Fougères, vendredi 1er octobre à 20h30

Je ferai une conférence au Centre culturel Juliette Drouet, sur le thème: « Des défis inédits ».

Attention ! Ce n’est ni ce soir, ni demain, c’est vendredi.

P.S. Le vendredi suivant, le 8 octobre, je parlerai de « L’humanité à un tournant » (si, si, c’est vrai !) à l’Université Bretagne Sud à Vannes, à 14h30. (Je vous le rappellerai en temps utile).

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33 réflexions sur « Fougères, vendredi 1er octobre à 20h30 »

    1. … L’avenir soutenable n’est nullement dans la réduction de tout, dans l’appauvrissement général et la pénurie, bien au contraire, mais il y aura à la fois des facteurs de développement du bien-être et des diminutions de consommation matérielle dans certains domaines. La réduction des inégalités est absolument décisive pour que tous accèdent à des modes de vie soutenables et désirables…

      Ce genre de décroissance, j’y adhère tout à fait. Gradrey avec encore fait référence à la décroissance dans le titre de son livre, mais comme d’un repoussoir. Il aurait pu tout aussi bien l’intituler  » bientôt la société d’abondance ».

      Gadray se démarque donc clairement des décroissantistes (promoteurs d’une décroissance tous azimuts) aux accents malthusiens. J’ai noté qu’il cite les mots développement et prospérité. Présentée en ces termes la décroissance a bien meilleure allure, est beaucoup plus désirable. C’est pourquoi je pense que ceux qui comme Gadrey mettent encore en avant la notion de décroissance pour présenter leur projet, devraient vite l’abandonner pour prendre une attitude plus offensive en s’appropriant la notion d’abondance, renvoyant le modèle croissantiste à ses contradictions. La principale contradiction de ce modèle caduc étant qu’il clame une abondance qui n’existe pas, parce que le système capitaliste est essentiellement une économie de la rareté.

    2. Cher Pierre-Yves D.,

      Je pense que vous avez tort de stigmatiser la décroissance néo-malthusienne car cette dernière cache souvent un désir d’adapatation à la non-croissance et à la décroissance et elle n’exclut en rien l’idée d’une croissance sélective. Cela dit, le débat sur la croissance / la non-croissance / la décroissance n’a plus lieu d’être. La décroissance économique est là et ne pas la reconnaître risque paradoxalement d’amplifier la dynamique et de la généraliser à d’autres sphères. La fronde manichéenne contre une décroissance (qui se limiterait à un désir de moins) nous empêche d’apprécier la situation présente à sa juste valeur et de développer des marges qui nous permettraient de conserver ce qui compte le plus et qui ne dépend pas uniquement des flux matériels. Je suis pour que l’on fasse la part des choses entre ce qui dépend fortement des flux matériels de ce qui ne dépend moins des flux matériels pour se donner les moyens de prendre les meilleures décisions et de préserver ce qui compte le plus. Au stade actuel la décroissance des flux matériels n’est plus tant une question de choix qu’une question de prise de conscience nécessaire pour s’organiser et sauver le plus grand nombre.

      Je vois le capitalisme de la rareté et celui de l’abondance comme des concepts flous car il y a de la rareté dans l’abondance (l’égoïsme, la solitude, la frustration …) et de l’abondance dans la rareté (le partage, le contact social, l’acceptation …) et cela nous détourne de ce qui compte. La question que pose le néo-malthusiannisme tourne davantage autour des conditions matértielles d’existence qu’autour de l’abondance ou de la rareté. Je veux que l’on se donne les moyens de minimiser la souffrance de façon égale pour tous à court-moyen-long terme. Cela demande un travail énorme en terme d’appréciation de notre situation présente et en terme d’anticipation des futurs possibles. Un grande difficulté va être d’apprendre à partager la décroissance bien que l’on n’a pas été capable de partager les fruits de la croissance.

