LE VIF – L’EXPRESS, « Sans révolution, ce sera la chute de l’empire romain », le 7 octobre 2011

L’Entretien, cette semaine, c’est avec moi.

Rassurez-nous. Les bourses vont remonter ? La croissance va repartir ?

> Paul Jorion : Vous avez le mot pour rire ! Non, non, c’est plutôt mal barré… Même les prévisions du FMI sont mauvaises pour cette année et pour 2012. Et cela risque d’être encore revu à la baisse, car l’Europe et les Etats-Unis entrent en récession. Ils y sont déjà, en réalité. Tout cela aura des répercussions jusqu’en Chine qui a besoin de ces deux partenaires commerciaux pour ses exportations. Je ne vois vraiment pas d’issue immédiate. Ce qui se passe aujourd’hui était tellement prévisible depuis deux ans.

Jusqu’où peut aller la récession, selon vous ?

> Nous sommes en bonne voie pour la dépression. Normalement, une récession dure six mois, puis l’économie remonte dans des proportions semblables à sa dégringolade. Le problème, ici, est qu’on a assisté à un tout petit sursaut, mais globalement, depuis 2009, on est resté dans le fond… Comme il n’y a pas eu de véritable rebond, on risque de retomber plus bas.

Ce mouvement vers le bas se renforce-t-il avec la dette croissante des Etats ?

> Vous savez, les dettes publiques existent depuis le milieu des années 1970. Le phénomène n’est pas nouveau. La différence, aujourd’hui, est que les Etats portent à bout de bras le secteur financier. Et ça les plombe. Avec la récession, les rentrées fiscales diminuent. Ils n’ont plus de marge de manœuvre.

Il faut donc durcir la discipline budgétaire, comme on s’y attelle en Europe ?

> Il faudrait d’abord changer le système de mesure. Car mesurer la dette en fonction du PIB, soit le potentiel économique d’un pays, c’est un artefact. Historiquement, en 1944, les pays qui avaient connu une économie de guerre n’avaient plus les moyens d’évaluer leurs rentrées fiscales. Les Etats ont alors décidé de ne plus mesurer leurs dépenses par rapport à leurs rentrées, mais par rapport à leur PIB. C’était provisoire. Cela aurait dû durer cinq ans tout au plus. Mais on a maintenu le système, par habitude, sans même plus savoir aujourd’hui pourquoi on l’a imaginé. Désormais, l’Allemagne va l’inscrire – c’est la fameuse règle d’or – dans sa constitution et obliger les autres membres de l’Eurogroupe à la suivre. C’est du délire ! On ne peut mesurer ses dépenses que par rapport à ses rentrées, comme les ménages le font.

Certains économistes prônent de faire tourner la machine à billets pour résorber la dette des Etats. Une bonne chose ?

> Seuls les Etats-Unis peuvent se le permettre, parce que le dollar est toujours une monnaie de référence et de réserve. Il y a une demande sur les marchés internationaux. Mais actuellement, l’économie américaine ne représente plus que 25 % de l’économie mondiale, alors qu’elle en représentait 70 % après la Guerre. Imprimer des dollars n’a donc plus vraiment de sens. Cela pourrait, à terme, se retourner contre les Etats-Unis.

Il n’y a pas d’issue au déclin américain ?

> Avec un président comme Barack Obama, je ne vois pas comment les Etats-Unis peuvent s’en sortir. Il est incapable de prendre des mesures courageuses. C’est vrai que, maintenant, il doit faire face à une opposition très dure, majoritaire au Congrès. Ce n’était pas le cas au début de son mandat. Mais il était de toute façon le candidat de Wall Street : il a d’ailleurs nommé une équipe recrutée à Wall Street. Non, c’est un nouveau Roosevelt qu’il faut aux Américains. L’ancien président avait présenté son New Deal en 1933, dès son entrée en fonction.

Taxer les riches comme Obama veut le faire avec la loi Buffett, du nom du milliardaire qui a lui-même demandé à être davantage taxé, est-ce une bonne chose ?

> Cela fera rentrer un peu d’argent, mais ce ne sera pas suffisant. Le vrai problème est celui de la concentration des richesses. En 2008, on a atteint le sommet de 1929 : un tiers des richesses appartenant à 1 % de la population ! On voit donc qu’il y a un rapport entre la concentration des richesses et les crises. Dans les années 1930, Roosevelt a normalisé les choses en taxant les riches jusqu’à 95 %. Ce n’est pas de cela qu’on parle aujourd’hui. Il ne suffit pas de taxer les revenus du capital, il faut taxer le capital lui-même. Mais les politiques n’osent pas. Que font-ils ? Ils écrivent une tribune libre dans le Wall Street Journal pour dire qu’il faut agir, comme l’ont fait Nicolas Sarkozy et Gordon Brown en 2008. Quand des chefs d’Etat en sont réduits à écrire des articles de journaux pour lutter contre la spéculation, c’est qu’ils ont perdu tout pouvoir…

L’Europe ne va pas bien, non plus. L’Euro vit-il ses derniers jours ?

> On peut encore le sauver, si on introduit une bonne dose de fédéralisme au sein de l’Union européenne. Mais les choses ont été faites à l’envers. Mon père, qui était haut-fonctionnaire en Belgique et a été associé à la construction européenne, le disait souvent à l’époque « On est en train de constituer uniquement l’Europe des marchands ». Il avait malheureusement raison. Le traité de Maastricht en a été la confirmation. On a toujours prétendu que le reste viendrait par après. Mais cela ne s’est jamais passé. Et, aujourd’hui, on est obligé de faire avancer le fédéralisme à marche forcée, en quelques semaines, alors qu’on a eu cinquante ans pour le faire.

Face à la crise, vous évoquez l’idée d’une Constitution de l’économie. C’est-à-dire ?

> Parce que, dans le contexte actuel, un chef d’entreprise qui veut devenir vertueux perd automatiquement son business. Il faut donc imaginer un système qui ne pénalise pas les comportements vertueux, mais les encourage. Le meilleur moyen me semble être une Constitution mondiale qui édicterait des principes très généraux qui auraient des conséquences en cascade qui finissent par atteindre le particulier. Un peu comme les droits de l’Homme. Ce n’est pas nouveau. Saint-Just l’avait imaginé pendant la Révolution française.

N’est-ce pas illusoire dans le monde de 2011 ?

> Il faut qu’il y ait un tournant. Sinon, ce sera la chute de l’Empire romain… Si ce tournant a lieu, on connaîtra un autre type de société, comme on est passé d’une société féodale à une société de type industriel. Souvenez-vous : qu’est-ce qui a permis à la France de véritablement sortir de l’Ancien régime ? C’est le code Napoléon, une constitution qui a vu le jour après la Révolution et qui nous sert toujours de repère.

Dans votre dernier ouvrage, vous annoncez la fin du capitalisme. Le capitalisme n’a-t-il pas la capacité de se réinventer ?

> Ce n’est plus vrai, car le néolibéralisme a tué le capitalisme. Auparavant, et depuis Bismarck, le système capitalisme était viable, car il maintenait un niveau de satisfaction suffisant au sein de la classe ouvrière, empêchant ainsi toute velléité révolutionnaire. Mais le courant ultralibéral a considéré que le système capitaliste était tellement parfait qu’il ne fallait même pas se concilier les prolétaires, c’est-à-dire aujourd’hui les salariés, qu’ils étaient acquis à la chose et qu’on pouvait supprimer l’Etat providence. Ce fut une grave erreur de calcul. Les ultralibéraux sont en train de précipiter la fin du capitalisme. Voyez le Tea-party aux Etats-Unis…

Quelle différence avec 1929 ? Les Etats étaient aussi endettés, le chômage élevé…

> Aujourd’hui, la crise économique et financière vient s’ajouter à une crise écologique. Nos ressources énergétiques classiques sont épuisées. En 1929, le processus de colonisation n’était pas terminé : les grandes puissances pouvaient encore se servir en Afrique. Et puis, surtout, nous en sommes arrivés à un tel degré de complexité dans nos interactions que l’homo oeconomicus – cet être rationnel qui sait maximiser sa satisfaction en utilisant au mieux ses ressources et en anticipant les événements du monde qui l’entoure – ne sait plus gérer ces interactions. Il est dépassé. Il ne peut plus prévoir le résultat qu’il va obtenir ni la manière d’y arriver. La complexité des produits financiers est, à ce titre, édifiante…

Karl Marx avait donc raison ?

> A l’époque, la pensée économique développée par Adam Smith, Richard Cantillon, François Quesnay ou David Ricardo pointait les faiblesses du système capitaliste et sa possible disparition à terme. Mais, pour Marx, la fin du capitalisme tenait davantage du programme que du constat. C’est ce qui a d’ailleurs poussé le lobby financier à trouver et à « sponsoriser » des économistes qui disaient le contraire, comme Léon Walras, Carl Menger ou W. Stanley Jevons. Cette dernière branche a culminé dans les années 1950 au sein de l’éclatante école de Chicago, dont les moyens alloués étaient considérables. En fait, Marx a tué la science économique en disant qu’il fallait faire la révolution. Pendant cent quarante ans, un seul discours idéologique a dominé : celui qui était produit par le monde financier et qui consistait à répéter que le système capitaliste est immortel. Aujourd’hui, même le Wall Street Journal reconnaît que Marx avait raison.

Quelle est l’alternative au capitalisme, alors que le communisme est déjà mort ?

> Difficile à dire. Je suis anthropologue, je pose des constats. Je suis un facilitateur de réflexion. Je ne suis pas un politique. Je n’ai pas de programme. Cela dit, on peut avancer quelques pistes : un ordre monétaire international, une autre manière de redistribuer la richesse créée, une autre relation entre le travail, qui se raréfie, et le revenu… Encore faut-il imaginer comment agencer tous ces blocs. Je pense aussi qu’il faut revenir vers un monde moins complexe. Un exemple : les actions d’une société, qui témoignent de la bonne santé de celle-ci, doivent-elles être cotées en bourse à l’échelle de la microseconde ? On sait que la santé d’une entreprise évolue à un rythme trimestriel. Pourquoi ne pas coter ces sociétés une fois par semaine, un peu comme on le fait pour les émissions d’obligations ? Permettre de le faire à la microseconde, c’est permettre aux parieurs de gagner de l’argent facile en mettant ces sociétés en danger. Vous savez, la spéculation était interdite en Europe, jusqu’à la fin du 19e. Il suffirait de ressusciter les textes législatifs d’alors…

Certains vous traitent de communiste parce que vous prédisez la fin du capitalisme. Qu’en pensez-vous ?

> A ma connaissance, une seule personne a eu cette réaction, c’est le journaliste français Eric Le Boucher (NDLR : du magazine Enjeux-Les Echos). Je ne pense pas être le seul à avoir un intérêt pour la pensée de Marx… Mais, pour tout vous dire, j’ai davantage d’ennuis avec les marxistes eux-mêmes qui considèrent que mes critiques à propos de certains points du marxisme, concernant par exemple la formation des prix, sont sacrilèges. Mais on a affaire là à une école doctrinaire. La pensée marxiste a d’ailleurs peu évolué, parce que les marxistes l’ont le plus souvent figée.

Votre blog fait toujours partie du top des blogs économique. Vous en vivez toujours ?

> Oui, oui. Les contributions des internautes tournent toujours autour de 2 000 euros par mois. Pour le reste, les livres que j’écris font partie d’un genre dont les ventes ne sont pas celles des best-sellers. Et je ne suis pas salarié. Aucune université n’a voulu de moi depuis mon retour des États-Unis. Je pense que mes propos dérangent le monde académique, mais les choses peuvent évoluer !

