L’actualité de la crise : ILS MARCHENT SUR LA TÊTE, par François Leclerc

Billet invité

Demander leur aide aux pays émergents, Chine en tête, est un symbole fort des nouveaux rapports de force mondiaux. En procédant ainsi, les dirigeants européens viennent de mettre en évidence qu’ils n’ont pas les moyens de refinancer l’endettement de l’Europe, puisque c’est la stratégie qu’ils poursuivent envers et contre tout.

Quand certains d’entre eux récusent cette voie, c’est pour se réfugier dans une autre fuite en avant, en préconisant que la BCE éponge la dette en créant de la monnaie, afin que tout puisse repartir comme si de rien n’était, à des aménagements mineurs près.

Or, la planète n’a pas changé d’axe, mais le monde si ! Les pays de l’OCDE doivent céder le pas devant de nouvelles puissances économiques, qui disposent des moyens financiers allant de pair. Cette nouvelle donne est issue du processus de mondialisation, qui a redistribué les cartes, dont on n’a vu que les délocalisations, puis l’invasion de produits venus d’ailleurs. Le monde pivote pour de bon et il faut désormais résoudre une nouvelle équation.

Epuisé pour avoir été trop exploité, le vieux monde cède maintenant le pas devant un nouveau monde qui s’impose irrésistiblement. Pour le système financier, c’est un nouvel eldorado en puissance, où il va pouvoir reproduire les recettes qui ont fait sa fortune après avoir entraîné la désolation sur ses anciens terrains de jeu. D’Occident, cet inacceptable renversement de situation pourrait apparaître comme le match retour d’une exploitation coloniale qui a fait la fortune de ceux qui en ont été les maîtres, si cet épisode n’était pas oublié.

La tentation du déni est grande, comme toujours lorsque la peur est grande. Ainsi que celle du repli, qui l’accompagne. Accompagnée de fortes réactions de rejet, telles qu’on les observe en Allemagne par rapport aux Grecs. Elle évite de se confronter à la seule problématique qui vaille, celle d’une autre mondialisation ayant pour objectif de mieux répartir la richesse, à la fois sur la planète et au sein des sociétés qui l’habitent. Les deux échelles vont en effet de pair, imposant si l’on prétend régler l’une de s’attaquer à l’autre ; de définir de nouveaux modèles de développement globaux, intégrant tout à la fois les besoins économiques, sociaux et environnementaux.

Une telle démarche est constitutive du nouveau paradigme qui progressivement se dessine. Mais il n’est pas surprenant, étant donné les mises à plat et remises en cause qu’elle implique, que les héritiers de la social-démocratie historique ne la partagent pas, puisqu’il ne s’agirait plus de mieux gérer un système mais de le transformer. Ils négligent l’étroitesse de leur marge de manœuvre, singulièrement réduite en situation de crise durable, font abusivement confiance à leurs capacités de gestionnaires, et préparent la désillusion.

La période où des pays pouvaient symboliser un avenir radieux est révolue : il n’y a plus de patrie d’un socialisme qui n’a pas rempli ses promesses tandis que les Etats-Unis connaissent le déclin, le miracle américain ne faisant plus recette. L’Union européenne a pu un temps cristalliser des aspirations, mais elle n’en est plus capable dans ses soubresauts actuels. S’impose progressivement, comme un repoussoir, l’image d’un pouvoir oligarchique, transnational, qui non seulement dispose des leviers de commande mais est désormais assis sur la colossale finance grise du shadow banking. Sommaire, cette vision est aussi désarmante, car comment lutter contre l’insaisissable ?

La première réponse est qu’il faut connaître ce système davantage afin de mieux le décrypter. La seconde est qu’il faut lui opposer une alternative qui est en premier lieu programmatique. Puisqu’un grand saut doit être effectué, le système étant en train d’imploser sous nos yeux, sur quels principes fondateurs peut reposer une alternative ? A quelles aspirations doit-il être répondu et comment ? L’exercice réclame de sortir des sentiers battus et de ne pas s’enfermer dans un réalisme qui se trouve dans l’impasse et procède du manque d’ouverture d’esprit quand ce n’est pas de l’imposture. Mais au contraire d’affronter le vent du large.

