France Culture, « Les Matins », le 15 avril de 7h40 à 9h00

J’étais ce matin l’invité de Marc Voinchet aux Matins de France Culture. Vous pouvez écouter toute l’émission sur le site de France Culture.

Le thème était mon « fil rouge ».

Merci à Opus-incertum pour avoir mis sous la forme d’un unique fichier, l’ensemble de mes interventions et échanges durant cette émission.

Un extrait vidéo :

Pour ceux qui voudraient entendre toute l’émission – y compris mes interventions dans la tranche horaire 8h00 – 9h00, le podcast se trouve ici.

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155 réflexions sur « France Culture, « Les Matins », le 15 avril de 7h40 à 9h00 »

  1. Excellente intervention Paul. Peut-être la meilleure. Félicitation.

    C’est le la grille de lecture « défense des intérêts nationaux » vs financiarisation de l’économie qui déstabilise, qui fait hésiter l’interlocuteur qui n’a absolument pas l’habitude de concevoir les problèmes économiques sous cet angle , et qui ne peut pas ne pas voir le problème grec, entre autres.
    (soit que les questions économiques sont ramenées à des questions techniques dans lesquelles on fait tourner de grands modèles économétriques, soit qu’elles sont abordées sous l’angle stratégique mais dans une perspective marquée par le contexte de… la guerre froide: économie de marché = capitalisme = liberté = démocratie, tellement éloigné de ce qu’est la Finance de maintenant).

    C’est C. Roche qui a raison: il faut retourner au XVIIe siècle pour trouver des matrices stratégiques inspirantes liées à ces enjeux, pas à la guerre froide (totalement hors-sujet, en tout cas sur cette dimension de la financiarisation de l’économie relativement au pouvoir des Etats).

  2. Je n’ai pas pu écouter l’émission en direct, et après, quelle galère! La video Dailymotion s’interrompt après 14 minutes. Le téléchargement et l’installation des logiciels Apple nécessaires à l’écoute du podcast et à diverses manipulations m’ont pris plus de deux heures, et j’en passe…

    Tout compte fait, malgré les suspensions/interruptions de tous ordres (MM. Adler, Slama, Duhamel), j’ai trouvé Paul très bon, notamment (1) dans son explication des raisons pour lesquelles il n’y a pas de moyen scientifique de ‘prévoir’ ce que sera le nouveau système après le bris du miroir, puisqu’il n’existe pas aucune manière de prolonger ou de déduire une courbe une fois qu’on a des fragments épars jonchant le sol; (2) dans son insistance sur le besoin de revenir en arrière au point ayant précédé la ‘bifurcation’ et le choix de l’homo oeconomicus comme unique référence [soit dit en passant, est-ce vraiment au milieu du XIXème siècle que cette bifurcation a eu lieu? Il me semble que Marx, Rosa Luxemburg, Joan Robinson et… Keynes (pour le fond de sa pensée) l’ont refusée, aussi minoritaires qu’ils aient pu être]; (3) dans sa référence au bancor, qui semble avoir laissé ses interlocuteurs complètement baba. Ca m’a paru presque comique!

    La suggestion d’Olivier Duhamel (ironique, peut-être), selon laquelle Cassandre aurait sa part de responsabilité dans la catastrophe pour l’avoir prédite, était vraiment impayable. Ca m’a fait penser, dans un tout autre registre, à J.L. Borges (« Pierre Ménard, auteur de Don Quichotte »), pour qui tout grand écrivain crée ses propres précurseurs. Je ne sais pas vraiment quelle séquence logique a pu me mener à une telle remémoration!

    Il est irritant de devoir se heurter à de multiples interruptions alors qu’on voudrait ENFIN entendre Paul développer ses arguments plus avant, mais on est à la radio, où il ne faut surtout pas présumer de la capacité d’attention des gens au-delà de cinq minutes. Il faut bien faire avec, néanmoins. Faute de grives, on prend des merles (c’est la saison)!

  3. bonjour !
    je vous ai écouté ce matin à la radio.
    c’était formidable !

    en fait je ne sais pas si FC est une radio de droite ou de gauche, je l’écoute souvent et très souvent le matin, ils invitent aux matins des personnes, expertes dans leur domaine qui d’une part font le constat que les choses ne marchent pas bien et ensuite ils donnent un tas d’idées pour que les choses aillent mieux.

    parce que, je ne dis pas cela pour critiquer mais il me semble qu’il y a énormément de gens qui font le constat que les choses marchent mal et qui ont un tas d’idées pour qu’elles marchent mieux.

    à tel point que cela pose la question de la répartition de l’intelligence sur cette planète : il semble en effet qu’il y a d’une part des gens qui ont des bonnes idées mais qui n’ont pas le pouvoir de les appliquer et d’autres part des gens des gens qui ont le pouvoir d’appliquer leurs idées mais qui hélas pour tout le monde ont la particularité d’être de mauvaises idées.
    Des gens stupides comme vous l’avez dit à maintes reprises dans l’émission.
    Il faudrait se pencher une seconde sur cette stupidité.

    Premier constat : la stupidité moyenne d’une population parait toujours supérieur à la moyenne de stupidité de chacun de ses membres, alors que l’intelligence moyenne semble être elle inférieure à la moyenne des intelligences.

    Du coup je viens d’écrire à France Culture en leur demandant d’arrêter d’inviter des gens intelligents et d’inviter des gens stupides pour comprendre d’où provient cette stupidité.

    Cela permettrait d’avoir l’envers du décors.
    Parce qu’écouter des gens intelligents ne nous renseigne pas vraiment sur l’état de ce monde.
    Alors que, je ne sais pas ce que vous en pensez, avoir le point de vue des gens stupides devraient nous faire progresser.

    comme dit l’autre : prévoir le pire c’est toujorus avoir une chance de ne pas se tromper……

    bien à vous !