Partager :

156 réflexions sur « LE VIF – L’EXPRESS, « Sans révolution, ce sera la chute de l’empire romain », le 7 octobre 2011 »

    1. Je ne suis pas convaincu par l’intérêt de ces manifs.
      Même celles qui s’inscrivent dans le temps ne font rien changer (les indignés divers et variés).
      Seuls les manifs violentes (dans les pays arabes) ont eu un effet mais on ne connait pas les réelles implications des pays occidentaux dans ces soulèvements.
      En Angleterre, les manifs violentes n’ont pas eu le soutien de la population et le gouvernement a pu jouer la dessus en organisant une répression extrêmement violente et disproportionnée pour un pays démocratique.
      Je pense au contraire qu’une absence de réaction de la population est la meilleur chose à faire actuellement et pour le moins original dans un pays où grèves et manifs sont assez courantes.
      Précipiter les choses par une absence de réaction.
      Actuellement les manifs n’ont qu’un effet de soupapes et à mon sens c’est jouer le jeu des gouvernements et de leurs élites.

      1. Désolé bidules et autres taratata, mais je ne vous suis pas (bon, ok, pour ce que ça change…)
        Ne rien faire ? Déjà que quand quelque chose est faite on nous p… nos « représentants » n’en ont cure, alors là…

        Il ne s’agit pas d’une manifestation, ni d’une pétition, mais d’une initiative citoyenne de masse, prévue par notre constitution. L’un des moyens directs, non verrouillable par la tripotée de notables sensés nous représenter, de bousculer notre système. L’exigence d’une assemblée constituante par le peuple revient pour celui-ci à dénoncer ce qu’est devenu le contrat social et le refonder.

      2. @Ju²
        Moi c’est bibules. 🙂
        Initiative citoyenne … c’est le style de truc qui me fait penser au référendum sur la constitution européenne.
        – Non !
        – Mauvaise réponse, c’était Oui.
        – Ah désolé, excusez moi.
        – C’est pas grave on s’occupe de tout mais sans toi cette fois-ci parce que t’es un peu c.. en faite.

      3. @biBules (désolé) Voir :

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_populaire#France
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Article_11_de_la_Constitution_de_la_Cinqui%C3%A8me_R%C3%A9publique_fran%C3%A7aise#Pratique_de_l.27article_11

        Cela va un peu plus loin qu’une pétition – et dans l’hypothèse où 4 millions de citoyens fassent la démarche (ce qui laisse supposer un mécontentement certain) et se voient refuser tout impact d’un trait de plume, l’on saura clairement à quoi s’en tenir quant-au demos dans démocratie…
        Comme de toutes manières le changement s’imposera difficilement en douceur, tout ce qui peut déclencher une vague en mettant à nu la réalité des choses est le bienvenu.
        A mon sens.

      4. On peut entrer en résistance, comme en 40. Faire du sabotage, couper les fils téléphoniques,les fibres optiques, mettre en pane les ordinateurs, les gab, les banques …. Bref, semer la merde partout …. C’est juste pour vous amuser un peu, c’est une blague. Quoi que ???

    2. il est nécessaire d’avoir plus de 4,5 millions de citoyens soutenant une initiative d’un cinquième du parlement, à savoir plus de 185 parlementaires.

      Et on va les trouver ou les 4,5 millions de citoyens !!
      Déjà que 2,5 millions de votants à la primaire PS c’est considéré comme inespéré !
      Tant que la classe moyenne n’est pas durement touchée, il ne se passera rien – avec ou sans PS.
      Aujourd’hui, Montebourg + Mélanchon + Du Pont Aigan + Chevènement + Marine Le Pen + des écolos, c’est 30 à 35 % du corps électoral.
      Pas suffisant (à mon avis) et pas assez homogène.
      Le clivage n’est pas Droite // Gauche ou Riches // Pauvres.
      Le clivage est Productivistes-Mondialistes // Démondialisateurs-Nationalistes-Républicains
      La démondialisation, c’est pour demain (ou après-demain).
      Et non d’une pipe, ne comptez pas sur l’Europe. On a déjà du mal à se mettre d’accord en France, et en France, même au PS on est écartelé. Même en famille on est écartelé.

      1. Le vrai problème est là : nous sommes encore trop gras et replets pour bouger un doigt.
        Gageons que quelques années encore dénoueront ce problème

    3. @Caleb Irri:
      C’est interessant et ca fait penser aux initiatives Italiennes de référendum qui ont été proposé par les signatures de citoyens. La dernière en date a permis de dire non au nucléaire entre autre.
      Nous pourrions nous rassembler derrière des initiatives populaires de référendum sur des aspects concrets de politique. La décision sur le sort de Dexia, sur les privatisations en général (banque postale etc…). Je ne crois en revanche possible votre proposition. Rèunir autant de personnes requiert une forte mobilisation pour un projet qui doit etre et ne peut etre que tres concret. L’assemblée constituante n’a rien de concret en soi. D’une certaine manière c’est le parlement, cela existe déjà ! Par contre nous pouvons et devons interpeller nos politiques et surtout nos parlementaires sur des points précis, notamment par le biais de personalités qui nous sont proches comme Paul Jorion, qui ne cessent de prendre de la hauteur grace à la fantastique dynamique communicative d’internet.
      Le blog ne cesse de débattre sur des points précis de législation, certains étant susceptible d’etre soumis à référendum. Je pense que le cas du démentellement de Dexia est un excellent exemple. N’est pas au peuple de décider de son avenir après tout l’argent dépensé par le contribuable ? Ne devrions pas décider et légiférer sur les salaires, primes et bonus des banquiers aprés tous ces scandales ! Tout cela est très concret, et a une forte valeur symbolique en meme temps.

    4. Pour chasser les profiteurs, il faut rassembler tous ceux
      qui veulent une sortie par le haut, qui veulent imposer la démocratie réelle,
      face à la dictature du capital, menace d’une nouvelle barbarie,
      un grand désastre, inédit, à la fois social et écologique.

      Mille actions peuvent être bonnes pour unir les forces:
      échanges internet, blogs, pétitions, meetings, manifestations, etc
      mais elle doivent converger un jour vers un tous ensemble,
      la paralysie de la bourgeoisie et de son Etat, par une grève générale active.

      La mobilisation est en route. Nous avons encore du temps pour la généraliser,
      et nous imposer par la force et le nombre, et éviter cette barbarie.

    1. @taratata

      Au lieu de dire des choses qui puissent insulter et qui n’incitent pas au dialogue, pourquoi ne pas expliquer votre point de vue tout de suite comme vous l’avais apparament fait plus en bas dans ce blog et avec lequel je me revois dans certaines idees.

      (je m’excuse pour des eventuelle erreur d’ortographie, je vous ecrit du Portugal et je ne suis pas bilingue).

      1. @ Joao Melo
         » …Au lieu de dire des choses qui puissent insulter et qui n’incitent pas au dialogue… »
        Insulter certainement non . Je le réserve à des gens qui le méritent . Provoquer , m’amuser probablement ,apparemment ça incite plutôt au dialogue…
        Ce que les gens sérieux sont ennuyeux !
        Bravo pour le français ! Je suis bien incapable de dire deux mots en portugais .
        Yen aurait long à dire sur le début de qqchose de fleuri aux oeillets qui s’est passé en 1974 chez vous . N’êtes-vous pas en train de payer une révolution avortée ?

  1. 4 millions et demi de citoyens signant une pétition, ça devrait pouvoir le faire, non ?
    @Taratata: je ne vois pas très bien ce que la maman de Caleb vient faire là dedans…à moins que Taratata ait un compte à régler avec sa soeur…. surprise la main dans la culotte du zouave ( regards glauques inside )

    1. @ Caleb
      Alors je m’explique : Caleb se positionne tout-au-long de son site comme un enfant demandant à tous ces puissants s’ils veulent bien … etc… etc … ( la pétition ? J’en signe parfois . (avaaz). Des résultats ponctuels sur des questions parcellaires. M’enfin …)
      Par quelle perversion de l’esprit Caleb peut-il penser qu’une pétition puisse changer quoi que ce soit à ce monde ; il doit être membre d’ATTAC , ma parole ! … une bande de profs qui s’emmerdent chez eux
      Caleb n’est pas seul , loin de là , suivez mon regard vers Wall Street , l’innocence quoi ! Innocence dans son acception première de  » qui ne peut nuire « … et ne s’agit-il pas justement de nuire à ce monde ?
      Les tunisiens ont-ils demandé quoi que ce soit ? Ils ont dit stop ! et voilà ! (et voilà! ça veut dire qu’ils ont fait brûler les commissariats , les banques , les partis , les syndicats et toute la saloperie qui leur ruine la vie depuis si longtemps …)

      1. @ taratata

        il ne s’agit pas ici d’une pétition mais d’un rassemblement puisque la démarche implique de se déplacer… ainsi que d’un véritable projet démocratique puisqu’il a pour but d’obtenir la mise en place d’une Assemblée Constituante. C’est justement pour lutter contre la profusion de pétitions ou les revendications hétéroclites qu’un tel projet doit voir le jour.

        Mais effectivement la démarche peut sembler naïve, comme le « printemps arabe » devait sembler bien innocent au gouvernement français lorsque madame Alliot-Marie souhaitait prêter main forte au dictateur Tunisien…

        Cela dit, il va bien falloir faire quelque chose à la fin, et c’est bien pour cela que nous sommes ici. Alors, si vous avez mieux à proposer n’hésitez pas, nous sommes nombreux à être preneurs. En attendant, pourquoi ne pas essayer ?

        De toutes les manières, tout changement d’importance passera inévitablement par le rassemblement, et le nombre. Un Référendum d’Initiative Citoyenne sur la mise en place d’une Assemblée Constituante me semble une revendication partageable par tous.

      2. Et aujourd’hui en Tunisie, c’est mieux qu’hier ??? Une petite manip par ici, pour mobiliser l’opinion internationale contre les barbus (il suffit d’organiser un attentat bidon, facile pour l’armée) et hop, les amis de Ben Ali reprennent les rênes avec l’approbation de l’Occident.
        Bilan , une révolution récupérée…par les Amis…Le peuple, la dernière roue du carrosse sera opprimé, grâce aux fabuleux contrats d’armement à venir pour les alliés de la Révolution. Suffit de regarder ce qui se passe en Egypte, et la repression d’aujourd’hui vaut bien celle d’hier.

      3. @Caleb
        Et sans attendre l’échéance 2012, car au vu des appels menaçants au vote utile il semble bien que le moyen de peser politiquement par les urnes sera une fois de plus hypothéqué par une classe politique partisane, pleutre et alignée (intéressée ?).

      4. Bonjour,

        J’aimerai bien qu’il y ait plus de débat/critique sur ce que propose Caleb. Car cela me semble en effet une action à considérer. Cela dit, j’ai bien peur qu’elle ne mène pas loin, car il sera très difficile de faire bouger les gens.
        Ne serait-il pas intéressant d’avoir plus d’avis et un débat sur ce blog à ce sujet ? C’est finalement assez rare de lire des projets et idées pour l’avenir.

        Qu’en pensez-vous tous ?