La crise a ceci de positif qu’elle met à nu des mécanismes qui étaient ignorés, qu’elle dévoile une réalité auparavant dissimulée. Dans quelque domaine que l’on étudie un peu, y compris les plus vitaux comme ceux de l’alimentation et de la santé, on observe et comprend que les objectifs poursuivis répondent souvent à des critères qui nous sont pour le coup étrangers. Quant à l’activité financière, qui domine toutes les autres, elle apparaît désormais pour ce qu’elle est : fondamentalement parasitaire.

Dans tous ces domaines, et dans d’autres encore, des analyses et des réflexions sont en cours, des expériences sont tentées, de nouvelles pratiques sociales se dessinent. Aujourd’hui, le choix est de savoir de quel côté on se situe : de ce côté-ci ou de celui de ceux qui ont comme horizon borné de redémarrer la machine à décerveler, en limitant si possible ce que l’on appelle le coût social, celui-là même qui devrait plus que tout autre être considéré.

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205 réflexions sur « L’actualité de la crise : ILS MARCHENT SUR LA TÊTE, par François Leclerc »

  1. Tout à fait d’accord sur le contenu. Mais au-delà du constat, quid du concret indispensable à une proposition d’alternative globale crédible ?

    Tout chamboulement du système ne pourra qu’être désordonné. Une évolution rationnelle et contrôlée ne peut exister sans qu’une prise de conscience mondiale s’opère, à tous les niveaux des différentes sociétés. C’est une histoire de classe, et je ne vois aucune des classes qui dominent accepter que l’on rebatte les cartes pour concevoir une nouvelle donne dans laquelle ils perdraient des plumes. Que ces classes dirigeantes – où qu’elles vivent : Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Asie, Afrique – usent de tout leur pouvoir pour que le système continue à agoniser pendant leur propre génération (quels qu’en soient le coût et les conséquences pour le reste) est à mes yeux une donnée immuable.

    Reste alors la réaction des peuples dans les pays où prévaut un système démocratique. Pour que cette réaction puisse s’opérer, il faut expliquer. Il faut démontrer. Il faut proposer. Non, les gens ne vont pas eux-mêmes s’extraire du carcan consuméristo-capitaliste qui leur colle comme une seconde peau. Non, ils ne vont pas d’eux-mêmes inventer l’alternative. Quand on est un idéaliste peu confronté à la réalité du terrain on peut s’illusionner et se dire que les gens vont faire tous seuls la révolution citoyenne, mais c’est faux. Même quand on passe des années à expliquer, à débattre, à démonter les mécanismes, quand on a convaincu les gens de ne plus accepter, la question arrive immanquablement : « oui, mais on fait quoi, alors ? »

    Donc, il faut réinventer l’éducation permanente et populaire. Des initiatives existent, mais elles sont morcelées, et elles ne couvrent pas l’ensemble des couches d’une société, loin de là. En outre, l’intérêt général est loin de se porter là-dessus. On me rétorquera sans doute qu’avec Internet et les réseaux sociaux, tout est différent. Je n’y crois pas une seule seconde. Internet et les réseaux sociaux sont des média en plus, des systèmes de communication en plus, mais cela ne dit rien ni sur les contenus, ni sur l’intérêt que les gens vont porter à tel ou tel site. Ce n’est pas parce qu’Internet existe que les internautes vont tous se mettre à lire ce blog, par exemple, loin de là.

    Ceux qui lisent les blogs politiques et économiques, ou plus généralement visitent les sites d’information et de débat sérieux sont soit des convaincus, soit des adversaires envoyés là pour troller ou contrebalancer les discours. Les curieux qui découvrent existent, bien sûr, mais encore faut-il qu’ils dépassent la curiosité et s’engagent dans la lecture et le débat sur la durée. C’est très loin d’être évident.

    Les primaires socialistes ont eu le mérite de démontrer qu’un intérêt pour la chose publique existe, quoi que l’on veuille bien dire, mais c’est un intérêt de soirées passées assis(e) dans son fauteuil à avaler passivement les discours des candidats. Comment motiver les gens à aller au-delà, à franchir le cap ?

