs individuels (ce qui peut être très différent), le stalinisme n’est pas une déviation du communisme, ça en est l’essence même. Lire Zinoviev (qui l’a bien étudié de l’intérieur) sur ce sujet. Ou lire Marx et Lénine sans oeillères.

    8. « Récits de la Kolyma » de Varlam Chalamov récemment republiés en intégralité chez je ne sais plus quel éditeur. Pour les coeurs bien accrochés toutefois. On ne peut pas prétendre relativiser le stalinisme sans avoir lu ça, en entier et sans censurer sa lecture. Et puis Victor Serge  » mémoires d’un révolutionnaire » collection Bouquins. Un Victor Serge mort mystérieusement en 48 au Mexique, l’hypothèse d’un assassinat par les sbires de staline a été posée.
      Je ne devrais rien ajouter d’autre, sinon que les PC sont officiellement anti-staliniens depuis le rapport Khrouchtchev prononcé devant je ne sais plus quel congrès du PC soviétique. Du temps des amis Duclos et Marchais il était de la rhétorique la plus éculée pour les apparatchiks du PCF de distinguer la situation Soviétique et la situation française en renvoyant l’interlocuteur aux « luttes » et au travail des communistes…Personne ne prétend que tous les militants du PCF sont des « staliniens » -même chez les derniers trotskistes- mais nombreux sont les nostalgiques de Staline dans ce parti, évidemment il faut délier les langues et pour ça inspirer confiance voire montrer patte blanche, mais il est facile d’en rencontrer. Bon mais aujourd’hui que représente le PC ?
      Quant à la Russie, la référence positive à Staline est de la plus grande banalité et elle fait partie de la ligne officieuse des poutiniens…
      L’oeuvre d’Alexandre Zinoviev est difficile à lire, datée, et ne concerne que la période tardive du stalinisme et du régime soviétique. Lui même pour des raisons liées à sa « fragilité » psychologique a capitulé après le désastre de la période Eltsinienne et s’est rallié à un Staline « Stratège Géopolitique » et à la Russie Eternelle dans un sens différent de Soljenitsine. Il a des intuitions géniales sur le totalitarisme soviétique le rapprochant de Hannah Arendt sur la connivence populaire et le populisme.
      Mais quoi de neuf depuis ces deux auteurs sur le sujet ?

  20. Cela fait un temps que je suis les Français sur leurs sites. agoravox et autres.
    C’était programmé.
    La France est encore toujours avec les clichés aux talons.
    Il suffit d’avoir vu le film de Dany Boon sur les Ch’ti pour le comprendre.
    Bleu, blanc rouge… aux larmes citoyens, pardon, aux armes citoyens.
    On sentait cette fois, les Français entrés au bagne, et pour corser le tout, ils avaient voté pour leur geôlier.
    La France n’a que très peu de contacts avec ses voisins par le médias.
    La Belgique, câblée, capte tous ses voisins à la télé.
    Nous connaissons tout de la France.
    En France, la Belgique est toujours inconnue.
    L’époque De Gaule toujours comme référence.
    Comme toujours, il n’y a que les bons souvenirs qui restent.

  21. Et que dire de tout ceux qui se sont déplacés pour DIRE leur non représentation en votant blanc ou nul, aussi nombreux que les électeurs du modem ….tout de même, n’avaient-ils pas leur place dans ce graphique, puisqu’ils sont ignorés partout ailleurs…..Il faudra bien un jour en tenir compte

    1. @ babiole,

      Peut-être que le graphique que nous propose Paul Jorion ci-dessus devrait être corrigé, en tenant compte de votre remarque.

      En regardant les résultats du Ministère de l’Intérieur, on découvre en effet un autre « parti », absent du graphique, celui des « blancs ou nuls ».
      Les 756 738 « voix » recueillies par ce « parti », sont en effet à rapprocher des 817 608 voix du MoDem, qui lui, figure dans l’histogramme.

      Ecoutant ce que disent au lendemain du vote beaucoup de non votants, il semble que le « parti » des abstentionnistes soit constitué d’une forte part d’anciens « blancs », lassés de ne pas être entendus.
      Certains courageux du bulletin vierge ont peut-être fini par penser que leur geste de citoyen ne sera jamais pris en compte. Dans ces conditions, une forte abstention ne parle t-elle pas aussi clairement qu’un vote blanc massif?
      A force de ne pas être pris en compte, les votes blancs se transforment en abstention. On ne peut blâmer personne.

      Dans les résultats, les votes blancs sont mêlés aux votes nuls, comme les abstentions « militantes » sont mêlées aux abstentions « de loisirs », mais…

      43 640 059 inscrits
      23 407 608 abstentions
      00 756 738 blancs et nuls
      =
      19 475 713 exprimés …44,63%, voilà le chiffre qui parle.

      Ce n’est plus seulement 53,64% d’abstention, mais bien 55,37% de personnes qui ne sont pas représentées par les vainqueurs du 1er tour.
      Combien les vainqueurs du 2ème tour représenteront-ils de citoyens?

      Il y a une certaine ironie de penser que, dans ces conditions, l’abstention est peut-être encore un geste d’expression de la démocratie …qui, comme le vote blanc, n’est toujours pas entendu, alors qu’il conviendrait qu’il le soit.

  22. Les français ont compris que les centres de décisions ne sont plus dans les palais de la République.
    Que ce sont les actionnaires qui décident de leur destin: les politiques n’étant que les courroies de transmission des grands intérêts financiers. D’autant plus qu’ils sont de plus en plus nombreux à comprendre que ce sont les politiques de droite, comme de gauche qui ont eux même organisé leur impuissance. Partant de là, le « à quoi bonnisme » ne peut qu’être le premier parti de France.
    En tout cas c’est le symptôme que notre démocratie, nos démocraties occidentales fonctionnent de plus en plus mal. Cela ne peut que nous inquiéter. Tant que les politiques ne s’attaqueront pas au problème central du chômage, la descente aux enfers continuera. Oui ou non, sont-ils au service des peuples qui les élisent ou au service d’une oligarchie financière mondialisée et trop souvent rentière ? Question tout aussi centrale, qui explique la retour relatif de l’extrême droite nationaliste, phénomène pas seulement français malheureusement. Tant que les politiques ne seront pas porteur d’un projet européen, basé sur la solidarité et ayant pour objectif de faire reculer la précarité des conditions de vie, cette sinistre farce se poursuivra: jusqu’où ?

    1. Entièrement d’accord avec vous Joan… jusqu’où allons-nous endurer cette farce, qui ne cesse de nous entraîner vers de sombres abîmes?
      Sans un appel à la résistance, je ne vois pas comment nous empêcherions cette molle dictature de poursuivre son chemin et de lessiver et exclure tous les faibles, tous les fragiles, tous les malades (?), les vieux?
      Bref j’arrête là pour éviter le roman d’anticipation sordide, mais je crains le pire sans un sursaut musclé pour empêcher nos états, nos politiques, d’être les complices des « accapareurs »…
      Les « enragés », à la révolution, voulaient aller plus loin, moi aussi aujourd’hui… La révolution, en fait, est loin d’être finie… elle n’est qu’un éternel et lent processus ou les forces progressistes et solidaires conquièrent des droits, des biens, qui sont repris, et confisqués dans la période suivante… et cela se fera jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de classes sociales, ni de profiteurs…
      C’est pourquoi je suis pour l’abolition des classes et donc la faillite de ce système de division actuel!
      Sans cela, tout me paraît absurde, et terriblement vain… je préfère pousser la chansonnette, et effectivement « cultiver mon jardin »…
      Jusqu’à quand, telle est The question?

  23. Graphique terrible!

    Qui peut penser qu’une telle volonté démocratique (!) pourra imposer, un jour, quoi que ce soit à la finance?

    Il faudra donc en passer par la case désastre…

  24. Comme certains l’ont écrit, et si justement ces 53 % d’abstentionnistes se levaient d’un coup pour tout envoyer promener ?

    M. Jorion vous avez publié un billet intitulé « Le feu en la demeure ».
    Or, depuis quelques années les incendies s’allument partout dans le monde et leur fréquence s’accélère depuis ces derniers mois.
    Les peuples grondent.
    LE PEUPLE GRONDE M. Jorion.
    De plus en plus souvent, de plus en plus fort, et ils sont de plus en plus nombreux.
    Chacun de ces incendies est un détonateur potentiel à une insurection totale.

    J’ai déjà écrit qu’un embrasement de la planète pouvait survenir à tout instant à cause d’un évènement anodin se produisant n’importe où dans le monde.

    Connaissez-vous le blog de M. Alain Betho, anthropologie du présent, où sont répertoriées les émeutes ayant lieu dans le monde ?
    http://berthoalain.wordpress.com/

    Allez le visiter, vous verrez.

    Aujourd’hui, plus que jamais nous sommes assis sur une poudrière.
    Un rien, un grain de sable, une nanoparticule et tout explose !
    Avons-nous encore le temps de quoi que se soit ?

  25. Ce matin, je confirme mon appel à mes compatriotes : ne votez pas au second tour dimanche prochain ! Et ne votez pas blanc ou nul, vous participerez à faire en sorte que les élus n’intègrent pas le leçon du premier tour.
    Un objectif : faire ‘pire’ que les élections européennes (42% de participation), afin que les ‘commentateurs’, médiatiques ou politiques, ne viennent plus nous emmerder avec leurs comparaisons foireuses de taux d’abstention entre type d’élections.
    C’est lamentable, mais c’est ainsi et c’est aussi la seule solution pour provoquer une électoralo-choc.
    Je prends UN exemple, celui de la Région Languedoc-Roussillon. Au premier tour, les listes EE, PS et Front de Gauche, qui totalisent ensemble environ 25% des voix, ont préféré jouer cavalier seuls, comme d’habitude, afin de pouvoir jouer la première place de celui qui restera en lice au second tour et forcer ainsi les deux autres à se positionner sur ‘sa’ liste. En face, Frèche et son système politique clientéliste, qui demande à se faire réélire pour un mandat dont il dit derechef qu’il ne fera que le commencer sans le finir (et donc que l’on vote pour lui mais que si l’on vote pour lui, en fait, on vote pour un autre), sur un bilan alors que ce que l’on demande c’est un programme !! C’est dire le niveau politique de la chose …
    Résultat ? Au second tour, Frèche face à l’UMP tendance ‘dure’ et sans remords et le FN …
    On fait quoi ?

    C’est pourquoi je prédis, sans trop de risques de me tromper que le taux d’abstention dans le Languedoc-Roussillon atteindra des sommets dimanche prochain, bien supérieurs à ceux des élections européennes (moins de 40% de participation).
    Ce qui n’empêchera pas Frèche d’être réélu, de faire perpétuer son système avant que de partir en cure dans 6 mois, tout en permettant à l’UMP et au FN d’occuper une bonne partie des sièges.
    Sans compter que d’ici là, on ne peut pas non plus s’interdire de penser que puisqu’il y a bon banania, certains élus de certains partis politiques, hier ennemis jurés, deviendront demain copain comme cochon, en acceptant la main tendue de Frèche sur laquelle ils crachaient encore hier soir, pour quelques deniers et postes honorifiques. C’est ça le système Frèche, c’est ça le fonctionnement de la démocratie en Languedoc-Roussillon.

    Comment ne pas vomir ?

    Dès lors, que faire, sinon s’abstenir ? Non pas pour influer le ‘résultat’ du futur second tour (plié d’avance) mais plutôt pour préparer l’avenir : mettre le pression maximale sur les partis politiques, pour 2012 (présidentielles et législatives). Et demander à ce que chaque parti politique s’engage à modifier la constitution sur le système électif.
    Quelques solutions simples :
    – inscription aux listes électorales automatiques (sauf si choix inverse),
    – reconnaissance du bulletin blanc dans les suffrages exprimés en tant que tel,
    – Corum de 50% + 1 voix pour valider une élection (en fonction des bulletins blancs).
    On peut aussi y rajouter le mandat unique renouvelable deux fois de suite. Et surtout une possibilité de réaliser des référendums d’initiative populaire.

    J’attends donc que le second tour passe. Et je serre les dents …

    1. J’adhère complètement à vos deux premières solutions, mais concernant le Quorum, le nombre d’élections qui se termineraient à 40/30/10 si l’on prend en compte les bulletins blancs… Que faire dans ce cas là ?

      Oui, comme vous ça me donne envi de vomir le comportement des politiques. Surtout si l’on dégage les types qui sont là pour poser délicatement leur popotin sur leurs fauteuils de conseillers régionaux et fêter pour les 6 prochaines années leur victoire au champagne, après ça, il ne reste plus grand monde si l’on enlève également les « extrêmes »…

    2. Si on pouvait ajouter à tes solutions simples:

      – suppression des indemnités de tous nos élus.

      Nos femmes et hommes politiques, sans réelle conviction, seraient moins nombreux à se bousculer…
      Ben oui, y s’en ont rien à foutre des abstentionnistes (ils en accepteront même 99%, du moment qu’il reste 1% d’électeurs pour toucher le bas de laine…)

    3. @Zebu,

      Bonjour,

      L’analyse du cas Languedoc Roussillon est intéressante, mais j’en suis toujours au même point :
      – quels sont les moyens de faire avancer vos idées si vous n’êtes pas représenté au sein des instances qui peuvent influencer les décision ???
      « – inscription aux listes électorales automatiques (sauf si choix inverse),
      – reconnaissance du bulletin blanc dans les suffrages exprimés en tant que tel,
      – Corum de 50% + 1 voix pour valider une élection (en fonction des bulletins blancs). »

      Vous êtes « drôle », ces sont des idées intéressantes (en tout cas elles méritent discussion, mais c’est du haut de votre abstention comment voulez vous les faire avancer ?

      Personnellement je préfèrerais en tirer la conclusion qu’il est de la responsabilité des 4 forces FG,EE, Ps et l’autre liste écologiste de ne pas avoir su se rassembler plus fortement pour s’imposer au delà de 10% au premier tour. La barrière des 10% n’est pas nouvelle, elle fait partie des règles du jeux.

      L’offre politique est large et variée, les idées de gauche(s) n’ont qu’un inconvénient, elles doivent être expliquées et ne se satisfont pas du showbizness médiatique. Je ne vois pas d’autre solution que de prendre son bâton de pèlerin et de tenter de convaincre ses proches, ses connaissances, …

      On retrouve les idées avancées sur ce blog sur l’échiquier politique, elles doivent être visibles, il faut soutenir l’alternative.

      Baisser les bras, ne pas aller voter, c’est s’enfermer dans sa caverne et attendre que la guerre soit finie.

      J’ai bien peur que ça fasse encore beaucoup de dégats, et comme d’habitude ce sont les moins armés qui vont trinquer.

      Oh! quelle ironie, ce sont les mêmes qui se sont abstenus : les plus pauvres, les moins instruits, les téléspectateurs de TF1 et d’M6, les cerveaux disponibles, les lecteurs de 20minutes, Métro et autres, les chômeurs et les jeunes.

      Alors non Zébu, vous ne pouvez pas appeler à l’abstention, parce que l’abstention c’est renoncer. Engagez vous dans un mouvement, une association, n’importe quoi qui fait avancer le Schmilblick, mais n’appelez pas à l’abstention.

      Si vous ne trouvez pas de réponse satisfaisante à vos question, APPORTEZ LES, mais ne poussez pas les citoyens à s’enfermer dans leur situation de merde.

      Éduquer au fait politique les gens qui ne votent plus (voir éduquer tout court), voilà un beau projet pour Zebu 😉

      bonne journée

    4. sur les indemnités, c’est de la démagogie. les élus locaux touchent pas grand chose pour l’engagement que cela représente. Et je connais un élu qui pour ses 200e d’indemnités, s’est fait agressé par un agent de la ville, tout juste licencié. Il en dort toujours pas la nuit. Ce qu’il faut c’est limiter les mandats.

    5. j’aime bien tes propositions concernant les élections, et comme je le précisais déjà plus haut j’y ajouterais une mesure importante pour le renouvellement de la classe politique et le respect de l’expression démocratique:
      en cas de quorum (50% des inscrits +1, sans comptabilisation des votes blancs comme votes exprimés!) non respecté tous les candidats sont à considérer comme jugés non représentatifs par les citoyens et par conséquent devront se retirer de la vie politique pour une durée à définir (le temps de repenser une politique, disons quelques années, 5-7 ans avant de pouvoir rebriguer un poste de représentant du peuple).
      Ainsi nous aurions non pas des professionnels/parasites de la politique mais de vrais représentants attentifs aux doléances de ceux qui leur déléguent leur pouvoir (les citoyens) et surtout des élus sanctionnables par le vote!

    6. @ Amaury :
      Oui, je me suis mal exprimé. Je voulais dire 50% + 1 voix des inscrits (incluant les bulletins blancs, qui seraient des bulletins exprimés). On pourrait aller évidemment plus loin dans la logique en proposant la même chose pour les bulletins exprimés, avec 50% + 1 voix de bulletins blanc = revoter.
      J’espère que c’est plus clair comme ça.

    7. @ ‘Petitjean’ ( 😮 ) :
      « Alors non Zébu, vous ne pouvez pas appeler à l’abstention, parce que l’abstention c’est renoncer. Engagez vous dans un mouvement, une association, n’importe quoi qui fait avancer le Schmilblick, mais n’appelez pas à l’abstention. »
      Si Grosjean, je peux parce que je ne considère pas l’abstention comme un renoncement. L’abstention n’empêche pas d’adhérer à un mouvement t à une association, de militer différemment.
      Car pour moi, l’abstention n’est qu’un moyen politique, un outil, pas un fin en soit, encore moins une ‘philosophie’ (si tant est que cela puisse être possible).
      Je n’appelle pas à l’abstentionnisme. J’appelle à l’abstention dans des conditions très précises, qui correspondent aux cadres contextuels actuels.
      J’ai été militant politique, avec carte et tout le bataclan (si si), tractage de nuit par grand froid, etc.
      J’ai voté quasiment sans discontinuer depuis ma majorité, ce qui fait maintenant quelques années au compteur ( 😉 ).
      Mais maintenant, je dis « Ya, Basta ! ».
      Car je pense que c’est le seul qu’il reste à certains citoyen de faire entendre l’urgence actuelle, qui n’est pas aux tractations et aux marchandages, à la course aux postes. Que l’offre politique actuelle est indigente et qu’il n’existe aucune chance (et je sais de quoi je cause) pour qu’une opinion divergente du système et ce quelque soit le parti politique, puisse émerger. On te cassera bien avant d’avoir atteint le miro ou l’estrade. C’est ainsi. trop d’intérêts en jeu et de pouvoirs aussi. Le Languedoc-Roussillon en est un bon exemple mais il y en a d’autre.
      C’est pourquoi je me rends compte que pour qu’une idée divergente, comme, par exemple, l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix ne pourra s’intégrer, en l’état actuel des choses, sans dévoiements, avant longtemps, c’est-à-dire des années. Comme je l’ai dis, je n’ai pas la patience de M. Jorion. Et c’est la dernière occasion pour mettre la pression maximale sur l’ensemble du système avant 2012. 2 ans, c’est long, tu sais …
      Je dois t’apparaître très naïf ou trop pessimiste : je ne suis que lucide (il me semble).

      « mais c’est du haut de votre abstention comment voulez vous les faire avancer ? » : non. Car je n’ai jamais dis qu’il fallait cesser de voter. Mais bien utiliser ce moment, spécifique, pour créer un rapport de force politique, qui n’appartienne pas à un parti politique, sans quoi il serait mort-né.
      Je pense que c’est grâce à ce rapport de force politique que l’on pourra faire intégrer au sein des programmes politiques des partis ces idées là, pour ensuite, par le biais des élections, les inscrire dans les lois. Ou par d’autres moyens, qui restent accessibles aussi.
      Par ailleurs, je ne me sens pas plus haut que ceux qui votent en conscience et qui ont toute ma sympathie fraternelle de citoyen. J’espère simplement qu’enfin on ne me juge pas plus bas parce que j’ai décidé de ‘descendre une marche’, pour pouvoir prendre du recul et constater que l’escalier est bien branlant …

      Cordialement.

    8. @ grosjean

      Lu avec intérêt vos arguments, auxquels je ne vais pas répondre parce que je pense qu’ils omettent l’essentiel : le parcours.

      L’un des points faibles de ce blog, c’est que nous ne nous connaissons pas. Nous pouvons juste imaginer au travers de nos propos respectifs un parcours, un vécu, un métier, une densité.

      Certains lèvent plus ou moins un coin du voile…pour des raisons diverses. Souvent pour indiquer aux contradicteurs qu’ils maîtrisent un petit peu le sujet sur lequel ils interviennent. C’est amusant cet exercice qui consiste à lire les lignes et entre les lignes. J’aime bien.

      Je ne connais pas Zébu au-delà de ce qu’il publie et de ce que je ressens. Et ce que je ressens c’est l’histoire d’un mec informé, impliqué, qui s’est sans doute engagé à un moment ou un autre. Cohérent aussi. Il accepte la contradiction mais pour le convaincre il vaut mieux avoir le raisonnement vertébré.

      Il a probablement voté aussi. Longtemps. Par conviction. Puis par devoir. Puis en traînant les pieds. Et puis un truc a fait déborder le vase. Pour ceux qui s’en souviennent, la loi d’amnistie (« je vote, tu votes, il vote, nous votons, vous votez, ils s’amnistient : ça vous dit quelque chose? A moi oui hélas). Ou bien les scandales politico financiers. Ou encore les fraudes électorales. Ou le référendum bafoué. Elles n’ont pas manqué, les occasions …

      Le pire c’est qu’un abstentionniste du genre de Zébu n’est sûrement pas isolé. Ce qu’il raconte me parle. Et vous savez quoi Grosjean? On en est malades de pas voter. Mais maintenant on fait notre chemin. Prêts à revenir dans le jeu. Mais il va falloir autre chose que des promesses rose bonbon ou vert sapin parce que, entre nous : on a déjà donné. Et on en a encore mal quand on s’asseoit. Mais je suis confiant…puisque le système ramène invariablement les mêmes aux commandes (il est pensé pour cela ce fichu système), ils vont nous démontrer qu’on s’est trompé sur eux, qu’ils sont dignes de confiance. Rendez vous à la réforme des retraites : vous verrez, ils montreront l’exemple comme ils l’ont toujours fait. Les paris sont ouverts.

      Amicalement

      Frédéric

    9. @ Frédéric :
      Frédéric, frédéric … ?
      ‘tain, tu lis dans mes pensées et tu me connais, c’est pô possible.
      « Mais il va falloir autre chose que des promesses rose bonbon ou vert sapin parce que, entre nous : on a déjà donné. » : je plussoie.
      Bien que très personnellement, j’ai toujours préféré rose bonbon, sans avoir vraiment le courage de me l’avouer. Vert sapin ne l’a jamais su.

      Et une pour la route : ‘La seule certitude que j’ai, c’est d’être dans le doute’ (Desproges the terrific).

      Salutations fraternelles.

    10. @ Zébu

      J’essaie juste de lire entre les lignes ! A mon tour de soulever un coin du voile, je sais que tu comprendras.

      Dans ma prime jeunesse, vers 1989, je m’en fus me perdre dans de lointains maquis . C’était bien loin d’ici, sur un autre continent, dans un petit pays en guerre larvée contre un très grand de ses voisins. Jamais je n’oublierai.
      21 ans plus tard je me retrouve professionnellement dans un poste d’observation privilégié, oh, pas exactement au coeur de la machine. Mais d’où je suis, le panorama est impressionnant…
      Depuis ma prime jeunesse, la colère est intacte. Parfois ça me désespère. Mais d’un autre côté, Zébu, ça aide à rester jeune, et ça c’est plutôt pas mal, non?

      Amitié

      Frédéric

    11. je suis assez d’accord pour un quorum,
      (cela n’est peut-être pas non plus suffisant en sorte que la représentation…., il me semble qu’il y avait un quorum dans les élections en Yougoslavie ou en Serbie)

      je serais assez d’accord aussi pour voter les indemnités des politiques
      (mais aussi nous pourrions parfois voter en connaissance des budgets et des projets qui nous concernent par ex sur Marseille, les habitants qui sont concernés, soit sur un territoire plus grand que la ville même, mais peut-être pas non plus si grand que la région , nous pourrions voter -soit pour laisser la décharge de Marseille à ciel ouvert, -soit pour construire un incinérateur à tel prix, avec en option sa dioxine ou soit de vouloir un autre projet alternatif
      ce ne serait pas la démocratie représentative, mais une forme plus active de démocratie ….)

      je suis d’accord pour penser les blancs , nuls et abstentions comme non représentés de la démocratie représentatives, c’est un premier calcul
      mais je dirais qu’il faudrait peut-être aussi songer d’y ajouter tous les votes « inutiles » de ceux qui ont voté pour une liste qui ayant un trop faible score n’aura aucun élu pour prétendre d’être représenté, ce serait un deuxième calcul

  26. il ne faut pas faire un long discours pour comprendre que les français ne veulent plus aller voter
    même moi j’y vais en marche arrière plus personne m’intéresse mais quand même droite ou gauche les français sont jamais contents et je vois que l’on avancera pas dans l’europe contrairement à d’autres pays et surtout l’espagne qui a pris des mesures très dures (pas de 35 heures retraite à 67 ans) ils n’ont pas manifesté mais ils avancent quoi faire…..

    1. @Bob

      Perso j’aimerais bien comprendre en quoi la la retraite à 67 ans va aider qui que ce soit, quand l’espagne compte 20% de chômeurs, mais j’ai du rater un épisode..

      Ah si, les retraités n’auront AUCUN moyen d’avoir une pension complète avec tous leurs trimestres, et hop, par là on continue à baisser le montant versé, sans rien dire, bravo !

      Pareil pour l’absence des 35h, quand 20% (un adulte sur 5) de la population active n’a pas de travail, c’est vraiment une bonne idée de regarder les 35h ou tout autre idée de répartition du travail avec dédain, voire ironie ?

      Pardon mais c’est plutôt de l’autre côté de la lorgnette qu’il faudrait regarder.

      Les besoins d’emploi existent (santé, éducation, justice, …) l’argent aussi, ne sommes nous pas confrontés à une question de répartition plutôt qu’à une guerre du travailler plus pour gagner plus (et se taire)

  27. Dites-moi si je me trompe, mais pour faire le lien avec les récents billets, la methode Paul J. implique-t-elle le non rejet du personnel politique en place (abstention), (et donc d’aller voter pour eux dans le but de faire évoluer les choses de l’intérieur…) ?
    Les abstentionnistes sont-ils ceux qui veulent désarmer l’ « ennemi » ou ceux qui veulent « le tuer » ?

  28. Autres propositions :
    – supprimer un échelon administratif et supprimer la réforme de Sarkozy : illisible, incompréhensible et dangereuse en termes de chaos administratif.
    – regrouper en ‘session de vote’ toutes les élections pour le pouvoir législatif : collectivités locales/territoriales et parlements (assemblée nationale + sénat).
    – avoir la possibilité d’un renouvellement d’un tiers à mi-mandat pour les collectivités locales/territoriales (déjà le cas pour les conseil généraux).
    – séparer ces élections de l’élection présidentielle, seule véritable élection de pouvoir exécutif direct.
    – transmission annuelle des votes effectués par le représentant élu à ses électeurs de circonscription.
    Et on peut continuer la liste …

    1. @Zebu,

      re bonjour

      Encore de belles idées, mais si vous n’êtes pas représenté vous faites quoi ?

      sérieusement !

    2. @ Grosjean :
      Je ne souhaite pas être représenté mais faire représenter mes idées, en les faisant intégrer dans les partis. Pour ce faire, seul un rapport de force politique à l’ensemble du système politique actuel de partis doit être pensé car aucun n’acceptera de porter seul ce ‘fardeau’ démocratique, sans quoi il couperait la branche sur lequel il serait assis.
      Exemple : le PCF a besoin d’élus locaux, quoiqu’il arrive, afin de mailler le territoire et surtout d’avoir des cotisations en conséquence, pour pouvoir ensuite … exister.
      Ce genre de chose. Sans compter SURTOUT sur la ‘professionnalisation’ (la galle que voilà) des hommes politiques …

    3. @ Grosjean
      @ Zébu,

      Je viens de vous lire tous les deux, à plusieurs reprises.

      Votre solution, Grosjean, n’est-elle pas de conseiller à un salarié écrasé par une multinationale, de prendre une participation (même infime) au capital de l’entreprise, pour avoir son mot à dire au Conseil d’Administration. A toute fin utile, mais sans en espérer plus qu’il ne faut. Sérieusement.

      Votre solution, Zébu, dans mon exemple, serait que tous les salariés écrasés par la multinationale s’invitent au Conseil d’Administration, montrent à tous ces messieurs en cravates que leurs actions ne valent pas plus que les vieux emprunts Russes, et commencent à parler de sujets sérieux avec des dirigeants forcés de les écouter. Sérieusement.

      Si il y avait une table des négociations avec les pouvoirs en place, vous seriez en tout cas, à vous lire tous deux, du même côté…
      …vos mains agrippées fermement aux rebords de la table; Grosjean tentant de la maintenir sur ses pieds, par respect pour les hommes qui ont bien voulu s’y asseoir; Zébu tentant de la renverser pour en bâtir une à échelle plus humaine.