      Je me sens néo-malthusien car je crois que c’est un des moyens de minimiser la souffrance du plus grand nombre mais je ne suis pas dogmatique. Osons au moins aborder le facteur majeur population de I = PAT au lieu de faire comme si ce paramètre n’existait pas. Je suis ni pour une politique nataliste (politique actuelle) ni pour une politique dénataliste. Je suis pour le suppression des allocations à partir du 3ème enfant et j’aimerais bien que l’on m’explique comment on va nourrir 7 milliards d’humain dans 10 ans au lieu de nous dire que la croissance démographique est une fatalité. Je suis ni pour une politique impérialiste (politique actuelle) ni pour une politique d’autarcie. Je ne suis ni pour une politique productiviste (politique actuelle) ni pour une politique anti-productiviste bien que je fasse souvent référence à l’anti-productivisme. En fait je suis pour un autre productivisme car on oublie trop souvent ce qui se cache derrière le productivisme moderne ; une logique de pillage extrêmement efficace qui montre maintenant ses limites. Il nous faut une productivité résiliente.

      Depuis la révolution industrielle basée sur l’exploitation d’un héritage énergétique faramineux nous n’avons eu de cesse de nous éloigner d’un équilibre dans lequel l’homme avait toute sa place. Nous avons fait un pari, à nous d’assumer maintenant. L’idée qui se cache derrière la décroissance-non-croissance n’est pas de retourner dans les cavernes mais d’évaluer comment ce qui permet de nous en sortir maintenant n’empiète pas sur notre capacité à nous en sortir demain. Et en attendant la procrastination triomphe et notre futur se dérobe …

      Les limites à la croissance matérielle c’est ici et maintenant, les conséquences c’est demain matin.

      The oil ‘peak’ has been reached
      http://europe.theoildrum.com/node/7001

      NB. Sorry pour mes fautes d’ortho grosses comme des maisons … dans le genre pas genre !

    3. « Mais pourquoi les investisseurs misaient-ils sur le pétrole ? L’engouement pour les contrats pétroliers n’était-il qu’une autre bulle, comme la frénésie boursière de l’Internet à la fin des années 1990 ou le boom de l’immobilier entre 2003 et 2006 ?

      Au cours de la période s’étalant de 2005 à la mi-2008, la demande en pétrole s’amplifiait, particulièrement en Chine (qui passa d’une situation d’autosuffisance en 1995 au rang de second pays importateur au monde après les États-Unis en 2006). Or l’approvisionnement mondial en pétrole restait plus ou moins stable : les données mensuelles de la production de brut oscillaient dans une fourchette relativement étroite, entre 72 et 75 millions de barils par jour. Tandis que les cours étaient à la hausse, les volumes produits décollaient à peine. Tout indiquait alors que l’ensemble des producteurs pompaient à un débit maximum : même les saoudiens semblaient se précipiter pour tirer bénéfice de la manne occasionnée par les prix.

      Il serait ainsi judicieux de noter que la spéculation sur les marchés pétroliers à terme ne faisait qu’amplifier une tendance des cours inévitable au regard des fondamentaux de l’offre et de la demande. James Hamilton (dans la publication mentionnée plus haut) le formulait comme ceci : « Avec le recul, il paraît difficile de nier le fait que les cours sont montés trop haut en juillet 2008, et que ce mauvais calcul était en partie influencé par l’afflux d’investissements dans les contrats d’approvisionnement à terme. Il serait toutefois important de souligner que les deux ingrédients nécessaires pour rendre cohérente une telle vision, à savoir une faible élasticité de la demande en termes de prix et l’impossibilité d’accroissement de la production physique, sont les mêmes composantes essentielles d’une explication du même phénomène basée sur les fondamentaux. Aussi conclurai-je que ces deux facteurs, plutôt que la spéculation en elle-même, devraient être désignés comme la cause principale du choc pétrolier de 2007-2008. »

      http://thibaultdelamotte.wordpress.com/2010/09/29/pic-petrolier-et-ere-post-industrielle-comment-le-monde-industriel-est-entre-en-decroissance/

    4. « j’aimerais bien que l’on m’explique comment on va nourrir 7 milliards d’humain dans 10 ans »

      J’arrive…! L’élevage intensif de viande est un reflet de notre déshumanisation croissante (la « Régression matérialiste » Pierre Sarton du Jonchaynesque) et il consomme une grande partie (environ tant de pourcents) de la production mondiale de céréales.

      Question : va-t-on forcer (par une loi par exemple…) les populations, notamment des pays émergents qui se retiennent de manger de la viande depuis des siècles histoire que nous n’en manquions pas mais qui aujourd’hui décident que ça suffit et qu’il leur faut aussi leur dose de dinde de Noël à tous les repas, à consommer (beaucoup) moins de viande ? Ou peut-on espérer qu’en mettant en avant dans le débat, qu’on souhaite le plus public possible, la valeur d’une prise de conscience, (tous) les problèmes se trouveront naturellement solutionnés (une espèce de retour à l’auto-éclairage aristotélicien Jonchaynesque) ?

