LES FRERES ET LES SŒURS SE REBIFFENT

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Une étape importante vers l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix a eu lieu aujourd’hui (au plan symbolique s’entend !). Un ensemble imposant d’organisations ont adressé une lettre commune à la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur américain des marchés à terme de matières premières, qui appelait le public à commenter des mesures envisagées.

La lettre se trouve ici. J’en ai traduit quelques passages importants :

« Pour assurer le bon fonctionnement des marchés des matières premières et pour éviter les bulles dans le prix des matières premières alimentaires et de l’énergie, telles celles qui se sont développées en 2008, nous voudrions insister sur les points suivants touchant au processus de mise en application :

1) A minima, les règles proposées touchant à des limites (en volume) des positions devraient être pleinement appliquées. Nous pensons que ces mesures régleront la question des manipulations mais non celle de la spéculation excessive. Pour réduire la spéculation excessive, nous encourageons la Commission à envisager en sus des limites globales visant spécifiquement la spéculation.

2) D’éventuelles exemptions aux limites sur les positions ou aux règles sur la transparence doivent être réservées aux entreprises qui traitent véritablement des matières premières physiques et recourent aux marchés de matières premières pour couvrir un risque commercial. Les banques, les fonds d’investissement spéculatifs, les fonds de retraite ainsi que les institutions qui offrent des indices de matières premières, les exchange-traded funds (ETF) ou exchange-traded notes ne doivent pas bénéficier d’exemptions.

3) Nous sommes particulièrement concernés par l’effet d’investissements passifs comme les indices de matières premières, les exchange-traded funds (ETF) et les exchange-traded notes. Nous encourageons le Commission à envisager pour ceux-ci des restrictions supplémentaires ou l’interdiction pure et simple de ces instruments sur les marchés des matières premières. »

À propos des doutes régulièrement émis par les spéculateurs eux-mêmes quant à la nocivité de leurs pratiques, la lettre cite le rapport de juin 2009 du Sous-comité permanent d’Investigations américain :

« Pratiquement tous les opérateurs (traders) et les analystes contactés par le Sous-comité ont déclaré que la présence massive des opérateurs (traders) d’indices de matières premières sur le marché de Chicago était le principal facteur ayant contribué aux problèmes de prix sur le marché du blé ».

Si le titre de mon billet vous paraît toujours mystérieux, consultez la liste des signataires de la lettre.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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111 réflexions sur « LES FRERES ET LES SŒURS SE REBIFFENT »

  1. Excellent !

    La messe est (presque) dite 🙂

    Si les frères et les soeurs se mettent à prêcher l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix dans les paroisses, là-haut, dans les hautes sphères de la finance, on peut désormais se faire du souci. 😉

    1. L’on peut aussi se poser des questions sur cette curieuse et déroutante convergence entre le taulier et une cohorte d’associations de croyants : que le rationalisme athée se retrouve comme suspendu à son ennemi congénital montre bien que rien ne va plus.

      1. Mon chère Crapaud je comprends votre étonnement envers le taulier,car quand vous dites sans rire

        que le rationalisme athée se retrouve comme suspendu à son ennemi congénital

        il y a un abîme entre vous et moi, c’est que j’y vois un COMPLICE et UNE CONTINUITÉ, en très gras , très grave et kapital.
        PS un train peut en cacher un autre !

      2. égalité et désintégration : il me semble voir dans le christianisme une représentation du monde qui prétend à une certaine rationalité par opposition au paganisme, mais le rationalisme athée n’en est la « continuité » que sur le plan historique. Il n’y a pas l’ombre d’une « complicité » entre eux, car le rationalisme athée rejette toutes mythologies : il les prend comme objets de connaissances, non comme sources. Mais bon, là vous m’entraînez sur un terrain où je ne suis sûr de rien.

      3. Les ennemis d’hier n’ont pas à être les ennemis d’aujourd’hui, et humanistes rationalistes athées comme cosmologistes logocentristes croyants se reconnaissent de plus en plus un ennemi commun…

        À titre personnel, je souhaitais écrire une lettre à sa Sainteté ainsi qu’une autre à la Reine d’Angleterre, au premier pour lui demander d’excommunier tout catholique suspecté de pari sur les fluctuations de prix, et à la seconde pour lui demander de s’exprimer publiquement à ce sujet.

        J’y réfléchis toujours, mais peut-être que Paul Jorion trouverait des mots plus justes.

      4. Le génie du christianisme a été la mise en scène grandiose de dieu, une assurance tous risques, déjà, pour les conquêtes.

        Mais bon, là vous m’entraînez sur un terrain où je ne suis sûr de rien.

        Depuis le temps que je vous lis, crapaud sautillant, je l’avais compris. Je n’ai fait moi même ce saut qualitatif et définitif il n’y a que quelques années et je vous promets que l’on ne voit plus le monde de la même façon. La foi, c’est à dire la confiance dans l’empire du lien des sens et du sens, çà soulage et çà soulève, une drogue toute naturelle comme le bon vin et….. la modération est automatique, ÇA RÉFLÉCHIT sans miroir.La valeur c’est l’échange et nous vivons dans un monde où tout est prêt échangé et plein à raz bord de préjugés. Le silence sur la voie publique est la seule question intéressante à creuser. Mr Voyer, à la suite du brillant cavalier Debord qui s’était engagé sur ce chemin incertain, le passage nord sud le nommait il, a brillamment poursuivi et corrigé ce demi dieu de la théorie mais on peut ce dévoyer aussi, « pourquoi pas » c’était le nom du bateau de l’explorateur Charcot.
        Demandez à Kabouli sur le blog, que j’ai rencontré par hasard GRÂCE à une conférence de Lordon Jorion JFK, il en connait un rayon sur ce sujet.
        Il faut se parler, mais çà c’est pas évident.

      5. @égalité et désintégration

        La foi, c’est à dire la confiance dans l’empire du lien des sens et du sens,…

        Je n’ai rien contre « l’empire du lien des sens et du sens« , mais vous n’avez aucune chance de m’entraîner sur le terrain de la foi, je vous l’abandonne sans regret. Je n’ai rien non plus contre la spiritualité, mais pour moi la spiritualité c’est le doute, sûrement pas les réponses toutes faites qui se veulent définitives.

      6. L’athéisme sous toutes ses formes comme toutes les croyances à un dieu unique aux multiples facettes sont tous ensemble la marque de la perte de la conscience unitaire dans laquelle l’homme se connaît comme partie d’un tout, et connaissant sa place.

        Il faut se parler.
        Le miroir de l’écran est le contraire de la rencontre.
        Le plus dur reste à faire

      7. Crapaud !
        Je vous rapelle les mains tendues de P.Teillard de Chardin au communistes, d’aprés guerre, lorsqu’il déclara qu’entre chrétiens et communistes l’écart n’était pas si grand (sic); ça lui valu quelques ennuis avec le vatican.

        On peut se demander pourquoi le christiannisme lui est encore présent sur la planète ?

        On peut aussi considere qu’entre gens de bonnes volontés, les idéologies tombent comme chateaux de cartes, ce qui n’est pas regréttable ; vous avez vu « le Chagrin et la Pitié » ? il y a un ancien waffen SS de la division Charlemagne qui parle tres bien des idéologies, lui bien entendu fut du mauvais coté de L’histoire, il croyait tellement à son idéologie Aryenne qu’il alla se battre volontairement à Stalingrad.

        Méffions nous avec lui des idéologues et des idéologies !

      8. Bernard !

        Peut-être bien que l’écart n’est peut-être « pas si grand », mais justement ! En remarquant que les athées rejettent toutes mythologies, (en tant que sources de connaissances), j’ai la prétentieuse prétention de relever l’abîme qui les sépare. Qu’est-ce qui pouvait rapprocher P.Teillard de Chardin et les communistes ? Sans doute un vague souci du bien commun, le principe de la main tendue vers les plus déshérités, mais je peux vous assurer que le communisme est la hantise des catholiques. Il y a forcément une cause à cela, et c’est bien sûr la foi.