      5. Les tunisiens ont fait brûler les partis , les syndicats ?
        Il n’y avait qu’un seul véritable parti politique celui du pouvoir.
        Quand « aux syndicats » peu nombreux, ils ont plutôt aidés au soulèvement, notamment l’UGTT.

        cordialement

      6. Certes en débattre est souhaitable, mais il n’est pas évident que ce soit l’objet du blog de Paul Jorion, par contre…
        –> Caleb Irri a mis en place un site pour cela. (malheureusement il comporte pour le moment un peu de publicité pour s’auto-financer, mais qu’importe.)
        Ici : http://unricpouruneac.unblog.fr/

      7. @ Ju²

        Je veux bien croire que ce ne soit pas l’objet de ce blog mais :
        – je pense qu’en débattre sur le blog instigateur de cette démarche rend le débat faussé. Je pars du principe que la majorité des gens qui liront ce blog auront un avis déjà tranché, et positif envers cette démarche
        – le faire ici n’est surement pas le but de Paul Jorion, mais comme j’aime la qualité des intervenants de ce blog, j’aurais aimé avoir leur avis sur cette initiative.

      8. @Pample
        En effet, libre et bienvenue aux lecteurs du blog de se prononcer ici !
        Ce que je voulais dire c’est qu’il n’est peut-être pas dans l’objet du blog de Paul d’organiser un tel débat.

  2. J’ai un peu de mal avec cette notion de chute d’empire Romain.
    Si c’est la fin du 5e siècle, alors il s’agit d’un effondrement sous le coup d’invasions guerrières étrangères. Ce qui n’est pas le cas de notre civilisation.
    Si on considère la chute avant, il serait interessant que Paul précise à quel moment. Si on devait s’apparenter à l’histoire de Rome, je pense plutôt que notre époque ressemble à la fin de la République.
    Ne loupons pas la révolte des esclaves ce coup ci, et donnons lui le corps de se transformer en révolution. Si les plébéiens ruinés ou les Grecs révoltés s’étaient joints aux esclaves de Spartacus, qui sait quel bond prodigieux l’Histoire aurai pu faire.

    Souvent, il parle de la fin des Mayas et je trouve ça plus juste(mais je ne suis pas anthropologue) en effet, il s’agit d’une des rares civilisations qui se soient écroulée toute seule sur elle même sans être balayée par une autre après s’être affaiblie.

    1. @ Kerjean
      La chute finale du Ve siècle a été précédée par une longue crise qui a débuté au milieu du IIIe siècle ap.J.C. Crise monétaire, crise militaire, sécessions de certaines parties de l’empire, avant une restauration impériale (très autocratique) au IVe siècle.

    2. Ah bon, tu ne vois pas d’invasion!? « Uteribus cedant arma » disait déjà César. Je ne traduirai pas. De toutes façons il est déjà trop tard et l’on aura ce que l’on mérite.

      1. @ zénith

        « Je ne traduirai pas ».
        Vous devriez. Outre le caractère pédagogique, cela éclairerait encore mieux votre propos. Au fait, un petit développement sur « ce que l’on mérite » ?

      2. @zenith

        vous êtes sûr que ça veut dire quelque chose votre machin? Et vous êtes sûr que c’est Cesar qui ai menacé de « cedant arma »? Parce que moi, uteribus, vois pas ce que ça veut dire.
        Merci.

      3. Je ne veux pas agacer, mais ne serait-ce pas plutôt « cedant arma uteribus »?
        A savoir, « la force du ventre surpasse celle des armes », entendons par là, je le suppose, que nous ferons toujours plus d’enfants, porteurs d’espoirs et d’avenir, que d’armes pour nous entre-zigouiller.

        A moins bien entendu, que votre intention ait été justement d’inverser le sens de la citation et à moins, également, que je ne sois complètement à côté de la plaque, n’étant point latiniste.

      4. « Uteribus cedant arma »
        Explication de texte :

        Tss, c’est vrai qu’on est guère habitué aux incursions de l’extrême-droite identitaire sur ce blog…
        Puisque la saillie du zénith a passé le barrage de la censure, et si mr Jorion ou Julien veulent bien me le permettre, je vais éclairer la lanterne des innocents qui ne comprennent pas la locution du zenith en question.

        Ledit zenith est tout simplement en train de nous ressortir l’antienne des Identitaires, à savoir que l’Europe est le théâtre d’un « remplacement de population », en d’autres termes contournés, que l’Europe chrétienne est en train de se faire submerger démographiquement par les Sarrazins. En des termes plus crûs : « les bougnoules nous envahissent »
        Et nous l’aurions mérité car nous n’avons pas fermé la porte aux ‘envahisseurs’, et mieux nous leurs versons des ‘allocations de ponte’, pardon ‘familiales’ pour faciliter leur conquête par submersion démographique…

        Vous voyez le topos.

    3. @ Kerjean :
      « La fin de la période classique est aussi la fin d’un système de royauté sacrée. Au nord des basses terres centrales désertées, dans la péninsule du Yucatan où les Mayas feront revivre de grandes cités dès le XIe siècle, une nouvelle forme de gouvernance apparaît. Un système pour lequel un mot maya existe, multepal : « gouverner ensemble ». »
      http://www.lemonde.fr/week-end/article/2011/06/17/mayas-autodestruction-d-une-civilisation_1537160_1477893.html

      1. Peut-être une sortie: passer de l’interdépendance pyramidale à une inter-autonomie horizontale.

        En aparté, en regardant la nuit l’émission « Aimer vivre en France », je me suis rendue compte que nous avions quasiment toutes les industries sur le territoire, de la cuillère au charbon de bois en passant par le savon…. Les anciens modes de fabrication ont été préservés par des passionnés, nous avons encore nombre de moulins fonctionnels par exemple, servant telle ou telle fabrication comme celle de la terre de sienne. Nous pourrions remettre en route une industrie de produits durables assez aisément apparemment. Cela ferait des métiers intéressants, ferait revivre les campagnes,etc…J’ai observé ,aussi, en regardant des émissions similaires sur d’autres pays, que nous n’étions pas les seuls à pouvoir remettre ce type d’industrie en route,même aux Etats-Unis.

      2. soi
        Remarque intéressante. Il y a là en effet tout un vivier de savoirs qui ne demandent qu’à être partagés.
        La chance que nous avons c’est qu’avec les technologies numériques de l’information et de la communication il serait possible de le faire dans un temps beaucoup plus court que si nous devions retrouver les conditions initiales de leur développement. On ne fera pas renaître l’industrie et les métiers d’antan à l’identique, mais mieux, un peu à l’image d’Internet qui n’a pas tué l’écrit, mais au contraire lui a donné une nouvelle vie.
        Bien entendu tout cela supposerait un changement des règles du jeu économique, dans le sens que Paul indique dans son interview.

      3. Merci Zebu,

        article passionnant.

        Je me suis toujours posé la question aussi de la fin de Babylone. Pourquoi la désertion définitive de cette capitale de l’antiquité?
        Comme le dit l’article, un désastre militaire n’explique pas seul ce phénomène.
        Rome aussi, vers le 7e siècle était devenue une bourgade de 5e ordre. Elle a repris pourtant du poil de la bête.

        Pour notre époque moderne et industrielle, peut-être faut-il regarder vers Detroit qui est entrain de se dépeupler invraisemblablement vite.
        Peut-être qu’aussi, le nord du Japon va-t-il être amené à se dépeupler aussi dans les décennies à venir, réduisant à néant ce pays aujourd’hui deuxième puissance mondiale.

      4. « Gouvernance, gouvernance » est-ce qu’on a une gueule de gouvernance.
        Pourquoi utiliser le vocabulaire manipulateur ultra libéral. Gestion, administration, gouvernement, gérance, règle. Ces mots-là sont « modernes ».

      5. @ Gyps :
        Le terme est ancien, c’est du vieux ‘françois’, utilisé pour désigner l’art ou le mode de gouverner.
        Le terme est passé dans la langue anglaise et a perduré alors qu’il s’est effacé dans la langue française. Il est ensuite réapparu dans les années 70, pour parler de ‘gouvernance d’entreprise’.
        Effectivement bien libéral.
        Mais ce n’est pas parce que le terme a été colonisé qu’il faut se l’interdire.
        Ce serait se reconnaître un statut de colonisés (on peut faire le parallèle avec ‘l’art nègre’, revendiqué comme telle au niveau de l’expression, par certains intellectuels africains).
        😉
        Dans le cas de l’article, c’est à l’évidence une utilisation ‘française’ qui en est faite (mode de gouvernement).

      6. L’article est fort intéressant . On y découvre des choses éclairantes …

        « Je pense que ce qui a suscité cette déforestation n’est pas l’agriculture, mais plutôt la production de stuc. » Tout au long de la période préclassique, à mesure que les siècles passent, les parements de stuc qui recouvrent les murs des monuments, des maisons, voire le pavement des chaussées, s’épaississent.
        Les signes ostentatoires de richesse et de pouvoir de la classe dirigeante se paient en stuc.
        Donc en arbres. Car cet enduit, qui permet de recouvrir les maçonneries grossières, s’obtient au prix d’un long chauffage du calcaire, très coûteux en bois.

        Finalement , quelque soit l’époque ou la civilisation ils sont partout les mêmes .

      7. A Pierre-Yves D.

        Vous ouvrez des voies concrètes pour la possibilité de la recréation de ces industries, sans compter que l’on pourrait ajouter les progrès faits, progrès qui souvent ne demandent pas une technologie de « haut-vol », mais (encore et toujours 😉 ) un savoir-faire, pour exemple,je pense à un type de coton qui a été inventé dans les Vosges qui est indéformable.

    4. C’est un effondrement qui vient de l’intérieur du système.
      Brutus lui aussi, en est un des promoteurs, comme le sont aujourd’hui les ultra libéraux de type jean claude trichet, et les escrocs de la spéculation à la solde de junker et du système suisse.

      Merci beaucoup pour cette interview et pour ces réponses toujours éclairantes.

      1. Cette semaine à Dieulefit dans la Drôme, nous avons organisé (le collectif citoyen de Dieulefit) des rencontres citoyennes ou nous mêlons débats de société, artiste et moment de convivialité. L’un des débats rassemblait des producteur locaux qui viennent de monter un point de vente collectif Bio (champs libres) ; il n’y en a que trois en France, avec des prix mis en place par les producteurs eux mêmes, fondé sur une évaluation de ce qu’il leur est nécessaire pour vivre et faire fonctionner leur exploitation. Des musiciens et paysans de la région de Naples qui nous ont parlés du lien entre culture et agriculture, des mouvements de résistances paysannes Genuino Clandestino: Véritables clandestins en Italie, qui sont marqués par un retour à des méthodes de travail ancienne, une agriculture non chimique. Et des paysans roumains qui sont revenus aux méthodes traditionnels, traction animal (ll’une des formations les plus demandés au BPREA dans notre région en tous cas), petites exploitation, désherbage manuel.
        Ce qui m’a marqué c’est que ces gens sans ce consultés sont arrivés aux mêmes types de solutions dans trois pays différents. Je ne connais pas la situation ailleurs, mais je pense que cela est une évolution qui est en train de s’amorcer.
        J’ajouterai que la plupart des producteurs de champs-libres sont de jeunes agriculteurs qui ont eu une vie auparavant on y trouve pêle mêle des docteurs, des ingénieurs, d’anciens cadres, ce sont des gens très conscients des enjeux de leur démarche pour la plupart. Si vous voulez voir quelques vidéos http://collectifcitoyen.org/fc/viewtopic.php?t=558

  3. Oui, Caleb a raison.
    Nous pouvons faire changer les choses. Arrêtons de râler et agissons enfin. Cessons de croire qu’il suffira de voter pour que cela change puisque tout le monde sait bien que de voter ne servira à rien sauf à échanger un orateur contre un autre.
    L’intelligence n’est pas faite de propos mais d’actes.
    Personnellement, je vais diffuser cet appel à mes contacts et récupérer leurs signatures.