      Enfin, dit autrement : il y a de quoi nourrir tout le monde si on arrête de penser avec notre estomac.

    5. @ Pierre-Yves D. dit : 29 septembre 2010 à 14:27

      « parce que le système capitaliste est essentiellement une économie de la rareté » dites-vous.

      Je crois qu’il serait plus judicieux de dire, que le système capitaliste est un système d’appropriation et d’accumulation de richesses permettant a ceux qui sont les plus éclairés , les plus malins, les plus adaptés à l’évolution générale, d’assurer leur perpétuation.

      C’est un processus de sélection naturelle.

    6. Cher Fab,

      S’il est vrai que nous pourrions nourrir bien plus du monde en mangeant moins de viande il ne faut pas être dogmatique là-dessus. Les animaux font partie de la ferme depuis le nuit des temps et ils y ont toute leur place (recyclages de déchets, source d’engrais, force mécanique). Ce que vous soulevez est hélas anecdotique par rapport à l’enjeu de fou qui se présente à nous.

      Je vous propose de mettre en parallèle la courbe démographique et la courbe énergétique depuis le début de la révolution industrielle. Et de méditer là-dessus. Voici un tableau qui cumule la consommation d’énergie depuis fort longtemps. Notez que je ne crois pas une seconde que nous arriverons un jour à 10 milliards (comme indiqué dans l’article).

      http://www.stonybrook.edu/globalstudies/GET.html

      Savez-vous que depuis la révolution verte (qui consiste à littéralement déverser du pétrole sur les champs) nous avons multiplié les rendements agricoles par 3 et avons inondé le monde en nourriture au point de déstructurer les productions locales traditionnelles tout partout. Et nous sommes maintenant dans une société d’une complexité maladive à consommer 10 calories d’énergies fossiles pour en avoir 1 seule utile pour le consommateur finale. Je ne vous parle même pas du lien entre l’alimentation de tout une chacun et du transport à 95% dépendant du pétrole. Une pure folie.

      Maintenant je vous propose de vous intéresser à la décroissance de l’offre énergétique qui sera je vous l’assure extrêmement plus abrupte que n’a été la croissance. Pourquoi ?

      Parce que toutes les rétroactions se retournent contre nous au même moment ce qui empêche au système de fonctionner normalement, sous-entendu comme avant. De l’effondrement du Ponzi financier mondial, à l’effondrement de la mondialisation et de la complexité qui va avec (pas d’ordi sans avion ni bateau et pas d’avion sans ordi, etc …), à l’effondrement de la sécurité associée à l’illusion dans laquelle nous a baigné l’abondance. Un exemple simple parmi tant d’autres (il y en a tant), les économies d’échelles qui sont le propre d’un système croissant (en mode ponzi) ont l’avantage de nous permettre de produire plus avec moins de ressources financières et énergétiques. Dès que le système bascule en décroissance les pertes d’échelles prennent le relais, ce qui veut dire qu’il vous coûte proportionnellement plus cher en terme énergétique et financier de produire moins, amplifiant du même coup l’inertie décroissante.

      Comme le font remarquer beaucoup de piquistes, bien que nous avons consommé à peu près la moitié du pétrole économiquement extractible en termes actuelles, nous n’arriverons pas à extraire l’autre moitié car notre système va perdre sa capacité d’extraction et de production au fur et à mesure qu’il s’effondrera. Et sans pétrole, oubliez l’extraction de TOUTES les autres ressources énergétiques qui a été décuplée grâce au pétrole.

      Nous devrions tous étudier la décroissance au lieu de se raconter des histoires sur tant de choses qui sont déjà mortes et enterrées !! !

    7. JDucac

      Oh que oui.

      Tout est finalement très simple, aussi simple que la plus grande pente, la facilité ou l’intérêt.

      J’ai déjà cité ici Augustin Mouchot, ingénieur du XIX ème siècle qui avait identifié le péril des énergies non renouvelables dont il redoutait « la sécurité trompeuse », il avait donc inventé un concentrateur solaire qui entrainait une machine à vapeur (c’est aujourd’hui, en 2010 le procédé le plus efficient pour produire de l’électricité avec le soleil) avec laquelle il entrainait une rotative pour imprimer son journal (il communiquait donc sur ses travaux) : Plus de 140 années ont passé avant que l’on se soucie à nouveau de ces trouvailles.