      Je me trompe?

    4. @ Jean-Luc :
      Oui, on est du même côté !! Peu importe les outils, du moment qu’on y arrive. Renverser la table, pourquoi pas, bien que cela ne soit pas dans mes compétences ni dans mes habitudes. L’objet est de mettre la pression sur les partis politiques pour intégrer, ensuite, de nouveaux éléments qui permettront un renouvellement démocratique. Et c’est là où notre ami Grosjean intervient : parce qu’il sera déjà dans la place !!
      Eheh …
      Cordialement.

  29. @ l’enfoiré:

    pour cela, il faudrait à EOLE de l’envie, un sujet (au moins) et surtout… du talent !

  30. Bonjour,

    Cette présentation graphique est intéressante, car elle tient compte de l’abstention.

    Mais elle n’en demeure pas moins tronquée, car elle « consolide » des résultats régionaux pas forcément homogènes ni cohérents.

    Pas homogènes, car les listes présentées sous les étiquettes étaient parfois distinctes, parfois fusionnées, outre le fait que certains partis n’ont pas présenté de liste dans toutes les régions….

    Pas cohérents car n’en déplaisent à certains commentateurs, les enjeux locaux ont pesé AUSSI sur le scrutin. Sinon, comment comprendre certains résultats (UMP en tête en Alsace alors que cette région souffre particulièrement du libre-échange, FN en tête dans les Alpes Maritimes, etc….).

    Donc, ce graphique est intéressant pour replacer les résultats dans leur contexte, mais il n’en est pas moins à relativiser.

    Les résultats du 2nd Tour seront plus aisés à « consolider » (à condition que les accords de fusion soient nationaux et non locaux), et dès lors plus intéressants à étudier.

    Cordialement,

    CM

  31. Bien sûr, ce scrutin de liste a d’abord une portée locale et « technique ». Il n’en reste pas moins que l’ampleur de l’abstention ne peut que se relier à un phénomène plus vaste, celui de la dépolitisation de la vie publique, « dépolitisation » au sens où l’on ne croit plus à la politique comme levier d’action. Cela fait si longtemps que le message subliminal ou explicite est celui de l’impuissance. « C’est comme cela et pas autrement ». « Nous n’avons pas le choix ». « Les régles de l’OMC, de l’UE…. etc.. font que .. ». « Il n’y a pas d’autre voie » etc… Puisque tout se décide ailleurs, quel est le sens du vote ?

  32. SUITE N°1

    Qu’est-ce que l’Europe sinon une Civilisation qui s’auto-enrichit de la diversité de
    nombreuses cultures dérivées, un Peuple composé de nombreuses nations parentes, un Espace démocratique réunissant de nombreux états ?

    Une fédération d’états composés de régions
    L’Union Européenne ne peut être, dans la tradition, qu‘une fédération au triple sens de nations fédérées, d’états fédérés et de peuples fédérés. Dans la dimension indo-européenne de ce « vieux monde », le peuple est la structure de base première, le peuple agrégeant le plus généralement d’une part des nations au sens antique du terme comme les celtes, les grecs ou les germains, d’autre part des états modernes qui recouvrent d’autres réalités. Certains peuples peuvent simultanément s’identifier à la fois à une nation et à un état, des états peuvent regrouper plusieurs peuples de différentes nations et certaines nations peuvent comprendre tout ou parties de plusieurs états. Le peuple peut donc avoir une identité forte ou faible, il correspond grosso modo à une région ou à une subdivision de région dans chaque pays d’Europe. La réalité d’aujourd’hui est que ce niveau d’agrégation identitaire apparait comme de plus en plus essentiel, y compris pour les populations migrantes, nationales ou non. On se réclame Catalan, Lombard ou Normand, même si l’on est né à Dakar et d’ascendance malienne ou à Ankara de parents kurdes… Il est donc important que ce niveau de région soit institutionnellement reconnu par l’UE et ce pourrait être par une assemblée représentative des régions. La nation qui conserve un certain sens linguistique et culturel (peu à voir avec les soi-disant « langues régionales ») mais a nettement perdu son sens politique depuis la formation des états-nations et qui n’a pas de représentativité administrative pour l’UE se trouverait supportée par cette même assemblée qui pourrait former des comités nationaux ; une région comme l’Alsace ou la Wallonie pouvant participer à plusieurs comités. Cette deuxième assemblée, moins politique que la première pourrait être composée de deux élus par région avec des règles complémentaires de fourchettes de population par région et de nombre de région par état (sur un modèle électif voisin du sénat américain). Elle aurait pour rôle de veiller aux intérêts plus locaux des citoyens et des forces vives socio-économiques en amendant des textes généraux trop « technocratiques ». Elle contribuerait ainsi à rapprocher l’Union des citoyens et remplacerait l’actuel « Comité des Régions » qui n’a qu’un rôle consultatif dans un dispositif où le Parlement lui-même est peu audible. La région constituerait ainsi la brique au moule standard de l’Union Européenne et L’Assemblée des Régions le moyen à disposition de la fonction trois (le peuple, la région) pour s’opposer aux abus des directives de l’exécutif (fonction remplie, par exemple, par les tribuns de la plèbe à Rome). L’autre niveau administrativement fort est celui de l’Etat découpé en régions aux compétences plus ou moins larges et affermies selon les us nationaux.

    Deux conceptions donc deux statuts
    Force est de constater que le nationalisme étatique n’est pas encore partout en Europe arrivé à la maturité qui permettrait de le dépasser après l’avoir intégré. C’est probablement dans les pays où il a le plus sévi par ses névroses conflictuelles que les esprits ont le plus muri, c’est-à-dire initialement auprès des signataires du traité de Rome puis de ceux qui ont ultérieurement compris qu’ils seraient vite hors jeu sans l’équipe. Ceux des états qui ont su ou qui ont eu la chance de pouvoir rester hors des conflits des dix-neuvième et vingtième siècle, par leur isolement ou par le faible enjeu intrinsèque qu’ils représentaient, ne saisissent pas toute l’importance d’une fédération autre qu’économique qui leur apporte le bien-être sans qu’ils aient à payer aucun prix pour cela, puisque d’autres assument à leur place la pérennité des avantages dont ils profitent. Cela crée de fait deux niveaux d’attente très distincts parmi les pays européens : ceux qui ont conscience des enjeux planétaires pour l’Europe parce que personne ne défendra leurs positions à leur place et ceux qui n’en ont cure parce qu’ils sont sûrs de pouvoir abriter leur « petit coin de paradis sous un petit coin de parapluie »… tenu par des âmes « otaniennes » complaisantes. Tant que ces deux gammes d’attitudes subsisteront, l’UE ne pourra fonctionner qu’à deux vitesses ou plus exactement avec deux types de partenariats, celui des pays membres moteurs et celui des pays, moins membres, plus marginaux.
    Concernant les prises de décisions, l’UE ne peut pas dans ces conditions fonctionner indifféremment avec les uns et avec les autres. Comme ce sont des paramètres géographiques et de poids économiques qui prévalent dans la prise de posture de chaque pays pour un des deux camps, le rapprochement ne pourra se faire que sur le long terme, peut-être plusieurs générations. Cela implique que les institutions de l’UE prévoient ces deux statuts avec des règles de jeu différentes tout en permettant le passage, sans facilité de retour, du second statut vers le premier. Cette différence marquante de statut doit nécessairement se traduire tant dans le fonctionnement exécutif fédéral qu’est l’UE que dans son organe de contrôle qu’est le Parlement. Plutôt qu’une exclusion de certains organes qui n’irait pas dans le sens du passage au statut plénier, il faudrait envisager une limitation des mandats et des domaines de compétence pour les « mineurs ». Aucun état ne devrait avoir voix au chapitre où il ne participe pas. Le but n’est pas de faire une Europe à la carte, mais de codifier deux statuts différents de participation à l’UE avec comme objectif que tous adhèrent au plus vite au statut plein.

    Une dimension fédérale à la démocratie politique
    Le parlement, plus politique et qui doit avoir le pas en dernier lieu sur l’assemblée des régions, devrait avoir le même rôle que celui tenu par la chambre principale dans chacun des états membres, celui antérieurement dévolu à la fonction un dans l’idéologie indo-européenne. Pour cela il faudrait qu’il se constitue en partis à dimension fédérale qui ne recouvrent donc pas les clivages traditionnels nationaux et que ses élections soient effectuées de manière proportionnelle par état, partout en même temps, avec une double barre de représentativité, à la fois nationale et globale pour l’Union, ce qui favoriserait la prise de conscience individuelle de citoyenneté européenne. Tant que l’étape du nationalisme ne sera pas assimilée et intégrée en profondeur dans chacun des états membres, il ne sera pas possible d’envisager un état fédéral européen avec un exécutif de même stature que celui des Etats Unis d’Amérique, par exemple.
    Les politiques au pouvoir dans chacun des états membres n’ont pas à cet égard une position neutre. Ont-ils réellement intérêt à transférer une partie importante de leur pouvoir à l’UE ? N’ont-ils pas intérêt, au contraire, à essayer d’introduire des règlements qui avantagent les activités de leur pays pour mieux se rallier leur propre opinion publique au détriment de la construction européenne ? Ces finasseries du double double-jeu de leurs dirigeants (plus d’Europe pour les avantages mais moins d’Europe pour les inconvénients et plus de pouvoir pour moi [ma nation en tant que dirigeant] dans l’Europe mais moins d’Europe contrecarrant mon pouvoir de dirigeant national) commencent à apparaitre clairement à la vue des européens et à les agacer déplaisamment. En d’autres termes, pendant une longue période, il faudra se contenter d’une transmission progressive et coordonnée de secteurs de souveraineté des états membres vers l’Union dans des conditions difficiles. En conséquence chaque état membre continuera à avoir un exécutif fort et il faudra bien faire coopérer harmonieusement ces exécutifs nationaux avec celui de l’Union dans une formule où, au moins pendant un certain temps, le pouvoir s’exercera du multiple en bas vers l’unique en haut, dans une formule qui ne peut pas être simple.
    Le point le plus délicat concerne la limite mouvante entre les attributions de chaque état et celles couvertes par l’Union. C’est bien sûr plus difficile qu’entre un état et ses régions d’une part parce que le pouvoir s’exerce alors du haut vers le bas et d’autre part parce que les frontières entre les domaines de responsabilités sont bien plus stables au niveau national. Tout cela implique un exécutif bicéphale comme celui d’une société à directoire et conseil de surveillance qui a fait ses preuves dans la bonne marche des affaires. Nous avons donc un Conseil composé des exécutifs nationaux lequel oriente l’action d’une Commission directement impliquée dans la proposition des textes suivant les directives de ce Conseil et dans la bonne exécution des textes de directives votés par le Parlement. Le mécanisme actuel soulève deux types de problèmes par rapport au système démocratique traditionnel des indo-européens : le mécanisme de désignation du chef de l’exécutif reste abscons pour les citoyens et son contrôle par le parlement est sans effet puisque la source de l’exécutif n’est pas la Commission, comme ce serait logique pour une fédération, mais le Conseil… En d’autres termes, la légitimité de la Commission est douteuse, le Parlement européen ne sert pas à grand-chose aux yeux de l’électeur et les intérêts personnels divergents des nombreux membres du Conseil ne facilitent pas sa prise de décision. Pourquoi donc s’étonner du « déficit démocratique » de l’UE ?
    Pour y remédier, il « suffirait » que d’une part, comme dans la plupart des pays démocratiques, soit désigné comme Président de la Commission le chef du parti qui aura gagné les élections européennes et que sa révocation par le parlement entraine la dissolution de celui-ci. Les candidats étant connus à l’avance, l’élu aurait une véritable légitimité démocratique et un statut au moins égal aux chefs des exécutifs des principaux pays membres ce qui fait grandement défaut actuellement. Quand au Conseil il devrait être présidé par une personnalité ayant dirigé l’exécutif d’un état membre, coopté pour la durée d’une mandature (4 ou 5 ans) par ses membres mais en dehors d’eux-mêmes. Ce Président du Conseil serait ensuite confirmé par le Parlement avant sa prise de fonction, « onction » nécessaire de la fonction un sur le chef de la fonction deux pour les « obliger » toutes. Le but serait qu’il se comporte et soit perçu plus comme un « sage » que comme un chef exécutif (fonction un de la fonction deux) au contraire du Président de la Commission (fonction deux de la fonction deux) purement exécutif comme un premier ministre. Le Président du Conseil devrait, en amont des conseils, rapprocher les positions de ses membres et démasquer, sans trop montrer du doigt, les double-jeux lorsqu’ils commencent à faire obstruction à une assez large volonté commune. On comprend bien que le mécanisme reste un peu compliqué pour une construction elle-même pas très simple mais que l’équilibre dynamique des pouvoirs doit respecter les attentes exprimées ou sous-jacentes des citoyens.

    Des fonctions régaliennes de l’exécutif fédéral
    Le rôle de l’exécutif est avant tout d’exercer les fonctions régaliennes (du latin rex/regis = roi) et donc de type deux dans l’idéologie indo-européenne. Elles sont au nombre de quatre par couples de deux : la diplomatie et la défense extérieure, la sécurité intérieure et la justice. Dans une fédération, il faut distinguer trois domaines de décision : premièrement, celles qui concernent les relations diplomatiques et militaires vis-à-vis de l’extérieur pour lesquelles l’exécutif fédéral est normalement délégataire, deuxièmement, celles qui ne concernent que l’activité interne des états fédérés et ne justifient qu’une coordination et une centralisation de l’information pour mieux la redistribuer comme la police et la justice envers les personnes physiques, troisièmement, celles qui concernent la justice et la police vis-à-vis des personnes morales qui peuvent comporter des enjeux plus ou moins lourds entre états membres.
    Ce dernier domaine est démultiplié dans le cadre d’une fédération dans la mesure où la justice implique que des règles communes soient appliquées dans tous les états de manière suffisamment uniformes pour respecter notamment les droits économiques de chacun, protéger les citoyens des abus, favoriser les échanges, etc. Bien évidemment, au départ, les textes de lois correspondant sont différents dans chaque état avec parfois des vides législatifs ici ou là. Une des premières tâches de l’exécutif fédéral est donc de parvenir à mettre en harmonie, sujet par sujet, les législations de chaque pays pour parvenir à l’égalité voulue entre citoyens. C’est une tâche ardue et de longue haleine parce qu’il est normal que des niches (fiscales, commerciales, etc.) et des protections (économiques, sociales) se soient développées au cours du temps dans chaque législation nationale créant un peu partout des bulles de particularismes dont certains doivent être respectés et dont d’autres ne constituent que des rentes de situation détournées du bien public au profit de certains particuliers. C’est tout ce travail d’harmonisation qui rend si impopulaire le travail de la Commission pour les personnes concernées, pour autant que chacun est plus facilement touché par un gros moins que par le total des tout petits plus qui en résultent.
    Une importante partie des problèmes vient de la réponse apportée aux questions : qu’est-il réellement nécessaire d’harmoniser ? Qu’est-ce qui porte véritablement atteinte à la liberté ou à la concurrence ? Des fonctionnaires fédéraux, pressés contradictoirement par les différents « lobbies » et leurs propres ambitions de carrière, ne sont pas forcément les mieux placés mais il faut bien proposer des directives. Des députés non techniciens et pressés par les mêmes « lobbies » ne sont pas forcément les plus aptes pour ce faire mais il faut bien voter des directives. Des représentants des régions n’auront pas plus de compétences que les députés ou que les fonctionnaires mais ils ne risquent pas d’être aussi sensibles aux arguments des « lobbies » pour ce qui concerne les activités locales et doivent pouvoir exercer un droit d’amendement des directives trop ciblées sur ces activités. L’exécutif devrait toujours garder à l’esprit que la diversité est une des conditions essentielles aux fondamentaux que sont l’adaptabilité et l’évolution. Bref, les institutions doivent être organisées pour que le dynamisme fédéral respecte un bon équilibre entre l’harmonisation évolutive et la conservation des diversités, toutes deux nécessaires et garantes du futur. C’est ce que l’on appelle le « principe de subsidiarité » malheureusement peu suivi par ceux qui le prônent, tant il sert abusivement et alternativement d’épée et de bouclier dans les guéguerres entre administrations communautaires et nationales. Une cours fédérale est bien sûr nécessaire pour préciser la jurisprudence sur les cas qui lui sont soumis par une des justices nationales quant à l’interprétation contradictoire d’une même directive par rapport à au moins une autre législation nationale.

    Un pouvoir organisé et crédible
    L’Union, en tant que futur état fédéral, et surtout ses valeurs communes seront représentées par le Président du Conseil. C’est le Président de la Commission qui sera habilité à l’engager avec deux collaborateurs pour chacun des principaux domaines régaliens externes sous sa responsabilité : un Commissaire aux relations extérieures, équivalent du « State Secretary » américain et un Commissaire à la défense. La nomination de ces deux commissaires devra être solennellement approuvée d’une part par le Conseil et d’autre part par le Parlement pour affirmer leur crédibilité internationale tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’UE. Tout comme le Président de la Commission ils seront confrontés aux problèmes résultant du nombre des pays membres, de la diversité des positions et des statuts internationaux de ces pays membres, de leurs alliances, des ambitions personnelles de leurs dirigeants et des différents ministres des affaires étrangères comme de la défense, des pesanteurs souvent séculaires des diplomaties et des armées de chaque état. L’objectif est bien évidemment de faire peser dans le concert international l’UE comme une entité plus forte que chacun de ses membres. « Vaste Programme »…

    Parler d’une même voix
    Dans sa dimension actuelle l’UE compte 27 membres. Le chiffre pourrait, dans le cadre géographique et culturel retenu, monter à une quarantaine de pays. Les 4 pays les plus peuplés, tous membres du « G8 », représentent plus de la moitié de la population totale et les plus fortes puissances économiques au sein de l’Union. Douze pays, à la taille d’une région, comptent moins de huit millions d’habitants. Il n’est pas possible bien sûr de prendre des décisions à plus de 25 dans des domaines comme la diplomatie, la défense ou la sécurité intérieure quand la réactivité est un paramètre majeur. Deux pays sont membres du Conseil Permanent de Sécurité de l’ONU sur 5 membres actuellement. Tous les pays de plus de 10 millions d’habitants sont membres de l’OTAN. A l’opposé, plusieurs pays sont farouchement neutres (Suède, Autriche, Irlande, Finlande) et ne sont pas prêts à se laisser imposer une politique de défense commune, tout en bénéficiant des avantages de leur situation géographique qui les place (assurément pas contre leur gré) sous la protection de l’Alliance Atlantique. Plusieurs anciennes puissances coloniales comprennent encore de nombreux territoires épars de par le monde et elles entretiennent des relations privilégiées (économiques, culturelles, diplomatiques et militaires parfois) avec nombre de leurs anciennes colonies devenues indépendantes. Pour ne parler que des trois premiers états, la République Fédérale d’Allemagne, le Royaume-Uni et la France, il existe un grand respect mutuel entre leurs diplomates d’une part et leurs militaires d’autre part mais la pratique pluriséculaire est de jouer toujours les uns contre les autres avec des traditions et des normes incompatibles autant que faire se peut. Les fiertés mal fondées sont un obstacle majeur à leur coopération (Pride and prejudices). S’il était possible que ces principaux pays à quatre ou cinq s’entendent pour parler d’une même voix, tout serait beaucoup plus facile parce qu’ils sont les principaux contributeurs financiers, diplomatiques et militaires, que leur poids est prépondérant, qu’ils sont en cas d’accord suivis spontanément par les membres les plus raisonnables de l’UE, même si d’autres objectent au « directoire » des puissances. C’est probablement sur ce même clivage que se fera la distinction entre le groupe des membres pléniers de l’UE et l’autre groupe de membres « moins pléniers », au risque que leurs droits soient en proportion de leur solidarité au sein de l’Union. Cependant, il manque un pays leader pour représenter et engager solidairement l’Europe orientale. Le nationalisme étroit et l’immaturité des dirigeants politiques actuels de la Pologne, lui empêche d’assumer actuellement un rôle qui lui serait « naturellement » dévolu.
    On peut dresser la liste des membres pleins qui appartiennent simultanément à l’Eurogroupe monétaire et à l’OTAN : Belgique, Chypre, Espagne, France, Grèce, Italie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal, RFA, Slovénie. Voila le « noyau dur » de l’Europe ; ceux sur qui il faut compter pour faire avancer l’intégration, malgré leurs réticences ponctuelles qui ne conduisent jamais au blocage des institutions. Manquent à l’appel outre le Royaume-Uni, les états périphériques à l’Europe occidentale (hors la Grèce et les états méditerranéens insulaires). Normalement, tous les Etats membre de l’UE signent pour entrer dans l’Eurogroupe sauf le Royaume-Uni qui en a été dispensé (!), le Danemark et la Suède qui n’honorent pas leur signature.

    La France figée et sous peuplée

    La rupture révolutionnaire (1788-1807)

    La Révolution Française commencée à Vizille près de Grenoble en juillet 1788 par des bourgeois enfourchant la révolte populaire du mois précédent, s’achève à Tilsit (Prusse orientale, maintenant Russie) en juillet 1807 avec la fin de la quatrième coalition contre la France. L’Empire issu de la Révolution est alors stabilisé et en paix à l’intérieur comme à l’extérieur. Elle aura duré 19 ans et profondément modifié les mentalités.
    Ni les errements impérialistes de Napoléon, ni la restauration d’une monarchie réactionnaire ne parviendront à détricoter le nouveau costume que les français se sont fabriqué ou à décolorer les laines dont il est fait. Il en ressort un état de droit fort impliquant une administration puissante, fondée principalement sur le concours et subsidiairement sur la compétence, au point de pouvoir jouer elle-même sur l’alternance régulière entre un dirigeant charismatique pour en maintenir la forme et les couleurs et un parlement introuvable pour lui laisser de l’aisance et de la souplesse. Le pouvoir réel est disputé entre le Politique et l’Administration. Le Politique oscille selon la forme des institutions, d’une constitution à l’autre, entre un pouvoir personnel qui finit par aboutir entre des bras qui ne peuvent le porter et un pouvoir collectif d’assemblées qui dérive vers l’impotence. Seule l’Administration perdure dans la continuité. C’est donc elle qui a repris le flambeau de la « fonction un » traditionnelle des indo-européens avec sa hiérarchie structurée de « prêtres-juges » déroulant leurs carrières par concours comme autant d’initiations et d’intronisations, recomposant, défaisant, vidant les lois par ses propres décrets et arrêtés, nouveaux druides, haruspices et pythies. Comme la politique est une affaire trop importante pour la laisser aux politiciens, un grand prêtre de l’Administration a eu l’idée de créer, sur le mode bonapartiste, une école spéciale pour les grands administrateurs parmi lesquels on viendrait chercher les futurs politiciens, après qu’ils aient été bien coulés dans le moule de la formation puis des « grands corps », nouveaux collèges de prêtres jaloux de leurs prérogatives et de leurs clientèles. Ils doivent alors choisir leur parti, sans conviction et indifféremment au gré de leur vision de carrière à l’instant du choix comme le démontrent les parcours politiques d’un ancien Président de la République barrant à droite ou d’un ancien premier ministre guidant à main gauche qu’on aurait plutôt vu échanger leurs rôles… Ainsi la Révolution, faite par les gueux au profit des notables qui les ont manipulés, se trouve confisquée par la haute administration.
    Le mythe, toujours actif (seulement en France ?), est que « Le peuple», c’est-à-dire dans son esprit les couches majoritaires défavorisées du tiers-état, peut en se révoltant ou du moins par une démonstration massive dans la rue changer le cours des choses, « grand soir » pour les uns, « chienlit » pour les autres. Tous les autres partis (bonapartistes, orléanistes (libéraux et régicides), légitimistes, etc.), naturellement opposés entre eux, peuvent alors s’unir sous la houlette d’un pouvoir exécutif fort qui mettra fin au « désordre» en effectuant les réformes nécessaires. L’ubris féminine, orgiaque des saturnales mâtée, on n’ose dire apprivoisée, par la raison masculine. Quand les deux premières fonctions, du fait de leur auto-blocage, ne sont plus capables de faire face aux évolutions de la situation, alors les couches populaires du tiers-état doivent faire levier pour que sautent les verrous.

    A l’issue de la période révolutionnaire, la société française voit ses trois classes se recomposer, non sans misogynie réactionnaire, avec une classe dirigeante aux effectifs relativement élevés issue de la noblesse mais surtout de la bourgeoisie et des notables possédants (propriétaires agricoles, commerçants, professions libérales) qui fournit les officiers à l’armée (caractéristique spécifique de la fonction deux). Une classe populaire principalement composée de petits agriculteurs, d’ouvriers agricoles, d’artisans de petits commerçants, d’employés et d’ouvriers de l’industrie se constitue peu à peu sur le siècle suivant avec un moteur longtemps minoritaire et urbain. Son péché originel est que l’Administration y constitue désormais la « fonction un » avec à sa tête le chef de l’état, son clergé de hauts fonctionnaires issus de la seconde classe puis s’auto-reproduisant, et ses « frères mineurs » de « petits fonctionnaires » si proches des couches populaires qu’ils auront tendance à s’y projeter dans toutes les phases de tension. Une église renaissante issue du Concordat s’est vue en concurrente nostalgique de l’Administration jusqu’à la séparation de 1905. En fait l’Administration (notons la majuscule) s’est en grande partie substituée à la « fonction un » qui n’est plus dès lors légitime que par les assemblées parlementaires, encore que les ministres soient le plus souvent issus de leurs rangs. En dessous de l’échelon national il y a systématiquement confusion entre le Conseil (régional, général, municipal) qui devrait être la véritable « fonction un » et son Président, voire son bureau qui deviennent un exécutif non plus contrôlé par l’assemblée mais dirigeant celle-ci tout en dépendant dans la pratique de l’Administration du niveau considéré contribuant ainsi à la valoriser et à en renforcer les prérogatives.

    D’une révolution à l’autre ?
    L’évolution du XXème siècle voit manifestement la classe dirigeante diminuer en effectif et en pouvoir autre qu’économique au profit d’un tiers-état qui s’est reconstitué avec l’émergence forte d’une « classe moyenne » qui devient majoritaire et qui s’appauvrit par rapport à la classe dirigeante tout en voyant s’améliorer son niveau de vie. Une ambiguïté se lève, à l’aube du XXIème siècle concernant l’Administration : c’est bien l’ensemble de ce qu’on appelle maintenant « la fonction publique » qui constitue, et surtout pas à bon droit, la « fonction un » avec ses privilèges globaux tout comme ceux du clergé sous l’ancien régime et son contrepouvoir interne, non plus hiérarchique mais parallèle, des syndicats de la fonction publique. Cette prise de conscience en cours par la « fonction trois » est lourde de conséquences. Tant que cette dernière a cru, sous l’influence intéressée des syndicats, que les fonctionnaires étaient dans une communauté de sort, elle a accepté leur accroissement en nombre et en privilèges, pensant, à tort, être mieux servie et obtenir les mêmes avantages tout comme les serfs du moyen-âge s’assimilaient aux frères mineurs des abbayes, pensant bénéficier des mêmes prébendes auprès de leur seigneur. Maintenant, le « peuple » prend conscience de ce que les fonctionnaires sont trop nombreux pour ne pas mieux le servir et que leurs privilèges ont été acquis à ses dépens sans qu’il puisse jamais y accéder. Il n’y a plus que les syndicats pour tenter de maintenir l’amalgame entre le peuple et la fonction publique. Cela ne trompe plus personne et constitue une des causes fondamentales de la désaffection qui les frappe et de leur discrédit.
    En France, la conjugaison qui s’opère actuellement entre une « fonction deux » sous représentée au pouvoir désormais réduit à l’économique (fonction trois) sur lequel son poids reste à la mesure de ses connaissances illusoires et concentré sur un nombre de plus en plus restreint de personnes, un pouvoir politique restreint accaparé par une caste politico-administrative jusqu’à l’échelon local des grosses communes et une « fonction un » peu efficiente, abusivement dérivée de la « fonction deux », pléthorique et pesant lourdement sur la « fonction trois » représente un risque sociopolitique et économique considérable, très semblable à une configuration prérévolutionnaire. Le risque est d’autant plus élevé que la collusion s’est installée au sommet de ces élites entre la haute administration, les dirigeants politiques et les dirigeants économiques tous issus des mêmes « grandes écoles » et des mêmes « grands corps ». La mainmise d’une fonction publique autonome sur un nombre croissant d’activités hors du domaine régalien, son empiètement iconoclaste sur le champ politique dénaturent la structure classique des contrepouvoirs démocratiques et corsette la société d’un carcan qui l’étouffe. La politique est devenue un spectacle où priment la forme et l’émotion mais où le fond et le sens restent absents puisque changer les personnes en charge de l’exécutif n’a aucun effet notable sur la réalité quotidienne vécue par les citoyens. Cette configuration est amplifiée par les effets de la mondialisation qui voit les décisions les plus importantes échapper tant au pouvoir politique qu’aux acteurs économiques nationaux au profit d’acteurs anonymes apatrides, agissant sans contrôles puisqu’ils représentent des actionnaires trop nombreux, eux-mêmes représentants des « petits porteurs», directement ou par l’intermédiaire de fonds encore plus opaques, le tout avec comme plus petit dénominateur commun le profit trimestriel sensé, tout à fait à tort bien évidemment, représenter l’intérêt commun à long terme. Bref des décideurs d’autant plus puissants qu’ils sont moralement irresponsables.
    Cela ne tient que parce que les citoyens acceptent l’état des choses et son évolution qui leur a assuré une amélioration de leurs conditions de vie, au moins en apparence jusqu’à présent. Si ces conditions venaient à se détériorer ou qu’elles étaient simplement perçues comme se détériorant, seraient alors réunis tous les ingrédients d’un cocktail particulièrement explosif. Les autres pays européens ou de culture européenne évolués subiront aussi cette crise qu’il leur sera plus facile de surmonter s’ils ont su conserver la séparation traditionnelle des pouvoirs, gardant leurs administrations sous tutelle de personnels politiques indépendants et sous-traiter les fonctions non régaliennes à des agences privées sous contrat avec l’état.