  4. Chute obligatoire.
    Tous les Etats occidentaux, particuliers,collectivités,banques,entreprises…..endettés au dessus du possible.
    Rien ne pourra arrêter la chute maintenant.
    Il aurait fallu faire marche arrière en 2008 pour répartir les dettes et encore…………..
    C’est l’écroulement généralisé de l’économie qui va se produire.
    Il est impossible de redresser la barre…………c’est mathématiquement impossible.
    Et c’est mieux ainsi.

    1. Malheureusement, un plan de rigueur drastique sera mise en oeuvre avant, dans l’espoir de redresser la barre et pour gagner du temps. Quelques années peut être.

      1. NON , La chute du preteur aux collectivités Dexia va fermer les robinets des marchés publics.
        @ inox
        Les dettes immo des pays de l’est vont surgir.
        Quelques autres banques vont s’écrouler.
        Ceci avant Décembre.
        Recapitaliser les banques avec quoi ? Rien ils ne trouveront pas d’apporteurs.
        Devant ce constat les allemands ne lanceront pas le FESF puisqu’il faudrait absorber 50 % de la dette grecque.
        Non c’est fini avant ou après le G20 de Nice.
        S’il y avait des solutions français et allemands les auraient annoncées , hors ils se taisent avant de s’enfuir.
        La chute globale est maintenant inoxydable mon cher inox , çà se calcule en quelques jours , pour moi avant fin Octobre.

    2. Quand tu n’y crois plus, que tout est perdu
      Quand trompé, déçu, meurtri
      Quand assis par terre, plus rien pouvoir faire
      Tout seul, dans ton désert
      Quand mal, trop mal, on marches à genoux
      Quand sourds les hommes n’entendent plus le cri des hommes

      Tu verras, l’aube revient quand même
      Tu verras, le jour se lève encore
      Même si tu ne crois plus à l’aurore
      Tu verras, le jour se lève encore
      Le jour se lève encore

      Jean-Louis Aubert – Le Jour Se Lève Encore

  5. « C’est le code Napoléon, une constitution qui a vu le jour après la Révolution et qui nous sert toujours de repère. »
    Et bien désolé, mais … non.
    Et ceci peut être constaté même au niveau des clients non professionnels, soit, le grand public.
    Le Code Napoléon faisait en effet une distinction stricte entre le professionnel et le quidam ordinaire. Et même cette distinction devient minime, voire dérisoire.

    Monsieur Jorion. Vous avez vécu aux US et je pense que vous devez avoir entendu parler des acheteurs d’entreprise.
    Des acheteurs style grande distribution car très agressif, et pour cause, car la Loi ne les défend absolument pas. Ils sont alors obligés de tirer sur tout ce qui peut limiter leurs dépenses car les monopoles les plument.
    Ce N’ETAIT pas le cas en France il y a encore une trentaine d’années car le Code Napoléon n’avait pas encore été trop attaqué.
    Ainsi, pour ceux qui ne connaissent pas le coté professionnel, vous deviez faire attention de rédiger un contrat qui ne constitue pas une source de richesse abusive car là, la Loi pouvait faire annuler tout ou partie de votre document par ce que l’on appelle les clauses « réputée non-écrite » (au singulier car au cas par cas)
    Ces dispositifs qui permettent à la Loi de s’imposer dans un contrat entre professionnels (gré à gré) ont, soit disparu, soit ont reçu en « complément », parfois dans un article différent pour faire plus discret, un échappatoire qui permet de les contourner, les rendant inutiles.
    Ce Code Napoléon défendait ainsi le client (professionnel ou non) face au vendeur et surtout face au pouvoir de l’argent.
    Deux modifications qui vous éclaireront :
    L’acheteur ne peut PLUS opposer des conditions qui soient trop opposées à celles du vendeur.
    Voyez la perte de poids dans une négociation…
    L’acheteur ne peut plus refuser d’acheter à qui que se soit.
    Voyez le pouvoir absolu du vendeur et lorsque vous constatez que Boeing ou Airbus peuvent faire annuler des contrats ou recommencer des consultations, l’explication est là.

    Au niveau grand public, je vois souvent parler de « class action ». Un Européen se rend effectivement compte qu’il est impossible de faire valoir ses droits face à la puissance d’une multinationale.
    POURQUOI cela n’existe pas comme aux US.
    Hé bien, tout bêtement, parce que cela n’ETAIT pas nécessaire. A l’époque où le Code Napoléon nous protégeait.
    Par contre, cela est absolument nécessaire aux US car il n’y aucune protection.
    Hé bien, ici, nous avons « récupéré » les inconvénients US, mais sans les avantages et cela profite au vendeur…

    Alors dire que le Code Napoléon est encore un repère… Son nom, peut-être, mais même plus l’ombre de son esprit originel.

    1. P.S. : et puisque nous sommes en pleine primaire socialiste, soit noyés de politique, cette destruction accélérée du Code Napoléon correspond aussi à une promesse de campagne de 2007 faite par l’actuel Président :
      « Je vais dépénaliser le Droit des Affaires »
      Soit, instaurer la loi de la jungle comme aux US…

      Le mouvement est donc général, profond et bien pire que ce que l’on imagine.

    2. Oui Yvan, c’est vous qui avez parfaitement raison. Le dernier avatar de la destruction programmée du Code Napoléon sera l’avènement de la propriété économique : comptons sur la « compétence » de Philippe Marini » pour y voir rapidement plus clair …

    3. @ yvan
      Ne mélangez pas Code Civil (dit «Napoléon») et Code Pénal.
      Au passage, n’oublions pas que Napoléon a récolté les fruits de l’énorme travail législatif commencé sous la Révolution par le conventionnels.

      1. Fujisan, c’est pour ça que je faisais le distingo entre acheteur professionnel et client « grand » public.
        Et là, comme c’est un métier qui est très peu connu et assez discret (pour cause), il faut bien se rendre compte de la modification profonde de la législation vers un libéralisme total.
        Et penser à limiter le pouvoir du « prêteur de deniers » à 3% d’intérêts sur la dette en cas de remboursement anticipé il y a déjà 200 ans montre bien que l’abus de pouvoir du possédant était largement identifié.
        Napoléon a bénéficié du travail fait sous la Révolution, certes.
        Mais il aurait pu ne pas brider autant les usuriers. Hors….

      2. Certes, le Code civil a consolidé les acquis révolutionnaires au détriment de la concentration des richesses, mais il l’a fait et Napoléon est très loin d’y être étranger, il s’est même bcp investi dans les débats qui ont eu lieu au Conseil d’état

      3. La grande oeuvre législative de Napoléon Bonaparte est en passe d’être définitivement foulée aux pieds ; c’est pourtant elle qui avait rendu possible à la fois l’émergence d’une classe dite moyenne et de ce que l’on a convenu d’appeler démocratie est qui a pris la forme de la république avec vote populaire.
        Cela s’est fait sur 40 ou 50 ans, sans bruit, par petites touches efficaces en raison de la direction sans faille que ces modifications ont prises ; bcp ont été rendu possible par l’UE mais le vers était de toute façon déjà dans le fruit à l’intérieur même des élites et du système éducatif français postérieur au décès de De Gaulle.
        Maintenant que tout le monde peut constater le grand, l’immense succès de cette offensive de grande envergure pour retrouver la concentration des richesses que quelques uns regrettaient d’avoir perdu, on fait quoi ? On applaudi au génie des stratèges ? On reprend possession de la réalité ? On se soumet ? On se révolte ? On vote ? On pleure ? On casse ?
        En tout cas, il faut bien prendre conscience que la dichotomie gauche-droite avec laquelle on nous amuse depuis 50 ans n’a servi qu’à faire diversion ; il y a juste, au final, les gagnants (10 % maximum des gens) et les autres, les perdants (les 90 % restants) ; pas de gauche, ni de droite, juste les gagnants et les perdants.

    4. @ Yvan

      L’acheteur ne peut PLUS opposer des conditions qui soient trop opposées à celles du vendeur.
      (...)L’acheteur ne peut plus refuser d’acheter à qui que se soit.

      C’est ce que l’on pourrait appeler l’alignement du droit sur l’économie de l’offre : Milton Friedmann doit se réjouir dans sa tombe !

      1. Houaich, André.
        Un dont j’aurais souhaité qu’il fut fait l’économie de la tombe s’il n’était pas né.

  6. je suis abonné à l’Express, rien vu ! c’est celui de jeudi prochain ??
    pourquoi vous ne devenez pas Conseiller de Montebourg ?

  7. votre succès médiatique vous rend plus optimiste, il y a quelques années, au pays des subprimes, votre inquiétude était dans la crainte d’un risque de famine et de voir vos enfants « ne plus pouvoir manger à leur faim… ».
    c’est pour quand l’interview avec Audrey Pulvar ?

  8. « Ami de Jacques Attali, il est également reçu à l’Elysée ». Erreur du journaliste ou cachotterie de Paul Jorion?

    1. Paul Jorion écrit:

      Il faut comprendre les lois du genre de l’entretien. Même lorsque le texte final vous est soumis, le texte publié de l’entretien ne représentera ce que vous avez véritablement dit qu’à 80 % parce que vos propos étaient en réalité deux ou trois fois plus longs, et vos paroles auront été condensées.

      Il y a quelques exceptions notoires, comme cet entretien avec Laurent Etre.

    2. Sans vouloir répondre à la place de l’auteur, un lien vers le blog de Jacques Attali est présent ici depuis le tout début du blog (pour autant que remonte ma lecture d’icelui) ; pas de cachotterie, donc.

  9. Bonjour,

    Citation :
    « Dans votre dernier ouvrage, vous annoncez la fin du capitalisme. Le capitalisme n’a-t-il pas la capacité de se réinventer ?

    > Ce n’est plus vrai, car le néolibéralisme a tué le capitalisme. Auparavant, et depuis Bismarck, le système capitalisme était viable, car il maintenait un niveau de satisfaction suffisant au sein de la classe ouvrière, empêchant ainsi toute velléité révolutionnaire. Mais le courant ultralibéral a considéré que le système capitaliste était tellement parfait qu’il ne fallait même pas se concilier les prolétaires, c’est-à-dire aujourd’hui les salariés, qu’ils étaient acquis à la chose et qu’on pouvait supprimer l’Etat providence. Ce fut une grave erreur de calcul. Les ultralibéraux sont en train de précipiter la fin du capitalisme. Voyez le Tea-party aux Etats-Unis… »

    Ce ne sont pas les libéraux qui sont en train de tuer le capitalisme, même s’ils poussent à la roue. Le capitalisme est en train de mourir parce qu’il ne peut prospérer que dans un monde infini (produire et faire consommer sans entrave) et que notre monde est fini.

    Tant que le mode de production industriel ne concernait qu’une minorité à l’échelle de la terre et n’avait pas encore atteint ce fantastique degré d’efficience (connaissez- vous les « canons à beurre » de l’industrie laitière ?), le système – qui n’en est pas vraiment un – pouvait sembler fonctionner. Maintenant que 1,2 milliard de chinois et 1 milliard d’indien emboîtent notre pas et que l’efficience explose, ce n’est plus possible.

    En fait, ça n’a jamais été possible : le bilan production d’objets et de services +utilisation+déchets/ ressources collectives consommées a (presque) toujours été négatif. Maintenant ça apparaît, comme un alcoolique chronique mondain qui arrive à la cirrhose.

    D’où l’opportunité de l’idéologie « décroissance », qui n’est pas récession, mais fin de l’économisme (nouveau jeu de cartes).

