LE VIF – L’EXPRESS, “Sans révolution, ce sera la chute de l’empire romain”, le 7 octobre 2011

L’Entretien, cette semaine, c’est avec moi.

Rassurez-nous. Les bourses vont remonter ? La croissance va repartir ?

> Paul Jorion : Vous avez le mot pour rire ! Non, non, c’est plutôt mal barré… Même les prévisions du FMI sont mauvaises pour cette année et pour 2012. Et cela risque d’être encore revu à la baisse, car l’Europe et les Etats-Unis entrent en récession. Ils y sont déjà, en réalité. Tout cela aura des répercussions jusqu’en Chine qui a besoin de ces deux partenaires commerciaux pour ses exportations. Je ne vois vraiment pas d’issue immédiate. Ce qui se passe aujourd’hui était tellement prévisible depuis deux ans.

Jusqu’où peut aller la récession, selon vous ?

> Nous sommes en bonne voie pour la dépression. Normalement, une récession dure six mois, puis l’économie remonte dans des proportions semblables à sa dégringolade. Le problème, ici, est qu’on a assisté à un tout petit sursaut, mais globalement, depuis 2009, on est resté dans le fond… Comme il n’y a pas eu de véritable rebond, on risque de retomber plus bas.

Ce mouvement vers le bas se renforce-t-il avec la dette croissante des Etats ?

> Vous savez, les dettes publiques existent depuis le milieu des années 1970. Le phénomène n’est pas nouveau. La différence, aujourd’hui, est que les Etats portent à bout de bras le secteur financier. Et ça les plombe. Avec la récession, les rentrées fiscales diminuent. Ils n’ont plus de marge de manœuvre.

Il faut donc durcir la discipline budgétaire, comme on s’y attelle en Europe ?

> Il faudrait d’abord changer le système de mesure. Car mesurer la dette en fonction du PIB, soit le potentiel économique d’un pays, c’est un artefact. Historiquement, en 1944, les pays qui avaient connu une économie de guerre n’avaient plus les moyens d’évaluer leurs rentrées fiscales. Les Etats ont alors décidé de ne plus mesurer leurs dépenses par rapport à leurs rentrées, mais par rapport à leur PIB. C’était provisoire. Cela aurait dû durer cinq ans tout au plus. Mais on a maintenu le système, par habitude, sans même plus savoir aujourd’hui pourquoi on l’a imaginé. Désormais, l’Allemagne va l’inscrire – c’est la fameuse règle d’or – dans sa constitution et obliger les autres membres de l’Eurogroupe à la suivre. C’est du délire ! On ne peut mesurer ses dépenses que par rapport à ses rentrées, comme les ménages le font.

Certains économistes prônent de faire tourner la machine à billets pour résorber la dette des Etats. Une bonne chose ?

> Seuls les Etats-Unis peuvent se le permettre, parce que le dollar est toujours une monnaie de référence et de réserve. Il y a une demande sur les marchés internationaux. Mais actuellement, l’économie américaine ne représente plus que 25 % de l’économie mondiale, alors qu’elle en représentait 70 % après la Guerre. Imprimer des dollars n’a donc plus vraiment de sens. Cela pourrait, à terme, se retourner contre les Etats-Unis.

Il n’y a pas d’issue au déclin américain ?

> Avec un président comme Barack Obama, je ne vois pas comment les Etats-Unis peuvent s’en sortir. Il est incapable de prendre des mesures courageuses. C’est vrai que, maintenant, il doit faire face à une opposition très dure, majoritaire au Congrès. Ce n’était pas le cas au début de son mandat. Mais il était de toute façon le candidat de Wall Street : il a d’ailleurs nommé une équipe recrutée à Wall Street. Non, c’est un nouveau Roosevelt qu’il faut aux Américains. L’ancien président avait présenté son New Deal en 1933, dès son entrée en fonction.

Taxer les riches comme Obama veut le faire avec la loi Buffett, du nom du milliardaire qui a lui-même demandé à être davantage taxé, est-ce une bonne chose ?

