LES DANGERS DE L’INFLATION, par Charles Sannat

Billet invité

Tout le monde connaît le bon et le mauvais cholestérol. Il en va de même avec l’inflation. Au risque de choquer, il y a bien une bonne et une mauvaise inflation.

Essayons de définir ce qui n’existe pas officiellement, à savoir la bonne inflation, ce qui est interdit par les temps qui courent, dans la mesure où la pensée unique économique nous explique que l’inflation c’est forcément mauvais.

Souvenons nous d’un temps pas si lointain. C’était un temps que beaucoup ont vécu, c’était un temps de plein emploi ou presque, c’était un temps de reconstruction, c’était un temps d’insouciance, où demain serait meilleur qu’aujourd’hui et où nous entrions dans la modernité, le progrès et la consommation de masse. C’était un temps où nous avions besoin de bras, où ceux qui avaient juste un BAC ou moins en poche trouvaient du travail ; c’était un temps où vous progressiez dans l’échelle sociale, c’était un temps où « l’ascenseur social » fonctionnait à plein régime, bref c’était un temps, avec le recul, que beaucoup idéalisent et regrettent ; c’était le temps des trente glorieuses et c’était un temps d’inflation.

La croissance économique, les barrières mises aux frontières comme les contrôles des changes, le besoin de tout type de travailleurs voire même la pénurie de personnels qualifiés faisaient peser une pression à la hausse sur les salaires qui montaient et se réajustaient fortement en suivant voire en dépassant le taux d’inflation.

Il s’agissait donc d’une « bonne inflation », celle qui réduit le poids potentiel des dettes. Par quel mécanisme ? Imaginez une dette représentant une mensualité de 100 Francs (ce n’est pas une erreur, à l’époque l’euro n’existait pas encore) sur un salaire de 1000 Francs. 7 ans après le salaire est devenu 2000 Francs mais le remboursement de crédit, qui était à taux fixe, lui, est resté à 100 Francs. Le poids de la dette a été divisé par deux. Il en était de même pour la dette des Etats. Il s’agit donc d’une inflation qui permet de diminuer les dettes, d’acquérir sa résidence principale avec une relative facilité. C’est enfin une inflation qui pénalise les rentiers et les financiers (l’inflation rogne toujours l’épargne) au profit de l’entrepreneur et du producteur. Bref une inflation pas si mauvaise pour l’économie réelle. Ces temps sont révolus.

Aujourd’hui, nos sociétés fabriquent de la mauvaise inflation. Celle qui appauvrit. Pourquoi ? Et bien imaginez une dette qui représente cette fois 1000 € (c’est le montant de la mensualité moyenne d’un crédit immobilier) sur un salaire de 3000 €. 7 ans après le salaire ayant été revalorisé de 0.6%/l’an, il est de 3109,63302 € (très précisément), or le litre d’essence a augmenté (à cause des taxes et de l’inflation), les produits alimentaires ont augmenté (à cause de l’inflation et de la spéculation sur les matières premières alimentaires), les impôts ne baissent pas (sans doute à cause de l’inflation) et le poids de votre crédit immobilier est resté quasiment le même… Bienvenue dans le monde actuel où vous expérimentez la mauvaise inflation !

Pourquoi est-elle devenue mauvaise cette inflation ? Parce que dans les temps modernes où nous vivons, il existe de très fortes pressions à la baisse sur les salaires en raison :

– du progrès technique, informatique, robotique qui fait que l’on réalise les mêmes tâches avec beaucoup moins de personnel. Ce phénomène appelé « démassification » a commencé dans les années 70 avec une accélération exponentielle ces dernières années.

– de la mondialisation, qui occasionne un nombre de plus en plus important de délocalisations entraînant la désindustrialisation rapide de l’Occident au profit des pays émergents comme la Chine, qui ne commence à exister, sur la scène internationale, qu’à partir de 2003.

Ces pertes d’emplois massives générées par ces deux phénomènes ont créé un chômage de masse structurel qui est en augmentation constante depuis maintenant 30 ans et que rien ne semble pouvoir enrayer.

Mais alors comment dans un tel contexte déflationniste envisager le retour de l’inflation ?

La crise de 2008 n’est que la conséquence de la démassification et de la mondialisation. L’épisode dit des subprimes matérialise le fait que pour poursuivre notre croissance, à défaut d’augmentation de salaire, nous avons tous collectivement augmenté nos revenus avec de la dette : dette des ménages, des collectivités, des États et des entreprises. Dès lors, pour éviter la récession, les banques centrales se sont lancées dans des politiques de création monétaire au-delà de toute raison économique, aggravées (car venant se cumuler) par les stimulations monétaires ayant déjà eu lieu suite à l’explosion de la bulle internet puis au choc provoqué par les attentats du 11 septembre 2001. Pour essayer de combattre une crise d’endettement généralisée des États, on a tenté de soigner le mal par le mal, en rajoutant encore de la dette à la dette (les plans de relance), sans s’attaquer aux causes profondes.

