DE LA STRATEGIE DU CAPITALISME, par Crapaud Rouge

Billet invité

Si Darwin avait travaillé comme Weber, il aurait intitulé son œuvre « De l’Esprit de la nature », il aurait été encensé par les religieux, incendié par les scientifiques, et l’on en serait encore à se demander ce qu’il en est de cet esprit. Si Weber avait travaillé comme Darwin, il aurait accumulé les faits, discerné entre eux un principe commun, et il ne ferait pas de doute aujourd’hui que le protestantisme, vecteur d’une nouvelle éthique du travail d’inspiration biblique, a été le berceau du capitalisme moderne.  Darwin a eu le succès que l’on sait parce qu’il a découvert l’évolution des espèces, et mis en avant un principe général pour l’expliquer : la sélection naturelle. La valeur explicative de ce principe est nulle mais sa valeur logique suffisante : après que des espèces ont réussi à s’adapter, il est toujours possible de dire qu’elles ont été « sélectionnées » et les autres « éliminées ». Mais le latin selectio signifie choix : ce  principe laisse donc entendre que la nature « choisit » les espèces qui vont survivre, ce qui est aberrant eu égard au déterminisme qui ne laisse pas le  choix. Mais qu’importe, Darwin a mis un mot sur l’action supposée de la nature, et c’est ce qu’il devait faire, sinon il eût fallu admettre que les espèces évoluent parce que c’est « l’esprit de la nature » qui le veut. Il a donc trouvé, sinon le mot juste, du moins celui qui convenait, alors que Weber a raté son coup. Il décrit des comportements typiques, tire le portrait robot du capitaliste, mais ne va pas jusqu’à extraire la quintessence de ses observations, c’est-à-dire un principe d’action général qui serait absent des innombrables formes antérieures du capitalisme.

Si, à l’instar de Darwin, il avait laissé les faits décanter lentement dans sa mémoire, il aurait découvert, qu’à la différence de leurs prédécesseurs, les capitalistes protestants ont imaginé et exécuté des stratégies. Une stratégie est un ensemble d’actions qui présente une cohérence globale et confère à chacune sa raison d’être et son utilité, alors que les mêmes, effectuées sans stratégie, seraient insensées. L’on me rétorquera qu’ils ne furent pas vraiment les premiers, que les êtres humains utilisent des stratégies depuis la nuit des temps, que l’on ne sait pas trop desquelles il s’agit, et que le mot est aussi fourre-tout que le principe de Darwin. Soit, mais laissez-moi finir.

Ma définition ne pose ni principe ni méthode a priori pour qu’il y ait cohérence globale, de sorte que l’on peut suivre une stratégie comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. A l’instar du naturaliste qui découvre après coup des espèces adaptées, l’on peut constater des stratégies même quand leurs auteurs ne visent aucun but bien précis. Mais devant le journal de Benjamin Franklin, où cet obsédé de l’enrichissement égrène les principes de sa conduite, Weber ne voit qu’un ethos : « En fait, ce n’est pas simplement une manière de faire son chemin dans le monde qui est ainsi prêchée, mais une éthique particulière. En violer les règles est non seulement insensé, mais doit être traité comme une sorte d’oubli du devoir. Là réside l’essence de la chose. Ce qui est enseigné ici, ce n’est pas simplement le « sens des affaires » – de semblables préceptes sont fort répandus – c’est un éthos. Voilà le point qui précisément nous intéresse. »1 Autrement dit : le sens moral identifié à celui des affaires, ce qui est très juste mais insuffisant : il aurait dû remarquer aussi la cohérence de ces « préceptes fort répandus », (mais réunis sous une même plume), cohérence qui me fait dire que cet ethos est la projection d’une stratégie sur l’individu en tant que son acteur. Weber dresse ensuite le portrait robot de l’entrepreneur sous forme d’une liste d’actions typiques où l’on relève : « agir selon le principe : réduire les prix, augmenter le chiffre d’affaires ». Nous sommes là devant une projection de la même stratégie mais sur son environnement cible. En conclusion et pour faire court : l’espèce doit s’adapter à son milieu, le guerrier à la guerre, le capitaliste aux affaires, et le tout venant au travail. C’est dans cette adaptation de soi au monde dans un but archaïque, l’enrichissement, mais exalté par une interprétation nouvelle de la Bible, que réside l’invention du capitalisme moderne.2

Ayant dressé lui-même le portrait robot, Weber n’a pas été frappé par le caractère disparate des actions : « sélectionne avec soin les tisserands », « aggrave leur dépendance », « augmente la rigueur du contrôle », « change les méthodes de vente », « sollicite lui-même les clients », « adapte la qualité des produits »… Finalement il termine : « La conséquence habituelle d’un tel processus de rationalisation n’a pas tardé à se manifester : ceux qui n’emboîtaient pas le pas étaient éliminés. L’idylle s’effondrait sous les premiers coups de la concurrence; des fortunes considérables s’édifiaient qui n’étaient pas placées à intérêt, mais réinvesties dans l’entreprise. L’ancien mode de vie, confortable et sans façons, lâchait pied devant la dure sobriété de quelques-uns. Ceux-ci s’élevaient aux premières places parce qu’ils ne voulaient pas consommer, mais gagner, tandis que ceux-là, qui désiraient perpétuer les anciennes mœurs, étaient obligés de réduire leurs dépenses. » Le mot stratégie, qui ne figure nulle part dans son livre, est le seul qui puisse raccorder entre elles toutes ces actions : chacune est, au mieux, incongrue dans le cadre de « l’ancien mode de vie », mais rationnelle dans la perspective de « s’élever aux premières places ». Cela se montre facilement en considérant la baisse des prix : c’est un choix suicidaire s’il n’est pas concomitant à d’autres qui favoriseront une augmentation des ventes : il n’est donc jouable que dans un ensemble de choix cohérents. La filiation spirituelle avec Luther, qui avait auparavant sacralisé le travail, s’en trouve aisément confirmée, car il fallait jouer sur ce paramètre pour faire baisser les prix, et pouvoir en jouer positivement, ce que « l’ancien mode de vie », placé sous la houlette des catholiques, ne permettait pas.3

Finalement, c’est dans le fordisme que la stratégie du capitalisme a trouvé un spectaculaire accomplissement car, auparavant, jamais le travail humain n’avait été, avec autant de précision et d’intensité, cadencé par des machines. La non-absurdité de cette manière de gagner sa vie n’est concevable que dans le cadre spécifique et artificiel d’une stratégie qui en justifie la possibilité et la cohérence. Le fordisme montre que, depuis l’époque des pionniers qui devaient avoir le caractère bien trempé pour venir à bout des principes culturels « gênants », jusqu’à la fin de cette tradition implicite qui voulait qu’on ne travaille pas comme des robots, c’est la même stratégie qui se trouve déclinée : impliquer les gens dans des actions qu’ils ne sont pas capables d’imaginer ni disposés à accomplir.

Avant l’arrivée des OGM, par exemple, il était impensable pour des agriculteurs de faire pousser des plants dont les graines sont stériles. Mais Monsanto et ses consœurs, agissant en concurrentes mais œuvrant de concert, sont parvenues à les « convaincre » du contraire : le capitaliste moderne est avant tout le propagandiste de sa propre  stratégie, et ses victimes, complices malgré elles, en perdent leur bon sens comme le  corbeau son fromage. En titrant son œuvre : « De l’Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle », Darwin effectue un petit tour de passe-passe sémantique : il transforme l’action de choisir en opérateur, et pose celui-ci comme un phénomène existant. Cette « sélection naturelle » existe bel et bien mais ce n’est pas une sélection, plutôt un tirage au sort continu qui se déroule sur la somme des jours et des individus, car les changements qui agitent un milieu écologique favorisent certains et défavorisent les autres au hasard. J’ai fait aussi une entorse au langage en retenant le mot stratégie pour caractériser l’invention du capitalisme moderne : c’est le mot juste mais, faute de pouvoir en identifier les objectifs, (conquérir ceci ou cela), cet usage n’est pas tout à fait conforme à la définition. Je l’utilise avec une valeur générique qui répond au but générique du capitalisme : faire du profit et s’enrichir de toutes les façons possibles et imaginables. Cet usage du mot est justifié, d’une part, du fait que le capitalisme oblige ses adversaires, (le monde entier), à s’adapter ou mourir, ce qui est l’effet de toute stratégie militaire offensive ; d’autre part, du fait qu’un but spécifique ne suffit pas à constituer une stratégie, c’est sa cohérence interne qui est déterminante.

Peut-on résister au capitalisme ? Et comment ? Ce sera le sujet de mon prochain billet. Un peu de suspens n’a jamais fait de mal à personne. En attendant, les impatients peuvent (re)lire Le Labyrinthe du capitalisme.

1 Page 26 de la version PDF. L’extrait du journal de Franklin commence ainsi : « Souviens-toi que le temps, c’est de l’argent. Celui qui, pouvant gagner dix shillings par jour en travaillant, se promène ou reste dans sa chambre à paresser la moitié du temps, bien que ses plaisirs, que sa paresse, ne lui coûtent que six pence, celui-là ne doit pas se borner à compter cette seule dépense. Il a dépensé en outre, jeté plutôt, cinq autres shillings. »

2 Interprétation nouvelle qui a conduit à une remise en cause de l’antédiluvienne séparation du sacré et du profane. Cf. L’esprit du capitalisme d’après l’œuvre de Max Weber.

3 A la question de savoir comment mieux plaire à Dieu, n’importe quel catholique aurait répondu « prier plus » mais sûrement pas « travailler plus ou mieux ». Quelque fût sa conception du travail, ce n’est pas à ça qu’il aurait pensé.

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285 réflexions sur « DE LA STRATEGIE DU CAPITALISME, par Crapaud Rouge »

  1. Sommes-nous les esclaves des machines ou les machines sont-elles nos esclaves modernes et dociles ? Prendront-elles le pouvoir sur nos sentiments, tel un gigantesque réseau informatique planétaire autocratique ? Vont-elles devenir source de la sélection ou simple conséquence dans ce buisson ardent ou le hasard des ramifications crée la nécessité ?

    1. Bonsoir Mr Karluss

      voici ce que vous écrivez..

      karluss dit :
      29 janvier 2011 à 17:51

      Sommes-nous les esclaves des machines ou les machines sont-elles nos esclaves modernes et dociles ? Prendront-elles le pouvoir sur nos sentiments, tel un gigantesque réseau informatique planétaire autocratique ? Vont-elles devenir source de la sélection ou simple conséquence dans ce buisson ardent ou le hasard des ramifications crée la nécessité ?

      C’est notre inconscience qui invente des sentiments gérés par l’électronique,avant nos sens sont des émotions devant un tableau,livre,musique etc…
      Maintenant la création de nos sentiments est une industrie bien au point mis sur le marché et sans scrupules dans le seul but de nous évanouir..

      Bien vus Mr Karluss

    2. @ regoris
      merci, c’est gentil ; je pouvais pas rater la tête de liste sur un billet de Maître Crapaud profitant de la « sélection » en berne de Julien. Crapaud aussi est un rescapé bien intentionné de la Volonté naturelle, la plupart prétende qu’il est un humaniste. Je rajouterais : c’est un modeste, et c’est une qualité essentielle pour la survie de l’espèce.

    3. comme vous dites Mr Karluss,la modestie ?
      Quand vous voyez l’arrogance des élus ,la modestie de l’intelligence reste mon phare..
      C’est ce que vous vouliez dire..
      amicalement
      rego

    4. Karluss, merci pour votre post, en tête de gondole ! Si vous saviez, vos petites digressions humoristiques me détendent, comme les plaisanteries des autres du reste. Une part d’humour est strictement nécessaire, sinon on se prendrait vite au sérieux, et ça serait affreux.

      Sur le fond, vous venez de poser une très bonne question dont la réponse est : aujourd’hui nous sommes bel et bien les esclaves du machinisme, et c’est cela qu’il faut changer. Ce n’est pas qu’une question d’économie, mais aussi de culture.

      Bon dimanche !

    5. Ce n’est pas si simple… Qui a construit les machines ? … Nous sommes esclaves d’une civilisation et d’un environnement secrété par nous-même comme il en a toujours été, même au temps où cette civilisation était encore dans des limbes tissée de rêves.

      La machine type est l’horloge, qui dicte le temps.

      Sujet trop complexe… Il y a tant de machines, celle de Turing, le Moloch de Metropolis, Terminator, Rosalie, etc. Les épicycles de la cosmologie antique. Les anglais utilisent le mot « device », qui signifie dispositif. Or avant de devenir des objets les machines sont des « dispositifs » de pensée.

      La religion est encore l’adresse à quelqu’un d’autre, la pensée dialoguante, la « supplique sans réponse » comme dit Bataille, la prière, le pont, l’ange. Rien de tout cela dans la machine. Voilà ce que signifie le désenchantement du monde. Un monde vidé de l’autre, un monde de la machine comme référent, vide. La nécessité mécanique ou capitalistique, c’est la même. Il est étonnant de constater le déclin du religieux simultannément au déclin du politique… non ? ce serait à vérifier.

    6. et que dire de notre complète dépendance des machines informatiques ; nous sommes des esclaves en dépendance vis-à-vis des machines, une addiction boomerang, nous ne pouvons plus nous passer d’elles. Elles devaient être à notre service, mais nous sommes aliénés, ficelés.

    7. Si nous sommes dépendant des machines , de manière consciente ou non, c’est parce que nous le voulons bien.
      Que ce soit par intérêt, par passion, pour la frime etc…, la machine n’est pas responsable de notre dépendance à son égard.
      Nous avons créé un système qui nous mène à notre dépendance à son égard.
      Comme le dit très bien Liszftr:

      avant de devenir des objets les machines sont des « dispositifs » de pensée.

      C’est ce qui est arrivé avec le dispositif de mon site, le but était de travailler le sol sans le retourner.
      Je verrais aujourd’hui ce dispositif comme une transition vers une agriculture durable encore valable dans mille ans.
      Là, je suis dans un autre paradigme et c’est pour cela qu’il ne décolle pas.
      Si nous voulons mettre la machine à notre service il faut d’abord mettre le système de pensée à notre service. La seule manière d’y arriver est de penser par nous-même et ne pas avoir peur d’exercer cette liberté de penser.
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=20819#comment-145150

    8. Michel, vous dîtes : Si nous sommes dépendant des machines , de manière consciente ou non, c’est parce que nous le voulons bien.
      et bien non, nous sommes coincés, une complète aliénation, une sorte d’oxygène de notre société, de notre économie. Nous sommes le lumpenprolétariat.

    9. Oui, nous sommes les esclaves du machinisme, et je rajouterais ceux du productivisme et de l’économisme, du gain de temps. Depuis que les femmes travaillent, les activités sociales ne sont plus couvertes de façon satisfaisante (cf par exemple les observations d’Evelyne Sullerot sur le délaissement des jeunes, de la génération à clé – les enfants qui rentrent seul de l’école dès 8-10 ans avec la clé de la maison autour du cou, parce que les deux parents travaillent, les ni-ni espagnols ou les tanguy). Pourtant, les tentatives à penser ce domaine social (cf le bide du care par exemple) se heurtent à la plus grande indifférence, alors que c’est une occasion, à la fois de faire oeuvre utile et de nous décaler (faire exode aurait dit Gorz) de notre escalvagisme machinal.

    10. @Lisztfr

      A propos d’horloges:
      « Le monde des horloges est un monde d’êtres pauvres en temps, qui n’ont le temps de rien. »
      Ernst Jünger

      et à l’époque de ces lignes le temps des traders ne se comptait pas en nanosecondes…

    11. Michel, vous dîtes : Si nous sommes dépendant des machines , de manière consciente ou non, c’est parce que nous le voulons bien.
      et bien non, nous sommes coincés, une complète aliénation, une sorte d’oxygène de notre société, de notre économie

      Je suis bien entendu d’accord que nous sommes coincés, aliénés au système.
      Ce que je voulais mettre ne évidence est le fait que ce machinisme et ce productivisme est le fait de l’homme, c’est lui qui est responsable des errements de ce mécanisme et productiviste.
      Je ne rejette pas le machinisme, je le remets en question, il a été le fait du capitalisme industriel et sa situation internationnale nous pousse dans cette direction de remise en question.
      Ceci dit, je regrette un peu votre arrêt sur la première phrase, j’aurais bien aimé avoir votre avis sur le reste.

  2. bonsoir
    Merci de votre billet.
    Voici sur quoi je désire juste donner mon petit avis sans prétentions aucunes.

    impliquer les gens dans des actions qu’ils ne sont pas capables d’imaginer ni disposés à accomplir.

    Avant l’arrivée des OGM, par exemple, il était impensable pour des agriculteurs de faire pousser des plants dont les graines sont stériles. Mais Monsanto et ses consœurs, agissant en concurrentes mais œuvrant de concert, sont parvenues à les « convaincre » du contraire

    Les graines stériles pour favoriser la stérilité du cerveau car comme vous dites si bien les agriculteurs convaincus existent.N’est ce pas la preuve?
    L’évolution fatale que Monsanto planifie avec la complicité affichée des responsables politiques est évidente..
    Tout votre article est pertinent de réflexion ,le relire est mon devoir .
    merci

    1. impliquer les gens dans des actions qu’ils ne sont pas capables d’imaginer ni disposés à accomplir

      je conseille sur ce sujet un bouquin de deux sociologues qui se lit sans difficultés :

      Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois

    2. Aucun agriculteur n’est satisfait de planter des graines stériles. Simplement, le marché ne lui donne pas d’autre choix !
      un ex agriculteur

  3. Prière de Norbert SEGARD (ancien ministre ; 1921-1981)

    « Seigneur,
    fais que je voie les choses à faire
    sans oublier les personnes à aimer.
    Que je voie les personnes à aimer
    sans oublier les choses à faire.
    Fais que je voie les vrais besoins des autres.
    C’est si difficile de ne pas vouloir à la place des autres,
    de ne pas répondre à la place des autres,
    de ne pas décider à la place des autres.
    C’est si difficile, Seigneur,
    de ne pas prendre ses désirs pour les désirs des autres,
    de comprendre les désirs des autres quand ils sont si différents des nôtres.
    Seigneur, fais que je voie ce que tu attends de moi parmi les autres.
    Enracine au plus profond de mon être cette certitude :
    – On ne fait pas le bonheur des autres sans eux. »

    Excellent résumé de ce que les instances catholiques du 92 pensent de la richesse dans:
    http://catholique-nanterre.cef.fr/IMG/pdf/Chretiens_dans_monde_4_La_vie_economique.pdf

  4. Tout cela est bien trop complexe pour « expliquer » les phénomènes.
    Cela suppose, en effet, que le capitalisme pourrait faire système.
    Il n’en est rien, car il comporte toujours en lui la crise systémique de la monnaie.
    Si vous n’apprenez pas à analyser comment fonctionne la monnaie et la nature fétichiste du signe monétaire, toute votre savante sociologie weberienne ou darwinienne restera vaine.
    La monnaie telle qu’elle émise engendre le dysfonctionnement que nous connaissons: le capitalisme justement.
    Si nous émettions une monnaie qui ne comporterait pas en elle-même l’accumulation d’elle-même, mais une monnaie uniquement faite pour l’échange continuel, nous aurions résolu la plupart des dysfonctionnement économiques.

    1. « Cela suppose, en effet, que le capitalisme pourrait faire système.
      Il n’en est rien, car il comporte toujours en lui la crise systémique de la monnaie. »

      Ne jouons pas sur les mots, le capitalisme fait système dans la mesure où il a envahit la planète, la vie privée, etc .. Il a préempté les richesses, les pouvoirs et impose des comportements à tous (entreprises ou individus comme dit dans l’article), sous peine de misère. Vous voulez peut-être dire qu’il n’est pas un système cohérent, qui fonctionnerait sans accrocs. Certes oui, il nous mène de crise en crise. Mais en y regardant de près, les crises sont surtout pour les non-capitalistes, ou certains trublions qui ne jouent pas le jeu, ou qui empiètent. Les grandes fortunes dirigeantes perdurent, les crises ne les détruisent pas. Avec quelques milliards ou millions, en perdre plusieurs ne vous met pas dans la gêne ! Le risque du capitaliste n’est pas dans l’opération, mais dans la disparition du Système, de ses concurrents systémiques (l’URSS et maintenant Chine qui n’en respecte pas les règles) …
      Je crois pouvoir dire que la crise est souvent un outil du capitalisme pour se débarrasser de gêneurs. L’usage du mot capitalisme étant ici un peu forcé. Il faudrait dire tenants du capitalisme, grandes fortunes capitalistes …

      Il n’est pas besoin d’être cohérent pour avoir une réalité prégnante. Le capitalisme est bien un mode d’appropriation et de moteur économique. C’est un état de fait, au sens mécanismes relationnels au sein d’une société de personnes, désignant chaque individu en fonction de ses capacités monétaires ..

      Il me semble plus correct de dire que les dysfonctionnements du capitalisme (des États-Unis) sont plus dus à la finitude des ressources et la préemption par la Chine de ses possibilités d’extension (*). Certes la monnaie est un problème important, il me parait secondaire peut-être même effet de ces limites.

      Enfin, je pense plutôt que les dysfonctionnements graves que nous voyons du capitalisme s’identifient à ceux des États-Unis et dépendances, du capitalisme états-uniens. Ce qui fait une différence de taille dans l’analyse que nous en faisons (ce distinguo n’est pas pour défendre le capitalisme, je m’en voudrais de le faire croire).

      Le capitalisme n’est rien, la ‘prédation du monde’ et la solubilité des principes démocratiques tout.

      (*) Une stratégie capitaliste, l’extension : Lire et relire le régalant l’ile des Pingouins A. France – 1908 – en particulier Livre IV page 201

  5. La logique de la marchandise.

    « (…)Pour ce qu’il avait pu en observer l’existence des hommes s’organisait autour du travail, qui occupait la plus grande partie de la vie et s’accomplissait dans des organisations de dimension variable. » Michel Houellebecq. La carte et le territoire. 2010.

    Marlowe n’est pas convaincu de l’existence « d’une stratégie du capitalisme ».
    En premier lieu, le capitalisme est, avant d’être une réalité, une idéologie ou si vous préférez un discours.
    Ce discours absolu n’est rien d’autre que l’expression de la logique de la marchandise, autrement dit le capital.
    Le capital n’est pas, comme le capitalisme, une idéologie matérialisée, mais une force agissante, quasi divine, dotée d’une logique et dont le déploiement historique a été autant inconscient que réel.
    La seule « stratégie » du capital est d’être l’unique puissance agissante, véritable moteur de l’histoire et prétendant à la fin de l’histoire.
    Plus rien ne peut exister en dehors de lui, à l’exception de sa négation toujours refoulée.
    La logique de la marchandise a transformé toutes les choses et tous les êtres vivants, et jusqu’à la planête elle-même, en marchandises.
    L’activité de l’homme, avec les protestants, est devenue elle même une marchandise : le travail.

    1. merci Mr Marlowe

      Le Capitalisme est l’égoïsme dans toute sa splendeur…
      Vivre pour donner de la valeur et la vendre ensuite est une corruption intellectuelle qui n’a de valeur que pour celui qui se prosterne…
      Mr Marlowe avec respect svp,la religion n’a rien à y voir ,cette corruption des âmes suffit par elle même..
      respectueusement
      rego

    2. @Marlowe : au sens strict et actuel du terme « stratégie », vous avez tout à fait raison. Mais n’oubliez pas mon dernier § qui anticipait votre objection. En effet, vous dites : « Marlowe n’est pas convaincu de l’existence « d’une stratégie du capitalisme ». En premier lieu, le capitalisme est, avant d’être une réalité, une idéologie ou si vous préférez un discours. » : mais ce discours est… stratégique ! Comme pour ces joueurs d’échecs qui cogitent des parties bien avant de les jouer. La seule différence, c’est que le joueur d’échec ne va pas en avertir ses adversaires ! 🙂

    3. @regoris,

      Le Capitalisme est l’égoïsme dans toute sa splendeur…

      Mais qu’est ce que cela veut dire que ça?

      Quelqu’un peut il m’expliquer, svp?

      Mais pourquoi ne le dites vous pas, comme ça on peut passer à autre chose :
      Le capitalisme a tous les défauts.
      Le capitalisme est laid.
      Le capitalisme est amoral.
      Le capitalisme est mauvais.
      Le capitalisme, c’est le diable.

      Après la pensée unique, le captalisme a toutes les qualités, on passe à la pensée binaire : soit il a toutes les qualités, soit tous les défauts. Remarquez c’est un progrès

  6. Deux choses
    1) Vous confondez OGM récents et hybrides F1 sûrement bien plus vieux. Le Crapaud n’est pas un hybride, et je vous passe les vertus de la haridelle, de la mule et du baudet.
    Donc ceci:

    Avant l’arrivée des OGM, par exemple, il était impensable pour des agriculteurs de faire pousser des plants dont les graines sont stériles.

    est faux.
    wiki F1
    voir deuxieme encadré colonne de droite
    JE pense que même à Kokopelli ils vous auraient rectifié.

    2) Tout au contraire de vous critiquer, cette fois-ci,

    Finalement, c’est dans le fordisme que la stratégie du capitalisme a trouvé un spectaculaire accomplissement car, auparavant, jamais le travail humain n’avait été, avec autant de précision et d’intensité, cadencé par des machines.

    Je voudrais plutôt souligner quie le fordisme a été un grand moment « d’adaptation » , mais que Bernard Stiegler montre comment les techniques passent par des phases d’adaptation (prolétarisante, privative de savoir-faire, etc., voire pulsionnelle pour les médias de nos jours) , avant la phase où la sublimation a une chance (pas toujours ?) de reprendre la main
    C’est la phase d’adoption.
    Les humains ont adopté (entre parenthèses séquelles de l’adaptation, un peu du « pharmakon »)
    – le langage (mais le bavardage)
    – le langage logique (mais les sophismes)
    – le support de mémoire écrit (mais les dettes dès -1300 av JC)
    – les livres (mais les libelles et les pamphlets)
    – la photo et le cinéma (mais la propagande, Bernays, le consentement )
    – la machine à laver et le micro onde (mais la disparition de la socialisation au lavoir ou au four banal)
    – les mutuelles (mais les CDS)

    Le fordisme et le LeLay-isme s’inscrivent assez bien dans le versant « adaptation » .
    Je ne veux pas minmiser l’intérête de votre approche, mais en faire valoir les tenants et aboutissants anthropologiques , disons ambitieusement au sens de Leroi-Gourhan (Le Geste et la Parole… dans cet ordre !) , même si je dois en être fort loin dans ce qui précède .

    Admiratif Cooaa Cooaa de grenouille pour le billet dans son ensemble, sinon.

    1. Mr timiota

      Avant l’arrivée des OGM, par exemple, il était impensable pour des agriculteurs de faire pousser des plants dont les graines sont stériles.

      est faux.

      si le DDT est venus avant les insectes c’est faux aussi ..
      et rendre les plantes résistantes à la pollution est une injustice cérébrale ..
      Elles se régénèrent sans passer par votre idole Monsanto .
      les légumes sont prisonnières …
      Monsanto nous aime …

      sauvez les légumes…

    2. En créant des graines qui ne se reproduisent pas à l’identique ( f1) , le capitalisme financier a inventé le capitalisme de la dépendance .Hors de mon sachet , pas de salut .

      Avec les Ogm , comme la nature avait l’audace de continuer à oser donner gratuitement ses bienfaits , le capitalisme a tenté de rendre irrémédiable cette dépendance .

      PS :@ tous : vous pourriez quand même laisser un petit mot sur le blog à Verhaerghe .
      Un blog qui débute a besoin d’être arrosé.
      De quoi j’me mêle ?
      heu… pas ma faute, j’vous jure ….c’est à cause du neurone dénommé albin ….avec sa prière , çà m’a rappelé qu’une journée sans BA, c’est bahhhh…..

    3. @ regoris

      Avec vous c’est simple, il est vrai.

      les brevets seraient des connaissances jamais divulguées
      (cf un billet récent sur matières premières…)

      les hybrides F1 n’auraient pas existé.

      le DDT aurait fait des dizaines de milliers de morts (j’attends évidemment une réaction outrée du genre « bien sur que oui » ! et vous donnerez la source svp).

      etc.

      Pourquoi ne pas peser les arguments en présence ; certes tous imparfaits ?

      Pour le DDT, il n’est pas impossible de considérer qu’une industrie chimique, certes peu altruiste, voyant cette molécule ne plus correspondre à des débouchés solvables, ne voyant pas non plus de substituant à l’horizon court-terme, n’a pas cherché plus loin et a laissé « le sud » avec des niveaux de malaria qui ont sans doute couté des morts en très très grand nombre (je parle du million).
      Est-ce satisfaisant de cracher dans la soupe « après » et sans mentionner d’étude équilibrée ?
      La malaria était encore présente dans la plaine Orientale en Corse avant que les américains ne la « DDTisent » à la fin de la guerre en 1945. Aujourd’hui, les cultivateurs de clémentines ou de pruneaux corses du coin peuvent y aller, que je sache. Jureriez vous qu’on ne pouvait pas arriver à un usage minimalement dosé du DDT ailleurs pour passer le cap de l’impaludation ?

  7. Intéressant papier.

    Par parenthèse je regrette toujours cette impasse qui est faite sur la notion, certes très peu scientifique, de « contrôle externe »… Ne serait que par ces exemples de mutations très rapides, quasi magiques… qui s’expliquent difficilement par une sorte de self controle de l’être en cause. Bref si tel était le cas nos théories, pauvres murs de mots, seraient bien dérisoires… Mais bon

    Je vis moi même en pleine nature et suis toujours stupéfait de la perte toujours plus grande du contact , et du respect qui en découle, que devraient avoir les humains avec les éléments. Il y a comme une loi, qu’il ne faut surtout pas écrire. La preuve, depuis qu’on se pique de progrès et de contrôle de notre environnement, c’est de pire en pire.

    A propos de Monsanto, savez-vous qu’ils ont trouvé moyen de faire interdire le purin d’orties…

    Nous sommes des singes dévoyés comme disait Cioran.

    C’est dans cette adaptation de soi au monde dans un but archaïque, l’enrichissement, mais exalté par une interprétation nouvelle de la Bible, que réside l’invention du capitalisme moderne.

    Le capitalisme moderne n’est, depuis le développement de la techno science qui a suivit, rien d’autre que la démonstation par le détail de notre bêtise avide, mise en action par des stimuli artificiels et inutiles. Avec une puissance de feu exponentielle.

    Alors comment on fait, mon cher tétrapode, pour tenter de réparer ?…

    1. Mike,

      faire interdire le purin d’orties…

      Quelles raisons-raisonnantes ont -ils données ? ( je ne parle pas du lobbying sous-jacent , ni de l’utilité de cette interdiction pour leur CA ) …

      Merci de votre réponse éventuelle.

    2. Si j’ai bonne mémoire : parce qu’on ne connaît pas exactement les « effets » du purin d’ortie.

      C’est don plus prudent de ne pas l’utiliser. Pas mal non ?

      ça doit être référencé quelque part.

    3. Pas sûr de vous suivre sur les mutations très rapide.
      C’est des bifuractions, c’est connu comme point de basculement entre deux attracteurs, effets de métastabilité, etc. .
      L’intermittence avec alternance de phases rapides et de phase plus lente est une propriété bien conneu des « systèmes dynamiques non linéaire » grosso modo, c’est à dire pas mal de choses qui nous entourent.
      Et comme chaque système est plongé ou un peu interdépendant d’un voisin, le Cygne Noir (n N Taleb) n’est jamais très loin. Même si on n’en voit pas la plume .

    4. Je crois que Monsanto a « déposé » un brevet de purin artificiel et considère le purin « self made » comme concurrence déloyale.
      Il doit y avoir des attendus de tribunal international à dénicher.
      Rien n’arrête ces salopards de lobbyistes riches, très riches.
      Ils brevètent le vivant et…. vont bientôt faire condamner les poules pour ponte abusive.

    5. Pour le purin d’orties, sauf erreur, tous les produits phytosanitaires doivent obtenir une homologation, le coût de cette homologation doit tourner autour de 20.000€, qui donc va débourser 20.000€ pour un produit d’usage gratuit. Simple comme bonjour, le pognon va au pognon. Pas d’homologation, il est interdit d’en donner la recette et son usage. La boucle est bouclée, il doit même y avoir une pétition à signer, que j’ai signé mais il y a déjà un moment.

    6. Donc pour les causes de l’interdiction du purin d’ortie on peut résumer ainsi : personne pour défendre ni homologuer cette brillante mixture. Merci pour vos éclaircissements.
      Le séquençage ADN nous en promet de belles. Depuis un certain temps déjà on peut voir les grosses boîtes breveter et homologuer à tour de bras les produits de la nature. C’est magnifique.
      J’ai habité et bossé aux US, il y a longtemps maintenant… combien fus-je frappé par le pouvoir des hommes de droit et de la réglementation. Vous aurez aussi noté que ce sont eux qui ont sauvé la mise des banquiers lors des auditions devant la commision du congrès. On les voyait conseiller les banksters interrogés en arrière plan… mais assez.
      @ Timiota. J’avais en tête cet exemple d’une éruption volcanique maritime qui eut pour conséquence de modifier la couleur du fond de la mer et où on pu observer une espéce de crabe changer la couleur de sa carapäce en quelques semaines… Mais vous avez l’air de bien connaître.

    7. Merci Boffer, pour ce lien, pour faire simple, ce n’est pas les compétances dévouées qui manquent mais l’argent pour se défendre ou attaquer des décisions réglementaires obscures contre le bien commun.

    8. Oui merci Boffers… voilà qui clarifie, si j’ose dire, le délire kafkaïen dans lequel nous embarque une administration pilotée par des politiques pointilleux, influençables… ou débiles. Serait intéressant de connaître les manips de Monsanto et consorts pour en arriver là.

    9. à TARTAR,

      Et les humains, qui se reproduisent en faisant l’amour, seront interdits pour cause de lèse-majesté.

    10. Et les humains, qui se reproduisent en faisant l’amour, seront interdits pour cause de lèse-majesté.

      ben oui, parti comme c’est !
      car les manip° en éprouvettes, on pourra les faire payer, mettre une assurance dessus, des fonds de pension …des sous, des sous !!
      et, puis, on pourra trier, et acheter comme sur catalogue ( catalogue graines Monsanto, mais je m’égare …) : un comme ceci cela …au bout du compte, tous uniformes ! rompez ! obéissez !

  8. @Crapaud

    Peut-on résister au capitalisme ?

    Vous voulez dire, peut-on résister à un mort? Oh je pense bien que oui, le tout étant de débrancher ce qui lui tient lieu de respirateur artificiel…

  9. Bon article, cependant l’aspect probabiliste de la survie ou de la mort (des individus ou du capitalisme ) n’est peut-être pas assez mis en valeur, dans cette époque formidable où l’histoire s’accélère. N’en déplaise à Fukuyama!

    Si stratégie il y a, c’est clairement celle « du choc » comme l’a prophétisé Naomi Klein.
    Voir « de l’économie verte », durable et totale sensée nous éviter l’apocalypse: Al Gore n’est-il pas l’homme qui a pricé le carbone?

    Heureusement, malgré tous les chantages au risque systémique, nous ne sommes guère condamnés à l’alternative adaptation/mort.

    De récents événements montrent que les changements peuvent être brutaux.

    Le capitalisme est une vieille charogne, et ça grouille sévère à l’intérieur.

  10. Bon, je ne suis pas en forme, juste une remarque. On précise toujours et je pense que W le précise dans son ouvrage, que l’éthique protestante aurait été à l’origine du capitalisme, non par la suite dans son développement. Il ne s’agit que de l’origine, il ne dit rien sur l’éthique en soit du capitalisme…

    Je me demande si, chacun étant éduqué à l’efficacité… on en vient pas à une éthique de la rentabilité dans le privé. C’est une ascèse, en ce sens : toujours peu de moyens ! Ce n’est jamais le grand jour. L’éthique veille, celle, de l’économie.

    Nous sommes tous plus ou moins malade de ce système mais, on a vu des gens se résoudre à accepter leur condition de prisonnier, car la liberté fait bien plus peur encore. En ce sens, le Grand inquisiteur de Dostoievsky dit la vérité : Les gardiens protègent des mystères, asservir est protéger.. L’existentialisme était une tentative de libération, mettant en avant la spontanéité, pour le bien d’autrui également, de même que le surréalisme. La liberté c’est l’inconnu, l’étrange, le rêve, et les barreaux d’une prisons sont rassurants. Nous ne sommes pas faits pour être libres. Mais les jeunes si. Quand j’allais en Pologne en train, les polonais discutaient entre les compartiments. C’est ça la liberté, parler à des inconnus dans un train en fumant à la fenêtre, fumer et discuter toute la nuit, de Cologne à Varsovie.

    1. Votre exemple précise une liberté qui reste le cadre d’une normalité social avec un peu moins de pudeur et de l’enthousiasme, le mot liberté est un absolu (il ne peut y avoir de liberté totale sans nuire à autrui, en cas de non fumeur), ça me fait penser à un acteur qui serait libre de changer tout les jours de théâtre, mais qui au final jouerai la même pièce, alors qu’un autre obliger de resté dans le même aurait envi d’écrire de nouvel pièce, l’important est-ce les barreaux ou notre imagination pour réagir à ces barreaux, est-ce qu’il vaut mieux ce conformé au règle de temps de lieu d’espace et adapté son idée, ou ce perdre dans la liberté parfaite, lequel est la plus créatif et le plus intéressant pour le spectateur.

  11. De la fenêtre de mes yeux,

    Le capitalisme est le fruit d’une stratégie rationnelle permettant à l’homme de croire que l’enrichissement est synonyme de bien être, ledit enrichissement se réalisant par l’effort de à accomplir afin de maîtriser la nature. Mais vivre avec la nature, on sait le faire depuis que l’homme existe. Alors, place aux chimères, à la prétention d’une poursuite d’un meilleur dont on n’a pas idée, qui, pour la multitude qui ne fait que suivre le mouvement, conduit à la révolte.

    Le but de la stratégie: se détourner de l’idée divine. Tout ça à cause d’un rejet des conséquences hégémoniques du monothéisme.
    Le zéro et le un n’ont pas fini de dévaster les esprits 🙂

    1. Pas sûr de vous suivre sur le numérique comme dévastation.

      Certes dans la phase actuelle, suivant B Stiegler, c’est un support de mémoire numérique qui facilite la forme des industries de programmes « pulsionnelles » et leur rôle dévastateur. Mais c’est la phase « d’adaptation », pas encore celle « d’adoption ».

