94 réflexions sur « Message à Claire »

      1. Cher Julien, merci, pour votre précision aussi 🙂 ,
        seulement, j’aimerais savoir comment vous faite pour poster les écrans de you tube et autre…

      2. @ Omar

        Sur youtube, vous avez un petit bouton « partager » en dessous de la vidéo. Cliquez dessus, et allez chercher en bas à gauche du menu qui se déplie le bouton « intégrer ». Vous récupérez le code « iframe » qui vous est proposé, et vous le copiez-collez simplement dans un commentaire.

        Sur dailymotion, vous avez un bouton  » code embed ». Cliquez dessus puis même manip que pour youtube.

      1. super, simple, clair, précis,
        merci
        (vraiment : question super, réponse digne d’un hot-liner , au top du top …)

  1. « Aimer, c’est donner à quelqu’un le droit de nous faire souffrir. »
    (G.Perros)

    « Ton amour est ta vérité s’il t’abandonne à l’angoisse. »
    (G.Bataille)

    1. Ah j’ai lu Perros il y a longtemps ! il me reste toujours son idée de « noir psychique » et « qu’il faut bien remonter les pantalons » (il faut bien arrêter de baiser si je traduis correctement)

      1. Quelques aphorismes de Georges Perros (1923-1978), auteur de « Papiers collés » (3 vols. dans la coll. L’Imaginaire de Gallimard):

        J´écris comme on change de gare, le feu au cul.

        Ce qui m’étonne le plus dans les lieux que j’aime, c’est qu’ils soient toujours là quand j’y retourne.

        Les meilleurs écrivains actuels veulent faire un livre avec rien. Du rien. Le drame, c’est qu’ils y arrivent.

        Ma seule et folle misogynie : je ne pardonne pas aux femmes d’aimer les hommes.

        Les hommes politiques se demandent pourquoi on ne les aime pas. Ils nous prennent pour des imbéciles. L’impardonnable, c’est qu’il leur arrive d’avoir raison.

        Les sots mettent du temps pour comprendre. Les intelligents pour ne pas comprendre.

        Le désespoir, c’est quand l’intelligence prend la souffrance à son compte.

        Nous sommes loin du XVIIIe siècle, contraire absolu, où l’on profitait de l’esprit pour s’aimer, et de l’amour pour faire de l’esprit.

        Écrire, c’est renoncer au monde en implorant le monde de ne pas renoncer à nous.

        J’ai toujours retrouvé dans le quotidien le pourquoi des tendances politiques des êtres.

        Sans la littérature, on en saurait ce que pense un homme quand il est seul.

        Il faisait d’elle ce qu’elle voulait.

        On écrit parce que personne n’écoute.

        On ne peut pas se forcer à aimer, et c’est là précisément l’amour.

        J’écris quand je sens que je passe par moi.

  2. Si l’on veut trouver une âme sensible et consolatrice ce n’est pas du côté des musicien(e)s qu’il faut la chercher (dans l’hypothèse où ce message concerne un amour déçu). Je l’ai entendu dire, et je le crois, je l’ai vécu aussi ; en tout cas il est beau de savoir que l’amour n’est pas éteint en ce moment, on aurait pu croire qu’il se dévaluait comme le reste…

    On ne converti pas une personne à l’amour, et il n’y a pas non plus d’apostasie.

    Un grand chagrin d’amour comme on dit, peu durer des années… et se termine mystérieusement, lorsqu’on change de vie. Le problème est que les femmes parfois aggravent les choses par leur refus total, leur intransigeance alors qu’un petit rien suffirait à calmer le malheur d’une personne…

    Pirandello indique de se marier avec la pianiste non, dans 6 personnages en quête d’auteurs ? Elle nous éblouissent par leur art, mais il y a derrière l’artefact, principalement, le travail, la rigueur, la discipline, l’intransigeance, l’obsession, le contraire d’un bon caractère. De toute façon, on ne peut rien faire dans ces histoires, on ne peut abréger la souffrance de quelqu’un… personne ne cédera comme toujours, il n’y a aucune inventivité et aucun progrès de ce côté là.

    Il faut aimer une étrangère, un étranger pour ces dames. Toujours. Il n’y a pas d’amour endogène, c’est un leurre. C’est lorsque le dépaysement interne se double du dépaysement externe que l’on vit vraiment. Sinon c’est inutile, totalement. 50% des mariages se terminent par le divorce à Paris. C’est parce que tout le monde n’est que la copie du voisin, de la voisine. C’est la culture de l’autre qui compte autant que lui-même. On le voit à Bruxelles, ville cosmopolite, eh bien la majorité des couples à l’UE se forment internationalement. La différence culturelle rend la rencontre exceptionnelle, si exceptionnelle qu’on n’en revient pas, jamais pour ainsi dire..

