48 réflexions sur « « La Survie de L’Espèce » No 4, par Grégory Maklès et Paul Jorion »

  1. Deux petits textes sur le rôle du capital et le « partage » des profits dans une économie de marché :
    http://tinyurl.com/3akbjbf
    http://tinyurl.com/2wyr6ot

    Evidemment, ça n’est plus vrai si une partie de la population possède une planche à billets, et que l’autre partie de la population n’a pas le droit de refuser ses bouts de papier. Pour que ce soie vrai, il faudrait que les échanges soient volontaires, ce qui n’est pas le cas avec la pile de papier-monnaie sur la table de la BD.

    Comment faire sentir la différence ? C’est comme entre
    … ça : http://i54.tinypic.com/2u97ngm.jpg
    et ça : http://i55.tinypic.com/13z5t36.png

    C’est vrai que les images, c’est parlant !

    Cdt,
    GSF

    1. Merci pour votre contribution qui permet d’équilibrer les points de vue.

      J’aimerais rectifier un peu le raisonnement sur le droit de propriété.
      Évoqué dans l’article http://tinyurl.com/3akbjbf

      Supposons que le pécheur commence à pêcher non pas avec une canne à pêche mais avec un filet comme il est suggéré, ou même plus tard avec un bateau de très gros calibre :
      a/ Est-il légitime que sa pêche extrêmement abondante inonde le marché de poisson faisant ainsi baisser son prix et ne permettent plus aux autres pécheurs à la ligne de vivre ? Ne serait-il pas légitime qu’il échange (dialogue) avec eux afin qu’ils trouvent ensemble une solution pour que chacun puisse survivre ? Soit, si le poisson est en surabondance, pour leur permettre de vivre autrement, soit si le marché reste important, pour qu’eux aussi puissent vivre de leur métier ?
      Sinon dans le cas contraire il me semble logique qu’au pire il leur doive un dédommagement pour les avoir empêcher de survivre au nom de son propre choix.
      Je souhaite préciser que je reconnais cependant le mérite de sa capitalisation vertueuse lui ayant permis d’augmenter ses moyens, il est naturel qu’il en soit récompensé mais cela ne doit pas se faire au détriment de ses semblables.

      b/ Autre scénario et même raisonnement ce pécheur est-il toujours légitime quand sa pêche est si abondante que les autres pécheurs ne peuvent plus trouver le poisson leur permettant de vivre et que les générations futures elles mêmes risquent de voir la mer appauvrie voire saignée ? S’agit-il alors d’un droit de propriété ou d’un droit de vol ?

      Or ces scénarios ne sont ils pas ceux auxquels nous assistons ?
      Que la capitalisation vertueuse de ce pécheur lui permette de profiter de plus grands moyens et d’une amélioration de son sort ne pose pas de problème. Ce qui en pose c’est quand l’exercice de son plus grand potentiel ampute celui des autres au point de poser la question de leur propre survie.

      c/ Autre point l’argument de la terre qui n’est pas un capital mais le devient ne tient à mon avis pas du tout bien la route.
      Je reconnais que l’exploitation dans le temps aide en effet une terre à être exploitée plus facilement.
      Mais il faut rappeler qu’une terre est d’abord et *essentiellement* un sol certains sols sont NATURELLEMENT arides ou au contraire fertiles (par contre il sont artificiellement (= par la main de l’Homme) appauvris). La Beauce et la Brie par exemple sont des terres extrêmement fertiles et ce n’est pas du tout la main de l’Homme (ou de la Femme 😉 ) qui en sont à l’origine.
      Aujourd’hui au contraire le capital est souvent mal utilisé dans l’agriculture et les terres de si grandes qualités sont souvent inondées de pesticides et d’engrais, la micro-biologie des sols qui garantie la constitution de l’humus (et donc de la fertilité) détruite dès la première goutte de pesticide, l’équilibre naturel des espèces (et notamment l’absence totale de légumineuses) permettant l’enrichissement en azote du sol (garant de fertilité -> voir engrais azotés) rompu.
      Une fois de plus ce n’est pas la capitalisation qui est un problème mais plus que ce potentiel puisse être exercé de façon désastreuse dans l’espoir de nouveau gains et ces gains le cas échéant ne sont ils pas des biens volés plutôt que relevant du droit de propriété ?

