DE LA STRATEGIE DU CAPITALISME, par Crapaud Rouge

Billet invité

Si Darwin avait travaillé comme Weber, il aurait intitulé son œuvre « De l’Esprit de la nature », il aurait été encensé par les religieux, incendié par les scientifiques, et l’on en serait encore à se demander ce qu’il en est de cet esprit. Si Weber avait travaillé comme Darwin, il aurait accumulé les faits, discerné entre eux un principe commun, et il ne ferait pas de doute aujourd’hui que le protestantisme, vecteur d’une nouvelle éthique du travail d’inspiration biblique, a été le berceau du capitalisme moderne.  Darwin a eu le succès que l’on sait parce qu’il a découvert l’évolution des espèces, et mis en avant un principe général pour l’expliquer : la sélection naturelle. La valeur explicative de ce principe est nulle mais sa valeur logique suffisante : après que des espèces ont réussi à s’adapter, il est toujours possible de dire qu’elles ont été « sélectionnées » et les autres « éliminées ». Mais le latin selectio signifie choix : ce  principe laisse donc entendre que la nature « choisit » les espèces qui vont survivre, ce qui est aberrant eu égard au déterminisme qui ne laisse pas le  choix. Mais qu’importe, Darwin a mis un mot sur l’action supposée de la nature, et c’est ce qu’il devait faire, sinon il eût fallu admettre que les espèces évoluent parce que c’est « l’esprit de la nature » qui le veut. Il a donc trouvé, sinon le mot juste, du moins celui qui convenait, alors que Weber a raté son coup. Il décrit des comportements typiques, tire le portrait robot du capitaliste, mais ne va pas jusqu’à extraire la quintessence de ses observations, c’est-à-dire un principe d’action général qui serait absent des innombrables formes antérieures du capitalisme.

Si, à l’instar de Darwin, il avait laissé les faits décanter lentement dans sa mémoire, il aurait découvert, qu’à la différence de leurs prédécesseurs, les capitalistes protestants ont imaginé et exécuté des stratégies. Une stratégie est un ensemble d’actions qui présente une cohérence globale et confère à chacune sa raison d’être et son utilité, alors que les mêmes, effectuées sans stratégie, seraient insensées. L’on me rétorquera qu’ils ne furent pas vraiment les premiers, que les êtres humains utilisent des stratégies depuis la nuit des temps, que l’on ne sait pas trop desquelles il s’agit, et que le mot est aussi fourre-tout que le principe de Darwin. Soit, mais laissez-moi finir.

Ma définition ne pose ni principe ni méthode a priori pour qu’il y ait cohérence globale, de sorte que l’on peut suivre une stratégie comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. A l’instar du naturaliste qui découvre après coup des espèces adaptées, l’on peut constater des stratégies même quand leurs auteurs ne visent aucun but bien précis. Mais devant le journal de Benjamin Franklin, où cet obsédé de l’enrichissement égrène les principes de sa conduite, Weber ne voit qu’un ethos : « En fait, ce n’est pas simplement une manière de faire son chemin dans le monde qui est ainsi prêchée, mais une éthique particulière. En violer les règles est non seulement insensé, mais doit être traité comme une sorte d’oubli du devoir. Là réside l’essence de la chose. Ce qui est enseigné ici, ce n’est pas simplement le « sens des affaires » – de semblables préceptes sont fort répandus – c’est un éthos. Voilà le point qui précisément nous intéresse. »1 Autrement dit : le sens moral identifié à celui des affaires, ce qui est très juste mais insuffisant : il aurait dû remarquer aussi la cohérence de ces « préceptes fort répandus », (mais réunis sous une même plume), cohérence qui me fait dire que cet ethos est la projection d’une stratégie sur l’individu en tant que son acteur. Weber dresse ensuite le portrait robot de l’entrepreneur sous forme d’une liste d’actions typiques où l’on relève : « agir selon le principe : réduire les prix, augmenter le chiffre d’affaires ». Nous sommes là devant une projection de la même stratégie mais sur son environnement cible. En conclusion et pour faire court : l’espèce doit s’adapter à son milieu, le guerrier à la guerre, le capitaliste aux affaires, et le tout venant au travail. C’est dans cette adaptation de soi au monde dans un but archaïque, l’enrichissement, mais exalté par une interprétation nouvelle de la Bible, que réside l’invention du capitalisme moderne.2

Ayant dressé lui-même le portrait robot, Weber n’a pas été frappé par le caractère disparate des actions : « sélectionne avec soin les tisserands », « aggrave leur dépendance », « augmente la rigueur du contrôle », « change les méthodes de vente », « sollicite lui-même les clients », « adapte la qualité des produits »… Finalement il termine : « La conséquence habituelle d’un tel processus de rationalisation n’a pas tardé à se manifester : ceux qui n’emboîtaient pas le pas étaient éliminés. L’idylle s’effondrait sous les premiers coups de la concurrence; des fortunes considérables s’édifiaient qui n’étaient pas placées à intérêt, mais réinvesties dans l’entreprise. L’ancien mode de vie, confortable et sans façons, lâchait pied devant la dure sobriété de quelques-uns. Ceux-ci s’élevaient aux premières places parce qu’ils ne voulaient pas consommer, mais gagner, tandis que ceux-là, qui désiraient perpétuer les anciennes mœurs, étaient obligés de réduire leurs dépenses. » Le mot stratégie, qui ne figure nulle part dans son livre, est le seul qui puisse raccorder entre elles toutes ces actions : chacune est, au mieux, incongrue dans le cadre de « l’ancien mode de vie », mais rationnelle dans la perspective de « s’élever aux premières places ». Cela se montre facilement en considérant la baisse des prix : c’est un choix suicidaire s’il n’est pas concomitant à d’autres qui favoriseront une augmentation des ventes : il n’est donc jouable que dans un ensemble de choix cohérents. La filiation spirituelle avec Luther, qui avait auparavant sacralisé le travail, s’en trouve aisément confirmée, car il fallait jouer sur ce paramètre pour faire baisser les prix, et pouvoir en jouer positivement, ce que « l’ancien mode de vie », placé sous la houlette des catholiques, ne permettait pas.3

Finalement, c’est dans le fordisme que la stratégie du capitalisme a trouvé un spectaculaire accomplissement car, auparavant, jamais le travail humain n’avait été, avec autant de précision et d’intensité, cadencé par des machines. La non-absurdité de cette manière de gagner sa vie n’est concevable que dans le cadre spécifique et artificiel d’une stratégie qui en justifie la possibilité et la cohérence. Le fordisme montre que, depuis l’époque des pionniers qui devaient avoir le caractère bien trempé pour venir à bout des principes culturels « gênants », jusqu’à la fin de cette tradition implicite qui voulait qu’on ne travaille pas comme des robots, c’est la même stratégie qui se trouve déclinée : impliquer les gens dans des actions qu’ils ne sont pas capables d’imaginer ni disposés à accomplir.

Avant l’arrivée des OGM, par exemple, il était impensable pour des agriculteurs de faire pousser des plants dont les graines sont stériles. Mais Monsanto et ses consœurs, agissant en concurrentes mais œuvrant de concert, sont parvenues à les « convaincre » du contraire : le capitaliste moderne est avant tout le propagandiste de sa propre  stratégie, et ses victimes, complices malgré elles, en perdent leur bon sens comme le  corbeau son fromage. En titrant son œuvre : « De l’Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle », Darwin effectue un petit tour de passe-passe sémantique : il transforme l’action de choisir en opérateur, et pose celui-ci comme un phénomène existant. Cette « sélection naturelle » existe bel et bien mais ce n’est pas une sélection, plutôt un tirage au sort continu qui se déroule sur la somme des jours et des individus, car les changements qui agitent un milieu écologique favorisent certains et défavorisent les autres au hasard. J’ai fait aussi une entorse au langage en retenant le mot stratégie pour caractériser l’invention du capitalisme moderne : c’est le mot juste mais, faute de pouvoir en identifier les objectifs, (conquérir ceci ou cela), cet usage n’est pas tout à fait conforme à la définition. Je l’utilise avec une valeur générique qui répond au but générique du capitalisme : faire du profit et s’enrichir de toutes les façons possibles et imaginables. Cet usage du mot est justifié, d’une part, du fait que le capitalisme oblige ses adversaires, (le monde entier), à s’adapter ou mourir, ce qui est l’effet de toute stratégie militaire offensive ; d’autre part, du fait qu’un but spécifique ne suffit pas à constituer une stratégie, c’est sa cohérence interne qui est déterminante.

Peut-on résister au capitalisme ? Et comment ? Ce sera le sujet de mon prochain billet. Un peu de suspens n’a jamais fait de mal à personne. En attendant, les impatients peuvent (re)lire Le Labyrinthe du capitalisme.

1 Page 26 de la version PDF. L’extrait du journal de Franklin commence ainsi : « Souviens-toi que le temps, c’est de l’argent. Celui qui, pouvant gagner dix shillings par jour en travaillant, se promène ou reste dans sa chambre à paresser la moitié du temps, bien que ses plaisirs, que sa paresse, ne lui coûtent que six pence, celui-là ne doit pas se borner à compter cette seule dépense. Il a dépensé en outre, jeté plutôt, cinq autres shillings. »

2 Interprétation nouvelle qui a conduit à une remise en cause de l’antédiluvienne séparation du sacré et du profane. Cf. L’esprit du capitalisme d’après l’œuvre de Max Weber.

3 A la question de savoir comment mieux plaire à Dieu, n’importe quel catholique aurait répondu « prier plus » mais sûrement pas « travailler plus ou mieux ». Quelque fût sa conception du travail, ce n’est pas à ça qu’il aurait pensé.

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285 réflexions sur « DE LA STRATEGIE DU CAPITALISME, par Crapaud Rouge »

  1. Juste un point que je ne vois pas cité souvent, mais peut-être suis-je à coté de la plaque ou dans le mauvais plat. Le développement industriel, c’est-à-dire la spécialisation, mécanisation, production de masse, n’est pas par essence capitalistique : elle repose essentiellement sur la conjoncture de deux points:
    – une énergie peu chère (esclaves, bois, chrabon, pétrole…)
    – des infrastructures permettant d’assurer la réunification des pièces spécialisées en machines utiles au lieu d’utilité.
    Que le modus operandi ait donné une morale (c’est-à-dire des us et coutumes) et une vision religieuse ou intellectuelle ne change rien à l’affaire.

    Plus précisément, les conditions de repli industriel seront les infrastructures ou l’énergie, mais sûrement pas un précepte moral ou un respect du futur. A mes yeux. La glose serait même ans intérêt, sauf à comprendre, et apprendre. Ce qui est juste essentiel.

  2. @Crapaud rouge :

    Vous utilisez le mot « stratégie » en parlant du mode de production capitaliste. Avez-vous remarqué que la seule option dont dispose les promoteurs de ce mode de production est la métaphore guerrière ?

    Un manager face à ses « troupes » pourra parler de :
    – « Campagne de promotion »
    – « Guerre des prix »
    – « Guerre des marges »
    -« verrou stratégique »
    -« neutralisation des concurrents »
    -« espionnage économique »
    -« prise de position »
    -« stratégie d’engagement » etc ….

    Ces métaphores ne sont pas tombées comme un cheveu sur la soupe, elles montrent que le mode de production capitaliste doit évoquer l’anéantissement ou la destruction de la concurrence pour assurer sa survie. En soi, l’utilisation de ce vocabulaire montre que le capitalisme ne peut survivre sans se créer ses propres ennemis.

    1. Si la « cohérence » des nouveautés introduites par les protestants n’a pas frappé Weber, c’est sans doute parce qu’il n’était pas possible, à son époque, d’utiliser le mot stratégie autrement que dans un contexte militaire. Et ce, parce que les métaphores guerrières n’étaient probablement pas encore utilisées. Aujourd’hui c’est facile, les entreprises mettent le mot à toutes les sauces.

    1. La leçon est claire : mieux vaut augmenter les impôts que réduire la dépense.

      Je ne comprends pas pourquoi vous trouvez que cette leçon est clalre????

      Qui a augmenté les impôts, pour qu’on puisse comparer?

  3. Espace, temps et capitalisme

    Comme les processus évolutifs, le capitalisme a besoin du temps et d’espace pour que des capitalistes augmentent leur capital grâce au taux d’intérêt en menant une stratégie de mise en place de monopôle déconnectant par exemple les marchés d’achat et de vente pour maximiser les plus-values ou les rapines.

    Dans le passé, ce type de stratégie a bien convenu aux peuples de navigateurs pour qui la mer, par les distances qu’elle instaurait entre le producteur et le client , permettait d’installer facilement un monopôle: les négociants anglais ont mis en place le commerce des vins de Bordeaux dès les 12eme 15eme siècle par exemple. Le protestantisme n’ a donc rien inventé et l’esprit libéral de l’aristocratie et de la bourgeoisie anglo-aquitaine était déjà à l’oeuvre.

    Les sociétés agricoles comme la Chine n’ont que peu ou pas connu le capitalisme malgré de grands marchés et une économie développée car le mandarinat non héréditaire ne permettait pas de prise de pouvoir par des familles ayant accaparé la fortune.

    Il faut donc pour que le capitalisme se développe, que la société humaine permette au capitaliste d’exister. Le christianisme d’avant la réforme l’interdisait en interdisant le taux d’intérêt car le « Temps était à Dieu »!

    La seule concession, avantageuse il est vrai, faite par l’église catholique a été la création du purgatoire qui permettait d’instituer un gigantesque Ponzi en faveur de l’église et de ses ordres, au détriment des hommes d’argent et banquier, grands pêcheurs désignés qui étaient censés expier un temps leurs péchés et récupérer le prix de leurs indulgences au jour du jugement dernier! On comprend leurs protestations. Les guerres qui ont suivi montrent la difficulté de trouver des accords et des régulations dans ces domaines où Dieu et Mamon ont toujours été en conflit.

    La tentation allemande de dumping par le travail que vous signalez est profondément protestante Celle française de s’étourdir dans le luxe en donnant aux riches et en faisant l’aumône aux pauvres est très catholique.

    Les déterminismes du capitalisme sont d’origine sociale et culturelle voire cultuelle et liés à une conception humaine non matérialiste de l’espace et du temps. Rien de vraiment naturel là dedans. Les fondements sont putôt à rechercher dans la pensée magique, chez Homère ou Shakspeare dans la volonté de puissance, l’identification, voire la psychose ou la perversion.

    La part efficace du capitalisme me semble être lorsqu’il est un moyen de créer une dynamique
    de réorganisation rationnelle et efficace de la nature. Malheureusement cette métaphysique se disperse dans des affects et des imaginaires dénués de réalité tels que zéro, la main de Dieu, les fonctions distributives qui ont mené à la titrisation et conduit à la perte de confiance, le pic pétrolier et la notion de décroissance etc…..

    est

  4. Ne peut-on pas considérer qu’une « évolution » soit aussi le résultat d’une série « d’actions qui présente une cohérence globale » ?
    Pourquoi n’importe quelle évolution, naturelle ou idéologique ne répondrait pas aux mêmes mécanismes ? Prenons un ensemble confronté collectivement à un certain nombre d’options, il se divisera en autant de sous groupe qu’il existe d’orientations qui auront été prises. Très vite se fera la sélection, qui éliminera les groupes mal inspirés. Mais on en verra un certain nombre évoluer à différentes vitesse, dominer, péricliter un moment et disparaître ou résister et survivre. Chaque sous groupe rescapé vivra ainsi jusqu’au moment de sa confrontation à une autre prise de décision. C’est un mécanisme simpliste qui définit assez bien l’évolution des espèces, comme l’évolution d’une idéologie.
    Un argument supplémentaire serait de mettre quelques uns d’entre nous (anticapitalistes convaincus) en situation financière beaucoup plus favorables et de voir à quel point le « capitalisme » est une constante génétique.
    Pour ceux qui ne distinguent pas d’objectif absolu dans l’évolution de l’espèce capitaliste, une piste serait de chercher le dénominateur commun à beaucoup d’autres : être l’espèce dominante c’est s’assurer d’être l’espèce survivante.
    Heureusement que l’homme est capable de contrôler ses plus bas instincts animaux, non ?

    1. « Heureusement que l’homme est capable de contrôler ses plus bas instincts animaux, non ? »
      Un doute m’habite.

      Etre l’espèce dominante est survivre par rapport aux pauvres, oui.

  5. Quant à la distinction déterminisme et libre arbitre, elle m’a toujours paru curieuse.

    Car en effet, si tout est déterminé, c’est donc que tout est prédifni . Mais cela suppose quand même un facteur extérieur qui ait intié tout ça. Donc le déterminisme est à la base préconçu par quelque chose, et pour laquelle la distinction déterminisme et libre arbitre peut aussi s’imposer. Et même si ce quelque chose n’est rien, il n’en demeure pas moins que ce rien a évolué pour une raison ou pour une autre…

    Il en va de même du libre arbitre, ou le choix qui se présente est lié à un facteur extérieur…

    Cela paraît analogue à ce dont Aristote faisait état lorsqu’il s’agissait d’établir une cosmogonie par la notion de commencement : par rapport à quoi, et comment déterminer que la chose à laquelle on se rapporte est préexistente s’il s’agit de commencement…

    Enfin la notion de hasard… Si le hasard est un phénomène dont on ne peut déterminer avec certitude ce dont il peut en résulter, mais simplement prévoir, ce n’est pas expliquer la chose, mais la décrire. C’est plutôt un aveu d’échec. En général, c’est comme pour le temps, faut prier pour que les saisons soient bonnes, même si on a la météo. Ceci dit, moi ça ne me dérange pas.

    1. une cosmogonie par la notion de commencement

      L’infini dans l’espace peut-être la démonstration de l’infini dans le temps : Il y a bien eu un commencement, mais il a eu lieux il y a un temps infini.

      Si tout est déterminé, c’est donc que tout est prédifni

      La transition serait facile de dire que tout est déterminé selon des facteurs dont le nombre est infini, mais là, c’est abuser…

  6. @ crapud rouge

    ujourd’hui nous sommes bel et bien les esclaves du machinisme

    Je pencherai plutôt pour une dictature de la vitesse.

    Exemple en Science et dans le domaine de la pharma :
    1- article paru dans newsweek (http://www.newsweek.com/2011/01/23/why-almost-everything-you-hear-about-medicine-is-wrong.html
    2- brève de LMOUS qui reprend un article américain : http://www.lesmotsontunsens.com/85-des-nouveaux-medicaments-sont-inefficaces-7766
    3- rapport de l’IGAS accable Servier et le système de santé français » (cf. http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/01/15/mediator-le-rapport-de-l-igas-accable-servier-et-le-systeme-de-sante-francais_1466210_3224.html

    La question est : comment en est-on arrivé là ? Quelles dérives ont pu conduire une science aussi utile et respectée dans un tel état de décrépitude ?
    Réponse : selon moi, la même que pour les autres (dernier exemple mis à jour : l’économie et la finance) : la vitesse.
    On aurait pu répondre : la corruption ou encore l’avidité, etc.
    Bien sûr, mais je pense que fondamentalement le mal qui ronge tout, c’est la vitesse, la course sans fin qui empêche de réfléchir.
    Car à force de courir, on ne maitrise plus rien. On ne vérifie plus ni la qualité des résultats ni même la pertinence des méthodes et des outils (ex. : protocoles en pharma, calcul des risques en finance). Il faut avancer, et vite, car sinon, on serait « dépassé », décroché.

    L’important n’est plus où on va mais être dans les premiers à y aller.

    1. Courir encore et toujours, c’est refuser de regarder sa peur en face : s’étourdir pour ne pas être face à …refuser le vieillissement, phénomène naturel, et qui donne une autre place aux « vieillissants », une place d’autre, d’autre qui a une expérience de vie, et qui laisse de la place aux autres, qui sont les jeunes, qui vieilliront à leur tour …( ce qui n’interdit pas les échanges, bien au contraire : échanges de chacun là où il en est de sa vie .)
      Les vieux se mettant en compétition avec les jeunes sur un même plan, ne sont-ils pas immatures ?
      Je ne parle pas là de vieillir mieux, en meilleur état …

      Bref, capitalisme sans frein comme une société qui a peur …peur d’aller dans le mur, et donc, qui y va.

    2. remplacez vitesse par pognon,
      tous vos exemples tombent en situation.
      La vitesse est essentielle, comme moyen.
      Pognon ici est un raccourci:
      pouvoir-pognon est aussi bien.

    3. @ Daniel
      non, justement, ce que j’essayai de montrer en prenant des exemples en science, c’est que dans ces cas (je ne parle pas de l ‘industrie pharmaceutique) les personnes qui font mal leur boulot le font sous pression du temps et d’un système qui déraille et pas pour gagner de l’argent (lisez par exemple « la Science a bout de souffle » de Laurent Segala, DR CNRS, ex. : http://alasource.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/11/03/la-science-a-bout-de-souffle.html ).

  7. @ crapaud rouge.
    (élargissement de vos propos en un point de vue plus historique,
    une esquisse.)

    Catholicisme et protestantisme (luther et calvin) sont sans doute
    important dans l’instauration du capitalisme dans les têtes.
    Il y a 3 autres religions et/ou civilisations
    qui ont leur mot à dire bien que plus « marginales » ou qui méritent attention:
    Slave
    Juif
    Arabe
    Le slavisme n’a absorbé le capitalisme que sous la contrainte
    ou en admiration pour la Kultur industrielle allemande.
    (Dans l’Allemagne des Guillaume le capitalisme était plutôt faible
    l’indutrialisme drainait la majorité des ressources et des énergies,
    et ce au moment où Weber … )

    Le monde arabe n’a pas participé à l’essort du capitalisme moderne,
    alors que ses bases n’étaient pas moindre.

    La culture juive épouse presque totalement les idées dominantes
    décrites par Weber.

    Enfin, il reste le trou noir des capitalisme anciens chinois et japonais.
    A l’origine, ils étaient presque isolés de notre idéologie, et ils
    ont construit chacun un capitalisme qui semble être rentré
    dans leurs têtes plus que par ici.

  8. Mon espèce ne cessera jamais de m’étonner: nous cherchons toujours des boucs-émissaires aux situations que nous vivons, sans aller jusqu’au cœur du problème et sans nous remettre en question.

    A lire cet article et les commentaires, on pourrait croire:
    – que le capitalisme est un système inique n’ayant jamais rien apporté de bien à l’humanité
    – que le capitalisme a détourné le genre humain de La Voie, et nous a réduit en esclavage.

    Trouver un coupable (le capitalisme, la religion, les bourgeois, …) est si commode! Cela nous évite de trop réfléchir aux vraies causes de ce que nous vivons. Les problème n’est pas le capitalisme, le problème n’est pas la « monnaie »: le problème, c’est l’Homme.

    L’homme nait imparfait: il est égoïste et paresseux de nature. Il n’est pas que ça, bien heureusement, et possède de nombreuses qualités pour contre-balancer ces « défauts ». Pour reprendre l’exemple de Darwin, disons simplement que nos ancêtres ont dû lutter de tout temps pour survivre, et en particulier pour manger et se reproduire. L’égoïsme n’est qu’un instinct de survie et de préservation: assurer sa survie personnelle avant celle des autres, et assurer la pérennité de ses gènes. Nous sommes les descendants des « survivants », ceux qui ont gardé les ressources peur eux-même.

    Mais un groupe est plus fort qu’un individu isolé. Les familles, les clans, puis la « société » est née car elle était un meilleur moyen de survivre, un système plus compétitif. Les individus qui se sont groupés entre eux pour se défendre, se nourrir, ont mieux survécu que les individus trop égoïstes et isolés. Nous sommes les descendants de ces individus sociaux, portant en eux les « gènes sociaux ». Les sentiments tels que la fraternité, l’esprit de groupe, l’empathie, sont tous issus de cela. Si nous avons tous une part d’égoïsme et d’altruisme en nous, c’est parce que cela a rendu nos ancêtres plus « compétitifs » que ceux qui en étaient dépourvus. Ls probabilités de survie étaient de notre coté.

    Il n’empêche que notre égoïsme originel, fondamental à beaucoup d’espèces, n’a pas du tout été éradiqué par nos « sentiments sociaux ». Au sein même d’un groupe d’individus, des rapports de domination se sont créés (castes, classes, …). Et entre macro-groupes d’individus, l’égoïsme donna naissance aux « guerres »: guerres entre clans, entre pays, pour s’accaparer égoïstement les ressources.

    Ce que nous vivons de nos jours perpétue le même schéma qu’avant, plus évolué. La monnaies n’a été qu’une façon de clarifier les échanges commerciaux. Le capitalisme n’a été qu’un moyen de produire d’avantage de ressources et de richesses (ce qu’il a effectivement fait, de manière éclatante), en encourageant et poussant les gens à travailler et innover. Alors bien sûr, le capitalisme est fondé sur l’appât du gain, mais c’est justement ce qui fait sa force et sa « Raison d’Etre » :il est en accord avec la nature égoïste de l’Homme.

    Vouloir tuer le capitalisme, c’est oublier qu’il n’est qu’un symptôme relativement utile de la nature humaine. Eradiquez ce symptôme, et il sera aussitôt remplacé par un autre, pas forcément meilleur (cf l’expérience communiste de l’URSS: égoïsme => accaparement des ressources par une minorité dirigeante, dictature pour garder ce pouvoir/ressources,…).

    Plutôt que de s’acharner en vain à supprimer l’expression de l’égoïsme des hommes, nous pourrions faire jouer notre deuxième trait naturel: notre esprit de groupe, notre « sociabilité ». Nous l’avons déjà fait en créant la Démocratie: un système ou le plus grand nombre décide, et peut mettre des barrières aux égoïsmes des individus. Le Bien Commun passant avant les égoïsmes privés. Par la Loi, nous avons instauré des mesures de justice sociale, de plus juste répartition des fruits de la terre.

    Notre problème actuel est-il réellement le capitalisme? Ou au contraire le problème actuel n’est-il pas l’affaiblissement de nos Démocraties? L’affaiblissement des gardes-fous que nous avions mis en place pour lutter contre les égoïsmes? La mondialisation, la libéralisation et la libre circulation des capitaux, sans qu’il y ait de gouvernance mondiale par les peuples et pour les peuples, voilà le problème. Nos Démocraties ont été affaiblies, elles ne peuvent plus décider de taxer les plus riches sous peine de voir s’envoler les capitaux. Elles ne peuvent plus protéger les plus faibles, les travailleurs, car elles sont mises en concurrence les unes avec les autres. Elles sont piégées au jeu du « faux semblant » de richesse économique importée, de produits pas chers importés aux dépens des emplois locaux. Aux gens qui ont perdu leur emploi pendant ce processus, si on leur enlève les produits bon marché importés, que leur restera t’il? La démocratie est-elle piégée à ce jeu de dupes?