    Tant qu’on n’aura pas de réponse à ces questions, le système pourra continuer à hoqueter son interminable agonie en paix, veillé par les docteurs Folamour que sont les chefs d’état et les institutions financières internationales.

    PS : je ne comprends pas pourquoi on affuble la Chine, l’Inde et le Brésil du qualificatif « émergent » alors que ces pays sont à mon sens au moins aussi puissants (pour ne pas dire bien plus puissants) sur l’échiquier mondial (que ce soit en termes démographiques, économiques ou financiers) que l’Europe. Je ne vois pas l’intérêt d’ainsi donner dans le faux-semblant. Soit cela a pour effet de nous donner un air condescendant qui n’est vraiment pas de mise, soit cela a pour effet de voiler la puissance réelle de ces pays – quel que soit le cas, je trouve que cela n’a vraiment pas lieu d’être.

    PPS : rien à voir, mais Athens News propose un article amusant aujourd’hui : EU deal may imperil sovereign CDS market – et nous apprend que les grecs ne sont pas satisfaits du résultat du sommet où Sarkozy a sauvé le monde (et l’univers, et au-delà). Quels ingrats, ces grecs ! 😛

    1. Comment motiver les gens ?
      Par la contrainte, hélas.
      Hélas, elle vient alors même qu’on voudrait l’éviter.

    1. J’ai rencontré cette problématIque plus d’une fois.
      Exemple: un stock valorisé de travers juste parce que le prix unitaire d’un produit (noyé dans la masse de milliers d’autres) avait une erreur de trois 0 et surtout ….pas le moindre contrôle de cohérence en amont.
      Imaginez l’impact sur le bilan !

  2. Bonjour François,

    Le fond souverain chinois a peut-être quelques milliards de dollars en réserve mais cela fait surement beaucoup beaucoup moins que ce que les capitalistes occidentaux ont dans leurs bas de laine.

    La différence n’est-elle pas que l’Etat chinois serait un peu responsable et aiderait l’Europe à s’en sortir alors que que nos capitaliste privés bien de chez nous sont de monstrueux égoïstes, seulement préoccupés de faire croître leur magot, en demandant des taux d’intérêt exorbitants aux faibles ou en leur coupant même tout crédit?

    On a parlé, il y a peu sur ce blog, de capitalistes, de corde et de pendu… De fait, ces homo oeconomicus qui se croient rationnels ne sont-ils pas en réalité des fous suicidaires, aveuglés par leur cupidité sans bornes?

    1. Mais ils se sentent mondialisés comme leurs revenus (et non plus occidentaux) et donc les problèmes localisés ne les intéressent pas.

    1. … d’où l’intérêt d’une notice indiquant de quel côté tartiner biscottes et autres pains.

      Hmmm… un bon éclat de rire, ça fait du bien !
      Merci Pablo pour cet intermède inattendu et bienvenu 🙂

    2. Arrêtez de vous demander pourquoi il y a la crise: c’est tout simplement normal !

      Pourquoi y’a-t’il des trous dans l’pain, les Frères Jacques avaient anticipé la crise:

      « La confiture ça dégouline
      Ça coule coule sur les mains
      Ça passe par les trous d’la tartine
      Pourquoi y a-t-il des trous dans l’pain

      Bien sûr on peut avec du beurre
      Les trous on peut bien les boucher
      Ça ne sert à rien c’est un leurre
      Car ça coule par les côtés…

      http://www.dailymotion.com/video/x1smbz_freres-jacques-la-confiture_music

      Paroles:

      http://www.musikiwi.com/paroles/les-freres-jacques,confiture,32451.html

  3. Un pouvoir oligarchique, transnational, qui non seulement dispose des leviers de commande mais est désormais assis sur la colossale finance grise du shadow banking

    Voilà. C’est ça. Osons regarder cela en face et en silence. Sans espoir, sans plainte, sans peur.
    Ce monde infect et au bord de l’abîme, c’est notre oeuvre, celle de nos parents et aïeuls.
    Une part de nous a voulu cela et le veut encore, effrayée de passer à tout autre chose.
    Et c’est de cela, qui est la réalité, qu’il faut partir.

