PROGRES ET INNOVATION TECHNOLOGIQUE, par Paul Tréhin

Billet invité

Permettez moi de revenir un peu plus longuement sur une idée que j’ai par ailleurs déjà exposée sur ce blog, idée que l’on ne peut parler de progrès que si une innovation technologique, sociale ou politique conduit à une réduction de la vitesse d’accroissement de l’entropie, en tenant compte des variables environnementales concrètes (climatiques, géologiques et géographiques) des populations auxquelles cette innovation prétend être adressée. Accroissement de l’entropie qu’aucune activité du monde vivant ne peut éviter de créer pour maintenir l’intégrité de son organisation. Mais le monde non vivant va lui-même vers une augmentation de l’entropie, pensez au tas de sable qui ne peut que se transformer en une masse irrégulière sans une intervention extérieure venue d’un être vivant. La vie est toutefois une exception locale et temporelle à cette augmentation de l’entropie du monde physique.

Remarquez qu’une manière d’éviter l’accroissement de l’entropie pourrait être d’adopter une attitude proche de la philosophie taoïste du « Non Agir » « Sans action sans parole sans pensée, le sage pénètre la raisons du monde » (Max Kaltenmark, LaoTseu et le Taoïsme, collection Microcosme, éditions du Seuil, Paris 1965)

Mais plus prosaïquement et toujours en empruntant à la philosophie taoïste liée au vide :

« On façonne l’argile pour en faire des vases, mais c’est du vide interne que dépend leur usage » LaoTseu, « Tao Tö King », collection Idées NRF 1977 p 71.

L’innovation n’a de valeur que si elle ouvre un espace propre à limiter l’entropie de nos activités, comme le vide à l’intérieur du vase limite l’entropie lors du transport d’un liquide par rapport à l’énorme accroissement de l’entropie que comporte le transport de liquide au creux des mains, pour lequel il faut faire de nombreux voyages pour étancher sa soif…

Toute activité provoque une augmentation de l’entropie, tout ce que nous pouvons espérer c’est que l’intelligence des êtres vivants, et en particulier celle des êtres humains arrive à ralentir cette augmentation de l’entropie par des inventions qui permettent de limiter au strict minimum possible les pertes d’énergies et de matières premières et de limiter aussi la création de déchets matériels visibles et invisibles, tout en fournissant à l’humanité la qualité de vie à laquelle elle a le droit d’aspirer en fonction de l’environnement dans lequel elle évolue. Dans ce domaine, sans vouloir imiter les solutions animales, il me semble que les êtres humains auraient intérêt à étudier ces solutions animales de lutte contre l’entropie, solutions obtenues très chèrement au travers de l’évolution darwinienne très dure et sur des centaines de milliers d’années, afin de mesurer les réels progrès faits par certaines espèces animales dans leur utilisation mesurée des ressources et d’essayer d’éviter les erreurs qui ont conduit certaines espèces à l’extinction… La recherche d’inspiration serait entre autre bienvenue dans les constructions d’habitats… de nombreux animaux ont inventé des systèmes de climatisation et de protection contre les intempéries d’une efficacité remarquable vis-à vis de l’utilisation des ressources disponibles dans leur environnement usuel. A propos de l’intérêt d’une meilleure connaissance de comportements animaux je ne peux que recommander l’excellent petit livre de Dominique Lestel « Les origines animales de la culture« , Collection Champs, Flammarion, Paris 2003

Nous ne pouvons pas parler de progrès si une invention aboutit à l’effet inverse de ce que je viens de proposer, c’est à dire que cette invention entraine encore plus de gaspillages de matières premières et d’énergie ainsi que de création de déchets que ne le faisait l’état précédent des connaissances pour préserver la survie dans des conditions convenables. Le cas d’espèce étant l’apparition de voitures de plus en plus lourdes et de plus en plus gourmandes en énergie et matières premières (Vance Packard. « L’Art du gaspillage » Calmann Levy 1962 : Traduit de l’anglais « The Waste Makers ») dont le contenu en matière d’innovation se résumait à des ajouts de chrome par ci par là, quoique, l’invention de la boite automatique et la direction assistée ait pu réduire à sa manière l’entropie en facilitant la conduite, mais à quel prix énergétique…

En fait, même dans ce sens précis du mot progrès, il est possible de dire qu’il y a eu au cours du développement de l’humanité de réels progrès.

Contrairement à certains commentaires, je pense qu’il est indispensable de prendre en considération les premières étapes de l’hominisation, en tout cas en ce qui concerne les êtres humains. Suivant en cela les recherches de grands paléo-anthropologues tels que Leroi-Gourhan, dont j’ai déjà cité les travaux sur la capacité de nos ancêtres dès le Paléolithique inférieur à tirer progressivement de plus en plus de tranchant des noyaux de silex, ressource relativement rare et demandant d’énormes dépenses d’énergie pour aller les chercher. On peut réellement parler ici de progrès, car avec moins de gaspillage d’énergie et de matière première, les êtres humains pouvaient assurer leur survie a un niveau égal ou supérieur à leur situation précédente… On pourra également consulter les travaux du préhistorien anglais Colin Renfrew ou de McClellan Science and Technology in World History (John Hopkins, 1999) et plus précisément à propos de la Chine l’énorme travail de Joseph Needham : Science and Civilisation in China.

On peut estimer qu’avec l’exploitation de puissances disponibles, telles que l’esclavage ou l’attelage animal, puis beaucoup plus tard les moteurs thermiques, les êtres humains ont commencé à gaspiller de plus en plus ressources pour satisfaire leurs besoins personnels au dépend de la nature et des autres hommes… Cela dans une stratégie individualiste ou même nationaliste : les hommes ayant à leur disposition des moyens d’accroître leur qualité de vie, au moins selon leur perception de la qualité de vie, sans avoir à se fatiguer eux-mêmes, se sont mis à produire des innovations parmi lesquelles il allait devenir difficile d’identifier un progrès au sens défini précédemment : innovations permettant de limiter l’accroissement de l’entropie… Mais comme le faisait remarquer Paul Jorion, certaines de ces innovations devaient malgré tout aboutir à une survie plus générale de l’espèce humaine et même à des réductions non attendues de l’augmentation de l’entropie, mais le prix à payer fut tragiquement élevé à tout points de vue… Je pensais à la construction des voies romaines par les esclaves de l’empire romain. Savez vous que nombre de nos autoroutes actuelles suivent des trajets très proches de ceux d’anciennes voies romaines ? Chacun trouvera de nombreux autres exemples de progrès réels au sens précédemment défini…

« On se persuade mieux, pour l’ordinaire, par les raisons qu’on a soi-même trouvées, que par celles qui sont venues dans l’esprit des autres » (Pascal Pensées)

Vaste sujet que vous allez devoir aborder Paul… Comme je l’ai dit j’aurais bien aimé aller vous écouter à Paris… Mais cela ne serait pas raisonnable en matière d’augmentation de l’entropie…

A mon avis, l’avenir du progrès dépendra de la capacité de l’humanité à pouvoir distinguer d’un côté les innovations capables de réduire l’augmentation de l’entropie de la planète tout en permettant le maintien et si possible l’augmentation de la qualité de vie de tous les humains qui l’habitent, qualité de vie qui passe bien entendu par le maintien en état de la dite planète sans gaspiller ses ressources et sans  « la salir » avec des déchets en constante augmentation.
Et de l’autre distinguer les innovations qui font le contraire, c’est à dire qui accroissent l’augmentation de l’entropie planétaire.

Il serait intéressant d’approfondir l’analyse de Buckminster Fuller sur ce point, partant de l’étude des principes de la thermodynamique dit dans son livre « Utopie ou Oubli » dont j’ai déjà commenté quelques pensées, il dit : en gros, en fonction du 1er principe de la thermodynamique, au niveau de l’univers dont fait partie la Terre (Vaisseau spatial Terre, comme il l’appelle) il ne peut y avoir ni gain ni perte d’énergie. La vie participe de l’équilibre entropique de la planète, sans la vie le planète se désagrègerait vers son niveau de plus grand désordre. Il continue : plus il y a de vie moins l’entropie globale augmente car la vie contribue au maintien de l’ordre des éléments terrestres… Il devient plus difficile de le suivre quand il dit que les activités humaines s’inscrivent naturellement dans cette évolution, n’oublions pas qu’il était un optimiste en matière du potentiel des sciences et de la technologie à résoudre à la fois les problèmes d’une humanité pouvant exister correctement au niveau de ses besoins fondamentaux sans pour autant gaspiller les ressources de la terre, au contraire en en utilisant même de moins en moins…

Cependant son optimisme ne résiste pas aux constatations que pouvaient cependant faire tout observateur dès les années 1950. Mais Buckminster Fuller fondait son analyse sur son propre domaine d’expertise (architecture appliquée) et sur une foi en la capacité humaine d’utiliser la raison…

Il faisait cependant l’observation que science et technologies n’avaient plus de guides… Ce qui a inspiré ma remarque ci-dessous :

Si nous n’arrivons pas à trouver les méthodes et les organisations sociétales qui permettront de faire cette distinction entre vrai progrès et faux progrès, selon la proposition faite par avant dans ce billet, il est très probable qu’il n’y aura pas d’avenir du progrès… et même pas d’avenir de l’humanité plus généralement…

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137 réflexions sur « PROGRES ET INNOVATION TECHNOLOGIQUE, par Paul Tréhin »

  1. Au fond tout vient de la règle originelle « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». Elle est interprétée aujourd’hui comme signifiant que tout le monde doit travailler. Or tout emploi dépense de l’énergie et des matières premières (augmentation de l’entropie) alors que le sage que vous évoquez n’en consomme pratiquement pas.

    Je cherche une organisation sociale où les hommes et les femmes seraient incités à ne rien faire au delà de ce qui est réellement nécessaire à la vie.

    Notre société est organisée pour nous faire consommer ce que l’industrie veut produire alors que, bien évidement, elle devrait forcer l’industrie à produire ce dont nous avons besoin; ou envie ?

    C’est manifeste quand on pense à la publicité, ce l’est aussi quand on compare le poids des lobbies professionnels à Bruxelles et Washington à ceux des associations de consommateurs; et même ces associations ne se préoccupent pas du long terme. Elles ne représentent pas les citoyens.

    1. @ Alain M-B dit : 15 janvier 2011 à 00:45

      Je cherche une organisation sociale où les hommes et les femmes seraient incités à ne rien faire au delà de ce qui est réellement nécessaire à la vie.

      Cela n’existe pas encore, mais cela ne saurait tarder. Paul Lamarque, disciple et gendre de K. Marx, y a réfléchi et a fini par se suicider. C’est une solution efficace. Elle peut être envisagée à plus grande échelle.

      Plus récemment, des prototypes portant sur de plus grands nombre ont été testés qui avaient pour nom « Ordre du Temple solaire » ou « Temple du peuple »

      La mise en place d’un revenu de base inconditionnel, dont certains rêvent, devrait constituer une bonne plateforme de départ pour ce nirvana.

      Je me permets de vous mettre en garde. Les personnes qui vous promettent le paradis sur terre, tout autant que celles qui annoncent l’apocalypse, parfois les mêmes, ne travaillent probablement pas pour donner un avenir à l’humanité.
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=20033#comment-141195

    2. @François Leclerc

      L’auto-détestation semble un art ou une vertu inaccessible à certains…
      Et puisqu’on parle d’entropie et de suicide, impossible de ne pas évoquer Ludwig Boltzmann, inventeur, juste derrière l’introduction de la fonction d’état d’entropie par Clausius, de la définition de la thermodynamique statistique et de la constante portant son nom, selon laquelle on peut déduire « Étant donné un système isolé en équilibre, il se trouve avec probabilités égales dans chacun de ses micro-états accessibles » et donc aussi « Un système isolé atteint l’équilibre lorsque son entropie devient maximale » , et auquel on doit aussi de mesurer l’entropie en bits ou en octets (avec Shannon).
      Sa spéculation formidable d’anticipation sur les propriétés du deuxième principe de thermodynamique appliqué aux états microscopiques a fait de lui la risée des scientifiques de son temps, l’acculant probablement au suicide… 🙂

    3. à jducac,

      Je pense que vous vouliez évoquer Paul Lafargue, auteur du Droit à la Paresse et de la Religion du Capital.
      Le Dieu du Capital est décrit assez justement comme étant l’acteur de la transformation de toute chose ou de tout être en marchandise.
      Par ailleurs, il a vécu assez longtemps avant de se donner la mort.

    4. @ Marlowe dit : 15 janvier 2011 à 18:59

      Merci d’avoir relevé mon erreur. Je voulais bien parler de Paul Lafargue, celui qui a notamment écrit « La religion du capital » et qui fait dire au capital « Je suis le Dieu mangeur d’hommes….. »

      Il fait partie de ces personnes qui ont, à mon avis, dénaturé et ainsi fait perdre de vue le sens premier du mot capital. De la sorte, aujourd’hui, la seule évocation de ce mot renvoie à une image que beaucoup veulent rendre négative, nuisible, détestable. Sans avoir fait d’études sur les origines du mot, je suis persuadé qu’avant le 19ème siècle il devait avoir un sens bien différent de celui que l’on veut de toute force faire entrer, maintenant, dans l’esprit des jeunes générations.
      Si vous voulez approfondir le sujet, et voir ce qu’est ma perception, vous pouvez- suivre le débat qui s’est ouvert entre Fab et moi sur ce thème dans cette autre file. Je ne manquerais pas de le poursuivre dès que j’en aurai le temps. http://www.pauljorion.com/blog/?p=20033#comment-141032

    5. Je cherche une organisation sociale où les hommes et les femmes seraient incités à ne rien faire au delà de ce qui est réellement nécessaire à la vie.

      Je vous invite à lire le petit traité de la décroissance sereine (3,5€) de Serge Latouche, vous trouverez un début de réponse à votre question.

    6. Alain M-B,

      Je cherche une organisation sociale où les hommes et les femmes seraient incités à ne rien faire au delà de ce qui est réellement nécessaire à la vie.

      Une autre Économie en somme. Une autre manière du vivre-ensemble, où la volonté de chaque individu serait reconnue et participerait à la construction et à l’enrichissement permanent de ce vivre-ensemble, et non plus le contraire où la société impose son Économie à tous. Une vraie et durable démocratie.

      C’est possible. Ça passe nécessairement par la propagation de la prise de conscience. Prise de conscience que notre seule richesse, également répartie, est l’espace-temps qui nous est offert à la naissance. Actuellement notre civilisation définit pour tous la même occupation de cet espace-temps : la consommation, ou jeu de la marchande. Nous avons poussé très loin les frontières de cette occupation afin qu’elle survive. Deux conditions soutiennent sa survie : qu’elle s’applique au plus grand nombre, et qu’elle soit la seule.

      Cet autre vivre-ensemble, comme assemblage de la volonté de chacun, de la manière dont chacun rêve sa vie, mettra dans le même panier les approches économique, politique, écologique…du vivre-ensemble, c’est l’Économie. L’individu participera ainsi à la construction de cette Économie, appuyant sa volonté sur les multiples propositions dans chacun des domaines : de Paul Jorion à Etienne Chouard en passant par PSdJ et Michel Lambotte (Merci pour votre attention et votre proposition…j’y viendrai avec plaisir), entre autres !

      L’actualité de la Tunisie, et peut-être bientôt d’autres pays de la région, nous permet de nous interroger sur les possibilités d’une nouvelle Économie, notamment par l’observation des causes de l’effondrement de l’actuelle, ainsi que des contraintes pesant sur l’élaboration d’une nouvelle. Et des contraintes, ce n’est pas ce qui manque ! Le capitalisme va essayer d’occuper l’espace-temps laissé libre. Les fous de dieux aussi. Et il y en a d’autres certainement. Qu’ils profitent de l’occasion pour se faire de la pub est une chose. Mais qu’ils tentent d’imposer leur vision de la vie à tous est inacceptable. Que celui qui désire consacrer sa vie ou une partie de sa vie à jouer à la marchande, ou à se ranger derrière les paroles et le soutien d’un dieu puisse le faire. Mais que ce chemin lui soit imposé de manière définitive, ça non ! Jamais ! Ou alors il faut s’accorder pour dire que les régimes totalitaires sont des démocraties.

      Comment donc faire en sorte que chacun ressente le besoin de suivre son propre chemin et d’accepter celui de l’autre, voici comment je me permets de reformuler votre question.

      Plusieurs chemins existent, certains sont abordés ici. Leur mise en avant dans le débat public est le chemin vers cette nouvelle Économie, ce nouvel agencement de la volonté de chacun, cette nouvelle organisation sociale. Le temps consacré à ce débat, en prenant doucement la place de l’activité actuelle imposée pour ceux qui le souhaitent, permettra de fait la disparition progressive et en douceur de la tyrannie de l’Économie actuelle.

      Bonne journée

    7. Je cherche une organisation sociale où les hommes et les femmes seraient incités à ne rien faire au delà de ce qui est réellement nécessaire à la vie.

      D’après P. Aries les Bushmen

    8. @jducac : « Sans avoir fait d’études sur les origines du mot, [capital], je suis persuadé qu’avant le 19ème siècle il devait avoir un sens bien différent de celui que l’on veut de toute force faire entrer, maintenant, dans l’esprit des jeunes générations. » : et alors ? Nous ne sommes pas au 19ième ! Et d’abord, qui est donc ce « on » si ce n’est vos « amis » capitalistes ? Ca fait des lustres que je vous serine que votre beau capitalisme n’existe plus, si tant est qu’il ait jamais existé. Le capitalisme moderne est d’une laideur monstrueuse et répugnante, mais vous persistez dans le rôle d’un photographe qui s’autoriserait de la beauté de ses clichés pour conclure que la réalité est belle.

    9. Le capitalisme basé sur la cupidité et l’agressivité a été le moteur du progrès ces 300dernières années. Sa principale contribution a été la maitrise des matières premières qui nous a donné la technologie.
      Cette maitrise c’est réalisée au prix fort de millions de morts sur l’autel du réalisme économique.
      Il nous faut aujourd’hui encore rassurer les marchés par de l’austérité qui se traduit en occident par une diminution du pouvoir d’achat, mais dans le tiers monde par des privations de besoins essentiels.
      Une comparaison pourrait être tirée en rapport avec les civilisations précolombiennes qui sacrifiaient des hommes pour calmer le dieu soleil http://www.jesuiscultive.com/spip.php?article56
      Continuer une telle civilisation industrielle serait le retour à l’ère minérale, elle n’est en réalité que la négation du vivant.
      Je me demande si quelquepart nous ne devons pas faire le même chemin que le système vivant depuis le big bang.
      Nous sommes sortis de l’animalité en construisant le matérialisme qui n’est rien d’autre que le minéral, il nous faut dépasser cela et aller vers le système vivant, c’est en partant de lui, de son fonctionnemnt, de son histoire qui est imprimée dans les fossiles que nous parviendrons à évoluer étape par étape.
      Le procédé qui est décrit sur mon site n’est pas un but en soi, mais une étape vers 7millions de permaculteurs http://fr.wikipedia.org/wiki/Permaculture
      Aujourd’hui, il faut choisir l’adéquat de la technologie pour arriver à cet objectif.
      Je pense que nous sommes beaucoup plus nombreux que nous le pensons qui aspirons à une telle réalisation.