        Tout à fait d’accord avec vous à propos des idéologies, mais j’ajoute qu’on ne peut pas se passer de mythologies : elles sont indispensables pour créer un accord profond entre les hommes, car elles sont des représentations du monde.

      9. aucune chance de m’entraîner sur le terrain de la foi,

        Alors sur quel terrain jouez vous, le rationalisme binaire, je suppose, droite/gauche, le haut/le bas etc….. ?

      10. a Bernard Laget

        Méffions nous avec lui des idéologues et des idéologies !

        A part « si tous les gars du monde voulaient bien se donner la main » c’est quoi la recette contre les idéologies/croyances ? La confiance donc la foi, pour le moment c’est FINANCE, la rançon de l’ignorance, à un prix fabuleux.
        Un autre film c’est « croix de fer » et aussi le fabuleux « chiens de paille » Sam Pekinpah un expert de l’enfer privé.

      11. Au moment des accords d’Evian, lycéen je militais au J.Communistes et nous allions à la maison des métalos rue ¨P Thimbaud écouter et débattre avec les intéllos du PC.

        C’est ainsi que j’ai entendu R.Garaudy débattre du marxisme avec un Dominicain, nous buvions du petit lait, au quartier latin La librairie Clarté fut plastiquée par des types OAS/Occident avec lesquels nous nous bastonnions a propos de l’indépendance Algérienne !

        Que reste t’il de ce militantisme étudiant, (je n’étais pas OS à Billancourt) ? Garaudy a viré facho, et l’on sait ce qu’il est advenu, hélas, de l’Algérie. Puis vint 1968, je n’y ai pas cru un seul instant………….pourtant j’étais aux beaux arts !

        Avec le temps je devins plus tolérant, moins idéologue………………. attentif aux idées incisives que je n’ai pas eu le talent de trouver, mais qui rendent fier d’étre parmi les humains!

      12. @égalité et désintégration : « Alors sur quel terrain jouez vous ? » : j’fais comme tout le monde, j’essaie de mener tant bien que mal ma petite barque, et n’ai jamais su quel cap emprunter. Ce n’est pas à 60 balais que je vais m’en choisir un !

      13. Il y a longtemps que je me méfie des gens qui veulent sauver le monde et de ceux qui attendent un sauveur en veautant entre autre, après çà il reste plus grand monde, n’est il pas, le désert ? L’abstension(s) est une très bonne tendance si vous parvenez à éliminer la culpabilité des luttes à qui vous devriez être redevable, taxer la conscience de CLASSE quelle belle continuité assumé par les maitres chanteurs politiques éclairés. Quand on croit que c’est fini çà recommence, jésus n’est toujours pas mort,par contre dieu est soluble dans l’argent qu’il l’ a complétement absorbé, il parle à notre place et sur toute la planète.

  2. D’ignobles suppôts de la théologie de la libération, je gage. JP2 – pas Jean-Pierre Papin, l’autre – doit en manger sa tiare là-haut…

    1. @L’Argentin: si tu es vraiment Argentin va faire un tour sur www. baudchon-baluchon.com ; Quelques passages amusants en Amérique du Sud dont l’Argentine….

  3. Bonne trouvaille et peu surprenante.
    N’assistons nous pas à une seconde chasse des marchands du temple ? Mais que fait on quand c’est le temple des marchands et des 1ers marchands d’armes style Folamour ?
    La réponse de la CFTC(conféderation française des travailleurs chrétiens !!) ne sera surement pas très catholique. WAIT & SEE.

  4. Aux USA, ces organisations religieuses ont à mon avis un certain poids et doivent représenter l’opinion de pas mal de monde. Le vieux combat Wall Street vs Main Street…

  5. Le blé, l’avoine, le maïs, le riz, le soja, le bois, le bétail sont des valeurs négociées à Chicago.
    L e cacao, le café, le sucre sont cotés sur les places de New York et de Londres,
    le colza à Paris, le Jus d’orange à New York et la laine à Sydney.

    Pourquoi une telle concentration dans 4 pays seulement ?

    Je prends l’exemple du cacao : les USA et la Grande-Bretagne ne sont pas des producteurs de cacao ; 95,8 % de cette matière première sont produites par 10 pays (Côte d’Ivoire, Ghana, Indonésie, Nigéria, Brésil, Cameroun, Equateur, Togo, Papouasie- Nouvelle-Guinée et Mexique). D’où ma question naïve : pourquoi ces 10 pays ne s’arrangeraient-ils pas pour que le cacao soit négocié dans l’un d’entre eux qui prendrait une législation interdisant les paris sur les fluctuations de prix ?

    1. Bonsoir André.

      Si ils font cela, je ne donne pas 6 mois avant intervention des USA ou de l’Angleterre sous forme de coup d’état ou d’émeutes organisées et aides aux populations dans un but « humanitaire ». Pour diverses raisons du même ordre le sort de la Côte d’ivoire sera bientôt réglé.
      Nos démocraties à l’occidentale ont besoins, je dirai même toujours et encore besoin de peuples d’abord esclaves et maintenant économiquement esclaves pour s’enrichir.

  6. Paul,

    Bonne nouvelle, c’est du lourd cette équipe ! J’imagine que vous leur avez dûment signalé ce billet : auriez-vous l’amabilité de leur transmettre ceci dans la langue de Shakespeare ? :

    Chers frères et soeurs,

    Au commencement était le Verbe. Puis vint l’échange, verbal, le dialogue. Et le dialogue se réduisit rapidement à une croyance, partout, dans toutes les sociétés : notre civilisation naissait. Elle s’est construite autour d’une valeur (presque) unique : le capitalisme, l’organisation des églises comme exemple. L’organisation de l’économique, du politique, de l’éducation comme autre exemple. Ces structures, cette structure, relie les hommes et les femmes par le seul lien de la croyance : elle ne peut pas être solide, comparativement à une structure où chaque sommet (Ecce Homo) aurait la possibilité de tisser plusieurs liens avec l’autre : c’est la spiritualité laïque, qui comprend la religieuse, qui comprend le capitalisme.

    Le Verbe a ainsi lui aussi été contraint à la valeur unique, au point qu’il nous faut aujourd’hui parler économique – échange monétisé- pour dialoguer ! Cette contrainte du Verbe, c’est aujourd’hui (ce n’est pas le moment de remuer l’Histoire !) le salariat : le Verbe sans temps ce n’est pas le Verbe, c’est juste « parler de la pluie et du beau temps » dans la langue de la valeur unique. Pendant ce temps-là l’humanité de chacun, sa verbalisation du monde, est tu, contrainte à la valeur unique, d’où l’état de la civilisation, qui a du mal à maintenir la stabilité de la structure avec l’augmentation du nombre de sommets : c’est intenable.

    En langage économique, O tempora, o mores !, ça donne : le salaire précède l’échange monétisé et l’impose, la monnaie est excédentaire, il faut absorber l’excédent : des taxes à la finance en passant par la consommation et les emplois fictifs n’ayant pour seul rôle que d’entretenir la mécanique, la mécanique des ponctions est connue. Pourquoi se contenter d’appuyer sur un seul levier, en prenant le risque que la structure monovaluée ne compense une nouvelle foi(s) sur un autre levier pour continuer à taire le Verbe ? Pourquoi ne pas s’attaquer soit à la racine du mal soit à toutes ses expressions, ses ponctions, pour tuer la Bête qui tue le Verbe ?

