BFM Radio, lundi 25 octobre 2010 à 10h46 – Où l’on parle de guerre civile

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Où l’on parle de guerre civile, la guerre civile en question étant celle qui se prépare au sein du secteur bancaire américain.

On a beaucoup parlé aux États-Unis au cours des semaines récentes du « foreclosuregate », une expression calquée sur le Watergate, le nom du scandale qui signa la chute du président Nixon. J’en ai parlé ici-même la semaine dernière. Je rappelle en deux mots qu’il s’agit des anomalies qui sont apparues en raison du fait que si le système légal américain exige toujours que le titre de propriété d’une habitation soit constitué d’un document sur support papier, le système financier est lui passé à l’enregistrement électronique en raison des transferts de créance multiples auxquels la titrisation des crédits hypothécaires est susceptible de donner lieu, les Mortgage-Backed Security (pour les prêts « prime ») et Asset-Backed Security (pour les prêts « subprime »), constitués de plusieurs milliers de crédits consolidés en une obligation unique, se négociant sur un marché secondaire comme tout produit qui peut circuler par la revente. Le processus de saisie exige dans certains États américains la présentation du titre de propriété – qui, dans le cas du crédit hypothécaire demeure en possession de l’organisme prêteur jusqu’au remboursement total du principal. Les incohérences entre les deux systèmes ont conduit à de multiples erreurs et les ménages menacés se sont enhardis dans la lutte contre les banques qui tentent de saisir leur logement.

Les contestations constituent un problème logistique pour les banques, dont le coût est essentiellement dû au retard qu’elles causent dans la procédure de saisie. Ceci dit, le marché de l’immobilier est à ce point déprimé aux États-Unis qu’un étalement des ventes aux enchères qui résultent de ces saisies n’est pas forcément malvenu du point de vue des banques. Ce qui fait la popularité du « foreclosuregate » dans la presse américaine, c’est sa dimension « David contre Goliath », dans un contexte où le traitement scandaleusement déséquilibré entre prêteurs et emprunteurs depuis le début de la crise révulse l’opinion publique. Le problème pourrait cependant être rapidement résolu du fait que Fannie Mae et Freddie Mac ont pris les choses en main en déterminant une norme de traduction des documents électroniques en documents imprimés.

Plus sérieux sans doute du point de vue de l’avenir des banques est un autre mouvement de contestation qui se développe en ce moment et qui risque, avec le « foreclosuregate », de les prendre en tenaille. Il ne s’agit pas cette fois des emprunteurs tirant parti des incohérences du double système d’enregistrement mais d’investisseurs ayant acheté les MBS et les ABS. Le nœud de l’affaire est que l’investisseur bénéficie d’un recours si un prêt intégré dans l’un de ces titres est frauduleux : il peut alors exiger de le faire remplacer au sein du titre par un crédit de bon aloi, voire même se faire simplement rembourser.

Jusqu’ici les plaintes ne rassemblaient que de « petits porteurs » dans ce que les Américains appellent des « class action » : des plaintes déposées par des regroupements de consommateurs, et les recours s’étaient enlisés dans un bourbier juridique. Tout a changé la semaine dernière quand des plaintes ont cette fois été déposées par d’authentiques poids lourds. Il s’agit dans le premier cas d’une alliance entre PIMCO, le plus important fonds obligataire américain (membre du groupe d’assurance allemand Allianz), de BlackRock, un gestionnaire de fonds, héritier en particulier de certains produits toxiques de l’assureur AIG, et de la Federal Reserve Bank of New York, sortant du rôle de neutralité que l’on attend de la part d’une des composantes de la Federal Reserve, la banque centrale américaine. Dans le second cas, il s’agit rien moins que de la Federal Housing Finance Agency, le régulateur des Government-Sponsored Entities, Fannie Mae et Freddie Mac, qui a contacté un cabinet d’avocats, Quinn Emanuel – dont on précise qu’il n’a pas de clients dans le secteur bancaire – en vue de se préparer à intenter des actions en justice. Les GSE viennent d’ailleurs de réclamer une rallonge de 6 milliards de dollars aux 148 milliards que leur soutien a déjà coûté. Un chiffre a été avancé la semaine dernière pour le coût total probable du sauvetage des GSE : 363 milliards de dollars.

La cible commune de tous ces intervenants : les banques qui ont titrisé les crédits et qui demeurent responsables de la qualité de ces crédits regroupés en MBS et en ABS. Est visée tout particulièrement Bank of America qui avait racheté au moment de sa chute en juillet 2008 Countrywide, jusque-là le principal organisme de crédit hypothécaire aux États-Unis. Ne sont pas épargnées non plus des banques à la réputation moins sulfureuse, telle Wells Fargo, la grande banque de San Francisco. L’évaluation du coût total pour les banques d’actions en justice contre elles couronnées de succès, varie entre 55 et 179 milliards de dollars.

Les ennuis du « foreclosuregate » avaient déjà contribué à faire tomber la valeur des titres des principales banques émettrices de MBS et d’ABS, la nouvelle offensive des poids lourds que sont PIMCO, la Federal Reserve de New York, BlackRock et les jumeaux maudits Fannie et Freddie leur assène un nouveau coup de bélier, et celui-ci, beaucoup plus sérieux : le titre Bank of America a perdu près de 15 % de sa valeur en dix jours. Pourquoi l’intervention de ces poids lourds modifie-t-elle la donne ? Parce qu’il existait jusqu’ici un cercle vicieux : pour pouvoir affirmer qu’il y avait fraude, il fallait que le plaignant identifie nommément les crédits frauduleux, ce qui était pratiquement impossible en l’absence d’un accès aux documents. La Federal Housing Finance Agency, étant un régulateur, a cependant elle la possibilité d’exiger d’obtenir copie de tout document dont elle souhaite avoir connaissance (procédure du « subpoena »).

Un commentateur a fait observer à propos de la Federal Reserve Bank de New York, qu’elle se trouve désormais dans une situation inédite : plaignante contre des banques commerciales américaines, elle est également par ailleurs – au titre de composante de la Fed – prêteur de dernier recours pour ces mêmes banques. Pourquoi la FRNY se retrouve-t-elle en position de plaignante ? Parce que quand fit faillite en mars 2008 Bear Stearns, à l’époque 5e banque d’investissement de Wall Street (Lehman Brothers était elle 4e et devait tomber six mois plus tard), JP Morgan récupéra les restes de la firme mais bénéficia d’une aide substantielle de la part de la Fed. Comme legs du sauvetage, la FRNY hérita du cadeau empoisonné que constituaient les produits financiers toxiques en possession de Bear Stearns, des ABS essentiellement.

