L’ACTUALITÉ FINANCIÈRE : USA, GRÈCE, ETC.

Merci à Runn, qui nous offre une transcription complète :

Bonjour,

On n’est pas vendredi, on est lundi et j’ai envie de faire une vidéo et la raison pour laquelle j’ai envie de faire une vidéo est la suivante, c’est que je me suis assis et que j’ai commencé à écrire sur ce qui est en train de se passer et je me suis rendu compte que j’étais parti pour écrire 20 pages, 30 pages et ce n’est pas cela qu’il faut, ce qu’il faut c’est un billet et un billet écrit sera trop court, il ne dira pas assez de choses, je vais essayer de dire ce que j’ai à dire là dans une petite vidéo, je ne sais pas combien de temps cela va prendre, j’espère que cela ne sera pas trop long.

Mais ce qui se passe aujourd’hui, c’est… Le taux d’emprunt pour la Grèce sur 2 ans qui dépasse 20%, cela veut dire qu’il va falloir prendre des mesures rapidement. On a repoussé, on a repoussé, on a repoussé la décision de restructurer la dette grecque, il est clair que les fameux marchés ne sont pas acheteurs, il va falloir faire quelque chose. On le sait aussi, si la Grèce restructure, c’est un mauvais coup, un coup très dur, pour les banques allemandes, pour les banques françaises, il sera difficile de ne pas résoudre en même temps que le problème de la Grèce, celui qui continue à se poser : celui de l’Irlande, celui du Portugal, celui de peut-être d’autres pays encore, c’est-à-dire que c’est une crise généralisée qui se dessine.

Cette crise généralisée on l’avait déjà vue venir, en particulier au mois de mai passé. Apparemment le problème n’est pas résolu, pas résolu du tout, ici on a mis des… on change les choses pour 2013, je l’ai dit tout de suite quand il était question de 2013, on n’aura pas le temps, on n’aura pas le temps d’attendre 2013.

Alors, ces fameux marchés, qu’est-ce que c’est que cela, qu’est-ce que c’est cette dictature des marchés ? On est dedans, on ne peut pas faire grand-chose, il y a une logique là-dedans, qui est une logique de prime de risque, c’est une logique qui existe depuis toujours. Quand dans mon livre « Le prix » je parle du rapport de force entre des parties, entre des gens qui achètent et qui vendent, il est impossible de mettre entre parenthèses la question du risque. Si on veut être dans un système où on emprunte de l’argent et où on paye de l’intérêt, ces intérêts devront prendre en charge d’une certaine manière le risque de non remboursement, c’est-à-dire que dans le taux qui sera demandé, il y aura une partie de prime de risque, il n’y a pas moyen de faire autrement.

Dans « Le prix » je discute, je prends les exemples d’Aristote qui sont des exemples très simples où on a un savetier et un juge, etc., il utilise des termes qui renvoient à des “conditions” dans la société, à des classes si vous voulez, et… j’utilise un exemple, qu’est-ce qui se passe si un juge s’associe à un cordonnier pour faire une affaire, le risque se dilue d’une certaine manière, on évalue le risque à celui du cordonnier seulement ? ou à celui du juge ? etc. Il est impossible de faire abstraction de ça. Cela ne veut pas dire que si on n’avait pas un système fondé, justement, sur le capital, c’est-à-dire fondé sur le fait que l’argent n’est pas disponible là où il doit être, et qu’il faut payer des intérêts [ce serait la même chose]. Est-ce que cela peut vouloir dire que les choses pourraient être autrement ? Oui, elles pourraient être autrement. Tant qu’on a une distribution du patrimoine qui est tout à fait arbitraire, hétérogène parce qu’elle a été décidée dans le pays de manière historique dans le passé, il n’y a pas moyen de faire autrement.

Alors, on en est là. La Grèce cela ne va pas pouvoir continuer beaucoup plus longtemps. Théorie des dominos, réaction en chaine, effet boule de neige, vous appelez cela comme vous voulez, on appelle cela feedback positif aussi ou rétroaction positive en français, il y a quelque chose qui est en train de se passer. Les pertes de la Grèce vont se retrouver en France et en Allemagne essentiellement, les pertes de l’Irlande se retrouvent en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas, les pertes du Portugal se retrouvent en Espagne et les pertes de l’Espagne vont se retrouver en France et en Allemagne une fois de plus, etc. Ce sont des dominos qui attendent de tomber, c’est un château de cartes qui attend de s’écrouler, ça ne s’est pas encore passé, on attend depuis 2008. On est arrivé, en Europe, à endiguer le problème en essayant, je ne sais pas, de le cantonner, on a monté des murs, on a empêché que les pertes qui ont été essuyés soient véritablement prises en compte, on aurait pu trouver des méthodes qui auraient été fondées sur la solidarité, européenne, etc ., celle qu’on nous a vendu et celle qu’on nous a raconté qu’on allait faire quand on a créé la zone euro et l’Europe en général. Cela n’a pas été fait, comme cela n’a pas été fait, le problème se pose tout à coup et quand cela se pose dans l’urgence évidemment c’est insoluble. Les Allemands se disent qu’ils sont en bout de chaine, c’est-à-dire que ce sont eux qui devront tout payer, ils ne sont pas d’accord pour le faire etc.

Et vous avez vu comment cela se passe depuis le début de cette crise ? Tout cela est rythmé par des élections, on sait que le parti au pouvoir dans n’importe quel pays qui prend la décision de dire : “Voilà on va accepter de le faire”, ce parti sait qu’il va être balayé la fois suivante, dès qu’il y aura les élections parce que personne n’acceptera ça. On l’a vu hier en Finlande, qu’est-ce qui se passe ? Le parti qui dit « On ne veut pas jouer ce genre de solidarité », ce parti apparait comme étant un parti qui est en pointe et dont les résultats (un parti populiste), et dont les résultats sont encore meilleurs que ce que l’on avait pu imaginer. Qu’est-ce qui se passe ? Ce n’est pas simplement… pourquoi les peuples se rebiffent comme cela, ils choisissent l’extrême gauche ou l’extrême droite, finalement cela n’a pas tellement d’importance. Emmanuel Todd a fait la remarque l’autre jour, c’est un ami, il a bien fait de faire cette remarque. C’est mal compris ce qu’il dit, mais il a raison de dire : « Celui qui dira on ne peut plus jouer ce jeu-là, celui-là, il gagnera dans les élections » et le fait qu’il sera d’extrême droite ou d’extrême gauche ou de n’importe où, ne fera aucune différence, le fait est qu’on ne peut plus jouer ce jeu-là, cela ne marche plus comme cela, ce n’est pas possible. Parce que, regardez les exemples caricaturaux, c’est l’Islande bien sûr, 320.000 personnes, un secteur bancaire qui est devenu invraisemblable et qui a attiré les économies de toute la Grande-Bretagne et des Pays-Bas. Quand cela s’écroule, il est impossible de se tourner vers la population en disant « Eh bien, c’était VOS banques », mais non cela ne marche pas comme cela, ce n’est pas possible, ce n’est pas VOS banques, c’est le secteur bancaire, et ce secteur bancaire; il a gagné beaucoup d’argent au fil des années. Il continue d’en gagner beaucoup, et il se tourne à tout moment vers la population en disant « Ah ! si nous on a des ennuis, c’est vous qui allez payer ». Et comment cela fonctionne ? Eh bien, cela fonctionne comme je l’ai expliqué l’autre jour, c’est-à-dire, que comme ce sont les mêmes qui sont au gouvernement dans ces pays-là et ceux qui sont à la tête des banques, eh bien c’est devenu quelque chose qu’on admet d’office : c’est-à-dire que quand l’argent manque dans les banques, on ne va pas le chercher dans la poche des banquiers, on va le chercher dans la poche du public, voilà, parce que c’est beaucoup plus simple, c’est beaucoup plus simple à faire, puis on se tourne vers le public, on prend un air de… , comment dire ?, il y a une expression pour cela mais elle ne me revient pas [PJ : la bouche en cul de poule], et on se tourne vers le public et on dit « Ah ! malheureusement, vous avez trop dépensé, parce que regardez, regardez, l’argent qu’on doit payer ». Ce secteur bancaire qui a gagné tant d’argent, ce n’est pas seulement les bonus des traders, les traders travaillent à la commission, non, ce secteur a distribué énormément d’argent, il a distribué beaucoup plus d’argent qu’il n’en avait. Il y a eu des paris, les banques font des paris entre elles, une banque gagne, l’autre perd, un jour c’est comme cela, le jour suivant c’est tout à fait autrement, et bon tout cela introduit simplement de la fragilité dans le système, mais il y a de l’argent qui s’accumule et on se le partage entre soi et quand cet argent manque, on se tourne vers les populations et on dit « C’est à vous de raquer, c’est à vous de casquer, c’est à vous de payer l’argent qui manque », on passe l’ardoise aux populations. Les populations disent non, si les partis de droite, si les partis de gauche, si les partis de centre-droit et si les partis de centre-gauche sont incapables de dire : “On arrête de jouer cela, eh bien ce sont les partis d’extrême-droite et les partis d’extrême-gauche qui le diront. Il n’y a pas de miracle, il faut bien que quelqu’un le dise. Alors si cela ne se fait pas au milieu, cela se fera sur les côtés. Bon, c’est très très simple.