    Concrètement : une semaine de deux jours de travail « imposé » pour construire son quotidien vital et celui du groupe, le reste du temps chacun fait ce qu’il lui plaît : ça permet de laisser cohabiter ceux qui veulent tisser d’autres liens et ceux qui préfèrent rester sous la contrainte (ne serait-ce que parce que ça les occupe) du salariat, de l’échange monétisé. Ça permet selon l’envie d’avoir plus de temps pour se consacrer à la démocratie, au lieu de croire qu’elle tombera toute cuite dans notre assiette. La démocratie ça se construit. L’humanité aussi.

    PS : Merci de passer le mot aux autres organisations humanistes dans le monde.

    Merci

      1. DidierF,

        Merci. Auriez-vous un lien, un livre, … à me conseiller ? Ou encore mieux : la sustantificque mouelle de votre traduction ?

        Paul et …,

        Ça roule ?

        Pierre-Yves,

        Vous sauriez (vive la Belgique libérée) traduire mon message en chinois, et le faire passer à des associations humanistes chinoises (ça se dit en chinois ?), por favor. (Et en anglais, I zizi’s possible …?)

        Imaginons : « L’Interdiction des paris sur les fluctuations des prix est décrétée à l’unanimité dans une zone du vaisseau. » Vont-ils continuer à consommer-produire-salarier au moins autant maintenant qu’ils ont plus de monnaie ? Que vont-ils faire de cette monnaie retrouvée : la considéreront-ils comme un excès de production qui doit être absorbé pour que la machine continue à produire au moins autant, ou comme une surproduction-surconsommation-sursalarialité qui doit être stoppée ? Pas évident n’est-ce pas si l’on ne tranche pas dans le vif ! Surtout si l’on considère les nouveaux marchés : BRIC&Co, TuÉgLi, JAP, FMI !

        Le capitalisme n’est pas qu’une organisation économique : ça ne tiendrait pas. C’es tune organisation humaine, faite d’humains. Coupez-lui la tête économique, elle se renforcera ailleurs : à vous de définir où, avec vos valeurs de politique, religion, … Et pariez une nouvelle fois (j’attends toujours vos contrexemples 🙂 ) qu’on oubliera l’humain dans le bout de vaisseau qui l’occupe.

        Bom Dia

        Kon’nichiwa !

        Nassini el dounya !

      2. Fab,

        J’ai une référence. Ce qui ne gâche rien, c’est que les dames qui mènent cette barque sont adorables.

        Remo Fasani / L’éternité dans l’instant sorti en 2008 aux éditions Samiszdat

        http://www.editionsamizdat.ch/cms/default.aspx

        Un ami m’a fait découvrir cet auteur. Il produit très peu. Mais ce qu’il a sorti est si dense que j’ai pu renouer avec la poésie.

    1. C’est ce que je me disais à l’instant en fumant ma clope dans la cuisine, et en songeant aux anciennes publicités exhibées par le Canard du 23 mars sous le titre « !Au rayon santé » :

      Le RADIUM régénère l’épiderme
      Plus de rides – teint velouté
      La crème RAMEY radiacée
      contient du radium

      Une autre pub pour IRADIA, sous-vêtements radioactifs, montre deux skieuses sous un soleil… radieux ! Enfin, une pub pour Vita Radium Suppositories qui se vante de mettre du vrai radium dans ses suppositoires, à s’administrer tous les jours.

      Mon interprétation (sommaire) : rayons inconnus ==> auréoles des saints qui rayonnent ==> bon pour la vie ==> bon pour la santé.

    2. Cornelius Castoriadis, Post-scriptum sur l’insignifiance
      «
      Daniel Mermet – Vous avez beaucoup parlé et écrit autour du mouvement de mai 68, qu’avec Edgar Morin et Claude Lefort vous avez appelé « la Brèche ».

      Aujourd’hui, cette période est un âge d’or pour les jeunes qui regrettent de ne l’avoir pas vécue. Si on repense à cette époque, on est frappé par l’aveuglement. Ces comportements révolutionnaires, romantiques, absolus, doctrinaires, sans aucune base, dans une ignorance totale par exemple de ce qui se passait réellement dans la Chine de Mao, choses qu’on pouvait savoir. Mais on préfère croire que savoir…

      Cornelius Castoriadis – Oui, vous avez raison d’un certain point de vue qui est très important. Mais ce n’est pas tellement une question de niveau de connaissance, je crois. C’est l’énorme domination de l’idéologie au sens strict et, j’allais dire, au sens mauvais du terme. Les maoïstes, ce n’est pas qu’ils ne savaient pas, on les avait endoctrinés ou ils s’endoctrinaient eux-mêmes. Pourquoi acceptaient-ils l’endoctrinement ? Pourquoi s’endoctrinaient-ils eux-mêmes ? Parce qu’ils avaient besoin d’être endoctrinés. Ils avaient besoin de CROIRE. Et ça, ça a été la grande plaie du mouvement révolutionnaire depuis toujours.

      Daniel Mermet – Mais l’homme est un animal religieux. C’est pas un compliment mais…

      Cornelius Castoriadis – Pas du tout un compliment. Aristote que je n’arrête pas de citer et que je vénère énormément a dit une seule fois une chose qui est vraiment une grosse… bon on ne peut pas dire bourde quand il s’agit d’Aristote, mais enfin ça va pas. Quand il dit : « L’homme est un animal qui désire le savoir », c’est faux. L’homme n’est pas un animal qui désire le savoir. L’homme est un animal qui désire la croyance, qui désire la certitude d’une croyance, d’où l’emprise des religions, d’où l’emprise des idéologies politiques.

      Dans le mouvement ouvrier au départ, il y avait une attitude très critique. Quand vous prenez les deux premiers vers de l’internationale qui est quand même le chant de la Commune, prenez le deuxième couplet : « Il n’est pas de sauveurs suprêmes : ni Dieu – exit la religion – ni César – exit Napoléon III – ni tribun – exit Lénine ! » Mais il y a ce besoin de croyance. Aujourd’hui, en quoi sommes-nous plus sages qu’en Mai 1968 ? Je crois que peut-être le résultat, à la fois des suites de Mai et de l’évolution dans les pays de l’Est et de l’évolution en général de la société font que les gens sont devenus, je pense, beaucoup plus critiques.

      Ca, c’est très important. Bien sûr il y a une frange qui cherche toujours la foi. Vous avez la scientologie. Vous avez les sectes. Ou le fondamentalisme, mais ça c’est dans d’autres pays, pas chez nous, pas tellement. Mais les gens sont devenus beaucoup plus critiques, beaucoup plus sceptiques. Ce qui les inhibe aussi pour agir. Périclès dans le discours aux Athéniens dit : « Nous sommes les seuls chez qui la réflexion n’inhibe pas l’action ». C’est admirable ! Il ajoute : Les autres, ou bien ils ne réfléchissent pas et ils sont téméraires, ils commettent des absurdités ou bien, en réfléchissant, ils arrivent à ne rien faire parce qu’ils se disent : il y a le discours et il y a le discours contraire. Or actuellement on traverse aussi une phase d’inhibition, c’est sûr. Mais il faut comprendre, chat échaudé craint l’eau froide. Ils ont goûté tout ça, ils se disent : les grands discours et tout le reste… Effectivement, il ne faut pas de grands discours, mais il faut des discours vrais. Et c’est ça qui n’existe pas dans une projection sociale si je puis dire.
      »

      1. fujisan,

        Castoriadis refuse la croyance et réclame un discours vrai. Comment repérait-il un discours vrai ? Comment le faites-vous ? Comment savez vous que la croyance fournit une certitude ? Êtes-vous sûr de vos réponses ?

      2. La foi c’est tout l’abime qu’il y a entre la croyance et la pensée, c’est une réflexion qui réfléchit et qui fait clic dans votre tête, la co naissance pratique des autres, sans intermédiaires, des sources.Je prie car je questionne les autres tous les jours, c’est passionnant d’être juge et parti.