    La clarté ne naît pas de ce qu’on imagine le clair, mais de ce qu’on prend conscience de l’obscur. (Jung).

      1. @ Jean-Luce Morlie

        Oui. Votre commentaire est dense et convoque des références que je ne maîtrise pas, mais je pense que nous nous rejoignons sur l’attention portée à « comment l’ancien se fait passer pour le nouveau » et à « comment le nouveau émerge ».

        Vous écrivez  » N’aurions-nous pas intérêt à examiner, d’où quelles surgissent, la sortie des racines traçantes par lesquelles les forces de l’ancien système s’apprête à renaître ? »

        Je suis d’accord avec cela et avec les exemples que vous donnez. Cela a à voir avec la lucidité et l’absence de complaisance.

        Il y a aussi une chose qui me paraît difficile à décrire mais que j’ai maintes fois rencontrée : le nouveau n’émerge pas contre l’ancien. Il y a une prise de conscience de l’ancien dans son ensemble, puis silence, peut-être désespéré, et dans ce silence, le nouveau surgit. La volonté de changer ce qui est là est moins profonde et moins efficace que la conscience de ce qui est là. Celui qui se dit « contre X » a consciemment ou inconsciemment besoin de X… et donc contribue à laisser X tel qu’il est.

        Je pense d’ailleurs que votre commentaire parle de cela aussi…

  4. J’ai du mal à comprendre cet émoi autour du thème de la démondialisation et du protectionnisme.
    La démondialisation va se produire naturellement et inexorablement, lorsque devenant de plus en plus rares, les ressources fossiles vont se négocier à des prix prohibitifs.
    Pour le pétrole il pourrait atteindre 400$ le baril à la fin de cette décennie.
    Ce n’est pas une idéologie quelconque qui va imposer les relocalisations, du moins des productions matérielles: c’est la fin de l’énergie abondante et bon marché.
    Tout le reste est un faux débat pour amuser la galerie et ne conduit qu’à se faire des noeuds au cerveau.
    Oui admettons le, à terme relativement court, d’autant plus court que le taux de croissance des pays émergents est élevé, nous allons vers une relocalisation des productions matérielles. Et sans aucun doute vers un niveau de vie plus frugal que celui qui est globalement le notre actuellement. Pour ce qui est de la frugalité nos dirigeants prennent les devants en enchaînant plans d’austérité, sur plan d’austérité.
    Montebourg ou pas Montebourg, Mélanchon ou pas Mélanchon, Attac ou pas Attac, protectionnisme ou pas c’est ce qui nous pend au nez braves gens!!!
    Mais restera la mondialisation immatérielle, au travers de l’internet, celle là permet déjà, et permettra les échanges entre les peuples et les cultures, c’est vraiment cette mondialisation qui est importante.
    Celle qui s’achève n’a été qu’une arnaque organisée à l’échelle mondiale par les riches des pays riches, avec la complicité des riches des pays émergents, pour capter un maximum du capital mondial avant que l’énergie ne soit plus abondante et bon marché.
    Sorry folks! 🙁

    1. La démondialisation va se produire naturellement et inexorablement

      En effet, ce n’est pas l’argent ou une idéologie qui va l’empêcher, mais moi je parlerais surtout de décroissance. L’homme aurait pu crée une décroissance en douceur, mais tout prouve aujourd’hui qu’il a choisi la méthode qui a toujours existé dans le monde vivant, la décroissance forcée par la nature qui passe par les guerres, les famines et les épidémies.. actuellement l’homme continue à croire qu’il peut relancer le système alors qu’il est au pied du mur, c’est déconcertant pour ma part..

      1. L’intelligence individuelle est mise au service de l’égoïsme, quant à l’intelligence collective qui devrait se mettre au service de la solidarité. Cette intelligence collective, je crois malheureusement qu’elle n’existe pas ou si peu, et si par hasard elle vient à se développer, il y a toujours quelque mal intentionné qui vient semer la zizanie et qui l’empêche de prendre son envol.
        Voilà pourquoi la décroissance ne se fera pas en douceur, plus que déconcertant ce pourrait être plutôt désespérant pour qui croit encore en l’Homme.