> Cela fera rentrer un peu d’argent, mais ce ne sera pas suffisant. Le vrai problème est celui de la concentration des richesses. En 2008, on a atteint le sommet de 1929 : un tiers des richesses appartenant à 1 % de la population ! On voit donc qu’il y a un rapport entre la concentration des richesses et les crises. Dans les années 1930, Roosevelt a normalisé les choses en taxant les riches jusqu’à 95 %. Ce n’est pas de cela qu’on parle aujourd’hui. Il ne suffit pas de taxer les revenus du capital, il faut taxer le capital lui-même. Mais les politiques n’osent pas. Que font-ils ? Ils écrivent une tribune libre dans le Wall Street Journal pour dire qu’il faut agir, comme l’ont fait Nicolas Sarkozy et Gordon Brown en 2008. Quand des chefs d’Etat en sont réduits à écrire des articles de journaux pour lutter contre la spéculation, c’est qu’ils ont perdu tout pouvoir…

L’Europe ne va pas bien, non plus. L’Euro vit-il ses derniers jours ?

> On peut encore le sauver, si on introduit une bonne dose de fédéralisme au sein de l’Union européenne. Mais les choses ont été faites à l’envers. Mon père, qui était haut-fonctionnaire en Belgique et a été associé à la construction européenne, le disait souvent à l’époque « On est en train de constituer uniquement l’Europe des marchands ». Il avait malheureusement raison. Le traité de Maastricht en a été la confirmation. On a toujours prétendu que le reste viendrait par après. Mais cela ne s’est jamais passé. Et, aujourd’hui, on est obligé de faire avancer le fédéralisme à marche forcée, en quelques semaines, alors qu’on a eu cinquante ans pour le faire.

Face à la crise, vous évoquez l’idée d’une Constitution de l’économie. C’est-à-dire ?

> Parce que, dans le contexte actuel, un chef d’entreprise qui veut devenir vertueux perd automatiquement son business. Il faut donc imaginer un système qui ne pénalise pas les comportements vertueux, mais les encourage. Le meilleur moyen me semble être une Constitution mondiale qui édicterait des principes très généraux qui auraient des conséquences en cascade qui finissent par atteindre le particulier. Un peu comme les droits de l’Homme. Ce n’est pas nouveau. Saint-Just l’avait imaginé pendant la Révolution française.

N’est-ce pas illusoire dans le monde de 2011 ?

> Il faut qu’il y ait un tournant. Sinon, ce sera la chute de l’Empire romain… Si ce tournant a lieu, on connaîtra un autre type de société, comme on est passé d’une société féodale à une société de type industriel. Souvenez-vous : qu’est-ce qui a permis à la France de véritablement sortir de l’Ancien régime ? C’est le code Napoléon, une constitution qui a vu le jour après la Révolution et qui nous sert toujours de repère.

Dans votre dernier ouvrage, vous annoncez la fin du capitalisme. Le capitalisme n’a-t-il pas la capacité de se réinventer ?

> Ce n’est plus vrai, car le néolibéralisme a tué le capitalisme. Auparavant, et depuis Bismarck, le système capitalisme était viable, car il maintenait un niveau de satisfaction suffisant au sein de la classe ouvrière, empêchant ainsi toute velléité révolutionnaire. Mais le courant ultralibéral a considéré que le système capitaliste était tellement parfait qu’il ne fallait même pas se concilier les prolétaires, c’est-à-dire aujourd’hui les salariés, qu’ils étaient acquis à la chose et qu’on pouvait supprimer l’Etat providence. Ce fut une grave erreur de calcul. Les ultralibéraux sont en train de précipiter la fin du capitalisme. Voyez le Tea-party aux Etats-Unis…

Quelle différence avec 1929 ? Les Etats étaient aussi endettés, le chômage élevé…

> Aujourd’hui, la crise économique et financière vient s’ajouter à une crise écologique. Nos ressources énergétiques classiques sont épuisées. En 1929, le processus de colonisation n’était pas terminé : les grandes puissances pouvaient encore se servir en Afrique. Et puis, surtout, nous en sommes arrivés à un tel degré de complexité dans nos interactions que l’homo oeconomicus – cet être rationnel qui sait maximiser sa satisfaction en utilisant au mieux ses ressources et en anticipant les événements du monde qui l’entoure – ne sait plus gérer ces interactions. Il est dépassé. Il ne peut plus prévoir le résultat qu’il va obtenir ni la manière d’y arriver. La complexité des produits financiers est, à ce titre, édifiante…

Karl Marx avait donc raison ?