    Pour rendre son « pouvoir » à la Démocratie, il n’y aura que deux solutions: revenir en arrière, vers d’avantage de protectionnisme et plus aucune circulation des capitaux et richesses (et une taxation plus juste). Ou mettre en place une gouvernance économique généralisée, ce qui implique que les peuples aient des niveaux de vie harmonisés. L’humanité est très loin de cela encore…

    1. Le problème c’est l’homme , ou plutôt ses défauts. Certes .

      Mais il se trouve que le capitalisme exacerbe l’esprit de compétition .Si des freins ne sont pas mis à tout çà, il est suicidaire ( négation des problèmes écologique sur l’autel des bénéfices).

      Petite digression pour tenter d’ouvrir à une autre spiritualité que celle des faucons ultra-libéraux américains (sectaires se réclamant d’une foi aveugle aux pauvres ) :

      Si on prend la Bible , non pas au pied de la lettre , on s’aperçoit que les premiers récits sont fort étonnants dans leur connaissance de l’humain.
      Caîn, Abel , une histoire de concurrence qui tourne à la jalousie puis au drame du meurtre .
      Et la pomme dans tout çà ? Ces foutues bonnes femmes qui nous auraient foutu dans la mouise? Quelles sont les clées de compréhension de textes qui avait pour vocation au départ d’être non point écrits mais mémorisés ?

      Coupé donc une pomme pour voir , si au fond, ce que l’humanité a tendance à dévorer tant que le mensonge ou l’erreur ne sont pas identifiés , ce n’est pas l’homme lui même .

      .

    2. Eve et la pomme date de l’époque où justement l’écrit a prit le pas sur l’oral. C’est le savoir écrit qui est « le mal » pour les prêtres juifs du 5ème avant notre ère, lorsqu’ils ont commencé à écrire, et il l’était avant eux chez les sumériens, eve et pomme comprise.

      La Bible a emprunté de nombreux passages aux sumériens comme le paradis terrestre décrit dans le poème « Enki et Ninhursag »où l’Eden hébraïque et le Dilmun sumérien ne font qu’un: mêmes fleuves, même endroit, même souffrance, même péché originel. Ce poème explique d’ailleurs le mystère de la côte d’Adam: c’est là où est le mal d’Enki, la côte vient du jeu de mot sumérien « ti » (« côte » ou « faire vivre »). Ce sont les sumériens qui ont écrit les premiers le mythe du déluge avec Ziusudra (le Noé sumérien), repris par les babyloniens.
      http://www.bible.chez-alice.fr

      Babyloniens qui ont accepté d’emmener chez eux les palestiniens comme esclaves plutôt que de les massacrer, ce qui a permit aux seconds, de culture plutôt égyptienne depuis le chalcolithique, d’apprendre plein de choses.
      La bible, toute la bible, est a prendre avec une longue pincette historique.

      Bien sûr que le système capitaliste actuel est d’abord un manque de démocratie et un excès d’égoïsme, permit par le néo-libéralisme cherchant à s’affranchir de toute autorité, reprenant en gros le mythe du bon sauvage : ce qui est bon pour chacun serait bon pour toute la tribu.
      Le capitalisme n’est pas en soi bien ou mal, il est ce qu’on en fait, comme la parole. Les chinois pratiquent un capitalisme d’état qui n’est pas « mal » puisqu’il bénéficie à tous, même si le principe du syndicat d’état lui-même est une oppression.
      Tant que le né-lib pouvait créer l’accès à la classe moyenne par le moyen du capitalisme, au prix de restrictions acceptées de libertés, le système pouvait fonctionner, il ne le peut plus et on voit au proche-orient, comme dans l’histoire, ce que donne une population qui ne croit plus dans le mythe du dirigeant compétent et dans un avenir radieux, malgré l’incroyable propagande d’état.

    3. @ HP

      Vous ne vous poser pas la question de savoir si les premiers écrits n’avaient pas pour vocation de mettre par écrit ce qui était auparavant transmis par oral?

      Prendre les explications de textes sacrés très anciens au pied de la lettre, en leur donnant une explication avec la rationalité d’aujourd’hui , c’est prendre le risque d’ une erreur d’interprétation .
      Le mystère de la côte de Eve trouverait son origine dans un jeu de mot ….Désolé ne point être convaincu. Pas retrouvé de traces de comiques sumériens…:-)

      ps / D’autre part, si les sumériens ont été les premiers à écrire le mythe du déluge , rien ne prouve qu’ils ont été les premiers à le relater .
      Car l’homme cause depuis bien plus longtemps qu’il n’écrit .
      http://www.culturafric.net/?pid=17

    4. > béber
      si bien sûr, les écrits religieux sont le report sur support durable de la légende orale, mais sans la latitude pour l’aède d’interpréter et de conter à sa façon, un écrit ne s’adapte pas à son auditoire.
      Rien ne prouve que les sumériens aient été les premiers à raconter cette légende de la création en effet, tous les peuples, depuis que l’homme parle, ont leur légende de leur origine, forcément divine. On connaît les légendes sumériens et leur époque parce qu’ils sont écrits.
      Les jeux de mots ne sont pas forcément comiques, ils peuver jouer sur le double sens. « Tu es Pierre et sur cette pierre je fonderai mon église », ça marche aussi en araméen tu crois?
      En l’occurrence, la racine commune « côte » et « créatrice de vie » peut difficilement fonctionner dans d’autres langues, il y a peu de chance que cette légende vienne d’ailleurs.

  9. au censeur les politiques de l’autruche qui est une politique qui fait des gros oeuf ne résoudra pas vos problème

  10. @Crapaud Rouge
    Quelque remarques que m’inspirent votre article ainsi que celui concernant la mécanique quantique. Ces remarques sont elles-mêmes inspirées de celles de René Thom [Stabilité structurelle et Morphogénèse, Interéditions, p.277].
    En mécanique classique, l’évolution d’un système matériel peut être décrite de deux manières; l’une par des équations différentielles locales comme les équations de Lagrange ou de Hamilton; l’autre par un principe variationnel global comme le principe d’action extrémale de Maupertuis. La deuxième description a un aspect finaliste. La première a l’avantage de fournir une stratégie déterministe et locale permettant de résoudre le problème global: hic et nunc le système adapte son accélération en fonction de la force à laquelle il est soumis.
    Concernant le capitalisme la fonctionnelle à extrémaliser est le profit et la question est de trouver les (ou des) stratégies locales permettant de résoudre ce problème global.
    On peut conjecturer qu’il en va de même en biologie, tout processus épigénétique ou homéostatique étant susceptible d’une double interprétation déterministe et finaliste. Ainsi, à tout processus adaptatif on peut sans doute associer une fonction de l’état biologique local qui mesure la complexité locale de cet état par rapport au processus considéré, l’évolution se faisant alors de façon à minimiser cette complexité. La sélection naturelle est l’un des facteurs de cette évolution (René Thom pense que des mécanismes internes à effet lamarckien jouent dans le même sens). A la différence de la mécanique classique, on ne peut espérer voir cette évolution se réaliser de manière continue, des discontinuités qualitatives, des mutations, pouvant apparaître au cours du processus. Ce qui renvoie à l’approche quantique (le temps entre deux générations jouant le rôle du temps de Planck?).
    En résumé:
    La finalité en mécanique est de minimiser l’énergie. En capitalisme il s’agit de maximiser le profit et en biologie on peut conjecturer, à la suite de René Thom (entre autres?), qu’il s’agit de minimiser la complexité.
    On a vu plus haut que la stratégie locale résolvant ce problème finaliste et global en mécanique classique découle des équations différentielles de Lagrange ou de Hamilton. Quid des stratégies locales en capitalisme et en biologie? (et quid de la « mesure » de la complexité?)

  11. Je n’ai pas trouvé ce passage de Hégel sur le net, en Français, en tout cas :

    Hégel , « La raison dans l’Histoire », en l’ouvrant au hasard, p 92 , je tombe sur :

    « Ainsi la mort naturelle d’un peuple apparait-elle comme un suicide. Nous pouvons ainsi observer comment l’Esprit d’un peuple prépare lui-même sa propre décadence. Le déclin apparait sous diverses formes : La corruption jaillit du dedans, les appétits se déchainent ; la particularité ne cherche que sa satisfaction, si bien que l’Esprit substantiel devient inopérant et tombe en ruine. Les intérêts particuliers s’emparent des forces et des capacités qui étaient auparavant au service du tout. Le négatif apparait ainsi comme corruption interne, comme particularisme.  »

    p 93 : « Les individus se retirent en eux même et poursuivent des buts particuliers. Nous avons remarqué que cet état marque la décadence d’un peuple. Chacun pose ses buts particuliers selon ses propres passions. Cependant, dans ce retour en soi de l’Esprit, la pensée apparait comme une réalité particulière : Les sciences naissent. Les sciences vont toujours de pair avec la corruption et le déclin d’un peuple. »

    p 95 :

    « L’impuissance de la vie se manifeste en ceci que le commencement et le résultat se séparent. Il en est de même dans la vie des individus et des peuples. Chaque Esprit populaire déterminé n’est qu’un individu dans la marche de l’histoire universelle. La vie de chaque peuple fait mûrir un fruit, car son activité vise à réaliser complètement son principe. Mais ce fruit ne retombe pas dans le giron du peuple qui l’a produit. Il ne lui est pas permis d’en jouir. Au contraire, ce fruit devient pour lui une boisson amère. Il ne peut la rejeter car il en a une soif infinie, mais gouter à ce breuvage est sa ruine en même temps que l’avènement d’un nouveau principe. Le fruit redevient germe, germe d’un autre peuple qui mûrira. »

    ==================

    En tout cas, tout était écrit déjà chez Hégel, et nul était le besoin d’attendre le livre improbable de la grande bibliothèque de Borges pour avoir la révélation. Les avertissements étaient écrits comme le Mane Thecel Phares, de la bible. ! Comme toujours depuis le début, on ne les a pas pris au sérieux, comme toujours il faudra payer l’addition, à moins que « l’Esprit » du temps ne se soit élevé à un niveau plus clément.

    Bizarrement j’avais ces mots dans ma tête depuis ce matin : l’étrange histoire que l’Humanité se raconte à elle même… continuer à rêver le rêve de l’humanité dirait Nietzsche car s’en éveiller serait terrible; Nietzsche qui a transfiguré complètement le thème de la décadence n’est-ce pas, pour en vider le contenu politique au profit d’une idéologie de la force, etc… La vraie décadence de la pensée, Nietzsche l’incarne malgré lui ! Je ne l’aime pas, Nietzsche est l’absence de la raison, le brouillage du concept, le néant de l’idée. Et partant, l’évacuation du politique.

    Bref, j’avais cette idée d’esprit général en tête et en rangeant, Hegel.

    « Nous autres civilisations etc, non, » Hegel l’a mieux dit

    De plus le fruit que mûrit l’Amérique était dès le départ, celui du particularisme. ce ne pouvait qu’aller très vite… Le principe est directement celui du négatif, l’Esprit contient sa propre négation…

  12. A Crapaud Rouge et au Blog…

    Que de réflexions, de références, de connaissances, de compétences, de sciences, d’opinions, d’illusions, de tentatives: contredites, controversées, approuvées, réfutées, accordées, encensées, diabolisées …

    Un seul objectif pourtant: tisser la toile d’araignée des concepts « homo sapiens sapiens » afin de légitimer la « surprédation » humaine et feindre d’ignorer le cœur du réel: l’estomac insensé du monstre.

    Revenons donc à une perception plus basique, plus simple et de fait: plus saine.

    Darwin:

     » On peut excuser l’homme d’éprouver une certaine fierté de ce qu’il s’est élevé, quoique ce ne soit pas par ses propres efforts, au sommet véritable de l’échelle organique ; et le fait qu’il s’y est ainsi élevé, au lieu d’y avoir été placé primitivement, peut lui faire espérer une destinée encore plus haute dans un avenir éloigné…

    Or, il me semble que nous devons reconnaître que l’homme, malgré toutes ces nobles qualités, la sympathie qu’il éprouve pour les plus grossiers de ses semblables, la bienveillance qu’il étend aux derniers des êtres vivants ; malgré l’intelligence divine qui lui a permis de pénétrer le mouvement et la constitution du système solaire – malgré toutes ces facultés d’un ordre si éminent –nous devons reconnaître, dis-je, que l’homme conserve encore dans son organisation corporelle le cachet indélébile de son origine inférieure.  »

    Charles Darwin. 1809-1882. Conclusions in La descendance de l’homme.

    Dans l’ensemble de son œuvre Darwin a très peu traité de « l’homme » sous l’éclairage de ses connaissances et on peut le comprendre: il avait quelques craintes pour son statut de gentleman anglais.
    Il s’est toutefois rendu compte que le terme de « sélection naturelle » – comme vous l’avez remarqué – présuppose un choix et qu’il fallait le remplacer par « la survie du plus apte » qui laisse toute sa place à la « loterie » du génome.

    Dans « la survie du plus apte », ce que Darwin a oublié – perception bien anglaise – c’est l’esprit, non pas l’Esprit inventé par les religieux pour les besoins de leur cause, mais l’esprit que nous partageons avec certain animaux, surdimensionné dans le genre humain: La ruse.
    Ruse gigantesque, transparente à l’intelligence, arme du faible par excellence et qui a permis dans un premier temps de compenser notre médiocre état organique, de tenir à l’écart le réel et le naturel: ces derniers, par effet de carences et de convergence de catastrophes, reviennent enfin sur le devant de la scène.

    Deux réflexions encore à soumettre à vos contradictions:

    – Aux esclaves de la machine: Trop pénible de marcher ? Achetez des roues!…

    – Le capitalisme a gagné, a duré jusque là, car il est le système qui attise le mieux les bas
    instincts partagés par le plus grand nombre. (Riches ou pauvres même combat débile.)

    D’avance, merci de me lire et de me « contrelire »…

    1. Relisez tout le blog depuis le début et vous allez trouver tout seul les réponses à vos questions ( s’il y avait questions ) .

    2. Pleinement d’accord avec vos réflexions, JRCS, et merci pour cette petite citation de Darwin. Notez cependant qu’il n’en était pas où nous en sommes, en conclusion il dit : « organisation corporelle le cachet indélébile de son origine inférieure » : à l’époque, c’était une nouveauté, on imaginait mal qu’un homme à l’image de Dieu puisse être fagoté comme un singe. Aujourd’hui, c’est dans l’esprit, la culture et l’organisation que l’on traque le « cachet indélébile de son origine inférieure ». Enfin, suc blog, personne ne feint « d’ignorer le cœur du réel: l’estomac insensé du monstre »…

  13. Shalom,

    Il semble difficile d’imaginer qu’une organisation sociale, une Économie, ne soit pas issue du peuple.

    Notre plus grande angoisse, que nous transmettons naturellement à nos dirigeants (qui font partie de la société), est de ne pas être occupés et qu’ainsi nous nous retrouvions face à nos peurs existentielles. Les Économies que nous avons choisies jusque lors ont toutes répondu à cette attente…jusqu’à ce que l’occupation ne soit plus suffisante ou plus crédible. Il nous a alors fallu en changer. C’est aujourd’hui au tour du capitalisme d’arriver en fin de course, et il n’y a que ceux qui prennent l’histoire par les petits bouts de la lorgnette qui peuvent ne pas (vouloir, pour certains) s’en apercevoir.

    Toutes ont été des formes de servitude volontaire. Pour toutes, cette servitude volontaire a été l’expression de notre refus d’affronter nos peurs existentielles. De tous temps nous nous sommes plaints des contraintes que nous imposait la société : c’est un signe d’espoir, la preuve de notre désir enfoui de choisir notre propre vie.

    Choisir sa vie nécessite d’avoir pris conscience de soi, d’avoir affronté ses peurs. Vouloir vivre sa vie consciente signifie également et nécessairement d’avoir la conscience de l’autre : accepter que l’autre puisse avoir une autre volonté consciente de vie : c’est une volonté de paix. Nous avons toutes les cartes à disposition.
    On comprend également que les forces conservatrices soient puissantes : c’est nous qui les avons mises en place et confiées à nos dirigeants. Ça s’est vérifié tout au long de notre histoire : les dirigeants ne pouvant participer au mouvement de prise de conscience, ils menaient la barque jusqu’à ce que, à chaque fois, elle fût récupérée par une minorité imposant un nouveau système de domination, de prise en charge, que bien évidemment la majorité puis le peuple entier finissait par accepter.

    Il serait aujourd’hui insensé – avec les moyens de communication, l’interconnexion, dont nous disposons- de laisser l’histoire se répéter. La méthode est d’autant plus simple que nous tous souhaitons – parfois encore inconsciemment, sans oser nous l’avouer- la même issue pacifique, humaniste (l’existentialisme est un humanisme) : il suffit d’en parler, de mettre sur la place publique le débat sur les peurs existentielles, sur le pouvoir que nous avons de vivre notre vie telle que nous la souhaitons.

    La question qui tracasse ceux qui n’ont pas encore su / pu / osé franchir le pas est la mise en oeuvre pratique de cette prise de conscience : comment allons-nous concrètement nous organiser ? C’est une fausse question, une question posée avec les conditions – contrainte, non-conscience – du cadre actuel. Le travail (héhé) vers la prise de conscience soulèvera cette question chez tous, et alors chacun participera à l’élaboration de solutions : qu’est-ce que je veux, puis vais, faire de ma vie, et comment trouver une organisation pour que ma vision et celle de l’autre puissent cohabiter : c’est la démocratie construite par le peuple, la démocratie. Et là il y en aura toujours pour ressentir de l’inquiétude [La peur du futur ! Faut le dire pour le croire ! Un antidote : Alphonse Allais disait « Ne nous prenons pas au sérieux il n’y aura aucun survivant », mais aujourd’hui il y a mieux : « Ne nous prenons pas au sérieux même si on va tous mourir » (Gilbert Garcin, sur FI)…] malgré tout : les possibilités sont en nous, et certains les ont déjà exprimées : encadrer l’économie (Paul Jorion…), revoir notre système de représentation (Étienne Chouard…), établir une monnaie qui puisse servir nos différentes valeurs (PSdJ, J…), réinventer une agriculture harmonieuse (Michel Lambotte…), etc.

    Après on peut continuer à broder et/ou détricoter pendant des heures. On peut même écrire un livre sur le sujet ! Mais c’est à nous de remplir les pages. C’est la démocratie.

    Salaam…or something else

    PS : merci à Lisztfr pour son éclairage : ici et .

    1. La question qui tracasse ceux qui n’ont pas encore su / pu / osé franchir le pas est la mise en oeuvre pratique de cette prise de conscience : comment allons-nous concrètement nous organiser ? C’est une fausse question, une question posée avec les conditions – contrainte, non-conscience – du cadre actuel.

      Nous sommes bien d’accord, nous sommes en face de la nécessité d’un changement de paradigme, les gens veulent être rassurés sur la méthode .
      Le problème, c’est qu’il n’y a pas de méthode, les questions se posent au fur et à mesure que les problèmes naissent et les solutions qui s’en suivent sont au antipodes de ce qu’on avait immaginer comme méthode.
      Il faut redevenir des nomades de l’intelligence en étant le plus léger possible, c’est à dire en laissant ses aprioris et idées reçues au porte manteaux;
      Ce qui ne veut pas dire qu’il faut faire table rase de l’histoire au contraire, nous devons l’utiliser comme matière première ainsi que la technologie d’ailleurs pour construire le post capitalisme.
      Comme l’évolution du système vivant nous l’a montré, notre vie évoluera en recyclant les décets du capitalisme.
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=20868#comment-145179

  14. Une idée modérée serait de dire qu’il existe un bon capitalisme, par opposition au capitalisme exagéré. La limite est assez facilement posée entre le capital qui soutien l’entreprise et le capital qui vampirise ses ressources financières tout en accentuant une certaine « virtualisation » des profits.
    Il faut donner raison à une très large majorité de petits et moyens entrepreneurs qui pensent très sincèrement que faire du profit est un gage de développement pour leur entreprise et donc de création d’emploi. On ne doit pas mettre dans le même sac les capitalistes de tous niveaux.
    Cela dit, pourquoi ne pas envisager un capitalisme de masse ?
    La mauvaise image du capitalisme est liée à « l’impression » populaire d’un amassement sans limites de richesses chez ceux qui en manquent le moins.
    En quoi un retour vers une meilleure redistribution des profits serait-il obligatoirement une perte franche pour l’investissement ? Une foi un niveau de pouvoir d’achat atteint, c’est-à-dire le minimum vital pour chacun, tout argent gagné en supplément rentre dans une démarche capitaliste qu’on l’admette ou non, dés que l’on fait un choix sur la manière dont on dépense ou épargne notre argent, c’est du capitalisme. Diversifier les acteurs du capitalisme serait un excellent moyen de régulation et en aucun cas une limitation des fonds disponibles pour l’économie.

    1. @Didier AURY :

      ce que vous exposez revient ces temps ci assez souvent dans les propos de représentants plus ou moins proches du Medef . C’est aussi la thèse de notre martyr favori , Jducac .

      Paul Jorion par ces écrits , ou à maintes fois ici à l’occasion de mise au point pour éviter des erreurs de compréhension , a renvoyer à la défintion , qui ne semble pas être la votre du capitalisme . Il redonnera sans doute les bons liens avec ses « réalignements  » précédents .

      A mon niveau , je note dans votre commentaire des notions assez floues :

      « exagéré » , confusion capitalisme /entreprise , profit vaut développement ,  » capitalisme de masse », reprise du discours de Davos ( c’est la redistribution et ces imbéciles de politqiues qui pêchent) ,  » minimum vital » ( personne n’a la même appréciation de son minimum vital ) ,  » diversifier les acteurs du capitalisme « ….

      Mais je sens que je ne vais pas être le seul à vous répondre .

    2. @juan nessy;

      il n’y a pas que Jducac, Didier AURY et « les représentants plus ou moins proches du Medef » qui pensent que même si la version actuelle du capitalisme, le capitalisme financier, fonctionne mal, il faudra conserver certains éléments du capitalisme et de l’économie de marché.

      Toutes les études concordent sur le fait que cette opinion est partagée par plus de 80% de la population des pays de l’OCDE (eg USA, UE, Japon, Australie) et par plus de 90% dans les pays émergents (eg Chine ou Brésil).

      Bien entendu, le fait que cette opinion est partagée par la très grande majorité de la population ne veut aucunement dire qu’ils ont raison. Mais sachez tout de même qu’il en va de même de l’opinion de ceux, les anticapitalistes, qui affirment qu’on ne peut rien conserver du capitalisme et de l’économie de marché et que seule une organisation collectiviste de l’économie sera susceptible d’être compatible avec la démocratie.

      La conclusion est que si dans l’avenir il doit y avoir une révolution populaire, ce que nous souhaitons tous ici, elle ne sera pas une révolution anticapitaliste mais celle d’un peuple uni dans un même but, celui d’en finir avec le capitalisme financier et faire en sorte qu’une économie mixte ,capitaliste et collectiviste, et les institutions publiques qui l’encadrent fonctionnent réellement de manière démocratique c’est à dire au service de l’intérêt général et non celui seul d’une petite oligarchie financière. Votre à priori, que ceci est incompatible avec le capitalisme, n’est pas celui qui permettra à un peuple uni de vaincre cette oligarchie financière. Il ne peut servir qu’à sa désunion, il est anti-révolutionnaire.

      D’ailleurs on le voit bien en Tunisie et en Egypte et il en sera de même plus tard en Europe : ce ne sont pas des révolutions anticapitalistes, mais celles d’un peuple uni pour faire triompher la démocratie.

    3. @Chris 06 :

      Je vous renvoie aussi à la défintion de capitalisme telle que Paul Jorion le définit ( et qu’il ne va pas tarder à rappeler ) : ce capitalisme là n’est pas soluble dans la démocratie à laquelle il s’oppose de façon frontale au point qu’il l’ignore et la domine .

      Il y a plus d’urgence à généraliser la démocratie qu’à diversifier les acteurs du capitalisme .

      M

    4. Mon clavier devient susceptble !

      ….Mais la démocratie est une longue marche , nous serons d’accord sur ce point .

      En tous cas ce ne sont pas les sondages qui font la démocratie .

      Les études de marché , sans doute .

    5. @juan nessy,

      ce capitalisme là n’est pas soluble dans la démocratie à laquelle il s’oppose de façon frontale au point qu’il l’ignore et la domine .

      sans doute, mais ce « capitalisme là », cette description d’un modèle théorique, cela fait très longtemps qu’il n’eiste pas. Heureusement.

    6. @ Didier AURY dit : 1 février 2011 à 09:48

      Ça n’est pas l’emploi du mot « stratégie » qui pose problème dans le billet de Crapaud Rouge.

      Pour moi, ce qui pose problème c’est la définition qu’il donne au but générique du capitalisme. Tel qu’il le définit et sans préciser le sens attribué aux mots « profit » et « richesse », pour le plus grand nombre des lecteurs, le capitalisme apparaît d’emblée comme un processus négatif, mis en œuvre par des êtres haïssables, malfaisants pour la communauté humaine. D’ailleurs, comment pourrait-il être vu autrement quand un des patrons de l’un des plus grands partis politiques français a déclaré « je n’aime pas les riches »

      Or, comme vous le pressentez, et avant que les théories de Marx et autres aient accompli leur œuvre destructrice, visant à présenter dans l’esprit des foules, le capitalisme comme une tare et un défaut, le bon sens traditionnel présentait l’épargne, l’accroissement et l’économie des ressources, comme une vertu à laquelle il était du devoir de chacun de prêter attention et même de s’astreindre.

      Ce que ce billet ne met pas en évidence, c’est que le capitalisme est le processus de base nécessaire à la perpétuation des êtres vivants.

      Or, c’est bien là que se situe notre mission fondamentale, ce devrait être le but générique de chaque espèce vivante, donc le devoir premier de chaque être humain. Ce qui permet d’atteindre ce but, c’est de pratiquer le capitalisme, en travaillant beaucoup et consommant peu. Cela consiste, en s’appuyant sur les acquis du passé, lesquels constituent le capital initial, à y ajouter par le travail du présent, les acquis du présent qu’il convient de capitaliser et non de consommer, afin de donner aux générations suivantes les meilleures chances de prendre le relai pour affronter le futur et surmonter le plus possible de ses inconnues.

      Qu’est donc le capital initial ? Outre les richesses matérielles, y compris l’énergie sans laquelle il n’y a pas de vie, il faut aussi y voir les richesses génétiques, spirituelles, morales, humanistes, scientifiques, culturelles etc… tout ce que l’on a hérité du passé individuellement ou collectivement et qui s’est constitué par accumulation, par ajouts successifs, par capitalisation dans nos gènes et sur notre planète.