Les volumes de liquidités désormais existants font craindre l’apparition d’une inflation forte dont les prémices commencent à être visibles par l’augmentation des prix de certains actifs (actions des pays émergents, or, pétrole, matières premières agricoles…) sur lesquels des flots de dollars se déversent chaque jour. Si une inflation forte sans qu’elle puisse être accompagnée d’augmentation de salaires devait venir se greffer sur la reprise économique naissante, cela aurait un impact dévastateur sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens et donc paradoxalement sur la reprise qu’elle viendrait très vite étouffer.

C’est pour cela sans doute que le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a déclaré début janvier 2011 qu’il n’hésiterait pas à remonter les taux d’intérêt en cas de résurgence avérée de l’inflation, mais en espérant sans doute ne pas avoir à le faire car si les taux devaient augmenter de façon importante, la faible croissance économique serait brisée nette et l’endettement excessif des États deviendrait vite insupportable… Bref, il est des situations inextricables.

D’accord, mais justement, l’inflation était censée être bien pratique pour ne pas vraiment rembourser ses dettes ou en tout cas rendre les échéances de remboursement moins douloureuses avec le temps ?

Nous venons de voir que ce mécanisme de l’inflation qui érode les dettes était valable dans un monde fermé, ce qui n’est plus le cas. Une inflation sans augmentation de salaires non seulement ne rend pas les dettes plus « faciles » à payer, mais en plus diminue systématiquement le pouvoir d’achat des ménages, rendant la dette en réalité de plus en plus lourde à payer…

A ce premier mécanisme vient se greffer un autre élément dont on parle peu et qui est très important. C’est celui de la « maturité de la dette ». Pour faire simple, c’est la date à laquelle on doit rembourser le principal d’un emprunt. Contrairement aux particuliers, lorsque les États empruntent de l’argent ils « n’amortissent » pas le prêt comme c’est le cas par exemple pour un crédit immobilier où tous les mois les ménages remboursent une part d’intérêts et une part de capital pour arriver à zéro à l’échéance. L’endettement des États fonctionne comme un crédit « in fine ». Tous les ans, ils ne payent que les intérêts dus, puis à l’échéance (c’est-à-dire lorsque la dette arrive à maturité), ils remboursent l’intégralité du principal, c’est-à-dire la somme initialement empruntée.

Or pour rembourser le principal, encore faut-il avoir de la trésorerie, ce qui n’est pas le cas de nos États en déficits chroniques. Les États font donc « rouler » leurs dettes, en remboursant la dette n°1 avec l’argent obtenu d’un emprunt n° 2 (ce qui n’est pas sans faire penser à un certain système Madoff).

Ce qui est donc important, c’est de savoir à quelle échéance, c’est-à-dire à quelle maturité les États doivent rembourser les dettes. Et là, le tableau ci-dessous est édifiant. Les USA – pour ne citer qu’eux – doivent rembourser leur dette dans les 4 ans qui viennent… une durée bien trop faible pour qu’une inflation mesurée et maîtrisée puisse venir l’éroder.

C’est pour ces raisons que la crise actuelle ne peut en aucun cas accoucher d’une inflation « positive », et c’est pour cela que sa réapparition quasi inéluctable est porteuse de grands dangers et de grands risques de déstabilisation sociale que seule une régulation forte et coordonnée pourra venir tempérer.

Source : Moneyweek 9/06/2010

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42 réflexions sur « LES DANGERS DE L’INFLATION, par Charles Sannat »

  1. je dis cela et je dis rien..
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    Ces pertes d’emplois massives générées par ces deux phénomènes ont créé un chômage de masse structurel qui est en augmentation constante depuis maintenant 30 ans et que rien ne semble pouvoir enrayer.
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    Considérer un chômage de MASSE structurel que rien peut enrayer ,c’est à MDR,si le progrès,la technique ,etc ne permet plus le chômage,c’est cela votre avenir ?
    Bien écrit mais sans avenir votre théorie au service de l’emploi..

    1. Considérer un chômage de MASSE structurel que rien peut enrayer ,c’est à MDR,si le progrès,la technique ,etc ne permet plus le chômage,c’est cela votre avenir ?
      Bien écrit mais sans avenir votre théorie au service de l’emploi..
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      je désire changer mon message voila

      Considérer un chômage de MASSE structurel que rien peut enrayer ,c’est à MDR,si le progrès,la technique ,etc ne permet plus le chômage,c’est cela l’ avenir ?
      Bien écrit mais sans avenir la théorie au service de l’emploi..

      voila

  2. « de grands risques de déstabilisation sociale que seule une régulation forte et coordonnée pourra venir tempérer. »

    En effet. Si cela est pour vous un risque, vous êtes bien un adepte de l’ordolibéralisme.