    2. « Ce n’est pas une idéologie quelconque qui va imposer les relocalisations, du moins des productions matérielles: c’est la fin de l’énergie abondante et bon marché. »
      Ce sera une autre idéologie qui se basera sur l’énergie peu abondante et très chère : cela nous changera.
      🙂

      1. Je crains plutôt un chaos général, et un monde à la Mad Max:

        http://www.youtube.com/watch?v=c4TdPxOXuYw

        Encore que le World Wide Web, s’il reste libre, pourrait permettre par les échanges qu’il permet l’émergence d’une forme de conscience collective planétaire, qui sait nous sommes peut être en train d’y participer?

    3. @ joan.
      Le modèle que tu mets en avant a été longtemps celui de sites comme Oleocène. Apres moult réflections et constats depuis 2007…il s’avère que ….le baril ne devrait pas dépasser les 200 § , voire 150 § ……
      Le système s’adapte et sa constante majeure c’est le consumérisme ..donc un prix aceptable de l’énergie . Comme il faut réduire la demande , une hausse de 130 à 150 §suffit a faire « lacher prise » aux plus faibles (pays ou pauvres des pays riches) afin de réduire cette demande …a la suite de quoi le baril redescend à 50 ou 80§ ..pour qqs temps .
      De ce fait , la pauperisation n’est pas tres ressentie parceux qui ne sont pas condamnés par la prochaine « charette » …. juste un « humanisme » a surbaisser !
      Maintenant , je pense comme toi , qu’un retour au protectionnisme sera de facto necessaire , en raison des couts croissants des transports et de la nécessité de redonner une raison de vivre aux moins favorisés .
      Il serait urgent de penser a l’accompagner intelligemment .

    4. « Mais restera la mondialisation immatérielle, au travers de l’internet, »

      Voyez plutôt :

      chaque recherche sur Google brûle autant qu’une ampoule basse consommation pendant une heure.

      les technologies de l’information et de la communication (TIC) gaspillent 13,5 % de la consommation électrique française (soit 58,5 TWh) ; les téléviseurs à écran plat et leurs périphériques (décodeurs, équipement TNT) constituent le coût le plus important.

      Avec un taux de croissance moyen de 10 %, les TIC pèseront pour 20 % de la consommation d’électricité française dès 2012 – soient 9 centrales nucléaires.

      la consommation d’électricité dans le secteur résidentiel de l’Union européenne a crû ces dernières années à un rythme comparable à celui du PIB global (10,8 %).

      Cette demande croissante est due à l’usage généralisé d’appareils comme le lave-vaisselle, le sèche-linge, le climatiseur, l’ordinateur personnel, et à l’essor de l’électronique grand public et des équipements informatiques et de communication – décodeurs, lecteurs de DVD, équipements à haut débit et téléphones sans fil (source : Reuters).

      en 2006 les « datacenters » (qui hébergent des serveurs informatiques et

      équipements de télécommunications) aux Etats-Unis ont consommé 61 milliards de kWh – l’équivalent de la consommation du Royaume-Uni en deux mois – soit deux fois plus que cinq ans plus tôt .

      selon un chercheur de l’université de Dresde, Internet consommera dans 25 ans autant d’électricité que l’humanité en 2008 (source : http://www.dotgreen.fr).

      Les technologies numériques tuent ces jours-ci au Japon. Ceux qui vous disent qu’on peut à l’infini augmenter la production et la consommation, le pillage des ressources naturelles, la pollution du milieu naturel, sont des criminels qui vous mentent et nient la réalité.

      Les limites de la Terre s’imposent à nous et nous imposent des choix. Ce n’est pas grave. Nous n’avons pas besoin d’objets « intelligents ». Nous avons besoin d’être intelligents, de déchirer le voile de la propagande techno-scientiste, de refuser la consommation meurtrière et abrutissante , de jouir de notre existence de Terriens.

      La vie est tout ce que nous avons. Ce n’est pas parce qu’EDF, Areva et le CEA nous détruisent que nous devons être leurs complices. Débranchons-nous.