      Et ceci pose la question de la liberté car vous disiez qu’il était important que les échanges soient volontaires.
      Et comme il était dit (toujours dans l’article http://tinyurl.com/3akbjbf ) il n’est pas possible sans capital d’exploiter une terre.
      Cela signifie donc la situation développée en première partie du même article, la trop grande différence de richesse ne permet pas l’homme trop pauvre d’épargner.
      Si il ne peut pas épargner peut-il devenir le paysan qui sans capital (sans terre ou même avec une terre mais sans moyens pour l’exploiter) ne peut rien faire. Peut-il plus généralement faire autre chose que d’espérer qu’une personne forte d’un capital, accepte de le faire travailler en échange de quelques sous ? Et pour quel travail ? Car pour pouvoir travailler il a fallu avoir la chance de pouvoir capitaliser sur son éducation, ses compétences.
      Peut on alors parler d’échanges volontaires ? C’est ce que souhaite la personne qui a pu capitaliser ou la mort.

      On pourrait résumer de la façon suivante les cas en fonction des différents niveaux d’épargne des interlocuteurs.
      1/ pas de capital du tout (y compris l’instruction ou éventuellement hélas capital pas très vendable/demandé) –> mourir ou faire la volonté d’un généreux épargnant (toutes les conditions sont bonnes pour échapper à la mort prostitution don d’organes etc.) en échange de quelques sous. Pourquoi le généreux donateur s’ennuierait-il a donner suffisamment d’argent pour permettre au « travailleur » de survivre ou épargner si tu n’es pas content beaucoup d’autres (dans la même misère que toi) seront prêts à me rendre ce service ….
      Échange volontaire ou esclavage ?

      2/ capital modeste (je ne peux pêcher qu’avec un filet mais pas un énorme bateau) –> Pour vendre tous ses poissons et tirer pleinement les bénéfices de son épargne toujours vertueuse (mais utilisée au détriment des autres) le propriétaire du bateau vend ses poissons moins chers et inonde le marché, de ce fait il n’est plus possible aux pécheurs à filet de survivre (et encore moins d’épargner) avec le prix de la vente de leur pêche plus modeste.
      Échange volontaire ou nécessité de survie ?
      Grâce à son capital modeste, il va cependant pourvoir avoir encore de la marge il pourra tenter de se reconvertir, si c’est dans l’agriculture il faudra qu’il se méfie car si il n’a pas le même capital et donc les mêmes moyens que le plus puissant des agriculteur il risque de subir le même sort que dans son métier de pêcheur …
      Nous pouvons espérer qu’il saura se montrer très inventif et ainsi ne pas se faire mettre en banqueroute par une personne avec une plus forte épargne capable de payer de nombreuses personnes dont le métier est d’être inventif.
      Dans tous les cas on voit qu’il lui sera singulièrement difficile de survivre ou dans le meilleur des cas de ne pas s’appauvrir beaucoup si une personne dont le niveau d’épargne est nettement plus élevé est en compétition avec lui.
      Autre solution il peut devenir employé d’un plus gros épargnant.
      De la même manière en fonction de son niveau de capitalisation sur ses propres compétences et sa propre instruction, il sera ou difficilement employable (il descend alors en catégorie 1/) ou il devra accepter des conditions plus ou moins restrictives de son employeur, notamment de rémunération.
      Échanges et changements volontaires ?