    L’Hydre administrative
    Sur deux siècles la France a réussi à superposer 5 couches de systèmes administratifs dont deux dans les cinquante dernières années : L’Etat, la Région, le Département, Le District ou communauté de communes, la Commune ; chacune levant ses impôts. A cela vient s’ajouter l’administration européenne. La France est le seul pays « démocratique » où les administrations bénéficient d’une justice d’exception à leur profit : les tribunaux administratifs ; cela veut dire qu’elles se considèrent au dessus de la loi commune, tout comme les anciens tribunaux ecclésiastiques… Les français sont, en tout cas, beaucoup administrés ! Aujourd’hui les deux principaux employeurs sont, dans la plupart des villes, l’hôpital public et les services municipaux. La seule administration qui soit régulièrement réformée un peu en profondeur est l’armée, au cœur de la « fonction deux » parce que les militaires n’ont pas le droit de s’organiser autrement que sous le principe de l’obéissance hiérarchique. Certains secteurs sont tellement impénétrables qu’ils ont encore conservé pratiquement leur structure d’ancien régime comme la justice, « fonction un » par excellence (ce n’est bien sûr pas un hasard). Au total l’ensemble de la fonction publique représente entre quatre et cinq millions d’agents soit près du quart de la population « active ». On est loin des « douze mille sangsues qui sucent le sang de la France » dénoncés par Saint Just en novembre 1793 ! Et on comprend que le pays soit exsangue… Quand les règles de la fonction publique peuvent gêner un niveau d’administration alors on crée une Société d’Economie Mixte (SEM) pour développer des activités marchandes et en tirer des bénéfices, parfois aux limites de la légalité, au détriment des acteurs économiques privés ou bien un Syndicat intercommunal pour lever des recettes fiscales hors des taxes traditionnelles. Ces activités sont bien évidemment « gérées » par des fonctionnaires « détachés » placés sous le contrôle d’autres fonctionnaires avec de gros budget « communication ». Peut-on rappeler qu’une fédération aussi vaste que les Etats Unis est gérée par seulement quatre niveaux administratifs dont l’Etat Fédéral, contre six au moins pour la France dont le niveau fédéral qu’est de facto l’Union Européenne ?
    Je ne vois pas la possibilité pour un exécutif, composé en majorité de fonctionnaires déguisés en politiques, contrôlé par une assemblée, elle-même comprenant en majorité des fonctionnaires portant des masques de parlementaires, imposer des réformes intelligentes et nécessaires ni à une Administration, leur bercail, qui a noyauté tous les niveaux de l’Etat ni à de grandes entreprises, publiques comme privées, dirigées par des hauts fonctionnaires qui y ont « pantouflé » (le D pour « Dirigeants » de l’acronyme MEDEF !). Le pire, c’est lorsqu’un organe de contrôle de l’Etat, comme la Cour des Comptes par exemple, sert de salle de repos et d’attente pour les hauts fonctionnaires ayant perdu leurs mandats électifs… Tous ces copinages et coteries ont miné à cœur la démocratie en France.
    On peut donc s’attendre logiquement à un dynamitage de ce système pervers. On connait le détonateur : une baisse de niveau de vie de la population. On connait l’acteur : les couches les plus défavorisées de la population. On connait le bénéficiaire : le quart le plus favorisé et souvent le plus dynamique (la corrélation se doit d’être importante) du « tiers-état ». On connait la victime : la fonction publique et ses prébendes en général, ses hauts fonctionnaires en particulier. N’étant pas devin, je ne saurais préciser une heure.

    Déconfisquer l’Etat
    Pour éviter cette déflagration, il aurait suffi de mettre en œuvre quelques mesures simples et de bon sens. Obliger les fonctionnaires élus à démissionner de la fonction publique sans possibilité d’y retourner dans les cinq ans suivant la fin de leur mandat (séparation entre fonctions un et deux). Interdire tout cumul de mandats électifs. Interdire le cumul d’un mandat électif national avec un mandat social (administration de société ou d’association) (séparation des fonctions un, deux et trois). Interdiction pour toute collectivité publique de souscrire au capital d’une société (une activité de nature commerciale doit être de droit commercial). Suppression des Tribunaux Administratifs. Interdiction des communautés de communes ou de districts, rien n’empêchant des communes voulant s’associer de fusionner. Réduction à trois niveaux des collectivités publiques au plan national : l’Etat, La Région ou le Département, le District ou la Commune (comment peut-on encore aujourd’hui voir des communes de quelques centaines, voire dizaines d’habitants ?). Ma préférence va à la Région, brique représentative au niveau européen et au district qui doit correspondre à des entités gérables ayant un sens géographique et économique comme une ville et sa banlieue ou bien un « pays » rural. Limiter, à chaque niveau de collectivité publique, le nombre des fonctionnaires à un quota maximum de la population. Publicité, pour chaque administration, des rémunérations versées à ses fonctionnaires, primes comprises, pour chaque centile du premier décile puis pour chacun des neuf autres déciles. Un membre de l’exécutif, à quelque niveau que ce soit, ne peut être membre de l’assemblée élue contrôlant l’exécutif de ce même niveau, même et surtout s’il en est issu. Chaque niveau de collectivité publique doit séparer son exécutif de son assemblée de contrôle ou déléguer ce contrôle à une assemblée du niveau supérieur dans des cas qui doivent rester exceptionnels.
    La place de l’Administration est d’obéir à l’Exécutif au sein de la « fonction deux ». Les juges du siège ne doivent pas être des fonctionnaires parce qu’ils appartiennent à la « fonction un », même s’ils sont rémunérés selon des grilles indiciaires similaires. Les magistrats du parquet relèvent au contraire de la « fonction deux ». En toute logique, ces juges du siège qui sont un des fondements de la « fonction un » devraient être désignés sur liste d’aptitude par les assemblées élues, autre fondement de cette même fonction, du niveau collectif correspondant (instance ou grande instance, appel, proximité), ou par certains de leurs membres. A l’exemple du mode de désignation du Conseil Constitutionnel qui devrait être réformé pour dépendre de l’Assemblées Nationale et étendu à tous les conseils qui relèvent par essence de la « fonction un » étant chargés de veiller aux libertés publiques et au respect de la Loi (audiovisuel, éthique, informatique, etc.).

    Découpler fonctions et castes pour fluidifier la société
    Après cinq siècles de romanisation superposés à au moins sept siècles de celtisation, il existe toujours en France deux partis dans le tiers-état : un parti de l’ordre romain contre un parti du désordre gaulois ! Comme tous ces gens sont issus culturellement de gallo-romains, ils se comprennent parfaitement parce qu’ils partagent leur pulsion d’individualisme manifesté collectivement si possible sous formes de grandes fêtes débridées et leur besoin d’ordre protecteur assurant une permanence à leurs « acquis » particuliers ou communs. C’est ce que tente de traduire la devise républicaine de « Liberté, Egalité, Fraternité ». De fait, individuellement, chacun peut alternativement faire prévaloir sa pulsion sur son besoin et vice-et-versa, donc passer d’un camp à l’autre sans préavis. L’exécutif, précédemment représenté par la noblesse franque principalement, très minoritaire, avec ses propres lois, est resté coupé de la « France d’en bas », partagé en une faction légitimiste au pouvoir et une faction frondeuse qui cherche à y accéder, recherchant des appuis étrangers dans un jeu de contre-manipulations. Les clercs, à la fois religieux et administrateurs, issus du tiers-état comme de la noblesse mais à des niveaux différents, tentent de conserver la main en jouant les uns contre les autres, forts de leur influence et incontournables (comme les fonctionnaires aujourd’hui), et pouvant lorsque c’est avantageux s’appuyer sur une autorité extérieure (le Pape hier, la Commission aujourd’hui) ou dans l’autre sens lui résister. Les parlements provinciaux une fois institués ont joué le même type de partition entre la noblesse à laquelle ils aspiraient et le tiers-état qu’ils manipulaient. Rien n’a fondamentalement changé en ce début de XXIème siècle… et c’est bien dommage.
    Pourtant, il devrait être possible, tout en conservant les structures de l’idéologie tri-fonctionnelle si profondément ancrée dans les fondements de la nation, d’opérer une dissociation d’avec le système de castes ou de classe qui en était le support primitif. Il existe en France une viscosité sociale qui est la source de nos principales difficultés socio-économiques. Ce que l’on appelle l’ascenseur social ne fonctionne que de manière discontinue et il y montre une tendance spontanée à redescendre lorsque personne n’appuie sur le bouton pour le faire monter, comme c’est le cas depuis au moins une génération. Les mutations profondes des XXème et XXIème siècles ne sont toujours pas prises en compte dans cette optique. Pourtant ce pays pourrait utilement se remémorer la période qui va du Directoire au début du Premier Empire pendant laquelle il a su, certes sous l’impulsion d’un dirigeant charismatique, retenir le bon grain semé, même au temps des plus profondes ruptures révolutionnaires, et le faire fructifier par des réformes admises par le plus grand nombre pour l’intérêt général. Toutes ces réformes n’ont pas été le fait d’un homme seul, même s’il s’y est fortement impliqué, mais de toute une génération d’hommes nouveaux distingués par leur mérite et leurs compétences à qui le régime précédent bridait l’initiative et le déploiement de leurs facultés. Ces hommes nouveaux existent de tous temps. Il suffit de les repérer, de leur faire confiance et de canaliser leurs énergies. Mais, dites-moi, quel autre rôle attribuer à un exécutif que celui-là, avant de mettre en œuvre les politiques et les moyens nécessaires, une fois approuvés par la « fonction un » ? Qu’est-ce qui peut bien empêcher ce mouvement sinon un système de castes tenant les deux premières fonctions à leur profit pour y perdurer de générations en générations ?

    Conservatismes frileux, moralement coupables
    De ce fait, la France n’est pas seulement un vieux pays, c’est devenu un pays vieux où la peur de perdre surpasse de très loin le désir d’entreprendre pour gagner. Ce sentiment s’y renforce de la prise en compte systématiquement négative de toutes les mutations en cours depuis deux générations : immigration d’origine non européenne, évolution technologique et mondialisation qui induisent impermanence économique, déracinement géographique et insécurité socioprofessionnel-le, allongement de la durée de vie qui questionne sur le sens d’une seconde vie de retraite, « libération » de la femme qui oblige à reconsidérer le rôle de chacun dans le couple, la famille voire la société, effets de la crise environnementale sur les modes de vie, etc. Les français ne voient plus que la bouteille qui se vide sans prêter attention à celles qu’ils pourraient remplir car, enfin, chacune de ces mutations représente aussi une source évidente d’opportunités enthousiasmantes. Beaucoup de mouvements c’est forcément beaucoup d’occasions favorables à saisir. Pour un boursicoteur, la crainte c’est la stagnation des cours : à la hausse, il achète ; à la baisse, il prend ses bénéfices et dans les deux cas il prend des options à contre courant. Nul besoin de s’imprégner du Yi-king (livre des mutations) pour comprendre que la vie est changements et que l’art de la vie, à notre échelle, est d’accompagner intelligemment ces changements ! Ne pas laisser la main à ceux qui n’ont rien à perdre mais tout à gagner est, dans un tel contexte, une grave erreur pour une société parce que ce sont justement ceux-là qui ont le plus de prédispositions à percevoir les opportunités offertes par une conjoncture instable et fluctuante. Pour cela, il faut commencer par libérer les esprits jeunes des carcans inutiles et des mentalités conservatrices (politiquement autant à gauche qu’à droite ; j’appelle conservatisme l’attitude qui consiste à vouloir conserver ce qui n’a plus sa raison d’être) et éviter la confusion entre éducation (comportements ; but : vivre en société), instruction (connaissances ; but : savoir, comprendre), formation (arts et techniques ; but : produire, pratiquer). On ne peut instruire quelqu’un qui n’est pas éduqué ni former quelqu’un qui n’est pas instruit. Instruire ce n’est pas seulement enseigner ; encore faut-il coordonner et intégrer les différents enseignements, éventuellement leur donner un sens. On ne peut délaisser l’éducation à un entourage familial, quand il n’est lui-même pas intégré aux « normes » sociales, sous peine de récolter des individus asociaux (hors un éventuel ghetto communautaire), sans instruction ni métier. Il manque à notre système scolaire une année avant le cours préparatoire avec pour principal objectif l’éducation commune des jeunes enfants. Ce pourrait être la dernière année de « maternelle ». C’est toujours la seconde génération d’immigrés qu’il faut intégrer pour ajouter à la valeur nationale et les moyens n’en sont pas si compliqués.
    Un problème majeur qui se pose aux français de notre époque est celui de l’identité régionale. Auparavant on pouvait faire le « tour de France » ou « monter à Paris » mais on restait toujours de sa province. Maintenant l’impermanence économique oblige à migrer, souvent plusieurs fois dans une vie, et les français ont du mal à se sentir et surtout à se faire reconnaître comme étant de quelque part. On est citoyen et on vote là où l’on habite et pas là où on se sent le plus intéressé. On quitte alors un « bien vivre » et ceci est vécu comme un déracinement. C’est un frein puissant à la fluidité de l’économie et du marché du travail. Ceux qui n’ont pas d’histoire familiale régionale ou qui en font abstraction s’approprient, au contraire, l’identité régionale de leur domicile avec ferveur. On ne peut donc reconnaitre de règle générale autre celle de l’importance croissante de la Région, même avec des contours flous, assimilée à l’ancienne Province (Parlements). Face aux réticences exprimées quant à la suppression de l’identité départementale des plaques minéralogiques apposées sur les véhicules, le remède préconisé est … le blason de la province, pardon, le logo de la Région !

    Ils « entreront dans la carrière quand leurs aînés n’y seront plus, ils y trouveront leurs poussières » mais aucune « trace de leurs vertus »
    On le comprend bien, ce qui caractérise le mode de gestion de la France est le manque de courage politique de son exécutif, peu importe sa couleur du jour. Cette pusillanimité engendre un comportement global, lui aussi symptomatique, particulièrement vicieux et dangereux. La charge et surtout le coût de la résolution des problèmes est systématiquement reporté sur les générations futures. A se demander si le taux de fécondité exceptionnel des Français (par rapport aux autres européens, s’entend) n’est pas la conséquence logique qu’ils tirent des dettes à payer par leur progéniture. Lorsqu’une réforme s’avère indispensable et définitivement plus économiquement ni socialement reportable, on se décide finalement à la mettre en œuvre par le mécanisme le plus compliqué possible, satisfaisant un maximum de particularismes et de revendications égoïstes donnant immédiatement le maximum d’avantages à des bénéficiaires qui n’en supporteront pas la charge. Il y a ainsi en France une « solidarité intergénérationnelle » toujours au profit des générations précédentes et au détriment des générations suivantes. Lorsqu’il a fallu financer les retraites, au sortir de la dernière guerre mondiale, on a choisi un système par répartition qui finance les retraités présents par les cotisations des actifs présents. On aurait pu au moins mettre en place un mode complémentaire de fonds de retraite qui aurait, entre autres, permis de financer la croissance des « trente glorieuses » au niveau de pays comme les Etats Unis, le Japon et l’Allemagne. On y a pensé : les seuls à en bénéficier aujourd’hui sont les fonctionnaires avec la Préfon dont les dépôts sont, bien évidemment, défiscalisés ! Encore actuellement, tous les ans, la France accepte un déficit de sa protection santé ce qui revient à faire financer par ceux qui ne travaillent pas encore l’accroissement de l’espérance de vie de leurs grands parents ou arrière grands-parents retraités. Chaque fois qu’une réforme coûte à mettre en œuvre, elle est financée par le déficit public qui, au rythme maintenant « modéré » de 50 milliards d’Euros par an (en 2008) atteint désormais 1 250 milliards d’Euros soit grosso modo quatre fois le budget de l’Etat et les deux tiers de la production annuelle de la France. Pour ne pas effrayer la population (le tiers-état) on rapporte ces chiffres au PIB, agrégat le plus élevé d’une économie, mais la réalité c’est que ce déficit représente 15% du budget et les intérêts payés sur la dette 12% du même budget. C’est en tout cas comme cela qu’un banquier juge l’endettement d’un ménage. A ce sujet, votre banquier doit tenir compte du fait qu’en moyenne la dette de votre ménage est de 80 000 Euros supplémentaires par le seul fait de la répartition moyenne de la dette publique… et encore sans chiffrer les retraites non provisionnées qui sont dues aux fonctionnaires, contrairement aux règles imposées pour la comptabilité des entreprise privées. De fait l’Etat vend sous forme d’obligations garanties les recettes des impôts qu’il prélèvera, dans le futur, sur les français. Ces quatre vingt mille Euros sont donc le montant de vos impôts futurs en plus de ceux que vous payez habituellement ! Ces procédés de déficits et de report sur les générations futures ont mis la France dans une impasse barrée par le mur des réformes infinançables.
    Peu de solutions existent pour sortir de cette situation. La première est bien évidemment d’équilibrer les budgets des collectivités publiques. Cela revient à économiser de l’ordre de 50 milliards d’Euros par an qui ne seront pas faciles à trouver puisque cela consiste à réduire le budget de l’Etat de 15% ! Ceci dit, il faut bien prendre le taureau par les cornes. La seconde solution serait de diminuer la dette. Si l’on parvenait à supprimer le déficit budgétaire, il y aurait un effet mécanique d’inflation qui éroderait la dette progressivement et qui permettrait de l’éteindre sur une durée qui dépasserait une génération. Une autre possibilité serait, pour ces mêmes collectivités, de vendre leurs actifs inutiles : immobiliers et mobiliers. Les actifs immobiliers de l’Etat sont évalués seulement à 40 milliards d’Euros, soit moins d’une année de déficit. Il faut probablement doubler ce chiffre pour l’ensemble des collectivités publiques et certainement bien au-delà pour autant qu’il n’existe pas d’inventaire sérieux et à jour des biens détenus… impensable pour une gestion privée ! De plus il existe de nombreux biens à valeur artistiques qui pourraient aussi être cédés à des fondations privées. On pourrait imaginer concrètement une société de « defeasance » qui reprendrait ces actifs contre une partie des dettes de l’Etat pour mieux pouvoir les négocier sur la durée, au modèle de ce qui a été fait pour renflouer le Crédit Lyonnais. Cela impliquerait aussi une bonne gestion administrative des choix de financement des investissements publics entre l’achat et la location. Dans ce même esprit, il serait sain que la gestion de ce patrimoine soit dévolu à une direction spécialisée du Ministère des Finances qui refacturerait des loyers marchands aux administrations utilisatrices. Cela permettrait de réduire le volume des locaux en responsabilisant les décideurs et de les inciter à libérer des bâtiments à très forte valeur situés sur les secteurs les plus prestigieux du territoire. Une dernière ressource est la Caisse des Dépôts et Consignations qui gère une grande partie du patrimoine mobilier des collectivités publiques, des actions de sociétés privées entre autres dont on comprend mal qu’elles soient conservées quand la Nation se trouve en si grand péril. Il est difficile d’évaluer ses actifs cessibles parce qu’ils sont disséminés dans une galaxie de filiales ; cent milliards semblent un minimum. Bref il faudrait sacrifier les bijoux de la famille.

    Archimède, au secours ! C’est encore une question de densité.
    Sur le fond, il reste la solution d’augmenter les recettes fiscales… Bien sûr les prélèvements obligatoires ont atteint un des taux les plus élevé au monde et on ne peut penser à en accroitre le pourcentage, même si la moitié des français ne paie pas l’impôt sur le revenu, ne serait-ce que symboliquement, ce qui est absurde. Mais si la France vit manifestement largement au dessus de ses moyens, on peut aussi se poser honnêtement la question de comprendre pourquoi. Si on la compare aux autres pays développés de l’espace européen, on voit immédiatement apparaitre comme le nez au milieu de la figure une raison toute simple : La densité de population est en France la moitié de celle de ses voisins, Espagne exclue (un peu plus de 100 habitants au kilomètre carré contre nettement plus de deux cents). Cela signifie simplement que, pour couvrir un même territoire avec la même densité d’équipements collectifs et le même niveau de services publics à égalité pour tous, il faut dépenser nettement plus, de l’ordre de 50% à 100% en moyenne par personne selon l’homogénéité de la répartition de la population. Cela a bien évidemment aussi des conséquences lourdes sur le coût environnemental par habitant : transports plus longs, déperditions d’énergie sur les lignes électriques, etc. La France n’est donc pas assez peuplée pour viser le même niveau de vie que ses voisins ! Ceux-ci ont à payer bien moins cher des réseaux d’infrastructure à densité égale (hôpitaux, tribunaux, postes, autoroutes, chemin de fer, électricité, gaz, téléphone, etc.) parce qu’ils ont nettement moins de micro zones « désertiques ». Ils peuvent donc à la fois mieux concentrer et rentabiliser leurs investissements et leurs services et donc, proportionnellement, payer moins d’impôts. Dit autrement, si elle veut conserver un niveau de vie égal à celui de ses partenaires, la France doit mettre en œuvre une politique massive d’immigration d’actifs et subsidiairement de natalité qui, elle, n’a d’effets sensibles sur ce niveau de vie qu’au bout de vingt cinq ans, même si l’effet est beaucoup plus rapide sur l’économie. Ainsi, à taux de pression fiscale constant, il rentrerait plus d’impôts et cela résoudrait rapidement le problème des déficits budgétaires. Outre la relance brutale de l’économie qui en résulterait, en commençant par la consommation et la construction, un apport de sang neuf, à condition de pouvoir le canaliser, permettrait une ouverture nécessaire pour décloisonner les blocages de ce pays. Il n’est pas très nouveau de rappeler que le volume de la population est un facteur clé de la richesse des nations… jusqu’à un seuil que la France est loin d’avoir atteint aux conditions actuelles de son développement économique. Reste d’une part à chercher les « réservoirs » de population « utilisables » et assimilables qui sont manifestement en Asie et en Afrique… d’autre part à mettre au point le modèle de développement économique et social correspondant. Il ne peut être question, bien évidemment, de produire aux coûts français ce qui revient bien moins cher ailleurs sauf à vivre en vase clos. Une des solutions peut consister à délimiter des zones d’extraterritorialité temporaire sur le territoire métropolitain permettant à certaines entreprises de produire certains biens ou de fournir certains services à des normes légales de prix inférieures, notamment concernant le prix du travail, quitte à taxer leurs « exportations » vers l’Union Européenne, France comprise.
    Aux conditions économiques présentes (15% de déficit budgétaire, 5 points de pression fiscale à lâcher, 5 à 10% d’effet de nivellement négatif de la productivité des nouveaux immigrants), il faudrait pour conserver le niveau de vie des Français que la France comprenne 25 à 30% de population supplémentaire soit 15 à 20 millions de nouveaux habitants ! Aux conditions de nos voisins européens, l’optimum serait le doublement de la population soit un total de 120 à 150 millions de français…
    Que signifie une baisse importante du niveau de vie des français par la réduction du déficit public ? Tout simplement un arrêt brutal et même probablement un retour en arrière pour toutes les politiques sociales et de santé, la fin de toutes les niches fiscales et une réduction drastique des dépenses non régaliennes, sans que ces dernières échappent totalement aux coups de hache, une privatisation massive de services avec des réductions de personnel allant bien au-delà du non renouvellement de postes et une baisse sensible de la voilure pour toutes les collectivités publiques. Que signifie une immigration massive de populations non européennes? Il s’agit de l’accueil, bienveillant, d’un nombre de personnes supérieur à la vague de rapatriement d’Algérie après les accords d’Evian en 1962 (un million de personnes plutôt bien acculturées), cette opération n’étant plus ponctuelle mais renouvelée chaque année avec des personnes ne connaissant ni la culture ni la langue parlée dans la plupart des cas. Bien évidemment ces gens n’étant pas formés aux méthodes et techniques, il faudra accepter un rendement plus faible de leur travail et mettre en place les politiques en conséquence. Se pose également la question de la discrimination d’avec les salariés « autochtones» et d’éventuelles modifications en conséquence du droit du travail, sans éluder celles relatives aux « acquis sociaux ». Il ne s’agit pas d’une autre planète parce que c’est la voie choisie et mise en œuvre, à leur manière, par plusieurs pays de la péninsule arabique. De ces deux voies de proposition, baisse importante de leur niveau

    1. C’est un peu long, il faudrait songer de raccoursir, ou au moins noter le plan, faire des paragraphes, les titrer

      Juste comme ça,
      La TVA qui est le première impôt de l’état, plus de 40% de ses recettes est d’abord collectée en première main, directement dans le porte-monaie des tout-un-chacun-s par les commerçants, artisans… , ne mériteraient-ils pas d’être critiqués de jouer ce rôle « fonctionnaire » de collecteurs d’impôt en première main ?
      Cette TVA que tous les habitants sont bien obligés de règler, n’est-elle pas un impôt ? , et alors qu’elle représente plus de 40% des recettes de l’état, qu’il faille alors que les inégalité se creusent, pleurer d’un impôt symbolique à prélever sur les foyers non-imposables ?
      Je suis peut-être un peu terre à terre mais je trouverais beaucoup plus logique de prendre l’argent, chez ceux qui en ont tellement trop, qu’ils ne savent même plus quoi en faire, (voire sinon de nous pourir la vie)

      Sur les « fonctionnaires », un professeur d’école privée, sous « contrat simple » ou sous « contrat d’association » est rémunéré par l’état, est-il « fonctionnaire » parce que rémunéré par l’état ou n’est-il pas « fonctionnaire » bien que rémunéré par l’état ?
      La taxe d’ordures ménagères inscrite dans le détail du totale de la taxe foncière ne règle-t-elle que le ramassage des poubelles d’un service communal, ou règle-t-elle aussi celle du ramassage des poubelles délégué à un service privée ?
      Les personnels de ces services privés, en fin de compte financés par des fonds publiques, collectés par les communes, doivent-ils ou ne doivent-ils pas être considérés comme des personnels communaux, une nouvelle forme de fonctionnaires indirects ? (cela pour aboutir d’une charge à payer fatalement d’un coût encore plus cher pour l’habitant, puisqu’il qui paye en outre du service des poubelles, la rentabilité financière attendue par les actionnaire de l’entreprise privée à laquelle a été déléguée le service)
      Je ne sais pas si vous avez déjà subi la privatisation de l’eau comme par exemple à St Etienne, je vais être un peu brutale, mais j’appelerais volontier cela de l’escroquerie, du vol, de la malversion financière, sans aucun intérêt pour les habitants, qui dans un premier temps lorsque l’eau était municipale ont payé les travaux, et juste après dans un deuxième temps avec la privatisation l’augmentation du prix de l’eau.
      Je suis un peu d’accord pour dire que les « fonctionnaires » ne sont pas toujours à la hauteur, mais qu’est-ce qu’un « fonctionnaire » ? qu’est-ce qu’un « non-fonctionnaire » ? est-ce que le « non-fonctionnaire » c’est toujours tellement mieux ? tellement économique ?
      (avec tout ce tralala de toute cette propagande à la privatisation de tout et de n’importe quoi, qui finalement doit bien encore couter quelque part, d’un argent que personnellement je verrais beaucoup plus utile d’être dépensé ailleurs )

      Je comprends votre image de la noblesse, clergé, tiers état, je ne la situe peut-être pas exactement comme vous le faites, très caricaturale, taillée à la hache, emportée, excessive, (je ne connais pourtant pas tant de monde, mais déjà bien assez pour constater que vous êtes un grand rêveur, doué d’une grande imagination ….) mais il y a quelque chose de cela, que moi aussi je ressens de cette féodalisation de notre démocratie représentative, je pense même que l’on finirait sans doute par s’entendre sur pas mal de faits sur ce point là.
      Et donc pour poursuivre dans ce que je vois coïncider avec la régression moyen-ageuse (outre l’évolution de l’impôt, bientôt après la TVA de Giscard, la nouvelle gabelle citoyenne à venir de la taxe carbone ) la furieuse renaissance des péages (les péages d’autoroute, les péages d’internet, les péages de portables, …..) sous une autre manière, mais l’entrave à la circulation sur le réseau en est tout aussi pernicieuse (c’est-là un de nos point de désaccord, je suis pour une gestion publique et citoyenne des réseaux de communication, qu’ils soient voies, routes, fils, tuyaux, ondes… et même la monnaie ) et la rehabilitation comme s’il devait en être naturel d’une part : des remparts, du guêt, des chemin de ronde et autres machicoulis…. et de l’autre, ces grands carnavals, (superficiel, orgiaque, hypocrite, dual,…) la fête, le foot, les jeux olympiques, la mort, la croisade du bien contre le mal, les pleureuses et toutes ces kermesses médiatiques, …