  3. Pour les matières agricoles on peut rappeler que c’est la faute de la commission Européenne en 2003 (sous l’influence des Anglo-saxons) qui souhaiter dé réguler et ne plus intervenir, je vais reprendre mon métier en augmentant l’offre du lait on fait d’abord baisser le prix à la production (la demande reste constante) mais pour le consommateur cela ne change rien, car quand il achète son yaourt il paye le lait du yaourt (et sa transformation), mais aussi le lait stocké (qui doit aussi être transformer car périssable) au final même si le prix à la production baisse, le consommateur n’en profite pas et on fragilise un secteur de plus (donc on fait payer au consommateur des aides pour les producteurs).
    Une déflation a le production n’est pas forcement souhaitable pour le consommateur, d’où l’intérêt de gérer l’offre et.de garantir aux filières de la durée pour que les banques suivent.

    1. Un général qui n’aurait ni fait ces 3 jours (n’étant pas en France) et qui a son retour n’avait plus à les faire (ni son service du reste), c’est pas courant:)

  4. Bonjour,

    Je suis un peu perplexe sur l’indicateur de maturité de la dette, où il n’est pas fait mention qu’il s’agit d’une moyenne pondérée entre des choses qui ont peu à voir entre elles, puisque les échéances vont grosso modo de 3 mois à 30 ans, avec des taux d’intérêt (en général) croissants, mais très différents. De surcroît quand on fait des comparaisons internationales (BA, intervenant du blog, nous en fait un point régulier) : on voit dans votre tableau que la situation de la Grèce et de l’Allemagne sont voisines sur cet indicateur…

    1. Moi j’ai vus des huissiers qui viennent sans poser de questions,c’est pas chez moi..
      Ils vont voir partout ,même dans vos poches ,j’ai VUS.
      Maturité de la dette et tout ce qui est autour ne remplaceras jamais vos comparaisons,vos moyennes,
      Vous êtes humain et performant dans vos comparaisons internationales ..
      FRANÇOIS LE SOMBRE reste sombre et pondéré dans un intérêt croissant avec des échéances ……………Blabla bla bla bla

    2. @Bernique

      c’est faux l’inflation ne pénalise pas les rentiers ni les financiers

      Ben voyons ! On se demande si vous raisonneriez de si belle façon dans une période d’inflation, disons à 10 % (premier exemple de crédit du billet de C.Sannat), qui ferait tomber de moitié en moins de 6 ans, de près de 70% en 10 ans, la valeur du coupon de bonnes vieilles OAT des familles à un taux fixe et soudainement ridicule de 3,3%, obligations d’État dont le prix subirait mathématiquement la même pente, et avec anticipation spéculative de surcroit, sur toute sa durée, jusqu’à son terme, soit son paiement, évidemment.

    3. à vigneron : vous avez raison pour les petits rentiers (dont les affreux fonds de pension). Mais soyez sur que les gros rentiers eux sont beaucoup plus agiles et ne se laissent pas piéger par des OAT à taux fixe. Or les « gros rentiers » sont plutôt le phénomène qui émerge (les fameux 1% des « ménages » qui détiennent …..) grâce justement aux changements incessants de tendances économiques dont ils peuvent tirer le meilleur parti car mieux informés (ils font partie de l’éco-système des milieux « décisionnaires »).

    4. @bernique

      Or les « gros rentiers » sont plutôt le phénomène qui émerge

      Détrompez vous. Ce qui a émergé depuis trente ans et qui a considérablement participé à la financiarisation de l »économie, c’est au contraire la massification de la rente par le capitalisme de masse, populaire ou démocratisé, appelez le comme vous voulez, par le biais des fonds de pension, des privatisations massives, des produits comme les FCPE, assurances-vie et autres.

    5. Je persiste : les fonds de pension sont, maintenant, là pour offrir le bras de levier démultiplicateur (leverage) aux agissements de la haute finance. Autre illustration de l’agilité prédatrice dont je parlais. Les classes moyennes aurait, elles, beaucoup plus intérêt à une finance rustique et régulée. Les richesses nominales sont, actuellement, de plus en plus concentrées au « sommet » de la pyramide sociale, c’est un fait.

  5. « C’est enfin une inflation qui pénalise les rentiers et les financiers » ; c’est faux l’inflation ne pénalise pas les rentiers ni les financiers si l’inflation du prix des actifs (actions, obligations, dividendes, immobilier….) est égale à celle des biens de consommation et celle des revenus. Tous est dans les différences de variation des valeurs sus-mentionnées. De plus les « financiers » ayant le plus souvent l’appui des « pouvants » ils se rattrapent sur les emprunteurs suivant ou les contribuables. N’oubliez pas le principe de conservation : rien ne se crée, rien ne se perds, tout se transforme.