      3/ capital important
      Possède de nombreux outillages performants peut investir et employer du personnel pour encore améliorer outils et processus.
      Rend très difficile voire tue toute concurrence de personnes ayant une moins grosse épargne voir cas 2/
      Même en cas de mauvaise gestion flagrante est soutenu par l’ensemble de la société pour éviter des pertes massives d’emplois. (Too big to fail)
      Échanges volontaires ? Les revenus générés sont-ils du domaine du droit de propriété ou de la dictature de l’épargne ?

      L’épargne est vertueuse car source de plus de moyens / liberté / pouvoir mais avec le pouvoir vient la responsabilité et il n’est pas acceptable que les moyens qu’elle procure soient utilisés au détriment du bien commun. Car on passe alors du droit de propriété à de l’extorsion par abus de position dominante (= de pouvoir).

  2. Ah ! Enfin ! Je commençais à désespérer !
    En fait les « zélites » ont récupéré le « supercalifragilistisexpialidocious » de Mary Poppins pour faire avaler des boas au menu peuple !

    1. Excellent ! et facilement compréhensible un plus pour la fréquentation du blog ! je me suis empressé de le divulguer.

    1. C’est ma femme qui la première a attiré mon attention sur ce film Disney à propos de la bédé – c’était un des très rares que je n’avais vu en entier. Etonnant film, avec le recul presque communiste. Je me demande à quel point c’était conscient ?

  3. On a hâte d’arriver à la dernière page , même si pour désespérer un peu plus Moi, il y a de fortes chances , comme dans tous les romans d’aventure , que la dernière page annonce le prochain livre .

    La somme finale des planches semble promise à une grande diffusion .

    L’évocation des stock-options pour les salariés  » de base » me rappelle furieusement la participation – piège à cons qu’avait tentée Chaban Delmas avec l’onction du général . L’intention si on lui garde le bénéfice de la bonne volonté , était de penser que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si tout le monde devenait capitaliste . C’est une option qu’il importe de traiter , d’autant qu’il y a une version communiste de ce capital généralisé .

    Sur la dernière planche , j’aurais volontiers introduit dans les bulles du dialogue en aveugle entre salarié et capital , et à l’évidence , un sujet du moment , la retaite par capitalisation .

    Pour le fun et doper la vente futur , on aurait pu faire jouer le rôle du capitaliste à chapeau claque, noeud papillon et monocle , à Laurence Parisot en version beaucoup plus charme .

    Mais ça aurait détourner l’attention de l’essentiel . Il y a déjà assez de raisons de se laisser abuser comme ça !

    1. Correction : Laurence Parisot serait plutôt l’incarnation des amours d’alcôve entre patronat et capital . J’hésite quand même à confier le rôle du capitaliste français à Madame Bettencourt ; ça devient plus compliqué et moins sexy .

      Je me demande même s’il y a encore un capitalisme français . Et si même il était ,ou est encore, plus reluisant que les autres .

    1. @ Grégory Maklès,

      Bonjour,

      Merci. Félicitations, de l’encre bien jetée, puisse-t-elle tâche d’huile faire.

      Absurdité et humour, deux bons rails à démanger les naseaux irrités des autistes tapis derrière le joli mur d’argent.

      Belle journée, à vous, vos plumes, votre chapeau, et votre paire de lunettes, car c’est ainsi que votre image traverse la page?

  4. Génial. La semaine débute sur les chapeaux de roues.
    Ce matin sur France Culture s’exprimait Monsieur Jacques Généreux à l’occasion de la sortie de son livre « La grande régression ». Loin, très loin, à l’opposé de la pensée unique.
    Mots clés : progrès, social, capital, écologie, démocratie, xénophobie, marchés, idéologie, riches, travail, dividendes, partage, Adam Smith, politique …….
    Il n’a peut être pas raison sur tout mais au moins ses thèses et réalités décrites nous éclairent sacrément.