      Sur l’Europe, je suis allée écouter un peu les soit-disant pour l’Europe, avant le référendum de 2005, j’ai entendu une grande éloge de la monarchie des Habsbourgs, j’ai écouté raconter l’Autriche-Hongrie comme un empire si tout, si ceci, si cela et que c’était tellement bien …. et tolérant, et pacifique, et prospère et blablabla blabla …
      Pour mon avis, l’Europe , je n’ai rien contre, mais telle qu’elle se présente, je la verrai surtout à pomper sur la confédération Helvétrique, soit
      neutre (les Suisses ne savaient pas s’entendre sur leurs ennemis, parce que chaque Suisse avaient chacun des amis qui pouvaient être entre eux ennemis, en conséquence de quoi ils ont choisi d’être -neutre, les Européens ne seront visiblement non plus jamais d’accord pour s’entendre sur leurs ennemis ….)
      -polyglote, multi-confessionnelle (la Suisse, cela bien que l’on nous assène et que la différence linguistique est une raison légitime d’accéder à la scission, ou que la différence de religion comme une raison légitime de revendication à l’indépendance, la Suisse reste calme et flegmatique, depuis des centaines d’années, bien que de plusieurs langues et plusieurs religions, le modèle helvétique me semblerait beaucoup plus raisonnable que celui de la fédération état-unienne , alias du modèle soviétique consistant du pouvoir de s’ imposer d’une langue unique, les européens ne le supporteront pas, à la limite s’ils le supportent, ils y perdront tellement de temps et d’énergie, qu’il ne vaut même pas la peine de penser plus loin l’Europe …)
      -une monnaie unique (les Suisses votent leurs impôts, l’impôt fédéral est minimal, la confédération à ce qu’il me semblerait se limite aux pouvoirs régéliens, il y a me semble-t-il, une redistribution de subsides des cantons qui disposent du superflux vers les cantons vraiment nécessiteux imposéé à l’échelle fédérale mais je n’en sais pas plus que ça, pour le reste les cantons gèrent leurs petites affaires un peu chacun à sa manière, je suppose avec l’impôt cantonale un peu plus élevé que l’impôt fédéral, et ainsi de suite …. mais bon tout ça reste à vérifier, car c’est bien trop flou ….)
      -pas de tête de coq (est-ce que vous savez le nom du président de la confédération Helvétique ? parfois on entend un nom, il me semble qu’il change assez souvent mais en vérité je ne sais pas bien , ce que je constate c’est que de ne pas avoir de tête de coq pour la représenter n’empêche pas la Suisse d’exister, d’accord elle n’est peut-être pas toujours à la hauteur et certes que l’on peut la critiquer, mais combien de fois la Suisse a-t-elle semer la guerre ? de quel trouble mémorable l’accuse-t-on d’avoir déservi en ce monde ? en est-elle pour autant si indigeante, si malheuse, si misérable ou dans un tel désaroi ? …)
      Je ne suis donc sur ce sujet de l’Europe, ni pas du tout d’accord, ni totalement d’accord avec vous, sauf peut-être à penser que l’Europe, telle qu’elle est aujourd’hui, telle que les élites voudraient qu’elle soit imposée aux peuples, j’en ai comme le préssentiment que ça ne va pas aller bien longtemps, et qu’il faudrait vraiment se dépêcher de voir autre chose car sinon cela risque surtout de tourner court, ( je proposerais donc un petit stage en Suisse pour nos élites, dès fois que ça les changerait un peu dans leur préconçus, sinon pour ne pas être trop dépaysés, dans une approche pas à pas , une première marche juste pour ouvrir l’esprit des posssibles -il faut bien penser aux anglophones- il y a peut être le Canada, , après pour la difficulté, quelques erreurs à éviter, évidemment il y a la Belgique, sur la cata, il faut faire un tour dans les balcans, -cela bien-entendu en se posant quelques questions critiques sur les conséquences de la chutte du mur de Berlin, sinon autant s’abstenir ….)

  33. SUITE N°2 et FIN

    Que signifie une baisse importante du niveau de vie des français par la réduction du déficit public ? Tout simplement un arrêt brutal et même probablement un retour en arrière pour toutes les politiques sociales et de santé, la fin de toutes les niches fiscales et une réduction drastique des dépenses non régaliennes, sans que ces dernières échappent totalement aux coups de hache, une privatisation massive de services avec des réductions de personnel allant bien au-delà du non renouvellement de postes et une baisse sensible de la voilure pour toutes les collectivités publiques. Que signifie une immigration massive de populations non européennes? Il s’agit de l’accueil, bienveillant, d’un nombre de personnes supérieur à la vague de rapatriement d’Algérie après les accords d’Evian en 1962 (un million de personnes plutôt bien acculturées), cette opération n’étant plus ponctuelle mais renouvelée chaque année avec des personnes ne connaissant ni la culture ni la langue parlée dans la plupart des cas. Bien évidemment ces gens n’étant pas formés aux méthodes et techniques, il faudra accepter un rendement plus faible de leur travail et mettre en place les politiques en conséquence. Se pose également la question de la discrimination d’avec les salariés « autochtones» et d’éventuelles modifications en conséquence du droit du travail, sans éluder celles relatives aux « acquis sociaux ». Il ne s’agit pas d’une autre planète parce que c’est la voie choisie et mise en œuvre, à leur manière, par plusieurs pays de la péninsule arabique. De ces deux voies de proposition, baisse importante de leur niveau de vie ou immigration massive de non européens, laquelle est la moins inacceptable par les français ? Question impossible. Dans la pratique, où se situe la limite du réalisme ? Probablement avec une légère baisse de niveau de vie et une légère augmentation de l’immigration dans une solution très insuffisante pour revenir à un équilibre budgétaire maîtrisé. Politiquement et socialement, est-il possible d’alléger le déficit annuel de plus de 15 ou 20 milliards d’Euros? Je ne le crois pas.
    Cette impossibilité à éteindre le déficit annuel conjuguée aux problèmes structurels de la démocratie française met ce pays au bord de l’explosion. Il n’est pas sûr, en partie pour des facteurs similaires comme la densité de population mais également pour d’autres raisons intrinsèques, que d’autres pays d’Europe ne soient pas dans une situation très comparable. Cela ne peut rester sans effet sur la construction européenne dont la France constitue l’un des principaux facteurs de risque.

    Gouverner la France entre Charybde et Scylla
    Il existe bien une troisième possibilité qui remettrait en cause les chers (très chers !) principes républicains d’égalité et probablement de fraternité. Il s’agirait de reconnaître les disparités de territoires justement pour éviter de les combler ; c’est-à-dire accepter la « mise en réserve » du développement de certaines parties, plus ou moins désertifiées du pays pour se concentrer sur les équipements « rentables » dans les zones à plus forte densité, comme le font « naturellement » les grands pays développés à densités de populations très inégales : Etats Unis, Canada, Australie. Il est bien évidemment plus facile de mettre en œuvre une telle stratégie quand les choix reviennent à désigner là où l’on veut aller préférentiellement que lorsqu’i faut désigner les territoires que l’on doit remettre en friches à grands regrets. Il s’agirait donc d’organiser une désertification raisonnée et programmée de la moitié des territoires français métropolitains… Resterait à expliquer aux 10 ou 20% des français concernés, souvent déjà défavorisés, qu’ils n’auraient plus « droit » à bénéficier de la proximité des services publics et marchands à quoi tous restent fortement attachés. On comprend cependant que cette dernière solution serait la moins difficile et la moins déstabilisante puisqu’elle ne toucherait pas, de quelque manière que ce soit, la très grande majorité des français, sauf sentimentalement quand on se sent des racines, par exemple dans la Creuse… Evidemment, la contre partie est qu’une minorité non négligeable d’une dizaine de millions de français seraient, eux, face à de grandes difficultés de choix : rester dans le « désert » et dans quelles conditions ? ou bien migrer dans les zones développées avec quelles aléatoires compensations ? Sans que cela soit explicite, c’est en tout cas la solution qui est imposée dès à présent pour les administrations de la justice, de la santé et les armées. En outre, les choix principaux ont déjà été pré-opérés lorsque l’on se réfère aux cartes superposées des réseaux autoroutiers et du TGV. La véritable difficulté concerne les villes petites et moyennes dont le réseau est trop dense en raison de la logique prévalente ex ante de couvrir l’ensemble du territoire au détriment de celui des grands centres urbains dont le faible nombre est une caractéristique de la France en Europe. En bref, il faudrait remplacer une logique de couverture du territoire français par une logique de densification structurante. Il y a de fortes probabilités pour que les pays « désertifiés » deviennent alors le « parc naturel » privilégié des résidences secondaires de l’Europe occidentale, source d’une vitalité future et d’une densité de population accrue… On pourrait aller jusqu’à la création d’un statut spécifique de résident permanent ou semi-permanent dans ces territoires permettant d’y développer l’emploi de services, d’entretien des paysages, des terres et des bâtiments, comme une « réserve de qualité de vie » à l’intérieur de l’UE. Pour la production d’énergies, on différencie sur la distinction entre flux et stocks les « bonnes » sources renouvelables de celles qui sont épuisables. Il est tout à fait possible d’opérer la structuration du territoire sur le même fondement en développant les réseaux supports des flux de transport au détriment des stocks d’implantions nombreuses notamment en services publics. Economiquement, mieux vaut se concentrer sur des équipements performants et faciliter leur accès rapide que démultiplier des implantations toutes mal adaptées. C’est particulièrement vrai pour toutes les administrations « administrantes » qui ne reposent que sur la circulation des informations, à condition de prévoir des relais locaux pour pallier par des « correspondants » les déficiences de communication avec les « administrés ». Dans un tel contexte, les réseaux de transport sur petites et moyennes distances publics ou sous contrat prennent toute leur importance. Il y a là aussi une pesanteur historique importante à surmonter. Jusqu’au début du dix neuvième siècle, première révolution industrielle, la France était comparativement au reste de l’Europe un pays très peuplé avec plus de vingt cinq millions d’habitants vers 1800 et une densité de l’ordre de 50 habitants au kilomètre carré. La répartition de la population était assez équilibrée sur le territoire et la mémoire collective a conservé cette vision qui correspondait bien à l’égalité de tous et partout promue par la Révolution. En deux siècles la densité relative de la France vis-à-vis de tous ces voisins européens n’a cessé de se dégrader sans que les mentalités s’ajustent à ce changement. Autour de la France la plupart des pays ont vu une croissance plus importante de leur population dans une répartition mieux équilibrée sur leurs territoires. D’autres comme l’Espagne ou les pays scandinaves aux densités voisines ou plus faibles ont crû à partir de pôles de concentration urbaine le plus souvent côtière et ne rencontrent donc pas maintenant le même type de problème. Même la Pologne dont la structure était à peu près semblable a vu sa densité augmenter de manière homogène à 20% au dessus de celle de la France. Cette dernière apparait donc, sous cet angle fortement déterminant, comme une exception dans l’UE.

    Pour résumer, la France se trouve dans une situation prérévolutionnaire. Pour en sortir en évitant l’explosion, il lui faudra adopter une logique de développement contrastée entre ses territoires et fondée sur le principe de densification structurante à partir de la recherche opérationnelle des optimisations à long terme. Les réformes correspondantes devront être menées par un exécutif qui accepte de sortir de la pusillanimité ambiante, de fluidifier la viscosité sociale au profit de la classe moyenne supérieure de l’économie concurrentielle qui est seule à même de pouvoir tirer l’ensemble (comme l’ont bien compris les autorités chinoises), de diriger efficacement ses administrations limitées au strict nécessaire et de laisser la place qui revient normalement à des pouvoirs législatifs et judiciaires au sein des institutions de la République.

    XXX

    1. @ EOLE,
      Respect pour vos commentaires, mon « ascenseur » a faillit caler entre deux étages. Ne voyez pas d’ironie excessive dans mes mots (ni dans ce que j’écris en dessous), mais un clin d’oeil: je sens que je vais me caler vos textes derrière l’oreille pour les fumer plus tard.

      @ Paul Jorion et aux modérateurs,
      J’ai quand même une question importante qui me vient, et que je pose aux différents chambellans du lieu:
      Quand des textes comme ceux-là débarquent sur le blog, le « modérateur » de service les lit vraiment?!
      Si c’est bien une lecture scrupuleuse (et non en diagonale, à la recherche rapide d’outrances écrites) qui est faite, j’espère que celui ou celle qui fait le travail a ensuite le droit d’aller prendre l’air!

      Bon courage en tous cas (ça chauffe bien en ce moment par chez vous!).

    2. Si la France est dans une situation prérévolutionnaire, ce qui est possible mais peu visible tant le désir de révolution est refoulé, j’ai deux questions :
      La situation est ‘elle prérévolutionnaire dans ce seul pays ?
      Pourquoi l’éviter, cette révolution tout aussi désirée que redoutée ?

    3. @Marlowe

      1) oui mais ce n’est pas une généralité et sur des contextes aux héritages différents.
      2) je n’ai pas de réponse (JOKER!).

    4. j’ai essayé de lire, hélas , je n’ai pas pu, (je crois bien que comme je ne suis pas d’accord avec la théorie de l’aménagement du territoire de notre ami Eole, …. il vaut mieux que je zape le morceau tout entier, …)

  34. dimanche prochain on sera plus nombreux à voter si François Leclerc donne ses consignes… avant le fermeture du scrutin ; scrutons ses billets…

    vive les Pères de la blogorasphère !

    1. Les bras m’en tombent, s’en remettre a FRANCOIS leclec pour exprimer une opinion.

      Reflechissez par vous meme, on n’as pas besoin d’un gourou et francois ne le revendique d’ailleurs pas.

    2. il nous faut un guide, pas un gourou, François Leclerc ne cherche pas à tirer profit de notre ignorance puisqu’il sème la bonne parole sur les autoroutes de l’information. Il prêche, tel un messie du web, nous pouvons le suivre, sans douter, nous devons nous situer sur la limite même de son savoir, sans perdre confiance. Avancer sur cette crête sans sombrer…

  35. Antigone, ce matin a un visage radieux. Elle est belle, plus belle que jamais. Elle sait que comme son père avec qui, fidèlement, elle avait traversé le monde, elle a du transgresser l’interdit. Mais elle n’en éprouve aucune honte. Elle sait que Polynice aura un peu retrouvé de sa dignité. De sa geôle, dans laquelle les hommes de pouvoir n’ose plus pénétrer, elle pense à Ismène, la très raisonnable Ismène qui n’avait pas voulu l’aider…ou si mal. Mille choses seraient à dire sans doute, mais il est bien tard. Et puis les mots, les mots…ils sont lavés les mots…ils sont lavés…

    1. Je crains qu’elle se métamorphose bientôt en Electre et qu’avant de voir poindre « l’aurore au doigt de rose » nous assistions à la scène du crépuscule des dieux baigné de sang et de larmes…

  36. Aux abstentionnistes,

    Hier, comme depuis bien des années, j’ai tenu l’un des bureaux de vote de ma commune. Comme d’habitude, le rite a repris. Les jeunes enfants, sur les épaules de leurs parents, glissant le bulletin dans l’urne. Les Vieux, qui marchent à peine, qu’on escorte, qu’on ne reverra peut-être plus. Les jeunes au 1er vote, embarrassés comme des rosières. Et eux, les reverra-t-on? Le dépouillement des bulletins, enveloppe par enveloppe : l’effroi qui saisit peu à peu, ou au contraire la joie qui se contient. L’apéritif du soir, où chacun devient politologue. Au long des années, au long des années…

    Jamais je n’ai regretté ces dimanches « perdus », ce rite républicain, ses pompes, ses oeuvres, parfois contestables. Il n’est pas si vieux : 130 ans pour la moitié d’entre nous, depuis 1945 pour l’autre moitié. Et quelles terribles interruptions… Quelque chose d’unique se joue là entre nous tous, qu’un anthropologue saura sans doute décrire, avec des mots choisis. Qu’on y réfléchisse…

    Voilà, mon précédent billet était un peu acide. J’espère que je me suis mieux fait comprendre…

    1. +1 comme on écrit

      Éducation générale, politique, civique ET économique.

      Formons des citoyens éclairés

    2. @ François Le Sombre,

      Merci d’évoquer ce rituel comme vous le faites. Vous en parlez magnifiquement bien. Il a un sens ce rituel, comme tous les rituels. Il est bon que des types comme vous continuent à le servir, même si ce qui à été à l’origine de son établissement est parfois oublié.

      Toutes choses étant égales par ailleurs (« ceteris paribus sic stantibus » dans la langue des curés), je pense à ma mère, catholique très croyante, qui a cessé très jeune de fréquenter les églises, quand elle a vu ce que certains curés faisaient de sa croyance (elle en avait vu certains choisir de rester dîner au presbytère, plutôt que de servir la messe pour seulement trois personnes venues de loin à pied). Et pourtant elle aimait ce rite, venu du fond des siècles.
      Doit-on la blâmer?

      Doit-on blâmer les abstentionnistes qui ne viennent plus sous l’isoloir, après avoir vu ce qu’on faisait de leur vote?
      Il peut y avoir aussi du respect pour ce rituel, caché derrière certains gestes d’abstention.

      Merci encore à vous, de ce que vous faites pour tenir le lieu sacré d’expression de la démocratie. Il se pourrait bien que les abstentionnistes retrouvent un jour le chemin des urnes, et ils trouveront donc quelqu’un pour les accueillir.

    3. ben oui, mais même cette « convivialité » va disparaitre avec l’arrivée des machines à voter !

      vous savez les pet’tes machines programmées pour compter les votes ( au fait qui fait les programmes ….. )

      jusqu’au jour où vous voterez ( oui vous, parce que moi j’ai déserté le spectacle depuis 2002 et que je ne suis même plus sur les listes électorales ! ) depuis chez vous avec l’internet ( sécurisé l’internet bien entendu ! )

      au fait l’être humain est il un homo économicus ou un être social qui ne s’épanouit que de la rencontre de l’autre ?

  37. Il est toujours tentant de faire voter les abstentionnistes et de tirer vers sa propre préférence la signification de ce silence qui par définition ne « dit » rien .

    Je suis moins sévère que d’autres sur le moindre écho donné par tel ou tel à ce constat évident du premier tour . C’est un peu la règle médiatique imposée aux « ténors » . J’ai eu la joie de voir sur ma télé locale qu’au contraire , au ras des pâquerettes , c’étaient ce qu’évoquaient d’abord les têtes de listes locales .

    Je ne partage pas non plus l’idée ( même si je sais bien qu’elle est majoritaire ) que la région ça n’est pas important . Je m’en étais expliquer ailleurs …avant le vote . La région est le bon niveau d’efficience économico-démocratique . Elle a le handicap en France de ne pas avoir les moyens financiers de ses compétences . Elle est politiquement le bon niveau pour  » acculer » l’Etat à se repositionner et à se redéfinir dans une identité nationale revisitée , avec l’Europe comme autre mâchoire de l’étau . Je suis curieux de voir ce qui va se passer en mai lors d’élection dans le land de Rhénanie du nord -Westphalie ( les lânder ont des ressources financières énormes ). Les régions c’est le moyen territorial pour une nation de faire entrer les discours dans les faits : ça n’est pas rien . C’est même le début de tout .

    Pour revenir à l’abstention ,je ne me renie pas ( encore ) . Elle reculera quand :

    – l’enjeu marché vs liberté sera plus clairement illustré

    – l’enjeu liberté vs démocratie sera mieux illustré

    – l’enjeu d’une voix « française » sera mieux illustré

    – sera gommé l’outrage d’un viol de l’expression populaire fondamentale : TCE retour par la fenêtre de Lisbonne .

    – Les débats médiatiques ( télé en particulier ) ne seront plus structurés comme des combats du cirque et des spectacles .

    En tous cas , pouvoir la mesurer à défaut de l’interprèter , c’est un privilège rare de la démocratie .

    A déguster avec modération .

    1.  » En tous cas , pouvoir la mesurer à défaut de l’interprèter , c’est un privilège rare de la démocratie  »

      la démocratie , c’est le meilleur système pour extorquer le peuple d’un point de vue de rentabilté et de stabilité du vol ; c’est surtout un système pour « riches »

      Encore que la manipulation des peuples s’est sophistiquée et la démocratie représentative s’exporte même dans des contrées « inhospitalières » . On ne compte plus les dictateurs élus démocratiquement …….

  38. Je me pose la question de la responsabilité des médias français dans ce désamour du politique.

    Pour une fois j’ai regardé une émission politique sur une télé française. Amusant: une journaliste se tortillant de plaisir sur son siège à chaque annonce d’une défaite de la droit au point que François Coppée ironise: « Vous passez une merveilleuse soirée, n’est-ce pas? ». Cécile Duflot, ravie du succès d’Europe Ecologie se voyant rétorquer par un autre journaliste « Vous espériez quand même mieux, non? », l’air de dire, vous n’avez quand même pas vraiment gagné… Et puis, surtout, cette polarisation sur les personnes et pas sur les idées. Je ne voudrais pas jouer mon petit Baudelaire à rebours mais quand même, pauvre F…

    1. Helas, vous avez raison.

      Dans un autre registre, l’emission politique de france inter de mercredi soir ou marine le pen s’est faite torpiller pendant 40mn avec, on l’entendais clairement, une morgue et un dedain journalistique a son egard.

      Bref au lieu de donner a penser, d’eclairer le debat, les journalistes projetent leurs opinions, leurs a prioris, et se ridiculisent, tout en pleunichant regulierement sur le desamour que leur manifestent les francais.

  39. Il suffit de mettre les pieds dans l’Hôtel de région des Pays de Loire (ou de la Bretagne), dans les divers Conseils Généraux pour ne pas avoir envie de voter!

    Ce n’est que marbre, verre, matériaux nobles, bureaux spacieux et machines à café constamment en action entourés de gens (certainement très occupés) qui discutent, c’est très évident, de choses d’une importance extrême.

    Pendant ce temps là, les PME ne peuvent financer leurs bureaux, et leurs services administratifs galèrent dans des Algeco.

    Le Français (comme dirait Martine Aubry) commencent en avoir marre du hold-up des partis politiques sur la simple vie des gens.

    1. Pour ce qui est de l’hotel de région des pays de la loire c’est la droite qui a construit le palais, mais c’est vrai que cet édifice est horrible et glacial. je signal aussi qu »en pays de la loire ou ailleurs les impots sont majoritaires détournés au profit des entreprises privées et autre organisme paritaire, fongecif, truc en cif, formation en tout genre, marchés public corrompus avec les grosses intreprises bien placées par les copains, enfin de véritable panier de crabe ou l’interet supérieur publique du peuple est complètement nié.

  40. Si les bureaux de vote avaient eu à comptabiliser quelques 26 000 000 de :
    -« m……. »
    -« allez vous…………………… »
    -« bande de ………………….; »
    et autres joyeusetés du même tonneau au vu et au su de la population assistant au dépouillement que ce serait-il passé ?
    Ils auraient fermé les bureaux ?

    1. Louise, qui sont ces « ils? ». Chaque citoyen peut demander à faire partie du bureau de dépouillement. Ce qui d’ailleurs ne change pas le résultat, évidemment…
      Techniquement, la réponse à votre question est simple : chaque bulletin comportant du texte est considéré comme nul, sans être autrement lu, et heureusement. Mais je suppose que votre propos était métaphorique…

  41. Vous l’aurez peut-être remarqué mais à chaque fois qu’une élection se produit, c’est toujours le même genre de numéro qui se produit à l’antenne, le même bord celui des gens victorieux qui éprouvent le besoin de faire ressentir aux autres leur nouvelle virginité retrouvée.

    Hélas il y a bien longtemps que ces précieux et précieuses de droite comme de gauche, que ces gens là ne vivent plus du tout le même quotidien que vous et moi aussi bien sur les bancs de l’assemblée nationale que dans les beaux ministères et appartements dorés, d’ailleurs lorsque vous les écoutez s’enfler de nouveau à l’antenne, ils viennent toujours vous faire la morale les premiers en matière de démocratie, de vie ou de chômage surtout à l’égard des jeunes gens encore bien naïfs et influençables en société.

  42. Je crains que nos concitoyens soient ignorants. Ils ignorent que l’action de l’Assemblée Régionale les concerne dans leur vie de tous les jours. Education, transport…

    Responsables de cette ignorance, les Média, l’Ecole, le monde politique…Plus les Français eux-même. En effet j’ai assisté à une réunion qui a eu lieu dans un quartier de Lyon. Nous n’étions qu’une vingtaine. J’ai beaucoup appris sur le rôle des conseillers généraux et leur action.

    Quelle inertie! Quelle manque de curiosité!

    1. Je ne suis absolument pas de votre avis. J’écris en connaissance de cause, je dirais même en qualité d’observateur privilégié du fonctionnement des assemblées départementales ou régionales (de plusieurs territoires), permettez-moi de ne pas en dire plus.

      Croyez-moi, il y a beaucoup à redire sur leur fonctionnement, ils ont bien des compétences fondamentales, mais ne jouent pas le rôle que l’on attendrait d’eux. Ils ont une vision complètement bureaucratique de leurs compétences et provoquent des effets d’aubaine insensés et souvent inutiles avec leurs systèmes de subventions. DE plus, les petits calculs électoraux, les guéguerres entre partis ne sont jamais très loin, au détriment de l’intérêt général.

    2. @ PSN :
      +1. ils ont des ‘incompétences fondamentales’. Bon, c’est jute pour rire. Mais parfois, quand on sait, le rire se tord et devient amer …

  43. La politique c’est peut-être aujourd’hui plus que jamais l’art de rendre possible ce qui est rendu nécessaire !
    En attendant, nous avons les élus et les démocraties que nous vallons !! la formule est éculée mais la vérité, c’est qu’elle nous rappelle à nos devoirs ! Mesdames Messieurs et sauf votre respect le plus sincère, nous sommes seulement une poignée à réagir et nous savons ne pas être surpris ni de ce qui arrive ni de ce qui arrivera si. Merci aux Hommes qui comme Paul JORION nous « filent des baffes » régulièrement utiles pour maintenir éveillées les consciences ..les notres sont probablement allumées Vs l’ane qui n’a pas soif… Continuons de faire prospérer ces lumières dans nos campagnes, dans nos villages et dans nos villes. Disons que si l’Information (la Vraie) est définitivement quérable, demandons-nous dès lors en tant que « Sachants » ce que nous pouvons en faire ! n’ayons pas peur de nos idées. Bonne journée.

    1. Les règles de quorum selon les scrutins sont sous l’oeil du conseil constitutionnel . Elles visent le pourcentage des voix par rapport aux exprimés , ce qui dans l’esprit de notre constitution est la meilleure incitation pour aller voter .

      Je ne sais pas ce qui se passerait si , pour une présidentielle , l’abstention était supérieure à 50 %.

      L’élu(e) s’il (elle) est digne de la République aurait sans doute intérêt à retourner s’expliquer pour un nouveau round .

      Il me semble qu’en fait pour ce type d’élection , l’abstention la plius forte devait être de l’ordre de 35 % .

      Mais une consultation des règles constitutionnelles en matière d’élections est sans doute appropriée .

      Personnellement je trouve assez saine , l’idée qu’on ne peut accorder un prix qu’aux opinions exprimées ( il y a par contre effectivement à débattre sur le mode de comptabilisation des votes nuls ou « blancs »).

    2. Je remarque aussi que les règles de vote lors des assemblées générales de copropriété , compte tenu justement du constat là aussi de la généralisation des absences ( sans même délégation de pouvoirs ) , ont considérablement évolué vers la prise en considération des votes présents et l’allègement des règles « majoritaires » , tout ça afin de permettre la sauvegarde et vie de la copropriété .

      J’ai un peu tendance à octroyer une même bonne part de jouissance consumériste égoïste , à l’abstentionnisme électoral citoyen .

      On ne vient aux assemblées générales que lorsqu’on y a un intérêt très personnel …ou qu’il y a le feu à la copropriété ( ce qui revient au même) .

      Il doit bien y avoir un chercheur pour étudier cette analyse comparative de l’évolution quantitative et qualitative de l’absentéisme , dans toutes les occasions de vote .

  44. Abstention, blanc ou nul, la solution pour ne pas prendre position.

    Le vote est on sondage grandeur nature, même avec 53% d’abstention, il me semble que statistiquement les résultats à la virgule près, reflète l’état des forces en présence et le clivage de la société sur des idèes largements dépassèes.

