Le temps qu’il fait, le 22 octobre 2010

Je suis coupé dans mon enregistrement à quelques secondes de ma conclusion, mais vous ne perdez pas grand-chose.

Le nouveau rapport Attali

À ma droite PIMCO, la Federal Reserve Bank de New York, Fannie et Freddie, à ma gauche, les banques commerciales américaines

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251 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 22 octobre 2010 »

  1. A propos du nouveau rapport de Jacques Attali :

    Ce rapport a été écrit par des personnalités qui avaient toutes pris position pour le oui au traité de Maastricht, pour le oui à la Constitution européenne, pour le oui au traité de Lisbonne.

    Mais, en revanche, dans les membres de cette commission Attali, nous ne trouvons aucune personnalité qui avait pris position pour le non.

    Je rappelle que 55 % du peuple français a voté non à la Constitution européenne le 29 mai 2005.

    Pourquoi la commission Attali n’a-t-elle invité AUCUNE personnalité favorable au non ?

    Pourquoi ?

    Peut-être parce qu’ils voulaient rester entre eux.

    Dernière chose : 55 % du peuple français a voté non à la Constitution européenne le 29 mai 2005. Mais pour le oui ? Qui a voté oui ?

    Quels sont les cinq endroits de France où le oui fait ses plus gros scores ?

    Réponse :

    Ce sont les cinq endroits les plus riches de France !

    – Neuilly-sur-Seine : 82,51 % de oui !

    – Paris, 7ème arrondissement : 80,52 % de oui !

    – Paris, 16ème arrondissement : 80,03 % de oui !

    – Paris, 8ème arrondissement : 79,67 % de oui !

    – Paris, 6ème arrondissement : 79,41 % de oui !

    http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/rf2005/index.html

    1. Oui, c’est ça, je garde encore espoir en l’Union Européenne … pour mes amis les riches.

      Mais pour les classes moyennes, je ne garde plus aucun espoir en l’Union Européenne.

      Et pour les classes pauvres, je ne garde plus aucun espoir en l’Union Européenne.

      Quand à l’Union Européenne vassale des Etats-Unis, cela a été gravé dans le marbre de tous les traités européens depuis 18 ans : je recopie le traité de Lisbonne :

      « La politique de l’Union au sens de la présente section n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres, elle respecte les obligations découlant du traité de l’Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre. »

      Traité sur l’Union européenne, Titre V, Chapitre 2, Section 2, Article 42.

      « dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) » : et qui trace le cadre ?

      Qui ?

      Barroso ?

      Van Rompuy ?

      Bien sûr que non.

      Le cadre de l’OTAN est tracé aux Etats-Unis, et nulle part ailleurs.

    2. Longtemps je fut Européen convaincu.
      Je le suis encore, du reste. Mais pour bâtir une Europe plus solidaire, il faudra malheureusement commencer par détruire l’existante, car le cancer néolibéral s’y est trop bien métastasé : le malade est incurable.

    3. L’Europe est en effet le meilleur avenir que nous puissions envisager mais à condition qu’elle soit une démocratie. Les institutions actuelles ont chois la voie inverse. Je pense aussi qu’il faudra une refonte complète et un sacré nettoyage des écuries d’Augias pour qu’elles puissent déboucher sur autre chose que le chaos et la ruine. Pas très optimiste malheureusement.

    4. Laurent K : l’UE n’est pas une démocratie selon vous.

      Mais alors :
      1/ par qui sont élus les députés européens ?
      2/ par qui sont élus les chefs d’Etat et de gouvernement qui forment le Conseil
      3/ la Commission elle même tient sa légitimité des nominations faites par des élus (cf. question numéro 2) et les Commissaires sont auditionnés par le Parlement.
      4/ pour être membre de l’UE, il faut être une démocratie

      Il est vrai que quand on veut tuer son chien ,on l’accuse d’avoir la rage n’est ce pas !

    5. Dès mon jeune âge, j’étais fédéraliste européen.
      Je le demeure, mais résolument opposé à cette Europe des coups de force
      (Traité de Lisbonne), anti-démocratique, réactionnaire et impérialiste.

      Elle va d’ailleurs s’effondrer dans la crise sur les ambitions de ses politiciens,
      dont la base est nationale, quand ce n’est pas nationaliste, xénophobe ou raciste.

      Sur ses décombres, il sera possible de construire une Europe débarassée du capital,
      celle de l’héritage des Lumières et des peuples:
      les Etats-Unis socialistes d’Europe.

    6. @ Didier,

      Si vous croyez que l’Europe actuelle est une démocratie, lisez donc le traité de Lisbonne (pas les succédanés ouiouistes, le traité lui-meme) avec un oeil critique (genre séparation et équilibre des pouvoirs par exemple). Des que les domaines abordés sont sensibles, le parlement est écarté -c’est ce que veulent dire les phrases creuses du genre « le parlement est tenu informé »- et la décision appartient au conseil et à la commission (ou la BCE). Et regardez également comment ce traité a été ratifié en évitant au maximum d’avoir à demander directement aux peuples concernés. J’ai cru dans cette Europe mais il y a un moment ou il faut regarder la réalité en face. Ce n’est pas une démocratie.

      Ma crainte est notamment que ce dévoiement de l’idée européenne fasse reculer la construction européenne de plusieurs générations.

    7. Charles A. : le coup de force concernant le traité de Lisbonne est il du à l’Europe ou au Président Sarkozy ? Soyez honnête svp ! je suis étonné que des commentateurs aussi informés puissent faire ce genre de raccourci disons le malhonnête intellectuellement !

    8. @Didier

      1/ Par qui sont élus les députés européens?

      Les députés européens français sont élus par les français, les députés allemands par les allemands, les députés anglais par les anglais etc. Voyez-vous où je veux en venir? Le fait est que le Parlement Européen induit de par son mode de conception une grande nouveauté dans la démocratie: Il n’est plus besoin d’être citoyen d’un pays pour avoir du pouvoir sur sa politique.

      Notez au passage que cela se fait dans un contexte d’hétérogénéité sociale, fiscale et patrimoniale (au sens très large – j’y inclus notamment les différentes cultures) extrême qui rend pour un citoyen français certaines décisions européennes parfaitement inadmissibles, car elles n’ont de fondement que d’un point de vue strictement « non-français » (ou encore européen).

      Ce n’est peut-être pas une formulation très claire, précisons le propos : L’Europe de l’Est est – de manière tout à fait légitime – traumatisée par les effets du stalinisme, assimilé qu’on le veuille ou non au communisme (la question n’est pas ici de savoir si cet amalgame est pertinent ou pas, il s’agit juste de constater que cet amalgame existe).

      Il n’est dès lors pas étonnant qu’un polonais ou qu’un lituanien se laisse bercer par les sirènes libéro-capitalistes, l’alternative historique, ce qui se traduit dans sa représentation au parlement, et par tant dans les orientations politiques de ce dernier.

      Le Royaume Uni, dont je rappelle qu’il se soumet aux jeu européen selon son bon gré (l’euro n’est toujours pas sa monnaie, par exemple) dispose néanmoins du même nombre de sièges que la France.

      Vous allez me dire que la lecture nationale ne permet pas de décrypter correctement le jeu politique européen, ce qui est vrai. Mais alors pourquoi confiner les élections à cet échelon (ce que je décris dans mon introduction, précisément)?

      Par ailleurs, voyez la composition de ce parlement: Majorité conservatrice et (néo)-libérale. Ça ne s’invente pas. Et il n’y a pas de raison que ça change en vertu des conditions que j’ai décrites.

      2/ par qui sont élus les chefs d’Etat et de gouvernement qui forment le Conseil?

      Même réflexion que précédemment: Mme Merkel ou Mr Berlusconi ne se sont jamais soumis à mon suffrage, de même que Mr Sarkosy n’a pas été élu par des Grecs ou des Néerlandais.

      Dois-je continuer la démonstration plus avant ou cela vous suffit-il?

    9. @ Laurent K : je ne dis pas que le traité de Lisbonne est parfait mais je trouve excessif de dire que l’Europe n’est pas une démocratie. Dites vous que la France n’est pas une démocratie parce qu’il y a l’article 16 ?