    1. je me suis marié deux fois avec des femmes totalement différentes de moi, socialement pour la première, culturellement pour la seconde. deux échecs. c’est le temps qui veut cela, cette société du zapping et du refus de l’engagement.

      de tous les temps, le couple (célébré dans la mariage avant, sur facebook aujourd’hui) répond à une utilité (promesse de vie meilleure, d’enfants, de sexualité, de confort, d’émancipation aussi), parce que les femmes ne travaillaient pas et obtenaient ce nouveau statut grâce à leur beauté ou une dote. une fois mariées, elles n’avaient pas d’autre choix que de le rester.

      avec le féminisme, le divorce est devenu une utilité (promesse de vie meilleure, d’enfants pour soi, de sexualité variée, de pension alimentaire, de liberté retrouvée), parce que le système permet à la femme monoparentale, définie comme victime d’un patriarcat défini comme pervers par nos pleureuses professionnelles, de s’émanciper d’un mari encombrant ou d’une vie plan-plan selon les définitions de Marie-Claire.

      l’amour, quand il est adulte, est un don de soi. aujourd’hui, dans l’ère de l’égocentrisme absolu, il est infantile, adolescent, endogène comme vous dites. ce qui compte, c’est la quantité, l’extase amoureuse des débuts, l’orgasme renouvelé, le changement, la foultitude. Sex & the city a été la vitrine du bonheur dans la partouze. les prostituées en vivent, les autres en pleurent et tout le monde est malheureux, mais cette nouvelle modernité est devenue irréfragable.

      1. parce que le système permet à la femme monoparentale, définie comme victime d’un patriarcat défini comme pervers par nos pleureuses professionnelles

        Si le féminisme se lisait sur Marie-Claire, ça se saurait. Ces journeaux sont des outils de propagande libérale parmi les plus efficaces. Mais ce n’est pas parce que ces journeaux existent que le féminisme est ridicule. Il l’est parce que vous le ridiculisez. Je sais que je ne fais que répondre à du mépris, et que la seule réponse est le mépris. Mais quand vous vous faites harceler par les voisins, les autorités, les collectivités territoriales au risque de perdre votre santé mentale et la garde de vos enfant parce qu’on vous préfère mal accompagnée que seule, vous en avez assez de l’aveuglement et de la bétise. Vous avez tout le temps de comprendre que le Patriarcat est le terreau du capitalisme. Et de son régime politique associé, le fascisme.On comprend alors que le féminisme est la revendication anarchiste la plus… radicale. Et si le rôle de ces journeaux est de rapprocher les femmes autour de ce concept libertaire, anti-autoritaire, alors tant mieux, voyez-vous. Car il suffit de peu de mots entre nous pour nous comprendre.

    2. le travail, la rigueur, la discipline, l’intransigeance, l’obsession, le contraire d’un bon caractère
      Oui, on peut lire par exemple qu’Einstein contraignait sa femme à une discipline qui ne pouvait que la faire partir, dans le but de s’en débarrasser. Pour se libérer des contraintes familiales. On a du mal à imaginer ce caractère à l’inverse chez les femmes n’est-ce pas?
      On a effectivement du mal à comprendre (du latin cum-prendere) « l’autre » dans un couple sans se dire qu’il y aura forcément déséquilibre. La démocratie grecque s’est construite autour de ce concept de la liberté. Les esclaves , les enfants et les femmes entièrement soumis à l’autorité de l’homme enfin libre et « capable d’être dirigé comme de diriger » comme dirait Castoriadis.

      Mais il y a eu des progrès techniques. Et maintenant l’informatique est en train de changer notre société en profondeur… Je ne citerai pas tout ce qu’elle change, mais évidemment, y compris, le concept démocratique basé sur la liberté masculine.
      Et donc l’idée de la liberté dans le couple.
      Beaucoup l’ont exercée. Suffisamment pour se dire que c’est possible. « Une cellule communiste » dans sa première et plus simple expression comme dirait les Pinçon-Charlot.

      Ce n’est pas pour rien qu’Einstein a fait établir le système des brevets en Europe. Et qu’il a volé la découverte de la réaction en chaine à une physicienne allemande qui s’en était horrifiée pour la mettre dans le circuit de la guerre. Beaucoup font remonter le capitalisme à l’avènement de l’ère industrielle. Encore faut-il savoir ce qu’est le capitalisme et se soucier du destin des femmes dans ce totalitarisme.
      Déjà imaginer qu’elles ont très souvent existé en dehors de la société des hommes. Jusqu’à ce que le Vatican en décide autrement (un peu comme le Conseil des Ministres en Europe actuellement).

    1. Merci Omar de m’avoir fait connaître votre Valse de la Sensée dont le climat d’une grande intensité m’évoque Brahms et Dvorak.