      En voyant ainsi le capitalisme, certains se comportent individuellement et collectivement en agents responsables, et consacrent, en dépit des apparences, plus d’attention à l’accumulation qu’à la consommation. D’autres, par nature anticapitalistes, sont plus enclins à consommer qu’à capitaliser et ce faisant œuvrent moins à la perpétuation de l’espèce que les capitalistes.

      On a longtemps opposé capitalisme et communisme. Or, il semble bien, si l’on se réfère aux orientations récentes prises par les pays communistes, que l’on a davantage intérêt à mettre en commun l’esprit capitaliste que l’esprit communiste, si l’on ne veut pas voir les autres vous dépasser et au final vous éliminer. Car une mentalité communiste, fondée sur la négation du capitalisme, incite à la jouissance immédiate, au moindre effort, à la consommation plus qu’à l’épargne.

      C’est cette faiblesse qui s’est emparée de nos pays occidentaux. Ils ont voulu redistribuer plutôt qu’inciter à l’effort et à l’épargne. Ce faisant, ils ont fini par distribuer de la dette. Ils ont autorisé à consommer aujourd’hui ce qui risque de ne pas pouvoir être épargné demain. Car nous manquons de ressources pour renouveler nos moyens d’appropriation de l’énergie et des métaux, lesquels commencent à manquer pour prolonger notre civilisation industrielle.

      Si ça n’est pas trop tard, je pense que les occidentaux devraient réfléchir à la réhabilitation du capitalisme auprès de leurs peuples, plutôt que de chercher à y résister.

    7. C’est vrai que pour qu’on puisse communiquer de la manière la plus constructive, on devrait donner aux mots qu’on utilise une définition la plus précise possible. Or, force est de constater que nous avons des approches culturelles un peu différentes. Pour ma part, j’arrive sur ce blog avec beaucoup d’incertitudes, je viens travailler mes convictions pour les assoir plus que pour les imposer. Donc, j’accepte « démocratiquement » vos pertinantes remarques et je m’efforcerais de donner plus de précisions à mes propos même si je n’ai ni le recul, ni l’expérience, ni le talent dont font preuve la majorité d’entre vous, j’entends progresser avec votre aide, et je vous en remercie.
      Une petite précision quand même, vous verez assez vite que j’ai assez peu d’affinité avec le MEDEF, celà dit, je peu tout à fait être en accord avec certains de leurs propos.

    8. à jducac

      le capitalisme est le processus de base nécessaire à la perpétuation des êtres vivants.

      Pourriez-vous m’expliquer par quel raisonnement, vous arrivez à cette conclusion?

      Merci à vous.

      Cdlt 🙂

    9. Ce que ce billet ne met pas en évidence, c’est que le capitalisme est le processus de base nécessaire à la perpétuation des êtres vivants.

      Je veux bien admettre qu’à un certain moment il soit nécessaire d’accumuler.
      On peut accumuler un tas d’idées, mais s’il n’y a pas d’échanges de ces idées, cela ne sert à rien.
      C’est justement là où le bas blesse à l’heure actuelle au niveau du capitalisme, l’argent est séquestré dans l’épargne ou les fortunes.
      La question qui se pose et qui me motive sur ce blog est de savoir comment recycler tous ces déchets du capitalisme d’un côté du spectre que sont les avoirs financiers et les chômeurs de l’autre.
      C’est comme cela que la vie évolue: en recyclant ses déchets.

    10. @Jean-Luc D. et Jducac

      Un peu de provoc´ de ma part.

      Le Capitalisme est Dieu et Georges SORROS est son prophète 🙂

    11. @ Jean-Luc D. dit : 2 février 2011 à 10:16

      J’aurais dû parler seulement des êtres humains et non des êtres vivants.

      Voici mon raisonnement. Pour avoir de meilleures chances de réussir sa perpétuation, chaque lignée humaine doit, selon moi, se préoccuper davantage de la satisfaction des besoins des générations suivantes que de la satisfaction de ses propres besoins ou désirs. Ce faisant, elle doit exploiter le capital dont elle a hérité directement ou indirectement de ses prédécesseurs, l’améliorer et le développer compte tenu de l’évolution des sciences et techniques afin de transmettre à son tour un capital aussi important et compétitif que possible.

      La façon d’y parvenir, consiste à « travailler beaucoup et consommer peu » afin de capitaliser le surplus et accroître sa richesse quelle qu’en soit la forme.

      Bien évidemment une lignée humaine seule, ne fait pas la force d’un pays, ou d’un groupe de pays. Mais si dans une communauté ce comportement type est très majoritairement adopté, il est probable que cette communauté se verra mieux armée pour survivre qu’une autre qui aurait adopté un slogan inverse soit : « consommer beaucoup et travailler peu ». La comparaison entre occident et extrême orient tend à le prouver.

      @ Vincent Wallon dit : 2 février 2011 à 12:33

      Non, ca n’est pas mon idéal. Vous savez bien que je suis favorable à un capitalisme très partagé au sein de la population en pensant même qu’une fusion au plan individuel, entre capital et travail, nous responsabiliserait individuellement et nous rendrait plus forts collectivement.
      Où en est le projet auquel vous réfléchissez et qui pourrait aller dans ce sens ?

    12. @ Jducac
      Dans la nature, il n’y a pas que de la compétition et vous semblez ramener tout l’organisation sociale à la compétition.
      Vous dites que les chinois réussissent mieux que nous parce qu’ils consomment peu et travaillent beaucoup. depuis quelque temps, la consommation en Chine est en croissance exponentielle, et ils disent eux-mêmes que ce n’est pas tenable.
      Lisez ceci
      Le développement industriel de la chine est 100 fois plus rapide que le développemnt que nous avons connu pendant le 19 eme et 20 eme siècles en occident.
      Ce que vous ne semblez voir c’est que « travailler (ou par conséquent produire) beaucoup et consommer peu » engendre une accumulation qui provoque justement les problèmes que nous connaissons.
      Dans le système vivant, il n’y a pas d’accumulation, il s’arrange pour la recycler.
      Tout n’est qu’organisation, complémentarité, symbiose, la lutte pour la vie n’est présente que pour éliminer les plus faibles les moins adaptés, elle peut même être organisée dans le cadre des trois éléments précités.
      Je ne suis pas du tout anticapitaliste, mais je le considère comme un système ayant joué son rôle et qui doit maintenant donner la main à un autre système mieux adapté aux problèmes actuels.
      Nous sommes sur ce blog en train de construire les briques du sytème suivant, chacun avec ses expériences, connaissances, chacun avec son vécu.

    13. à Jducac,
      Merci pour votre réponse.
      J’avoue ne pas bien comprendre et mon incompréhension est liée à la définition du mot « capital ». Dans quel sens l’utilisez-vous ? Un sens particulier ou général ?
      Quand vous écrivez « elle doit exploiter le capital dont elle a hérité », je suppose que vous l’entendez comme « l’ensemble des savoirs acquis. », tout domaine confondu. Dès lors, le débat porte sur la nécessité de la transmission des savoirs – ce que personne ne contestera -, et votre assertion selon laquelle « le capitalisme est le processus de base nécessaire à la perpétuation des êtres vivants (ou humains). » perd tout sens, d’autant plus que les sociétés primitives n’ont pas attendu l’arrivée du « capitalisme », entendu dans son acception socio-économique, pour se perpétuer.

    14. à Vincent Wallon

      vous ne sauriez mieux dire.

      Je travaille actuellement sur la théologie néo-libérale, et le Capitalisme y sera en bonne place. Quant à George Soros, je n’y avais pas pensé, mais je vais, derechef, le mettre dans la liste non pas des prophètes ou des apôtres, mais des grands prêtres ou des cardinaux… au choix. Merci de votre intervention.

    15. @ Jean-Luc D. dit : 2 février 2011 à 18:21

      Merci de porter intérêt à ce que je dis sur le capital et le capitalisme. Ma vision n’est pas orthodoxe et probablement jamais développée de la sorte dans l’enseignement général qui, me semble t-il, est fortement influencé par les théories marxistes.

      Oui, en général, j’emploie le mot capital avec son sens fondamental, essentiel, tel qu’on le trouve dans un dictionnaire : http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/capital/

      Notez au départ, que dans l’ensemble des sens et des 20 synonymes qui sont donnés dans cette encyclopédie, aucun n’évoque quelque chose de négatif ou de condamnable. Ceux qui ont approché les mots capital et capitalisme à partir des études, travaux et publications de Marx et de ceux qui les défendent, semblent avoir ressenti le contraire.

      C’est une bizarrerie que personne, malgré mes appels sur ce blog, n’a été en mesure d’expliquer. Peut-être est-ce un détournement intensionnel de sens, avec les visées que l’on peut supposer.

      Vous trouverez ici quelques unes des adresses où je suis déjà intervenu sur le sujet :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=13967#comment-96907
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=16385#comment-111922
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=19715#comment-137065
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=20098#comment-140538

    16. @Jducac :

      Si ,si !

      Regardez mieux , l’histoire finit mal : par la peine capitale.

      En passant par les sept péchés capitaux , la sentence capitale .

      Fondamentalement , je crois que le capital est un concept économique ambigu et la lecture de Joan Robinson , Fernand Braudel ,François Quesnay ,Adam Smith ,David Ricardo ,Marx ,Eugen von Böhm-Bawerk , Knut Wicksell , Alfred Marshall , John Bates Clark , Léon Walras , Gary Baker , Babeuf , Louis Sébastien Mercier , Jean Reynaud , Werner Sombart John Passos ,Jean Giono , Robert Musil … et de Paul Jorion , est un minimum ( je n’y suis pas encore ) pour relever qu’au milieu du XVIII ème siècle apparait le fait ( et Marx qui est votre « tête » – capitis- de turc , n’y est pour rien ) que capital puis capitalisme ( mot apparu à ce moment là ) prennent une connotation péjorative .

       » Né en sac d’écus, grandi en finance et en stock physique , proclamé attribut de classe , rebaptisé facteur de production , le capital finit en une substance vague , propre à cacher la violence des intérêts , derrière la confusion des idées . »

    17. @ juan nessy dit : 3 février 2011 à 15:27

      Non ! Non ! Ce sont les mots, peine, péchés et sentence qui font mal.

      L’adjectif qui les qualifie, au contraire, indique que c’est le summum (Ah encore du latin !) on ne peut pas plus, pas mieux dans le genre, c’est le top.

      Ελπίστε! Ελπίστε πάντα! Θα είμαστε d’ συμφωνία μια ημέρα!

    18. @ michel lambotte dit : 2 février 2011 à 17:26

      Dans la nature, il n’y a pas que de la compétition et vous semblez ramener toute l’organisation sociale à la compétition.

      C’est vrai, on trouve aussi des situations où les alliances, les associations, les mises en commun, les solidarités sont recherchées et bénéfiques, mais c’est dans ces cas là, bien souvent parce que la compétition a lieu ou va intervenir à un niveau supérieur. La compétition au lieu de s’opérer au niveau individuel, se déroule au niveau des groupes d’individus, des pays ou des groupes de pays.

      Les hommes sont ainsi faits. Chez eux comme, chez les animaux, les gagnants sont toujours mieux lotis que les perdants, quel que soit le domaine de compétition. C’est probablement la raison fondamentale du développement dans le monde et en particulier dans les communautés humaines. Les concurrences des unes contre les autres concourent à éliminer ou à reléguer les moins performantes, de sorte que pratiquement, seules les mieux placées ont voix au chapitre, pour s’entendre où s’opposer

      Nous sommes arrivés maintenant à un tournant pour l’humanité qui, depuis le rapport Meadows, au début des années 70, sent que sa vie à moyen terme est en jeu. La question qui se pose maintenant est de savoir quel sera le pays ou le groupe de pays qui sera demain en tête de classement et donc le mieux en mesure de s’imposer aux autres.

      Il me semble que la Chine a beaucoup d’atouts depuis que, par pragmatisme et sans complexe, elle a su s’adapter pour utiliser les vertus d’efficacité du capitalisme, sans s’embarrasser des beaux principes liés aux droits de l’homme, à la démocratie, à l’égalitarisme, aux idéaux de l’internationale, puisqu’elle cultive à fond le nationalisme.

      Merci pour le renvoi que vous donnez. En voici un autre :
      http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/02/02/04016-20110202ARTFIG00679-la-chine-desormais-premiere-puissance-eolienne-du-monde.php

    19. à jducac,

      Pourquoi voyez-vous tout sous l’angle de la compétition ?

      Vous avez une vision réductrice en partant du principe que l’unique cause de tout serait une compétition effrénée. Des sociétés vivant pacifiquement, cela existe aussi. En partant de l’hypothèse que la compétition est la règle et la solidarité l’exception, vous créez un déséquilibre qui exclut toutes les nuances et réfute la complexité. Penser en terme dialogique comme le préconise Morin me paraît plus juste à savoir envisager chaque chose dans une triple relation : complémentaire, antagoniste et concurrente à laquelle je rajoute une 4ème : solidaire.

      Si nous admettons l’hypothèse que tous les êtres biologiques sont soumis à l’impératif de vie et de survie de son espèce, les stratégies pour y parvenir peuvent être différentes en fonction des contextes, mais rien ne permet d’affirmer que la compétition serait le seul mode opératoire. C’en est un parmi d’autres, mais pas le seul. Peut-être celui-ci a-t-il été le vôtre ? Toutefois, en aucun cas, vous ne pouvez l’universaliser et en faire le principe causal de tout.

      Si j’en reviens aussi à votre affirmation selon laquelle « le capitalisme est le processus de base nécessaire à la perpétuation des êtres vivants. » et à vos différents messages suivants, je dois vous avouer mon incompréhension la plus totale voire même ma stupéfaction devant votre raisonnement. En effet, partant d’une définition générique du mot « capital » entendu plutôt dans le sens « ensemble des biens et des savoirs » et de la nécessité de le transmettre aux générations futures, vous aboutissez par un glissement sémantique et sophistique à l’affirmation ci-dessus. Or en l’occurrence, « capital » et « capitalisme » ont un lien très ténu, le sens de « capital » n’étant pas ici réductible à celui de « capitalisme ». Votre raisonnement est donc biaisé par un artifice sophistique qui lui fait perdre tout sens et tout contenu.

      Votre vision naturaliste du « capitalisme » correspond parfaitement à l’idéologie néo-libérale qui tente de nous faire croire que cette forme de gestion socio-économico-politique des rapports humains serait inscrite dans nos gènes tant biologiques que culturels, et serait donc par voie de conséquence « naturelle », la consacrant ainsi comme une voie unique et incontournable. Or, rien ne me semble plus faux. Le capitalisme coexiste, dans une relation dialogique, avec d’autres formes : le communisme, le socialisme, pour citer les plus connus, mais ne constitue en rien ni un primum movens ni l’unique façon d’organiser et de penser la société.

      Cdlt.

    20. @ Jean-Luc D. dit : 4 février 2011 à 15:53

      Pourquoi voyez-vous tout sous l’angle de la compétition ?

      Parce que c’est une façon simple de voir le monde réel. Tel qu’il se montre à ceux qui voient les faits. D’autres, surtout s’ils sont dans des situations privilégiées, souvent protégées de la concurrence, se bercent d’illusion. Ils se refusent à voir notre vrai monde, celui qui conditionne notre vie. Ils portent leur regard vers un monde idéal mais purement imaginaire, basé sur l’égalité universelle.

      Elle n’existera jamais, sauf dans la mort, pour ceux qui ne croient pas à une vie après la mort.

      C’est parce qu’il existe des inégalités, faisant naître de saines émulations entre les individus, et entre les communautés humaines, que le monde évolue et progresse en élevant le niveau de vie général. Cela amène chacun à se dépasser pour égaler, et même devancer ceux qui, antérieurement, étaient les plus performants mais qui finissent par perdre leur position avantageuse.

      Malheur à ceux qui se trouvent largués, distancés, hors compétition, hors jeu, plus dans la course. L’évolution du monde se fait alors sans eux, ils stagnent puis régressent. C’est ainsi que des entités humaines, des entreprises, des secteurs d’activités, des pays, des civilisations même, peuvent pratiquement disparaître, éliminées par sélection naturelle.

      Depuis très longtemps la pratique sportive a contribué au développement de l’esprit de compétition. Dans ma jeunesse il était aussi développé chez les enfants lors de leur parcours scolaire quand il y avait des notations, des classements, des tableaux d’honneur etc…

      L’esprit de compétition engendre de la dynamique dans les comportements.

      Malheureusement, à cause de la volonté de se démarquer du passé, apparue à la fin des années 60, l’entraînement scolaire à la compétition a été abandonné avec comme résultat, une baisse d’efficacité de notre enseignement. L’idéal d’égalité qui guide le monde de l’enseignement en France, depuis cette date, a conduit à la stagnation puis à la régression. Elle se révèle cruellement maintenant dans les classements internationaux.

      Des sociétés vivant pacifiquement, cela existe aussi. En partant de l’hypothèse que la compétition est la règle et la solidarité l’exception, vous créez un déséquilibre qui exclut toutes les nuances et réfute la complexité.

      Je suis pour la coexistence pacifique. Où avez-vous vu que la compétition implique nécessairement la guerre et que je la prône ?

      La compétition scolaire, que j’ai connue dans ma jeunesse n’entraînait pas de violence. L’école était bien plus paisible qu’elle ne l’est devenue aujourd’hui, car on savait mettre en valeur les résultats liés à l’effort et au mérite. Est-ce que c’est la guerre du fait des classements internationaux, dans les sports, dans les enseignements, dans les résultats économiques entre nations ? Est-ce qu’il y a eu guerre entre les deux Allemagnes ?

      Dans l’entreprise, je suis pour l’alliance, et même la fusion, entre « capital et travail » ce qui conduit à les rendre solidaires. De cette façon les performances individuelles et collectives sont accrues. Par contre, je suis contre le collectivisme qui déresponsabilise individuellement et amoindri les performances collectives. C’est d’ailleurs pour cela que les systèmes communistes, voyant les retards de développement entraînés par ce mode d’organisation, ont fini pratiquement tous, sauf la Corée du nord, par adopter le mode de fonctionnement capitaliste pour dynamiser leur pays.

      Le fait que l’esprit de compétition dynamise une communauté, n’empêche pas les communautés humaines de s’entraider. Mais, si celle qui est assistée ne sait pas faire naître en son sein un égal esprit de compétition interne, individuel et collectif pour installer une dynamique de progrès, l’assistance est vaine, décourageante, sans fin, donc appelée à cesser, souvent dans un climat de rancœur.

      Ma façon de voir le monde vous interpelle parce qu’elle vous apparaît trop sommaire, trop binaire, pour être valable au regard de votre référentiel. Ne voyez-vous pas là un filon à exploiter au lieu de le condamner à priori, allant même jusqu’à voir l’usage d’un sophisme dans ma démonstration, comme si j’avais l’intention d’abuser mes interlocuteurs ?

      Oui, je vois les choses simplement.

      Raisonner en binaire permet de faire de très grandes choses à partir de logiques simples. En exploitant des dualités telles zéro et un ou inférieur et supérieur, on peut réaliser des ensembles très performants qui ne sont complexes que lorsqu’on les regarde globalement. L’informatique en est un bel exemple. La compétition, que je vois comme étant à la base du progrès dans le monde, se juge avec ces termes simples : inférieur/supérieur et, à la limite, être ou ne pas être, la vie ou la mort, c’est le lot des êtres vivants.

      Et les valeurs d’humanisme, qu’en faites-vous, pourriez-vous me dire ?

      Le capital initial de l’humanité était bien faible dans ce domaine et je pense que si le processus du capitalisme ne s’était pas développé grâce à la compétitivité, nous n’aurions pas grand-chose à en dire. J’aurai plaisir à en débattre ultérieurement, si vous trouvez intérêt à exploiter nos différences de perception. Logiquement cela devrait permettre de mieux nous comprendre, de nous rapprocher et de progresser grâce à la confrontation de nos idées.

    21. jducac,

      J’aime les moules, mais je ne fais pas de concours.
      J’aime le vin, mais je ne fais pas de concours.
      J’aime la marche, mais je ne fais pas de concours.
      Etc.

      Vous plairait-il de vivre dans une société qui imposerait comme unique activité, une tyrannie donc, la compétition de mangeurs de moules, ou de buveur de vin, ou de course à pied ?

      Moi pas. Ce qui ne m’empêche pas de tolérer les fanatiques obsessionnels de toute sorte… tant qu’ils ne dérangent pas leur prochain ou ne cherchent pas à lui imposer leur obsession !

    22. @jducac
      La compétition à l’école : une grande foutaise !
      Le seul prix que je n’ai jamais eu, celui qui pour moi avait la plus grande importance, c’est celui de « bonne camarade ».
      Et pourtant je faisais des efforts, je « travaillais » beaucoup, pour l’avoir celui-là !
      Et bien non, jamais !
      Pourquoi ?
      Tout simplement parce que je trustait tous les autres. Prix d’honneur, prix d’excellence, je repartais toujours avec deux ou trois livres sous le bras en fin d’année, que j’aurais volontiers échangés pour avoir le seul qui comptait à mes yeux, celui de bonne camarade.
      Parce que, en plus, je savais très bien que je ne les méritaient pas ces prix d’excellence !
      Aucun travail pour les avoir ceux-là ! Aucun effort, rien !
      C’est pas juste, na !

    23. @Jducac,

      Parce que c’est une façon simple de voir le monde réel. Tel qu’il se montre à ceux qui voient les faits. D’autres, surtout s’ils sont dans des situations privilégiées, souvent protégées de la concurrence, se bercent d’illusion. Ils se refusent à voir notre vrai monde, celui qui conditionne notre vie. Ils portent leur regard vers un monde idéal mais purement imaginaire, basé sur l’égalité universelle

      Le monde réel est il simple? Pourquoi voulez vous qu’une façon simple de voir le monde réel (ie sous un seul angle, celui de la compétition) corresponde à la réalité?
      Toute façon simple de voir le monde réel ne permet de voir qu’un monde purement imaginaire. Celui de vos à priori.

    24. Sur la compétition et ce qu’elle recouvre comme idées fausses et illusions , lire ou relire le bouquin édité en 2004 d’Albert Jacqaurd : Halte aux jeux ( olympiques) .

      On peut aussi se replonger avec bonheur dans toute la littérature traitant de l’inné et l’acquis , voire des neuro-sciences .

      Toute l’histoire de l’humanité repose sur sa capacité à transformer ses instincts pour les mettre au service de la survie et de la vie .

      L' »esprit  » de compétition ( qui selon moi n’est qu’un instinct parmi un foule d’autres ) ne fonde rien du tout .

      L’avenir et son sens n’est pas réductible à l’une ou l’autre de nos multiples composantes .

      Toujours l’histoire de la confusion entre la fin et les moyens .

    25. à jducac,

      Parce que c’est une façon simple de voir le monde réel

      C’est bien là le problème. Cette façon simple s’appelle en d’autres termes le réductionnisme et conduit à réduire la complexité à des éléments simples et souvent à un déterminisme unicausal. Même si le réductionnisme est un outil de connaissance de la réalité, il n’en est pas pour autant suffisant pour appréhender la complexité de la réalité dans sa dimension holistique. Votre déterminisme unicausal et vos apriori épistémologiques vous empêchent de voir la réalité dans toutes ses nuances et ses modalités. Pascal dans ses Pensées a parfaitement résumé le problème quand il écrivit : Donc toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiates et immédiates, et toutes s’entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties.

      Vouloir « voir le monde réel de façon simple » se rapproche plus d’une posture idéologique que d’une quête de la vérité. La simplicité, voire le simplisme, tronque la réalité en la réduisant à quelques principes et en omettant de considérer les relations, les interdépendances, les émergences… C’est à mon sens une approche épistémologique fausse et incapable d’apprécier la réalité dans toute sa diversité et sa pluralité.

      Tel qu’il se montre à ceux qui voient les faits.

      Vous croyez qu’il suffit de « voir les faits » pour en juger ? Vous oubliez un peu rapidement que face à une même scène, vous aurez 10 versions différentes. Chacun y voit ce qu’il a envie d’y voir ou ce que son cerveau en perçoit. En la matière, les travaux neuroscientifiques sur les illusions visuelles sont légion et confirment que notre cerveau déforme souvent la réalité. Dans un ouvrage récent (Comment le cerveau crée notre univers mental Ed. Odile Jacob), Chris Frith, professeur de neuropsychologie, n’hésite pas à écrire – et sur ce point, toute la communauté neuroscientifique est d’accord – : même un cerveau ordinaire et tout à fait sain ne nous donne pas une image vraie du monde. Puisque nous n’avons pas de connexion directe avec le monde physique qui nous entoure, nos cerveaux s’en font une idée par des inférences fondées sur les sensations brutes qu’ils reçoivent de nos yeux, de nos oreilles et de tous les autres organes sensoriels. Ces inférences peuvent se révéler fausses. De plus, il y a toutes sortes de choses que nos cerveaux savent, mais qui ne parviennent jamais à nos esprits conscients.
      Ceci relativise la justesse de notre perception visuelle et la validité irréfragable de nos capacités cognitives à percevoir la réalité.

      C’est parce qu’il existe des inégalités, faisant naître de saines émulations entre les individus, et entre les communautés humaines, que le monde évolue et progresse en élevant le niveau de vie général. Cela amène chacun à se dépasser pour égaler, et même devancer ceux qui, antérieurement, étaient les plus performants, mais qui finissent par perdre leur position avantageuse.

      Là encore, vous écrivez en termes généraux sans circonscrire votre sujet. De quelles inégalités parlez-vous : sociales, physiques, intellectuelles ? Même chose pour la notion de progrès : technique, social, matériel, moral, spirituel ? En fonction de la définition que nous leur donnerons, les conclusions pourront être différentes. La nuance s’impose pour ne pas tomber dans des considérations générales trop simplistes.

      En effet, il existe des inégalités physiques et intellectuelles de fait contre lesquelles il sera difficile de lutter, mais pour autant ne faut-il rien faire pour les diminuer ou permettre à ceux qui en sont atteints d’occuper une place dans la société ? Par contre, pour les inégalités sociales, nous avons la possibilité de les réduire sans les faire disparaître complètement à condition d’en avoir la volonté politique.

      Si je vous lis bien et que j’essaie de vous comprendre derrière vos généralités, les inégalités seraient le moteur du progrès. Vous adoptez donc la position de Spencer (et aujourd’hui des néolibéraux) et son évolutionnisme biologique qui conduisent tout droit vers l’eugénisme social et la légitimation de la violence sociale. Voilà une belle valeur humaniste !! Certes, vous n’envisagez pas les choses sous cet angle extrême, mais l’emploi du mot « saines » – comme ceux qui croient encore en la réalité d’une concurrence libre et non faussée – me laisse à penser que vous avez une vision un peu angélique de la compétition dont l’une des logiques sous-jacentes est guerrière et conduit à l’élimination pure et simple, voire physique, des adversaires. À titre d’exemple, je citerai l’un de mes 1ers patrons qui avait pour habitude de dire qu’un bon concurrent est un concurrent mort. Voilà où nous conduit la logique de compétition.