      @ Dissonance : vous raisonnez comme si l’UE était une fédération à l’américaine ou à l’allemande. L’UE est une fédération d’États Nations.
      Pour reprendre vos exemples qui ne démontrent rien, à ma connaissance, le gouverneur de Californie n’est pas élu par les New-Yorkais. Dites vous que les US ne sont pas une démocratie ?
      C’est cette structure d’États Nations qui a fait capoter le TCE en 2005, vous devriez vous en féliciter de cette structure si je comprends bien votre point de vue

    10. @BA

      Bien vu, mais Paul Jorion ne veut pas se fâcher avec Jacques Attali ce qu’on peut comprendre ; d’où son attitude gênée avec sa main gauche sur sa joue gauche sur la vidéo. Il se détend par la suite lorsqu’il aborde des sujets moins personnels.

    11. @Didier

      Donner un nom à la chose ne suffit pas à la rendre efficace ou même pertinente. La fédération d’États Nations implique ainsi que des gens qui ne reposent pas sur le même terreau culturel soient néanmoins soumis à des lois communes – ce qui n’est absolument comparable en rien avec la construction américaine – Ceci dit la démocratie à l’américaine a eu plusieurs fois l’occasion de me faire rire jaune, et même grincer des dents, pas vous?

      A propos du TCE, il me semble que vous vous trompiez d’enjeu: Le résultat ne pouvait être que celui là dans un contexte de « fédération d’États Nations ». Le TCE, outre son orientation résolument libéro-capitaliste, était le fruit du fantasme d’une Europe unifiée en État, une sorte de grosse France, qui n’avait de fait aucune existence. Le TCE ne pouvait aboutir à rien dans la mesure ou les plus élémentaires institutions, telles qu’un gouvernement commun, susceptible de faire appliquer les lois à l’échelon fédéral, n’existait et n’existe toujours pas.

      L’un des écueils récurrent de la construction européenne prend corps dans l’expression suivante: « Mettre la charrue avant les bœufs ». En différentes étapes, on a institué des outils qui ne pouvaient fonctionner correctement sans l’établissement préalable de structures adéquates. L’exemple le plus flagrant est celui de la monnaie européenne et de la BCE, mis en place sans qu’une gouvernance économique n’existe. Une aberration.

    12. @Didier,

      La France est loin d’être parfaite en matière de démocratie mais lorsque on veut changer de politique,
      on sait qui remplacer: Président et députés suffisent largement. L’Europe, vous pouvez élire un parlement à 100% contre la politique actuelle, il ne pourrait pas la changer. Dire que ce n’est pas une démocratie n’est malheureusement que constater une réalité.

  2. @Paul Jorion: j’ai arrêté d’écouter la vidéo vers la minute 4 tellement j’étais énervé. Je n’ai pas du tout aimé cette justification à la langue de bois de Jacques Attali et je commence à douter de vous Paul.
    1) Votre argument sur l’éventail large de la commission Attali est fallacieux, sophistique, politicien. Cette commission m’a semblé au contraire assez homogène idéologiquement parlant. Et vous le savez, vous dites « certes, il n’y a pas d’extrêmes… ». Il ne s’agissait là aucunement de rapprocher des points de vues divergents.
    2) L’argument que ce rapport prône la défense de l’Etat-Providence est un argument tout aussi puant (je ne trouve pas d’autre mot). Encore une fois, ou vous êtes très naïf Paul, ou vous nous prenez vous aussi, comme les politiciens, pour des cons.

    Je me pose de plus en plus de questions sur votre attitude. Votre amitié avec Jacques Attali est une chose, vous pouvez le défendre, je m’en fous. Par contre, vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes à propos de ce rapport en est une autre. Je croyais trouver ici du langage vrai et de plus en plus vous ressemblez à ces intellectuels mous médiatisés.

    Désolé pour la franchise. Si je gêne, je pars.

    1. Moi, avez-vous lu le rapport, ou bien le fait que la commission soit présidée par Attali suffit à le disqualifier ? Quant aux participants (annexe 6 du rapport de mémoire), ils vont de la social-démocratie à la droite la plus libérale. Pas exactement le grand écart, mais pas non plus des frères siamois.

      A titre personnel, je trouve qu’il n’y a pas grand chose de révolutionnaire, c’est le lot commun de tous les compromis : trouver le plus petit dénominateur commun ne permet de faire évoluer qu’à la marge.
      Est-ce que je sauverais des propositions dans le lot. Oui, 2 ou 3. C’est mince.

    2. Ecoutez jusqu’au bout la vidéo, je vous en prie, et regardez la position de la main, l’attitude
      et surveillez les intonations, le débit , certaines inflexions sur les mots et là vous comprendrez que le dialogue concernant le rapport Attali n’a pas la justesse du deuxième sujet concernant les banques. J’avais posté un courriel où je disais que J. Attali « roule pour lui-même » qui n’a pas été publié. On parle beaucoup du pouvoir de séduction des politiques et la brillante intelligence de J. Attali est passée maîttresse dans cet art. Notre hôte doit avoir une sérieuse raison pour donner à voir son embarras et cette faiblesse de discours.
      Nous sommes des humains !!!
      Restez pour moi MOI.

      .

    3. Hhmm.. Restes, Toi.

      Il ne faudra plus beaucoup de temps pour se rendre compte, en Angleterre, que l’état-providence avait une certaine utilité.
      Quoique… déjà, au niveau médecine, chez eux, c’est Trafalgar…

      Alors, attention. Je ne suis pas nationaliste, certains ici le savent. Mais tuer le peuple (économiquement ou politiquement) a toujours rapporté de gros ennuis aux trop riches ou aux dictateurs.

      BA : un jour il faudra que tu nous expliques que vu ce qui se passe aux US, les états ont aussi intérêt à faire sécession…
      Car des zones non encore dévastées économiquement feraient mieux d’avoir un dollar fort…
      Mais… je prends de l’avance sur l’histoire.

    4. Merci Yvan. En attendant ce que dira Paul, on ne m’a (pas encore) demandé de partir donc je ne pars pas. 🙂

      Bon, je me suis calmé, j’ai juste eu un coup de sang parce que la langue de bois m’énerve.

      Julien, j’ai feuilleté le rapport, je ne me suis pas arrêté à le lire attentivement et en détail, ça m’énervait trop. 🙂
      Il y s’agit d’une cure d’austérité, vous ne pouvez le nier. Il y a dedans beaucoup de blabla sur le social et puis des mesures concrètes pour diminuer les dépenses de l’Etat. Dans l’ensemble c’est du libéralisme modéré, mais du libéralisme quand même. On va pas nous refaire le coup du flic gentil (PS)- flic méchant (UMP). Un coup je te mets du Bush, un coup je te mets de l’Obama. Ils poursuivent le même but par des méthodes différentes et au final on se retrouve quand même au même endroit. Il ne s’agit pas là d’un compromis entre idées, juste un différent sur les méthodes. De plus en plus de gens (de droite et de gauche) en ont je crois marre de ce petit jeu entre personnes de l’establishment et veulent quelque chose de réellement différent.

      Où est dans ce rapport le compromis entre libéraux et anti-libéraux? Y’a t-il là le moindre soupçon d’avancée dans une autre direction que le libre-échange, la construction libéral-européenne, le démantèlement de l’Etat, la précarisation des travailleurs, le productivisme, etc? Y’a t’il en fait le moindre compromis entre l’élite qui a dit oui au TCE et la majorité qui a dit non? (aujourd’hui cette majorité serait même plus importante et si l’extrême-gauche et l’extrême-droite se donnaient la main ils gagneraient aisément les élections, c’est un signal fort non?)

    5. @Moi : il faut savoir écouter entre les lignes. Paul se démarque nettement du rapport d’Attali, et sa critique en langage diplomatique vaut condamnation sans appel. Dans l’ensemble, il risque fort de devenir, comme vous dites, un de « ces intellectuels mous médiatisés », mais dans la forme seulement. Sur le fond, sa critique du capitalisme reste très forte, radicale, et je le vois mal changer de cap.

    6. Oui, Mariange a raison, j’ai noté moi aussi la différence d’attitude de Paul Jorion entre les sujets traités. Ce doigt sur l’oreille mais surtout cette main couvrant légèrement la bouche, c’est étrange, comme le signe d’un malaise.

      Il y a un petit article bizarre sur le sujet dans le Canard de cette semaine. Bon, il traite plus de la façon dont ce second rapport a été rendu à Sarko que sur le fond même, mais il dit aussi que cette mouture ne plait pas en haut lieu. Alors a qui plait-il au juste de rapport ?

      MOI, il faut rester évidemment, rien que parce que nous avons besoin de vous pour écrire des commentaires comme celui-là. Mais pas seulement.