Le Secrétaire au Trésor, Henry Paulson, avait déclaré à l’époque qu’un sauvetage comme celui de Bear Stearns ne pourrait pas être renouvelé et il ne le fut en effet pas pour Lehman Brothers, avec les conséquences que l’on sait. La raison, on le comprit ensuite, c’était la qualité abominable des produits toxiques dont la FRNY avait hérité. Depuis, on n’en parlait plus, jusqu’à ce que, la semaine dernière, la banque fédérale régionale nous rappelle brutalement un vieil adage : « La vengeance est un plat qui se mange froid ».

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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80 réflexions sur « BFM Radio, lundi 25 octobre 2010 à 10h46 – Où l’on parle de guerre civile »

  1. La guerre civile ne devrait pas se limiter à la finance.
    La cécession avec l’état fédéral devrait en faire partie !

    1. cette augmentation , ne serait elle pas plutôt pour amortir les investissement hasardeux d’EDF
      aux états unis et en Angleterre ,
      je crois bien que la facture dans ces deux pays est plus élevée que l’investissement en photovoltaïque français .

      ps: en même temps , une info du figaro …………………………..

    2. Vous auriez dû mieux profiter de la niche fiscale du solaire et prendre quelques parts dans les barrages qui viennent d’être privatisés..Bible.

      Voir accords AGCS signés sous Balladur.

    3. Economisez l’énergie, on augmentera sa tarification…
      Et on parle de 80€ par mois juste pour la location des batteries sur les voitures électriques…

    4. Drôle de vision des choses. Parce que vous croyez que la hausse des prix de l’électricité va profiter aux « grévistes et syndicalistes chez EDF » ? Parce que vous pensez que leurs « petits avantages » sont si formidables ? Comme beaucoup vous vous trompez de combat. Les « petits avantages » dont vous parlez, acquis de haute lutte, devraient constituer au minimum la norme. Partout le nivellement par le bas… Epoque médiocre.

    5. Je doute que les grévistes d’EDF feront grève contre les hausses d’électricité annoncées pas plus que les agents des impôts ne s’opposeront aux augmentations en gestation.
      Quant aux cheminots, ils reprennent progressivement le travail.
      Et tous ont bien raison de ne pas se battre SEULS contre cette déferlante.

      La plaisanterie a assez duré et, entre les hausses assénées partout et les baisses de prestations ou de remboursement maladie prévues, des millions de français dont le budget était limite, vont se retrouver sous le trait, alimentant encore plus les profits bancaires car croûlant sous les agios.
      Pendant que d’autres prendront leurs vacances …
      Le contraste est saisissant, n’est-ce pas, entre ces différentes catégories sociales ?
      Les uns se gêlent les c … sur des piquets de grève des nuits entières pendant que d’autres s’endorment dans de lits douillets. Triste réalité des grèves en 2010.

      Continuez à blâmer, moquer ces catégories sociales qui peuvent encore exercer leur droit de grève.
      Ce sont les seules catégories qui conservent leur dignité : pouvoir encore dire non.
      Quant à la majorité de nos concitoyens, ils ont perdu cette faculté, le droit de grève étant , dans la pratique, difficilement exerçable.

      Quant aux salariés de la fonction publique, sachez qu’ils ne vivent pas sur un îlot mais connaissent des difficultés similaires que celles rencontrées par l’ensemble de nos concitoyens : conjoints au chômage ou à temps partiel, enfants au chômage ou sur voies de garage, etc, etc, …

      Une nouvelle journée de grève inter-pro aura lieu le 28 Octobre.
      Vous y participerez probablement n’est-ce pas ?

    6. Pour comprendre l’évolution d’EDF, je ne pense pas qu’il faille consulter le figaro, ce n’est pas la bonne adresse.
      L’évolution d’EDF peut se résumer par un savoureux paradoxe : La privatisation (partielle pour le moment) d’EDF devait permettre la concurrence et de facto la baisse des prix, maintenant on dit à Bruxelles qu’EDF doit augmenter ses tarifs pour permettre la concurrence et mieux rémunérer ses actionnaires.
      Il y a une analogie avec la finance, la dérégulation du marché de l’électricité est une impasse.
      Au moment où EDF s’est engagée dans ce processus, contrainte par Bruxelles, le modèle avait déjà échoué dans les paradis libéraux (ENRON, pénuries d’électricité en Californie, en Catalogne…….), mais le dogme libéral était trop enraciné à Bruxelles.
      EDF c’est en fait une construction du CNR qu’il convient de liquider comme annoncé par le Medef. C’est une réussite insupportable pour l’oligarchie.

      Marcel BOITEUX (1) nous livre une très bonne synthèse de cette évolution
      http://www.dailymotion.com/video/x9nxpa_ce-quil-est-advenu-dedf-par-marcel_news

      (1) dirigeant historique d’EDF, homme d’une intelligence remarquable

    7. Aux Pays-Bas aussi, on nous a promis des tarifs plus bas pour les consommateurs avec la libéralisation des transports, de l’énergie, de la santé etc etc…
      Naturellement, les services se sont dégradés tout en devenant nettement plus chers.

      A part ça, les libéraux ont gagné aux dernières législatives, et l’on a maintenant un Libéral comme premier ministre, pour la première fois depuis… 1913!!!!!! Oui, vous avez bien lu.

      Quelle époque idiote…

    8. Je profite du commentaire d’Argeles39 (degrés le matin) pour rajouter une donnée importante.

      Le courant (électricité) est la seule chose que les financiers ne peuvent pas stocker à des fins de spéculation.
      Réfléchissez à l’implication immense de sa prise de contrôle.

      Il faut espérer qu’Icare soit pour eux un gars qui n’avait pas un bon « business-plan ». 😉

    9. Jeanpaulmichel Merci a toi de claquer le beignet du « bible » qui comme ses semblables sont toujours présents pour baver sur les petits mais ne jamais dénoncer les causes et leurs responsables les vrais nantis (millier/million d’euros).

      Va-t-il lui se bouger les fesses contre les dites augmentations du marché dérégulé qui devait – si si on ne rigole pas ! –faire baisser les prix par « la concurrence libre et non faussée » . Ha, les culs bénis (bible) toujours a prôner ‘’l’amour du prochain’’ …. En lui tapant vertueusement dessus violement (pour son bien) Hypocrites

    10. EDF est un monopole social,un optimum économique atteint sans intervention du marché.

      Le libéralisme doctrinaire refuse tout monopole, même ceux qui furent longtemps qualifiés de « monopoles naturels ». A ce titre la Commission de Bruxelles a demandé à notre gouvernement la suppression du monopole d’EDF, qui est déjà entamé.