    1. @Dexter
      Je crois que vous êtes sous l’impact d’une figure connue de la psychologie — « l’injonction contradictoire », — que les médias fabriquent maintenant de façon systémique à mon avis. Le modèle d’injonction contradictoire est « soit spontané ! ». OK ?.

      Je pense que trois évènements majeurs des 3 dernières années on revêtus ce caractère d’injcontion contradictoire, bien que j’ai du mal à filer précisément l’analogie. Je vais les lister. Ce qui est nouveau n’est pas le contradictoire, que l’on soit l’Ane de Buridan de ceci ou cela et mis chaque jour face à des choix peu décidables, c’est la vie. Mais c’est l’aspect « injonction » qui me parait signifiant. Et vous voyez que face à ces injonctions, on perd ou gagne aussi bien en étant bête qu’intelligent, collectif qu’individuel.

      – Le pire était la grippe A/H1N1 et son vaccin, chacun d’entre nous était partagé, nous avons tous cherché des conseils d’un expert plus « médical » que vous et moi et n’en avons pas été plus éclairé que ça. La conclusion de l’OMS reste ambigue (« c’est la faute à internet ou les erreurs s’ancrent »…)

      – Ensuite le CO2, le climat, Copenhague : faisons un effort, mais relançons l’économie. Ah oui, alors faites de l’économie verte s’il vous plait… et personne ne sait comment la faire si verte que ça : Je n’ai pas 100% confiance dans le programme de Duflot et DCB pour y arriver dans les 100 j après leur éventuelle élection (!). Et le nucléaire n’est pas une mauvaise option technique contre le CO2, mais pour, mais contre etc.

      – Enfin la présidentielle de 2007, tout simplement. Après l’élection la plus « télé-réalité » de notre histoire (confirmés notamment par les déballages conjugaux post mai 2007), ce fut dur aussi : « tu voteras pour la meilleure France possible » ; Ah bon ? avec un de ces deux là ? Aïe, non ? Voir aussi Serge Galam qui explique l’origine du vote 50/50 et les mécanismes microscopiques qui sont un utile complément à l’injonction contradictoire.

  4. Bravo, chapeau bas Monsieur Jorion, quelle vigueur et quelle conviction, vous avez occupé l’espace médiatique un maximum, enfin.
    Vous avez mangé du lion ce matin acr dès 7h20 c’est parti sur les chapeaux de roues, pas de pause, à la limite du dérapage.
    Parler clair et net, les mots avaient un sens, les points étaient sur de nombreux iiiii.
    On rétabli ainsi quelque peu l’équilibre entre les discours habituels et celui des milieux et d’autres comme nous mieux informés.
    Doute : cette intervention sur Radio France s’inscrivait t’elle dans le plan média de l’Elysée ?
    Que d’auditeurs surpris sans doute et d’experts KO debout. Je suis curieux des réactions, elles ne peuvent qu’être saines et nous éclairer d’avantage.

    Pour les éventuels sceptiques et optimistes béats j’ajouterais 3 pièces à conviction.

    Une première, le papier pertinent de la « Lettre de Wall Street » de Sylvain Cypel parue dans le Monde du 14 avril : »Trois petites leçons »
    Celui-ci nous livre quelques éléments d’un bouquin phare aux USA « The Big Short : Inside the Doomsday Machine » de Michael Lewis, ex-trader et aussi auteur en 1990 de « Poker menteur ». Brefs extraits résumés :

    Wall Stress en tremble, aucune grande institution n’est épargnée et la gauche comme la droite apprécient le bouquin.
    L’auteur laisse parler les »initiés » au nez creux dès 2004 et raconte comment les autres qui eux ce sont bouchés les yeux et le nez (la majorité pour sur), effarant.
    En conclusion, 3 leçons parmi d’autres (ça peut encore servir) :
    N° 1 : « l’opacité est consubstantielle à la finance »
    N° 2 : « la novlangue de WS, prépaiement involontaire ==> insolvabilité »
    N° 3 : à WS « telle est la règle d’or : ceux qui détiennent l’or dictent les règles »
    Les grandes instances de WS sont comme les casinos de Las Vegas, il y des perdants et des gagnants, les banquiers sont les premiers bénéficiaires (comme au loto ou au PMU où l’Etat empoche la cagnotte à tous les coups).
    Et dire que pas plus tard que hier soir un invité de Taddei déclamait qu’il faut arrêter de parler d’économie Casino !
    Je vous laisse le plaisir de découvrir le reste et quelques adjectifs truculents aussi.

    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/04/13/trois-petites-lecons-par-sylvain-cypel_1332943_3232.html

    La seconde pièce à conviction est un chat, miaou, du Monde de ce jour « Les européens ne doivent pas laisser tomber les grecs » où Jérôme Creel, directeur adjoint du département des études de l’OFCE s’exprime.
    « Un scénario du pire (à priori à écarter) et un autre, le meilleur, sont envisagés ».
    Monsieur Soros n’est pas oublié ni le point de départ en 2002, les CDS sont évoqués également.
    « Attention à la contagion ».
    « L’acteur principal de la pièce de théâtre qui se joue entre les marchés financiers et la Grèce n’est pas la Grèce mais l’Europe. Les marchés seront toujours gagnants ».