      L’erreur de Spencer a été de vouloir transposer la théorie darwinienne – qu’il a détourné au passage – de la sphère biologique à la sphère anthropologique en éludant de sa théorie, ce que Comte et Darwin avaient souligné quant à la spécificité de l’espèce humaine : la primauté de la sympathie sur l’intérêt égoïste.

      Il me semble réducteur de dire que le monde évolue et progresse parce que préexisteraient des inégalités. Qu’elles favorisent les vainqueurs sur les vaincus, c’est une chose, mais là encore, il ne faut pas oublier d’autres paramètres comme la chance, le hasard, le contexte … qui peuvent influencer la situation sans qu’il existe au préalable une inégalité, de quelque nature qu’elle soit. En outre, en prenant des angles différents en fonction de la définition du mot « progrès », il n’est pas évident que ce soient toujours les meilleurs qui gagnent.

      Envisager le progrès uniquement par l’élévation du niveau de vie nie certaines autres formes de progrès comme le progrès moral ou spirituel dont l’objectif est humaniste. Là encore, votre approche purement matérialiste du progrès évacue notre dimension idéaliste. Tout ramener à l’économique est réducteur, et finalement assez proche des postulats marxistes que vous semblez rejeter et du matérialisme historique.

      Au-delà de ces quelques remarques, votre vision occidentalo-centriste pose d’autres questions d’ordre philosophique : l’élévation du niveau de vie est-elle un progrès ? En quoi constitue-t-il une finalité eudémoniste ? La performance est-elle une finalité ?

      Malheur à ceux qui se trouvent largués, distancés, hors compétition, hors jeu, plus dans la course. L’évolution du monde se fait alors sans eux, ils stagnent puis régressent. C’est ainsi que des entités humaines, des entreprises, des secteurs d’activités, des pays, des civilisations même, peuvent pratiquement disparaître, éliminées par sélection naturelle.

      Croyez-vous que « l’évolution du monde » se soucie de ceux qui sont hors compétition ou dans la compétition? Elle se fera avec ou sans eux.

      En outre quoique vous fassiez, c’est la marche inéluctable du monde, vainqueur aujourd’hui, vaincu demain. Vous pourrez éventuellement reculer l’échéance, mais la fin est inéluctable. Comme le dit si bien le proverbe : « La roue tourne ». David n’a-t-il pas vaincu Goliath ? Alors pourquoi envisager les choses seulement sous l’angle de la compétition ? Puisque nous savons que la mort est au bout du chemin, à quoi sert-il de se battre ? Pour la postérité, le pouvoir ou la jouissance matérielle ? Pure vanité que tout cela. Vanitas Vanitatum Omnia Vanitas, vanités des vanités, tout n’est que vanité a dit L’Ecclésiaste. Sans être croyant, j’adhère à cette formule.

      L’esprit de compétition engendre de la dynamique dans les comportements.

      Que la compétition crée de la dynamique, je vous le concède, mais pour autant l’amour, le sens du partage, l’amitié n’engendrent-ils pas aussi de la dynamique dans les comportements ?

      Malheureusement, à cause de la volonté de se démarquer du passé, apparue à la fin des années 60, l’entraînement scolaire à la compétition a été abandonné avec comme résultat, une baisse d’efficacité de notre enseignement. L’idéal d’égalité qui guide le monde de l’enseignement en France, depuis cette date, a conduit à la stagnation puis à la régression. Elle se révèle cruellement maintenant dans les classements internationaux.

      Ce n’est pas l’idéal d’égalité qui a conduit à la stagnation. Bien au contraire, il a pour objectif de donner des chances identiques à chacun d’accéder à des situations sociales plus importantes en fonction de son mérite et de son travail. Il n’évacue pas la compétition, au contraire il la sollicite en se basant sur des valeurs antiaristocratiques. Les causes de l’affaiblissement de notre enseignement sont probablement liées à d’autres éléments plus en rapport avec la société consumériste et ses valeurs qui flattent la facilité et vantent les mérites de l’apparence sur la connaissance et le savoir. En outre, il conviendrait là aussi de nuancer les propos. La France peut se targuer d’un enseignement de qualité dans certains domaines : sciences humaines, sciences dures (mathématiques par exemple), écoles de commerce, ingénierie, etc…

      Un autre problème est en rapport aussi avec le blocage de l’ascenseur social qui n’a pas trop mal fonctionné pendant les 30 glorieuses. Pourquoi se battre aujourd’hui quand on sait que l’horizon est bouché et que les fonctions sociales enviables seront occupées par les rejetons d’une oligarchie qui se reproduit entre elle? Bourdieu a bien mis en lumière ce phénomène de reproduction des élites.

      Je suis pour la coexistence pacifique. Où avez-vous vu que la compétition implique nécessairement la guerre et que je la prône ?

      Je n’ai pas écrit que vous la prôniez, mais le culte de la compétition, si nous poussons le raisonnement à son terme, aboutit inéluctablement à envisager la vie sur un mode unique de confrontation dont la guerre est un des prolongements. D’autant plus facilement acceptée par des esprits lobotomisés par la violence récurrente qui s’étale sur nos écrans de télévision et une perte logarithmique de tout sens critique. Je mets simplement en garde contre une utilisation abusive d’un principe unicausal et qui ne rend pas compte de la pluralité et de la diversité des situations et des stratégies.

      Ma façon de voir le monde vous interpelle parce qu’elle vous apparaît trop sommaire, trop binaire, pour être valable au regard de votre référentiel. Ne voyez-vous pas là un filon à exploiter au lieu de le condamner à priori, allant même jusqu’à voir l’usage d’un sophisme dans ma démonstration, comme si j’avais l’intention d’abuser mes interlocuteurs ? Oui, je vois les choses simplement.

      Tout le problème est là. Voir les choses simplement n’est pas un gage de vérité, et je n’y vois personnellement aucun filon, sinon celui d’un risque d’erreur. Par contre, je ne mets pas en doute votre sincérité.

      Raisonner en binaire permet de faire de très grandes choses à partir de logiques simples.

      D’accord pour raisonner en binaire à la seule condition d’envisager les deux termes dans une relation dialogique : complémentarité, solidarité, concurrence et antagonisme. À partir de là, nous ne serons plus sur des logiques simples, mais éminemment complexes qui réfutent la 2ème partie de votre phrase.

      Et les valeurs d’humanisme, qu’en faites-vous, pourriez-vous me dire ?

      Au contraire, j’en suis un des apôtres. C’est pour cela que je prône aussi les valeurs de solidarité, d’entente, d’entraide, de collaboration à égalité avec celle de compétition ou de compétitivité. Or, si vous partez du principe que la compétition est un primum movens, vous faites des autres des valeurs secondaires, accessoires alors qu’elles sont d’une importance égale voire supérieure. C’est votre postulat de départ que je récuse et trouve trop simpliste pour rendre compte d’une réalité complexe.

      Même si nous ne sommes pas d’accord, je vous remercie d’avoir pris le temps de me répondre. La confrontation de nos idées m’oblige aussi à faire un travail d’argumentation toujours enrichissant et structurant pour la pensée.

    26. Moi quand je serai grand je serai Jean-Luc D ! J’écrierai comme lui.

      « travail d’argumentation toujours enrichissant et structurant pour la pensée » réussi !

    27. Jean-Luc D. dit : « Que la compétition crée de la dynamique, je vous le concède, mais pour autant l’amour, le sens du partage, l’amitié n’engendrent-ils pas aussi de la dynamique dans les comportements ? »

      « Payez au suivant », ça marche!

      Une étude publiée dans PNAS montre que de simples actes de bonté, de générosité et de coopération peuvent se propager et faire boule de neige. Ce serait la première preuve qui démontrerait que l’entraide est contagieuse, les aidés ayant naturellement tendance à retourner la faveur à d’autres par la suite. Des travaux antérieurs avaient déjà montré que des comportements et leurs conséquences sociales comme l’obésité, le sentiment de bonheur, ou cesser de fumer sont également contagieux.

    28. Jean-Luc D.

      La prochaine fois que je planterai un arbre, je tâcherai de me rappeler vôtre pensée large et généreuse. Afin qu’il advienne des fruits d’une belle couleur vermeille – merveille. Il est tellement rare qu’un être donne de sa voix intérieure.

    29. @ Fab dit : 5 février 2011 à 09:23

      Vous êtes connu sur le blog pour la pertinence de vos réparties. Si un classement était organisé sur ce thème vous auriez probablement une place honorable. Il me semble néanmoins, à la lecture de votre post du 5 février 2011 à 09:23 , que c’est dans un championnat moins sélect que vous feriez le meilleur score.

      J’ai vérifié ; le domaine auquel je pense, n’est pas pris en compte dans le classement « Top des blogs économie » mais ça peut toujours changer. Alors de grâce, par solidarité, pensez au classement du blog !

      @ Fab dit : 5 février 2011 à 15:35

      Moi quand je serai grand je serai Jean-Luc D ! J’écrierai comme lui.

      Merci Fab ! Vous apportez de l’eau à mon moulin.

      L’esprit de compétition introduit de la dynamique dans un groupe. Chacun mesure l’écart qui le sépare d’un mieux classé que lui, même quand il n’y a pas de classement, et a en conséquence envie de s’améliorer, de progresser par désir d’imitation pour réduire le sentiment de jalousie.. Cette intention première, vous amènera peut-être à approcher Jean-Luc D et, de proche en proche, amènera peut-être d’autres blogueurs à vous imiter. Cela profitera à tout le monde et ne fera de tort à personne.
      Quand il y a des notes, même ceux qui sont en queue peuvent mesurer leur progression et être encouragés par leur prof. Bien évidemment, quand les classes sont organisées par niveau et non par âge, cela réduit les écarts entre les mieux et les moins bien classés. Cela évite le découragement des plus faibles et le désintérêt des plus forts. Il y a beaucoup à dire sur l’enseignement en primaire en France.

    30. @ louise dit : 5 février 2011 à 09:43

      Ma sœur, telle que je vous connais, vous méritiez certainement un bon classement en matière de camaraderie. Mais si là aussi vous aviez eu un premier prix, qu’est ce qui serait resté comme domaine à conquérir pour maintenir votre motivation à progresser ? Et puis il faut bien en laisser pour les plus faibles et ne pas se comporter comme ceux qui se gavent jusqu’à l’indigestion.

      @ chris06 dit : 5 février 2011 à 10:31

      Comme vous l’avez peut-être vu, je suis d’ascendance paysanne et n’ai pas bénéficié d’études secondaires ou supérieures autres que techniques, dans le domaine de la mécanique.

      Malgré ces handicaps j’ai pu m’en sortir et même très bien tirer mon épingle du jeu avec peu de moyens. Pas une heure de cour de philosophie ni d’économie. C’est idéal pour se tenir en très bonne place dans un milieu capitaliste en compétition. Produire beaucoup et bien, en dépensant peu, donc en engageant le minimum de frais, y compris de savants très savants mais parfois handicapés par trop de savoirs et ce faisant inefficaces. http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2010/03/04/un-imbecile-qui-marche-ira-toujours-plus-loin-qu-un-philosophe-assis_1313996_3232.html

    31. Nous sommes arrivés maintenant à un tournant pour l’humanité qui, depuis le rapport Meadows, au début des années 70, sent que sa vie à moyen terme est en jeu. La question qui se pose maintenant est de savoir quel sera le pays ou le groupe de pays qui sera demain en tête de classement et donc le mieux en mesure de s’imposer aux autres.

      Si vous voyez de cette manière la façon de résoudre le problème de l’épuisement des ressources planétaires qui est décrit dans rapport Meadows, alors, je ne donne pas chère de la peau de l’humanité.
      Nous n’avons pas d’autre choix que de nous entendre et de nous comprendre sur ce qu’il y a lieu de faire.

    32. @ argeles39 dit : 5 février 2011 à 14:03

      Est-ce ainsi que les hommes doivent vivre, comme des animaux, dans la jungle ou dans le zoo?

      Je n’ai jamais dit que les hommes « doivent vivre » comme des animaux.

      Je dis que lorsqu’ils sont en situation de compétition pour survivre, les hommes ont un comportement qui se rapproche de celui des animaux. Ceux qui ne se croient pas exposés à la compétition, en réalité nous le sommes tous, voient bien que cela se passe ainsi, mais leur stratégie les amène à refuser de l’avouer.

      @ Juan Nessy et Jean-Luc D. dit : 5 février 2011 à 14:44

      Même si nous ne sommes pas d’accord, je vous remercie d’avoir pris le temps de me répondre. La confrontation de nos idées m’oblige aussi à faire un travail d’argumentation toujours enrichissant et structurant pour la pensée.

      Permettez-moi de reprendre à mon compte cette conclusion de Jean-Luc D et de vous la retourner à tous les deux. Quand on est en compétition, copier fait partie du jeu, surtout quand le texte n’est pas protégé, du moins je l’espère.

      J’aurai plaisir à vous répondre. Mais dans cette « confrontation » nous ne partons pas avec le même armement…culturel s’entend. Une trêve de plusieurs jours m’est nécessaire.
      A bientôt et merci encore !

    33. à jducac,

      J’aurai plaisir à vous répondre. Mais dans cette « confrontation » nous ne partons pas avec le même armement…culturel s’entend. Une trêve de plusieurs jours m’est nécessaire.
      A bientôt et merci encore !

      Ceci est tout à votre honneur. Sachez toutefois, mon cher jducac, que je suis assez admiratif de votre démarche. Certes, nous ne sommes pas d’accord, mais ayant eu l’occasion au travers de certains commentaires de nous dévoiler un peu de vous-même, j’apprécie votre sens du dialogue, votre volonté de convaincre, la clarté de vos propos, et surtout votre ténacité et votre courage à persévérer malgré l’opposition et votre statut de « martyr favori » comme l’écrit Juan Nessy. 🙂

      Néanmoins, sachez qu’ici, nous ne sommes pas en compétition, mais en opposition, non pas dans un processus de concurrence, mais d’antagonisme. La différence est de taille : dans le 1er cas, il y a un gagnant et un perdant, dans le 2ème, 2 gagnants si le processus dialectique aboutit à une synthèse qui « sublime » les différences de points de vue. Le cas échéant, nous resterons dans une situation de « statu quo » sans qu’il y ait un gagnant ou un perdant.

      L’opposition/antagonisme est bénéfique à l’être, elle lui permet de se construire, de structurer sa pensée et sa personnalité, contrairement à la compétition/concurrence qui appelle systématiquement à une victoire de l’un sur l’autre. Cette dernière n’en demeure pas moins une stratégie quand le vital est en jeu, – même si dans certains cas les plus extrêmes, une stratégie de solidarité peut être mise en place -, mais hors ce cas de figure, il me paraît dangereux de la généraliser à tous les actes de notre vie.

      Cordialement.

      JLD

    34. @ michel lambotte dit : 5 février 2011 à 22:23

      Nous n’avons pas d’autre choix que de nous entendre et de nous comprendre sur ce qu’il y a lieu de faire.

      Tout à fait d’accord avec vous.

      Depuis que j’interviens sur ce blog, je prône le rapprochement des points de vue. Mon premier post allait dans ce sens : http://www.pauljorion.com/blog/?p=3382#comment-29158
      A chaque fois que je vois qu’un pas est fait dans ce sens, je m’efforce d’encourager la démarche. Je peux vous apporter des preuves en recherchant dans le passé du blog, depuis 2 ans.

      Mais pour que cela arrive il faut que chacun comprenne le point de vue de l’autre et en arrive à concéder que c’est l’intérêt des deux porteurs d’idées que de travailler au rapprochement plus qu’à l’élimination de l’autre.

      Nous n’en sommes pas encore là sur le blog, ni en France, ni en Belgique, ni en Europe, ni dans le monde. Au stade où nous en sommes, le premier qui abandonne devant l’autre, donne l’avantage à l’autre ce qui ne va pas dans le sens d’un accord. Il faut donc continuer à travailler à se battre avec soi et avec l’autre, des 2 côtés.

    35. @ jducac
      Vous dites dans votre lien

      Ces critiques a priori qu’on adresse à notre président me semblent inefficaces d’autant qu’il vénère le travail et montre l’exemple en glanant lui-même.

      Je l’ai vu dernièrement dans un débat avec des citoyens dire sa phrase favorite « travailler plus pour gagner plus ».
      Dans l’assemblée il y avait une agricultrice qui venait de dire qu’elle devait emprunter pour vivre.
      Elle n’avais jamais autant travaillé pour répondre à des normes d’un autre âge et n’avait jamais si peu gagné.
      Soit il faut être naïf, inconscient ou condescendant pour dire une chose pareille à une personne dans une telle situation.
      Dommage que personne n’a relevé le mot, en tous les cas en ce qui me concerne, mon sang n’a fait qu’un tour.
      Effectivement, c’est un glaneur à tous les rateliers et il change d’avis comme de chemise.
      Chacun son point de vue.

      Au stade où nous en sommes, le premier qui abandonne devant l’autre, donne l’avantage à l’autre ce qui ne va pas dans le sens d’un accord. Il faut donc continuer à travailler à se battre avec soi et avec l’autre, des 2 côtés.

      Si vous pensez que je serai le premier à abandonner, vous vous tromper, chaque jour qui passe me donne des éléments de réponse à cette crise qui nous tenaille;
      Sur ce blog, nous sommes en train de construire les briques de l’avenir.

    36. @ juan nessy dit : 3 février 2011 à 15:27 et 5 février 2011 à 12:28

      Merci de m’avoir orienté vers le bouquin d’Albert Jacquard : Halte aux jeux ( olympiques).

      Je me suis contenté de lire le texte d’une conférence sur le même sujet. http://www.ethologie.info/revue/spip.php?article15
      C’est un très beau texte, expliquant la complexité du monde de façon simple et facilement abordable, très à ma portée, donc à la portée de la plupart des gens.

      Merci également pour la liste d’une vingtaine de personnes célèbres qui ont traité du capital et du capitalisme. Mis à part Paul Jorion et Marx que j’ai abordé très récemment, les travaux des autres me sont pratiquement inconnus ce qui, je crois, ne m’a nullement handicapé.
      Du moins, j’ai ce sentiment, à l’issue d’une vie de 76 ans menée dans un monde dominé par le capitalisme, alors que n’ai jamais étudié l’économie (ni beaucoup d’autres choses) et sans que je m’en sente victime, bien au contraire, puisque j’ai connu une vie heureuse jusqu’alors.

      J’aurais donc fait du capitalisme sans le savoir, c’est-à-dire naturellement ?

      Alors que tellement de gens, notamment sur ce blog, présentent le capitalisme comme étant à l’origine de tous les maux de l’humanité, comment se fait-il qu’en ayant reçu d’éducation économique que de mes parents, très modestes personnes issues des plus basses couches du monde paysan, j’en sois arrivé malgré tout à une situation économique satisfaisante?

      Je me suis contenté au plan privé comme au plan professionnel, d’appliquer le principe qu’ils m’ont enseigné dès la prime jeunesse : « travailler beaucoup et bien, tout en consommant peu ». C’est simple et ça peut rapporter gros, notamment en satisfactions.

      Pourquoi cela n’est-il plus enseigné de nos jours ?

    37. @ Jean-Luc D. dit : 5 février 2011 à 14:44

      Vous n’êtes pas convaincu par ma façon de concevoir le capitalisme, parce que j’aborde et expose les choses trop simplement.

      Qu’auriez vous dit à Archimède vous exposant son principe ? C’est trop simple, c’est du déterminisme unicausal, du réductionnisme, un apriori épistémologique, une posture idéologique, du simplisme… ?

      Peut-être vous aurait-il répondu : « prouvez-moi qu’il est faux ».
      Je ne sais pas vous dire autre chose.
      Si, pour apporter la preuve que ma conception est fausse, votre démonstration est simple, elle n’en sera que meilleure.

      Quant au « filon à exploiter, que vous ne voyez pas » vous pouvez vous appuyer sur cette pensée d’Albert Jacquard :

      Il faut prendre conscience de l’apport d’autrui, d’autant plus riche que la différence avec soi-même est plus grande

      C’est notamment à cause de cela que je fréquente le blog de Paul Jorion et que j’aurai plaisir à m’enrichir en poursuivant nos échanges.
      Ah, la richesse !
      Et l’amour, alors ?

      Qu’est-ce qu’on s’appauvrit quand on n’aime pas les riches !

    38. @Jducac:

      Le texte de la conférence d’Albert Jacquard que vous avez retrouvé est fondamental . Il est d’ailleurs à peine moins long que le bouquin que je vous recommandais .

      Vos parents ne vous ont pas appris le capitalisme ( ni même le capital ) , ils vous ont appris à demander moins aux autres qu’à vous même . Albert Jacquerd ne dit pas autre chose .

      La réussite qui est au bout n’est pas qu’économique et il arrive même qu’elle soit de ce point de vue une croix à porter . Mais c’est la vraie réussite de mon point de vue .Le capitalisme ( ou quelques autres trucs en isme d’ailleurs) , c’est quand on croit que la réussite c’est réussir  » économiquement  » .

      Relisez chaque soir Albert Jacquard , et je ne désespère pas de vous voir prendre conscience de cette confusion .

    39. à jducac,

      Je ne récuse pas le principe de compétition en lui-même. Je dis simplement qu’il est une des stratégies possibles, mais pas la seule, et certainement pas l’unique explication causale de tout. Tout comme la vie qui émerge en utilisant des voies différentes, nos comportements sont eux aussi soumis à une pluralité de stratégies possibles sans que l’une soit a priori supérieure à l’autre. Il y a souvent autant de chance d’atteindre un objectif par la compétition ou la solidarité. Mais dans une idéologie qui prône la concurrence à outrance et tente d’étendre le modèle de la compétition à toutes les sphères de la vie dans le seul but de privilégier une division plus facilement gouvernable (le fameux principe machaviélique du « Divisez pour mieux régner »), le principe de solidarité perd de sa vitalité, se vide de sa substance alors qu’il est tout aussi bénéfique et salutaire.

      Combien de fois suis-je étonné, comme s’ils étaient face à E.T., de voir le visage interloqué de ceux auxquels j’adresse spontanément la parole ? Immédiatement, dans une grande majorité de cas comme dans un réflexe pavlovien, se lit dans leurs regards de bêtes apeurées : « mais qu’est-ce qu’il me veut celui-là ? » comme si j’étais un prédateur de la pire espèce. Contaminés par le culte de la compétition, j’apparais immédiatement comme un concurrent qui aurait quelque chose à leur voler alors qu’en vérité, mon seul objectif est de partager une étincelle d’humanité et de créer du lien, une relation fugace et amicale. Si nos esprits n’étaient pas infectés par le virus de la compétition, nos relations en seraient certainement facilitées, plus sereines et libérées des miasmes de la soi-disant primauté de l’intérêt égoïste. Pourquoi faudrait-il attendre la survenue d’un malheur pour que les solidarités se recréent alors qu’elles sont là autour de nous à chaque instant de notre vie? C’est pour cette raison que je m’élève fortement contre tous les discours, dont le vôtre, qui entretienne l’idée que la vie serait une lutte perpétuelle se résumant à des conflits, des combats, des hostilités permanentes.

      Pour lutter contre cette pandémie guerrière, je prône une révolution sémantique pour inverser le paradigme actuel dans l’espoir que par le verbe (entente, entraide, solidarité, collaboration, etc…), nous puissions réensemencer – d’autres diraient « réenchanter »- nos consciences corsetées par une propagande mortifère.

      Quant au principe d’Archimède, malgré son importance, il n’explique pas la physique à lui tout seul. Il en est un des principes constitutifs, mais là encore pas le seul. En outre, ne confondez pas sciences physiques et sciences humaines. Si des analogies ou des fonctionnements communs peuvent être établis, elles ne sont pas réductibles l’une à l’autre. L’humain par sa complexion particulière et ses paradoxes reste un animal d’une immense complexité parfaitement résumée par Montaigne quand il écrivit : « c’est un sujet extraordinairement vain, divers et ondoyant que l’homme.». Enfermés dans nos enveloppes corporelles et psychiques, nous sommes à la croisée de plusieurs mondes : intérieur et extérieur, déterminé et indéterminé, objectif et subjectif, connu et inconnu, certain et incertain, prévisible et aléatoire, matériel et immatériel, rationnel et irrationnel… qui entretiennent entre eux des liens de causalité et d’influence multiples et variés, certains perceptibles et d’autres imperceptibles, les derniers renfermant tous les mystères de la vie.

      Vous comprendrez aisément, mon cher jducac, qu’avec une telle conception, je ne puisse me résoudre à penser le monde uniquement en termes de compétition.

      Si, pour apporter la preuve que ma conception est fausse, votre démonstration est simple, elle n’en sera que meilleure.

      Un peu facile !! Tout ce que je vous ai dit ne vous suffit donc pas ? Face aux arguments de mes différentes interventions, je pense qu’il vous appartient maintenant de m’apporter vos propres contre arguments.
      En outre, comment pourrais-je faire une démonstration simple en quelques lignes alors qu’il y faudrait des centaines voire des milliers de pages? Certes comme l’a dit Boileau, « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement/Et les mots pour le dire arrivent aisément », mais « clairement » et « aisément » ne veulent pas dire « succinctement » ou « rapidement ».

      Quant au « filon à exploiter que vous ne voyez pas » vous pouvez vous appuyer sur cette pensée d’Albert Jacquard : Il faut prendre conscience de l’apport d’autrui, d’autant plus riche que la différence avec soi-même est plus grande

      Si je ne pensais pas ainsi, je ne serai ni un fidèle lecteur de ce blog, ni un curieux obsessionnel, ni un lecteur pathologique, ni un passionné d’art musical, ni même en train de vous répondre.
      À propos de « filon à exploiter que je ne vois pas », je faisais référence à ce que vous-même aviez qualifié de pensée sommaire. Or, la richesse, entendu par Jacquard dans son sens immatériel, va plus dans le sens du complexe que du sommaire ou du simple.

      Cdlt

    40. @ Jean-Luc D. dit : 8 février 2011 à 17:22

      Je ne récuse pas le principe de compétition en lui-même. Je dis simplement qu’il est une des stratégies possibles, mais pas la seule, et certainement pas l’unique explication causale de tout.

      Je suis tout à fait d’accord avec vous.

      Il peut y avoir d’autres moteurs qui engendrent l’évolution. Il y a notamment l’inovation, l’envie, le désir d’imitation qui s’appuie sur un processus de comparaison. La comparaison peut s’opérer globalement ou être rendue plus fine et plus facile grâce aux publications d’indices et de classements atteignant maintenant tous les domaines, y compris sociaux.