  6. Etes vous si certain de votre démonstration ?
    Premier contre exemple: Je reprends mon bulletin de salaire du mois d’octobre 1970 ( employé de bureau à EDF service financier au siège social pour payer mes études, – chaise occupée juste avant moi par M Berthomieux qui devint quelque temps après prof agrégé d’économie à Nice – ).
    Je lis comme retenues salariales sur mon bulletin de salaire :
    AS Maladie 2,50 %
    SS Maladie 1,00 %
    As vieillesse 3,00 %
    Notez surtout pas de retraite complémentaire pour moi à EDF. (Réclamation non encore aboutie si tant est qu’il y aura réponse ) .
    Prenez votre bulletin et dites moi ? Régression ?
    Second exemple:
    Comparons aussi avec la réalité d’aujourd’hui sur l’évolution d’un taux qui selon moi est symbolique:
    Evolution des taux de cotisation d’accident du travail pour le secteur de la coiffure. ( Ne me dites surtout pas que l’on aime avoir un accident ):
    2003 1.4 %
    2004 1.5
    2005 1.5
    2006 1.6
    2007 1.6
    2008 1.7
    2009 1.7
    2010 1.8
    2011 2.0 %
    Quelle augmentation du taux assis sur le salaire brut ? Croissance du danger ?
    On ne va pas couper les cheveux en 4, mais les IJJSS sont très recherchées comme revenu sans fatigue qui permet aussi de garder les gosses au black. Surtout ne demandez pas une analyse des prestations versées par nature d’accident, par zone d’habitation, et encore moins par ethnie ! Cela serait discriminatoire et passible de sanction pénale .

    Autre contre exemple:
    Comment expliquez-vous aussi qu’en 2011 dans toutes les TPE tous les taux d’AT prennent +0.1 ou +0.2 % ?
    Par exemple pour un employeur dont l’activité et la location de logement, le taux passe de 3,30 % en 2010 à 3,50 % en 2011 !

    Alors, quand j’entends parler des 30 glorieuses, je constate que ceux qui évoquent cette période oublient de préciser que l’on travaillait dur. Et cela m’amuse de me souvenir de tous ces ouvriers chantant dans la rue: Ohé Ohé Pompidou, Pompidou navigue sur nos sous !
    J’ai vu Spirko, figure emblématique de la CGT mettre en liquidation par des grèves répétées une fonderie d’Aulnay leader de son secteur mais qui peinait à se reconvertir. Quiconque tentait d’entrer était sauvagement bastonné par un commando. J’ai vu tirer à la fronde avec des boulons un pauvre agent d’entretien sur une échelle: il déconnectait un circuit électrique pour éviter une électrocution accidentelle….Il a été emporté à l’hosto….
    Comme pour ce que j’ai vu et vécu pendant 7 nuits à l’Odéon et 3 jours à la Sorbonne, je peux témoigner que ceux qui « chantent » les 30 glorieurses,:
    1) idéalisent
    2) étaient en majorité « des fils de bourges » qui ne regardaient pas dans les coulissent
    3) se trompent et induisent aujourd’hui en erreur les autres par leurs rêves…..

    1. Drôle d’argumentation.

      Et puis même : sans vouloir entrer dans les arguties, comment peut-on décemment comparer votre « après guerre » avec la période actuelle, sorte de temps mort, où chacun peut voir la désagrégation se propager, en attendant stoïquement un conflit qui pourrait bien être pire que le précédent ?

      Depuis quand avez-vous mis le cervelet au congélateur ?

    2. Quand on parle des 30 glorieuses, c’est un cliché, la France d’après guerre a vu sa situation s’améliorer sensiblement à partir d’environ 1955, donc parlons plutôt des 20 années les moins pourries que des 30 glorieuses. L’après guerre c’est 10 ans de difficultés et de reconstruction, pas 0 année.

      Ce qu’il y avait eu de glorieux, c’est le CNR, mais alors on se demande pourquoi sa mort est fixée à 1975.

    3. Par contre pour les paysans surtout après 70 cela a été des années importantes, moins de boulot (la mécanisation et la technique), plus de confort (les maisons ont changés chauffage agrandissement sanitaire), le début des vacances tout en ayant encore de l’entre-aide (car il y avait encore du monde) et le sentiment de ne plus être en dessous des autres et les anciens dont la vie ce prolongeait.
      A la campagne je ne crois pas qu’il idéalise, c’est la période ou on a créait nos banques (crédit agricole, crédit mutuel) nos centres de gestion (CGVAR et CER).nos servcies techniques, nos coops, nos écoles (maison familiale), tout change vite mais ils avaient l’initiative.

    4. ALBIN, avant les Trente Glorieuses : pas de télé, pas de salle de bains ni de douches, les WC au fond du jardin ou sur le palier, pas de bagnole, pas de tout à l’égout, pas de téléphone, etc. Après : tout le contraire. C’est pas une idéalisation mais une réalité : la France était peuplée de paysans qui arrêtaient leurs études au CEP. Après : un autre monde !

    5. en forme ?

      je vous cite amicalement

      ALBIN, avant les Trente Glorieuses : pas de télé, pas de salle de bains ni de douches, les WC au fond du jardin ou sur le palier, pas de bagnole, pas de tout à l’égout, pas de téléphone, etc. Après : tout le contraire. C’est pas une idéalisation mais une réalité : la France était peuplée de paysans qui arrêtaient leurs études au CEP. Après : un autre monde !

      et maintenant..
      il y a le papier qu
      TF 1
      les OGM
      le Vaccin
      Vous êtes déchainé cher ami
      êtes vous contre le progrès?

    6. C’est pas moi qui suis déchaîné, regoris, c’est le progrès. Au début, on pouvait le croire pour l’humanité, mais il faut bien constater que désormais il est contre.