      Ce qui fait qu’une technique est mise en oeuvre par l’humanité n’a rien à voir avec le bon sens. Nous sommes gouvernés par des lois beaucoup plus simples : Le désir d’écraser son voisin, l’intérêt personnel, la facilité.

    8. @jducac & Thomas. Bien d’accord avec vous.

      La domination, l’opportunisme, la facilité, la procrastination …

      J’y vois le règne de l’illusion, c’est bien pour cela que l’homme à fait du mensonge, une ressource !

    9. @ Peak.Oil.2008 dit : 29 septembre 2010 à 21:43

      Une fois encore je partage votre avis tel qu’exprimé dans votre réponse à PYD notamment pour ce qui concerne la nécessité d’apporter un frein à la croissance de la population mondiale.

      La mission première de l’homme est d’assurer la perpétuation de son espèce et par voie de conséquence celles des autres êtres vivants qui y concourent.
      Si dans sa grande innocence initiale l’homme mu par ses instincts s’engageait dans une forte multiplication pour maximiser les chances de survie de l’espèce, le grand nombre atteint maintenant conduit à un accroissement des difficultés de survie et constitue un risque d’autant plus inutile et condamnable qu’il est maintenant conscient.

      Au plan politique, il est significatif que les pays les plus peuplés aient été les premiers à instaurer une limitation des naissances montrant ainsi à la face du monde qu’ils ont su faire preuve de maturité et de responsabilité en agissant sur un des termes de l’équation qui régit les conditions de survie de l’espèce dans un espace fini aux ressources non renouvelables forcément limitées.
      Cela leur confère une marque de respectabilité à la table des négociations internationales telle qu’à Copenhague.

      Les pays les plus grands consommateurs d’énergies non renouvelables ne peuvent pas avoir la même crédibilité dans ce domaine, étant donné qu’ils n’ont pas montré l’exemple d’une réduction de leur propre initiative s’appliquant à eux-mêmes, sans demander aussi un effort aux autres.

      @ Peak.Oil.2008 dit : 29 septembre 2010 à 23:53
      Merci pour le lien vers : http://thibaultdelamotte.wordpress.com/2010/09/29/pic-petrolier-et-ere-post-industrielle-comment-le-monde-industriel-est-entre-en-decroissance/

      Chez Heinberg, comme chez beaucoup d’autres, je note qu’il n’est pratiquement jamais question des possibilités offertes par l’énergie de fusion nucléaire.

      Comment expliquer cet oubli ?
      Aurait-on définitivement tiré un trait sur les immenses sauts en avant que les sciences et techniques ont pu faire faire à notre communauté humaine jusqu’alors ? Cette nouvelle énergie, sans présenter toutes les qualités du pétrole, rendrait bien service si sa production était maîtrisée. Sa maîtrise présenterait à mon avis un double avantage.
      D’une part, elle permettrait de constituer une énergie de relai le temps d’opérer une conversion des esprits des 7 à 10 milliards d’êtres humains qui sont, dans leur très grande majorité, très loin d’imaginer ce qu’implique un monde sans pétrole. La conversion des esprits ne sera pas instantanée.
      D’autre part, en attendant sa maîtrise, l’homme moderne ayant besoin d’espoir, bien plus que ses ancêtres lointains, trouverait en elle une juste raison d’espérer.
      Qu’elle est votre avis sur ce sujet ? Ou alors, faut-il réinvestir le domaine religieux comme cela a été fait avant que les sciences et les techniques affaiblissent son inflence chez l’être humain.

    10. Jducac,

      Vous ayant connu — ici sur le blog — plutôt enclin à défendre les vertus du capitalisme, même si, il est vrai, vous en condamnez les excès financiers, je ne sais pas si je dois prendre votre définition du capitalisme pour un éloge ou à l’inverse une vraie critique. Dans la deuxième éventualité, cela marquerait une évolution incontestable de votre appréciation de celui-ci.