      1. @pierrot123
        Ca, c’est pour les cathos qui peuvent justifier toutes les salopires qu’on se fait les uns les autres. « Les premiers seront les derniers » la belle affaire !

        « Et puis si j’étais le bon Dieu
        Je crois que je serais pas fier
        Je sais on fait ce qu’on peut
        Mais il y a la manière. »
        Jacques Brel, Fernand

        http://www.youtube.com/watch?v=fRwlTMu4Hyg

    1. Bonjour,

      Dieu y a laissé une main il n’a pas envie d’y laissais un bras.

      Autrement dieu vient via Loudres de redonner la fonction d’une jambe à un homme.

      Hyoupii trop fort.

  7. Paul Valéry en 1938 (hors sujet) :

     » Liberté : c’est un de ces détestables mots qui ont plus de valeur que de sens ; qui chantent plus qu’ils ne parlent ; qui demandent plus qu’ils ne répondent ; de ces mots qui ont fait tous les métiers, et desquels la mémoire est barbouillée de Théologie, de Métaphysique, de Morale et de Politique, mots très bons pour la controverse, la dialectique, l’éloquence » .

    http://haution.philosophie.pagesperso-orange.fr/Cours/coursliberte.html

    Entendu hier soir très tard dans la nuit (je ne connaissais pas) … Cela pourrait être mis en exergue au « libéralisme »… !

    Cela fait écho aussi au poème « Liberté » de Paul Eluard…

    Il est vrai que ce mot éblouit et empêche de penser la plupart du temps.

    1. Remarque pertinente.
      Hâtons nous de lui administrer avant qu’il ne trépasse.
      Et commençons à réfléchir à l’après …

  8. Il est totalement irresponsable de faire croire que la hausse de 2008, du pétrole en particulier, est une « bulle spéculative », ça n’est absolument pas le cas.

    1. ran391,

      Pourquoi totalement irresponsable ? Pourquoi est-ce que ce serait « faire croire » ? Pourquoi les guillemets à bulle spéculative ?

    2. Le cas a été bien analysé, en particulier par le Sous-comité permanent d’investigations, la déposition de Mike Masters au CFTC ne laisse aucun doute. Le fait que les spéculateurs se soient retirés immédiatement après que leurs noms ont été mentionnés, en raison de l’image négative qui en résultait pour eux, et que les marchés s’effondrent aussitôt, en a été une confirmation indirecte (La crise, Fayard 2009 : 143-175). Si vous disposez de données que personne n’a mentionnées jusqu’ici, soyez gentil de les mentionner, sans quoi votre déclaration tonitruante exonérant la spéculation apparaîtra comme une affirmation gratuite, et tout particulièrement nocive.

      1. Jusqu’à preuve du contraire une crise économique détruit la demande et fait donc chuter le prix, voilà tout.
        Des économistes ayant cette analyse ça ne manque pas, Jeff Rubins en particulier, voir par exemple son article « just how big is Cleveland » ou video de sa conf ASPO 2010 :
        http://vimeo.com/15739754
        De toute évidence Paul n’a pas encore compris que le pic de production du pétrole ça n’est pas une plaisanterie, (ni le fait que les humains c’est aussi des corps).
        Quant aux taxes sur les carburants, la meilleure chose à faire aujourd’hui serait bien sûr de les augmenter (en en mettant une partie en redistribution directe comme proposé par James Hansen).
        Pourquoi les augmenter ? Pas pour le plaisir de mesures « punitives » bien sûr, mais pour accélérer les changements nécessaires, pas de bagnoles ou bagnoles beaucoup plus légères moins puissantes par exemple.
        Les vrais questions aujourd’hui beaucoup plus qu’économiques sont des questions d’infrastructures et changement de modes de vie (ou vraiment économique si vous préférez, physiocrates), mais augmenter le prix des fossiles en maintenant une redistribution importante des revenus est la seule solution pour accélérer ces changements.
        Après pourquoi pas bien sur interdire les paris sur évolution des prix aux acteurs extérieurs, d’accord là dessus, mais dire que cela va résoudre les problèmes de fond est une comédie.
        La deuxième baffe du pic pétrolier est en route, et il serait temps d’appeler la crise de 2008 par son nom, c’est à dire « troisième choc pétrolier » ou « première baffe du pic mondial de production de pétrole ».

      2. A propos de ce rapport, on a la phrase :
        « During that time, the worldwide supply of oil was increasing and the worldwide demand for oil was decreasing. » (page 3)

        Ou supply est défini comme :
        The production of crude oil (including lease condensate), natural gas plant liquids, and other liquids, and refinery processing gain (loss).

        Et demand
        Demand (Consumption/Products Supplied): The sum of all petroleum products supplied and of crude oil burned directly. For each petroleum product, the amount supplied is calculated by adding production, imports and net withdrawals from primary stocks, and subtracting exports.

        Donc par définition, la demande et la production, ou offre, c’est quasi la même chose à la variation des stocks près, et le pétrole est difficilement stockable.

        Cette phrase est une comédie, et d’ailleurs les chiffres du fichiers excel ne montrent pas grand chose (si ce n’est que des stocks de pays aient pu augmenter en période augmentation des prix, mais ça ça n’est pas de la spéculation d’acteurs extérieurs ni paris sur les prix)
        Mais encore une fois, personnellement je suis pour l’interdiction des paris sur évolution de prix aux acteurs extérieurs, surtout que sur d’autres matières premières le stockage est plus facile (l’extrême étant les métaux précieux), mais clairement je n’en attends pas grand chose pour « résoudre » les problèmes de fond.

      3. an391:

        Vos arguments sont un peu douteux.

        1. Un choc pétrolier provient soit d’inquiétudes liées à l’offre (je reviendrai sur la définition plus bas), comme c’est le cas actuellement, soit aux perspectives liées à la demande. Les chocs d’offre sont de courte durée par nature, relativement aux chocs de demande. Ces derniers s’étalent généralement sur plusieurs années, comme ce fut le cas jusqu’en 2008, justifiant l’augmentation durable des prix.

        Mais cela ne signifie en rien que le choc de 2008 n’ait pas été exagéré par la formation d’une bulle spéculative. La demande anticipée des pays émergents par les opérateurs a été surestimée, de même que la demande mondiale plus généralement à une époque où l’on pensait avoir réussi à se débarrasser des cycles économiques (donc, pas de récession en vue). En mode « no crisis » et avec une croissance exponentielle de la demande, tout le monde a commencé à s’agiter, y compris les investisseurs institutionnels en 2007, ce qui a conduit à l’envolée des prix. Une fois les Etats-Unis touchés par la récession, et les marchés financiers en crise suite à la chute de Lehman, le prix s’est écroulé. S’agissait-il d’une bulle ? Difficile à dire, l’existence même d’une bulle dépend de la définition d’un prix correspondant aux fondamentaux sur ce marché, où l’information est généralement limitée, incomplète et souvent révisée par les instituts statistiques.
        Mais 2010 étant une année record en termes de demande de pétrole, la croissance ayant repris dans tous les pays du monde, même si des inquiétudes persistent, et les pays émergents continuant à croître à toute vitesse, n’est-il pas surprenant que dans un tel contexte, les prix ne soient pas retournés à leur niveau de 2008 si comme vous le dites, « il n’y avait pas de bulle » ? A fortiori dans un contexte de choc d’offre…