      Note : quand ce n’est pas Karluss qui m’interpelle, c’est regoris, maintenant. Je trouve ça curieux : l’un ne serait-il pas l’autre ?

  7. C’est un peu court comme analyse : vous oubliez de préciser que pendant ces fameuses 30 glorieuses, le pétrole coulait à flots, tandis que maintenant le peak-oil ayant été atteint, la fête est finie. Rien à voir avec de la bonne inflation, ou mauvaise.

    1. Pas si simple, le petrole etait plus cher en 50 et 602que (meme) maintenant …..on s’en foutait , on n’ avait pas de voiture !

  8. Cet article oublie un point qui concerne le système français: dès 1982, pour appliquer la politique du franc fort de Jean-Claude Trichet alors à la Banque de France, on a déconecté l’ajustement des salaires de la hausse des prix!
    Les salaires augmentent donc moins vite que les prix. Les pensions de retraites également puisqu’elles sont indexées sur les salaires.
    De même que l’ensemble des côtisations qui ne peuvent que baisser à terme puisque les salaires augmentent moins vite que l’inflation, et que les besoins de protection sociale et chômage augmentent.
    D’où les déficits chroniques de la Sécu, de l’Assedic… Enfin c’est un autre versant du problème.

    Alors les salaires réels, après inflation, baissent ou stagnent.
    Que faire pour compenser? Le CREDIT.
    A la consommation pour les particuliers, de la dette obligataire pour les Etats et les entreprises ainsi que pour ces dernières la recherche de capitaux sur les marchés actions, le capital-risque, etc, etc …

    Ces derniers jours il y a eu une polémique sur les écrits et la commémoration ou non des oeuvres de Louis Ferdinand Céline. Il a écrit un bouquin : »MORT A CREDIT ».
    Pour le capitalisme financier d’aujourd’hui, ce titre lui va si bien.
    Le problème est que c’est notre portefeuille qui est en train de mourir!

    Pour finir, un petit décodage des doux euphémismes de cette phrase: « c’est pour cela que sa réapparition quasi inéluctable est porteuse de grands dangers et de grands risques de déstabilisation sociale que seule une régulation forte et coordonnée pourra venir tempérer. »

    – « réapparition quasi inéluctable » = risque d’hyperinflation comme en 1923 en Allemagne ou sous le Directoire, en France avec les assignats

    – « porteuse de grands dangers » = une révolte? Non Sire, une Révolution

    – « grands risques de déstabilisation sociale  » = Un gros merdier, pour ne pas dire plus

    – « une régulation forte et coordonnée » = un régime bien autoritaire, juste suffisamment dictatorial comme le Portugal de Salazar, la Grèce des colonels… etc.
    Juste ce qu’il faut, on vous dit et on vous le répète…!!!

    1. Daccordo sur l’essentiel. En me permettant de rappeler que le troupeau de consomateurs – lobotomisé par les arguments mercantiles du modèle ricain (troupeau dont j’essaye de m’extirper le plus possible) est en bonne partie moteur et responsable de cette augmentation de prestations du nivrau de la vie soi-disant « dues ». Elles ne sont, pour grande partie, que des illusions créées pour nous faire consommer. Nous allons devoir réduire notre niveau de vie.

    2. L’inflation qui grignote en douceur les salaires pendant les années de vaches maigres, c’est pas 82, c’est Keynes lui même qui le préconisait. Pour la bonne cause bien sûr : lutter contre le chômage.

    3. Les salaires augmentent donc moins vite que les prix. Les pensions de retraites également puisqu’elles sont indexées sur les salaires.

      Les pensions de retraite, notamment dans la Fonction Publique, ne sont plus indexées sur les salaires. Il est prévu qu’elles stagnent, même en période de forte inflation en cette période où tout est bon pour faire des économies sur le dos de ceux qui ne peuvent pas ou qui ne peuvent plus se défendre . Les retraités n’intéressent plus personne , on les croit piégés parce qu’ils ne peuvent plus rien changer à leur situation ni même faire grève . Heureusement qu’il existe une infinité de méthodes non conventionnelles pour faire pression sur les décideurs amis des néolibéraux qui ont tous le même talon d’Achille, leur portefeuille. Le refus de consommer de l’inutile, des marques, de la frime est un premier moyen de pression, et pour continuer on peut privilégier la solidarité, le troc , proposer l’échange de services, retirer son argent d’une banque fautive pour ouvrir un compte dans une banque mutualiste propre . Ce changement de mode de vie peut mettre définitivement à genoux le système néolibéral.

    4. @vigneron

      C’est vrai que ce n’est pas 1982 la cause.
      Mitterand ne s’était pas fait élire sur la politique du franc fort, en effet.
      Mais la déconnection hausse des salaires/ hausse des prix de 1982 n’a été que le prélude du retournement de politique économique opéré sous Jacques Delors et Jean-Claude Trichet que l’on a appelée la « politique de la rigueur ».
      1982, c’est pour être précis dans les dates et les faits historiques, c’est tout.