      Ces éléments de mesure, tels les sondages peuvent contribuer à orienter les évolutions qu’ils sont sensés suivre et ainsi engager des emballements auto générés ou auto entretenus au profit de ceux qui contrôlent et gèrent l’information. Avec le perfectionnement technologique qui fait souvent l’objet de compétions économiques, le temps s’accélère. Les temps de réaction et les durées d’exploitation à chaque stade de développement se réduisent, entraînant une accélération des besoins d’adaptation, donc des crises.

      Bien évidemment, il peut y avoir des freins aux développements liés à des phénomènes impondérables non attribuables à l’homme, nouvelles maladies, catastrophes naturelles, phénomènes cosmiques, que sais-je encore ?

      Mais dans tous les cas, selon moi, le capitalisme est l’élément primordial (capital), même dans le cas d’imitation, qui rend possible l’évolution. Il permet l’adaptation et le perfectionnement continu des outils, de l’organisation, de la conception, de la production et des échanges des biens. Aucun autre mode de mise en œuvre que celui du capitalisme n’a, à ma connaissance, été capable de faire mieux, c’est-à-dire d’être plus performant, malgré différentes tentatives. Les organisations de type communiste en particulier, qui ont été essayées, sont aujourd’hui abandonnées parce que moins performantes.

      Or, le processus du capitalisme n’est pas récent.

      Il ne date pas du 18ème siècle. Il me semble remonter à l’origine de l’homme. C’est parce qu’il a su inventer le processus vertueux du capitalisme, que l’animal d’origine est devenu homme. Il consiste, en travaillant plus pour gagner plus que ses besoins immédiats le nécessitent, afin de pouvoir épargner. Cela permet alors de créer et renouveler des outils sans cesse plus performants.

      J’ai expliqué cela par une robinsonnade dont j’ai rappelé l’adresse dans mon dernier post ci-dessus à l’attention de Jean-Luc (sans D)

      Après avoir relu vos deux dernières réponses, dont je vous remercie, j’ai été surpris de constater que vous n’avez, à aucun moment, utilisé le mot capital ou capitalisme, deux mots sur lesquels vous m’avez initialement questionné et qui sont tout à fait dans le thème du billet de Crapaud Rouge. Vous ne semblez vous être exprimé que sur la compétition.

      Aussi je me permets de vous demander, cher Jean-Luc D, d’admettre que ma façon de présenter l’origine du capitalisme ne peut être rejetée, à moins de prouver le contraire.

      Cordialement.

    41. à Jducac,

      Je suis intervenu sur la compétition parce que c’était l’un des angles de vos commentaires.

      Votre approche n’est pas à rejeter, mais elle peut être discutée. Je pense que le malentendu vient du rapprochement que vous faites entre « capital » et « capitalisme », l’un n’étant pas réductible à l’autre (voir autres commentaires plus haut). Peut-être serait-il plus judicieux de parler de « capitalisation », ce terme se rapprochant davantage de celui d’épargne?

      Néanmoins – et en continuant à utiliser des mots en « isme » -, de la même façon que vous écrivez « c’est parce qu’il a su inventer le processus vertueux du capitalisme que l’animal d’origine est devenu homme. », nous pourrions écrire que « c’est parce qu’il a su inventer le processus vertueux du socialisme, que l’animal d’origine est devenu homme. ». En effet pour devenir homme, l’animal que nous étions a dû s’unir, se regrouper au sein de structures anthropo-sociales partageant une culture et un mode de vie commun, et des règles sociales nécessaires à la viabilité de la communauté. En outre, les travaux en anthropologie nous montrent que beaucoup de sociétés primitives reposaient sur une propriété collective des moyens de production.

      Dès lors, sans que votre proposition soit invalidée, nous voyons se dessiner un double processus concomitant et complémentaire de capitalisation et de socialisation auquel il faut rajouter celui de mythification du monde, le tout concourant à la création d’une culture indispensable au processus d’hominisation. Vous voyez que les choses se compliquent un peu et qu’en aucun cas, l’évolution humaine ne peut, à mon sens, s’expliquer par une cause unique.

      Mais dans tous les cas, selon moi, le capitalisme est l’élément primordial (capital), même dans le cas d’imitation, qui rend possible l’évolution.

      Au vu de mes développements précédents, votre allégation mérite, à mon sens, d’être un peu plus nuancée et tout en continuant à utiliser des mots en « isme » – ce que j’ai quelques réticences à faire compte tenu de leur connotation politique –, je pense qu’il serait préférable et plus juste d’associer « capitalisme » et « socialisme » comme étant des éléments primordiaux rendant possible l’évolution.

      Bien à vous.

      JLD

    42. @ Jean-Luc D.

      Limpide !
      Dans une récente réponse à l’ami jducac je supposais que, décidé à faire remonter le capitalisme aux origines de l’humanité, il devait se tromper de mot. Depuis, je cherchais quel mot était masqué derrière le mot « capitalisme » qu’il emploie, et dont l’usage par lui a rongé tant de patiences sur le blog de Paul Jorion. Vous venez de trouver, je crois.
      J’espère que ce texte que vous venez d’écrire ci-dessus permettra de lever le malentendu.

      —————

      @ jducac,

      Merci pour votre persévérance bienveillante dans les échanges. Paul Jorion avait dit de vous que vous faisiez partie de la nécessaire antithèse sur le blog. Je crois que vous avez aussi un rôle d’accoucheur pour des gens comme moi (on appelle cela la maïeutique, n’est-ce pas ?). Je ne sais pas si vous-même avez le sentiment d’évoluer dans votre pensée, mais vous êtes bien utile pour nous amener à préciser la nôtre.

    43. Les balbutiements d’un Jducac comme le babil d’un bébé : La vie, son déroulement, comme au premier jour du monde.

    44. Jean-Luc D.,

      Il y a quelque chose qui me tracasse : http://www.pauljorion.com/blog/?p=21041#comment-147119

      jducac,

      Le capitalisme ne tolère pas ceux qui ne participent pas à la compétition, il est tyrannique et colonisateur. Rien que ça ce n’est pas bon. Il ne respecte pas l’autre, qu’il soit homme, animal, végétal, minéral… rien ! Et moi j’aime pô con tolère pas les autres. J’ai le droit ça au moins ?

      Bom dia

    45. Définition du capital dans L’argent, mode d’emploi (Fayard 2009).

      « L’argent permet d’acquérir des biens, des marchandises, ainsi que de rémunérer des services. Mais il est aussi capital, c’est-à-dire l’argent qui manque à l’un et qu’il devra alors obtenir en prêt d’un autre, et en tant que tel, il est source d’intérêts et donc le moyen d’obtenir plus d’argent encore pour celui qui le possédait déjà ». (16-17)

      « Si le capital a pu donner l’impression à son détenteur qu’il fructifiait de lui-même (et cette implication est inscrite dans notre comptabilité de la valeur actualisée), c’est qu’aux yeux de celui ou celle qui l’emprunte, les intérêts apparaissent comme une ponction légitime, justifiée par le fait qu’il ou elle n’aurait rien pu faire sans l’avance qui lui a été consentie. Il n’en demeure pas moins que les intérêts sont des commissions à régler en raison du fait que les fonds ne se trouvent pas au bon endroit – le capital, je l’ai dit en introduction, c’est l’argent quand il nous manque. Du fait que le capital ne se trouve pas là où il devrait être pour pouvoir intervenir comme moyen de production, ou comme bouche-trou de revenus insuffisants, celui qui l’amène alors au bon endroit fait payer sa participation en invoquant le fait qu’il en est après tout le propriétaire ». (101-102)

    46. @ michel lambotte dit : 6 février 2011 à 14:09

      Sur ce blog, nous sommes en train de construire les briques de l’avenir.

      Bonjour Michel Lambotte, l’homme qui ne veut pas être le premier à abandonner, et qui s’emploie à construire l’avenir.
      Pardonnez-moi d’avoir tardé à vous répondre et merci pour le lien que vous nous avez donné.

      Oui, tout comme vous, je pense que l’avenir de l’humanité dépend des briques que nous construisons tous, individuellement et collectivement. Pour des raisons d’efficacité, pour éviter le gaspillage et la dépense inutile d’énergie, et de matières premières, il faut chercher à ce que les briques s’assemblent bien les unes avec les autres
      .
      Nous en sommes là actuellement.

      Nous prenons le problème par tous les bouts sur le blog de Paul Jorion qui a eu le grand mérite d’accepter des briques de toutes les couleurs, même si la dominante générale est marquée.
      Avec quelques autres, j’apporte la mienne dont la couleur tranche. Ça donne du relief à l’ouvrage et surtout si les autres apporteurs de briques comprennent l’utilité d’allier, de souder, de fondre, de fusionner, cela pourrait conférer au produit résultant, des qualités particulières, extraordinaires mêmes, et sans comparaison avec les propriétés de chacun des constituants.

      Vous qui êtes technicien, vous savez comment on obtient un alliage plus dur, plus tranchant, plus apte à fabriquer des outils, des armes, des paliers (avant qu’il y ait des roulements à billes ou magnétiques) à partir de métaux plus mous. Parfois il suffit de quelques impuretés, ou de la mise en jeu d’un catalyseur pour que s’opère des réactions bénéfiques.
      C’est pour cela que je suis heureux de vous entendre dire que vous n’êtes pas du tout anti—–capitaliste. Comme vous l’avez peut-être remarqué, je ne suis pas du tout anti social, ni anti humaniste, ni anti écologique etc.. Par contre je pense que c’est probablement faire preuve de trop de radicalité quand vous dites :

      je le considère comme un système (le capitalisme) ayant joué son rôle et qui doit maintenant donner la main à un autre système mieux adapté aux problèmes actuels

      Si je m’étais mieux exprimé pour mieux montrer ma conception et les vertus essentielles du processus de base du capitalisme, excluant certains domaines financiers, véritables arnaques, tromperies, abus de confiance, vous seriez probablement moins radical. Car vous avez probablement été plus influencé que moi par des courants de pensée nés au 18ème siècle et qui avec leur noms en ismes ont voulu provoquer des révolutions alors que des évolutions sont de loin plus économes en énergie et en vies humaines.

      Peut-être seriez-vous moins enclin à vouloir voir le capitalisme et l’industrie « passer la main à un autre système ». Pour ma part, je suis convaincu que le système capitaliste constitue l’une des bases principales du processus de développement de l’humanité, donc de son avenir.
      Je vais jusqu’à considérer que si le processus « Travail> Accumulation du surplus dans l’épargne pour consolider le capital>Prise en compte des risques pour le futur>Mise en œuvre des dispositions en mesure réduire ces risques> Sécurisation du futur » était abandonné, la fin du développement de l’humanité interviendrait, soit qu’on l’aurait voulu, soit qu’on la subirait suite à un manque de prévoyance.

      Malgré nos différences d’approche, vous êtes parmi ceux dont je me sens le plus proche sur le blog, pour plusieurs raisons.

      Votre métier, comme celui que j’ai exercé, tourne autour de la technique.
      Vous ne l’exercez pas dans un domaine protégé de la concurrence.
      Votre hobby et en particulier votre recherche d’un « moyen technique pour répondre à un besoin nouveau » de culture plus écologique, se rapproche beaucoup du métier d’ingénieur que j’ai exercé.
      Notre ascendance, à la précédente génération, est paysanne.
      Vous avez un âge à peu près égal à celui de mes frères, ce qui m’a permis de réfléchir aux raisons des différences de façon d’être, entre ceux qui sont nés avant 45 et les autres. J’ai été très touché quand vous avez évoqué votre père, car mes parents ont beaucoup souffert de l’influence de cette « révolution de la fin des années 60» sur les plus jeunes de leurs enfants.
      Vous êtes favorable à une économie de proximité, près et dans les villes. Je n’y suis pas défavorable ; je pense seulement que ça n’est pas suffisant, d’ailleurs le fait que vous vous intéressiez au problème des grosses métropoles urbaines en Chine, montre qu’il y a un problème.

      Je suis aussi parfaitement d’accord avec votre déclaration :

      C’est comme cela que la vie évolue: en recyclant ses déchets.

      Je trouve qu’il a effectivement beaucoup de déchets qui doivent être recyclés, pas que dans le matériel, dans le spirituel aussi. Je suis partisan de refonder les valeurs éthiques (ou morales, si le mot ne vous fait pas peur). Mais quand on dit récupération on prend soin de récupérer ce qui a de la valeur. On ne jette pas tout avec l’eau du bain. C’est un défi majeur avec celui de l’énergie. Les troubles de l’économie, la finance, la monnaie ne sont que des conséquences.

      Alors, comme mes sentiments humanistes m’y incitent, je ne manque jamais une occasion d’emprunter le chemin qui me ramène à mes origines pour rendre hommage (mot porteur de sens) à ceux qui m’ont précédé, connus ou inconnus. Je voue un très grand respect aux travailleurs de la terre. C’est par l’intermédiaire des paysans, auteurs de la première grande évolution humaine (plutôt que révolution) qu’a été assurée la jonction entre les chasseurs cueilleurs et notre civilisation industrielle qui a permis à l’homme d’aller sur la lune. C’est grâce à eux que par la pensée je suis remonté à nos origines pour y trouver une des raisons probables de notre évolution.

      Pour toutes ces raisons, nous avons tout lieu d’espérer, surtout si nous savons travailler sur nos différences de perception. C’est là qu’il faut « travailler beaucoup et bien, en consomment peu » c’est le principe de base du capitalisme qui convient aussi à l’écologie. Ce travail là ne consomme pas énormément d’énergie sans laquelle il n’y a pas de vie.
      Si vous ne l’avez déjà fait, vous pouvez lire ce qui c’est dit sur Albert Jacquard comme suggéré par Juan Nessy ainsi que le texte d’une de ses conférences que j’ai signalé.

      Dans le système vivant, il n’y a pas d’accumulation, il s’arrange pour la recycler.

      Mais si il y en a Michel Lambotte, bien au contraire il y a énormément d’accumulation, c’est même une des spécificités de l’homme qui à mon avis est né capitaliste. Il accumule énormément, des connaissances, des expériences et tout cela s’additionne (en partie) dans notre génome et ce transmet par atavisme ou autre processus que j’ignore. Ça ne peut plus loger dans un cerveau humain.

      L’homme est quand même un capitaliste formidable. Comme il était arrivé à la limite de pouvoir capitaliser chez lui, dans son cerveau, il a imaginé de capitaliser son bien le plus précieux, hors de lui dans un réseau interconnecté et accessible à tous. Cette richesse est véhiculée très rapidement avec peu d’énergie, comme l’autre, comme l’argent dématérialisé, à la vitesse de la lumière. Mais comme l’autre, elle peut être manipulée, même si elle est impalpable. C’est pour cela qu’il faut être prudent quand on passe du matériel à l’immatériel, à l’information, qui peut-être la meilleure et la pire des choses.

      Si ça n’était pas si mal vu par les anticapitalistes, qui sont à mon avis victimes d’un conditionnement malheureux, on pourrait présenter cela comme une délocalisation aux effets positifs. Les autres délocalisations, celles qui nous font si mal, à nous occidentaux favorisés, seront peut-être considérées dans l’histoire de l’humanité comme un des bienfaits engendrés par le capitalisme en tant qu’unificateur planétaire des niveaux de vie. Qui sait ?

      A plus tard, sur le chemin des bâtisseurs d’avenir.

    47. @ Paul Jorion dit : 10 février 2011 à 08:04
      Bonjour Paul Jorion.
      Quand j’ai déposé ma réponse à Michel Lambotte à 16h31, je n’avais pas lu votre post de 8h04.

      J’ai lu « L’argent mode d’emploi » quand il est sorti en 2009 et ne me souviens pas si, comme je le fais parfois, je vous ai écrit pour faire part de remarques ou autres.
      L’objet de cet ouvrage est l’argent et non le capital de sorte que la définition que vous donnez à capital, même si elle peut être considérée comme un peu provocante, ne m’a pas heurté.

      le capital, c’est l’argent quand il nous manque

      Certes, elle est un peu gênante à cause du «nous » qui pourrait amener à penser que l’auteur s’adresse préférentiellement à une classe de lecteurs. L’argent qui nous manque, il est dans le capital, pourrait-on lire
      .
      Dans un ouvrage s’intitulant « Le capital, qu’est-que c’est » cette définition n’aurait pas été convenable, parce qu’elle aurait été, à mon avis, trop circonscrite. Je ne suis pas un spécialiste du capital, même si mon pseudo peut égarer. Il n’a rien à voir avec mes avoirs, mon capital, en banque, en bourse ou ailleurs.

      Pour ce qui est du capital, je crois qu’il peut être utile de penser à :
      Capital humain, capital social, capital matériel et immatériel, capital génétique, soit en général, tout ce qui peut être possédé ou attaché par contrat, par héritage, par achat, par le travail, par intéressement, et qu’il convient de maintenir en valeur et si besoin renouveler pour accompagner le progrès ou y contribuer.
      On peut aussi voir sur ce site : http://fr.wikipedia.org/wiki/Capital

      Mais ceci n’est que l’avis d’un citoyen très moyen, n’ayant fait que de petites études et qui, à 76 ans, utilise le peu qu’il a appris dans la vie, pour en faire part aux autres. Cela pourrait leur servir en leur donnant un certain point de vue, un autre éclairage, celui d’un « ancien » susceptible de les amener à réfléchir, tout comme les avis différents des miens m’amènent à réfléchir et si besoin, à infléchir mes conceptions.

      Bien cordialement.

    48. Paul,

      La démocratie c’est le peuple qui gouverne ; et on observe la part du capital (dans le rapport échange/capital).

      La démocratie directe permet d’aller à la source de l’Économie (le vivre-ensemble), chacun étant en situation d’exprimer la valeur qu’il lui donne, la valeur qu’il donne à sa vie. Et par suite la part de capital qu’il souhaite voir exprimée dans l’argent.

      C’est très simple. Il suffit d’en parler, à ses amis éminents ou célèbres dans les médias ou en politique par exemple. On n’est pas obligés de tout casser d’abord et d’aviser ensuite ! Et ce qu’il y a de bien c’est le nombre : la « part de capital » de (dans) chacun est inversement proportionnelle au nombre ! Et le pouvoir d’imposer sa valeur est proportionnel à la part, lui ! Qu’est-ce qu’on s’marre !

      Toi là-haut : je te vois !

    49. jducac,

      « Pour ce qui est du capital, je crois qu’il peut être utile de penser à :
      Capital humain, capital social, capital matériel et immatériel, capital génétique… ».

      Sûr que ça peut être utile d’y penser, surtout quand on écrit : « Travail> Accumulation du surplus dans l’épargne pour consolider le capital… » !

      Hé ! Ho ! Faudrait voir d’arrêter de nous prendre que pour des billes !

      jducac : j’ai autant de respect pour vous que pour une fleur (qui marche aussi au capital) que pour un sadhû de base (je suis sûr que vous trouverez son capital « qu’il convient de maintenir en valeur et si besoin renouveler pour accompagner le progrès ou y contribuer », ou alors vous avez trop forcé sur le capital aveuglement, celui qui persuade que son chemin est le bon sinon le meilleur ou pour les plus riches le seul).

      Cordialement également.

    50. @ Fab dit : 11 février 2011 à 06:22

      Fab, vous feriez honneur à l’espèce vivante qui est la nôtre, en ne manipulant pas l’information que je génère et qui est diffusée grâce à ce blog.

      Travail> Accumulation du surplus dans l’épargne pour consolider le capital>Prise en compte des risques pour le futur>Mise en œuvre des dispositions en mesure réduire ces risques> Sécurisation du futur

      Reconnaissez qu’en tronquant le texte juste avant le second signe > l’enchaînement logique que j’ai représenté perd toute sa valeur.
      Vous faites disparaître l’essentiel de ce qui sépare l’esprit capitaliste de l’esprit du jouisseur.

      Le jouisseur peut aller jusqu’à être violeur, ce que vous avez fait avec mon texte, car il se focalise sur ce qu’il peut tirer égoïstement du présent sans penser aux autres représentants de son espèce, du présent et du futur, et aux conséquences que cela peut avoir sur la pérennité de l’humanité.

      Si vous voulez que j’explicite la suite logique que j’ai représentée, changez d’attitude. Evitez d’utiliser ce type de procédé qui ne vous honore pas. Vous pouvez-même allez jusqu’à vous excuser.

    51. @ Jean-Luc D. dit : 10 février 2011 à 00:02
      D’abord, je tiens à vous dire que nos échanges précédents m’ont été profitables. Ils m’ont amené à nuancer mes positions, notamment dans ma réponse à Michel Lambotte. J’ai plusieurs fois pensé à vos observations, en lui répondant.

      Je pense que le malentendu vient du rapprochement que vous faites entre « capital » et « capitalisme », l’un n’étant pas réductible à l’autre

      En rapprochant « capital » de « capitalisme » je ne pensais pas m’engager dans un malentendu, car qui peut dire que capitalisme ne dérive pas de capital ?

      Pour moi, le capitalisme a toujours été l’activité qui consiste à exploiter, à gérer le capital, dans le but d’entretenir la vie afin qu’elle puisse se perpétuer. Capital et capitalisme sont autant liés que cycle et cyclisme. Le premier couple de mots permet d’avancer dans le temps, le second permet d’avancer dans l’espace, même s’il fait aussi gagner du temps par rapport à la marche à pieds.

      c’est parce qu’il a su inventer le processus vertueux du capitalisme que l’animal d’origine est devenu homme.

      Ou/et

      c’est parce qu’il a su inventer le processus vertueux du socialisme, que l’animal d’origine est devenu homme.

      C’est effectivement intéressant de mettre en parallèle capitalisme et socialisme. Il y a certainement beaucoup à tirer du rapprochement/opposition entre les deux entités qui ne sont peut être pas tout à fait de même nature. On peut les mettre en opposition, en compétition ou en association et utiliser la comparaison des avantages et des inconvénients de divers points de vue.

      Il y a une remarque immédiate qui s’impose à nous. Certains animaux et insectes ont adopté des comportements sociaux sans pour autant devenir des hommes. Sans avoir fait ni étude ni recherche sur le sujet, il me semble que c’est son aptitude à fabriquer un outil qui, très probablement, est à l’origine du basculement de l’animal vers l’homme.
      La question de savoir si pour imaginer l’outil, l’homme avait eu besoin de développer des attitudes sociales ou pas, ne présente qu’un intérêt secondaire. Cela concerne le passé de l’aventure humaine qui, pour ne pas être négligeable, bien au contraire, est quand même moins important que son futur.

      Quant à tirer avantage du couplage capitalisme-socialisme, il y a certainement beaucoup à dire.

      A priori, je pense que le capitalisme sert davantage la pérennité de l’espèce que le socialisme, car il se préoccupe d’abord du capital, de l’essentiel, de l’indispensable pour le futur. Il consacre davantage d’attention à la prise en compte de ce dont les humains du futur peuvent avoir besoin que de ce qu’on peut distribuer dès aujourd’hui au plus grand nombre pour qu’ils consomment, ce qui me semble être l’objectif premier de ceux qui se réclament du socialisme.

      La conversion de la Chine au capitalisme semble aller dans ce sens.

    52. jducac,

      Vous écrivez et pensez je pense : « Travail> Accumulation du surplus dans l’épargne pour consolider le capital… » ! Si j’ai tronqué c’est que je ne voyais pas l’intérêt de la suite ! Que vous souhaitiez une « Prise en compte des risques pour le futur>Mise en œuvre des dispositions en mesure réduire ces risques> Sécurisation du futur », encore heureux, vous croyez qu’on fait quoi tous les jours dans la vie et ce depuis des milliers d’années !? Que pour vous le travail soit le moyen d’accumuler du surplus dans l’épargne pour consolider le capital, je vous l’ai déjà dit : libre à vous, c’est votre vie, vous êtes grand !!!

      Mais que vous présentiez cette voie comme la seule et unique possible : Noooooooooooooooooooon ! Je ne veux pas de ce monde ! Dois-je m’excuser de penser ça ? Je suis moi jducac, vous ne pouvez pas investir mon esprit. Le monde à travers « l’espèce vivante qui est la nôtre » a capitalisé plein de choses – bonnes et mauvaises- au cours de son histoire, notamment la conscience de soi, puis doucement celle de l’autre : si l’on travaille pour accumuler un surplus d’argent il n’est pas sûr – je m’en convainc malheureusement jour après jour- que l’on dispose d’assez de volonté, de temps (coucou Jean-Luc D.), pour travailler à la production de surplus de ces consciences.

      Cordialement nez en moins.

    53. à Fab,
      Ne soyez pas tracassé 🙂
      Si je prends le temps de répondre, ma disponibilité pour faire autre chose sur ce blog n’en est pas pour autant extensible. Comme pour beaucoup d’autres, j’ai la chance d’avoir un travail couplé à des fonctions d’élu d’entreprise et de syndicaliste. Cela occupe déjà beaucoup de mon temps et « gangrène » ma disponibilité pour d’autres occupations. Je vis sous la contrainte d’un juste compromis entre obligations et désirs.

    54. à Jean-Luc
      Merci pour votre « limpide ». Venant de vous dont j’apprécie toujours les commentaires, j’en suis très honoré. :-)) . Derrière chacun d’eux, nous sentons la sensibilité et l’intelligence de l’artiste, et cela réchauffe l’âme.

      Toutefois et pour en revenir à mon commentaire, je suis tout à fait conscient des imperfections de ma réponse, mais Jducac ayant souhaité une démonstration simple, j’ai tenté de m’y conformer, même si je pense que le choix de certains termes en « isme » est inapproprié.

    55. @ jducac

      Un grand merci pour votre long billet qui m’est adressé.
      J’ai été absent quelque jours pour cause de maladie (rien de grâve, j’ai du me reposer)
      Je vais réétudier tout le fil qui est intéressant,
      Peut-être l’avez vous déjà examiné, mais permettez moi de vous signaler ce lien
      Albert Jacquard en pleine activité chez Terre à 85 printemps. C’est émouvant.
      http://www.autreterre.org/fr/news/92-albert-jacquard-reportage.aspx
      Il remet en question la compétition.

    56. @ jducac

      A priori, je pense que le capitalisme sert davantage la pérennité de l’espèce que le socialisme, car il se préoccupe d’abord du capital, de l’essentiel, de l’indispensable pour le futur. Il consacre davantage d’attention à la prise en compte de ce dont les humains du futur peuvent avoir besoin que de ce qu’on peut distribuer dès aujourd’hui au plus grand nombre pour qu’ils consomment, ce qui me semble être l’objectif premier de ceux qui se réclament du socialisme.