      J’accepte bien évidemment la définition que vous en donnez, elle est d’ailleurs tout à fait compatible avec la définition que j’en donne dans le raccourci de langage qui me la fait définir comme une « économie de la rareté ». C’est une économie de la rareté — de la pénurie aurait peut-être été encore plus exact, parce que l’économie capitaliste fait de ressources disponibles ou potentielles abondantes, qu’elles soient humaines ou naturelles, des objets d’appropriation via le mécanisme de l’intérêt au lieu que la notion de bien commun soit au coeur de l’économie ce qui ferait basculer cette dernière dans une nouvelle dimension, plus humaine.

      D’après l’analyse même de Paul jorion le capital c’est ainsi essentiellement ce qu’on a pas, or le capitalisme conduit nécessairement à la concentration du capital, c’est à dire au manque pour le plus grand nombre : l’argent ne va pas là où il devrait aller, où il serait le plus utile. L’argent va là où c’est le plus profitable.

      Cela veut dire que c’est seulement dans le cadre de ce système que les ressources naturelles et possibilités humaines sont rares. Les décroissantistes objecteront alors : « mais vous n’y pensez-pas, le monde est fini, les ressources naturelles et non renouvelables se tarissent, il n’y en a pas assez pour tout le monde. »
      C’est vrai, mais seulement si l’on projette sur la réalité future les présupposés du système actuel.
      Le système a ainsi, par exemple, « sélectionné » les ressources qui permettent la plus grande appropriation capitaliste, le pétrole est un exemple bien connu. Comme je l’avais souligné dans Les décroissantistes contre la société d’abondance la crise actuelle est d’abord une crise intellectuelle et sociale, dont découle la crise des ressources physiques.

      Sur un autre plan on peut aussi analyser le ressort psychologique d’un système qui produit du manque affectif, substitue au désir des besoins illimités lesquels n’ont d’autre but que d’alimenter la consommation de produits dont l’usage même creuse un manque, non pas à gagner, mais à vivre.

      Ainsi aussi bien du point de vue matériel que spirituel, le système constitue une économie de la rareté.
      Une rareté qui n’est pas associée au mieux, à une plénitude, mais au manque, un manque dont le comblement ne satisfait jamais pleinement, mais au contraire crée de nouveaux manques. Par comparaison tout autre est le manque de l’amoureux(se) qui n’a pas son aimé(e) auprès de lui(d’elle) car dans ce cas il s’agit d’un manque qui non seulement jouit de l’idée d’aimer et d’être aimé, et qui plus est

      Fab,

      bien d’accord.

    11. Cher Pierre-Yves D.,

      – L’Europe est surpeuplée depuis de siècles. Au Moyen-âge les moines trappistes belges étaient les rares à ne pas attraper le choléra tellement l’eau de la plupart des rivières était polluée. L’Europe a plutard indondé le monde de ses surplus de population (les amériques …) quand elle n’a pas piller le reste du monde pour satisfaire le soif de sa population (les colonies). Et on recommence, et on recommence. Le problème de la surpopulation est tout sauf neuf mais a toujours savament été nié par les religions du livre, puis par l’humanisme divin occidental et ensuite par la religion économique de la croissance (plus il y a de demande mieux c’est …).

      – Il est un peu facile de se cacher derrière le capitalisme alors que le communisme procédait exactement de la même manière pour ce qui est de piller pour satisfaire la soif du dit système. Le capitalisme et le communisme ont en commun d’être ultra-productiviste et de n’avoir aucune vision long terme. Le capitalisme est juste plus efficace dans la logique d’appropriation.

      – Multipliez la population du Laos par 100 et demandez-vous si cela pourrait avoir une quelconque influence sur la qualité de vie. Oui, non ? Et que dire de l’environnement ? Je ne comprends pas que l’on ne puisse pas voir cette évidence.

    12. Peak.Oil.2008,

      Z’avez vu la tête de la ferme aujourd’hui ! Ce que vous qualifiez d' »anecdotique », je le qualifierais de symptomatique de notre pensée « stomacale ». Il ne s’agit plus d’animaux dans notre quotidien mais de viande. Viande qui est un objet de consommation comme les autres ! En pratique, en récupérant la part de la production céréalière destinée à la surproduction de viande, il serait possible de nourrir tout le monde. Plus important et plus efficace serait de permettre aux consciences de s’éveiller pour que la surconsommation de viande – et du reste – disparaisse d’elle-même. Et c’est là où je vous rejoins totalement : mettre en avant le débat sur le « pétrole trop facile » et ses conséquences, sur la décroissance, fait partie de la même démarche : nous mettre face à nous-mêmes, oser nous critiquer…plutôt que de chercher des arrangements dans la même voie.