    5. En prenant le cas de la Belgique où j’habite et où l’indexation automatique existe toujours (du moins partiellement étant donné que certains produits comme les carburants ne fond pas bougé l’index), votre constatation montre ses limites.
      En effet, l’augmentation des frais de soins de santé va plus vite que l’augmentation du produit des cotisations, la faute au chomage et aux dégrevements des cotisations sociales dans des mesures d’encouragement à l’embauche d’une part et d’autre part la faute à des médicaments prescrits toujours en plus grand nombre (y compris des médicaments qui sont là pour palier à l’effet secondaire d’un autre médicament) et des médicaments dont les prix ne baissent pas, dixit les sociétés pharmaceutiques, cela « permet de financer la recherche » ce qui sert surtout de paravent au regard des dividendes importants que payent les sociétés pharmaceutique, les génériques commencent (je dit bien commencent seulement) à changer un peu la donne, un autre facteur est des conditionnements inadaptés (ces conditionnements sont choisis par les fabricants ne l’oubliont pas), où le traitement fini il reste trop de médicament ou au contraire pour des traitements longs des boites trop petites.

  9. Bonsoir,

    Exposé clair et limpide.

    C’est pour ces raisons que la crise actuelle ne peut en aucun cas accoucher d’une inflation « positive », et c’est pour cela que sa réapparition quasi inéluctable est porteuse de grands dangers et de grands risques de déstabilisation sociale que seule une régulation forte et coordonnée pourra venir tempérer.

    Sans vous faire de procès d´intention, je souhaiterais simplement une précision. Quel serait l´objet de la régulation forte et coordonnée ? Son objet porterait-il sur la maîtrise des désordres sociaux ou sur ce qui aurait provoqué ces désordres sociaux ?

    Cette précision me semble utile par les temps qui courent avec les déclarations de MAM sur la Tunisie. Dont au passage, j´ai noté une phrase dans les explications qu´elle a donné pour se justifier quelques jours plus tard devant la commission. Ce n´est pas une citation parfaite car de mémoire. Elle constatait le rôle important qu´avait joué Internet et les réseaux sociaux dans la révolution tunisienne et elle précisait qu´il allait falloir en tirer des enseignements.
    J´ajoute à cela que N:S: dans son discours sur je G20 a parler de civiliser Internet.
    Je commence à trembler pour des espaces de liberté et de réflexion comme ce blog. Le tout sur fond de discussion de LOPSI2 et j´en passe.

    1. Et j´oubliais aussi sur fond d´un De Closet qui déclare du haut de sa morgue légendaire lundi soir chez F.Tadéi que le peuple n´est pas fait pour gouverner, qu´il ne l´a jamais été et qu´il ne doit pas l´être. Tout un programme.

      Va falloir qu´on s´attaque un peu à notre manière particulière et élitiste de considérer la démocratie.

    2. Ces gens – politiciens et mediacrates ont décidé – sans nous – il y a un bail, que l’oligarchie, c’était vraiment mieux que la démocratie ! à condition, bien sûr, compétences ou non ( il semblerait, de façon claire, que non ), d’en faire partie! d’où les reniements personnels, les cirages de pompe, copinages, appartenance aux mêmes club selects ( je pense là, en particulier, aux liaisons dangereuses des medias et des politiciens …ainsi que des politiciens et des banquiers et dirigeants des multinationales ). D’où aussi l’intérêt particulier de certains, de bien « placer » leur propre progéniture ( je pense, entre autre, à la direction de l’INRS… ).De façon à ce que ce soit toujours les mêmes qui se reproduisent entre eux =) blocage total du Pays ; perte des valeurs républicaines ; car, ainsi, le fonctionnement devient « clanique » . Et aussi, asséchement de toute idée nouvelle , idée fixe (persister à tout prix et quelqu’en soit le prix pour les autres), et mort par asphyxie.

      Ce qui a été décidé sans nous, le Peuple, et qui entraîne perte des limites, perte des valeurs, perte de toute décence, et envoie de la majorité de la population à la misère, est nul et non advenu .

      Démocratie !

  10. Nous avons en ce moment même une inflation délibérement provoquée (choisie comme dirait certain). Regarder la hausse de …. tout (sauf des salaires bien entendu, compétitivité oblige).

  11. Bonjour,

    Deux commentaires en forme de questions :

    – Quelle définition de l’inflation avez-vous en tête ? Il y en a plusieurs, et elles ont évolué au fil du temps (je parle en siècles). Etymologiquement, inflation voulait dire à l’origine « gonfler » la masse monétaire. Comme cela fait monter les prix, on a progressivement donné le nom d’inflation à ce symptôme. Puis on a adopté le principe que les prix devaient monter un petit peu, et on a appelé inflation une hausse trop rapide des prix…

    – Quand vous parlez de bonne et de mauvaise inflation, jugez-vous l’action pour elle-même ou ses conséquences ? Etes-vous déontologique ou utilitariste ? On peut imagine des situations ou l’un et l’autre ne vont pas ensemble, par exemple un faux-monnayeur écoule sa fausse monnaie (c’est une fraude, donc mal) mais les effets de cette inflation sont bénéfiques par ailleurs (les conséquences sont bonnes). De manière générale, quand on parle de « bonne » et de « mauvaise » inflation, il faudrait toujours préciser : bonne ou mauvaise pour qui ?