      Mais a-t-on bien compris ce qu’était EDF ?

      Officiellement ce fut à la libération un établissement public, puis une société anonyme à capitaux publics. Aujourd’hui l’état détient encore une participation très majoritaire. Comme toute autre société anonyme EDF pourrait viser le profit maximum.

      Mais un rapport de force particulier modifie fondamentalement le fonctionnement de l’ensemble; car tout gouvernement est soucieux de sa réélection et la modération des tarifs qu’il publie est un vrai enjeu politique. Ainsi ce sont les intérêts des citoyens-électeurs-abonnés-à-EDF qui sont les principaux déterminants de ces tarifs, et non l’intérêt de l’actionnaire.

      Malgré ses changements de statuts EDF est restée une coopérative créée par 62 millions de membres pour qu’elle leur fournisse l’électricité au meilleur coût possible et qui ont délégué leurs pouvoirs de contrôle à une assemblée qui les représente : l’Assemblée Nationale.

      Ce système réussit à produire les meilleurs tarifs d’Europe. Un tel résultat est intolérable aux yeux des libéraux puisqu’il a été atteint hors de toute concurrence

      Dans le nouvelle organisation qui s’est mise en place ces dernières années les particuliers ont le choix entre rester dans ce système qui les satisfait depuis des décennies ou s’adresser en client isolé à un grand industriel sur lequel il n’a aucun pouvoir et qui fera évoluer son tarif à sa guise. Surprise! une infime minorité de français ont fait ce choix ! Ils ont tous vu le piège que nous tendait l’ouverture du marché (aucune garantie sur les prix à moyen terme), et on peut donc penser que la situation n’évoluera pas tant que des tarifs réglementés existeront. L’ouverture du marché restera alors théorique (sauf pour les gros industriels qui ont la puissance nécessaire pour négocier); ce sera un échec politique.

      Le gouvernement se trouve alors face à un choix simple à présenter :

      Maintenir la situation actuelle qui ne devait être que transitoire pour laisser aux français les tarifs réglementés qu’ils plébiscitent chaque jour en ignorant les offres alléchantes des concurrents;

      Supprimer ces tarifs réglementés pour suivre les injonctions de Bruxelles, ce qui forcerait
      les français à choisir un fournisseur privé, éventuellement EDF mais dans le cadre d’un contrat rédigé par ce fournisseur et appliquant des tarifs « librement négociés »: Vive le renard libre et les poules libres dans un poulailler libre ! En attendant l’idée de contraindre EDF à vendre son électricité « en gros » à ses concurrents pour leur permettre de vivre ou de survivre est hilarante ou navrante : qu’est-ce qui justifierait la revente par ses concurrents de la même électricité à un prix supérieur ? Leurs services commerciaux ? En tout cas la note totale d’électricité des français sera majorée des bénéfices que GDF Suez devra faire pour satisfaire ses actionnaires.

      Osera-t-on dire qu’une telle démarche est dans l’intérêt des consommateurs finaux ? Osera-t-on nier l’avantage évident qui serait ainsi donné à l’oligopole des producteurs sur les 20 millions de clients privés dénués de tout pouvoir de négociation.?

      La libéralisation de la fourniture d’électricité est une décision de libéraux dogmatiques qui ont refusé de voir qu’un optimum économique avait été atteint en France, et dans beaucoup d’autres pays européens, sans l’intervention du marché car cela ne figure pas dans leur théorie.

      Elle illustre aussi une curieuse vision de l’économie où la relation entre producteurs et consommateurs est présentée comme symétrique, alors que le but de l’activité économique est de satisfaire les uns en demandant aux autres de s’adapter. L’organisation doit donc préférer les structures et les règles qui permettent aux clients d’obtenir ce qu’ils veulent au meilleur coût grâce à leur pouvoir sur leurs fournisseurs.

  2. On s’achemine vers une deuxième crise, peut-être plus dévastatrice que le première, si je ne me trompe.
    Le système financier américain est-il au bord de l’écroulement entrainant à sa suite l’ensemble du système financier du monde?
    Les banquiers vont bien trouver des moyens plus ou moins légaux pour, encore une fois, se préserver !

    1. J’en suis à attendre le jour où les foules en colère saccagent les filiales banquaires et boutent le feu aux sièges sociaux desdites banques…
      Pour ce qui est des pavés, ce sera facile chez nous, les rues et trottoirs sont pavés de briques… 😀

  3. Michael Hudson examine les pratiques d’Ameriquest ( vous ferez avec Angelo Mozilo « Countrywide:
    The true story dans quelques années [:)] ) dans son livre à paraitre

    The Monster: How a gang of predatory lenders fleeced America
    and launched a global crisis

    Mike Konzai donne la meilleure description du problème:

    Foreclosure fo dummies 1: The Chains and the stakes

    et Simon Johnson en donne la meilleure analyse ‘macro-économique’:

    « >An Early Stress Test For The Financial Stability Oversight Council

    « Combien de dommages au système financier devons-nous prévoir avec le ‘foreclosuregate’, le scandale en développement incluant des obo-signatues, des documents elatifs aux hypothèques complètement en désordre et des enquêtes très médiatisées vers une mise en accusation du manquee de comportement systématique et délibéré de la part des banques ?

    Les dégats sur la réputation des banques sont immesurables.Elles ont miné les droits de la propriété-la capacité à établir le titre de propriété est une idée fondatrice de la République américaine. Elles ont maltraité leurs clients d’une façon complètement inacceptables. Si certains étaient dubitatifs devant le besoin d’une nouvelle agence de protection du consommateutren matière de produits financiers-et l’importance d’avoi à sa tête une réformiste lucide comme Elisabeth Warren-ils ont été réduits au silence par les évènements récents.

    Mais quel est le coût en termes de pertes additionnelles vraisemblablement pour les grandes banques. Leur taille et leur nature mènent exactement au type de risque systémique qui fut la raison de l’établissement du FSOC ( Financial Stability Ovesight Council ) afin de les anticiper et de les confronter

    Il est difficile de savoi le nombre précis de pertes; une telle incertitude demeure l’un des paramètres du problème du foreclosuregate’. Un grand nombre de gens intelligents cherchent des façons de poursuive les grandes banques- en pa’rticulier de les forcer à racheter des ‘sécurités’à leu valeur faciale qui furent générées sur la base d’un degré de déception

    Ceci est une situation évoluant rapidement chaque jour apportant son lot de nouvelles, mais une vue ‘baseline’est que les pertes seront de l’ordre de 50 à 100 mds de $. La plupart sont les dénommés ‘putbacks’aux banques de la part de Fannie Mae et Freddie Max, signifiant que les banques sont forcées de reprendre sur leurs livres les ‘sécurités’ sous-jacentes ( et absober les pertes associées ) s’il y eut une fausse repésentation significative dans la documentation originale.