      Merci à tous

    10. Runn,

      Les Bushmen ne sont pas entrés tout bien comme il faut dans l’histoire.

      Vous savez : THE Histoire.

      Si ça continue va falloir que ça cesse !

      The increasing desolation of nature, the exhaustion of resources, the uneasiness and disintegration of the human spirit, all have been brought about by humanity’s trying to accomplish something.

      Masanobu Fukuoka, traduction : si nous en sommes là aujourd’hui c’est que nous avons confondu le but et le chemin, c’te croyance !

    11. Je cherche une organisation sociale où les hommes et les femmes seraient incités à ne rien faire au delà de ce qui est réellement nécessaire à la vie.

      Ca existait, et ça s’appelait la tradition avant que « l’esprit du capitalisme » ne vienne y mettre fin.

    12. Voudriez-vous expliquer un peu « Crapaud » ce que vous voulez dire par « nécessaire à la vie » , la « tradition » ?

      Le débat est important, car en définitive il s’agit de savoir si l’économie sera, pour l’humanité, le moyen de s’ouvrir la porte des étoiles, ou si nous transitons vers des jardins collectifs, avec pour avenir, la tranquillité des cloportes !

      Voulons-nous une humanité ambitieuse, fière de sa tradition prométhéenne, ou bien une humanité humble. À ce propos, Christian Arnsperger nous propose un schéma de transition proprement hilarant ! Sa « transition à double détente »consiste à utiliser les potentialités du capitalisme vert, pour ensuite les retourner contre lui-même en développant la capacité de choix sociétal pour chacun. Il est probable que le scénario rencontrera l’assentiment de bien des politiques en mal d’un nouveau dogme ( les pauvres, ils se sont bien pris les doigts dans le piège néolibéral et cherchent le deuxième souffle pour l’État dont ,pour leur nourriture, ils dépendent).

      Le rôle des économistes colmateurs du système dominant ne sera pas négligeable dans cette transition: en effet, s’assurer que le capitalisme désormais moribond s’éteigne en douceur et permette de donner vie, dans sa mort même, à des logiques nouvelles — s’assurer de cela requiert toute une compétence et tout un savoir. J’invite mes collègues économistes à créer un service de soins palliatifs performant au chevet de ce système qu’ils ont si longtemps voulu voir survivre. Et il faut bien connaître le capitalisme et ses faiblesses pour pouvoir l’euthanasier de la bonne manière! Car le laisser s’effondrer brutalement et douloureusement n’est pas une solution: la transition ne sera sereine et féconde que si l’économie dominante reste en suffisamment bonne santé, suffisamment longtemps, pour que sa trajectoire de déclin soit humainement et socialement vivable. De l’autre côté, vouloir à tout prix penser un « nouveau capitalisme » qui serait, comme par miracle, débarrassé des mécanismes d’inégalité et d’injustice inhérents à ce système serait tout aussi absurde.

      Arnsperger, Les cinq « fronts » d’une transition véritable : Normes globales, nouvelles structures politiques, conscientisation individuelle, revenu de transition économique, réforme radicale de la création monétaire

      L’idée est de conserver suffisamment longtemps un système capitaliste en suffisamment bon état que pour que les gestionnaires soient assurés du rôle, éminemment charismatique, d’attribuer un revenu de transition aux nouveaux croisés de la frugalité volontaire ! Pourquoi désirer une transition « à la coule », par exemple en nous contentant de  » taxer la spéculation » – ce sur quoi tout le monde est aujourd’hui d’accord – nous revoici à l’ouverture du Don Juan de Molière à faire jouer la même astuce que Colbert emprunta à James II : Taxons ce tabac diabolique qu’est le capitalisme vert afin d’alimenter un ministère de la transition dont le but ultime serait son propre suicide administratif. Voilà ce qui s’appelle jouer l’effet Mühlmann (1) au second degré, soit : de prévoir un dispositif de récupération et d’intégration des forces marginales « innovantes » – instituante – par ce qui existe déjà et qui le rendront conforme à – l’institué -. Joli mouvement que de jouer à trois coups en se faisant passer pour un Derringuer !

      Mais mon dieu, pourquoi Arnsperger ne propose-t-il pas d’interdire les paris sur les fluctuations de prix : voilà qui serait chirurgical. Que s’agit-il de préserver en n’affichant qu’une radicalité de surface? Vraiment je le demande, car ce texte d’Ansperger semble à première vue excellent ! Transition écologique et transition économique :Quels fondements pour la pensée ? Quelles tâches pour l’action ?

      §

      Les sentiments ont une histoire multiséculaire, nous abandonnons l’épithumia capitaliste classique (Lordon réinterprétant la servitude volontaire ) , laquelle culpabilise les inutiles par l’enfer du chômage. Certes, humilier le prolétaire en facilite la domination, aussi, comme nous n’avons plus, ni les moyens d’un fond antiémeute ( sécurité sociale), ni l’échappée des sucettes consuméristes, nous ferons plus subtil. Voici, mon cher « Crapaud », venu le temps de la rédemption collective et solidaire, et pour eux et pour nous ! Renversons les rôles, donnons aux pauvres la puissance de l’humilité vengeresse, à leur tour de nous culpabiliser ! Que leurs bottes de poireaux collectives soient les signes apotropaïques de notre rédemption, la voie de notre salut hors de la consommation coupable (et tout compte fait, un bon produit que nous pourrions leur acheter pour pas trop cher, tout en ayant care de notre écosytème).

      La vessie consommatoire se videra du gonflement de la bulle de l’économie charismatique. En promesse du Paradi, Arnsperger propose un Purgatoire sur terre, moins folichon toutefois que l’idéal adamite et turlupin que Bosch, déjà, nous proposait dans son jardin des délices . En avant donc pour un retour à la société traditionnelle, d’un côté les Chevaliers de la mégamachine la feront tourner selon la théologie du minimum d’entropie, de l’autre le Commun se tiendra tranquille dans les jardins sous l’oeil du bas clergé Municipaliste des villes en transition lequel distribuera le revenu de citoyenneté frugale en ne manquant pas de trafiquer les indulgences.

      Voici, mon cher « Crapaud » , le programme de domination – au demeurant très traditionnel – que nous propose l’économie charismatique, en voulez-vous ?

      (1) René Lourau, « Analyse institutionnelle et question politique », dans Analyse institutionnelle et socianalyse, l’homme et la société, Anthropos, Paris, Nos 29-30, Juillet-décembre 1973, p. 25.

    13. jean-luce morlie,

      Je trouve votre critique excellente, et essentielle. Je l’aurais bien vue en billet invité tellement elle traduit les oppositions actuelles, l’état du débat au sein de la société…du blog au moins !

      Le temps de digérer…

      À bientôt.

      Bonne journée

    14. @ J.L. Morlie

      Magistral et superbement torché. Envie de dire « Ça c’est fait !  » le cas Arnsperger est réglé comme il se doit, relégué à la trappe, à la fosse commune dirais-je, avec ses amis économistes « intégralistes » qui avancent masqués sous les accoutrement plus ou moins revendiqués de la décroissance et de l’anti-capitalisme last-génération pour placer leurs théories authentiquement new-age, pseudo-scientifiques, mélange d’approche critique opportuniste et de fond de sauce pré-rationnel ou « trans-rationnel » spiritualiste. Son maître de pensée Ken Wilber est derrière chacun de ses textes, de ses démonstrations, de ses phrases, de ses mots.
      Wilber qui, non seulement ne répond plus aux critiques de Frank Visser ou David C. Lane, mais a dépassé le stade de la simple critique de l’évolutionnisme pour le créationnisme pur et dur en déclarant à propos de l’univers, dans la revue EnlightenNext (2011, Issue 47) (« enlightenment » … Ouais sauf que celui qu’ils nous proposent d’éclairage,il a plus grand chose à voir avec les Lumières, et beaucoup plus avec l’Illumination transcendantaliste à tendance sectaire) :

      All of this, without exception, is driven by love.

      Ben oui bien sûr, l’agape intra-cellulaire et l’eros inter-particules élémentaires qui soutiennent le capitalisme et l’expansion universelle – et sans exception ! – pardi, tout s’explique !

    15. jean-luce morlie,

      Ça y est, hamdoulah sa va !

      À ma gauche, les tranquilles cloportes. À ma droite, les serviles soldats de l’Empire.

      Les Stormtroopers sont programmés pour soutenir l’Empire dans sa quête du Saint-Graal, la porte des étoiles, le But.

      Le cloporte suit son chemin, il doit l’entretenir pour avancer, il cultive son jardin.

      Ils ont cru un temps qu’ils pourraient cohabiter. C’était sans compter sur les limites du terrain. L’affrontement est inévitable.

      Dieu étant mort, qui fait l’arbitre ?

      « On est tous des rois mais on ne le sait pas, on est tous des élus mais on le sait plus … je viens juste te rappeler que le monde est tel qu’on le fait ». Il ne s’agit (prop) pas de savoir quel clan a raison, mais si à la fin on peut signer ?

      C’est le combat de l’homme contre le groupe. C’est le combat de l’homme contre sa propre servitude volontaire.

      Chercher une nouvelle économie (ou écologie, politique, éducation,…), c’est construire une autre Économie, un autre vivre-ensemble. Si l’on fait crédit à l’homme de sa capacité à inventer sa vie, cette Économie passe nécessairement par l’acceptation de l’autre, de son projet de vie. Le respect de l’autre, c’est le respect de toute forme de vie. Mais pour parvenir à respecter la vie de l’autre il faut respecter la sienne.

      Le non-respect de sa propre vie a permis l’émergence de la hiérarchie, un système qui dirige ses fidèles. Le respect de sa propre vie devrait permettre l’apparition d’une Économie s’en alimentant.

      Qu’est-ce qu’on fait ?

      Bonne journée

    16. @ Crapaud Rouge dit : 17 janvier 2011 à 20:35

      Le capitalisme moderne est d’une laideur monstrueuse et répugnante

      Tout n’est pas beau autour de nous, mais est-ce une raison pour vouloir tout casser ? Ne pas voir où une démolition en règle peut conduire, relève à mon avis, d’une vision utopiste, idéaliste, mais surtout suicidaire et inconsciente de ce qui a permis, peu à peu, aux hommes de devenir ce qu’ils sont.

      Notre civilisation est notre capital, c’est sur elle que nos ancêtres depuis les temps les plus anciens ont accumulé et capitalisé pour faire ce que nous sommes. Evidemment, il était possible de rester dans un modèle animal, mais nos ancêtres en ont décidé autrement en quittant le mode de subsistance chasseur cueilleur pour passer dans l’ère agricole.

      Est-ce que cela a provoqué des rejets de la nouvelle ère économique qui allait propulser l’homme vers son avenir ? Je n’en sais rien, mais c’est possible. Les premiers champs cultivés et les premiers élevages ont certainement été détruits par des hordes qui n’avaient pas vu l’intérêt d’accroître la productivité. En tous les cas, cette étape a été franchie au profit de l’agriculture et de l’artisanat.

      Puis quand nos ancêtres sont passés à l’ère industrielle, cela à provoqué des troubles. Les canuts se sont révoltés et en final le modernisme s’est imposé parce qu’il conduisait à une plus grande efficacité. L’accroissement de productivité a permis aux humains de faire des progrès considérables pour accroître leur confort, leurs connaissances, leur santé, leur durée de vie. Certes ces progrès ont été très inégaux, mais à part les populations qui sont restées, volontairement ou pas, isolées des courants de modernisation, le monde des humains dans son ensemble, a amélioré son existence.

      Bien sûr, il faut agir pour réduire les inégalités, tout en sachant admettre qu’à cause de la liberté à laquelle chacun a droit, la situation des uns et des autres ne peut pas être identique à moins d’être imposée par un gouvernement mondial, dans lequel, malgré tout, il y aurait encore des privilégiés par rapport au reste de la population.

      Nous entrons dans une nouvelle ère caractérisée à la fois par la profusion d’information et de désinformation et par une moindre capacité, actuellement, à exploiter l’énergie disponible. Cela place les hommes en devoir d’imaginer les moyens de franchir une nouvelle étape difficile certes, mais peut-être pas hors de leur portée compte tenu des moyens qu’ils peuvent aujourd’hui mettre en œuvre. Lorsqu’on sait voir le chemin parcouru par l’humanité jusqu’alors, pour peu que l’on ne baisse pas les bras et que l’on mesure et respecte ce que nos anciens ont été capables de faire par leur travail physique et intellectuel, il n’y a pas lieu de désespérer, surtout si nous évitons les conflits.

      C’est pour cela qu’il me semble possible de poursuivre l’œuvre de progrès dans laquelle se sont impliqués nos prédécesseurs, plus entreprenants que gémissants, plus enclins à tourner leur regard vers le futur que vers le passé. Les hommes jusqu’alors ont été plus désireux de bâtir le futur que de se replier sur leur présent pour consommer égoïstement le capital civilisationnel que leurs ancêtres leur avaient apporté en leur laissant le soin de poursuivre l’œuvre.

      Allez jeunes occidentaux, montrez votre courage !

      Bâtissez l’avenir de nos descendants en prenant appui sur l’œuvre de vos prédécesseurs ! N’écoutez pas ceux qui vous incitent à baisser les bras, d’autant qu’à d’autres endroits sur la planète, d’autres peuples sont bien décidés à relever le défi en pensant à leurs propres descendants. Ne comptez pas qu’ils s’apitoient sur le sort de ceux qui leur apparaîtront, non comme de grands hommes, mais comme de simples jouisseurs du présent, incapables d’inscrire leur passage dans l’histoire de l’humanité, autrement que par une tentative de capitulation devant l’effort à fournir pour bâtir un futur qui ne soit pas une régression.

  2. Quel beau sujet à l’heure ou l’Homme pollue plus en se faisant la guère (armement, armée, etc…) qu’en élaborant et en utilisant des technologies nouvelles à forte réduction entropique.
    Pensez-vous capable un Homme incapable d’établir un système de vie juste, pour chacun de Lui, de comprendre ne serait-ce que l’introduction de ce genre de concept?
    L’entropie de l’Homme sur la planète ne sera comprise par lui même seulement le jour ou celui-ci respectera TOUS ses prochains, ainsi que son berceau la Terre.
    Le sens du mot Respect est encore à écrire…

    Il me semble que vous y allez fort en raccourcis. J’ai bien compris que ceci était une piste de recherche mais l’idée principale n’est-elle pas trop régressiste?

    Respecter Gaia ok, mais on est son bras droit, sa carapace de protection intelligente, alors il ne faut pas rester là/las les bras croisés, pas tout le monde.
    Comme vous le dite, la définition du mot « innovation technologique » ne devrait se traduire que par ce qui est de fait une amélioration de l’outil par rapport à son impact sur l’environnement.
    Mais ceci-dit l’équation est tellement complexe que je suis incapable de trouver la formule universelle sans fermer des portes qui ne doivent peut-être pas l’être.
    Le problème n’est-il pas tout simplement le gaspillage, la dette (on peut tuer la planète en promettant de la reconstruire), la ploutocratie, et en fin de compte le capitalisme?
    L’innovation et la recherche n’a jamais été vraiment un problème, le problème c’est ce qu’on en fait. Le fait de construire une voie Romaine par des esclaves n’est pas une innovation. La voie Romaine, par contre, en est une.
    Prenez un autre exemple, concernant le marketing qui s’empare de la technologie pour la vendre en masse (Tel portable, TV, electrotrucs…). Le problème d’ajout entropique ne vient pas de la Technologie mais bien de l’utilisation à outrance de la production à bas coup pour faire de l’argent.
    Je m’en fiche de ne pas avoir le dernier téléphone tout les ans, sauf si mon cerveau fini par me dire que celui-ci est un outil indispensable.
    On crée le besoin, puis on le détruit, suivit du besoin crée par l’innovation technologique.
    L’innovation technologique au service de l’asservissement capitaliste. Travaillez plus, pour gagner plus, pour dépenser plus.

    Croyez moi, la vraie richesse c’est le temps qu’on a à se consacrer, rien d’autre.

    1. Le problème n’est-il pas tout simplement le gaspillage, la dette (on peut tuer la planète en promettant de la reconstruire), la ploutocratie, et en fin de compte le capitalisme?

      En plein dans le mille, selon moi.

    2. Croyez moi, la vraie richesse c’est le temps qu’on a à se consacrer, rien d’autre.

      Auriez-vous lu le petit traité de la décroissance sereine de Serge Latouche ?

    3. « Auriez-vous lu le petit traité de la décroissance sereine de Serge Latouche ? »

      Négatif, le titre m’inspire je vais y jeter un coup d’œil, merci.

    4. « Le sens du mot Respect est encore à écrire… »

      All I’m askin’
      Is for a little respect when you come home (just a little bit)
      (…)
      « R-E-S-P-E-C-T
      Find out what it means to me

      Aretha Franklin – Respect

  3. Je ne trouve pas assez de mots que pour dire oui.
    Merci, et mon humble respect pour se plaidoyer pour le bon sens.

    Vive une société avide de sens.

  4. Sauf votre respect, c’est le fruit du raisonnement humain qui est à remettre en cause ; et non pas l’activité humaine.

    Si vous souhaitez faire une distinction entre « vrai progrès » et « faux progrès » (vraiment… ce genre de concept sur le progrès est déjà plus que douteux), alors autant commencer par répondre à cette simple question : qu’entendez-vous, au juste, par « progrès » ?

    Parce que si vous considérez que le progrès, c’est votre bien-être ; alors vous aurez la première réponse au pourquoi de l’échec de notre civilisation.

    Quant à ces « méthodes » et autres « organisations » sociétales, jusqu’à présent elles n’ont offertes que la réponse temporaire (et assurément obsolète) à des besoins depuis longtemps dépassé.

    1. Vous me dites: « alors autant commencer par répondre à cette simple question : qu’entendez-vous, au juste, par « progrès » ? »

      Il me semblait que l’ensemble de mon billet n’avait pour but que d’essayer de donner une piste pour justement répondre à cette question. La piste en résumé pourrait être formulée en une question: ne pourrait-on considérer qu’il y a réellement un progrès par une innovation, que si la qualité de vie résultant de cette innovation est au moins égale et si possible supérieure à celle existant avant l’innovation sans que l’on soit obligé de puiser encore plus dans les ressources de notre planète ni de lui infliger une dose supplémentaire de déchets en tout genres…?

      Paul

    2. Entre autres termes, améliorer le bien-être en consommant de moins en moins de ressources planétaires non renouvelables.
      C’est encore très rudimentaire, mais mon site va dans ce sens.

    3. Certainement très rudimentaire et néanmoins un critère indispensable pour trier le bon grain de l’ivraie, chose qui est totalement absent dans notre société au point que l’ivraie pullule au dépend du bon grain.

      Mais le problème de fond, c’est d’inverser la logique actuelle qui conduit par nature aux excès et aux gaspillages car nous sommes dans un système prédateur, et comme on ne peut pas changer le système capitaliste alors il faudra bien changer de système si on veut éviter une catastrophe.

  5. Bonjour,

    Vous abordez un sujet vaste… comme le monde, et qui porte à de nombreuses réflexions.