  5. Merci pour cette mini BD qui m’a fait bien rire.
    Dommage qu’il n’y ait pas davatange de BD sur notre système économique qui n’a jamais été aussi risible, je pense.
    Effectivement, il y a dans notre économie complexe que peu ont déchiffré un certain nombre de ce que j’appelerais des « arnaques de système » générées par le système lui même.
    Personne n’est responsable des arnaques de système. Certains en tireront bénéfice, par la chance ou par le fruit des stratégies. Et au final, n’oublions pas qu’on est dans un jeu à somme nulle.

  6. J’ai beaucoup aimé la carte « internationale communiste » refusée par les autres joueurs.
    J’aime aussi la représentation de l’argent par la pile des billets devant les protagonistes, cela donne une bonne image des choses.
    Cette BD est fantastique, surtout continuez !

  7. allez-vous faire intervenir le politique dans un prochain acte, ou bien est-ce les cartes « si c’est comme çà » qui représentent les acteurs politiques ?

    1. C’est vrai, ça manque le politique. Sans le politique, le salarié il sort sa carte « Et ben si c’est comme ça » et il démonte illico le capitaliste et l’entrepreneur à coup de battes de base-ball.

    2. Nous n’en avons pas vraiment discuté mais pour moi, une séquence comme celle ci-dessus c’est déjà politique. Nous prévoyons aussi de faire des pages « entre actes », plus branchées sur l’actualité (comme la page sur Larry Summers) mais je pense que vous ne verrez que très peu d’hommes politiques connus. Honnêtement, la plupart d’entre eux me semblent sans importance devant l’ampleur du problème, qui dépasse les individualités.

    3. Ah, les politiques !
      Vite, rameutons les politiques, indispensables pour canaliser les énergies
      vers l’abattoir électoral…
      Que ferait la bourgeoisie sans ses rabatteurs de flanc gauche?

      Sa grande trouille, au moment où Sarko est démasqué aux yeux de presque tous,
      c’est que les mêmes travailleurs se souviennent qui ont servi Ségo, D$K
      et tous les politiciens professionnels.

    4. Nous n’en avons pas vraiment discuté mais pour moi, une séquence comme celle ci-dessus c’est déjà politique.

      Oui, enfin, moi je pensais à la grande politique: la police. 🙂
      Parce que sans elle, hein, le salarié il s’endette pas, il prend.

  8. Je trouve par contre que le salarié incarne , par sa tenue vestimentaire , un peu trop le « col blanc » .

    Je me demande quelle BD sur la trame de celle ci , on pourrait faire , en illustrant le positionnement socio-économique des paysans devenus agriculteurs .

    Certains , qui étaient encore il y a cinquante ans , à la fois force de production ( salarié) , chef d’entreprise et capitaliste ( l’argent ne sortait pas de la famille ) , sont devenus des capitalistes purs , d’autres des capitalo-entrepreneurs , et d’autres ( les plus nombreux ) , des salariés damnés de la terre .

    Une illustration à eux seuls de la dérive naturelle du capitalisme , et de la dévalorisation extrème du travail et de sa juste  » rémunération  » .Peut être la meilleure illustration pour Jducac , qu’il ne faut pas confondre capitalisme ( un dogme avec sa propre logique de construction ) et la reconnaissance du travail et de la capacité d’épargne  » à taille humaine  » , y compris et bienheureusement pour réinvestir dans l’économie et la vraie création de richesse , dans le respect d’autrui et de la nature .

    Viva Via Campesina !

    On commence à murmurer que les agriculteurs pourraient embrayer sur les routiers .

    Juan Nessy : membre des  » Amis de la Confédération Paysanne » .

    1. En fait, si vous consultez les planches précédentes, vous y verrez un salarié « BTP ». C’est l’intérêt du choix du bonhomme Lego : il se décline selon tous les emplois. Comptez sur moi pour montrer bien d’autres catégories socio professionnelles – même si je choisis le col blanc par défaut pour bien montrer qu’on parle de salariat et pas seulement de production physique.