    Il y a beaucoup de littérature utilitariste sur l’inflation : est-elle bonne ou mauvaise pour la croissance, pour la richesse des nations, etc. Mais il y a moins d’auteurs qui se sont intéressés à son aspect déontologique, éthique : par quelles actions fait-on l’inflation, et ces actions sont-elles bonnes ou mauvaises en elles-mêmes ? Il y a deux lectures à recommander sur le sujet :
    1) Nicolas Oresme
    http://books.google.fr/books?id=7PnOAAAAMAAJ
    2) John Wheatley, An essay on the theory of money and principles of commerce
    http://tinyurl.com/47he67p
    3) Guido Hülsmann, L’éthique de la production de monnaie
    http://www.amazon.fr/Léthique-production-monnaie-Guido-Hülsmann/dp/229612870X/
    ou
    http://www.scribd.com/doc/7483974/The-Ethics-of-Money-Production

    Cdt,
    GSF

  12. Très bon billet.
    Une chose illustre bien ce qui est développé:
    après guerre l’once d’or -environ 30g d’or- valait 35$, maintenant il faut 1400$ pour acheter la même quantité d’or.
    Par exemple les Ben Ali qui sont partis de Tunisie avec 1500 lingots d’or,
    ce qui représente 50000 onces, aurait eu en dollars après guerre 1,75M$,
    aujourd’hui cette somme est de 70M$.
    Le monde nage dans un océan de dollars, mais de dollars dévalués. Et cette monnaie ne garde son rang que parce que les USA arrivent encore à imposer leur « imperium » grâce à leur complexe militaro-industriel.
    C’est en grande partie « grâce » aux guerres d’Afganisthan et d’Irak que le prix du pétrole en dollar a pu être maintenu bas, sans cela il aurait explosé et le dollar avec: sans cela il y a belle lurette que le dollar ne vaudrait plus pipette.
    Tout le monde retient son souffle car tôt ou tard le réajustement se fera et le dollar se dégonflera et les monnaies satellites comme l’euro avec (l’euro étant par ailleurs plombé par les zizanies intra-européennes).
    Les pays riches sont potentiellement pauvres, car il sont de plus en plus « riches » de leurs dettes qui ne cessent d’enfler.
    Leur richesse est une richesse en état de surfusion. L’heure de vérité viendra lorsque cet état de surfusion prendra fin: un simple battement d’aile de papillon pourrait en être la cause…

    Note: l’eau peut exister jusque vers -40°C celsius à l’état liquide, mais la moindre perturbation
    , la moindre impureté peut provoquer instantanément sa prise en masse sous forme de glace avec libération de chaleur. C’est ce que l’on appelle l’état de surfusion.

  13. L’inflation actuelle a deux causes qui sont en effet bien différentes de l’inflation pendant les Trente Glorieuses:
    – L’augmentation des prix des matières premières dûe au rythme de croissance dans les pays émergents,
    – la spéculation. On spécule même sur des métaux non-ferreux, tels que le cuivre, métal indispensable, primordial pour soutenir la croissance. Des fonds d’investissements « cuivre » existent déjà.
    On sent que le monde commence à vaciller: endettement catastrophique des communes et états aux USA, à un tel point que les autorités de certaines communes sont obligés de supprimer les soins médicaux pour les pauvres, de limiter les services aux citoyens, de fermer des établissements, de renoncer à la réparation des infrastructures, et cétera. Des analystes à Wall Street n’exclurent pas qu’il a aurait, à terme, des manifestations violentes, comme en Grèce. Concernant l’euro, aucune véritable solution est en vue, on essaye de gagner du temps, de calmer les marchés, de repousser les échéances, d’expérimenter avec telle ou une autre finesse qu’offrent les techniques financières. l’Angleterre est au bord de la dépression nerveuse……….

  14. « Bref, il est des situations inextricables. »

    -Vous venez de résumer le problème des systèmes monétaires a taux de changes fixes ou la masse monétaire est inflexible.
    Dans un tel système, l’expansion monétaire nécessaire a la relance économique n’est pas faisable.
    C’est pourquoi l’Europe souffre de sous développement depuis trente ans et d’un taux de chômage de masse chronique.
    Ce n’est pas le cas dans un système monétaire moderne fiat.
    http://alienaeconomics.blogspot.com/

    -Le chômage de masse est cause par le NAIRU (Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment ) qui est la pièce maitresse de l’idéologie néo-libérale.

    De plus, votre explication du chômage par la demassification ne tient pas la route. En terme manufacturier, oui, les robots et l’informatique ont pris le pas sur la main d’œuvre humaine et la libère pour accomplir d’autre tache.