    Tout d’abord, quand vous abordez le terme d’esclavagisme, cela me rappelle immédiatement des propos entendus un jour sur France Culture: certains s’étaient amusés à calculer le nombre d’heure de travail (humain) utilisées, concernant les voitures (fabrication, entretien,…), et à diviser les kms parcourus par le nombre obtenu: le résultat obtenu était de 6 km/h, soit celui de la marche à pied, et non-pas les 70 kms/h auxquels on pense à priori, sans réflexion sur le sujet…

    On n’image pas la dose de souffrance ( travail = tripalium…), contenue dans une voiture.

    Ensuite, une « solution » bien plus « mercantile » semble avoir… « la côte », tout au moins dans certains pays: en 2000, en France, pour un $ à 1,2 €, et un baril à 72 €, on payait l’essence 1 € / litre. En 2010, avec un dollars à 0,644 euro, et un baril à 76,20 $, le baril revient à 59,97€. Le litre est payé… 1,479 €! Cherchez l’erreur…

    Certes, cela incite à une moindre consommation, mais est-ce vraiment l’explication? Quand on sait que la TIPP (taxe représentant de l’ordre de 80% du prix) est incluse, tout au moins en France (pour les autres pays: je ne sais pas), dans le PIB – comme je l’ai déjà souligné sur ce blog -, on peut légitimement s’interroger sur quelle est la cause première dudit « phénomène ».

    De plus, à ce sujet, un pays « comparable » comme les USA taxe de l’ordre de 2 fois moins l’essence. CQFD

    Dernier point: bien heureux est, financièrement parlant, celle ou celui qui peut se passer d’avoir une automobile (ce qui n’est pas forcément si courant). Les « campagnards » sont globalement tout particulièrement désaventagés par rapport aux urbains.

    Concernant la consommation d’énergie des habitations? Certains pays sont largement plus en avance que d’autres. Je pense en particulier à l’Allemagne. Autant de taxes en moins…

    Cordialement

    1. Votre calcul comparant la vitesse de la marche quand on inclu le nombre d’heures de travail nécessaire à la fabrication d’une automobile (ou de tout autre moyen de transport) va tout à fait dans le sens de mon essai de définition de ce qu’on pourrait appeler un réel progrès par rapport à une illusion de progrès.

      Je n’ai cité l’esclavage ou les autres formes de faire porter le fardeau par « les autres » que pour montrer la tentation édoniste et égocentrique de la plupart des êtres humains à assurer leur bonheur ou du moins ce qu’ils considèrent être tel, cela plus ou moins directement au détriment de celui des autres.

      Dans l’évaluation de ce qu’on pourrait appeler progrès il faudrait toujours inclure ce que Böhm-Bawerk appelait le détour de production, c’est à dire la somme des efforts séparant la fixation d’un but à atteindre (satisfaction d’un besoin jugé à tort ou à raison comme indispensable) et la réalisation de ce but qui va demander de se détourner de la satisfaction immédiate, ce qui va entrainer des dépenses d’énergie et de ressources naturelles dont celui qui entreprend ce détour, en général espère que le bilan lui sera favorable. Ce calcul devrait être fait maintenant non plus au niveau individual mais au niveau de la société.

    2. La TIPP est une taxe fixe à hauteur, pour 2011, de 0,4169 Euros le litre pour le gazole (en Corse et chez Ségolène, Poitou Charentes) et 0,5792 pour le super au minimum (en Corse) et respectivement 0,4419 et 0,6142 partout ailleurs, sauf en Ile de France (0,4284 et 0,6069).
      Il me semble qu’on est loin des 80%, plutôt de l’ordre des 35% pour un gazole à 1,27 euros et 40% pour un super à 1,49…
      N’oublions pas qu’un baril à 92$ aujourd’hui et un euro à 1,3385$, ça nous fait du pétrole brut à 0,43 euros le litre, plus que la TIPP à Paris…

    3. Dans l’appart allemand où je vis la température est entre 21 et 23°C, je ne mets le chauffage que lorsqu’il fait sous -10°C dehors. C’est peut être les voisins qui me chauffent gratis, me voilà passager clandestin.

      Sinon, le sujet est celui des normes de qualité et de fiabilité. L’ICE allemand a été préféré au TGV pour le train Londres-Paris, mais l’ICE n’est pas très fiable, souvent en panne.
      A mon avis ceux qui ont fait le choix on voulut se faire valoir en présentant un budget faible d’achat, refilant la patate chaude du coût d’exploitation à ceux qui leur succèderont.

      Idem pour le TGV chinois choisi par la Californie, ils risquent d’avoir de mauvaises surprises.

      Beaucoup de produits chinois ne valent pas grand chose et sont dangereux, voir le scandale des fauteuils toxiques :
      http://www.lavoixdunord.fr/actualite/Dossiers/Sante/2008/10/31/article_affaire-des-fauteuils-de-plus-en-plus-de-victimes.shtml

      Il n’y a pas assez de fonds réservés au contrôle des produits mis sur le marché, la conséquence
      est le gaspillage écologique et le danger pour l’humain, pneus chinois et OGM vendus à la va comme j’te pousse, produits médicaux idem souvent, souvent seule la bonne foi du fabriquant et quelques vagues dossiers de tests sont requis pour les autorisations de mise sur le marché, bref le laxisme.

      Sinon un peu d’ingénierie écolo-artistique :
      http://www.abrutis.com/video-sculpture+cinetique-12083.html

  6. Considérer la terre comme un système isolé est une erreur.

    Le succès de la vie sur terre ne dépend que de l’apport d’énergie extérieur, donc du soleil.

    Tout les jours, une quantité énorme d’énergie est apportée et dégradée par tous les organismes qui, localement, diminuent l’entropie. Globalement, l’entropie ne peut qu’augmenter.

    La révolution industrielle que nous observons est uniquement due à l’utilisation du stock passé d’énergie solaire (charbon, puis pétrole et gaz), et maintenant de la radioactivité (énergie qui date elle, de la nuit des temps) et marginalement l’énergie solaire (barrages, solaire thermique, photovoltaïque, éolien).

    Supprimez le charbon,le pétrole et l’énergie nucléaire et vous verrez dans quel chaos nos sociétés seront !

    ça risque d’être un retour au moyen âge : agriculture biologique, famines, hôpitaux sans eau courante, et une proportion d’oisifs (que nous sommes en majorité) occupés à cultiver les champs pour fabriquer de la nourriture.

    Heureusement, il reste aujourd’hui l’énergie nucléaire pour éviter ce scenario catastrophe.

    L’énergie solaire ne représente actuellement qu’une fraction de l’énergie que nous utilisons.

    Techniquement, la disponibilité de l’énergie solaire permettrait pourtant d’obtenir l’énergie dont nous avons besoin.

    1. Le Moyen Âge est une période qui couvre un millier d’années. Il n’y a pas eu mille ans de famines, de guerres et d’épidémies. Révisez vos leçons d’histoire et vous constaterez qu’il y a eu au cours de cette période des phases de paix et de prospérité, sans engrais chimiques et sans centrales nucléaires.

    2. Reste à analyser à quel point dans l’histoire du chauffage une innovation a fini par demander l’utilisation de plus de ressources que n’en demandait la situation précédente…

      L’augmentation d’entropie intervient à trois niveaux :
      – au lieu de maintenir niveau le confort, on en a profité pour augmenter la température et l’étendre à toutes les pièces même quand on n’y était pas, donc si à service rendu l’entropie diminue à un individu donné elle augmente
      – l’accès à des plus en plus grandes quantités d’énergie a permis à un nombre croissant d’humain d’en profiter, donc si par individu l’entropie diminue au niveau de l’espèce elle augmente
      – l’utilisation d’énergie ce n’est ni plus ni moins qu’agir sur l’environnement qui se concrétise par la transformation de ressources accessibles car relativement concentrées, en déchets inutilisables car dispersés ou demandant une quantité d’énergie supérieure pour revenir à l’état de ressource.

      De ce fait entretenir l’espoir d’accéder à une énergie illimitée et des rendements meilleurs est totalement illusoire, car cela permettrait simplement de pouvoir transformer plus vite plus de ressources en déchets.

      Par exemple pour revenir au chauffage, l’augmentation illimitée des surfaces à chauffer grâce à un coût énergétique au m² en diminution et plus d’énergie disponible conduit inéluctablement à bétonner la totalité surface de la planète. De fait, si on regarde l’ensemble des usages stérilisant la terre, nous en sommes aujourd’hui pour la France à un taux de 10% par siècle (5000 km² tous les 10 ans) mais en croissance de 2% l’an (doublement tous les 40 ans), donc à ce rythme la France serait totalement bétonnée en 2180.

    3. Supprimez le charbon,le pétrole et l’énergie nucléaire et vous verrez dans quel chaos nos sociétés seront !

      Qu’on le veuille ou non, ça finira par arriver un jour ou l’autre par un épuisement des ressources énergétiques fossiles d’autant plus rapide que leur consommation croît suivant une exponentielle (1,6% par an soit un doublement tous les 50 ans). D’ailleurs il n’est même pas sûr que cette croissance continue bien longtemps : pour les carburants liquides les experts annoncent une décroissance de 2% par an dès 2015 (le pic de pétrole conventionnel est passé depuis 2006 selon l’AIE)

  7. J’ai oublié dans le solaire direct, la participation de la biomasse (bois de chauffage), qui doit être de loin la part la plus importante de la contribution solaire directe (de court terme) à l’énergie totale utilisée.

    1. Oui bien sur l’apport énergétique solaire prend différentes formes plus ou moins directes que les différentes formes de vie utilisent pour préserver leur intégrité. Les animaux terrestres à sang froid utilisent souvent cette énergie de manière très directe en s’exposant au soleil, ou en mangeant d’autres animaux ayant eux même puisé l’énergie solaire dans diverses autres formes de vie car étant eux-mêmes incapables de récupérer cette énergie directement, seules les plantes et certaines bactéries arrivent à récupérer de l’énergie solaire par la photosynthèse et l’assimilation de minéraux contenus dans le sol.

      Dans l’exemple du bois de chauffage que vous donnez, il me semble qu’on peut qualifier de progrès une utilisation plus intelligente de cette ressource pour fabriquer des abris qui permettent de se protéger des intempéries et du froid en particulier en brulant entre 100 et 1000 fois moins de bois qu’il n’en serait nécessaire pour assurer le même niveau de confort ou simplement la survie par grand froids, que de brûler des tonnes de bois dans de grands feux à ciel ouvert.. La construction d’un abri en bois permet donc un moindre accroissement de l’entropie, dont on rappelle que la transformation directe d’une source d’énergie en chaleur est la pire des dégradation entropique.

      Arriver à maintenir une température permettant de vivre dans les conditions de froid sévère en utilisant de moins en moins de bois rien que pour le brûler me semble être un progrès au sens que j’ai essayé de définir… Le passage de la cheminée au poêle en fonte a aussi permis de réduire considérablement la consommation de bois de chauffage tout en maintenant et même en améliorant les conditions de vie des êtres humains. Reste à analyser à quel point dans l’histoire du chauffage une innovation a fini par demander l’utilisation de plus de ressources que n’en demandait la situation précédente…

      Aux USA, les Amish pratiquent un mode de vie qui par certains côtés ressemble à une meilleure utilisation des ressources naturelles, les règles de cette communauté interdisent par exemple l’utilisation de cheminées ouvertes dans les maisons. Ils utilisent l’énergie animale pour tracter leurs machines agricoles, énergie animale elle même dérivée de l’énergie solaire comme nous l’avons vu plus haut.. Cette communauté a volontairement choisi de n’accepter de modernisation que dans le cadre strict de la moindre utilisation de ressources naturelles et la quasi absence d’utilisation d’énergies fossiles directe ou indirecte: pas ou des quantités infimes de pétrole, essentiellement utilisé pour l’éclairage et pas d’électricité. Des perfectionnements des machines agricoles mais en conservant la traction animale. Remarquez que certaines des raisons de ces choix n’avaient pas grand chose à voir avec la préservation de la nature mais étaient une manière d’éviter tout risque de dépendance vis-à vis des sources extérieures d’énergie afin de pouvoir conserver leur choix de société.

      Attention il ne s’agit que d’une illustration de mon propos et non de promouvoir un idéal de vie car cette communauté a des exigences sociétales et religieuses que bien peu d’entre nous accepteraient comme modèle de vie. Certaines positions religieuses en matière de soins médicaux conduisent au refus d’interventions chirurgicales même dans des cas où la vie du patient est en jeu.

      La question que permet de poser cet exemple est de savoir où doit s’arrêter l’évolution scientifique ou technologique, cette communauté semble avoir choisi une date au milieu du 19ème siècle…

      Bien que je ne partage pas cette vision de la société il y a probablement des aspects à intégrer dans nos raisonnements essayant de mettre un peu plus d’harmonie entre la qualité de vie à laquelle tous les êtres de la planète ont le droit d’aspirer et les choix souvent désastreux qui ont été et sont encore faits par certains pour arriver à ce but. Sans compter que l’expression « Qualité de vie » pourrait à elle seule constituer le thème d’un billet et d’une discussion…
      A ce propos il est fascinant de s’apercevoir, en regardant des reportages filmés dans des contrées qui peuvent nous sembler fort peu hospitalières, que dans presque tous les cas, les populations déclarent que c’est le plus bel endroit du monde, et qu’elles ne voudraient quitter cet endroit sous aucun prétexte…
      C’est quoi donc la qualité de vie?, gros problème, dans mon analyse, puisque j’utilise cette notion, pour définir le progrès: progrès égale amélioration ou préservation de la qualité de vie sans augmentation du gaspillage des ressources naturelles ni de la production de déchets Le problème peut être réduit si on prend en considération la position de Karl Popper sur le « mythe du cadre de référence » (texte dont j’ai me semble-t-il cité quelques extraits par ailleurs sur ce blog.
      LE MYTHE DU CADRE DE RÉFÉRENCE
      K. Popper, « Le mythe du cadre de référence », « Karl Popper et la science d’aujourd’hui », Colloque organisé par R. Bouveresse, Centre Culturel de Cerisy-la Salle, Aubier, Paris, 1981 (Le texte de Popper est de 1972)
      Le fait que nous ayons des perceptions différentes de la qualité de vie, n’empêche pas de définir au moins au niveau individuel telle ou telle innovation comme porteuse de progrès car améliorant la qualité de vie pour ce qui nous concerne. Bien sur au niveau de la société dans son ensemble c’est un peu plus difficile de donner une telle appréciation, c’est probablement ce qui rend la politique à la fois si difficile et si passionnante…

      Passionné de photos, je me promenais sur le port de Nice, ville très proche de mon lieu d’habitation, et je me disais qu’avoir à disposition un de ces énormes yachts rutilants ancrés dans le port n’apporterait rien à ma qualité de vie, bien au contraire… Mais pour certains c’est le cas…

      A propos de photo, cela vaudrait le coup de faire un savant calcul pour voir si la photographie numérique est au sens que j’ai défini un progrès réel ? Égale ou meilleure qualité de vie avec moins de gaspillage de ressources et moins de création de déchets???
      Il est vrai qu’on a considérablement réduit la consommation de films en matières très gourmandes en ressources naturelles, qu’on a réduit la production de déchets chimiques dans des proportions très importantes aussi, mais que coûte la photo numérique en énergie et en accroissement de l’entropie, une fois l’image finale projetée sur un écran ou même imprimée avec les procédés actuellement utilisés.

      Bien cordialement.

      Paul

    2. @ Paul Trehin

      Le passage de la cheminée au poêle en fonte a aussi permis de réduire considérablement la consommation de bois de chauffage

      Certes, mais grâce à une grande consommation de charbon nécessaire à la fabrication de la fonte et au transport des dits poêles entre leurs lieux de production et d’utilisation.
      Entre la cheminée à foyer ouvert et le poêle en fonte de l’ére industrielle, il y a le poêle de masse en terre, le karelhoffe des pays germaniques, dont les premiers exemples avérés remontent au Moyen Âge.

    3. Terre, bois, chanvre, paille, laine, liège…….., pour une maison passive.La biomasse et la méthanisation, le stockage de la chaleur solaire pour l’énergie, mais bien sur c’est pas bon pour les trusts. Bichonnons la nature et indexons la monnaie sur la photosynthèse, facile à quantifier par sattellite, la valeur de la monnaie en dépendant.

    4. Une constante dans l’aventure scientifique et technologique est la meilleure utilisation de l’énergie pour chaque machine : les rendements ont été constamment améliorés.

      La question du but de la fabrication de colifichets inutiles fabriqués en Chine, reçus dans les colis de vente par correspondance, que l’on jette après les avoir stockés quelques mois, est une autre question …

      La question du progrès technique est à rapprocher de l’investissement.

      Aujourd’hui, des parents consacrent plus de 20 ans de leur vie et des ressources importantes à élever leurs enfants, à les éduquer, et à tenter de leur offrir la meilleure vie possible.

      La science et le progrès ont cette ambition, pas d’autre.

      Le marquettingue (marketing ?) a pour ambition de faire la même chose, mais pour d’autres personnes, sur d’autres bases.

      La question de soustraire de l’argent (représentation indirecte de l’énergie) à ses contemporains ou descendants (dette …) est un corollaire à notre survie (réelle ou fantasmée).

      Pour le bien global, disposer de plus de richesses (de moyens de vivre) est positif.
      Ce qui se passe à l’intérieur du groupe n’a une importance relative que lorsque la répartition n’opère plus.

      Le progrès doit se considérer à l’échelle globale, pas locale (étant donnée la compétition interne qui s’exerce).

      N’oublions pas que les produits chinois sont fabriqués pour nous, que notre responsabilité existe de fait vis à vis de cette production (polluante, inhumaine, imbécile, …)

      Un autre point est que l’activité humaine est sans doute proportionnelle à la rapidité des échanges.

      Passer de la marche à pied, à la traction animale, au vélo, au bateau, au train, à l’automobile, aux poids lourds, à l’avion s’est accompagné d’un accroissement de l’activité économique, et à l’échange des idées, à l’émergence de nouvelles idées.

      Il semble que la création humaine soit issue de la rapidité des échanges.

      La téléphonie mobile et internet y participent (un résident allemand ou niçois me lira sans doute, moi qui suis en banlieue parisienne …).

      Pourquoi se priver d’un bienfait s’il est accessible ?
      Refuser le progrès est refuser d’envisager un meilleur avenir.

      L’aspect comptable de ce progrès est par contre indubitablement nécessaire, mais l’horizon de vue doit se compter en décennies voire plus, et non pas en mois ou années.

      Cordialement,

  8. Une fois de plus je bute dans cet intéeressant billet de P.Trehin sur le contenu du concept d’entropie appliqué à l’activité humaine sur la planète; sommes nous créateurs d’ordre ou de désordre? Ce n’est pas clair mais l’éssentiel n’est biensur pas la.