Alors, cela c’est pour la Grèce, c’est pour les 20% des emprunts à 2 ans pour la Grèce. Qu’est-ce qu’il y a par ailleurs ? La nouvelle aujourd’hui, c’est une nouvelle, ce n’est pas nouveau parce qu’on sait très bien comment cela marche, la nouvelle, que dit Standard & Poor, les agences de notations, qui disent donc : “À l’échéance de 2 ans, il n’est pas sûr que les Etats-Unis auront toujours leur notation AAA”. Parce que de la manière dont cela se présente, cela se présente très très mal, on ne pourra pas continuer à dire que c’est sûr que les Etats-Unis pourront rembourser leur dette, voilà. Et ce qui est très intéressant… Il y a deux choses intéressantes dans ce rapport, de S&P que je viens de lire. La première chose c’est qu’il parlent en adulte. On a dit beaucoup de mal des agences de notation, il y a beaucoup à dire, il y a beaucoup à critiquer, je n’arrête pas de les critiquer moi-même, et je le fais sur plusieurs plans comme le fait qu’elles aient accepté de donner des notations à des produits complètement… pas nécessairement pourris, on n’en sait rien, mais des produits dont il est impossible de calculer le risque. Impossible de calculer le risque sur ces produits, elles l’ont fait quand même. Pourquoi ? Parce qu’il y avait des sous à faire en le faisant. Et ceci dit il est tout de même étonnant de lire qu’un rapport de S&P, c’est un rapport qui parle en adulte et qui s’adresse aux gouvernements et qui dit « Vous faites n’importe quoi, cela ne va pas continuer à marcher ». Parce que d’une certaine manière, ce n’est pas simplement des marchés qu’il s’agit, c’est du fonctionnement du système global. Et elles ont dit le système ne va pas pouvoir continuer à marcher de cette manière-là. Ce qui est intéressant, et dans les analyses que je vois, il y a une petite phrase, une petite phrase que je ne vois pas analysée par les autres, cette petite phrase, c’est du… comment dire ? ce n’est pas de la langue de bois, c’est très allusif, c’est des euphémismes etc., mais cela dit quand même la chose suivante : « Les solutions, une fois qu’on les verra, sont des solutions susceptibles de produire des remous dans la population ». Ce n’est pas dit de cette manière-là, je n’ai pas le texte sous les yeux, faut aller regarder, il y a un endroit où c’est dit pratiquement comme cela, c’est-à-dire qu’on va, et pas simplement dans des pays comme en Grèce, ou avec des émeutes de la faim ou des choses comme cela, dans des pays dit très pauvres qu’on voit à la télévision comme Haïti, le Bangladesh etc., aux Etats-Unis, S&P dit : « On n’est pas à l’abri de remous sociaux dans la rue parce que les positions sont inconciliables ».

Alors, en 2004 déjà, cela se trouve déjà dans mon bouquin « La crise du capitalisme américain » écrit en 2004-2005, publié en 2007, en 2004 déjà, une agence de notation, pas la plus connue, une des moins connues, pas S&P, pas Moody’s, pas Fitch, une autre a dit : « Il viendra un moment de la manière dont on est parti, (c’est écrit en 2004), il viendra un moment où on remettra en cause le AAA des Etats-Unis ».

Alors c’est généralisé. Problème de l’Europe, je viens d’en parler avec une certaine animation parce qu’on n’a pas encore fait grand-chose, si vous vous souvenez, remontez à la période vers février 2010, j’étais également fâché de la manière dont je le suis aujourd’hui, je ne vais pas cacher que je suis fâché, de toute manière vous l’avez remarqué, c’est très clair. « On » a tergiversé, chacun renvoie le problème, renvoie la balle aux autres, c’est finalement les autres qui devraient s’en occuper, etc. On met en place quelque chose pour 2013, c’est-à-dire après les élections allemandes, car tout cela est rythmé évidemment, comme je viens de le dire, par les élections, parce que celui qui fait la moindre concession, il est ratiboisé à l’élection suivante et il le sait, donc ce n’est pas comme cela qu’on arrange les choses, c’est trop tard, il aurait fallu le tenter avant, etc. On est de nouveau… mais de nouveau cela tombe au mauvais moment, crise pour la Grèce, cela tombe au mauvais moment avec le rapport de S&P sur l’état dans lequel se trouvent les finances des Etats-Unis, mais ils ont raison, ils ont raison.

Je voulais dire qu’il y a autre chose qu’il était important de souligner dans ce qu’avaient dit les agences de notation. Les deux choses, c’est que j’ai dit : c’est qu’elles se situent en adulte en disant “Voilà, c’est fini dans la cour de récréation”, et d’autre part, qu’elles attirent l’attention sur des problèmes sociaux qui peuvent se poser dans les pays, et pas seulement dans des pays très éloignés, des pays également comme les Etats-Unis.

Alors, voilà on n’est pas vendredi, on est lundi, je me suis assis pour écrire ce que je vous ai dit ici, cela aurait pris beaucoup de temps, j’ai pris un raccourci, c’est-à-dire que je vous en ai parlé sous la forme d’une petite vidéo.

Voilà, j’espère que je n’aurai pas à faire cela trop souvent.

Les références :

* La dégradation de la dette américaine dans La crise du capitalisme américain : édition 2007 : pp. 236-238 ; réédition 2009 : pp. 237-239

* Le partage du risque : Le prix (2010) : pp. 229-236

Emmanuel Todd et “Qui dit on ne peut pas continuer comme ça” ?

Standard & Poor’s Ratings Services : “If U.S. policymakers do agree on a fiscal consolidation strategy, we believe the experience of other countries highlights that implementation could take time. It could also generate significant political controversy, not just within Congress or between Congress and the Administration, but throughout the country.”

« Si les législateurs aux États-Unis se mettent d’accord sur une stratégie de consolidation fiscale, il nous semble que l’expérience d’autres pays souligne que la mise en application prendra du temps. Ceci pourrait également constituer une source de dissensions politiques significatives, non seulement au sein-même du parlement ou entre le parlement et le gouvernement, mais dans le pays tout entier ».

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324 réflexions sur « L’ACTUALITÉ FINANCIÈRE : USA, GRÈCE, ETC. »

  1. Bonsoir à tous

    Chez Zero Hedge un billet relatant les propos de Paul Farrell sur comment le capitalisme est en train de tuer les USA…. En tête de flingue: les uber-riches! En ligne de mire: toutes les classes moyennes du monde.
    Remarquez ,si on veut réduire la consommation à cause du réchauffement et de la pénurie de matières premières et du peak oil, la politique actuelle est la plus efficace: sucrer les ronds du plus grand nombre de consommateurs plutôt que d’attendre qu’ils prennent conscience et réduisent d’eux même leur conso….détruire les industries manufacturières, sauf les fabricants d’écrans pour diffuser la propagande de dorme et les jeux pour faire tenir tranquilles les ruinés inactifs…. Au lieu de signer des protocoles à Tokyo ou à Copenhague qui mettront des années à donner des résultats, on agit tout de suite en force et on garde le plus beau et le pouvoir pour l’élite….
    Je commence de me souvenir de l’arrivée d’Alaric à Rome en 471! J’ai eu quelques années difficiles ensuite, jusqu’en 1100 à peu près, où quelque chose a redémarré….

    Cordialement

    1. Steve

      “si on veut réduire la consommation…”

      Et si c’était la consommation qui nous réduisait, comme un plafond de verre ?, si la crise en cours était une destruction absolument mécanique de la part de consommation que le système ne peut plus assurer ?

  2. Ma femme me dit souvent : ” de toutes façons, on ne peut pas agir sur ces mécanismes”.
    Et ce n’est pas la démocratie, les votes (peut-être des referendum – mais c’est pour ça qu’on nous les propose pas) qui permettront aux personnes qui se sentent concernées (l’avant-garde qui se retrouve sur ce blog par exemple) d’y changer quoi que ce soit.
    Il n’y a qu’une prise de pouvoir à la cubaine qui changera la donne – ou un retour au nazisme, quelque soit son nouveau nom ou sa nouvelle forme.