      Source : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/
      (déja posté)

      Delphin

      MARIE PAULE NOUGARRET SUR LE SITE REPORTERRE (12 avril 2011) :

      Murmures de Fukushima

      […]
      Pour vérifier ce point, affiner le propos, par téléphone, il faut allumer la box, brancher l’adsl et dépenser de l’électricité.

      Pour un simple coup de fil qui demandait auparavant 6 volts. Vingt ans que les écologistes ont changé toutes leurs ampoules et pourtant la consommation augmente sans arrêt.

      Pensez aux guitares électriques, ces beautés. Comme il semble loin le temps où Greenpeace organisait du rock and roll dehors avec des photopiles : le moindre village veut sa montagne d’amplis, le moindre concert un stade de sport.

      Pour taper cet article, malgré les deux ou trois machines à écrire, dont une énorme, de rédaction, que je conserve par précaution ; pour rédiger seulement, il faut de l’électricité : faire chauffer un ordinateur à jour, aux normes Internet, sans quoi pas de publication.

      On appelait cela : dématérialisation de l’économie, du support de l’information, fin de la presse papier. C’était censé sauver le climat en épargnant des arbres. Fukushima nous le murmure : la dématérialisation, c’est du vent.

      Rien de plus matériel que l’électricité, elle génère les déchets les plus lourds du monde. Les centraux d’Internet, sur le réseau, dévorent tant de courant que tels des petites centrales, ils exigent un refroidissement (par eau). Les portables contiennent des minéraux mortels comme le coltan, qui tue au Congo. Les ordinateurs désuets deviennent des déchets toxiques bien concrets.

      Ce qui se dématérialise en fait, c’est le contenu, pas le contenant, la connaissance publique, l’information publiée, conservable, lisible à tout moment, à risque juridique donc vérifiée. Sa fiabilité, sa crédibilité.

      […]

      1. Bonjour,

        Le simple fait de se servir de son cerveau entraine une dépense énergétique.
        Pour réduire votre empreinte, mieux vaut accepter la lobotomisation mise en place par vos dirigeants depuis plusieurs décennies.
        Lobotomisation d’ailleurs parfaitement acceptée et plébiscitée par la plupart des humains.

        Cordialement.

    5. Joan,
      L’émoi ne tourne pas autour du protectionnisme et de la démondialisation mais de condamner la mise en cause de la Chine comme principale cause à la crise .
      Celle-ci est INTRINSEQUE au capitalisme (OCCIDENTAL). Les financiers et les politiques de libéralisation économique en sont les vrais responsables.
      (La paille, la poutre).

      1. Les financiers et les politiques de libéralisation économique en sont les vrais responsables.

        Tout à fait d’accord.
        Quand on lâche un loup dans une bergerie, et qu’il s’attaque aux moutons, ce n’est pas le loup qui est condamnable ce sont ceux qui l’on lâché.

    6. Pensez vous vraiment qu’il y a « une » démondialisation comme on a essayé de nous vendre « L’Europe » en 2005, en cadenassant le débat ? Pensez vous que « la » démondialisation réponde aux « lois du marché » ? Pensez vous l’inéluctable ?
      Alors à quoi bon réfléchir, voter, s’éduquer etc. ?
      L’avenir sera ce que nous en ferons, avec toutes nos faiblesses et toutes nos erreurs, mais avec aussi touter notre générosité et tous nos espoirs.

      1. @RV

        L’avenir sera ce que nous en ferons, avec toutes nos faiblesses et toutes nos erreurs, mais avec aussi touter notre générosité et tous nos espoirs.

        Je le souhaite, mais j’ai la faiblesse de penser que l’avenir sera aussi ce que nous pourrons.
        Mais ce doit être lié à un coup de blues de ma part…

  5. « La première réponse est qu’il faut connaître ce système davantage afin de mieux le décrypter. »
    Non.
    Si vous voulez vous noyer dans les détails qui sont volontairement mis LA pour noyer le néophyte qui n’aura, de toute façon JAMAIS les détails, allez-y.
    Mais si certains se jettent du haut du pont en étant certains de voler, d’autres ont la raison.