    On peut poser la question de savoir si l’humanité, c’est à dire l’espéce sapiens qui remonte à 100 000 ans (en gros) participe d’une évolution naturelle ou non, car sa capacité de prédation sur les autres espèces est d’une part assez exceptionnelle et d’autre part dévastatrice d’un état toujours passé, d’un environnement nostalgiquement regrétté. Evolution naturelle signifie une appartenance cohérente aux possibles évolutions de la vie sur la planète bleue.
    Notre planète est comme évoqué par Fuller, un vaisseau ou bateau du systéme solaire sans attache, le vrai lien fondamental du vaisseau repose sur la dépendance énergètique de la terre envers le soleil dont on sait maintenant que toute l’évolution a dérivé.Sans oublier tout de méme un miracle décisif qui a tenu a l’existance des oceans. et à la constitution d’un comburant biologique: l’oxygéne.

    Je ne sais plus qui a parlé d’un animal « Mécanique » à propos de  » sapiens » ( Coppens ?) évoquant par la sa capacité intellectuelle à fabriquer l’outil qui va assoir sa capacité prédatrice sur les autres espèces, et justifiant une évolution exponentielle à l’echelle des temps geologiques: 100 millions d’années pour les dinozaures, 100 000 ans pour sapiens et moins de 10 000 pour les débuts de l’écrit. (Kramer, « L’histoire commence à Sumer ») sans parler de la Chine dont j’ignore la proto histoire.

    Nous n’avons cependant d’une part pas de recul , et d’autre part une incapacité à imaginer un devenir à notre espéce au train ou vont lers choses, les écologistes s’accrochent à un passé toujours rassurant, jamais les valeurs de patrimoine et d’environnement n’ont été accomodées à toutes les sauces, les optimistes font confiance à  » La raison » , c’est à dire à notre capacité d’adaptation à la planète et à ce qu’elle peut endurer de notre présence.

    On peut souligner l’évolution des moyens de communication et de l’espace temps de notre espéce, dont les optimistes se plairont à souligner les vertues, et les péssimistes ne manqueront de mettre en avant les bavures.

    Pour ma part, j’adoperais volontiers la vision optimiste du disparu G.Charpack; si la technologie, c’est à dire au sens noble un « progrés » est possible la survie adaptative de l’espéce passe d’abord par l’eau et l’énergie pour produire et le controle des naissances pour limiter la consommation de ce qui est produit, car le bateau terre ne peut accueillir qu’un nombre limité de passagers,ce dernier point et non des moindres bute pour l’instant sur des facteurs culturels et religieux dans le tiers monde, alors que les pays émergeants y parviennent déja.

    Pouvons nous du reste n’avoir qu’un optimisme raisonné, c’est à dire raisonnable ?
    .
    On peut soutenir la thèse que la perte de la natalité, donc le vieillissement des pays développés puisse étre une manifestation de l’espéce à son adaptation biologique, un nécessaire feed back anthropique et non pas une régréssion d’ordre sociétale.

    1. Le vaisseau ne peut accueillir qu’un nombre limité de passagers et aussi une consommation limitée par passager, la vraie limitation c’est Population x Consommation unitaire.

    2. « Le vaisseau ne peut accueillir qu’un nombre limité de passagers et aussi une consommation limitée par passager, la vraie limitation c’est Population x Consommation unitaire »

      Là, maintenant, oui. Mais en changeant la « consommation entropique » par habitant, on peut changer la capacité.

      Je suis sûr que les surplus alimentaires crées par nos sociétés occidentales suffiraient à nourrir la planète, voir plus.
      Aujourd’hui des centaines de personnes meurent de faim dans le monde, toutes les quelques heures. Il me semble faisable qu’en disposant de toute la quantité de nourriture qui part à la poubelle chez les « riches », on aurait largement de quoi nourrir les personnes et même ceux qui en redemandent.

      Y a pas de règle de population à maintenir, il y a juste du bon sens à avoir.
      Je suis personnellement dans ce cas, je jette continuellement des trucs que j’ai oublié au frigo. Je vous parle pas de mcdo, des restaus, etc, etc , .., l’industrie! qui jette la moitié ou presque de ce quelle produit… bref le système marche sur la tête.

  9. « science et technologies n’avaient plus de guides »

    Mais bien sûr que si!

    Le techno-gratin est devenu incontournable pour tout scientifique qui se respecte.

    L’innovation n’est garantie que par la manne financière inconditionnelle qu’offrent les technarques industriels aux scientifiques qu’ils enrôlent. Pas pour sauver l’humanité: pour la piller…

    Où est la lutte contre l’entropie? Où est la recherche fondamentale? Pas dans les rêves de création de besoins ni d’abonnements à la sophistication que nous refourguent les chantres du progrès avec leurs gadgets hors de prix et has been en 6 mois!

    Le plus triste, ce n’est peut-être pas qu’un hiérarque de l’industrie automobile n’ait jamais entendu parler de Goergescu-Roagen; c’est qu’il ne contribue en rien à notre survie.

    Dans quelques millions d’années, soit nous sommes loin, soit nous sommes morts. Notre vaisseau Terre, même entretenu, n’est pas éternel.

    Le vrai progrès, outre préserver notre monde de l’ubris, c’est la conquête des étoiles.

  10. « Dans ce domaine, sans vouloir imiter les solutions animales, il me semble que les êtres humains auraient intérêt à étudier ces solutions animales de lutte contre l’entropie,… : c’est à quelque de ce genre que je pensais en écrivant dans un commentaire : « Il est probable que les humains se réserveraient une vie autrement plus douce s’ils prenaient plus habilement modèle sur la nature. » A l’époque, (piqué au vif par la réaction de vigneron), je comptais cogiter un billet pour justifier le « plus habilement », mais j’ai vite renoncé. Sujet trop incertain. C’est toujours « la nature » qui s’exprime à travers les comportements de l’espèce humaine : si donc il y a augmentation faramineuse d’entropie, c’est parce que « la nature le veut bien ». Assertion qui ne veut pas dire grand chose, je ne m’avance pas beaucoup.

    Pendant longtemps j’ai eu la conviction que la thermodynamique pourrait fournir une « grille d’analyse » novatrice. Il y a longtemps aussi que je n’y crois plus. La notion d’entropie n’est pas assimilable par l’individu lambda : elle est trop abstraite et bien plus complexe qu’on ne le croit.

    1. Ce n’est pas parceque la notion d’entropie est trop abstraite qu’il n’est pas nécessaire d’agir pour la diminuer.
      Plus on attend, plus on s’approche du point de non retour.

    2. @michel lambotte : vous espérez que les gens pourraient se mobiliser pour « réduire l’entropie » ? Déjà qu’on a du mal à réduire les « sacs plastiques »…

    3. Le point de non retour est déjà dépassé dans la mesure où la prédation globale est supérieure aux capacités de renouvellement de la planète et que l’humanité est incapable d’empêcher la croissance durable de cette prédation.

    4. Mais qu’est-ce vous avez tous avec l’entropie ? C’est une notion fort séduisante, certes, mais de là à faire un mariage d’amour… J’ai commencé à lire le texte cité par epapel, et son auteur confirme ce que tout le monde sait déjà :

      Ce n’est pas une tâche aisée que d’expliquer en détail ce que signifie l’entropie. Il s’agit d’une notion si complexe que, à en croire une autorité en thermodynamique, elle « n’est pas facilement comprise par les physiciens eux-mêmes » Et ce qui accroît les difficultés, non seulement pour le profane mais également pour toute autre personne, c’est que ce terme circule de nos jours avec différentes significations dont toutes ne sont pas associées à une fonction physique.

      Utiliser des notions abstraites pour bâtir une autre économie, radicalement différente, est sans doute nécessaire, mais l’on peut d’ores et déjà se poser la question de leur vulgarisation, au lieu de répéter entropie ! entropie ! comme un mantra.

      Excusez-moi pour ce post qui, pour une fois, critique un comportement, mais je me sens terriblement frustré de ne pas comprendre ce qu’est l’entropie, ou du moins pas assez pour pouvoir m’en servir.

    5. Entièrement d’accord, l’entropie n’est qu’un indicateur pour spécialistes au même titre que le PIB aujourd’hui ou le niveau de pollution d’un polluant donné, prenons garde à ne pas en faire un fétiche et essayons plutôt de le concrétiser par des choses qui parlent aux gens.

    6. Je ne sais pas s’il sera possible de mobiliser les gens pour réduire l’entropie, mais je pense que tant qu’on n’a pas supprimer la cause première on n’y arrivera pas.
      La cause première étant évidamment l’intérêt financier qui pousse à la croissance.
      Je ne crois pas à une mobilisation générale « style syndicat », mais bien dans une évolution exponentielle qui a démarrer au alentour de 1973.
      Immaginons un instant quel serait l’état de la planète si nous avions pu disposer de la même croissance énergétique que durant les années soixante.
      Ce sont les pics de production de l’énergie, des matières premières, des denrées alimentaires,(poissons, fertilité des sols ) qui vont nous obliger à réagir, tant aussi bien sur le plan économomique que écologique.
      Question entropie, quand le soleil sera devenu une géante rouge, la vie ne sera de toutes façons plus possible.

    7. Il n’a y pas besoin de mobiliser les gens ordinaires autour du concept d’entropie car ils ont assez de bon sens pour se rendre compte des conséquences mortifères de la prédation économique sans frein et donc que ça ne pourra pas durer très longtemps.

      L’entropie a été rapprochée de l’économie pour démontrer aux économistes que leur discours sur la croissance ne tenait pas, en supposant que les économistes avaient une démarche scientifique et qu’ils se rendraient face à des arguments scientifiques. Mais l’économie n’est pas une science car elle est fondée sur des dogmes (la main invisible du marché, l’auto-régulation, la vérité des prix qui contiennent toute l’information, la rationalité des acteurs, l’efficience des marchés…) qu’on ne peux pas contester contre-exemple à l’appui sans s’entendre dire systématiquement que si ça ne marche pas c’est parce l’interventionnisme de l’État est trop important et qu’il donc aller encore plus loin dans la dérégulation et les privatisations.

      En revanche, ce qui est intéressant c’est de répertiorer les conséquences d’actions humaines qui correspondent à une augmentation d’entropie et pour chaque besoin fonctionnel les classer par entropie croissante pour choisir ensuite les leviers d’actions les plus pertinents.

    8. Crapaud Rouge Votre analyse est très bonne. Notez que l’idée que les comportements humains ne sont que des prolongements de ceux de la nature vivante, donc exceptions au principe d’accroissement de l’entropie, ne serait-ce que localement et dans une durée temporelle limitée, est aussi développée par Buckminster Fuller dans le livre « Utopia or Oblivion »  » l’Utopie ou l’oubli [dans la disparition de l’espèce humaine]  » plaidoyer pour un rassemblement autour de l’intelligence humaine et des connaissances, seules de l’avis de l’auteur capables d’empêcher la destruction de l’espèce humaine et de la planète qui nous sert de vaisseau spatial…
      Comme vous avez pu le remarquer dans mes autres interventions, quand je parle de l’intelligence humaine et des connaissances je ne parle pas de la soit disant intelligence des marchés « Markets know best », mythe que la crise économique actuelle a bien contribué à détruire. A ce propos je redis que lire le livre de Joseph Stiglitz; « Le triomphe de la cupidité » apporte aux critiques du capitalisme et de l’économie de marché, les arguments concrèts d’un économiste dont la réputation n’est plus à faire… Bon théoricien mais aussi homme d’expérience, ce qui lui a valu son prix Nobel d’économie.

      Pour ce qui est du fait que « La notion d’entropie n’est pas assimilable par l’individu lambda : elle est trop abstraite et bien plus complexe qu’on ne le croit. » ce n’est malheureusement pas la faute de l’individu lambda si ce genre de concepts lui est généralement inaccessible.
      Un enseignement dont le but principal est d’opérer une sélection ne peut créer chez la plupart des élèves un attrait pour la connaissance et le plaisir de continuer à apprendre. Le manque de formation aux &application des sciences dans la vie courante fait gravement défaut aux programmes scolaires, et cela depuis très longtemps.

      Outre les concpts comme celui d’entropie de nombreux autres concepts sont incompréhensibles par bien des citoyens, même soit disant éduqués, et ont pourtant des applications dans notre vie de tous les jours. Remarquez que l’enseignement de l’histoire et de la géographie ont aussi tendance à se préoccuper plus de l’aspect « sélection » que du plaisir de comprendre des phénomènes dont nous subissons les conséquences dans le temps et dans l’espace. De même pour les sciences dites naturelles.

      Qui sait en matière de science combien la technologie électrique doit à l’invention des nombres imaginaires? Qui sait que la théorie de la relativité trouve des applications concrètes dans les systèmes GPSn ces derniers tenant compte de la théorie de la relativité pour analyser les signaux reçus de satellites en mouvement très rapide (même si on les appelle géostationnaires) à ces vitesses on est obligé de tenir compte de la dérive du temps avec la vitesse… Mais il y a bien d’autres domaines scientifiques auxquels malheureusement peu de citoyens ont accès, ce qui facilite bien les tromperies éhontées des fabricants et des marchands qui peuvent ainsi vendre n’importe quoi avec des prétextes scientifiques bidons… Ou la promotions de politiques énergétiques ou autres là aussi avec des explications fallatieuses…
      Il me semble que ce serait par un investissement massif en éducation que devrait commencer une vraie révolution qui permette aux citoyens de se révolter en connaissance de cause et non pour des idéologies ou des croyances imposées par des beaux parleurs de tout bords.

      Une autre catégorie d’investissements publics devrait être de faciliter la communication entre les êtres humains, et enfin dernier exemple d’investissement public urgent; rendre tous les réseaux de transports plus intelligents afin d’éviter les pertes massives qui les caractérisent.

      Par exemple à cause de leur conceptions dépassées, les réseaux de transport de l’eau ont très souvent une efficacité inférieure à 30%, c’est à dire que 70% de l’eau récoltée n’arrive pas jusqu’aux robinets, que ce soit pour l’eau potable ou pour l’eau d’arrosage.

      Il en va de même pour les réseaux de transports de marchandise ou d’énergie (électrique ou autre)
      C’est dans des investissements de ce genre ainsi que dans la santé publique que des politiques Keynésiennes modernes devraient être mises en place.

      Paul

    1. Juste un petit complément: pour 8.5 milliards d’humain, la biocapacité s’élève à 1.33ha en moyenne, ce qui n’est quand même pas des tonnes et qui nous met sous le nez quel effort de réduction « d’entropie » on a à faire (En France, notre empreinte doit être voisine des 5ha par personne et aux US c’est plutôt 10ha/personne).
      J’avais proposé un PIBED (PIB équitable et durable) qui est en rapport étroit avec cette idée d’entropie. PJ l’avait publié comme article invité ici

    2. C’est la notion même de PIB qu’il faut réfuter car le PIB n’est que la mesure de la valorisation de l’ensemble des activités, il ne dit rien sur le bien fondé, l’utilité, l’impact ou l’efficacité des activités elles mêmes. Le rôle du PIB c’est de mesurer le taux de croissance dans le but de maximiser, or c’est ça le problème.

      Un PIB truc plus ou truc moins n’est pas une solution et ne fait que déplacer le problème.

  11. Bonjour !
    L’approche du progrès par l’entropie me semble géniale.
    Je me permets de signaler un penseur, Lanza del Vasto, qui eut l’audace de créer des communautés gandhiennes en France et ailleurs, et dont la pensée mérite d’être plus connue, même si « l’utopie » des communautés de l’Arche ne fut pas un succès énorme.
    Surtout je m’étonne que ne soit pas cité ici Pierre Rabbhi, un homme qui depuis plus de 50 ans « joint le geste à la parole » et dont le livre récent « La sobriété heureuse » mérite une large publicité.
    J’espère que nos contributeurs du blog, et Paul soi-même, nous en parleront bientôt.
    Pierre Paillard

    1. La pensée de Lanza del Vasto est n’est pas aussi originale que cela surtout du point de vue économique.
      Rappelons simplement que Lanza del Vasto, fils d’excellente famille (pour ne pas dire vulgairement fils de bourge), est parti en Inde « faire un trip » dans les années qui ont suivi l’après-guerre.
      Peu de temps avant il avait découvert le mouvement ésotérique du mage bulgare Peter Deunov et de sa branche parisienne représentée par un jeune homme doué d’un charisme énorme: Ivanoff.
      Au au cours de son périple en Inde, Lanza del Vasto découvre la philosophie hindou et fait le lien de la correspondance étrange entre les fondamentaux de la religion hindou et le christianisme.
      Il n’a cependant pas l’occasion d’approfondir ensuite la religion ancienne de la perse (Zoroastrisme de Zarathoustra) et d’en faire le lien avec le soufisme et la pensée des pères du désert chrétiens . De ce séjour en Inde, Lanza del Vasto publiera des interprétations du Nouveau Testament qui sont non seulement remarquables, mais aussi empreintes d’une « vérité ». C’est alors qu’il préface l’un des premiers ouvrages du mage Ivanoff, disciple de Peter Deunof parce qu’il y a concordance de point de vue et amitié entre les 2 . Le mage Ivanoff part à son tour séjourner en Inde.
      Les deux vont rapporter la notion d »ahsram » qui va connaître un développement en France avec le mouvement « peace and flowers » des années post 65. Sans autant de succès cependant qu’en Californie….
      Lanza del Vasto va alors, contrairement à Ivanoff, fonder une communauté qui refuse volontairement tout progrès technologique. Cette dualité trouve son point culminant dans la brouille entre les deux « gourous » que plus rien désormais ne réunira.
      Ce qu’a fondé Lanza del Vasto est considéré purement et simplement comme une secte qui refuse la société française des 30 glorieuses. C’est le retour à l’autosuffisance qui est encouragé.
      Les idées de Gandhi n’ont pas été situées dans leur contexte politique et économique d’indépendance vis à vis de la Grande Bretagne par la non violence face à l’impérialisme. La France des années 60/70 n’était pas l’Inde. Lanza del Vasto a assimilé le progrès technologique à un impérialisme…..
      Que reste t-il aujourd’hui de cette vision et qui pourrait en réclamer l’héritage: Eric Cantona ? Certainement car le « bankrun » est une réponse non violente face aux milieux impérialistes bancaires…..
      Pour le reste les idées de Lanza del Vasto, n’ont rien à voir avec celles de l’ancien joueur de foot.
      Le meilleur de Lanza del Vasto nous renvoie à la théorie de la non violence de Gandhi et de l’amour du prochain de Jésus.
      Comme le disent les bouddhistes: »Tant qu’il y aura des hommes carnivores durera la violence, parce que la cruauté de l’homme pour l’animal n’est que la cruauté de l’homme pour l’homme ».

      ,

    2. @epapel : j’ai commencé à lire ce texte. Il m’a inspiré une petite idée, mais bon, il n’est pas génial pour autant. J’ai retenu ce § :

      Ce que nous avons dit plus haut du processus économique, à savoir que, d’un point de vue purement physique, il ne fait que transformer des ressources naturelles de valeur (basse entropie) en déchets (haute entropie) est donc parfaitement établi. Mais, il nous reste à résoudre l’énigme du pourquoi d’un tel processus. Et l’énigme subsistera tant que nous ne verrons pas que le véritable produit économique du processus économique n’est pas un flux matériel de déchets mais un flux immatériel: la joie de vivre. Si nous ne reconnaissons pas l’existence de ce flux, nous ne sommes pas dans le monde économique. Et nous n’avons pas davantage une vue d’ensemble du processus économique si nous ignorons le fait que ce flux – qui en tant que sensation entropique doit caractériser la vie à tous ses niveaux – n’existe qu’aussi longtemps qu’il peut se nourrir de basse entropie puisée dans l’environnement. Et si nous faisons un pas de plus, nous découvrons que tout objet présentant une valeur économique – qu’il s’agisse d’un fruit tout juste cueilli sur un arbre, d’un vêtement ou d’un meuble – comporte une structure hautement ordonnée, donc une basse entropie.