      Puisque vous avez proposé Mendelssohn par Sarah Chang à Claire, je lui propose à mon tour par la même interprète cette chaconne de Vitali. Peut-être y entendra-t-elle le cri d’amour de Pierre?

      Bonne écoute.

      http://www.youtube.com/watch?v=AloBa9SPM7U

  3. Après ça, on peut mourir d’amour, et comme j’aurais aimé avoir composé cette merveille.

      1. je viens juste d’écouter, quel calme, comme c’est paisible, bravo, j’aime votre manière d’harmonie,
        musicalement 🙂
        Omar

  4. Tout homme aime deux femmes : l’une est création de son imagination, l’autre n’est pas encore née.» [ Khalil Gibran ]

    1. Tiens, ce poème est vraiment sublime… et personne ne l’a remarqué jusqu’à présent ! J’imagine qu’il a dû être soigneusement choisi ; d’ailleurs, après lecture l’on comprend (mais je peux me tromper) qu’il est adressé beaucoup plus à Paul, qu’à Claire ou Pierre. Cette fois-ci il y avait bien quelqu’un pour unir la main de l’homme à celle de la femme

      Merci ζῶ ! (et merci Paul)

  5. LA FLÛTE ENCHANTÉE EST EN NOUS MAINTENANT !

    La flûte enchantée de Mozart est avant tout un opéra alchimique.
    Mozart fut en contact direct avec un alchimiste de son époque ( Ignaz Von Born) et il ne fait aucun doute que son œuvre en a été fortement influencée d’une manière ou d’une autre.

    Dans cet extrait, Papageno en grand désespoir de ne revoir sa belle est prêt à se pendre !
    Des fées/lutins-enfants, de leurs petites voix d’oiseaux (notre pur-esprit), lui rappelle de faire sonner les clochettes magiques.

    A peine Papageno actionne-t-il le mécanisme des clochettes magiques que miraculeusement, « sa tendre aimée » apparait et se crée un flot de pensées merveilleuses.

    Chantant à l’unissons d’une seule et même voix, ils invoquent la venue prochaine de petits Papagenos et Papagenas dans la certitude qu’ainsi réunis, la réalisation de leurs souhaits est déjà en mouvement.
    Écoutez plutôt :
    http://www.youtube.com/watch?v=lcTR0rZWSGY&feature=player_embedded

    De manière allégorique, vouloir se pendre c’est lâcher prise et ne plus être, ne plus avoir de pesanteur.
    Dans la pratique de l’amour, c’est n’offrir aucune résistance.
    En alchimie, c’est l’œuvre au noir.

    Décomposer d’abord la matière brute, dissocier le pur et l’impur, ou distinguer (détricoter) nos pensées négatives de nos pensées positives tout en en rester neutre. Les pensées vont et viennent, rentrent et sortent, ce ne sont que des manifestations en devenirs possibles, des images mentales non encore manifestes.

    Et donc disais-je, qui n’a plus de poids ou de pression (de résistance), s’allège en s’élevant dans les cieux (la Lumière) en devenant plus transparent.
    C’est l’œuvre au blanc, on (se) réunifie, on ré-assemble la manière (la matière) d’orchestrer nos pensées à la lumière de notre conscience.
    Après la dissociation (décomposition de la matière/manière), on crée une harmonie en magnifiant le tout.

    C’est ce qu’a fait Papageno en actionnant le mécanisme du tintement des clochettes magiques. Il s’est tout d’un coup souvenu qui il était et d’où il venait.
    De sorte, il a transmuté ainsi son agitation (émotions négatives) contenu dans la dissonance de la matière (ses pensées brutes, son état d’esprit), pour se rendre fluide et pénétrant. Pénétrant à la Lumière.

    [ Vous aurez noté je n’en doute pas, que Papageno porte à son cou une flûte de pan.
    C’est une flûte de Pan, une flûte qui permet d’atteindre la totalité (Pan en grec signifie « tout » , aparté aussi à jean Giono dans son roman « Regain »), l’Unité que Papageno recherche alors même qu’il La porte sur son cœur (en lui). Et il ne peut la retrouvé qu’en laissant exprimer la partie féminine de son être incarnée en Papagena, sa dulcinée ]

    Cela opère une sublime réussite !
    Après que ses vœux aient été formulés (par les clochettes magiques), les voix-oiseaux des lutins (pur-esprit intuitif et féminin) l’invite à se retourner, interloqué qu’il est que son rêve se réalise sous ses yeux.