      Le numérique a un bien plus grand potentiel de réciprocité (internet) que ne l’avait l’analogique (l’ORTF pour faire simple). L’analogique n’est pas discrédité pour d’autres raisons que je vais résumé à ma façon :
      [i] il était contrôlé par une génération « littéraire » de formation, « Apostrophes » , Jacques Chancel, pour prendre des noms biens médiatiques…
      [ii] il laissait un controle direct sur la machine pour toutes les générations. Même une mamie pouvait faire marcher un vinyle, c’est moins évident dans le numérique aujourd’hui. Autrement dit la place de la main comme médiateur du cerveau (et médiateur o combien important dans l’anthropologie) était accessible pour la majorité (je pense à R Sennett « Ce que sait la Main »…) . C’est moins le cas du clavier aujourd’hui, sauf pour les « digital natives », et encore. Souvent , ceux de 20ans aujourd’hui n’ont qu’à peine idée de où se trouvent les 1 et 0 en question, encore moins d’un code ASCII. Du coup, ce sont des bons candidats gogos pour les piratages de données…

    2. Je conviens qu’il puisse y avoir ambiguité sur la dernière phrase de mon billet.

      Je n’avais pas vu le zéro et le un sous la forme du codage numérique.
      Votre propos m’informe que par ailleurs, on estime que ce codage, qui règne en maître désormais dans la technologie de pointe et dans la diffusion de l’information, pourrait présenter un danger.

      Je tentais simplement d’associer le monothéisme à une forme numérique, qui me parâit être le chiffre un. Le chiffre un considéré seul, est hégémonique, car il englobe tout.
      Quant au zéro, découvert par les incas il me semble, et répandu dans le monde assez tardivement, justifierait l’athéisme par le néant, ,et donnerait notamment au nihilisme de Nietsche une couleur qui selon moi n’a pas.

      Ces deux chiffres ne laisseraient pas la place aux autres (le deux, le trois et le cinq) qui paraissent être fondamtentaux. Pourquoi? Et qu’en est-il du quatre?Je n’en sais rien . Désolé d’être énigmatique. Tout ceci est quelque chose que je pressens en ce moment, et qui pour moi, n’est pas encore très clair. J’essaierai peut être de donner mon point de vue sur l’intérêt qu’ont ces chiffres quand tout ça sera plus mur dans mon esprit.

      PS: je vous promets, je ne consomme pas de drogue 🙂

    3. Concernant le numérique, peut-être est-il prématuré de porter un jugement. C’est un outil interface qui se développe et il s’avérera peut-être rapidement que c’est un cul de sac… Qui sait, d’ici 20 ans tout sera éventuellement controlé via nos impulsions cérébrales. Purs esprits nous serons… comme les participants de ce blog.

    4. Qui sait, d’ici 20 ans tout sera éventuellement controlé via nos impulsions cérébrales.

      ouh la, quand Al Zheimer sera connecté, ça va dépoter ! bien fait, na !

  12. Protests Spread To Saudi Arabia.
    http://www.zerohedge.com/article/protests-spread-saudi-arabia

    Et au Koweit on distribue l’argent et la nourriture gratuitement pour acheter la ‘paix’:

    Kuwait is paying its citizens $3,500 plus free food for a year to keep calm. Oddly, visions of money dropping helicopters, infinitely extendable unemployment insurance and tax breaks keep dancing in our head.

    Arab World’s Berlin Moment?

    http://www.zerohedge.com/article/arab-worlds-berlin-moment-0

  13. Votre critique du darwinisme est magnifique.
    convaincante et d’une économie de moyen…
    Ceci dit, avec des prémisses assez fausses (tautologiques)
    les savant font quand même de la bonne science.
    Le darwinisme est si primaire qu’on peut le considérer
    comme un simple signe de ralliement. Pour passer aux choses
    sérieuses et travailler utilement.
    Je ne pense surtout pas à la biologie génétique
    qui semble actuellement dans une impasse, juste un instrument
    pour faire du pognon au nom de la Santé ou pour les Monsanto.
    Encore que les espoirs ne se concrétisent pas vraiment…
    Il y faut une manipulation (matraquage) politique intense.

    Tout ceci pour dire que Weber ne soulève pas plus
    d’enthousiasme que Darwin.
    Weber , c’est vieux et sans doute dépassé. Il est peut-être
    utile pour comprendre la mise en place d’un capitalisme
    primitif. Le capitalisme actuel en est très, très, loin.
    Le capitalisme primitif, avec Calvin, pouvait prétendre
    rendre grace à Dieu, sans bondieuseries hypocrites.
    Ses oeuvres, agréable à Dieu, justifiaient tout
    L’ actuel a pulvérisé ces hypocrisies ouvertement.
    L’actuel repose sur une atomisation de la morale
    ordinaire. Le plus grand nombre ne s’en vante
    pas, mais on a l’intuition que le cynisme le plus inhumain
    va devenir un modèle…

    J’attends avec curiosité la suite.
    Il est vrai que pour entrer en résistance, il faut avoir
    supporté une grande défaite, identifier clairement
    l’ennemi et se donner des raisons de le haîr, pour
    mieux le combattre. Pour ma part, je sais que le capitalisme
    actuel est l’ennemi du genre humain.
    La souffrance qu’il nous inflige -et d’abord de rendre le monde
    incompréhensible- vaut bien toutes les défaites.
    ( soit dit en passant, « la stratégie du choc » reste inégalé
    dans ce domaine.)

    1. @ daniel dit :
      30 janvier 2011 à 00:25

      mais on a l’intuition que le cynisme le plus inhumain va devenir un modèle…

      ce cynisme est-il compatible avec une société humaine ?

      on a l’intuition que non ; d’où les révoltes futurs ………………..

  14. En conclusion et pour faire court : l’espèce doit s’adapter à son milieu, le guerrier à la guerre, le capitaliste aux affaires, et le tout venant au travail. C’est dans cette adaptation de soi au monde dans un but archaïque, l’enrichissement, mais exalté par une interprétation nouvelle de la Bible, que réside l’invention du capitalisme moderne.

    Vous venez de me guérir,, de me faire comprendre pourquoi je ne pouvais m’adapter à mon milieu car je me demandais depuis si longtemps pourquoi je ne supportais pas ce que la société (capitaliste) me proposait et pourquoi cette phrase « sonnait « et sonne encore en moi : : »Quand tu fais l’aumône à un pauvre, tu ne fais que lui rendre ce à quoi il a droit, car voici que ce qui était destiné à l’usage de tous, tu te l’es arrogé pour toi tout seul. »…

    1. Martine BX-L
      »Quand tu fais l’aumône à un pauvre, tu ne fais que lui rendre ce à quoi il a droit, car voici que ce qui était destiné à l’usage de tous, tu te l’es arrogé pour toi tout seul. »…

      Ne mélangeons pas tout !
      Il y a d’abord le « vrai pauvre » et d’autre part celui qui tire profit de la pauvreté pour en vivre sans effort. Au moyen âge, pays de grande pauvreté mais aussi de grande spiritualité en europe, seuls ceux qui portaient la « médaille des pauvres » avaient le droit de tendre la main à la sortie des églises…..Vous trouverez si vous cherchez comment on distinguait les 2 catégories de pauvres: Faux pauvre: l’alcoolisme, la paresse avérée, etc…
      vrai pauvre: la maladie, le handicap physique ou mental, blessure, etc…

      Ensuite rien n’établit que le riche s’est arrogé ce qui était à l’usage de tous ! Le riche a éventuellement créé par son labeur sa richesse sans spoliation ni vol d’autrui ! Il a peut être même facilité la vie des autres par son activité laborieuses.
      De plus, le riche ne réserve pas systématiquement pour son seul usage malsain ce qu’il a acquis honnêtement…..
      Votre remarque dénote simplement de l’envie !
      La richesse peut être souvent le signe d’une grande misère spirituelle quand elle découle de la cupidité et de l’avarice et qu’elle engendre l’orgueil et la vanité.
      Mais la pauvreté n’est pas systématiquement la preuve d’une richesse spirituelle surtout quand elle n’est pas un choix de vie, mais au contraire le résultat de vices !

      entende qui voudra, comprenne qui pourra !

    2. Pour désigner qui est le vrai pauvre et le faux pauvre , il faudrait passer par une étape qui n’est pas chrétienne puisqu’il est dit : « tu ne jugeras point « .

      Ceci dit, cela n’est probablement pas donné aux pauvres d’esprit …
      On se croit riche en faisant l’aumône , mais le plus pauvre n’est pas celui qu’on croit .

    3. @ Albin.
      Enfin de l’humour! Et du meilleur.
      [ Le crapaud respire l’humour par la peau.
      Si nous l’en privons, il va dépérir…]

      J’ai censuré le reste, trop ironique.

      Précieuse Martine:
      Le monde que le « système » nous offre est un désert violent,
      rébarbatif et incompréhensible. S’en préserver et s’abstenir
      – pour se consacrer aux siens – est compréhensible.
      Pourquoi s’y adapter ?

    1. Martine – Bxl,
      s’adapter à tout et à n’importe quoi n’est pas une bonne idée …mais, elle est trés « à la mode » actuellement …- ne pas être systématiquement d’accord, c’est être ringardisée …(tant pis !) –
      cela veut dire ne plus avoir aucun esprit critique …cela veut dire être soumise à la propagande-mkg …cela veut dire « ne plus avoir conscience de » ( ce que l’on peut faire sans dommage pour autrui … et,ce pour quoi il est judicieux de dire « non » !)

      d’une qui s’est adaptée trés facilement à moult changements de travail ( trés stimulant , car volontaire : désir de ne pas s’encroûter ) et de lieux, mais qui maintenant dit « non », suffit …car cela n’a plus de sens !
      évidemment, sauf dans les métiers bien payés, « pierre qui roule n’amasse pas mousse » …
      = pauvre, avant d’être trés pauvre ! …et, pas de lieux pour faire pousser des légumes !!

  15. jamais le travail humain n’avait été, avec autant de précision et d’intensité, cadencé par des machines.

    Faudrait pas confondre « Metropolis » avec la réalité des usines.

    Comment est définie la cadence des machines ?

    Très simple :
    On choisit de chronométrer l’ouvrier le plus performant.
    Et sa productivité est ensuite imposée à tous les autres.

    1. vincent david @
      On choisit de chronométrer l’ouvrier le plus performant.
      Et sa productivité est ensuite imposée à tous les autres.

      Faux ! Et même Archi- faux !
      méthode des coûts standards US, que j’ai pratiquée dans une autre vie de ma jeunesse:
      On chronomètre selon la méthode des observations instantanées plusieurs ouvriers choisis parmi les plus stables, les plus réguliers et souvent les plus engagés syndicalement.
      On dresse la courbe de gauss des temps par opération
      La plus grande fréquence moyenne d’une opération résultant d’au moins 3 ouvriers est définie comme allure 133
      On réduit alors à l’allure 100 ce qui doit être la norme de l’ouvrier moyen.
      S’il réalise l’allure 100 il touche sa paye.
      Le bonus est calculé jusqu’à 133.
      Au delà pas de bonus !
      Je suis à votre disposition pour chercher dans mes archives de « plant-controller » plus d’info sur cette méthode de fixation des rémunérations en coût standard !

    2. Permettez-moi, Albin de rebondir sur votre expérience.
      Il ne faut pas s’arrêter au milieu de ce conte. Allons jusqu’au bout.

      Une fois les incapables de suivre l’allure 100 virés, parmi les « z’heureux sélectionnés », vous en trouverez assez rapidement 3 autres capables d’assurer une allure 140. Et on re- chronomètre tout le monde sur une allure qui est maintenant sur une base 105 (que l’on prend bien soin de rebaptiser base 100, bien sûr). Encore un lot de viré, et au bout d’un temps on en trouvera bien 3 autres qui assureront une allure 145! La pression du toujours plus aidant, peut être peut-on se contenter d’en avoir deux assurant l’allure maximale, ou alors faisons les mesures sur une heure au lieu d’une journée. Et on remet ça un peu plus tard, bien sûr…
      Seulement si l’on est non seulement professionnel mais aussi un peu humain, on se rend vite compte qu’au bout de quelques temps, le personnel autrefois enjoué, plaisant, finit par se pointer plus souvent faisant la gueule. Le stress et la fatigue aidant, les conjoints se parlent moins, le temps dédié aux enfants est moindre ou de moindre qualité (n’embête pas ton père avec ton problème de maths, il est fatigué aujourd’hui … encore plus qu’hier et avant-hier).
      Seulement, la qualité de vie ça ne se mesure pas vraiment, alors, quelle importance…

      J’ai vécu ça sous les cieux étincelants et exotiques d’Australie, en middle-management sous pression constante d’une direction anglo-américaine.
      J’ai démissionné et l’ai payé cher, mais ça m’a fait du bien.
      N.B. J’ai brûlé mes archives.

    3. oui, il parait (dixit des ingénieurs, travaillant sous régime US, puis mutés à Singapour, sous management australien) que les zuesses, c’est du billard par rapport au management australien …enfin, ça doit dépendre des lieux, évidemment …quoiqu’avec la « mondialisation » ! Il s’agit toujours de multinationales, bien sûr …
      Quo non ascendam ! (version capitalistique)

      cadence …galères …
      ceux qui suivent, ceux qui ne suivent pas …
      on n’arrête pas de reproduire…autrement …

      http://www.youtube.com/watch?v=ShnNqPWdHwM

  16. Pardon, mais dire que le capitalisme néo-libéral est le fruit du protestantisme est parfaitement ridicule. Le protestantisme s’est implanté dans un milieu culturel qui lui était propice, c’est ce milieu, et lieu géographique précis, qui a donné le système de valeur actuel.
    A l’origine, à la fin du moyen-âge, ce milieu est allemand et nordique, l’importante immigration allemande au nouveau monde, en concurrence avec l’immigration française catholique, dans des territoires sans état va structurer le mode de pensée qui donnera les états-unis actuels et ses principes « l’argent comme seul dieu ».
    Le protestantisme n’est pas qu’allemand, seul le protestantisme de Luther l’est, en France ou en Suisse le résultat en a été très différent.
    Le protestantisme a bien prit en Allemagne pour deux raisons : des terres riches donnant un surplus important permettant affronter des hivers longs et rudes, et la brutalité de « l’état » alias les princes locaux, tant les nobles que les princes de l’église, toujours en guerre au frais des cultivateurs.
    Sans guerres et sans hivers, pas de terreau pour une révolte et la recherche de l’autonomie – rejet de l’état.

    La forme la + primitive du capitalisme est certainement la recherche de l’assurance de ne pas manquer pendant l’hiver. Il faut s’y préparer, cad accumuler, pour un hiver, pour un an, pour plusieurs hivers, pour sa vieillesse, pour donner de meilleures chances à ses enfants après soi. Peser un certain poids en tant que communauté aisée, c’est aussi devenir autonome vis à vis des autres, notamment des hommes de guerre, de « l’état », dont fait partie l’église catholique.
    Rien de religieux là-dedans, Luther n’a fait que traduire en termes théologiques la situation culturelle dans laquelle il vivait, celle qui lui paraissait le mieux convenir pour amener des relations sociales sans heurts, ce qui est toujours le but d’une religion.

    A noter qu’avant d’être catholique, l’Allemagne fut très longtemps arienne (d’Arius, pas aryenne), courant qui survécu jusqu’à l’arrivée du révolutionnaire Luther et contre lequel se battit Calvin. Les autres régions du monde ont efficacement supprimé l’arianisme dès le début du moyen-âge. Il est intéressant de savoir que l’arianisme rejette la plupart des dogmes théologiques de l’église catholique comme la trinité ou la divinité de Jésus.
    Je vois personnellement dans l’arianisme l’origine de ce qui donnera le « toujours moins d’état » du libéralisme, à l’origine anti-autoritarismes, clergé inclut, qui se dévorera lui-même pour accoucher d’une religion nouvelle, sans dieu visible, le néo-libéralisme.

    1. une religion nouvelle, sans dieu visible, le néo-libéralisme.

      Et le pognon alors ?…

      Encore plus amusant….. c’est que l’analogie avec le veau d’or est rarement évoquée.

      Par ailleurs vos arguments concernant protestantisme et début du capitalisme néo-libéral… (que j’appellerai plutôt capitalisme « efficace ») sont un peu courts à mon sens.

    2. @HP : « Pardon, mais dire que le capitalisme néo-libéral est le fruit du protestantisme est parfaitement ridicule. » : pas du « capitalisme néo-libéral » mais du « capitalisme moderne », de façon plus générale. La thèse de Weber revient à dire que l’on peut attribuer une origine à ce capitalisme, (qu’il résulte d’une innovation « localisable » historiquement et culturellement), tout comme on admet une source au Nil. Lui, voit donc cette source dans l’innovation luthérienne, libre à vous de la placer ailleurs. Mais faites attention quand même : vous pourriez être aussi ridicule que lui. Quoiqu’il en soit, votre réaction confirme le bien fondé de mon introduction : Weber n’a pas réussi à convaincre, et depuis lors il est encerclé de contestataires.

    3. Ok, HP.
      Forme originelle du capitalisme = prévoyance. En gros, j’achète.
      Mais forme actuelle = accaparement.
      Pour la différence, voyez votre dico favori.

    4. forme actuelle = accaparement

      dico historique Robert
      accaparer :…
      « le verbe n’est attesté qu’au XVII°siècle (1625), au sens étymologique  » retenir en payant un acompte », mais signifie, dès le XVI°siècle (1562)  » retenir en grande quantité ( une marchandise ) pour faire monter les prix ». …La Révolution donne au verbe et à ses principaux dérivés une grande fréquence.
       »
      Bref, il y a ceux qui font du commerce – ce qui est signe d’échanges et de paix – et ceux qui abusent de la situation ( passé les bornes, ya plus de limites )- ce qui provoque des étincelles, des révoltes, et, qui sait, des Révolutions!

    5. Crapaud Rouge

      Comme vous je pense que le protestantisme joua un grand rôle dans l’émergence du capitalisme.
      Mais mettre essentiellement l’accent sur une cause religieuse ne conduit-il pas à sous-estimer un autre facteur tout aussi important, à savoir le facteur politique ?
      La grande affaire de l’époque de la Renaissance qui vit apparaître le capitalisme n’est-elle pas le déclin du religieux en tant que Dieu n’intervient plus directement dans les affaires humaines et l’apparition concomitante des Cités-Etats indépendantes du pouvoir religieux représenté par la Papauté ? Après tout le capitalisme fit ses premiers pas significatifs dans les cités lombardes, puis dans les Cités de l’Europe du nord, avec ses banquiers connectés au reste de l’Europe et profitant des échanges inégaux avec le reste du monde.
      Il faut le rappeler le capitalisme fut dès ses débuts financier. Braudel précise que sans une économie-monde c’est à dire la possibilité pour les capitalistes de s’affranchir des marchés locaux, il ne peut y avoir accumulation du capital. Ainsi en Italie c’est l’accumulation primitive résultant des croisades qui est à la source de la prospérité.

      Vu sous cette angle l’apparition du capitalisme est autant redevable à Luther et Calvin, pour l’éthos, qu’à Machiavel, pour sa condition politique. Je cite Machiavel car il fut le premier philosophe à penser le règne de la nécessité historique, s’entend celui de l’action rationnelle des hommes à l’horizon de l’Etat, lequel de par sa continuité est devenu comme le substitut de l’éternité représentée jusqu’alors par l’au-delà. Sans l’avènement d’un temps historique proprement humain, c’est à dire politique, et pensé comme tel, les stratégies du capitalisme auraient-elles trouvé un terrain si favorable ? Le capital aurait-il ensuite étendu son règne par delà les différences de culture et de religion ? Le protestantisme fit beaucoup pour laïciser les sociétés dès lors que la croyance religieuse devenait une affaire privée, mais celui-ci ne peut expliquer à lui seul le développement irrésistible du capitalisme à l’échelle de la planète. Il me semble que sans les Etats les stratégies que vous évoquez n’auraient pas eu le succès qu’elles connurent car ce sont les Etats avant toute institution religieuse qui portent l’ordre juridique et politique susceptible d’apporter le cadre relativement stable dans lequel les transactions financières et marchandes peuvent s’opérer ainsi que la garantie des titres de propriétés.

    6. @Pierre-Yves D. : le politique a sûrement aussi joué un grand rôle, Moi et moi avions du reste beaucoup ferraillé à ce sujet sur mon billet concernant Weber. Mais la cause première reste la rébellion Luthérienne, après plus d’un millénaire de domination catholique. Cependant, Luther lui-même n’aurait eu sans doute aucun succès, et aurait fini sur un bûcher, s’il n’avait pas vécu sur un terrain politique favorable, désireux de s’affranchir de la tutelle romaine. Disons qu’il fut la graine, celui qui sema les idées qu’il fallait où il le fallait, et que des populations entières s’en emparèrent parce qu’elles n’attendaient que ça.

  17. Weber dit, résumé par Crapaud Rouge:

    l’espèce doit s’adapter à son milieu, le guerrier à la guerre, le capitaliste aux affaires, et le tout venant au travail.

    D’une manière implicite, la nature est jugée capitaliste. Le capitalisme serait ainsi un système plus pertinent qu’un autre en termes de règles économiques régissant les humains entre eux, car plus naturel.
    Cette politisation de la nature est pourtant discutable, puisqu’elle dépend de l’image qu’on en a.
    Par exemple le lion loupe sa proie 9 fois sur 10. Alors qu’un banquier plume toujours un travailleur, et son estomac est sans limite. Un tel monstre dans la nature n’existe pas. Aussi l’exemple de Monsantos comme entreprise de capitalisation sur le vivant est judicieux (et horrible).

    1. La fin de l’histoire.

      L’économie capitaliste, comme on le voit maintenant, était l’économie qui devait venir, non parcequ’elle est naturelle, mais parce qu’elle a gagné ses guerres, d’abord contre l’ancien monde, ensuite contre ses créatures aliénées, travailleurs et consommateurs, quand bien même elles tentaient de se révolter.
      Le rêve des capitalistes est la fin de l’histoire : « plus rien après moi ».
      La lutte essentielle est dans le dépassement de cette préhistoire de l’humanité qu’auront été les premières formes du développement de l’économie pour elle même.
      Le dépassement nécessaire de cette préhistoire est l’enjeu, quoique partiellement inconscient puisque refoulé, des luttes actuelles.
      L’échec de ces luttes sera aussi l’échec d’un système qui arrive à la fin de son histoire et qui a tous les moyens de mettre fin à l’histoire tout court.

    2. @ Marlowe,

      L’échec de ces luttes sera aussi l’échec d’un système qui arrive à la fin de son histoire et qui a tous les moyens de mettre fin à l’histoire tout court.

      Je suppose que vous voulez dire  » l’histoire humaine tout court « , Si l’homme disparaît, il n’est pas certain que le système vivant disparaîtra, il en a vu d’autres.
      Ce qui ne veut pas dire que je souhaite la disparition de l’homme, au contraire.

    3. Le rêve des capitalistes est la fin de l’histoire : « plus rien après moi ».

      Ce qui est d’un orgueil jamais égalé ! ...moi (système capitaliste dans sa toute puissance, et son absence de limites ( pour les uns ~1% de la population + leurs complices directs ~10 à 15%) dans la possession accumulatrice ( vaine et illusoire ) …[ le reste de la population étant transformé en « tube digestif » = sommé de consommer des objets (souvent inutiles, à jeter après usage, car non durables) – par le biais du marketing asséné de force, et de tout côté ;et qui frise le harcèlement, et donc la maltraitance] , moi, donc système capitaliste, à tout prix et quelqu’en soit le prix pour les autres …moi, ou rien !
      C’est le système, poussé à son extrême, le plus pervers qui soit !
      Il faut donc le dépasser ! et, revenir à une vie qui a du sens, et qui respecte l’autre.

    4. @ Marlowe
      Effectivement, la terre sans les humains n’a aucun intérêt puisque nous n’y serions plus et ce serait impossible à contempler, ce qui serait d’ailleurs bien triste. sniff
      C’est bien pourquoi notre devoir est de la protéger envers et contre nous.
      Alors, de quelle histoire parlez-vous?

  18. Est-il pertinent de comparer le milieu naturel aux lois qui encadrent l’économie ?
    L’évolution se fait à l’intérieur du « couloir » de survie des êtres or ce couloir varie continuellement.
    La régulation de l’économie mondiale me semble à son échelle de temps beaucoup plus stable et permet au capitalisme de découvirir comment s’en affranchir.
    C’est une adaptation par le contournement ( de l’éthique et de la loi) et non une adaptation sous la pression du milieu.

    Ceci dit ,Crapaud, comme votre étude n’est pas achevée, j’attendrai que vous nous coassiez la suite…(sans parler de votre teasing sur la courbure de l’espace )…

  19. Qui a le pouvoir?

    Est elle ‘naturelle’?

    Quelle est l’espirit/l’intention de la constitution?

    Quelle était l’intention des pensées principales de Adam Smith, Montesquieu et Marx?

    Quelle est la dur réalité de l’écriture de Darwin ( il y a plusieurs)

    Un résumé tu as écrit une bonne article Crapaud Rouge!

    Je pense il y a une sorti du capitalisme en retrouvant la base commun que l’homme partagent.

    Alors ces sont nos priorités en commun en mettant en pratique au quotidien. C’est la base, le devoir commun et après il y a l’espace épanouissement de soi.

    Techniquement: l’argent n’a plus de valeur d’elle même. Ca nous oblige de retourner avec les pieds sur terre. Mais c’est technique et si nous ne comprennons pas ça ne sert pas en grand chose!!!

    1. Plus pratique c’est le’partagé » mais psychologiquement encore très difficile.

      La terre appartientient de qui? Les vainqueurs?

      ………………………………………………………………………………..

      Comment faire le cycle dans la contexte actuelle Michel.

      Interdire les paris sur la spéculation des matières premieres etc.?

      😉

    2. Je suis bien entendu d’accord avec l’interdiction des paris sur les variations de prix, de plus, cette mesure doit faire partie d’une palette d’autres mesures dans d’autres domaines.
      Il faut par tous les moyens investir sans intérêts financiers dans le recyclage des matières premières et de l’énergie de telle manière à ce que le recyclage de la thésaurisation et l’épargne engendre une économie d’énergie et de matières premières.
      Cette dernière constituant l’intérêt avec lequel nous pourrons produire autre chose.
      Je pense que dans la société post capitaliste, les possesseurs de la terre ou des moyens de production ne seront plus les gagnants du système.
      C’est le savoir qui deviendra pouvoir et qui devra être partagé.
      C’est bien entendu un objectif à long terme mais qui petit à petit est en train de se mettre en place.

    3. Je suis bien entendu d’accord avec l’interdiction des paris sur les variations de prix, de plus, cette mesure doit faire partie d’une palette d’autres mesures dans d’autres domaines.

      Soyons clair Michel je suis d’accord mais si surtout l’anlyse des faits reste là, le chemin va être longue.

      Il faut par tous les moyens investir sans intérêts financiers dans le recyclage des matières premières et de l’énergie de telle manière à ce que le recyclage de la thésaurisation et l’épargne engendre une économie d’énergie et de matières premières.

      Michel qui donne nous cette moyen d’investir si se ne sont pas les financiers?

      Cette dernière constituant l’intérêt avec lequel nous pourrons produire autre chose.
      Je pense que dans la société post capitaliste, les possesseurs de la terre ou des moyens de production ne seront plus les gagnants du système.

      Alors comment faire Michel?

      C’est le savoir qui deviendra pouvoir et qui devra être partagé.
      C’est bien entendu un objectif à long terme mais qui petit à petit est en train de se mettre en place.

      Ca veut dire que c’est idéaliste/utopiste?

      Je pense te comprendre Michel, mais si voulons mettre en place pour le court ou longue terme: quoi faire aujourd’hui?

    4. C’est le savoir qui deviendra pouvoir et qui devra être partagé.

      Les savoirs : tous seront utiles …à partir du moment où il y a échange et partage, il n’y a plus pouvoir !
      [ voilà bien un regard masculin ! je dis bien regard, car les femmes en position de « pouvoir » au sens capitalistique, fonctionnent comme des hommes ! ]
      Sinon, les femmes savent, en général, ce que sont les besoins fondamentaux !
      ce sont ceux qui sont nécessaires à la survie dans une forme d’ équilibre – quand ils ne sont pas pourvus, c’est une honte pour l’humanité dans son entier ! la survie, alors, n’est qu’un stress permanent – eau potable, nourriture, toit, alphabétisation .
      Voilà de quoi il faut re-partir en urgence :
      eau =) non potable sur la majorité du globe, et, ou sécheresse : le tout provoqué par les hommes, obnubilés par le désir de « vaincre la nature » : l’expression est terrible !
      au départ, ignorance, défrichement à l’excès =) désertification . Maintenant on sait, que fait-on ?
      puis pollution des nappes phréatiques( engrais divers, recherche d’énergies :extraction de pétrole, gaz de schistes, sables bitumineux …) , tout cela, par goût du lucre , car, si l’homme est si intelligent, pourquoi ne cherche-t-il pas activement autre chose ? pourquoi ne pas mettre des moyens importants là-dessus, au lieu de construire des tours toujours plus hautes et plus hideuses pour les snobinards friqués …
      nourriture =) stopper la course infernale aux OGM …alors que cela ne contente que les lobbies …et que de nombreuses personnes meurent toujours de faim…etassainir les sols. agriculture de première nécessité, selon les coutumes locales dans chaque Pays …
      – construction de logements .
      – des écoles, partout, pour alphabétiser filles et garçons …
      – se réapproprier les campagnes désertifiées ( internet le permet, sans être isolé de tout) =) sans paysans, pas de paysages …ceux qui veulent « vaincre » à tout prix la nature, et n’aiment que les bords de mer bétonnés, ne sont pas les plus nombreux : pouvoir se promener dans de beaux lieux est un des bonheurs de la vie ( bonheur gratuit : c’est là que le bât blesse, probablement.)
      – recherche (éclairée, càd, qui mène vers un réel progrès : faire le rapport bénéfice-risque …travailler sur le long terme +comité d’éthique : demander l’avis des populations )
      Bref, avant d’adorer le veau d’or, et de se prendre pour des dieux-scientistes, il serait trés honorable, de faire en sorte de pourvoir, partout, à ces besoins fondamentaux . Et, là, les scientifiques seront les trés bienvenus …

      De quoi galvaniser la jeunesse …voyager pour connaitre les savoir-faire locaux …
      Cesser de vouloir uniquement :
      – être assureur, banquier, matheux dévoyé = phynance …, marketeurs …( là où on se fait « de la thune », et où on pert le sens commun. =) ennui, drogues …

    5. @ Peter Hoopman

      si surtout l’anlyse des faits reste là, le chemin va être longue.

      L’analyse des faits évolue à chaque nanoseconde qui passe, bon d’accord je vous l’accorde, c’est imperceptible mais bien réel.

      qui donne nous cette moyen d’investir si se ne sont pas les financiers?

      Nous pouvons tous investir dans cette direction, ici en occident beaucoup d’ainés ont de l’épargne qui peut être investie dans cette direction, le tout est de leur faire comprendre que c’est de cet investissement que dépend la vie de leurs petits enfants.(Ils aiment bien leurs petits enfants)
      Si c’est le cas, les financiers n’auront plus d’autres choix que de faire de même.
      C’est d’abord avant tout aux citoyens de montrer le chemin.

      Je pense que dans la société post capitaliste, les possesseurs de la terre ou des moyens de production ne seront plus les gagnants du système.
      Alors comment faire Michel?

      S’informer, imaginer, inventer, réaliser, enfin bref, se pêter les neurônes.

      Ca veut dire que c’est idéaliste/utopiste?

      Les utopies d’aujord’hui peuvent devenir les réalités de demain. Je ne sais plus qui l’a dit
      L’utopie c’est ce qui n’a pas encore été essayer: Théodore Monod
      Je viens de découvrir ceci de Victor Hugo qui n’est pas mal
      L’eau qui ne court pas fait un marais, l’esprit qui ne travaille pas fait un sot.

      Merci pour ce dialogue

    6. @ Marlowe
      Effectivement, la terre sans les humains n’a aucun intérêt puisque nous n’y serions plus et ce serait impossible à contempler, ce qui serait d’ailleurs bien triste. sniff
      C’est bien pourquoi notre devoir est de la protéger envers et contre nous.
      Alors, de quelle histoire parlez-vous?

    7. Les savoirs : tous seront utiles …à partir du moment où il y a échange et partage, il n’y a plus pouvoir !

      Il y a toujours pouvoir, mais pouvoir (capacité de) d’être, de faire, de réfléchir…etc…c’est à dire le pouvoir sur soi-meme en un mot la liberté.
      Les besoins fonamentaux, tout est là.
      Un grand merci pour ce cri , je l’ai mis de côté et vais m’en servir pour rénover mon site.
      Je suis entièrement d’accord avec vous.

    8. @ Michel,

      Sur une blog on essaie de discuter/débattre. Et parfois ç’arrive on se comprends. 😉

      C’est exactement la même problématique/challenge aussi pour l’économie théorique et au quotidien dans la vie de chaque jour.

      Aujourd’hui nous avons plus une réference (économique) commun!

      Si nous n’arriverons pas de retrouver cette base partagé dans notre communication économique commun, la confusion va continuer.

      Par par exemple trop intellectualiser le sujet nous continuons de tourner au tour le pot. 😉

  20. Je ne sais pas si j’ai raison mais il me semble que vous n’aimez guère Darwin, Crapaud Rouge. Ai-je mal interprété ?

    Darwin ne parle pas de sélection me semble t-il, il parle d’adaptation. Utiliser le terme sélection, c’est déjà interpréter les travaux de Darwin, comme si la Nature avait une « stratégie » comme vous le supposez pour les protestants et le capitalisme.

    Darwin apporte une explication et une cohérence : l’adaptation des êtres vivants à leur environnement dans un processus évolutif qui donne la cohérence. Nous parlons là d’un monde qui a des lois objectives. Peut-être que je me trompe, mais j’ai retenu de mes lectures de Paul Jorion que la difficulté (insurmontable ?) de l’économie était justement cette impossibilité d’objectivation des lois économiques. Tout cela pour dire que rapprocher deux mondes si étrangers l’un à l’autre n’est pas forcément évident.

    Cela ne m’empêche pas d’attendre avec impatience la suite.

    1. « Sur l’Origine des Espèces au moyen de la Sélection Naturelle, ou la Préservation des Races les meilleures dans la Lutte pour la Vie »
      Titre complet de;L’Origine des espèces
      Source ;wikipedia

    2. @Didier : « il me semble que vous n’aimez guère Darwin » : au contraire, j’ai la plus grande admiration pour cet inestimable savant qui a consacré toute sa vie à ses recherches, et de façon très humble, ne se résolvant à publier que sous la pression de la concurrence. Mais je suis très énervé par les commentateurs qui se sont emparés de la « sélection » sans regarder de près ce que ce mot impliquait.

    3. « Darwin et adaptation. »
      Adaptation: comment la définissez-vous?
      Selon Darwin : par sa conséquence principale, la survie de l’espèce.
      ( Cela suppose une évolution que personne ne conteste.)
      Ne sentez-vous pas le raisonnement circulaire ?

      Ce sacré darwinisme est inutile.
      Il est juste bon à donner des arguments (faciles) contre les divagations créationnistes en vogue chez les déboussolés, aux USA principalement.
      Et contre le Lamarkisme.
      La biologie a fait un sort quasi-définitif au lamarkisme.
      Il doit bien rester quelque gaulois résistants pour défendre le si séduisant Lamark, mais ne parlant pas anglais, ils n’existent pas.

      « comme si la Nature avait une « stratégie »: »
      C’est justement le Darwinisme qui donne comme le besoin d’attribuer une volonté à la Nature!
      L’évolution n’a pas de plan, pas d’objectif, et donc pas de stratégie.

      Quand une université US à besoin de pognon pour son département de biologie, elle inonde Internet de phrases-choc du genre:
      « les dinosaure n’ont pas disparus parcequ’ils étaient inadaptés. Darwin avait raison… »
      ou bien « Darwin a raison: l’oeil du poulpe (octopus dans le texte)
      est le résultat (ou la preuve) d’une évolution vers plus de complexité etc… ».
      Evidemment, ce matraquage laisse des traces.

      En fait la Nature est essentiellement contingente,
      et cette idée passe mal. Les « lois » que l’on peut
      en tirer sont d’une pauvreté insigne et sans généralité.
      La nature nous l’impose ainsi: chaque espéce, vivante
      ou disparue, est un cas évolutif à part.
      Chaque espèce est composée d’individualités qui sont autant de cas à part.
      Les lois sous-jacentes relèvent de la bio-chimie essentiellement, mais elle n’a pas besoin de Darwin pour faire progresser les connaissances.

      Ce qui tourne autour de Darwinisme n’accepte pas
      l’idée d’être rélégué au niveau de la Géologie, par exemple:
      Décrire, inventorier, classer et classifier.
      Seul le physicien est un démiurge, pour l’instant,
      et c’est déja trop pour la survie de notre espèce…
      Cela n’empêche pas que la vie, et l’oeuvre, de Darwin, racontée
      par Stephen Jay Gould , est remarquable.

  21. Excellent billet mon cher Crapaud, même s’il reste aux niveaux des constats, je me réjouis de lire la suite.
    Permettez moi d’ajouter pour celui qui est intêressé une source pour mieux comprendre les origines de la vie,.
    Elle nous donne un éclairage beaucoup plus pointu que l’origine des espèces de Darwin, la vie n’est pas seulement une lutte entre les espèces.
    Elle est faite d’adaptation et d’opportunités, elle a horreur du vide et recycle tous ses déchets.
    A mes yeux le capitalisme et toutes ses conséquences sont des déchets qu’il nous faudra recycler si nous voulons survivre

    La vie réussi à durer parce qu’elle surmonte ses crises en recyclant et en réutilisant ses déchets. C’est là une préoccupation qui nous est guère famillière, d’où le risque d’épuisement des ressources de la planète tant dénoncées par les écologistes. C’est l’honneur de ces derniers d’avoir à protéger et à promouvoir la vie; c’est leur devoir de faire connaître au public, aux techniciens, aux responsables, aux scientifiques d’autres disciplines, »comment marche la vie ». Car nous vivons en son sein,nous fonctionnons comme elle, et ignorer ces lois, c’est courir au suicide.