    La question essentielle, mais que veulent les Citoyens, des individualités ou des humanités, le partage ou l’appropriation. Fixons un but, et il y aura bien un politique pour y répondre.

  45. Bonjour à tou-te-s et Merci,

    « Anti-dédicace aux élections »

    Au lendemain des élections
    Certains cherchent ce que ça veut dire
    Qu’atteindre un record d’abstentions
    D’un sur deux qui nous fait frémir !

    Si un sur deux abstentionnistes
    Pouvaient ici se mettre d’accord
    Sur des projets formant une liste
    Celle-ci battrait tous les records !

    Ce serait de la Politique
    Avec un grand P majuscule
    Où la voix tairait les cyniques
    Et les fraudeurs trop ridicules !

    L’Etre humain se verrait grandir
    Par sa parole et sa sagesse
    Afin de toujours mieux remplir
    Sa mission en délicatesse !

    luami
    Bon voyage dans la Vie !
    http://luami.viabloga.com

  46. La France peut-elle encore donner le change, tomber plus bas, plus bas encore que nos élites
    que les autres nations à cause de sa conduite ?

    J’aimerais tellement parfois que le changement puisse venir d’un autre pays, la Mongolie par exemple, la France toujours la France, mais pourquoi recherche-t-elle tant à faire la grande comme l’Amérique depuis quand cela dure ? Qui peut croire encore bien naïvement que le changement puisse venir de notre pays, de nos lumières, de gens comme nous ?

    Oui n’ayons pas peur de nous dire cela aussi dans nos échanges, continuons encore à faire entendre aux autres, au monde, aux peuples, dans nos villages, les villes que nous seuls apportons la lumière surtout en période de crise, il ne faudrait quand même pas laisser plus longtemps le monde vivre dans cette ignorance, qui en doute encore transport, éducation, sécurité, contrôle, bureaucratie, et j’en passe et des meilleurs sortant encore de l’Ena aujourd’hui, ha si seulement la plupart des gens dans le monde pouvait toujours prendre exemple sur nous, nous admirer, nous flatter, surtout sur le rôle de certains élus, conseillers généraux ou pas dans leur action, si si je vous assure, quelle grande inertie du monde quand même par rapport à la France, le pays de la culture aussi sur certaines radios, ha si seulement nous pouvions toujours en exporter nos meilleurs spécimens dans le monde, oui nous sommes vraiment bien la fine fleur de l’humanité je trouve.

    Et oui Après L’Amérique la France en prend encore un sacré coup dans le derrière aujourd’hui …

  47. « La gauche en tête, l’abstention aussi » titre Libé, le nez sur le guidon ou comme sur une photo finish… Imaginez une ligne droite, cent mètres, 1er le blanc, derrière tout de même assez loin 2ème un rose. Il est vrai ça se complique, le problème étant que cette image désigne un « blanc » qui tout en étant premier n’a pas vraiment participé… on s’embrume entre Alice et Zénon et le rose court encore. La formule du « vote sanction » claque, c’est embarrassant, surtout pour les journalistes qui font de nous des instruits, ce quelque chose qui n’a pas de visage, un grand corps sans visage? un fantôme dans la glace?
    53,5% valent bien un petit éloge. Comme par exemple mettre la colonne abstentionniste au centre, pour la voir epu à peu s’éroder, couvrir celle de droites ou de gauches. On veillera donc de ne lui mettre aucune couronne.
    Je pense à Bartleby, Bartleby the Scrivener (A Wall Street History) qu’a “côtoyé” Melville, agent des douanes, dans un immeuble de Wall street (et son fameux « I would prefer not to » – je préfèrerais pas), Bartleby dont Deleuze disait qu’il « n’est pas le malade, mais le médecin d’une Amérique malade, le medecin-man, le nouveau Christ, ou notre frère à tous. »
    Extraits Bartleby le scribe :
    « Qu’entendez vous par là ? Êtes-vous dans la lune ? Je veux que vous m’aidiez à collationner ces feuilles, tenez. » Et je les lui tendis.
    « Je préférerais ne pas », dit-il.
    Je le regardai fixement. Son visage était émacié ; dans son œil gris régnait une vague placidité. Aucune ombre d’agitation n’en troublait la surface. Y’aurait-il eu dans ses manières la moindre trace de malaise, de colère, d’impatience ou d’impertinence, en d’autres termes, y’aurait-il eu quoi que ce soit d’ordinairement humain, je l’aurais, sans doute aucun, chassé avec violence de mes bureaux. Mais, en l’occurrence, c’est plutôt le pâle buste de Cicéron en plâtre de Paris que j’aurais songé à jeter par la porte. »

  48. Vu comme ça, c’est une autre histoire…c’est drôle en 2007 l’enthousiasme pour aller voter (il faut se rappeler des taux de participation de plus de 85% qui impressionnaient les journalistes étrangers) et trois ans après plus rien…c’est la grande désillusion…Sarkozy a déçu (pas personnellement, c’est plus ou moins à ce que je m’attendais en 2007), le PS est un vote par défaut…et non pas un vote d’adhésion…la dernière fois que l’on a dû voter PS par adhésion c’était en 1981 ??? Je n’ai pas connu cette époque.
    On peut positiver en se disant que le sarkozysme vit ses dernières heures (espérons-le) et que ces cinq années ne seront qu’une brève parenthèse dans l’histoire de France…La droite « républicaine » est aujourd’hui à 26 ou 27 % i.e 10 à 15 points de moins que normalement
    J’ai du mal à interpréter les résultats du FN…ses scores en PACA et Nord-pas-de-Calais où le désarroi social est à son comble sont inquiétants. Si on additionne le score de la ligue du sud en PACA, le FN est à 25% !
    53% d’abstention : j’ai du mal à y voir exclusivement l’expression d’une lassitude face à la politique…pour un certain nombre c’est vrai et il peut représenter jusqu’à la moitié…mais le reste est je dirais davantage apolitique qu’autre chose, ça baigne dans un vide idéologique, ça ne s’intéresse pas du tout à la politique, préfère rester devant sa télé devant le grand prix de F1 le plus consternant de l’histoire récente et apprend sûrement à 17h qu’il y avait des élections…

  49. Il n’y aura jamais d’accent mis sur le compte des votes blancs, ni de réelle prise en considération de l’abstention : l’interprétation des résultats est fondée sur le postulat d’un soutien unanime à l’organisation politique sous sa forme institutionnalisée, complété par la fiction que toute opinion trouve nécessairement au sein de l’éventail des partis, l’un d’entre eux qui la représente fidèlement.

    Ma petite plaisanterie consistant à représenter l’abstention comme équivalente au choix d’un parti, n’a donc aucun sens du point de vue de la « politique politicienne » mais elle a une signification sociologique parce qu’elle souligne d’une part que la majorité des électeurs français se désintéresse de sa représentation par les partis qui s’offrent à son choix dans ces élections régionales et, d’autre part, que les partis qui se réjouissent aujourd’hui de leur « excellent » score ne représentent en fait que des fractions minimes – voire même négligeables – de l’électorat dans son ensemble : le message que l’électorat leur adresse n’est pas qu’il se rallie à leurs vues mais que la désaffection globale vis-à-vis de leur manière de gérer la chose publique, s’accentue.

    1. Certes, mais l’interprétation de l’abstention me parait pour le coup ausi hasardeuse que celle des soiutiens supposés à tel ou tel projet ( ou non-projet ).

      Manière de gérer la chose publique ?….

      Mais encore ?

    2. Dommage que le quorum ne s’applique pas. Je rêve d’un :  » La démocratie vient d’éliminer tous les acteurs politiques en présence faute de compétences à garantir l’intérêt général et à servir le peuple de France. Nous devons donc tout reprendre à zéro en dehors des appareils politiques qui se partagent le pouvoir et dont les français ne veulent plus. »

    3. Paul, d’accord avec votre analyse si on la cantone au fait regional, attention de ne pas en tirer de mauvaises analyses.

      Il n’en demeure pas moins que vous avez raisons, comme d’autres intervenants sur ce sujet, sur « la désaffection globale vis-à-vis de leur manière de gérer la chose publique, s’accentue. »

      Mais c’est a nous aussi de nous bouger le cul, passez moi l’expression, et de quitter nos claviers et nos ecrans pour nous investir.

      Et je me sens coupable au premier chef de ne pas le faire, en invoquant toujours de « bonnes » raisons pour ne pas secouer le cocotier!

    4. Le scrutin Régional (à l’image de l’Européen) n’est il pas un des plus propice à une abstention protestataire ??
      Le jour ou on aura cela sur une présidentielle là ce sera critique (2012???)
      Il semble qu’ après tout les électeurs ne soient pas si bêtes…. car l’alternance influe peu sur le projet d’une autoroute ou voie ferrée ou autres infrastructures qui sont l’essentiel des prérogatives régionales me semble il.
      Je crois que les gens se sont abstenus pour protester au moment ou ils « peuvent se le permettre » et je le vois plutôt comme un signe de clairvoyance des électeurs et non comme une annonce de révolution.
      Bonne soirée à tous.

    5. Si je peux vous éclairer sur la représentation que l’on se fait de l’abstention au sein d’un parti, au niveau local. J’ai entendu tout à l’heure la réflexion selon laquelle l’abstention des régionales valait acquiescement de la politique menée par le président de région. Et que de toute façon, il y avait toujours forte abstention pour les régionales; J’ai osé dire que peut être cela interrogeait sur la décentralisation et sa pertinence. Mais je crois que ce n’est pas encore au centre de l’analyse. Quand même certains militants se disaient préoccupés.
      En outre, une réflexion d’un élu qui siège au conseil économique et social régional. Il me racontait qu’on lui avait rapporté que des gamins, de collège et de lycée, refusaient de participer aux élections des délégués de classe. Est ce que c’est symptomatique?

    6. Votre commentaire me rend perplexe. Vos remarques vous placent « au-dessus de la politique politicienne », bravo, et ont une « signification sociologique » re-bravo. laquelle? que « la désaffection globale vis-à-vis de leur (les partis) manière de gérer la chose publique, s’accentue ». ici, c’est un peu plus convenu, mais il est vrai que l’analyse sociologique prends du temps. Peut-être les conclusions avant le 2ème tour?

      En attendant, je cherche la cohérence dans tout cela :

      – le référendum Islandais s’est déroulé avec une participation de 62%. Faut-il en déduire que le « non » ne représente que 53% de la population? Je n’ai pas vu ce genre de graphique le lendemain du résultat. Une analyse sociologique est-elle nécessaire?

      – lorsque vous êtes invités au parlement européen, ceux qui sont élus ont eu en moyenne des chiffres de participation comparables ou bien plus bas que ce que nous avons vu hier. Les avez-vous trouvés moins légitimes pour vous écouter? leur avez-vous suggéré une autre façon de faire de la politique? Ne parlons pas de vos activités de « visiteur du soir », évoquées par vous à demi-mot.

      Quelle est la bonne distance au politique, entre votre billet sur ce blog et vos conseils aux Princes? jusqu’à quel point peut-on prolonger l’ambiguité?

    7. C’est vrai mais comment on interprète l’abstention ? Parler de ras-le-bol ou de situation pré-insurrectionnelle généralisée (il y a des poches prêtes à la révolte en premier lieu les banlieues, les agriculteurs, les zones désindustrialisées du nord et de l’est qui se recoupent avec les banlieues parfois) est exagéré; je ne vois vraiment rien arriver sauf si on fait à la France le même coup qu’à la Grèce…cette abstention ne reflète rien de particulier dans le sens où les raisons de s’abstenir sont multiples et ne peuvent être réduites uniquement à la crise…il vaudrait mieux attendre 2012 pour se prononcer sur les tendances abstentionnistes en France…

      P.S : un sondage CSA (à prendre avec précaution) affirme que la principale motivation de l’abstention est que voter n’ira pas changer grand chose à la vie quotidienne du citoyen…mais c’était déjà le cas dans les années 1990 et en 2002…cela signifie que les gens se désintéressent de la chose politique, de la chose publique (la res publica) mais en temps de crise, on devrait avoir la réaction inverse ? Quitte à ce que les extrêmes se renforcent ? Et là je vois le NPA à 2%, le FN qui ne retrouve pas (encore) ses sommets d’il y a huit ans…la crise est un sentiment que l’on a depuis la naissance (pour ceux nés après 1970), on n’est pas encore rentré dans une phase clinique (on est juste en apnée mais ça nous connaît)

    8. « vis-à-vis de leur manière de gérer la chose publique » : c’est ça que je cherchais !!
      Le problème n’est pas tant « l’offre » qui doive correspondre à la demande politique (car évidemment on rabat les mêmes conceptions de marché libéral, la main morte, etc. sur la chose publique, la démocratie). C’est la conception même de se comporter vis-à-vis de la démocratie que les citoyens ne supportent plus.
      Je ne supporte plus, par exemple, les éditocrates de ce soir, tous réunis dans « C dans l’air », venant humer les remugles nauséabonds de l’abstention pour réaliser des incantations divinatoires sur … le futur gagnant du second tour !!
      Y en a marre, de tous ces blaireaux !!

      Merci M. jorion d’avoir mis le doigt où ma langue fourchait (???).

    9. Certe crier victoire quand on a déplacé entre 12 et 14% des électeurs pour les deux plus importants partis français confine au ridicule.
      Mais ça ne les arrète pas…Le formatage idéologique et institutionnel produit des clônes qui vont dans le désert psalmodiant les sempiternelles mantras qui nous rabattent les oreilles depuis 50 ans…  » les français disent que…, les français veulent que…, les français pensent que…. ». Il n’y a que 15% qui ont entendus ce message (genre la faute aux 35h00), mais ces apôtres aux petits pieds, persistent, s’accrochent, répètent inlassablement le même discours usé que plus personne n’écoute…Ces représentants du peuples ne représentent plus qu’eux-mêmes et leur inlassable quête d’encore davantage de mandats, encore un dernier…
      Au delà de ceux qui abrutis par un système médiatique débilisant ne pensent qu’ à la Rolex qu’ils devront se payer avant 50 ans, ceux qui vivent dans un monde clot, ou les derniers qui se refusent à participer à une mascarade ersatz de démocratie, c’est surtout de ce personnel politique usé jusqu’à la corde, éternels revenants d’un show dont toute les ficelles sont connues, que les français rejettent.

    10. @ François Le Sombre

      La légitimité se trouve du côté de la Loi et n’y aurait-il qu’un seul électeur ayant voté, qu’elle s’y trouverait toujours. La représentativité, se trouve elle du côté du nombre et rien ne m’interdit de parler du nombre et de la représentativité en qualifiant de « sociologique » mon propos, pour le distinguer précisément d’un propos sur la légitimité.

      Ceci dit, vous n’êtes pas sans savoir que dans le cas du suffrage universel, la légitimité repose sur le principe de représentativité et qu’il existe du coup, de jure, un rapport entre les deux. À partir de quel seuil de représentativité, la question du rapport entre légitimité et représentativité peut elle être « légitimement » évoquée ? Le seuil des 50 % m’a paru significatif mais s’il ne vous convient pas, je vous invite à m’en proposer un autre. 30 % d’électeurs allant voter ? 20 % ?

      Quant à mes interlocuteurs, mon critère pour les rencontrer, n’est ni leur qualité d’élu, ni aucun autre type de légitimité qu’ils pourraient avoir, mais leur seule qualité d’homme ou de femme de bonne volonté. C’est d’ailleurs le critère – si je les en crois – qu’ils utilisent eux aussi envers moi qui n’ait ni légitimité ni représentativité.

    11. @ Monsieur Jorion

      Il semble que le seuil soit déjà définit pour certaines élections (Législatives, Cantonales et Municipales) dans le cas d’une élection des le premier tour ou il faut obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés et le 1/4 du nombre des électeurs inscris.

      Et dans l’exemple des Régionales, pour pouvoir se maintenir au second tour, il faut obtenir au moins 10% du nombre des électeurs inscris (idem pour les Cantonales et Municipales. Pour les Législatives le seuil est fixé à 12,5%).

    12. Ah boulette, désolé ! pour le second tour Région, Canton et Municipal, c’est 10% des votes exprimés.

      (j’aurais du me relire avant de valider.)

      Pour les législatives c’est bien 12,5% des électeurs inscris.

    13. « La légitimité se trouve du côté de la Loi ».
      Il me semble M. Jorion que dans certains cas, extrêmes certes, la légitimité se retrouve aussi en dehors de la loi. Je crois que la légitimité entretient des rapports étroits avec ce que l’on pourrait appeler la ‘morale’ ou l’éthique, de la même manière qu’Aristote faisait la différence entre justice et équité (une justice au-delà de la justice en quelque sorte).
      Et quand justement l’éthique n’arpente plus (ou plus suffisamment) les couloirs de la politique aux yeux des citoyens, ils se détournent alors de la politique et s’abstiennent. En conséquence, pour que la chose publique soit légitime en démocratie, elle doit aussi être considérée comme suffisamment éthique.
      L’abstention a aussi à voir avec cela.
      Cordialement.
      PS : ‘Ethique à Nicomaque’.

    14. @Zebu :

      En tant que « faucheur volontaire  » ,j’entends bien votre propos et me rappelle aussi que dans une constitution qui n’a pas vu le jour ( 1793 je crois ), le droit et le devoir insurrectionnel étaient reconnus au peuple .

      Pour moi , le « droit » de « légitime défense  » reste une arme ultime , à double tranchant d’ailleurs comme l’ironie , et il vaut mieux être à plusieurs pour la tenir . Ce qui limite les farfelus ou psychopathes paranoïaques possibles , car seule la sensation d’être en train de réellement perdre sa vie peut vous motiver vraiment pour la mettre en jeu . Et il est sain qu’alors on assume le risque , car le risque est à l’aune de ce que l’on défend .

      Mais depuis Ciceron , les hommes d’Etat d’esprit et responsables savent bien que  » summum jus , summa injuria  » vaut mieux que  » dura lex sed lex  » .

      J’ai bien aimé ce qu’a raconté Monsieur Delevoye sur la corrélation entre abstention et état psychique du pays , sur France Inter au journal de 13 heures .

    15. remarque: il ne suffit pas de dire que X ou Y est de tel ou tel bord pour invalider par avance tout ce qu’il pourrait avancer (cf. A de Benoist…)

      Le juste c’est une chose. Le légal une autre. Et le légitime encore une autre (et il n’a donc « rien » à faire avec l’éthique ou je ne sais quoi…) Les Anciens ne connaissaient que le Juste et le Légal. Le « légitime » est venu après (Cf. Rosanvallon « le peuple introuvable » – avec toutes les limites inhérentes à son oeuvre, en particulier son oubli de l’histoire de la pensée politique, parce que la problématique de la représentation ne pouvait naître que dans un contexte où la loi ne s’adresse déjà plus à l’intelligence mais à la volonté).

      Que l’on mette l’accent sur la légitimité plutôt que sur la justice, voilà un trait typique de la décadence Moderne. Rawls remettra les pendules à l’heure en réaffirmant la priorité du Juste comme vertu cardinale des Institutions.

    16. @Diabolo

      Votre réponse à Zébu est bien péremptoire. Dois-je vous rappeler que la question de la neutralité et de l’émancipation du juste par rapport au bien a été étudiée par Paul Ricoeur, pourtant grand admirateur de John Rawls, dans « Le juste, entre le bon et le légal ».

  50. voici une bonne occasion de proposer une idée originale et de bon sens.
    Si au cours d’une élection les votants sont inférieurs au non votants, ou si l’abstention dépasse tel niveau, et bien l’ensemble des candidats à cette élection ne pourront plus jamais se présenter à aucune autre élection…
    Voilà qui donnerait du sens aux abstentionistes et obligerait les candidats à mouiller leur chemise…. car rassurez vous ceux qui seront élus avec 1 voix ou avec 90% toucheront les mêmes indemnités indécentes.
    On pourrait aussi fixer les indemnités en fonction du pourcentage de voix obtenu…

  51. Quelques précisions

    Les partis en France sont conçus comme des partis de rassemblement en vue de la prise du pouvoir dans les institutions.
    Il est souvent arrivé dans les villes moyennes et petites communes que, quand les membres d’un parti prenaient la mairie de leur commune ou de leur ville, il ne restait plus personne pour assurer la réflexion et l’action de la section locale du parti.

    Le nombre de militants (Pour une population moyenne par département de 600 000 – 800 000 habitants) pour le PS et l’UMP varie autour de 1000 -1500 militants par département.
    Dans chaque commune rurale c’est quelques unités, quand il y en a, et il ne faut pas
    être très regardant sur la qualité….
    Il y a quelques années j’avais entendu que le nombre de militants au PS Paris intra muros c’était 3000 militants.

    Dans chaque parti ( PS-UMP) il y a environ 100 000-150 000 militants.

    Le Blog de Paul (et un peu le nôtre) a 250 000 connexions par mois et 60 000 lecteurs réguliers.

    Comme quoi, pour avoir des médias à sa disposition il faut être partis constitués !

    Mais qu’ont ils à dire ?
    Pas grand chose.
    Le vide sidéral de leur pensée face à la crise
    en dit long sur leur capacité à exprimer un début de contre pouvoir ou un début
    de construction d’une alternative.

    La préoccupation majeure de beaucoup d’hommes politiques se résume à la gestion de leur carrière politique.

    1. Franchement ce taux d’abstention est bidonnant.

      Rester muet pour faire passer un message, je trouve ça hilarant !

      Les politiques ne sont pas autistes, ni sourds, simplement ils n’entendent et n’écoutent que ce qui est audible et compréhensible (ie les voix exprimées).

      Et le plus drôle, c’est qu’en s’abstenant, on renforce de facto, ceux contre qui on s’insurge, le petit graphique ci dessus, le montre clairement. La ou le PS et l’UMP aurait du être à 12-13% ils tournent environ à 30%, Qu’elle réussite ! C’est, en effet, une belle victoire de l’abstention.

  52. pour Zébu

    Directeurs des Ressources Humaines, financiers et politiques même combat : Piéger et attraper dans les « réserves » l’animal rare en voie d’extinction ou la bête à vote. Parfois on y trouve de magnifiques zébus en colère mais farouchement attachés à leurs libertés.

    Vous l’aurez compris zébu, c’est une plaisanterie, histoire de détendre un peu l’ambiance.

  53. Dans un autre domaine, bien que lié à la question présente, je me suis rappelé une interview d’un maire de banlieue :
    Il va falloir que ça explose pour qu’on s’y intéresse ? (01/12/2009)

    Malheureusement, ses propos ne font que renforcer ma conviction, à savoir d’appeler à l’abstention dimanche prochain pour instituer un rapport de force politique suffisant pour qu’il soit entendu de tous les partis politiques :
    « Mais, si ça doit à nouveau exploser en banlieue, nous sommes nombreux, parmi les élus de banlieue, à dire que nous ne recommencerons pas comme en 2005, nous n’irons pas passer nos nuits à rattraper les erreurs commises. Ce sera aux pouvoirs publics, aux ministres, aux préfets, à tous ceux qui sont responsables, de tenter de sauver ce qui pourra l’être. »

    Je le dis tout bonnement : M. Claude Dilain est l’honneur de la France. Et je continuerais à voter, demain, parce qu’il y a des hommes politiques comme lui en France.

  54. @Paul Jorion :

    j’ai bien lu votre réponse à François le sombre . Bien repéré la mise en regard de légitimité et représentativité .

    Je connais des tas de gens de qualité selon mes critères qui n’ont jamais été ni représentatifs , ni légitimes, et heureusement ,car ils n’avaient aucun talent pour mettre en acte leurs idées géniales . Et quand par malheur ils étaient en charge de le faire , ils ont été les premiers fossoyeurs de leurs propres intentions . Les spécialistes de la balle dans le pied .

    Mais j’attends toujors la réponse à ma propre question : quelles autres manières de gérer la chose publique ?

    Je fais aussi la remarque que certaines étaient explicitement proposées par certaines listes aux régionales dans ma région ( Rhône-Alpes ) et que c’est en grande partie ce qui a déterminé mon choix final . Pour être opérationnel et non pluis dans l’incantation .

    Mais , abstentionniste ou pas , c’est vrai qu’il faut avoir le courage ( même pas churchillien ) de prendre un quart d’heure en tout pour lire les professions de foi .

    ( PS d’humour : je vous concède que glisser la profession de foi plutôt que la liste , dans la petite enveloppe , est un cas de nullité ).

  55. De nos jours quand je demande aux gens d’aller voter, ce n’est bien sur pas pour changer les choses c’est d’abord pour qu’ils me donnent de nouveau raison, pour que la petite pierre dans la rue ne me touche plus du tout moi et les miens, et puis tant pis si cela n’améliore guère mieux le quotidien des gens.

    La preuve à quoi sert encore le malheureux le lendemain d’une élection à plus personne bien évidemment, non on préfère de nouveau se pencher sur les dossiers importants, refonctionner comme à l’ancienne, refaire la décoration et changer la garde de robe de Madame ou Monsieur surtout pour la prochaine en lumière devant les caméras.

    D’abord penser à notre image, à notre carrière, à notre parti, à notre belle marque de fabrique aussi, et puis après on pense de temps en temps aux gens qui ne se conduisent pas du tout comme nous, surtout ne jamais perdre la face en toutes circonstances, quand bien même le ciel nous tomberait sur la tête, si la crise devait perdurer par exemple.

    Oui ces gens là une fois élus qu’ils soient d’ailleurs d’un bord ou d’un autre pensez-vous qu’ils commenceront à vous traiter autrement ? Pensez-vous, non leur principal objectif de travail c’est d’abord et avant tout la recherche du pouvoir, des belles places, les honneurs, les privilèges de plus accordés comme aux élites politiques et marchandes, d’abord imposer aux autres des lois et des mesures qu’ils n’auraient même pas le courage de subir eux-mêmes les premiers et mois après mois en plus dans la dureté, oui ça laisse à méditer et à réfléchir.

    Mais mon cher Monsieur pourquoi vous vous sentez de plus en plus mal à force de vous voir être traité de plus en plus comme une marchandise couteuse, et au regard de votre propre conscience, auriez vous besoin vous aussi de vous faire soigner pour mieux renfluer les caisses de la sécu, quelle grande mascarade de conduite comme de travail partout visible, aussi bien dans les hautes sphères comme aussi dans les bas enfers sociaux de cette société devenu si désenchanté, tout cela bien évidemment ne fait guère mieux le bien des gens, comment peut-on encore se permettre de traiter les gens aussi bien d’ailleurs dans le public maintenant ?

    On ne récolte pas mieux l’estime des gens en voulant d’abord leur mettre la fourche au cul alors qui triment déjà bien à votre place dans le privé …

  56. @ A tous,

    Je crois que, sur ce forum, on est en train de donner, du taux record d’abstentions, des explications qui ne représentent que des demi-vérités (désaffection pour la politique, les partis etc…) et qui sont donc, en définitive et profondément, fausses.

    Je suis persuadé que, le jour on l’on fixera, le même jour, l’ensemble des élections, du plus petit niveau local à l’Europe, le taux d’abstention, en France, passera bien en-dessous de la barre des 30%.

    Ce dont les français(es) commencent à se rendre compte, c’est de l’aberration du système actuel, qui les appelle aux urnes, en moyenne tous les deux ans, avec un brouillage complet des enjeux, ceux , nationaux , écrasant tous les autres ; avec des candidats qui délaissent leur fonction (ex. Pécresse, Ministre) le temps de la campagne électorale etc…

    Pour prendre un seul exemple d’un faux enjeu dans une campagne électorale régionale française : ITER : je peux me tromper (je suis belge), mais il m’étonnerait très fort, que la Région PACA puisse s’opposer à l’implantation de ITER à Cadarache (ni n’importe quelle autre Région, ailleurs) , puisqu’il s’agit d’un projet international très coûteux, (dont le chantier a d’ailleurs commencé (j’y suis passé il y a 1,5 an)).

  57. par moments ( pour pas dire presque tout le temps ) j’avais l’impression d’un cours donné par Alain de Benoist ( LE penseur de l’officine d’extrème droite GRECE )

    sans doute me suis je trompé ?

  58. Je défends le droit de m’abstenir tant que nous ne pourrons pas désigner les candidats pour qui nous voulons voter :
    L’abstention est le seul choix qui nous reste, puisque nous ne pouvons nous-même désigner nos représentants (ce sont les partis politiques qui le font pour nous) et que le vote blanc n’est pas 1) comptabilisé à part des votes nuls 2) n’a aucun effet sur le résultat

  59. @Paul Jorion,

    Sur le lien entre représentativité et légitimité,

    Certes, c’est à partir de ce principe posé, et selon la conception du moment, qu’on en déduisait les modalité du scrutin (qui en devient alors l’expression)
    – le collège des électeurs (suffrage universel vs. suffrage censitaire)
    – le collège des candidats (conditions mises pour être élus)
    – mode direct ou indirect

    La grande querelle était surtout celle du suffrage universel vs. censitaire. L’hypothèse étant que les élus représenteraient mieux la notion si le peuple entier votait (il manquait encore les femmes jusqu’en 1945) . Mais le scrutin terminé, pas d’interrogation sur la participation. Nous y voilà.