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/04/15/les-europeens-ne-doivent-pas-laisser-tomber-les-grecs_1333972_3234_1.html

    Le dernière et non moins éloquente, un article de l’Expansion de février que je viens de relire il y a peu avec des lunettes grossissantes et qui nous livre des éléments critiques dénoncés par le magistrat Jean de Maillard, auteur de l’Arnaque.
    Vu les gros scandales & malversations de ENRON, Madoff, la financiarisation de l’économie est elle une nouvelle criminalité se demande l’auteur de l’article.
    Pire selon Jean de Maillard, cette criminalité est devenue « la variable d’ajustement et de régulation »
    Prudent, le magistrat parle de fraude, pillage, prédation plutôt que délinquance ou criminalité.
    Les Etats sont tout simplement dépassés par la puissance et l’ingéniosité des marchés.
    Résultat : pillage de l’économie à travers le système financier. Pas de création de valeur (du vent, rien que du vent dirais je).
    Seul compte le gain qui est la mesure de l’utilité sociale (& les chômeurs, les inégalités ? dirais je aussi)
    ENRON n’est pas une exception : Worldcom, Adelphia, Qwest, Vivendi.
    Le pire : avec la complicité désormais courante des auditeurs, des comptables, des commissaires aux comptes, des agences de notation (Arthur confiture dirais je encore & ça me rappelle Taddei).
    Le système financier mondial est qualifié par M. Maillard de « finance de Ponzi » (Jérome était vraiment un amateur au dos large dirais je pour conclure).
    La fiscalisation des bonus des traders et les paradis fiscaux sont faciles à contourner, les paradis réglementaires conviennent aux hedge funds et les suisses ont déjà préparé la parade.
    Et c’est reparti comme avant avec 3 ressorts :
    . actifs pas assez valorisés
    . techniques de manipulation, de dissimulation comptable et de transgression des lois ==> fraude
    . inventivité & prolifération financière
    Voila ce qui dope la pseudo-reprise actuelle et les bourses redressent un peu la tête grâce aux : dark pools, crossing networks, flash orders et autres trading haute fréquence (merci à la puissance des ordi)
    Conclusion du magistrat :
    « la finance me fait penser à un ver-coquin, ce parasite qui se nourrit du cerveau des bovidés et meurt avec son hôte »

    http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/jean-de-maillard-la-fraude-est-un-rouage-essentiel-de-l-economie_225748.html

    Heureusement que cet article date, depuis tout cela a été dûment, je dis la vérité, règlementé.

    Pour finir, aprés votre conférence de ce soir à Sciences Po, vous aurez droit à un peu de repos ou même des vacances, il faut aussi souffler parfois et poser son popotin.

  5. Vous avez l’art de faire perdre les pédales
    à certain de vos interlocuteurs. La preuve :
    vous portez la responsabilité
    de l’ augmentation du spread des emprunts grecs,
    et donc vous êtes responsable de la déconfiture
    de ce pays. C ‘est gravissime: complice de la finance
    irresponsable…
    Qu’un éditorialiste-journaliste-prof. des élites (entre autres
    activités) puisse penser cela en dit long sur la restriction
    mentale de nos portes-parole.
    A l’écoute, le ton était rien moins que comminatoire et
    les abattis numérotés par avance.
    Pour son honneur, la question-affirmation a été
    vite retirée. Mais le malaise devant un tel comportement
    demeurera.Il reste aussi votre aisance et votre pédagogie.
    Jorion ? mais c’est très simple, son ombre les effraie
    et leur fait perdre une certaine modération.

    1. @daniel : tout à fait d’accord ; Jorion n’est plus seulement perçu comme comme sorte de curiosité intellectuelle, atypique, au caractère timide et sympa, mais est pris très au sérieux ; au fur et à mesure de ses interventions médiatiques, chacun perçoit que c’est lui maintenant qui déstabilise ses interlocuteurs.

  6. Loin de perdre de votre combattivité et je vous en félicite, car vous nous faites penser vous au moins, contrairement à nos dirigeants, je suis heureux de voir que vous n’etes pas seul sur le thème du fil rouge : le nouveau bulletin du Leap2020 vous suit sur les échéances de l’immobilier commercial et d’autres facteurs alarmants pour les tous prochains mois aussi bien pour le Royaume Uni que pour les Etats Unis.

    http://www.leap2020.eu/GEAB-N-44-est-disponible–Crise-systemique-globale-USA-UK-Le-couple-explosif-de-la-seconde-moitie-2010-Ete-2010-la_a4523.html

  7. Il va être temps d’organiser une quête :
    http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=9332
    « Maillons faibles : la moitié des caisses d’épargnes espagnoles pourraient disparaitre, le secteur nécessite de 80 à 150 milliards de recapitalisation, estime un ancien ministre de l’économie (FT Aplhaville) »

    Le système est bien allé trop loin.

  8. L’événement imprévu c’est peut etre ça : Selon le professeur de géophysique islandais Magnus Tumi Gudmunsson, personne «ne peut pas dire combien de temps l’éruption va durer. C’est extrêmement variable, cela peut aller de plusieurs jours à plus d’un an. Mais si l’on en juge par l’intensité de celle-ci, cela pourrait durer longtemps».

    Comment les économies peuvent digérer ça ?

    1. Si ça dure longtemps ,on a plus de souci avec le réchauffement climatique.
      Le prix du brut devrait augmenter incessamment.
      Mon conseil ,investissez dans le Damart…

    2. J’espère ne pas déclencher une envolée du prix du pétrole,Paul était déjà dans le collimateur avec la Grèce…Si ça tombe c’est le Damart qui va devenir hors de prix ,c’est le feed-back positif.Rien à faire…

  9. Eruption volcanique en Islande qu’on dit moyenne, panache à peine plus haut de 6 kilomètres de hauteur, un nuage de cendre c’est de la roche pilée, comme de la glace, pas de blessés, ciel silencieux aujourd’hui merci… mais difficile de trouver vraie info sur le net, c’est qui c’est quoi et qui ça concerne vraiment, que les Islandais portent des masques, évitent de boire l’eau, il faut chercher, l’info est-elle first class, pour les hommes d’affaires, les politiques ou les touristes? ce qui gêne c’est cette fichue conjonction entre la météorologie et la volcanologie, qu’est ce qui viennent nous emmerder avec leur paysage de détraqué, comme les grecs et leurs incendies, le ciel coute cher à louer. L’éruption du Eyjafjallajökull est plus explosive depuis deux jours, le glacier se liquéfie, on ne sait pas comment ça va tourner… c’est drôle comme les vents et les volcans posent sur l’économie leur propre regard.