    1. Cuba, sujet tabou, mais sujet du passé aussi.
      En 1987, l’écart entre les salaires y était de 1 à 4.
      En 2007, il devient de 1 à 25. (monde diplo).
      Sans cet ambargo ridicule, Cuba n’aurait-elle pas pu faire tâche d’encre?

    2. Et bien merci ! si l’UE, c’est H. qui a gagné ! c’est réussi ! …
      Horreur ! Hors de question !

      Le pire, c’est que les gens qui ont mis en place cette UE qui a dérivé vilainement, ne se rendent compte de rien !
      De toute façon, le système financier actuel est totalitaire …et les ploutocrates, et même les oligarques sont des abrutis !

  3. Question @ Paul JORION : vous proposez d’interdire les paris sur les prix. Je lis une autre proposition qui serait, “pour limiter la spéculation, d’interdire les transactions entre deux opérateurs financiers, afin que les marchés financiers ne jouent que leur rôle légitime d’intermédiaire entre les acteurs économique”.

    Je ne suis pas du tout du domaine, mais souhaite quand même comprendre un tant soit peu. Pouvez-vous me dire si ces acteurs économiques ont réellement besoin d’un intermédiaire financier ? (est-ce uniquement pour conférer aux échanges la fameuse “liquidité” ? ou bien y a t il d’autres raisons qui les rendraient “légitimes” ?)
    Ou, dit autrement, entre les deux propositions, quels sont les avantages et inconvénients ?
    (en dehors du fait que la vôtre interdit la spéculation financière et l’autre la limite seulement.)

    De même, faire cette interdiction (l’une ou l’autre) ne conduirait il pas les acteurs financiers à créer des faux nez pour spéculer en tant qu’acteur économique ?

    merci de votre réponse.

    1. Les acteurs économiques n’ont pas besoin d’un intermédiaire physique, liquidité ou pas, mais simplement d’un médium qui leur permette de faire connaitre leurs offres de vente et leurs besoins d’achat.

      1. personnellement, je suis plutôt d’accord avec la proposition de Paul Jorion (je dis “plutôt”, car comme je ne connais pas le sujet, il y a peut être des aspects que je ne prend pas en compte).
        Mon problème n’est pas vraiment là, mais de bien comprendre pourquoi certains considèrent que l’intermédiaire financier est “légitime “. A première vue un intermédiaire financier est légitime dans la collecte des dépôts d’argent et la mise en place de prêts. On voit mal comment cela pourrait être plus efficace sans intermédiaire. C’est donc une activité souhaitable et il est normal qu’il soit rémunéré (après on peut bien sûr discuter du niveau de cette rémunération, dire que cela doit être un service public, etc. mais cela n’est pas ma question, qui porte uniquement sur la raison d’être de cet intermédiaire).

        Mais dans le cas des achats de matière premières (par ex.) cela est il aussi vrai ?
        Cette spéculation serait illégitime si elle n’apporte rien au système (ou si l’apport est inférieur au prélèvement) : est ce vrai ?

        Mon deuxième point est (pour moi) tout aussi important : quel que soit le système , ne peut il pas être contourné assez simplement (par des faux nez) ? et si oui, ce ne serait donc pas une solution.
        et alors : comment faire autrement ?

  4. Bonjour Paul et merci pour votre coup de sang. Vos prévisions se vérifient, mois après mois, et cela permet à beaucoup (moi le premier) d’ouvrir les yeux sur des choses dont nous ne prêtions pas attention il y a encore quelques années. Je pense que ce blog est un exemple de ce vers quoi doit se tourner la démocratie dans l’avenir. Par le prolongement de vos livres, pour pouvoir approfondir votre pensée, on se fait une culture qui va au-delà de l’économie et nous permet de l’appréhender dans sa dimension humaine. Je pense qu’une proposition pourrait dans un avenir proche venir de ce blog et être portée aux décideurs. Évidemment cette démocratie numérique reste à inventer, mais vous aurez peut-être l’occasion d’en être un pionnier. Je crois plus aux initiatives concrètes qu’aux idéologies toutes faites et votre démarche semble aller dans ce sens. Vous avez compris mieux que quiconque les raisons du désordre, les avez prédites,et ce qui se passe en ce moment à travers le cas de la note US et du taux d’intérêt grec n’est qu’une suite logique. C’est assez bizarre, lorsque l’on écoute les explications des gens que l’on voit dans les mass media (toujours les mêmes), on a l’impression de ne rien comprendre. Ils n’ont rien vu venir.
    Avec vous tout est très clair et compréhensible. Ayant compris et analysé les mécanismes, vous devriez être légitime pour porter les propositions nouvelles et radicales qui s’imposent. Je pense que le chemin sera difficile mais qu’il y a un coup à jouer.
    Continuez de nous éclairer, de plus en plus de monde, et vos propositions s’imposeront.
    Internet est la chance que n’avaient pas les générations précédentes pour sortir de l’ornière.
    Je mesure bien les difficultés lorsque je le dis mais rien ne s’obtient sans peine surtout que les forces agonisantes se débattent violemment.

    1. edith

      je l’ai cherché en vain …mais, je voulais une bulle avec les jurons “ad hoc” – c’est le cas de la dire ! –
      suis trop gourmande !

  5. Voilà concrètement en Grèce, dans le magazine “Frontal” ZDF allemande :

    Certains hôpitaux de Thessalonique ne peuvent plus soigner les AVC, car ils ne peuvent plus accueillir les urgences, etc. Le soin tombe en ruine, le nord de la Grèce est un désert économique, et les gens sont obligés de partir…

    Par ailleurs, la AOK allemande entre en collusion avec l’industrie pharmaceutique en créant des structures de sous-traitances opaques destinées à prendre en charge les patients schizophrènes d’abord, sous contrôle de fait des labo Johnson et Johnson. Leur intérêt étant de gaver les patients de pilules et donc de supprimer les psychothérapies. De toute façon la politique d’outre Rhin est un cloaque.

    1. C’est vous dire, nous ne sommes même plus des juifs allemands
      Nous ne sommes plus rien
      Il n’y a plus rien
      [..]
      Tu peux crever… Les gens ne retiendront même pas une de leur inspiration.
      Ils canaliseront sur toi leur air vicié en des regrets éternels puant le certificat d’études et le catéchisme ombilical.
      C’est vraiment dégueulasse
      Ils te tairont, les gens.
      Les gens taisent l’autre, toujours.

  6. Moi qui étais déjà de tempérament inquiet, tout ceci n’arrange pas mes affaires… un jour il va falloir mettre un auto-volant sur le monde, interdit aux moins de 10 ans, aux âmes sensibles. Il va falloir mettre en garde les enfants surtout de ne pas regarder ça, établir une censure générale sur le film “La Terre, comme si vous y étiez”. Franchement Céline n’avait pas imaginé un tel cauchemar, et que “la nuit” serait bien plus terrible encore que celle qui montait vers le Rancy… !

    Bref…

    1. n’est-ce pas vous qui m’avez fait découvrir “les innocentines” …pour enfants et quelques adultes…

      un régal ! Merci !