        2. Sur la définition de l’offre et la demande : il est utile de penser en termes de consommation et de production pour comprendre l’offre et la demande de long-terme, mais vous ratez toute une partie du problème si vous vous arrêtez là.
        Demande de pétrole = consommation + importations
        Offre = production + exportation
        Résidus = stocks
        Dans un marché mondialisé comme le pétrole, vu le nombre limité de producteurs, l’équation exportations / importations est absolument essentielle dans la formation des prix du pétrole. Les coûts et limites physiques de transport marchand jouent un rôle crucial. Ces facteurs contribuent également à la spéculation, tout une partie de la spéculation se concentrant sur les écarts de prix, corrections et ajustements d’un marché à l’autre.
        Enfin, « le pétrole est difficilement stockable ». Le baril de cru est certes, assez encombrant. Mais les produits raffinés (essence, kérosène, chauffage) sont beaucoup plus faciles à stocker. Je vous renvoie aux chiffres hebdomadaire de l’Energy Information Agency du Department of Energy américain. Les énormes stocks de produits raffinés jouent directement sur le prix du baril de cru, et le contrat WTI américain est actuellement 15 dollars moins cher que le Brent, alors que la différence est historiquement dans l’autre sens (le WTI étant plus pur).
        Quand les opérateurs commerciaux se retrouvent à accumuler d’énormes stocks pour éviter des problèmes de production, dans un marché envahi de capitaux par des opérateurs qui n’ont aucun intérêt commercial dans le pétrole, il y a un fort effet incitatif à accumuler autant de stocks que possibles à court-terme pour se couvrir contre les futures augmentations de prix, créant ainsi un cercle vicieux.

      4. @Julien,

        Oui, enfin, en ce qui concerne offres et demandes, les définitions données sont celles de l’IEA utilisées dans le rapport cité par Paul, point barre.

        On parle d’offre et demande mondiale, par d’aspects importation exportation. Dans ce contexte, c’est le flux extrait et consommé mondialement c’est tout.

        Et sur un marché de matières premières de type carburant (consommable) et difficilement stockable, on a toujours plus ou moins : offre=demande=production=consommation aux variations des stocks près. (comme on le voit en lisant les définitions de l’IEA ‘ailleus)

        En ce qui concerne un choc pétrolier, c’est par définition une augmentation du prix du pétrole venant d’une tension entre quantité dispo par rapport à la demande et capacité à payer plus ou moins transitoire.
        Le premier choc, souvent décrit comme lié à l' »embargo » de 73, ou du fait de la décision de l’OPEC d’augmenter les prix, a en fait démarré avec le pic de production aux US en 70 (et les pénuries de carburant aux US aussi à cette époque).
        D’autre part l’embargo jamais effectif vis à vis des US, de la part de l’Arabie Saoudite en particulier, et l’augmentation des prix par l’OPEC (c’est à dire diminution de leur prod), a en fait été suggéré et poussé par la diplomatie US et majors, cela en particulier pour pouvoir démarrer Golfe du Mexique, Alaska et mer du Nord de façon rentable, voir à ce sujet le documentaire « la face cachée du pétrole » de P Barberis par exemple (dispo sur daily motion).
        Le premier choc pétrolier devrait être appelé « choc du pic de production US ».

        Sinon oui on peut stocker des produits pétroliers, mais ce n’est pas gratuit et ce ne sont pas les dits « purs spéculateurs » qui le font.

        Et surtout fondamentalement, parler de « bulle spéculative » sur un marché qui n’est pas un marché d’actifs mais de matières premières de type consommable ne veut jamais dire grand chose.

        Encore une fois interdire les paris sur variation de prix pourquoi pas, en attendre des effets majeurs quand au prix du pétrole est une illusion.

        Et surtout masquer les défis majeurs actuels énergétiques et en produits agricoles sous « la faute aux spéculateurs » n’adresse en rien ces défis. (défis liés d’aileurs, 20% du Maïs US se transforme en barils aujourd’hui)

      5. Pour être honnête, je ne suis pas d’accord avec Paul Jorion et ses tirades contre la spéculation, et je vous rejoins sur l’idée que l’interdiction de la spéculation n’aura pas les effets sur le prix que les politiques citent régulièrement.

        Mais pour 2008, je suis également convaincu que la hausse a été amplifié par cet effet spéculatif. Il n’y a aucune raison qui empêche une matière première physique de devenir l’équivalent d’un actif financier, et donc potentiellement cible de la spéculation. Particulièrement dans un marché si important et liquide que le pétrole, comme souligné avant. Et si vous vous fiez à la définition de la CFTC sur contrats « commerciaux » et « non-commerciaux », sachez que suivant les recommandations de NYMEX, les banques sont inscrites dans la première catégorie. Ce qui fausse évidemment leurs analyses. Pour cette raison, de telles lettres de bonne « foi » sont les bienvenues.

      6. @ Julien

        Je crois que vous vous livrez à un difficile exercice de corde raide :

        – vous affirmez d’une part que vous ne partagez pas les « tirades contre la spéculation » de Paul Jorion ;

        – et vous reconnaissez d’autre part le rôle de la spéculation dans les hausses des prix des matières premières au même titre que n’importe quel actif financier.

        C’est une réflexion assez hybride, car en général, les contempteurs de la spéculation lui dénient quelque influence sur les hausses des prix du pétrole ou des denrées alimentaires, à grand coup d’études. Inévitablement, cela amène la question suivante : quel est le levier qui vous fait considérer qu’une activité spéculative qui dans certains cas peut permettre de renchérir le coup de matières premières, privant ainsi des populations de l’essentiel ne doit pas faire l’objet au minimum d’une interdiction ?

      7. La réponse est simple : je n’en ai pas.

        J’essaie de voir les bénéfices et inconvénients des deux positions. L’une me semble plus technique, l’autre plus morale, mais je n’ai pas trouvé quelqu’un qui sache efficacement réconcilier les deux… et comme les deux côtés du débat restent ancrés dans leurs positions, je ne vois pas de fin à ce débat.

        Je crois au fait que la spéculation puisse exagérer certains mouvements de prix (les chocs de demande, par exemple), mais croit dur comme fer à l’argument qui veut que la liquidité de marché permette dans certaines circonstances d’éviter une trop grande volatilité (comme actuellement). Et vous ?

      8. @ Julien

        Le pétrole à 150 $ le baril en 2008 n’était pas la résultante d’un choc de demande puisque celle-ci était en berne. Se pourrait-il que la formidable volatilité des cours ait été une des conséquences de la pression spéculative, alors que 70 à 80 % de la composante du prix n’était pas liée à la confrontation de l’offre et de la demande ?

        J’essaie de voir les bénéfices et inconvénients des deux positions.

        Pardon pour la trivialité de la question, mais quels sont les bénéfices des émeutes de la faim causés par la spéculation sur les matières premières ?

      9. @Julien Alexandre

        « Le pétrole à 150 $ le baril en 2008 n’était pas la résultante d’un choc de demande puisque celle-ci était en berne.  »

        Pardon ??? « En berne » ?!!
        Non, la hausse du prix du pétrole sur 2008 et avant correspond aussi à une hausse de la production (et donc de la consommation ou demande), et au fait que la production ne puisse plus suivre cette hausse, voir par exemple :
        http://4.bp.blogspot.com/-BUCKiNUF4Ys/TVPlM-qoaJI/AAAAAAAABiQ/zu4SciFWdVo/s1600/Screen+shot+2011-02-10+at+8.15.52+AM.png

        Zoom sur position actuelle :
        http://2.bp.blogspot.com/-LoxrOywWVi8/TVPjDlxe8-I/AAAAAAAABiE/KT251p1zd9g/s1600/Screen+shot+2011-02-10+at+8.06.19+AM.png

        Et depuis 2002 :
        http://3.bp.blogspot.com/-wir_IKX76no/TVPj2MmDVBI/AAAAAAAABiI/-usJ0PrJU8g/s1600/Screen+shot+2011-02-10+at+8.08.48+AM.png

        Pris sur :
        http://earlywarn.blogspot.com/2011/02/new-highs-of-liquid-fuel-production-in.html

      10. Evidemment, formulée de cette manière-là votre question n’amène qu’une seule réponse. Mais vous posez la mauvaise question, puisque vous admettez au préalable que la spéculation est la cause directe de cette envolée. C’est mettre la charrue avant les boeufs.