    Jeter le système du haut du pont, sachant tout de même qu’il est protégé par les pouvoirs en place, est le plus raisonnable.
    Ce qui est juste raisonnable est une dictature du peuple et les exemples de l’Islande, la Tunisie, l’Egypte et d’autres à venir nous montrent que nous nous en sortirons tous ensembles au niveau d’un pays ou … pas.
    Désolé pour les US, ils sont allés trop loin.

    1. Ne faudrait-il pas plus simplement supprimer l’octroi qui est à l’entrée du pont ?
      Si vous sautez du pont , il reste en place . . . Si vous modifiez les conditions d’accès, tout le monde en profite. Le pont sert à traverser la rivière, il n’a pas d’autres fonctions. Il n’est ni bon ni mauvais comme le disait Esope de la langue. Tout dépends de l’usage que l’on en fait. Pour supprimer l’octroi il faudra s’y mettre à plusieurs, il est bien défendu.

  6. Les français prétendent à l’universalisme…
    Tout pays voulant donner le la ,marche sur nos plates-bandes.
    Historiquement notre tête de turc,c’était les états unis d’Amérique.
    Ils ont un petit coup dans l’aile,moi aussi.
    Donc la nouvelle tête de turc sauf changement de paradigme est ,je vous le donne en mille c’est l’empire du milieu, j’ai nommé la Chine.
    Un peu béret basque et baguette mais bon!

    1. Rappelez-moi.

      La FED a bien « égaré » NEUF MILLE MILLIARDS sans connaître à qui avait profité le crime…???

  7. [Attitude qui] évite de se confronter à la seule problématique qui vaille, celle d’une autre mondialisation ayant pour objectif de mieux répartir la richesse, à la fois sur la planète et au sein des sociétés qui l’habitent. Les deux échelles vont en effet de pair, imposant si l’on prétend régler l’une de s’attaquer à l’autre ; de définir de nouveaux modèles de développement globaux, intégrant tout à la fois les besoins économiques, sociaux et environnementaux.

    Une telle démarche est constitutive du nouveau paradigme qui progressivement se dessine. Mais il n’est pas surprenant, étant donné les mises à plat et remises en cause qu’elle implique, que les héritiers de la social-démocratie historique ne la partagent pas, puisqu’il ne s’agirait plus de mieux gérer un système mais de le transformer. Ils négligent l’étroitesse de leur marge de manœuvre, singulièrement réduite en situation de crise durable, font abusivement confiance à leurs capacités de gestionnaires, et préparent la désillusion. »

    Merci, c’est clair et net !

  8. « …fortes réactions de rejet, telles qu’on les observe en Allemagne…… »
    Il ne s’agit pas d’un rejet catégorique ni collectif de la part des allemands face aux peuple grec, mais plutôt de la colère.
    Il ne faut pas oublier que le gouv. grec. a embelli, avec la complicité d’un important organisme financier américain, ses comptes pour avoir accès à l’euro et aux « facilités de caisse ». Au lieu d’investir intelligemment le capital emprunté, l’argent est parti dans la consommation et pour d’autres fins discutables.
    En revanche, presque personne n’a tiré, à l’époque où la Grèce demandait son adhésion, la sonette d’alarme. On ne pouvait trop demander à Jospin, mais il avait des conseillers.

    1. Et combien d’autres sont entrés dans l’ue avec des chiffres embellis ?
      Pas que la Grèce.
      Tous les gouvernements qui rendent publics quelques chiffres que ce soit les habillent, les tronquent, ou les maquillent, quand ils ne peuvent le faire avec la réalité elle même.

  9. Demander leur aide aux pays émergents, Chine en tête, est un symbole fort des nouveaux rapports de force mondiaux. En procédant ainsi, les dirigeants européens viennent de mettre en évidence qu’ils n’ont pas les moyens de refinancer l’endettement de l’Europe, puisque c’est la stratégie qu’ils poursuivent envers et contre tout.

    J’y vois plutôt un manque de volonté politique de rétablir les recettes de l’Etat qui serait la négation de la politique néolibérale suivie par ces dirigeants européens. La « peur » de la dette est quand même bien utile, non ?