      Le « flux immatériel de joie de vivre » invite à se pencher sur le sort des plus défavorisés que « le système » prive de toute joie de vivre. Là-dessus, rien à dire, sinon que c’est un peu curieux. Mais je tique sur les exemples qui font dire à l’auteur que « ce flux (…) n’existe qu’aussi longtemps qu’il peut se nourrir de basse entropie puisée dans l’environnement » : à mon avis c’est faux. Dans la nature, certaines espèces se nourrissent des déchets produits par les autres. C’est le cas de ces poissons qui suivent les hippopotames pour se nourrir de leurs déjections, ou des scarabées bousiers. Et dans la forêt amazonienne, un cadavre abandonné disparaît complètement en quelques jours seulement.

      Je serais tenté de dire que les êtres vivants absorbent plutôt la « haute entropie » de leur milieu, pour l’incorporer dans leur système interne de « basse entropie ». Tout le contraire de ce que raconte ce « grand théoricien ».

  12. Merci pour ces éléments très intéressants. J’y retrouve exactement là où m’a conduit ma réflexion personnelle sur le sujet des sciences économiques. Je vous invite à compléter certains éléments par la lecture du livre suivant de rené passet : « les grandes représentgations du monde et de l’économie à travers l’histoire ». Vous y retrouverez vos éléments sur l’entropie avec une réflexion profonde sur le rapport entre l’information et l’entropie. L’information étant le moyen de limiter l’entropie. En bref, les être vivants utilisent le codage génétique via la sélection naturelle pour conserver l’information permettant une survie (auquel il faut ajouter les informations obtenus via la culture…). Pour l’homme M.Passet présente une voie intéressante en expliquant que la quantité d’information permet de mieux gérer à priori les situations et donc de complexifier les choses à moindre cout (dès lors que l’on respecte les préceptes que vous avez évoiqué sur la bonne nature du progrès). Ainsi l’homme via une gestion optimale de l’information via la révolution informatique notamment pourrait répondre à la complexification et donc aux besoins en intrants énergétiques et autres (cf M.tainter) en optiumisant les éléments.
    Après mes lectures j’avais comme vision de l’avenir une politique économique basée sur l’amélioration de l’information pour complexifier là où ce seraiot nécessaire et simplifier là où cela le devrait selon un mode de calcul ou de pensée proche de ce que vous pronez en conclusion à savoir quantifier le gain pour l’homme et pour le milieu selon un calcul entropique ou disons sur les principes de la thermodynamiques.
    Cependant je souhaitais vous rappeler que rester sur ce second principe est limitatif car la terre est un système ouvert sur l’énergie solaire et donc il faut réfléchir de manière plus ouverte sur ce sujet. C’est vrai qu’à ce jour avec la quantité d’énergie fossile consommée on est plus sur un système fermée mais l’enjeu serait bien de tendre vers un système adaptée à notre situation….
    Si vous voulez me contacter par mail, ce sera avec plaisir car honnêtement c’est le premier discours aussi proche de mes pensées que j’ai trouvé sur le net.

    1. C’est ça le problème, le système capitaliste fonctionne principalement sur la partie fermée du système Terre tout en considérant qu’il est illimité ce qui est faux.

      La terre est un système ouvert, mais uniquement au plan énergétique dont le flux est limité, et pour le reste sur des ressources limitées.

      La vraie révolution intellectuelle c’est d’admettre qu’il est existe une limite aux activités humaines et partant de là d’en déduire que la croissance indéfinie c’est à dire durable est un mythe.

  13. Faire la distinction entre vrai progrès et faux progrés ne revient-il pas à faire celle entre vrai besoin et faux besoin ?

    Ensuite, malheureusement pour l’intellect, les deux aspects ne sont-ils pas indissociablement liés ?: le vrai progrès est en germe ou manifesté dans le faux progrès, le faux peut se dissimuler dans ce qui apparaît comme une évolution souhaitée. Plus que le progrès c’est la liberté qui est importante, celle de n’être aliéné ni au « vrai progrès », ni au « faux progrès ». C’est la liberté de l’esprit en fin de compte. Pour le reste, les choses se font, suivant leur pente et celle-ci n’est pas forcément facilement perceptible quelle que soit la force de l’intellect.

    1. La distinction entre le ‘vrai et le faux progrès » n’est rien d’autre que la philosophie de la vie.
      Pour le sage bouddhiste ou taoïste, le vrai se distingue du faux selon 2 critères:
      – être en accord avec le tao
      – préserver la vie

    2. @Albin

      – être en accord avec le tao
      – préserver la vie

      On va pas aller très loin avec ce genre de critères. Sans compter ceux qui vont être d’accord en changeant juste un mot :

      – « être en accord avec l’évangile
      préserver la vie »

      , par ex… et puis préserver la vie… on peut perdre son temps de vie à essayer d’en donner une définition acceptable par tous. Puisque c’est toute la question et non la solution.

  14. Les Pyramides Egyptiennes sont de merveilleux monuments mais qui veut se rappeler qu’elles, ont été construites par le fouet et la mort de centaines de milliers d’Esclaves et pendant plusieurs générations.?L’entropie se mesure-t-elle d’après le temps passé ou bien qu’en reste-t-il après quelques millénaires.?

    1. Avec le temps l’entropie à la surface de Terre tend à diminuer pour revenir à un état minimal :
      – grâce au flux solaire et sa transformation par la biosynthèse
      – grâce au flux d’énergie venant des profondeurs de la terre qui met en mouvement les continents

      Ces deux flux ont pour contrepartie une augmentation de l’entropie du soleil et du centre de la terre.

      En fait l’entropie se mesure par rapport à deux valeurs de référence : le minimum et le maximum possible dans un système donné car quand elle minimale la liberté d’action est maximale et quand elle est minimale aucune action n’est plus possible. C’est pour cela qu’on à intérêt à l’empêcher d’augmenter.

  15. L’ Univers, la Terre, la Vie, sont des systèmes thermodynamiques loin de l’équilibre,
    en évolution permanente, luttant contre la dégradation de l’énergie, en utilisant de
    l’information pour se structurer et durer.
    Pour autant cette lutte est inégale, et au final la dégradation l’emporte. Au niveau des individus nous appelons cela la mort, et la solution mise au point par la nature pour durer plus longtemps se situe au niveau de l’espèce: c’ est la reproduction, la venue à l’existence d’êtres neufs. L’existence est faite de cette interaction permanente entre énergie et information.
    La perte irréversible de l’information conduit à ce que nous appelons la mort. Voilà pour l’interprétation physique des choses: reste la question du Sens.
    L’information permet d’échanger des messages, ces messages sont en général codés. L’émetteur et le récepteur doivent disposer du même décodeur pour rendre le message intelligible, mais cela ne suffit pas, il faut aussi que le « texte » décodé fasse sens pour les deux parties.
    Supposons qu’un extraterrestre vivant sur une planète d’une autre étoile, nous envoie un message. Supposons que nous arrivions à le décoder et qu’il utilise une grammaire et un vocabulaire proche du notre, il n’en reste pas moins que si le vécu de cet être, son environnement, sont très différent du notre, un certain nombre de mots, de tournures et donc de phrases de son « texte » risquent de ne rien évoquer pour nous.
    Par contre la science étant un langage « universel », il est possible que nous arrivions à nous comprendre sur l’énoncé des lois physiques (celles de notre univers commun, car nous ne pouvons que spéculer sur l’existence d’autres univers réglés différemment ).
    Voilà tout cela pour dire qu’au delà de l’explication physique du monde, des réponses à la question: Comment? Il y a la question du Sens: la réponse à la question: Pourquoi? . Quel sens a notre existence ? Que faisons nous là ? Tout simplement un de nos principaux rôles en ce monde, n’est-il pas du fait de notre pensée réflexive et de notre conscience de donner du Sens à tout cela. N’est-il pas d’enchanter ce monde au delà des lois physiques implacables qui semblent le régir ?
    Notre société actuelle crève de ne se poser que la question des moyens, et non celle des fins.
    Pourquoi s’agiter dans tous les sens, pour produire et accumuler toujours plus de richesses inutiles – en accélérant la dégradation par ailleurs naturelle sur le très long terme de notre environnement – et en dégradant le lien social ? Pour oublier le vide existentiel qui est dans la majorité d’entre nous ? Pour tenter de conjurer en vain notre nature mortelle ? Bien sûr, c’est folie et nous sommes devenus collectivement fous!

    1. pas d’accord, d’un point de vue physique, on ne peut être en dehors des équilibres thermodynamiques, ça n’a aucun sens. Je ne somprends pas ce que vous voulez dire par là, sauf que nous faisons peut-être des choix qui nous conduisent à notre destruction, mais la thermo n’a aucune âme ni aucune morale.

    2. Si on se place sur terrain de l’information, une entropie croissante se traduira par exemple à un moment donné par :
      – toutes les ressources fossiles sont consommées
      – la température moyenne de l’atmosphère a augmenté de 5°C
      – toutes les forêts ont été détruites
      – toutes nappes phréatiques sont épuisées
      – ….

      Ce sont bien des informations que des extra-terrestres pourront interpréter comme un processus de mort en cours sur la Terre.

  16. Ce débat est très intéressant et vraiment lié à notre avenir.
    La notion d’entropie – discutable – est utile si elle permet d’argumenter dans le bon sens. Celui de la raison et de l’économie au sens propre.

    Il est intéressant de noter que la nature fonctionne sur un mode extraordinairement généreux et donc gaspille à tout va, (graines, plantes, spermatozoïdes, etc..). Elle est aveugle, dépendante du hasard et des circonstances. Se dégage alors un équilibre des forces que nous appelons : forêt vierge, harmonie, beauté, etc… J’habite en pleine nature sauvage et je suis toujours frappé par ceci.
    Il apparait donc que l’homme est encore « Naturel » dans ce sens, bio robot avide, avec beaucoup de difficultés à se maitriser. Au départ son moteur était celui de la survie et, une fois que ce problème fut, en tout cas en apparence, réglé, le moteur s’est orienté vers le plaisir. Plaisir mécanique pourrait-on dire, ou naturel (j’en suis un autre). Bref il y a une « force » qui pousse et qui nous condamne à l’action.
    Je pense sincèrement que si les religions avaient vraiment réussi à mettre méditation et contemplation au centre de leur pratiques, nous serions mieux armés pour survivre en tant que race dominante.
    En ce sens, la religion chrétienne, mangée par le « pousse à jouir » occidentalo ricain, fait figure de grande coupable.

    1. Il est vrai que la nature gaspille, mais dans la limite de ce qu’elle est capable de tirer du flux solaire. De plus les gaspillages et les déchets des uns constituent la nourriture des autres et substrat de tous. Chaque espèce ne peut prélever plus que sa nourriture ne se renouvelle sans quoi est condamnée à disparaître, on a donc là de fait une régulation.

      A contrario, l’humanité prélève et rejette toujours plus et ses déchets sont inutiles voire dangereux pour les autres espèces. Ce qui caractérise notre interaction avec la nature, c’est l’absence de régulation du fait de notre capacité à repousser les limites tant qu’on ne bute pas sur une impossibilité.

  17. on ne peut parler de progrès que si une innovation technologique, sociale ou politique conduit à une réduction de la vitesse d’accroissement de l’entropie, en tenant compte des variables environnementales concrètes (climatiques, géologiques et géographiques) des populations auxquelles cette innovation prétend être adressée.

    Comment fait on pour mesurer sur terre (système ouvert) la vitesse d’accroissement de l’entropie? Et pour en déduire quelle part est due à l’homme?
    En supposant qu’on puisse le faire, comment fait on pour décider quelle part telle ou telle innovation a dans cette vitesse d’accroissement?

    A mon avis, l’avenir du progrès dépendra de la capacité de l’humanité à pouvoir distinguer d’un côté les innovations capables de réduire l’augmentation de l’entropie de la planète tout en permettant le maintien et si possible l’augmentation de la qualité de vie de tous les humains qui l’habitent

    mêmes questions plus comment fait on pour mesurer l’augmentation de la qualité de vie de tous les humains qui habitent la terre?

    Si on ne peut rien mesurer avec des critères objectifs, a quoi bon ces définitions servent elles, à part renforcer un dogme plutôt qu’un autre?

    1. Vous avez raison, on ne peut pas mesurer l’accroissement de l’entropie au niveau global et définir une « qualité de vie » au niveau global serait un contresens…

      C’est là que le vieux soixante huitard (j’espère pas trop attardé) ressort le slogan en vogue à l’époque: Penser de façon globale et agir localement. Peut-être que cela serait déjà un sérieux pas en avant de penser chacun de manière un peu différente, en évaluant ne serait-ce qu’à notre échèle l’amélioration de la qualité de vie telle que nous la percevons à l’augmentation de l’entropie que notre désir d’augmentation de notre qualité de vie provoque puis en cherchant à réduire cette augmentation de l’entropie par des choix de qualité de vie moins dépendant de consommations abusives d’énergies et de ressources naturelles et produisant moins de déchets. Cela peut être étendu assez aisément au niveau local pour lequel la qualité de vie dépend de critères assez comparables entre individus, critères liés au climat et au milieu dans lequels on vit.
      L’alternative a été essayée avec la plannification qui prétendait appliquer à l’ensemble de la population des normes de « qualité de vie » ne tenant pas compte des différences interindividuelles. Un produit ou un service était dans le plan ou n’y était pas, avec des quantités telles que prévues par le plan.

      De son côté l’économie de marché, en ne se préoccupant que des besoins solvables , donne la priorité dans les choix de production et de distribution, aux agents économiques disposant de tels moyens de satisfaire leurs besoins solvables. Les autres n’ayant qu’à se plier aux résultats de ces arbitrages de l’économie de marché vis-à-vis des produits et services disponibles et en en subissant les coûts, au sens large, pas seulement monétaires…

      Je pense qu’il faut abandonner l’idée de critères objectifs dans les décisions des agents économiques, pour enfin intégrer que les comportements humains ont une rationnalité bien plus complexe que celle imaginée par les économistes libéraux d’un côté ou les théoriciens planificateurs de l’autre. Les deux modes de pensée étaient issus de la pensée mécanique de Newton avec des interactions simples et reversibles of dans la réalité les comportements humains ne sont pas mécaniques et les résultats des interactions le plus souvent irreversibles, comme en thermodynamique, sauf dans les cas très rares et théoriques où les changements sont infinitésimaux, ce qui a été en grande partie à l’origine de la pensée marginaliste: les interventions économiques ne devaient être que très faible amplitude, le « laisser faire étant préférable à des interventions de l’état ou des gouvernements. On retrouve aussi là la source de la condition d’atomicité des agents économiques, condition essentielles aux modèles de la concurrence parfaite… Le néolibéraux se sont débrouillés pour outrepasser cet aspect pour pouvoir justifier que même quand de très grandes entreprises participaient au marché, ce dernier conservait toute son efficacité. Ce qui n’est bien entendu pas le cas, mais que nombre de théoriciens néolibéraux font semblant d’ignorer, de même qu’ils font semblant d’ignorer qu’il nexiste jamais de condition d’information arfiate (transparence) ni de conditions idéales de circulation des facteurs de production: condition de fluidité…

      Pour revenir au point de départ il me semble que ce ne sera qu’au niveau de la microéconomie, guidée par des règlementations incitatives que l’on arrivera à adapter la demande légitime de satisfaction d’une diversité des attentes en matière de qualité de vie à une production aussi économe en matières premières et en énergie que possible. Mais il faudra aussi une sensibilisation généralisée aux phénomènes d’augmentation de l’entropie par nos actes de consommation en vue de satisfaire nos désirs individuels de « qualité de vie », telle que chacun d’entre nous l’envisageons…

      Paul

    2. On peut pas mesurer l’augmentation d’entropie par une valeur unique mais on peut la constater aisément et quantitativement :
      – surfaces déboisées, bétonnées, désertifiées
      – ressources énergétiques fossiles consommées
      – accumulation des déchets (CO2, nucléaire, décharges…)
      – diminution ou pollution des nappes phréatiques
      – disparition des espèces vivantes
      – régression des ressources océaniques
      -…

      Toute consommation de ressource qui se traduit par une diminution du stock est une augmentation d’entropie.

      La transformation de matière en objet durable n’est pas une augmentation d’entropie dans la mesure ou l’énergie nécessaire a été utilisée avec le meilleur rendement et que l’environnement d’où a été extrait la matière n’a pas été dégradé, en revanche la dispersion de la matière constituant les objets (mise en décharge,rouille, usure..) est une augmentation de l’entropie ce qui ne manque pas d’arriver avec le temps.

      Ce qu’il faut également retenir, c’est que le taux d’augmentation de l’entropie est à peu de choses près une fraction (environ 0,5 pour les pays développés) ou un multiple (environ 1,5 pour les pays émergents) du taux de croissance de l’économie et est donc en accélération. Nous allons dans le mur et de plus en plus vite.

  18. Faire mieux avec moins. D’accord. Mais encore faut-il que contrecarrer l’effet rebond.

    Wikipedia dit :

    D’une manière très générale, l’effet rebond peut être défini comme « l’augmentation de consommation liée à la réduction des limites à l’utilisation d’une technologie, ces limites pouvant être monétaires, temporelles, sociales, physiques, liées à l’effort, au danger, à l’organisation…» 1 Il en découle le corollaire suivant : les économies d’énergie ou de ressources initialement prévues par l’utilisation d’une nouvelle technologie sont partiellement ou complètement compensées suite à une adaptation du comportement de la société.

    Est-ce que l’Homme serait incapable de s’auto-limiter ? Il semble que l’on cherche toujours à se trouver des limites extérieures qui s’imposent à nous, des défis à surmonter que l’on s’invente ou se crée de toutes pièces (à rapprocher du budgétisme de Wiliam H. White cité par Paul Jorion dans La crise du capitalisme américain).

    1. oui, sacré effet rebond…

      je ne comprend pas qu’un commentateur fasse encore l’apologie des sciences et de la technique et arguant de l’amélioration des rendements… oui, les rendements augmentent, mais pour quoi faire (en deux mots) ? Si c’est pour jouer la course technologique, la course au brevet et in fine la course économique, je ne vois pas du tout où se situe le progrès.

      C’est un peu comme les progrès en médecine… croyez-vous franchement que si les maladies pour lesquels des progrès très significatifs ont été réalisés l’auraient été si elles ne touchaient que les classes dominés ?

      Sans renouvellement au travers d’améliorations techniques, comment continuer à faire tourner la mégamachine comme dirait Latouche… ???