  7. “La possibilité de s’élever jusqu’à la compréhension d’un système de coordination dépassant, dans le temps et dans l’espace le champs des observations humaines est une circonstance qui met en lumière la faculté que possède l’homme de franchir les limites de la matière changeante et variable, en affirmant sa supériorité sur les genres insensibles et impérissables de l’être…Il existe dans la succession des événements et dans les relations qu’ont entre elles les choses coexistantes, une méthode dont l’intelligence de l’homme se rend compte, et s’en servant de jalon, il parcourt des siècles d’histoires matérielle passée ou future que l’expérience humaine ne peut jamais certifier…Les événements germent et se développent…Ils ont un passé qui se rattache à leur présent et nous croyons avec confiance bien justifiée, qu’il y a en réserve un futur qui sera de même relié avec le présent et avec le passé…Cette continuité et cette unité de l’histoire se répètent sous nos yeux, dans toutes les phases concevables du progrès…Les phénomènes nous fournissent une base pour la généralisation des deux lois qui constituent réellement des principes de divination scientifique qui, seules, permettent à l’esprit humain de jeter un coup oeil sur les archives scellées du passé et sur les pages encore blanche du futur…La première de ces lois est “la loi d’évolution”, ou, pour la définir en d’autres termes : “la loi de succession corrélative (ou d’histoire organisée dans l’individu)” démontrée par les phases changeantes de tous les systèmes de résultats qui mûrissent…Ces pensées évoquent en notre présence le passé sans limites et le futur sans limites de l’histoire matérielle…Elles semblent presque ouvrir un horizon infini et douer l’intelligence humaine d’une existence et d’une faculté débarrassée des limites imposées par le temps, l’espace et la causalité limitée, et l’élever jusqu’à une sublime conception de la Suprême Intelligence qui réside dans l’éternité”
    World-Life, pp.535, 548
    La philosophie ésotérique elle-même explique que ces perpétuels cycles de temps reviennent sans cesse, périodiquement et intelligemment, dans l’espace et l’éternité…Il y a plusieurs cycles, les cycles de la matière, …mais il y a aussi les cycles d’évolution spirituelle…Et aussi les cycles de races, de nations et d’individus…Alors restons dans l’assurance que l’homme est perfectible…Aucun métaphysicien ne pourrait mettre en doute ces vérités, qui font partie des enseignements ésotérique…Il existe une prédestination en ce qui concerne la vie géologique de notre globe, comme en ce qui concerne l’histoire passé et future des espèces minérales, végétales, animales et humaines…Ceci se rattache à ce que nous appelons communément la vie…La Loi de l’évolution nous entraîne actuellement le long de l’arc ascendant de notre cycle, jusqu’au moment où les effets se fondront une fois de plus dans les causes, aujourd’hui neutralisées, se confondront avec elles, et où tout ce aui sera affecté par ces effets, aura recouvré son “harmonie primitive”…Ce sera le cycle notre Ronde particulière, un simple moment par rapport à la durée du Grand Cycle ou Mahâyouga…N’oublions pas que les remarques philosophiques, si belles, d’Hegel, trouvent leur application dans les enseignements de la science occulte, qui nous montre la nature agissant toujours en vue d’atteindre un but déterminé, dont les résultats revêtent toujours deux aspects…De même que notre planète accomplit annuellement un révolution autour du soleil et tourne en même temps autour de son axe une fois par vingt-quatre heures, parcourant ainsi des cycles mineurs au cours d’un cycle plus grand, de mêmes l’ oeuvre des cycles inférieurs s’accomplit et recommence durant le cours du grand Saros…Prenons de l’altitude…Les âmes pures et sincères n’ont rien à redouter…Sachez-le une bonne fois pour toute…Faut-il encore avoir une âme…C’est là tout le réel débat!

    1. @idle
      Ce blog n’est pas un lieu de prosélytisme pour les tenants du “créationnisme” et de la thèse du “dessein intelligent”. Vos propos sont ici inaudibles, tout simplement parce que vous ne pouvez avancer aucune preuve et aucune donnée de faits à vos propos délirants.
      La philosophie ésotérique n’existe pas, les théosophes n’existent plus depuis longtemps et c’est tant mieux. Et ceux qui se vautrent encore dans le syncrétisme le plus crétin (avec les ovnis, les messages de l’au-delà, les anges, la télépathie et autres balivernes) ne font que prospérer sur la crédulité des gens et surtout sur leur manque de culture scientifique.
      En ce sens, je vous conseille vivement la lecture de Karl Popper (in, “Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance“) ou aux écrits de Bertrand Russel (“Science et religion“).
      Vous vous apercevrez peut-être que la construction d’une connaissance diffère quelques peu de la construction d’un mythe.

      1. D’accord Kezcaco.
        N’est que le Mythe, c’est à dire le “I want to believe”, reste présent, toujours… et de par ses “variations” nous donne, par effet de miroir inversé, une image pas dénuée d’intérêt du monde en un point T. Les mythes nous parlent. Notre esprit n’est heureusement pas que cartésien. Heureusement répète-je. Sinon quelle prison.
        Et puis, même si les effets de sérendipité ont été plus efficaces, la spéculation (voire comment on peut essayer de transcender la spéculation) reste un outil exploratoire passionnant, un “work in progress” qui présente certes un déchet considérable. Je crois que c’est AC Clarke qui, parlant des ovnis, disait que toute science au-delà de notre compréhension ne peut qu’être indiscernable de la magie.
        Le rêve est un fantastique nourriture.

  8. C’est étrange !!! Les médias disent que tout est vert , et nous sommes des moutons à dire que tout est vert !!! La plupart des analyses faites ici sont de très court termes . Bref tout cela pour dire que le problème est bien plus profond l’occident est toujours dans une dépression. Comme le dit Mr JORION les extrêmes peuvent prendre le pouvoir car ce sont les seuls à parler du réel problème sans en avoir la solution….
    Je retiens toujours le dernier reportage que vous avez fait …. Nous vivons dans le virtuel ou le monde est illusion comme un beau château de cartes ou de dominos . allons nous vivre le point de non retour ?
    Je n’y comprends plus rien les analyses sont bonnes les sociétés battent tous les consensus et tout le monde appréhende le fait de revivre une crise.
    Mais j’ai toujours appris que l’économie était cyclique avec des hauts des bas !!!!
    Mais là je vous vois d’un négatif le plus total .
    Est ce que l’on se nourrit du pessimisme ? Ou on occulte le passé pour avancer ?
    L’homme à tendance à parler que du mauvais et à ne retenir que le positif …
    Les pays émergents sont d’un optimiste au plus haut … Je pense que l’europe ou les US sont dans une véritable dépression . Il faut être optimiste il n’ y pas que du mal non plus . Les pays sont de plus en plus endettés l’hyperinflation arrive les chômage augmente les industries se délocalisent le pouvoir d’achat stagne les banques s’enrichissent sur des marchés occultes . L’energie augmente . les pays qui empruntent comme la Gréce à 20% sur 2 ans c’est délirant … Comme je dirai c’est la mort du petit cheval !!!! Comment on peut faire un taux de 20% alors que le pays est déjà endetté à son maximum ? Il faut le dire c’est le monde à l’envers . c’est comme la gangrene au lieu de vous couper le pouce on vous coupe la jambe et encore si on peut vous soigner on le fera pas car il vaut mieux que vous ayez du mal à guérir que de guérir … On se nourrit par la pauvreté des individus et non de leur richesse car l’homme est trop égoïste pour pouvoir la partager. Et si nous continuons en ce sens je reprendrai une expression ” c’est au pied du mur qu’on voit mieux le mur ” …. Bonne journée à vous tous

  9. Ce sont les islandais qui ont raison, sont ils plus intelligents que nous ?
    Non, ils n’ont simplement pas le choix, ce qu’on leur demande est impossible.
    Techniquement et visiblement impossible, c’est ce qui les sauve, les comptes sont vite fait.

    La situation est la même en Grèce. Mais à l’aide des super pouvoirs, les magiciens vont faire un miracle…
    La situation est la même en Irlande. Mais à l’aide des super pouvoirs, les magiciens vont faire un miracle…
    La situation est la même au Portugal. Mais à l’aide des super pouvoirs, les magiciens vont faire un miracle…

    Il faut faire confiance à Mr Maddoff, il a poursuivi son business bien plus loin qu’il ne pouvait l’imaginer sans que le résultat final ne change : la banqueroute arrive tôt ou tard.

    Le défaut de paiement , et la mise en liquidation permet de mettre en évidence les problèmes et surtout de faire les comptes. Le système n’est pas parfait, mais le créancier, le fournisseur et le client subissent tous en même temps l’impact de leurs erreurs passées.

    Sans parler de justice, les torts sont partagés et les comptes sont soldés, et la vertu éducative de la sanction se traduit immédiatement dans les nouvelles transactions qui s’établissent entre les acteurs économiques.

    Chacun reprend son activité sur des bases réalistes et prudentes.

    … jusqu’à la prochaine fois

    Le seul parachute à ouvrir est celui du défaut de paiement et de la restructuration radicale de la dette publique et de la dette privée. La réduction du bilan permettra seule d’adapter radicalement nos économies à nos intérêts stratégiques et de redéployer nos ressources réelles sur nos priorités vitales.

    Le risque politique d’une telle décision est quasi nul, il devrait être assez facile de désigner des coupables. D’autre part, il y a cinq ans quelques personnes seulement pouvaient imaginer ce qui se passerait, désormais tout le monde peut observer et comprendre la situation et l’issue certaine.

    Il faut juste se dire que perdre son job, sa retraite, son assurance vie, c’est juste un peu moins grave que de perdre la vie …. ou sa connexion à internet.

    1. Les Islandais ont été sauvé par le droit de référendum et la volonté de leur président qui a exercé son droit de demander un référendum. Ce sont les seuls européens à qui la question a été posée : “Acceptez-vous de payer les pots cassés par les financiers ?” Ils ne sont pas plus intelligents que les autres. On leur a juste posé la question.