    Exemple concret – qu’on ne peut dissimuler derrière l’agrégation ésotérique de chiffres qui ne veulent plus rien dire, l’agriculture industrielle (fallacieusement dite « agriculture conventionnelle ») : Si vous retirez (ou comptez au prix de la rareté arrivée) le pétrole, notre si brillante agriculture industrielle s’effondre, montrant par là qu’elle est finalement moins efficace que la plus primaire des agricultures Tiers-Monde qui ,elle, ne scie pas la branche et l’arbre sur lesquels elle se trouve.

    Amicalement,

    Delphin

    1. Bien vu Delphin
      Fin de l’âge d’or.
      Saut dans l’inconnu.
      Attachez vos ceintures
      Un truc me rend optimiste; une seule heure d’énergie solaire atteignant la terre serait suffisante pour fournir les besoins en énergie de la planète pendant une année entière.
      Étant étudiant (en biochimie), j’avais bossé à fond sur la photosynthèse. La nature a inventé il y a plus d’un milliard d’années des capteurs de photons solaires avec un rendement proche de 100% (bien loin de nos 16 % à 20 % des panneaux photovoltaïques). Et voilà que récemment on découvre que l’efficacité de ces capteurs naturels (les chloroplastes) réside dans des processus quantiques.
      Il y a encore du travail mais je pense qu’on va y arriver.

      1. Passionnant ! Ah ! si on (?) avait travaillé ds ce domaine depuis , ne serait-ce que 30 ans ,avec de vrais moyens …

  10. Les Anonymous ont promis de bloquer le NYSE aujourd’hui. Ils ne précisent ni à quelle heure ni combien de temps.
    Intox?
    Blague?
    Ou réalité?

    Dans le cas où ce serait fondé, quelle serait la portée d’un tel évènement?

    1. Dans le cas où ce serait fondé, quelle serait la portée d’un tel évènement?

      Il serait exemplaire, car il démontrerait, sans aucune équivoque, que la manipulation est possible – ce que contestent encore bon nombre d’économistes et de traders assidus.

    2. Intox ou réalité, difficile à dire.
      Si les transactions passent par le réseau SWIFT utilisé par les banques, celui-ci ne s’est fait piraté que 2 fois en trois ans. Et la réaction a été assez rapide.
      Maintenant, si c’est un blocage par attaques DOS, les pare-feux sont devenus très efficaces et tout dépend comment ils sont équipés.
      En France, tu as par exemple la société d’hébergement OVH à Roubaix qui est inattaquable. Par contre, ça leur a couté cher.
      En imaginant que cela réussisse, ce serait équivalent à une suspension de cours. Soit, ce qui se fait de plus en plus souvent à cause des chutes.
      Les conséquences seraient plus symboliques qu’autre chose, à priori.
      Notes, dans la société d’apparences dans laquelle nous vivons, c’est peut-être le but recherché.

    3. Pas sûr que cela ait lieu, le FBI a arrêté deux membres d’Anonymous il y a quelques jours, peu après leur annonce.

      1. En principe, Toi, ce sont les « mauvais » qui réussissent à se faire arrêter.
        D’éventuels seconds couteaux.
        Car pour avoir fréquenté des premiers couteaux, soit un gars à qui il suffisait d’un ordinateur connecté au réseau pour faire danser la polka à n’importe quel autre, et un autre gars capable de reprogrammer un satellite, ils savent parfaitement se rendre anonyme ou profiter d’un autre compte.
        D’ailleurs profiter d’un autre compte est le plus facile mais les gène vachement dans l’éthique.
        Le formatage de l’ingénieur, sans doute.
        Et cela rejoint l’étude américaine qui tenté d’expliquer pourquoi il y avait 30% d’ingénieurs dans les groupes de terroristes.
        Ils en ont naturellement conclus que l’explication résidait dans le fait qu’ils n’étaient pas assez payé.
        Le marteau ne pense qu’en clous…
        Mais soyons réalistes.
        Un ingénieur est une machine à analyser. Et quand il se met à analyser le boxon ambiant… Bien payé ou pas…

      2. yvan, tu penses bien qu’ils ont été infiltrés à l’ancienne. Il y a des taupes chez eux comme il y en avait chez wikileaks ou dans n’importe quel groupe présentant un danger réel. Le gars aura beau être très doué pour le camouflage, il pourra rien faire contre les traîtres.

      3. Toi.
        J’ai fait parti d’un groupe.
        Je n’ai rencontré physiquement qu’ UN gars…
        Là, vas-t’en infiltrer à l’ancienne. Au « mieux », un espion d’état pourra connaître les projets à l’avance, ce qui est une info capitale mais pas forcément absolue dans le sens où il ne reste qu’à déconnecter la cible du réseau. Soit, ce qui peut revenir au but recherché.
        Pour ce qui est des intrusions, là, ça ne se fait pas à plusieurs.
        Au pire, un gars va poser une question au groupe du style : « les gars, vous n’auriez pas une solution pour créer une requête (alors qu’en réalité, c’est pour la planter). » ou : « Qui aurait un outil pour ouvrir tel port » (le but étant la backdoor habituelle). Mais il fait ça seul et quand il a réussi, il expose le résultat au groupe avec même parfois un lien vers la cible.
        Le groupe dont je parle n’allait pas jusque là, mais certains cyber-cafés ont eu des surprises..
        Notamment ceux ne mettant pas de mots passe sur les routeurs. Ca arrive.
        Faut le faire, non. De la part de soit-disant professionnels, ça peut surprendre…
        Notes, quand tu vois le niveau des informaticiens d’entreprises, là aussi il y aurait beaucoup à dire et à faire.

  11. Quelle est l’alternative au capitalisme, alors que le communisme est déjà mort ?

    Moi, moi, Monsieur s’il vous plait ! Je lève un doigt plein de bonne volonté pour répondre à la question.

    Le capitalisme est une notion vague et bien commode. L’état social de 1945 était capitaliste, celui de 2011 est également capitaliste et il a beaucoup hérité du précédent. Mais si personne ne voit de différence entre ces deux types de gestion je rend mon tablier.

    Le problème n°1 c’est que des forces imbéciles et puissantes sont à l’oeuvre pour le dénaturer. Je vous en prie cessons de vouloir partir de la formule chimique du blé pour dessiner un épi et allons voir dans le champ d’à côté les épis touts faits. Ce qui à marché peut marcher encore.

    Il faut tenir les fous furieux qui nous ont amené là où nous en sommes. Arrêter de gaver les banques en leur empruntant à des taux d’usure l’argent dont on leur fait cadeau. Surveiller ce qui nous vient de l’extérieur car charbonnier est maître chez lui. Payer à l’Afrique sa production à un niveau qui lui permette d’accéder à un mode de vie normal. Et continuer sur la voie du progrès technique et scientifique.

    En passant on pourrait même réveiller ceux qui se sont endormis devant leur poste de télé. Mais ça, je pense que l’actualité à venir va s’en charger…

    1. Arrêter de gaver les banques en leur empruntant à des taux d’usure l’argent dont on leur fait cadeau

      A ce propos, je viens de recevoir mon relevé de comptes (d’une grande banque française) ou il est dit: Taux débiteur depuis le précédent relevé: 17,70 %

  12. Super interview de Paul Jorion, alliant pédagogie et essai d’appréhension du réel. Patience, persévérance, chaque jour tenter de mieux comprendre ce qui ce passe, ce qui est en jeu, tenter d’écarter les voiles de l’ignorance, des « à priori qui vont de soi » qui aveuglent une génération à son insu. Chaque jour infuser un peu de pensée neuve, fraîche, décapante sans être idéologique ni doctrinaire.
    Cela m’aide à mettre mes propres constats et réflexions, parfois éparpillés et non reliés, dans un ensemble plus éclairé et cohérent.
    Merci 🙂

  13. Aucune université n’a voulu de moi depuis mon retour des États-Unis. Je pense que mes propos dérangent le monde académique….

    Quel scandale. C’est vraiment le stigmate de l’imbécilité généralisée.
    Votre place est à l’ENS, à l’Ecole Polytechnique ou au Collège de France, Monsieur Jorion ! Je ne comprends pas que vous n’ayez pas encore été recruté. Tant mieux pour le blog et ses afficionados … encore que les fonctions universitaires laissent libre la parole -du moins c’est ce que j’imagine dans l’idéal-.
    Très respectueusement à vous.

    1. @ dimezzano : vous avez parfaitement raison ! C’est une honte pour l’Université française !
      J’ai déjà eu l’occasion depuis que je suis un fidèle lecteur de ce blog de m’en indigner. Et si cette fois Paul formule explicitement le pourquoi, il n’était pas difficile de deviner qu’une pensée aussi forte contre les éconolâtres ne peut pas être acceptée par les Diafoirus.
      En réalité c’est peut être aussi ce qui leur fait le plus peur car la soi-disant science économique ne peut pas survivre face à des arguments basés sur des faits et développés avec un tel talent pédagogique (par ex. voir l’intervention vidéo sur Dexia : la tête des mecs représentant les banques!)
      En résumé le soutien concret à ce blog reste nécessaire.

    2. Les révolutions, les Nobels de la paix, les véritables Universités sont sur internet à présent. C’est ici que ça bouge, ici que ça cogite, ici que ça circule… Jorion est beaucoup trop vivant pour habiter les coquilles mortes que sont l’ENS, l’Ecole Polytechnique ou au Collège de France…
      Steve Jobs mort, reste à inventer l’i-Nation ! 😉

      1. Absolument, intégralement et totalement d’accord avec toi Martine !

        Nous vivons une époque paradoxale où rien n’est là où on l’attend. Merci aux universités (pardon, aux Universités) de n’avoir pas admis PJ dans leurs rangs. Sa véritable Université, c’est nous, et cette Université-là n’aurait peut-être pas vu le jour, ou n’aurait pas acquis une telle ampleur, si une « vraie » université avait dit oui. Combien PJ aurait-il eu d’étudiants dans une « vraie » université ? Combien d' »étudiants » a-t-il ici ?

        Les Nobels de la paix (…) sont sur internet à présent

        Martine, tu oublies les Nobels d’économie ! 😉

        A présent, je vous laisse, je vais verser mon minerv… mon « soutien concret » à ce blog.

    3. Faudrait voir à voir de proposer à Paris 7 (président Vincent Berger, un remuant jeune un peu original), car ils ont un certain Luc Ferry qui laisse un poste vacant.
      (Ledit président a bien du se marrer en faisant la lettre de rappel à son professeur Ferry qui n’enseignait guère, les journalistes du Canard n’avaient pas raté le morceau)

      Après Luc, Paul, (et puis Jean et Mathieu pour une autre fois).

      Ferry a été ministre, Jorion a été « trader », …je crois savoir lequel a le plus à transmettre aux étudiants dans une université qui se veut particulièrement attachée aux humanités.

      Why not ?

  14.  » — Rassurez-nous. Les Bourses vont remonter ? La croissance va repartir ?

    Paul Jorion : Vous avez le mot pour rire ! Non, non, c’est plutôt mal barré…  »

    Cher oncle Paul, vous avez vraiment le pot pour frire !

    😉

  15. @ Kerjean

    Les Anonymous ont promis de bloquer le NYSE aujourd’hui. Ils ne précisent ni à quelle heure ni combien de temps.
    Intox?
    Blague?
    Ou réalité?

    C’est sans doute un mouvement d’opposition du même type qui , par l’envoi de virus informatiques, bloque actuellement au sol le fameux avion de guerre JSF de l’USAF qui devait soumettre la terre entière à la puissance US ainsi que les fameux drones .