    2. L’effet rebond de l’augmentation des rendements agricoles et des progrès de la médecine c’est l’augmentation de la population et l’apparition massive de nouvelles maladies (diabète, obésité… grâce à l’abondance; dégénérescence, maladies génétique… grâce à la médecine) nécessitant la poursuite des améliorations du simple fait que d’une certaine façon on revient à chaque fois à la case départ mais avec des problème amplifiés par le nombre.

  19. Voir la théorie constructale:
    @Paul TREHIN:
    « Pour qu’un système de flux puisse persister dans le temps (pour qu’il puisse survivre), il doit changer sa configuration de telle sorte qu’il procure un accès plus facile aux courants qui le parcourent ».
    la théorie cosntructale repsoe sur le principe de répartition optimale au sein du système de la production d’entropie:
    http://www.ensta.fr/11_juin_2009___colloque__theorie_constructale_et_geometries_multi-echelle___procedes__energetique_et_materiaux/
    et:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_constructale

  20. wei-wu-wei : l’action « juste » dans la non-action est le fondement même du taoisme mais se retrouve aussi dans le vedanta.

  21. Le recours au concept d’entropie ne me paraît pas vraiment utile et même d’un usage dangereux s’il s’agissait de prendre la réduction de la vitesse d’accroissement de l’entropie comme critère ultime de l’activité humaine.

    Certes, les formes de la nature se règlent souvent sur un principe de Maupertuis et la stricte fonctionnalité du Bauhaus n’est pas sans élégance, mais pourquoi se passer de l’exubérance dispendieuse d’un Gaudi ou de l’éblouissement d’une robe d’un soir, ruineuse autant que somptueuse. Nous sommes faits pour jouir, exulter, dépenser. Le but n’est-il pas de rendre la vie plus légère et la mort sans importance ? À quoi bon se restreindre ?

    Ne devrions-nous pas penser à léguer aux mille générations futures le projet d’unir toutes nos plus folles énergies techniciennes afin d’envoyer droit devant un éclat de rire sonore dont l’écho formidable se répercuterait sur trois milliards d’années d’espace-temps, après nous ?

    Vaste sujet que vous allez devoir aborder Paul… Comme je l’ai dit, j’aurais bien aimé aller vous écouter à Paris… Mais cela ne serait pas raisonnable en matière d’augmentation de l’entropie…

    1. C’est pourtant bien de ça qu’il s’agit, et si nous ne le faisons pas nous n’aurons pas à penser aux mille générations futures car elles n’existeront pas. Le stade où nous sommes arrivés correspond à un mode de vie qui ne durera pas plus d’une génération après la nôtre.

      Votre souhait de jouir sans restriction tout en permettant l’existence de générations futures est irréalisable.

    2. C’est pourtant bien de ça qu’il s’agit. L’augmentation indéfinie de l’entropie conduit inéluctablement à l’épuisement de toutes les ressources et à la dégradation irréversible de l’environnement, il est donc illusoire de penser qu’il existera mille générations futures pour admirer nos exploits. Au rythme ou allons, la fête sera terminé avant la fin du XXI siècle.

    3. Yes, après nous, le déluge! Mais quand même, il y a de beaux projets poétiques de vie exubérente avec l’idée de ne pas se comporter en gros porcs. Perso, j’ai comme une nostalgie de ce qui émane des textes animistes très poétiques des amérindiens, sans pour autant en connaître plus que leur simple lecture (« Terre sacrée » de Serge Bramly par exemple).

    4. D’ailleurs, le chef amérindien Geronimo a dit un jour : Quand le dernier arbre aura été abattu – Quand la dernière rivière aura été empoisonnée – Quand le dernier poisson aura été péché – Alors on saura que l’argent ne se mange pas »

  22. Les considérations critiques sur la notion de progrès sont indispensables, quoique fort tardives, à une époque où l’industrialisation du monde aveuglé par le mirage de la Technologie et les mensonges des chercheurs stipendiés a rendu la planête et tous ses habitants malades.

    Je reprocherai à votre texte de prendre en compte une notion littéralement pacifiée « d’êtres humains » alors que le désordre principal est la conséquence des luttes permanentes, quoique dissimulées, qui agitent la civilisation.
    Ces luttes pour le pouvoir et l’argent sont l’essence du désordre.

    1. @ Marlowe

      Ces luttes pour le pouvoir et l’argent sont l’essence du désordre.

      Pfouuu ! Deux ballons sur un terrain de jeu, ça fait beaucoup, non ? Enlevez donc l’argent, simple hochet, anecdotique, et gardez le pouvoir, vous suivrez mieux le déroulement du match…

  23. Beaucoup de choses ici, et des bien pensées.

    De mon point de vue, quelques axes de réflexion sont à ajouter.

    1) Le passage d’un fait physique, d’un concept (la mesure du désordre dans ce cas) basé sur des expériecnes simples, à un système plus complexe (l’humanit é dans son évolution et par rapport à son environnement) ne peut se faire par simple transposition. Ce qui caractérise immédiatement l’éléphant n’est pas ce qu’on en voir au microscope, même si ce que dit le microscope est vrai.
    A mon sens, tout ce qu’on fait dire ici au deuxième principe de la thermodynamique relève de ces généralisations abusives.

    2) Si l’on recentre le débat sur une utilisation meilleure, plus efficace, de l’énergie et des matières premières, on peut qualifier notre histoire récente – le siècle passé – de moment d’énergie facile. En effet, c’est LA condition d’extraction, de transformation de la matière dans le sens de notre intéret, tel qu’il est perçu. Energie animale, humaine, bois, puis charbon, et enfin le graal : le pétrole. Producteur d’énergie chimique, mécanique, calorifique. Dense en énergie. Liquide et donc transportable.
    Cette dimension de recherche d’énergie facile se continue avec le nucléaire, ce qui veut dire qu’il n’y a pas encore de mouvement de fond de décroissance d’usage énergétique. Mais ça viendra tout seul : pourquoi essayer de nous convaincre, les réalités géologiques nous rattraperont – et plus tôt qu’on ne le croit.

    3) Le progrès est une donnée finalement très culturelle. Otons les subjectivités de tout poil, il en reste une maitrise de la matière. Mais il n’y a pas de finalité interne au progrès : il est une avancée des connaissances et des procédés. Il n’assigne aucun but. C’est l’utiulisation qui en est faite qui est soit bénéfique, soit mortifère. Autrement dit, à l’évolution associée au progrès, doit se rajouter une réflexion sur l’évolution des finalités de la société des hommes.
    A ce que j’en vois, nous n’en sommes qu’aux balbutiements.

    4) Je suis fort sceptique sur une évolution par prise de conscience. Notre histoire montre que la ligne qui gagne est celle de la plus grande pente – je veux dire par là du plus facile. Par contre, l’Evolution montre que l’environnement a des ressources pour infléchir toutes les trajectoires, et, encore une fois, les réalités physiques, géologiques, les mécanismes d’ajustement des cycles géologiques et des cycles des éléments devraient « tout naturellement » faire converger tout cela.

    Ah oui, ce sera une tragédie, et elle risque de durer longtemps. Mais posons-nous la question : sommes-nous réellement en train d’essayer de l’atténuer, ou d’en atténuer les effets ?

    1. Beau texte sans doute encore très largement à complèter .

      Je m’accroche ici , en notant aussi toute la richesse et la pertinence de ce qui a été commenté jusqu’à là . En paresseux ( parce que depuis le temps que je me pose les questions mises en musique par Paul Trehin , je n’ai encore modestement pas fondé de véritable opinion totalement satisfaisante et traduisible en action simple , et pourtant la qualité et la possibilité même de notre avenir en dépend ) , j’ajoute ces quelques flashs :

      1- Deux auteurs que j’ai déjà cités sur la technique , sinon la technologie : Marcuse ( a priori politique de la technologie dans  » l’homme unidimensionnel » ) et Cazeneuve (deux types de vie matérielle correspondant à deux types d’utilisation des technologies : piller la nature ou la transformer dans  » l’ethnologie » )

      2- Jacques Attali :

      « peu importe qui invente une nouvelle technologie, c’est celui qui est en situation politique, culturelle , financière de la mettre en oeuvre , qui l’emporte  »

      « Le coeur doit aussi être capable de créer des institutions bancaires assez audacieuses pour oser financer les projets d’une classe créative , mettant en oeuvre des technologies nouvelles , permettant de transformer le service le plus envahissant du moment en objet industriel  » .

       » le lien entre terchnologie et sexualité structure la dynamique de l’ordre marchand  »

       » nombre d’innovations majeures sont le produit de chercheurs payés sur fonds publics pour trouver tout autre chose » .

      3 – le LHC à Genève et ITER : faux espoirs ?

      4 – c’est vrai , comme il a été dit que la nature gaspille beaucoup ( nos propres spermatozoïdes en autres ) mais à mon sens il y a une grande différence avec la manière dont nous gaspillons ( et notre urgente et principale piste d’action humaine est sans doute dans l’anti-gaspi , l’Ademe en sait quelque chose ) : elle recycle ses propres déchets très vite et quasiment totalement . C’est aussi une autre action urgente et accesible : moins de déchets , recyclage maximal des déchets .

      5 – plutôt que d’éclater de rire pendant trois milliards d’années ( de temps tout court ) , je souhaite être traité à ma mort comme un déchet suffisamment décomposable et recomposable pour m’assurer une étenité ( si ce terme à d’ailleurs bien un sens ce dont je ne suis pas sur) ,pour continuer à mon étrange niveau de recomposition à chercher la fin de l’histoire ( si là aussi cette notion , ou ce concept , ou ce paradigme , ou … ont un sens )

      6 – J’ai eu à travailler pendant deux ans à ce qui s’appelait alors le SSA ( service spécial des autoroutes ) à Aix en Provence dans les années 64 – 68 , et je peux confirmer à Paul Trehin que , non seulement les autoroutes en France ont mis leurs pas le plus souvent dans ceux des voies romaines , mais que les voies romaines elles mêmes ont souvent enprunté sans le savoir des itinéraires de transhumances des ….dinosaures .

      7- Pour moi la technique et la technologie restent des outils incomparables pour « agir » ( en bien ou « en mal » mais ça n’est pas la science qui donne le label ) sur le « réel » présent . Il reste , pour faire un monde vivable et vivant à réussir la sauce avec l’empathie ( passé) , la prise de risque explicable et acceptée ( futur pas trop lointain ) et la créativité sans laquelle nous ne serions déjà plus là ( hors du temps) .

      Là où Attali se recompose par la finance , la technique , la culture , l’institution politique et la créativité , je fais fonctionner mon moteur à 4 temps : passé ( empathie , culture ) , présent ( technologie , droit ) , hors du temps ( créativité ) ,futur ( politique ) .

      Ce qui me distingue de lui serait donc la place de la finance qui est pour moi dans l’idéal , un moyen à classer au rang de « medium  » permettant de relier mes quatre pistons et rendre le moteur opérationnel . Sauf que le medium dans une version capitaliste a envahi et s’est approprié le piston « présent » , le piston  » futur » , un peu le piston « passé » et qu’il achète de plus en plus le piston  » créativité -hors du temps »

      Il faut sans doute dopper le medium peuple et démocratie , pour désinfecter la machine et rendre au piston futur – politique son rôle prééminent dans le premier temps de lancement du moteur .

      Pour le sexe , j’hésite encore à le situer ( conceptuellement …! ) .

      8- j’attends beaucoup du discours d’Europe Ecologie dans les deux ans qui viennent pour apporter de l’eau au moulin afin de commencer à progresser dans les toutes premières réponses au questionnement suscité par Paul Trehin ( et d’autres avant , pendant et après lui ) .

    2. Mais posons-nous la question : sommes-nous réellement en train d’essayer de l’atténuer, ou d’en atténuer les effets ?

      La réponse est non puisque 100% des pays sur Terre sont engagés dans la course à la croissance de la consommation matérielle et énergétique. Nous sommes au contraire volontairement en train de les aggraver en se donnant bonne conscience avec des hochets écologiques et le concept fumeux de développement durable.

    3. Je suis fort sceptique sur une évolution par prise de conscience.

      Vous avez d’autant plus raison de le penser que la prise de conscience a déjà eu lieu il y a 40 ans et n’a cessé de se renforcer depuis. Ce n’est donc pas un problème de prise de conscience du problème écologique mais de prise de conscience que c’est le système économique dans lequel nous sommes piégés qui nous conduit à notre perte, et là nous en sommes bien loin car l’immense majorité des élites et une partie importante de la population sont persuadées que le système économique actuel est indépassable et n’a pas d’alternative.

      Le fond problème c’est qu’on cherche désespérément une solution à l’intérieur d’un système qui n’en a pas, alors que la solution c’est de changer de système.

  24. J’ai du mal à adhérer à la formule :

    Progrès = Baisse de l’augmentation de l’entropie

    Cela ressemble trop à un processus d’optimisation.
    On part de l’existant et on l’améliore, le champ du progrès me semble alors extrêmement limité.

    Quid de la créativité ? De la curiosité ?
    Et que penser de l’exploration spatiale ?

    1. Le vivant lui-même est un processus de maintien de l’entropie. L’augmentation d’entropie d’un être vivant correspond à une diminution des facultés et conduit à sa mort.

      L’augmentation d’entropie c’est la destruction et la mort, c’est donc le contraire d’un progrès.

    2. La créativité et la curiosité sont en effet les seuls moyens de lutter contre un accroissement trop rapide de l’entropie. Sans créativité ni curiosité nous serions encore probablement en train d’essayer de nous réchauffer en brulant des tonnes de bois pour nous réchauffer à l’entrée d’une caverne. (je reviendrais plus tard sur cette remarque)

      J’ai parlé dans un de mes précédents messages de l’exploration spatiale, ne serait-ce qu’au travers de la comparaisons entre l’accroissement de l’entropie liée à la pose de cables sous marins pour assurer des communications transatlantiques, ce qui a représenté un emploi extrêmement iportant de ressources non renouvlables comme le Cuivre des câblesposés au fond des océans: un câble de cuivre d’environ 4200km et de 7000 tonnes de cuivre transportait 36 puis 48 lignes de communication téléphoniques vocales posé à l’aide de navires cabliers consommant de milliers de tonnes de mazout, et pour couronner le tout le cerusement d’une tranchée au fond des océans détruisant au passage un environnement précieux en espèces végétales rares, juste pour que le câble ne soit pas soumis aux courants marins profonds ni aux attaques des crustacés et coquillages… Face à cela; les satelllites géostationnaites pesant en moyenne moins d’un millième du poids du cable et envoyés en orbite certes avec de grosses dépenses énergétiques mais cent fois moindres que celles utilisées par les navires câbliers, et au final transportant entre 10000 et 1000000 de fois plus de données et de communications vocales et en plus des caneaux de télévision.

      Par ailleurs l’exploration spatiale peut déboucher et a déjà débouché indirectement sur des applications civiles, entre autre en informatique. Je ne donnerait ici qu’un exemple anodin: c’est grâce aux recherches dans l’exploration spatiale qu’a été découvert le film plastique isolant dont on peut tirer les couvertures de survies ultralégères que tout randonneur avisé devrait systématiquement emporter avec lui… Plus sérieusement la nécessité d’embarquer plus de puissance de calcul avec moins de poids embarqué a conduit à l’invention des circuits intégrés à très haute densité.. les avions de lignes ne pourraient voler sans des programmes super puissants rendus possibles grâce à ces circuits. Certains me diront pourquoi voyager autant? N’est-ce pas un gaspillage d’énergie. Je répondrais que quand le voyage a pour but la rencontre avec l’autre, c’est une énergie utilement dépensée. Je sais bien que tous les voyages ne sont pas de cette sorte… Si on a cependant la curiosité dont vous parlez, on apprend toujours en voyageant. Et apprendre c’est réduire l’entropie au moins au niveau individuel et par effet domino de transmettre cet apprentissage autour de soi, un « soi » de plus en plus vaste, même s’il est virtuel.

      En matière de créativité on peut distinguer d’un côté les petites, moyennes et grandes améliorations de produits et services existant de modes de créativités plus fondamentaux, que la philosophe des sciences Margaret Boden appelait la créativité « dure » Hard Creativity »;

      « [La créativité dure, c’est quand] “le monde a évolué de manière différente non seulement de la manière dont nous pensions qu’il le ferait, mais même de la manière dont nous pensions qu’il le pourrait.”
      Margaret Boden

      Hard Creativity
      [It is when] “the world has turned out differently not just from the way we thought it would, but even from the way we thought it could”

      M. A. Boden, « The Creative Mind, Myths and Mechanisms », Basic Book, 1992

      C’est dans ces cas où il est très difficile de dire si cette créativité constitue un réel progrès… Car là on n’a plus de repères, on est alors dans un nouveau paradigme… Tant qu’on améliore un produit ou processus déjà existant on peut arriver à en mesurer le progrès, du moins selon des acceptions admises dans l’environement culturel dans lequel cette évaluation est faite.
      On lira avec intérêt « La structure des révolutions scientifiques » de Kuhn montrant combien est forte la résistance à l’innovation scientifique ou technologique de la catégorie décrite comme créativite dure au sens de Margaret Boden, même et surtout peut-être au sein des scientifiques eux mêmes.
      La créativité dure va au delà du non conformisme, ce dernier est en effet construit sur une base d’opposition à ce qui existe déjà mais en ce sens il trouve dans cet « existant » les racines de sa créativité…

      A mon avis pour arriver à lutter contre l’accroissement de l’entropie il faudra faire appel à de la créativité dure, les améliorations, même iportantes, ne suffiront pas

      Quand Buckminster Fuller a proposé ses structures architecturales pesant 100 fois moins que les structures architecturales utilisées auparavant pour couvrir une superficie égale ou supérieure, il ne s’agisait pas d’optimisation ni d’améliorationde processus exizstants, bien qu’il y ait eu une énorme réduction dans l’utilisation de matières premières et d’énergie pour mettre en place ces structures (Cherchez « Dôme Géodésique Buckminster Fuller » avec Google ou autre moteur de recherche)
      La question pourrait alors être: « Pourquoi aurions nous besoin de couvrir plue de superficie et même en avons nous besoin. Mais si on applique cette tchnologie à la construction de logements n’est-il pas utile de pouvoir le faire en utilisant moins de matériaux et moins d’énergie, tout en obtenant plus de place pour vivre ainsi qu’une meilleure protection contre les aléas climatiques?

      Paul

    3. L’exploration spatiale est une aventure humaine extraordinaire, mais elle souffre de gros handicaps :
      – elle sera nécessairement très coûteuse en énergie, infiniment plus coûteuse que toute exploration ayant eu lieu dans le passé
      – elle crée le mythe qu’il existe une porte de sortie à nos problèmes et donc comporte le risque d’une fuite en avant dévorant les ressources restantes
      – rien ne garanti qu’elle puisse déboucher sur une solution quelque soit l’effort fourni, c’est même l’inverse qui est le plus probable

    4. Vous inversez une formule qui est plus n’est pas complète, par conséquent il serait plus correct de dire :
      – à service utile rendu égal, la baisse de l’entropie est un progrès
      – la suppression d’un service inutile entraînant la baisse de l’entropie est un progrès
      – tout service supplémentaire devrait se faire à entropie constante pour être un véritable progrès

      Augmentation de l’entropie = diminution de la liberté, c’est-à dire qu’une satisfaction éphémère obtenue par une destruction de ressources ne pourra jamais être compensée car même très faible la liberté perdue l’est perpétuellement.