    Il faut prendre écologiste dans l’aspect scientique du terme

    Conclusion d’un chapitre dans le livre  » Mes plus belles histoire de plantes » de Jean Marie Pelt
    Aux Editions Fayard en 1986
    Ce chapitre s’intitulait:
    La vie frappe les trois coups
    Où la vie naît dans la soupe
    (les origines de la vie selon la science)

  22. Bonne réflexion, Batracien.

    Si ce n’est que je te trouve dans l’opposition. (un comble de ma part, non..???)
    Soit, j’ai une vision plus complémentaire qu’autre chose.

    Et dans la série, action, réaction, l’obligation de devoir « résister » au capitalisme est maintenant devenue nécessaire. De façon à rééquilibrer la situation.
    Le parallèle est flagrant dans la nature où il s’effectue seul : une race trop prédominante meure par manque de proies…
    Soit, comme disait Marx : Et si on les laissait s’autodétruire…??? 😉

  23. Je suis désolé Crapaud rouge, mais je suis doublement pas d’accord avec votre billet et ce en tant que 1) généticien et en tant que 2) marxien.

    1) La sélection naturelle ne signifie pas que la « nature » sélectionne, choisit des individus parmi d’autres, cela signifie que dans un environnement (naturel) donné, des individus sont sélectionnés dans la rude compétition qu’il se livrent entre eux. La différence majeure entre la phrase transitive et intransitive est que l’on ne donne aucune intention à la « nature ». La nature est un réel privé d’intentions, ce n’est ni un Dieu ni un être ressemblant à un humain. La nature n’a, de fait, pas « d’esprit » . Donner un esprit à la nature est une interprétation théiste ou anthropomorphiste nommée téléonomie et qui a été clairement dénoncée par Jacques Monod dans « Le hasard et la nécessité (ces deux mots résumant le processus de sélection naturelle). Croire qu’il y a un « sens » dans la sélection naturelle est donc céder au péché (laïc) de téléonomie: croire qu’il y a un projet derrière le monde que nous voyons.

    Si la preuve scientifique qu’une théorie est juste est de pouvoir l’appliquer maintes fois dans le réel et vérifier la concordance des faits avec la théorie, je l’ai pratiqué (et mes collègues généticiens) des milliers (et des millions) de fois. Placer des microorganismes dans une environnement particulier (avec un poison tel un antibiotique pour une bactérie), les soumettre à des conditions mutagènes (sous UV par exemple), attendre quelques millions de générations et de multiplications (quelques heures suffisent) et recueillir les rares survivants qui sont des mutants résistants, c’est le B. A. BA des manips de génétique moléculaire. Et il ne faut pas se prendre pour un dieu ni pour un démiurge, on a seulement appliqué les découvertes scientifiques de Darwin et de la génétique.

    2) De même, croire qu’il y a une stratégie derrière le capitalisme est prêter bien trop de mérite aux capitalistes. Dans une environnement social, économique particulier, des individus ayant un comportement particulier dû à une pensée particulière (croire que l’accumulation de richesses matérielles est une preuve que la grâce de Dieu leur a été accordée) ont été sélectionnés et peu à peu par l’héritage et la prise de pouvoir permise par la richesse, ont transformé le monde en ce qu’il est aujourd’hui.
    Les théories, stratégies (ou plutôt tactiques) capitalistes n’ont été que postérieures à l’évolution (plutôt proche d’une nature non humanisée comme nous l’a souvent dit Paul) de l’économie capitaliste. Les justifications a posteriori sont multiples, depuis la « main invisible » d’Adam (mais non pas l’époux d’ Eve…) qui est leur Dieu caché à eux. .

    Enfin, s’il est vrai que le capitalisme génère un imaginaire adapté à ses buts, ce n’est qu’en partie dû aux stratégies des capitalistes mais, bien plus, à l’adaptation sélective des individus à un réel dont ils ne peuvent s’échapper. Vous nous dites que le capitalisme parvient à « impliquer les gens dans des actions qu’ils ne sont pas capables d’imaginer ni disposés à accomplir. » Bof: chaque jour j’agis dans la logique capitaliste non pas parce que j’imagine mes actes ni parce que je suis disposé à les accomplir mais parce que je suis contraint et forcé de le faire si je veux pas être éliminé (ou plus souvent underdog, victime) dans la lutte pour la survie à laquelle les petits animaux que nous sommes, pauvres humains, doivent participer, de gré ou de force.

    Je sais, c’est très déterministe, très peu valorisant pour la « liberté » dont nous gargarisons si souvent, mais cela ne veut pas dire non plus que tout est cuit et désespéré. Nous lisons le blog de Paul Jorion, comprenons le piège dans le quel nous sommes enfermés et guettons les occasions, même douteuses, de nous en échapper. Nous y réussirons d’autant mieux que nous connaîtrons comment s’est refermé sur nous ce piège, plus naturel que conçu par des humains omniscients et ce en profitant d’événements mis en évidence par une d’autres théories scientifiques: la mécanique quantique, la probabilité le chaos et les (trop rares) moments de possibles bifurcations. Mais cela, comme dirait Kipling, c’est une autre histoire.

    1. @Alain A : je suis tout à fait d’accord avec vous, mais vous vous croyez en désaccord par défaut d’interprétation.

      1) La nature est effectivement sans intention : c’est pourquoi il est absurde de dire qu’elle serait le siège d’une sélection naturelle. On ne peut sélectionner qu’avec une intention, par exemple des sportifs pour une compétition, des animaux pour la reproduction, ou les membres d’un club… select !

      2) « croire qu’il y a une stratégie derrière le capitalisme est prêter bien trop de mérite aux capitalistes » : oui, si l’on prend stratégie au sens conventionnel qui suppose un but précis. Mon dernier § dit bien que je fais un usage particulier du mot. A défaut de stratégie au sens propre, ils en ont une très efficace au sens élargi.

    2. Crapaud rouge
      Je vous ai certainement pris beaucoup trop à rebrousse pustules…

      Je crois que nous pensons assez de même mais je suis très attentif à l’influence des mots sur nos pensées. Je pense que la personnalisation, la tendance à anthropologiser les forces socio-politiques nous déforce quant à leur analyse. Ainsi, dire les marchés sont inquiets ou optimistes est une déformation grave. Il y a des individus, des fonds de placements, des zinzins…, qui ont des sentiments mais leur addition qui est « la tendance du marché » n’est unifiée en pensée ou sentiment nulle part.

      De même, s’il est efficace dans la destructivité, le capitalisme n’a été réfléchi nulle part, il n’est que l’addition de comportement individuels dans une struggle for life économique mondiale. J’ai déjà dit ici que j’estime qu’il est mieux que cette lutte se fasse par OPA, achats en bourse et spéculation égoïste que par le fer et le feu comme à l’époque précédente. Mais ce à quoi nous réfléchissons ici est d’aller vers le mieux et de remplacer la sauvagerie naturelle du capitalisme par une organisation collective qui, elle, n’est pas l’addition d’égoïsmes myopes mais le compromis qui favorise l’ensemble et pas certains éléments plus méchants ou plus forts que les autres. C’est évidement bien plus difficile, aussi bien intellectuellement que pratiquement.

      Bonne semaine à vous Crapaud

    3. @Alain A.

      Je me demande bien pourquoi des gens réfléchissent à une organisation qui est soit capitaliste soit collectiviste comme étant seule capable de servir l’intérêt général alors que l’on sait déja qu’aucun de ces deux modes d’organisation en est capable.

      Est il si difficile de comprendre que pour trouver un mode d’organisation qui soit mieux adapté au problèmes du XXIeme siècle il va falloir réfléchir à comment mieux mélanger les deux et surtout construire une interface entre les deux qui fonctionne de la manière la plus démocratique possible.

      Il n’y a plus guère que les libertariens et les anticapitalistes pour penser que seul le blanc ou le noir peuvent représenter toutes les nuances de gris.

  24. Très bien vu. J’avais évoqué cette idée, très maladroitement d’ailleurs, à Paul Jorion, lors de sa conférence à Vannes cet hiver. En effet, je ressens ce que vous dites comme si notre monde actuel, et ses choix de civilisation, était forcément la conséquence du passé, pour l’Occident en tout cas.
    Et quel est le phénomène le plus important du passé, sinon la religion chrétienne et ses avatars divers et variés: le catholicisme, le protestantisme, etc. qui ne se sont pas contentés de proposer une véritable approche religieuse, mais ont voulu faire œuvre de morale et de choix de vie, pour l’humanité dans son ensemble.
    Votre exemple tiré du protestantisme est tout à fait pertinent. Cette vision de la religion de l’époque « fonctionnait » quand la plupart des populations étaient croyantes et pratiquantes (une sorte de souffrance à vivre, de mortification avant la vraie vie, l’éternelle, celle qu’on annonce avec ces religions chrétiennes).
    Malheureusement, plus grand monde n’est croyant et encore moins pratiquant. Et le hiatus apparait, car la morale et la civilisation continuent sur leur lancée, mais les hommes ont pris conscience de leur individualité, de leur solitude devant le monde, la vie, la mort.
    Les occidentaux veulent vivre leur vie suivant de nouveaux critères (plaisir, abondance, etc.), avec des idéaux anciens et qui ne correspondent plus à la réalité actuelle. La science a fait avancer la connaissance de notre milieu de vie, mais n’a pas changé notre esprit et nos superstitions et nos croyances.
    Que pensez-vous de cela?

    1. Que la religion ait changé de valeurs cielesque vers des valeurs nombrilistement matérialisante est-il étonnant vu l’américane drim déversé à grand coup télémanipulatoratoirefreudiesque, on peut se poser la question, en effet…

      Sinon, et même si le rêve est indispensable à l’avenir humain, il y a des réalités qui sont en train de s’imposer de façon un peu moins freudihaine, ces temps-ci.

    2. De tout temps et en tout lieu, quelque soit la culture et la civilisation, l’homme ne cherche qu’une chose: être heureux. Et le bonheur s’avèrerait ne pas être dans la possession, mais dans l’usage des biens. Et pour certaines philosophie, le bonheur est même dans l’usage minimal.
      Alors, jamais plus de peak-oil, jamais plus de bulle, jamais plus de concentration excessive de richesse, jamais plus de trop (obésité) toujours le minimum (vital) et le bonheur est garanti à vie !
      Mais à une condition: tout le monde pareil !

    3. Ah bon, et qu’est-ce qui cherche à, met en place, une uniformisation du monde, en ce moment, quel système ? sinon, le capitalisme sans frein, l’accumulation démesurée pour une frange de la population, et un regard de cow-boy sur le monde : winners, ou rien, on vous dit !
      Quand on choisit certaines professions intermédiaires : santé, éducation, par ex., ce n’est pas un choix de winner-accumulateur, mais un choix de sens et de qualité, un choix civilisationnel !
      Le problème, c’est que le capitalisme au sommet de son dévoiement, prend possession de tous les secteurs de la Société ( y compris, la Culture comme marchandise ), et les aligne à son bon vouloir !
      Est-ce qu’on nous laisse le choix ? …
      Aucun équilibre, là-dedans !

    4. Que fait le capitalisme au sommet de son dévoiement ?
      Les hommes d’aujourd’hui s’interrogent, où va donc cette folle machine qu’est devenu le capitalisme?

      Jaurés écrivait pour sa part :  » le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ».
      On ne peut pas être plus clair .

  25. @Crapaud rouge

    Vous nous dites avoir découvert « un principe d’action général », un « principe commun » à un ensemble de faits à la base du capitalisme moderne ; et vous ramenez ce principe à une « stratégie » « imaginée » et « exécutée » par les capitalistes protestants. Vous définissez la stratégie comme suit : « un ensemble d’actions qui présente une cohérence globale et confère à chacune sa raison d’être et son utilité, alors que les mêmes, effectuées sans stratégie, seraient insensées ».Et vous précisez que « Ma définition ne pose ni principe ni méthode a priori pour qu’il y ait cohérence globale, de sorte que l’on peut suivre une stratégie comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. A l’instar du naturaliste qui découvre après coup des espèces adaptées, l’on peut constater des stratégies même quand leurs auteurs ne visent aucun but bien précis ».

    J’ai quelques critiques à formuler sur vos considérations :

    1) « A l’instar des naturalistes », c’est vous qui, dans les comportements des capitalistes protestants, découvrez cette « cohérence globale » et toujours dans l’ « après coup ». Et vous la projetez, indûment, sur les acteurs eux-mêmes en disant que les capitalises protestants ont « imaginé » et « exécuté » une stratégie ayant débouché sur le capitalisme moderne. C’est prêter aux acteurs sociaux une rationalité intégrale qu’ils ne possèdent évidemment pas.

    2) Cette « cohérence globale », que vous avez découverte dans l’ « après-coup », n’est pas aussi cohérente ni globale que vous le croyez. Vous-même semblez en convenir, puisque vous écrivez : « on peut constater des stratégies même quand leurs auteurs ne visent aucun but bien précis ».Je vous rappelle la définition de « rationalité instrumentale » donnée par Weber : la rationalité des moyens utilisés relativement à un fin posée et visée par l’acteur : dès l’instant où l’acteur ne « vise aucun but précis », on ne peut plus parler de rationalité instrumentale, ni de cohérence globale, ni de stratégie. Et de fait, les protestants, au-delà de leurs actions et comportements particuliers, ne visaient pas le capitalisme moderne comme telle.

    3) De quelle « cohérence globale » s’agit-il ?
    Pour vous –votre comparaison entre Darwin et Weber (auquel vous reprochez de ne pas avoir adopté la méthode de Darwin) le prouve à l’évidence – c’est la « cohérence globale » que cherche à établir les sciences exactes. Or, l’application, au social-historique, des principes qui gouvernent la recherche scientifique exacte (et plus particulièrement le principe de causalité) trouve vite ses limites, pour les simples et bonnes raisons que, dans le domaine social-historique, on a à faire au sens, plus précisément, aux significations imaginaires sociales selon Castoriadis, que celles-ci ont leur cohérence globale propre (qui n’a rien à voir avec celle qui préside aux phénomènes de la nature), que l’on peut comprendre mais non pas expliquer (comme l’a bien vu Weber, créateur de la sociologie compréhensive), dont on ne peut pas trouver de fondement en dehors d’elles-mêmes, que l’on peut mettre à jour moyennant un difficile et très risqué travail d’imagination (un peu semblable à celui d’un mathématicien qui imagine un nouvel axiome) etc…

    1. @ Crapaud rouge
      (suite de mon premier commentaire)

      Vous nous annoncez la publication prochaine d’un billet qui portera sur la question de savoir si on peut résister au capitalisme et comment. Je l’attends avec impatience, mais je crains fort qu’il me décevra si, du moins, vous persistez dans la mauvaise méthode que vous employez dans le présent billet.

      Les réquisits à toute résistance au capitalisme sont nombreux. Je n’en retiendrai que deux, que je tire de votre billet même :

      a) Comprendre le capitalisme.
      Ce n’est pas en adoptant les méthodes des sciences de la nature que vous y arriverez, mais en dégageant les significations imaginaires sociales qui travaillent la civilisation capitaliste et plus particulièrement le noyau dure de ces significations. Or, à mon avis, ce noyau a été excellemment défini par Castoriadis : l’expansion illimitée d’une pseudo-maîtrise pseudo-rationnelle de Tout (et pas seulement du mode capitaliste de production et de consommations de richesses : c’est pour cela que je parle de civilisation).

      Prenons l’exemple de nos « fameux » financiers : qu’est-ce qui les motive au plus profond d’eux-mêmes ? L’appât du gain ? Bien sûr, mais là n’est pas l’essentiel. Ce qui constitue le noyau dur de leur motivation, c’est la folle croyance dans l’expansion illimitée d’une maîtrise rationnelle de la finance et il s’est avéré que leur pouvoir n’était, finalement, que de l’impouvoir (pseudo-maîtrise pseudo-rationnelle) nous menant droit dans l’abîme. Il faudra bien, un jour, même sur ce blog, qu’on arrête, une bonne fois pour toutes, de considérer l’obscène cupidité de nos financiers comme l’ « essence » par excellence, de leur « être » de capitaliste (à ce compte – là, Crésus serait un bel exemplaire de capitaliste) Si demain, ces financiers gagnaient 2000 Euro par mois, avec en tête la même croyance, il n’en resteraient pas moins des capitalistes, à combattre avec la même vigueur qu’avant.

      Or, je crois que avez toujours le préjugé que je dénonce, à lire ceci : « C’est dans cette adaptation de soi au monde dans un but archaïque, l’enrichissement, mais exalté par une interprétation nouvelle de la Bible, que réside l’invention du capitalisme moderne (c’est moi qui souligne).

      b) Définir les acteurs du capitalisme.
      Vous n’en définissez qu’un seul (disons, pour allez vite, le capitaliste, par exemple Monsanto). Et que faites-vous des autres (dont nous-mêmes ici sur ce blog) qui, à un titre ou à un autre, consciemment ou pas, à un degré élevé ou pas, partagent (partageons) le même noyau de signification imaginaire sociale, décliné de multiples manières dont chacun d’entre nous en adopte certaines et en rejettent d’autres et ce, dans tous les domaines de la pensée et de l’agir ?
      Vous écrivez : «Avant l’arrivée des OGM, par exemple, il était impensable pour des agriculteurs de faire pousser des plants dont les graines sont stériles. Mais Monsanto et ses consœurs, agissant en concurrentes mais œuvrant de concert, sont parvenues à les « convaincre » du contraire : le capitaliste moderne est avant tout le propagandiste de sa propre stratégie, et ses victimes, complices malgré elles, en perdent leur bon sens comme le corbeau son fromage » (soulignés par moi). Ne seriez-vous pas en train de nous ressortir la vieille théorie du Complot ? Pourquoi croyez-vous que, à un moment donné, l’ « impensable » est devenu « pensable » aussi bien pour Monsanto que pour l’agriculteur qui a adopté ses OGM, si n’est que tous deux partagent le même dit noyau ? Et si d’autres « sont restés dans l’impensable », c’est qu’ils l’ont déjà rejeté.

    2. Whaouuu ! Ca c’est de la critique ! Bon, allez, faut que j’m’y colle. Au boulot, SAV oblige !

      « C’est prêter aux acteurs sociaux une rationalité intégrale qu’ils ne possèdent évidemment pas. » : pas consciemment, c’est sûr, ou qui est réductrice comme toute rationalité, car celle-ci commence toujours par le choix des éléments qu’elle met en relation. Mais je pense qu’il n’y a rien d’indu car, de manière générale, un être ne peut pas vivre ni même exister sans cohérence entre lui-même et son environnement. Avez-vous noté que ce que j’appelle stratégie se « projette » sur les individus et sur leur environnement ? Cette double projection existe même pour les non capitalistes, mais seuls ceux-ci ont voulu la changer. Ce fut leur grande innovation.

      « dès l’instant où l’acteur ne « vise aucun but précis », on ne peut plus parler de rationalité instrumentale » : oui, mais je ne parle pas de « rationalité instrumentale », c’est un autre sujet.

      « Et de fait, les protestants, au-delà de leurs actions et comportements particuliers, ne visaient pas le capitalisme moderne comme telle. » : oui, au départ ils visaient autre chose, un monde meilleur ou je ne sais quoi. Mais cette histoire de protestantisme à l’origine du capitalisme moderne, c’est comme pour le Nil qui n’a pas du tout la même gueule à sa/ses source/s qu’à son embouchure !

      « Pour vous (…) c’est la « cohérence globale » que cherche à établir les sciences exactes. » : non, justement non, je ne pense qu’à la cohérence de l’acteur, ou de l’être par rapport à son environnement. Ces êtres ou acteurs n’agissent pas pour représenter le monde, (de façon scientifique, religieuse ou autres), mais doivent se faire une représentation du monde pour agir. Donc une représentation « opérationnelle » dans laquelle sciences et religions ne sont que des moyens.

      100% d’accord avec ce que vous dites en partant de Castoriadis. L’imaginaire joue effectivement le rôle principal. Les animaux, par exemple, doivent « imaginer » que leur monde est dangereux, sinon ils ne prendraient aucune précaution pour se protéger des prédateurs. Les protestants ont donc imaginé que le monde « devait » être comme ceci ou comme cela, et ont agi en conséquence. C’est une « stratégie » dans le sens élargi.

      (Je vais vous poster une autre réponse à votre 2nd com’.)

    3. « la mauvaise méthode que vous employez » : je n’emploie aucune autre méthode que celle de synthétiser ce que je découvre par la lecture. J’ai l’impression que vous critiquez ma méthode à seule fin d’introduire celle de Castoriadis : je ne vous en veux pas, car je suis d’accord avec vous, étant depuis longtemps convaincu que le problème de fond est culturel. La seule différence entre moi et Castoriadis, c’est que lui a déjà fait un sacré bout de chemin, alors que je ne fais que débuter.

      En revanche, je ne suis pas du tout d’accord si vous me dites que, dès ses origines, le capitalisme moderne aurait cherché « l’expansion illimitée d’une pseudo-maîtrise pseudo-rationnelle de Tout » ! Je ne critique pas la thèse de Castoriadis, mais ce « noyau » n’était sûrement pas présent au départ, une époque où l’enrichissement n’était pas non plus ce qu’il est devenu, une fin en soi. Je doute aussi que ce « noyau » soit présent du haut en bas de la hiérarchie en tant que source de motivation. Sans doute est-il largement diffusé par les médias, et donc insinué dans les esprits les plus humbles, mais de façon passive et plutôt inconsciente. Quand le petit agriculteur indien s’endette pour acheter des graines signées Monsanto, il le fait pour deux raisons : 1) commerciaux et marketing lui ont bourré le mou, 2) il doit cultiver pour gagner sa croûte. Plus qu’une maîtrise imaginaire du grand Tout, on peut y lire de la résignation.

  26. C’est intéressant, y à juste l’aléatoire du dernier paragraphe qui me chiffonne, je vais te donner un exemple très récent, d’intervenant sur un blog sur le marché des céréales, quand les cours étaient bas c’étaient plutôt ceux qui avaient envies d’agir qui commentaient (et qui c’était le plus méfier des stocks virtuels et n’avait pas écouter le discours de nos négoces vendaient votre récolte futur ça montera pas) des que les cours ce sont envolés, ce sont ceux qui on voulu ce rattraper qui ont envahis le blog en ce déconnectant de la réalité, pour être les nouveaux défenseurs de la dérégulation, il n’y a pas hasard et ce sont eux qui vont gagner plus en ce risquant sur les options, tu sélectionnes les opportunistes (par la dérégulation) mais pas les patrons responsables.

    1. Même raisonnement avec les subventions, ceux qui ont mis le moins de moral ce sont adaptés plus vite on gagnait plus et on grossit vite, ceux qui on des scrupules ce font manger.

  27. A priori, je trouvais le parallèle entre Darwin et capitalisme plutôt bienvenu, avec comme pente commune cette « survie du plus adapté ».

    J’ignore si c’était l’un des buts de ce billet, ou si je n’en fait qu’une interprétation particulière, mais l’attribution du terme « stratégie » au capitalisme me fait l’effet d’un déclic. Plutôt qu’un parallélisme, c’est une antithèse qui lie Darwin et capitalisme !

    La « sélection naturelle » laisse espérer pouvoir adopter l’attitude adaptative permettant de faire partie de la sélection. Mais la rationalité de celle-ci, pour autant qu’elle existe, nous est encore étrangère, ce qui rend, de notre point de vue, le processus complètement aléatoire. Envisager une quelconque stratégie dans le jeu naturel est alors aussi pertinent que tenter de choisir rationnellement les numéros qu’on jouera à la Loterie Nationale.

    Le capitalisme est l’antithèse de l’aléatoire. Les pratiques mises récemment à jour montrent sans équivoque que l’objectif est le profit, et que le moyen principal d’y parvenir est de chasser l’aléa, en transmettant le risque à son voisin. Au sein du capitalisme, la « sélection naturelle » n’est bonne que pour les mauvais joueurs, trop bêtes ou trop fainéants pour planifier rationnellement leurs choix.

    « Réussir sa vie » au sens capitaliste n’est qu’une question comptable. Plus grand le capital accumulé, meilleure la vie. Chacun devrait pouvoir alors trouver la clé de sa propre réussite, comme le laissait entendre ce qu’on appelait le « rêve américain ».

    De ce point de vue, résister au capitalisme, c’est résister à l’envie, voire au besoin, de contrôle, et accepter la part aléatoire de notre existence plutôt que la transmettre à autrui. La sélection naturelle est anxiogène, mais le capitalisme s’est révélé effrayant. Fuirons-nous encore ?

  28. Il me semble que plusieurs lecteurs se fourvoient quant aux intentions de Crapaud vis-à-vis du darwinisme. Or il me semble par ailleurs que la raison se trouve dans leur confusion entre darwinisme et darwinisme social, que j’avais pointé dans ce billet.

    1. Tout à fait d’accord, Disso, j’ai relu ton billet avec plaisir, mais les préjugés ont la vie dure. Surtout quand ils ont une part de vérité, (la concurrence n’est pas une invention), et qu’ils servent les intérêts ou les rêves débiles des puissants.

    2. J’ai constaté ton passage effectivement: L’empreinte du crapaud sur un vieux billet poussiéreux se remarque dans la file des commentaires récents. 🙂

      J’ai particulièrement apprécié ton allusion à l’eugénisme qui est sans doute effectivement le pire avatar du darwinisme social, tellement loin de la thèse originale du naturaliste…

      Je trouve par ailleurs les réactions à ton billet intéressantes, non pas en elles-même car comme je le signalais ci-dessus elles me paraissent fondées sur une mauvaise interprétation, mais justement le fait que certains puissent comprendre l’exact inverse de l’idée que tu tentes d’exprimer me fascine pour l’avoir déjà expérimentée à une ou deux reprises.

      La question qui se pose dès lors étant: Comment en arrive-t-on là et surtout, comment y remédier?

  29. Juste un point que je ne vois pas cité souvent, mais peut-être suis-je à coté de la plaque ou dans le mauvais plat. Le développement industriel, c’est-à-dire la spécialisation, mécanisation, production de masse, n’est pas par essence capitalistique : elle repose essentiellement sur la conjoncture de deux points:
    – une énergie peu chère (esclaves, bois, chrabon, pétrole…)
    – des infrastructures permettant d’assurer la réunification des pièces spécialisées en machines utiles au lieu d’utilité.
    Que le modus operandi ait donné une morale (c’est-à-dire des us et coutumes) et une vision religieuse ou intellectuelle ne change rien à l’affaire.

    Plus précisément, les conditions de repli industriel seront les infrastructures ou l’énergie, mais sûrement pas un précepte moral ou un respect du futur. A mes yeux. La glose serait même ans intérêt, sauf à comprendre, et apprendre. Ce qui est juste essentiel.

  30. @Crapaud rouge :

    Vous utilisez le mot « stratégie » en parlant du mode de production capitaliste. Avez-vous remarqué que la seule option dont dispose les promoteurs de ce mode de production est la métaphore guerrière ?

    Un manager face à ses « troupes » pourra parler de :
    – « Campagne de promotion »
    – « Guerre des prix »
    – « Guerre des marges »
    -« verrou stratégique »
    -« neutralisation des concurrents »
    -« espionnage économique »
    -« prise de position »
    -« stratégie d’engagement » etc ….

    Ces métaphores ne sont pas tombées comme un cheveu sur la soupe, elles montrent que le mode de production capitaliste doit évoquer l’anéantissement ou la destruction de la concurrence pour assurer sa survie. En soi, l’utilisation de ce vocabulaire montre que le capitalisme ne peut survivre sans se créer ses propres ennemis.

    1. Si la « cohérence » des nouveautés introduites par les protestants n’a pas frappé Weber, c’est sans doute parce qu’il n’était pas possible, à son époque, d’utiliser le mot stratégie autrement que dans un contexte militaire. Et ce, parce que les métaphores guerrières n’étaient probablement pas encore utilisées. Aujourd’hui c’est facile, les entreprises mettent le mot à toutes les sauces.

    1. La leçon est claire : mieux vaut augmenter les impôts que réduire la dépense.

      Je ne comprends pas pourquoi vous trouvez que cette leçon est clalre????

      Qui a augmenté les impôts, pour qu’on puisse comparer?

  31. Espace, temps et capitalisme

    Comme les processus évolutifs, le capitalisme a besoin du temps et d’espace pour que des capitalistes augmentent leur capital grâce au taux d’intérêt en menant une stratégie de mise en place de monopôle déconnectant par exemple les marchés d’achat et de vente pour maximiser les plus-values ou les rapines.

    Dans le passé, ce type de stratégie a bien convenu aux peuples de navigateurs pour qui la mer, par les distances qu’elle instaurait entre le producteur et le client , permettait d’installer facilement un monopôle: les négociants anglais ont mis en place le commerce des vins de Bordeaux dès les 12eme 15eme siècle par exemple. Le protestantisme n’ a donc rien inventé et l’esprit libéral de l’aristocratie et de la bourgeoisie anglo-aquitaine était déjà à l’oeuvre.

    Les sociétés agricoles comme la Chine n’ont que peu ou pas connu le capitalisme malgré de grands marchés et une économie développée car le mandarinat non héréditaire ne permettait pas de prise de pouvoir par des familles ayant accaparé la fortune.

    Il faut donc pour que le capitalisme se développe, que la société humaine permette au capitaliste d’exister. Le christianisme d’avant la réforme l’interdisait en interdisant le taux d’intérêt car le « Temps était à Dieu »!

    La seule concession, avantageuse il est vrai, faite par l’église catholique a été la création du purgatoire qui permettait d’instituer un gigantesque Ponzi en faveur de l’église et de ses ordres, au détriment des hommes d’argent et banquier, grands pêcheurs désignés qui étaient censés expier un temps leurs péchés et récupérer le prix de leurs indulgences au jour du jugement dernier! On comprend leurs protestations. Les guerres qui ont suivi montrent la difficulté de trouver des accords et des régulations dans ces domaines où Dieu et Mamon ont toujours été en conflit.

    La tentation allemande de dumping par le travail que vous signalez est profondément protestante Celle française de s’étourdir dans le luxe en donnant aux riches et en faisant l’aumône aux pauvres est très catholique.

    Les déterminismes du capitalisme sont d’origine sociale et culturelle voire cultuelle et liés à une conception humaine non matérialiste de l’espace et du temps. Rien de vraiment naturel là dedans. Les fondements sont putôt à rechercher dans la pensée magique, chez Homère ou Shakspeare dans la volonté de puissance, l’identification, voire la psychose ou la perversion.

    La part efficace du capitalisme me semble être lorsqu’il est un moyen de créer une dynamique
    de réorganisation rationnelle et efficace de la nature. Malheureusement cette métaphysique se disperse dans des affects et des imaginaires dénués de réalité tels que zéro, la main de Dieu, les fonctions distributives qui ont mené à la titrisation et conduit à la perte de confiance, le pic pétrolier et la notion de décroissance etc…..

    est

  32. Ne peut-on pas considérer qu’une « évolution » soit aussi le résultat d’une série « d’actions qui présente une cohérence globale » ?
    Pourquoi n’importe quelle évolution, naturelle ou idéologique ne répondrait pas aux mêmes mécanismes ? Prenons un ensemble confronté collectivement à un certain nombre d’options, il se divisera en autant de sous groupe qu’il existe d’orientations qui auront été prises. Très vite se fera la sélection, qui éliminera les groupes mal inspirés. Mais on en verra un certain nombre évoluer à différentes vitesse, dominer, péricliter un moment et disparaître ou résister et survivre. Chaque sous groupe rescapé vivra ainsi jusqu’au moment de sa confrontation à une autre prise de décision. C’est un mécanisme simpliste qui définit assez bien l’évolution des espèces, comme l’évolution d’une idéologie.
    Un argument supplémentaire serait de mettre quelques uns d’entre nous (anticapitalistes convaincus) en situation financière beaucoup plus favorables et de voir à quel point le « capitalisme » est une constante génétique.
    Pour ceux qui ne distinguent pas d’objectif absolu dans l’évolution de l’espèce capitaliste, une piste serait de chercher le dénominateur commun à beaucoup d’autres : être l’espèce dominante c’est s’assurer d’être l’espèce survivante.
    Heureusement que l’homme est capable de contrôler ses plus bas instincts animaux, non ?

    1. « Heureusement que l’homme est capable de contrôler ses plus bas instincts animaux, non ? »
      Un doute m’habite.

      Etre l’espèce dominante est survivre par rapport aux pauvres, oui.

  33. Quant à la distinction déterminisme et libre arbitre, elle m’a toujours paru curieuse.

    Car en effet, si tout est déterminé, c’est donc que tout est prédifni . Mais cela suppose quand même un facteur extérieur qui ait intié tout ça. Donc le déterminisme est à la base préconçu par quelque chose, et pour laquelle la distinction déterminisme et libre arbitre peut aussi s’imposer. Et même si ce quelque chose n’est rien, il n’en demeure pas moins que ce rien a évolué pour une raison ou pour une autre…

    Il en va de même du libre arbitre, ou le choix qui se présente est lié à un facteur extérieur…

    Cela paraît analogue à ce dont Aristote faisait état lorsqu’il s’agissait d’établir une cosmogonie par la notion de commencement : par rapport à quoi, et comment déterminer que la chose à laquelle on se rapporte est préexistente s’il s’agit de commencement…

    Enfin la notion de hasard… Si le hasard est un phénomène dont on ne peut déterminer avec certitude ce dont il peut en résulter, mais simplement prévoir, ce n’est pas expliquer la chose, mais la décrire. C’est plutôt un aveu d’échec. En général, c’est comme pour le temps, faut prier pour que les saisons soient bonnes, même si on a la météo. Ceci dit, moi ça ne me dérange pas.

    1. une cosmogonie par la notion de commencement

      L’infini dans l’espace peut-être la démonstration de l’infini dans le temps : Il y a bien eu un commencement, mais il a eu lieux il y a un temps infini.

      Si tout est déterminé, c’est donc que tout est prédifni

      La transition serait facile de dire que tout est déterminé selon des facteurs dont le nombre est infini, mais là, c’est abuser…

  34. @ crapud rouge

    ujourd’hui nous sommes bel et bien les esclaves du machinisme

    Je pencherai plutôt pour une dictature de la vitesse.

    Exemple en Science et dans le domaine de la pharma :
    1- article paru dans newsweek (http://www.newsweek.com/2011/01/23/why-almost-everything-you-hear-about-medicine-is-wrong.html
    2- brève de LMOUS qui reprend un article américain : http://www.lesmotsontunsens.com/85-des-nouveaux-medicaments-sont-inefficaces-7766
    3- rapport de l’IGAS accable Servier et le système de santé français » (cf. http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/01/15/mediator-le-rapport-de-l-igas-accable-servier-et-le-systeme-de-sante-francais_1466210_3224.html

    La question est : comment en est-on arrivé là ? Quelles dérives ont pu conduire une science aussi utile et respectée dans un tel état de décrépitude ?
    Réponse : selon moi, la même que pour les autres (dernier exemple mis à jour : l’économie et la finance) : la vitesse.
    On aurait pu répondre : la corruption ou encore l’avidité, etc.
    Bien sûr, mais je pense que fondamentalement le mal qui ronge tout, c’est la vitesse, la course sans fin qui empêche de réfléchir.
    Car à force de courir, on ne maitrise plus rien. On ne vérifie plus ni la qualité des résultats ni même la pertinence des méthodes et des outils (ex. : protocoles en pharma, calcul des risques en finance). Il faut avancer, et vite, car sinon, on serait « dépassé », décroché.

    L’important n’est plus où on va mais être dans les premiers à y aller.

    1. Courir encore et toujours, c’est refuser de regarder sa peur en face : s’étourdir pour ne pas être face à …refuser le vieillissement, phénomène naturel, et qui donne une autre place aux « vieillissants », une place d’autre, d’autre qui a une expérience de vie, et qui laisse de la place aux autres, qui sont les jeunes, qui vieilliront à leur tour …( ce qui n’interdit pas les échanges, bien au contraire : échanges de chacun là où il en est de sa vie .)
      Les vieux se mettant en compétition avec les jeunes sur un même plan, ne sont-ils pas immatures ?
      Je ne parle pas là de vieillir mieux, en meilleur état …

      Bref, capitalisme sans frein comme une société qui a peur …peur d’aller dans le mur, et donc, qui y va.

    2. remplacez vitesse par pognon,
      tous vos exemples tombent en situation.
      La vitesse est essentielle, comme moyen.
      Pognon ici est un raccourci:
      pouvoir-pognon est aussi bien.

    3. @ Daniel
      non, justement, ce que j’essayai de montrer en prenant des exemples en science, c’est que dans ces cas (je ne parle pas de l ‘industrie pharmaceutique) les personnes qui font mal leur boulot le font sous pression du temps et d’un système qui déraille et pas pour gagner de l’argent (lisez par exemple « la Science a bout de souffle » de Laurent Segala, DR CNRS, ex. : http://alasource.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/11/03/la-science-a-bout-de-souffle.html ).

  35. @ crapaud rouge.
    (élargissement de vos propos en un point de vue plus historique,
    une esquisse.)

    Catholicisme et protestantisme (luther et calvin) sont sans doute
    important dans l’instauration du capitalisme dans les têtes.
    Il y a 3 autres religions et/ou civilisations
    qui ont leur mot à dire bien que plus « marginales » ou qui méritent attention:
    Slave
    Juif
    Arabe
    Le slavisme n’a absorbé le capitalisme que sous la contrainte
    ou en admiration pour la Kultur industrielle allemande.
    (Dans l’Allemagne des Guillaume le capitalisme était plutôt faible
    l’indutrialisme drainait la majorité des ressources et des énergies,
    et ce au moment où Weber … )

    Le monde arabe n’a pas participé à l’essort du capitalisme moderne,
    alors que ses bases n’étaient pas moindre.

    La culture juive épouse presque totalement les idées dominantes
    décrites par Weber.

    Enfin, il reste le trou noir des capitalisme anciens chinois et japonais.
    A l’origine, ils étaient presque isolés de notre idéologie, et ils
    ont construit chacun un capitalisme qui semble être rentré
    dans leurs têtes plus que par ici.

  36. Mon espèce ne cessera jamais de m’étonner: nous cherchons toujours des boucs-émissaires aux situations que nous vivons, sans aller jusqu’au cœur du problème et sans nous remettre en question.