    Dans presque tous les cas, les pertes additionnelles demeureront d’un ordre de grandeur plus petit que les trillions de $ en pertes sur cédits qui aboutit à la crise financière de 2008-2009. De fait, ces dernières pertes n’aident pas à restaurer la confiance dans les grandes banques, et cette incertitude continue, entièrement de la faute des banques, rendra leur management encore plus prudent sur le fait de concéder de nouveaux crédits.

    Le capital est le pare-choc que les banques détiennent contre les pertes, et les banques ne sont absolument pas désireuse de lever plus de capital dans les conditions du moment. Leurs cadres ont peur de potentiellement n’avoir qu’un capital insuffisant, ce qui affectera la disponibilité de prêts, même pour des emprunteurs solvables. Ceci est exactement ce dont la reprise économique n’a pas besoin

    De plus, Bank of America est un souci, en raison de sa précaire position de capital, et toute dégradation de sa note par les agences de notation la pousserait en territoire
    dangereux. Dans la mesure où le marché estime que le gouverment ne se tient pas derrière BOA ( une vue exprimé par des analystes de Morgan Stanley dans une note cette semaine ) nous pouvons nous attende à des pressions et tensins évoquant l’ automne 2008.

    Nous avons aussi appris cette semaine d’une exposition potentiellement impotante de la plainte enegistrée par la FED NY, Pimco et Black Rock-exigeant de BOA de racheter les mauvaises hypothèques qui furent packagées dans des MBS pour un montant de 47 mds de $,générés par Countrywide.

    La meilleure approche serait une nouvelle série de stress-tests, résultant en l’obligation pour BOA et peut-ete d’autres banques de lever un montant déterminé de capital
    et ainsi rassurer le marché que les autres banques disposent de suffisamment de capital, inclus dans le cadre des exigences de Bâle III

    Créé par la loi Dodd-Frank, le FSOC dispose de tous les pouvoirs pour organiser et gérer ces stress-tests. De fait, à cause des pouvoirs qui kui ont été accordés par l’amendement Kanjorski, les grands régulateurs du pays disposent d’un menu complet de choic en termes de ce qu’ils peuvent exiger des banques de façon à réduire kes risques pour le système ( jusqu’à pouvoir démanteler de façom préemptive les grandes banques en difficultés )

    Le ‘foreclosuregate’pose clairement un risque systémique, via ses effets généraux sur l’incertitude au sujet des pertes et en raison de toute faiblesss manifeste d’une grande banque-qui pourrait s’étendre au travers du reste du système.

    De plus, les stress-tests de 2009 ne prirent pas en compte la possibilité de lourdes pertes dues à la ‘litigation’qui entoure maintenant les MBS. Quand Brad Miller, démocrate de Caroline du Nord, demanda au secrétaire du Trésor à ce sujet lors d’une audition devant le Comité de services financiers du Congrès los d’une audition le 22 Septembre,
    l’échange fut le suivant:

    MILLER, interrogeant sur les possibles ruptures de contrat des hypothèques titrisées: Est ce que des pertes potentielles sur la base de ces théories furent elles prise en compte lors des stress-tests ? Je veux dire, les générateurs de telles ‘sécurités’qui seraient vraisemblablement les accusés en cas de procédues judicaires, sont les 19 banques les plus grandes qui firent
    l’objet des stress-tests. Est-ce que leurs pertes potentielles furent prises en compte lors des stress-tests voici un an ?
    GEITHNER: Je ne crois pas

    Geithner déclaa aussi qu’il poserait cette question en détails avec ses collègues de la FED, qui gérèrent les stress-tests de 2009

    La seule façon honnête, raisonnable et sûre de gérer la situation est de mettre en route une nouvelle série de stress tests pour toutes les institutions financières systématiquement importantes. Les stress tests devraient considéer non seulement le pronostic macro-économique déploable ( et le potentiel pour une autre régression dans la dépression ) mais aussi le pire scénario en relation avec les pertes post- poursuites ou litigation.

    Si le Financial Stability Oversight Council refuse d’agir de façon décisive sur ce dossier, une pièce vitale de la réforme fiancière Dodd-Frank aura échoué. »

    http://baselinescenario.com/2010/10/21/an-early-stress-test-for-the-financial-stability-oversight-council

    1. Nous en revenons néanmoins à un des points cité par Lordon dans sa vidéo sur le « maillon le plus faible ».
      (La force d’une chaine résidant dans celle du maillon le plus faible. A Jérémie 😉 )

      Imposer un minimum de fonds propres ET liquides revient à savoir ce qu’il y a précisément dans les banques. Et comme personne en dehors de la direction de la banque ne le sait…

      Nous tournons autour du pot, Mesdames et Messieurs…

  4. J’ignore comment cela se passe aux States ; mais je sais comment cela se passe chez nous.
    Aussi, puis-je demander si l’on ne confond pas « titre de propriété » , qui est quand même le document authentique, établi par un notaire, qui atteste de qui est propriétaire et de quoi ; avec ce qui n’est qu’un privilège concédé par le propriétaire emprunteur à son ou ses créanciers : l’inscription hypothécaire ?
    Parce que : transmettre des garanties en même temps qu’un portefeuille de crédits : c’est une chose ; mais aller jusqu’à transmettre les titres de propriété ??

    1. J’ai acquis (et revendu) une maison dans l’Etat de New York. Le dossier d’acquisition fait 2cm de haut et je l’ai signé sans le lire. Mon attorney m’a dit : c’est écrit en « Legal English », même les personnes dont la langue maternelle est l’anglais ne le comprennent pas. Il vous faut faire confiance à ce que je vous dis. Renseignement pris il avait raison.

      Sachez quand même que le service des hypothèques est rendu par des sociétés privées (Title Companies) qui établissent aussi le titre de propriété, ce qui contribue à tout embrouiller.

      Alors comprendre depuis ce coté ci de l’Atlantique les arguments du foreclosure gate !

      A moins que Paul Jorion n’utilise son expérience acquise là bas….

  5. J’avais écris « Jésus Lehman » pour faire un parallèle entre deux « événements » qui permettent d’attribuer des chiffres à une révolution solaire, mais si nous avons deux événements aussi amusants et aussi proches, les futures générations risquent de se crêper le chignon pour décréter lequel sera le plus important.