    1. Comme les citoyens, les dieux Islandais (Tor, Odin ?) sont en colère. Ce n’est que le début.

    1.  » Et L’Angleterre Sera Détruite! »
      Un coup d’avance sur nous ?
      Qu’en pensent nos experts?

  10. C’était une belle performance de la part de Paul Jorion, malgré du cadre restreint. Mais malheuresement, elle ne servira pas à grande chose, les acteurs politiques et économiques pratiqueront leur business as usual. Ils se sont renfermé dans un système complexe qu’ils ne maîtrisent pas.

  11. Toute la journée une saloperie de propension à pleurer. De rage, d’impuissance, de honte, de dégoût. Rien à voir avec un mal de dent ou un estomac trop gâté. Coincé entre des évidences pécuniaires et existentielles ; l’enclume et le marteau défoncent ma carcasse. Un petit tour par le cimetière pourrait me calmer, mais je n’aime que les fleurs, l’architecture me fait vomir. Alors ne me reste plus que les rondeurs d’un verre de vin bien frappé ou l’eau fraîche pour éteindre un incendie intérieur ravageur.

  12. La Grèce a transmis une lettre pour demander l’étude de la mise en application du plan d’aide vers 16H30 cet aprés midi.
    Suite du fil rouge….

  13. Comment serait concrètement une crise en France?
    Car ce qu’on apelle aujourd’hui « crise » pour la France ou l’Europe signifierait grande richesse pour le Sénégal ou tout autre pays pauvre.

    En tout cas moi qui vis avec un revenu plus que modeste, à la limite de la précarité, je ne vois pas de crise. Je vis mieux qu’avant, parce que j’ai diminué mes besoins.

    Est ce que la crise serait que pour les plus riches? Ou les plus malhonnêtes?

  14. Le passage sur France Culture fut de très bonne facture et je pense que tout est dit… avant l’action.
    Je crois comprendre que tu estimes que la pression va encore monter avant qu’elle ne soit insupportable, reste qu’un seuil sera un jour atteint et que le moment de la reconstruction éthique, économique et politque va arriver.
    Où sera le Saint-Stephens House à venir ?

  15. sur l’injonction contradictoire ?

    c’est juste un constat : avec autant d’intelligence disséminée sur notre planète nous n’avançons pas d’un pas.
    au ocntraire plus nous devenosn intelligents et plus la situation empire.

    tracez un graphique : mettez en abscisse l’intelligence moyenne et en ordonnée l’écart entre les plus riches et les plus pauvres vous verres : c’est proportionnel : l’écart entre les riches et les pauvres croit à la même vitesse que notre intelligence.

    la raison en est simple :
    ceux qui des bonnes idées n’ont pas le pouvoir
    ceux qui ont le pouvoir n’ont pas les bonnes idées

    c’est très simple me direz-vous ils suffit de donner le pouvoir à ceux qui ont les bonnes idées.
    et ben non, hélas, l’histoire démontre ce n’est pas aussi simple : en effet, il suffit de donner le pouvoir à ceux qui ont des bonnes idées pour que hop ! ils perdent leurs bonnes idées.

    c’est d’ailleurs un phénomène assez curieux, mais c’est même pas un tour de magie.
    résultat des courses : depuis que le monde est monde il n’est jamais arrivé, mais alors jamais (si quelqu’un a un exemple à donner je suis preneur) que « bonnes idées » et « pouvoir de les exercer » marchent ensemble, la main dans la main.

    c’est navrant mais c’est ainsi.
    mais bon ce n’est pas trop gênant : on peut se réconforter à l’idée que nous pouvons écouter tous les jours, du matin au soir écouter des gens qui ont de bonnes idées, c’est une consolation, le problème est qu’elle ne seront jamais mises en pratique.

    mais ce n’est pas le cas seleument des bonnes idées économiques, politique et sociales, prenez un exemple : les bonnes idées philosophiques : tous les philosophes connaissent sur le bout des doigts la façon de connaître le bonheur, et ça ne date pas d’hier : c’est depusi 3000 ans, c’est pas rien, ça fait un bail, et bien en 3000 ans personne n’a jamais réussi à mettre en pratique ces recettes, quand je dis personne c’est vraiment personne, pas une seule excption, pourquoi ? parce que les bonnes idées philosphiques ont la particularité de pas être applicables dans la vie de tous les jours, ce qui ne les empêche pas d’être des bonnes idées quand même.

    en fait c’est vrai pour toutes les bonnes idées qui touche aux sciences humaines, parce que si vous prenez la physique une bonne idée devient une bonne idée à partir du moment où on peut la mettre en pallication,
    alors qu’en économie une bonne idée reste une bonne idée même si elle sera jamais mise en pratique.

    c’est d’ailleurs (selon Popper et Musil) ce qui différencie les sciences humaiens des sciences dures.
    c’est triste mais c’est ainsi, c’est lié à la condition humaine.

    En sciences humaines trop d’intelligence tue l’intelligence.
    Regardez le nombre astronomique de bouquins qui est sorti sur la crise, du genre ‘comment éviter la crise’ comme résoudre la crise’….
    allez à la fnac vous trouverez des tonnes de rayons remplis par des bouquins écrits par des auteurs qui ont des bonnes idées.
    et là je dis ‘stop’ dès que la quantité de bonnes idées dépassent un certain seuil ça devient contre productif.
    lorsque le nombre d’experts dépasse un seuil critique c’est la cata assurée.
    il faudrait au contraire demander un moratoire sur les bonnes idées et prôner l’ignorance, comme Lichtenberg.

    car je vous le dis, mes bien chers frères et mes bien chers soeurs, seul un retour à l’ignorance et à la naïveté pourra sauver notre monde : devant un gamin qui vit dans la misère il ne faut surtout pas être intelligent, au contraire, c’est bien la dernière chose à faire….

    et voilà ! au revoir….