    C’est l’œuvre au rouge, l’illumination.
    La Lumière transforme sa sombre perception en éveil.
    Il a enfin retrouvé la totalité de lui-même et prend conscience de son véritable pouvoir, l’immobilité conduisant à la sagesse.
    Son esprit est désormais libre, il peut à loisir former ses vœux les plus fous et laisser exprimer sa joie.
    D’enfanter sur le champ (chant) sa propre descendance, c’est à dire de créer dans et par son seul esprit, la manifestation de tout l’amour qu’il porte en lui, ne pouvant désormais entretenir dans la quête de lui-même, que des pensées joyeuses et pleines d’élans.

    La Loi de l’attraction et l’amour à travers la flûte enchantée, c’est laisser chanter son cœur guidé par son pur-esprit.
    L’émotion négative quelle qu’elle soit, à plus forte raison dans des moments les plus sombres, n’est pas à éviter, à dénier ou à condamner mais à la reconnaitre en la vivant pleinement.

    En vidant ce trop plein, la magie peut alors opérer.
    La nature ayant horreur du vide, une nouvelle énergie peut alors nous emplir.
    Il nous appartient ensuite de nous laisser pénétrer par la Lumière, et nous laisser guider par Elle vers nos aspirations les plus chères.

    Avec l’image alchimique que nous offre cet extrait d’opéra, chacun peut alors se faire une idée du déroulement des choses et comment, avec un peu de sagesse, nous pouvons y remédier pour que l’amour ait toutes les chances d’agir à notre avantage.

    Bien et bon toujours à tous et que l’on ne se fasse un monde de rien, que la joie et le meilleur accompagnent Pierre et Claire et qu’enfin, ils se rejoignent.

  6. Monsieur Jorion, décidément je vous aime 🙂

    petite note : ca fait environ 2 ans que je suis ce blog régulièrement sans intervenir, mais là je ne résiste pas.

    A tous Bonjour !

  7. Continuez comme cela, par petites touches.
    Tout dans ce blog respire l’humanité et par les temps qui courrent ça fait du bien !
    Merci !

  8. … et moi ? Vous savez qui m’aime ? Si vous entendez quelque chose faites-moi vite une vidéo aussi ! 🙂

  9. Cupidon maintenant !
    M. Jorion vous nous aurez tout fait !
    Tout l’Univers obéit à l’amour. Aimez, aimez, tout le reste n »est rien. (La Fontaine, mais il l’a peut être piqué à quelqu’un d’autre).
    Ah ! Claire, aurez-vous un coeur de pierre ou le donnerez-vous à Pierre ?

  10. Un peu surprenant…Atypique…Force et faiblesse en même temps…C’est bien, c’est « humain », enfin.

  11. L’essentiel est que l’intention reste aussi sincère que le message d’origine. Une seule personne le sait et si tel est la cas, merci.

  12. Je relis ces jours Petr Král : Notion de base – (Flammarion)
    L’AMOUR
    « le poète fait arrêter la voiture, sort, court vers le dernier arbre au bord de la route, puis le secoue et le frappe en hurlant qu’il veut une femme, il la lui faut là même et tout de suite. ça doit bien lui manquer, mais il peut aussi chercher simplement à prouver sa virilité, et à montrer comme il est porté sur la chose. Même si tout le monde pratique celle-ci – du moins on essaie – , nous ne la faisons pas avec le même talent, ni avec la même conviction. Chacun est certes concerné et montre à travers la chose son rapport au monde, même celui qui la prend pour une gymnastique peu digne ou rêve davantage d’elle qu’il ne la fait; tout passe par là et y est lié de quelque manière, mais c’est cela même qui brouille le sens que la chose prend pour nous.
    Quelqu’un pratique l’amour comme un sport et un autre comme une vengeance, pour certains il est devoir et pour d’aucuns une distraction, une autopunition, une extase mystique, un acte terroriste, une manière de prendre le pouvoir ou de sortir de sa solitude, l’un le considère comme un simple hommage à l’instant et à la ville nocturne, l’autre même, peut-être, comme une expression de l’amour. Nous paraissons pourtant partager du moins une passion, celle pour la possibilité de s’introduire, grâce à l’amour, dans un autre espace: dans un autre corps, et une autre vie, au delà des limites de la morale courante et dans les couches les plus profondes de la nuit. Nous somme même simultanément au lit avec trois êtres différents, une dame réelle, une autre, idéale, que nous cherchons en elle, et la nuit en personne; même si nous n’affrontons parfois dans la première que sa solitude, la deuxième, par ailleurs, se confond si complétement avec la nuit ambiante qu’elle nous la fait traverser en sa compagnie. L’amour nous révèle aussi des registres ignorés de notre propre être physique; le bavardage qui accompagne notre endormissement commun, après l’étreinte, déplace tout autant vers un autre espace notre complicité avec celle qui, parmi les vivants nous est la plus proche.