    7. @ Moi

      Je suis intimement persuadé que ce rapport a été bénéfique au moins dans un sens, non voulu : il a permis d’illustrer de façon très efficace ce que vous soulignez : les différences entre la social- démocratie et les libéraux purs se comptent sur le doigt d’une main (soyons charitables, disons deux), et de fait, cela ouvre un boulevard à tous ceux qui auront l’intelligence de se démarquer d’un pragmatisme froid qui sous prétexte de prendre de la hauteur de vue « à dix ans », reste bien terre à terre. Pour ou contre l’austérité ? Contre, évidemment…

    8. J’adore quand le fougueux Crapaud Rouge se met à défendre le langage diplomatique. C’est vraiment un batracien déroutant. 😉

    9. C’est vrai on voit un embarras de Paul au début de la vidéo.
      Attali c’est le petit caillou dans la chaussure, mais il n’empêche pas Paul de tracer sa route.
      Pour le reste je pense comme Crapaud Rouge.
      Paul dit en langage diplomatique que ce rapport ne vaut pas grand chose si ce n’est de dire que l’Etat providence ce n’est pas rien.
      J’ai juste une appréciation différente sur un point. Quand Paul évoque les gouvernements d’union nationale et qu’il y associe l’idée de compromis. Je ne suis pas certain d’un tel gouvernement qui émergerait à la faveur de la crise ferait dans le compromis. La situation exigerait des mesures radicales. Il faudra donc bien trancher dans le vif. Ou alors il faut penser que les partis prenantes du dit compromis auraient évolué si bien que les points de vue se rapprocheraient.

    10. @Julien: tout à fait, mais cette non-différence, les gens la voient depuis des années (au grand dépit du PS).

    11. Jacques Attali invité de la Rumeur du monde ce jour : http://www.franceculture.com/emission-la-rumeur-du-monde-la-croissance-francaise-2010-10-23.html
      La commission aurait songé à intitulé un temps le rapport : « Pour nos enfants ». Ses membres ont de l’humour… Cela dit, Attali n’est pas le diable, dit évidemment des choses intéressantes et pourrait constituer un jour un levier pour les idées de Paul Jorion – d’où peut-être ce léger malaise visible sur la vidéo. Le problème de ce genre de rapport – et il l’admet lui-même – est que les quelques mesures que nous pourrions juger utiles ici n’ont aucune chance d’être appliquées. Le tiers – c’est lui qui le dit – des mesures mises en oeuvre du premier rapport étant d’inspiration néo-libérale ou neutres. Le rapport est sans doute équilibré en termes de compromis et de rapport de forces momentané mais il participe sans le vouloir totalement à la Grande Régression dans laquelle nous sommes engagés depuis trente ans.

  3. Je vois un parallèle entre le foreclosuregate et le procès que vous décrivez contre BOA : dans les deux cas, il existe un doute sur les droits de propriété.

    On n’est pas sûr que les maisons appartiennent aux ménages ou aux banques. Pour certains cas limites, cela dépendra de l’évolution du marché immobilier. On n’est pas sûr non plus de qui doit supporter les pertes associées à Bear Sterns, de BOA ou de PIMCO & al. Cela dépendra du montant exact de ces pertes, et donc de l’évolution du prix des actifs.

    Le fait de savoir à qui appartient le capital, les actifs, les biens durables etc. permettrait aux gens de prendre rapidement de bonnes décisions. Dans le doute, certaines décisions seront reportées, ce qui a des conséquences sur l’économie. Mieux vaut savoir où l’on est qu’être dans le doute, car dans ce dernier cas on a tendance à moins entreprendre, moins investir, moins embaucher.

    Comment un ménage peut-il se projeter dans l’avenir si il ne sait pas si sa maison sera saisie dans les 3 ans qui viennent ? Comment une banque peut-elle accorder des prêts si elle ne sait pas si elle devra absorber une perte de $100 millions sur ses actifs ? etc. etc. Quelle que soit la procédure retenue (favoriser plutôt les débiteurs, ou au contraire les créanciers) il vaudrait mieux qu’elle soit annoncée clairement et mise en oeuvre rapidement. C’est justement ce qui manque, et qui fait craindre un scénario à la japonaise où les actifs toxiques continuent de mijoter dans les bilans des banques depuis 20 ans.

    Un fermier devait couper la queue de son chien et lui dit : « Pauvre bête ! Tu vas souffrir. Je ne peux pas t’éviter cette peine, mais pour que tu souffres un peu moins je ne couperai qu’un petit bout tous les jours »…

  4. Je coyais savoir qu’il s’agissait de dépasser le capitalisme en cours de se terminer ; il s’agit de fait de le refonder, avec Jacques Attali. Le motif oblige de la protection de l’état-providence importe peu.

    Je m’e vais. Lire ailleurs d’autres textes, d’autres commentaires.

  5. BA et Moi sont dans l’air du temps… ils ignorent la réalité du monde en refusant des faits. Un peu comme pour la problématique des retraites actuellement, on peut comprendre la réaction des gens face à ce type de nouvelle mais peut-on vraiment faire autrement ? C’est seulement au bout de six mois que certains disent qu’il faudrait changer le système et d’autre vont nous parler de l’héritage du conseil de la résistance, un héritage détourné depuis bien longtemps et par des catégories finalement privilégiées.

    Ces réactions humaines c’est tout le problème de faire la réforme dans la démocratie française.

    Étrange impression d’être à la veille d’un désastre, de voir le danger monter et d’être confondu par l’aveuglement, la résistance des autres à la réforme… un peu comme en 1938 mais là il n’y aura pas de recours.

    1. « Ces réactions humaines c’est tout le problème de faire la réforme dans la démocratie française. »

      Oui. C’est ça le souci : la Démocratie est faite d’Humains…

      Maintenant qu’on a trouvé le problème, on n’a plus ka…

    2. Au 20 h de France 2 il y avait un reportage sur comment faire des petits plats sympas à partir de ce qu’on trouve dans les poubelles. Une émission TV anglaise fourbit le sujet avec maîtres queues débauchés pour l’occasion. Le lendemain de l’annonce du plan d’austérité U.K. Tout de même quel gâchis, dans les poubelles. Dommage qu’il n’y ait pas de gasoil, je serais allé faire mes courses dans les beaux quartiers. C’est un coup à créer des émeutes à la fermeture d’Hédiard et de Fauchon. Mais qui sera poursuivi pour incitation à la mendicité voire exploitation de, plus atteinte à la dignité de la personne ?
      C’est étonnant comment vous construisez votre réalité en sélectionnant ce que vous appelez vos faits (bruts sans doute) avec vos interprétations.

    3. Mais bien sûr Antoine, la catastrophe arrive et c’est précisément des gens comme vous qui en accélérez la survenue en écartant l’idéal de solidarité d’un revers de main, en le maquillant grossièrement comme du corporatisme de nantis, au moment même où les financiers eux, les exploités gardiens de la sagesse, souffrent tellement des restrictions qu’ils imposent au reste de la population (qui a malheureusement tendance à oublier qu’elle a un avantage numérique qui pourrait suffire à plier toute contestation en quelques jours, si toutefois la possibilité du collectif était encore présent dans les consciences).

      On se demande souvent si le genre de propos que vous tenez est purement cynique, stupidement sincère ou tout simplement dénué de toute forme d’humanisme. Les trois sans doute…

    4. Antoine B. écrit : « BA et Moi sont dans l’air du temps. »

      C’est une blague ?

      Non, franchement, c’est une blague ?

      Je suis un noniste.

      J’ai voté non au traité de Maastricht en 1992, non à la Constitution Européenne en 2005, et j’aurais voté non au traité de Lisbonne si on m’avait demandé mon avis par référendum.

      Or, qui gouverne la France depuis 36 ans ?

      Qui dirige la France depuis 36 ans ?

      Je vous rappelle que tous les présidents de la République depuis 36 ans sont des ouistes.

      Je vous rappelle que tous les Premiers Ministres depuis 36 ans sont des ouistes.

      Tous ces ouistes nous disaient que plus d’Union Européenne, ce serait plus de prospérité économique, plus de richesse, plus de croissance, plus d’emploi, moins de chômeurs, et patati, et patata, …

      Ils nous ont mentis.

      Ils nous ont trahis.

      L’Union Européenne profite uniquement aux classes les plus riches.

      L’Union Européenne profite uniquement aux grands éditorialistes, aux grands journalistes, aux grands noms de la politique française, aux grands patrons … aux grands patrons qui possèdent les chaînes de télévision privées, les radios privées, les grands titres de la presse écrite, les moyens de propagande.