  25. 1. Marlowe dit :
    15 janvier 2011 à 19:10
    « Les considérations critiques sur la notion de progrès sont indispensables, quoique fort tardives, à une époque où l’industrialisation du monde aveuglé par le mirage de la Technologie et les mensonges des chercheurs stipendiés a rendu la planête et tous ses habitants malades. »
    Des critiques du progrès ou de ses avatars ont été faites depuis très longtemps, mais qui voulait les écouter et surtout les entendre ?
    Dès 1855 Eugène Huzard écrivait un livre au titre explicite : La fin du monde par la science (livre réédité après que J.-B. Fressoz ait redécouvert cet auteur.
    « La main humaine, en frappant les forêts, peut amener des révolutions dans l’état atmosphérique, des débordements des fleuves, des inondations, […] des épidémies. »
    « Ces centaines de billions d’acide carbonique et d’oxyde de carbone pourront bien troubler un peu l’harmonie du monde. »
    Petite citation extraite du site web suivant :
    http://www.lesgeniesdelascience.fr/ewb_pages/a/actualite-une-critique-du-progres-19065.php
    Lors d’un congrès scientifique au tout début du 20ème siècle (1908, si je me rappelle bien), un des chercheurs prévoyait l’épidémie du SIDA sans la nommer bien entendu : « Avec les progrès des transports disait-il, si une maladie contagieuse grave apparaissait en un point quelconque de la planète, elle se répandrait à une rapidité foudroyante. » (Je n’arrive pas à retrouver les références de ce discours visionnaire…)
    Plus récemment qui a vu derrière la fiction du « Meilleur des mondes » d’Aldous Huxley, écrit en 1931, la réalité qu’il entrevoyait avec une lucidité dramatique.
    J’ai déjà cité les travaux de Vance Packard « The Waste makers » publiés en 1960 (récemment traduits en français sous le titre : « L’Art du gaspillage »)
    Dans le domaine de la technologie numérique, Norbert Vienner
    N. Wiener, « The Human Use of Human beings, Cybernetics and society », Doubleday NY 1956, Edition Française : « Cybernétique et société », collection « 10/18 », Paris, 1971 et d’autres auteurs ont produit des livres phares sur les potentialités du numérique et ses dangers aussi.
    Mais l’aveuglement dont vous parlez à propos des sciences et les mensonges des chercheurs stipendiés ont aussi été perpétrés en sens inverse par des personnes dont les intérêts étaient contredits par certaines découvertes scientifiques ou technologiques, saviez vous que l’état catastrophique dans lequel le réseau téléphonique français se trouvait encore dans les années 1970 tenait au refus des industriels de la téléphonie française, soutenus par des appuis politiques haut placés(Georges Pompidou), de prendre en compte les possibilité de l’électronique dans des centraux téléphoniques. avec leur humour railleur les français disaient que la France était divisée en deux : 50% des français attendaient d’être raccordés au téléphone et les autres 50%, raccordés au téléphone attendaient « la tonalité ».
    Plus généralement dans l’appréciation négative du progrès, ne passe-ton pas un peu trop vite sous silence les catastrophes humaines que furent les famines et les épidémies qui ont persisté jusqu’à la fin du 19ème siècle ? La peste noire ou plus scientifiquement la peste bubonique a tué entre 1348 et 1352, 25 millions d’Européens…
    Selon mon analyse l’erreur a été d’appeler progrès des innovations ne profitant qu’à une toute petite minorité cela au dépends de ravages humains et environnementaux.

    Vous dites ensuite Monsieur Marlowe : « Je reprocherai à votre texte de prendre en compte une notion littéralement pacifiée « d’êtres humains » alors que le désordre principal est la conséquence des luttes permanentes, quoique dissimulées, qui agitent la civilisation.
    Ces luttes pour le pouvoir et l’argent sont l’essence du désordre. »
    Je ne peux qu’approuver votre conclusion, la cupidité que ce soit pour des biens matériels ou pour le pouvoir sont de phénomènes indéniables.
    Cependant il est faux de dire et même de penser qu’agressivité et cupidité sont les seuls moteurs des comportements humains. J’espère que le livre de Jeremy Rifkin « The Empathic Society » va bientôt être traduit en français. L’auteur y démontre qu’au contraire la plus grande partie de l’évolution humaine a été causée par un processus évolutionniste mettant en branle les facteurs empathiques plus que les facteurs d’agressivité et d’égoïsme.
    Il est très conscient que l’humanité est sur une pente dangereuse vis-àvis de sa survie et regrette cependant que notre avenir soit si obscurci par l’évolution industrielle et commerciale, au moment où les gaspillages des siècles passés et des décennies les plus récentes , aboutissent enfin à la disponibilité de moyens d’échanges matériels ou virtuels, source du développement d’une empathie mondialisée comme elle ne l’a jamais été.
    Je ne vais pas commenter plus loin ce livre de 600 pages, très documenté. Je donnerais simplement un exemple vécu des changements en matière d’empathie :
    Je participe à plusieurs forums sur internet , sur des sujets très divers : celui- ci assez sérieux et d’autres plus dans le domaine des loisirs : la photo est une de mes passion, je la pratique depuis l’âge de 15 and et je vais bientôt en avoir 65…
    Sur toutes ces discussions au travers d’internet, un point commun ressort : un très grand nombre de contributions se font, à titre gratuit, bien entendu, pour aider une personne que l’on ne connaît pas, du moins pas encore. En écrivant ces réponses les internautes déploient souvent des efforts de recherches approfondis, juste pour donner une réponse appropriée à une question précise. Parfois de ces rencontres virtuelles sortent des rencontres réelles et même des amitiés sincères.
    A ce sujet, je serais enchanté de pouvoir rencontrer « en vrai » le plus grand nombre de membres participant à ce blog, lors d’un événement qui pourrait nous réunir sur une thème particulier…
    Toujours à propos d’une participation sociétale tenant en fait d’une forme d’empathie, j’ai déjà parlé de la manière dont de nombreux standards de communication entre ordinateurs de marques différentes ont étés développés par des interactions non marchandes, sur des réseaux précurseurs d’internet (Arpanet et autres…) grâce à des bonnes volontés prêtes à faire des propositions de solution, d’une côté, et à d’autres bonnes volontés prêtes à tester ces propositions de solutions de l’autre. Ni les organismes réglementaires officiels ni la concurrence entre entreprises du secteur de l’informatique n’y étaient arrivées. Puisqu’il n’y avait pas de motivations liées à un quelconque intérêt matériel personnel, on ne peut attribuer la participation de toutes ces « bonnes volontés » qu’à un désir de se sentir utile, de résoudre un problème…
    Ce processus de développement de solutions en réseau a un nom « Request For Comments » (RFC)
    On trouve de plus en plus sur internet des individus créant des programmes avec pour seul but de les mettre à la disposition de la communauté internet sous forme de programmes OPEN SOURCE, c’est-à-dire librement et gratuitement accessibles à tous. On est loin des motivations agressives et égoïstes.
    Mais ce genre d’évolution n’exempte pas la société de se poser des questions sur les résultats possibles de ces innovations, quand bien même elles ne seraient pas créées à l’origine par les « méchantes puissances » capitalistes et financières. En fait ce genre d’innovation subit souvent l’opposition de ces puissances de l’argent…
    Et si un processus semblable aux « Request For Comments » (RFC) constituait un progrès par rapport aux mécanismes du marché qui ne peuvent ajuster les besoins de biens et services et les capacités de production et de distribution de ces biens et services qu’à postériori : un entrepreneur, quelle que soit son domaine d’activité, crée un produit ou une service puis doit attendre les réponses des clients ou usagers pour savoir si sa création était en accord avec les attentes des clients ou usagers.
    Peut-être qu’un processus de consultation des clients et usagers à priori serait une meilleure manière de proposer des biens et services que de jouer à la roulette russe du marché, ou d’imposer le dictat du plan… Cela demanderait bien entendu moult analyses et tests de faisabilité ainsi que la mise en place de protections contre l’intrusion dans la vie privée des membres de la société. Les idées de nouveaux produits ou services pourraient même venir des usagers eux-mêmes au lieu d’être imposés par des industriels essayant de deviner ce qui leur rapporterait le plus en espérant trouver des clients pour payer les saletés (je reste poli) qu’ils nous imposent…
    Avez-vous remarqué qu’internet a déjà pas mal changé le rapport entre producteurs et acheteurs au travers des sites marchands. Chaque fois que j’achète un produit sur un site marchand le programme du site marchand me demande si je veux bien évaluer le produit ainsi que la qualité du service rendu. En contrepartie, quand je dois acheter un produit de cette manière, je regarde les avis des internautes qui m’ont précédé dans la démarche d’achat.
    Très rapidement : pensant avoir un meilleur conseil quand j’ai voulu acheter un appareil phot numérique, je suis allé chez un commerçant local (j’avais un peu exploré les caractéristiques des produits sur internet) or le commerçant n’a eu de cesse que de me proposer l’appareil qu’il avait en stock m’en ventant les qualités et démolissant celles des autres produits qui avaient attiré mon attention. Je ne vais pas m’étendre sur ce cas plus longtemps… La possibilité de connaître l’avis d’autres utilisateurs avant de prendre une décision est-elle un progrès ? Je pense que oui. Bien entendu dans une société artisanale très localisée on avait ce genre de conditions dans la mesure où toute la population du village connaissait la réputation des artisans… Mais par ailleurs à moins d’avoir de gros moyens, on devait se contenter du modèle existant…
    Dans son excellent livre « Predictably Irrationnal » sévère critique des modèles néolibéraux, Dan Ariely analyse certains de ces rapports humains existant tant au sein des entreprises qu’entre client et fournisseur montrant à quel point les aspects affectifs influencent les comportements humains dans leurs composantes économiques. Encore un livre qu’il est dommage qu’il ne soit pas traduit en français…
    L’analyse de ce qu’on pourra appeler progrès ne pourra pas faire l’économies dune recherche plus profonde dans la compréhension de ce genre de comportements bien plus complexes que la rationalité économique telle que définie par les néolibéraux.

    A ce propos, et si vous ne l’avez déjà lu je vous recommande vivement de lire le livre de Joseph Stiglitz, « Le triomphe de la cupidité », critique bien plus sévère du capitalisme de marché que même « le Manifeste des économistes atterrés »

    Paul

    1. Cependant il est faux de dire et même de penser qu’agressivité et cupidité sont les seuls moteurs des comportements humains.

      Entièrement d’accord, c’est seulement le logiciel du capitalisme.

    2. à Paul Tréhin,

      Vous ne répondez pas à ma critique considérant la pacification abusive de la société qu’induit l’usage du terme « être humain ».
      Par ailleurs je ne parle ni d’agressivité ni de cupidité mais de luttes pour le pouvoir et pour l’argent.
      Cette remarque signifie que je ne considère pas les éventuels ressorts mais les luttes réelles et les rapports de force dans la société.
      Dans un monde qui s’est transformé depuis quelques années en cabine téléphonique je ne pense pas non plus que le terme entropie soit le plus adéquat pour qualifier ce monde.
      Ce nom semble appartenir à un vocabulaire technique et scientifique et je ne vois pas comment il est possible d’utiliser le langage de l’ennemi pour critiquer l’ennemi.
      Pourquoi ne pas dire désordre et/ou inertie ?
      Je vois dans le Grand Robert que Claude Lévi-Strauss utilise entropie comme équivalent d’inertie et que Jacques Monod l’associe au désordre.
      Pour les grand noms de la critique moderne de la Technique, n’oubliez pas Jacques Ellul, Bernard Charbonneau et plus près de nous Serge Latouche et le groupe qui édite des livres aux éditions de l’Encyclopédie des nuisances.
      Quant au désir de rencontre de certains, je suis en grande sympathie avec vous.
      Toutefois n’oubliez pas que certains vont sur des sites de rencontres pour ne pas faire de rencontre.

      marlowe@orange.fr

    3. L’entropie ne fait pas partie du vocabulaire de l' »ennemi », bien au contraire il la nie quand il ne l’ignore pas tout simplement.

      Les théories et les modèles économiques ne prennent pas en compte l’épuisement des ressources ni la pollution, tout se passe comme si l’économie fonctionnait en circuit fermé et était réversible à la manière de la mécanique classique. Quand on les questionne sur ce sujet, les économistes libéraux disent simplement qu’on trouvera toujours un substitut (grâce au signal prix) et qu’on finira par savoir réparer les dégâts (il suffit simplement d’en incorporer le coût dans le prix), ils affirment que l’ingéniosité humaine, la technologie et les mécanismes de marchés règlent toujours les problèmes.

      Plus que de désordre, le concept d’entropie parle d’irréversibilité c’est à dire du fait qu’on ne peut pas revenir à la situation initiale : par exemple les stocks d’énergies fossiles consommés ne peuvent pas se reconstituer du moins dans la durée de l’espèce humaine, il en est de même de l’accumulation de certains déchets (nucléaire, CO2, métaux lourds,…) qui ne peuvent pas être épurés dans un délai raisonnable (une partie du plomb rejeté dans l’antiquité pollue encore dans les océans).

    4. à epapel,

      Le problème dans les tentatives de dialogue est le sens qu’on donne à un mot.
      Ayant cherché entropie dans le Grand Robert, je n’ai trouvé que les deux équivalents que je cite : désordre et inertie.
      Vous semblez lui donner un sens un peu différent ce qui fait que nous ne parlons plus de la même chose alors que nous sommes peut être sur la même longueur d’onde.
      Par ailleurs je n’aime pas l’utilisation de termes issus de la pseudo objectivité scientifique.
      Je veux dire par là que le monde à critiquer est bien le capitalisme industriel, car les deux ont tracé leur route la main dans la main, en s’appuyany sur ce qui peut être nommé la technoscience, pour le meilleur et le pire.

    5. @marlowe

      Vous avez raison, la notion de réversibilité est associé au second principe de la thermodynamique qui stipule que la variation d’entropie est toujours croissante dans les processus irréversibles et nulle dans les processus réversibles.

      Le second principe est un principe d’évolution qui stipule que toute transformation réelle s’effectue avec création d’entropie, ce qui est donc le cas de toutes les activités humaines.

    6. Je ne suis pas d’accord avec vous sur l’association obligatoire capitalisme, industrie, techno-science car si les deux derniers termes sont des facteurs évidents d’aggravation des problème ils n’en sont pas la cause première.

      C’est bien le capitalisme en tant que base du système économique qui nécessite la croissance perpétuelle pour se maintenir et qui ne peut que conduire à l’épuisement des ressources et la pollution de l’environnement. Le capitalisme est apparu en Europe aux XII-XIII siècles bien avant la révolution industrielle (XVIII) et la techno-science (XIX) c’est deux dernières ayant seulement permis la poursuite de l’aventure avec des moyens plus puissants.
      En effet, c’est l’épuisement des ressources forestières qui a conduit les britanniques à se tourner vers le charbon dès le milieu du XVII et c’est l’invention de la machine à vapeur qui a permet l’accès au charbon à de grandes profondeurs au début du XVII (en asséchant et ventilant efficacement les mines). Il faut également noter que la croissance est venue également via l’expansion coloniale consécutive à la découverte des Amériques au détriment de populations natives qui ont du proprement s’effacer.

      Pourquoi le capitalisme a-t-il besoin de la croissance pour se perpétuer ? Tout simplement parce qu’il fonctionne par le mécanisme de concentration des richesses – d’où son nom – qui appauvrirait une partie de plus en plus importante de la population s’il n’était pas compensé par une augmentation globale des richesses (c’est qui est en train d’arriver en Europe et aux USA avec la diminution de la croissance et la destruction des mécanismes de redistribution).

    7. J’ajouterais pour terminer que c’est pour cette raison que ceux qui pensent que le capitalisme est le seul système possible, ne peuvent promouvoir autre chose que la croissance perpétuelle car ils savent trop bien qu’elle est la condition d’existence de ce système.

    8. à epapel,

      Je pense que le capitalisme a pris véritablement son essort avec la formidable accélération de la « révolution industrielle » et qu’on ne mesure pas combien les deux guerres mondiales ont contribué à son essort.
      Je pense que l’accumulation de capital, pour laquelle l’appropriation privative est une condition indispensable, est le facteur central mais la technoscience a accompagné ce développement et c’est elle de nos jours, avec le développement insensé de l’informatique et le remplacement de l’humain par des programmes qui supprime massivement le travail qui était, par la création de la plus value, le ciment du capitalisme.
      Le capitalisme a donc du se tourner sur la spéculation pour continuer son développement.
      Cette nouvelle direction est aussi l’annonce de sa fin.
      Le fait que le capitalisme soit entré dans la phase des soins palliatifs contribue à allonger son agonie mais ne le fera pas renaître, sauf miracle (!)

    9. Nous sommes donc à peu près d’accord. Il est un fait que sans la techno-science et la puissance industrielle, nous n’aurions pas une véritable capacité de destruction de l’environnement dont nous dépendons, et que nous serions finalement régulés comme les autres espèces vivantes.

      Mais la techno-science et l’industrie ne sont jamais que des moyens au service du capitalisme. La limitation et la critique de la techno-science et de l’industrie ne peuvent que retarder l’issue si on ne s’attaque pas au capitalisme lui-même.

      La dernière évolution du capitalisme l’ayant amené à devenir de plus en plus financier montre à quel point il nie les contraintes du monde réel, et nous sommes arrivé au paroxysme d’un système économique prométhéen qui se croît dégagé de toute limite matérielle.

    10. à epapel,

      Vous dites que la technoscience et l’industrie sont des moyens pour le capitalisme.
      Je pense que c’est vrai mais c’est aussi plus que cela : je crois que l’économie dans son mouvement est l’histoire réelle inconsciente du monde et donc aussi de la technoscience et de l’industrie.
      D’autre part les scientifiques et les techniciens « de haut vol » sont les héros de l’histoire.
      L’exemple négatif de certains d’entre eux qui ont ébauché une critique du système est là pour montrer que l’air d’innocence des autres n’est qu’une posture.
      Depuis que les hommes et les femmes « de science » sont devenus des experts stipendiés, on voit comment ils mentent.
      N’oublions non pas non plus l’importance des guerres dans le développement de la science et des techniques.
      Le nucléaire n’est pas le seul exemple.
      Considérez aussi l’histoire de l’Allemagne qui a su conserver son industrie et des USA qui ont su la perdre au profit de l’industrie du divertissement.

      marlowe@orange.fr

    11. Il est vrai que la techno-science tend à vouloir s’autonomiser suivant des projets qui lui sont propres, mais elle ne peut le faire que dans la mesure où la sphère du capitaliste financier lui octroie les moyens nécessaires.

      Or les moyens sont accordés non pas en fonction de l’éthique ou des lubies des scientifiques mais seulement si les innovations projetées sont susceptibles de générer des profits substantiels.

      On reste donc là entièrement dans la logique capitaliste, la seule liberté accordée aux scientifiques étant de pouvoir faire coïncider leur logique avec les intérêts du capitalisme.