      Sans ce président, les Islandais auraient servi de caution aux banques anglaises et néerlandaises. Les Islandais auraient été une source de revenus stables pour des gens riches. Les zélites islandaises étaient toutes en faveur de cette situation. Je ne les vois pas en train de payer, par contre elles auraient eu le droit d’être payées pour organiser les transferts d’argent des poches de leur population vers celle des banquiers anglais et néerlandais.

      Les Irlandais, leur gouvernement en tous cas, a cru un rapport produit par “j’ai oublié quel groupe financier” selon lequel l’acte le plus raisonnable était de garantir la dette de ses banquiers. Ce document a été (selon mes souvenirs) critiqué comme étant carrément un faux. Si ce pays respecte ses engagements, il restera pour l’éternité sous la coupe de ses créanciers (dont des banquiers allemands).

      Les Portugais sont dedans la nasse. Il a été clairement précisé que les négociations engagées par le FMI, la BCE et un autre sont faites avec l’état portugais, pas un gouvernement. C’est une façon de fermer la porte à toute remise en cause de ce que ces gens vont imposer aux portugais. C’est une autre source d’argent régulier pour les banquiers.

      La Grèce est aussi au fond du trou. Elle n’arrive même pas à suivre avec les intérêts (ce n’est pas une surprise). La réaction des zélites est de dire que c’est parce que ce pays ne va pas assez loin dans ses privatisations. C’est aussi un pays mis en coupe réglée.

      La seule différence entre les Islandais et le reste est ce truc politique appelé référendum qui n’entre pas dans la logique économique. Les Islandais montrent le niveau de légitimité des zélites européennes actuelles. Les déclarations du FMI, BCE et j’oublie correspondent plus à des ordres qu’à une légitimité. Nous sommes sacrément loin du “doux commerce” de Montesquieu. Ce pays a encore un peu de politique.

      L’Europe a cessé totalement toute indépendance politique avec la constitution européenne. Ce truc explique pourquoi il y a des dettes souveraines et qu’elle soient impayables (article 123). Ce truc a été imposé par les zélites qui en profitent. Les Irlandais l’ont accepté que parce que la crise 2007 – … les avait frappé et qu’on leur a dit. “Si vous acceptez, les emplois reviendront”. Ailleurs, les zélites se sont bien gardées de poser la question à leur population (France). Le système est légal. Il n’a aucune légitimité.

      Je relis “Une approche fractale des marchés” de Mandelbrot et un autre. Il y est raconté une histoire intéressante. La bourse de Paris était le centre mondial de la spéculation car l’état français avait émis pour 70 milliards de francs de l’époque d’obligations éternelles (cela a donné les rentiers) pour payer les dédommagements aux propriétaires spoliés par les révolutions de ce pays. Le budget du pays (je crois – c’est un souvenir non vérifié) était de 4 milliards. La situation était donc un rapport de 1 à 17 (18) entre le budget et les dettes du pays. Tout se passait très bien. Cet état de choses a marqué le début de la finance à grande échelle de la société. Que des lois très avantageuses pour les spéculateurs datent de cette époque devient logique. Ces papiers valeurs faisaient l’objet d’un trafic intense. Tout le monde savait qu’ils ne seraient jamais remboursés. Seuls les intérêts versés sur ces papiers l’étaient. La situation actuelle me semble être une recréation de cet espèce “d’état de grâce” de la finance.

      Aucune légitimité populaire et une constitution écrite par et pour des rentiers provoquent tout à fait logiquement une remontée des partis d’extrême droite. Ce sont les seuls à dire que les peuples ne sont pas obligés de supporter les conséquences de la situation “raisonnable” actuelle. Refuser cette situation est condamné par l’invective de “populisme”. La raison a encore de la force. Mais la vie de chaque jour, chaque perte d’emploi, chaque fin de mois difficile va donner des adeptes à ces partis. Ces adeptes rejetteront avec vigueur toute référence à la raison, à la réflexion, à l’intellect car ces objets servent à les maintenir dans une situation au mieux difficile. Le “Tea Party” européen arrive.

      Pleurer que les Finlandais se montrent égoïstes ou que Marine Le Pen monte dans les sondages est une folie pour moi. Chaque membre raisonnable des zélites lutte tous les jours pour que les extrémistes, l’égoïsme, la fermeture, la violence se répandent, grandissent et empirent.

      1. Chaque membre raisonnable des zélites lutte tous les jours pour que les extrémistes, l’égoïsme, la fermeture, la violence se répandent, grandissent et empirent.

        trés lourde responsabilité des zélites, je suis d’accord !

        mais, en dehors de la xénophobie portée par ce parti politique ( trés trés proche de la droite -extrême de l’actuel gouvernement), l’extrême-droite a toujours été du côté du pouvoir de l’argent , et s’est toujours parfaitement moquée des classes populaires ( et moyennes, d’ailleurs : trés contrariantes, car possédant en son sein des enseignants et des soignants, globalement plus portés par l’humain et sa conscience, son éducation, et un soucis de justice, que par les gros picaillons !)

        dans l’état actuel des choses, il est dommage que les partis de la vraie gauche aient du mal à se faire entendre …car le PS, devenu un parti de “notables” dans sa tour d’ivoire, n’est évidemment plus crédible …ayant totalement trahi ce pourquoi il a été créé, soit un regard égalitariste et compréhensif des gens instruits et un soucis de justice, envers les personnes les plus en difficulté ..le PS avait besoin de revenir à ses valeurs premières : gardant en son sein les deux tendances Guesde et Jaurès …

        en attendant le changement de paradigme, dont l’accouchement n’est pas aisé : l’enfant se présentant de coté : il va falloir une bonne sage-femme !
        Paul Jorion en sage-femme ?!…bon, après tout, il srait temps que les hommes fassent les travaux qui furent réservés aux femmes de toute éternité …

  10. Je le répète, c’est la troisième guerre mondiale sans l’avis des peuples. A cause de ce système moribond, une majorité de pays se retrouve dans la merde grâce à l’entêtement des impérialismes et des bourgeois, et ces derniers s’ils restent debout et maintiennent par la force des semblants de gouvernements s’accapareront les rênes d’une nouvelle gouvernance mondiale. Les bourgeois le disent, c’est une guerre de classes et ils gagnent. Pour l’instant. Car la seule solution pour changer de cap et c’est celle que je soutiens, c’est une mobilisation des travailleuses et travailleurs, du prolétariat, sans pareil ! Une grève générale ! Des révolutions !
    Femmes et hommes de toutes parts, c’est notre génération qui doit faire ces révolutions. Pour ne pas voir nos enfants embrigadés dans la police et l’armée, seuls métiers d’avenir sous cette tyrannie capitaliste.

      1. Il ne peut pas s’arrêter de travailler, il est dans la “matrice” (le film Matrix), il est aussi endetté que son banquier, mais si lui fait défaut, personne ne viendra le sauver!

        Aujourd’hui la révolution est une variable d’ajustement qu’on peut résumer ainsi:
        Des émeutes sur lesquelles on greffera un récupérateur providentiel issu du système pour assurer sa pérennité, je ne pense à personne en particulier, pourtant la presse….;-)

  11. Merci Paul J.

    Dès que j’ai entendu parler à la radio de ces attitudes hyper conservatrices des politiques américains, d’ailleurs semblables à celles des nos dirigeants conservateurs européens , je n’ai pu m’empécher de penser à une vidéo dont j’ai déjà parlé sur ce bolg, vidéo où l’intervenant,Richard Koo, Chef Economiste au Nomura Research Institute au Japon, explique très clairement que les occidentaux sont en train de tomber dans la même erreur que le Japon lors de la crise de 1990: réduction des déficits publics et autres restrictions budgétaires, ce qui ne peut que retarder la reprise de l’économie et de l’emploi.
    Il explique que les deux crises celle de 1990 au Japon et celle de 2008 aux USA puis dans le monde occidental, sont de nature semblable, il parle de “Balance Sheet Recession”
    pour lesquelles il faudrait au contraire des investisements publics de masse, juste l’inverse de ce que réclament les conservateurs américains et européens…

    http://ineteconomics.org/richard-koo

    Je repose la question: pourquoi ces commentaires ne sont ils pas écoutés et surtout entendus par les responsables politiques et ou industriels et financiers. Par quel aveuglement ne voient-ils pas que c’est pourtant leur propre intérêt de changer de politiquedans la mesure où ces personnes veulent sauver le capitalisme elle devraient le comprendre… Mais il semblerait qu’ils n’arrivent pas à sortir du paradigme des idéologies néo libérales. Ils vont donc mourrir plutôt que de changer de paradigme…

    Paul T

    Let me suggest that readers of this blog should have a look at interview of “How the West is Falling Into the Same Trap as Japan in the 1990s, Failing to Understand the Strangeness of a

  12. Friedman introduit une autre virtualité, celle appelée “revenu permanent” selon laquel l’agent économique anticipe ses revenus futurs pour consommer. Ce qui permet un autre moyen de contrôle, en agissant sur la façon dont l’agent anticipe… d’où la surestimation des possibilité de contrôle de l’économie.