    Les choses ne prennent cependant tout leur sens que par la nécessité de quitter à nouveau l’ailleurs pour l’ici; de laisser loin les espaces entrevus – et notre ouverture temporaire à leur étrangeté – pour revenir à ceux qui nous sont familiers, aux limites et à la quotidienneté de nos deux corps et de notre vie commune. L’atterrissage ne sera pas plus épargné à une princesse distante, que l’envol partagé a déjà rapproché de nous en la montrant moins lointaine, presque aussi fragile et fêlée que nous-mêmes; avec tous le luxe singulier de ses charmes et parfums, de ses regards étincelants et de ses gestes alanguis, alors qu’elle ramasse à présent ses linges avant de prendre le café avec nous, elle est elle-même enclose dans ses limites comme tout un chacun. L’amour est passage de frontières et révolte contre les données mais il n’est pas une fuite; il ne nous détourne de nos déterminations que pour mieux nous les faire admettre, le voyage dans les espaces qu’il ouvre plus loin élargit notre quotidien lui-même, et devient une fête donnée en son hommage.

    (Tout notre voyage en compagnie des autres est d’avance contenu – en condensé – dans le premier regard que nous échangeons avec eux; il nous révèle autant la proximité de nos futurs amis que la disponibilité et l’envie de compagnes possibles, tout comme il nous fait deviner en d’autres des ennemis et des étrangères. Une relation naissante trahit même d’entrée de jeu son éclairage particulier, sa nature dramatique ou conciliante; autrement elle n’est certes qu’une proposition à développer, comme une torsade de papier qui ne deviendra une fleur singulière qu’une fois trempée dans le flux du temps. la destinée nous est apparue mais sans contenus précis, la rugosité du rocher au fond du décor, la fermeté avec laquelle nous nous embrasserons devant et la force de la pluie qui mettra fin à nos baisers – ou les prolongera – se cachent encore derrière l’horizon. Reste que la soudaine rencontre de deux regards est une lueur de vérité qui, d’emblée, ne dévoile qu’un monde possible et prédéterminé, le même que révèle peu à peu, malgré les rêveries des utopistes, l’inexorable marche de l’histoire). »
    ….
    « L’amour ne commence pas par l’enlèvement des effets, il est un glissement continu, à perte de vue, de détail en détail, de la fraîche fourrure du manteau à l’oreille brûlante et du sec grésillement d’un bas à la tiédeur d’une cuisse, que l’amour relie entre eux d’une vague souple pour ressouder brièvement le monde. »
    ….
    « il est des gris laconiques et des gris alanguis, des gris élégants et légèrement désolés. Aucun gris, en revanche, ne saurait insister. »
    ….
    « De chaque bouteille de vin apparemment vidée, disent les experts, on peut toujours extraire pas moins de trente-deux gouttes, il suffit de prendre le temps nécessaire. Il est vrai – ajoutent-ils – qu’entre la pénultième goutte et la dernière, il faut parfois attendre six heures »

    http://youtu.be/dNg9SQxip5A

    http://youtu.be/OfU3OVG2Ku0

  13. J’aime bien les récrés sur le blog de Paul Jorion, surtout lorsqu’elles sont romantiques 🙂

    Et encore plus quand Julien nous met la plus belle chanson de Donny Hathaway, la star de ma folle jeunesse. Que proposer après une telle merveille… il me casse la baraque HA HA

    Allez, essayons de convaincre Claire avec un Michael Bolton plutôt melo, je manque d’imagination ou de mémoire aujourd’hui

  14. <strong>@ L’expat,
    Vous avez raison, les loges maçonniques était étroitement liées à la Voie Alchimique, ce qui a failli coûter la vie de Mozart.

    La vie de Mozart courte et mouvementée a embrassé la dernière partie du XVIIIe siècle, une époque marquée par les guerres, les révolutions et le chaos politique globale en Europe.
    Le calme, sanctuaire paisible d’une loge maçonnique serait compréhensible pour impressionner et inspirer un homme de tempérament de Mozart.

    Fait intéressant, il y avait une division au sein de la Franc-Maçonnerie du gouvernement autrichien quant à cette époque. La loge de laquelle François de Lorraine était le Grand Maître a été fermée par ordre de son épouse, l’impératrice Marie-Thérèse.
    Cependant, Joseph II, le fils de l’impératrice éclairée a été un ferme partisan de la tolérance religieuse et a regardé avec bienveillance sur l’ordonnance pour la plupart de son règne.

    Il a été suggéré que les personnages de La Flûte a enchantée représenté de vraies personnes qui ont participé à la franc-maçonnerie viennoise;. Le prince était l’empereur Joseph II et la princesse du peuple autrichien, le grand prêtre supposé représenter un Ignatz von Born, chef de la Lodge viennoise et la Reine de la Nuit était l’impératrice Marie-Thérèse, qui a organisé le raid sur lodge de son mari. Bien sûr, cela n’est que spéculation, mais il a des possibilités intéressantes. …

    Mozart fut en danger à ce moment là parce que Ignaz Von Born son mentor et avant d’être membre de la Loge viennoise, était un alchimiste.
    Mozart suivait donc cette voie plus que celle Maçonne.