    Il existe cependant un cas au moins, dans la constitution actuelle, où un dispositif de jure existe pour ne pas valider un scrutin en cas d’abstention forte (élections municipales : nécessité dans une certaine catégorie de commune, qu’une liste dépasse un certain quorum sur le nombre d’inscrits. A défaut, un 2ème tour est organisé, cette fois-ci à la majorité simple). Cela ne va pas très loin.

    En ce qui concerne les seuils de participation, la baisse tendancielle est perceptible depuis les années 85-90 en France. On pouvait observer, dans ce domaine aussi, une forme de convergence vers le modèle Etasunien. Les chiffres en Europe convergent également (à confirmer…).

    Cela ressemble à un nouveau suffrage censitaire de facto et auto-induit par les conditions socio-économiques convergentes des sociétés en question. Les liens statistiques entre ces conditions et le taux de participation étant très nets (cas des Etats-Unis, années 90, de mémoire). La caractéristique étant que l’aspect censitaire revêt ici une apparence de volontariat.

    On pourrait alors instituer le fait : rétablir le suffrage censitaire, pour prendre acte de la faible participation (économies budgétaires assurées). Mais bien sûr, on pourrait être encore plus radical : supprimer complètement le suffrage.

    La question mérite d’être posée aux abstentionnistes : souhaitez-vous la fin du suffrage? si la réponse est oui, tout est cohérent. Si la réponse est non, cela devient curieux. On prône la non-participation à un exercice qu’on souhaite voir maintenir. Mais alors, sous quelle forme?

    1. @ François le sombre :
      Vous vous faîtes l’avocat du diable, ce n’est pas possible. La réponse est non pour ma part et cela n’a rien de curieux.
      Car n’avez vous jamais participé à des actions, des mouvements, des idées, etc., enfin, toute chose de la vie où vous n’étiez pas complètement satisfait de la manière dont vous y participiez ? Et qu’à un moment de votre vie, pour le bien de cette action, ce mouvement, etc., vous ayez pris du recul, afin que cela agisse sur les objets dans lequel vous étiez investis, par votre absence ? Jamais ?
      Pour la participation et l’abstention, c’est pareil.
      Ce n’est pas parce que l’on souhaite mieux car cela devient pire, qu’il faille, sous divers prétextes soit fallacieux soit stigmatisants, dénier la prétention et l’envie de certains à la fois de permettre une amélioration du système (et la seule manière à mon sens est de provoquer un rapport de force politique ‘global’ avec l’ensemble des partis politiques, avec une abstention forte) et de vouloir perpétuer ce système ainsi renouvelé, auquel je souhaite momentanément m’abstraire, afin de produire justement ce rapport de force.
      Ne me dite pas que vous êtes si monolithique que ça tout de même …
      La dialectique sans doute, ou appelez ça comme vous voudrez.

    2. Il manquait les femmes jusqu’en 1945 et, à ce jour, il manque toujours les étrangers établis en France.

      Quant à la notion de légitimité, attention à ne pas la confondre avec la notion de légalité.

    3. @ François Le Sombre,

      Représentativité et légitimité.
      Votre remarque sur le retour aujourd’hui du vote censitaire de l’Ancien Régime est troublante, et elle paraît juste.

      J’essaie de me l’expliquer.
      Je vais être caricatural, pour être imagé.
      Imaginons un immeuble ancien, qui serait la nation.
      Différents événements ont eu lieu au fil du temps. Certains appartements se sont agrandis, d’autres se sont réduis. L’eau, le gaz et l’électricité n’arrivent pas partout. Certains logements sont sur-occupés, alors que d’autres sont presque vides. De nombreux locaux occupés sont vétustes. Le toit fuit à certains endroits, et la porte du rez-de-chaussée ferme mal. Des fenêtres donnent sur un parc, alors que d’autres ouvrent sur une cour sans soleil, etc.
      Un immeuble. Rempli de copropriétaires.

      Lors des réunions de copropriété, on peut remarquer que tous les habitants souhaitent que leur immeuble soit beau. C’est une chose qui les unit.
      Certains ont des appartements bien équipés (eau, gaz et électricité aux frais du syndic, c’est normal), avec une porte munie des trois verrous réglementaires. Ceux-là insistent pour qu’on fleurisse les balcons, qu’on change le tapis de l’escalier, qu’on améliore le ramassage sélectif des déchets, ou bien encore qu’on renforce les liens avec les syndics voisins (les réunions intersyndicales ont lieu à Strasbourg, par commodité). On appelle ceux qui défendent ces projets, des bons copropriétaires responsables.
      D’autres rappellent régulièrement que leurs propres logements n’ont pas encore tous les équipements collectifs de base, et que, puisqu’ils n’ont les moyens que d’un loquet pour leur porte, ils aimeraient qu’on installe une serrure à clé sur la porte donnant sur la rue. On appelle ceux-là des rabats-joie.
      Réunions après réunions, on remarque que les bons copropriétaires responsables sont toujours écoutés, et arrivent à leurs fins. Tout le budget est alloué à leurs projets.
      Par contre, les rabats-joies, eux, n’obtiennent jamais satisfaction.

      Que ce passe-t-il?
      Les rabats-joie ont pourtant le même droit de vote que les autres. Ils ont même le pouvoir du quorum, ils sont les plus nombreux, puisqu’ils forment la majorité des copropriétaires les moins fortunés. Cette pauvreté explique qu’ils souhaiteraient avoir, comme les autres, certains équipements de base qui sont à la charge de tout syndic digne de ce nom. Et ça explique aussi qu’ils s’émeuvent que la porte d’entrée du rez-de-chaussée reste sans verrou, eux qui tiennent au peu qu’ils ont.

      Bizarrement ce sont les rabats-joie qui versent -relativement- le plus au budget de la copropriété. Les autres, les copropriétaires responsables (ceux qui rêvent de fleurir les balcons, et de changer le tapis de l’escalier), ont un bouclier fiscal spéciale, qui les dispense de verser leur part au syndic. Ces derniers ont aussi une meilleure instruction, qui leur permet de prendre plus souvent la parole.

      Le voilà donc de retour, le suffrage censitaire que vous évoquez, François.
      Ce droit de vote, donné sous l’Ancien Régime, à ceux qui avaient les moyens de s’acquitter du « cens », un impôt ancien.
      Il y a même un étrange retournement. Ce sont aujourd’hui ceux qui sont le plus protégés de l’impôt qui ont le plus grand pouvoir, pour influer sur le vote (protégés par certaines facilités de compréhension du système des « niches fiscales », que donne l’instruction, ou protégés par l’argent qui permet de payer un bon conseiller financier, si ce n’est d’avoir l’oreille du ministre des finances, ou bien encore protégé par cette moindre pression de la TVA -cet impôt si injuste qui ne connaît pas les barèmes de richesse).
      Et peu importe si le quorum est atteint ou pas, puisqu’on ne tient jamais compte de ce quorum que Jorion s’est amusé très justement à pointer dans son graphique.

      Dernier événement dans l’immeuble:
      Lors de la réunion de copropriété du 7 juin 2009, un groupe de copropriétaires responsables s’est formé pour convaincre que l’argent des rabats-joie serait bien utile pour « végétaliser » le toit. Et cela semble marcher; beaucoup ont voté pour eux, et il paraît que les budgets sont alloués (l’intersyndical de Strasbourg est même à leur écoute pour étendre le projet aux autres immeubles).
      Et pendant ce temps les murs se lézardent dans certains logements …et la porte d’entrée ferme toujours aussi mal (pardon, je suis rabat-joie).

      François, dans ces conditions (très imagées), peut-on blâmer les rabats-joie de ne plus se rendre aux réunions de copropriété?
      Si on leur posait votre question: « Voulez-vous la fin du suffrage? »
      Ils pourrait vous répondre: « Oui! La fin de ce nouveau suffrage censitaire, pour le début d’un autre qui soit à la fois légitime ET représentatif. »

      Et comme vous le faites remarquer, ce serait cohérent.

      —————————–
      @ Zébu,
      Je suis proche de votre façon de voir les choses, mais avouons que François Le Sombre, comme Astrorock, Grosjean, Juan Nessy ou d’autres, ont des arguments qui pèsent.
      Il semble que l’avocat du diable, soit celui dont le diable doit le plus se méfier!

    4. Jean Luc :

      Dans une copropriété , chaque copropriétaire  » pèse » à l’aune de ses  » millièmes  » donc en fait à l’aune de la surface de son appartement et de ses dépendances .

      La démocratie élective a donc l’énorme et unique caracéristiques, et l’équité , de rendre à chaque copropriétaire sa voix , égale et de même poids que celle de quiconque . C’est bien d’ailleurs ce qui me visse au corps le droit de vote et son plein usage .

      Ce bulletin c’est moi , sans pondérations aristocratique , tyrannique ou oligarchique , ou de naissance. C’est mon identité .

      C’est ma liberté exprimée sans contrainte et seul avec moi même dans l’isoloir .

      Pas près de la galvauder , jouer au loto , ou me laisser prendre !

  60. @ Grosjean, et à nous tous, votants ou non votants,

    C’est le moment de notre séance de cinéma!
    Bonbons! eskimos! chocolats! éteignez vos mégots et enlevez vos chapeaux. …chuut! chuuuut…

    L’AN 01 (4ème partie)

    Pour rappel:
    1ère partie: http://www.pauljorion.com/blog/?p=8461#comment-60260
    2ème partie: http://www.pauljorion.com/blog/?p=8541#comment-60975
    3ème partie: http://www.pauljorion.com/blog/?p=8740#comment-62197

    (J’aime bien ce petit air « début de la Vème République », quand il fallait attendre une semaine pour savoir, chez le marchand de journaux, si Tintin allait se sortir du micmac de la dernière case, et si, à la télé, Jacquou le Croquant allait pouvoir enfin se venger du comte de Nansac.)

    http://www.youtube.com/watch?v=qUFeJ3ULBnk

  61. Pour aborder comme Paul le souhaite le phénomène de l’abstention sous un angle plus sociologique que politique, je soumet ces quelques chiffres à votre sagacité :

    Le taux de participation aux élections prud’homales du mercredi 3 décembre 2008 s’est établi à 25,5 % dans le collège « salariés », soit une abstention record de 74,5 %,
    En revanche, il a progressé dans le collège employeurs, à 31,5 %, contre 26,6 % en 2002. Les listes d’union – Medef, CGPME, FNSEA (agriculteurs), UPA (artisans), UNAPL (professions libérales) – reculent de près de 8 points tout en restant largement majoritaires, à 72,1 %, devant les employeurs de l’économie sociale, qui progressent de 7,7 points à 19 %, et les listes diverses (8,5 %).
    La participation, qui avait chuté de 63,2 % en 1979, premières élections prud’homales, à 32,7 % en 2002, a encore fortement reculé, à 25,5 %, atteignant son plus bas niveau en trente ans.
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/12/04/prud-homales-abstention-record

    « Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner »
    A la tête de ses 52 milliards de dollars, Warren Buffet ne s’abstient pas de nous éclairer sous son angle sociologique révolutionnaire…
    Nous, quand tout va mal, nous appelons le délégué syndical, si par bonheur il en existe un, nous sortons des calicots, et tout finit, pour le mieux au tribunal des prud’hommes, si ce n’est au tribunal correctionnel!
    La contre-révolution du capital est en marche. Nous, nous abordons l’avenir à reculons……

    1. sur les prudhommales, est-ce que les saisonniers ne votent pas, donc ne reçoivent aucune indication qui leur permettent de voter ?
      ou est-ce que c’est aux les jeunes que ce sort est réserver, (un peu comme pour eux la nouvelle organisation pour leur carte de sécu, car aujourd’hui, s’ils n’envoient pas , cela sans savoir qu’ils devaient envoyer car personne ne les en a informé- une paperasse de pôle emploi à leur sécu, très subitement passé un délai de trois mois, ils réalisent par hasard -évidemment à l’hopital- qu’ils se retrouvent sans sécu) ?

    2. @Cécile
      Il y a tout aussi peu de syndiqués sur ce blog que chez les saisonniers…..
      Un inspecteur du travail peut-être? Ou un avocat « d’affaires » sociales?
      Etant marin, je ne peux vous renseigner cars les lois concernant ma profession datant de Colbert, je ne dépend ni des prud’hommes, ni de la sécurité sociale, mais d’une conciliation devant l’administrateur des affaires maritimes (bien souvent juge et parti) et en cas de non-conciliation du tribunal d’instance qui n’y entend rien en la matière, ainsi que la plupart des avocats…..
      Bilan, ancien délégué de bord pendant quinze ans, j’ai été licencié, et au bout de douze ans de procédure mon affaire ne sera jamais jugée, mon avocat ayant par ignorance « malencontreusement » fait péter les délais de procédure.
      Il va sans dire que nous sommes tous égaux face à la loi!
      Et si nous nous occupions mieux de nos affaires avant qu’elles ne s’occupent de nous? Une constitution pour le B.I.T. peut-être? Se syndiquer aussi sans doute….

    3. Absention et syndicalisation !

      85 % des salariés français bénéficient d’accord de branches dans leurs entreprises négociés par un syndicat !
      Moins de 5% des salariés français son syndiqués !

  62. @ Zébut,

    vous avez raison et vous le savez.

    Pas de culpabilité excessive même si les dents grincent.

    L’abstention EST notre levier.

    De tout coeur POUR votre appel à l’Abstention!

    1. Allez, pour une fois que je suis en avance sur Piotr:

      « Ce n’est qu’un Zébut! continuons le combat! »

    2. Il faudrait distinguer, car cela a des significations differentes, l’abstention du vote blanc.
      Je suis frappé de ce que les jeunes, blancs, beurs, garçons ou filles n’aillent pas voter et je les comprends !Il ne suffit plus de prendre une posture moralisatrice à la « Sarkozy »en invoquant Guy Moquet et les martyres de la liberté, pour motiver la jeunesse à aller voter………..
      L’abstention n’est plus un drame, elle révele un mal plus sourd qui est la dérisoire crédibilité des élus telle que la Jeunesse la ressent; ils ne savent que trop que nos élus s’arrogent des privilèges matériels à vie, votent des lois pour amnistier leurs fautes et ne sont jamais responsables ou comptables de leurs bilans.

      A propos de l’ancien régime, une anecdote personnelle:
      J’ai personnellement été reçu avec un groupe d’ingénieurs architectes dans le cadre d’un travail d’aménagement urbain à Paris à l’Hotel de Lassay, présidence de l’assemblée nationale, alors que Laurent Fabius occupait ce poste. Le groupe de travail était reçu par son chef de cabinet, Fabius étant passé en coup de vent nous remercier de paroles lénifiantes dont les élus ont le secret………..Dans la cour de l’hotel de Lassay les Safranes ont remplacées les carosses, les chauffeurs ont remplacés les cochers, à l’intérieur dans les dorures et les moulures d’une architecture de l’ancien régime, vous étes reçus par des majord’hommes en queue de pie et tout un décorum qui fleure la Noblesse, les ducs et les marquis.
      Voila l’image de la république et de la démocratie parlementaire, il faudrait un Almodovar pour le filmer.
      Nous devions rénover la Place du Palais Bourbon, ce qui fut fait par l’équipe dont j’étais l’architecte pour le compte de la Mairie de Paris qui cofinançait le projet avec l’état.
      Pour ceux qui connaissent les lieus cette place est occupée en son centre par une allégorie de la république, femme assise tenant dans son bras droit les tables de la loi républicaine et regarde la rue de Bourgogne, tournant de ce fait le dos a l’Assemblée Nationale. Laurent Fabius était choquée que la sculpture tourne le dos au palais bourbon, et avait demandé à ce que on lui fasse regarder la représentation nationale par une rotation de 180 degrés; il lui fut répondu qu’il était normal et voulu que la république regarde la rue de Bourgogne, le peuple donc et non ses représentants………..il n’insista pas.

      La république de Soitou continuera à regarder le peuple …………

  63. @zébu,

    Sur vos divers messages.

    je crois qu’il faut « voir le soleil en face » : la généralisation de l’abstention peut conduire au dépérissement du suffrage, lent ou rapide. J’avais bien noté que ce n’était pas votre souhait (au contraire), cependant d’autres m’ont semblé rejeter le principe même de représentation… Nous aurons bien l’occasion d’y revenir et de constater nos différends…

    Sur le maire de Clichy/Bois : cela correspond plutôt à l’engagement que je vois localement sur le terrain. On notera (vous l’avez dit aussi) la grande inquiétude des élus locaux avec la loi qui vient (« réforme », comme on dit). Avec, à terme la porte ouverte au « dépérissement » des communes, qui restent aujourd’hui le lien politique le plus solide, la cellule de base. Bien sûr, ces lois sont présentées sous un mode ultra-technique, et les enjeux, pourtant importants et à long terme, ne sont pas mobilisateurs.
    Voilà aussi pourquoi je suis un peu monolithique sur ces élections-ci….

    Amicalement,

  64. @ tous les commentateurs (et tous les lecteurs)
    Pas une seule fois, sur cette liste de commentaires n’apparait le mot « révocabilité » ni le mot « révocable ».
    Ni – concernant l’actuel gouvernement – le terme de « révocation ».

    La seule solution : vous grouper par 25 et désigner votre délégué révocable.
    Commencer à construire la pyramide que j’évoquais dans un précédent commentaire ici.
    http://revolisationactu.blogspot.com/2010/03/chez-paul-jorion-un-sondage-en-faveur.html

    Vous vous plaindrez ad vitam aeternam tant que vous ne mettrez pas – VOUS MÊMES – en œuvre la révocabilité des élus.
    Et ce ne pourra être que la révocabilité des DÉLÉGUÉS.

    Vous vous plaindrez des capitalistes qui vous rigoleront au nez tant que vous resterez prisonniers de la grille mentale que dénonçait Marx (cité par Lénine)

    « Au lieu de décider une fois tous les trois ou six ans quel membre de la classe dirigeante « devait représenter » et fouler aux pieds [ver-und zertreten] le peuple au Parlement, le suffrage universel devait servir au peuple constitué en communes, comme le suffrage individuel sert à tout autre employeur en quête d’ouvriers, de surveillants, de comptables pour ses entreprises. »

    =
    Et Lénine, après avoir cité Marx poursuivait
    ===

    Cette remarquable critique du parlementarisme, formulée en 1871, est elle aussi aujourd’hui, du fait de la domination du social-chauvinisme et de l’opportunisme, au nombre des « paroles oubliées » du marxisme. Les ministres et les parlementaires de profession, les traîtres au prolétariat et les socialistes « pratiques » d’à présent ont entièrement laissé aux anarchistes le soin de critiquer le parlementarisme; et, pour cette raison d’une logique surprenante, ils qualifient d' »anarchiste » toute critique du parlementarisme ! ! On ne saurait s’étonner que le prolétariat des pays parlementaires « avancés », écœuré à la vue de « socialistes » tels que les Scheidemann, David, Legien, Sembat, Renaudel, Henderson, Vandervelde, Stauning, Branting, Bissolati et Cie, ait de plus en plus souvent accordé ses sympathies à l’anarcho-syndicalisme, encore que celui-ci soit le frère jumeau de l’opportunisme.

    Mais, pour Marx, la dialectique révolutionnaire n’a jamais été cette vaine phraséologie à la mode, ce hochet qu’en ont fait Plékhanov, Kautsky et les autres. Marx a su rompre impitoyablement avec l’anarchisme pour son impuissance à utiliser même l' »écurie » du parlementarisme bourgeois, surtout lorsque la situation n’est manifestement pas révolutionnaire; mais il a su, en même temps, donner une critique véritablement prolétarienne et révolutionnaire du parlementarisme.

    Décider périodiquement, pour un certain nombre d’années, quel membre de la classe dirigeante foulera aux pieds, écrasera le peuple au Parlement, telle est l’essence véritable du parlementarisme bourgeois, non seulement dans les monarchies constitutionnelles parlementaires, mais encore dans les républiques les plus démocratiques.

    Mais si l’on pose la question de l’État, si l’on considère le parlementarisme comme une de ses institutions, du point de vue des tâches du prolétariat dans ce domaine, quel est donc le moyen de sortir du parlementarisme ? Comment peut-on s’en passer ?

    Force nous est de le dire et redire encore : les enseignements de Marx, fondés sur l’étude de la Commune, sont si bien oubliés que le « social-démocrate » actuel (lisez : l’actuel traître au socialisme) est tout simplement incapable de concevoir une autre critique du parlementarisme que la critique anarchiste ou réactionnaire.

    Certes, le moyen de sortir du parlementarisme ne consiste pas à détruire les organismes représentatifs et le principe électif, mais à transformer ces moulins à paroles que sont les organismes représentatifs en assemblées « agissantes ». « La Commune devait être non pas un organisme parlementaire, mais un corps agissant, exécutif et législatif à la fois. »

    Un organisme « non parlementaire mais agissant », voilà qui s’adresse on ne peut plus directement aux parlementaires modernes et aux « toutous » parlementaires de la social-démocratie ! Considérez n’importe quel pays parlementaire, depuis l’Amérique jusqu’à la Suisse, depuis la France jusqu’à l’Angleterre, la Norvège, etc., la véritable besogne d' »État » se fait dans la coulisse; elle est exécutée par les départements, les chancelleries, les états-majors. Dans le parlements, on ne fait que bavarder, à seule fin de duper le « bon peuple ». Cela est si vrai que, même dans la République russe, république démocratique bourgeoise, tous ces vices du parlementarisme sont apparus aussitôt, avant même qu’elle ait eu le temps de constituer un véritable parlement.
    ==

    [cette citation était faite à l’intention d’un ancien responsable PCF de la « dernière ville stalinienne de France ». Le reste des citations (et les sources) à
    http://revolisationactu.blogspot.com/2010/02/lettre-publique-jean-pierre-rioual-le.html

    Sur le bilan tiré par Marx et Lénine,

    Décider périodiquement, pour un certain nombre d’années, quel membre de la classe dirigeante foulera aux pieds, écrasera le peuple au Parlement, telle est l’essence véritable du parlementarisme bourgeois,

    …nous en sommes toujours au même point.

    La seule différence, c’est le fait que – par le bilan de l’Histoire – nous SAVONS maintenant que cette structure de soviets en pyramide avec des délégués révocables que nous devons REconstruire est – aussi – la PRINCIPALE MESURE qu’il faudra préserver contre vents et marées, contre tous les nouveaux néo-staliniens d’où qu’ils viennent. (à la dénonciation desquels je travaille – d’ailleurs – depuis 1993, quant aux mobiles qui seront les leurs et aux moyens qu’ils utiliseront pour rééditer leurs exploits de 1921-1927)

  65. @jean-luc

    J’ai déjà répondu en partie à Zébu (j’ai dû me mélanger les crayons, je ne vois plus où c’est). Il ne fait pas de doute que le découragement ou la colère sont permis. Mais dans ma perspective, l’abstention est un peu comme un silence qu’on s’impose, en espérant que ceux qui n’ont pas su entendre la voix (car le vote est bien une « voix ») sauront interpréter ce silence. Enfin, c’est obéir par avance au suffrage censitaire informel qui vient…

  66. Pour ajouter à la réflexion, 3 Extraits du livre de John Saul « Le citoyen dans un cul-de-sac ? Anatomie d’une société en crise » (les grands conférences)

    « Dans notre société, l’action comporte quatre étapes. Première étape : la réalité ; la réalité d’une crise économique ou d’une guerre, par exemple. Deuxième étape ; la société humaine considère la réalité et cet examen engendre le doute qui vient lui-même nourrir le débat. C’est d’ailleurs là que nous sommes au plus fort de nos qualités humaines. Troisième étape ; ayant considéré la réalité, on décide. Quatrième étape : ayant décidé, on gère la décision.
    Aujourd’hui, notre civilisation est obsédée par les deux dernières étapes. On est obsédé par le choix des chefs décisifs (Brian Mulroney disait toujours ‘tough’ je crois) et on est en train d’éduquer la quasi-totalité de notre élite pour en faire des gestionnaires.
    Pourtant dans les faits, une seule de ces quatre étapes est vraiment importante : le deuxième, celle de la considération, du doute, du débat. Si vous avez bien considéré la situation, n’importe quel idiot peut décider. Et, de toute manière, il n’y a pas une solution, il y en a deux, trois, quatre solutions. On en essaie une, ça ne marche pas, on essaie de comprendre (encore de la considération) pourquoi ça n’a pas marché. On en essaie une deuxième, etc. La quatrième étape – celle où il faut gérer – est la moins importante. Il faut gérer mais, comme vous le savez, le mot anglais ‘manager’ vient du français « ménagère », nettoyer la maison. Je ne suis pas contre le nettoyage de maison. C’est un très bon travail. Mais l’idée que nous avons passé 2500 ans à créer la plus grande élite de l’histoire du monde, la plus sophistiquée, la plus éduquée, pour nettoyer la maison prouve que nous sommes plongés dans un état de confusion assez sérieux. Ayant mis toute l’emphase sur les deux dernières étapes – la décision et la gérance – on ignore celle qui compte le plus : le doute, le débat, la considération. Et c’est pour cette raison que l’on n’arrive pas à prendre de directions intéressantes. »

    « Aujourd’hui, on enseigne, dans la plupart de nos écoles, que la démocratie est née au XVIIIéme et XIXéme siècle, comme la résultante de la création de la bourgeoisie qui serait le produit de la révolution industrielle. Selon ce point de vue, le capitalisme aurait engendré la démocratie. Cette idée est complètement fausse et n’a absolument pas sa place dans l’histoire de la philosophie et de la démocratie. Cette thèse a confondu deux sortes de contrats : le contrat moral, humaniste, dans lequel il y a des êtres humains, et le contrat d’intérêt, le contrat commercial.
    Ce qui fait qu’aujourd’hui on continue de penser qu’on peut réduire la démocratie à une série de contrats d’intérêts, c’est-à-dire à un grand contrat commercial. Cette idée est complètement amorale – pas immorale, mais amorale ! Elle ne contient aucune éthique. En fait, il n’y a pas de contenu. Il s’agit simplement d’une méthode de négociation, une manière de conclure des accords. Si vous réduisez la démocratie à un contrat, vous n’avez pas de démocratie et vous n’avez pas de droits de l’Homme ; vous n’avez que des négociations entre divers intérêts. »

    « Nous vivons dans une société de contrat et de calcul, de structure et de pouvoir. Nous oublions deux choses essentielles ; nous oublions que l’obligation principale de la majorité, dans une démocratie, c’est de s’occuper de la minorité. Ce que je viens de dire peut sembler un peu facile, mais ce n’est pas facile du tout. Nous savons très bien ce que cela veut dire. Cela veut dire qu’après avoir gagné une élection, votre première obligation est de vous occuper des gens qui l’on perdue. Donc, ce n’est pas une question de prendre le pouvoir pour utiliser le pouvoir. C’est une question de prendre le pouvoir pour ne pas l’utiliser comme les autres. Ça, c’est la démocratie ! Ça, c’est de l’humanisme ! Ce n’est pas idéaliste, c’est pratique, car une société ne peut pas fonctionner si chacun s’empare du pouvoir simplement pour l’imposer aux autres. Dans ce sens le pouvoir est auto-limitant. »

  67. @ Lou 15 mars 2010 à 23:16

    Tout se tient, tout est logique, tout est limpide.

    Puisqu’il est interdit d’interdire, chacun est libre de faire ce qui lui plait et de jouir sans entrave de la liberté. Dans l’affaire, le malheur arrive quand on pousse le raisonnement trop loin. Car, sans interdits et sans devoirs, les droits finissent par ne plus exister. La communauté organisée qui, seule peut donner accès aux droits, oeuvre ainsi à son sabordage, son extinction.

    Elle laisse alors la place au chaos que d’aucuns appellent de leurs vœux parce qu’ils pensent en profiter personnellement. Ce sont de grands cœurs. Ils oublient les plus faibles voués à disparaître les premiers dans une société où il n’y a plus d’Etat.

    Il me semble urgent de réinvestir dans la morale chez chacun d’entre nous, quelle que soit sa position, du haut en bas de la société et vis versa, simultanément, conjointement, solidairement. Il en va de notre avenir commun.
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=9070#comment-65231

    1. oui, je vous suis. Cependant, l’interdit encore une fois a été levé avant 68. Mais je ne me prononcerai pas sur le quand, je n’en sais rien. Ça s’est fait progressivement sans doute. Mais à mon avis, la consommation généralisée, y est pour quelque chose. 68 n’est qu’un symptôme.
      Bernard Stiegler explique bien comment le capitalisme grace au marketing  » qui détourne tous les désirs du consommateur vers les objets de consommation se développe tout d’abord de manière heureuse – c’est le plein emploi – mais il se transforme rapidement, comme l’avait prédit Herbert Marcuse, en machine à détruire la libido. Alors règne la consommation addictive fondée sur la satisfaction immédiate des pulsions. Le résultat est que la société de consommation ne devient plus productrice de désirs mais de dépendances. C’est un modèle dangereux: le consommateur y devient malheureux comme peut l’être le toxicomane qui dépend de ce qu’il consomme mais déteste ce dont il dépend. D’où une frustration grandissante et des comportements qui inquiètent comme la destruction de la structure familiale, la peur des adultes à l’égard de leurs propres enfants ou une déprime généralisée. » (voir son interview dans la tribune.
      A propos de disparition du sur-moi, un documentaire ce soir sur france 2, à propos d’un jeu de tv réalité. On a demandé à des candidats d’envoyer des décharges électriques à des partenaires de jeu qu’ils ne connaissent pas. Je crois que Bernard Stiegler fait un commentaire, mais dans la seconde partie, diffusée demain. A vérifier. Comme lui, je pense que si les politiques ne se préoccupent pas des ravages produits par la tv, c’est aussi grave que certaines affaires de santé publique ayant éclaboussé les pouvoirs publics.