    Il est temps d’agir. Pour éviter les futures disputes.

    Car je vous signale que nous pouvons très bien baptiser un événement pour un futur né, c’est à la mode avec les états endettés sur plusieurs générations.

    Gardons-nous la référence Lehman ?
    Qui permit à beaucoup d’ouvrir les yeux..???

    Choisissons-nous la future grosse chute provoquant la destruction du système bancaire de façon définitive..??

    Jevouldemande.

  6. Je lis les articles de ce blog et une partie des commentaires qui en sont issus quotidiennement depuis plus de 2 ans.
    La lecture de ces articles me donnait, jusqu’à une certaine crise grecque quelques mois en arrière, confiance dans l’avenir, me disant que ce capitalisme financier finirait bien par tomber, ou du moins perdre sa toute puissance, et que l’humain reviendrait progressivement, aux rythmes des horreurs financières perpétuées les unes après les autres, au centre des préoccupations de nos gouvernants.
    Plus le temps passe, et plus je me rends compte que la finance tombe et retombe, et reretombe, mais toujours sur ses pieds. Je suis maintenant persuadé que quoi qu’il advienne comme problèmes pouvant affecter les banques et leurs bilans, foreclosure gate ou pas, effet domino ou pas, comme elles sont actuellement les rédactrices des règles du jeu et que nos dirigeants sont les arbitres garant de ces règles, elles seront toujours gagnantes : tant que leurs magouilles n’affecteront pas une proportion plus grande de la population, les états, par leur propagande et leur répression si manifestation du mécontement, arriveront toujours à conserver le système en l’état et à le détourner en leur faveur, à toujours favoriser cette course aux gains qui ruine la majorité, mais pas les responsables.
    Mais tant va la cruche à l’eau… Peut être, un jour lointain…

    1. Je ne serais pas si pessimiste.

      En effet, un paquet de gens, et non des moindres, et quelques personnes éminentes aux US (si si) se sont rendus compte que les US avaient en quelque sorte, « perdu la partie ».
      Commencée depuis 1945, tout de même…

      Hors, un changement d’habitudes aussi profondes en aussi peu de temps provoque des remous dont nous voyons un événement mondial important maintenant CHAQUE semaine.
      Amplifié par le relai du net, d’ailleurs…

      Un changement brutal avec une ouverture forcée des yeux fait beaucoup plus que des milliers de milliards de dollars..

      Il est maintenant clair que la révolution ne se fera pas par l’emploi de travailleurs chinois pour venir faire la révolution chez nous.
      Mais…
      Le stress test de la population française réalisé par la modification des retraites montre bien qu’il suffit qu’un dirigeant piétine autant un pays pour donner une insurrection.

      Nous allons dans le bon sens.

    2. .@ Reynald
      C’est également mon avis . J’ajoute que , pour moi , le signe qui prouvera que le monde a vraiment la volonté de se remettre à l’endroit sera la décision unanime de supprimer totalement tous les paradis fiscaux sans exception . Tant que cette tricherie , qui est bien visible , connue et cadrée restera tolérée et ultra-protégée par ceux qui sont élus pour nous gouverner et assurer la justice , il n’y a aucune raison d’accorder un quelconque crédit à la moindre mesure émanant de ces gens-là . Encore moins aux commentaires de ceux qui mordent à l’hameçon et mangent au ratelier . Certes , il faut accepter beaucoup de compromis pour vivre en société , mais pas jusqu’à la tricherie organisée en tant que valeur efficiente .
      Autre exemple de ce discrédit de nos élus : le comptage des manifestants et la rengaine « selon et d’après » servie sans honte par nos medias . C’est moins une tricherie que l’exhibition éhontée du mensonge , élevé lui aussi au rang de valeur . Mais , les deux font la paire .
      Sans parler des commentaires des mentors , à quelques mois d’intervalles , lus , entendus et vus en boucle par des millions de gens , sur le président du Languedoc-Roussillon . Là , on atteint le brelan .
      Trois exemples entre autres , trois bonnes raisons entre autres de continuer à me battre ici , et ailleurs sur le terrain , contre l’insupportable scandale de l’extrême pauvreté .

    3. J’ai l’impression que la grande majorité de la population souhaite un changement de type « sicilien », le genre « Il faut tout changer pour que rien ne change. »
      On va faire la révolution, mais il ne faut surtout pas qu’on perde en confort de vie et autres avantages matériels.
      Ils ont encore trop à perdre, sans parler de la peur de l’inconnu, de ce qu’il y aura après l’insurrection. On verra quand ils seront à mon niveau, précaire et plus très loin du RSA.

    4. Lorsque les classes moyennes seront dans le caniveau, les puissants et les nantis auront du souci à se faire, car c’est sur l’assentiment des classes moyennes que le système repose et perdure.

      On dirait que la classe rentière est, dans son aveuglement cupide, en train de scier la branche sur laquelle elle est assise. Mais la branche est très grosse, ça va prendre encore du temps.

    5. Non non, Amster. Cela va aller très vite, au contraire. Je t’explique.

      L’endettement des états devient « gênant ». Car même avec un FMI qui a un paquet de milliards, il ne pourrait pas sauver trop de pays.
      (Islande : 4 milliards pour juste 300 000 habitants)
      Europe, US, Jean Passédémeilleurs) (Jean est un pote qui joue sur l’endettement et continue d’aller au casino… Je lui ai dit de changer d’attitude, mais…)

      Soit, si tu regardes bien, il suffit de deux à trois pays comme… le Portugal, tiens : bonne taille, pour que le FMI soit à genoux.

      On prend le problème par le bas.
      Quand un smicard, en France, ne pourra plus aller bosser car il ne pourra plus se chauffer et bouffer, les entreprises commenceront à flipper sec car un paquet sont sur la corde raide.

      J’ai toujours dit que le système avait « trop » bien fonctionné. 🙂

    6. Un jour proche voulez vous dire ?

      Avez vous réfléchis à ce qu’est une entreprise, à la manière dont elle distribue la richesse ? Pensez-vous qu’il y ait autre chose dans l’économie que des entreprises ? La réponse est non, et par conséquent l’économie est un ensemble d’entreprises en relation mutuelles. Vous pouvez groupez ces entreprises comme vous le voulez, l’ensemble ainsi créé doit exporter. Qui importe ? Ceux qui s’endettent, or on ne souhaite plus faire crédit. L’économie réelle a un énorme problème, que vous pouvez apercevoir aussi du côté de la demande, qui est limitée par le volume des salaires versés, inférieur nécessairement à la valeur (escomptée) de marchandise produite, sinon les ouvriers pourraient acheter leur propre production, or ceci n’est jamais le cas.