    Je ne comprends pas comment la science économique a si mal tourné, si ce n’est stipendiée par la CIA etc.

    l’hypothèse était que si ça ne fonctionne pas c’est que l’échange se fait mal, parce que les agents ne comprennent pas l’échange… etc. Il suffit de résoudre des problèmes techniques et puis cela fonctionnera.

    1. En avril 45, un nazi de haut rang expliquait que si son Allemagne avait des problèmes, c’est parce qu’elle n’a pas été assez nazie.

      En aoùt 89, un communiste soviétique de haut rang a fait une déclaration analogue pour l’URSS.

      Vous avez observé l’analogue pour le libéralisme.

    2. Remplacer le “revenu permanent” par le “crédit permanent”, ce serait plus juste du point de vue de l’histoire. 😉

  13. Sans réel avis sur la question, que pensez vous de l’article de Jacques DELPLA paru dans Les Echos aujourd’hui ?

    En résumant à gros bords, selon lui, le défaut de la Grèce serait pire qu’une solution “mixte”, à mettre en place.
    Solution qui serait, je cite :

    …/… sa dette sera financée, pendant très longtemps, par un mixte de prêts publics européens, de prêts « forcés » des banques et assureurs européens à qui la BCE et les Trésors auront tordu les bras et par la monétisation partielle de cette dette par la BCE.

  14. Encore une fois, dans cette vidéo, au temps 03 :06 comme dans vos livres, l’Argent mode d’emploi ou le Capitalisme à l’agonie, vous revenez à cette formule qui me pose toujours problème « l’argent n’est pas disponible là où il doit être ou là où il devrait être »

    Il me manque un déclic pour comprendre ce qui m’éviterait l’isolement, dites-vous.

    A la réflexion, je me demande si ça n’est pas au niveau de cette formule « là où il doit être ou là où il devrait être » que se situe la bifurcation dans nos raisonnements, ce qui nous amène à voir les choses différemment. Longtemps, et à tort certainement, j’ai cru voir dans cette expression, un petit côté racoleur destiné à s’attacher la sympathie de ceux qui sont à court d’argent et aimeraient en voir moins chez ceux qui en ont et plus à leur disposition dans leurs poches.

    Outre le fait que vous êtes humaniste, mais qui de nos jours prétend ne pas l’être, vous dites en l’occurrence, « si l’argent était là où il doit être ou là où il devrait être » cela permettrait au « système » de continuer à fonctionner. Or, sauf si je me trompe, le système qui est en fonctionnement sur la terre est le système capitaliste.

    Mais, pour que le système fonctionne, il suffit qu’il y ait du capital, c’est-à-dire, comme vous le dites très justement, une ressource à répartir selon une certaine loi de redistribution. Plus il y a d’êtres à faire vivre, plus l’accès à l’énergie est difficile et plus la consommation moyenne par individu est grande, plus cela conduira à réduire la durée de vie moyenne des individus. Car c’est l’énergie qui permet de vivre.

    En observant ce qui se passe naturellement chez les êtres vivants on constate que tous ne sont pas égaux et que les plus forts, les plus malins et les plus chanceux, connaissent une durée de vie plus élevée au détriment de celle des plus faibles et des plus fragiles.

    Parmi ces bénéficiaires figurent les individus qui misent sur le capital parce qu’ils savent voir plus loin que les autres. Ils veillent à se procurer un capital aussi important que possible, qu’ils évitent de dilapider en puisant dedans pour vivre au fil des jours. Ils préfèrent s’en servir pour générer des revenus et vivre sur la plus value de mise en œuvre. Et, comme un capital peut devenir obsolète, compte tenu de l’évolution des techniques de mise en valeur, ils veillent à l’adapter et à le renouveler afin de laisser à leurs descendants des moyens de survivre et de se perpétuer dans leur lignée.

    Au-delà des individus, les regroupements en peuples et en pays se comportent de manière similaire. Les pays émergents qui ont des atouts pour devenir les plus forts se comportent en capitalistes même quand ils sont nés sur une base communiste comme la Chine. Ils veillent à se placer parmi ceux qui se donnent le plus de chance de survie.

    Ce que je viens d’évoquer ainsi, est ce que l’on peut déduire des faits qui se déroulent sous nos yeux quand on s’oblige à analyser sans passion. Cela ne résulte pas d’une construction visant à servir un idéal de partage égalitaire et généralisé au niveau de la planète entière.

    Quand on voit la Chine acquérir des terres cultivables dans des pays pauvres, on peut s’interroger si c’est bien la meilleure voie pour atteindre un tel objectif. Elle y arrivera peut-être, une fois qu’elle aura mis tout le monde sous sa coupe. Probablement alors qu’une oligarchie sera pour un temps au moins, la grande bénéficière de la situation. La liberté sera la grande perdante et le développement stoppé ou notablement réduit.

  15. Et si le système avait mis à la tête de la FED une sorte de FOU ( Ben Bernanke) qui userait de façon inconsidérée de la création monétaire de dollars ! Qui aurait le contre pouvoir au US de le stopper dans son entêtement puisqu’il y aura certainement un QE3, puis un QE4, etc ?

  16. Le système paraît en effet craquer de toutes parts, comme un vêtement disputé par des mains trop fébriles un jour de soldes. Les explosions populaires au maghreb ne sont-elles pas les prémices de l’explosion mondiale attendue? Ces pays sont touchés par une crise économique sévère plus que par un manque de liberté d’expression et le capitalisme mondialisé ne commencerait-il pas à se rompre au niveau des soudures les plus fragiles? On veut les voir différents et ce sont pourtant des pays caricaturaux, dans leur fonctionnement, de la concentration du capital et de sa manipulation spéculative d’inspiration maffieuse qui règne partout.
    Par ailleurs je suis comme beaucoup particulièrement effaré par la complicité télévisuelle qui soumet l’humeur du spectateur aux variations du CAC40, de Wall Sreet, ou de la performance des grands groupes français, liant inconsciemment la bonne humeur du citoyen à l’importance des dividendes versés aux actionnaires, dont malheureusemnt la plupart ne fait pas partie…Si l’on veut continuer à être informé objectivement de l’évolution économique de la nation ou même du monde, je crois qu’il faut commencer par laisser tomber la télévision Et je ne parle pas de pays comme le Brésil où la collusion entre les lobbys financiers et les chaînes télévisuelles sont si caricaturaux qu’on voudrait en rire si ce n’était pas aussi lamentablement indécent.

    1. Notre société est aux mains de Wall Street, la City et ses analogues. Alors le CAC 40, le DJIA et leurs analogues déterminent si nous allons bien ou mal. La télévision rapporte ce qui va modifier notre humeur dans notre monde (L’économique prime dans notre monde). Alors ces gens font leur travail.

      Nous ne sommes pas seulement économiques. Notre humeur n’est pas qu’économique. Qu’est-ce qu’elle est d’autre ? Une réponse à cette question nous donnerait une sortie de cette situation.

  17. – CRISE SYSTÉMIQUE –
    Quelques solutions simples pour réguler les système financier marchants :
    Séparer l’activité des banques de dépôts de celles des banques d’affaires.
    Interdire les paris sur la fluctuation des prix est des acquisitions/ventes à découvert.
    Restructuration de la dette des États …
    … la prime de risque, c’est pas fait pour les chiens !
    Limiter la création de la monnaie ex nihilo, à partir de rien (QE, planche à billets).
    Abandonner l’étalon dollar vers celui d’une monnaie mondiale, seule un panier monétaire mondial avec l’or et l’argent comme base me parait être d’une absolue nécessité.

    Aucune monnaie ne peut résister à l’or, encore moins la finance.
    Ça remettrait les pendules à l’heure (à l’or).
    Évidemment, les Marchands ne seront pas contents.

    Grand bravo pour toutes vos interventions M. Paul.
    Bien et bon toujours

  18. Merci de donner un extrait du rapport de S&P justifiant «qu’elles se situent en adulte». Sans lui, j’aurais mal interprété l’événèment, alors que j’ai lui le billet de G.Ugeux qui lui est consacré.

    On aurait aimé, toutefois, une présentation mieux synthétisée, une lacune qui s’explique, sans doute, par votre emploi du temps chargé.

    1. Paul donne les clés. Le fait qu’il pense les lecteurs suffisamment grands pour ouvrir la porte eux-mêmes est une preuve d’estime.