    A lire cet article et les commentaires, on pourrait croire:
    – que le capitalisme est un système inique n’ayant jamais rien apporté de bien à l’humanité
    – que le capitalisme a détourné le genre humain de La Voie, et nous a réduit en esclavage.

    Trouver un coupable (le capitalisme, la religion, les bourgeois, …) est si commode! Cela nous évite de trop réfléchir aux vraies causes de ce que nous vivons. Les problème n’est pas le capitalisme, le problème n’est pas la « monnaie »: le problème, c’est l’Homme.

    L’homme nait imparfait: il est égoïste et paresseux de nature. Il n’est pas que ça, bien heureusement, et possède de nombreuses qualités pour contre-balancer ces « défauts ». Pour reprendre l’exemple de Darwin, disons simplement que nos ancêtres ont dû lutter de tout temps pour survivre, et en particulier pour manger et se reproduire. L’égoïsme n’est qu’un instinct de survie et de préservation: assurer sa survie personnelle avant celle des autres, et assurer la pérennité de ses gènes. Nous sommes les descendants des « survivants », ceux qui ont gardé les ressources peur eux-même.

    Mais un groupe est plus fort qu’un individu isolé. Les familles, les clans, puis la « société » est née car elle était un meilleur moyen de survivre, un système plus compétitif. Les individus qui se sont groupés entre eux pour se défendre, se nourrir, ont mieux survécu que les individus trop égoïstes et isolés. Nous sommes les descendants de ces individus sociaux, portant en eux les « gènes sociaux ». Les sentiments tels que la fraternité, l’esprit de groupe, l’empathie, sont tous issus de cela. Si nous avons tous une part d’égoïsme et d’altruisme en nous, c’est parce que cela a rendu nos ancêtres plus « compétitifs » que ceux qui en étaient dépourvus. Ls probabilités de survie étaient de notre coté.

    Il n’empêche que notre égoïsme originel, fondamental à beaucoup d’espèces, n’a pas du tout été éradiqué par nos « sentiments sociaux ». Au sein même d’un groupe d’individus, des rapports de domination se sont créés (castes, classes, …). Et entre macro-groupes d’individus, l’égoïsme donna naissance aux « guerres »: guerres entre clans, entre pays, pour s’accaparer égoïstement les ressources.

    Ce que nous vivons de nos jours perpétue le même schéma qu’avant, plus évolué. La monnaies n’a été qu’une façon de clarifier les échanges commerciaux. Le capitalisme n’a été qu’un moyen de produire d’avantage de ressources et de richesses (ce qu’il a effectivement fait, de manière éclatante), en encourageant et poussant les gens à travailler et innover. Alors bien sûr, le capitalisme est fondé sur l’appât du gain, mais c’est justement ce qui fait sa force et sa « Raison d’Etre » :il est en accord avec la nature égoïste de l’Homme.

    Vouloir tuer le capitalisme, c’est oublier qu’il n’est qu’un symptôme relativement utile de la nature humaine. Eradiquez ce symptôme, et il sera aussitôt remplacé par un autre, pas forcément meilleur (cf l’expérience communiste de l’URSS: égoïsme => accaparement des ressources par une minorité dirigeante, dictature pour garder ce pouvoir/ressources,…).

    Plutôt que de s’acharner en vain à supprimer l’expression de l’égoïsme des hommes, nous pourrions faire jouer notre deuxième trait naturel: notre esprit de groupe, notre « sociabilité ». Nous l’avons déjà fait en créant la Démocratie: un système ou le plus grand nombre décide, et peut mettre des barrières aux égoïsmes des individus. Le Bien Commun passant avant les égoïsmes privés. Par la Loi, nous avons instauré des mesures de justice sociale, de plus juste répartition des fruits de la terre.

    Notre problème actuel est-il réellement le capitalisme? Ou au contraire le problème actuel n’est-il pas l’affaiblissement de nos Démocraties? L’affaiblissement des gardes-fous que nous avions mis en place pour lutter contre les égoïsmes? La mondialisation, la libéralisation et la libre circulation des capitaux, sans qu’il y ait de gouvernance mondiale par les peuples et pour les peuples, voilà le problème. Nos Démocraties ont été affaiblies, elles ne peuvent plus décider de taxer les plus riches sous peine de voir s’envoler les capitaux. Elles ne peuvent plus protéger les plus faibles, les travailleurs, car elles sont mises en concurrence les unes avec les autres. Elles sont piégées au jeu du « faux semblant » de richesse économique importée, de produits pas chers importés aux dépens des emplois locaux. Aux gens qui ont perdu leur emploi pendant ce processus, si on leur enlève les produits bon marché importés, que leur restera t’il? La démocratie est-elle piégée à ce jeu de dupes?

    Pour rendre son « pouvoir » à la Démocratie, il n’y aura que deux solutions: revenir en arrière, vers d’avantage de protectionnisme et plus aucune circulation des capitaux et richesses (et une taxation plus juste). Ou mettre en place une gouvernance économique généralisée, ce qui implique que les peuples aient des niveaux de vie harmonisés. L’humanité est très loin de cela encore…

    1. Le problème c’est l’homme , ou plutôt ses défauts. Certes .

      Mais il se trouve que le capitalisme exacerbe l’esprit de compétition .Si des freins ne sont pas mis à tout çà, il est suicidaire ( négation des problèmes écologique sur l’autel des bénéfices).

      Petite digression pour tenter d’ouvrir à une autre spiritualité que celle des faucons ultra-libéraux américains (sectaires se réclamant d’une foi aveugle aux pauvres ) :

      Si on prend la Bible , non pas au pied de la lettre , on s’aperçoit que les premiers récits sont fort étonnants dans leur connaissance de l’humain.
      Caîn, Abel , une histoire de concurrence qui tourne à la jalousie puis au drame du meurtre .
      Et la pomme dans tout çà ? Ces foutues bonnes femmes qui nous auraient foutu dans la mouise? Quelles sont les clées de compréhension de textes qui avait pour vocation au départ d’être non point écrits mais mémorisés ?

      Coupé donc une pomme pour voir , si au fond, ce que l’humanité a tendance à dévorer tant que le mensonge ou l’erreur ne sont pas identifiés , ce n’est pas l’homme lui même .

      .

    2. Eve et la pomme date de l’époque où justement l’écrit a prit le pas sur l’oral. C’est le savoir écrit qui est « le mal » pour les prêtres juifs du 5ème avant notre ère, lorsqu’ils ont commencé à écrire, et il l’était avant eux chez les sumériens, eve et pomme comprise.

      La Bible a emprunté de nombreux passages aux sumériens comme le paradis terrestre décrit dans le poème « Enki et Ninhursag »où l’Eden hébraïque et le Dilmun sumérien ne font qu’un: mêmes fleuves, même endroit, même souffrance, même péché originel. Ce poème explique d’ailleurs le mystère de la côte d’Adam: c’est là où est le mal d’Enki, la côte vient du jeu de mot sumérien « ti » (« côte » ou « faire vivre »). Ce sont les sumériens qui ont écrit les premiers le mythe du déluge avec Ziusudra (le Noé sumérien), repris par les babyloniens.
      http://www.bible.chez-alice.fr

      Babyloniens qui ont accepté d’emmener chez eux les palestiniens comme esclaves plutôt que de les massacrer, ce qui a permit aux seconds, de culture plutôt égyptienne depuis le chalcolithique, d’apprendre plein de choses.
      La bible, toute la bible, est a prendre avec une longue pincette historique.

      Bien sûr que le système capitaliste actuel est d’abord un manque de démocratie et un excès d’égoïsme, permit par le néo-libéralisme cherchant à s’affranchir de toute autorité, reprenant en gros le mythe du bon sauvage : ce qui est bon pour chacun serait bon pour toute la tribu.
      Le capitalisme n’est pas en soi bien ou mal, il est ce qu’on en fait, comme la parole. Les chinois pratiquent un capitalisme d’état qui n’est pas « mal » puisqu’il bénéficie à tous, même si le principe du syndicat d’état lui-même est une oppression.
      Tant que le né-lib pouvait créer l’accès à la classe moyenne par le moyen du capitalisme, au prix de restrictions acceptées de libertés, le système pouvait fonctionner, il ne le peut plus et on voit au proche-orient, comme dans l’histoire, ce que donne une population qui ne croit plus dans le mythe du dirigeant compétent et dans un avenir radieux, malgré l’incroyable propagande d’état.

    3. @ HP

      Vous ne vous poser pas la question de savoir si les premiers écrits n’avaient pas pour vocation de mettre par écrit ce qui était auparavant transmis par oral?

      Prendre les explications de textes sacrés très anciens au pied de la lettre, en leur donnant une explication avec la rationalité d’aujourd’hui , c’est prendre le risque d’ une erreur d’interprétation .
      Le mystère de la côte de Eve trouverait son origine dans un jeu de mot ….Désolé ne point être convaincu. Pas retrouvé de traces de comiques sumériens…:-)

      ps / D’autre part, si les sumériens ont été les premiers à écrire le mythe du déluge , rien ne prouve qu’ils ont été les premiers à le relater .
      Car l’homme cause depuis bien plus longtemps qu’il n’écrit .
      http://www.culturafric.net/?pid=17

    4. > béber
      si bien sûr, les écrits religieux sont le report sur support durable de la légende orale, mais sans la latitude pour l’aède d’interpréter et de conter à sa façon, un écrit ne s’adapte pas à son auditoire.
      Rien ne prouve que les sumériens aient été les premiers à raconter cette légende de la création en effet, tous les peuples, depuis que l’homme parle, ont leur légende de leur origine, forcément divine. On connaît les légendes sumériens et leur époque parce qu’ils sont écrits.
      Les jeux de mots ne sont pas forcément comiques, ils peuver jouer sur le double sens. « Tu es Pierre et sur cette pierre je fonderai mon église », ça marche aussi en araméen tu crois?
      En l’occurrence, la racine commune « côte » et « créatrice de vie » peut difficilement fonctionner dans d’autres langues, il y a peu de chance que cette légende vienne d’ailleurs.

  37. au censeur les politiques de l’autruche qui est une politique qui fait des gros oeuf ne résoudra pas vos problème

  38. @Crapaud Rouge
    Quelque remarques que m’inspirent votre article ainsi que celui concernant la mécanique quantique. Ces remarques sont elles-mêmes inspirées de celles de René Thom [Stabilité structurelle et Morphogénèse, Interéditions, p.277].
    En mécanique classique, l’évolution d’un système matériel peut être décrite de deux manières; l’une par des équations différentielles locales comme les équations de Lagrange ou de Hamilton; l’autre par un principe variationnel global comme le principe d’action extrémale de Maupertuis. La deuxième description a un aspect finaliste. La première a l’avantage de fournir une stratégie déterministe et locale permettant de résoudre le problème global: hic et nunc le système adapte son accélération en fonction de la force à laquelle il est soumis.
    Concernant le capitalisme la fonctionnelle à extrémaliser est le profit et la question est de trouver les (ou des) stratégies locales permettant de résoudre ce problème global.
    On peut conjecturer qu’il en va de même en biologie, tout processus épigénétique ou homéostatique étant susceptible d’une double interprétation déterministe et finaliste. Ainsi, à tout processus adaptatif on peut sans doute associer une fonction de l’état biologique local qui mesure la complexité locale de cet état par rapport au processus considéré, l’évolution se faisant alors de façon à minimiser cette complexité. La sélection naturelle est l’un des facteurs de cette évolution (René Thom pense que des mécanismes internes à effet lamarckien jouent dans le même sens). A la différence de la mécanique classique, on ne peut espérer voir cette évolution se réaliser de manière continue, des discontinuités qualitatives, des mutations, pouvant apparaître au cours du processus. Ce qui renvoie à l’approche quantique (le temps entre deux générations jouant le rôle du temps de Planck?).
    En résumé:
    La finalité en mécanique est de minimiser l’énergie. En capitalisme il s’agit de maximiser le profit et en biologie on peut conjecturer, à la suite de René Thom (entre autres?), qu’il s’agit de minimiser la complexité.
    On a vu plus haut que la stratégie locale résolvant ce problème finaliste et global en mécanique classique découle des équations différentielles de Lagrange ou de Hamilton. Quid des stratégies locales en capitalisme et en biologie? (et quid de la « mesure » de la complexité?)

  39. Je n’ai pas trouvé ce passage de Hégel sur le net, en Français, en tout cas :

    Hégel , « La raison dans l’Histoire », en l’ouvrant au hasard, p 92 , je tombe sur :

    « Ainsi la mort naturelle d’un peuple apparait-elle comme un suicide. Nous pouvons ainsi observer comment l’Esprit d’un peuple prépare lui-même sa propre décadence. Le déclin apparait sous diverses formes : La corruption jaillit du dedans, les appétits se déchainent ; la particularité ne cherche que sa satisfaction, si bien que l’Esprit substantiel devient inopérant et tombe en ruine. Les intérêts particuliers s’emparent des forces et des capacités qui étaient auparavant au service du tout. Le négatif apparait ainsi comme corruption interne, comme particularisme.  »

    p 93 : « Les individus se retirent en eux même et poursuivent des buts particuliers. Nous avons remarqué que cet état marque la décadence d’un peuple. Chacun pose ses buts particuliers selon ses propres passions. Cependant, dans ce retour en soi de l’Esprit, la pensée apparait comme une réalité particulière : Les sciences naissent. Les sciences vont toujours de pair avec la corruption et le déclin d’un peuple. »

    p 95 :

    « L’impuissance de la vie se manifeste en ceci que le commencement et le résultat se séparent. Il en est de même dans la vie des individus et des peuples. Chaque Esprit populaire déterminé n’est qu’un individu dans la marche de l’histoire universelle. La vie de chaque peuple fait mûrir un fruit, car son activité vise à réaliser complètement son principe. Mais ce fruit ne retombe pas dans le giron du peuple qui l’a produit. Il ne lui est pas permis d’en jouir. Au contraire, ce fruit devient pour lui une boisson amère. Il ne peut la rejeter car il en a une soif infinie, mais gouter à ce breuvage est sa ruine en même temps que l’avènement d’un nouveau principe. Le fruit redevient germe, germe d’un autre peuple qui mûrira. »

    ==================

    En tout cas, tout était écrit déjà chez Hégel, et nul était le besoin d’attendre le livre improbable de la grande bibliothèque de Borges pour avoir la révélation. Les avertissements étaient écrits comme le Mane Thecel Phares, de la bible. ! Comme toujours depuis le début, on ne les a pas pris au sérieux, comme toujours il faudra payer l’addition, à moins que « l’Esprit » du temps ne se soit élevé à un niveau plus clément.

    Bizarrement j’avais ces mots dans ma tête depuis ce matin : l’étrange histoire que l’Humanité se raconte à elle même… continuer à rêver le rêve de l’humanité dirait Nietzsche car s’en éveiller serait terrible; Nietzsche qui a transfiguré complètement le thème de la décadence n’est-ce pas, pour en vider le contenu politique au profit d’une idéologie de la force, etc… La vraie décadence de la pensée, Nietzsche l’incarne malgré lui ! Je ne l’aime pas, Nietzsche est l’absence de la raison, le brouillage du concept, le néant de l’idée. Et partant, l’évacuation du politique.

    Bref, j’avais cette idée d’esprit général en tête et en rangeant, Hegel.

    « Nous autres civilisations etc, non, » Hegel l’a mieux dit

    De plus le fruit que mûrit l’Amérique était dès le départ, celui du particularisme. ce ne pouvait qu’aller très vite… Le principe est directement celui du négatif, l’Esprit contient sa propre négation…

  40. A Crapaud Rouge et au Blog…

    Que de réflexions, de références, de connaissances, de compétences, de sciences, d’opinions, d’illusions, de tentatives: contredites, controversées, approuvées, réfutées, accordées, encensées, diabolisées …

    Un seul objectif pourtant: tisser la toile d’araignée des concepts « homo sapiens sapiens » afin de légitimer la « surprédation » humaine et feindre d’ignorer le cœur du réel: l’estomac insensé du monstre.

    Revenons donc à une perception plus basique, plus simple et de fait: plus saine.

    Darwin:

     » On peut excuser l’homme d’éprouver une certaine fierté de ce qu’il s’est élevé, quoique ce ne soit pas par ses propres efforts, au sommet véritable de l’échelle organique ; et le fait qu’il s’y est ainsi élevé, au lieu d’y avoir été placé primitivement, peut lui faire espérer une destinée encore plus haute dans un avenir éloigné…

    Or, il me semble que nous devons reconnaître que l’homme, malgré toutes ces nobles qualités, la sympathie qu’il éprouve pour les plus grossiers de ses semblables, la bienveillance qu’il étend aux derniers des êtres vivants ; malgré l’intelligence divine qui lui a permis de pénétrer le mouvement et la constitution du système solaire – malgré toutes ces facultés d’un ordre si éminent –nous devons reconnaître, dis-je, que l’homme conserve encore dans son organisation corporelle le cachet indélébile de son origine inférieure.  »

    Charles Darwin. 1809-1882. Conclusions in La descendance de l’homme.

    Dans l’ensemble de son œuvre Darwin a très peu traité de « l’homme » sous l’éclairage de ses connaissances et on peut le comprendre: il avait quelques craintes pour son statut de gentleman anglais.
    Il s’est toutefois rendu compte que le terme de « sélection naturelle » – comme vous l’avez remarqué – présuppose un choix et qu’il fallait le remplacer par « la survie du plus apte » qui laisse toute sa place à la « loterie » du génome.

    Dans « la survie du plus apte », ce que Darwin a oublié – perception bien anglaise – c’est l’esprit, non pas l’Esprit inventé par les religieux pour les besoins de leur cause, mais l’esprit que nous partageons avec certain animaux, surdimensionné dans le genre humain: La ruse.
    Ruse gigantesque, transparente à l’intelligence, arme du faible par excellence et qui a permis dans un premier temps de compenser notre médiocre état organique, de tenir à l’écart le réel et le naturel: ces derniers, par effet de carences et de convergence de catastrophes, reviennent enfin sur le devant de la scène.

    Deux réflexions encore à soumettre à vos contradictions:

    – Aux esclaves de la machine: Trop pénible de marcher ? Achetez des roues!…

    – Le capitalisme a gagné, a duré jusque là, car il est le système qui attise le mieux les bas
    instincts partagés par le plus grand nombre. (Riches ou pauvres même combat débile.)

    D’avance, merci de me lire et de me « contrelire »…

    1. Relisez tout le blog depuis le début et vous allez trouver tout seul les réponses à vos questions ( s’il y avait questions ) .

    2. Pleinement d’accord avec vos réflexions, JRCS, et merci pour cette petite citation de Darwin. Notez cependant qu’il n’en était pas où nous en sommes, en conclusion il dit : « organisation corporelle le cachet indélébile de son origine inférieure » : à l’époque, c’était une nouveauté, on imaginait mal qu’un homme à l’image de Dieu puisse être fagoté comme un singe. Aujourd’hui, c’est dans l’esprit, la culture et l’organisation que l’on traque le « cachet indélébile de son origine inférieure ». Enfin, suc blog, personne ne feint « d’ignorer le cœur du réel: l’estomac insensé du monstre »…

  41. Shalom,

    Il semble difficile d’imaginer qu’une organisation sociale, une Économie, ne soit pas issue du peuple.

    Notre plus grande angoisse, que nous transmettons naturellement à nos dirigeants (qui font partie de la société), est de ne pas être occupés et qu’ainsi nous nous retrouvions face à nos peurs existentielles. Les Économies que nous avons choisies jusque lors ont toutes répondu à cette attente…jusqu’à ce que l’occupation ne soit plus suffisante ou plus crédible. Il nous a alors fallu en changer. C’est aujourd’hui au tour du capitalisme d’arriver en fin de course, et il n’y a que ceux qui prennent l’histoire par les petits bouts de la lorgnette qui peuvent ne pas (vouloir, pour certains) s’en apercevoir.

    Toutes ont été des formes de servitude volontaire. Pour toutes, cette servitude volontaire a été l’expression de notre refus d’affronter nos peurs existentielles. De tous temps nous nous sommes plaints des contraintes que nous imposait la société : c’est un signe d’espoir, la preuve de notre désir enfoui de choisir notre propre vie.

    Choisir sa vie nécessite d’avoir pris conscience de soi, d’avoir affronté ses peurs. Vouloir vivre sa vie consciente signifie également et nécessairement d’avoir la conscience de l’autre : accepter que l’autre puisse avoir une autre volonté consciente de vie : c’est une volonté de paix. Nous avons toutes les cartes à disposition.
    On comprend également que les forces conservatrices soient puissantes : c’est nous qui les avons mises en place et confiées à nos dirigeants. Ça s’est vérifié tout au long de notre histoire : les dirigeants ne pouvant participer au mouvement de prise de conscience, ils menaient la barque jusqu’à ce que, à chaque fois, elle fût récupérée par une minorité imposant un nouveau système de domination, de prise en charge, que bien évidemment la majorité puis le peuple entier finissait par accepter.

    Il serait aujourd’hui insensé – avec les moyens de communication, l’interconnexion, dont nous disposons- de laisser l’histoire se répéter. La méthode est d’autant plus simple que nous tous souhaitons – parfois encore inconsciemment, sans oser nous l’avouer- la même issue pacifique, humaniste (l’existentialisme est un humanisme) : il suffit d’en parler, de mettre sur la place publique le débat sur les peurs existentielles, sur le pouvoir que nous avons de vivre notre vie telle que nous la souhaitons.

    La question qui tracasse ceux qui n’ont pas encore su / pu / osé franchir le pas est la mise en oeuvre pratique de cette prise de conscience : comment allons-nous concrètement nous organiser ? C’est une fausse question, une question posée avec les conditions – contrainte, non-conscience – du cadre actuel. Le travail (héhé) vers la prise de conscience soulèvera cette question chez tous, et alors chacun participera à l’élaboration de solutions : qu’est-ce que je veux, puis vais, faire de ma vie, et comment trouver une organisation pour que ma vision et celle de l’autre puissent cohabiter : c’est la démocratie construite par le peuple, la démocratie. Et là il y en aura toujours pour ressentir de l’inquiétude [La peur du futur ! Faut le dire pour le croire ! Un antidote : Alphonse Allais disait « Ne nous prenons pas au sérieux il n’y aura aucun survivant », mais aujourd’hui il y a mieux : « Ne nous prenons pas au sérieux même si on va tous mourir » (Gilbert Garcin, sur FI)…] malgré tout : les possibilités sont en nous, et certains les ont déjà exprimées : encadrer l’économie (Paul Jorion…), revoir notre système de représentation (Étienne Chouard…), établir une monnaie qui puisse servir nos différentes valeurs (PSdJ, J…), réinventer une agriculture harmonieuse (Michel Lambotte…), etc.

    Après on peut continuer à broder et/ou détricoter pendant des heures. On peut même écrire un livre sur le sujet ! Mais c’est à nous de remplir les pages. C’est la démocratie.

    Salaam…or something else

    PS : merci à Lisztfr pour son éclairage : ici et .

    1. La question qui tracasse ceux qui n’ont pas encore su / pu / osé franchir le pas est la mise en oeuvre pratique de cette prise de conscience : comment allons-nous concrètement nous organiser ? C’est une fausse question, une question posée avec les conditions – contrainte, non-conscience – du cadre actuel.

      Nous sommes bien d’accord, nous sommes en face de la nécessité d’un changement de paradigme, les gens veulent être rassurés sur la méthode .
      Le problème, c’est qu’il n’y a pas de méthode, les questions se posent au fur et à mesure que les problèmes naissent et les solutions qui s’en suivent sont au antipodes de ce qu’on avait immaginer comme méthode.
      Il faut redevenir des nomades de l’intelligence en étant le plus léger possible, c’est à dire en laissant ses aprioris et idées reçues au porte manteaux;
      Ce qui ne veut pas dire qu’il faut faire table rase de l’histoire au contraire, nous devons l’utiliser comme matière première ainsi que la technologie d’ailleurs pour construire le post capitalisme.
      Comme l’évolution du système vivant nous l’a montré, notre vie évoluera en recyclant les décets du capitalisme.
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=20868#comment-145179

  42. Une idée modérée serait de dire qu’il existe un bon capitalisme, par opposition au capitalisme exagéré. La limite est assez facilement posée entre le capital qui soutien l’entreprise et le capital qui vampirise ses ressources financières tout en accentuant une certaine « virtualisation » des profits.
    Il faut donner raison à une très large majorité de petits et moyens entrepreneurs qui pensent très sincèrement que faire du profit est un gage de développement pour leur entreprise et donc de création d’emploi. On ne doit pas mettre dans le même sac les capitalistes de tous niveaux.
    Cela dit, pourquoi ne pas envisager un capitalisme de masse ?
    La mauvaise image du capitalisme est liée à « l’impression » populaire d’un amassement sans limites de richesses chez ceux qui en manquent le moins.
    En quoi un retour vers une meilleure redistribution des profits serait-il obligatoirement une perte franche pour l’investissement ? Une foi un niveau de pouvoir d’achat atteint, c’est-à-dire le minimum vital pour chacun, tout argent gagné en supplément rentre dans une démarche capitaliste qu’on l’admette ou non, dés que l’on fait un choix sur la manière dont on dépense ou épargne notre argent, c’est du capitalisme. Diversifier les acteurs du capitalisme serait un excellent moyen de régulation et en aucun cas une limitation des fonds disponibles pour l’économie.

    1. @Didier AURY :

      ce que vous exposez revient ces temps ci assez souvent dans les propos de représentants plus ou moins proches du Medef . C’est aussi la thèse de notre martyr favori , Jducac .

      Paul Jorion par ces écrits , ou à maintes fois ici à l’occasion de mise au point pour éviter des erreurs de compréhension , a renvoyer à la défintion , qui ne semble pas être la votre du capitalisme . Il redonnera sans doute les bons liens avec ses « réalignements  » précédents .

      A mon niveau , je note dans votre commentaire des notions assez floues :

      « exagéré » , confusion capitalisme /entreprise , profit vaut développement ,  » capitalisme de masse », reprise du discours de Davos ( c’est la redistribution et ces imbéciles de politqiues qui pêchent) ,  » minimum vital » ( personne n’a la même appréciation de son minimum vital ) ,  » diversifier les acteurs du capitalisme « ….

      Mais je sens que je ne vais pas être le seul à vous répondre .

    2. @juan nessy;

      il n’y a pas que Jducac, Didier AURY et « les représentants plus ou moins proches du Medef » qui pensent que même si la version actuelle du capitalisme, le capitalisme financier, fonctionne mal, il faudra conserver certains éléments du capitalisme et de l’économie de marché.

      Toutes les études concordent sur le fait que cette opinion est partagée par plus de 80% de la population des pays de l’OCDE (eg USA, UE, Japon, Australie) et par plus de 90% dans les pays émergents (eg Chine ou Brésil).

      Bien entendu, le fait que cette opinion est partagée par la très grande majorité de la population ne veut aucunement dire qu’ils ont raison. Mais sachez tout de même qu’il en va de même de l’opinion de ceux, les anticapitalistes, qui affirment qu’on ne peut rien conserver du capitalisme et de l’économie de marché et que seule une organisation collectiviste de l’économie sera susceptible d’être compatible avec la démocratie.

      La conclusion est que si dans l’avenir il doit y avoir une révolution populaire, ce que nous souhaitons tous ici, elle ne sera pas une révolution anticapitaliste mais celle d’un peuple uni dans un même but, celui d’en finir avec le capitalisme financier et faire en sorte qu’une économie mixte ,capitaliste et collectiviste, et les institutions publiques qui l’encadrent fonctionnent réellement de manière démocratique c’est à dire au service de l’intérêt général et non celui seul d’une petite oligarchie financière. Votre à priori, que ceci est incompatible avec le capitalisme, n’est pas celui qui permettra à un peuple uni de vaincre cette oligarchie financière. Il ne peut servir qu’à sa désunion, il est anti-révolutionnaire.

      D’ailleurs on le voit bien en Tunisie et en Egypte et il en sera de même plus tard en Europe : ce ne sont pas des révolutions anticapitalistes, mais celles d’un peuple uni pour faire triompher la démocratie.

    3. @Chris 06 :

      Je vous renvoie aussi à la défintion de capitalisme telle que Paul Jorion le définit ( et qu’il ne va pas tarder à rappeler ) : ce capitalisme là n’est pas soluble dans la démocratie à laquelle il s’oppose de façon frontale au point qu’il l’ignore et la domine .

      Il y a plus d’urgence à généraliser la démocratie qu’à diversifier les acteurs du capitalisme .

      M

    4. Mon clavier devient susceptble !

      ….Mais la démocratie est une longue marche , nous serons d’accord sur ce point .

      En tous cas ce ne sont pas les sondages qui font la démocratie .

      Les études de marché , sans doute .

    5. @juan nessy,

      ce capitalisme là n’est pas soluble dans la démocratie à laquelle il s’oppose de façon frontale au point qu’il l’ignore et la domine .

      sans doute, mais ce « capitalisme là », cette description d’un modèle théorique, cela fait très longtemps qu’il n’eiste pas. Heureusement.

    6. @ Didier AURY dit : 1 février 2011 à 09:48

      Ça n’est pas l’emploi du mot « stratégie » qui pose problème dans le billet de Crapaud Rouge.

      Pour moi, ce qui pose problème c’est la définition qu’il donne au but générique du capitalisme. Tel qu’il le définit et sans préciser le sens attribué aux mots « profit » et « richesse », pour le plus grand nombre des lecteurs, le capitalisme apparaît d’emblée comme un processus négatif, mis en œuvre par des êtres haïssables, malfaisants pour la communauté humaine. D’ailleurs, comment pourrait-il être vu autrement quand un des patrons de l’un des plus grands partis politiques français a déclaré « je n’aime pas les riches »

      Or, comme vous le pressentez, et avant que les théories de Marx et autres aient accompli leur œuvre destructrice, visant à présenter dans l’esprit des foules, le capitalisme comme une tare et un défaut, le bon sens traditionnel présentait l’épargne, l’accroissement et l’économie des ressources, comme une vertu à laquelle il était du devoir de chacun de prêter attention et même de s’astreindre.

      Ce que ce billet ne met pas en évidence, c’est que le capitalisme est le processus de base nécessaire à la perpétuation des êtres vivants.

      Or, c’est bien là que se situe notre mission fondamentale, ce devrait être le but générique de chaque espèce vivante, donc le devoir premier de chaque être humain. Ce qui permet d’atteindre ce but, c’est de pratiquer le capitalisme, en travaillant beaucoup et consommant peu. Cela consiste, en s’appuyant sur les acquis du passé, lesquels constituent le capital initial, à y ajouter par le travail du présent, les acquis du présent qu’il convient de capitaliser et non de consommer, afin de donner aux générations suivantes les meilleures chances de prendre le relai pour affronter le futur et surmonter le plus possible de ses inconnues.

      Qu’est donc le capital initial ? Outre les richesses matérielles, y compris l’énergie sans laquelle il n’y a pas de vie, il faut aussi y voir les richesses génétiques, spirituelles, morales, humanistes, scientifiques, culturelles etc… tout ce que l’on a hérité du passé individuellement ou collectivement et qui s’est constitué par accumulation, par ajouts successifs, par capitalisation dans nos gènes et sur notre planète.

      En voyant ainsi le capitalisme, certains se comportent individuellement et collectivement en agents responsables, et consacrent, en dépit des apparences, plus d’attention à l’accumulation qu’à la consommation. D’autres, par nature anticapitalistes, sont plus enclins à consommer qu’à capitaliser et ce faisant œuvrent moins à la perpétuation de l’espèce que les capitalistes.

      On a longtemps opposé capitalisme et communisme. Or, il semble bien, si l’on se réfère aux orientations récentes prises par les pays communistes, que l’on a davantage intérêt à mettre en commun l’esprit capitaliste que l’esprit communiste, si l’on ne veut pas voir les autres vous dépasser et au final vous éliminer. Car une mentalité communiste, fondée sur la négation du capitalisme, incite à la jouissance immédiate, au moindre effort, à la consommation plus qu’à l’épargne.

      C’est cette faiblesse qui s’est emparée de nos pays occidentaux. Ils ont voulu redistribuer plutôt qu’inciter à l’effort et à l’épargne. Ce faisant, ils ont fini par distribuer de la dette. Ils ont autorisé à consommer aujourd’hui ce qui risque de ne pas pouvoir être épargné demain. Car nous manquons de ressources pour renouveler nos moyens d’appropriation de l’énergie et des métaux, lesquels commencent à manquer pour prolonger notre civilisation industrielle.

      Si ça n’est pas trop tard, je pense que les occidentaux devraient réfléchir à la réhabilitation du capitalisme auprès de leurs peuples, plutôt que de chercher à y résister.

    7. C’est vrai que pour qu’on puisse communiquer de la manière la plus constructive, on devrait donner aux mots qu’on utilise une définition la plus précise possible. Or, force est de constater que nous avons des approches culturelles un peu différentes. Pour ma part, j’arrive sur ce blog avec beaucoup d’incertitudes, je viens travailler mes convictions pour les assoir plus que pour les imposer. Donc, j’accepte « démocratiquement » vos pertinantes remarques et je m’efforcerais de donner plus de précisions à mes propos même si je n’ai ni le recul, ni l’expérience, ni le talent dont font preuve la majorité d’entre vous, j’entends progresser avec votre aide, et je vous en remercie.
      Une petite précision quand même, vous verez assez vite que j’ai assez peu d’affinité avec le MEDEF, celà dit, je peu tout à fait être en accord avec certains de leurs propos.

    8. à jducac

      le capitalisme est le processus de base nécessaire à la perpétuation des êtres vivants.

      Pourriez-vous m’expliquer par quel raisonnement, vous arrivez à cette conclusion?

      Merci à vous.

      Cdlt 🙂

    9. Ce que ce billet ne met pas en évidence, c’est que le capitalisme est le processus de base nécessaire à la perpétuation des êtres vivants.

      Je veux bien admettre qu’à un certain moment il soit nécessaire d’accumuler.
      On peut accumuler un tas d’idées, mais s’il n’y a pas d’échanges de ces idées, cela ne sert à rien.
      C’est justement là où le bas blesse à l’heure actuelle au niveau du capitalisme, l’argent est séquestré dans l’épargne ou les fortunes.
      La question qui se pose et qui me motive sur ce blog est de savoir comment recycler tous ces déchets du capitalisme d’un côté du spectre que sont les avoirs financiers et les chômeurs de l’autre.
      C’est comme cela que la vie évolue: en recyclant ses déchets.

    10. @Jean-Luc D. et Jducac

      Un peu de provoc´ de ma part.

      Le Capitalisme est Dieu et Georges SORROS est son prophète 🙂

    11. @ Jean-Luc D. dit : 2 février 2011 à 10:16

      J’aurais dû parler seulement des êtres humains et non des êtres vivants.

      Voici mon raisonnement. Pour avoir de meilleures chances de réussir sa perpétuation, chaque lignée humaine doit, selon moi, se préoccuper davantage de la satisfaction des besoins des générations suivantes que de la satisfaction de ses propres besoins ou désirs. Ce faisant, elle doit exploiter le capital dont elle a hérité directement ou indirectement de ses prédécesseurs, l’améliorer et le développer compte tenu de l’évolution des sciences et techniques afin de transmettre à son tour un capital aussi important et compétitif que possible.

      La façon d’y parvenir, consiste à « travailler beaucoup et consommer peu » afin de capitaliser le surplus et accroître sa richesse quelle qu’en soit la forme.

      Bien évidemment une lignée humaine seule, ne fait pas la force d’un pays, ou d’un groupe de pays. Mais si dans une communauté ce comportement type est très majoritairement adopté, il est probable que cette communauté se verra mieux armée pour survivre qu’une autre qui aurait adopté un slogan inverse soit : « consommer beaucoup et travailler peu ». La comparaison entre occident et extrême orient tend à le prouver.

      @ Vincent Wallon dit : 2 février 2011 à 12:33

      Non, ca n’est pas mon idéal. Vous savez bien que je suis favorable à un capitalisme très partagé au sein de la population en pensant même qu’une fusion au plan individuel, entre capital et travail, nous responsabiliserait individuellement et nous rendrait plus forts collectivement.
      Où en est le projet auquel vous réfléchissez et qui pourrait aller dans ce sens ?

    12. @ Jducac
      Dans la nature, il n’y a pas que de la compétition et vous semblez ramener tout l’organisation sociale à la compétition.
      Vous dites que les chinois réussissent mieux que nous parce qu’ils consomment peu et travaillent beaucoup. depuis quelque temps, la consommation en Chine est en croissance exponentielle, et ils disent eux-mêmes que ce n’est pas tenable.
      Lisez ceci
      Le développement industriel de la chine est 100 fois plus rapide que le développemnt que nous avons connu pendant le 19 eme et 20 eme siècles en occident.
      Ce que vous ne semblez voir c’est que « travailler (ou par conséquent produire) beaucoup et consommer peu » engendre une accumulation qui provoque justement les problèmes que nous connaissons.
      Dans le système vivant, il n’y a pas d’accumulation, il s’arrange pour la recycler.
      Tout n’est qu’organisation, complémentarité, symbiose, la lutte pour la vie n’est présente que pour éliminer les plus faibles les moins adaptés, elle peut même être organisée dans le cadre des trois éléments précités.
      Je ne suis pas du tout anticapitaliste, mais je le considère comme un système ayant joué son rôle et qui doit maintenant donner la main à un autre système mieux adapté aux problèmes actuels.
      Nous sommes sur ce blog en train de construire les briques du sytème suivant, chacun avec ses expériences, connaissances, chacun avec son vécu.

    13. à Jducac,
      Merci pour votre réponse.
      J’avoue ne pas bien comprendre et mon incompréhension est liée à la définition du mot « capital ». Dans quel sens l’utilisez-vous ? Un sens particulier ou général ?
      Quand vous écrivez « elle doit exploiter le capital dont elle a hérité », je suppose que vous l’entendez comme « l’ensemble des savoirs acquis. », tout domaine confondu. Dès lors, le débat porte sur la nécessité de la transmission des savoirs – ce que personne ne contestera -, et votre assertion selon laquelle « le capitalisme est le processus de base nécessaire à la perpétuation des êtres vivants (ou humains). » perd tout sens, d’autant plus que les sociétés primitives n’ont pas attendu l’arrivée du « capitalisme », entendu dans son acception socio-économique, pour se perpétuer.

    14. à Vincent Wallon

      vous ne sauriez mieux dire.