    1. « depuis que le monde est monde il n’est jamais arrivé, mais alors jamais (si quelqu’un a un exemple à donner je suis preneur) que « bonnes idées » et « pouvoir de les exercer » marchent ensemble, la main dans la main. »

      Bonnes idées mises en pratique: abolition de l’esclavage, sécurité sociale, impôt progressif sur le revenu, liberté d’expression, liberté de culte, suffrage universel, droit à l’avortement, droit à la retraite, etc. Non?

  16. Bonsoir,
    je viens d’écouter l’émission sur France Culture dans sa totalité et je dois avouer que j’éprouve un sentiment mitigé. Pour reprendre certains commentaires du jour, je trouve que vous avez par moment bien résisté aux attaques des autres intervenants. Vous avez par exemple bien répondu à d’Alain-Gérard Slama qui s’offusquait que l’on puisse venir en aide aux états qui risquent de faire défaut sous prétexte que cela encouragerait le risque. Je trouve également que vous décrivez toujours à merveille les mécanismes actuels. En revanche, je suis déçu que vous esquivez parfois le combat avec certains de vos interlocuteurs. Je reviens donc à A-G. Slama qui s’est à un moment lancé dans une « merveilleuse » tirade libérale dans laquelle il tirait à boulets rouges sur le fardeau de la dette publique et sur les acquis sociaux qui sont pour lui de graves obstacles à la croissance. Vous avez à peine répondu à son analyse en parlant « de la capacité de la France à dissimuler ses chiffres » et en faisant référence au taux de chômage aux USA, bien plus élevé qu’en France. Vous n’avez en revanche pas répondu à M. Slama au sujet des « insiders » (les fonctionnaires, les gens qui ont un emploi à durée indéterminée) qui doivent faire des efforts et participer au redressement de la nation. Pour être exhaustif, M. Slama a également ajouté qu’il fallait résister à la tentation de plus de protection et « de faire payer seulement les riches comme on l’entend un peu trop dire ».
    Ainsi, M. Jorion, je me demande comment vous pouvez rester sans réagir (ou presque) lorsque vous entendez dire des choses aussi grotesques. Vous décrivez fort bien ce qui se passe en ces temps troubles mais je pense qu’il faut apporter davantage aux gens qui vous écoutent en faisant de la « pédagogie belliqueuse » : Vous êtes en effet très médiatique ; vous intervenez dans Le Monde, sur BFM, sur France Culture, sur France 3 ainsi que sur votre blog. Certains billets vous sont commandés (je pense au Monde et à BFM) mais vous jouissez de beaucoup plus de liberté d’expression sur votre blog. Cet instrument est remarquable et très visité mais je doute qu’il soit lu de façon méthodique et régulière par la grande majorité des visiteurs (vous avez peut-être à disposition des données pour infirmer ce que j’avance). Je lis en effet souvent les commentaires des internautes et les mêmes noms reviennent inlassablement même si leur contribution est précieuse. Ainsi, le cœur de vos analyses (malgré les interventions vidéos qui sont à mon sens indispensables pour qu’un maximum de gens soit informé) ne touche à mon sens pas suffisamment de monde. Ne pensez pas que votre travail soit vain : j’écris pour ma part régulièrement à tous mes contacts pour les informer du déroulement de la crise en recoupant ce que je lis sur ce blog avec les informations que je découvre dans la presse internationale. La plupart des gens sont très reconnaissants du travail que j’effectue mais il avouent également qu’ils seraient bien incapables de suivre les événements comme nous le faisons. Je pense donc que ce qui est en train de se jouer dépasse le plus grand nombre même si les gens ont bien compris que la crise actuelle est odieuse et immorale.
    Ainsi, je pense qu’il est nécessaire de profiter de certaines de vos interventions à la radio ou à la télévision pour toucher davantage les gens. Car une personne qui écoute TF1 la plupart du temps et tombe sur l’intervention de Slama qui fustige les dépenses publiques n’est guère convaincu par votre remarque sur la dissimulation des chiffres en France et le taux de chômage aux USA. Pourquoi ne pas profiter de ces rares moments où un large public (plus large que celui du blog) vous écoute pour expliquer pourquoi l’argumentation de ce monsieur ne tient pas ? Il aurait été facile d’expliquer que la dette publique est un faux problème et que ce n’est pas aux détenteurs d’un CDI à supporter les conséquences de la crise. Vous auriez pu rappeler à M. Slama les milliards dépensés pour sauver le système alors que des gens meurent de faim dans le monde. Il aurait même été souhaitable de lui dire que cela constituait un crime contre l’humanité. Vous auriez également pu rétorquer à M. Slama que les « insiders » ne sont pas les fonctionnaires mais les banques qui continuent d’être arrosées de prêts à taux proches de zéro par la BCE.
    Je vous renvoie également à l’émission de Taddéi (face à Éric Woerth) où vous vous êtes certes montré offensif sur certains points mais pas sur l’essentiel : montrer aux téléspectateurs que le système défendu par la personne qui vous faisait face est absurde à cause des décisions politiques qui ont été prises. En ce sens, je vous reproche de vous contenter de descriptions techniques lors de vos interventions télévisuelles ou radiophoniques en laissant de côté l’aspect pédagogique qui permettrait aux gens non pas de savoir pourquoi le système est à bout de souffle et qu’il existe d’autres moyens de faire face aux problèmes.
    J’espère que vous ne réagirez pas mal à ce commentaire qui n’est nullement une critique du travail exceptionnel que vous fournissez et pour lequel j’ai le plus grand respect.

    1. « j’écris pour ma part régulièrement à tous mes contacts pour les informer du déroulement de la crise en recoupant ce que je lis sur ce blog avec les informations que je découvre dans la presse internationale. »

      Soyez sympa, JTGio, mettez en ligne ici!