      1. Julien, Je n’avais pas pas réalisé qu’il s’agissait d’une transcription de sa vidéo, et non un billet en bonne et due forme. Autant pour moi, et c’est pour cela que je suis revenu au blog, dès je m’en suis rendu compte.

        Mais il y a comme un accent de sagesse orientale dans votre remarque, dont il appartient à PJ de dire s’il se reconnaît…

  19. J’ai dû faire une erreur et mon message de ce matin n’est pas passé. Comme je ne vois pas de raison pour que ce dernier ait été hors sujet ou offensant, je réécris un commentaire à propos de la réaction que m’a inspiré la notation de S&P et les positions ultra conservatrices des républicains américains soutenus par les fondamentalistes du néolibéralisme.
    Toutes mes excuses aux modérateurs si j’ai fait une erreur, mais, si mon premier commentaire était en fait passé et que je ne l’ai seulement pas retrouvé, ils constateront que je ne me suis pas contenté de reproduire le premier commentaire mais que je l’ai réécrit entièrement, et avac des précisions qui n’étaient pas dans la première version.

    Ces financiers on semble-t-il oublié très vite qu’en grande partie, le déficit public américain, (ainsi d’ailleurs que les deficits des états européens) a fortement augmenté suite au sauvetage des banques par l’état américain ainsi que les états européens : les fameuses banques “too big to fall” pour lesquelles les USA et les états européens ont versé des sommes faramineuses…

    La réaction des oligarchies financières américaines à la notation de S&P ( Special and Rich…)
    Montre bien que ces gens ne comprennent même pas leur intérêt qui serait de préserver le capitalisme. Cela montre une fois de plus combien l’hypothèse rationaliste en économie est erronée… Ces oligarchies financières technocrates ou elles mêmes actionnaires, continuent à demander des politiques d’austérité et de restrictions des dépenses publiques… Cette stratégie ne fonctionne pas et elles(les oligarchies financières ) en redemandent… C’est seulement par aveuglement idéologique néolibéral qu’elles continuent dans cette voie.
    Pourtant ce n’est pas faute d’avoir été informées. Même une entreprise comme IBM avec sa campagne demandant des investissements publics pour une “planète plus intelligente” l’ont compris, mais les idéologues du néolibéralisme ne veulent pas entendre ce genre de messages. Je cite à nouveau la vidéo dun économiste Japonais de haut rang qui s’inquiète de voir les pays occidentaux faire les mêmes erreurs de stratégie économiques que celles qu’avait fait le Japon lors de la crise des années 1990 erreurs, qui avaient prolongé dramatiquement la durée de la crise japonaise.
    Cette vidéo ne vient pourtant pas d’un “agitateur gauchiste” contestataire qui pourrait effrayer les financiers, elle vient de Richard Koo: Chef Economiste au Nomura Research Institute au Japon: Elle devrait donc pourtant être comprise par les financiers américains…Mais pour eux il s’agit en fait d’un changement de paradigme au sens de Thomas Kuhn, ils sont dans l’incapacité d’envisager le monde autrement qu’à travers le prisme du capitalisme néolibéral, et opposés par principe à toute intervention de l’état et à toute augmentation de l’impôt. Le pire c’est qu’ils croient à leur théorie et que les faits ne les feront pas changer d’avis…
    Le titre de la vidéo de Richard Koo est:
    “How the West is Falling Into the Same Trap as Japan in the 1990s, Failing to Understand the Strangeness of a “Balance sheet ressesion” “Comment l’occident est en trains de tomber dans la même trappe que le Japon dans les années 1990s, incapable de comprendre l’étrangeté d’une “Balance Sheet Recession” (traduction??? SVP mes connaissances en anglais financier ne me permettent pas de trouver une bonne traduction, Google me dit d’ailleurs qu’il n’y en a pas de bonne…)
    Les explications de Richard Koo n’en sont pas moins claires: les politiques de restrictions budgétaires d’un côté et d’argent pas cher de l’autre ne fonctionnent pas et ne feront même qu’aggraver la crise économique et la prolonger, en occident tout comme cela a été le cas au Japon dans les années 1990…

    http://ineteconomics.org/richard-koo

    Ce qu’il appelle “Balance Sheet Recession”, d’après ce que j’ai compris de la vidéo et de quelques recherches sur internet, est un phénomène psychosociologique qui touche tous les agents économiques : les entreprises, les particuliers ainsi que les institutions publiques, qui même à un taux d’intérêt très faible ou nul n’empruntent plus pour faire fonctionner l’économie. Par ailleurs, s’ils ont quelques liquidités ils préfèrent rembourser leurs dettes et comme il n’y a pas d’investisseurs pour absorber ces masses financières liées aux remboursements en série, on évolue vers une déflation et une crise économique qui dure et s’aggrave.
    En fait tous ces acteurs économiques sont focalisés sur une seule variable purement financière : éliminer les déficits à tout prix, même avec des taux d’intérêt où tout investisseur sensé se lancerait dans des investissements productifs, faisant fonctionner l’économie réelle donc créant des emplois et donc de l’activité économique à travers la demande générée par ces revenus. Au contraire les agents économiques “bouchent les trous” et remboursent leurs dettes… Koo dit l’argent repart dans la machine financière sans avoir créé richesse ni emploi dans l’économie réelle, seulement au mieux quelques profits financiers et quelques rares emplois dans l’économie fictive de la finance.
    Si les états n’interviennent pas pour casser ce mécanisme déflationniste par des investissements massifs dans l’économie réelle, au lieu de simplement pomper de l’argent par des taux d’intérêt proches de zéro et qu’eux mêmes se mettent à rembourser leurs dettes en appliquant des politiques de restriction budgétaires, ils ne font qu’alimenter cette mécanique déflationniste…

    Voyez la vidéo et faites-moi part de votre compréhension. En ce qui me concerne, j’ai trouvé que cette vidéo très instructive, bien que se plaçant dans le cadres de politiques néo keynésiennes sans se départir du système capitaliste et de l’économie de marché.
    Les financiers et dirigeants politiques du monde occidental ne voient même pas que ce serait pourtant leur intérêt… Et en attendant, les politiques de restrictions budgétaires arrêteraient au moins de produire leurs dégâts, en particulier sur les personnes les moins favorisées de nos sociétés, celles dont les vies dépendent de l’existence de politiques publiques et sociales, lesquelles sont les plus touchées par les politiques de restriction budgétaires actuelles…
    Sans compter la dette socio-économique à long terme que produisent les restrictions budgétaires en laissant petit à petit les services publics se dégrader et les infrastructures de base aussi…
    Bonsoir.
    Paul T.

  20. Merci Julien, je pensais avoir fait une erreur dans mes interactions avec le blog…

    Comme j’ai réécrit entièrement mon message, le second ne fait pas vraiment double emploi, En fait il précise mieux mon analyse, me semble-t-il…

    En écrivant cette seconde version je me suis rappelé d’un commentaire inclu das le livre de Joseph Stiglitz “Le triomphe de la cupidité” où il fait remarquer qu’il devient de plus en plus difficile de comprendre les systèmes d’organisation et de contrôle dans les grandes entreprises capitalistes. Il utilise le terme anglais “Agency” dont il dit qu’il est de plus en plus difficile de comprendre la nature. Il fait remarquer que les processus de décisions dans les entreprises au sein du système capitaliste actuel sont devenus de plus en plus diffus. Les capitalistes eux-mêmes ont très souvent été obligé de céder la place à des technocrates financiers ou autres, face à la complexité des situations à gérer. Dans bien des conseils d’administration de grandes entreprises, les administrateurs actionnaires ont bien de la misère (belle expression québécoise) à comprendre les dossiers et s’en remettent à des techniciens pour les conseiller, lesquels pour conserver leurs postes et leurs “stock-options” prennent des décisions destinées à satisfaire les actionnaires… mais de plus, pour satisfaire les agences de cotation ils se lancent dans des politiques de plus en plus strictement financières destinées à faire apparaître des bilans satisfaisant ces agences de cotations, lesquelles se fichent des investissements réels, auxquels elles ne comprennent d’ailleurs pas grand-chose compte tenu de leurs complexités.

    Cela me ramène à un commentaire que j’avais fait il y a assez longtemps sur ce blog: L’éloignement des investisseurs de l’économie réelle pour se réfugier dans des spéculations financières ne serait-il pas lié à une difficulté de plus en plus grande à faire des paris d’entrepreneurs sur un futur de moins en moins prévisible?
    N’est-il pas pensable que les financiers, le plus souvent des technocrates comme expliqué précédemment, se trouvant avec des sommes importantes à placer aient préféré se tourner vers des investissements purement financiers ou spéculatifs, pensant, à tort d’ailleurs, qu’ils pourraient mieux s’en tirer qu’en investissant dans des entreprises commerciales, industrielles ou de service.