      L’Union Européenne est une construction pour les riches, qui a appauvri les classes moyennes, qui a appauvri les classes pauvres.

      Exemple : le libre-échange mondial généralisé est gravé dans le traité de Lisbonne :

      « Par l’établissement d’une union douanière conformément aux articles 28 à 32, l’Union contribue, dans l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres. »

      Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Cinquième partie, Titre II, Article 206.

      Qui en subit les conséquences désastreuses ?

    5. Le « souci », Nicks, est que pour avoir des amis de droite… Si si.

      Ils sont tellement bien formaté dans le sens où « Aides-toi, le ciel t’aidera », que la crise est de LA faute des gouvernements.
      Et que, chose marrante en tout point, même une hyper-inflation ne pourrait même pas les déranger…

      Alors. Sérieusement. Car on ne peut que parler de choses que l’on a vécu.
      Certes, la guerre est arrivée « à point nommé » en 1939…. Si j’ose, évidemment, avancer une telle horreur… MAIS!
      Cette guerre a effacé des mémoires les CAUSES qui l’avaient produite!!!

      Telles que les dettes doivent être recouvertes par de pires dettes, des faits doivent être recouverts par de pires faits.
      Sur ce, bonne nuit à tous.

    6. @Antoine B. : « BA et Moi sont dans l’air du temps… ils ignorent la réalité du monde en refusant des faits. » : oui, oui, c’est tout à fait ça. D’ailleurs, c’est bien simple, ils soutiennent que la Lune est bleue et que la Terre est plate. Evidemment, ça ne peut pas coller avec les gens comme vous qui disent que le monde est en sucre.

    7. @Antoine B. (suite) : votre com’ m’a bien fait rire, plus que le déluge des commentaires humoristiques qui précèdent, et qui sont du reste, n’en déplaise à simoniver, d’une excellente qualité. Dame, c’est qu’en parlant de « réformes », vous n’avez pas besoin d’en dire plus pour que l’on sache dans quel sens iraient les vôtres.

      « confondu par l’aveuglement, la résistance des autres à la réforme » : « la » réforme ? Mais qu’attendez-vous, monsieur Antoine B., pour placarder sur le Web vos « 95 thèses » qui viendront révolutionner le monde comme vous l’espérez ? Le choix du singulier pour parler d’une situation qui exige de très nombreuses et profondes réformes, me semble caractéristique de votre philosophie : il ne s’agit pas de réformer dans un but donné, (humaniste ou non), mais de réformer par principe, au prétexte d’apporter des « solutions », et des solutions qui « marchent » bien sûr, qui permettent aux uns, les élus de Dieu, de s’enrichir un peu plus. C’est dire que l’hypocrisie, la tromperie et la cupidité sont inscrites en filigrane dans « la » réforme que vous espérez.

    8. @Yvan

      La seconde guerre mondiale est le produit des effets politiques de la crise. L’hyper-inflation n’a concerné que 1923 et si elle a marqué durablement les esprits allemands, elle n’est qu’un élément pour expliquer ce qui est arrivé ensuite. Le principal problème, comme toujours, est le partage des richesses. Je ne défends aucunement le principe d’une inflation échevelée. Mon terrain, c’est L’Etat et son réinvestissement par des forces politiques nouvelles qui réhabiliteront la notion de bien commun. C’est sans doute ce qui me sépare le plus du raisonnement de Paul Jorion qui croit, après pourtant 30 années d’expérience réformiste au résultat que l’on connaît, que l’on peut convaincre les dominants d’être gentils pour l’intérêt de tous. En vérité, ils n’agissent dans cette direction uniquement que quand ils ont peur…

      Si on poursuit sur cette dynamique d’austérité inégalitaire, la guerre aura lieu…

    9. @Nicks

      C’est sans doute ce qui me sépare le plus du raisonnement de Paul Jorion qui croit, après pourtant 30 années d’expérience réformiste au résultat que l’on connaît, que l’on peut convaincre les dominants d’être gentils pour l’intérêt de tous.

      Ok, mais il faut bien voir qu’aujourd’hui dans une démocratie comme la France, les dominants élus, s’ils sont très loin de défendre les intérêts de tous et donc de la Nation, défendent bel et bien, en sus des gros intérêts des plus puissants, les intérêts sécuritaires et bourgeois d’une majorité réelle d’électeurs qui ne votent absolument pas contre leurs intérêts (en tout cas de court terme), comme pourrait le prétendre Moi.
      Quand Paul parle de réforme vs révolution, au delà de ses propositions concrètes, c’est bien de réforme de l’esprit citoyen dont il parle en fin de compte, réforme qui constituerait effectivement une révolution démocratique comme la réforme de la finance par l’interdiction des paris sur les prix serait une authentique révolution économique. C’est réformer, reformer, reformuler le code-source du logiciel démocratique ou économique qui entraine, de fait, une révolution dans leur fonctionnement.
      Je prétends donc que la démocratie, dans le sens de régime de conflit tout comme de représentativité majoritaire, est effective dans ce pays. Hélas ! si vous voulez, j’en conviendrais à la limite. Et la limite, c’est en ce moment qu’elle est atteinte.
      C’est dans ces moments là que l’on voit la vraie nature des hommes, des peuples, des institutions.
      Le déni du référendum de 2005 n’était qu’un amuse-gueule, encore ambigu eu égard à la spécificité du scrutin européen, aujourd’hui il n’y a plus place pour l’ambiguïté. C’est au feu qu’on juge les soldats, les généraux, la stratégie d’approche, l’intendance… comme l’ennemi.

      Mais c’est bien la démocratie qui est en jeu. Rien d’autre.

    10. @Vigneron

      Il faudrait encore définir la notion de court terme. Je crois que pour 80% de la population , moins payer d’impôts c’est amputer son confort de vie pour les cinq années qui suivent (on le voit très bien dans le domaine de la santé en ce moment). Ce n’est pas ce que j’appelle du long terme et ce n’est pas ce que j’appelle préserver ses intérêts…

      La démocratie a besoin d’être aidée en ce moment et je suis plus que jamais convaincu que le réformisme politique en est incapable, bien au contraire, puisqu’il est systématiquement phagocyté par le lobbying des puissants. Je pense d’ailleurs que la méfiance de certains commentateurs à l’égard d’une certaine « notabilisation » de Jorion vient confirmer ce fait. Lordon a souvent justifié son manque de visibilité médiatique par la volonté de garder son indépendance. Je le trouvais peut-être un peu trop prudent quand j’ai entendu ses arguments, mais je crois qu’il avait encore une fois raison…

      Je pense également qu’aujourd’hui la démocratie est menacée, que c’est même l’aboutissement du système néolibéral qui ne peut survivre sous respiration artificielle qu’à condition d’être imposé par une oligarchie maîtrisant tous les rouages du pouvoir. Je ne vois pas comment, elle pourrait être démise de l’intérieur. Encore une fois, le réformisme par son échec total sur les trente dernières années en offre un exemple implacable.

      L’objet de ce blog comme d’autres, est d’être un laboratoire d’idées alternatives. Or, je crois que des propositions concrètes, il y en a désormais suffisamment pour commencer à penser à la façon dont peut les mettre en application. Mais pour cela il faudrait un peu parler politique !

    11. Chers amis du grand soir révolutionnaire, ce qui est fascinant est votre incapacité à créer de la valeur mais simplement la capturer comme vos confrères du capital. Vous ne jouez que le rapport de forces, ce n’est pas la démocratie.

  6. Après la video de 54 secondes , la suivante était décevante et génante dans sa première partie .
    Même si ma remarque gêne , je vous le dis franchement , je reste .

  7. Les pieds dans le désordre

    3*** au guide michelin des manifestations, -3 *** au guide de la démocratie
    une jurisprudence sur les réquisitions inacceptables pour gagner du temps chez les langues de bois.
    Une gueule de bois sur les piquets de grève.
    LA CONTESTATION MANQUE DE CARBURANT.
    Idéaliser l’économie, l’utopie marxiste chez les libéraux
    Libérons la réalité
    Au centre, à droite l’argent & le pouvoir
    Juste au milieu le partage
    Antagonisme
    3 écus ou un poulet
    Un funambule ne connaissant pas Jean Genet
    n’avouant pas son ambiguïté
    De derviche tourneur
    L’Europe n’est pas prête
    à la rigueur.