    2. Je crois que Paul Jorion essaye de faire de son mieux, dans des émissions radio ou télé, où son temps de parole est strictement compté, où il fait face à des adversaires qui n’arrêtent de l’interrompre, dans le seul but de l’empêcher de développer une argumentation ou de le déstabiliser etc…

      L’écrit valant mille fois mieux que la parole, le seul conseil que je pourrais lui donner, c’est de créer un nouveau type de billets, où il dresserait le bilan de ses dialogues dans les médias audio-visuels, en donnant des réponses à des questions auxquelles il n’a pas eu le loisir de répondre dans l’émission , ou des réponses plus substantielles que celles qu’il a pu y donner.

  17. Pas tout à fait d’accord Dexter.

    Il y a par intermittence des moments où l’on fait mentir votre fatal graphe, il y a des moments où la « liaison des pulsions » semble de nouveau naturelle, et donc avec elle comme par magie la retenue des riches et la diminution des inégalités.
    Ainsi, le programme du CNR (Conseil National de la Résistance) et son application, certes « étatiste », fut quand même un assemblage de bonnes idées intelligentes qui nourrirent les progrès sociaux, économiques et techniques de l’après guerre.

    Certes on pourra dire qu’il fallut que le peuple souffrît beaucoup pour qu’on en arrivât là. Et l’on ne doit pas nous souhaiter pareil malheur pour avoir notre rebond.

    Le détricotage du CNR est d’ailleurs fort long, si vous demandez par exemple l’avis des assureurs (AXA Bébéar), qui donnent ces temps ci l’estocade à la retraite par répartition, par morceaux et pas trop frontalement, comme on le leur a appris (crier au drame tous les 5 ans pour faire dissoudre un verrou sur les 30 ans d’une génération, ils se doutent que c’est le mieux qu’on puisse faire après Juppé 95, le CPE etc.).

    Les collectifs issus du maquis des Glières ont notamment mis en place une forme de relais du CNR, et s’attachent déjà en local à faire de ce lieu que le président élu instrumentalise à souhait un lieu de mémoire citoyenne digne de ce nom.

    Je vous rejoins sur le syndrome de la prolifération des « experts » , qui est surtout un syndrome de la profession d’Editeur se raccrochant au buzz du moment et faisant pisser la copie à qui elles peuvent.

    Comment appeler cela ? Un peu sur le modèle sur lequel est advenu le terme de « serendipity », on devrait forger un mot pour désigner comment un flux « d’information » autour d’un phénomène donné en vient à minorer l’auditoire des quelques uns qui en ont une vision assez fondamentale. Le phénomène se répète aisément dans les modes scientifiques, pour ce que j’en accrois. Un « enterrement entropique » ? Je pense que Montaigne ou Spinoza ont bien du repérer cela, qu’il n’y a pas, en période calme, de bonnes idées qui le restent.

    1. J’ai assisté à la projection du film Walter, retour en résistance, avec l’intervention de Walter Bassan, à la fin du film. J’ai honte de dire qu’il est plus optimiste que moi, malgré tout ce qu’il a vécu. Je le remercie infiniment pour tout ce qu’il est.

  18. Bravo monsieur Jorion pour votre entretien sur France info en juin 2009.
    Je viens d’écouter vos deux émissions, celle de ce matin et celle de juin,
    Je pense que vous tenez le bon cap. En avant pour le G192! En tout cas, ces bases de discussion me paraissent aller dans le bon sens. Envisager un système qu’on l’appelle X, Y ou Z, mais sans spéculation, et avec pour base le partage équitable et l’avancée sur le plan humain pour tous me paraît la voie qu’il faut suivre.
    Bien des gens d’ailleurs ont déjà cette idée là. Le problème est de sa mise en pratique mais je ne doute pas un instant du mûrissement de cette réflexion au niveau mondial.
    Internet sera peut-être l’outil qui précipitera les choses. Une personne de ma famille qui vit aux EU peut venir lire mon blog tous les jours ainsi que le vôtre que j’ai mis en lien. Elle me parle également de blogs aux USA qui expliquent des choses approchantes et dont elle m’adresse les liens comme celui de Billy blog.
    La dynamique de vos prises de paroles permet à bien des liens de se faire.

    1. bric à brac baroque,

      Je vous cite : « Envisager un système qu’on l’appelle X, Y ou Z, mais sans spéculation, et avec pour base le partage équitable et l’avancée sur le plan humain pour tous me paraît la voie qu’il faut suivre. »

      Sauriez-vous être plus précise, s’il vous plaît ?

      Si je vous demande ça c’est que j’ai du mal à comprendre comment associer « moralisation » et « capitalisme ». « Le système actuel : argent-travail-consommation existe par et pour le manque. Le manque, de travail, de biens ou d’argent, implique l’addiction, et l’addiction renforce le système. » (Fab, http://www.pauljorion.com/blog/?p=10029#comment-70973)

      Comment donc imaginer faire tendre vers un partage équitable un système qui fonctionne par et pour les inégalités ?