    Le commentaire de mon interprétation sur la flûte enchantée de Mozard a été largement inspiré de ceci :

    Beaucoup de scientifiques, amateurs de musique, même si, ils ne sont probablement pas au courant des liens intimes entre l’histoire des débuts des sciences et de dernier opéra de Mozart et peut-être Magnum Opus, La Flûte enchantée.
    Plus de deux cents ans auparavant, en l’année de sa mort précoce en 1791 à l’âge de 35 ans, Mozart et l’impresario et acteur-manager Emanuel Schikaneder, ont collaboré pour créer l’une des œuvres les plus aimés du répertoire lyrique, mais qui a fourni de nombreux puzzles d’interprétation et de sens depuis.

    Le travail est considéré par de nombreux commentateurs comme occupant une position charnière et les plus influents au niveau ou à proximité de la transition du mouvement classique pour le mouvement romantique dans les arts.
    Les deux dernières décennies du 18ème siècle a également vu la création de la minéralogie scientifique, chimie et géologie après la disparition de l’alchimie et la philosophie hermétique spéculative sur la même période.
    Surtout, le siècle des Lumières à la fin du 18ème siècle a vu l’effondrement de l’ancien ordre social de l’ Ancien Régime et l’établissement de républiques dans ce qui avait été monarchies dans les temps anciens.

    Pas moins mystérieux est la signification réelle de cet opéra magique est la question de savoir si Mozart et Schikaneder aurait pu avoir l’aide d’autres collaborateurs. Il est suggéré ici que l’opéra est fondamentalement sur le processus alchimique, qui est sur ce qui était à cette époque, le contemporain, mais en baisse de paradigme scientifique.

    Il est également suggéré que la création de l’œuvre pourrait bien être un effort de collaboration entre plusieurs personnes dont des scientifiques et que l’histoire pourrait bien avoir été fortement influencé par la recherche scientifique contemporaine sur les procédures de fusion. …

    Le processus alchimique tel que décrit par les alchimistes médiévaux secrets et plus tard proto-scientifiques ont commencé avec la recherche de la matière première ou materia prima , invariablement symbolisée par un serpent, le serpent, dragon ou lion. En termes alchimiques, le meurtre du dragon a été la première procédure à entreprendre suivie par la noirceur ( nigredo ) et l’apparition de la Tête du Corbeau.
    Après de nombreuses dissolutions coagulations ( solve et coagula ) l’apparition d’oiseaux blancs, comme la colombe symbolise l’arrivée de l’étape de blanc ( albédo ) de l’œuvre.

    Après plusieurs procédures de laboratoire impliquant des lavages, des purifications et éventuellement un chauffage prolongé, le stade multicolores de la queue du paon ( cauda pavonis ) est apparu et finalement l’or ou rouge ( rubedo ) stade a été atteint avec la production de la pierre philosophale. Souvent, les dernières étapes du processus ont été accompagnés de descriptions et de symboles d’arbres et de fleurs (roses couramment).

    – Alfred Whittaker, British Geological Survey, conférence à la Société autrichienne minéralogique à Vienne le 13 Octobre

    Mais l’important est ailleurs.
    L’Imagerie alchimique est une façon de raconter …

    … le voyage du héros mythique, en termes d’obtenir l’or de la matière de base. L’or est capturé dans la matière de base: materia prima .
    Et si la cuisine alchimique et tout ce qu’ils font, en versant des choses dans et ainsi de suite, l’or est sorti. Et l’or est votre propre vie spirituelle qui est obscurci dans la pure question de vos intérêts physiques.
    Le fonctionnement de la méditation mythique est de faire ressortir, mettre à jour, l’or de votre caractère spirituel. Vous devez vous déplacer en cela lentement, et c’est ce que les épreuves sont.
    L’épreuve est une clarification progressive et la purification de votre vie.

    – Joseph Campbell, Le voyage du héros (1990).

    1. «  » »Psychologie et alchimie

      Avec Psychologie et Alchimie, nous pénétrons dans un domaine où le génie de Jung éclate avec une entière originalité.