    1. Oui Dissonance,

      Mais pour l’histoire de la productivité, et donc les « richesses supplémentaires » (dans lesquelles il n’y aurait qu’à ce servir) , j’ai eu posté antérieurement qu’elle me gêne. Elle s’appuie sur des richesses non comparables, ou en tout cas pas par la simple compensation de l’inflation.
      Si j’ose dire elle fait fi de l' »illiquidité de la technique » , on ne remplace pas une voiture d’aujourd’hui par une d’hier multipliée par l’inflation, je ne cherche pas l’exemple le plus frappant, je veux souligner le léger vice méthodologique.
      Même lorsque Paul (ou Attali ?) me vendent la plus grande productivité des ordinateurs, j’ai comme un doute.
      Beaucoup de feuille Excel = beaucoup de richesses ? Certes on peut brasser vite et très bien d’immense tas de données, mais quand on ne pouvait pas on produisait la richesse autrement, et on évitait un marais de non information (« not even wrong » comme disent les scientifiques des articles les pires), parce que des humains avec leur cerveaux voyait ce qu’il y avait à faire concrètement pour produire lesdites richesses.
      Et sans idéaliser, je sais bien qu’il y a eu dysfonctionnement et excès d’administration depuis l’aube de la république et avant sans doute, mais le taux de déperdition restait acceptable. En particulier par le faible nombre d’emplois très qualifié, et l’assez grand nombre « d’emploi à savoir-faire » manuel ou un peu plus que manuel qui équilibraient la répartition de li’nformation (je ne me lasserai pas de citer Richard Sennett sur ce type de sujet).

      Pour être plus incisif, quand on parle de la superbe productivité des travailleurs français, on ignore le plus souvent deux paramètres qui modèrent la portée du propos :
      Primo : La pyramide d’âge de l’emploi, trop centrée sur l’optimum 35-45 ans, évidemment le maximum de la variable euro/heure travaillé (plus vieux, même performance, mais plus d’euro, plus jeune, moins d’euro, mais moindre performance)
      Secundo : Notre facilité hexagonale a accepter le « do it yourself », la caisse automatique, donc un nombre d’emploi de services faible. Je ne veux pas une France de caissières, mais quand vous allez au Japon, le bougre qui prend soin de votre parapluie mouillé à l’entrée d’une grande surface n’est pas déconsidéré, il a sa place dans la société. Et les autres bougres qui règlent la circulation des piétons et voitures à la sortie du moindre chantier ne sont pas non plus déconsidérés ou « desdichados ». Il me semble plus patent en France que dans beaucoup d’autres pays que les petits jobs conduisent à une forme d’invisibilité sociale indigne. ce contre quoi la profession des garçons de café a d’ailleurs un rempart assez au point : ne pas donner le moindre signe de servilité, bien au contraire, est aussi une caractéristique assez française.
      Ces entrelacs du paysage social me servent surtout de prétexte à remettre en perspective que derrière les questions de productivités, les questions de respect mutuel sont cruciales. Il va de soit qu’elles n’ont aucune chance d’émerger chez celui qui pense à son « yacht supplémentaire » (deux mots que PJ a aligné un jour…) . Et, comme on dit, c’est pas quand il y a un ou deux bonhommes comme ça que ca ne va pas, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes.

    2. timiota, vous défendez quoi au juste ? le boulot des papis qui vous remplissent vos sacs à la sortie des supermarchés pendant que la jeune cliente blonde parle au téléphone ? le boulot des voituriers qui se gèlent à rester dehors en attendant la Porsche du trader ? Pensez vous sincèrement que ces jobs ont une visibilité sociale ?

      Oui en France nous avons acquis l’instinct de non-servilité. Le prendriez vous pour un défaut ?

    3. @timiota

      Ah, parce que pour vous, le fait d’attribuer un job précaire, à temps partiel et sous payé est une preuve de respect et donne une place appréciable dans la société ? Effectivement, je n’ai aucunement goût à ce type de servilité !

    4. @timiota

      Je ne souhaite pas rentrer dans une discussion d’apothicaires avec vous, mais tout de même. Je m’interroge sur votre définition de la productivité. Pour moi il s’agit de la valeur ajoutée/temps de travail. Or il me paraît assez évident que pour beaucoup d’activités, le gain de ce rapport est assez évident. Un téléphone d’aujourd’hui offre des fonctionnalités parfaitement distinctes par le passé: répertoire, agenda, appareil photo ou caméra, connexion internet, sans oublier cette nouveauté devenue si banale pourtant: La mobilité. Autant de fonctions qui, si elles n’influent que très peu sur le temps de travail pour les produire, augmentent en revanche de manière considérable la valeur ajoutée du produit. Dans une moindre mesure, l’évolution de l’automobile suit le même type de schéma.

      Une illustration sur l’ordinateur maintenant: Les solutions de traitement de texte et la démocratisation de l’outil informatique ont provoqué l’extinction pure et simple de l’activité de dactylo. Ou encore, cette activité a été totalement intégrée aux compétences exigibles pour toute activité de bureau.

      Je vois même dans ces gains l’une des raisons du caractère structurel du chômage de masse, couplés à l’excès culturel. C’est ainsi que dans mon secteur d’activité, l’informatique, on voit quantité d’offres d’emplois destinées à des ingénieurs, mais pour une activité dont un technicien pourrait parfaitement s’occuper. L’ingénieur, ce « couteau suisse humain », permet de remplacer plus ou moins efficacement deux ou trois techniciens, par définition plus (trop?) spécialisés.

      La profusion grandissante de personnels formés à ce niveau permet même de justifier les régressions salariales: Ces offres d’emplois sont proposées sur la base d’un salaire de technicien, voir même dans les cas les plus extrêmes, alignées sur le smic, et le candidat n’a même pas le loisir de protester puisque, comme on pourra le lui faire remarquer, si ça ne lui convient pas, ce n’est pas grave, dix autres, d’égales compétences, attendent leur tour.

    5. Certes, j’ai essayé de prendre une tangente qui ne plait pas facilement.

      1) Sur le « gisement de richesse » ramené par la productivité (les graphiques de Le Pavé), ça reste pour moi d’une faiblesse intellectuelle certaine. On s’appuie sur une comparaison des richesses passées et présentes, comme si elles étaient comparables.
      1bis) Oui, on gère plus facilement N serveurs avec 1/4 de sous-ingénieur informaticien sous-payé qu’il y a 30 ans (presque pas de serveurs en réseaux!) ou 15 ans, mais est-ce que cela apporte des richesses « solides », des m2 d’immobilier, de la bouffe de qualité (pas de luxe, hein, de qualité). Je pense qu’il faut tourner 7 fois sa langue dans la bouche

      2) Ma sortie sur les petits jobs avait deux buts partiellement raté, mais merci de m’avoir répondu :
      2.1 faire bien comprendre pourquoi on apparait très productif. Ce n’est pas parce que le cadre moyen francais est un dieu par rapport à son confrère japonais anglais ou allemand, c’est parce que les boulots peu productifs ont été sabrés. Grace à notre consentement au « do it yourself »
      2.2 Or je prétends que dans ce consentement, on a aussi laissé échappé la reconnaissance envers
      des petits jobs, ce « on » étant collectif et incluant des patrons qui ne savent pas gérer ces petits jobs sans les regarder de très très haut, et peut être ma pomme quand je croise l’homme de ménage sur mon lieu de travail. Il y a encore un peu de savoir-faire et de savoir-vivre dans les petits jobs quand ils ne sont pas « prolétarisés » au sens de Stiegler (les femmes de ménage dans les hotels sont taylorisées, etc, ce sont des contre-exemples, l’exemple des garçons de café montre qu’en France on ne sait pas facilement faire cette place à un « petit savoir-faire ») . Et ces petits jobs il en faudra toujours un certain pourcent (10 , 20 ?), et ce sera acceptable modulo cette reconnaissance du petit savoir-faire. Si pour vous en deca d’une certaine sophistication intellectuelle, ca devient tout de suite « larbin » ou « servile », c’est que « notre » (votre ?) logiciel a peut etre une certaine cécité. Interrogeons nous au moins. Il faut par exemple accommoder un quasi illétrisme d’un pourcentage nonnégligeable de la poppulation, lié par exemple aux dyslexie et dyspraxies, pas qu’à la pauvreté.

    6. @timiota

      1/ La faiblesse intellectuelle que vous attribuez au schéma du Pavé est en réalité imputable à la logique – notamment gouvernementale, mais pas que – autrement nommée fort pompeusement le problème démographique.