      Je travaille actuellement sur la théologie néo-libérale, et le Capitalisme y sera en bonne place. Quant à George Soros, je n’y avais pas pensé, mais je vais, derechef, le mettre dans la liste non pas des prophètes ou des apôtres, mais des grands prêtres ou des cardinaux… au choix. Merci de votre intervention.

    15. @ Jean-Luc D. dit : 2 février 2011 à 18:21

      Merci de porter intérêt à ce que je dis sur le capital et le capitalisme. Ma vision n’est pas orthodoxe et probablement jamais développée de la sorte dans l’enseignement général qui, me semble t-il, est fortement influencé par les théories marxistes.

      Oui, en général, j’emploie le mot capital avec son sens fondamental, essentiel, tel qu’on le trouve dans un dictionnaire : http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/capital/

      Notez au départ, que dans l’ensemble des sens et des 20 synonymes qui sont donnés dans cette encyclopédie, aucun n’évoque quelque chose de négatif ou de condamnable. Ceux qui ont approché les mots capital et capitalisme à partir des études, travaux et publications de Marx et de ceux qui les défendent, semblent avoir ressenti le contraire.

      C’est une bizarrerie que personne, malgré mes appels sur ce blog, n’a été en mesure d’expliquer. Peut-être est-ce un détournement intensionnel de sens, avec les visées que l’on peut supposer.

      Vous trouverez ici quelques unes des adresses où je suis déjà intervenu sur le sujet :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=13967#comment-96907
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=16385#comment-111922
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=19715#comment-137065
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=20098#comment-140538

    16. @Jducac :

      Si ,si !

      Regardez mieux , l’histoire finit mal : par la peine capitale.

      En passant par les sept péchés capitaux , la sentence capitale .

      Fondamentalement , je crois que le capital est un concept économique ambigu et la lecture de Joan Robinson , Fernand Braudel ,François Quesnay ,Adam Smith ,David Ricardo ,Marx ,Eugen von Böhm-Bawerk , Knut Wicksell , Alfred Marshall , John Bates Clark , Léon Walras , Gary Baker , Babeuf , Louis Sébastien Mercier , Jean Reynaud , Werner Sombart John Passos ,Jean Giono , Robert Musil … et de Paul Jorion , est un minimum ( je n’y suis pas encore ) pour relever qu’au milieu du XVIII ème siècle apparait le fait ( et Marx qui est votre « tête » – capitis- de turc , n’y est pour rien ) que capital puis capitalisme ( mot apparu à ce moment là ) prennent une connotation péjorative .

       » Né en sac d’écus, grandi en finance et en stock physique , proclamé attribut de classe , rebaptisé facteur de production , le capital finit en une substance vague , propre à cacher la violence des intérêts , derrière la confusion des idées . »

    17. @ juan nessy dit : 3 février 2011 à 15:27

      Non ! Non ! Ce sont les mots, peine, péchés et sentence qui font mal.

      L’adjectif qui les qualifie, au contraire, indique que c’est le summum (Ah encore du latin !) on ne peut pas plus, pas mieux dans le genre, c’est le top.

      Ελπίστε! Ελπίστε πάντα! Θα είμαστε d’ συμφωνία μια ημέρα!

    18. @ michel lambotte dit : 2 février 2011 à 17:26

      Dans la nature, il n’y a pas que de la compétition et vous semblez ramener toute l’organisation sociale à la compétition.

      C’est vrai, on trouve aussi des situations où les alliances, les associations, les mises en commun, les solidarités sont recherchées et bénéfiques, mais c’est dans ces cas là, bien souvent parce que la compétition a lieu ou va intervenir à un niveau supérieur. La compétition au lieu de s’opérer au niveau individuel, se déroule au niveau des groupes d’individus, des pays ou des groupes de pays.

      Les hommes sont ainsi faits. Chez eux comme, chez les animaux, les gagnants sont toujours mieux lotis que les perdants, quel que soit le domaine de compétition. C’est probablement la raison fondamentale du développement dans le monde et en particulier dans les communautés humaines. Les concurrences des unes contre les autres concourent à éliminer ou à reléguer les moins performantes, de sorte que pratiquement, seules les mieux placées ont voix au chapitre, pour s’entendre où s’opposer

      Nous sommes arrivés maintenant à un tournant pour l’humanité qui, depuis le rapport Meadows, au début des années 70, sent que sa vie à moyen terme est en jeu. La question qui se pose maintenant est de savoir quel sera le pays ou le groupe de pays qui sera demain en tête de classement et donc le mieux en mesure de s’imposer aux autres.

      Il me semble que la Chine a beaucoup d’atouts depuis que, par pragmatisme et sans complexe, elle a su s’adapter pour utiliser les vertus d’efficacité du capitalisme, sans s’embarrasser des beaux principes liés aux droits de l’homme, à la démocratie, à l’égalitarisme, aux idéaux de l’internationale, puisqu’elle cultive à fond le nationalisme.

      Merci pour le renvoi que vous donnez. En voici un autre :
      http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/02/02/04016-20110202ARTFIG00679-la-chine-desormais-premiere-puissance-eolienne-du-monde.php

    19. à jducac,

      Pourquoi voyez-vous tout sous l’angle de la compétition ?

      Vous avez une vision réductrice en partant du principe que l’unique cause de tout serait une compétition effrénée. Des sociétés vivant pacifiquement, cela existe aussi. En partant de l’hypothèse que la compétition est la règle et la solidarité l’exception, vous créez un déséquilibre qui exclut toutes les nuances et réfute la complexité. Penser en terme dialogique comme le préconise Morin me paraît plus juste à savoir envisager chaque chose dans une triple relation : complémentaire, antagoniste et concurrente à laquelle je rajoute une 4ème : solidaire.

      Si nous admettons l’hypothèse que tous les êtres biologiques sont soumis à l’impératif de vie et de survie de son espèce, les stratégies pour y parvenir peuvent être différentes en fonction des contextes, mais rien ne permet d’affirmer que la compétition serait le seul mode opératoire. C’en est un parmi d’autres, mais pas le seul. Peut-être celui-ci a-t-il été le vôtre ? Toutefois, en aucun cas, vous ne pouvez l’universaliser et en faire le principe causal de tout.

      Si j’en reviens aussi à votre affirmation selon laquelle « le capitalisme est le processus de base nécessaire à la perpétuation des êtres vivants. » et à vos différents messages suivants, je dois vous avouer mon incompréhension la plus totale voire même ma stupéfaction devant votre raisonnement. En effet, partant d’une définition générique du mot « capital » entendu plutôt dans le sens « ensemble des biens et des savoirs » et de la nécessité de le transmettre aux générations futures, vous aboutissez par un glissement sémantique et sophistique à l’affirmation ci-dessus. Or en l’occurrence, « capital » et « capitalisme » ont un lien très ténu, le sens de « capital » n’étant pas ici réductible à celui de « capitalisme ». Votre raisonnement est donc biaisé par un artifice sophistique qui lui fait perdre tout sens et tout contenu.

      Votre vision naturaliste du « capitalisme » correspond parfaitement à l’idéologie néo-libérale qui tente de nous faire croire que cette forme de gestion socio-économico-politique des rapports humains serait inscrite dans nos gènes tant biologiques que culturels, et serait donc par voie de conséquence « naturelle », la consacrant ainsi comme une voie unique et incontournable. Or, rien ne me semble plus faux. Le capitalisme coexiste, dans une relation dialogique, avec d’autres formes : le communisme, le socialisme, pour citer les plus connus, mais ne constitue en rien ni un primum movens ni l’unique façon d’organiser et de penser la société.

      Cdlt.

    20. @ Jean-Luc D. dit : 4 février 2011 à 15:53

      Pourquoi voyez-vous tout sous l’angle de la compétition ?

      Parce que c’est une façon simple de voir le monde réel. Tel qu’il se montre à ceux qui voient les faits. D’autres, surtout s’ils sont dans des situations privilégiées, souvent protégées de la concurrence, se bercent d’illusion. Ils se refusent à voir notre vrai monde, celui qui conditionne notre vie. Ils portent leur regard vers un monde idéal mais purement imaginaire, basé sur l’égalité universelle.

      Elle n’existera jamais, sauf dans la mort, pour ceux qui ne croient pas à une vie après la mort.

      C’est parce qu’il existe des inégalités, faisant naître de saines émulations entre les individus, et entre les communautés humaines, que le monde évolue et progresse en élevant le niveau de vie général. Cela amène chacun à se dépasser pour égaler, et même devancer ceux qui, antérieurement, étaient les plus performants mais qui finissent par perdre leur position avantageuse.

      Malheur à ceux qui se trouvent largués, distancés, hors compétition, hors jeu, plus dans la course. L’évolution du monde se fait alors sans eux, ils stagnent puis régressent. C’est ainsi que des entités humaines, des entreprises, des secteurs d’activités, des pays, des civilisations même, peuvent pratiquement disparaître, éliminées par sélection naturelle.

      Depuis très longtemps la pratique sportive a contribué au développement de l’esprit de compétition. Dans ma jeunesse il était aussi développé chez les enfants lors de leur parcours scolaire quand il y avait des notations, des classements, des tableaux d’honneur etc…

      L’esprit de compétition engendre de la dynamique dans les comportements.

      Malheureusement, à cause de la volonté de se démarquer du passé, apparue à la fin des années 60, l’entraînement scolaire à la compétition a été abandonné avec comme résultat, une baisse d’efficacité de notre enseignement. L’idéal d’égalité qui guide le monde de l’enseignement en France, depuis cette date, a conduit à la stagnation puis à la régression. Elle se révèle cruellement maintenant dans les classements internationaux.

      Des sociétés vivant pacifiquement, cela existe aussi. En partant de l’hypothèse que la compétition est la règle et la solidarité l’exception, vous créez un déséquilibre qui exclut toutes les nuances et réfute la complexité.

      Je suis pour la coexistence pacifique. Où avez-vous vu que la compétition implique nécessairement la guerre et que je la prône ?

      La compétition scolaire, que j’ai connue dans ma jeunesse n’entraînait pas de violence. L’école était bien plus paisible qu’elle ne l’est devenue aujourd’hui, car on savait mettre en valeur les résultats liés à l’effort et au mérite. Est-ce que c’est la guerre du fait des classements internationaux, dans les sports, dans les enseignements, dans les résultats économiques entre nations ? Est-ce qu’il y a eu guerre entre les deux Allemagnes ?

      Dans l’entreprise, je suis pour l’alliance, et même la fusion, entre « capital et travail » ce qui conduit à les rendre solidaires. De cette façon les performances individuelles et collectives sont accrues. Par contre, je suis contre le collectivisme qui déresponsabilise individuellement et amoindri les performances collectives. C’est d’ailleurs pour cela que les systèmes communistes, voyant les retards de développement entraînés par ce mode d’organisation, ont fini pratiquement tous, sauf la Corée du nord, par adopter le mode de fonctionnement capitaliste pour dynamiser leur pays.

      Le fait que l’esprit de compétition dynamise une communauté, n’empêche pas les communautés humaines de s’entraider. Mais, si celle qui est assistée ne sait pas faire naître en son sein un égal esprit de compétition interne, individuel et collectif pour installer une dynamique de progrès, l’assistance est vaine, décourageante, sans fin, donc appelée à cesser, souvent dans un climat de rancœur.

      Ma façon de voir le monde vous interpelle parce qu’elle vous apparaît trop sommaire, trop binaire, pour être valable au regard de votre référentiel. Ne voyez-vous pas là un filon à exploiter au lieu de le condamner à priori, allant même jusqu’à voir l’usage d’un sophisme dans ma démonstration, comme si j’avais l’intention d’abuser mes interlocuteurs ?

      Oui, je vois les choses simplement.

      Raisonner en binaire permet de faire de très grandes choses à partir de logiques simples. En exploitant des dualités telles zéro et un ou inférieur et supérieur, on peut réaliser des ensembles très performants qui ne sont complexes que lorsqu’on les regarde globalement. L’informatique en est un bel exemple. La compétition, que je vois comme étant à la base du progrès dans le monde, se juge avec ces termes simples : inférieur/supérieur et, à la limite, être ou ne pas être, la vie ou la mort, c’est le lot des êtres vivants.

      Et les valeurs d’humanisme, qu’en faites-vous, pourriez-vous me dire ?

      Le capital initial de l’humanité était bien faible dans ce domaine et je pense que si le processus du capitalisme ne s’était pas développé grâce à la compétitivité, nous n’aurions pas grand-chose à en dire. J’aurai plaisir à en débattre ultérieurement, si vous trouvez intérêt à exploiter nos différences de perception. Logiquement cela devrait permettre de mieux nous comprendre, de nous rapprocher et de progresser grâce à la confrontation de nos idées.

    21. jducac,

      J’aime les moules, mais je ne fais pas de concours.
      J’aime le vin, mais je ne fais pas de concours.
      J’aime la marche, mais je ne fais pas de concours.
      Etc.

      Vous plairait-il de vivre dans une société qui imposerait comme unique activité, une tyrannie donc, la compétition de mangeurs de moules, ou de buveur de vin, ou de course à pied ?

      Moi pas. Ce qui ne m’empêche pas de tolérer les fanatiques obsessionnels de toute sorte… tant qu’ils ne dérangent pas leur prochain ou ne cherchent pas à lui imposer leur obsession !

    22. @jducac
      La compétition à l’école : une grande foutaise !
      Le seul prix que je n’ai jamais eu, celui qui pour moi avait la plus grande importance, c’est celui de « bonne camarade ».
      Et pourtant je faisais des efforts, je « travaillais » beaucoup, pour l’avoir celui-là !
      Et bien non, jamais !
      Pourquoi ?
      Tout simplement parce que je trustait tous les autres. Prix d’honneur, prix d’excellence, je repartais toujours avec deux ou trois livres sous le bras en fin d’année, que j’aurais volontiers échangés pour avoir le seul qui comptait à mes yeux, celui de bonne camarade.
      Parce que, en plus, je savais très bien que je ne les méritaient pas ces prix d’excellence !
      Aucun travail pour les avoir ceux-là ! Aucun effort, rien !
      C’est pas juste, na !

    23. @Jducac,

      Parce que c’est une façon simple de voir le monde réel. Tel qu’il se montre à ceux qui voient les faits. D’autres, surtout s’ils sont dans des situations privilégiées, souvent protégées de la concurrence, se bercent d’illusion. Ils se refusent à voir notre vrai monde, celui qui conditionne notre vie. Ils portent leur regard vers un monde idéal mais purement imaginaire, basé sur l’égalité universelle

      Le monde réel est il simple? Pourquoi voulez vous qu’une façon simple de voir le monde réel (ie sous un seul angle, celui de la compétition) corresponde à la réalité?
      Toute façon simple de voir le monde réel ne permet de voir qu’un monde purement imaginaire. Celui de vos à priori.

    24. Sur la compétition et ce qu’elle recouvre comme idées fausses et illusions , lire ou relire le bouquin édité en 2004 d’Albert Jacqaurd : Halte aux jeux ( olympiques) .

      On peut aussi se replonger avec bonheur dans toute la littérature traitant de l’inné et l’acquis , voire des neuro-sciences .

      Toute l’histoire de l’humanité repose sur sa capacité à transformer ses instincts pour les mettre au service de la survie et de la vie .

      L' »esprit  » de compétition ( qui selon moi n’est qu’un instinct parmi un foule d’autres ) ne fonde rien du tout .

      L’avenir et son sens n’est pas réductible à l’une ou l’autre de nos multiples composantes .

      Toujours l’histoire de la confusion entre la fin et les moyens .

    25. à jducac,

      Parce que c’est une façon simple de voir le monde réel

      C’est bien là le problème. Cette façon simple s’appelle en d’autres termes le réductionnisme et conduit à réduire la complexité à des éléments simples et souvent à un déterminisme unicausal. Même si le réductionnisme est un outil de connaissance de la réalité, il n’en est pas pour autant suffisant pour appréhender la complexité de la réalité dans sa dimension holistique. Votre déterminisme unicausal et vos apriori épistémologiques vous empêchent de voir la réalité dans toutes ses nuances et ses modalités. Pascal dans ses Pensées a parfaitement résumé le problème quand il écrivit : Donc toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiates et immédiates, et toutes s’entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties.

      Vouloir « voir le monde réel de façon simple » se rapproche plus d’une posture idéologique que d’une quête de la vérité. La simplicité, voire le simplisme, tronque la réalité en la réduisant à quelques principes et en omettant de considérer les relations, les interdépendances, les émergences… C’est à mon sens une approche épistémologique fausse et incapable d’apprécier la réalité dans toute sa diversité et sa pluralité.

      Tel qu’il se montre à ceux qui voient les faits.

      Vous croyez qu’il suffit de « voir les faits » pour en juger ? Vous oubliez un peu rapidement que face à une même scène, vous aurez 10 versions différentes. Chacun y voit ce qu’il a envie d’y voir ou ce que son cerveau en perçoit. En la matière, les travaux neuroscientifiques sur les illusions visuelles sont légion et confirment que notre cerveau déforme souvent la réalité. Dans un ouvrage récent (Comment le cerveau crée notre univers mental Ed. Odile Jacob), Chris Frith, professeur de neuropsychologie, n’hésite pas à écrire – et sur ce point, toute la communauté neuroscientifique est d’accord – : même un cerveau ordinaire et tout à fait sain ne nous donne pas une image vraie du monde. Puisque nous n’avons pas de connexion directe avec le monde physique qui nous entoure, nos cerveaux s’en font une idée par des inférences fondées sur les sensations brutes qu’ils reçoivent de nos yeux, de nos oreilles et de tous les autres organes sensoriels. Ces inférences peuvent se révéler fausses. De plus, il y a toutes sortes de choses que nos cerveaux savent, mais qui ne parviennent jamais à nos esprits conscients.
      Ceci relativise la justesse de notre perception visuelle et la validité irréfragable de nos capacités cognitives à percevoir la réalité.

      C’est parce qu’il existe des inégalités, faisant naître de saines émulations entre les individus, et entre les communautés humaines, que le monde évolue et progresse en élevant le niveau de vie général. Cela amène chacun à se dépasser pour égaler, et même devancer ceux qui, antérieurement, étaient les plus performants, mais qui finissent par perdre leur position avantageuse.

      Là encore, vous écrivez en termes généraux sans circonscrire votre sujet. De quelles inégalités parlez-vous : sociales, physiques, intellectuelles ? Même chose pour la notion de progrès : technique, social, matériel, moral, spirituel ? En fonction de la définition que nous leur donnerons, les conclusions pourront être différentes. La nuance s’impose pour ne pas tomber dans des considérations générales trop simplistes.

      En effet, il existe des inégalités physiques et intellectuelles de fait contre lesquelles il sera difficile de lutter, mais pour autant ne faut-il rien faire pour les diminuer ou permettre à ceux qui en sont atteints d’occuper une place dans la société ? Par contre, pour les inégalités sociales, nous avons la possibilité de les réduire sans les faire disparaître complètement à condition d’en avoir la volonté politique.

      Si je vous lis bien et que j’essaie de vous comprendre derrière vos généralités, les inégalités seraient le moteur du progrès. Vous adoptez donc la position de Spencer (et aujourd’hui des néolibéraux) et son évolutionnisme biologique qui conduisent tout droit vers l’eugénisme social et la légitimation de la violence sociale. Voilà une belle valeur humaniste !! Certes, vous n’envisagez pas les choses sous cet angle extrême, mais l’emploi du mot « saines » – comme ceux qui croient encore en la réalité d’une concurrence libre et non faussée – me laisse à penser que vous avez une vision un peu angélique de la compétition dont l’une des logiques sous-jacentes est guerrière et conduit à l’élimination pure et simple, voire physique, des adversaires. À titre d’exemple, je citerai l’un de mes 1ers patrons qui avait pour habitude de dire qu’un bon concurrent est un concurrent mort. Voilà où nous conduit la logique de compétition.

      L’erreur de Spencer a été de vouloir transposer la théorie darwinienne – qu’il a détourné au passage – de la sphère biologique à la sphère anthropologique en éludant de sa théorie, ce que Comte et Darwin avaient souligné quant à la spécificité de l’espèce humaine : la primauté de la sympathie sur l’intérêt égoïste.

      Il me semble réducteur de dire que le monde évolue et progresse parce que préexisteraient des inégalités. Qu’elles favorisent les vainqueurs sur les vaincus, c’est une chose, mais là encore, il ne faut pas oublier d’autres paramètres comme la chance, le hasard, le contexte … qui peuvent influencer la situation sans qu’il existe au préalable une inégalité, de quelque nature qu’elle soit. En outre, en prenant des angles différents en fonction de la définition du mot « progrès », il n’est pas évident que ce soient toujours les meilleurs qui gagnent.

      Envisager le progrès uniquement par l’élévation du niveau de vie nie certaines autres formes de progrès comme le progrès moral ou spirituel dont l’objectif est humaniste. Là encore, votre approche purement matérialiste du progrès évacue notre dimension idéaliste. Tout ramener à l’économique est réducteur, et finalement assez proche des postulats marxistes que vous semblez rejeter et du matérialisme historique.

      Au-delà de ces quelques remarques, votre vision occidentalo-centriste pose d’autres questions d’ordre philosophique : l’élévation du niveau de vie est-elle un progrès ? En quoi constitue-t-il une finalité eudémoniste ? La performance est-elle une finalité ?

      Malheur à ceux qui se trouvent largués, distancés, hors compétition, hors jeu, plus dans la course. L’évolution du monde se fait alors sans eux, ils stagnent puis régressent. C’est ainsi que des entités humaines, des entreprises, des secteurs d’activités, des pays, des civilisations même, peuvent pratiquement disparaître, éliminées par sélection naturelle.

      Croyez-vous que « l’évolution du monde » se soucie de ceux qui sont hors compétition ou dans la compétition? Elle se fera avec ou sans eux.

      En outre quoique vous fassiez, c’est la marche inéluctable du monde, vainqueur aujourd’hui, vaincu demain. Vous pourrez éventuellement reculer l’échéance, mais la fin est inéluctable. Comme le dit si bien le proverbe : « La roue tourne ». David n’a-t-il pas vaincu Goliath ? Alors pourquoi envisager les choses seulement sous l’angle de la compétition ? Puisque nous savons que la mort est au bout du chemin, à quoi sert-il de se battre ? Pour la postérité, le pouvoir ou la jouissance matérielle ? Pure vanité que tout cela. Vanitas Vanitatum Omnia Vanitas, vanités des vanités, tout n’est que vanité a dit L’Ecclésiaste. Sans être croyant, j’adhère à cette formule.

      L’esprit de compétition engendre de la dynamique dans les comportements.

      Que la compétition crée de la dynamique, je vous le concède, mais pour autant l’amour, le sens du partage, l’amitié n’engendrent-ils pas aussi de la dynamique dans les comportements ?

      Malheureusement, à cause de la volonté de se démarquer du passé, apparue à la fin des années 60, l’entraînement scolaire à la compétition a été abandonné avec comme résultat, une baisse d’efficacité de notre enseignement. L’idéal d’égalité qui guide le monde de l’enseignement en France, depuis cette date, a conduit à la stagnation puis à la régression. Elle se révèle cruellement maintenant dans les classements internationaux.

      Ce n’est pas l’idéal d’égalité qui a conduit à la stagnation. Bien au contraire, il a pour objectif de donner des chances identiques à chacun d’accéder à des situations sociales plus importantes en fonction de son mérite et de son travail. Il n’évacue pas la compétition, au contraire il la sollicite en se basant sur des valeurs antiaristocratiques. Les causes de l’affaiblissement de notre enseignement sont probablement liées à d’autres éléments plus en rapport avec la société consumériste et ses valeurs qui flattent la facilité et vantent les mérites de l’apparence sur la connaissance et le savoir. En outre, il conviendrait là aussi de nuancer les propos. La France peut se targuer d’un enseignement de qualité dans certains domaines : sciences humaines, sciences dures (mathématiques par exemple), écoles de commerce, ingénierie, etc…

      Un autre problème est en rapport aussi avec le blocage de l’ascenseur social qui n’a pas trop mal fonctionné pendant les 30 glorieuses. Pourquoi se battre aujourd’hui quand on sait que l’horizon est bouché et que les fonctions sociales enviables seront occupées par les rejetons d’une oligarchie qui se reproduit entre elle? Bourdieu a bien mis en lumière ce phénomène de reproduction des élites.

      Je suis pour la coexistence pacifique. Où avez-vous vu que la compétition implique nécessairement la guerre et que je la prône ?

      Je n’ai pas écrit que vous la prôniez, mais le culte de la compétition, si nous poussons le raisonnement à son terme, aboutit inéluctablement à envisager la vie sur un mode unique de confrontation dont la guerre est un des prolongements. D’autant plus facilement acceptée par des esprits lobotomisés par la violence récurrente qui s’étale sur nos écrans de télévision et une perte logarithmique de tout sens critique. Je mets simplement en garde contre une utilisation abusive d’un principe unicausal et qui ne rend pas compte de la pluralité et de la diversité des situations et des stratégies.

      Ma façon de voir le monde vous interpelle parce qu’elle vous apparaît trop sommaire, trop binaire, pour être valable au regard de votre référentiel. Ne voyez-vous pas là un filon à exploiter au lieu de le condamner à priori, allant même jusqu’à voir l’usage d’un sophisme dans ma démonstration, comme si j’avais l’intention d’abuser mes interlocuteurs ? Oui, je vois les choses simplement.

      Tout le problème est là. Voir les choses simplement n’est pas un gage de vérité, et je n’y vois personnellement aucun filon, sinon celui d’un risque d’erreur. Par contre, je ne mets pas en doute votre sincérité.

      Raisonner en binaire permet de faire de très grandes choses à partir de logiques simples.

      D’accord pour raisonner en binaire à la seule condition d’envisager les deux termes dans une relation dialogique : complémentarité, solidarité, concurrence et antagonisme. À partir de là, nous ne serons plus sur des logiques simples, mais éminemment complexes qui réfutent la 2ème partie de votre phrase.

      Et les valeurs d’humanisme, qu’en faites-vous, pourriez-vous me dire ?

      Au contraire, j’en suis un des apôtres. C’est pour cela que je prône aussi les valeurs de solidarité, d’entente, d’entraide, de collaboration à égalité avec celle de compétition ou de compétitivité. Or, si vous partez du principe que la compétition est un primum movens, vous faites des autres des valeurs secondaires, accessoires alors qu’elles sont d’une importance égale voire supérieure. C’est votre postulat de départ que je récuse et trouve trop simpliste pour rendre compte d’une réalité complexe.

      Même si nous ne sommes pas d’accord, je vous remercie d’avoir pris le temps de me répondre. La confrontation de nos idées m’oblige aussi à faire un travail d’argumentation toujours enrichissant et structurant pour la pensée.

    26. Moi quand je serai grand je serai Jean-Luc D ! J’écrierai comme lui.

      « travail d’argumentation toujours enrichissant et structurant pour la pensée » réussi !

    27. Jean-Luc D. dit : « Que la compétition crée de la dynamique, je vous le concède, mais pour autant l’amour, le sens du partage, l’amitié n’engendrent-ils pas aussi de la dynamique dans les comportements ? »

      « Payez au suivant », ça marche!

      Une étude publiée dans PNAS montre que de simples actes de bonté, de générosité et de coopération peuvent se propager et faire boule de neige. Ce serait la première preuve qui démontrerait que l’entraide est contagieuse, les aidés ayant naturellement tendance à retourner la faveur à d’autres par la suite. Des travaux antérieurs avaient déjà montré que des comportements et leurs conséquences sociales comme l’obésité, le sentiment de bonheur, ou cesser de fumer sont également contagieux.

    28. Jean-Luc D.

      La prochaine fois que je planterai un arbre, je tâcherai de me rappeler vôtre pensée large et généreuse. Afin qu’il advienne des fruits d’une belle couleur vermeille – merveille. Il est tellement rare qu’un être donne de sa voix intérieure.

    29. @ Fab dit : 5 février 2011 à 09:23

      Vous êtes connu sur le blog pour la pertinence de vos réparties. Si un classement était organisé sur ce thème vous auriez probablement une place honorable. Il me semble néanmoins, à la lecture de votre post du 5 février 2011 à 09:23 , que c’est dans un championnat moins sélect que vous feriez le meilleur score.

      J’ai vérifié ; le domaine auquel je pense, n’est pas pris en compte dans le classement « Top des blogs économie » mais ça peut toujours changer. Alors de grâce, par solidarité, pensez au classement du blog !

      @ Fab dit : 5 février 2011 à 15:35

      Moi quand je serai grand je serai Jean-Luc D ! J’écrierai comme lui.

      Merci Fab ! Vous apportez de l’eau à mon moulin.

      L’esprit de compétition introduit de la dynamique dans un groupe. Chacun mesure l’écart qui le sépare d’un mieux classé que lui, même quand il n’y a pas de classement, et a en conséquence envie de s’améliorer, de progresser par désir d’imitation pour réduire le sentiment de jalousie.. Cette intention première, vous amènera peut-être à approcher Jean-Luc D et, de proche en proche, amènera peut-être d’autres blogueurs à vous imiter. Cela profitera à tout le monde et ne fera de tort à personne.
      Quand il y a des notes, même ceux qui sont en queue peuvent mesurer leur progression et être encouragés par leur prof. Bien évidemment, quand les classes sont organisées par niveau et non par âge, cela réduit les écarts entre les mieux et les moins bien classés. Cela évite le découragement des plus faibles et le désintérêt des plus forts. Il y a beaucoup à dire sur l’enseignement en primaire en France.

    30. @ louise dit : 5 février 2011 à 09:43

      Ma sœur, telle que je vous connais, vous méritiez certainement un bon classement en matière de camaraderie. Mais si là aussi vous aviez eu un premier prix, qu’est ce qui serait resté comme domaine à conquérir pour maintenir votre motivation à progresser ? Et puis il faut bien en laisser pour les plus faibles et ne pas se comporter comme ceux qui se gavent jusqu’à l’indigestion.

      @ chris06 dit : 5 février 2011 à 10:31

      Comme vous l’avez peut-être vu, je suis d’ascendance paysanne et n’ai pas bénéficié d’études secondaires ou supérieures autres que techniques, dans le domaine de la mécanique.

      Malgré ces handicaps j’ai pu m’en sortir et même très bien tirer mon épingle du jeu avec peu de moyens. Pas une heure de cour de philosophie ni d’économie. C’est idéal pour se tenir en très bonne place dans un milieu capitaliste en compétition. Produire beaucoup et bien, en dépensant peu, donc en engageant le minimum de frais, y compris de savants très savants mais parfois handicapés par trop de savoirs et ce faisant inefficaces. http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2010/03/04/un-imbecile-qui-marche-ira-toujours-plus-loin-qu-un-philosophe-assis_1313996_3232.html

    31. Nous sommes arrivés maintenant à un tournant pour l’humanité qui, depuis le rapport Meadows, au début des années 70, sent que sa vie à moyen terme est en jeu. La question qui se pose maintenant est de savoir quel sera le pays ou le groupe de pays qui sera demain en tête de classement et donc le mieux en mesure de s’imposer aux autres.

      Si vous voyez de cette manière la façon de résoudre le problème de l’épuisement des ressources planétaires qui est décrit dans rapport Meadows, alors, je ne donne pas chère de la peau de l’humanité.
      Nous n’avons pas d’autre choix que de nous entendre et de nous comprendre sur ce qu’il y a lieu de faire.

    32. @ argeles39 dit : 5 février 2011 à 14:03

      Est-ce ainsi que les hommes doivent vivre, comme des animaux, dans la jungle ou dans le zoo?

      Je n’ai jamais dit que les hommes « doivent vivre » comme des animaux.

      Je dis que lorsqu’ils sont en situation de compétition pour survivre, les hommes ont un comportement qui se rapproche de celui des animaux. Ceux qui ne se croient pas exposés à la compétition, en réalité nous le sommes tous, voient bien que cela se passe ainsi, mais leur stratégie les amène à refuser de l’avouer.

      @ Juan Nessy et Jean-Luc D. dit : 5 février 2011 à 14:44

      Même si nous ne sommes pas d’accord, je vous remercie d’avoir pris le temps de me répondre. La confrontation de nos idées m’oblige aussi à faire un travail d’argumentation toujours enrichissant et structurant pour la pensée.

      Permettez-moi de reprendre à mon compte cette conclusion de Jean-Luc D et de vous la retourner à tous les deux. Quand on est en compétition, copier fait partie du jeu, surtout quand le texte n’est pas protégé, du moins je l’espère.

      J’aurai plaisir à vous répondre. Mais dans cette « confrontation » nous ne partons pas avec le même armement…culturel s’entend. Une trêve de plusieurs jours m’est nécessaire.
      A bientôt et merci encore !

    33. à jducac,

      J’aurai plaisir à vous répondre. Mais dans cette « confrontation » nous ne partons pas avec le même armement…culturel s’entend. Une trêve de plusieurs jours m’est nécessaire.
      A bientôt et merci encore !

      Ceci est tout à votre honneur. Sachez toutefois, mon cher jducac, que je suis assez admiratif de votre démarche. Certes, nous ne sommes pas d’accord, mais ayant eu l’occasion au travers de certains commentaires de nous dévoiler un peu de vous-même, j’apprécie votre sens du dialogue, votre volonté de convaincre, la clarté de vos propos, et surtout votre ténacité et votre courage à persévérer malgré l’opposition et votre statut de « martyr favori » comme l’écrit Juan Nessy. 🙂

      Néanmoins, sachez qu’ici, nous ne sommes pas en compétition, mais en opposition, non pas dans un processus de concurrence, mais d’antagonisme. La différence est de taille : dans le 1er cas, il y a un gagnant et un perdant, dans le 2ème, 2 gagnants si le processus dialectique aboutit à une synthèse qui « sublime » les différences de points de vue. Le cas échéant, nous resterons dans une situation de « statu quo » sans qu’il y ait un gagnant ou un perdant.

      L’opposition/antagonisme est bénéfique à l’être, elle lui permet de se construire, de structurer sa pensée et sa personnalité, contrairement à la compétition/concurrence qui appelle systématiquement à une victoire de l’un sur l’autre. Cette dernière n’en demeure pas moins une stratégie quand le vital est en jeu, – même si dans certains cas les plus extrêmes, une stratégie de solidarité peut être mise en place -, mais hors ce cas de figure, il me paraît dangereux de la généraliser à tous les actes de notre vie.

      Cordialement.

      JLD

    34. @ michel lambotte dit : 5 février 2011 à 22:23

      Nous n’avons pas d’autre choix que de nous entendre et de nous comprendre sur ce qu’il y a lieu de faire.

      Tout à fait d’accord avec vous.

      Depuis que j’interviens sur ce blog, je prône le rapprochement des points de vue. Mon premier post allait dans ce sens : http://www.pauljorion.com/blog/?p=3382#comment-29158
      A chaque fois que je vois qu’un pas est fait dans ce sens, je m’efforce d’encourager la démarche. Je peux vous apporter des preuves en recherchant dans le passé du blog, depuis 2 ans.

      Mais pour que cela arrive il faut que chacun comprenne le point de vue de l’autre et en arrive à concéder que c’est l’intérêt des deux porteurs d’idées que de travailler au rapprochement plus qu’à l’élimination de l’autre.

      Nous n’en sommes pas encore là sur le blog, ni en France, ni en Belgique, ni en Europe, ni dans le monde. Au stade où nous en sommes, le premier qui abandonne devant l’autre, donne l’avantage à l’autre ce qui ne va pas dans le sens d’un accord. Il faut donc continuer à travailler à se battre avec soi et avec l’autre, des 2 côtés.

    35. @ jducac
      Vous dites dans votre lien

      Ces critiques a priori qu’on adresse à notre président me semblent inefficaces d’autant qu’il vénère le travail et montre l’exemple en glanant lui-même.

      Je l’ai vu dernièrement dans un débat avec des citoyens dire sa phrase favorite « travailler plus pour gagner plus ».
      Dans l’assemblée il y avait une agricultrice qui venait de dire qu’elle devait emprunter pour vivre.
      Elle n’avais jamais autant travaillé pour répondre à des normes d’un autre âge et n’avait jamais si peu gagné.
      Soit il faut être naïf, inconscient ou condescendant pour dire une chose pareille à une personne dans une telle situation.
      Dommage que personne n’a relevé le mot, en tous les cas en ce qui me concerne, mon sang n’a fait qu’un tour.
      Effectivement, c’est un glaneur à tous les rateliers et il change d’avis comme de chemise.
      Chacun son point de vue.

      Au stade où nous en sommes, le premier qui abandonne devant l’autre, donne l’avantage à l’autre ce qui ne va pas dans le sens d’un accord. Il faut donc continuer à travailler à se battre avec soi et avec l’autre, des 2 côtés.

      Si vous pensez que je serai le premier à abandonner, vous vous tromper, chaque jour qui passe me donne des éléments de réponse à cette crise qui nous tenaille;
      Sur ce blog, nous sommes en train de construire les briques de l’avenir.

    36. @ juan nessy dit : 3 février 2011 à 15:27 et 5 février 2011 à 12:28

      Merci de m’avoir orienté vers le bouquin d’Albert Jacquard : Halte aux jeux ( olympiques).

      Je me suis contenté de lire le texte d’une conférence sur le même sujet. http://www.ethologie.info/revue/spip.php?article15
      C’est un très beau texte, expliquant la complexité du monde de façon simple et facilement abordable, très à ma portée, donc à la portée de la plupart des gens.

      Merci également pour la liste d’une vingtaine de personnes célèbres qui ont traité du capital et du capitalisme. Mis à part Paul Jorion et Marx que j’ai abordé très récemment, les travaux des autres me sont pratiquement inconnus ce qui, je crois, ne m’a nullement handicapé.
      Du moins, j’ai ce sentiment, à l’issue d’une vie de 76 ans menée dans un monde dominé par le capitalisme, alors que n’ai jamais étudié l’économie (ni beaucoup d’autres choses) et sans que je m’en sente victime, bien au contraire, puisque j’ai connu une vie heureuse jusqu’alors.

      J’aurais donc fait du capitalisme sans le savoir, c’est-à-dire naturellement ?

      Alors que tellement de gens, notamment sur ce blog, présentent le capitalisme comme étant à l’origine de tous les maux de l’humanité, comment se fait-il qu’en ayant reçu d’éducation économique que de mes parents, très modestes personnes issues des plus basses couches du monde paysan, j’en sois arrivé malgré tout à une situation économique satisfaisante?