> A l’époque, la pensée économique développée par Adam Smith, Richard Cantillon, François Quesnay ou David Ricardo pointait les faiblesses du système capitaliste et sa possible disparition à terme. Mais, pour Marx, la fin du capitalisme tenait davantage du programme que du constat. C’est ce qui a d’ailleurs poussé le lobby financier à trouver et à « sponsoriser » des économistes qui disaient le contraire, comme Léon Walras, Carl Menger ou W. Stanley Jevons. Cette dernière branche a culminé dans les années 1950 au sein de l’éclatante école de Chicago, dont les moyens alloués étaient considérables. En fait, Marx a tué la science économique en disant qu’il fallait faire la révolution. Pendant cent quarante ans, un seul discours idéologique a dominé : celui qui était produit par le monde financier et qui consistait à répéter que le système capitaliste est immortel. Aujourd’hui, même le Wall Street Journal reconnaît que Marx avait raison.

Quelle est l’alternative au capitalisme, alors que le communisme est déjà mort ?

> Difficile à dire. Je suis anthropologue, je pose des constats. Je suis un facilitateur de réflexion. Je ne suis pas un politique. Je n’ai pas de programme. Cela dit, on peut avancer quelques pistes : un ordre monétaire international, une autre manière de redistribuer la richesse créée, une autre relation entre le travail, qui se raréfie, et le revenu… Encore faut-il imaginer comment agencer tous ces blocs. Je pense aussi qu’il faut revenir vers un monde moins complexe. Un exemple : les actions d’une société, qui témoignent de la bonne santé de celle-ci, doivent-elles être cotées en bourse à l’échelle de la microseconde ? On sait que la santé d’une entreprise évolue à un rythme trimestriel. Pourquoi ne pas coter ces sociétés une fois par semaine, un peu comme on le fait pour les émissions d’obligations ? Permettre de le faire à la microseconde, c’est permettre aux parieurs de gagner de l’argent facile en mettant ces sociétés en danger. Vous savez, la spéculation était interdite en Europe, jusqu’à la fin du 19e. Il suffirait de ressusciter les textes législatifs d’alors…

Certains vous traitent de communiste parce que vous prédisez la fin du capitalisme. Qu’en pensez-vous ?

> A ma connaissance, une seule personne a eu cette réaction, c’est le journaliste français Eric Le Boucher (NDLR : du magazine Enjeux-Les Echos). Je ne pense pas être le seul à avoir un intérêt pour la pensée de Marx… Mais, pour tout vous dire, j’ai davantage d’ennuis avec les marxistes eux-mêmes qui considèrent que mes critiques à propos de certains points du marxisme, concernant par exemple la formation des prix, sont sacrilèges. Mais on a affaire là à une école doctrinaire. La pensée marxiste a d’ailleurs peu évolué, parce que les marxistes l’ont le plus souvent figée.

Votre blog fait toujours partie du top des blogs économique. Vous en vivez toujours ?

> Oui, oui. Les contributions des internautes tournent toujours autour de 2 000 euros par mois. Pour le reste, les livres que j’écris font partie d’un genre dont les ventes ne sont pas celles des best-sellers. Et je ne suis pas salarié. Aucune université n’a voulu de moi depuis mon retour des États-Unis. Je pense que mes propos dérangent le monde académique, mais les choses peuvent évoluer !