      Si vous examinez le cas de Disneyland par exemple, il s’agit bien là d’une grand messe de la consommation. Que je sache, c’est le monde capitalisme occidental qui l’a créer, en aucun cas une quelconque société socialiste.
      Pourtant, sans la consommation du plus grand nombre qui ne se réclame pas du socialisme, une telle entreprise capitaliste ne peut vivre.
      En remettant en cause l’utilité et surtout comme vous le soulignez de l’indispensabilité d’une telle entreprise capitaliste, je ne vois pas où « le capitalisme sert davantage la pérennité de l’espèce que le socialisme, car il se préoccupe d’abord du capital, de l’essentiel, de l’indispensable »
      Des entreprises capitalistes de ce type, il y en a des dizaines.
      Ce n’est pas seulement le capitalisme que je remets en question, c’est l’utilité des entreprises telles qu’elles existent aujourd’hui.
      Ce sont des machines à vendre, qui broient les individus, qui les corsettent dans un mode de fonctionnement accepté de tous dans une servitude volontaire.
      Le pire, c’est qu’elles nous amènent vers une destruction planétaire par le saccage des ressources en même temps que le saccage des ressources humaines du fait de leur non utilisation.
      Je pense qu’il nous est indispensable de socialiser les entreprises non pas pour consommer plus en travaillant moins, mais immaginer comment pouvoir mieux utiliser les ressources humaines dans le contexte global actuel.
      Permettez moi de vous signaler ce lien:
      http://blog.benoitdebray.com/
      L’entreprise2.0

    57. @ Fab dit : 11 février 2011 à 12:40

      Votre « Cordialement nez en moins » sonne comme un pied de nez émanant d’un potache irrévérencieux.

      Sincèrement, vous auriez beaucoup à gagner en évitant ce genre de plaisanteries. Elles sont empreintes d’irrespect et d’immaturité, tout comme vos vidéos provocantes vers lesquelles vous renvoyez en guise de bonne journée.

      Vous qui prônez la prise de conscience, flairez-vous où cela peut vous mener?

      En ne voyant pas plus loin que le bout de votre nez, vous avez borné la suite logique donnée et ne réfléchissez pas à la partie éliminée.
      Ce qu’il y a au bout, risque bien de vous retomber sur le nez. Est-ce le néant, vers lequel vous voudriez nous acheminer?

      Cordialement.

    58. à Jducac,
      Excusez-moi de vous répondre tardivement, mais j’ai pris connaissance de votre commentaire hier soir seulement. En outre pour des raisons probablement techniques, je suis obligé de découper cette réponse en plusieurs commentaires.

      En rapprochant « capital » de « capitalisme » je ne pensais pas m’engager dans un malentendu, car qui peut dire que capitalisme ne dérive pas de capital ?

      Oui, bien sûr, mais « capital » a un sens beaucoup plus large que « capitalisme ». Le capital peut être matériel ou immatériel, d’un côté des biens physiques, de l’autre des connaissances et des savoirs. Or, « capitalisme » est le plus souvent employé pour définir un système économique et social dont les origines remonteraient au 12ème siècle et reposeraient sur des principes spécifiques (voir Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisme ). L’emploi de « capitalisme » en dehors de cette acception ne peut qu’être cause de malentendu, surtout quand on veut expliquer que « le capitalisme est le processus de base nécessaire à la perpétuation des êtres vivants».

      Par ailleurs, les anthropologues ne parlent jamais de « capitalisme » quand ils évoquent les économies primitives comme celle du potlatch ou de la kula. À peine se risquent-ils à parler d’ancêtre du marché capitaliste comme Franz Boas, les correspondances entre « capitalisme » et ces systèmes économiques n’étant jamais totalement superposables.

      C’est pour cela que « capitalisation » me paraîtrait plus juste dans votre formulation et permettrait à nos points de vue de se rapprocher.

      On peut les mettre en opposition, en compétition ou en association et utiliser la comparaison des avantages et des inconvénients de divers points de vue.

      Je ne peux que vous rejoindre sur ce point – finalement, nous allons y arriver :-)- . Cependant, je pense qu’il suffirait juste de remplacer votre « ou » par un « et/ou ». La triple relation dialogique pouvant être envisagée, à la fois, dans la simultanéité, et la linéarité. C’est là toute la complexité de la problématique derrière laquelle se profile celle des grands équilibres entre des tendances opposées, antagonistes et néanmoins complémentaires et vitales l’une à l’autre. Cet équilibre est dynamique, et non pas uniquement statique dans la mesure où le système (binaire ici) sous le poids des antagonismes ou des contraintes extérieures a souvent, sinon toujours, tendance à se déséquilibrer nécessitant des rééquilibrages permanents. L’équilibre est un point idéal autour duquel son organisation fluctue. Cette conception est bien sûr à mettre en lien avec les notions d’entropie, de néguentropie et d’écosystème.

      En envisageant les choses à partir de cette grille de lecture et si nous mettons en relation les deux variables (rien n’empêchant d’en rajouter d’autres) qui nous intéressent « capitalisation/capitalisme » et « socialisation/socialisme», la réalité s’enrichit immédiatement sous l’effet de leur triple relation et leur rapport d’équilibre sans faire prévaloir l’une sur l’autre.

    59. Suite du commentaire

      il me semble que c’est son aptitude à fabriquer un outil qui, très probablement, est à l’origine du basculement de l’animal vers l’homme.

      Vous vous engagez là sur un terrain très glissant auquel – je crois – aucune réponse ferme et définitive n’a été apportée. Là encore, plusieurs processus sont certainement à l’œuvre. Yves Coppens évoque, je crois, l’augmentation du cerveau humain suite à l’ingestion de nourriture carnée – ce qui reste pour l’instant une hypothèse – comme une des causes du processus d’hominisation. Le langage est également évoqué, et qui dit langage, dit communauté et donc socialité. Interviennent là aussi des processus de sélection naturelle dans lequel le hasard a aussi son mot à dire. Difficile de savoir quelle serait la cause 1ère de ce que vous appelez « un basculement » ? À mon avis, la plus grande prudence en ce domaine s’impose.

      Toutefois, même si nous acceptions votre hypothèse qui reste plausible, les 1ers outils retrouvés remontant à homo habilis, la fabrication d’un outil ne permettrait pas d’en déduire que ce geste serait constitutif d’une primauté du « capitalisme ».

    60. Suite

      La question de savoir si pour imaginer l’outil, l’homme avait eu besoin de développer des attitudes sociales ou pas, ne présente qu’un intérêt secondaire. Cela concerne le passé de l’aventure humaine qui, pour ne pas être négligeable, bien au contraire, est quand même moins important que son futur.

      Pour « imaginer », oui certainement, mais je ne vois pas le rapport avec la primauté du « capitalisme ». Que sa fabrication soit ensuite transmise, améliorée, d’accord. De là à y voir les prémisses du « capitalisme » tel que nous le définissons actuellement, il y a un fossé épistémologique à franchir.

      Votre remarque serait valable si nous étions sûrs que la fabrication d’outil est la seule cause à l’origine du « basculement de l’animal vers l’homme ». Or, nous n’avons en la matière aucune certitude. Cette fabrication et l’amélioration des procédés sont peut-être aussi une conséquence du développement cérébral et de la nécessité de nourrir un groupe de plus en plus important. Rien ne permet d’affirmer que la fabrication d’outil serait apparue ex nihilo et qu’elle préexisterait à toute forme de socialité. Il y a là encore interaction entre plusieurs déterminants. Contrairement à vous, je ne privilégie aucun élément causal, je préfère parler de concomitance. C’est toujours difficile de déterminer qui a pondu l’œuf qui a fait la poule etc…

      De plus, j’avoue ne pas bien vous comprendre. Vous tentez d’un côté de nous expliquer que le « capitalisme » trouverait son origine dans notre passé le plus éloigné et de l’autre vous me reprochez de vous parler du passé. Dans les deux cas, ne tentons-nous pas d’expliquer notre futur par rapport à notre passé ? Qu’il s’agisse de la fabrication d’outils et/ou du développement cérébral et/ou du langage comme base du processus d’hominisation, nous nous appuyons sur des phénomènes du passé pour tenter de comprendre notre présent et notre futur.

      Vous avez raison de dire que le futur est plus important que le passé si vous vous placez dans une optique de survie ou de perpétuation. Sur un plan philosophique, cela devient très contestable, mais c’est un autre débat.

    61. Suite et fin.

      A priori, je pense que le capitalisme sert davantage la pérennité de l’espèce que le socialisme, car il se préoccupe d’abord du capital, de l’essentiel, de l’indispensable pour le futur. Il consacre davantage d’attention à la prise en compte de ce dont les humains du futur peuvent avoir besoin que de ce qu’on peut distribuer dès aujourd’hui au plus grand nombre pour qu’ils consomment, ce qui me semble être l’objectif premier de ceux qui se réclament du socialisme.

      Pourquoi « davantage » ? Votre vision matérialiste et consumériste vous empêche d’envisager les autres aspirations et dimensions humaines. L’homme, outre ses pulsions sociales, est aussi un être pensant, psychique, fondamentalement religieux au sens jungien du terme, dont les systèmes de croyance, tout aussi indispensables que le reste, ont contribué à la constitution des communautés humaines et forgé le sentiment d’appartenance et d’identité sans lesquels il n’aurait pas survécu. S’il s’était contenté de se nourrir et de subvenir à ses besoins primaires, il est probable qu’il serait resté un animal, avec ou sans outil. S’il s’était contenté de l’indispensable pour assurer sa pérennité ou pour le futur comme vous dites, pourquoi le singe que nous étions aurait-il évolué, par discontinuité évolutive, vers « homo sapiens » ? Pourquoi aurait-il développé sa conscience d’être, plus encombrante qu’utile à sa pérennité ? L’explication, sans aucun a priori téléologique, est plus complexe que votre unique explication manufacturière. Comme la vie qui est née sur terre est d’origine polycausale (bonne distance du soleil, présence d’éléments chimiques, température et atmosphère viables, inclination, rotation etc… et que sais-je encore….), l’hominisation et la pérennité de notre espèce sont aussi le fruit de la conjonction de plusieurs processus.

      Encore une fois, par un glissement sémantique, vous associez « capitalisme » via le mot « capital » à celui d’essentiel. Or, il est impossible de tirer des conclusions définitives à partir de simples rapports synonymiques.

      Excusez-moi d’avoir été long, mais comme le dit la pub : « C’est parce que vous le valez bien. » 🙂

      Cordialement

    62. @ Jean-Luc D.,

      Merci . Vous savez, ce n’est pas le choix des termes en « isme » que vous utilisez pour votre démonstration qui est inapproprié, c’est bien l’utilisation qui en est faite par d’autres qui est abusive. Lorsque j’ai lu chez vous les mots capitalisation et socialisation comme outils du destin de l’être humain, j’ai tout de suite pensé qu’ils pourraient aider à dépasser les blocages idéologiques véhiculés par les mots capitalisme et socialisme. Cela pourrait être utile pour calmer les ardeurs de certains contradicteurs de jducac, et aider également ce dernier à délaisser les amalgames qu’il utilise comme arme ultime pour invalider toute contradiction (vous savez, son argument régulier que tout homme possède un capital de neurones, de culture, un capital physique constitué par l’Evolution, et que par conséquent, tout être humain est par essence capitaliste, et ne peut être anti-capitaliste sans se renier).

      Sinon, compliment pour compliment, je considère que vous faites partie sur le blog de Paul Jorion de ces quelques personnes – également sensibles et intelligentes – dont les interventions servent non seulement de synthèse, mais aussi de portes ouvertes à une réflexion plus ample. C’est capital 😉 .

    63. @ Jean-Luc dit : 10 février 2011 à 01:07

      Je ne sais pas si vous-même avez le sentiment d’évoluer dans votre pensée, mais vous êtes bien utile pour nous amener à préciser la nôtre

      Bien évidemment. J’évolue moi aussi dans mes pensées, comme tout homme ouvert, honnête, sincère. C’est la vertu de l’enrichissement mutuel résultant des échanges. Les apports sont d’autant plus précieux que les visions et les positions initiales sont différentes les unes des autres et que chacun est en mesure de justifier la sienne.

      C’est au niveau de la justification et de l’argumentation qu’apparaissent les éléments de preuves qui témoignent de la force et de la qualité des positions exposées.

      Tout le monde n’est pas enclin à entrer dans un tel processus d’enrichissement des pensées grâce à des ajouts, à des incorporations, à des fécondations, par des éléments nouveaux ayant au préalable subi des tests de validité. Beaucoup, en fait, défendent depuis longtemps des idées qu’ils n’ont pas élaborées personnellement. Ils ne les ont pas construites suite rationnellement. Il me semble que la plupart défendent des idées sans les avoir suffisamment décortiquées, puis compactées, assimilées et digérées presqu’au sens propre ; ce qui permet d’ accéder ainsi à leurs fondements, leur essence, à l’essentiel, et, si j’ose le dire, au capital. En faisant un tel travail on peut mettre à jour des incohérences, des anomalies, des points durs et voir leurs limites.

      Quand on fait cela, on provoque parfois de la gêne chez ceux qui n’ont pas été habitués à devoir étayer des propos dont le seul énoncé du label servait jusqu’alors de sauf-conduit. C’est la théorie de X ou Y ou de tel autre qui a laissé son nom dans le domaine, vous voulez-rire.

       » Allez vous rhabiller, on vous voit venir avec vos gros sabots ».

      Mais le petit paysan est d’un naturel opiniâtre. Il prend l’affaire par tous les bouts, sous tous les angles, utilisant tous les faits, toutes les failles accessibles à la vue de tous pour montrer qu’il y a peut être des tabous, des injustices qui, s’ils étaient admis et reconnus pourraient contribuer à rapprocher des points de vue.
      S’attaquer à des tabous est très difficile. Si vous mettez en doute ce qu’ils disent c’est que vous êtes mal intentionné à l’égard des idées qu’ils portent. Vous êtes un opposant, un homme gênant dans l’esprit de certains.

      Est-ce que je pratique de la maïeutique en faisant cela ?

      C’est bien possible. Il y a tellement de choses que l’on fait sans les avoir apprises et avec lesquelles on tire correctement son épingle du jeu. En tous les cas si vous considérez que je suis un peu un accoucheur, le patron de la maternité est Paul Jorion. F. Leclerc et J.Alexandre ses brillants assistants. Il y a de nombreux intervenants qui donnent tout ce qu’ils peuvent. Vous et d’autres entretenez une ambiance d’empathie et même plus. C’est tellement nécessaire dans une maternité.

    64. Bien reçu, jducac.
      Je souscris à ce que vous venez d’écrire.
      En filant la métaphore de la maternité, ça accouche encore de tous les côtés aujourd’hui, chez Jorion !

    65. @ Jean-Luc D. dit : 12 février 2011 à 08:56

      Merci d’avoir consacré beaucoup de votre temps à longuement me répondre et pardonnez ma lenteur à réagir.

      Notre objectif commun est donc d’opérer des rapprochements de point de vue. Entre nous deux d’abord, entre d’autres ensuite, si possible. En fait, votre objectif profond est d’examiner comment rendre compatible capitalisme et socialisme alors qu’outre la recherche de rapprochements, mon objectif est de montrer en quoi le capitalisme joue et a joué un rôle extrêmement important et bénéfique dans la vie des hommes, du moins je le crois.

      Cet objectif se heurte donc frontalement à l’œuvre de Marx. Un géant, un éléphant, une armée d’éléphants face à une puce qui n’a bénéficié d’aucune formation initiale en philosophie, en économie, en politique et en bien d’autres choses. Se mettre en tête de réhabiliter le capitalisme là où Marx et beaucoup d’autres se sont employés à le rendre méprisable, à faire qu’il soit mal aimé, exécré, éliminé, rayé de la carte, est-ce bien raisonnable ? Est-ce bien utile ?

      La réponse est oui. D’une certaine manière, c’est faire preuve d’humanisme là où beaucoup ne voient derrière le mot capitalisme que du matérialisme. C’est prendre en compte le caractère multi dual des choses, point sur lequel vous aviez à juste titre, tenu à me sensibiliser lors d’un de nos premiers échanges, celui du 5 février 2011 à 14:44 http://www.pauljorion.com/blog/?p=20868#comment-146750

      Mon seul petit avantage dans cette entreprise (encore un mot majeur du capitalisme) c’est d’être vierge de toute influence doctrinale préalable. Du moins je le crois.

      C’est donc être proche de l’état de nature. Celui qui confère une certaine pureté une certaine innocence qu’on peut reconnaitre à un Candide lorsqu’il exploite ses surprises pour progresser dans les connaissances. J’ai la faiblesse de croire que ce moindre armement est parfois largement compensé par l’expérience d’une vie qui s’est en grande partie construite en partant du principe dual que le résultat est d’autant plus gratifiant qu’il a été obtenu avec peu.

      C’est l’application du sempiternel principe familial de base « travailler beaucoup et bien, tout en consomment peu » ou « obtenir beaucoup avec presque rien » qui colle parfaitement avec le capitalisme et l’écologie. Il pose peut-être plus de problèmes avec le socialisme. Mais le mieux est de ne présumer de rien.

      Pour nous aider, permettez-moi de m’appuyer sur la première strophe d’un poème de Victor Hugo qu’on étudiait jadis en classe de certificat d’études de l’enseignement primaire, l’instituteur lui, faisait porter l’attention sur deux petits mots perdus au cœur du texte :
      «Soit bon »
      http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/le_crapaud.html

      Que savons-nous ? Qui donc connaît le fond des choses ?

      Le fond des choses, les fondations, le départ de l’ouvrage, c’est essentiel, c’est capital. En prenant un problème de la sorte, on voit qu’il faut un peu mettre la tête au niveau des pieds. Mais pour être efficace dans le traitement d’un problème, il est bon aussi de repartir sans cesse par l’autre bout, par le sommet de l’édifice, celui qui couronne l’ouvrage, celui qui est l’objectif, il ne doit jamais être perdu de vue. Analyse et synthèse puis synthèse et analyse dans tous les sens. Voila comment décortiquer les problèmes, les rendre plus digestes pour bien les assimiler, les intégrer et finir par les dominer.

      D’ abord, il me semble important de reconnaître, que capitalisme dérive de capital (non uniquement d’argent ou de finance) ; sauf à démontrer le contraire. C’est à mon avis, perdre son temps que de vouloir ergoter sur ce point. Même si capital peut avoir un très grand nombre de sens et de synonymes.

      Par contre cela me semble contre productif, au motif de ce grand nombre de sens, que de s’employer d’emblée à émietter le mot capital. Capital financier va conduire à capitalisme. Capital génétique va conduire à perpétuation de la vie. Capital social va conduire à société. Capital humain va conduire à humanisme, mais il mène aussi vers le capitalisme quand il est exploité d’une certaine manière Etc…

      Or, diviser c’est affaiblir et quand on veut réhabiliter le capital et le capitalisme, ça n’est probablement pas la meilleure façon de le servir.

      C’est probablement beaucoup plus fructueux de garder le plus longtemps possible le mot capital avec l’ensemble des acceptions qu’il recouvre. J’ai l’intuition que cela permet surtout d’être plus efficace du fait que l’on peut alors utiliser des procédés de « type industriel » pour traiter tous les passages du mot capital à un nom en isme ou autre. Je me suis permis d’utiliser cette terminologie pour faire passer tous les sens du mot capital dans le même filtre, sous la même toise afin de les traiter à égalité.

      Oui, pourrait-on me dire, mais en faisant cela, savez- vous encore ce que vous faites ? Vous mettez ensemble des choses qui n’ont rien à voir entre-elles et vous prétendez vouloir défendre le mot capital ? Très certainement et je le prouve. Je veux surtout que le mot capital financier soit traité à égalité avec tous les autres. Le mot capital est un grand mot très lourd de sens et n’ai pas de honte à le défendre, là où d’autres en associant grand et capital ont voulu en faire un gros mot.

      En s’imaginant être un industriel disposant de tout type de machines, à quelle opération peut-on envisager de soumettre le mot capital pour obtenir un mot dérivé ? J’en ai imaginé une.
      Quand on soumet par, la pensée, le capital financier à l’action d’une machine qui exploite ou qui gère, on arrive aisément au mot capitalisme, le produit final étant un bien ou un service qui concourt aux besoins de la vie des hommes et des autres organismes vivants qui leur sont associés. La machine est en fait l’homme.
      Quand on soumet le capital génétique à l’action d’une machine similaire, le produit final est un homme ou autre organisme vivant qui concourt à la perpétuation de la vie. La machine est en fait l’homme.
      Quand on soumet le capital humain à l’action de…Etc… Etc…. Cette machine est toujours la même, c’est l’homme.
      Je n’ai pas réfléchi à ce qu’il convenait de mettre comme type de capital en amont de la machine pour obtenir en sortie les mots tels que socialisme, communisme, politique, libéralisme, néolibéralisme, anarchisme, judaïsme, christianisme, islam, islamisme, bouddhisme, confucianisme …Etc. Mais dans tous les cas, la machine sera l’homme.

      En première analyse, la conclusion générale que l’on peut tirer, c’est que quel que soit le capital soumis à exploitation ou gestion, pas plus le capital financier qu’un autre, dans tous les cas, c’est l’homme qui l’exploite ou le gère et qui en final, en tire ses moyens d’existence.

      C’est ce que je me tue à rappeler, d’après les quelques petits capitalistes que j’ai pu connaître, le capitaliste est un homme comme un autre. Pour davantage de cohésion sociale, chacun devrait s’en persuader, surtout en France où il me semble noter une très grande différence avec d’autres pays, sur ce plan.

      Comme vous n’aviez pas accroché sur cette sorte de provocation que je m’étais permise, en comparant les doubles mots capital et capitalisme à cycle et cyclisme, j’espère que vous comprenez pourquoi j’ai tenu à revenir longuement sur ce premier point.

      Or, « capitalisme » est le plus souvent employé pour définir un système économique et social dont les origines remonteraient au 12ème siècle et reposeraient sur des principes spécifiques

      De même, pour l’origine du capitalisme, que je fais remonter dans une forme primitive (robinsonnade néolithique), à la naissance de l’homme, il est inutile de pinailler. Vous avez trouvé des éléments qui le feraient remonter au 12ème siècle soit antérieurement à ce que dit Wikipédia, qui donne 1753. Peut-être vous référez-vous à ce qui est dit sur ce site.
      http://www.jgarello.com/economiste/biblio/universite_d_ete/audio1991.htm

      Puis, en recherchant encore plus, j’ai trouvé des traces plus anciennes remontant à 3000 ans avant JC.
      http://atil.ovh.org/noosphere/capitalisme.php

      En recherchant du côté des fouilles d’Uruk, Wikipédia relate des activités économiques et bancaires au 7ème siècle avant J C.

      Ce qu’il faut retenir, c’est que Marx est dépassé. En traitant du capitalisme il ne pouvait pas connaître les découvertes d’Uruk. Il l’a donc probablement traité sans chercher à voir d’où il pouvait trouver sa source, son origine, sa raison d’être. Il ne s’est peut-être pas interrogé comme on peut le faire aujourd’hui quand on se dit comme Victor Hugo, pourtant contemporain de Marx.

      Que savons-nous ? Qui donc connaît le fond des choses ?

      J’attends vos observations sur ces réflexions et ne manquerai pas de commenter le reste des remarques de votre dernier commentaire pour faire progresser notre collaboration.

      Bien cordialement.

    66. Bonsoir Jducac,
      je ne serai pas en mesure de vous répondre avant plusieurs jours. Mes activités professionnelles et d’élu de CE viennent de me rappeler brutalement les dures réalités de la vie.
      Dès que je pourrai le faire, je n’y manquerai pas.
      Bien à vous.
      JLD

    67. @ michel lambotte dit : 11 février 2011 à 22:39

      Si vous examinez le cas de Disneyland par exemple, il s’agit bien là d’une grand messe de la consommation. Que je sache, c’est le monde capitalisme occidental qui l’a créer, en aucun cas une quelconque société socialiste.

      Avec Disneyland, vous entrez dans le domaine des loisirs. Souffler, se détendre, se distraire, se changer les idées, se divertir, est un besoin des hommes. Pour le satisfaire, il est nécessaire d’investir en rapport avec le nombre de clients susceptibles d’être réunis. Les investissements peuvent être réalisés avec des capitaux privés ou publics, ces derniers pouvant être considérés comme investis dans des entreprises socialisées, celles dont vous rêvez. Dans ce dernier cas, on arrive à des établissements au niveau des villes où il n’y a pas de concurrence autre que celles liées aux organisations de spectacles privés itinérantes. Avec Disneyland qui a été créé parce qu’il y avait un marché international européen on en arrive à l’exploitation d’une marque internationale qui constitue un capital immatériel ; Tout comme cela se fait avec les grandes marques du luxe.

      J’observe que d’une manière générale, les organisations privées, soumises à concurrence, pas seulement dans le domaine des loisirs, ont fait la preuve jusqu’alors, d’une plus grande efficacité, d’un plus grand dynamisme, que les organisations publiques qui finissent par générer des pertes lesquelles sont socialisées sous forme d’impôts.

      Ce moindre dynamisme se mesure au niveau global d’un pays au bout d’un certain temps. Ainsi les pays de l’Est en général, ont fini par voir qu’ils s’étaient laissé dépasser par les pays occidentaux lesquels s’appuyaient davantage sur des entreprises privées et une économie libérale. Mis à part la Corée du Nord, tous les pays se sont plus ou moins convertis à l’économie de marché en adoptant les critères du capitalisme. Pour le faire, ils ont été conduits à faire appel à des capitaux étrangers auxquels se sont joints des anciens chefs les plus malins et opportunistes issus des partis uniques au pouvoir. Ils sont en train de devenir les nouveaux milliardaires de la planète.

      L’inégalité règne sur la planète et règnera à mon avis toujours. C’est le moteur le plus important du développement. Il utilise les différences pour susciter l’envie d’imiter afin de pouvoir jouir d’une vie que chacun espère meilleure, s’il arrive à se hisser dans l’échelle des compétiteurs. Cela se passe au niveau des individus et au niveau des communautés et des pays. Cela ne s’arrêtera que si l’on arrivait à une socialisation mondialisée. Mais là encore, tout le monde ne serait pas sur un pied d’égalité, les plus loin du pouvoir étant les plus défavorisés et les moins libres.

      Il me semble que vous nous avez dit travailler dans une entreprise artisanale. Vous savez donc comment fonctionne une entreprise sous statut privé. Si vous aviez travaillé comme moi, la moitié de votre carrière dans une structure étatique et l’autre moitié dans une structure privée, pour pourriez mesurer ce qui fait la différence d’efficacité. Ce ne sont pas les hommes, car fondamentalement ils sont très semblables. C’est le fait que dans le privé la pérennité de l’entreprise et de l’emploi n’est pas garantie. Se faisant, pour peu que l’information circule bien dans l’entreprise et est bien traduite pour être bien comprise jusqu’aux plus bas niveaux, chacun est naturellement conduit à faire le maximum pour atteindre l’objectif aux meilleurs coûts, délai et qualité. Ainsi les clients sont satisfaits, cela se sait et en attire des nouveaux en évitant le chômage.