    « C’était un temps où nous avions besoin de bras »

    Nous avons besoin aujourd’hui d’une restructuration massive de nos système de production, de la construction d’une infrastructure énergétique basée sur le renouvelable, d’une transformation de nos mode de transport, d’une complète refondation de nos pratiques agricoles. Nous avons d’énorme besoin de main d’œuvre qualifiée ce qui implique d’énorme besoin en matière d’éducation et de recherche développement. Des besoins énormes de dépenses publiques qui doivent être finance par le déficit budgétaire.
    Mais selon vous, le temps ou nous avions besoin de bras est révolu?

    Au nom d’une dette imaginaire et d’un déficit « insoutenable » ont réduit les postes d’enseignants, on ferme les écoles, on réduit l’investissement productif de l’État car il faut réduire le déficit , bref, on se condamne tout simplement.

    Nos société ne manque pas de besoin a satisfaire, ni d’emploi, ni de la capacité a émettre la monnaie, mais elles manquent cruellement de décideurs politiques et d’une vision qui dépasse l’obsession sur la dette et le déficit et réalisent ces investissements.

  15. 1 De la mauvaise inflation.

    La mauvaise inflation , c’est celle qui est issue de la hausse des matières premières, voir même si on se place dans un cadre national ou communautaire , issue de la hausse des prix des produits importés.
    Or étant paysan, je suis bien placé pour le savoir: le prix des produits agricoles s’envole, même si la volatilité « déforme les courbes ». Et pas seulement: le prix des métaux s’envole aussi, celui du pétrole.
    Surtout en ce qui concerne les matières agricoles, nous, ressentons peu ces hausses de prix. Mais dans les pays en développement, c’est une autre histoire. En effet, le coût de la main d’oeuvre y est bon marché; les prix la consommation dans ces pays sont composés surtout du coût des matières premières. Il y a fatalement , surtout depuis 2007,( à cause de la hausse des prix agricoles, qui a démarré vraiment à ce moment là),de l’inflation dans absolument tous les pays à bas coût de main d’oeuvre. Et plus la main d’oeuvre est bon marché , plus l’inflation risque d’être forte.
    Donc cette inflation-là n’est pas du tout due liée à la hausse des revenus des travailleurs-consommateurs, en particulier à la hausse des salaires. Elle n’est due qu’à la hausse des matières premières.
    Ce n’est donc pas de la « bonne inflation », et par conséquent qu’est ce que c’est? De la mauvaise inflation; voilà.

    Et j’irai même encore plus loin: si on augmente trop les salaires, car les salaires (et oui!C’est comme les cours de la bourse, ou les profits des SA: ils ne peuvent pas monter jusqu’au ciel), et bien si ils augmentent trop vite, l’inflation augmente tellement qu’elle gomme tout ou une très grande partie de la hausse de pouvoir d’achat escomptée. Et puis il n’y a pas que les travailleurs. D’autres n’ont pas de salaire, et voient les prix monter.

    Mais pour lutter contre l’impact social de la mauvaise inflation, présente je vous le rappelle, de manière universelle dans les pays, à faible coût de main d’oeuvre, il y a une arme fatale: j’ai nommé les hausses de salaires( et des allocations sociales). Ce type d’inflation touche les personnes qui travaillent et , si on réagit suffisamment vite, n’entraîne pas de hausse de chômage. Augmenter les salaires, et le seuil de pauvreté n’a plus qu’à bien se tenir.
    Et ne me dites pas qu’ augmenter les salaires, c’est jeter de l’huile sur le feu et relancer de plus belle ce type d’inflation! Voici pourquoi: ce type d’inflation est causé principalement par la hausse des prix agricoles.. Or la hausse des salaires dans le monde, même dans des pays comme le Vietnam ou l’Argentine, n’ a que peu d’impact sur les prix agricoles. Si tous ces pays voient leurs salaires augmenter sensiblement, cela aura un impact ( notamment à cause de la hausse à venir de la consommation de viande) Mais cet impact sera peu signifiant car lent, et faible, .Donc augmentez les salaires, dans ces pays, les prix des produits alimentaires et encore moins agricoles n’en augmenteront pas pour autant.
    Qu’on nous dise qu’en France c’est difficile d’augmenter les salaires, ça peut se défendre. Mais dans des pays comme l’Argentine, la Roumanie, la Chine ou pire encore le Vietnam, bien moins cher que la Chine, excusez-moi!!
    En Chine les salaires minimaux ont pris deux fois +20%, en 2010 et 2011; un exemple à immiter pour tous les pays à faible coût de main d’oeuvre

    Et puis cette « mauvaise inflation » n’est pas mauvaise pour tout le monde. Je suis bien placé pour le savoir. Vous avez deviné? Et oui je suis paysan! Comme de nombreux habitants des pays en developpement (55% au Vietnam, source wiki, par exemple)!
    Alors je veux bien croire que la pauvreté progresse globalement dans les villes des pays frappés par cette « mauvaise inflation » mais dans le cas des campagnes c’est une toute autre histoire, à condition que les paysans aient quelques excédents à vendre, ce qui est le cas du plus grand nombre d’entre eux. Cela tombe même à pic pour redynamiser ces agricultures qui en ont bien besoin. Pour réduire l’exode rural aussi.

    La mauvaise inflation n’est donc pas mauvaise pour tout le monde

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