      ………………Éclairant et élucidant une énigme fondamentale du passé, cet ouvrage ouvre aussi les portes d’un avenir plus humain : l’homme enrichi par les apports de l’inconscient collectif apprendra de mieux en mieux à se désaliéner des fascinations abusives et à se recentrer avec de plus en plus de fraternité sur le seul bien dont on doit être tout à fait certain, sur lui-même, sur l’homme et ses étonnantes potentialités.
      http://www.cgjung.net/oeuvre/psychologie_alchimie.htm

  15. Je dois faire une confidence , je suis trés touché par ses magnifiques créations .
    Au delà de ce que j’arrive à exprimer . On touche au sublime , on découvre quel incroyable potentiel a la générosité de l’ame humaine . En plus c’est gratuit .
    Je me surprends à vibrer à l’unisson de tel sentiments . Merci .
    Un regret pour Tolstoi , les rapports avec son épouse , était à l’opposé de ces nobles sentiments , ce qui nous renvoit d’une
    maniére terrifiante à notre condition terrestre .

  16. Les Séparés

    N’écris pas – Je suis triste, et je voudrais m’éteindre
    Les beaux été sans toi, c’est la nuit sans flambeau
    J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre,
    Et frapper à mon coeur, c’est frapper au tombeau
    N’écris pas !

    N’écris pas – N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes
    Ne demande qu’à Dieu … qu’à toi, si je t’aimais !
    Au fond de ton absence écouter que tu m’aimes,
    C’est entendre le ciel sans y monter jamais
    N’écris pas !

    N’écris pas – Je te crains; j’ai peur de ma mémoire;
    Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent
    Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire
    Une chère écriture est un portrait vivant
    N’écris pas !

    N’écris pas ces mots doux que je n’ose plus lire :
    Il semble que ta voix les répand sur mon coeur;
    Et que je les voix brûler à travers ton sourire;
    Il semble qu’un baiser les empreint sur mon coeur
    N’écris pas !

    Marceline Desbordes-Valmore

    1. Magnifique poème, vraiment magnifique.
      Il ouvre la perception d’un véritable ressenti.
      L’auteure est à deux doigts de l’éveil.
      La dimension divine qui sommeille en elle, se révèle.
      Et il faut parfois passer par bien des épreuves, de deuils et de douloureuses expériences pour qu’enfin, dans l’acceptation et le lâcher prise, celles-ci fassent place à la plénitude et la joie.
      Tout devient alors égal et transparent.
      Merci infiniment pour ce partage.

      1. @ Sam’s

        Mais où tu vois tout ça? C’est un poème très médiocre d’une poétesse de 3e ou 4e rang. « Les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau » c’est nul. Et si j’avais le courage de chercher, dans mon bordel de livres, l’anthologie publiée par Gallimard dans la collection « Poésie » je te citerai des vers encore plus nuls…

    1. « Il n’y a pas d’amour heureux », c’est vrai mais le bonheur est-il le but de l’amour ? On est pas amoureux pour être heureux, ni même pour être malheureux. Lorsque l’on est amoureux on devient seulement plus que soi-même, par la nature de la relation et pas par la fusion..
      C’est déjà pas mal et chacun vit cela à sa façon.
      J’aime bien cette chanson de Jacques Brel qui dit tout ça mieux que moi.
      http://www.wat.tv/video/jacques-brel-chanson-vieux-x75m_2gh7d_.html

  17. Pour faire suite, un texte d’une source et d’un auteur inconnu :

    LA JOIE
    … Lorsque nous sommes en mesure de d’agir à partir de la perception de nos ressentis, nous n’avons nul besoin de loi. Là où il y a amour, il n’existe pas de loi.
    Lorsque nous pouvons ressentir les conséquences de nos pensées, de nos paroles et de nos actes avant de les mettre en place, nous n’entretenons pas de comportements blessants et réactifs. Nous fonctionnons alors à partir d’un point d’amour authentique et de respect pour toute forme de vie.
    Personne n’a à nous dire comment nous devons mener notre expérience en ce monde; notre cœur accomplit cette guidance naturellement.

    Jusqu’à ce que nous devenions capables de sentir notre propre peur, colère et douleur, nous ne pouvons connaître ce qu’est la joie. Jusqu’à ce que nous soyons capables d’embrasser notre propre mal-être intérieur, nous croyons à tort que la joie est un état émotionnel qui est à l’opposé de notre état d’inconfort.
    Nous croyons à tort que la joie est « un état émotionnel dans lequel nous nous sentons « heureux ».

    Il est inexact de penser que la joie est une émotion, en particulier ‘une émotion heureuse’.

    La joie ne signifie pas se sentir bien; la joie signifie pouvoir tout ressentir.

    La joie c’est permettre à tous les ressentis de pénétrer dans notre conscience sans en censurer certains et en favoriser d’autres. La joie n’est ni le bonheur ni une émotion, la joie est « la relation consciente que nous entretenons avec notre corps émotionnel ».
    Nous ne pouvons donc connaître la joie authentique que lorsque nous mettons fin à notre relation réactive avec notre corps émotionnel.