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156 réflexions sur « LE VIF – L’EXPRESS, “Sans révolution, ce sera la chute de l’empire romain”, le 7 octobre 2011 »

  1. Les ressorts de la crise de 1929, me paraissent quant à moi les mêmes que ceux d’aujourd’hui, la complexité ayant juste permis de voiler plus encore la chose… Si les fondements sont différents, c’est simplement le fruit de la technologie et de l’avancée du culte de l’intelligence, qui permet de donner crédit à tout et n’importe quoi, pourvu que cela soit logique et compréhensible par les gens doués d’intelligence, et que cela donne l’impression de façonner le monde.

    Fondamentalement, le problème reste la croissance: comment aller vers un meilleur monde? Personne n’a rationnellement de réponse. Pas plus en 1929 qu’aujourd’hui.
    La déblacle financière actuelle a surtout pour origine le fait qu’on n’a pas su trouver autre chose pour soutenir l’économie après les starts up que de mettre en jeu les besoins fondamentaux: circulation (pétrole) et logement. Le système capitaliste s’est très bien acommodé de cette direction, puisque ce système met la possession au dessus de tout. La considération des salariés n’ayant plus lieu d’être depuis la chute du communisme, on est allé au bout, et voilà.

    En 1929, il me semble que l’on s’est trop enthousiasmé pour l’industrialisation, pensant à l’époque que c’était l’alpha et l’oméga du bien être… Puis ROOSEVELT et la guerre.

    1. Comme en 1929 , les ultra-libéraux ne se posent pas la question du “comment vivre” , du moment qu’eux vivent bien .
      Les guerres , et fait nouveau , les catastrophes écologiques …risquent fort de leur redonner le sens de la solidarité .

      Un monde meilleur est forcément un monde plus humain.

  2. C’est le culturel donc des hommes comme Paul Jorion qui peuvent décrire une situation d’avenir viable. En pleine crise qui vient cette situation peut devenir un but collectif , alors le politique trouvena le chemin de mise en place.
    Mais attention il faut aussi faire de même avec les institutions politiques. Et surtout le Culturel
    doit être indépendant du Plitique et de l’Economique. En Allemagne on a déja travaillé à son financement. Le bonheur où le moidre malheur est lié à cette ronde des 3 pouvoirs..

  3. Les révolutions, les Nobels de la paix, les véritables Universités sont sur internet à présent. C’est ici que ça bouge, ici que ça cogite, ici que ça circule… Jorion est beaucoup trop vivant pour habiter les coquilles mortes que sont l’ENS, l’Ecole Polytechnique ou au Collège de France…
    Steve Jobs mort, reste à inventer l’i-Nation !

    et la république 5.1

    pourquoi trainer chez paul jorion alors même que vos opinions diffèrent?

    c’est aussi un professeur et à ce titre il est bon de structurer sa pensée à son contact.

    en prime, c’est gratuit.

  4. “Aujourd’hui, la crise économique et financière vient s’ajouter à une crise écologique. Nos ressources énergétiques classiques sont épuisées”.

    Lu dans le magazine hebdo du Monde de ce samedi.
    “La terre vit à crédit depuis le 27/9 selon le think thank californien “Global Footprint Network”
    “A cette date nous avons déjà consommé ce que la planète est capable de produire en 1 an”.
    Pour boucler 2011 Il faudrait :
    “couper plus d’arbres qu’on en replante, rejeter plus de CO2 que la terre peut en absorber, pêcher plus de poissons sans leur laisser le temps de se reproduire”.
    30 ans que ça dure, que l’on vit à découvert, un déficit bien plus inquiétant que celui des finances publiques !
    Tous les habitants ne sont pas égaux.
    Si chacun “vivait comme un citoyen moyen des USA ou des Emirats arabes unis il faudrait une bio-capacité équivalent à plus de 4,5 planètes pour répondre à la consommation de l’humanité”
    “Aujourd’hui il faudrait entre 1,2 et 1,5 Terre pour répondre aux besoins des Terriens qui seront bientôt 7 milliards”

    Alors continuons à consommer gaillardement, après nous le déluge.
    Rappel : les énergies fossiles seront épuisées dans 200 ans.
    Si sous Napoléon on avait été dans cette situation, qu’en serait il de nous aujourd’hui ?