    On retombe toujours sur le même constat : le capitalisme et l’économie de marché se plantent et se plantent gravement (expression empruntée également au livre de Joseph Stiglitz…) Mais malheureusement ce sont les petits, les sans grades qui payent les erreurs des gros et des puissants. Pour beaucoup de membres de la société, la confiance dans les femmes et les hommes politiques s’est effritée et à des échelons plus proches de la vie de tous les jours même le mouvement associatif ou le mouvement syndical ont des problèmes à motiver les citoyens… Que faire pour redonner une impulsion à la société civile, la seule à mon avis à pouvoir contrecarrer les perversions des systèmes qui nous régissent, et encore même pas, ils ne régissent rien, on est dans un « laisser faire » par inaptitude à comprendre ce qui se passe, plus même qu’un laisser faire idéologique, sauf pour quelques élites du néolibéralismes qui elles y croient ferme et ne voient pas que le laiser faire actuel est principalement dû à une incapacité à comprendre les situations de plus en plus complexes…

    Paul Jorion parlait de la démocratie comme applicable avec une population pouvant tenir dans un stade… Je pense qu’il en va de même bien que sous des conditions différentes avec la gestion d’une entreprise, fût-elle privée ou publique tant que les individus se connaisent tous de haut en bas de la hiérarchie, on peut espérer une gestion où tous les aspects de l’entreprise sont pris en compte. Au delà c’est le plus souvent l’aspect financier qui prend le dessus…

    Adam Smith pensait déjà que les grandes entreprises ayant des milliers d’actionnaires étaient des abominations…

    Bien cordialement.

    Paul

      1. mentir pour faire comprendre autrement bien sur..
        C’est peut être qu’une vérité est la face cachée du mensonge?
        oui,je sors,merci de fermer la porte

  21. J.S. Kim, de SmartKnowledgeU, se lance aujourd’hui dans un nouvelle bataille contre la suppression des prix de l’or et de l’argent. Suite à l’acquisition d’or par l’université du Texas, il appelle les étudiants des autres universités à réclamer de leurs écoles qu’elles en fassent de même : acheter de l’or puis réclamer livraison de l’or physique. Le commentaire de Kim est intitulé « Help break the baankers’ price suppression schemes against gold an silver »

  22. Quants, un documentaire paru en 2010 sur les « alchimistes » de Wall Street. Les grandes banques se sont arrachées ces cerveaux, des doctorants pour la plupart. Pour concevoir, à l’aide de formules mathématiques longues de douze pieds, des produits financiers complexes.
    Produits qui leur ont explosé au visage en 2008.
    Des formules qui transforment l’or en plomb !

    1. Mais investir dans ces “produits financiers complexes” c’est finalement investir dans “l’évènementiel”, en opposition à l’économie qui devrait s’inscrire dans la durée. (Cela dit pour tirer la quintessence du phénomène, si j’étais pas là pour le faire y’aurait personne… 😉 )

      1. investir dans la connerie ?

        croah croah,
        comme si avoir des chiffres sur du papier fait vivre ?

        2 poules qui pondent ont + de valeurs ..

        oui,donner du pissenlit et des graines ..

        bisous acrobate

      2. D’accord avec cette idée que la spéculation boursière ou financière à court terme est déconnectée du fonctionnement de l’économie réelle sauf, et encore pas toujours, à travers la lecture des résultats comptables, ce qui n’est pas toujours le cas, certains spéculateurs ne jouant que sur des variations à très court terme des valeurs boursières.
        Dans un commentaire précédent, j’avais proposé comme mesure initiale et pour favoriser des investissements dans le long terme, de pénaliser lourdement les investissements spéculatifs en créant une taxe dégressive sur les gains tels que les plus-values boursières en fonction de la durée de l’investissement.
        Ainsi le spéculateur pur et dur achetant une valeur boursière pour la revendre le lendemain, voir même dans l’heure qui vient (et même moins) aurait à payer une taxe très forte sur la plus-value réalisée. En revanche l’investisseur en bourse voulant soutenir le lancement de nouvelles production sur le long terme aurait à payer sur la plus-value réalisée une taxe de moins en moins élevée année après année de conservation du titre.
        J’ai vu qu’il y a des tentatives de “micro bourses” un peu dans le même esprit que le “micro crédit”. La différence serait que la micro bourse implique une participation de l’investisseur à l’économie réelle et de suivre l’activité qu’elle ou il a choisi de soutenir. Notez que ce pourrait être des groupes d’investisseurs ayant des moyens même très modestes mais désireux de voir advenir certains produits ou services n’existant pas encore (Je n’arrive pas à retrouver un site web qui parlait d’investissements de l’ordre de 1 euro mini). Ces groupes pourraient partager leurs idées en matières de désirs qu’ils aimeraient voir satisfaits et décider de donner des moyens à un autre groupe, côté entreprise (au sens général du terme) pour que leurs idées de désirs à satisfaire aboutissent sans pour autant passer par la machine à broyer les initiatives que sont les marchés. Le passage par le marché du crédit pour un entrepreneur (encore au sens large) est une épreuve qui a de quoi démoraliser les plus enthousiastes… De plus ces crédits sont soumis à des remboursements très rapides qui contraignent l’entrepreneur à des comportements très agressifs pour vendre leurs produits ou services, comportements parfois peu éthiques mais toujours épuisants pour les nerfs… Tout ça parce qu’il est impossible de trouver des moyens de créer un produit ou un service sans passer par la case marché du crédit. Et encore quand les banques jouent le rôle pour lequel elles avaient été crées à l’originec’est à dire d’essayer de vraiment comprendre les projets et de faire des choix économiques, pas seulement des choix financiers…
        Oui, on est là bien loin des marchés boursiers pour les grandes entreprises déshumanisées.

        Un peu plus haut dans ce message, je parlais de groupements d’utilisateurs demandeurs de produits ou de services propres à satisfaire certains de leurs désirs, dans un modèle tiré par les demandes. Il pourrait aussi y avoir des groupes de créateurs mais sans ressources qui feraient des proposition qu’ils soumettraient à des groupes d’utilisateurs, lesquels décideraient si les créations proposées pourraient correspondre à certains de leurs désirs…
        Tout cela sans avoir à passer par les seconde partie de la machine à broyer du marché: celle de la recherche de débouchés à tout prix et tout de suite, dans la mesure où les “investisseurs” auraient été eux même à l’origine de la réalisation du projet et donc prêts à attendre son développement et les revenus qu’il est sensé dégager.

        Bon, un peu d’utopie ne peut pas faire de mal.

        Paul

  23. …puis on se tourne vers le public et on prends un air de.. comment dire, de ..
    désolement.. peut être ?

    — Autre —
    Incommoder
    Contrarier
    Être contrarié. Je me désole de ce qui vous arrive.
    Je suis désolé de vous avoir fait attendre.
    Je suis désolé, la caisse est vide.

    1. Non,

      On choisi une cause parce qu’on ne peut pas tout faire, et on s’implique pour améliorer la condition des personnes concernées par cette cause, soit de manière concrète en étant sur le terrain, soit de manière politique en se battant pour obtenir des moyens pour améliorer la situation de ces personnes.
      Dans mon cas cela a été la cause des personnes handicapées de manière pratique et concrète dans un premier temps, puis au niveau politique régional, national et finalement européen. C’est à ce niveau que j’ai pu participer à des actions politiques concernant des personnes ayant des situations difficiles au delà du handicap: Personnes âgées devenues dépendantes, personnes sans logement, personnes subissant des discriminations pour des raisons diverses: ethniques, préférences sexuelles, nationalité, etc.

      En gros il me semble que le slogan ecolo et social des années soixantes “Pensez de manière globales et agissez de manière locale” reste d’actualité. (Think globally, act Locally, slogan des jeunes en révolte dans les universités américaines, révoltes qui ont précédé celles de 1968 en Europe. comme par exemple le célèbre hymne du mouvement civique américain au milieu des années 60: “We Shall Overcome”, chanté par Joan Baez, Pete Seegers, Bruce Springsteen) ainsi que les chansons de Bob Dilan…

      Pour en savoir un peu plus sur ce mouvement des droits civiques voir:
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_des_droits_civiques_aux_%C3%89tats-Unis

      Je serais tenté de renverser une pensée lue un peu plus haut sur ce blog: “c’est à cause du capitalisme qu’il y a moins d’activités revendicatives sociales, syndicales et associatives…”

      “c’est parce qu”il y a moins d’activités revendicatives sociales, syndicales et associatives que le capitalisme continue de triompher sans vergogne…”

      Paul

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