      Si ces schémas ne vous parlaient pas, l’analogie agricole aurait au moins du vous interpeler: Par le même type de raisonnement que celui appliqué aux retraites, on observe que le nombre de producteurs à fortement diminué depuis les années 40 tandis que la population a fortement augmenté sur la même période. Et pourtant, pas de pénurie à l’horizon.

      Le fond de cette démonstration par l’absurde consiste en fait à dire qu’on ne peut pas appliquer un strict rapport de proportionnalité entre le nombre de personnes impliquées dans le processus productif et la richesse produite.

      Le problème démographique n’en est pas un dans la mesure où il ne dit absolument rien de la quantité de richesse produite, ce qui est tout de même un comble pour traiter d’un problème qui appartient au cadre général de la répartition des richesses . Or le système de retraites « à la française » entre évidemment dans cette catégorie.

      2/ Désolé, j’ai beau vous lire et vous relire, j’ai bien du mal à me représenter ce que peut être un « petit savoir faire ». Je le comprends d’autant moins que là non plus, rien ne figure dans votre analyse concernant la quantité de richesse produite. A moins que cette quantité soit corrélée à la « petitesse » du savoir-faire? Comme Didier, j’avoue ne pas voir ou vous voulez en venir.

      2 bis/ Sur la dyslexie et la dyspraxie non plus je ne vois pas où vous voulez en venir.

    7. Eh bien Dissonnance, je chercher quelques pilotis pour construire dessus.

      1) Pas démographique, certes, mais dites moi un peu concrètement par quel schéma je vous paye une retraite en « unités absolues » de richesse.
      Je vous octroie 6,5 quintaux de blé, et 2,5 fois la valeur d’une 2CV par an au lieu de chiffres moindres.
      Pas lumineux comme gain.
      En revanche, si vous me dites telle fraction du PIB, c’est un peu plus clair,encore que le PIB recouvre notre propension de sapeur Camember à faire des bouchons pour y dépenser de l’essence.
      Bref, ne pas se faire enfumer par la démographie, oui, mais si on veut compter, je suius tout ouïe sur un système d’unité concret, et je vous soutiendrai sans problème s’il rogne sur les yachts supplémentaires de certains, et encore plus si la justice m’en semble pérenne.

      2) Sur les « petits savoir faire », c’est pas très heureux, mais vous avez ce problème général que si vous prenez une courbe répartition des richesses quelconque (les pourcentiles de population en abcisses, les pourcentiles de richesse en ordonnées, ce genre de chose), on dit « ah, c’est le bas qui est le plus injuste », mais dès que je l’aurai réformé, il y aura encore le bas de la nouvelle distribution, elle sera un peu plus étroite, mais elle aura un bas.
      Donc cette démarche à elle seule, bien qu’aujourd’hui la courbe soit très inégale, ne constitue pas une fin très claire.

      Ce qui l’est plus à mon goût est de regarder dans la société entière comment on fait avec l’inégalité des talents par rapport à ce que nous jugeons bon de produire comme biens et comme service.

      Et la notion de respect pour le « bas de l’échelle » , associé à des savoir-faire pas valorisé « naturellement » et qu’il faut apprendre à faire vivre (vivre, exister avec dignité) quand même est ce qui me semble recaler la démarche de façon plus saine que les chiffres.

      Il faut aussi des savoir-faire simplement humains et d’une technicité hors-standard (hors standard scolaires disons) pour par exemple les dyslexiques à qui vous ne demanderez pas de faire des travaux liés à l’écrit de près ou de loin.
      (Même mécanicien auto veut dire aujourd’hui lire des notices et des appareils…, photographe laisse plus de marge, etc.)

      Si je prends l’exemple des Roms dans l’EU, eh bien, ils occupent le bas de la distribution économique, et la question de la délinquance plus ou moins importante qui leur est liée en arrive hélas à cacher la question n°1, qui est celle de leur trouver un ascenseur économique/social, ce qui est une ardente obligation. Si on ne sait pas le faire pour eux, c’est un symptôme qu’on est en train de lâcher petit à petit les tranches basses, et non seulement de les lâcher économiquement, mais aussi de les lâcher en terme de respect. De ne plus savoir ce qu’être solidaire veut dire.

      Or pour moi, il convient de tisser les respects avec les savoir-faire, et de se situer par rapports aux savoir-faire qui ne sont pas ceux de l’Ecole idéale, mais ceux plus directement humains dont sont porteurs des pans de la société qu’on ne sait pas bien nommer (la preuve, je patine), ni via des populations (« les savoir-faire des auvergnats » (?) ), ni par la liste desdits savoir-faire… « et pourtant ils existent » .

      En résumé, savons nous définir « le gâteau » (les richesses) d’une façon opérationnelle et pas théorique (« c’est comme l’agriculture « ??) ? et savons nous faire en sorte que les petites parts du gâteau ne soient pas des miettes tombées par terre , des parts dignes ?

  8. Je partage l’avis de

    Mariange

    quant à l’embarras de M.Jorion.En vérité ,au fil du temps cette crise qui donne l’impression de se chroniciser va être de plus plus clivante.On ne peut à la fois déconstruire avec un certain acharnement les concepts ,les paradigmes et dans le même temps cautionner un replâtrage qu’il soit orchestré ou non par M Attali ,grand amateur de musique.Personnellement je ne suis trop perturbé par cette tension entre intellectualisme un peu rêveur et ésotérique auquel je ne comprends pas grand chose et pragmatisme de bon aloi.
    Mais je pense qu’un rééquilibrage serait honnête.

  9. Monsieur Jorion,
    comment pouvez vous ne pas condamner les préconisations du rapport Attali?Ca me semble quelque peu contradictoire avec la « philosophie » de ce blog, mais peut^-être que je me trompe… Et que pensez vous de la réforme des retraites votées ce soir au Sénat ? Le rapport Attali, pour sa part, y est pleine favorable. Cordialement

    1. Je vais sonner comme un disque rayé, mais pour affirmer ce que vous affirmez, vous n’avez pas lu le rapport. Précisément sur la réforme des retraites, elle est jugée « injuste » et « inefficace ». Le seul point sur lequel le rapport va dans le sens du gouvernement, c’est sur la nécessité d’une réforme et un ajustement de l’âge de départ. Rien d’autre.

      Et encore une fois, je ne partage pas 10% des préconisations de la Commission Attali, mais commander que l’on émette des condamnations comme d’autres émettent des fatwas ne me semble pas apporter quoi que ce soit de constructif à la réflexion actuelle.

    2. « commander que l’on émette des condamnations comme d’autres émettent des fatwas » : d’après l’introduction de Paul, c’est bien à cette demande de ses « fans » qu’il répondait, et c’est pour ça que je me suis fichtrement ennuyé dans la 1ère partie. Pour une raison bien simple : je n’ai pas lu le rapport Attali, et je ne l’ai pas lu parce que je m’en tape, et je m’en tape parce qu’Attali est depuis belle lurette un pilier du système, au même titre que Minc, mais en plus subtil. La preuve en est qu’on lui commande des rapports à tour de bras…

    3. Aux détracteurs d’Attali
      Bien sur que ce Jacques est une girouette qui s’aligne sur les vents dominants mais il a une certaine force de frappe intellectuelle. Je ne sais ce qu’il pense puisqu’il a déjà tout dit et son contraire. Mais ce qui me rassure c’est que quand il était jeune (si, si, il l’a été), il était quasi anti-productiviste.
      Supposons donc que c’est par la suite qu’il a compris que pour réussir dans la vie il faut dire ce qu’il convient de dire et pas ce que l’on pense.

      Supposons aussi que ce n’est pas pour le plaisir de s’entendre parler et de se voir écrire que Paul produit ce qu’il produit. Ce serait donc plutôt pour faire changer les choses. Dans cette perspective, quand ses idées et les nôtres auront pris plus de place dans l’éventail politique, Attali sera probablement un allié, par conviction ou par opportunisme (on ne saura jamais). Mais si la réussite est le but, ne boudons pas Attali quand il dit ce qui nous aide. On parle moins ces temps-ci sur le blog des pensées chinoises si habiles en stratégie militaire. Retenons par exemple celles qui disent combien peuvent être précieux certains alliés objectifs, qu’on les aime ou qu’on ne les aime pas…

    4. @Alain A : vous avez raison sur un point : Attali est une « force de frappe intellectuelle ». (Jolie formule.) Mais c’est très regrettable qu’une telle « force de frappe » soit utilisée à des fins si convenables, et qu’elle ne produise rien de fondamental, rien de vraiment critique, rien de vraiment neuf. On le retrouve sur Slate.fr aux côtés d’un Eric Le Boucher, second couteau de la propagande néolibérale. Attali, c’est un type comme Philippe Sollers : brillant sans aucun doute, mais creux. Les intellectuels de ce genre ont la vie trop facile pour saisir quoique ce soit qui puisse nous faire réfléchir.