    2. @Fab

      C’est qu’il me semble qu’une société sans spéculation n’est déjà plus une société complètement capitaliste. Ses bases en sont sapées puisqu’il n’y a plus de possibilité de grossir son pactole par des paris et autres jeux de poker menteur financier. Ensuite, le reste devrait suivre, mais interdire à l’argent de faire de l’argent, c’est le début d’une attitude forcément plus responsable où l’important n’est plus dans l’exploitation de l’homme par l’homme (donc dans des gains frauduleux) mais dans une économie fondée sur la prévision et le partage, sur les besoins.
      Interdire la spéculation, est progressiste car c’est ne pas mentir sur la valeur et c’est déjà beaucoup. Ensuite, il s’agit de réaffirmer quelques valeurs de base comme la liberté (donc pas d’exploitation), l’égalité (donc le partage), la fraternité (et donc la solidarité).
      Tous ces beaux principes nés en 89 ont été détournés par la bourgeoisie dominante. Ces mots cachent la crotte du chat! Ils sonnent creux aujourd’hui et tout est à refaire!
      Oui 89 est à poursuivre, et n’a pas été au terme. Les « enragés » le disaient déjà à l’époque et ont tous été liquidés!
      Il n’est pas question de violence d’ailleurs, il est question de reprendre ce qu’on nous a pris: notre force de travail mal rémunérée!
      Simplement, de l’autre côté, ils ne se laissent pas faire… et envoient leurs chiens de garde!
      Bon, je ne suis ni économiste, ni historienne, plutôt « poète », mais je sens et je comprends les choses ainsi….
      Peut-être suis-je à côté de la plaque, mais souvent, par le passé, les événements m’ont donné raison…malheureusement parfois, comme Cassandre…

    3. bric à brac baroque,

      Ce que vous considérez comme bases du capitalisme, je les vois comme des excroissances.
      On peut considérer qu’il est possible de soigner une maladie en s’attaquant aux symptômes.

      Ce « on », ces « ils » avec « leurs chiens de garde », c’est « nous ».

      « Nous » donc, refusons d’admettre que le projet de vie qui nous est proposé et d’une certaine manière imposé, n’a pas d’alternative valable. Aussi nous adoptons la solution « intellectuellement salvatrice » de facilité : traiter les conséquences. Nous nous en prenons aux règles d’un jeu qui nous déplaît par peur de nous aventurer hors du domaine rassurant du connu, hors de la sécurité qu’apporte le groupe.

      Mais le groupe se plaint : c’est la crise de civilisation, davantage visible ou audible (ouf, la logique est respectée !) chez ceux qui sont les esclaves n’ayant pas (eu) accès aux opiums qui nous ont permis d’accepter avec le sourire ce jeu -simple adaptation de la loi de la jungle aux sociétés nombreuses- que l’on sait pourtant injuste, abject et indigne de l’homme qui soi-disant sait qu’il sait.

      Personne ne peut oublier le talent d’Eschyle : «Quand la racine est sauve, le feuillage revient étendre sur la maison son ombre.»

      A quand le temps des poètes…

    4. @Fab

      Je crois malheureusement que les racines elles-mêmes du capitalisme sont contaminées par la vermine, et qu’il va falloir déraciner, extirper la gangrène de l’humanité, c’est-à-dire tous ceux qui malmènent son feuillage et le rendent terne et malade.
      A quand, oui, la cité des poètes, contre rentabilité et avidité, deux fléaux qui handicapent le monde pour aller plus loin.
      Je crois que des mutations sont en cours… c’est l’intérêt du monde qui est en jeu, c’est donc lui qui influera sur le cours des choses et pas une poignées d’irresponsables médiocres…

  19. M Jorion, je voulais très modestement vous donner un conseil, ou du moins vous encourager à « ficeler » une sorte de texte passe partout à répéter. Ces derniers temps, Paul Aries, prof de sciences politiques et objecteur de croissance, est l’invité de plateaux tv. J’ai écouté ses interventions. Il martèle toujours le même discours, avec les mêmes exemples, à la virgule près. Je trouve que c’est efficace. Et je vous encourage également à prendre parti clairement pour une politique plutôt qu’une autre: vous n’êtes peut être pas français, mais vous êtes citoyen européen. Merci de vous livrer avec courage à ce combat.

  20. Dédions un petit mot (un billet sans valeur !) à tous ceux que l’arrêt du trafic aérien embête aujourd’hui,
    avec cette blague qui se trouve sur icelandreview.com/icelandreview/daily_news

    Britain: Iceland are you crazy?!? Why did you send us volcanic ash ? Our airspace has shut down.

    Iceland: What ? That’s what you asked for isn’t it ?

    Britain: NO! We said cash! Cash you dyslexic idiot. CASH!

    Iceland: Woooops…

    ______________________
    On lit le rapport de 2000 pages commandité par le gouvernement islandais sur l’impéritie de ses acteurs financiers dans un théâtre de Reykjavik depuis le 9 avril, .. les vers 3 4 5 de l’Internationale me sont revenus :

    « La raison tonne en son cratère
    C’est l’éruption de la fin
    Du passé, faisons table rase…  »

    et pour finir, « Tabula rasa », c’était ce que disait les latins (jusqu’au moyen âge) quand ils effaçaient leur « palm » de l’époque (leur iPhone?), une tablette de cire de la taille de la paume sur laquelle on écrivait au stylet les choses importantes à se souvenir, et qui résistait à une des compagnes d’infortune du voyageur, l’humidité.

    On pouvait donc effacer les traces des dettes à la flamme d’une bougie, suivie d’un petit geste pour ré-aplanir la cire pour la page suivante.

    bon vendredi

    1. Bonjour à Messieurs Jorion et Leclerc,
      Bonjour à tous,
      Félicitations pour la qualité des propos de ce blog et la civilité des multiples débateurs.

      J’interviens pour la première fois sur ce blog après deux mois de fréquentation « passive ». Je dois avouer que je ne saisis par toujours intellectuellement l’intégralité des arguments techniques exposés mais une sorte de perception intuitive globale me permet néanmoins de suivre le débat.

      Bon weekend à tous.

  21. Vendredi 16 avril :

    La Grèce entame « des actions préparatoires » pour activer l’aide de l’Union Européenne et du FMI.

    La Grèce a entamé « des actions préparatoires » pour une « éventuelle activation » de l’aide financière européenne et du FMI, a indiqué vendredi le Premier ministre grec Georges Papandréou, lors d’un débat au Parlement sur l’économie.