  9. Vraiment excellent. Bravo à Paul et Grégory.
    A imprimer et diffuser sans modération !

    Qui a dit que l’auteur du blog nage en pleine abstraction ?
    Si tout cela ce n’est pas du concret, qu’est-ce que c’est ?!!

    C’est bien aussi de discourir sur le sens de la démocratie, des vertus ou de l’inanité du travail, la perte des valeurs, mais pour autant que l’on part d’une analyse sérieuse de LA SITUATION, celle que décrit avec humour cette BD de choc.
    Il faut vraiment se bercer d’illusions pour penser que de l’effondrement éventuel du système un monde nouveau émergera ex nihilo. Si l’on veut se ménager un espace pour construire un monde nouveau la question du rapport de force ne peut être éludé. L’émergence d’une économie solidaire en marge du système, de même que le développement d’une économie de rapports non marchands ne doivent pas être pensés en dehors de l’analyse des forces en présence mais en tenant compte de cette analyse sans quoi beaucoup de temps sera perdu, voire, ce sera le retour du même.

    L’erreur c’est de considérer cette analyse du fonctionnement du capitalisme comme une fin en soi, comme si cette analyse était un programme politique et social. Il me semble que beaucoup des objections quant aux intentions de Paul Jorion tomberaient s’il était compris que ses analyses (je ne parle pas ici de ses humeurs, de ses prises de positions par rapport à l’actualité) est seulement la description d’une réalité dont il faut tenir compte pour la dépasser.

  10. Ca m’a tout l’air d’être conforme aux idées du Maître, et en plus ça m’a tout l’air d’être corrosif. J’espère que cette BD fera des « dégâts » dans les consciences. Dégâts du point de vue de qui vous savez. 🙂

  11. J’ai hâte que cette BD soit éditée en album, pour mon plaisir mais aussi l’édification de la belle jeunesse. J’en ai pleuré de rire. L’humour du patron, les cartes « Et ben si c’est comme ça… »… Encore !!!

    Ouvrez vite une souscription réservée à l’édition en album, une VEFA de BD. Je signe tout de suite.

    Je me permets un lien pour le mythique épisode 3 de la saison 13 de Southpark, Margaritaville (rapide extrait), que je ne crois pas avoir encore vu cité ici. On est dans la même jubilation.

  12. Je ne peut vous dire combien j’ai rigoler.

    Je me suis poilé même ^^.

    Encore bravo, continuez, aussi drôle que vrai.

  13. le côté rétro, les personnages (c’est pas simple d’inventer des personnages, de leur donner corps par le dessin, la caricature), il y a comme un coup de froid dans le dos. Cette BD fait frémir, car derrière la dérision, il y a un monde de souffrances : notre monde.
    encore bravo !

  14. Je me demande si Jacques Attali peut se reconnaître dans l’incarnation du patron stylisé dans le portrait de groupe imageant le jeu .

    Il y a un indice qui pourrait le laisser penser mais , comme j’en ai un qui m’est cher , je ne veux pas faire de généralisation anti -…. D’autant qu’il y a pléthore d’écoles qui nous livrent des esprits souvent plus froids et moins prolifiques .

  15. Collapsus is a project that combines animation, interactive fiction, and documentary film. This story follows how the impending energy crisis affects ten young people, while international powers battle with political dissension and a fearful population during transition from Fossil fuel to alternative fuels. Set in the near future, Collapsus was initialized to raise awareness of the global issue of peak oil. (wiki)

    http://www.collapsus.com

    Je n’en ai vu qu’une partie (mon pc est sur le point de rendre l’âme et je vais devoir le regarder par petits bouts au travail). Ce Web docu est produit par le producteur de « A Scanner Darkly (film) » qui est une vraie perle. Espérons que cela fasse un tabac.

    A Scanner Darkly
    http://www.youtube.com/watch?v=TXpGaOqb2Z8

Les commentaires sont fermés.