      Ceci dit, une techno-science dotée du pouvoir d’agir selon ses désirs ne vaudrait pas sans doute pas mieux. Mais il est relativement facile de la contrôler si on tient les cordons de la bourse, l’accès aux brevets et les autorisations de déploiement.

    12. La guerre n’est qu’un contexte particulier où toute considération qui ferait obstacle aux buts de guerre est rejetée et où tout ce qui concourt à les réaliser est mis en œuvre. Donc tout peut-être inféodé aux buts de guerre, y compris la substance même de la survie. Pas étonnant que les progrès scientifiques et techniques s’accélèrent en temps de guerre.

      La guerre n’est finalement que le paroxysme de la prédation qui peut aller jusqu’à la destruction pour-elle même où la concentration de l’ensemble des ressources sur un but unique procède de la même logique que le capitalisme.

  26. « Faire la distinction entre vrai progrès et faux progrès », vaste sujet…
    Le progrès et les innovations technologiques ont rendu notre vie matérielle plus confortable que jamais, mais souvent nous ne sommes pas heureux pour autant. Pourquoi ? Parce que pour arriver à cet état de bien être matériel, nous avons sacrifié le lien social. Nous sommes souvent seuls dans un monde plus peuplé que jamais. Seuls dans nos voitures, seuls devant nos écrans de télévision ou d’ordinateur. Et nous n’avons plus le temps car nous tournons de plus en plus vite dans nos roues de hamster pour gagner toujours plus, et surtout dans nos pays pour consommer toujours plus.
    Le progrès technologique qui est en soit une bonne chose, s’est transformé en cauchemar, non à cause des scientifiques et des techniciens, mais à cause des gens de la publicité, du marketing et de la banque. La publicité que nous ingurgitons en grande quantité à pour but de nous faire envie, pour nous faire consommer, même s’il s’agit de biens futiles et inutiles. La publicité et le marketing font que nous travaillons plus, non pour satisfaire des besoins, mais des envies. Et si notre travail n’est pas assez lucratif, le banquier-usurier nous incite à nous endetter pour satisfaire ces envies et ainsi éviter la frustration; mais il faudra tourner de plus en plus vite dans la roue pour rembourser ces dettes.
    Et à côté de cela il y a des gens qui n’ont même pas le strict nécessaire à une vie décente, c’est là que ce système se disqualifie de lui-même.
    Innover pour limiter l’augmentation de l’entropie est une chose très utile, mais elle risque de rester vaine si l’on ne remet pas à plat nos modes de vie basés sur le gaspillage outrancier, et si nous ne retrouvons pas le sens du lien social qui fait que dans une société, même les plus faibles ont accès à des conditions de vie décentes, et peuvent aussi bénéficier du progrès technologique.

  27. Marlowe dit :
    16 janvier 2011 à 22:15
    à Paul Tréhin,

    « Vous ne répondez pas à ma critique considérant la pacification abusive de la société qu’induit l’usage du terme « être humain ». »
    J’aurais sans doute dû être plus explicite, j’ai une grande confiance en l’homme, l’être humain, expressions que je revendique surtout après les plus de 30 années passées dans le mouvement associatif d défense des droits des personnes handicapées où j’ai rencontré des milliers de personnes donnant de leur temps et de leurs efforts le plus souent sans même penser à leur propre cas et sans aucun intérêt personnel. Il y a de par le monde des millions de personnes qui adoptent des comportements altruistes gratuits et dans des domaines très différents. L’existance d’internet a par ailleurs permis la multiplication d’initiatives de ce genre où ni la quête de pouvoir ni l’enrichissement personnel ne sont les moteurs… Sauf un enrichissement personnel humain lié aux rencontres formidables faites autour d’un sujet comun, le handicap ou tout autre, sujet créant du lien entre les personnes, des rencontres parfois improbables avec des personnes de toute conditions sociales et venant d’horizons extrêmement variés.des rencontres émouvantes parfois, enthousiasmantes le plus souvent comme cet ami américain porteur d’un handicap lié à l’inirmité motrice cérébrale qui disait « Je n’ai pas de déficience de la parole, j’ai l’accent « infirme moteur cérébral » (I have a Spastic Accent)
    Et en dehors du domaine deu handicap cette proximité avec les autres membres d’associations dont les préoccupations ne sont que d’essayer de prendre en compte les difficultés rencontrées par les personnes dont elles ont pris conscience de la vulnérabilité, que cette dernière soits liée à une pathologie ou a des malfonctions sociétales.(Droit au logement, lutte contre la pauvreté, lutte contre le racisme, lutes contre led discriminations.) Bien sur cela va un peu dans votre sens l’homme n’est pas parfait sinon il n’y aurait pas besoin d’associations pour aider les victimes de discriminations…

    L’homme « ni ange ni bête » (Pascal)

    On m’a reproché de ne pas faire de propositions; pourtant j’ai souvent dit que l’éducation la plus répendue possible et le plus générale possible devrait conduire l’homme à se rapprocher plus de l’ange que de la bête…

    Il m’a semblé entendre que c’est grâce à une éducation relativement répendue en Tunisie par rapport aux autres états Nord Africains, que les événemente en Tunisie ont pu déboucher sur l’issue que l’on sait, pour le moment assez favorable…

    Bien que cela puisse sembler un peu éloigné du sujet de l’avenir du progrès, j’avais également suggéré que l’on taxe de manière considérablement plus élevée les profits spéculatifs à court terme que les investissements à long terme. En fait les pseudo progrès sont l’émanation d’une recherche de profits à court terme, où la qualité des produits et services importe moins que la capacité des investissements à dégager des bénéfices rapides.

    Bien cordialement.

    Paul

  28. A propos du concepte d’entropie apliqué en dehors des son domaine d’origine, j’ai trouvé dans le livre de Jeremy Rifkin « La société Empathique » une définition qui me semble compréhensible même par des non spécialistes de la physique et qui ne soit pas réduite à sa simplification outrancière d’augmentation du désordre…

    La seconde loi de la thermodynamique , base de l’idée d’entropie , peut se résumer à la constatation que l’énergie ne peut évoluer que dans une seule direction, passant du statut de « disponible » à celui d’indisponible. Cela quelle que soit la forme d’énergie envisagée, ne serait-ce que le poids qui entraine le rotation des aiguilles d’une pendule qui ne remontera plus pour continuer son oeuvre sans l’apport d’une énergie extérieure. La seule action possible dans cette situation est de limiter au maximum les frottements pour n’avoir besoin que du minimum de taux de chute du poids entrainant la rotation des aiguilles.

    Paul

    1. AÏe…. L’entropie sauce réversibilité, croissance, limitation ?

      Désolé de revenir à mes lorgnons de scientifiques sur le retour, mais lorsqu’on parle d’entropie, on commence par définir le système et ses frontières. Prenons l’humanité, c’est totalement infaisable en raison des milliards d’échange avec la biosphère. Ne mollissons pas et prenons donc la terre, là, ça va le faire ? Pas tout à fait : en fait on pense « surface de la terre où l’on vit », ce qui fait l’impasse sur
      – la chaleur du noyau (qui a toujours participé du processus évolutif)
      – le rayonnement solaire, qui fournit bien plus d’énergie que nécessaire
      – les météorites (elles ont apporté l’eau il y a quelques milliards d’années, lors d’un bombardement qui a duré 20 Millions d’années…)

      Cet argument se retourne donc en disant qu’il y a tellement d’énergie disponible, qu’on est loin des limites entropiques. Plouf.

      Et l’énergie indisponible est une grosse, grosse simplification, puisque tout se transforme. Le rayonnement solaire et les nutriments font pousser l’arbre, mais un jour le bois de l’arbre libère sa chaleur dans un feu, ou son potentiel nutritif et chimique dans l’humus.

      Non vraiment, il ne faut pas abuser de l’entropie. Ou alors comme une image.

    2. L’entropie ce n’est pas qu’un problème de disponibilité d’énergie, en réalité elle s’applique à toute la matière.

      Quand vous avez transformé les combustibles fossiles en CO2, vous ne pouvez pas vous amuser à reconvertir le CO2 en combustible car ça n’aurait aucun sens. Et le CO2 supplémentaire lâché dans l’atmosphère et les océans ne rentrera pas dans sa boîte avant des centaines d’années. Idem pour les déchets nucléaires qui sont infiniment plus dangereux que la matière dont ils sont issus.

      Quand vous aurez vidé les nappes phréatiques (USA, Mahgreb, Inde, Chine , Australie…),à une vitesse dix fois supérieure à leur taux de renouvellement nous ne pourrez plus irriguer les cultures.

      Les terres salinisées par excès d’irrigation (Inde, Australie, Moyen Orient) le sont pour toujours à l’échelle de la civilisation.

      Les espèces disparues ne réapparaîtront jamais, et leur remplacement prendra des centaines de milliers d’années.

      Et je pourrai continuer longtemps l’énumération.

      Du point de vue anthropique, augmentation de l’entropie = diminution des ressources et augmentation des déchets.

  29. L’innovation n’a de valeur que si elle ouvre un espace propre à limiter l’entropie de nos activités

    Encore une fois, il me semble dangereux de fonder des pratiques économiques et sociales en les justifiant d’un concept de la nature. La critique de la non prise en compte des externalités « écologiques », comme celle de l’incorporation de la rareté dans la production (par exemple l’obsolescence calculée) n’ont pas besoin d’être justifiées par des considérations thermodynamiques, mais peuvent être critiquées par l’affirmation que le capitalisme, pour se survivre, n’a pas le droit de brimer le bonheur des humains d’aujourd’hui, ni celui des générations qui suivent.

    Une justification « naturelle » de la sobriété par la thermodynamique me semble dangereuse parce qu’elle conforte la classe politique lorsqu’elle fait déjà sienne l’exigence de sobriété volontaire; la « lutte contre l’entropie » justifie alors une manoeuvre de simple retournement de la gamme des affects qui nous mettent en marche au service des maîtres ?

    Que la branche casse, pour avoir été si bien sciée par les joies d’une consommation faussement festive, devient très probable; mais cela n’implique pas qu’il faille adopter une morale du ressentiment et des petites joies soumises et policée par une esthétique de la thermodynamique . Renversons le problème : quelles joies voulons-nous partager pour les siècles à venir? Quand nous en aurons décidé, d’un commun accord, alors nous calculerons l’optimum thermodynamique nécessaire à mettre en oeuvre pour y parvenir.

    Le progrès n’est-il pas dans la qualité des affects que l’humanité peut se donner pour projet d’ épanouir !

    1. Du point de vue anthropique, augmentation de l’entropie = diminution des ressources et augmentation des déchets, nul besoin de recourir à la thermodynamique pour le justifier et le mesurer.

      Le problème de fond c’est que la consommation actuelles de ressources est en constante augmentation et dépasse la capacité de charge de la planète de 30% ce qui rend totalement vaine la question : quelles joies voulons-nous partager pour les siècles à venir? Parce que la réponse est pas grand-chose, car à force de dilapider les ressources de notre planète nous laisseront quelque chose qui ressemblera à l’ile de Pâques.

    2. Le devenir de la Terre, c’est l’île de Paques détruite par la folie des hommes.
      Les habitants de cette île ont pour eux d’avoir su trop tard que leur activité était leur mort programmée.
      Les habitants de la planête Terre savent aujourd’hui que le chemin que leur civilisation a choisi, et qu’elle persiste à suivre, est un cul-de-sac.
      Cela signifie que le savoir sans mode d’emploi est inutile.
      Le savoir doit devenir pouvoir. pour exister réellement.

    3. @ « Crapaud »,

      merci, je vous en rajoute une couche ?

      C’est curieux, ce que j’écris ici est un simple corollaire de La Boétie; chacun, selon le niveau qu’il peut se permettre, prend plaisir à asservir celui du dessous en contrepartie du déplaisir venu d’au-dessus. Le type de joies que nous recherchons, notre moteur, trouve à se satisfaire dans un type d’organisation sociale le plus à même de les produire. C’est en cela qu’un renversement de perspective est nécessaire. Jusqu’à quelle profondeur du tissu social descendait l’organisation en bakchich des Trabelsi ? 100.000 miliciens / 27.000 militaires. Pourquoi fut-elle supportée si longtemps, ! 100.000 l’ouvrière à 30 euros par mois devait encore payer un, alors qu’il « suffisait » de crier – Dégage ! La peur de chacun de perdre le si peu qu’il reçoit encore montre qu’il accepte encore de le recevoir de cette façon, les Tunisiens semblent en avoir pris conscience, à première vue seules les villas Trabelsi sont incendiées et celles d’ à côté sont laissées tranquilles. La mécanique de l’opprimé opprimant à son tour afin d’effacer l’indignité d’avoir accepté l’oppression – genre « mort aux collabos »- ne semble pas jouer ici, et conforterait la thèse de Sloterdick sur la fin de la capitalisation des affects dans des » banques de colères bolcheviques ».

      Le souci de Nietzche visait le remplacement de « l’humilité vengeresse » par une intelligence qui s’assure de nouveaux motifs thymotiques. On le comprend: on ne peut y parvenir sans une culture ouverte de l’ambition. Celle-ci devrait être postmonothéiste en ce qu’elle brise radicalement les fictions de la métaphysique de la vengeance et de ses reflets politiques. Ce que l’on s’efforce d(obtenir, c’est une méritocratie qui au niveau intraculturel et transculturel, crée l’équilibre entre une morale antiautoritaire et détendue, une conscience affirmée des normes et un respect pour les droits inaliénables de la personne. L’aventure de la morale s’accomplit par le parallélogramme des forces élitaires et égalitaires. Ce cadre est le seul dans lequel on puisse penser un changement de centre de gravité remplaçant les pulsions de l’appropriation par les vertus de la prodigalité.

      Peter Sloterdijk, Colère et Temps , p.317

      Qu’il nous faille arrêter de faire les cons dans la biosphère est une telle évidence depuis cinquante ans ( j’ai écrit ma première « rédac » sur la destruction de la couche d’ozone en – 1961, suite à un article paru dans la revue « Atome » -l’ancêtre de La Recherche, en noir et blanc – que le recours à l’usage littéraire de l’entropie me rappelle ma jeunesse, on dirait du Teilhard de Chardin, c’est daté d’une époque ou l’entropie « salonnait » dans Planète. Dire l’ordre en s’appuyant sur un principe extérieur (les colères de Gaïa) facilite la prise du plaisir à le dire, et certains plaisirs sont si inavouables que nous les rendons inconscients.

      (Avec l’internet, perdons-nous la chaleur des tabacs, des alcools, des cafés et des passions constituantes…?

    4. @jean-luce morlie : très intéressante réponse, j’en prends bonne note. Je ne m’attendais pas à ce que votre post soit un « simple corollaire de La Boétie« . Me voilà gravement embarrassé, et placé « face à mes contradictions ». Je vais tenter de leur tordre le cou, à mes contradictions, et je reviendrai vous donner une réponse quand ce sera fait. 🙂

  30. Merci Monsieur Trehin pour ce très intéressant article!
    Votre point de vue me paraît assez idéaliste. Un cynique comme Henri Ford, le fondateur de la dynastie automobile disait que l’idéaliste est quelqu’un qui aide d’autres à prospérer. Vos propos sont honorables, mais tiennent ils compte de la nature humaine, une nature incorrigible: l’égoisme, la cupidité, la pulsion du pouvoir (admirablement décrite par le mathématicien et philosophe britannique Bertrand Russell), le besoin de paraître, de défendre sa place et cétera. L’homme n’est pas un ange, c’est une bête dotée de conscience – ce qui rend les choses compliquées. On peut trouver des phénomènes que vous mentionnez chez les peuples exotiques, ceux qui vivent en parfaite osmose avec la nature. Notre civilisation hierarchisée et marquée par la technologie pose d’autres conditions.
    Inventer et manufacturer des produits tels que vous les préconisez, cela viendra sans doute, mais sous la contrainte, un jour l’humanité n’aura pas le choix. Mais avant, il y aura de la casse. L’humanité n’avance que dans une séquence infini de conflits.

    1. A propos de Henri Ford, les mauvaises langues disent qu’il aimait bien Hitler et qu’il l’a aidé.
      Par ailleurs il ne s’agit plus d’être un ange.
      Il s’agit de ne pas être trop bête pour espérer survivre.

  31. @ Paul Trehin

    Vous vous baser, très vraisemblablement, sur le théorème de Prigogine relatif aux selon lequel un système dissipatif est stable lorsqu’il fonctionne au niveau de production minimum d’entropie .

    Je vous objecte sur l’utilisation de ce principe comme cadre idéologique d’une régulation du progrès – naturellement, nous serions idiots de continuer à nous asphyxier, là n’est pas la question. Par contre, je vous conteste le droit d’opérer un découpage épistémologique séparant l’optimum thermodynamique des techniques du plaisir que nous en tirons ! Je ne suis pas à un optimum parce qu’un système de machine qui m’est extérieure le serait, ce n’est pas plus compliqué que ça .

    Je suis une structure dissipative et je veux en jouir, quitte à ne pas systématiquement rechercher le minimum dissipatif du système de machines qui m’aide à vivre. Rien ne vous empêche de proposer un système d’équations maximisant notre bonheur à tous en intégrant le substratum machinique, mais alors, avancer vos hypothèses sur le bonheur !

    Pour plus de détails sur ce genre d’objections fondamentales concernant l’utilisation du concept d’entropie, je vous renvoie à la critique de Jamekay  » About some common slipup in applying Prigogine’s minimum entropy production principle to living system » .

    http://www.jameskay.ca/musings/mep.pdf

    – Les cloportes ont bien « réussi  » leur écosystème –

    1. @ Jean luc Morly
      Je serais volontiers d’accord avec vous, à une nuance prés concernant les idées de Prigogine qui dérivent de la thermodynamique étendue aux systémes instables.

      Il faut préalablement au modéle, circonscrire le système entropique qui doit étre clos (sans échanges d’énergie avec son « extérieur ») . Une casserole d’eau froide et tiède évoluera vers le désordre en terme d’entropie, mais si vous allumez le gaz, le systéme soumis à une évolution entropique doit inclure la bouteille de gaz, et encore dans cet exemple les systémes sont stables.

      Pour revenir à notre planéte et à l’activité Anthropique de l’homme, il faut au minimum inclure le Soleil dans le modéle sans parler des éffets gravitationnels de la lune. N’étant pas biologiste j’ignore comment on peut considérer l’émergence des premieres formes de vie en terme d’évolution entropique, et plus généralement des espèces .

      De plus on peut évoquer les idées de Shannon concernant une entropie « informationnelle » et les idées de S.Wolfram sur les automates céllulaires (signalés sur le blog par M.Peltier ) qui compliquent singilièrement l’émergence du vivant ; si bien que le concept d’entropie d’ordre Anthropique me semble trouble, et mériterait mieux qu’une sémantique de circonstance (ou d’apparence circonstancielle) qui teinte les concepts d’un parfum « scientifique ».
      Je veux bien me tromper, mais demande des lueurs à l’auteur de ce billet.

  32. @Jean luc Morlie

    En complément je devine un puissant mérite aux « automates céllulaires » du fait que l’émergence du vivant se passerait d’intervention Divine, n’en déplaise aux créationnistes ou aux dogmes religieux !

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