    1. Imaginons,
      Ce déficit écologique aurait justifié des mesures de réduction drastiques pour le train de vie de la majorité des péquenots tandis que quelques privilégiés auraient continué à gaspiller joyeusement en édictant des lois qui auraient préservé leurs avantages.

    2. Réminiscence de ce que j’avais écris il y a lurette? A peu près :
      Si il y a deux siècles, disons sous Napoléon, les gens avaient épuisés les ressources, pourri l’eau, la terre, l’air, fait disparaitre faune et flore, que penserions-nous d’eux aujourd’hui?

  5. Malheuresement il n’y a pratiquement pas de synérgie entre les différentes voix critiques en Europe, il me paraît donc difficile d’enclencher un changement véritable. Parmi les mouvements et partis récemments émergés, il y a en Allemagne un nouveau parti qui connaît un bon succès: la “Piratenpartei”, elle est, me semble-t-il, assez proche des idées de Paul Jorion.

  6. « Sans révolution, ce sera la chute de l’empire romain »
    ( j’ ai tout lu -22h00mn- puis retour au titre…)

    Quelle révolution ?
    Une bien saignante genre 1789, avec le sang impur dans les sillons ?
    Ou quoi ? une pacifique , le rapport de force mutant en force de l’amour
    universel , par la grace d’internet ?

    Quel Empire ?
    L’ autre choix, l’effondrement de l’ Empire romain : sait-on bien de quoi on parle ?
    Il a été interminable et chaotique, très mortifère, retour à la friche et au dépeuplement;
    un génocide par abstention…
    Pas souhaitable.

    Pourquoi pas l’exemple de l’ empire brit : entre 1945 et 1963 , il s’est effondré
    sans trop de dégats. Les peuples ont été rendu à eux-mêmes; l’Empire
    n’aura été qu’une courte parenthèse. Ils y auront gagné une langue moderne
    et la common law , bien pratique.

    Menacer, comme d’une punition, de la chute de l’ Empire Romain ne me plait pas.

    Ni révolution, ni chute impériale, mais Evolution.
    Nous avons des tas d’ acquis à garder, sociaux, humains et intellectuels.
    Le reste sera à passer par dessus bord, sans regret. La discrimination
    ne sera pas difficile.

    La Crise des années 2000 est sans doute universelle, mais elle sera surmontée
    pas à pas, une priorité après l’autre, sans perte majeure et sans que notre
    liberté soit menacée. Nous sommes 99% environ, peut-être 60%
    en défalcant les faux-traitres qui pèsent 1400 milliard d’ Euro en France.
    Les 1% restant – plus les faux et demi-complices- ne vont quand même pas
    nous obliger à choisir entre une Révolution sanglante ou une nuit de bas-moyen-age,
    post chute d’ Empire.
    Nous valons mieux que cela.

    1. Paul ne propose certainement pas le bain de sang que vous annoncez.
      Une révolution de civilisation est la seule alternative
      à la barbarie sociale et écologique qu’entraine l’agonie du capitalisme.
      La classe dirigeante resistera par la violence.
      La seule façon de la limiter, c’est d’en convraincre les 99 %,
      l’indignation générale, les résistances sans répit,
      jusqu’au tous ensemble, et l’action déterminée dans l’affrontement général,
      autrement la force et le nombre.
      Ce blog contribue utilement à cette sortie par le haut.
      L’espèce humaine a le choix de la date de sa disparition.

      1. @ Marlowe
        C’est bien sûr un clin d’oeil au mouvement de Liberty Place(USA)
        puisque leur slogan est “We are 99 %”.
        Maintenant, si nous ajoutons le nombre des personnes
        qui peuvent ,d’ici 3 ou 5 ans,
        prendre pleinement conscience des désastres pour les humains
        et l’écologie qu’entraine la poursuite de la dictature du capital,
        nous pourrions avoir une majorité écrasante mobilisée contre le capital.