      La bourse de Haiti ne doit pas valoir beaucoup…

    7. @yvan : « J’ai toujours dit que le système avait « trop » bien fonctionné. » : oui, il y a en effet beaucoup, beaucoup de ça. Le capitalisme ne fait rien d’autre que « fonctionner », il ressemble à une machine qu’on n’a de cesse de perfectionner. (Sur des bases rationnelles.) On peut espérer qu’il faillisse à cause de l’aléa humain, mais il a tout lieu de croire qu’il va se revivifier dans les pays du BRIC…

  7. M. Jorion,

    Excusez-moi, simple lecteur de votre blog, de vous interpeller directement, mais aujourd’hui comme chacun d’entre nous, Français, Belge ou citoyen d’un quelconque pays de cette planète, vous êtes concerné par la phase actuelle de la crise.

    Il est évident, vous le laissez entendre régulièrement, que la crise n’en est qu’à ses débuts, malheureusement, que les solutions mises en œuvre au sein des structures capitalistes ne sont que les moyens d’aggraver la crise au profit d’un accroissement sans précédent des inégalités.

    Il est possible de laisser penser qu’il vaut mieux se préoccuper du futur plutôt que du passé, mais cela reviendrait à absoudre la responsabilité criminelle de fraudeurs, corrupteurs, prédateurs, qui ont conduit à cette crise dont l’effet visible est la ruine des États et l’appauvrissement généralisé des populations les plus pauvres.

    Mais, désormais, l’ensemble du processus néocapitaliste est clair puisqu’il atteint sa maturité (comme un fruit juste avant que la pourriture ne le prenne). Jusqu’à présent certains hésitaient sur la qualification des actes économiques et des décisions politiques prises, volonté ou circonstances, rouerie légitime ou malveillance, gain honnête ou rapacité, optimisation fiscale ou fraude, coordination de bon aloi ou entente maffieuse ?

    Depuis 1971, il est possible de lister une cinquantaine (pas plus) de décisions prises par les USA, le FMI, la Banque mondiale, l’OCDE, l’OMC, l’ONU et l’OTAN, sans compter l’UE évidemment, qui vont toutes dans le même sens et qui toutes ont permis l’avènement d’une montagne de soi-disant dettes privées ou publiques qui ne sont que le résultat de fraudes fiscales, détournement d’argent, extorsions de propriété publique, malversations et corruptions, maffias diverses : frauder le fisc ou faire voter des lois qui permettent « d’optimiser sa fiscalité » aboutit au même résultat, s’enrichir pour « prêter » de l’argent aux États afin de s’enrichir encore plus grâce à des dettes garanties et juteuses en intérêts versés par les retraités, les jeunes sans emploi ni logement, les femmes discriminées, les salariés exploités jusqu’à ce que mort s’en suive…

    Désormais, il est clairement visible que c’est la qualification criminelle la plus grave qui s’impose dans chacune des décisions qui nous sont annoncées et sur lesquelles nous n’aurions rien à dire parce qu’il n’y aurait rien d’autre à faire, sinon continuer en aggravant les effets du néocapitalisme.

    Alors, M. Jorion, mettre la main pour boucher le trou de la digue ne suffit plus, si on ne renforce pas la digue solidement !

    La seule décision juste, immédiate, pour sortir de la crise et sanctionner ses fauteurs, est d’annuler toutes les dettes publiques de tous les États et de laisser tomber en faillite toutes les activités financières qui sont déficitaires. Seuls les dépôts bancaires doivent être garantis par des structures bancaires nouvelles, publiques. Avec les intérêts économisés, il serait alors possible de remettre en ordre les solidarités collectives et développer les services publics qui doivent être à but non lucratif et ne pas faire appel à des capitaux privés.

    Puisque le laisser-faire a montré son inefficacité et sa capacité de nuisance, un plan incitatif, démocratiquement discuté et adopté, doit définir les priorités de l’investissement public (État, collectivités territoriales et entreprises publiques) pour passer à une économie d’énergies renouvelables, de recyclages systématiques, de contrôle de tous les produits chimiques anciens et nouveaux, de relocalisation avec une taxe proportionnelle au kilométrage parcouru par les produits à chaque étape du processus de production…

    Enfin, la première transformation institutionnelle (clé de la réussite de la bataille) est la mise sous contrôle démocratique des banques centrales et de la création monétaire, complétée par la suppression des paradis fiscaux (en particulier l’interdiction, sous peine de prison, de tout transfert d’argent avec eux).

    Voilà, nous sommes sur la ligne de crête et chacun doit se déclarer, il n’y a plus malheureusement d’espace pour les demi-mesures, des ajustements souples : le néocapitalisme nous a déclaré la guerre (et la guerre civile, intestine entre ses tenants ne nous intéresse pas), nous devons accepter de le combattre frontalement, si nous ne voulons pas être emportés quand la digue cédera.

    En tant que Français, je tiens à préciser, pour ceux de vos lecteurs qui ne seraient pas tout à fait au courant de la situation en France, que le mouvement social en cours est la main devant le trou de la digue, elle montre l’axe du renforcement à effectuer et une majorité du peuple de France est consciente de cela. Que les autres peuples agissent et viennent renforcer ce mouvement en Europe et au-delà. Que les autres peuples comprennent que l’enjeu n’est pas seulement de bloquer quelques stations-service mais bien de défendre une autre idée de la civilisation.

    Alors, M. Jorion, j’espère que vous vous engagerez et soutiendrez ce mouvement dont les manifestations européennes commencent à se coordonner. Et qu’ainsi nous serons plus nombreux dans la rue, et ailleurs, pour non seulement échapper à la régression vers la barbarie promise mais pour franchir une nouvelle étape dans notre socialisation.

    Cordialement.

    1. Faites attention…
      La dernière fois que j’ai évoqué le fait de mettre la main sur le trou dans la digue, un joyeux luron ici m’a ressorti la bande-annonce de l’age de glace 2…

      Tous des sauvages ici. Tous… 😉

    2. « La seule décision juste, immédiate, pour sortir de la crise et sanctionner ses fauteurs, est d’annuler toutes les dettes publiques de tous les États »

      En fait, il faudrait qu’un Etat (par exemple la France) decide de ne plus payer ses dettes et simultanement inscrive dans sa constitution l’interdiction de tout recours a l’emprunt pour financer son budget dorenavant. L’integralite du budget de l’Etat devra alors etre finance par l’impot. Les consequences positives d’une telle decision seraient immenses et personne n’a reussi jusqu’a present a me prouver que les effets nefastes seraient suffisamment importants pour justifier de ne pas le faire. Chiche?