      Les conditions sont très différentes dans le public, uniquement à cause de cela.

      Pour couvrir le risque de chômage dans le privé, chacun est prêt à travailler beaucoup et bien, tout en faisant faire le moins possible de dépense à l’entreprise. Au résultat, on peut même servir de meilleurs salaires aux employés, surtout quand il s’agit de bons éléments. L’entreprise n’a pas intérêt à les voir partir chez le concurrent.
      Dans une entreprise capitaliste, certainement plus que dans une organisation socialiste, où l’on ne vise que l’uniformité quitte à ce que ce soit dans la médiocrité, on veille à valoriser le « capital humain » en le stimulant, y compris par la rémunération et l’intéressement.

      En parlant ainsi, je sais que je ne fais pas plaisir à l’ami Juan Nessy. J’espère qu’il me pardonnera.

    68. @ Jean-Luc D. dit : 12 février 2011 à 08:56
      Suite de mon commentaire du 14 février 2011 à 17:47

      C’est pour cela que « capitalisation » me paraîtrait plus juste dans votre formulation et permettrait à nos points de vue de se rapprocher.

      Je suis bien d’accord, le mot important est bien « capitalisation » car il implique épargne, économie, conservation, préservation, recherche de la moindre consommation, efficacité, valorisation, accroissement du capital donc des capacités à agir et réagir, augmentation de l’autonomie donc de liberté pour faire face au futur et à ses besoins prévus ou imprévus
      A contrario le mot « consommation » induit perte, déperdition, satisfaction des besoins du présent et amoindrissement des capacités à agir et réagir face à un futur appréhendé sans marge

      Quant au mot « endettement » il révèle une situation de faiblesse, de fragilisation, de sur consommation, de perte de liberté, d’assujettissement, de vulnérabilité accrue face à un futur plus difficile car hypothéqué

      Posséder un capital important est quand même un sérieux avantage, quelle que soit la nature du capital qu’il soit matériel, de savoir faire, culturel, moral, de sympathie (pour se faire élire par exemple) Etc…. Si ça n’était pas le cas je ne vois pas pourquoi Marx a tant prôné la lutte des classes.

      Disposer d’un capital matériel est quand même un atout. Quand on est dans le besoin, on peut l’entamer petit à petit pour survivre. Or à force de présenter le capital comme une mauvaise chose et les capitalistes comme des gens à exécrer, on a fini par détourner les gens de la nécessité d’épargner, de se constituer un capital pour affronter les aléas du futur.

      Sur ce site, un collègue blogueur est allé jusqu’à m’affirmer qu’épargner, se constituer une réserve, était une mauvaise chose. J’espère que ça n’est pas l’effet de la définition donnée par Paul Jorion quand il dit :

      le capital, c’est l’argent quand il nous manque

      Cela mérite d’y revenir. Comment voyez vous, vous, qu’il faille l’interpréter ?

      Iriez vous jusqu’à dire comme Fugisan en l’occurrence

      « Si vous vous constituez un capital, c’est que vous avez pris l’argent à quelqu’un d’autre à qui il manque »

      J’ai beaucoup de respect pour Paul Jorion, même si je ne suis pas en accord avec lui sur tout, mais si sa formulation veut dire cela dans son esprit, il me semble que cette rédaction est plus qu’ambigüe, elle est dangereuse.

      Qu’en pensez-vous?

    69. @jducac
      Vous me prêter des propos que je n’ai pas tenu.
      « Si vous vous constituez un capital, c’est que vous avez pris l’argent à quelqu’un d’autre à qui il manque> »
      Il y a une sacré nuance entre prendre et prêter !

      Paul Jorion dit

      le capital constitue un ensemble de ressources qui manquent à la place où elles sont nécessaires

      Et aussi ci dessus

      Une banque n’est pas un coffre-fort ni une tirelire. Il faut vous ôter cette image de l’esprit sinon vous ne pouvez comprendre le fonctionnement du système financier. Une banque est un intermédiaire entre d’une part des déposants, épargants, investisseurs… et d’autre part des emprunteurs. C’est son rôle de collecter l’épargne en vue de la prêter. Dit autrement, l’épargne déposée en banque (ou assurance vie, fonds de pension…) a pour contrepartie des prêts. S’il y a épargnant, il y a forcément emprunteurs. Un épargant prête à la banque dont le rôle est de prêter aux emprunteur. La cigale est prêteuse (à l’insu de son plein gré) contrairement à ce qu’affirme La Fontaine. C’est ce que Paul Jorion met en évidence en nous montrant l’autre côté de l’épargne, à savoir l’emprunt.

    70. @ fujisan dit : 15 février 2011 à 18:31
      Merci d’avoir réagi et pardonnez ma mémoire défaillante qui m’a fait écorcher votre pseudo et déformer vos propos.
      J’ai retrouvé votre post du 10 juillet 2010 à 11:31 où vous disiez :

      Et de quel capital parlons-nous ? De fric càd d’argent que les uns réclament aux autres avec intérêts ? N’oubliez jamais que face à chaque euro épargné se trouve un euro emprunté, ce sont les deux faces de la même chose. S’il y a épargne, il y a obligatoirement emprunt/dette et vice-versa, l’un ne va pas sans l’autre. Quand vous blâmez les emprunteurs, vous devez tout autant blâmer les épargants car ce sont les deux faces de la même chose

      Je crois sincèrement que vous vous trompez. Quand je mets de l’argent sur mon compte, je n’oblige personne à emprunter. Quand à l’aide de l’argent économisé je bâtis ensuite ma maison, je ne fais de mal à personne au contraire, je fais travailler des personnes qui ainsi vont gagner de l’argent et se donner la possibilité, à terme, de faire comme moi. Ainsi, non seulement les individus s’enrichissent, mais le pays où l’argent est investi s’enrichi aussi. D’où l’intérêt de ne pas trop imposer les capitaux investi dans le pays afin qu’ils concourent à la production de richesses nationales et contribuent ainsi à accroître la valeur de sa monnaie.

      Avouez malgré tout que vous y étiez allé un peu trop fort. Il me semble qu’en mettant les emprunteurs et les épargnants sur le même plan, vous passez sous silence le côté vertueux de l’épargne. Si vous aviez, comme moi, connu des personnes aux revenus très modestes, réfrénant leurs envies, faisant des efforts sur elles mêmes pour ne dépenser que le stricte indispensable afin d’épargner, je pense que vous n’auriez pas ce même jugement de valeur.

      Après de longues années d’épargne, c’est-à-dire de résistance au désir de consommer immédiatement, je les ai vu avoir capitalisé suffisamment pour être en situation de pouvoir emprunter le complément nécessaire, sans prendre de risque inconsidéré, pour construire leur maison. Elles payaient en remboursement de prêt, moins que le montant d’un loyer. S’il n’y avait eu que des personnes comme celles-là, n’ayant pourtant reçu qu’une très petite éducation primaire, les vendeurs de prêts subprimes n’auraient pas provoqué une déstabilisation de l’économie mondiale

      J’appelle ce comportement de capitalisation, un comportement vertueux, responsable et respectable.

      Il s’acquiert par l’éducation, dès le plus jeune âge. Le rapport à l’argent cela s’apprend, comme le rapport aux personnes. Au risque de choquer, je vais jusqu’à dire qu’apprendre à un enfant à bien se comporter avec l’argent est aussi important que de lui apprendre à bien se comporter avec ses semblables. On ne peut avoir complètement éduqué un enfant à l’un, tant qu’on ne l’a pas éduqué à l’autre. En tout les cas, ça n’est certainement pas en apprenant à un enfant à haïr ceux qui ont de l’argent qu’on le met sur le chemin du bonheur, bien au contraire. On ne lui rend pas service et en plus on agit contre la société, contre sa civilisation, contre son pays et contre son espèce en suscitant des divisions qui conduisent à des affrontements à des pertes d’énergie, donc à une perte de vie.

      Il me semble que le meilleur moyen est de montrer que l’argent s’obtient par le travail. Pour avoir de l’argent, il faut travailler, surmonter son désir de ne rien faire, puis résister ensuite à ses désirs de le consommer dès qu’on l’a gagné. Il faut être vertueux, comme déjà souligné ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=5348#comment-42641

      Quant à mépriser l’argent en parlant de fric, c’est comme se mépriser soi-même.

      C’est considérer qu’on n’est pas capable de surmonter son penchant naturel à ne rien faire, comme le font les animaux. C’est aussi, quand on dépense l’argent avant de l’avoir gagné, accepter de perdre sa dignité humaine en se plaçant volontairement sous la dépendance de prêteurs auxquels on a des comptes à rendre.

      C’est avoir vendu sa liberté et il faut payer cher pour la recouvrer.

    1. @ BIARD dit : 1 février 2011 à 17:28

      Travaillez, prenez de la peine : c’est le fonds qui manque le moins… Un trésor est caché dedans.

    2. @ juan nessy dit : 2 février 2011 à 09:49

      Persévérez, persévérez et vous finirez toujours par être récompensé de vos efforts. Je viens d’en avoir la preuve.

      Même les cigales à force de lire mes posts sur le blog de Paul Jorion, se mettent à capitaliser, (sans trop spéculer j’espère) on aura tout vu.
      Pour les encourager notre ministère des finances a prévu des incitations fiscales. Des niches pour des cigales…. Où va-t-on ?
      http://www.apeas.fr/IMG/pdf/fiscalite_cigales.pdf

    3. @ juan nessy dit : 2 février 2011 à 19:02

      Pourquoi faire usage du latin ?

      Vous savez-bien que c’est une langue, que dis-je, une arme, plaçant en situation d’infériorité ceux qui n’ont reçu qu’un enseignement primaire.
      Et dire que certains ne me croient pas quand je dis que la vie est une lutte, un combat qui règne à tous les niveaux. Y compris chez ceux qui se disent défenseurs des plus faibles!

      J’espère que vous n’avez pas pris la mouche à cause de cette histoire de cigales que l’Etat encourage à la paresse des rentiers, en leur bâtissant des niches…. fiscales pour mieux les engraisser
      .
      Plus sérieusement, que pensez-vous de ce petit capitalisme populaire ?

      Est-ce une bonne chose pour initier le peuple à l’économie ? http://fr.wikipedia.org/wiki/Club_d'investissement

      Que pensez-vous des niches fiscales aménagées au profit des détenteurs de contrats investis en actions à risques DSK/NSK ?
      Est-ce une bonne chose pour montrer qu’entreprendre et investir, comporte des risques que ne mesurent pas beaucoup de salariés, surtout quand ils se sentent protégés par un statut de fonctionnaire ?
      http://www.bforbank.com/csfront/Satellite/information-epargne/assurance-vie/assurance-vie-les-contrats-nsk.html

    4. @Jducac :

      Pour le latin , il n’y avait pas malice et il n’y avait là qu’un clin d’oeil digne des pages roses du petit Larousse . Mais j’avoue que j’ai conservé avec le latin des liens , capitalisés dans mon corex cérébral , qui me permettent de mieux apprécier et comprendre la langue française et d’être assez performant aux mots coisés, car , quand on fait du latin ou du grec , on devient un virtuose de la manipulation du dictionnaire . En l’espèce , pour la traduction , votre moteur de recherche favori fera encore une meilleure recherche .

      Pour votre premier lien , je ne suis pas étonné que le peuple n’y apprenne pas l’économie , car apparremment il ne peut rien y apprendre du tout .

      Pour le second lien , je n’ai pas clairement compris vos sous entendus :

      je ne me reconnais ni dans les rentiers , ni dans les négriers , ni dans les oisifs , ni dans les bourreaux de travail, ni dans les assurances vie , ni dans la propriété de « garantie » , et je me fais une idée bien trop belle de la fonction publique pour ne pas me sentir heureux d’avoir été fonctionnaire ,

      Ite missa est et sursum corda !

    5. à juan,

      Vous avez aussi bien fait de capitaliser de l’humour dans votre cortex cérébral et de nous l’offrir ad libitum. Je trouve que le blog en manque singulièrement ces temps-ci.

    6. @ vigneron dit : 3 février 2011 à 12:47
      ευχαριστώ ο αδελφός μου

  15. Cher crapaud,

    Cela ne se fait pas, je vais faire un commentaire sans avoir lu de près toute la colonne.

    – Votre texte évoque pour moi une cousine à vous, la grenouille Taureau d’origine en Floride et introduite par erreur en France ou elle prolifère. Pesant un kilogramme, faisant des bonds de 5 mètres, capable d’avaler des poissons, des Martins Pêcheurs, des hirondelles (!!!), pondant 25 000 oeufs par an, ses tétards sont capables d’avaler « nos » grenouilles, bref, c’est Godzilla.

    Lorsque cette bestiole a terminé de coloniser un plan d’eau, il n’y a alors plus qu’elle sur la zone, alors, elle se dévore entre congénères. Ca ne vous rappelle rien ?

    1. J’en avais vaguement entendu parler, mais je ne savais pas quelle était aussi terrifiante. L’espèce humaine exerce une telle pression sur l’environnement qu’il ne restera bientôt plus que des espèces envahissantes. L

  16. A Juan Nessy
    A Lisztfr

    Je me permets de vous rassurer: Non, je ne cherche pas « LA REPONSE« …

    Quant à la lecture en long, en large et en travers du blog de Monsieur Paul Jorion, ainsi que bien d’autres lectures dont la liste exhaustive des auteurs mériterait un ouvrage: non seulement je les lis intensemment, mais je les rumine à la façon de la vache nietzschéenne.

    Il m’est apparu important de réagir sur la séparation que fait « Crapaud Rouge » de « sélection » et de « naturelle »: Si la sélection suppose un choix, la nature est hasardeuse; d’où il me semble correct de ne pas séparer le subsantif du qualificatif.

    Un des problèmes majeures de l’humanité, c’est qu’elle échafaude des concepts sur des bases de perceptions initiées par la ruse et alchimiquement transformées en ESPRIT.

    Très cordialement…
    JRCS

    1. Et bien voilà , c’est plus clair comme ça ( et on peut approuver ) !

      Sauf que l’humanité se retrouve avec un problème majeur supplémentaire .

  17. Merci pour cet article très intéressant, vivement la suite …

    Je n’avais pas encore réfléchi à la stratégie comme un système visant à rendre cohérent dans un ensemble une action qui, prise isolément, apparaîtrait comme insensée. Appliqué à la baisse des prix ce raisonnement est en effet pertinent pour appréhender les logiques de gratuité dans des « écosystèmes d’affaires » (voir le livre de Chris Anderson « free » ).

    Ce procédé devient nettement plus inquiétant lorsque sa finalité vise à « impliquer les gens dans des actions qu’ils ne sont pas disposés à accomplir », donc par exemple le fordisme ou le productivisme en général. N’en est il pas de même avec à la religion ? D’où la force du rapprochement effectué par Max Weber entre entre l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme.

    Aujourd’hui le productivisme a vécu et, sauf si « l’esprit du capitalisme » disparaît ce que dont je doute, il nous place maintenant dans une phase de transition vers un nouveau système, une nouvelle stratégie. Pourrait on espérer, ou mieux agir pour que ce système émergeant nous permette, par les échanges d’idées entre sujets libres, de s’impliquer dans des actions collectives que nous sommes réellement disposés à accomplir ? Un peu comme en Tunisie ou en Egypte …

    1. @ Benoit Debray

      A brule pourpoint, la seule expertise qui me parait rentable d’avoir en entreprise est l’expertise du système D. On passe son temps à acquérir des compétences, des certifications, à instaurer des méthodes afin d’accélérer les process (ces méthodes les ralentissent parfois mais ceci est réellement un autre sujet) et à créer des formations sur un point particulier. C’est très bien mais l’employé est confronté quotidiennement à un nouveau sujet qu’il n’a pas vu en formation, pour lequel il n’a pas reçu de certifications et pour lequel il va devoir innover

      J’ai survoler un peu votre site, et il est clair que ce que vous préconisez devrait être ensigné en politique et en finance, ou il devraient s’en inspirer.
      Cependant, vous dites ceci:

      Aujourd’hui le productivisme a vécu

      Il est certain que c’est vrai au niveau du prodictivisme matériel, c’est à dire produire plus et toujours plus vite.
      Mais en ce qui concerne la productivité des ressources, nous sommes là dans un nouveau paradigme qui s’apparente plus à l’heure actuelle au système D que vous décrivez avec beaucoup de pertinence.
      Je pense qu’il y a un glissement à entreprendre entre productivisme et productivité des ressources et inscrire cela dans la culture d’entreprise.
      Cette dernière étant prise dans un sens large, elle peut tout aussi bien être individuelle que collective ou privée.

  18. @ Michel Lambotte

    Pourquoi pas le système D en effet ! Puisqu’il s’apparente à une plus grande ouverture sur son environnement donc sur les autres. Le problème du productivisme c’est sa finalité: produire plus, oui peut être mais pour quoi faire ? Il faut que ma finalité, la votre, celle de l’organisation qui éventuellement nous réunit (ainsi que toutes les parties prenantes à cette organisation) puissent être partagées. Ensuite il faut réfléchir et essayer de se mettre d’accord sur ce que sont les ressources que nous pourrions exploiter. Par exemple les hommes, les femmes sont ils des ressources humaines pour l’entreprise ou bien est ce plutôt l’entreprise qui doit être une ressource pour les humains ?

  19. @ Crapaud Rouge

    De la stratégie du capitalisme: contadictio in adjecto !.

    Ce que l’on aurait pu faire, ce que l’on aurait dû faire, ce que l’on fait et ce que l’on fera….
    Autant d’égarements qui mènent à rien… Nous sommes punis par nous-mêmes et nous n’avons pas fini de l’être… Nous n’allons pas vers, nous sommes le mur !…

     » CE QUE L’ ON A FAIT »… LES SANCTIONS COMMENCENT A TOMBER…

    L’humanité vue sous l’angle de la civilisation: je vous la donne en mille, une, deux, trois ou quatre vitesses:

    A lire et à relire!…

    En 1854, à Washington, le « Grand Chef blanc » offrit d’acheter un vaste territoire aux indiens. Seattle, leur chef, répondit à cette offre. Le texte de sa réponse est considéré comme un des plus beaux et des plus profonds jamais exprimés sur l’environnement.

    « Chaque parcelle de ce sol est sacrée pour mon peuple. Si nous vous vendons cette terre, vous devrez vous souvenir qu’elle est sacrée. Vous devrez enseigner à vos enfants qu’elle est sacrée et que les reflets étranges dans l’eau claire des lacs racontent les événements et la mémoire de mon peuple. Nous savons que l’homme blanc ne peut pas nous comprendre. Pour lui, chaque parcelle de terre est semblable à sa voisine; il est comme un inconnu qui vient la nuit prendre à la terre tout ce dont il a besoin. Le sol n’est pas son frère mais son ennemi, et quand il l’a conquis il s’en va. Il traite la terre, sa mère, et le ciel son frère, comme des choses que l’on peut acheter, vendre ou voler comme on vole des moutons ou des perles. Son appétit dévorera la terre et ne laissera qu’un désert.

    Je ne sais pas. Nos voies sont différentes des vôtres. Mais peut-être est-ce parce que je ne suis qu’un sauvage que je ne comprends pas.

    L’air est précieux pour l’homme rouge, car toutes les choses partagent le même souffle. L’animal, l’arbre, l’homme, tous partagent le même souffle. L’homme blanc ne prête pas attention à l’air qu’il respire. Comme un homme à l’agonie depuis de nombreux jours, il ne sent plus sa puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devrez vous souvenir que l’air est précieux pour nous, que l’air partage son esprit avec toute la vie qu’il anime.

    Nous allons donc réfléchir à votre offre d’acheter notre terre. Si nos décidons d’accepter, j’y mettrai une condition: L’homme blanc doit traiter les animaux de cette terre comme ses frères. Je suis un sauvage et je ne connais pas d’autres façons. Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes? Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait dans une grande solitude spirituelle. Ce qui advient aux bêtes advient bientôt aux hommes… toutes les choses sont liées. (Pour nous)

    Apprenez à vos enfants ce que nous avons appris à nos enfants: que la terre est notre mère. Tout ce qui advient à la terre advient aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur la terre, ils crachent sur eux-mêmes. Nous savons ceci: la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre.
    Toutes les choses sont liées. L’homme ne tisse pas la toile de la vie, il n’en est tout au plus qu’un simple fil. Quoi qu’il advienne à cette toile lui advient aussi.

    Nous pouvons être frères après tout, nous verrons. Nous savons une chose que l’homme blanc peut découvrir un jour: que notre Dieu est le même Dieu. Vous pensez le posséder comme vous possédez notre terre; mais vous ne le pouvez pas. Nuire à la terre, c’est mépriser son Créateur. Les blancs disparaîtront aussi; peut-être plus tôt que les autres tribus. Souillez votre lit, et une nuit vous suffoquerez dans vos propres déjections. Votre destin est un mystère pour nous, car nous ne comprenons pas pourquoi les bisons sont massacrés, le cheval sauvage soumis, les recoins secrets de la forêt souillés par l’odeur de nombreux hommes et les collines défigurées par les fils qui parlent.

    Où est le fourré? Disparu.
    Où est l’aigle? Disparu.
    La fin de la vie et le début de la survie. »
    Chef Seattle 1854

    Que dire de plus: sinon nos cerveaux schysophrènes…

    1. @JRCS : je connaissais ce texte, d’une beauté magnifique. Problème : « l’homme blanc » est con comme ses pieds, on n’y peut rien, c’est comme ça, faut faire avec. Au mieux peut-on espérer qu’il s’amende un peu en prenant conscience, grâce à ce genre de textes, à quel point il est désormais loin de la nature, hors sol. Rappelons au passage la filiation étymologique de l’humain et de l’humus…

    2. @ JRCS,

      Le discours du Chef Seattle en 1854…
      1854 ?
      Nous savons aujourd’hui que l’authenticité de ce texte est douteuse, pour la raison que le chef Seattle (ou See-ahth) l’a prononcé dans sa langue, et que la première traduction n’a paru que trente trois ans plus tard.
      La version que vous proposez semble dériver d’un texte que le scénariste Ted Perry avait inventé en 1971, et qui avait fait florès sur des posters « hippies ».

      Voyez le dossier complet que le blog de Paul Jorion a consacré, très récemment, au sujet 😉 .

  20. @ Crapaud Rouge encore…

    Tant que le robinet (www.web) n’est pas coupé…

    L’animal s’adapte à la nature. Sa diversification (nature) nous a précéder…

    L’homme adapte la nature à ses faiblesses…

    Comportement au combien risqué: d’autant que la nature était là avant lui et que de tout ce dont il a pu en jouir ne doit rien à son respect et à sa qualité de bipède « bienfaisant »; envers ce prodige qui le dépasse…

    Il me semble que parler de l’adaptation de l’homme, c’est comme de vouloir faire d’un voleur un donateur et le comble du comble, c’est ce qu’il se passe dans la civilisation.

    Cordialement…

    1. L’homme adapte la nature, c’est vrai, mais pas à ses faiblesses : il l’adapte à ses ambitions et son orgueil. C’est toute la différence entre l’homme blanc et Chef Seattle.

  21. Un matin transparent.

    L’ombre bleue d’un arbre.

    Une lune blanche.

    Une rose rouge.

    Une rose jaune.

    Une rose rose.

    Un visage de femme.

    Un verre d’eau glacée.

    Un livre vingt fois relu.

    Une maison calme et tiède.

    Une joue d’enfant ronde.

    Et tout ce qui est beau.

    Et pur.

    Et émouvant.

    Et tout ce qui fait de moi un homme de foi

    debout dans la Vie.

    Louis Calaferte

  22. @ Crapaud Rouge

    Un tout grand merci pour votre salut à la beauté de ce texte!…

    L’homme blanc est con en général, soit: mais pas tous! Quand je vois les efforts de Monsieur Paul Jorion, véritable Don Quichotte des temps postmodernes à l’assaut des moulins du cancer capitaliste;
    je ne puis être que soulager: la lucidité et la bravoure existent encore !…

    On y peut rien… C’est comme ça… Faut faire avec…????

    Si l’ambition et l’orgueil sont de renverser la vapeur: voilà la force !
    Si, ceux-ci consistent au laisser aller dans le mur: voilà la faiblesse !

    L’humain croit qu’il est déconnecté de l’humus – miracle provisoire de la technologie – en ce sens, il est perdu, car la Terre ressemblera davantage à Mars bien avant qu’il s’y installe.

    Limiter très humblement sa prédation, donc son nombre: il a tout à gagner. (Riches ou pauvres)

    Cordialement… Les derniers Dinosaures…

  23. @ Jean-Luc

    Je n’ignore pas que l’authenticité d’un texte soit remis en question d’autant que sa véracité s’oppose au fameux « croissez et multipliez ».

    A mon point de vue, les contenus de textes ou de livres se suffisent à eux-mêmes; ce ne sont que les valeurs qu’ils soutiennent qui sont révélatrices du ou des producteurs de l’œuvre.

    Voici un extrait d’éclairage sur la pseudo paternité d’une œuvre:

    « Car JE est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident: j’assiste à l’éclosion de ma pensée: je la regarde, je l’écoute: je lance un coup d’archet: la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, où vient d’un bond sur la scène.
    Si les vieux imbéciles n’avaient pas trouvé du MOI que la signification fausse, nous n’aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini, ont accumulés les produits de leur intelligence borgnesse, en s’en proclamant les auteurs. »

    Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud. 20 octobre 1854 – 10 novembre 1891: in « les lettres du voyant ».

    Cordialement…

  24. @ JRCS,

    Convenez cependant que l’effet sur le lecteur de ce « discours du chef Seattle » est d’autant plus fort si on le fait précéder d’une présentation expliquant qu’il s’agit des paroles authentiques du vieux chef indien, prononcées en 1854.

    Changeons le texte d’introduction:
    « En 1971, pour les besoins d’un documentaire écologiste parrainé par la Commission de Radio et de Télévision Baptiste du Sud, et intitulé « Home », le scénariste de télévision Ted Perry inventa le discours d’un chef indien, faisant passer ces paroles pour celles authentiquement prononcées par le chef Seattle en 1854 devant le gouverneur Isaac Stevens. »

    La réception de ce texte sera différente, ne pensez-vous pas ? Les afféteries hollywoodiennes sauteront notamment plus facilement aux yeux, ainsi que les anachronismes.