      Y’a pas d’arrangement !

      Vive !

      PS : une sucrerie (je ne m’en lasse pas) : « L’homme se défiant de lui-même se réduit à la matérialité. La seule preuve qu’il peut obtenir de la liberté qu’il recherche est le décompte matériel qu’il en fait. La fin et la forme inaccessibles en soi par la sensibilité physique sont intellectuellement absorbées par la matérialité. » Pierre Sarton du Jonchay

    13. Pour donner « chair » à l’argument de Fab:
      il faut 7 proteines végétales pour faire une protéine végétale.

    14. Erratum: il fallait lire: « il faut sept protéines végétales pour produire une protéine animale ».

      Par ailleurs, bravo encore à la voix du CAC 40.
      Il affirme que le capitalisme est un processus de sélection naturelle des plus forts.
      Ce biologisme, faute de pouvoir se trouver une utilité,
      est la seule justification des capitalistes et autres parasites du CAC 40.

      Non, le capitalisme ne date pas de genèse ou du big bang, il n’est pas naturel.
      C’est un mouvement et moment de l’histoire humaine.

      Les progrès des sciences et techniques ont ruiné les petits producteurs artisans,
      les transformant sur des siècles en salariés d’entreprises, soumis à la dictature du capital,
      à la tyrannie de l’entreprise, comme l’a exprimé Paul dans sa dernière video.

      Le capitalisme est un rapport d’exploitation.
      Cela étrangle J’ai du CAC, mais comme tout moment de l’histoire,
      il a un début et une fin.

      Or justement, les conditions de la fin du capitalisme n’ont jamais été aussi proche.
      A condition de se donner les moyens d’ affronter victorieusement son Etat.

  1. bonjour,

    le tournant je vois ça comme un affrontement entre l’URSS et les usa
    la course a la lune ce n’était que ça
    de peur que l’autre prenne le dessus on dépense des sommes folles dans l’armement.

    l’URSS avait moins de moyens il s’essouffle et tombe le 1er.
    ce n’est pas plus mal puisque la Russie prend la bonne route et son économie redémarre.

    quand aux usa ils sont toujours dans la même logique a croire qu’ils ne savaient faire que ça
    il n’y a plus l’URSS alors ça devient une guerre contre le terrorisme islamique.

    les usa se lancent dans 2 guerres Irak et l’Afghanistan
    ces 2 guerres sont de véritables fiascos et qui s’éternisent dans le temps.

    la politique de la guerre mène au désastre
    elle ne s’arrêtera quand les usa tomberont a leur tour.
    A ce moment il y aura une petite lueur d’espoir.

  2. Crapaud dirait : « des dénis, idées fixes » pour « des défis inédits » !
    pour le tournant de l’humanité, prenons une direction assistée… (non, c’est pas de Crapaud, c’est de… moi … 🙁 enfin…)

  3. L’humanité a déjà négocié plusieurs tournants: la cohabitation Néanderthal- Cro-magnon; passage du statut de chasseur/cueilleur à producteur; maîtrise de l’atome.

    1. Neanderthal avait quelques vertus …cessons de voir des « sauvages partout » …regardons notre propre « ensauvagement », d’accord, en tenue VIP, c’est plus chic, mais ce n’est que l’enveloppe !

      Lire d’urgence : » Pourquoi j’ai mangé mon père » de Roy Lewis .
      résumé trouvé sur le web:
      « Ce roman vous convie à l’hilarante évolution de pithécanthropes entre deux feux, pétris de culture et qui font référence aux classiques, de La Bible à Shakespeare, en passant par Tristan et Iseult. Vous les verrez prendre feu dans des débats passionnés et passionnants sur l’évolution de l’espèce, jouer parfois un peu trop avec le feu, mais finalement se découvrir tout feu tout flamme à la vue de jeunes femmes aux fesses d’hippopotame ! Ce texte est avant tout une réflexion sur notre monde, servie par une écriture d’une grande force comique. Le décalage constant entre la situation (préhistorique) et l’énonciation (contemporaine) invite à une réflexion sur la science, L’humanité, l’altérité ou encore la guerre. .. »

    2. Ce qui est sûr, c’est que l’Homme de Néanderthal était beaucoup moins agressif que l’Homme de Cro-magnon. Il se contentait d’être en harmonie avec son environnement. Est-ce la cause de sa disparition?