      A peak oil. Parallèlement, on a vu dévaloriser les sciences humaines et sociales, ce qui est le signe de sociétés qui n’ont absolument pas envie de réfléchir sur elles-mêmes, et s’empêchent de se projeter dans l’avenir. Pire, on forme, dans ces mêmes disciplines censées construire un esprit critique, des bons petits soldats du marché. Je ne veux pas faire de généralité, mais je l’ai constaté dans des facs de socio ou psycho. (de province, mais peut être est ce également le cas à Paris). Les gamins n’ont aucun recul. Bon, je suis peut être sévère, j’étais surement comme ça à leur age.
      je vous invite à vous pencher sur le vocabulaire des politiques publiques. On voit bien le glissement sémantique. Par contre, en ce qui concerne le « contrat ». quid du contrat social de Rousseau.

    2. @ Lou 17 mars 2010 à 11:49

      Merci de poursuivre le dialogue que nous avons entamé. Vous me suivez dites-vous. Cela me fait grand plaisir.

      Hélas, et d’emblée, vous allez à l’encontre de ce que je prétends et vous le faites en affirmant sans preuve que rien n’est dû à l’esprit de 68.

      Je comprends pourquoi, malgré mon insistance, vous ne voulez pas admettre l’effet néfaste de ce mauvais slogan qu’est « Il est interdit d’interdire ». Il a pourtant sapé les bases morales de notre société. Il a conduit à la perversion de nombreux domaines y compris les domaines de la finance et des affaires qui, libérés de pratiquement tout interdit, ont déclenché la plus grande crise qu’a connu l’humanité.

      En citant les théories de Bernard Stiegler, vous ne pouvez pas apporter de meilleure eau à mon moulin. Au lieu de prendre en considération les éléments d’expérience d’un homme qui, sans se prétendre philosophe, a tiré quelques leçons fondamentales d’une expérience de 75 ans de vie honnête et de celle de sa femme tout aussi honnête, vous préférez vous appuyer sur les vertueuses idées de quelqu’un qui a passé 5 ans de prison pour attaque à main armée.

      J’ignore si à 16 ans, en 68, il propageait ce dangereux slogan, mais à l’évidence il l’a mis en application.

      Qu’il ait le droit de vivre maintenant qu’il a purgé sa peine et qu’on lui pardonne ses erreurs de 68 ard attardé, je suis d’accord, mais qu’il veuille en faire porter la responsabilité au mode de production qui règne depuis la nuit des temps me semble relever d’une grosse entourloupe pour se blanchir.

      Sans interdit, c’est bien vrai, tout et permis, même de niquer la morale.

      Qu’il serve de guide pour ces concitoyens, pour les enseignants et pour la jeunesse, tout dépend de ce que l’on souhaite.

      C’est promis, je discuterai après des sujets qui vous intéressent, y compris de l’expérience de Milgram prévue à la télé ce soir.

      Faites cependant bien attention à la manipulation possible. L’émission risque fort d’être orientée pour démontrer que le respect de l’autorité est mauvais. Si c’est le cas, dites vous que c’est avant tout l’absence du respect des préceptes moraux qui conduit à la perte de l’humanité.

      Si l’on ne respecte pas l’autorité c’est le meilleur moyen d’aller vers le chaos que certains, surtout actuellement, appellent de leurs vœux.

      Demandez-vous pourquoi. Autant que je me souvienne 68 est né pour le même motif.

      De grâce, lou, acceptez de discuter de morale, vous ne risquez pas d’atterrir en prison.

    3. jducac
      Encore une fois, pour moi, le slogan « il est interdit… » n’est que le fruit d’un processus.(ma mère avait 30 ans en 68, elle m’a toujours parlé du carcan et de la chape de plomb idéologique; mais c’est vrai qu’elle était très à gauche, avec une conduite plus qu’irréprochable) Que les 68ards soient responsables de leurs propres comportements, oui, bien entendu. Que ce slogan soit crétin, trois fois oui. Mais j’ai une lecture définitivement politique. Stiegler avait 16 ans en 68, c’était un gamin. Il a fait plus tard de la taule. Oui, je crois qu’il s’en est expliqué.
      Et cette morale, les générations précédentes ont-elles montré des preuves? En quoi le comportement des français pendant la seconde guerre mondiale était il moral? Des siècles de comportements amoraux…et franchement, c’est accorder aux 68ards des pouvoirs qu’ils n’avaient pas.Parce qu’ils ont brandi des pancartes: « il est interdit d’interdire », ça y est, c’était la levée des barrières morales en un claquement de doigts? En plus, je ne crois pas qu’il y ait eu qu’une pensée 68. Je me dis au contraire que si 68 a eu lieu, c’est parce que ça a été possible, donc que le terrain était déjà propice.
      Donc discutons morale. Qu’entendez vous par morale? sur quels fondements la faites vous reposer? idem en ce qui concerne l’autorité. qu’est ce que ça signifie pour vous?
      A plus tard, donc

    4. Il est interdit d’interdire, bon, un peu fort, certainement.
      Mais on sait bien qu’avant 1968 la morale régnait partout.
      Pas de divorce, non on préférait « les danseuses », les courtisanes.
      Jamais de fille de ferme ou de soubrette engrossée par le maître des lieux, non voyons, si une telle chose arrivait c’est que la fille l’avait bien cherché.
      Avant 1968, les avocats, les notaires étaient tous des hommes de grande honnèteté et probité.
      Avant 1968, il n’y a jamais eu de scandale financier.
      On savait se tenir, avant 1968 !

    5. @ Louise

      Il faudrait savoir en fait de quel Mai 68 vous parlez ?
      Je ne crois pas qu’il s’agisse de la plus grande grève de toute l’histoire de l’humanité (9 millions de grévistes, peut-être plus selon certains historiens) puisque celle-là a été quasiment enfouie dans la mémoire collective (jusqu’à la prochaine édition centenaire?). Il faut dire qu’à peine deux ans après les « évènements », c’était déjà les années soixante-dix, les années grises de la pseudo « crise » au cours desquelles l’enthousiasme collectif allait commencer à se dissoudre dans les intérêts catégoriels, et l’individualisme narcissique consacré par « l’autre » Mai 68.

      Parlons donc de ce Mai 68 là, qui semble recueillir votre bienveillance, le Mai 68 sociétal de la « révolution des mœurs », et son imagerie d’Epinal des grandes heures révolutionnaires du quartier latin. Il a une cause que tout le monde connaît, l’arrivée massive de la génération du baby boom, promise aux plans de carrière enchantés de la fin des trente glorieuses, dans les structures vermoulues de la vieille université française.
      Rappelons quand même que les premiers incidents des campus parisiens avaient pour centralité la mixité des résidences étudiantes. Partant de là, on a beaucoup parlé –surtout pour ne rien dire- de Marx, Lénine, Trotsky, Mao (et oui ! En ce temps là même l’odorat était en grève) Reich, Marcuse pour arriver à des choses plus tangibles comme le féminisme, d’ailleurs largement influencé par ce qui se passait outre-atlantique.
      Je ne vais pas porter de jugement sur le bilan nuancé de cette vague là, des féministes historiques comme Annie Le Brun ou Elisabeth Badinter ont tout dit à ce sujet. Disons simplement que le néolibéralisme idéologique, lequel a si bien su récupérer toutes les « avancées » toutes les « autonomies » et toutes les « diversités », a très bien su s’accommoder de celle-là aussi.

      Le point important est qu’à ce sujet Mai 68 avait déjà un train de retard. Le grand théoricien de ce mouvement était peut-être le démographe Alfred Sauvy, qui dès la première moitié des années soixante avait noté tous les stigmates d’un véritable bouleversement des mœurs, en particuliers l’explosion des naissances hors mariage et des divorces. S’il fallait retenir une date de rupture, ce serait plutôt 1964, l’année cinématographiques des « Parapluies de Cherbourg » et du « Servant » de Losey, que 1968. La référence cinématographique est voulue, puisque je crois profondément que le Mai 68 sociétal est plus un nuage de traîne dans le sillage de Françoise Dorléac que d’Herbert Marcuse. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7oise_Dorl%C3%A9ac)
      Le bras armé de Sauvy, quant à lui, serait finalement le député Lucien Neuwirth, qui fit voter LA loi sur la contraception (la pilule), avec l’aval personnel de De Gaulle, une bonne année avant les chers évènements.

      Sinon, que vous dire ? Oui, avant Mai 68 les notaires étaient parfois véreux et les scandales financiers existaient déjà (l’accaparement des biens des templiers par Philippe le Bel, ça c’était un beau scandale !). Je vous ferais simplement remarquer qu’à la fin de ce joli mois, les études notariées et les banques étaient en grève comme tout le monde. Donc, en vain semble-t-il, si vous lisez les journaux (et le bloc de Paul) aujourd’hui.
      Quand à votre description des mœurs sexuels de la France d’avant Mai 68, je tiens à vous remercier d’avoir si bien évoqué Balzac (Splendeurs et misère des courtisanes 1847) Zola (au bonheur des dames 1883) Mirbeau (Journal d’une femme de chambre 1900). Je crois quand même que, depuis l’époque de ces grands maîtres, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts traversés par les femmes de ce pays. Il y a eu deux guerres terribles, formidables accélérateurs des évolutions de la société, les progrès décisifs de la médecine, les avancées sociales et politiques (le droit de vote des femmes cela n’était tout de même pas rien) programmées par le CNR, et les deux premiers tiers des trente glorieuses (les plus importants). Cinquante années de bouleversements étonnants qui relèguent quand même ce fameux mois dans des tons plus pastels.
      Mais comme la mémoire historique est d’abord cousue de mythes, on reparlera encore longtemps de celui-là, à tort ou à raison.

    6. Un sous caporal chef , ne serait-ce pas un caporal ?

       » L’épicurisme et le stoïcisme se partagent la besogne pour tenter de nous rendre la vie supportable . »

      J’ai travaillé pour Lucien Neuwirth , avec joie .

      Simone Weil « immortelle » . En tous cas , elle n’aura pas perdu son temps ici bas , pour rendre la vie supportable .

    7. @ louise 17 mars 2010 à 22:37 et lou dit : 17 mars 2010 à 20:34

      Pour « Il est interdit d’interdire » vous avez fini par admettre :

      – l’une que « c’est : un peu fort, certainement»,
      – l’autre « Que ce slogan soit crétin, trois fois oui. »

      Il nous a fallu tout ce temps pour nous rapprocher et pour partager un peu de ce qui fait notre conscience humaine commune. Quel temps perdu. Tout ce temps passé ensemble, vous, d’une part, à défendre ce dont vous êtes persuadées, mais qui m’apparaît résulter d’une forme d’imprégnation doctrinale, ne résultant pas forcément d’une construction ou d’une validation personnelle logique et argumentée, moi d’autre part, à ne rien céder sur ce qui me semble fondamental au regard de ma propre expérience, laquelle vaut au moins autant que celle d’un philosophe condamné à l’âge de 25 ans à 5 ans prison pour braquage à main armée .

      Tout ce temps n’est pas totalement perdu puisque nous nous sommes un peu rapprochés, mais il marque notre manque d’efficacité collective. Tâchons de faire mieux pour la suite.

      N’ayant pas reçu une seule heure d’enseignement philosophique, ni en secondaire, ni en supérieur ni ailleurs, le modeste bagage que je me suis constitué, ne résulte que de 75 ans d’expérience personnelle tirée de ma propre vie et de celle de mes congénères que j’ai accompagnés ou vu vivre pendant autant de temps.

      Suis-je le mieux armé pour vous parler morale comme vous m’y invitez ? A priori pas du tout. Pourtant je m’y lance, parce que je crois avoir validé et bien intériorisé par l’expérience, un certain nombre de préceptes moraux que je me sens en capacité de justifier par des arguments.

      Je me suis déjà exprimé à l’adresse suivante pour situer le cadre général dans lequel je situe mes réflexions. http://www.pauljorion.com/blog/?p=8775#comment-63249
      C’était pour soutenir une de mes convictions « C’est un devoir de travailler ». Cela soutient bien aussi pourquoi « c’est un devoir de travailler sur la morale »

      Il me semble inutile d’ergoter sur le distingo à faire entre morale et éthique. Wikipédia traite du sujet. Je dirai simplement que la morale a été amenée par les religions et que l’éthique est pratiquement la même chose mais soutenue surtout pour marquer une volonté de se démarquer du religieux.

      J’ai exprimé mon avis sur le fait qu’il n’est pour moi pas judicieux d’exclure a priori le religieux de l’effort immense qui est a consacrer à la reconstruction de l’homme : http://www.pauljorion.com/blog/?p=9070#comment-64827

      En liminaire, et en particulier pour Louise, je dirais que je n’ai jamais prétendu que tout était d’une moralité parfaite avant 68. Cela me déçoit beaucoup qu’entre personnes de bonne foi, on insinue que je veuille le laisser entendre. Non avant 68, tout n’était pas au top, mais l’esprit et les slogans de 68 ont largement contribué à ce que cela soit bien pire après, la dérive allant s’amplifiant comme on le constate clairement dans les établissements scolaires.

      Personne n’est en mesure de prouver qu’en appliquant « il est interdit d’interdire » ou « nique ta mère » ou « jouissons sans entrave » on a facilité la bonne tenue des adolescents qui sont devenus adultes, parents et grands parents maintenant et qui laissent se perpétuer dans les faits la validité de tels mots d’ordre.

      Voyez combien il a fallu batailler pour que vous consentiez à admettre leur nocivité (pardonnez ma redite).

      Concernant les danseuses. Oui, cela existait mais sans justifier ces pratiques, reconnaissez que les conséquences sociales de leur existence étaient bien moindres que ce qu’entraîne la multiplication des couples éphémères d’aujourd’hui. Les danseuses ne vivaient en général que grâce à des protecteurs qui en avaient les moyens. Les épouses légitimes, humiliées certes, vivaient encore avec les enfants à la charge des maris infidèles qui leur assuraient le gîte et le couvert.

      Qu’en est-il aujourd’hui ?

      Aujourd’hui, l’éclatement familial étant très facilement accessible à tout le monde, y compris les plus modestes, ce sont beaucoup de femmes seules aux faibles ressources qui se retrouvent en charge de famille et à la merci d’être à la rue si elles perdent leur emploi. De plus, dans l’intérêt des enfants, cela conduit bien souvent à ce qu’il y ait, pour une même cellule familiale d’origine, deux logements assez grands pour la vie en alternance avec tout ce qu’il en coûte (loyer, EDF, Télé, Téléphone, transports. Etc…). Quelle efficacité économique surtout en période de crise. L’indépendance des femmes a surtout été profitable aux plus argentées.

      Qu’entendez-vous par morale? sur quels fondements la faites vous reposer? Me dit Lou.

      Est-il vraiment nécessaire de se livrer à un tel travail? J’imagine que c’est abordé, ainsi en milieu scolaire.

      Pour moi, la morale est d’application pratique, a tous les instants, à tous les niveaux dans tous les domaines. Elle se résume au respect de préceptes simples (voir entre autres ci-dessus : http://www.pauljorion.com/blog/?p=9070#comment-65193) de nature à rendre le comportement des individus conforme à ce qu’en attend la communauté humaine familiale, nationale, mondiale.

      Elle suppose une assimilation parfaite capable d’entraîner des comportements réflexes conduisant à une vie individuelle et collective harmonieuse et heureuse.

      Cela suppose une adhésion intime et sans faille aux préceptes requis, sachant que la morale relève du devoir personnel et non du droit. En conséquence, elle conduit à une limitation personnelle et gratifiante de sa liberté.

  68. Bien sûr, c’est plus ou moins rigolo, vu comme ça…

    Le problème de cette représentation c’est que la colonne des abstentionnistes n’est ni un parti ni un mouvement, mais un amalgame de points de vue très divers relayant des motivations très différentes voire très opposées…
    Comme, par nature, les abstentionnistes ne s’expriment pas avec leurs mains mais avec leurs pieds, on ne peut les classer par tendances ou par opinion. De fait, cette « cinquième colonne » pourrait se décomposer en une multitude de petites colonnettes plantées de manière heuristique et donc incapables de soutenir le « temple de la démocratie ».

  69. Depuis des mois, la propagande nous explique le premier ministre est mieux vu que le président sarkozy nagy de bosca.

    La ficelle médiatique consiste à insister sur le « mieux vu » en oubliant une autre donnée essentielle.

    Car si l’on change de regard , que l’on prend en compte le nombre de mécontents concernant et le président et son premier ministre ,
    la victoire de l’abstention était prévisible.
    http://www.tns-sofres.com/points-de-vue/69D8D16BEB3F4131AB3B59C64080DC97.aspx

    PS : Pour qui aime les tendances, on peut aussi déduire des choses trés intéressantes des deux courbes de « rejet » .
    La première , c’est que la sofrès prend des vacances en été , et la deuxième …

  70. @ tous,

    Je reviens devant la machine pour dire ce que je retiendrai des échanges qui se sont croisés ici depuis dimanche soir dernier.

    Je redis maintenant que, comme Zébu ou d’autres sur cette page, je ne suis pas allé au bureau de vote dimanche dernier.
    Et pourtant, comme Zébu, je tiens énormément à ce bulletin, que Juan Nessy a si bien personnifié. Il le dit: ce bulletin c’est moi, et voter c’est affirmer que j’existe comme citoyen. J’en suis tellement persuadé, que je garde de façon presque fétichiste (!) toutes mes cartes d’électeur tamponnées depuis mon premier vote, à 18 ans tout juste. On comprendra combien je suis sensible à l’argument de Juan Nessy, quand j’aurai dit aussi que je garde celles de mes deux parents décédés.
    Je n’ai jamais manqué un seul scrutin. Pas un seul, j’en ai la preuve. Et le dépouillement des votes, les soirs d’élection dans mon quartier (que François Le Sombre décrit magnifiquement plus haut) est un rituel auquel mon père m’a amené très tôt, pour servir à mon éducation.
    Je n’ai que cinq élections présidentielles au compteur, premiers et deuxièmes tour, mais en comptant les élections intermédiaires, premiers et deuxièmes tours, et les référendums, ça fait pas mal de cartes et de coups de tampon pour le citoyen Jean-Luc. Et c’est peu dire que j’en suis fier.
    Je dis cinq présidentielles, et c’est faux. En 2007, j’ai calé. Pour toutes les raisons que j’ai expliqué entre les lignes de mes commentaires.

    Nous sommes nombreux ici pour dire que notre vote, c’est nous-même. Contrairement à notre personnalité innée, cette identité de citoyen est un don, un cadeau de l’âge adulte. Il est bon de se battre pour que rien ni personne ne vienne un jour reprendre ce don, que nous tenons des grecs anciens.

    Il arrive parfois qu’une personnalité subisse des outrages. Cela n’enlève rien à son existence réelle, mais peut la blesser profondément.
    Lorsqu’un groupe fait subir à une personnalité des humiliations répétées, que peut-on conseiller à la personne qui subit cela, et que l’on voit de plus en plus désemparée? Il n’y a qu’une chose à lui dire. Elle doit s’extraire du groupe un moment, pour se reconstruire.

    Voilà ce que je fais depuis 2007. Je reconstruis mon identité de citoyen. Pour ne pas finir comme ces personnes que l’on voit de plus en plus désemparées au fil des scrutins, ne sachant plus comment voter à droite, ou comment voter à gauche, et qui reviennent du bureau de vote avec toujours ce même goût écoeurant dans la bouche.
    Je n’irai pas non plus voter dimanche prochain.
    Certains me diront que c’est une position de confort. C’est faux, je viens de dire ce que ça me coûte. D’autres diront que c’est un luxe, quand des courageux, eux, font l’effort de tenir la boutique démocratique. Je les en remercie, comme j’ai remercié plus haut François Le Sombre.
    Quand à ceux qui voudraient me culpabiliser, en me disant que, si tout le monde faisait comme moi, c’est la démocratie qui serait en danger, ça ne marchera pas. Je suis vacciné contre cette tentative de culpabilisation. Même avec 99% d’abstention, la démocratie tiendra le coup. Elle tenait sans le vote des femmes. Elle tient sans le vote des étrangers résidents. Elle tiendra. Bizarrement. De guingois. Mais elle tiendra.
    Je suis certain, comme beaucoup d’autres qui se sont exprimés sur cette page, et qui continuent de le faire après le nouveau billet de Paul Jorion ( http://www.pauljorion.com/blog/?p=9289 ), que la démocratie pourrait même puiser dans une abstention massive de nouvelles forces.
    C’est de continuer l’imposture qui la mettra à terme plus sûrement en danger.

    Paul Jorion résume dans son dernier billet la question qu’il pose aux politiques, à qui il a l’occasion de parler: pourquoi les partis ne parlent-ils pas de la sortie du capitalisme?
    La réponse qui lui est faite est: « Parce que les partis s’adressent l’un à l’autre (…) et qu’ils sont devenus incapables (…) de tenir un autre langage ».

    Certains abstentionnistes démocrates et conscients des enjeux, veulent tout simplement montrer qu’ils refusent, une bonne fois pour toutes, les termes de cette discussion stérile entre partis, dont ils sont les spectateurs.
    Ils ne souhaitent même plus être conviés à ce mauvais spectacle, puisque le spectacle se déroule à leurs frais.

    Ils veulent qu’enfin s’ouvrent d’utiles débats. Pour qu’enfin les frais qu’ils engagent par leurs votes se voient sur la scène (à défaut d’en être les acteurs, puisque la démocratie est affaire de représentation, et qu’on mettra longtemps avant de trouver mieux).

    C’est drôle, je viens presque de faire une profession de foi. Mais qu’on se rassure, je ne cherche aucun scrutins pour ma liste. Chacun doit agir en conscience. C’est l’essence même de cette démocratie qui nous est chère.

    1. Je crois que je comprends votre état de pensée et votre désarroi .

      Peut être parce que j’ai appris à traverser une bonne partie des désarrois que nous réserve le parcours d’une vie , avant le grand désarroi final , je ferai en ce qui me concerne le pas d’aller voter , avec les mêmes motivations que celles qui vous animent , au fond de l’âme .

      Si nous ne sommes pas majoritaires avec ça !

    2. @ Jean-Luc

      Je suis d’accord avec vous.
      J’ai rarement manqué d’aller voter.
      Mais là franchement tant que les votes blancs ne seront pas comptabilisés je ne vois que l’abstention .
      Pour qui voulez-vous que je vote puisque aucun candidat ne propose quoi que ce soit qui me convienne !
      Voter quoi ?
      Vert, rouge, rose, orange ?
      La couleur qui me conviendrais n’existe pas !

    3. @ Jean-luc, @ juan nessy :
      Nous nous retrouverons tous. Car nous aimons la même femme, à bonnet phrygien.
      Le soir d’après le vote, on aura tous le regard porté vers 2012.
      Hasta 2012 !

    4. @Jean-Luc

      Vous dites : « Certains abstentionnistes démocrates et conscients des enjeux, veulent tout simplement montrer qu’ils refusent, une bonne fois pour toutes, les termes de cette discussion stérile entre partis, dont ils sont les spectateurs. »

      Le problème c’est qu’ils ne montreront rien.
      Et vous savez pourquoi ?

      Parce que l’abstention est un « parti fantôme » dont le propre est de disparaitre le surlendemain de l’élection, en vous plantant tout seul comme un con sur le parking devant l’immeuble où se prennent les décisions, avec sur les bras votre géniale mais putain de lourde pancarte « Demain, pour un électoralo-choc : no vote ! « , pendant que les nouveaux élus commencent déjà, concrètement, à voter des budgets.

      Ils ne démontreront rien, parce qu’au surlendemain de l’élection, une fois passée l’heure des interprétations quant à la probable, possible, composition sociologique du grand machin sur le camembert, il n’y aura personne pour représenter les abstentionnistes, leur volonté, leur conviction, leur programme.

      Personne à qui moi, Martine M, citoyenne française, je puisse dire, en plus poli ou pas : Putain! Mr. le Conseiller, je suis déçu(e), je suis trahi(e), tu n’as pas rempli ta fonction, tu n’as pas agi selon le mandat que je t’avais confié.

      C’est la raison pour laquelle, dimanche, entre des élus abstentionnistes inconnus et des élus tout ce qu’il y a de plus médiocres, de plus dépassés par les évènements, de plus désespérants — nous sommes d’accord —, je vais choisir de donner ma voix aux seconds.

      Pour pouvoir dire ma désapprobation, ma colère, mon désespoir à quelqu’un.
      Malgré le manque d’écoute.
      Pour pouvoir accuser quelqu’un.
      Malgré le manque d’écoute.
      Pour qu’il reste des noms, des individus, des hommes, en face, à qui reprocher précisément des choses.
      Pour préserver la figure contre l’abstraction.
      En somme.

    5. @ Martine :
      J’admire votre persévérance humaniste.
      Il est totalement vrai que l’abstention ne montre rien, si ce n’est que face à l’absence, l’acteur politique n’a plus que lui-même pour se parler.
      Dans certains cas, partir n’est pas une fuite mais un acte d’amour. Quand vous êtes dans l’impossibilité, non pas réelle mais psychologique d’échanger avec l’autre qui soliloque, que malgré tous vos efforts, rien ne change et même tout empire, que rester ne modifie en rien les modes de vivre et de pensée de l’autre et même les légitime (puisque vous restez), alors partir est parfois la seule solution qu’il vous reste. Ce qui ne signifie pas que vous n’aimez plus l’autre, ni même que vous ne reviendrez plus (vous n’attendez en fait que cela de revenir !). Mais que rester signifie aussi votre déchéance, atteint votre santé mentale. Définit irrémédiablement l’avenir comme un carcan et réduit votre liberté d’action et de pensée à la longueur de la chaîne.
      Lâche ? C’est possible. Mais qui est le plus lâche entre celui qui refuse de se regarder en face et celui qui part ?
      Faible ? C’est possible aussi. De cette faiblesse qui provient du coeur et non du caractère ou de la volonté.
      Vous dîtes préserver la figure contre l’abstraction. Mais que peut la figure quand celle-ci est elle-même prisonnière de l’abstraction ?
      Il faut entendre celles et ceux qui disent avoir tellement donné qu’ils en sont épuisés et qu’ils ne lèveront pas le petit doigt pour sauver ce qui doit être sauvé, alors même que c’est leur fonction :
      http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/30/claude-dilain-maire-ps-de-clichy-sous-bois-la-logique-du-ghetto-arrange-tout-le-monde_1273909_3224.html#ens_id=1267276

      « Mais, si ça doit à nouveau exploser en banlieue, nous sommes nombreux, parmi les élus de banlieue, à dire que nous ne recommencerons pas comme en 2005, nous n’irons pas passer nos nuits à rattraper les erreurs commises. Ce sera aux pouvoirs publics, aux ministres, aux préfets, à tous ceux qui sont responsables, de tenter de sauver ce qui pourra l’être. »

      La question est : jusqu’à quand pouvons nous par notre action légitimer un système qui non seulement ne fait rien pour contrer le chaos mais qui en plus le produit, l’entretient et le génère ?
      Si vous travaillez dans le social, vous savez que le système ne tient que parce que des centaines de milliers de ‘petites gens’ tiennent le système à bout de bras. Mais ils sont usés jusqu’à la moëlle, d’une pseudo éthique de responsabilité dont une partie (croissante ?) des élites se dégage, volontairement ou inconsciemment.
      Il reste l’éthique de conviction, qui ne peut s’engager dans le vote que si celui-ci signifie. Depuis quelques années, le vote signifie trop peu pour que cette éthique puisse être utilisée pour légitimer un système à bout de souffle.

      Si vous repreniez vos phrases, vous verriez qu’en inversant les termes de la proposition vous obtiendrez sans doute le même résultat, à savoir :
      « Parce que LE VOTE est un « parti fantôme » dont le propre est de disparaitre le surlendemain de l’élection, en vous plantant tout seul comme un con sur le parking devant l’immeuble où se prennent les décisions, avec sur les bras votre géniale mais putain de lourde pancarte « Demain, pour un électoralo-choc : VOTE ! « , pendant que les nouveaux élus commencent déjà, concrètement, à voter des budgets. »

      Ceci dit, je soutiens votre combat : il ne peut pas, il ne doit pas y avoir d’abstentionnisme.
      Car tout abstentionniste est un orphelin.
      Et on ne peut pas souhaiter à tout un peuple d’entrer en orphelinat, à moins de perdre la raison.