    Le JSF et les drones pareillement cloués au sol par un virus informatique . Pas besoin d’entretenir une armée coûteuse pour se protéger d’une occupation et préserver des vies humaines ! Si seulement ce blocage de Wall Street se prolongeait par une juste répartition informatique des finances mondiales .Des petits génies en informatique dévoués au bonheur des pauvres et des peuples de la terre. Il n’est pas interdit de rêver .
    http://arstechnica.com/business/news/2011/10/exclusive-computer-virus-hits-drone-fleet.ars

  16. @ Paul Jorion :

    Bravo pour vos réponses. Mais je rêve, où vos positions ont-elles évolué avec le temps ? Liseriez-vous les commentaires faits par vos lecteurs ?

  17. Pour faire avance le débat, marquer les désaccords !

    1/ Il y a certainement d’autres solutions que le fédéralisme européen, en tous cas pas celui sous pilotage néolibéral ou social-démocrate (y a-t-il une différence entre eux ?). Les Etats nations sont le lieu de la démocratie concrète et il n’est possible de progresser qu’en accroissant la coopération entre eux… pas en commençant par les détruire au prétexte de la mondialisation (même si elle est alter) ou de l’internationalisme.

    2/ Opposition intéressante entre programme et constat dans le travail critique de Marx. Mais ne pas oublier que Marx disait qu’il fallait connaître le capitalisme tel qu’il est (pas sa vulgate économiste) pour l’abattre et il a démontré en même temps que le capitalisme contenait une contradiction mortelle : son développement appuyé sur la concurrence et la soif irrépressible du profit conduisait à la destruction des travailleurs et de la planète. Nous n’en sommes pas loin, n’est-ce pas ? Pour autant le capitalisme n’est pas une chose extérieure à l’humanité qu’on peut détruire sans mettre en cause toute l’humanité. D’où la nécessité pour ne pas disparaître avec lui de dépasser le capitalisme (tout à la fois détruire et faire advenir un autre mode économique nouveau) en agissant sur les leviers que l’étude de la réalité du capitalisme donne. C’est donc bien tout à la fois un constat et un programme que Marx indique, car il institue une véritable économie politique, science de la pratique économique. C’est en ce sens que Marx a tué la « science économique » (classique) qui ne sait que masquer les dégâts et les contradictions du capitalisme au profit de la classe capitaliste.

    3/ Marx disait ne pas être marxiste… et de nombreux épigones se sont pensés marxistes avant tout ! Aujourd’hui tout un courant de recherche s’est donné comme projet de reprendre le travail à partir des textes de Marx et d’en renouveler les prolongements. Ce courant se dit « marxien » et les auteurs méritent d’être lus pour comprendre mieux le projet de Marx. (Par exemple concernant sa philosophie et les concepts principaux de celle-ci, lire Isabelle Garo, comprendre l’usage possible de la conception anthropologique de Marx, lire « L’homme ? » de Lucien Sève. Pour l’économie, lire « La logique méconnue du « Capital » », d’Alain Bihr, etc.)

  18. Marx doit se retourner dans sa tombe. .-)

    Sur le site de l’Express au lieu de « Le capitalisme à l’agonie » on peut lire :

     » …2011 Publie Le Capital à l’agonie chez Fayard. »

    Un lapsus de la rédaction de l’Express ?

      1. OK, ils auraient pu venir sur le blog, mais auraient fait une faute en oubliant le « Vers » (La Découverte, 2007) ou en ajoutant un point d’interrogation (Le Croquant, 2009) comme vous le faites vous-même sur votre propre blog 😉

        « La crise du capitalisme américain ? (Le Croquant 2009), par Paul Jorion »

  19. je ne comprends toujours pas pourquoi le gaspillage des ressources n’est pas en lien avec le capitalisme.
    Selon moi, le capital a pour but de créer la richesse à partir de ressources. Voyant que ces ressources utilisés ne procurent pas la richesse estompé, le capital modifiera son allocation des ressources pour le rendre rentable. Par conséquence, la partie des ressources non allouées sera considéré comme n’ayant pas de valeur. Un objet sans valeur n’aura plus de considérations aux yeux du capital.
    Exemple : la main d’œuvre, les produits périmés, les eaux usées, les infrastructures, les pc, les voitures….
    Dites moi combien de modèles de voitures différentes produisent les grands groupes industriels ? Combieen de produits alimentaires trouve t on dans les grandes surfaces ? Quel est le turn over des entreprises ? etc….

    je reinvente le capitalisme en disant que le capitalisme est la création permanente de déchets

    1. « le capitalisme est la création permanente de déchets »
      Man,
      mais finalement n’est-ce pas exactement ce que fait la Nature ?

      1. Citation Tikarol :
        « le capitalisme est la création permanente de déchets »
        Man,
        mais finalement n’est-ce pas exactement ce que fait la Nature ? »
        ——-
        La nature ne crée pas de déchets.
        La nature n’ a pas de point de vue.
        Dans la nature, rien n’est déchet, tout est déchet. Le bousier qui pousse sa pelotte pour aller en faire habitat en même temps que nourriture, est un élément du perpétuel cycle de transformation-utilisation de toute chose et pas l’éboueur recycleur que pourrait y voir un esprit humain.

        Il est évident qu’il nous faut urgemment réintégrer ce principe du vivant en envisageant, dès sa conception, la possibilité de transformation écologiquement nourricière de l’objet produit.

        C’est cela aussi quitter le capitalisme.

        Amicalement,

        Delphin

  20. Je cite:
    Payer à l’Afrique sa production à un niveau qui lui permette d’accéder à un mode de vie normal

    Ce que vous suggérez est impossible: Toute la « richesse » de nos pays repose, depuis toujours, sur le quasi-vol des ressources de l’Afrique.
    Une répartition plus équitable ne me semble même pas envisageable…Il n’y a qu’à regarder comment les choses se passent en ce moment de par le monde.

    1. « Toute la « richesse » de nos pays repose, depuis toujours, sur le quasi-vol des ressources de l’Afrique. »

      Tout peut être pas,beaucoup certainement.

      On leur a d’abord piqué les hommes et les femmes, forces de travail.
      Ensuite et encore toujours les matières premières.
      Aujourd’hui on leur loue des milliers de KM² à des prix ridicules ( terres rares)
      Et a commencé l’importation des quelques diplômés formés chez eux ( infirmières entre autres)

  21. à Man

    Pas sûr d’avoir compris votre commentaire… Oui le capitalisme est le mode de production le plus producteur de déchets et de gaspillages ! Il tire son profit de la force de travail des humains, les ressources matérielles ne l’intéressent qu’en fonction de leur coût, jamais pour les qualités qu’elles peuvent avoir (positives ou négatives, risques, dangerosité, toxicité…). Que la force de travail soit exercée ici ou ailleurs, qu’elle soit formée ou non, qu’elle exténue le travailleur ne lui importe pas, ce qui compte c’est son prix. Tout le reste découle de cette poursuite infinie du profit immédiat et maximum. De ce point de vue, le capitalisme est un mode de production à l’opposé de la logique du vivant, il est mortifère pour le vivant.

    1. Il n’y a aucun livre qui parle de la destruction de la planète de la part du système capitaliste et de la production continue de déchets.
      je pense que la première chose à réinventer est la littérature sur le sujet.

      Cela peut être cela la nouvelle société

      1. de ce pas, je vais écrire un livre sur le sujet….C’est de cette manière que j’ai décidé de changer la société

  22. « …Mais, pour tout vous dire, j’ai davantage d’ennuis avec les marxistes eux-mêmes qui considèrent que mes critiques à propos de certains points du marxisme, concernant par exemple la formation des prix, sont sacrilèges. Mais on a affaire là à une école doctrinaire. La pensée marxiste a d’ailleurs peu évolué, parce que les marxistes l’ont le plus souvent figée…. »

    c’est méconnaitre les travaux d’André Tosel, Etienne Balibar, Ducange, Alain Bihr, Isabelle Stengers, Lojkine, Gérard Duménil, Jacques Bidet…parmi de nombreux autres « marxistes »
    …et les travaux du Congrès Marx International !
    Conférence à voir sur le net : Crises, révoltes, utopies
    http://canalc2.u-strasbg.fr/video.asp?idEvenement=534

    …et plus récemment ceux de :
    Pedro Paez, économiste équatorien nommé par Rafael Correa pour impulser la Banco del Sur (Banque du Sud) et la monnaie unique pour la région, signale les intérêts occultes derrière la crise, provoquée par les mêmes qui aujourd’hui définissent les politiques d’ajustement…
    http://www.legrandsoir.info/les-banques-programment-la-crise-pour-gagner-avec-elle-pagina-12.html

    1. Non non… tout cela ne change rien au constat de Paul. Ils tirent Marx vers d’autres horizons « disciplinaires », avec plus ou moins de bonheur (plutot moins que plus, d’ailleurs…). Mais en matière d’économie, c’est toujours la même vieille rengaine, aménagée aux exigences de com dans l’air du temps. Leurs acrobaties et autres circonvolutions conceptuelles sont d’ailleurs, pour un oeil exercé, fort réjouissantes (avec une mention toute particulière à la pseudo « Ecole de la Valeur », à mourir de rire).
      Marx fait partie du problème. Ses prémisses sont en grande partie celles-là même de l’économisme. On ne change pas de système sans changer de regard, ce qui implique soit un grand pas en arrière (revenir à d’autres fondamentaux, comme Aristote, St Thomas, et même Hobbes, Locke…) ou un grand pas de côté (aller se ressourcer dans la pensée « chinoise », « arabe », « indienne », « africaine »). Lire Marx fait une excellente formation. Mais en reprendre le contenu doctrinal réel ou supposé, pour in fine le conserver tel quel, ou l’étendre à d’autres domaines d’investigation, c’est je crois être à côté de la plaque.

      Les marxistes (et autres mao attardés) ont systématiquement étouffé toute initiative critique et non marxiste de transformation de la société, soit pour la phagocyter, soit pour la disqualifier (et pas seulement qu’en idée). Ils sont largement responsables, à leur manière, eux-aussi, de la crise que nous connaissons.
      Et encore, ils continuent de nous souler à tenter de traduire, en idiome marxisant, ce qu’ils n’ont jamais dit mais qui était (on vous l’assure!) déjà implicitement si ce n’est explicitement contenu dans ce sur quoi ils étaient d’abord passé à côté (pour mieux se concentrer sur ce qu’il convenait de dire dans un contexte socio-historique déterminé), et ceci sans prendre en compte les différents Marx théoriques qui se sont succédé dans le corps de Marx, ainsi que le calibrage du discours de Marx en fonction des publics auxquels il s’adressait, et blablabla blabla … Ceci, bien sûr, jusqu’à ce qu’un énième prophète autoproclamé de Marx, revenant du fond des âges (au hasard les années 70…) nous gratifie d’un nouvel ouvrage fort savant intitulé « Marx n’était pas marxien »… Et ce sera reparti pour un tour!
      Heureusement, pendant ce temps, d’autres font le boulot, sur ce blog ou ailleurs. Je ne dis pas que lire Marx ne soit pas indispensable, ou que cela ne constitue s une excellente formation au travail de la pensée, mais à un moment, il faut en sortir…

      1. Jamais n’avait été autant reconnu, dans tous les secteurs,
        la pertinence de l’analyse de Marx sur les contradictions du capitalisme.
        Et pourtant oui, il faut en sortir, au sens de poursuivre l’oeuvre critique.

        Mais l’important ce n’est pas tant Marx ou même son oeuvre,
        que le bon sens qui dicte désormais de se débarasser de la classe capitaliste,
        condition nécessaire, bien que non suffisante,
        de la démocratie réelle, autrement dit pour éviter les catastrophes sociales et écologiques
        que porte cette classe dans l’effondrement en cours.