  10. J’ai lu les commentaires de la première vidéo au boulot sans pouvoir la lire car l’accès en est interdit. Et vous m’avez bien fait rire tout en me donnant une représentation précise de ce qu’elle était. Beau travail.

  11. Vous êtes en forme, ce soir, Mr Jorion : clair, incisif, ad rem, froidement ironique, l’une de vos meilleures vidéos.
    Vous-aurait-on fait boire de ce breuvage Autrichien, ce taureau rouge en canette qui donne des ailes, comme dit la pub? 😀

    1. Par contre, à constater la véhémence de certains commentaires s’offusquant d’une ‘défense’ de Mr Attali, défense bien relative tout de même, je crains devoir constater que le climat de quasi-guerre civile qui semble s’installer en France (pour autant que je puisse en juger depuis mon perchoir en dessous du niveau de la mer…), fait des incursions sur ce site d’ordinaire si affable. Espérons que cela ne dégénèrera point.

    2. Bel essai, Amsterdamois. Bel essai.

      Peut-être que le souci de la France est de voir de plus en plus clair… , non?

    3. @ Yvan
      Notez bien que je ne serais point marri d’une réédition de la prise du palais d’hiver, dans les ors du cabanon de la Pompadour. Je n’irais pas jusqu’à souhaiter que Rolex 1er perde sa tête, mais il est par contre bien temps qu’il soit éjecté de son trône : lorsqu’un monarque bafoue les principes républicains avec autant d’impudeur, il s’ôte lui-même toute légitimité.

      Franchement, Béatrix chez nous a plus de classe que ce foutriquet; il serait temps que les Français (re)proclament la République, la vraie.

  12. Monsieur,

    s’il y a quelque chose de constructif dans le décor présent, c’est bien l’opposition d’une très grand majorité de la population à une réforme considérée comme inique, et cette opposition porte en grande partie sur un refus clair et net de l’ajustement de l’âge de départ. Mais c’est, comme le savez, le grief est encore plus large, et concerne directement dans les domaines de la protection sociale, de la santé, de l’éducation, des services publics, de la précarisation et de la flexibilité de l’emploi ce que visent les préconisatons de M. Attali. Mais vous ne m’avez pas répondu sur votre soutien au mouvement actuel contre la réforme des retraites ?
    Bien cordialement

  13. Je plaide pour que Paul Jorion soit plus naturel même quand il s’agit de Jacques Attali. Il est vrai qu’on l’a vu toujours courtois mais bien moins prévenant et précautionneux. Cette fois il n’aborde pas vraiment son sujet (première partie de la vidéo) pour ne faire qu’une sorte de prévention du contentieux. On perd du sens, à mon avis.
    Je plaide aussi pour éviter toutes sortes de fatwas (cf J. Alexandre), il vaut mieux encourager la sincérité que céder à la paranoïa et mettre trop vite tout le monde dans le même sac (à linge sale en l’occurence).
    Ces petites lignes critiques ne visent donc pas à laver le linge sale en famille mais sont un encouragement.

  14. Je n’ai fait que corriger une observation erronée de votre part.

    Puisque vous me sommez de répondre sur mon soutien actuel au mouvement contre la réforme des retraites proposée par le gouvernement, il est entier, partiellement pour les mêmes raisons qu’Attali : le projet est injuste et inefficace.

    Quant à engager un débat sur le reste des propositions du rapport Attali, encore une fois au combien critiquable, je veux bien le faire, mais uniquement avec celles et ceux qui ont lu le dit-rapport, et ne se contentent pas des raccourcis des dépêches AFP en réclamant des condamnations sur cette seule base.

  15. commission Attali, « cadre relativement vaste » dites-vous Paul J., c’est vrai vous êtes en forme, relativement et vaste vont bien ensemble quand on est léger, et le cadre précisez-vous, s’est mis à l’abri des extrêmes ; lorsque je vous écoute ou Lordon je n’ai pas l’impression d’un diagnostique qui soit extrême, par contre le comportement l’aveuglement des décideurs en règle général m’effraie. bon de toute façon ni lui ni vous y auriez été appelés. « cadre relativement vaste » à l’intérieur quelques mesures qui feront long feu… un faux semblant ? pas la peine de s’y coller, on risque de lui ressembler, ce n’est qu’un événement commisionné, une com’ qui donne l’illusion d’une direction à prendre, que les aléas d’intérêts personnels et calculs politique et l’intervention brutale ou quelconque de l’histoire qui n’est jamais finie archiveront vite (ou en décoction froide pour un PS au gvt.? ). Attali est un commis de l’état très intelligent, utile et très habile. Ado il y a longtemps ses lectures m’ont fait rêver, sa lumière blanche maintenant asphyxie.

    1. Vu la façon dont le rapport a été accueilli par ses commanditaires, je crois que le tour de piste est déjà fini pour ce qui concerne l’application des mesures qui y sont préconisées !
      Il aura au moins eu le mérite de remettre à l’ordre du jour une de ces expressions qui tombe en désuétude faute de justification dans un espace médiatique bardé de contradictions où plus personne n’assume de manquements ou de passages à vide : le « coup d’épée dans l’eau », illustrée de façon très didactique.

  16. La crise ? Quelle crise :

    PARIS, 21 octobre (Xinhua) — Les indicateurs du climat des affaires en France ont retrouvé, début octobre, leurs niveaux d’avant crise, a déclaré jeudi le ministère français de l’Economie.

    Les indicateurs de climat des affaires dans l’industrie et les services, calculé à partir des réponses des chefs d’entreprise des principaux secteurs d’activité, se sont établis à 104 en octobre 2010, marquant ainsi qu’une nouvelle amélioration, a annoncé l’Institut national de la statistique et des études économiques ( Insee).

    Ces indicateurs sont légèrement supérieurs à sa moyenne de longue période, établi à 100, a précisé l’Insee.

    La ministre de l’Economie, Christine Lagarde, s’est félicitée du fait que « les indicateurs de climat des affaires dans l’industrie et les services ont retrouvé en octobre leurs niveaux de la mi-2008, soit avant que n’éclate la crise financière mondiale ».

    Ces évolutions « prouvent que la France est rentrée depuis quelque mois dans l’après crise économique et financière mondiale », et « confirment en effet le regain de confiance dans l’avenir observé depuis plusieurs mois chez les agents économiques français « , a poursuivi Mme Lagarde.

    Décidément nous vivons une époque formidable ! Et tout le monde s’en fout. Mais si tout le monde s’en fout, et en fait c’est rassurant. A se prendre trop au sérieux on devient vite dangereux.

  17. le mérite d’un « coup d’épée dans l’eau » … quand bien même l’image n’en est que plus brouillée? on y devine une version PS extrême!

  18. Ne cherchez pas des inquisiteurs et des fatwas et des sommations dans toutes les phrases. Mais c’est sans doute l’effet des antagonismes qui apparaissent inévitablement par l’effet de la crise…

    Merci de votre réponse.

    J’ignorais que M. Attali, qui souvent pense que M. Sarkozy fait une politique de gauche, soutient le mouvement contre la réforme des retraites.

    Comme quoi vous avez raison : il m’arrive de parler sans savoir

    1. Nous avons sur le blog des rhétoriciens de grand talent. Alors, votre petit jeu qui consiste à prendre un propos où je rappelle qu’Attali trouve la reforme des retraites injuste et inefficace, et à transformer ce propos en :

      J’ignorais que M. Attali soutient le mouvement contre la reforme des retraites

      me fait juste sourire, tellement la ficelle est grosse comme un immeuble de 15 étages.

      Rassurez-vous, je n’appelle personne à « condamner » vos propos 😉

    2. Je ne vois pas ce qui vous fait sourire. De trouver la quasi loi du gouvernement « injuste et inefficace », et de ne pas soutenir le mouvement qui la conteste ? Ce n’est pas drôle, c’est juste une des positions du conservatisme actuel qui voudrait se donner des airs de progrès. Dans le sinistre bal des désignations brouillées la prédation et ses soutiens ont chaussé le masque d’une soi-disante pédagogie du bien commun.