    Romandie

  22. La sécu aux USA dès 1935 (affiche, fonds de pension) :

    http://www.flickr.com/photos/maulleigh/4509140044/

    ================================

    Autre chose :

    http://nomodos.blogspot.com/2010/04/j-le-goff-le-moyen-age-et-largent-paris.html

    Il a parlé de « famine monétaire », terme désignant un manque de liquidités dans la société, puis de l’importance du don au Moyen Age, et que ce n’était pas le capital qui régnait mais « la grâce », – l’aumone.

    St Louis aurait critiqué le Vatican pour son lucre…

    Nos ancêtres étaient très différents de nous d’où le terme d’anthropologie historique…

    Il fait remonter le capitalisme vers 1609, date d’ouverture de la bourse d’Amsterdam si j’ai bien compris….

    Et pourtant Th. More, et Marx parlent de graves dérèglements dans l’économie anglaise/irlandaise dès les années 1530. Et M Weber, dès le début du protestantisme…

    1. J’aurais tendance à faire référence à Braudel.

      Il me semble que de facto, des « clearing » avaient lieu dans les foires de Champagne, puis à Bâle, etc. et que l’histoire de ces régions pas si loin de la MittelEuropa doit beaucoup à ce passé marchand, + les épisodes protestants + les influences papales (le cas de Bâle est assez intéressant, je veux juste ne pas dire de bêtises).

      A ces foires on devait aussi escompter les lettres de change suivant le « crédit » qu’on accordait. Et celui qu’on accordiat aux « options » (futures) (chance de retour des bateaux revenants d’Orient, puis du Nouveau Monde, qui pouvait faire baisser le prix de telle ou telle marchandise).
      Ceci pour l’aspect mondial.
      Sinon, chaque pays avait ses problèmes de monnaie, donc d’épargne et de flux. Pagailles de crises monétaires au Moyen-Age, dont en France, vous le savez sans doute bien.

      Donc l’édifice financier autour des groupes dominants (état ou autre) connait des crises depuis longtemps.
      Y a-t-il eu une rupture pour passer au stade de ce qu’on appelle aujourd’hui capitalisme ou bien a-t-on au fond « distribué » à davantage d’acteurs ce que faisaient des seigneurs en petit nombre, par simple augmentation économique+démographique (mais avec des effets « à seuil » , comme le rappelle aussi Braudel). La Russie est restée dominé par des « oligarques » en cour auprès du pouvoir jusqu’au XXe siècle, me semble-t-il, dans un modèle plus continu, sans doute avec des flux moins fluides.

      Pour le cas particulier anglo-irlandais, je ne sais pas bien.

  23. Lundi 12 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 6,637 %.
    Mardi 13 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 6,815 %.
    Mercredi 14 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,034 %.
    Jeudi 15 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,123 %.

    En clair :

    la dette publique de la Grèce s’emballe. La Grèce doit emprunter à des taux
    d’intérêt de plus en plus élevés.

    Pronostic :

    les Etats européens ne sauveront pas la Grèce car ils sont eux-mêmes
    surendettés.

    Avec quel argent pourraient-ils prêter 30 milliards d’euros à la Grèce la
    première année ?

    Avec quel argent pourraient-ils prêter 90 milliards d’euros à la Grèce en tout ?

    C’est le FMI qui sauvera la Grèce.

  24. L’Europe est prise en tenaille avec habilité par les agences de notation et le FMI. Cette habile stratégie de l’administration américaine associée avec WS pour opérer un transfert des liquidités de l’Europe aux US ne fait que commencer: les Etats européens tomberont les uns après les autres.

    Les Etats-Unis ont un besoin colossal de liquidité à court et moyen terme .. Ils savent où aller le chercher et dans les règles de l’art !

  25. Merci coucou
    Les marchés, il est vrai, sont « apatrides ». Mais rien n’empêche de les influencer, et il parait évident que l’administration américaine joue sa partie. Même si ça ne suffira pas -ils sont condamnés en tant que puissance hégémonique, et peut être même pire encore, si on ajoute les désordres intérieurs de nature ethnique/politique qui se profilent à l’horizon-, ils ont quand même les moyens d’aggraver notre situation (indépendamment de l’impact de l’effondrement de la puissance US sur les économies du monde occidental).

    La première question est: Comment s’immuniser contre le naufrage US? De quels moyens de rétorsion disposons nous, au delà du protectionnisme lambda OMC-tarte à la crème?
    Quels nouveaux partenariats stratégiques, dans la mesure où non seulement les USA ne nous servent plus à rien, mais où en plus ils n’hésitent pas à sacrifier les peuples européens si cela leur accorde un – bref- sursis?

    La seconde question est: A partir de quand les atlantistes (« mous » ou « durs ») seront-ils considérés comme des traitres, et traités comme tels?
    Un début de réponse: quand la grille idéologique « guerre froide » sera considérée comme ce qu’elle est: périmée, obsolète; ce qui implique de faire un sérieux ménage dans la génération de nos ainés idéologues, qui ne sont absolument plus en prise avec le monde qui vient!

  26. Bravo Monsieur Jorion, c’est un régal de vous entendre et de vous lire. Jeudi matin, vous avez été clair il faut revenir à la bifurcation de 1944 ou on fait fausse route et la crise ne sera pas résolue si on ne retourne pas à cette bifurcation CHANGER de SYSTEME changer de Modèle. Je sais que vous avez toujours garder votre independance vis à vis des appareils politques qui nous ont conduit à cet état mais personnelement comme vous après avoir garder mon indépendance pendant 30 ans en 2007 j’ai rejoint le Modem qui pour moi s’il y en a UN qui pourrait faire ce retour à cette bifurcation c’est bien le MOdem et c’est sans doute pour celà qu’il est combattu et museler à 4%.. et c’est pour ça que je me bats
    qu’en pensez vous? j’aimerais vous entendre à une tribune du Modem comme je l’ai dit à François Bayrou et Robert Rochefort qui a rejoint le MODEM un grand expert visionnaire comme vous
    Régis MOuvement DEMocrate MODEM78

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