  8. Ça devient de plus en plus compliqué ! Y a t-il un gentil commentateur pour éclairer quelques points ?

    Paul Jorion nous dit que les détenteurs des titres de propriété sont les organismes prêteurs. Ils sont donc les vrais propios non ? Alors pourquoi saisir ? Ah non, ils ne saisissent pas, ils virent les occupants pour revendre. Pourtant on parle de saisies illégales non ?

    A quoi cela sert de saisir pour revendre 50% de la valeur d’achat. L’emprunteur verse 100k$ et récupère 50k$. Ça sert à quoi au juste cette manip ?

  9. Et pendant ce temps-là, l’Espagne s’enfonce un peu plus chaque jour…

    La dette (publique et privée) espagnole, malgré les plans de rigueur, continue d’augmenter. Elle est, selon le Banco de España, de 3 000 mds €, le 291 % du PIB (elle a doublé en 8 ans et depuis 2007 elle a augmenté de 394 mds €). Elle est détenue à 80 % par des organismes financiers espagnols et à 20 % étrangers (615 Mds €).

    La dette de l’Etat (y compris les Autonomies et les villes) = 64,3 % du PIB. Celle des familles, 86,5%. Celle des entreprises, 140,3%

    En 1996, la dette des familles était de 183 mds €. Aujourd’hui elle est de 959 mds €

    http://www.cotizalia.com/en-exclusiva/deuda-publica-privada-rompe-nuevo-record-20101025-59958.html
    http://www.bde.es/webbde/es/estadis/ccff/0203.pdf

    Quant au PIB espagnol, de plus en plus d’économistes pensent que les chiffres sont truqués.

  10. @ Yvan

    La dernière fois que j’ai évoqué le fait de mettre la main sur le trou dans la digue, un joyeux luron ici m’a ressorti la bande-annonce de l’age de glace 2…

    Pas facile d’endiguer « les eaux glacées du calcul égoïste ».

    1. T’inquiètes, je gère. C’est mon boulot.
      Même en cas de cas grave en entreprise, je gère l’urgence à distance et parfois 24 h/24.

      Un égoïste n’est plus rien lorsqu’il manque d’argent. Pauvre de lui.

    1. L’article ne le dit pas explicitement: « le président de la Banque Centrale de la Chine dit que le pays court le risque d’une montée cyclique des crédits douteux ».

      Mais il raconte le témoignage d’un homme d’affaires espagnol qui parcourt la Chine plusieurs mois par an depuis 5 ans et qui voit là-bas beaucoup de patrons espagnols et sud-américains qui se posent tous les mêmes questions, l’une d’elles étant: « Quel est l’état de santé des banques chinoises, plus engagées dans la spéculation immobilière encore que les banques des EEUU ou de l’Espagne ».

  11. Bonsoir Paul,

    Votre phrase me fait vraiment peur:
    « Parce qu’il existait jusqu’ici un cercle vicieux : pour pouvoir affirmer qu’il y avait fraude, il fallait que le plaignant identifie nommément les crédits frauduleux, ce qui était pratiquement impossible en l’absence d’un accès aux documents. »

    Cela veut dire que tout est devenu totalement virtuel. Là, on est très mal parti
    C’est presque incroyable.

  12. Excellente nouvelle, les vautours bancaires commencent à avoir les ailes cramées.
    Et en France, pourquoi ne fait-on rien de ce genre contre nos chères banques ?
    Pour rebondir sur les excellents commentaires concernant l’utilité, la nécessité du mouvement social actuel, je signale pour ce qui ne le saurait pas que nos élus vont faire passer les amendes minimales de 11€ à 15 ou 20€, et les élus préféreraient d’après la presse que la barre de 20€ soit retenue, et rapidement…C’est dans la série « Sur la lune, business as usual ».

  13. Attali sur Slate.fr

    « Le système financier menacé de zombification.

    Non seulement la crise n’est pas finie, mais en plus de nouveaux nuages s’accumulent à l’horizon, avec notamment le scandale de la titrisation.

    Il faut être aveugle pour ne pas voir qu’un nouveau tsunami s’annonce à l’horizon: une nouvelle dépression mondiale est en train de se mettre en place. »

    http://www.slate.fr/story/29185/jacques-attali-zombification-systeme-financier

    1. Depuis le temps que l’on prévoit un second tsunami .!….. à défaut d’arriver, il a au moins le mérite d’occuper les sans-emplois et les bloggeurs, Il en devient d’utilité public !

  14. La progression des indices boursiers lundi pourrait bien être liée à la réflexion de Wall Street sur l’ampleur d’une prochaine ronde d’assouplissement quantitatif.

    La Fed pourrait ne rien annoncer la semaine prochaine à l’issue de sa rencontre.

    Mais elle pourrait aussi relancer l’assouplissement quantitatif (rachat d’actifs) et à terme ce programme pourrait être beaucoup plus important que certains observateurs le croient.

    La spéculation à cet effet s’est intensifiée pendant la fin de semaine après la publication, vendredi, d’une note de recherche par l’économiste en chef de Goldman Sachs.

    Vous pouvez lire cette note sur notre site en cliquant ici.

    Dans cette note, Jan Hatzius estime que la Fed va annoncer dans une semaine qu’elle rachètera pour 500 milliards de dollars d’actifs au cours des six prochains mois.

    Toutefois, l’économiste ajoute que le programme de rachat d’actifs pourrait éventuellement atteindre 2000 milliards de dollars.

    Pendant la séance de lundi, la Banque HSBC a donné du poids à la théorie de Goldman Sachs en publiant un avis qui va dans le même sens.

    Vous pouvez lire la note de recherche de la HSBC sur notre site en cliquant ici.

    Goldman Sachs
    HSBC

    De telles analyses viennent placer un peu plus de pression sur la valeur du dollar américain et les principaux indices boursiers nord-américains ont clôturé à nouveau en hausse.

    On dope les marchés (Quantitative Easing); les athlètes (EPO et autres); les travailleurs (café, Red Bull, Coke); les vieillards (Viagra, Cialis); les enfants (sucre, Ritalin)…

    Un monde de fou, quoi!
    Le continium de tout ça est qu’il faut vous vendre quelque chose. Regardez ce que vous visionnez(télé, internet), ce que vous écoutez(radio) ce que vous lisez(journeaux, revues) et vous n’y verrez qu’une gigantesque pub qui vous vends du rêve et vous créer des besoins. Le big brother de Georges Orwell, cet espèce de gouvernement mondial qui vous épiait dans vos moindre gestes, ce sera finalement un Corporate World omniprésent quoi que vous fassiez, lisiez ou écoutiez !