      Je me suis contenté au plan privé comme au plan professionnel, d’appliquer le principe qu’ils m’ont enseigné dès la prime jeunesse : « travailler beaucoup et bien, tout en consommant peu ». C’est simple et ça peut rapporter gros, notamment en satisfactions.

      Pourquoi cela n’est-il plus enseigné de nos jours ?

    37. @ Jean-Luc D. dit : 5 février 2011 à 14:44

      Vous n’êtes pas convaincu par ma façon de concevoir le capitalisme, parce que j’aborde et expose les choses trop simplement.

      Qu’auriez vous dit à Archimède vous exposant son principe ? C’est trop simple, c’est du déterminisme unicausal, du réductionnisme, un apriori épistémologique, une posture idéologique, du simplisme… ?

      Peut-être vous aurait-il répondu : « prouvez-moi qu’il est faux ».
      Je ne sais pas vous dire autre chose.
      Si, pour apporter la preuve que ma conception est fausse, votre démonstration est simple, elle n’en sera que meilleure.

      Quant au « filon à exploiter, que vous ne voyez pas » vous pouvez vous appuyer sur cette pensée d’Albert Jacquard :

      Il faut prendre conscience de l’apport d’autrui, d’autant plus riche que la différence avec soi-même est plus grande

      C’est notamment à cause de cela que je fréquente le blog de Paul Jorion et que j’aurai plaisir à m’enrichir en poursuivant nos échanges.
      Ah, la richesse !
      Et l’amour, alors ?

      Qu’est-ce qu’on s’appauvrit quand on n’aime pas les riches !

    38. @Jducac:

      Le texte de la conférence d’Albert Jacquard que vous avez retrouvé est fondamental . Il est d’ailleurs à peine moins long que le bouquin que je vous recommandais .

      Vos parents ne vous ont pas appris le capitalisme ( ni même le capital ) , ils vous ont appris à demander moins aux autres qu’à vous même . Albert Jacquerd ne dit pas autre chose .

      La réussite qui est au bout n’est pas qu’économique et il arrive même qu’elle soit de ce point de vue une croix à porter . Mais c’est la vraie réussite de mon point de vue .Le capitalisme ( ou quelques autres trucs en isme d’ailleurs) , c’est quand on croit que la réussite c’est réussir  » économiquement  » .

      Relisez chaque soir Albert Jacquard , et je ne désespère pas de vous voir prendre conscience de cette confusion .

    39. à jducac,

      Je ne récuse pas le principe de compétition en lui-même. Je dis simplement qu’il est une des stratégies possibles, mais pas la seule, et certainement pas l’unique explication causale de tout. Tout comme la vie qui émerge en utilisant des voies différentes, nos comportements sont eux aussi soumis à une pluralité de stratégies possibles sans que l’une soit a priori supérieure à l’autre. Il y a souvent autant de chance d’atteindre un objectif par la compétition ou la solidarité. Mais dans une idéologie qui prône la concurrence à outrance et tente d’étendre le modèle de la compétition à toutes les sphères de la vie dans le seul but de privilégier une division plus facilement gouvernable (le fameux principe machaviélique du « Divisez pour mieux régner »), le principe de solidarité perd de sa vitalité, se vide de sa substance alors qu’il est tout aussi bénéfique et salutaire.

      Combien de fois suis-je étonné, comme s’ils étaient face à E.T., de voir le visage interloqué de ceux auxquels j’adresse spontanément la parole ? Immédiatement, dans une grande majorité de cas comme dans un réflexe pavlovien, se lit dans leurs regards de bêtes apeurées : « mais qu’est-ce qu’il me veut celui-là ? » comme si j’étais un prédateur de la pire espèce. Contaminés par le culte de la compétition, j’apparais immédiatement comme un concurrent qui aurait quelque chose à leur voler alors qu’en vérité, mon seul objectif est de partager une étincelle d’humanité et de créer du lien, une relation fugace et amicale. Si nos esprits n’étaient pas infectés par le virus de la compétition, nos relations en seraient certainement facilitées, plus sereines et libérées des miasmes de la soi-disant primauté de l’intérêt égoïste. Pourquoi faudrait-il attendre la survenue d’un malheur pour que les solidarités se recréent alors qu’elles sont là autour de nous à chaque instant de notre vie? C’est pour cette raison que je m’élève fortement contre tous les discours, dont le vôtre, qui entretienne l’idée que la vie serait une lutte perpétuelle se résumant à des conflits, des combats, des hostilités permanentes.

      Pour lutter contre cette pandémie guerrière, je prône une révolution sémantique pour inverser le paradigme actuel dans l’espoir que par le verbe (entente, entraide, solidarité, collaboration, etc…), nous puissions réensemencer – d’autres diraient « réenchanter »- nos consciences corsetées par une propagande mortifère.

      Quant au principe d’Archimède, malgré son importance, il n’explique pas la physique à lui tout seul. Il en est un des principes constitutifs, mais là encore pas le seul. En outre, ne confondez pas sciences physiques et sciences humaines. Si des analogies ou des fonctionnements communs peuvent être établis, elles ne sont pas réductibles l’une à l’autre. L’humain par sa complexion particulière et ses paradoxes reste un animal d’une immense complexité parfaitement résumée par Montaigne quand il écrivit : « c’est un sujet extraordinairement vain, divers et ondoyant que l’homme.». Enfermés dans nos enveloppes corporelles et psychiques, nous sommes à la croisée de plusieurs mondes : intérieur et extérieur, déterminé et indéterminé, objectif et subjectif, connu et inconnu, certain et incertain, prévisible et aléatoire, matériel et immatériel, rationnel et irrationnel… qui entretiennent entre eux des liens de causalité et d’influence multiples et variés, certains perceptibles et d’autres imperceptibles, les derniers renfermant tous les mystères de la vie.

      Vous comprendrez aisément, mon cher jducac, qu’avec une telle conception, je ne puisse me résoudre à penser le monde uniquement en termes de compétition.

      Si, pour apporter la preuve que ma conception est fausse, votre démonstration est simple, elle n’en sera que meilleure.

      Un peu facile !! Tout ce que je vous ai dit ne vous suffit donc pas ? Face aux arguments de mes différentes interventions, je pense qu’il vous appartient maintenant de m’apporter vos propres contre arguments.
      En outre, comment pourrais-je faire une démonstration simple en quelques lignes alors qu’il y faudrait des centaines voire des milliers de pages? Certes comme l’a dit Boileau, « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement/Et les mots pour le dire arrivent aisément », mais « clairement » et « aisément » ne veulent pas dire « succinctement » ou « rapidement ».

      Quant au « filon à exploiter que vous ne voyez pas » vous pouvez vous appuyer sur cette pensée d’Albert Jacquard : Il faut prendre conscience de l’apport d’autrui, d’autant plus riche que la différence avec soi-même est plus grande

      Si je ne pensais pas ainsi, je ne serai ni un fidèle lecteur de ce blog, ni un curieux obsessionnel, ni un lecteur pathologique, ni un passionné d’art musical, ni même en train de vous répondre.
      À propos de « filon à exploiter que je ne vois pas », je faisais référence à ce que vous-même aviez qualifié de pensée sommaire. Or, la richesse, entendu par Jacquard dans son sens immatériel, va plus dans le sens du complexe que du sommaire ou du simple.

      Cdlt

    40. @ Jean-Luc D. dit : 8 février 2011 à 17:22

      Je ne récuse pas le principe de compétition en lui-même. Je dis simplement qu’il est une des stratégies possibles, mais pas la seule, et certainement pas l’unique explication causale de tout.

      Je suis tout à fait d’accord avec vous.

      Il peut y avoir d’autres moteurs qui engendrent l’évolution. Il y a notamment l’inovation, l’envie, le désir d’imitation qui s’appuie sur un processus de comparaison. La comparaison peut s’opérer globalement ou être rendue plus fine et plus facile grâce aux publications d’indices et de classements atteignant maintenant tous les domaines, y compris sociaux.

      Ces éléments de mesure, tels les sondages peuvent contribuer à orienter les évolutions qu’ils sont sensés suivre et ainsi engager des emballements auto générés ou auto entretenus au profit de ceux qui contrôlent et gèrent l’information. Avec le perfectionnement technologique qui fait souvent l’objet de compétions économiques, le temps s’accélère. Les temps de réaction et les durées d’exploitation à chaque stade de développement se réduisent, entraînant une accélération des besoins d’adaptation, donc des crises.

      Bien évidemment, il peut y avoir des freins aux développements liés à des phénomènes impondérables non attribuables à l’homme, nouvelles maladies, catastrophes naturelles, phénomènes cosmiques, que sais-je encore ?

      Mais dans tous les cas, selon moi, le capitalisme est l’élément primordial (capital), même dans le cas d’imitation, qui rend possible l’évolution. Il permet l’adaptation et le perfectionnement continu des outils, de l’organisation, de la conception, de la production et des échanges des biens. Aucun autre mode de mise en œuvre que celui du capitalisme n’a, à ma connaissance, été capable de faire mieux, c’est-à-dire d’être plus performant, malgré différentes tentatives. Les organisations de type communiste en particulier, qui ont été essayées, sont aujourd’hui abandonnées parce que moins performantes.

      Or, le processus du capitalisme n’est pas récent.

      Il ne date pas du 18ème siècle. Il me semble remonter à l’origine de l’homme. C’est parce qu’il a su inventer le processus vertueux du capitalisme, que l’animal d’origine est devenu homme. Il consiste, en travaillant plus pour gagner plus que ses besoins immédiats le nécessitent, afin de pouvoir épargner. Cela permet alors de créer et renouveler des outils sans cesse plus performants.

      J’ai expliqué cela par une robinsonnade dont j’ai rappelé l’adresse dans mon dernier post ci-dessus à l’attention de Jean-Luc (sans D)

      Après avoir relu vos deux dernières réponses, dont je vous remercie, j’ai été surpris de constater que vous n’avez, à aucun moment, utilisé le mot capital ou capitalisme, deux mots sur lesquels vous m’avez initialement questionné et qui sont tout à fait dans le thème du billet de Crapaud Rouge. Vous ne semblez vous être exprimé que sur la compétition.

      Aussi je me permets de vous demander, cher Jean-Luc D, d’admettre que ma façon de présenter l’origine du capitalisme ne peut être rejetée, à moins de prouver le contraire.

      Cordialement.

    41. à Jducac,

      Je suis intervenu sur la compétition parce que c’était l’un des angles de vos commentaires.

      Votre approche n’est pas à rejeter, mais elle peut être discutée. Je pense que le malentendu vient du rapprochement que vous faites entre « capital » et « capitalisme », l’un n’étant pas réductible à l’autre (voir autres commentaires plus haut). Peut-être serait-il plus judicieux de parler de « capitalisation », ce terme se rapprochant davantage de celui d’épargne?

      Néanmoins – et en continuant à utiliser des mots en « isme » -, de la même façon que vous écrivez « c’est parce qu’il a su inventer le processus vertueux du capitalisme que l’animal d’origine est devenu homme. », nous pourrions écrire que « c’est parce qu’il a su inventer le processus vertueux du socialisme, que l’animal d’origine est devenu homme. ». En effet pour devenir homme, l’animal que nous étions a dû s’unir, se regrouper au sein de structures anthropo-sociales partageant une culture et un mode de vie commun, et des règles sociales nécessaires à la viabilité de la communauté. En outre, les travaux en anthropologie nous montrent que beaucoup de sociétés primitives reposaient sur une propriété collective des moyens de production.

      Dès lors, sans que votre proposition soit invalidée, nous voyons se dessiner un double processus concomitant et complémentaire de capitalisation et de socialisation auquel il faut rajouter celui de mythification du monde, le tout concourant à la création d’une culture indispensable au processus d’hominisation. Vous voyez que les choses se compliquent un peu et qu’en aucun cas, l’évolution humaine ne peut, à mon sens, s’expliquer par une cause unique.

      Mais dans tous les cas, selon moi, le capitalisme est l’élément primordial (capital), même dans le cas d’imitation, qui rend possible l’évolution.

      Au vu de mes développements précédents, votre allégation mérite, à mon sens, d’être un peu plus nuancée et tout en continuant à utiliser des mots en « isme » – ce que j’ai quelques réticences à faire compte tenu de leur connotation politique –, je pense qu’il serait préférable et plus juste d’associer « capitalisme » et « socialisme » comme étant des éléments primordiaux rendant possible l’évolution.

      Bien à vous.

      JLD

    42. @ Jean-Luc D.

      Limpide !
      Dans une récente réponse à l’ami jducac je supposais que, décidé à faire remonter le capitalisme aux origines de l’humanité, il devait se tromper de mot. Depuis, je cherchais quel mot était masqué derrière le mot « capitalisme » qu’il emploie, et dont l’usage par lui a rongé tant de patiences sur le blog de Paul Jorion. Vous venez de trouver, je crois.
      J’espère que ce texte que vous venez d’écrire ci-dessus permettra de lever le malentendu.

      —————

      @ jducac,

      Merci pour votre persévérance bienveillante dans les échanges. Paul Jorion avait dit de vous que vous faisiez partie de la nécessaire antithèse sur le blog. Je crois que vous avez aussi un rôle d’accoucheur pour des gens comme moi (on appelle cela la maïeutique, n’est-ce pas ?). Je ne sais pas si vous-même avez le sentiment d’évoluer dans votre pensée, mais vous êtes bien utile pour nous amener à préciser la nôtre.

    43. Les balbutiements d’un Jducac comme le babil d’un bébé : La vie, son déroulement, comme au premier jour du monde.

    44. Jean-Luc D.,

      Il y a quelque chose qui me tracasse : http://www.pauljorion.com/blog/?p=21041#comment-147119

      jducac,

      Le capitalisme ne tolère pas ceux qui ne participent pas à la compétition, il est tyrannique et colonisateur. Rien que ça ce n’est pas bon. Il ne respecte pas l’autre, qu’il soit homme, animal, végétal, minéral… rien ! Et moi j’aime pô con tolère pas les autres. J’ai le droit ça au moins ?

      Bom dia

    45. Définition du capital dans L’argent, mode d’emploi (Fayard 2009).

      « L’argent permet d’acquérir des biens, des marchandises, ainsi que de rémunérer des services. Mais il est aussi capital, c’est-à-dire l’argent qui manque à l’un et qu’il devra alors obtenir en prêt d’un autre, et en tant que tel, il est source d’intérêts et donc le moyen d’obtenir plus d’argent encore pour celui qui le possédait déjà ». (16-17)

      « Si le capital a pu donner l’impression à son détenteur qu’il fructifiait de lui-même (et cette implication est inscrite dans notre comptabilité de la valeur actualisée), c’est qu’aux yeux de celui ou celle qui l’emprunte, les intérêts apparaissent comme une ponction légitime, justifiée par le fait qu’il ou elle n’aurait rien pu faire sans l’avance qui lui a été consentie. Il n’en demeure pas moins que les intérêts sont des commissions à régler en raison du fait que les fonds ne se trouvent pas au bon endroit – le capital, je l’ai dit en introduction, c’est l’argent quand il nous manque. Du fait que le capital ne se trouve pas là où il devrait être pour pouvoir intervenir comme moyen de production, ou comme bouche-trou de revenus insuffisants, celui qui l’amène alors au bon endroit fait payer sa participation en invoquant le fait qu’il en est après tout le propriétaire ». (101-102)

    46. @ michel lambotte dit : 6 février 2011 à 14:09

      Sur ce blog, nous sommes en train de construire les briques de l’avenir.

      Bonjour Michel Lambotte, l’homme qui ne veut pas être le premier à abandonner, et qui s’emploie à construire l’avenir.
      Pardonnez-moi d’avoir tardé à vous répondre et merci pour le lien que vous nous avez donné.

      Oui, tout comme vous, je pense que l’avenir de l’humanité dépend des briques que nous construisons tous, individuellement et collectivement. Pour des raisons d’efficacité, pour éviter le gaspillage et la dépense inutile d’énergie, et de matières premières, il faut chercher à ce que les briques s’assemblent bien les unes avec les autres
      .
      Nous en sommes là actuellement.

      Nous prenons le problème par tous les bouts sur le blog de Paul Jorion qui a eu le grand mérite d’accepter des briques de toutes les couleurs, même si la dominante générale est marquée.
      Avec quelques autres, j’apporte la mienne dont la couleur tranche. Ça donne du relief à l’ouvrage et surtout si les autres apporteurs de briques comprennent l’utilité d’allier, de souder, de fondre, de fusionner, cela pourrait conférer au produit résultant, des qualités particulières, extraordinaires mêmes, et sans comparaison avec les propriétés de chacun des constituants.

      Vous qui êtes technicien, vous savez comment on obtient un alliage plus dur, plus tranchant, plus apte à fabriquer des outils, des armes, des paliers (avant qu’il y ait des roulements à billes ou magnétiques) à partir de métaux plus mous. Parfois il suffit de quelques impuretés, ou de la mise en jeu d’un catalyseur pour que s’opère des réactions bénéfiques.
      C’est pour cela que je suis heureux de vous entendre dire que vous n’êtes pas du tout anti—–capitaliste. Comme vous l’avez peut-être remarqué, je ne suis pas du tout anti social, ni anti humaniste, ni anti écologique etc.. Par contre je pense que c’est probablement faire preuve de trop de radicalité quand vous dites :

      je le considère comme un système (le capitalisme) ayant joué son rôle et qui doit maintenant donner la main à un autre système mieux adapté aux problèmes actuels

      Si je m’étais mieux exprimé pour mieux montrer ma conception et les vertus essentielles du processus de base du capitalisme, excluant certains domaines financiers, véritables arnaques, tromperies, abus de confiance, vous seriez probablement moins radical. Car vous avez probablement été plus influencé que moi par des courants de pensée nés au 18ème siècle et qui avec leur noms en ismes ont voulu provoquer des révolutions alors que des évolutions sont de loin plus économes en énergie et en vies humaines.

      Peut-être seriez-vous moins enclin à vouloir voir le capitalisme et l’industrie « passer la main à un autre système ». Pour ma part, je suis convaincu que le système capitaliste constitue l’une des bases principales du processus de développement de l’humanité, donc de son avenir.
      Je vais jusqu’à considérer que si le processus « Travail> Accumulation du surplus dans l’épargne pour consolider le capital>Prise en compte des risques pour le futur>Mise en œuvre des dispositions en mesure réduire ces risques> Sécurisation du futur » était abandonné, la fin du développement de l’humanité interviendrait, soit qu’on l’aurait voulu, soit qu’on la subirait suite à un manque de prévoyance.

      Malgré nos différences d’approche, vous êtes parmi ceux dont je me sens le plus proche sur le blog, pour plusieurs raisons.

      Votre métier, comme celui que j’ai exercé, tourne autour de la technique.
      Vous ne l’exercez pas dans un domaine protégé de la concurrence.
      Votre hobby et en particulier votre recherche d’un « moyen technique pour répondre à un besoin nouveau » de culture plus écologique, se rapproche beaucoup du métier d’ingénieur que j’ai exercé.
      Notre ascendance, à la précédente génération, est paysanne.
      Vous avez un âge à peu près égal à celui de mes frères, ce qui m’a permis de réfléchir aux raisons des différences de façon d’être, entre ceux qui sont nés avant 45 et les autres. J’ai été très touché quand vous avez évoqué votre père, car mes parents ont beaucoup souffert de l’influence de cette « révolution de la fin des années 60» sur les plus jeunes de leurs enfants.
      Vous êtes favorable à une économie de proximité, près et dans les villes. Je n’y suis pas défavorable ; je pense seulement que ça n’est pas suffisant, d’ailleurs le fait que vous vous intéressiez au problème des grosses métropoles urbaines en Chine, montre qu’il y a un problème.

      Je suis aussi parfaitement d’accord avec votre déclaration :

      C’est comme cela que la vie évolue: en recyclant ses déchets.

      Je trouve qu’il a effectivement beaucoup de déchets qui doivent être recyclés, pas que dans le matériel, dans le spirituel aussi. Je suis partisan de refonder les valeurs éthiques (ou morales, si le mot ne vous fait pas peur). Mais quand on dit récupération on prend soin de récupérer ce qui a de la valeur. On ne jette pas tout avec l’eau du bain. C’est un défi majeur avec celui de l’énergie. Les troubles de l’économie, la finance, la monnaie ne sont que des conséquences.

      Alors, comme mes sentiments humanistes m’y incitent, je ne manque jamais une occasion d’emprunter le chemin qui me ramène à mes origines pour rendre hommage (mot porteur de sens) à ceux qui m’ont précédé, connus ou inconnus. Je voue un très grand respect aux travailleurs de la terre. C’est par l’intermédiaire des paysans, auteurs de la première grande évolution humaine (plutôt que révolution) qu’a été assurée la jonction entre les chasseurs cueilleurs et notre civilisation industrielle qui a permis à l’homme d’aller sur la lune. C’est grâce à eux que par la pensée je suis remonté à nos origines pour y trouver une des raisons probables de notre évolution.

      Pour toutes ces raisons, nous avons tout lieu d’espérer, surtout si nous savons travailler sur nos différences de perception. C’est là qu’il faut « travailler beaucoup et bien, en consomment peu » c’est le principe de base du capitalisme qui convient aussi à l’écologie. Ce travail là ne consomme pas énormément d’énergie sans laquelle il n’y a pas de vie.
      Si vous ne l’avez déjà fait, vous pouvez lire ce qui c’est dit sur Albert Jacquard comme suggéré par Juan Nessy ainsi que le texte d’une de ses conférences que j’ai signalé.

      Dans le système vivant, il n’y a pas d’accumulation, il s’arrange pour la recycler.

      Mais si il y en a Michel Lambotte, bien au contraire il y a énormément d’accumulation, c’est même une des spécificités de l’homme qui à mon avis est né capitaliste. Il accumule énormément, des connaissances, des expériences et tout cela s’additionne (en partie) dans notre génome et ce transmet par atavisme ou autre processus que j’ignore. Ça ne peut plus loger dans un cerveau humain.

      L’homme est quand même un capitaliste formidable. Comme il était arrivé à la limite de pouvoir capitaliser chez lui, dans son cerveau, il a imaginé de capitaliser son bien le plus précieux, hors de lui dans un réseau interconnecté et accessible à tous. Cette richesse est véhiculée très rapidement avec peu d’énergie, comme l’autre, comme l’argent dématérialisé, à la vitesse de la lumière. Mais comme l’autre, elle peut être manipulée, même si elle est impalpable. C’est pour cela qu’il faut être prudent quand on passe du matériel à l’immatériel, à l’information, qui peut-être la meilleure et la pire des choses.

      Si ça n’était pas si mal vu par les anticapitalistes, qui sont à mon avis victimes d’un conditionnement malheureux, on pourrait présenter cela comme une délocalisation aux effets positifs. Les autres délocalisations, celles qui nous font si mal, à nous occidentaux favorisés, seront peut-être considérées dans l’histoire de l’humanité comme un des bienfaits engendrés par le capitalisme en tant qu’unificateur planétaire des niveaux de vie. Qui sait ?

      A plus tard, sur le chemin des bâtisseurs d’avenir.

    47. @ Paul Jorion dit : 10 février 2011 à 08:04
      Bonjour Paul Jorion.
      Quand j’ai déposé ma réponse à Michel Lambotte à 16h31, je n’avais pas lu votre post de 8h04.

      J’ai lu « L’argent mode d’emploi » quand il est sorti en 2009 et ne me souviens pas si, comme je le fais parfois, je vous ai écrit pour faire part de remarques ou autres.
      L’objet de cet ouvrage est l’argent et non le capital de sorte que la définition que vous donnez à capital, même si elle peut être considérée comme un peu provocante, ne m’a pas heurté.

      le capital, c’est l’argent quand il nous manque

      Certes, elle est un peu gênante à cause du «nous » qui pourrait amener à penser que l’auteur s’adresse préférentiellement à une classe de lecteurs. L’argent qui nous manque, il est dans le capital, pourrait-on lire
      .
      Dans un ouvrage s’intitulant « Le capital, qu’est-que c’est » cette définition n’aurait pas été convenable, parce qu’elle aurait été, à mon avis, trop circonscrite. Je ne suis pas un spécialiste du capital, même si mon pseudo peut égarer. Il n’a rien à voir avec mes avoirs, mon capital, en banque, en bourse ou ailleurs.

      Pour ce qui est du capital, je crois qu’il peut être utile de penser à :
      Capital humain, capital social, capital matériel et immatériel, capital génétique, soit en général, tout ce qui peut être possédé ou attaché par contrat, par héritage, par achat, par le travail, par intéressement, et qu’il convient de maintenir en valeur et si besoin renouveler pour accompagner le progrès ou y contribuer.
      On peut aussi voir sur ce site : http://fr.wikipedia.org/wiki/Capital

      Mais ceci n’est que l’avis d’un citoyen très moyen, n’ayant fait que de petites études et qui, à 76 ans, utilise le peu qu’il a appris dans la vie, pour en faire part aux autres. Cela pourrait leur servir en leur donnant un certain point de vue, un autre éclairage, celui d’un « ancien » susceptible de les amener à réfléchir, tout comme les avis différents des miens m’amènent à réfléchir et si besoin, à infléchir mes conceptions.

      Bien cordialement.

    48. Paul,

      La démocratie c’est le peuple qui gouverne ; et on observe la part du capital (dans le rapport échange/capital).

      La démocratie directe permet d’aller à la source de l’Économie (le vivre-ensemble), chacun étant en situation d’exprimer la valeur qu’il lui donne, la valeur qu’il donne à sa vie. Et par suite la part de capital qu’il souhaite voir exprimée dans l’argent.

      C’est très simple. Il suffit d’en parler, à ses amis éminents ou célèbres dans les médias ou en politique par exemple. On n’est pas obligés de tout casser d’abord et d’aviser ensuite ! Et ce qu’il y a de bien c’est le nombre : la « part de capital » de (dans) chacun est inversement proportionnelle au nombre ! Et le pouvoir d’imposer sa valeur est proportionnel à la part, lui ! Qu’est-ce qu’on s’marre !

      Toi là-haut : je te vois !

    49. jducac,

      « Pour ce qui est du capital, je crois qu’il peut être utile de penser à :
      Capital humain, capital social, capital matériel et immatériel, capital génétique… ».

      Sûr que ça peut être utile d’y penser, surtout quand on écrit : « Travail> Accumulation du surplus dans l’épargne pour consolider le capital… » !

      Hé ! Ho ! Faudrait voir d’arrêter de nous prendre que pour des billes !

      jducac : j’ai autant de respect pour vous que pour une fleur (qui marche aussi au capital) que pour un sadhû de base (je suis sûr que vous trouverez son capital « qu’il convient de maintenir en valeur et si besoin renouveler pour accompagner le progrès ou y contribuer », ou alors vous avez trop forcé sur le capital aveuglement, celui qui persuade que son chemin est le bon sinon le meilleur ou pour les plus riches le seul).

      Cordialement également.

    50. @ Fab dit : 11 février 2011 à 06:22

      Fab, vous feriez honneur à l’espèce vivante qui est la nôtre, en ne manipulant pas l’information que je génère et qui est diffusée grâce à ce blog.

      Travail> Accumulation du surplus dans l’épargne pour consolider le capital>Prise en compte des risques pour le futur>Mise en œuvre des dispositions en mesure réduire ces risques> Sécurisation du futur

      Reconnaissez qu’en tronquant le texte juste avant le second signe > l’enchaînement logique que j’ai représenté perd toute sa valeur.
      Vous faites disparaître l’essentiel de ce qui sépare l’esprit capitaliste de l’esprit du jouisseur.

      Le jouisseur peut aller jusqu’à être violeur, ce que vous avez fait avec mon texte, car il se focalise sur ce qu’il peut tirer égoïstement du présent sans penser aux autres représentants de son espèce, du présent et du futur, et aux conséquences que cela peut avoir sur la pérennité de l’humanité.

      Si vous voulez que j’explicite la suite logique que j’ai représentée, changez d’attitude. Evitez d’utiliser ce type de procédé qui ne vous honore pas. Vous pouvez-même allez jusqu’à vous excuser.

    51. @ Jean-Luc D. dit : 10 février 2011 à 00:02
      D’abord, je tiens à vous dire que nos échanges précédents m’ont été profitables. Ils m’ont amené à nuancer mes positions, notamment dans ma réponse à Michel Lambotte. J’ai plusieurs fois pensé à vos observations, en lui répondant.

      Je pense que le malentendu vient du rapprochement que vous faites entre « capital » et « capitalisme », l’un n’étant pas réductible à l’autre

      En rapprochant « capital » de « capitalisme » je ne pensais pas m’engager dans un malentendu, car qui peut dire que capitalisme ne dérive pas de capital ?

      Pour moi, le capitalisme a toujours été l’activité qui consiste à exploiter, à gérer le capital, dans le but d’entretenir la vie afin qu’elle puisse se perpétuer. Capital et capitalisme sont autant liés que cycle et cyclisme. Le premier couple de mots permet d’avancer dans le temps, le second permet d’avancer dans l’espace, même s’il fait aussi gagner du temps par rapport à la marche à pieds.

      c’est parce qu’il a su inventer le processus vertueux du capitalisme que l’animal d’origine est devenu homme.

      Ou/et

      c’est parce qu’il a su inventer le processus vertueux du socialisme, que l’animal d’origine est devenu homme.

      C’est effectivement intéressant de mettre en parallèle capitalisme et socialisme. Il y a certainement beaucoup à tirer du rapprochement/opposition entre les deux entités qui ne sont peut être pas tout à fait de même nature. On peut les mettre en opposition, en compétition ou en association et utiliser la comparaison des avantages et des inconvénients de divers points de vue.

      Il y a une remarque immédiate qui s’impose à nous. Certains animaux et insectes ont adopté des comportements sociaux sans pour autant devenir des hommes. Sans avoir fait ni étude ni recherche sur le sujet, il me semble que c’est son aptitude à fabriquer un outil qui, très probablement, est à l’origine du basculement de l’animal vers l’homme.
      La question de savoir si pour imaginer l’outil, l’homme avait eu besoin de développer des attitudes sociales ou pas, ne présente qu’un intérêt secondaire. Cela concerne le passé de l’aventure humaine qui, pour ne pas être négligeable, bien au contraire, est quand même moins important que son futur.

      Quant à tirer avantage du couplage capitalisme-socialisme, il y a certainement beaucoup à dire.

      A priori, je pense que le capitalisme sert davantage la pérennité de l’espèce que le socialisme, car il se préoccupe d’abord du capital, de l’essentiel, de l’indispensable pour le futur. Il consacre davantage d’attention à la prise en compte de ce dont les humains du futur peuvent avoir besoin que de ce qu’on peut distribuer dès aujourd’hui au plus grand nombre pour qu’ils consomment, ce qui me semble être l’objectif premier de ceux qui se réclament du socialisme.

      La conversion de la Chine au capitalisme semble aller dans ce sens.

    52. jducac,

      Vous écrivez et pensez je pense : « Travail> Accumulation du surplus dans l’épargne pour consolider le capital… » ! Si j’ai tronqué c’est que je ne voyais pas l’intérêt de la suite ! Que vous souhaitiez une « Prise en compte des risques pour le futur>Mise en œuvre des dispositions en mesure réduire ces risques> Sécurisation du futur », encore heureux, vous croyez qu’on fait quoi tous les jours dans la vie et ce depuis des milliers d’années !? Que pour vous le travail soit le moyen d’accumuler du surplus dans l’épargne pour consolider le capital, je vous l’ai déjà dit : libre à vous, c’est votre vie, vous êtes grand !!!

      Mais que vous présentiez cette voie comme la seule et unique possible : Noooooooooooooooooooon ! Je ne veux pas de ce monde ! Dois-je m’excuser de penser ça ? Je suis moi jducac, vous ne pouvez pas investir mon esprit. Le monde à travers « l’espèce vivante qui est la nôtre » a capitalisé plein de choses – bonnes et mauvaises- au cours de son histoire, notamment la conscience de soi, puis doucement celle de l’autre : si l’on travaille pour accumuler un surplus d’argent il n’est pas sûr – je m’en convainc malheureusement jour après jour- que l’on dispose d’assez de volonté, de temps (coucou Jean-Luc D.), pour travailler à la production de surplus de ces consciences.

      Cordialement nez en moins.

    53. à Fab,
      Ne soyez pas tracassé 🙂
      Si je prends le temps de répondre, ma disponibilité pour faire autre chose sur ce blog n’en est pas pour autant extensible. Comme pour beaucoup d’autres, j’ai la chance d’avoir un travail couplé à des fonctions d’élu d’entreprise et de syndicaliste. Cela occupe déjà beaucoup de mon temps et « gangrène » ma disponibilité pour d’autres occupations. Je vis sous la contrainte d’un juste compromis entre obligations et désirs.

    54. à Jean-Luc
      Merci pour votre « limpide ». Venant de vous dont j’apprécie toujours les commentaires, j’en suis très honoré. :-)) . Derrière chacun d’eux, nous sentons la sensibilité et l’intelligence de l’artiste, et cela réchauffe l’âme.

      Toutefois et pour en revenir à mon commentaire, je suis tout à fait conscient des imperfections de ma réponse, mais Jducac ayant souhaité une démonstration simple, j’ai tenté de m’y conformer, même si je pense que le choix de certains termes en « isme » est inapproprié.

    55. @ jducac

      Un grand merci pour votre long billet qui m’est adressé.
      J’ai été absent quelque jours pour cause de maladie (rien de grâve, j’ai du me reposer)
      Je vais réétudier tout le fil qui est intéressant,
      Peut-être l’avez vous déjà examiné, mais permettez moi de vous signaler ce lien
      Albert Jacquard en pleine activité chez Terre à 85 printemps. C’est émouvant.
      http://www.autreterre.org/fr/news/92-albert-jacquard-reportage.aspx
      Il remet en question la compétition.

    56. @ jducac

      A priori, je pense que le capitalisme sert davantage la pérennité de l’espèce que le socialisme, car il se préoccupe d’abord du capital, de l’essentiel, de l’indispensable pour le futur. Il consacre davantage d’attention à la prise en compte de ce dont les humains du futur peuvent avoir besoin que de ce qu’on peut distribuer dès aujourd’hui au plus grand nombre pour qu’ils consomment, ce qui me semble être l’objectif premier de ceux qui se réclament du socialisme.

      Si vous examinez le cas de Disneyland par exemple, il s’agit bien là d’une grand messe de la consommation. Que je sache, c’est le monde capitalisme occidental qui l’a créer, en aucun cas une quelconque société socialiste.
      Pourtant, sans la consommation du plus grand nombre qui ne se réclame pas du socialisme, une telle entreprise capitaliste ne peut vivre.
      En remettant en cause l’utilité et surtout comme vous le soulignez de l’indispensabilité d’une telle entreprise capitaliste, je ne vois pas où « le capitalisme sert davantage la pérennité de l’espèce que le socialisme, car il se préoccupe d’abord du capital, de l’essentiel, de l’indispensable »
      Des entreprises capitalistes de ce type, il y en a des dizaines.
      Ce n’est pas seulement le capitalisme que je remets en question, c’est l’utilité des entreprises telles qu’elles existent aujourd’hui.
      Ce sont des machines à vendre, qui broient les individus, qui les corsettent dans un mode de fonctionnement accepté de tous dans une servitude volontaire.
      Le pire, c’est qu’elles nous amènent vers une destruction planétaire par le saccage des ressources en même temps que le saccage des ressources humaines du fait de leur non utilisation.
      Je pense qu’il nous est indispensable de socialiser les entreprises non pas pour consommer plus en travaillant moins, mais immaginer comment pouvoir mieux utiliser les ressources humaines dans le contexte global actuel.
      Permettez moi de vous signaler ce lien:
      http://blog.benoitdebray.com/
      L’entreprise2.0

    57. @ Fab dit : 11 février 2011 à 12:40

      Votre « Cordialement nez en moins » sonne comme un pied de nez émanant d’un potache irrévérencieux.

      Sincèrement, vous auriez beaucoup à gagner en évitant ce genre de plaisanteries. Elles sont empreintes d’irrespect et d’immaturité, tout comme vos vidéos provocantes vers lesquelles vous renvoyez en guise de bonne journée.

      Vous qui prônez la prise de conscience, flairez-vous où cela peut vous mener?

      En ne voyant pas plus loin que le bout de votre nez, vous avez borné la suite logique donnée et ne réfléchissez pas à la partie éliminée.
      Ce qu’il y a au bout, risque bien de vous retomber sur le nez. Est-ce le néant, vers lequel vous voudriez nous acheminer?

      Cordialement.

    58. à Jducac,
      Excusez-moi de vous répondre tardivement, mais j’ai pris connaissance de votre commentaire hier soir seulement. En outre pour des raisons probablement techniques, je suis obligé de découper cette réponse en plusieurs commentaires.

      En rapprochant « capital » de « capitalisme » je ne pensais pas m’engager dans un malentendu, car qui peut dire que capitalisme ne dérive pas de capital ?

      Oui, bien sûr, mais « capital » a un sens beaucoup plus large que « capitalisme ». Le capital peut être matériel ou immatériel, d’un côté des biens physiques, de l’autre des connaissances et des savoirs. Or, « capitalisme » est le plus souvent employé pour définir un système économique et social dont les origines remonteraient au 12ème siècle et reposeraient sur des principes spécifiques (voir Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisme ). L’emploi de « capitalisme » en dehors de cette acception ne peut qu’être cause de malentendu, surtout quand on veut expliquer que « le capitalisme est le processus de base nécessaire à la perpétuation des êtres vivants».

      Par ailleurs, les anthropologues ne parlent jamais de « capitalisme » quand ils évoquent les économies primitives comme celle du potlatch ou de la kula. À peine se risquent-ils à parler d’ancêtre du marché capitaliste comme Franz Boas, les correspondances entre « capitalisme » et ces systèmes économiques n’étant jamais totalement superposables.

      C’est pour cela que « capitalisation » me paraîtrait plus juste dans votre formulation et permettrait à nos points de vue de se rapprocher.

      On peut les mettre en opposition, en compétition ou en association et utiliser la comparaison des avantages et des inconvénients de divers points de vue.

      Je ne peux que vous rejoindre sur ce point – finalement, nous allons y arriver :-)- . Cependant, je pense qu’il suffirait juste de remplacer votre « ou » par un « et/ou ». La triple relation dialogique pouvant être envisagée, à la fois, dans la simultanéité, et la linéarité. C’est là toute la complexité de la problématique derrière laquelle se profile celle des grands équilibres entre des tendances opposées, antagonistes et néanmoins complémentaires et vitales l’une à l’autre. Cet équilibre est dynamique, et non pas uniquement statique dans la mesure où le système (binaire ici) sous le poids des antagonismes ou des contraintes extérieures a souvent, sinon toujours, tendance à se déséquilibrer nécessitant des rééquilibrages permanents. L’équilibre est un point idéal autour duquel son organisation fluctue. Cette conception est bien sûr à mettre en lien avec les notions d’entropie, de néguentropie et d’écosystème.