    Dans une phrase sibylline vous dites : « ce ne sont que les valeurs qu’ils (les textes) soutiennent qui sont révélatrices du ou des producteurs de l’oeuvre ».
    Je vous suis là-dessus : les valeurs soutenues par ce faux discours du chef Seattle, sont en effet révélatrices du professionnalisme d’un scénariste, et de l’esprit de mission et d’évangélisation de l’église Baptiste américaine.

    PS :
    Je me suis trompé en orthographiant le nom d’origine du chef Seattle ; Si’ahl est plus juste.

    1. à Jean-Luc,
      Depuis pas mal de temps vous intervenez que très rarement sur le Blog de Paul J. Mais peut être avez-vous un gros travail en cours… de peinture(s)…ou de dessin(s) ? Pour y consacrer suffisamment de temps avec toute l’attention nécessaire. J’espère que vous allez bien.

    2. Bonsoir octobre,

      Sympa ce message !
      Tout juste. Un travail très prenant depuis novembre dernier (story-boards pour une série télé de dessin animé) me réclame une concentration intense, que les échanges sur le blog de Paul Jorion menacent parfois de trop distraire (et puis il y a la vie quotidienne qui est prenante aussi).
      Je continue la lecture du blog, mais je m’interdis souvent d’intervenir, car un commentaire peut entraîner un échange obligé, et je n’aimerais pas laisser un interlocuteur en plan.

      D’autre part, comme chez d’autres sûrement, le contact trop intense avec certains cercles ou groupes entraîne chez moi, au bout d’un moment, un sentiment d’enfermement. L’intensité de ce sentiment est à la hauteur de l’investissement trop important que je mets à les fréquenter. Il me faut rompre pour me retrouver libre (nul doute qu’il y a un truc « psy » à régler derrière tout ça !). J’ai sûrement abusé de mon investissement sur le blog de Paul Jorion pendant les longs mois de chômage dépressif de l’année 2010, donc je coupe un peu le lien en ce moment.

      Je lis toujours vos interventions.
      (Merci pour Calaferte)

    3. @ Jean-Luc dit : 7 février 2011 à 00:58

      Bonjour Jean-Luc !

      J’espère que ce travail accaparant qui vous détourne du blog, ne résulte pas d’une mise en concurrence et de l’entrée dans une compétition. Si c’était le cas, il vous faudrait arrêter tout de suite pour éviter de devenir un petit soldat du capitalisme.
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=19715#comment-139521

      Mais si en final, cette activité intense vous permet de capitaliser des satisfactions personnelles au détriment de ceux qui ne seront pas retenus ou qui ne l’ont pas été pour faire ce que vous faites, n’ayez pas mauvaise conscience. Je crois que c’est tout simplement la loi de la nature. Ça n’est pas que l’effet du hasard. L’engagement et les choix de chacun y comptent pour beaucoup. Le bonheur des uns fait le malheur des autres, dit-on. A moins que ce soit l’inverse.

      Faudrait-il ne rien faire comme le suggère Fab ? Ah, certainement pas !

      Il faut penser au futur et « travailler » pour le faire aller au plus loin, afin que le plus possible de nos descendants le connaissent.

    4. Bonjour jdudac,

      Je crois que je comprends le sens de votre aimable provocation (je ne sais plus qui, de Crapaud Rouge ou Zébu, avait eu droit à une remarque similaire quand il avait retrouvé du boulot).
      Vous voulez mettre à jour une contradiction qu’il y aurait à ne pas vouloir être un « bon soldat du capitalisme » et à accepter tout de même de travailler. Vous êtes fidèle à votre logique puisque, dans votre conception des choses, le « capitalisme » est un phénomène d’échange global (de biens, de services, mais aussi d’énergie et de liens) consubstantiel à l’être humain. Vous avez décidez de comprendre le mot capitalisme comme un humanisme, c’est-à-dire un système de civilisation qui développerait les qualités essentielles de l’être humain depuis ses origines.
      Dans cette conception des choses, refuser d’être un agent actif du capitalisme reviendrait à refuser sa condition d’homme ; c’est cela que vous voulez stigmatiser en nous interpellant régulièrement (moi aujourd’hui, Fab ou un autre demain).

      Libre à vous, jducac, d’accorder ce crédit – que je considère démesuré – au capitalisme (je peux faire erreur, mais il me semble que vous vous trompez de mot depuis le début, comme celui qui, désignant une chaise, l’appellerait « table » envers et contre tous). Je vous l’ai dit déjà, je n’ai pas l’étoffe d’un missionnaire. A chacun sa foi, et je ne chercherai pas à vous faire apostasier la vôtre.

      Quant à moi, permettez que je circonscrive le mot capitalisme à sa définition du dictionnaire : « Système économique et social fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange (Petit Larousse) ». Ce système ne s’est développé globalement que très récemment au regard de l’histoire des hommes. Tant que je n’aurai pas décidé de me soustraire à la vie sociale qui m’est imposée (en créant par exemple une communauté fermée au fin fond d’une campagne), je serai tenu de jouer le jeu de ce système capitaliste. Soit.
      Je travaille donc. Je loge et nourrit les miens, et je paye tous les impôts. Grâce à ce système je m’achète des biens, et les services d’autrui. Je suis un agent du système capitaliste, mais je ne souhaite pas en être un agent zélé. Je désire rester un franc tireur, et garder la possibilité d’être déserteur à tout moment car je place ma fidélité ailleurs.
      Bien sûr que le travail que je fais actuellement résulte d’une mise en concurrence et en compétition avec d’autres personnes. Je pense avoir été choisis sur des qualités que d’autres n’avaient pas, et j’ai monnayé correctement cette différence. J’accepte les règles du jeu, mais sans en sur-valoriser l’enjeu, comme le voudrait le système capitaliste.
      Un parfait soldat du culte capitaliste ne manquerait pas de se moquer de moi, en m’expliquant que si j’étais plus malin, à l’âge que j’ai et avec les qualités que j’ai, je pourrais avoir une voiture, une grande maison, un frigo toujours bien rempli, je pourrais aussi dîner au restaurant et prendre l’avion. A celui-là je répondrais : « oui …et alors ? »
      C’est cela que je voulais dire en affirmant ne pas vouloir devenir un « bon soldat du capitalisme », jducac. Et si j’avais dû vivre dans un autre système – collectiviste par exemple – j’aurais renâclé aussi.

      Bon, c’est pas tout ça mais j’ai du boulot 😉
      Bonne journée.

    5. On pourrait dire aussi plus clairement :
       » Pour les besoins de la communication d’une multinationale de l’écologie… »

      Du reste qui, vraiment instruit et sincère, peut-il croire et faire croire que les indiens se pensaient propriétaires de la terre qui les nourrissait ?

    6. @ Jean-Luc dit : 8 février 2011 à 12:21

      Pardonnez-moi de vous détourner de votre objectif premier, de votre travail pour faire vivre votre famille. Cela n’est pas grave si vous ne me répondez-pas. Il suffira, pour progresser dans notre échange, que vous y pensiez à vos moments perdus, histoire de vous délasser de vos travaux de base.
      Quelqu’un d’autre répondra peut-être à votre place pour faire avancer le débat.

      Je tiens seulement à vous dire que dans votre déclaration reproduite ci-dessous, il y a une erreur fondamentale. Vous n’êtes pas le seul à la commettre.

      Quant à moi, permettez que je circonscrive le mot capitalisme à sa définition du dictionnaire : « Système économique et social fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange (Petit Larousse) ». Ce système ne s’est développé globalement que très récemment au regard de l’histoire des hommes.

      Comme vous, je retiens la définition du Petit Larousse. Par contre, je m’inscris en faux sur votre dernière phrase.

      Le capitalisme est vieux comme l’homme. Ils sont consubstantiels. C’est lui qui a fait l’homme et l’homme qui l’a inventé. Je l’ai expliqué à Fujisan le 13 07 2010 dans une robinsonnade qui, comme c’est une idée en or, n’a pas tardé à être copiée par un certain Gu Si Fang, un autre de nos amis blogueur, chinois peut-être…
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=19059#comment-129478

      Bon courage dans votre travail !

  25. @ Jean – Luc

    Remarque pertinente… surtout si l’on considère la littérature – j’ai encore trop de respect pour elle – comme un bien de consommation qui à l’instar du poulet de supermarchés doit légitimer de sa traçabilité et de son origine; afin d’être dévoré avec le moins de risques possibles par son prédateur.

    Si par mégarde, je lis aujourd’hui: « croissez et multipliez » d’inspiration divine; se déclenche chez moi une réflexion dans des réflexes de dégoût!…

    Si, par contre, je tombe sur « son appétit dévorera la terre et ne laissera qu’un désert » d’inspiration mercantilo-baptisto-hollywoodo-luciféro professionnelle: je suis interpelé et enthousiaste dans ma réflexion !…

    Comme j’ai l’impudence de penser que l’avenir aura davantage le goût d’un désert; la littérature me permet de préparer mon estomac au différents programmes de nutrition qu’il me faudra ingérer, si je veux me maintenir dans le vivant…

    Merci pour votre attention, je fais tout mon possible pour être clair…

    Cordialement…

    1. D’accord d’accord, JRCS.
      Je voulais seulement vous informer sur l’auteur de ce texte régulièrement colporté sur Internet.

      Pour le reste je vous rejoins pour dire qu’un texte n’a pas besoin d’avoir un pedigree estampillé « fabriqué à la main par un grand auteur reconnu » pour servir, et surtout pour nous toucher profondément ou raisonner en nous.
      J’avoue, par exemple, que quelques pages lues dans les célèbres collections « Bibliothèque Verte » ou « Signe de piste » ont pu me servir de viatiques intellectuels à l’adolescence (et même plus tard !) et c’est tant mieux.
      J’avoue également que certaines chansons interprétées par Michel Sardou raisonnent en moi plus intensément que celles d’autres chanteurs validés par le milieu culturel officiel.
      Enfin, certains films « tire-larmes », et fabriqués pour ça, ont pu avoir plus d’effet sur moi que d’autres, intellectuellement profonds.

      Ceci posé – maintenant que nous sommes d’accord – et puisque vous parlez littérature, je tiens à ajouter que les auteurs les plus puissants me touchent encore plus fortement, et à tous les coups. Bien plus encore que par la collection « Signe de piste », mon adolescence aura été marquée par Stendhal, Flaubert, Boulgakov, Faulkner, Marcel Aymé, ou encore Diderot, très profondément. Disons que je préfère « la littérature à l’estomac » à « la littérature sans estomac » (vous connaissez peut-être ces deux très bons livres de critique littéraire ; l’un de Julien Gracq, l’autre de Pierre Jourde).

  26. @ Jean – Luc

    Je salue votre belle conscience et vous remercie de vos informations et précisions que je ne vais pas négliger.

    « Bloguer » est pour moi une activité relativement récente et je pense qu’il n’est ni le lieu ni le moment de vous faire par d’une liste exhaustive, rébarbative des auteurs qui ont accompagné mon parcours littéraire. Disons simplement que ma formation de base est « classique ».

    Sachez cependant que, comme vous, j’ai une nette préférence pour les auteurs profonds avec un estomac bien accroché: pas de ceux dont la profondeur trouble ne permet pas de distinguer le fonds, mais bien de ceux, plus rares, dont la profondeur est cristalline et de fait offre la possibilité d’évaluer le fond.
    Pour être un peu trivial : Je dirais: des auteurs féminins avec des entrailles et des auteurs masculins avec des burnes.

    Revenons, si vous le voulez bien au blog de Monsieur Paul Jorion et à sa métaphore de « l’avion » évoquée dans un de ses récents « le temps qu’il fait ».

    J’ai quelques problèmes avec l’essentiel des commentaires du blog, car il se comporte comme si l’avion était déjà posé et qu’il n’y aurait plus qu’à choisir, au sol, entre des directions différentes.
    (Directions par ailleurs terriblement argumentées et controversés).

    Je m’explique: métaphore brillante… »Il n’y a plus de pilote dans l’avion »… Que faire?

    Réaliser que nous sommes bon gré, mal gré, montés à bord comme passagers et qu’avec le prix de nos places les « pilotes » ont pu sauter avec des parachutes dorés… Que l’appareil est sous pilote automatique (inertiel), que le carburant est limité et que paradoxalement le zinc est de plus en plus chargé.

    Percevoir qu’il n’y avait pas de destination anticipée: ce n’était que d’aller vers rien le plus « confortablement » possible…

    Conclusion: deux options: – sachant que l’avion finira, à brefs délais, par rejoindre le sol…
    évidence !..

    La première consiste au « laisser aller » au crash, dans l’intervalle en se disputant les quelques sandwichs embarqués, et de laisser au sort le soin de recueillir d’éventuels survivants. (Option privilégiée par un simple constat de l’actualité).

    La deuxième, plus burnée, consiste avec les seules compétences – à vous lire vous en êtes largement pourvu – embarquées, les tours de contrôles ayant au combien prouvé leurs impuissances, à tenter, à essayer un atterrissage en douceur avec tous les risques que cette opération peut comporter:
    y compris le crash… qui n’est peut-être pas le pire ?

    … sans garantie que même lors d’un atterrissage « mérité »… les miraculés ne vont pas se contenter de poursuivre le laxisme qui les aura conduit là où ils en seront ?

    Courage !.. Fuyons !.. Mais où ?.. Sauter sans parachute, fût-il en vulgaire toile, m’est problématique.

    Et puis flûte … que vous le connaissiez (ou pas… j’en doute):

    Un peu de vigueur avec  » La Quête  » de Brel

    Rêver un impossible rêve
    Porter le chagrin des départs
    Brûler d’une possible fièvre
    Partir où personne ne part

    Aimer jusqu’à la déchirure
    Aimer, même trop, même mal,
    Tenter, sans force et sans armure,
    D’atteindre l’inaccessible étoile

    Telle est ma quête,
    Suivre l’étoile
    Peu m’importent mes chances
    Peu m’importe le temps
    Ou ma désespérance
    Et puis lutter toujours
    Sans questions ni repos
    Se damner
    Pour l’or d’un mot d’amour
    Je ne sais si je serai ce héros
    Mais mon cœur serait tranquille
    Et les villes s’éclabousseraient de bleu
    Parce qu’un malheureux

    Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé
    Brûle encore, même trop, même mal
    Pour atteindre à s’en écarteler
    Pour atteindre l’inaccessible étoile.

    Cordialement…

    1. Merci pour votre texte, JRCS ; il donne un éclairage intéressant sur le blog de Paul Jorion, et je souscris à vos observations.

      – PS : Pas nécessairement une liste exhaustive, mais vous auriez pu citer certains titres ou auteurs qui vous ont marqués. Vous avez remarquez ? sur le blog de Paul Jorion c’est toujours le lieu et le moment de parler de tout ce qui n’a aucun rapport avec le billet du jour 😉 J’aime beaucoup quand des intervenants passionnés y parlent musique, littérature, peinture, science, art-appliqué, et nous font des petits cadeaux en lien, comme vous l’avez fait. J’apprends beaucoup par ici.
      – PS-bis : Pour vos réponses, n’hésitez pas, JRCS, à « cliquer » sur le bouton « répondre » qui suit directement le commentaire numéroté (petit, en bas à droite). Cela créé un fil de discussion plus cohérent (en effet, j’ai failli passer à côté du premier de vos commentaires où vous me répondiez). Vous dites être un blogueur relativement récent, c’est pour cela que je me permets cette remarque ; à ce propos, ne lâchez pas l’affaire, il me semble que le sang neuf est toujours bénéfique au blog de Paul Jorion !

    2. Jean – Luc,

      Un tout gros merci pour votre touchante intervention qui me permet une perspective plus aléatoire, moins rigoriste sur le sens d’un blog.

      Le « tuyau » sur le petit « répondre » correspondant au numéro du commentaire me sera également d’une grande utilité.
      Lors de réponses sur un commentaire dont on fait le copié-collé d’un élément, certaines apparaissent en surbrillance bleutée précédée par un guillemet… Pourriez-vous me donner un éclairage sur la manière de procéder ?

      Pour la suite, tout convaincu « que je suis » que la richesse incomparable de la littérature, traductions de langues étrangères comprises, de la culture française (c’est peut-être ça qui lui a joué des tours) a déjà répondu à l’ensemble des problèmes qui se pose aujourd’hui, c’est avec un enthousiasme sans bornes que nous allons en débattre, en partager les saveurs…
      …tout en restant conscient qu’il n’y a pas plus sourds que ceux qui ne veulent pas entendre…

      A toute à l’heure…

      PS : Mes deux livres de chevet à l’instant sont « Après l’histoire » et « Festivus Festivus » de
      Philippe Muray.

    3. JRCS,

      Quelle bonne surprise de constater que nous avons des plaisirs littéraires communs ! Philippe Muray m’accompagne depuis plusieurs années. Ses livres sont chez moi lus, relus, annotés, cornés, prêtés, perdus, rachetés.
      Je dis qu’il m’accompagne car, à une époque passée où je ne me désespérais de comprendre un jour le monde qui m’entoure – avec le risque de tomber dans l’enfermement de la misanthropie – Muray a su mettre des mots sur le sentiment que j’avais de la société et de mes contemporains.
      Son décès il y a cinq ans a créé un vide chez ses lecteurs réguliers, fidèles à ses rendez-vous écrits où il nous parlait du monde, où il l’inventait, où il le combattait, où il s’en moquait. Heureusement, il nous reste ses livres.
      Heureusement aussi, il commence à se créer une postérité à Muray. De quoi rassurer ceux qui auraient craint que le moule se soit cassé avec sa disparition.

      Depuis Rabelais ou François Villon, quelques grands hérauts se sont succédés en France pour annoncer les modernités successives, et leur tordre le cou : Molière, Diderot, Flaubert, plus récemment Marcel Aymé ou Bernanos. Philippe Muray était le digne frère de ceux-là.

      —————

      PS:
      Vous demandez comment faire pour citer des phrases et les voir apparaître en surbrillance bleutée précédées par un guillemet.
      Voilà comment procéder :
      – Vous tapez (ou collez) le texte dans la fenêtre de réponse ;
      – Vous glissez ensuite la flèche sur ce texte pour le sélectionner ;
      – Vous « cliquez » ensuite sur les petits guillemets bleus qui s’affichent dans un des carrés (en haut à droite) de la fenêtre de réponse ;
      – Shazaam ! le texte se trouve encadré d’un code qui – magie – le fera apparaître chez Jorion avec les jolies fioritures dont vous parlez.

      …Comme je n’aime pas ces fioritures choisies par l’ami Jean-Baptiste (nous en avions parlé ensemble en octobre dernier ), je me refuse à utiliser le truc pour les citations. J’ai décidé de rester fidèle aux simples guillemets :

      « Le coup commence à être connu. Toute critique non homologuée de ce monde doit être poussée vers l’extrême droite de manière à y être discréditée à jamais. La meute n’a que ce projet, et elle n’a que cette raison de vivre. Il faut donc, au maximum, la décevoir. Sur ce point comme sur les autres. Ces roquets ont une terreur : que se répandent des pensées et des visions hétérodoxes ; ou plutôt des pensées et des visions non conformes à leur non-conformisme institutionnel et subventionné. Car ce sont des non-conformistes, bien entendu, des héros, des insurgés à vie, des insolents magnifiques, des dissidents, et même des assignés à dissidence. Ces talibans-citoyens contrôlent le grand ministère du Vice muséal et de la Vertu déjantée. Ces Tontons-Macoutes pour temps d’aquagym n’ont qu’un idéal : tuer toute vie spontanée de l’esprit afin d’empêcher que quoi que ce soit et qui que ce soit puisse s’opposer au déploiement de leur médiocrité haineuse et surveillante. (…) résumé moderne, en somme, de ce que constatait jadis Léon Bloy : « Tous les fétides et tous les lâches contre un seul qui ne tremble pas « .
      (Philippe Muray. « Tous contre seul ». 2004)

    4. Jean- Luc,

      Avec vous, j’ai rencontré mon alter-ego; juste avec les différences pertinentes qui ne permettent plus de parler qu’a soi-même… Mais d’avancer, non dans la croissance vouée à l’échec, mais dans « l’essor » incorruptible: si cher à nos poètes !..

      Beau cadeau que le « Tous contre seul » de Muray: Et Léon Bloy alors… le plus grand des catholiques… L’Angleterre: l’île infâme… Napoléon… Waterloo… Wellington et ses soucis de subsistances qui sont cause de la pérennité de son fameux filet de bœuf … l’argent anglais pervertissant russes, autrichiens, prussiens… le monde connu… déjà… Exégèse des lieux communs…surtout: chef d’œuvre de la Sainte France… lointaine…

      A venir un commentaire digne de vous… Nos présents au présent…

    5. Jean – Luc,

      Vous trouverez mon nouveau commentaire sous le titre « Jethro Tull » de Paul Jorion, en position 50. Veuillez excuser ma faute de frappe sur votre prénom: mon utilisation du clavier est également récente…

      Meilleures salutations…

      PS: ces prochaines semaines, (4-5), je disposerai de moins de temps à consacrer au blog.

  27. @ Marlowe

    Non, absolument rien à voir: nous pouvons trouver une excellente littérature dans les supermarchés.
    Même… juste à côté des poulets !…
    J’ai simplement voulu signifier à Jean – Luc qu’une œuvre littéraire n’avait pas besoin d’un label certifié par des experts et qu’elle avait encore la force d’être interprétée librement par le lecteur.

    Cordialement…

    1. Le vrai et le faux.

      Marlowe n’ a pas écrit littérature dans les supermarchés mais littérature de supermarché.
      Il est quand même nécessaire de lire un texte avant de le critiquer.

      Littérature de supermarché a bien entendu un tout autre sens que celui que vous évoquez.
      Premièrement beaucoup de livres peuvent arriver sur les rayons des supermarchés puisque la décision de vendre tel ou tel titre et de ne pas vendre certains titres est pour l’essentiel une décision économique à court terme.
      Par ailleurs n’oublions pas que l’édition et la distribution des livres sont régies par les lois de la marchandise qui impliquent que l’argent investi dans une marchandise, quelle qu’elle soit, doit rapporter rapidement plus d’argent.
      L’édition, en France, est riche de centaines d’éditeurs qui produisent régulièrement des livres dont la majorité a été imprimée pour être vendue et quelques uns seulement pour être lus.
      Prenez le cas des livres de Paul Jorion et considérez ce qui sépare et ce qui réunit deux éditeurs aussi différents que les Editions du Croquant, artisant indépendant et Fayard qui appartient à la galaxie Hachette.

      Quant à la comparaison entre livre et poulet, elle est tout à fait justifiée puisque les meilleurs poulets sont élevés par des artisans selon des règles écologiques , « biologiques » par exemple, et ne sont pas vendus dans les supermarchés, alors que l’industrie produit rapidement et sans précaution des marchandises qui ont une vague apparence de poulet mais qui sont autres.

      Par ailleurs, croire et faire croire, que les lecteurs sont libres dans leur jugement est une farce.

    2. @ Marlowe

      Je vous présente toutes mes excuses pour cette méprise…!

      Littérature « de » supermarché dans le sens: littérature façonnée pour être vendues par le truchement de mille ruses commerciales et qui, dés le départ, est conçue par le ou les auteurs, sous contrats avec le ou les éditeurs pour toucher et plaire au plus grand nombre et rapporter un maximum d’argent… (Si je vous ai bien compris ?)

      Du genre « Harry Potter », « Da Vinci Code » et consorts… à paillettes… bestsellers de tous poils…

      Oui!!! Courage ! N’achetons pas ou pour le moins… évitons !

      Maintenant donner un avis sur ce qui fait qu’une large majorité d’individus avide de « nouveautés » se rue sur ce qu’il ya de plus niais mériterait l’élaboration d’une encyclopédie et qui ne *porterait pas seulement sur le domaine du livre:* mais qui aurait sûrement l’avantage d’expliquer le succès des magouilles capitalistes.
      Ce qui, au passage, éviterait pas mal de prises de tête à Monsieur Paul Jorion.

      Revenons brièvement au livre:
      A force d’écrire pour plaire aux lecteurs – consommateurs, il se peut que les Auteurs disparaissent complètement: la quantité infinitésimal qu’il en reste a déjà du plomb dans l’aile…

      *…* Sur le sujet, si je peux me permettre, je vous conseille l’excellent « Festivus Festivus » de
      Philippe Muray disparu depuis peu et que l’on ne pourra pas soupçonner, lui, de faire des profits d’outre tombe.

      Cordialement…

    3. à JRCS,

      Le secret réside dans le caractère fétiche de la marchandise dont Marx a été le premier analyste systématique.
      Depuis il y a eu les situationnistes et tous les critiques actuels de la logique de la marchandise.
      Je vous recommande Anselm Jappe et les titres : Les Aventures de la marchandise (Denoël). Crédit à mort (Editions Lignes)
      Je connais un peu Philippe Muray, mais il faudrait que j’y revienne.
      Il y a tant de (bons) livres qu’il faudrait plusieurs vies.
      Pour revenir à ce qui pousse tant de gens à se précipiter, dès que l’ordre leur en est donné par la communication publicitaire, vers des marchandises qui sont des ersatzs (les poulets du supermarché) ou des leurres (« une voiture à vivre »), il faut entreprendre une critique du fétichisme de la marchandise et des névroses provoquées et entretenues dans la population, en particulier le narcissisme .

      Bien à vous.

      marlowe@orange.fr

    4. Marlowe,

      Oups!.. Le caractère fétiche de la marchandise ?…

      Permettez – moi de vous exposer une autre perception…

      A mon sens: c’est intervertir le sujet et l’objet, en effet, le fétichisme correspond à une pulsion dont l’auteur (l’acheteur en l’occurrence) ne peut réprimer le passage à l’acte… C’est attribuer à la marchandise un caractère dont elle est dénuée et qui ne concerne que l’acheteur.

      C’est attribuer à la publicité un impératif (un ordre) qu’elle ne comporte pas et qui ne s’adresse qu’à l’hypothalamus (cerveau reptilien) et au cerveau limbique (paléocéphale) qui ne sont que peu géré par le néocortex chez la plupart des individus.

      « Des drôles sans conscience ont exploité et exploitent vos mondes… »: je m’explique…

      Ne pas pouvoir réprimer une pulsion est d’ordre psychiatrique et fait appel à des traitements médicamenteux (peu d’effets), et à des traitements illusoires analysés par des psychologues dont Freud nous a exposé l’utilité des bavardages.

      Dans un cas comme dans l’autre les valeurs que l’on donne aux marchandises nourrissent parfaitement les pseudos guérisseurs.

      Merci de m’avoir laissé votre mail, j’en tiens compte, et vous informe que les deux mois qui suivent vont réclamer beaucoup de mon attention à d’autres activités.

      Bien à vous…aussi !

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