        Je maintiens qu’il s’agissait bien d’un choc de demande (qui encore une fois, s’étale sur une période plus longue qu’un choc d’offre). Les prix du pétrole ont commencé à s’envoler en 2006 et atteint leur pic à l’été 2008. Au moment du pic, pas un pays n’était en récession technique (deux timestres de contraction du PIB), même si de fortes incertitudes planaient sur les Etats-Unis. En parallèle, les pays d’où provenait le choc de demande (pays émergents, Chine en tête) continuaient de croître à toute vapeur, et la demande mondiale de brut n’a commencé à flancher qu’au milieu de l’année 2008.

      11. +1 avec an 391 ; Paul ne fait pas assez la relation entre la dépletion de production energetique et la croissance de la demande , ….entre la rencontre d’exponentielle et d’une droite .
        Consultez qqs sites comme sur le moribond Oleocene ou Raminagrobis alimente des infos et graphes de qualité :
        http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopic.php?f=42&t=8619&start=120
        Pour un esprit simple c’est assez clair : le prix du petrole grimpant , la spéculation s’y reporte ….pour conserver ses spéculateurs , l’immobiier US est obligé de fournir les memes rendements …..apres explosion de la bulle , la demande petroliere baisse et le cours retombe …puis remonte lentement sur la pression d’une demande plus proche du vélomoteur des émmergeants (plus nombreux) que de notre 2e ou 3 e voiture ….. l’immobilier n’étant plus « valide » c’est sur la nourriture que se reporte la spécultion ……alternant avec le petrole qui redémarre …..
        Il faut etre conscient que la « constante » du système est actuellement le maintient d’un consumérisme minimum …ce qui induit une autre constante : un prix du littre compatible avec ce consumérisme ……La variable etant le nombre d’accédant a ce modèle .

    3. A propos du pétrole, j’avais envie de vomir en entendant l’un de nos ministres annoncer, l’air faussement peiné, la hausse inéluctable du prix de nos carburants avec les problèmes de renchérissement du prix du pétrole brut .
      Quand on sait que le prix de l’essence et du gasoil sont constitués en France à plus de 80% de taxes, ils pourraient le baisser au lieu de l’augmenter . Je suis allée récemment sur une île européenne où l’essence était à moins de 0,85 euros le litre !!!

      1. Aux Etats Unis aussi il n’y a presque pas de taxes sur l’essence, résultat : leurs bagnoles consomment deux fois plus que les européennes.

      2. l’augmentation de l’énergie, c’est plus de rentrées dans les caisses de l’état

        c’est surtout un moyen de faire payer les pauvres bien plus que les riches !

        rien de nouveau sous le soleil

      3. Gorban
        Les pauvres ont rarement de grosses bagnoles et les moyens d’aller les promener très loin (raison d’un plaidoyer pour des taxes élevées sur les carburants, nous préparant aux conséquences du pic du pétrole).

      4. Vous avez envie de vomir ? Pour vous sans doute transporter 70kg de barbaque avec 1 tonne ou une tonne 5 de ferraille est un droit de l’homme, c’est ça ?
        Ces taxes il faut les augmenter, et vite, et en mettre une bonne partie en redistribution directe

    4. Encore un qui va nous chanter les louanges des spéculateurs, sortes d’anges noirs de l’avant-garde annonciatrice de l’apocalypse Peakoilienne, manières de prophètes éclairés et froids dont nul ne peut mettre en cause l’utilité transcendante de l’anticipation cupide sans offenser les divines révélations, les Lois du Marché.

      @Mianne

      80% ? Pas du tout. La TIPP est de l’ordre de 0,43 € je crois en moyenne pour le gazole (suivant les départements), TIPP à laquelle on doit ajouter les 19,5% de TVA, point.
      Soit grosso modo 0,65 € (0,43 TIPP + 0,22 de TVA) pour un gazole à 1,35€/L, soit moins de 50% du prix à la pompe…
      Et n’oubliez pas qu’un baril à 100 $ ça nous fait un litre de pétrole avant raffinage et distribution à 0,45€ pour1€ à 1,40$.. Total pour taxes et matière première : 1,10 €, reste 0,25 € pour les marges raffinage et distribution.

  9. Monsieur Jorion,

    « Les Frères et les Soeurs se rebiffent ». J’en suis très content, leur présente ici mes félicitations et ai le culot de dire que j’accepte volontiers d’être avec eux sur ce coup là.

    1. Il faudra un jour parler des Croyances Default Swap mais on y vient, gentiment.

  10. En tant que membre du Pesticide Action Network Belgium me voilà de connivence avec bon nombre d’organisations motivées par une certaine conception de la spiritualité…
    Bien que mécréant, je constate que les résistances les plus organisées face à l’hyper-matérialisme capitalisme trouvent souvent leurs mobiles et moteurs dans des fois et spiritualités. Je m’en accommode très bien et le jour ou les athées de doute et les croyants de doute s’uniront face au dogmatiques du marché, cela ira probablement moins mal.

    Pour ce qui est de la lettre, bien intentionnée, je constate quand que les signataires croient au possible salut (terrestre) du capitalisme. Bien que pensant, comme Paul, qu’il est à l’agonie, je trouve positives des mesures qui adouciront son agonie, non pas pour les actionnaires mais pour les victimes des agioteurs.
    La question qui se pose quand même est: « Est-ce que de telles mesures prolongeront l’agonie du capitalisme (car moins de rébellion à son encontre) ou la raccourciront (moins de profits possibles donc moins de force pour exploiter ? »

    1. Lénine avait répondu à cette question au début du XXème siècle : il souhaitait que le régime tsariste se durcisse pour exacerber l’irritation populaire et hâter la révolution. On a vu où cela a mené. Ne menons pas la politique du pire.

    2. Bien d’accord avec vous Alain.
      J’en profite pour dire un mot à propos du débat initié concernant le rapport entre argent et croyance.

      Tabler sur l’exacerbation des contradictions pour construire un monde plus viable cela relève encore du pari, à quitte ou double. Les debordiens et assimilés, du blog, sont en pleine contradiction lorsqu’il prétendent que la seule chose qui vaille est la libération de la parole.
      Ils considèrent la finance comme le résultat d’une croyance, la croyance par excellence de notre monde, croyance donc dont ils voudraient nous sortir en libérant justement cette parole.

      Ce qu’ils ne voient pas c’est que cette ouverture par la parole est encore un salut, une croyance, celle de la présence absolue de soi à soi et aux autres, sans médiation, sans l’ombre d’un doute. Il s’agit en réalité d’un dualisme qui partage le monde entre l’authentique et le superficiel, tout ce qui vient s’intercaler entre le rapport direct — supposé — de soi aux autres relevant du superficiel.
      D’où leur sainte horreur de tout ce qui ressemble à des médiations.

      Loin de moi l’idée de déconsidérer la parole, mais si la parole doit être comprise comme communication d’une présence immédiatement transparente et comme telle communicable et comme telle se suffisant à elle-même abstraction faite des choses auxquelles elle fait référence, à quoi bon échanger des idées sur le monde, puisque la libération de la parole résoudra d’elle même tous les problèmes, y compris ceux qui concernent la collectivité, forte qu’elle serait de sa vertu libératrice, du fait même d’être exercée.