      « Les Californiens fendaient le bois avec un coin en andouiller qu’ils enfonçaient à l’aide d’un maillet en pierre brute ». Etait-ce dans le but de construire des immeubles de quinze étages?

    3. C’est vous qui me faites sourire. Pas le gouvernement, pas la réforme. Vous dites une bêtise en prétendant qu’Attali est pleinement favorable à la réforme des retraites de Sarkozy, et plutôt que d’assumer, vous noyez le poisson en m’accusant de tous les maux. Je vous l’ai dit, nous avons des rhétoriciens hors pair ici, vous vous heurtez à un mur.

  19. Paul,

    Préalable: Comme plusieurs autres intervenants ici, je ne suis pas un grand fan d’Attali. Ceci étant dit, je ne pense pas que ce soit à vous d’assumer ses points de vue pas plus que ses actes.

    Mais par ailleurs, je viens de réécouter cette deuxième vidéo attentivement, et je vous entends dire deux choses:

    Premièrement:

    – « Le cadre de la commission Attali n’est pas celui d’une refondation du capitalisme ».

    Jusque là, pas de problème, ça me paraît tout à fait correct, Attali&Co s’occupent effectivement de la continuité du dysfonctionnement.

    Deuxièmement:

    – « La refondation du capitalisme est une étape nécessaire ».

    Là je ne suis plus certain de vous suivre. Vouliez-vous dire exactement cela ou avez vous confondu le système avec son dysfonctionnement?

    En clair, ne s’agirait-il pas plutôt de refonder le système économique, et non pas le capitalisme?

    1. Dissonance, vous qui êtes très politisé, (ai-je cru comprendre), je m’étonne que vous n’ayez pas fait remarquer que l’expression « refonder le capitalisme » a d’abord été employée par le Big Boss de l’Entreprise France dans son célèbre discours de Toulon. Cette formule n’a évidemment pas la même portée ici, mais quand même…

    2. Refonder? Parle-t-on des fondements, des fondations ou des fondamentaux du système.
      Bon, j’avais aussi tiqué sur cette formule de Paul… Demandons lui donc ce qu’il veut dire par là. Détruire le système économique jusqu’à ses fondations et ensuite construire quelque chose de nouveau? Ou bien étançonner le capitalisme et éviter qu’il ne fasse choir sur nous les pierres de ses murs branlants? (c’est pour nous, les petits, « tout ce qui tombe, la pluie, les coups, les bombes… » l. Paul, rassurez-nous…

    3. – « Le cadre de la commission Attali n’est pas celui d’une refondation du capitalisme ».

      En effet, mais c’est un cadre bien étroit. Il suffit de lire la lettre de mission, tout un poème. Petit florilège :
      « Commission pour la libération de la croissance »
      « déserrer les contraintes qui pèsent sur le développement économique »
      « libérer les initiatives en faveur de la création d’emplois »
      « augmenter la concurrence »
      « lever les obstacles réglementaires »
      « simplifier les procédures qui pèsent sur l’activité économique et les entreprises »
      « Vos propositions devront s’inscrire pleinement dans le cadre du rétablissement de nos finances publiques. Vous pourrez proposer toutes les mesures que vous jugerez pertinentes pour réduire la dépense publique et améliorer l’efficacité des services publics. »

    4. @Crapaud Rouge

      Je ne sais pas ce qu’il faut comprendre par « très politisé »: Si c’est un synonyme « d’encarté », c.à.d. membre d’une quelconque organisation politique ou syndicale, c’est non. En revanche j’admets tout à fait m’intéresser au débat politique, et pire, j’y vois même un devoir citoyen.

      Pour ce qui concerne notre cher président, ainsi que sa majorité, je suis de ceux qui n’affectionnent pas particulièrement de tirer sur les ambulances, et par ailleurs j’estime que si l’on considère la phrase « personne ne peut avoir toujours raison » comme valide, l’inverse doit également être vrai « personne ne peut avoir toujours tort » – j’admets aussi toutefois que cette hypothèse reste totalement théorique, puisque je n’ai jusqu’à présent trouvé aucun point d’accord avec le gouvernement. 🙂

      @fujisan

      Effectivement, quand le cadre fixe comme objectif le maintien du dysfonctionnement, la moindre des choses est de ne pas partir dans une critique de celui-ci, ce qui serait nécessairement hors-sujet. A ce titre, je pense que Paul fait bien de préciser qu’il ne pourrait pas se prêter à ce genre d’exercice.

  20. A propos d’une possible nuance entre l’action politique, la réflexion phylosphique et la place de, au hazard, Paul Jorion, dans tout ça…
    http://www.dailymotion.com/video/x3dh4t_clash-entre-attali-et-onfray-1-sur_news
    http://www.dailymotion.com/video/x3dhao_clash-entre-attali-et-onfray-2-sur_news
    … cela date un peu (2007, crise déclarée), c’est quand Attali démarrait sa première mission pour l’Elysée, pour la remise de son premier rapport. Toujours fâcheux quand se fâchent entre-elles des personnes qui sont loin d’être les pires qu’on connaisse. Les pires, elles, se pourlèchent pendant ce temps.
    Par ailleurs, je serai curieux de savoir ce que pense Paul Jorion de Michel Onfray, notamment quant à sa position vis à vis de la psychanalyse de Freud.

    1. …Il semble qu’Ofray, malgré son immense érudition n’est point lu tout Attali…Mais comme le fait remarquer si justement Marcelle…Chauffe Marcelle…Ceci reste des enfantillages pour adolescents…finalement très proche de camaraderie et même peut-être de coeur…Qui c’est?…

    2. Onfray: « j’agis, j’ai créé une université populaire »
      Réponse d’Attali (en gros): « oui mais moi j’agis vraiment, j’ai aidé des banlieusards à créer leur entreprise »

      Un peu plus tard:
      Onfray lui dit « nous avons deux conceptions du monde différentes, vous êtes libéral, moi pas »
      Attali répond, vexé: « je ne suis pas libéral ».

      J’en suis resté sur le cul. Le pense-t-il vraiment? Est-il hypocrite? Est-il aveugle sur lui-même?

    3. Il y a une autre possibilité que je n’ai pas envisagé: Attali a-t-il raison de dire qu’il n’est pas libéral? Là tout de même, c’est difficile à admettre.

  21. Monsieur Attali est avant tout un homme de vision et de champs d’optique, surtout en ce qui concerne son dernier interview sur public sénat (la lunette).
    N’oublions pas, qu’il est aussi un orateur et homme de théâtre et qu’il a su réglé sur « public sénat » le grand thème du blé (apport céréalier) en Europe.
    Mais il est vrai, que je fus surprise de retrouver le blog de Monsieur Attali dans la colonne de droite du blog de Paul Jorion.
    Monsieur Attali reste quand même très « Star » dans le monde des médias et Paul Jorion notre Marie-Line Hollywoodienne.

    J’adore le cinéma…

  22. Bonjour,
    Pour le Forclosure Gate voici un article assez explicatif et bien fait.
    Quant à l’Etat Providence et sa défense, si en théorie cela semble intéressant, cela va d’après moi, tout de même à l’encontre de la diversité des conditions et des envies humaines.
    Tout incite à sortir de l’uniformité. Pour être quelqu’un, la société pousse à être différent. La concurrence fait le reste.
    Un gouvernement d’union nationale, c’est le plus démocratique de prendre toutes la gammes des opinions. Son seul défaut, c’est que cela crée un gouvernement à petite vitesse.
    Un gouvernement comme en Suisse avec une démocratie directe. Un gouvernement à la proportionnelle comme en Belgique. Deux fédérations qui soit ressemblent à une confédération ou qui voudrait y arriver pour certains et on s’en éloigne de l’union nationale?

  23. Je me pose tout de même candidement des questions.

    Vous avez toujours annoncé la fin d' »un système en bout de course, et maintenant j’entends « refondation du capitalisme ».

    Alors, il me manque votre chainon (ou alors je n’ai rien compris en tant qu’analphabète en questions politiques et économiques) : comment refonder un système selon vous, et moi, déliquescent ? en décortiquer les miettes pour les réorganiser ? J’ai bien suivi sur la proposition de l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, et ce qui me manque, c’est la méthode et les prédictions sur son impact sur le système en place, bancal ou non.

    Je suis pour l’instant sur la même longueur d’onde que ceux qui vous critiquent plus haut, et suis frustrée parce que vous n’avez pas répondu du tac au tac comme d’habitude, mais peut-être êtes vous encore une fois dans un tunnel ou devant des auditoires.

    Je nage dans la confusion

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