    Notre volonté de pénétrer avec sensibilité dans une conscience où nos propres peurs, colères et douleurs auront été supprimées est donc un élément crucial du voyage.
    En nous permettant de ressentir notre peur, notre colère et notre chagrin, nous réveillons notre capacité de ressentir à nouveau – de ressentir profondément.
    Cette capacité nous permet de sentir ce qu’est véritablement la vie.
    La vie n’est pas une pensée, un concept ou une idée.
    Elle n’est pas non plus une circonstance physique.
    La vie en son cœur est un ressenti.

    Nous ne pouvons connaître le sentiment d’être en vie tant que nous fuyons inconsciemment le malaise résidant dans nos cœurs. Nous ne pouvons savoir ce qu’est la vie lorsque nous nous échappons du moment dans lequel nous sommes en croyant à tort qu’il existe quelqu’un ou un lieu autres qui vont nous sauver de ce monde.

    Cependant, dès que nous nous permettons à tous les sentiments de nous pénétrer – un processus qui au départ commence par le désir de vouloir consciemment faire face à notre peur, notre colère et notre douleur – nous réveillons la perception de nos ressentis.

    Grâce à l’expérience de la perception des ressentis, toutes sortes d’aperçus s’éveillent en nous comme un lever de soleil nous délivrant d’une longue et sombre nuit.
    Une fois que nous cessons de fuir notre malaise intérieur et au lieu de cela y répondons comme un moyen de nous apprendre à ressentir, l’expérience merveilleuse que nous avons tant attendue apparaît à l’intérieur, devant et tout autour de nous…

    C’est un peu cela faire chanter la flûte enchantée en nous, Mozart l’a si bien retranscrit dans son oeuvre.
    À l’approche de l’effondrement qui pointe et quelques soient nos peines de coeur, il ne s’agit plus de dénoncer, de se languir ni de comprendre, mais d’expérimenter et de croire en nous et en tous les possibles.

    Alors jouons de notre flûte enchantée et que l’on ne se fasse un monde de rien.
    Que le meilleur soit !

  18. « Il y a des jours où tu me manques tellement que je voudrais crever tant ça fait mal »
    Souvenez-vous c’est une scène de « Brockeback Mountain » , c’est beau, c’est puissant et ça veut tout dire …

  19. Tiens, un homme….Au sens humain du mot….Ça faisait longtemps que je n’en avais pas croisé un sur le net…Entre les jeux de yo yo des bourses et les aigrefins de la finance….Un rayon de soleil….
    Monsieur Jorion, je vous soupçonne d’être romantique…Comme tout bon belge qui se respecte

  20. Ce Pierre-là?
    http://www.youtube.com/watch?v=nB-mYuAa5QY
    Barbara 1964

    Sur la campagne endormie,
    Le silence et puis un cri,
    Ce n’est rien, un oiseau de la nuit,
    Qui fuit,
    Que c’est beau cette pénombre,
    Le ciel, le feu et l’ombre,
    Qui se glisse jusqu’à moi,
    Sans bruit,

    Une odeur de foin coupé,
    Monte de la terre mouillée,
    Une auto descend l’allée,
    C’est lui,

    Oh, Pierre,
    Pierre…

    Mais peut-être que Claire préfère s’envoler?
    http://www.youtube.com/watch?v=i6XBPnJSWto&playnext=1
    Nicole Rieu

  21. 29 secondes…… il ne faut que 29 secondes pour qu’une soirée change.

    Merci Paul et tous ceux qui ont participé à ces moments de bonheur et de partage. J’ai vraiment passé un moment extrêmement agréable en votre compagnie.

    Je fais un rêve aussi, c’est que Claire partage les même sentiments que Pierre, c’est tout le bonheur que je leur souhaite

  22. Quel message touchant de simplicité, tout le contraire de l’amour au final!
    L’amour est plus complexe encore que l’économie, qu’une crise boursière, tout explose, et puis en définitive celà repart toujours de plus belle!

    Une petite chanson pour Pierre et Claire : Claire de BAXTER DURY avec un très beau clip en prime!

    http://www.youtube.com/watch?v=gn-afFAgIFs&ob=av2e

  23. Sympa.
    Claire la violoniste, puisses-tu entendre ce message !
    😀
    Ce message vous honore, Paul.
    Tant que nous serons capable de nous émouvoir, tant que nous serons capable d’agir avec désintérêt pour essayer de donner un peu de bonheur à d’autres… nous serons toujours humains.

  24. à part la 1ère phrase où il ne sait pas son prénom…

    http://www.youtube.com/watch?v=SgpRmjLZGDk

    chanson très belle je trouve qui me faisait craquer étant ado « …j’ai le coeur trop grand pour moi, il bat trop fort pour moi, oui c’est ça… » ou encore « …son rire me fait souffrir… »

    allez Claire quoi ! dis lui que tu l’aimes toi aussi

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