        Evidemment, même dans la crise énorme de légitimation du capital,
        il continuera à entretenir une garde rapprochée idéologique
        et une bande d’hommes armés.

  7. Les bourses rebondissent fortement, elles ont l’air satisfaites de la réunion Sarkozy Merkel bien que rien de concret n’en soit sorti (au niveau des mesures concrètes, pour l’instant on a juste des promesses) et des chiffres économiques qui sortent bien mieux qu’attendus depuis 3 semaines aux états unis. Ce soir les premiers chiffres de bénéfices sortent aux US. On verra ce que ça donne, mais j’ai l’impression qu’ils sont repartis comme en 40 !

    1. Je n’y entends pas grand chose et vais peut-être dire une énormité.
      Cependant, mon point de vue sur le sujet pour avoir fait joujou dernièrement avec des simulateurs de jeu boursier (place parisienne) :
      – Le système est virtuel, essentiellement basé sur la confiance (où est donc le lien cours – valeur intrinsèque ?)
      – Les spéculateurs pour gagner on besoin de volatilité mais doivent également “éviter” une chute permanente
      – Les spéculateurs cherchent des indices tout azimuts, notamment dans les publications et annonces officielles, dont ladite réunion FR/G
      J’en conclus que l’ensemble des spéculateurs est bien content de pouvoir interpréter ça comme une bonne nouvelle et l’interprètent ainsi, ce qui en fait une bonne nouvelle en faisant monter les cours…
      Prédictions auto-réalisatrices ? A mon sens nous sommes en plein dans ce jeu de miroirs, jusqu’à ce que l’ensemble tombe en fracas.

      PS : sur l’épisode C.A. récent j’aurais pu gagner plusieurs milliers d’€ en spéculant les quelques dizaines que j’ai en banque… Diable, où est le sens de tout ça ?

  8. Est ce que le fédéralisme européen va mener à d’autres décisions de ce genre ?

    L’Europe va aider les Airbus chinois. Un sujet qui illustre à merveille la complexité du débat actuel sur mondialisation.

    >…. les A320 fabriqués dans l’usine Airbus de Tianjin et destinés au marché chinois bénéficieront, eux aussi, de la garantie européenne. Cela veut dire que si une compagnie aérienne chinoise fait faillite, ce sont nous, les contribuables européens, qui paieront la facture. Bref, on aide les Airbus chinois. Airbus en rêvait, les gouvernements de Paris, Berlin et Londres viennent de dire banco….</blockquote

    http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/airbus-l-europe-bonne-poire-a7036.html

  9. Fort bon entretien, bravo! Espérons que beaucoup de gens l’aient écouté avec attention… Même si tout peut arriver, le pire reste probable. Si le pire survient, le gens auront tout intérêt à se poser les bonnes questions, plutôt que de gober la propagande libérale et financière…

  10. Ping : Anomaly
  11. Entretien très enrichissant, cela donne envie de vous lire. Votre travail de sape va finir par éroder la vision figée du complexe économie-banque-finance.
    En partant d’un modèle physique de répartition de masse appliqué à la répartition de richesses (entre finalement deux classes sociales) je suis aussi arrivé à la conclusion que nous sommes à l’aube d’un point de rupture ou d’un changement radical. La question est quand? (article )
    Au plaisir de vous lire,
    Daniel

    PS: pardon pour le post automatique précédent, je ne savais pas encore comment marchait le système de trackball ^_^

  12. c’est enrichissant,

    vous pouvez bien éplucher wikipedia et tomber en surfant sur des noms comme léon walras, parcourir brièvement ses travaux tout en tentant de le recaser dans la genèse des sciences économiques, du moins depuis adam smith,

    mais ce genre de détails…

    A l’époque, la pensée économique développée par Adam Smith, Richard Cantillon, François Quesnay ou David Ricardo pointait les faiblesses du système capitaliste et sa possible disparition à terme. Mais, pour Marx, la fin du capitalisme tenait davantage du programme que du constat. C’est ce qui a d’ailleurs poussé le lobby financier à trouver et à « sponsoriser » des économistes qui disaient le contraire, comme Léon Walras, Carl Menger ou W. Stanley Jevons. Cette dernière branche a culminé dans les années 1950 au sein de l’éclatante école de Chicago, dont les moyens alloués étaient considérables.