  4. Beau sujet acrobatique. « L’humanité à un tournant » .

    Ca ne sert à rien ! On peut se chanter des chœurs à soi-même, s’étonner des cannibales, escalader le tronc d’un arbre en reculant de deux cents ans en arrière, on peut verrouiller le mois à un fou, partir en voyage pour la Palestine en compagnie des innocents croisés bardés de fer, faire taire Mahomet, écouter Bouddah, croire en Jésus-Christ, prendre soin d’un bourgeon, peindre une fleur, stopper la formation d’un fruit ; on peut aussi poursuivre le soleil au jour qu’il sera double, dresser les chiens à miauler, les chats à aboyer, rendre à un centenaire l’ensemble de ses dents, cueillir des forêts, arroser des crânes chauves, châtrer des vaches, traire des bœufs, on peut, si tout cela se fait trop vite (tout est si vite terminé !) apprendre à parler le néandertalien, raccourcir les bras de Civa, vider de Brama tous les Védas archaïques, habiller les Védas qui sont nus, faire cesser le chœur des anges dans le ciel de Dieu, promouvoir Lao-Tseu, exciter Confucius au parricide, arracher la coupe de ciguë de la main de Socrate et lui retirer l’immortalité de la bouche, on peut… Mais ça ne sert à rien. A rien. Il n’existe aucune action, aucune pensée, à part celle-ci : Quand donc cessera-t-on d’assassiner ?
     
    Elias Canetti, Le territoire de l’Homme, 1973 – traduit de l’allemand par Armel Guerne, Albin Michel, 1978

    1. Tout passe: les souffrances, le sang, la faim, les épidémies. L’épée disparaitra, mais les étoiles, elles, subsisteront bien après que l’ombre de nos corps et de nos actes aura disparu de la surface de la terre. Il n’est personne qui ne le sache point. Alors, pourquoi ne voulons-nous donc pas lever les yeux vers elles? Pourquoi?

  5. Bonjour Monsieur Jorion,

    Est-ce que pour assister à votre conférence le vendredi 8 octobre prochain à Vannes, il faut être invité? Si oui, auprès de qui s’inscrire?

    Merci,

    C. Sandoz

  6. @ Thomas dit : 30 septembre 2010 à 10:13 et @ Pierre-Yves D. dit : 30 septembre 2010 à 16:07

    Bravo et merci d’avoir signalé le travail d’Augustin Mouchot sur la concentration du rayonnement solaire. Je ne le connaissais pas. Cela procure des effets formidables la concentration des richesses, surtout quand il s’agit d’énergie.

    Mais avant tout, votre exemple permet de montrer à Pierre Yves D. que la concentration des richesses à laquelle conduit le capitalisme (parfois à l’excès, ce que je condamne) permet d’ouvrir des voies de progrès dont tous les humains riches et pauvres finissent par bénéficier.

    Les avantages tirés de la concentration ont à mon avis été découverts et exploités de très longue date par un Néanderthalien qui est certainement devenu l’un des plus riches de son époque.

    Sa découverte lui a permis de se constituer et de faire vivre une importante tribu, dont la valeur se mesurait ni en $, ni en £, ni en €, mais probablement en nombre de femmes capables de procréer ce qui lui permettait d’accroître sa richesse par simple copulation spontanée, invention d’usage universel d’un autre auteur inconnu. (Ceci est un clin d’oeil à Moi)
    Ce type de concentration là, existerait encore chez 10% des hommes de la planète. http://fr.wikipedia.org/wiki/Polygamie