      En envisageant les choses à partir de cette grille de lecture et si nous mettons en relation les deux variables (rien n’empêchant d’en rajouter d’autres) qui nous intéressent « capitalisation/capitalisme » et « socialisation/socialisme», la réalité s’enrichit immédiatement sous l’effet de leur triple relation et leur rapport d’équilibre sans faire prévaloir l’une sur l’autre.

    59. Suite du commentaire

      il me semble que c’est son aptitude à fabriquer un outil qui, très probablement, est à l’origine du basculement de l’animal vers l’homme.

      Vous vous engagez là sur un terrain très glissant auquel – je crois – aucune réponse ferme et définitive n’a été apportée. Là encore, plusieurs processus sont certainement à l’œuvre. Yves Coppens évoque, je crois, l’augmentation du cerveau humain suite à l’ingestion de nourriture carnée – ce qui reste pour l’instant une hypothèse – comme une des causes du processus d’hominisation. Le langage est également évoqué, et qui dit langage, dit communauté et donc socialité. Interviennent là aussi des processus de sélection naturelle dans lequel le hasard a aussi son mot à dire. Difficile de savoir quelle serait la cause 1ère de ce que vous appelez « un basculement » ? À mon avis, la plus grande prudence en ce domaine s’impose.

      Toutefois, même si nous acceptions votre hypothèse qui reste plausible, les 1ers outils retrouvés remontant à homo habilis, la fabrication d’un outil ne permettrait pas d’en déduire que ce geste serait constitutif d’une primauté du « capitalisme ».

    60. Suite

      La question de savoir si pour imaginer l’outil, l’homme avait eu besoin de développer des attitudes sociales ou pas, ne présente qu’un intérêt secondaire. Cela concerne le passé de l’aventure humaine qui, pour ne pas être négligeable, bien au contraire, est quand même moins important que son futur.

      Pour « imaginer », oui certainement, mais je ne vois pas le rapport avec la primauté du « capitalisme ». Que sa fabrication soit ensuite transmise, améliorée, d’accord. De là à y voir les prémisses du « capitalisme » tel que nous le définissons actuellement, il y a un fossé épistémologique à franchir.

      Votre remarque serait valable si nous étions sûrs que la fabrication d’outil est la seule cause à l’origine du « basculement de l’animal vers l’homme ». Or, nous n’avons en la matière aucune certitude. Cette fabrication et l’amélioration des procédés sont peut-être aussi une conséquence du développement cérébral et de la nécessité de nourrir un groupe de plus en plus important. Rien ne permet d’affirmer que la fabrication d’outil serait apparue ex nihilo et qu’elle préexisterait à toute forme de socialité. Il y a là encore interaction entre plusieurs déterminants. Contrairement à vous, je ne privilégie aucun élément causal, je préfère parler de concomitance. C’est toujours difficile de déterminer qui a pondu l’œuf qui a fait la poule etc…

      De plus, j’avoue ne pas bien vous comprendre. Vous tentez d’un côté de nous expliquer que le « capitalisme » trouverait son origine dans notre passé le plus éloigné et de l’autre vous me reprochez de vous parler du passé. Dans les deux cas, ne tentons-nous pas d’expliquer notre futur par rapport à notre passé ? Qu’il s’agisse de la fabrication d’outils et/ou du développement cérébral et/ou du langage comme base du processus d’hominisation, nous nous appuyons sur des phénomènes du passé pour tenter de comprendre notre présent et notre futur.

      Vous avez raison de dire que le futur est plus important que le passé si vous vous placez dans une optique de survie ou de perpétuation. Sur un plan philosophique, cela devient très contestable, mais c’est un autre débat.

    61. Suite et fin.

      A priori, je pense que le capitalisme sert davantage la pérennité de l’espèce que le socialisme, car il se préoccupe d’abord du capital, de l’essentiel, de l’indispensable pour le futur. Il consacre davantage d’attention à la prise en compte de ce dont les humains du futur peuvent avoir besoin que de ce qu’on peut distribuer dès aujourd’hui au plus grand nombre pour qu’ils consomment, ce qui me semble être l’objectif premier de ceux qui se réclament du socialisme.

      Pourquoi « davantage » ? Votre vision matérialiste et consumériste vous empêche d’envisager les autres aspirations et dimensions humaines. L’homme, outre ses pulsions sociales, est aussi un être pensant, psychique, fondamentalement religieux au sens jungien du terme, dont les systèmes de croyance, tout aussi indispensables que le reste, ont contribué à la constitution des communautés humaines et forgé le sentiment d’appartenance et d’identité sans lesquels il n’aurait pas survécu. S’il s’était contenté de se nourrir et de subvenir à ses besoins primaires, il est probable qu’il serait resté un animal, avec ou sans outil. S’il s’était contenté de l’indispensable pour assurer sa pérennité ou pour le futur comme vous dites, pourquoi le singe que nous étions aurait-il évolué, par discontinuité évolutive, vers « homo sapiens » ? Pourquoi aurait-il développé sa conscience d’être, plus encombrante qu’utile à sa pérennité ? L’explication, sans aucun a priori téléologique, est plus complexe que votre unique explication manufacturière. Comme la vie qui est née sur terre est d’origine polycausale (bonne distance du soleil, présence d’éléments chimiques, température et atmosphère viables, inclination, rotation etc… et que sais-je encore….), l’hominisation et la pérennité de notre espèce sont aussi le fruit de la conjonction de plusieurs processus.

      Encore une fois, par un glissement sémantique, vous associez « capitalisme » via le mot « capital » à celui d’essentiel. Or, il est impossible de tirer des conclusions définitives à partir de simples rapports synonymiques.

      Excusez-moi d’avoir été long, mais comme le dit la pub : « C’est parce que vous le valez bien. » 🙂

      Cordialement

    62. @ Jean-Luc D.,

      Merci . Vous savez, ce n’est pas le choix des termes en « isme » que vous utilisez pour votre démonstration qui est inapproprié, c’est bien l’utilisation qui en est faite par d’autres qui est abusive. Lorsque j’ai lu chez vous les mots capitalisation et socialisation comme outils du destin de l’être humain, j’ai tout de suite pensé qu’ils pourraient aider à dépasser les blocages idéologiques véhiculés par les mots capitalisme et socialisme. Cela pourrait être utile pour calmer les ardeurs de certains contradicteurs de jducac, et aider également ce dernier à délaisser les amalgames qu’il utilise comme arme ultime pour invalider toute contradiction (vous savez, son argument régulier que tout homme possède un capital de neurones, de culture, un capital physique constitué par l’Evolution, et que par conséquent, tout être humain est par essence capitaliste, et ne peut être anti-capitaliste sans se renier).

      Sinon, compliment pour compliment, je considère que vous faites partie sur le blog de Paul Jorion de ces quelques personnes – également sensibles et intelligentes – dont les interventions servent non seulement de synthèse, mais aussi de portes ouvertes à une réflexion plus ample. C’est capital 😉 .

    63. @ Jean-Luc dit : 10 février 2011 à 01:07

      Je ne sais pas si vous-même avez le sentiment d’évoluer dans votre pensée, mais vous êtes bien utile pour nous amener à préciser la nôtre

      Bien évidemment. J’évolue moi aussi dans mes pensées, comme tout homme ouvert, honnête, sincère. C’est la vertu de l’enrichissement mutuel résultant des échanges. Les apports sont d’autant plus précieux que les visions et les positions initiales sont différentes les unes des autres et que chacun est en mesure de justifier la sienne.

      C’est au niveau de la justification et de l’argumentation qu’apparaissent les éléments de preuves qui témoignent de la force et de la qualité des positions exposées.

      Tout le monde n’est pas enclin à entrer dans un tel processus d’enrichissement des pensées grâce à des ajouts, à des incorporations, à des fécondations, par des éléments nouveaux ayant au préalable subi des tests de validité. Beaucoup, en fait, défendent depuis longtemps des idées qu’ils n’ont pas élaborées personnellement. Ils ne les ont pas construites suite rationnellement. Il me semble que la plupart défendent des idées sans les avoir suffisamment décortiquées, puis compactées, assimilées et digérées presqu’au sens propre ; ce qui permet d’ accéder ainsi à leurs fondements, leur essence, à l’essentiel, et, si j’ose le dire, au capital. En faisant un tel travail on peut mettre à jour des incohérences, des anomalies, des points durs et voir leurs limites.

      Quand on fait cela, on provoque parfois de la gêne chez ceux qui n’ont pas été habitués à devoir étayer des propos dont le seul énoncé du label servait jusqu’alors de sauf-conduit. C’est la théorie de X ou Y ou de tel autre qui a laissé son nom dans le domaine, vous voulez-rire.

       » Allez vous rhabiller, on vous voit venir avec vos gros sabots ».

      Mais le petit paysan est d’un naturel opiniâtre. Il prend l’affaire par tous les bouts, sous tous les angles, utilisant tous les faits, toutes les failles accessibles à la vue de tous pour montrer qu’il y a peut être des tabous, des injustices qui, s’ils étaient admis et reconnus pourraient contribuer à rapprocher des points de vue.
      S’attaquer à des tabous est très difficile. Si vous mettez en doute ce qu’ils disent c’est que vous êtes mal intentionné à l’égard des idées qu’ils portent. Vous êtes un opposant, un homme gênant dans l’esprit de certains.

      Est-ce que je pratique de la maïeutique en faisant cela ?

      C’est bien possible. Il y a tellement de choses que l’on fait sans les avoir apprises et avec lesquelles on tire correctement son épingle du jeu. En tous les cas si vous considérez que je suis un peu un accoucheur, le patron de la maternité est Paul Jorion. F. Leclerc et J.Alexandre ses brillants assistants. Il y a de nombreux intervenants qui donnent tout ce qu’ils peuvent. Vous et d’autres entretenez une ambiance d’empathie et même plus. C’est tellement nécessaire dans une maternité.

    64. Bien reçu, jducac.
      Je souscris à ce que vous venez d’écrire.
      En filant la métaphore de la maternité, ça accouche encore de tous les côtés aujourd’hui, chez Jorion !

    65. @ Jean-Luc D. dit : 12 février 2011 à 08:56

      Merci d’avoir consacré beaucoup de votre temps à longuement me répondre et pardonnez ma lenteur à réagir.

      Notre objectif commun est donc d’opérer des rapprochements de point de vue. Entre nous deux d’abord, entre d’autres ensuite, si possible. En fait, votre objectif profond est d’examiner comment rendre compatible capitalisme et socialisme alors qu’outre la recherche de rapprochements, mon objectif est de montrer en quoi le capitalisme joue et a joué un rôle extrêmement important et bénéfique dans la vie des hommes, du moins je le crois.

      Cet objectif se heurte donc frontalement à l’œuvre de Marx. Un géant, un éléphant, une armée d’éléphants face à une puce qui n’a bénéficié d’aucune formation initiale en philosophie, en économie, en politique et en bien d’autres choses. Se mettre en tête de réhabiliter le capitalisme là où Marx et beaucoup d’autres se sont employés à le rendre méprisable, à faire qu’il soit mal aimé, exécré, éliminé, rayé de la carte, est-ce bien raisonnable ? Est-ce bien utile ?

      La réponse est oui. D’une certaine manière, c’est faire preuve d’humanisme là où beaucoup ne voient derrière le mot capitalisme que du matérialisme. C’est prendre en compte le caractère multi dual des choses, point sur lequel vous aviez à juste titre, tenu à me sensibiliser lors d’un de nos premiers échanges, celui du 5 février 2011 à 14:44 http://www.pauljorion.com/blog/?p=20868#comment-146750

      Mon seul petit avantage dans cette entreprise (encore un mot majeur du capitalisme) c’est d’être vierge de toute influence doctrinale préalable. Du moins je le crois.

      C’est donc être proche de l’état de nature. Celui qui confère une certaine pureté une certaine innocence qu’on peut reconnaitre à un Candide lorsqu’il exploite ses surprises pour progresser dans les connaissances. J’ai la faiblesse de croire que ce moindre armement est parfois largement compensé par l’expérience d’une vie qui s’est en grande partie construite en partant du principe dual que le résultat est d’autant plus gratifiant qu’il a été obtenu avec peu.

      C’est l’application du sempiternel principe familial de base « travailler beaucoup et bien, tout en consomment peu » ou « obtenir beaucoup avec presque rien » qui colle parfaitement avec le capitalisme et l’écologie. Il pose peut-être plus de problèmes avec le socialisme. Mais le mieux est de ne présumer de rien.

      Pour nous aider, permettez-moi de m’appuyer sur la première strophe d’un poème de Victor Hugo qu’on étudiait jadis en classe de certificat d’études de l’enseignement primaire, l’instituteur lui, faisait porter l’attention sur deux petits mots perdus au cœur du texte :
      «Soit bon »
      http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/le_crapaud.html

      Que savons-nous ? Qui donc connaît le fond des choses ?

      Le fond des choses, les fondations, le départ de l’ouvrage, c’est essentiel, c’est capital. En prenant un problème de la sorte, on voit qu’il faut un peu mettre la tête au niveau des pieds. Mais pour être efficace dans le traitement d’un problème, il est bon aussi de repartir sans cesse par l’autre bout, par le sommet de l’édifice, celui qui couronne l’ouvrage, celui qui est l’objectif, il ne doit jamais être perdu de vue. Analyse et synthèse puis synthèse et analyse dans tous les sens. Voila comment décortiquer les problèmes, les rendre plus digestes pour bien les assimiler, les intégrer et finir par les dominer.

      D’ abord, il me semble important de reconnaître, que capitalisme dérive de capital (non uniquement d’argent ou de finance) ; sauf à démontrer le contraire. C’est à mon avis, perdre son temps que de vouloir ergoter sur ce point. Même si capital peut avoir un très grand nombre de sens et de synonymes.

      Par contre cela me semble contre productif, au motif de ce grand nombre de sens, que de s’employer d’emblée à émietter le mot capital. Capital financier va conduire à capitalisme. Capital génétique va conduire à perpétuation de la vie. Capital social va conduire à société. Capital humain va conduire à humanisme, mais il mène aussi vers le capitalisme quand il est exploité d’une certaine manière Etc…

      Or, diviser c’est affaiblir et quand on veut réhabiliter le capital et le capitalisme, ça n’est probablement pas la meilleure façon de le servir.

      C’est probablement beaucoup plus fructueux de garder le plus longtemps possible le mot capital avec l’ensemble des acceptions qu’il recouvre. J’ai l’intuition que cela permet surtout d’être plus efficace du fait que l’on peut alors utiliser des procédés de « type industriel » pour traiter tous les passages du mot capital à un nom en isme ou autre. Je me suis permis d’utiliser cette terminologie pour faire passer tous les sens du mot capital dans le même filtre, sous la même toise afin de les traiter à égalité.

      Oui, pourrait-on me dire, mais en faisant cela, savez- vous encore ce que vous faites ? Vous mettez ensemble des choses qui n’ont rien à voir entre-elles et vous prétendez vouloir défendre le mot capital ? Très certainement et je le prouve. Je veux surtout que le mot capital financier soit traité à égalité avec tous les autres. Le mot capital est un grand mot très lourd de sens et n’ai pas de honte à le défendre, là où d’autres en associant grand et capital ont voulu en faire un gros mot.

      En s’imaginant être un industriel disposant de tout type de machines, à quelle opération peut-on envisager de soumettre le mot capital pour obtenir un mot dérivé ? J’en ai imaginé une.
      Quand on soumet par, la pensée, le capital financier à l’action d’une machine qui exploite ou qui gère, on arrive aisément au mot capitalisme, le produit final étant un bien ou un service qui concourt aux besoins de la vie des hommes et des autres organismes vivants qui leur sont associés. La machine est en fait l’homme.
      Quand on soumet le capital génétique à l’action d’une machine similaire, le produit final est un homme ou autre organisme vivant qui concourt à la perpétuation de la vie. La machine est en fait l’homme.
      Quand on soumet le capital humain à l’action de…Etc… Etc…. Cette machine est toujours la même, c’est l’homme.
      Je n’ai pas réfléchi à ce qu’il convenait de mettre comme type de capital en amont de la machine pour obtenir en sortie les mots tels que socialisme, communisme, politique, libéralisme, néolibéralisme, anarchisme, judaïsme, christianisme, islam, islamisme, bouddhisme, confucianisme …Etc. Mais dans tous les cas, la machine sera l’homme.

      En première analyse, la conclusion générale que l’on peut tirer, c’est que quel que soit le capital soumis à exploitation ou gestion, pas plus le capital financier qu’un autre, dans tous les cas, c’est l’homme qui l’exploite ou le gère et qui en final, en tire ses moyens d’existence.

      C’est ce que je me tue à rappeler, d’après les quelques petits capitalistes que j’ai pu connaître, le capitaliste est un homme comme un autre. Pour davantage de cohésion sociale, chacun devrait s’en persuader, surtout en France où il me semble noter une très grande différence avec d’autres pays, sur ce plan.

      Comme vous n’aviez pas accroché sur cette sorte de provocation que je m’étais permise, en comparant les doubles mots capital et capitalisme à cycle et cyclisme, j’espère que vous comprenez pourquoi j’ai tenu à revenir longuement sur ce premier point.

      Or, « capitalisme » est le plus souvent employé pour définir un système économique et social dont les origines remonteraient au 12ème siècle et reposeraient sur des principes spécifiques

      De même, pour l’origine du capitalisme, que je fais remonter dans une forme primitive (robinsonnade néolithique), à la naissance de l’homme, il est inutile de pinailler. Vous avez trouvé des éléments qui le feraient remonter au 12ème siècle soit antérieurement à ce que dit Wikipédia, qui donne 1753. Peut-être vous référez-vous à ce qui est dit sur ce site.
      http://www.jgarello.com/economiste/biblio/universite_d_ete/audio1991.htm

      Puis, en recherchant encore plus, j’ai trouvé des traces plus anciennes remontant à 3000 ans avant JC.
      http://atil.ovh.org/noosphere/capitalisme.php

      En recherchant du côté des fouilles d’Uruk, Wikipédia relate des activités économiques et bancaires au 7ème siècle avant J C.

      Ce qu’il faut retenir, c’est que Marx est dépassé. En traitant du capitalisme il ne pouvait pas connaître les découvertes d’Uruk. Il l’a donc probablement traité sans chercher à voir d’où il pouvait trouver sa source, son origine, sa raison d’être. Il ne s’est peut-être pas interrogé comme on peut le faire aujourd’hui quand on se dit comme Victor Hugo, pourtant contemporain de Marx.

      Que savons-nous ? Qui donc connaît le fond des choses ?

      J’attends vos observations sur ces réflexions et ne manquerai pas de commenter le reste des remarques de votre dernier commentaire pour faire progresser notre collaboration.

      Bien cordialement.

    66. Bonsoir Jducac,
      je ne serai pas en mesure de vous répondre avant plusieurs jours. Mes activités professionnelles et d’élu de CE viennent de me rappeler brutalement les dures réalités de la vie.
      Dès que je pourrai le faire, je n’y manquerai pas.
      Bien à vous.
      JLD

    67. @ michel lambotte dit : 11 février 2011 à 22:39

      Si vous examinez le cas de Disneyland par exemple, il s’agit bien là d’une grand messe de la consommation. Que je sache, c’est le monde capitalisme occidental qui l’a créer, en aucun cas une quelconque société socialiste.

      Avec Disneyland, vous entrez dans le domaine des loisirs. Souffler, se détendre, se distraire, se changer les idées, se divertir, est un besoin des hommes. Pour le satisfaire, il est nécessaire d’investir en rapport avec le nombre de clients susceptibles d’être réunis. Les investissements peuvent être réalisés avec des capitaux privés ou publics, ces derniers pouvant être considérés comme investis dans des entreprises socialisées, celles dont vous rêvez. Dans ce dernier cas, on arrive à des établissements au niveau des villes où il n’y a pas de concurrence autre que celles liées aux organisations de spectacles privés itinérantes. Avec Disneyland qui a été créé parce qu’il y avait un marché international européen on en arrive à l’exploitation d’une marque internationale qui constitue un capital immatériel ; Tout comme cela se fait avec les grandes marques du luxe.

      J’observe que d’une manière générale, les organisations privées, soumises à concurrence, pas seulement dans le domaine des loisirs, ont fait la preuve jusqu’alors, d’une plus grande efficacité, d’un plus grand dynamisme, que les organisations publiques qui finissent par générer des pertes lesquelles sont socialisées sous forme d’impôts.

      Ce moindre dynamisme se mesure au niveau global d’un pays au bout d’un certain temps. Ainsi les pays de l’Est en général, ont fini par voir qu’ils s’étaient laissé dépasser par les pays occidentaux lesquels s’appuyaient davantage sur des entreprises privées et une économie libérale. Mis à part la Corée du Nord, tous les pays se sont plus ou moins convertis à l’économie de marché en adoptant les critères du capitalisme. Pour le faire, ils ont été conduits à faire appel à des capitaux étrangers auxquels se sont joints des anciens chefs les plus malins et opportunistes issus des partis uniques au pouvoir. Ils sont en train de devenir les nouveaux milliardaires de la planète.

      L’inégalité règne sur la planète et règnera à mon avis toujours. C’est le moteur le plus important du développement. Il utilise les différences pour susciter l’envie d’imiter afin de pouvoir jouir d’une vie que chacun espère meilleure, s’il arrive à se hisser dans l’échelle des compétiteurs. Cela se passe au niveau des individus et au niveau des communautés et des pays. Cela ne s’arrêtera que si l’on arrivait à une socialisation mondialisée. Mais là encore, tout le monde ne serait pas sur un pied d’égalité, les plus loin du pouvoir étant les plus défavorisés et les moins libres.

      Il me semble que vous nous avez dit travailler dans une entreprise artisanale. Vous savez donc comment fonctionne une entreprise sous statut privé. Si vous aviez travaillé comme moi, la moitié de votre carrière dans une structure étatique et l’autre moitié dans une structure privée, pour pourriez mesurer ce qui fait la différence d’efficacité. Ce ne sont pas les hommes, car fondamentalement ils sont très semblables. C’est le fait que dans le privé la pérennité de l’entreprise et de l’emploi n’est pas garantie. Se faisant, pour peu que l’information circule bien dans l’entreprise et est bien traduite pour être bien comprise jusqu’aux plus bas niveaux, chacun est naturellement conduit à faire le maximum pour atteindre l’objectif aux meilleurs coûts, délai et qualité. Ainsi les clients sont satisfaits, cela se sait et en attire des nouveaux en évitant le chômage.

      Les conditions sont très différentes dans le public, uniquement à cause de cela.

      Pour couvrir le risque de chômage dans le privé, chacun est prêt à travailler beaucoup et bien, tout en faisant faire le moins possible de dépense à l’entreprise. Au résultat, on peut même servir de meilleurs salaires aux employés, surtout quand il s’agit de bons éléments. L’entreprise n’a pas intérêt à les voir partir chez le concurrent.
      Dans une entreprise capitaliste, certainement plus que dans une organisation socialiste, où l’on ne vise que l’uniformité quitte à ce que ce soit dans la médiocrité, on veille à valoriser le « capital humain » en le stimulant, y compris par la rémunération et l’intéressement.

      En parlant ainsi, je sais que je ne fais pas plaisir à l’ami Juan Nessy. J’espère qu’il me pardonnera.

    68. @ Jean-Luc D. dit : 12 février 2011 à 08:56
      Suite de mon commentaire du 14 février 2011 à 17:47

      C’est pour cela que « capitalisation » me paraîtrait plus juste dans votre formulation et permettrait à nos points de vue de se rapprocher.

      Je suis bien d’accord, le mot important est bien « capitalisation » car il implique épargne, économie, conservation, préservation, recherche de la moindre consommation, efficacité, valorisation, accroissement du capital donc des capacités à agir et réagir, augmentation de l’autonomie donc de liberté pour faire face au futur et à ses besoins prévus ou imprévus
      A contrario le mot « consommation » induit perte, déperdition, satisfaction des besoins du présent et amoindrissement des capacités à agir et réagir face à un futur appréhendé sans marge

      Quant au mot « endettement » il révèle une situation de faiblesse, de fragilisation, de sur consommation, de perte de liberté, d’assujettissement, de vulnérabilité accrue face à un futur plus difficile car hypothéqué

      Posséder un capital important est quand même un sérieux avantage, quelle que soit la nature du capital qu’il soit matériel, de savoir faire, culturel, moral, de sympathie (pour se faire élire par exemple) Etc…. Si ça n’était pas le cas je ne vois pas pourquoi Marx a tant prôné la lutte des classes.

      Disposer d’un capital matériel est quand même un atout. Quand on est dans le besoin, on peut l’entamer petit à petit pour survivre. Or à force de présenter le capital comme une mauvaise chose et les capitalistes comme des gens à exécrer, on a fini par détourner les gens de la nécessité d’épargner, de se constituer un capital pour affronter les aléas du futur.

      Sur ce site, un collègue blogueur est allé jusqu’à m’affirmer qu’épargner, se constituer une réserve, était une mauvaise chose. J’espère que ça n’est pas l’effet de la définition donnée par Paul Jorion quand il dit :

      le capital, c’est l’argent quand il nous manque

      Cela mérite d’y revenir. Comment voyez vous, vous, qu’il faille l’interpréter ?

      Iriez vous jusqu’à dire comme Fugisan en l’occurrence

      « Si vous vous constituez un capital, c’est que vous avez pris l’argent à quelqu’un d’autre à qui il manque »

      J’ai beaucoup de respect pour Paul Jorion, même si je ne suis pas en accord avec lui sur tout, mais si sa formulation veut dire cela dans son esprit, il me semble que cette rédaction est plus qu’ambigüe, elle est dangereuse.

      Qu’en pensez-vous?

    69. @jducac
      Vous me prêter des propos que je n’ai pas tenu.
      « Si vous vous constituez un capital, c’est que vous avez pris l’argent à quelqu’un d’autre à qui il manque> »
      Il y a une sacré nuance entre prendre et prêter !

      Paul Jorion dit

      le capital constitue un ensemble de ressources qui manquent à la place où elles sont nécessaires

      Et aussi ci dessus

      Une banque n’est pas un coffre-fort ni une tirelire. Il faut vous ôter cette image de l’esprit sinon vous ne pouvez comprendre le fonctionnement du système financier. Une banque est un intermédiaire entre d’une part des déposants, épargants, investisseurs… et d’autre part des emprunteurs. C’est son rôle de collecter l’épargne en vue de la prêter. Dit autrement, l’épargne déposée en banque (ou assurance vie, fonds de pension…) a pour contrepartie des prêts. S’il y a épargnant, il y a forcément emprunteurs. Un épargant prête à la banque dont le rôle est de prêter aux emprunteur. La cigale est prêteuse (à l’insu de son plein gré) contrairement à ce qu’affirme La Fontaine. C’est ce que Paul Jorion met en évidence en nous montrant l’autre côté de l’épargne, à savoir l’emprunt.

    70. @ fujisan dit : 15 février 2011 à 18:31
      Merci d’avoir réagi et pardonnez ma mémoire défaillante qui m’a fait écorcher votre pseudo et déformer vos propos.
      J’ai retrouvé votre post du 10 juillet 2010 à 11:31 où vous disiez :

      Et de quel capital parlons-nous ? De fric càd d’argent que les uns réclament aux autres avec intérêts ? N’oubliez jamais que face à chaque euro épargné se trouve un euro emprunté, ce sont les deux faces de la même chose. S’il y a épargne, il y a obligatoirement emprunt/dette et vice-versa, l’un ne va pas sans l’autre. Quand vous blâmez les emprunteurs, vous devez tout autant blâmer les épargants car ce sont les deux faces de la même chose

      Je crois sincèrement que vous vous trompez. Quand je mets de l’argent sur mon compte, je n’oblige personne à emprunter. Quand à l’aide de l’argent économisé je bâtis ensuite ma maison, je ne fais de mal à personne au contraire, je fais travailler des personnes qui ainsi vont gagner de l’argent et se donner la possibilité, à terme, de faire comme moi. Ainsi, non seulement les individus s’enrichissent, mais le pays où l’argent est investi s’enrichi aussi. D’où l’intérêt de ne pas trop imposer les capitaux investi dans le pays afin qu’ils concourent à la production de richesses nationales et contribuent ainsi à accroître la valeur de sa monnaie.

      Avouez malgré tout que vous y étiez allé un peu trop fort. Il me semble qu’en mettant les emprunteurs et les épargnants sur le même plan, vous passez sous silence le côté vertueux de l’épargne. Si vous aviez, comme moi, connu des personnes aux revenus très modestes, réfrénant leurs envies, faisant des efforts sur elles mêmes pour ne dépenser que le stricte indispensable afin d’épargner, je pense que vous n’auriez pas ce même jugement de valeur.

      Après de longues années d’épargne, c’est-à-dire de résistance au désir de consommer immédiatement, je les ai vu avoir capitalisé suffisamment pour être en situation de pouvoir emprunter le complément nécessaire, sans prendre de risque inconsidéré, pour construire leur maison. Elles payaient en remboursement de prêt, moins que le montant d’un loyer. S’il n’y avait eu que des personnes comme celles-là, n’ayant pourtant reçu qu’une très petite éducation primaire, les vendeurs de prêts subprimes n’auraient pas provoqué une déstabilisation de l’économie mondiale

      J’appelle ce comportement de capitalisation, un comportement vertueux, responsable et respectable.

      Il s’acquiert par l’éducation, dès le plus jeune âge. Le rapport à l’argent cela s’apprend, comme le rapport aux personnes. Au risque de choquer, je vais jusqu’à dire qu’apprendre à un enfant à bien se comporter avec l’argent est aussi important que de lui apprendre à bien se comporter avec ses semblables. On ne peut avoir complètement éduqué un enfant à l’un, tant qu’on ne l’a pas éduqué à l’autre. En tout les cas, ça n’est certainement pas en apprenant à un enfant à haïr ceux qui ont de l’argent qu’on le met sur le chemin du bonheur, bien au contraire. On ne lui rend pas service et en plus on agit contre la société, contre sa civilisation, contre son pays et contre son espèce en suscitant des divisions qui conduisent à des affrontements à des pertes d’énergie, donc à une perte de vie.

      Il me semble que le meilleur moyen est de montrer que l’argent s’obtient par le travail. Pour avoir de l’argent, il faut travailler, surmonter son désir de ne rien faire, puis résister ensuite à ses désirs de le consommer dès qu’on l’a gagné. Il faut être vertueux, comme déjà souligné ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=5348#comment-42641

      Quant à mépriser l’argent en parlant de fric, c’est comme se mépriser soi-même.

      C’est considérer qu’on n’est pas capable de surmonter son penchant naturel à ne rien faire, comme le font les animaux. C’est aussi, quand on dépense l’argent avant de l’avoir gagné, accepter de perdre sa dignité humaine en se plaçant volontairement sous la dépendance de prêteurs auxquels on a des comptes à rendre.

      C’est avoir vendu sa liberté et il faut payer cher pour la recouvrer.

    1. @ BIARD dit : 1 février 2011 à 17:28

      Travaillez, prenez de la peine : c’est le fonds qui manque le moins… Un trésor est caché dedans.

    2. @ juan nessy dit : 2 février 2011 à 09:49

      Persévérez, persévérez et vous finirez toujours par être récompensé de vos efforts. Je viens d’en avoir la preuve.

      Même les cigales à force de lire mes posts sur le blog de Paul Jorion, se mettent à capitaliser, (sans trop spéculer j’espère) on aura tout vu.
      Pour les encourager notre ministère des finances a prévu des incitations fiscales. Des niches pour des cigales…. Où va-t-on ?
      http://www.apeas.fr/IMG/pdf/fiscalite_cigales.pdf

    3. @ juan nessy dit : 2 février 2011 à 19:02

      Pourquoi faire usage du latin ?

      Vous savez-bien que c’est une langue, que dis-je, une arme, plaçant en situation d’infériorité ceux qui n’ont reçu qu’un enseignement primaire.
      Et dire que certains ne me croient pas quand je dis que la vie est une lutte, un combat qui règne à tous les niveaux. Y compris chez ceux qui se disent défenseurs des plus faibles!

      J’espère que vous n’avez pas pris la mouche à cause de cette histoire de cigales que l’Etat encourage à la paresse des rentiers, en leur bâtissant des niches…. fiscales pour mieux les engraisser
      .
      Plus sérieusement, que pensez-vous de ce petit capitalisme populaire ?

      Est-ce une bonne chose pour initier le peuple à l’économie ? http://fr.wikipedia.org/wiki/Club_d'investissement

      Que pensez-vous des niches fiscales aménagées au profit des détenteurs de contrats investis en actions à risques DSK/NSK ?
      Est-ce une bonne chose pour montrer qu’entreprendre et investir, comporte des risques que ne mesurent pas beaucoup de salariés, surtout quand ils se sentent protégés par un statut de fonctionnaire ?
      http://www.bforbank.com/csfront/Satellite/information-epargne/assurance-vie/assurance-vie-les-contrats-nsk.html

    4. @Jducac :

      Pour le latin , il n’y avait pas malice et il n’y avait là qu’un clin d’oeil digne des pages roses du petit Larousse . Mais j’avoue que j’ai conservé avec le latin des liens , capitalisés dans mon corex cérébral , qui me permettent de mieux apprécier et comprendre la langue française et d’être assez performant aux mots coisés, car , quand on fait du latin ou du grec , on devient un virtuose de la manipulation du dictionnaire . En l’espèce , pour la traduction , votre moteur de recherche favori fera encore une meilleure recherche .

      Pour votre premier lien , je ne suis pas étonné que le peuple n’y apprenne pas l’économie , car apparremment il ne peut rien y apprendre du tout .

      Pour le second lien , je n’ai pas clairement compris vos sous entendus :

      je ne me reconnais ni dans les rentiers , ni dans les négriers , ni dans les oisifs , ni dans les bourreaux de travail, ni dans les assurances vie , ni dans la propriété de « garantie » , et je me fais une idée bien trop belle de la fonction publique pour ne pas me sentir heureux d’avoir été fonctionnaire ,

      Ite missa est et sursum corda !

    5. à juan,

      Vous avez aussi bien fait de capitaliser de l’humour dans votre cortex cérébral et de nous l’offrir ad libitum. Je trouve que le blog en manque singulièrement ces temps-ci.

  43. Cher crapaud,

    Cela ne se fait pas, je vais faire un commentaire sans avoir lu de près toute la colonne.

    – Votre texte évoque pour moi une cousine à vous, la grenouille Taureau d’origine en Floride et introduite par erreur en France ou elle prolifère. Pesant un kilogramme, faisant des bonds de 5 mètres, capable d’avaler des poissons, des Martins Pêcheurs, des hirondelles (!!!), pondant 25 000 oeufs par an, ses tétards sont capables d’avaler « nos » grenouilles, bref, c’est Godzilla.

    Lorsque cette bestiole a terminé de coloniser un plan d’eau, il n’y a alors plus qu’elle sur la zone, alors, elle se dévore entre congénères. Ca ne vous rappelle rien ?

    1. J’en avais vaguement entendu parler, mais je ne savais pas quelle était aussi terrifiante. L’espèce humaine exerce une telle pression sur l’environnement qu’il ne restera bientôt plus que des espèces envahissantes. L

  44. A Juan Nessy
    A Lisztfr

    Je me permets de vous rassurer: Non, je ne cherche pas « LA REPONSE« …

    Quant à la lecture en long, en large et en travers du blog de Monsieur Paul Jorion, ainsi que bien d’autres lectures dont la liste exhaustive des auteurs mériterait un ouvrage: non seulement je les lis intensemment, mais je les rumine à la façon de la vache nietzschéenne.

    Il m’est apparu important de réagir sur la séparation que fait « Crapaud Rouge » de « sélection » et de « naturelle »: Si la sélection suppose un choix, la nature est hasardeuse; d’où il me semble correct de ne pas séparer le subsantif du qualificatif.

    Un des problèmes majeures de l’humanité, c’est qu’elle échafaude des concepts sur des bases de perceptions initiées par la ruse et alchimiquement transformées en ESPRIT.

    Très cordialement…
    JRCS

    1. Et bien voilà , c’est plus clair comme ça ( et on peut approuver ) !

      Sauf que l’humanité se retrouve avec un problème majeur supplémentaire .

  45. Merci pour cet article très intéressant, vivement la suite …

    Je n’avais pas encore réfléchi à la stratégie comme un système visant à rendre cohérent dans un ensemble une action qui, prise isolément, apparaîtrait comme insensée. Appliqué à la baisse des prix ce raisonnement est en effet pertinent pour appréhender les logiques de gratuité dans des « écosystèmes d’affaires » (voir le livre de Chris Anderson « free » ).

    Ce procédé devient nettement plus inquiétant lorsque sa finalité vise à « impliquer les gens dans des actions qu’ils ne sont pas disposés à accomplir », donc par exemple le fordisme ou le productivisme en général. N’en est il pas de même avec à la religion ? D’où la force du rapprochement effectué par Max Weber entre entre l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme.

    Aujourd’hui le productivisme a vécu et, sauf si « l’esprit du capitalisme » disparaît ce que dont je doute, il nous place maintenant dans une phase de transition vers un nouveau système, une nouvelle stratégie. Pourrait on espérer, ou mieux agir pour que ce système émergeant nous permette, par les échanges d’idées entre sujets libres, de s’impliquer dans des actions collectives que nous sommes réellement disposés à accomplir ? Un peu comme en Tunisie ou en Egypte …

    1. @ Benoit Debray

      A brule pourpoint, la seule expertise qui me parait rentable d’avoir en entreprise est l’expertise du système D. On passe son temps à acquérir des compétences, des certifications, à instaurer des méthodes afin d’accélérer les process (ces méthodes les ralentissent parfois mais ceci est réellement un autre sujet) et à créer des formations sur un point particulier. C’est très bien mais l’employé est confronté quotidiennement à un nouveau sujet qu’il n’a pas vu en formation, pour lequel il n’a pas reçu de certifications et pour lequel il va devoir innover

      J’ai survoler un peu votre site, et il est clair que ce que vous préconisez devrait être ensigné en politique et en finance, ou il devraient s’en inspirer.
      Cependant, vous dites ceci:

      Aujourd’hui le productivisme a vécu

      Il est certain que c’est vrai au niveau du prodictivisme matériel, c’est à dire produire plus et toujours plus vite.
      Mais en ce qui concerne la productivité des ressources, nous sommes là dans un nouveau paradigme qui s’apparente plus à l’heure actuelle au système D que vous décrivez avec beaucoup de pertinence.
      Je pense qu’il y a un glissement à entreprendre entre productivisme et productivité des ressources et inscrire cela dans la culture d’entreprise.
      Cette dernière étant prise dans un sens large, elle peut tout aussi bien être individuelle que collective ou privée.