    … valent leur pesant d’heures de lecture.

  13. Il faut admirer le style de l’interview, dans cette revue pour cadres francophones de Belgique. Des questions simplistes, qui évoquent le ‘bons sens à la belge’, cad les lieux communs. “Rassurez-nous”, capitalisme et communisme, crise de 29, etc.
    Les références intellectuelles sont tronquées (en note), les références sociales (Attali, Elysée) et le titre (qui n’est pas l’essentiel de l’article) cherchent à donner le frisson, ce qui est difficile dans un pays où on résiste au froid humide grâce à la graisse des frites.
    Et l’auteur d’interview ne cherche pas à disputer sa propre compétence avec l’interviewé, ce qui aurait été le cas en France.
    L’essentiel : c’est un belge, cocorico ! Le ciel peut nous tomber sur la tête.

  14. “Le chemin de l’espérance”, c’est le titre du dernier petit livre commis par nos 2 anciens toujours vifs et verts, Stéphane Hessel et Edgar Morin. Bravo Messieurs, chapeau bas.
    Une citation de Paul Valéry de 1932 illustre assez bien la situation actuelle.
    “Jamais l’humanité n’a réuni tant de puissance à tant de désarroi, tant de soucis et tant de jouets, tant de connaissances et tant d’incertitudes. L’inquiétude et la futilité se partagent nos jours”.
    Et aussi celle de Konrad Lorenz de la même époque :
    “Il faut se demander ce qui porte le plus gravement atteinte à l’âme des hommes aujourd’hui : leur passion aveuglante de l’argent ou leur hâte fébrile”
    Ce petit livre qui se lit rapidement liste de nombreuses pistes, axes de solutions et apporte aussi des propositions concrètes.
    Sans un peu d’utopie et surtout beaucoup de créativité et de persévérance on ne s’en sortira pas ou alors très mal.

    J’en ai profité pour lire enfin l’opuscule précédent de Stéphane “Engagez-vous”, j’avais laissé cet autre petit livre sommeiller sur une étagère.

    A lire aussi “La voie. Pour l’avenir de l’humanité”” d’Edgar Morin.

    L’entretien de Paul qui est d’une clarté remarquable et est accessible à tous peut servir de porte d’entrée à une bonne appréhension de la situation actuelle, et pourra être complété par les 2 ouvrages de nos papis qui font de la résistance. L’ensemble est à diffuser largement comme un paquet cadeau, pour une prise de conscience rapide des réalités et pourquoi pas pour susciter des engagements plutôt que ignorance et indifférence ou pire, freins.

    En fin de livre Stéphane et Edgar ont la modestie de citer de nombreux autres “activistes” et leurs dernières productions, la plupart sont connus par les habitués de ce blog :
    Les “Economistes Atterrés”.
    Pierre Larrouturou “Pour éviter le crack ultime”
    Camille Landais, Thomas Piketty, Emmanuel Saez “Pour une révolution fiscale”
    Claude Alphandéry : pionnier de l’économie sociale et solidaire
    Patrick Viveret animateur des “Dialogues en Humanité”
    Alain Caillé ” “De la convivialité”
    Hervé Sérieyx et André-Yves Portnoff “Aux actes citoyens”
    Et de conclure “Toutes ces pensées, tous ces travaux sont amenés à s’entre-féconder et à converger”.

    C’est bien la partie la plus difficile qui reste à mener, mais c’est en avançant, en marchant ensemble que nous pourrons enfin prendre la bonne route.

    Constats/diagnostics – solutions/remèdes – actions/traitements ====> guérison.

  15. Voilà notre PJ promu gourou de la finance, par Le vif… C’est du moins ce qu’il y a dans le coin en bas de la page de couverture.

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