      On comprend mieux alors leurs réticences, voire leur hostilité envers toute réforme systémique puisque pour eux, les médiations n’ont plus lieu d’être dans le paradis de la parole reine.
      Ils pensent inutile voire nuisible toute réflexion, par exemple, à propos d’une réforme ou de l’invention d’un nouveau système financier pensant accorder un crédit à une croyance. Mais leur parole pure et salvatrice n’est-elle pas aussi un crédit que l’on accorde ? Sans créditer la parole de l’autre d’une certaine confiance, base d’une certaine réciprocité qui fait l’amitié, le rapport humain est-il seulement possible, viable, et même agréable ? La communauté politique peut-elle exister ?

      1. La communauté politique peut-elle exister ?

        Elle est entrain de se dissoudre dans du management, mélange de cinéma sans fin qui régit ce qui reste de réalité du social, le débat sur la laïcité sera un must.

        Tabler sur l’exacerbation des contradictions

        Il y a surtout ceux qui banquent sur cette exacerbation comme toute l’histoire le prouve, sacrifié les autres n’est absolument pas un problème pour eux et pire les victimes éternellement innocentes sont pressés d’en finir, c’est la 1ere phrase de Voyage au bout de la nuit. Ce n’est pas de parole qu’il s’agit, c’est toujours du mythe des très chères et chaires victimes qui n’ont qu’un prix et repris en cœur par tous les proprios de la conscience de classe dont ils négocient le tarif.
        Le pari sur l’interdiction de fluctuation des prix est une proposition surréaliste séduisante et un leurre comme dans les guerres asymétriques , le monde est entrain de se fracturer, se fragmenter et le plus beau c’est que nous n’y sommes COLLECTIVEMENT pour rien, certains prétendent très fort vouloir le diriger et même le rendre digeste, seriez vous un collaborateur malgré vous? Quand j’étais salarié c’était le titre qui était écrit sur mon contrat de travail.

    1. Merci pour cet article intéressant.
      Quelqu’un (je ne sais plus qui, Richelieu?) disait aussi que « si l’agriculture va, tout va » – ce qui aujourd’hui est franchement loin d’être le cas – . Nous avons oublié l’essentiel et comme souvent, il faut d’abord perdre quelque chose pour qu’elle revienne ensuite dans notre esprit, dans nos conscience, dans nos âmes.
      There is so much more behind rising food prices…
      .

    2. On peut soupçonner que l’augmentation soudaine du prix la farine n’a rien à voir avec une récolte céréaliere 2011 de mauvaise qualité qui ferait monter les cours mondiaux; mais plutot des récoltants en cols blancs qui moissonnent autour de la bourse du commerce de Chicago et autres, soucieux de se faire du blé sans autres scupules pour l’agriculture et les prix à la consommation.

      Sans parler du soja, denrée cruciale !

  11. En réponse que dira la CFTC? Arrêtez de prendre vos messies pour nos lanternes?
    Je sais, c’est facile.
    Je sors.

  12. Autre initiative chrétienne et catholique: le ccfd: http://www.aidonslargent.org/. Si le temps me le permets, je répondrai à « Crapaud rouge  » sur  » le rationalisme athée se retrouve comme suspendu à son ennemi congénital montre bien que rien ne va plus« . Je pense qu’au contraire, les chrétiens, dont j’en suis, se réapproprient la parole des évangiles qu’on leur a confisquée tant que le christianisme était une religion d’état.

  13. Reçu ce matin, en provenance d’Amazon livres.

    « Vers un gouvernement du monde », le nouveau livre de Jacques Attali, se propose de réfléchir à l’avénement d’un gouvernement qui traiterait des sujets concernant l’humanité tout entière. Jacques Attali tente ici de penser l’architecture de ce gouvernement du monde pour résoudre la crise financière et éviter que le chaos s’installe, pour maîtriser la crise écologique et les menaces épidémiologiques, pour réduire les injustices planétaires et rendre possible une croissance planétaire durable.

    Non, Marlowe n’est pas devenu publiciste, mais il est curieux de découvrir ce gouvernement du monde qui rendra possible une croissance planétaire durable.

    Et vous, vous n’êtes pas curieux ?

    1. 2 raisons rendent cette tentative obscène:

      – la physique et la mathématique en démontrent l’impossibilité physique sans dégats .
      -la déplétion énergetique , qui accentuera fortement ces dégats .

      Mais le simple constats de nos lamentables tentatives a petite echelle est suffisant comme argumentaire

      1. Je pense que c’est : « le chemin de l’enfer… »

        Marlowe voulait seulement évoquer les nouveaux habits des vieux mensonges.

      2. c’est l’idée fixe de notre Attalix national …il se rêve en attalix-mondialix …

        mais, cela n’empêchera pas le ciel de nous tomber sur la tête …

    2. Il faudrait mettre Platon à l’index : « Donc le genre humain ne mettra pas fin à ses maux avant que la race de ceux qui, dans la rectitude et la vérité, s’adonnent à la philosophie n’ait accédé à l’autorité politique ou que ceux qui sont au pouvoir dans les cités ne s’adonnent véritablement à la philosophie, en vertu de quelque dispensation divine. »

      « dans la rectitude et la vérité » diantre !

      « L’homme serait probablement un animal assez supportable, s’il consentait un peu moins à se laisser emmerder par ceux qui veulent faire son bonheur. » Louis Scutenaire

      1. @ guillaume
        Lettre VII (326a)
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophe_roi

        Autre traduction (Victor Cousin) : « Mais je finis par me convaincre que tous les états de notre temps sont mal gouvernés, et que leurs lois sont tellement vicieuses qu’elles ne subsistent que par une sorte de prodige. Je tirai alors cette conséquence honorable pour la vraie, philosophie, qu’elle seule peut tracer les limites du juste et de l’injuste, soit par rapport aux particuliers, soit par rapport aux gouvernements, et qu’on ne peut [326b] espérer de voir la fin des misères humaines avant que les vrais philosophes n’arrivent à la tête des gouvernements ou que, par une providence toute divine, ceux qui ont le pouvoir dans les États ne deviennent eux-mêmes philosophes. »

      2. merci bien

        Je trouve effectivement que la citation est intéressante à mettre en perspective avec les projets défendus par l’auteur cité par Marlowe. Ce raisonnement constitue une caution morale très favorable à un pouvoir aristocratique… pour lutter contre une oligarchie ploutocratique!

    3. Sacré Attali , il passe de la boite à rustines, à des envolées de prophéte Galactique, du nid de poule à la voie lactée; mais il reste audible contrairement à BHL .

      1. « il reste audible »
        vous êtes dur, il est un plus que juste « audible », Attali. Je pense que c’est quelqu’un de sacrément intelligent (à la différence du « philosophe milliardaire »).

        Il me semble qu’il est un adversaire, engagé, des ploutocrates, qu’il souhaite surement réformer le capitalisme, qu’il en dénonce les turpitudes et les dangers et je l’apprécie plutôt pour cela.
        Ce qui me dérange plus c’est la teneur de l’alternative qu’il propose. Son projet d’hyperdémocratie régie par un gouvernement mondial c’est de l’idéologie pure, « les nouveaux habits des vieux mensonges » comme dit Marlowe.

  14. Je signale cet article sur Eco89 : Finance folle : vous allez adorer la prochaine crise… signé d’un certain Eric Lombard, PDG de BNP-Paribas Assurance/Cardif, excusez du peu. Il met bout à bout des considérations diverses, choisies pour être bien comprises d’un large public, et conclut ainsi :

    C’est pour cela que trop contraindre banques et assureurs revient à faire le choix de la finance dérégulée. Paradoxalement, à cause des nouvelles règles prudentielles, la prochaine crise sera pire. Ce ne sera pas tout de suite, mais c’est pour bientôt…

    Mais là où l’on voit que, quand même, on n’a pas affaire au dernier des crétins, c’est la dernière phrase, une citation de René Char : « La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil ».

    Faut-il en rire ou en pleurer ? A chacun de voir. Il me semble en tout cas qu’on ne reverra pas avant longtemps de manifestation aussi tangible de la connerie humaine.