  46. @ Michel Lambotte

    Pourquoi pas le système D en effet ! Puisqu’il s’apparente à une plus grande ouverture sur son environnement donc sur les autres. Le problème du productivisme c’est sa finalité: produire plus, oui peut être mais pour quoi faire ? Il faut que ma finalité, la votre, celle de l’organisation qui éventuellement nous réunit (ainsi que toutes les parties prenantes à cette organisation) puissent être partagées. Ensuite il faut réfléchir et essayer de se mettre d’accord sur ce que sont les ressources que nous pourrions exploiter. Par exemple les hommes, les femmes sont ils des ressources humaines pour l’entreprise ou bien est ce plutôt l’entreprise qui doit être une ressource pour les humains ?

  47. @ Crapaud Rouge

    De la stratégie du capitalisme: contadictio in adjecto !.

    Ce que l’on aurait pu faire, ce que l’on aurait dû faire, ce que l’on fait et ce que l’on fera….
    Autant d’égarements qui mènent à rien… Nous sommes punis par nous-mêmes et nous n’avons pas fini de l’être… Nous n’allons pas vers, nous sommes le mur !…

     » CE QUE L’ ON A FAIT »… LES SANCTIONS COMMENCENT A TOMBER…

    L’humanité vue sous l’angle de la civilisation: je vous la donne en mille, une, deux, trois ou quatre vitesses:

    A lire et à relire!…

    En 1854, à Washington, le « Grand Chef blanc » offrit d’acheter un vaste territoire aux indiens. Seattle, leur chef, répondit à cette offre. Le texte de sa réponse est considéré comme un des plus beaux et des plus profonds jamais exprimés sur l’environnement.

    « Chaque parcelle de ce sol est sacrée pour mon peuple. Si nous vous vendons cette terre, vous devrez vous souvenir qu’elle est sacrée. Vous devrez enseigner à vos enfants qu’elle est sacrée et que les reflets étranges dans l’eau claire des lacs racontent les événements et la mémoire de mon peuple. Nous savons que l’homme blanc ne peut pas nous comprendre. Pour lui, chaque parcelle de terre est semblable à sa voisine; il est comme un inconnu qui vient la nuit prendre à la terre tout ce dont il a besoin. Le sol n’est pas son frère mais son ennemi, et quand il l’a conquis il s’en va. Il traite la terre, sa mère, et le ciel son frère, comme des choses que l’on peut acheter, vendre ou voler comme on vole des moutons ou des perles. Son appétit dévorera la terre et ne laissera qu’un désert.

    Je ne sais pas. Nos voies sont différentes des vôtres. Mais peut-être est-ce parce que je ne suis qu’un sauvage que je ne comprends pas.

    L’air est précieux pour l’homme rouge, car toutes les choses partagent le même souffle. L’animal, l’arbre, l’homme, tous partagent le même souffle. L’homme blanc ne prête pas attention à l’air qu’il respire. Comme un homme à l’agonie depuis de nombreux jours, il ne sent plus sa puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devrez vous souvenir que l’air est précieux pour nous, que l’air partage son esprit avec toute la vie qu’il anime.

    Nous allons donc réfléchir à votre offre d’acheter notre terre. Si nos décidons d’accepter, j’y mettrai une condition: L’homme blanc doit traiter les animaux de cette terre comme ses frères. Je suis un sauvage et je ne connais pas d’autres façons. Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes? Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait dans une grande solitude spirituelle. Ce qui advient aux bêtes advient bientôt aux hommes… toutes les choses sont liées. (Pour nous)

    Apprenez à vos enfants ce que nous avons appris à nos enfants: que la terre est notre mère. Tout ce qui advient à la terre advient aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur la terre, ils crachent sur eux-mêmes. Nous savons ceci: la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre.
    Toutes les choses sont liées. L’homme ne tisse pas la toile de la vie, il n’en est tout au plus qu’un simple fil. Quoi qu’il advienne à cette toile lui advient aussi.

    Nous pouvons être frères après tout, nous verrons. Nous savons une chose que l’homme blanc peut découvrir un jour: que notre Dieu est le même Dieu. Vous pensez le posséder comme vous possédez notre terre; mais vous ne le pouvez pas. Nuire à la terre, c’est mépriser son Créateur. Les blancs disparaîtront aussi; peut-être plus tôt que les autres tribus. Souillez votre lit, et une nuit vous suffoquerez dans vos propres déjections. Votre destin est un mystère pour nous, car nous ne comprenons pas pourquoi les bisons sont massacrés, le cheval sauvage soumis, les recoins secrets de la forêt souillés par l’odeur de nombreux hommes et les collines défigurées par les fils qui parlent.

    Où est le fourré? Disparu.
    Où est l’aigle? Disparu.
    La fin de la vie et le début de la survie. »
    Chef Seattle 1854

    Que dire de plus: sinon nos cerveaux schysophrènes…

    1. @JRCS : je connaissais ce texte, d’une beauté magnifique. Problème : « l’homme blanc » est con comme ses pieds, on n’y peut rien, c’est comme ça, faut faire avec. Au mieux peut-on espérer qu’il s’amende un peu en prenant conscience, grâce à ce genre de textes, à quel point il est désormais loin de la nature, hors sol. Rappelons au passage la filiation étymologique de l’humain et de l’humus…

    2. @ JRCS,

      Le discours du Chef Seattle en 1854…
      1854 ?
      Nous savons aujourd’hui que l’authenticité de ce texte est douteuse, pour la raison que le chef Seattle (ou See-ahth) l’a prononcé dans sa langue, et que la première traduction n’a paru que trente trois ans plus tard.
      La version que vous proposez semble dériver d’un texte que le scénariste Ted Perry avait inventé en 1971, et qui avait fait florès sur des posters « hippies ».

      Voyez le dossier complet que le blog de Paul Jorion a consacré, très récemment, au sujet 😉 .

  48. @ Crapaud Rouge encore…

    Tant que le robinet (www.web) n’est pas coupé…

    L’animal s’adapte à la nature. Sa diversification (nature) nous a précéder…

    L’homme adapte la nature à ses faiblesses…

    Comportement au combien risqué: d’autant que la nature était là avant lui et que de tout ce dont il a pu en jouir ne doit rien à son respect et à sa qualité de bipède « bienfaisant »; envers ce prodige qui le dépasse…

    Il me semble que parler de l’adaptation de l’homme, c’est comme de vouloir faire d’un voleur un donateur et le comble du comble, c’est ce qu’il se passe dans la civilisation.

    Cordialement…

    1. L’homme adapte la nature, c’est vrai, mais pas à ses faiblesses : il l’adapte à ses ambitions et son orgueil. C’est toute la différence entre l’homme blanc et Chef Seattle.

  49. Un matin transparent.

    L’ombre bleue d’un arbre.

    Une lune blanche.

    Une rose rouge.

    Une rose jaune.

    Une rose rose.

    Un visage de femme.

    Un verre d’eau glacée.

    Un livre vingt fois relu.

    Une maison calme et tiède.

    Une joue d’enfant ronde.

    Et tout ce qui est beau.

    Et pur.

    Et émouvant.

    Et tout ce qui fait de moi un homme de foi

    debout dans la Vie.

    Louis Calaferte

  50. @ Crapaud Rouge

    Un tout grand merci pour votre salut à la beauté de ce texte!…

    L’homme blanc est con en général, soit: mais pas tous! Quand je vois les efforts de Monsieur Paul Jorion, véritable Don Quichotte des temps postmodernes à l’assaut des moulins du cancer capitaliste;
    je ne puis être que soulager: la lucidité et la bravoure existent encore !…

    On y peut rien… C’est comme ça… Faut faire avec…????

    Si l’ambition et l’orgueil sont de renverser la vapeur: voilà la force !
    Si, ceux-ci consistent au laisser aller dans le mur: voilà la faiblesse !

    L’humain croit qu’il est déconnecté de l’humus – miracle provisoire de la technologie – en ce sens, il est perdu, car la Terre ressemblera davantage à Mars bien avant qu’il s’y installe.

    Limiter très humblement sa prédation, donc son nombre: il a tout à gagner. (Riches ou pauvres)

    Cordialement… Les derniers Dinosaures…

  51. @ Jean-Luc

    Je n’ignore pas que l’authenticité d’un texte soit remis en question d’autant que sa véracité s’oppose au fameux « croissez et multipliez ».

    A mon point de vue, les contenus de textes ou de livres se suffisent à eux-mêmes; ce ne sont que les valeurs qu’ils soutiennent qui sont révélatrices du ou des producteurs de l’œuvre.

    Voici un extrait d’éclairage sur la pseudo paternité d’une œuvre:

    « Car JE est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident: j’assiste à l’éclosion de ma pensée: je la regarde, je l’écoute: je lance un coup d’archet: la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, où vient d’un bond sur la scène.
    Si les vieux imbéciles n’avaient pas trouvé du MOI que la signification fausse, nous n’aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini, ont accumulés les produits de leur intelligence borgnesse, en s’en proclamant les auteurs. »

    Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud. 20 octobre 1854 – 10 novembre 1891: in « les lettres du voyant ».

    Cordialement…

  52. @ JRCS,

    Convenez cependant que l’effet sur le lecteur de ce « discours du chef Seattle » est d’autant plus fort si on le fait précéder d’une présentation expliquant qu’il s’agit des paroles authentiques du vieux chef indien, prononcées en 1854.

    Changeons le texte d’introduction:
    « En 1971, pour les besoins d’un documentaire écologiste parrainé par la Commission de Radio et de Télévision Baptiste du Sud, et intitulé « Home », le scénariste de télévision Ted Perry inventa le discours d’un chef indien, faisant passer ces paroles pour celles authentiquement prononcées par le chef Seattle en 1854 devant le gouverneur Isaac Stevens. »

    La réception de ce texte sera différente, ne pensez-vous pas ? Les afféteries hollywoodiennes sauteront notamment plus facilement aux yeux, ainsi que les anachronismes.

    Dans une phrase sibylline vous dites : « ce ne sont que les valeurs qu’ils (les textes) soutiennent qui sont révélatrices du ou des producteurs de l’oeuvre ».
    Je vous suis là-dessus : les valeurs soutenues par ce faux discours du chef Seattle, sont en effet révélatrices du professionnalisme d’un scénariste, et de l’esprit de mission et d’évangélisation de l’église Baptiste américaine.

    PS :
    Je me suis trompé en orthographiant le nom d’origine du chef Seattle ; Si’ahl est plus juste.

    1. à Jean-Luc,
      Depuis pas mal de temps vous intervenez que très rarement sur le Blog de Paul J. Mais peut être avez-vous un gros travail en cours… de peinture(s)…ou de dessin(s) ? Pour y consacrer suffisamment de temps avec toute l’attention nécessaire. J’espère que vous allez bien.

    2. Bonsoir octobre,

      Sympa ce message !
      Tout juste. Un travail très prenant depuis novembre dernier (story-boards pour une série télé de dessin animé) me réclame une concentration intense, que les échanges sur le blog de Paul Jorion menacent parfois de trop distraire (et puis il y a la vie quotidienne qui est prenante aussi).
      Je continue la lecture du blog, mais je m’interdis souvent d’intervenir, car un commentaire peut entraîner un échange obligé, et je n’aimerais pas laisser un interlocuteur en plan.

      D’autre part, comme chez d’autres sûrement, le contact trop intense avec certains cercles ou groupes entraîne chez moi, au bout d’un moment, un sentiment d’enfermement. L’intensité de ce sentiment est à la hauteur de l’investissement trop important que je mets à les fréquenter. Il me faut rompre pour me retrouver libre (nul doute qu’il y a un truc « psy » à régler derrière tout ça !). J’ai sûrement abusé de mon investissement sur le blog de Paul Jorion pendant les longs mois de chômage dépressif de l’année 2010, donc je coupe un peu le lien en ce moment.

      Je lis toujours vos interventions.
      (Merci pour Calaferte)

    3. @ Jean-Luc dit : 7 février 2011 à 00:58

      Bonjour Jean-Luc !

      J’espère que ce travail accaparant qui vous détourne du blog, ne résulte pas d’une mise en concurrence et de l’entrée dans une compétition. Si c’était le cas, il vous faudrait arrêter tout de suite pour éviter de devenir un petit soldat du capitalisme.
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=19715#comment-139521

      Mais si en final, cette activité intense vous permet de capitaliser des satisfactions personnelles au détriment de ceux qui ne seront pas retenus ou qui ne l’ont pas été pour faire ce que vous faites, n’ayez pas mauvaise conscience. Je crois que c’est tout simplement la loi de la nature. Ça n’est pas que l’effet du hasard. L’engagement et les choix de chacun y comptent pour beaucoup. Le bonheur des uns fait le malheur des autres, dit-on. A moins que ce soit l’inverse.

      Faudrait-il ne rien faire comme le suggère Fab ? Ah, certainement pas !

      Il faut penser au futur et « travailler » pour le faire aller au plus loin, afin que le plus possible de nos descendants le connaissent.

    4. Bonjour jdudac,

      Je crois que je comprends le sens de votre aimable provocation (je ne sais plus qui, de Crapaud Rouge ou Zébu, avait eu droit à une remarque similaire quand il avait retrouvé du boulot).
      Vous voulez mettre à jour une contradiction qu’il y aurait à ne pas vouloir être un « bon soldat du capitalisme » et à accepter tout de même de travailler. Vous êtes fidèle à votre logique puisque, dans votre conception des choses, le « capitalisme » est un phénomène d’échange global (de biens, de services, mais aussi d’énergie et de liens) consubstantiel à l’être humain. Vous avez décidez de comprendre le mot capitalisme comme un humanisme, c’est-à-dire un système de civilisation qui développerait les qualités essentielles de l’être humain depuis ses origines.
      Dans cette conception des choses, refuser d’être un agent actif du capitalisme reviendrait à refuser sa condition d’homme ; c’est cela que vous voulez stigmatiser en nous interpellant régulièrement (moi aujourd’hui, Fab ou un autre demain).

      Libre à vous, jducac, d’accorder ce crédit – que je considère démesuré – au capitalisme (je peux faire erreur, mais il me semble que vous vous trompez de mot depuis le début, comme celui qui, désignant une chaise, l’appellerait « table » envers et contre tous). Je vous l’ai dit déjà, je n’ai pas l’étoffe d’un missionnaire. A chacun sa foi, et je ne chercherai pas à vous faire apostasier la vôtre.

      Quant à moi, permettez que je circonscrive le mot capitalisme à sa définition du dictionnaire : « Système économique et social fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange (Petit Larousse) ». Ce système ne s’est développé globalement que très récemment au regard de l’histoire des hommes. Tant que je n’aurai pas décidé de me soustraire à la vie sociale qui m’est imposée (en créant par exemple une communauté fermée au fin fond d’une campagne), je serai tenu de jouer le jeu de ce système capitaliste. Soit.
      Je travaille donc. Je loge et nourrit les miens, et je paye tous les impôts. Grâce à ce système je m’achète des biens, et les services d’autrui. Je suis un agent du système capitaliste, mais je ne souhaite pas en être un agent zélé. Je désire rester un franc tireur, et garder la possibilité d’être déserteur à tout moment car je place ma fidélité ailleurs.
      Bien sûr que le travail que je fais actuellement résulte d’une mise en concurrence et en compétition avec d’autres personnes. Je pense avoir été choisis sur des qualités que d’autres n’avaient pas, et j’ai monnayé correctement cette différence. J’accepte les règles du jeu, mais sans en sur-valoriser l’enjeu, comme le voudrait le système capitaliste.
      Un parfait soldat du culte capitaliste ne manquerait pas de se moquer de moi, en m’expliquant que si j’étais plus malin, à l’âge que j’ai et avec les qualités que j’ai, je pourrais avoir une voiture, une grande maison, un frigo toujours bien rempli, je pourrais aussi dîner au restaurant et prendre l’avion. A celui-là je répondrais : « oui …et alors ? »
      C’est cela que je voulais dire en affirmant ne pas vouloir devenir un « bon soldat du capitalisme », jducac. Et si j’avais dû vivre dans un autre système – collectiviste par exemple – j’aurais renâclé aussi.

      Bon, c’est pas tout ça mais j’ai du boulot 😉
      Bonne journée.

    5. On pourrait dire aussi plus clairement :
       » Pour les besoins de la communication d’une multinationale de l’écologie… »

      Du reste qui, vraiment instruit et sincère, peut-il croire et faire croire que les indiens se pensaient propriétaires de la terre qui les nourrissait ?

    6. @ Jean-Luc dit : 8 février 2011 à 12:21

      Pardonnez-moi de vous détourner de votre objectif premier, de votre travail pour faire vivre votre famille. Cela n’est pas grave si vous ne me répondez-pas. Il suffira, pour progresser dans notre échange, que vous y pensiez à vos moments perdus, histoire de vous délasser de vos travaux de base.
      Quelqu’un d’autre répondra peut-être à votre place pour faire avancer le débat.

      Je tiens seulement à vous dire que dans votre déclaration reproduite ci-dessous, il y a une erreur fondamentale. Vous n’êtes pas le seul à la commettre.

      Quant à moi, permettez que je circonscrive le mot capitalisme à sa définition du dictionnaire : « Système économique et social fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange (Petit Larousse) ». Ce système ne s’est développé globalement que très récemment au regard de l’histoire des hommes.

      Comme vous, je retiens la définition du Petit Larousse. Par contre, je m’inscris en faux sur votre dernière phrase.

      Le capitalisme est vieux comme l’homme. Ils sont consubstantiels. C’est lui qui a fait l’homme et l’homme qui l’a inventé. Je l’ai expliqué à Fujisan le 13 07 2010 dans une robinsonnade qui, comme c’est une idée en or, n’a pas tardé à être copiée par un certain Gu Si Fang, un autre de nos amis blogueur, chinois peut-être…
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=19059#comment-129478

      Bon courage dans votre travail !

  53. @ Jean – Luc

    Remarque pertinente… surtout si l’on considère la littérature – j’ai encore trop de respect pour elle – comme un bien de consommation qui à l’instar du poulet de supermarchés doit légitimer de sa traçabilité et de son origine; afin d’être dévoré avec le moins de risques possibles par son prédateur.

    Si par mégarde, je lis aujourd’hui: « croissez et multipliez » d’inspiration divine; se déclenche chez moi une réflexion dans des réflexes de dégoût!…

    Si, par contre, je tombe sur « son appétit dévorera la terre et ne laissera qu’un désert » d’inspiration mercantilo-baptisto-hollywoodo-luciféro professionnelle: je suis interpelé et enthousiaste dans ma réflexion !…

    Comme j’ai l’impudence de penser que l’avenir aura davantage le goût d’un désert; la littérature me permet de préparer mon estomac au différents programmes de nutrition qu’il me faudra ingérer, si je veux me maintenir dans le vivant…

    Merci pour votre attention, je fais tout mon possible pour être clair…

    Cordialement…

    1. D’accord d’accord, JRCS.
      Je voulais seulement vous informer sur l’auteur de ce texte régulièrement colporté sur Internet.

      Pour le reste je vous rejoins pour dire qu’un texte n’a pas besoin d’avoir un pedigree estampillé « fabriqué à la main par un grand auteur reconnu » pour servir, et surtout pour nous toucher profondément ou raisonner en nous.
      J’avoue, par exemple, que quelques pages lues dans les célèbres collections « Bibliothèque Verte » ou « Signe de piste » ont pu me servir de viatiques intellectuels à l’adolescence (et même plus tard !) et c’est tant mieux.
      J’avoue également que certaines chansons interprétées par Michel Sardou raisonnent en moi plus intensément que celles d’autres chanteurs validés par le milieu culturel officiel.
      Enfin, certains films « tire-larmes », et fabriqués pour ça, ont pu avoir plus d’effet sur moi que d’autres, intellectuellement profonds.

      Ceci posé – maintenant que nous sommes d’accord – et puisque vous parlez littérature, je tiens à ajouter que les auteurs les plus puissants me touchent encore plus fortement, et à tous les coups. Bien plus encore que par la collection « Signe de piste », mon adolescence aura été marquée par Stendhal, Flaubert, Boulgakov, Faulkner, Marcel Aymé, ou encore Diderot, très profondément. Disons que je préfère « la littérature à l’estomac » à « la littérature sans estomac » (vous connaissez peut-être ces deux très bons livres de critique littéraire ; l’un de Julien Gracq, l’autre de Pierre Jourde).

  54. @ Jean – Luc

    Je salue votre belle conscience et vous remercie de vos informations et précisions que je ne vais pas négliger.

    « Bloguer » est pour moi une activité relativement récente et je pense qu’il n’est ni le lieu ni le moment de vous faire par d’une liste exhaustive, rébarbative des auteurs qui ont accompagné mon parcours littéraire. Disons simplement que ma formation de base est « classique ».

    Sachez cependant que, comme vous, j’ai une nette préférence pour les auteurs profonds avec un estomac bien accroché: pas de ceux dont la profondeur trouble ne permet pas de distinguer le fonds, mais bien de ceux, plus rares, dont la profondeur est cristalline et de fait offre la possibilité d’évaluer le fond.
    Pour être un peu trivial : Je dirais: des auteurs féminins avec des entrailles et des auteurs masculins avec des burnes.

    Revenons, si vous le voulez bien au blog de Monsieur Paul Jorion et à sa métaphore de « l’avion » évoquée dans un de ses récents « le temps qu’il fait ».

    J’ai quelques problèmes avec l’essentiel des commentaires du blog, car il se comporte comme si l’avion était déjà posé et qu’il n’y aurait plus qu’à choisir, au sol, entre des directions différentes.
    (Directions par ailleurs terriblement argumentées et controversés).

    Je m’explique: métaphore brillante… »Il n’y a plus de pilote dans l’avion »… Que faire?

    Réaliser que nous sommes bon gré, mal gré, montés à bord comme passagers et qu’avec le prix de nos places les « pilotes » ont pu sauter avec des parachutes dorés… Que l’appareil est sous pilote automatique (inertiel), que le carburant est limité et que paradoxalement le zinc est de plus en plus chargé.

    Percevoir qu’il n’y avait pas de destination anticipée: ce n’était que d’aller vers rien le plus « confortablement » possible…

    Conclusion: deux options: – sachant que l’avion finira, à brefs délais, par rejoindre le sol…
    évidence !..

    La première consiste au « laisser aller » au crash, dans l’intervalle en se disputant les quelques sandwichs embarqués, et de laisser au sort le soin de recueillir d’éventuels survivants. (Option privilégiée par un simple constat de l’actualité).

    La deuxième, plus burnée, consiste avec les seules compétences – à vous lire vous en êtes largement pourvu – embarquées, les tours de contrôles ayant au combien prouvé leurs impuissances, à tenter, à essayer un atterrissage en douceur avec tous les risques que cette opération peut comporter:
    y compris le crash… qui n’est peut-être pas le pire ?

    … sans garantie que même lors d’un atterrissage « mérité »… les miraculés ne vont pas se contenter de poursuivre le laxisme qui les aura conduit là où ils en seront ?

    Courage !.. Fuyons !.. Mais où ?.. Sauter sans parachute, fût-il en vulgaire toile, m’est problématique.

    Et puis flûte … que vous le connaissiez (ou pas… j’en doute):

    Un peu de vigueur avec  » La Quête  » de Brel

    Rêver un impossible rêve
    Porter le chagrin des départs
    Brûler d’une possible fièvre
    Partir où personne ne part

    Aimer jusqu’à la déchirure
    Aimer, même trop, même mal,
    Tenter, sans force et sans armure,
    D’atteindre l’inaccessible étoile

    Telle est ma quête,
    Suivre l’étoile
    Peu m’importent mes chances
    Peu m’importe le temps
    Ou ma désespérance
    Et puis lutter toujours
    Sans questions ni repos
    Se damner
    Pour l’or d’un mot d’amour
    Je ne sais si je serai ce héros
    Mais mon cœur serait tranquille
    Et les villes s’éclabousseraient de bleu
    Parce qu’un malheureux

    Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé
    Brûle encore, même trop, même mal
    Pour atteindre à s’en écarteler
    Pour atteindre l’inaccessible étoile.

    Cordialement…

    1. Merci pour votre texte, JRCS ; il donne un éclairage intéressant sur le blog de Paul Jorion, et je souscris à vos observations.

      – PS : Pas nécessairement une liste exhaustive, mais vous auriez pu citer certains titres ou auteurs qui vous ont marqués. Vous avez remarquez ? sur le blog de Paul Jorion c’est toujours le lieu et le moment de parler de tout ce qui n’a aucun rapport avec le billet du jour 😉 J’aime beaucoup quand des intervenants passionnés y parlent musique, littérature, peinture, science, art-appliqué, et nous font des petits cadeaux en lien, comme vous l’avez fait. J’apprends beaucoup par ici.
      – PS-bis : Pour vos réponses, n’hésitez pas, JRCS, à « cliquer » sur le bouton « répondre » qui suit directement le commentaire numéroté (petit, en bas à droite). Cela créé un fil de discussion plus cohérent (en effet, j’ai failli passer à côté du premier de vos commentaires où vous me répondiez). Vous dites être un blogueur relativement récent, c’est pour cela que je me permets cette remarque ; à ce propos, ne lâchez pas l’affaire, il me semble que le sang neuf est toujours bénéfique au blog de Paul Jorion !

    2. Jean – Luc,

      Un tout gros merci pour votre touchante intervention qui me permet une perspective plus aléatoire, moins rigoriste sur le sens d’un blog.

      Le « tuyau » sur le petit « répondre » correspondant au numéro du commentaire me sera également d’une grande utilité.
      Lors de réponses sur un commentaire dont on fait le copié-collé d’un élément, certaines apparaissent en surbrillance bleutée précédée par un guillemet… Pourriez-vous me donner un éclairage sur la manière de procéder ?

      Pour la suite, tout convaincu « que je suis » que la richesse incomparable de la littérature, traductions de langues étrangères comprises, de la culture française (c’est peut-être ça qui lui a joué des tours) a déjà répondu à l’ensemble des problèmes qui se pose aujourd’hui, c’est avec un enthousiasme sans bornes que nous allons en débattre, en partager les saveurs…
      …tout en restant conscient qu’il n’y a pas plus sourds que ceux qui ne veulent pas entendre…

      A toute à l’heure…

      PS : Mes deux livres de chevet à l’instant sont « Après l’histoire » et « Festivus Festivus » de
      Philippe Muray.

    3. JRCS,

      Quelle bonne surprise de constater que nous avons des plaisirs littéraires communs ! Philippe Muray m’accompagne depuis plusieurs années. Ses livres sont chez moi lus, relus, annotés, cornés, prêtés, perdus, rachetés.
      Je dis qu’il m’accompagne car, à une époque passée où je ne me désespérais de comprendre un jour le monde qui m’entoure – avec le risque de tomber dans l’enfermement de la misanthropie – Muray a su mettre des mots sur le sentiment que j’avais de la société et de mes contemporains.
      Son décès il y a cinq ans a créé un vide chez ses lecteurs réguliers, fidèles à ses rendez-vous écrits où il nous parlait du monde, où il l’inventait, où il le combattait, où il s’en moquait. Heureusement, il nous reste ses livres.
      Heureusement aussi, il commence à se créer une postérité à Muray. De quoi rassurer ceux qui auraient craint que le moule se soit cassé avec sa disparition.

      Depuis Rabelais ou François Villon, quelques grands hérauts se sont succédés en France pour annoncer les modernités successives, et leur tordre le cou : Molière, Diderot, Flaubert, plus récemment Marcel Aymé ou Bernanos. Philippe Muray était le digne frère de ceux-là.

      —————

      PS:
      Vous demandez comment faire pour citer des phrases et les voir apparaître en surbrillance bleutée précédées par un guillemet.
      Voilà comment procéder :
      – Vous tapez (ou collez) le texte dans la fenêtre de réponse ;
      – Vous glissez ensuite la flèche sur ce texte pour le sélectionner ;
      – Vous « cliquez » ensuite sur les petits guillemets bleus qui s’affichent dans un des carrés (en haut à droite) de la fenêtre de réponse ;
      – Shazaam ! le texte se trouve encadré d’un code qui – magie – le fera apparaître chez Jorion avec les jolies fioritures dont vous parlez.

      …Comme je n’aime pas ces fioritures choisies par l’ami Jean-Baptiste (nous en avions parlé ensemble en octobre dernier ), je me refuse à utiliser le truc pour les citations. J’ai décidé de rester fidèle aux simples guillemets :

      « Le coup commence à être connu. Toute critique non homologuée de ce monde doit être poussée vers l’extrême droite de manière à y être discréditée à jamais. La meute n’a que ce projet, et elle n’a que cette raison de vivre. Il faut donc, au maximum, la décevoir. Sur ce point comme sur les autres. Ces roquets ont une terreur : que se répandent des pensées et des visions hétérodoxes ; ou plutôt des pensées et des visions non conformes à leur non-conformisme institutionnel et subventionné. Car ce sont des non-conformistes, bien entendu, des héros, des insurgés à vie, des insolents magnifiques, des dissidents, et même des assignés à dissidence. Ces talibans-citoyens contrôlent le grand ministère du Vice muséal et de la Vertu déjantée. Ces Tontons-Macoutes pour temps d’aquagym n’ont qu’un idéal : tuer toute vie spontanée de l’esprit afin d’empêcher que quoi que ce soit et qui que ce soit puisse s’opposer au déploiement de leur médiocrité haineuse et surveillante. (…) résumé moderne, en somme, de ce que constatait jadis Léon Bloy : « Tous les fétides et tous les lâches contre un seul qui ne tremble pas « .
      (Philippe Muray. « Tous contre seul ». 2004)

    4. Jean- Luc,

      Avec vous, j’ai rencontré mon alter-ego; juste avec les différences pertinentes qui ne permettent plus de parler qu’a soi-même… Mais d’avancer, non dans la croissance vouée à l’échec, mais dans « l’essor » incorruptible: si cher à nos poètes !..

      Beau cadeau que le « Tous contre seul » de Muray: Et Léon Bloy alors… le plus grand des catholiques… L’Angleterre: l’île infâme… Napoléon… Waterloo… Wellington et ses soucis de subsistances qui sont cause de la pérennité de son fameux filet de bœuf … l’argent anglais pervertissant russes, autrichiens, prussiens… le monde connu… déjà… Exégèse des lieux communs…surtout: chef d’œuvre de la Sainte France… lointaine…

      A venir un commentaire digne de vous… Nos présents au présent…

    5. Jean – Luc,

      Vous trouverez mon nouveau commentaire sous le titre « Jethro Tull » de Paul Jorion, en position 50. Veuillez excuser ma faute de frappe sur votre prénom: mon utilisation du clavier est également récente…

      Meilleures salutations…

      PS: ces prochaines semaines, (4-5), je disposerai de moins de temps à consacrer au blog.

  55. @ Marlowe

    Non, absolument rien à voir: nous pouvons trouver une excellente littérature dans les supermarchés.
    Même… juste à côté des poulets !…
    J’ai simplement voulu signifier à Jean – Luc qu’une œuvre littéraire n’avait pas besoin d’un label certifié par des experts et qu’elle avait encore la force d’être interprétée librement par le lecteur.

    Cordialement…

    1. Le vrai et le faux.

      Marlowe n’ a pas écrit littérature dans les supermarchés mais littérature de supermarché.
      Il est quand même nécessaire de lire un texte avant de le critiquer.

      Littérature de supermarché a bien entendu un tout autre sens que celui que vous évoquez.
      Premièrement beaucoup de livres peuvent arriver sur les rayons des supermarchés puisque la décision de vendre tel ou tel titre et de ne pas vendre certains titres est pour l’essentiel une décision économique à court terme.
      Par ailleurs n’oublions pas que l’édition et la distribution des livres sont régies par les lois de la marchandise qui impliquent que l’argent investi dans une marchandise, quelle qu’elle soit, doit rapporter rapidement plus d’argent.
      L’édition, en France, est riche de centaines d’éditeurs qui produisent régulièrement des livres dont la majorité a été imprimée pour être vendue et quelques uns seulement pour être lus.
      Prenez le cas des livres de Paul Jorion et considérez ce qui sépare et ce qui réunit deux éditeurs aussi différents que les Editions du Croquant, artisant indépendant et Fayard qui appartient à la galaxie Hachette.

      Quant à la comparaison entre livre et poulet, elle est tout à fait justifiée puisque les meilleurs poulets sont élevés par des artisans selon des règles écologiques , « biologiques » par exemple, et ne sont pas vendus dans les supermarchés, alors que l’industrie produit rapidement et sans précaution des marchandises qui ont une vague apparence de poulet mais qui sont autres.

      Par ailleurs, croire et faire croire, que les lecteurs sont libres dans leur jugement est une farce.

    2. @ Marlowe

      Je vous présente toutes mes excuses pour cette méprise…!

      Littérature « de » supermarché dans le sens: littérature façonnée pour être vendues par le truchement de mille ruses commerciales et qui, dés le départ, est conçue par le ou les auteurs, sous contrats avec le ou les éditeurs pour toucher et plaire au plus grand nombre et rapporter un maximum d’argent… (Si je vous ai bien compris ?)

      Du genre « Harry Potter », « Da Vinci Code » et consorts… à paillettes… bestsellers de tous poils…

      Oui!!! Courage ! N’achetons pas ou pour le moins… évitons !

      Maintenant donner un avis sur ce qui fait qu’une large majorité d’individus avide de « nouveautés » se rue sur ce qu’il ya de plus niais mériterait l’élaboration d’une encyclopédie et qui ne *porterait pas seulement sur le domaine du livre:* mais qui aurait sûrement l’avantage d’expliquer le succès des magouilles capitalistes.
      Ce qui, au passage, éviterait pas mal de prises de tête à Monsieur Paul Jorion.

      Revenons brièvement au livre:
      A force d’écrire pour plaire aux lecteurs – consommateurs, il se peut que les Auteurs disparaissent complètement: la quantité infinitésimal qu’il en reste a déjà du plomb dans l’aile…

      *…* Sur le sujet, si je peux me permettre, je vous conseille l’excellent « Festivus Festivus » de
      Philippe Muray disparu depuis peu et que l’on ne pourra pas soupçonner, lui, de faire des profits d’outre tombe.

      Cordialement…

    3. à JRCS,

      Le secret réside dans le caractère fétiche de la marchandise dont Marx a été le premier analyste systématique.
      Depuis il y a eu les situationnistes et tous les critiques actuels de la logique de la marchandise.
      Je vous recommande Anselm Jappe et les titres : Les Aventures de la marchandise (Denoël). Crédit à mort (Editions Lignes)
      Je connais un peu Philippe Muray, mais il faudrait que j’y revienne.
      Il y a tant de (bons) livres qu’il faudrait plusieurs vies.
      Pour revenir à ce qui pousse tant de gens à se précipiter, dès que l’ordre leur en est donné par la communication publicitaire, vers des marchandises qui sont des ersatzs (les poulets du supermarché) ou des leurres (« une voiture à vivre »), il faut entreprendre une critique du fétichisme de la marchandise et des névroses provoquées et entretenues dans la population, en particulier le narcissisme .

      Bien à vous.

      marlowe@orange.fr

    4. Marlowe,

      Oups!.. Le caractère fétiche de la marchandise ?…

      Permettez – moi de vous exposer une autre perception…

      A mon sens: c’est intervertir le sujet et l’objet, en effet, le fétichisme correspond à une pulsion dont l’auteur (l’acheteur en l’occurrence) ne peut réprimer le passage à l’acte… C’est attribuer à la marchandise un caractère dont elle est dénuée et qui ne concerne que l’acheteur.

      C’est attribuer à la publicité un impératif (un ordre) qu’elle ne comporte pas et qui ne s’adresse qu’à l’hypothalamus (cerveau reptilien) et au cerveau limbique (paléocéphale) qui ne sont que peu géré par le néocortex chez la plupart des individus.

      « Des drôles sans conscience ont exploité et exploitent vos mondes… »: je m’explique…

      Ne pas pouvoir réprimer une pulsion est d’ordre psychiatrique et fait appel à des traitements médicamenteux (peu d’effets), et à des traitements illusoires analysés par des psychologues dont Freud nous a exposé l’utilité des bavardages.

      Dans un cas comme dans l’autre les valeurs que l’on donne aux marchandises nourrissent parfaitement les pseudos guérisseurs.

      Merci de m’avoir laissé votre mail, j’en tiens compte, et vous informe que les deux mois qui suivent vont réclamer beaucoup de mon attention à d’autres activités.

      Bien à vous…aussi !

  56. Deux vidéos ont été proposées :

    http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18875274&cfilm=130613.html (par zébu)

    http://www.autreterre.org/fr/news/92-albert-jacquard-reportage.aspx (par Michel Lambotte)

    Elles résument le changement de civilisation qui est en marche, et que la plupart des spécialistes persistent à ne pas vouloir prendre en compte pour certains, alors que d’autres ne veulent pas le mettre en avant dans dans leur réflexion et leur discours. C’est dommage, ça fait perdre du temps et ça donne ainsi davantage de chances au capitalisme de trouver d’autres chemins pour maintenir sa tyrannie.

    Merci à zébu et Michel, et merci à ces hommes et femmes de parler avec leur coeur, ils parlent d’or : de démocratie vraie, de conscience de soi et de l’autre, etc., bref de la vie comme chacun au fond de lui (proportionnellement) la conçoit.

  57. @jducac dit :
    17 février 2011 à 10:40
    « Quand je mets de l’argent sur mon compte »

    Non, vous prêtez votre argent à la banque, ce qui est strictement identique à dire que la banque emprunte votre argent.

    J’arrête ici pour le moment, car avec vous il faut aller pas après pas sinon vous déviez toujours du sujet. Je ne fais que décrire le fonctionnement du système bancaire un point c’est tout.

    Vous comprenez jusqu’ici ?

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