    2. un rajout :
      Jean SALEM, Marx et le matérialisme antique
      Démocrite, Epicure, Lucrèce…la dénonciation des religions…loin de St-Thomas !!…MARX encore et encore…et sa suite de philosophes à écouter attentivement, cela démontre que le « marxisme » n’est pas figé, ni sclérosé pour ceux qui acceptent de s’informer objectivement
      http://vimeo.com/30302952

  23. « Il y eut durant cet été 2011 ce krach quotidien des marchés financiers. Il y eut cette spirale grecque répétitive, insoluble. Il y eut ces alertes qui se déclenchèrent, les unes après les autres, dégradation de la note américaine, récession qui s’annonçait, inquiétudes du FMI. Il y eut les dénégations des politiques reculant devant les grandes décisions, multipliant les déclarations lénifiantes. Tout va très bien, madame la Marquise. Les élections approchent ; admettre la catastrophe économique reviendrait à tuer dans l’œuf les belles promesses qu’attendent les électeurs déboussolés.

    Puis, en ce début d’octobre, soudain, le rideau se déchire. La réalité apparaît, froide, indiscutable. Le premier coup de tocsin, l’effondrement de la maison Dexia, résonne comme l’annonce des désastres à venir, rappelant 2007 et la faillite de la banque anglaise Northern Rock. À l’époque aussi, comme le rappelait Jean-Claude Trichet dans son ultime conférence de presse, tous les responsables minimisaient le risque réel et se gaussaient des pessimistes.

    Mal connue du grand public, Dexia est une banque franco-belge comptant encore plus de 26 000 salariés. Elle a passé sans problème les stress tests de juillet 2010 et 2011 ; en août, lors de la présentation de ses résultats trimestriels, elle affichait l’un des meilleurs ratios de solvabilité de la place française. À la fin de l’année, elle aura disparu. Comment en est-on arrivé là ?

    Dexia a été créée en 1996 à l’initiative de Pierre Richard, haut fonctionnaire français, directeur général adjoint de la très publique Caisse des dépôts. Durant ses douze premières années d’existence, la jeune banque multiplia les acquisitions et opérations pour profiter des opportunités de la finance de marché. Son objectif était de financer ainsi les collectivités locales, en particulier françaises. Oui, sans cette stratégie démentielle de Dexia, nombre de communes, de départements, de régions n’auraient pu se payer autant de crèches, de bus, de collèges, de tramways ; et leur coût aurait été bien plus élevé. Vous vouliez savoir à qui profitait la folie de la dette ? À nous.

    À présent, c’est à nous de passer à la caisse. En 2008, quand la crise faisait rage, les gouvernements belges et français bricolèrent une recapitalisation, 7 milliards d’euros pour tenter de compenser l’exposition aux subprimes. 7 petits milliards engloutis dans le naufrage final provoqué par l’effondrement des dettes souveraines européennes.

    Il n’est pas possible de laisser tomber une banque. Les États doivent assumer, ce que font, contraintes et forcées, la Belgique et la France. Les prêts aux collectivités (70 milliards) vont revenir dans une structure publique, obligée à la sagesse, obligée à la rigueur. Mais, surtout, l’inventaire des actifs toxiques est enfin réalisé. Au-delà de la communication et des mensonges éhontés, la réalité apparaît pire encore que ce que redoutaient les plus pessimistes des analystes. Entre les obligations pourries jamais provisionnées depuis 2008 (92 milliards), les prêts non stratégiques (30 milliards), les bons du Trésor de pays européens (21 milliards), les financements municipaux, notamment espagnols et italiens, on est proche d’atteindre au total la somme faramineuse de 200 milliards d’euros. 200 milliards pour la seule Dexia, le même montant que celui évoqué par les autorités de l’Union pour la recapitalisation de toutes les banques européennes, avant sans doute de leur faire passer de nouveaux stress tests de pacotille.

    Ainsi se vérifie la tragique réalité : face à l’incendie qui menace, les tuyaux des pompiers sont trop petits. De deux choses l’une : ou l’on continue dans le déni, par exemple en confinant ces pertes abyssales dans une « bad bank », un sarcophage de béton dont on espère qu’il empêchera les radiations d’atteindre le AAA de la France (dont le déficit pour 2011 s’élèvera à 98 milliards) ; ou l’on se décide de regarder enfin la vérité en face : les sommes qu’il faudra décaisser pour éviter l’effondrement total obligeront les grandes nations, dont la nôtre, à une cure d’austérité gigantesque pour de nombreuses années. Le rôle de politiques responsables serait alors de trouver les moyens de la rendre acceptable pour la population. Disons-le, la campagne électorale qui commence ne semble pas vraiment s’engager dans cette voie. »

    Philippe Dessertine publie : « La Décompression – Après le krach, quelles solutions ? » (Éd. Anne Carrière, sortie le 20 octobre).

    1. « Vous vouliez savoir à qui profitait la folie de la dette ? À nous. »

      Non, car la décision de construire quoique ce soit ne fait pas suffisamment appel à la construction d’une décision démocratique, donc en premier lieu et comme on le voit tous les jours, la décision profite à la mafia du BTP qui n’est pas le seul lobby d’ailleurs sur le terrain.

      Voilà la démagogie de votre post auquel je ne souscris pas :

      Je ne bénéficie d’aucune façon de la « rénovation » de la station de métro Ch Elysé Clem, de la rénovation des Halles que je n’ai pas demandé, pour prendre un exemple.

      Lehman brother ?

      1. @Lisztfr

        Si t’es pas content de la gestion communale, de ces pauvres arbres qu’on abat ou quoi ou qu’est-ce, va gueuler aux réunions de rombières zé rombiers de ton comité de quartier, fonde avec quelques bobos une asso de défense des chats de gouttière, des rats d’égouts, des poux de pigeons, du cafard parisien ou des mouches à merde bronzées zé irisées, monte une liste aux municipales, fais c’que tu veux, mais arrête de nous gaver avec tes récriminations parigo-locales. On en a vraiment rien à braire et franchement, vu d’un trou de Province, d’entendre ce genre de gargouillis de Notre-Dame-la-bouche-pleine, ça a un petit coté, comment dirais-je… pornographique. Capito

    2. Dessertine fonctionne comme un CDS, ça plait ou ça plait pas. Dans le choc présumé du pot de terre et du pot de fer, il a choisi le pot de fer. Il n’a pas tort, c’est plus sûr.

      1. Lisztfr et Hervey vous avez raison, mais il est également vrai que l’aliéné aux mirages des aliénants a applaudi des deux mains aux beau lapins sortis du chapeau.

        Nous ne sommes pas totalement innocents du jeu pervers, il est trop facile de s’en exonérer.

        Delphin

    3. « Il n’est pas possible de laisser tomber une banque ».
      Ce principe incontournable implique aujourd’hui qu’il faut laisser tomber les populations. L’alternative serait donc : les banques OU les populations.
      Les banques évidemment d’ailleurs il n’y a même pas choix, il n’y a même pas alternative, Il n’y a qu’évidence, principe naturel : en 2011 que deviendraient les populations en abandonnant les banques ? Des sacrifiées du système. Il faut sauver les banques pour sauver les populations.
      Mais ….. que deviendront les populations en sauvant une banque puis l’autre pour éviter l’effet domino ? La réponse se trouve dans l’histoire de la crise : des sacrifiées.
      De fait, les populations doivent accepter des sacrifices instantanés ou des sacrifices progressifs à tendance immédiate. Le suppositoire par le grosbout ou par le petitbout ! Conclusion : ce sont les populations qui sont malades qui doivent être soignées (d’avoir vécu au-dessus de leurs moyens ?). Pas les banques.

  24. Les ressorts de la crise de 1929, me paraissent quant à moi les mêmes que ceux d’aujourd’hui, la complexité ayant juste permis de voiler plus encore la chose… Si les fondements sont différents, c’est simplement le fruit de la technologie et de l’avancée du culte de l’intelligence, qui permet de donner crédit à tout et n’importe quoi, pourvu que cela soit logique et compréhensible par les gens doués d’intelligence, et que cela donne l’impression de façonner le monde.

    Fondamentalement, le problème reste la croissance: comment aller vers un meilleur monde? Personne n’a rationnellement de réponse. Pas plus en 1929 qu’aujourd’hui.
    La déblacle financière actuelle a surtout pour origine le fait qu’on n’a pas su trouver autre chose pour soutenir l’économie après les starts up que de mettre en jeu les besoins fondamentaux: circulation (pétrole) et logement. Le système capitaliste s’est très bien acommodé de cette direction, puisque ce système met la possession au dessus de tout. La considération des salariés n’ayant plus lieu d’être depuis la chute du communisme, on est allé au bout, et voilà.

    En 1929, il me semble que l’on s’est trop enthousiasmé pour l’industrialisation, pensant à l’époque que c’était l’alpha et l’oméga du bien être… Puis ROOSEVELT et la guerre.

    1. Comme en 1929 , les ultra-libéraux ne se posent pas la question du « comment vivre » , du moment qu’eux vivent bien .
      Les guerres , et fait nouveau , les catastrophes écologiques …risquent fort de leur redonner le sens de la solidarité .

      Un monde meilleur est forcément un monde plus humain.

  25. C’est le culturel donc des hommes comme Paul Jorion qui peuvent décrire une situation d’avenir viable. En pleine crise qui vient cette situation peut devenir un but collectif , alors le politique trouvena le chemin de mise en place.
    Mais attention il faut aussi faire de même avec les institutions politiques. Et surtout le Culturel
    doit être indépendant du Plitique et de l’Economique. En Allemagne on a déja travaillé à son financement. Le bonheur où le moidre malheur est lié à cette ronde des 3 pouvoirs..

  26. Les révolutions, les Nobels de la paix, les véritables Universités sont sur internet à présent. C’est ici que ça bouge, ici que ça cogite, ici que ça circule… Jorion est beaucoup trop vivant pour habiter les coquilles mortes que sont l’ENS, l’Ecole Polytechnique ou au Collège de France…
    Steve Jobs mort, reste à inventer l’i-Nation !

    et la république 5.1

    pourquoi trainer chez paul jorion alors même que vos opinions diffèrent?

    c’est aussi un professeur et à ce titre il est bon de structurer sa pensée à son contact.

    en prime, c’est gratuit.

  27. « Aujourd’hui, la crise économique et financière vient s’ajouter à une crise écologique. Nos ressources énergétiques classiques sont épuisées ».

    Lu dans le magazine hebdo du Monde de ce samedi.
    « La terre vit à crédit depuis le 27/9 selon le think thank californien « Global Footprint Network »
    « A cette date nous avons déjà consommé ce que la planète est capable de produire en 1 an ».
    Pour boucler 2011 Il faudrait :
    « couper plus d’arbres qu’on en replante, rejeter plus de CO2 que la terre peut en absorber, pêcher plus de poissons sans leur laisser le temps de se reproduire ».
    30 ans que ça dure, que l’on vit à découvert, un déficit bien plus inquiétant que celui des finances publiques !
    Tous les habitants ne sont pas égaux.
    Si chacun « vivait comme un citoyen moyen des USA ou des Emirats arabes unis il faudrait une bio-capacité équivalent à plus de 4,5 planètes pour répondre à la consommation de l’humanité »
    « Aujourd’hui il faudrait entre 1,2 et 1,5 Terre pour répondre aux besoins des Terriens qui seront bientôt 7 milliards »

    Alors continuons à consommer gaillardement, après nous le déluge.
    Rappel : les énergies fossiles seront épuisées dans 200 ans.
    Si sous Napoléon on avait été dans cette situation, qu’en serait il de nous aujourd’hui ?