  15. Ou quand nos impôts servent à ‘sauver les promoteurs immobiliers de la faillite’ et ‘aux contribuables aisés’ de juteux investissements …
    « Très populaire auprès de contribuables aisés, la loi Scellier, qui donne droit à d’importantes réductions d’impôts pour l’investissement dans de l’immobilier neuf à usage locatif, a soutenu le marché du logement neuf et sauvé de la faillite de nombreux promoteurs immobiliers en représentant les deux tiers des 115 000 logements que ceux-ci ont vendus en 2010. »
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/03/29/la-construction-de-logements-neufs-retrouve-presque-son-niveau-d-avant-crise_1500012_3224.html#xtor=RSS-3208

    Les deux tiers …
    A part ça, pas de bulle immobilière en France, non non.

    1. Sachant que comme les marchés à terme, le marché de l’immobilier neuf sert à fixer la ‘valeur’ immobilière ‘de marché’, on comprend donc aisément que c’est grâce à la loi Scellier que le marché immobilier, du neuf comme de l’ancien, ne s’est pas effondré.

      Et on dit merci qui ?

      Merci à : M. Scellier, M. Quentin, M. Bignon, M. Lefebvre, Mme Montchamp, M. Carrez et Mme de Panafieu.

      1. Et on dit merci qui ?

        Merci à : M. Scellier, M. Quentin, M. Bignon, M. Lefebvre, Mme Montchamp, M. Carrez et Mme de Panafieu.

        Vous oubliez Monsieur De Robien, également Grand Bienfaiteur de la Bulle.

  16. Mardi 29 mars 2011 :

    Standard and Poor’s abaisse la note de la Grèce et du Portugal.

    L’agence de notations Standard and Poor’s a annoncé mardi avoir abaissé de deux crans la note de la Grèce à BB-, et d’un cran celle du Portugal à BBB-.

    Les investisseurs internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité du Portugal à rembourser ses dettes.

    Les obligations de l’Etat portugais sont en train d’exploser.
    Regardez ces trois graphiques :

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 7,686 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 8,882 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT5YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 7,972 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

  17. @Zébu
    Ouais, ça s’appelle le « soutien solidaire de Marché ». de la coopération administrée quoi…

    Et ne pas oublier parmi les bienheureux bénéficiaires de la loi Scelliérate tous les sympathiques petits propriétaires et leurs braves futurs héritiers, ces derniers par ailleurs et dorénavant totalement à l’abri de la « Bête Fiscale » qui boulotte les innocents successeurs, qui ont vu ainsi l’Etat leur payer l’illusion que la valeur de marché de leur « Ça m’suffit » et de leur « Mon rêve » ne descendrait jamais en dessous du niveau de flottaison… C’est cher les rêves et le suffisant…

  18. Chambre: la commission finances appelle à la fin des bonus « excessifs » dans les banques

    La commission des finances de la Chambre a approuvé mardi à l’unanimité une résolution demandant au gouvernement de veiller à ce que les institutions financières auxquelles l’Etat est venu en aide de mettre fin à la pratique des bonus « excessifs ». La commission a également marqué son accord pour des auditions des administrateurs désignés par l’Etat auprès des banques, a indiqué le député Bruno Tuybens (sp.a). Ce texte sera soumis jeudi au vote de la Chambre réunie en séance plénière. Deux élus cdH, Le député Josy Arens et la sénatrice Vanessa Matz (Sénat) ont par ailleurs annoncé avoir déposé une proposition de loi visant à taxer le recours abusif aux bonus. Ce texte prévoit d’instaurer un régime de non déductibilité, dans le chef de l’entreprise, pour les bonus octroyés aux dirigeants d’entreprises dont les montants sont supérieurs à 100% de la rémunération brute annuelle garantie. Actuellement, les entreprises peuvent déduire toutes les rémunérations, bonus compris, de leur bénéfice imposable. « Comme la Cour des comptes l’a rappelé récemment, cette crise devrait coûter 904 millions d’euros à l’Etat belge, à titre d’intérêts sur les emprunts qu’il a dû contracter en vue de sauver le système financier », souligne le cdH dans un communiqué. « Il ne serait pas normal que des entreprises qui ont été sauvées par le contribuable, au plus fort de la crise, puissent à nouveau favoriser l’émergence de comportements spéculatifs par l’octroi de bonus disproportionnés », ajoute le parti humaniste.

    http://www.dhnet.be/breaking_news.phtml?id=147711&source=belga&status=3

  19. On peut lire ici et là qu’il vient d’y avoir un « séisme politique » d’une intensité sans précédent en Allemagne, quelqu’un peut il décliner les conséquences en termes de modifications de la politique européenne de l’Allemagne ?

  20. @tous
    En sus de ce blog, et des « frères et des soeurs » d’outre Atlantique, certains (1000 et plus)économistes attérés (Sterdyniak, Lordon,…..) ont engagé une démarche d’information, de sensibilisation et de réflexion en province, je n’ai aucune idée de ce qui en sortira mais il me semble que ça mérite une large participation , ci joint calendrier provisoire des rencontres
    http://atterres.org/sites/default/files/Etapes%20tour%20de%20France%2024%20mars%202011.pdf
    Pour donner le ton , j’ai échangé la semaine dernière, avec un étudiant en économie organisateur d’une des rencontres, son objectif professionnel est clair: « oeuvrer à la sortie du capitalisme ».
    Rafraîchissant, Non ?

      1. À l’époque où fut créée la société d’économie politique – dont les économistes atterrés sont issus – , Alain Caillé, qui était l’une des personnes qui avait pris l’initiative de cette société, l’a présentée dans le cadre du « forum » du MAUSS (Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales) auquel je participais. J’ai mentionné alors mon intention de me joindre au groupe. Caillé s’y est opposé dans le cadre de cette discussion, disant que cette société visait à rassembler des économistes, sous-entendu, possédant un diplôme dans la discipline – ce qui n’est pas mon cas.

        Ceci dit, ce veto implicite m’a évité un dilemme ultérieur : ce n’est certainement pas de gaieté de coeur que j’aurais signé des textes en tant qu’« économiste atterré », je ne suis peut-être pas économiste mais le fait de ne pas l’être m’a précisément évité de devoir admettre comme ils doivent le faire, d’être « atterrés » aujourd’hui.

      2. @Paul

        Un peu tire-bouchonnée, mais jolie la « bisquouette » ! Parole d’écarteur landais (enfin, dans mes rêves…).
        Cela dit, un peu faux derche quand même, non ? Si l’atterrement actuel d’un Sterdnynak tient sans doute plus de l’atterrissage brutal et du retournement copernicien subi(t) que de la révélation soudaine de l’entrisme hétérodoxe radical au sein de Paris-Dauphine et de l’OFCE, je subodore que les tendances « kick out the jams » d’un Lordon ne datent pas d’avant-hier matin, voire que les entrailles de sa génitrice ont dû supporter très tôt les effets de la préfiguration néo-natale de ses premiers SLAMs anti-capitalistes…

  21. @Paul
    Je ne connaissais pas l’historique de vos relations avec les précurseurs des économistes atterrés.
    Je n’ai pas l’impression que Alain Caillé y soit très virulent. En tout cas, le cercle des économistes atérrés semble avoir mué vers un positionnement beaucoup plus ouvert.
    Lors de la même réunion,( au cours de laquelle l’étudiant parlait avec enthousiasme de la fin du capitalisme), 2 économistes atérrés (dûment patentés) vous ont cité en référence ainsi que François Leclerc. Vous voyez , rien n’est jamais totalement perdu.
    Je vous (@tous) ferai un résumé succinct de la réunion de Bordeaux.

    Pour reprendre une formule que j’ai déjà vu ici-même.

    Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort
    Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port,

    .
    Cordialement

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