    Ce Néanderthalien chasseur a pu constituer ce capital d’énergie, parce qu’il était probablement le plus malin et le plus inventif par suite des nombreuses observations et analyses qu’il avait effectuées de lui-même. Surtout, il devait être l’un des plus entreprenants et des plus travailleurs, tout en aspirant à améliorer son confort de vie à terme. Il possédait donc toutes les qualités pour devenir capitaliste et allait faire effectuer un grand bond en avant à l’humanité. A l’époque, il n’y avait pas encore eu de Marx et consort pour théoriser sur les méfaits du capitalisme et sa propension à accumuler plus que de besoin, selon les déclarations de ceux qui ont parfois une courte vue.
    Un jour, avec les techniques de chasse traditionnelles, ce chef de tribu néanderthalienne s’était approprié un stock de grosses proies. Il eut l’idée de prendre une position innovante, et en cela immédiatement contestée. Il décida de restreindre la consommation afin de se donner un long moment de temps libre, non pour des loisirs mais pour travailler à la création d’un investissement sous forme de concentrateur d’énergie cinétique. Ce physicien de génie avait eu l’idée de fabriquer ce qu’on appelle maintenant un javelot. Il ne put le réaliser que parce qu’il avait imposé une économie, une épargne, en réduisant la consommation courante d’énergie alimentaire, ce qui lui permettait d’abandonner son activité de chasse et de se consacrer à une activité de fabrication de moyens de production.
    Déjà au néanderthalien, les membres de sa tribu, surtout les jeunes, avant tout animés par le désir de jouir sans entrave et tout de suite, ont protesté de devoir respecter la volonté de leur vieux chef. Il leur demandait d’attendre afin d’être récompensés dans les temps futurs, des petits sacrifices que tous pouvaient largement supporter dans les temps présents. Ils connaîtraient tous une vie meilleure ultérieurement, si son idée, comme il le pensait, augmentait considérablement la productivité du groupe.

    Les mères s’en mêlèrent en faisant valoir qu’il n’était pas humain ni convenable, en vertu des droits de l’enfant, de se comporter aussi durement. Je ne sais quels arguments autres que son autorité virile, il put faire valoir.
    Peut-être a-t-il pu arguer de son devoir de chef de famille lui enjoignant de préparer le futur et de passer outre les pleurnicheries puériles et irresponsables. Nul doute que si les possibilités d’endettement avaient existé à l’époque, les éléments les plus sociaux l’auraient poussé à emprunter. Peut être avec un grand emprunt…

    En final, du fait de cette invention, certaines tribus du secteur, non équipées de cet instrument révolutionnaire, qu’est le javelot, furent supplantées et vinrent à disparaître par suite de l’action de ce capitalisme primitif qui déjà opéra son oeuvre de sélection naturelle.

    Je reste persuadé que les plus anticapitalistes de nos contemporains sont les descendants de ces capitalistes néanderthaliens là. Ils n’imaginent pas, ces ingrats, tout ce qu’ils doivent à ce capitalisme vieux comme l’homme. Les hommes accélèreront la fin de l’espèce s’ils s’écartent de ces principes de fonctionnement : réduction des dépenses d’énergie, épargne, innovation, concentration des énergies, production à haute efficacité.

    C’est vrai, je n’ai pas évoqué l’argent mais Paul Jorion a très bien traité du sujet dans son livre « Argent mode d’emploi ».

  7. Je reviens de Fougères et je suis admiratif de votre faculté à développer autant de points sans aucune préparation.
    La seule fois où je l’ai fait, j’avais tout de même le support d’un texte dont j’ai développé les grands axes après l’avoir lu une fois.

    Ceci dit, un support visuel avec des chapitres me permet habituellement de structurer la pensée de l’auditoire.

    Je reviens en enfonçant le clou sur les points sur lesquels nous avons discuté en privé.
    La complexité et/ou l’informatique devrait être modéré dans votre discours.
    Ces deux outils, destinés à noyer la clairvoyance ne sont que des .. outils.
    Et vous-même avait reconnu qu’en mélangeant plusieurs niveaux de seuils, il devenait très vite impossible à l’esprit humain (ou même à la machine) de déterminer objectivement le risque pris.
    Raison de plus, comme je l’ai dit en public, de tirer un grand trait vertical sur les petites lignes des conditions générales de vente.

    Rentrez bien. Le temps est maussade en ce moment. Et vous semblez complètement crevé.

    1. Vous pensez que je parle de complexité et de calculabilité en profane, comme une manière d’imager mon discours. Ce n’est pas le cas, ce sont des questions mathématiques avec lesquelles je me suis familiarisé à l’époque ou j’étais chercheur en intelligence artificielle.

  8. A propos des risques de rechute dans la récession (le fameux W), le point par la banque Natixis

    « Si le taux d’épargne des ménages américains continuait à augmenter, ce qu’on
    ne peut donc pas totalement exclure, il y aurait dépression de la consommation
    des américains et double dip aux Etats-Unis et dans le Reste du Monde avec le
    recul des importations des Etats-Unis et le poids des Etats-Unis dans les
    importations mondiales »
    http://gesd.free.fr/flas0447.pdf

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