      Très cordialement. Et bon vote dimanche.

    1. C’est beau, historique .. mais violent !
      C’est d’un autre temps comme les récits historiques-religieux que brandissent les ignorants et les désespérés !
      L’hymne à la joie et les 12 étoiles du drapeau européen porterait plus l’avenir et l’espoir des générations XY.

    2. Je suis tombé par terre,
      C’est la faute à Voltaire,
      Le nez dans le ruisseau,
      C’est la faute à Rousseau …

    3. @ PAD,

      C’est beau, mais violent …comme une naissance.

      Il paraît que notre naissance est l’événement le plus violent, physiquement et mentalement, qui nous est donné de vivre dans notre existence.
      Certains psychanalystes ont expliqué que si nous en conservions le souvenir, la vie serait impossible (c’est dire le choc!).

      (A propos, je n’ai pas envie de commenter votre « génération XY », cher PAD, tellement l’emploi de ce terme me désespère.)

      —————

      Contrairement à l’individu, l’histoire des sociétés humaines garde le souvenir de leurs naissances. Violentes, comme toutes naissances.
      Pour rendre vivable le souvenir de l’événement, on en fait des images, que l’on met dans les musées qui conservent l’histoire.
      On appel cela la « catharsis », dans la langue savante. Il s’agit d’une libération symbolique des tensions, que l’on nomme aussi « abréaction » en psychanalyse.
      De ces images on fait ensuite des chromos, pour qu’elles soient diffusées dans la population. Des reproductions, pendues au dessus de la cheminée, étalées sur des boîtes de chocolats, ou arborées sur des T-shirts par la jeunesse qui se cherche.

      Je trouve cette catharsis très utile (en plus d’être belle et forte quand c’est Delacroix qui s’en charge). PAD, il ne s’agit pas d’ignorance ou de désespoir, même si certains ignorants ou désespérés s’accrochent aussi à ces images.

      Nous ne devons pas minimiser le pouvoir des images.
      Si la République française est soudée et forte, nous le devons aussi à ce tableau que nous offre Jorion. Ce simple tableau. Cette oeuvre de Delacroix à joué un rôle immense que l’on n’imagine pas toujours.
      Des millions de français, simples citoyens ou élus aux plus hautes fonctions, on vu cette image depuis sa création. Ils ont vécu avec. Ils l’ont intégré inconsciemment au plus profond d’eux (pour ceux qui s’en souviennent, c’était l’image qui était reproduite sur les billets de cent francs, de 1978 à 1996). Cette image c’est la France. C’est l’âme de la France, qu’on le veuille ou pas. C’est beau et c’est violent. C’est une femme qui guide le peuple. C’est une femme qui est actrice aussi de cet accouchement là.

      A propos d’un autre sujet, j’ai raconté sur « le blog de Jorion » mon arrivée à Lodz, en Pologne. Lorsqu’on descend de l’autobus venant de France, on est obligé, pour pénétrer en ville, de tourner le dos à la gare Fabryczna. Une cinquantaine de pas plus loin …on se trouve face au tableau de Delacroix. Un tableau de 5 mètres sur 3 mètres.
      Sur le mur de la cour de l’Alliance Française, donnant sur la rue, un groupe de « graffeurs » a reproduit fidèlement « La Liberté guidant le peuple ».
      Alliance Française, drapeau tricolore voisinant avec l’aigle blanc sur fond rouge du pays qui nous accueille, et la « liberté » de Delacroix; voilà ce qu’on trouve en arrivant à Lodz, au centre géographique de la Pologne.
      Ce tableau a un pouvoir immense.

      Pourquoi ce tableau a-t-il ce pouvoir?
      Parce qu’il s’est passé « quelque chose » lors de la création de la République française. Le sujet traité par Delacroix ( le soulèvement du peuple contre les lois liberticides de Charles X en juillet 1830) sert de symbole pour tous les soulèvements populaires qui ont fabriqué la République française.
      Violence énorme qui réclamait une énorme catharsis, et que Delacroix n’a pas raté.

      —————

      Vous parlez, PAD, des douze étoiles du drapeau « européen » et de « l’Ode à la joie », choisie pour chanter l’Union Européenne.
      Quand je lis vos mots « avenir » et « espoir », je vois les visages souriants de vingt-cinq jeunes gens et jeunes filles des vingt-cinq pays de l’Union Européenne, regardant de leurs yeux clairs la caméra. Je vois un clip politique à la mode « réalisme socialiste » comme on sait en faire aujourd’hui. J’entends la « jeunesse Erasmus » qui me parle. Cette jeunesse que le cinéaste Cédric Klapisch nous a montré dans « L’auberge espagnole ».
      L’auberge espagnole… L’Union Européenne …et l’auberge espagnole… amusant.
      Est-ce qu’il y a derrière tout ça quelque chose pour cette jeunesse qui se cherche? Quelque chose à imprimer sur leurs T-shirts?
      Il est important de chercher derrière.

      Les douze étoiles ne sont qu’une simple signalétique, comme le sont tous les drapeaux. Un résumé de certains événements.
      Regardons le tableau de Delacroix. Notre drapeau-signalétique est là, en rappel. Mais ce n’est pas cela qui créé la catharsis. Sinon il aurait suffit d’accrocher le drapeau français au Musée du Louvre (ce que ferait un certain art d’aujourd’hui, qui a oublié quel rôle doit tenir l’art).

      Pour ce qui est de « l’Ode à la joie », tout le monde a noté depuis longtemps la puérilité qu’il y avait derrière le titre même.
      Il y a plus puéril encore, ce sont les paroles de cet hymne. Il existe de multiples versions, très faciles à trouver sur Internet. Elles ont toutes les mêmes accents frivoles, superficiels et enfantins.
      (Un peu comme si c’était Chardin, Fragonard ou François Boucher qui avaient fait le travail de représentation de la République française, au lieu de Delacroix.)

      Je dis que je veux chercher derrière.
      Ces manifestations visuelles ou musicale de la naissance de l’Union Européenne ne semblent exprimer aucun affect refoulé (abréaction) qu’elles devraient exprimer. Pour parler simplement on pourrait dire: il n’y a rien derrière. Cherchons quand même, c’est peut-être la représentation qui est mauvaise (tout le monde n’est pas Delacroix ou Rouget de Lisle)

      Pourquoi l’Ode à la joie n’a-t-elle aucun pouvoir?
      « Il s’est passé des choses, pourtant », dira-t-on. Oui, au début. Par la suite, on a de plus en plus de mal à trouver quelque chose à représenter. Quelque chose à décharger émotionnellement.
      – Pour « l’Europe des deux » de 1951, on peut trouver facilement;
      – Pour « l’Europe des six » de 1957, on peut trouver.
      – Pour « l’Europe des neufs » de 1973, on peut trouver encore.
      – Pour « l’Europe des dix » de 1981, on peut trouver, difficilement.
      – Pour « l’Europe des douze » de 1986 …on a trouvé les douze étoiles et « l’Ode à la joie » (décision du Conseil Européen des 21 et 22 avril 1986).

      Va-t-on s’étonner encore longtemps que les douze étoiles et l’hymne ne soulèvent pas l’enthousiasme populaire?
      S’il n’y a rien derrière cet hymne et ce drapeau « européen », la faute ne leur en revient pas. Elle en revient à l’histoire et aux événements. S’il n’y a rien derrière l’hymne c’est peut-être tout simplement parce qu’il ne s’est effectivement rien passé pour la naissance de cette « Europe » de vingt-cinq pays. Et parce que quelques niaiseries écrites sur une grande musique signée par Beethoven ne réussissent pas à masquer ce vide.
      Il n’y a rien d’humain.
      Seulement des rêves, et même à présent des rêvasseries …que des paroles enfantines métaphorisent.

      On a voulu fabriquer de l’Histoire en fabriquant « l’Europe », mais l’Histoire ne se décrète pas. Elle se fabrique avec des vrais gens. Les zélateurs de l’Union-à-tous-prix (les « cabris » du Général De Gaulle), devront un jour réfléchir à cela, si ils veulent qu’une Union se bâtisse.
      L’ensemble de la phrase du Général, que l’on oublie souvent de citer, devrait les y aider:
      « Alors il faut prendre les choses comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur des réalités. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri, en disant: l’Europe! l’Europe! l’Europe!… mais ça n’aboutit à rien et ça ne signifie rien. Je répète: il faut prendre les choses comme elles sont. »
      Et telles que sont les choses, l’Union Européenne ne peut pas exister. Aucun vol de référendum ne réussira a masquer ce vide, que les urnes avaient su dire.
      Oui, il est important de chercher derrière le drapeau européen et l’hymne. C’est important, car il n’y a rien derrière, absolument rien. Et c’est cela qu’il faut enfin trouver. Il faut observer ce rien, savoir s’y confronter. Seulement de cette observation peut naître quelque chose.

      Si on veut pouvoir compter sur l’enthousiasme de la jeunesse « Erasmus », qui est réelle et qu’aucun « clip » ne pourra trahir, il faut avoir le courage de contempler ce vide. Pour le remplir de quelque chose d’important. Pour eux. Pour qu’ils ne puissent pas nous reprocher de leur avoir fabriqué un « avenir » et un « espoir » en carton-pâte. Nous devons craindre de les décevoir.

      « L’Ode à la joie » pour galvaniser les foules! on rigole.
      Même le vieux Delacroix en aurait lâché son pinceau de rire.

      …Et tout en rigolant, attendant qu’on le rappelle pour quelque chose de sérieux, il serait aller dessiner une odalisque languide, ou un joli portrait de George Sand, ou bien un tigre aux aguets. Qui valent toujours mieux qu’une rêvasserie.

    4. Une civilisation sans violence commence par la vie intra-utérine !

      « Il parait que notre naissance est l’évènement le plus violent …  »
      Mes quatre neveux sont nés sans violence et cris à l’ouverture de leurs alvéoles pulmonaires à la vie(contrairement aux idées reçues).
      L’ haptonomie de leur maman les a accompagné dans leur vie intra-utérine. Donc il m’est difficile de vous suivre dans le raisonnement qui suit votre postulat. Je suis plutôt partisan de l’école de Françoise et Catherine Dolto (qui est le généraliste de mes neveux).

      Cordialement

    5. Une naissance assistée, une vie assistée, une mort assistée. Le tout sans violence. Chacun son idéal.

      Même si vous n’acceptez pas mon postulat, me suivrez-vous quand même dans mon raisonnement PAD, si j’arrive à vous convaincre qu’il y a bien d’autres choses que les poumons qui jouent un rôle avant et après la naissance? Et d’autres choses que les poumons à subir des violences dans le passage de l’un à l’autre?
      Si vous répondez comme moi aux deux questions suivantes, alors vous me suivez:
      La violence s’exprime-t-elle toujours par le cri?
      Ne se passe t-il rien à la naissance?

      Même si Catherine Dolto réussissait à éviter toutes les violences subies à la naissance, je ne pense pas que ce serait une bonne chose. Je préférerai toujours le calme à la violence, mais pardon de croire encore que les plus grandes choses ne naissent pas toujours dans la félicité.
      De toute façon, si je suis bien capable de choisir mon camp, il faut que vous sachiez que je me désintéresse d’un match « Dolto vs Delacroix » pour choisir qui parle le mieux de la naissance. Il y a des talents partout.

    6. Une naissance entourée, une vie entourée, une mort entourée et tous ces mots sont féminins.

      Cordialement

  71. @ Martine et Jean-Luc, @ tous

    Ce qui est terrible c’est que Jean-Luc et Martine sont tous les deux très convaincants, parce que l’un comme chez l’autre la position est motivée par l’amour de la démocratie, à la différence près qu’ils ne se font peut-être pas exactement la même idée de ce qu’est et peut-être une démocratie.

    Martine ira voter parce qu’elle considère, qu’aussi décevants les politiques soient-ils, ces politiques sont les figures de la démocratie, j’ajouterais, avec tous ses cas de figure. Ne pas aller voter c’est donc un peu cracher à la figure de la démocratie, nier le lien solidaire, le destin commun, entre un peuple et ses représentants. Dans cette optique, le geste du vote démocratique n’est pas mécanique, ce n’est pas seulement une action qui se termine lorsque le bulletin a été déposé dans l’urne pour départager des candidats. Le vote est plus que cela car il est ce qui active un lien d’engagement réciproque entre citoyen et représentant. A ce titre tout comme le représentant doit rendre des comptes au citoyen, le citoyen se doit d’être responsable d’un suivi de l’action du représentant. En somme Martine se fait une haute idée de son rôle de citoyenne. Et effectivement, je pense aussi comme elle que si un plus grand nombre de citoyens se faisaient du telle conception de leur rôle de citoyen, les élus feraient peut-être autrement qu’ils ne font.

    Jean-Luc évoque quant à lui le déni de démocratie, ce qui implique que pour lui le lien qui relie éthique et politique s’est rompu ou est en voie de se se rompre, d’où sa démarche pour tenter de susciter un sursaut coté politiques, pour des institutions plus démocratiques, des politiques qui ne se contentent pas d’être des gestionnaires. Cette façon de voir les choses fait de la vie démocratique plus et autre chose que le simple fonctionnement d’institutions démocratiques, ce qui laisse une place à l’initiative citoyenne, fût-elle une contestation véhémente consistant par exemple à ne pas voter et à le faire savoir. Et après tout la démocratie ne peut se résumer au simple fonctionnement de ses institutions, lesquelles avant de fonctionner sont bien apparues, sont nées à la faveur d’un évènement historique particulier, qui peut-être une révolution, ou une assemblée constituante. De même, en temps « normal », les mouvements sociaux, les initiatives citoyennes viennent perturber la routine bien huilée du jeu institutionnel. Au total, le cadre de la vie démocratique englobe la vie démocratique réduite traditionnellement au jeu institutionnel sans s’y réduire. Et ce cadre même ne cesse d’être redéfini, ce en quoi il constitue un thème, un enjeu essentiel de la démocratie.

    1. @Pierre-Yves.D:

      Je me reconnais dans votre texte .

      A Jean Luc , je dirais ( je le lui ai déjà dit , mais ça se perd un peu dans les addenda en suite de post ) : Le viol de la première expression fondamentale de la constitution citoyenne qui est le referendum , me dégoûte et m’écoeure . Mais pas plus qu’abandonner sa femme ou sa fille ou quiconque parce qu’ils ont été violés , il n’est question d’abandonner la démocratie et le vote parce qu’ils ont été violés . On les prend dans ses bras et l’on essaie de mettre les violeurs hors d’état de nuire .

      A ceux qui comme moi votent , je confirme avec Pierre-Yves D., que la vie citoyenne ne s’arrête pas là .Entre engagement associatif , politique , de proximité , les occasions et outils ne manquent pas pour ce faire et toutes les motivations sont bonnes à prendre pour « y aller » A défaut de barricades , qu’il ne faut certes pas exclure , le RIC le vrai ( nous revoilà dans la constitution et la constituante ) me parait un rouage inséparable de la démocratie . Je souhaite qu’il n’y ait pas besoin de barricades pour faire entendre ça aux « élus ». Mon vote aux régionales va vers ceux qui ont su mettre ça dans leur mode de gestion .

      Mais aujourd’hui on vote .

      J’ai rendez vous à 18 h pour participer au dépouillement .

    2. @ Pierre-Yves D., @ tous,

      Regardez comment nous sommes, nous les acharnés du clavier. Après la justesse de ce que vous venez d’écrire, je devrais faire silence (et ce silence serait encore du Pierre-Yves D.! -Guitry disait cela après une musique de Mozart, c’est ça?).
      J’ouvre le micro quand même, pour être sûr que nous soyons d’accord (Pierre-yves, je ne vois rien de terrible à ce que Martine et moi soyons très convaincants!).

      Je propose que nous ne débattions pas du sens que nous donnons chacun au mot démocratie. Restons-en par commodité à son sens étymologique: la souveraineté du peuple (du grec « dêmos », peuple, et « kratos », souveraineté).

      Dans la « rue Jorion », il y a plein d’immeubles, que représente chaque billet avec sa colonne de commentaires. Après vos propos, je décide de visiter une nouvelle fois cet immeuble-ci, en prenant l’ascenseur (« Aimons-nous les uns SUR les autres », comme on dit dans les immeubles):

      Il y a effectivement un groupe qui s’active A L’INTERIEUR de la maison démocratique. Martine est là, et avec elle Juan Nessy, François Le Sombre, Astrorock, Eole, Jérémie, Marc, Jeannot14, Satanas, Grosjean, Amaury, Jiel, Candy, Thierry, Jérémie Martin. J’oublies des noms, mais j’espère ne trahir personne. Ils montrent la « Dêmokratia », la souveraineté du peuple. Ils font un sacré bruit, ils ont une belle énergie, pour tenter de réveiller les notables qui somnolent, repus, près du poêle.

      Dans le même temps, nous sommes un groupe qui avons décidé de sauter par la seule lucarne encore ouverte (celle de la non obligation de voter), pour aller nous activer A L’EXTERIEUR, en silence (ça fait marrer tout le monde, mais on s’en fiche).
      C’est vrai que les vitres sont épaisses et la porte capitonnée, dans la maison démocratique, mais nous espérons que le silence que nous faisons sera bientôt entendu à l’intérieur.
      Cet étrange silence est tout autant destiné à ceux du dehors, qui ne regardaient même plus cette maison démocratique. Dégoûtés ou dédaigneux, ils s’en étaient éloignés. En nous regardant faire, ceux-là se demandent s’il n’y aurait pas enfin un enjeu. …Dans peu de temps il se peut qu’ils s’approchent à nouveau de la maison, pour venir voir ce silence de près. Ce silence qui commence à être commenté dans les journaux qu’ils lisent, entre deux résultats de football, alors qu’ils ne lisaient même plus le nom du gagnant du vote.
      Je suis là avec Zébu, Louise, Laurence, Frédéric, JPD, Dup, Marlowe, Dissonance, Grandghana (là aussi j’en oublies, et j’espère avoir bien compris les mots de ceux que je cite). Nous manifestons en silence. Celui qui n’a jamais assisté à une manifestation silencieuse de 1000 personnes dans la rue, ne saura jamais l’impact supérieure qu’elle a sur une manifestation de 100 000 personnes qui hurlent.
      Ce silence pourrait être encore mieux entendu, si nos amis de l’intérieur arrêtaient de faire du bruit, mais nous ne pouvons leur en vouloir (quand on a pris l’habitude de faire du bruit, pour tout -le TCE- et rien -des Régionales-, c’est difficile de s’arrêter).
      Ce silence des urnes pourrait devenir assourdissant, et c’est seulement ainsi qu’il serait entendu. Si ce soir il n’est pas suffisant, on essaiera à nouveau la prochaine fois. Et même en 2012 (quoi? il y a un enjeu dans cette élection, à part la parole sans cesse bafouée du peuple?). Cette abstention est aussi l’expression de la souveraineté du peuple.

      D’autres nous servent de relais, les uns avec les autres. Ils sont votants ou non-votants, pour diverses raisons. Dans la maison ou dehors, les échanges se font par la lucarne restée ouverte (dans les médias, on parle déjà de la refermer, en rendant le vote obligatoire; un autre combat qu’il nous faudra mener; comme si nous n’en avions pas assez déjà):
      Enrique, Bernard Laget, Jeanpaulmichel, Pierre, Jérôme, TL, Galien, Leduc, Von der blob, Goban, Roma, Niconingbo, André, Bob, Clive, Boukovski, Kalod, Alain A, Bernard.Z, Harry Lime, L’albatros, Alain, Cécile, L’enfoiré, Phil de Saint Naz, 4 Août, CM, Babiole, Le sous caporal CHEF La Gaule, Paul Jorion et vous même Pierre-Yves, êtes semble t-il de ceux-là. Souveraineté du peuple encore.

      C’est ça. Nous avons la même volonté de réveiller les notables, et d’alerter ceux qui fuient la maison démocratique. Nous travaillons chacun de notre côté avec nos portes-voix (une urne n’est pas seule « porte-voix »). Celui derrière lequel je me range est éteint, pour montrer la vanité de cet objet quand plus aucune parole n’est écoutée.
      De gauche, de droite, ou d’ailleurs, nous amenons les débats sur les seuls terrains qui vaillent, ces terrains que « le blog de Paul Jorion » défriche jour après jour.

      Il n’est écrit nulle part que nous ne serons jamais entendu.
      Du dedans ou du dehors.
      Nous souhaitons que la musique qui sera écrite, lorsque nous auront accordé nos instrument, soit entendue.

      Guitry aurait pu dire aussi qu’avant Mozart, le silence est le meilleur moyen d’entendre. Un beau silence des urnes. Mais bon.
      Le libre choix de chacun est l’essence même de la souveraineté du peuple.

      ————-

      Pour finir, une chanson. Je l’ai envoyé à Fab déjà, mais elle peut servir ici. 37 secondes pour comprendre.
      Il ne s’agit pas d’appeler à ne pas voter, ou à jeter les élus avec l’eau démocratique. Ecoutons bien les paroles. Il s’agit de répéter aux élus qu’ils ne sont ni nos dieux ni nos maîtres, et que nous souhaitons qu’ils s’en souviennent. Régulièrement. Nous tenons à notre souveraineté. A notre démocratie.
      Chanson:
      http://www.youtube.com/watch?v=eo-FUbMVlBs

    3. @Jean Luc :

      Les meilleures oeuvres de l’anarchisme furent celles où la pensée anarchiste et la pensée tout court ont fait oeuvre commune pour vouloir l’homme plus libre et la société plus juste .Au  » fais toi toi même » de l’anarchisme sera toujours nécessaire le fameux  » connais toi toi même » de Socrate .

      Dans la vison de la société française qui m’apparait au soir de ce second tour , une fois que je soustrais les 15 % d’absents incompressibles , il me semble que l’on a en gros :

      – 1/3 électeur qui opte plutôt à « droite « ( républicaine ou nationaliste ) privilégiant la LOI .
      – 1/3 électeur qui opte plutôt à « gauche »privilégiant le LIEN ;
      – 1/3 électeur abstentionniste grosso modo volontaire dont rien ne me permet de savoir ce qu’il privilégie de façon certaine sauf à exprimer qu’il n’est pas content .

      Dans ce dernier tiers se trouvent très certainement les anarchistes , qu’ils soient devenus libertaires ou pas . Mais depuis Proud’hon et Bakounine qui ont bercé mes lectures enfièvrés de jeune homme , je ne sais plus quel est la proposition anarchiste aujourd’hui, même si je souligne avec vouis le caractère fécond et souvent visionnaire de ses interpellations .

      En particulier quel sytème crédible met elle en avant pour concilier vraiment la liberté individuelle et la liberté collective , quel discours vis à vis du travail , du capital ,du marché, du salaire , de la force miliatire , de la démocratie ( au sens éthymologique que vous avez à propos repris), du rapport ds nations …

      Si l’anarchisme doit être la force qui répond vraiment à ces questions ( entre autres ) qui agrège le LIEN et la LOI , je serai de son bord ( comme je l’ai déjà été ) . Mais je ne peux pas être satisfait du silence sujet à toutes les interprétations .

    4. @ juan nessy,

      Soir du deuxième tour.

      N’essayez plus ce soir de me convaincre que vous avez raison. Je vous ai dit combien j’en suis persuadé depuis le début.
      J’ai cherché à exposer pourquoi j’avais moi aussi raison.
      On dit parfois qu’il faut savoir raison garder. Par un amusement un peu triste, j’ai envie de nous proposer chacun de garder nos raisons.

      Ce soir du deuxième tour, même les vainqueurs du jour font triste mine, et j’aime à croire que des gens comme moi en sont un peu la cause.
      Vous entendez la petite voix de Martine Aubry, victorieuse pourtant, quand elle parle du choix que les français ont fait ce soir? Une petite voix qui n’ose pas s’élever, car derrière elle, alors qu’elle parle à son pupitre, elle sent le souffle de millions de français. Des millions de français qui la regardent en silence et dont le silence signifie: « De quel droit parlez-vous en notre nom?! »
      Il y a deux semaines nous avions une hégémonie stérile UMP à la tête de l’état, et une hégémonie stérile PS à la tête des régions.
      Ce soir rien n’a changé. Et on voudrait que je soit heureux que les urnes aient parlé!

      Je les entend déjà mes bons amis. Demain matin ils vont tenter de calmer mon dépit et ma hargne par cette date en boucle: 2012! …2012! …2012!

      Mais oui les enfants, vaillants votants, amoureux de la démocratie aveuglés par votre amour, on vous donnera encore de l’espoir en 2012, puisque vous nous avez encore montré ce soir qu’un simple espoir suffit à vous faire vivre. Vous avez vu ce soir? Vous espériez gagner, et bien c’est fait: on a gagné!
      En 2012, charmants enfants sages de la démocratie, on vous donnera encore l’espoir de gagner, n’ayez pas peur. Et on gagnera!
      Tiens, on va même bientôt vous distribuer des badges colorés en rose: « 2012! L’espoir! ».
      Vous allez a-do-rer!

      Allez, en 2012 tout va changer: un état PS …et des régions UMP! Chouette!!!

      Tout ça pour ça. Le cirque reprend demain dès l’aube. Le même cirque toujours recommencé. Heureusement que le blog de Paul Jorion est là parfois, pour nous remonter le moral. Ici au moins on avance.

      En répondant à votre texte, cher Juan, je crains d’ouvrir un autre débat, dont je ne me sens pas la force.
      Je n’ai pas non plus l’instruction ou l’expérience nécessaire pour discuter d’anarchisme.
      Et le temps me manque pour vous dire pourquoi je n’ai pas votre assurance, de voir la LOI à droite et le LIEN à gauche. On peut sans sophisme faire la démonstration inverse. Je ne sais pas non plus si ce sont les deux termes à opposer.

      A bientôt d’échanger encore avec vous.
      Jean-Luc

    5. Merci Jean-Luc.
      J’ai bien aimé toute cette énumération des noms et pseudos des blogueurs d’ici. Comme dirait Paul, on peut se compter 🙂 Et cela commence à faire une bien belle équipe.

      Vous l’avez deviné, j’ai voté, essentiellement pour l’éthique du politique, et de façon subsidiaire aussi par simple calcul, pour contrebalancer l’éventuel sursaut des abstentionnistes de droite, sursaut qui semble d’ailleurs avoir été effectif. D’une certaine façon je suis affecté par la logique représentative et partisane. Mais que l’on vote ou non, il est difficile d’échapper complètement à cette emprise, car le jeu politique n’est pas fictif, il y a bien de réelles forces en présence et cela finit par se traduire sur le terrain, même si un diagnostic rapide nous fait assimiler droite et gauche.

      Mais je trouve l’autre option, celle des abstentionnistes militant, également légitime car je considère que la démocratie ne se limite pas aux seules élections qui ne sont que l’aspect institutionnel de la vie démocratique. Autrement dit, la démocratie ce n’est pas d’abord la conquête du pouvoir, une démocratie représentative, cela c’est la conception traditionnelle de la démocratie, celle qui se définit comme un régime et donc seulement un pouvoir, ce que Jacques Rancière nomme un pouvoir de Police, au sens large, en tant que tout gouvernement élu et son administration ont principalement pour tâche d’assurer un certain ordre social, et donc des positions et des divisions sociales anciennes ou nouvellement acquises y compris par l’élection. Ce qui signifie qu’aucun régime démocratique aussi parfait soit-il ne peut jamais prétendre réaliser l’égalité. L’égalité est toujours un mouvement, un horizon. Ses conditions sont toujours à créer, ou recréer quand elles ont été perdues.

      La vie démocratique qui consiste elle à argumenter, revendiquer en vue de déterminer de nouveaux champs d’application pour l’égalité, ce que communément on appelle faire bouger les lignes. Bref, c’est un processus dynamique sans fin.

      L’enjeu actuel fondamental comme le remarque Jacques Rancière dans son livre Aux bords du politique, est celui qui consiste à faire entrer dans l’espace public de la discussion et de la décision, ce qui relevait jusqu’ici du seul domaine privé, étant bien entendu que toute l’action des libéraux vise au contraire à étendre au maximum ce domaine privé qui se voit ainsi soustrait à la puissance publique et souveraine. Cela rejoint d’ailleurs ce que dit Juan Nessy sur l’exigence de conciliation entre liberté individuelle et collective.
      Cette thèse amène finalement Rancière à considérer que ceux qui voient dans les maux de notre société un excès de la démocratie expriment en réalité une haine de la démocratie. Bref, la démocratie ne souffre pas de ses excès mais au contraire de son absence de vie démocratique.

      Mais il me semble primordial de maintenir que la revendication doit aller de pair avec une éthique, le fameux lien de réciprocité et la reconnaissance en chacun des autres citoyens de l’égal en raison.

    6. @ Jean Luc :

      Je n’essaie pas de vous convaincre d’une ligne à suivre que j’ai eu ,et ai encore, moi même de la peine à dessiner , juste peut être d’un credo ( car s’en est un ) : notre sort nous appartient .

      Et j’aurai toujours plaisir à boire un coup avec vous à ce bar ou à un autre .

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