    1. Imaginons,
      Ce déficit écologique aurait justifié des mesures de réduction drastiques pour le train de vie de la majorité des péquenots tandis que quelques privilégiés auraient continué à gaspiller joyeusement en édictant des lois qui auraient préservé leurs avantages.

    2. Réminiscence de ce que j’avais écris il y a lurette? A peu près :
      Si il y a deux siècles, disons sous Napoléon, les gens avaient épuisés les ressources, pourri l’eau, la terre, l’air, fait disparaitre faune et flore, que penserions-nous d’eux aujourd’hui?

  28. Malheuresement il n’y a pratiquement pas de synérgie entre les différentes voix critiques en Europe, il me paraît donc difficile d’enclencher un changement véritable. Parmi les mouvements et partis récemments émergés, il y a en Allemagne un nouveau parti qui connaît un bon succès: la « Piratenpartei », elle est, me semble-t-il, assez proche des idées de Paul Jorion.

  29. « Sans révolution, ce sera la chute de l’empire romain »
    ( j’ ai tout lu -22h00mn- puis retour au titre…)

    Quelle révolution ?
    Une bien saignante genre 1789, avec le sang impur dans les sillons ?
    Ou quoi ? une pacifique , le rapport de force mutant en force de l’amour
    universel , par la grace d’internet ?

    Quel Empire ?
    L’ autre choix, l’effondrement de l’ Empire romain : sait-on bien de quoi on parle ?
    Il a été interminable et chaotique, très mortifère, retour à la friche et au dépeuplement;
    un génocide par abstention…
    Pas souhaitable.

    Pourquoi pas l’exemple de l’ empire brit : entre 1945 et 1963 , il s’est effondré
    sans trop de dégats. Les peuples ont été rendu à eux-mêmes; l’Empire
    n’aura été qu’une courte parenthèse. Ils y auront gagné une langue moderne
    et la common law , bien pratique.

    Menacer, comme d’une punition, de la chute de l’ Empire Romain ne me plait pas.

    Ni révolution, ni chute impériale, mais Evolution.
    Nous avons des tas d’ acquis à garder, sociaux, humains et intellectuels.
    Le reste sera à passer par dessus bord, sans regret. La discrimination
    ne sera pas difficile.

    La Crise des années 2000 est sans doute universelle, mais elle sera surmontée
    pas à pas, une priorité après l’autre, sans perte majeure et sans que notre
    liberté soit menacée. Nous sommes 99% environ, peut-être 60%
    en défalcant les faux-traitres qui pèsent 1400 milliard d’ Euro en France.
    Les 1% restant – plus les faux et demi-complices- ne vont quand même pas
    nous obliger à choisir entre une Révolution sanglante ou une nuit de bas-moyen-age,
    post chute d’ Empire.
    Nous valons mieux que cela.

    1. Paul ne propose certainement pas le bain de sang que vous annoncez.
      Une révolution de civilisation est la seule alternative
      à la barbarie sociale et écologique qu’entraine l’agonie du capitalisme.
      La classe dirigeante resistera par la violence.
      La seule façon de la limiter, c’est d’en convraincre les 99 %,
      l’indignation générale, les résistances sans répit,
      jusqu’au tous ensemble, et l’action déterminée dans l’affrontement général,
      autrement la force et le nombre.
      Ce blog contribue utilement à cette sortie par le haut.
      L’espèce humaine a le choix de la date de sa disparition.

      1. @ Marlowe
        C’est bien sûr un clin d’oeil au mouvement de Liberty Place(USA)
        puisque leur slogan est « We are 99 % ».
        Maintenant, si nous ajoutons le nombre des personnes
        qui peuvent ,d’ici 3 ou 5 ans,
        prendre pleinement conscience des désastres pour les humains
        et l’écologie qu’entraine la poursuite de la dictature du capital,
        nous pourrions avoir une majorité écrasante mobilisée contre le capital.

        Evidemment, même dans la crise énorme de légitimation du capital,
        il continuera à entretenir une garde rapprochée idéologique
        et une bande d’hommes armés.

  30. Les bourses rebondissent fortement, elles ont l’air satisfaites de la réunion Sarkozy Merkel bien que rien de concret n’en soit sorti (au niveau des mesures concrètes, pour l’instant on a juste des promesses) et des chiffres économiques qui sortent bien mieux qu’attendus depuis 3 semaines aux états unis. Ce soir les premiers chiffres de bénéfices sortent aux US. On verra ce que ça donne, mais j’ai l’impression qu’ils sont repartis comme en 40 !

    1. Je n’y entends pas grand chose et vais peut-être dire une énormité.
      Cependant, mon point de vue sur le sujet pour avoir fait joujou dernièrement avec des simulateurs de jeu boursier (place parisienne) :
      – Le système est virtuel, essentiellement basé sur la confiance (où est donc le lien cours – valeur intrinsèque ?)
      – Les spéculateurs pour gagner on besoin de volatilité mais doivent également « éviter » une chute permanente
      – Les spéculateurs cherchent des indices tout azimuts, notamment dans les publications et annonces officielles, dont ladite réunion FR/G
      J’en conclus que l’ensemble des spéculateurs est bien content de pouvoir interpréter ça comme une bonne nouvelle et l’interprètent ainsi, ce qui en fait une bonne nouvelle en faisant monter les cours…
      Prédictions auto-réalisatrices ? A mon sens nous sommes en plein dans ce jeu de miroirs, jusqu’à ce que l’ensemble tombe en fracas.

      PS : sur l’épisode C.A. récent j’aurais pu gagner plusieurs milliers d’€ en spéculant les quelques dizaines que j’ai en banque… Diable, où est le sens de tout ça ?

  31. Est ce que le fédéralisme européen va mener à d’autres décisions de ce genre ?

    L’Europe va aider les Airbus chinois. Un sujet qui illustre à merveille la complexité du débat actuel sur mondialisation.

    >…. les A320 fabriqués dans l’usine Airbus de Tianjin et destinés au marché chinois bénéficieront, eux aussi, de la garantie européenne. Cela veut dire que si une compagnie aérienne chinoise fait faillite, ce sont nous, les contribuables européens, qui paieront la facture. Bref, on aide les Airbus chinois. Airbus en rêvait, les gouvernements de Paris, Berlin et Londres viennent de dire banco….</blockquote

    http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/airbus-l-europe-bonne-poire-a7036.html

  32. Fort bon entretien, bravo! Espérons que beaucoup de gens l’aient écouté avec attention… Même si tout peut arriver, le pire reste probable. Si le pire survient, le gens auront tout intérêt à se poser les bonnes questions, plutôt que de gober la propagande libérale et financière…

  33. Ping : Anomaly
  34. Entretien très enrichissant, cela donne envie de vous lire. Votre travail de sape va finir par éroder la vision figée du complexe économie-banque-finance.
    En partant d’un modèle physique de répartition de masse appliqué à la répartition de richesses (entre finalement deux classes sociales) je suis aussi arrivé à la conclusion que nous sommes à l’aube d’un point de rupture ou d’un changement radical. La question est quand? (article )
    Au plaisir de vous lire,
    Daniel

    PS: pardon pour le post automatique précédent, je ne savais pas encore comment marchait le système de trackball ^_^

  35. c’est enrichissant,

    vous pouvez bien éplucher wikipedia et tomber en surfant sur des noms comme léon walras, parcourir brièvement ses travaux tout en tentant de le recaser dans la genèse des sciences économiques, du moins depuis adam smith,

    mais ce genre de détails…

    A l’époque, la pensée économique développée par Adam Smith, Richard Cantillon, François Quesnay ou David Ricardo pointait les faiblesses du système capitaliste et sa possible disparition à terme. Mais, pour Marx, la fin du capitalisme tenait davantage du programme que du constat. C’est ce qui a d’ailleurs poussé le lobby financier à trouver et à « sponsoriser » des économistes qui disaient le contraire, comme Léon Walras, Carl Menger ou W. Stanley Jevons. Cette dernière branche a culminé dans les années 1950 au sein de l’éclatante école de Chicago, dont les moyens alloués étaient considérables.

    … valent leur pesant d’heures de lecture.

  36. Il faut admirer le style de l’interview, dans cette revue pour cadres francophones de Belgique. Des questions simplistes, qui évoquent le ‘bons sens à la belge’, cad les lieux communs. « Rassurez-nous », capitalisme et communisme, crise de 29, etc.
    Les références intellectuelles sont tronquées (en note), les références sociales (Attali, Elysée) et le titre (qui n’est pas l’essentiel de l’article) cherchent à donner le frisson, ce qui est difficile dans un pays où on résiste au froid humide grâce à la graisse des frites.
    Et l’auteur d’interview ne cherche pas à disputer sa propre compétence avec l’interviewé, ce qui aurait été le cas en France.
    L’essentiel : c’est un belge, cocorico ! Le ciel peut nous tomber sur la tête.

  37. « Le chemin de l’espérance », c’est le titre du dernier petit livre commis par nos 2 anciens toujours vifs et verts, Stéphane Hessel et Edgar Morin. Bravo Messieurs, chapeau bas.
    Une citation de Paul Valéry de 1932 illustre assez bien la situation actuelle.
    « Jamais l’humanité n’a réuni tant de puissance à tant de désarroi, tant de soucis et tant de jouets, tant de connaissances et tant d’incertitudes. L’inquiétude et la futilité se partagent nos jours ».
    Et aussi celle de Konrad Lorenz de la même époque :
    « Il faut se demander ce qui porte le plus gravement atteinte à l’âme des hommes aujourd’hui : leur passion aveuglante de l’argent ou leur hâte fébrile »
    Ce petit livre qui se lit rapidement liste de nombreuses pistes, axes de solutions et apporte aussi des propositions concrètes.
    Sans un peu d’utopie et surtout beaucoup de créativité et de persévérance on ne s’en sortira pas ou alors très mal.

    J’en ai profité pour lire enfin l’opuscule précédent de Stéphane « Engagez-vous », j’avais laissé cet autre petit livre sommeiller sur une étagère.

    A lire aussi « La voie. Pour l’avenir de l’humanité » » d’Edgar Morin.

    L’entretien de Paul qui est d’une clarté remarquable et est accessible à tous peut servir de porte d’entrée à une bonne appréhension de la situation actuelle, et pourra être complété par les 2 ouvrages de nos papis qui font de la résistance. L’ensemble est à diffuser largement comme un paquet cadeau, pour une prise de conscience rapide des réalités et pourquoi pas pour susciter des engagements plutôt que ignorance et indifférence ou pire, freins.

    En fin de livre Stéphane et Edgar ont la modestie de citer de nombreux autres « activistes » et leurs dernières productions, la plupart sont connus par les habitués de ce blog :
    Les « Economistes Atterrés ».
    Pierre Larrouturou « Pour éviter le crack ultime »
    Camille Landais, Thomas Piketty, Emmanuel Saez « Pour une révolution fiscale »
    Claude Alphandéry : pionnier de l’économie sociale et solidaire
    Patrick Viveret animateur des « Dialogues en Humanité »
    Alain Caillé  » « De la convivialité »
    Hervé Sérieyx et André-Yves Portnoff « Aux actes citoyens »
    Et de conclure « Toutes ces pensées, tous ces travaux sont amenés à s’entre-féconder et à converger ».

    C’est bien la partie la plus difficile qui reste à mener, mais c’est en avançant, en marchant ensemble que nous pourrons enfin prendre la bonne route.

    Constats/diagnostics – solutions/remèdes – actions/traitements ====> guérison.

  38. Voilà notre PJ promu gourou de la finance, par Le vif… C’est du moins ce qu’il y a dans le coin en bas de la page de couverture.

Les commentaires sont fermés.