  15. COucou,

    Les etats-unis ne sont pas encore la yougoslavie. Le monde se « pinochise ».
    Je me souviens par exemple du beau discours du vice 1er ministre anglais sur la liberté de plus en plus grignotée par les fichages et les caméras de surveillance et dont il avait promis de tout faire pour en limiter l’usage: il a echoué, les anglais viennent de voter une loi encore plus invasive.
    Je lis aujourd’hui que la droite (c’est compréhensible) et surtout le patronat insiste sur le cout de la gréve. Des propos incroyables, inimaginables il y a quelques années. Le cout de la gréve, je me marre, et je pense à ceux qui font grève justement, depuis 1 mois et qui auront 0 sur leur fiche de paie. Ils payent cash, ceux la, leur liberté.

    Freud , au moment de la victoire du nazisme prévoyait la « termitiere » comme but ultime de l’humanité.
    Keynes, je crois, était plus optimiste, il croyait dans l’épanouissement des beaufs, des prédateurs sauvages que nous sommes tous à un moment donné.

    Croire dans la rationalité, etre pessimiste enthousiaste,
    Se laisser envouter par la beauté des idées, des mots, des moments,
    Quelques instants sublimes à picorer, ensemble,

    Andiamo

    Bonne journée

    Stéphane

  16. Le BLOGG, savant outil du pouvoir, capteur des frustrations du petit peule, l’égarant à lui-même. Une politique de l’isolement numérique efficace. La vindicte des bloggeurs habilement trappée, comme l’insecte piégé, attiré malgré lui par la lumière, puis cramé quand il croit avoir touché le nirvana ! …. Donnez leur du pain, des jeux .. et des bloggs.

  17. Je reprends ce paragraphe d’un internaute. Qu’on en prenne de la graine !

     » … Quand la France veut, la France peut. Mais dans l’ambiance actuelle, la seule ambition est de « faire comme les autres » et de ne surtout pas « être les seuls à faire cela ». Tant que ça continuera, la France déclinera. La France n’est grande que quand elle ose s’affirmer et choisir son propre chemin. .. »

    Merci à « l’internaute inconnu » .. ( çà j’aime bien aussi )

    1. COucou,

      Vous auriez pu dire Amen aussi. oui d’accord elle est facile .

      tenez une autre qui devrait plaire:
      « Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde.
      Discours prononcé à la “Réunion des Français de Grande Bretagne”, à Londres, 1er mars 1941.
      Citations de Charles de Gaulle
      Charles de Gaulle »

      La France est toute petite , de plus en plus petite …

      Il avait peut-être raison ce grand fou !!

      Stéphane

  18. «La fraude, c’est une addiction !»
    Trends-Tendances » Actualité » People »
    mardi 26 octobre 2010 à 00h47

    […]

    Pol Hauspie salue même le verdict : « Un signal clair devait être envoyé aux entreprises cotées, pour leur signifier qu’elles ne peuvent pas faire ce qu’elles veulent avec l’argent des investisseurs. Aux entrepreneurs, je dirais simplement : n’entrez pas dans les systèmes de fraude, c’est une addiction », a-t-il déclaré à Knack. Lui a mis petit à petit les doigts dans l’engrenage. En 1995, L&H est cotée au Nasdaq. « En Belgique, nous étions considérés comme des héros, se souvient-il. J’avais l’impression d’être arrivé au paradis. Quand j’ai expliqué ça à notre avocat américain, il s’est exclamé Quoi ? Au paradis ? Mais vous êtes en enfer ! Nous avons compris plus tard ce qu’il voulait dire. La Bourse est vraiment un système démoniaque.»

    Le démon ne s’appelle donc pas Pol Hauspie. D’ailleurs, ce dernier se défausse quelque peu sur ses camarades et les circonstances. Les arrangements comptables étaient, selon lui, dictés par Gaston Bastiaens, CEO de L&H, recruté par les deux fondateurs. « En septembre 1998, il nous a demandé avec insistance de pouvoir gonfler le chiffre d’affaires car il nous manquait 2 millions de dollars pour atteindre les prévisions annoncées aux analystes. Nous avons marqué notre accord. Pour une seule petite fois. Pensions-nous ».

    […]

  19. La Suisse, eldorado des super riches
    Le Temps, le 26 octobre 2010

    Un milliardaire sur dix vit en Suisse, et 3% de la population déclarent autant d’argent que les 97% restants.

    […]

    Sur le millier de milliardaires que compte la planète, près d’une centaine vit en Suisse, qui compte en outre la troisième plus forte densité de millionnaires au monde.
    Comme l’a expliqué le Pr Mäder devant la presse à Bâle, il s’agit d’une «monopolisation de richesse jamais vue dans l’histoire», qui de surcroît s’accentue fortement. Le spécialiste y voit un potentiel de conflit si la classe moyenne continue à être mise sous pression.

    […]

    La moitié des 300 personnes les plus riches de Suisse a hérité de sa fortune.

    1. Pour rétablir nos finances, il faut déclarer la guerre à la Suisse, puis la perdre afin d’être envahis et de disposer enfin d’une monnaie forte.
      (Coluche)

    2. Un milliardaire sur dix vit en Suisse, et 3% de la population déclarent autant d’argent que les 97% restants.

      Une idée de ce que ça représente en volumes?

      La moitié des 300 personnes les plus riches de Suisse a hérité de sa fortune.

      Où l’on parle d’égalité des chances

    1. …Trouvez l’âge du capitaine…Mais tout en sachant garder le cap de loxodromie bancaire…Et si vous y parvenez, vous découvrirez peut-être…Alors le cap de votre propre orthodromie…

  20. @ Idle

    « Trouvez l’âge du capitaine…Mais tout en sachant garder le cap de loxodromie bancaire…Et si vous y parvenez, vous découvrirez peut-être…Alors le cap de votre propre orthodromie… »

    Traduit en français ça donnerait quoi?

    1. …C’est simple si vous êtes bon navigateur vous obtiendrez un résultat identique de la distance du Havre à New-York suivant la loxodromie, 5 365 km et suivant l’arc de grand cercle, 5 200 km…Selon le développement de Mercator…
      …Dans certains parcours, la navigation suivant l’arc de grand cercle peut faire gagner 10 p. 100 sur le trajet suivant la loxodromie…

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