    Quand certains d’entre eux récusent cette voie, c’est pour se réfugier dans une autre fuite en avant, en préconisant que la BCE éponge la dette en créant de la monnaie, afin que tout puisse repartir comme si de rien n’était, à des aménagements mineurs près.

    Ne pouvons nous mettre sur la table ces aménagements « mineurs » avant de les jeter avec l’eau du bain ?

    ce qui suit est directement issu du livre « Nous on peut ! » de Jacques Généreux

    Instruments financiers :
    – Agrément public obligatoire pour tous les produits financiers anciens et nouveaux.
    – Limitation stricte de la titrisation (aux seuls cas où elle présente une utilité économique ou sociale effective) et interdiction de toute
    titrisation «en chaîne» (composition de nouveaux instruments à partir d’instruments financiers constituant déjà une titrisation d’actifs
    sous-jacents).
    – Interdiction des ventes à découvert et des produits dérivés dont l’actif sous-jacent ne participe pas au financement de l’économie réelle.
    – Stricte limitation de l’effet de levier sur l’achat d’instruments financiers.
    – Élaboration d’instruments alternatifs d’assurance mutuelle contre les risques de change ou de taux.
    – Limitation et taxation des rachats d’actions par les sociétés.
    – Interdiction des crédits rechargeables et remplacement obligatoire des crédits en cours par un prêt à taux fixe plafonné.
    – Interdiction des hypothèques en garantie des crédits à la consommation.
    – Réglementation du crédit au logement (taux fixe et marge fixe sur taux de base de la BCE).

    Banques et opérateurs financiers :
    – Spécialisation et séparation des banques de dépôts et des banques d’affaires et d’investissement ; les premières ont pour seules fonctions de collecter les dépôts, distribuer des crédits et gérer les moyens de paiement.
    – Soumission de tous les opérateurs financiers à une réglementation publique stricte afin de prévenir les logiques spéculatives.
    – Saisie partielle ou totale du capital des institutions financières qui portent atteinte à la sécurité du système financier ou agissent
    délibérément contre l’État en contrevenant à la réglementation.
    – Nouvelles procédures pour traiter les défaillances des établissements financiers. En situation de crise financière, l’État n’intervient que
    pour protéger l’intérêt général et les biens publics. Il ne protège pas les spéculateurs et les établissements financiers contre la perte de
    leurs capitaux et de leur patrimoine. Il protège en revanche la société et l’économie nationale contre les dégâts collatéraux que pourrait
    engendrer la défaillance des opérateurs financiers (reprise des dépôts éventuels et crédits socialement utiles par le secteur public
    bancaire, sécurisation du crédit interbancaire et des crédits aux entreprises non financières, etc.). Le droit et les procédures relatives aux
    faillites et aux nationalisations d’entreprises défaillantes doivent être adaptés conformément à ces principes.

    Marchés financiers :
    – Interdiction des marchés de gré à gré (accord libre entre deux opérateurs) et réintégration de leurs opérations sur des marchés organisés et réglementés.
    – Agrément public des opérateurs intervenant sur les marchés de produits dérivés.
    – Suppression de la cotation en continu et restauration du fixing quotidien sur les Bourses.
    – Contrôle public et taxation des mouvements de capitaux (hors opérations courantes) entre l’Union européenne et le reste du monde.
    Interdiction des transactions entre les opérateurs européens et les places financières off shore, et prohibition des paradis fiscaux au sein
    de l’UE.
    – Création d’une Agence européenne de sécurité financière chargée de contrôler le respect des réglementations sur les instruments, les
    opérateurs et les marchés financiers. Cette agence pourrait en outre assurer une fonction d’évaluation et de notation des institutions
    financières.

    Ceci dit je comprendrait fort bien que ce commentaire soit modéré puisque je n’ai pas demandé son autorisation à Jacques Généreux.
    Sur le fond j’aimerai bien savoir si ces « aménagements » sont mineurs aux yeux de François Leclerc

  10. @François Leclerc

    Deux questions qui ont un lien avec l’actualité : la première concerne la correction de 56 milliards d’euros de la dette allemande à la suite d’une erreur sur le bilan de la banque Hypo Real Estate (HRE). Est-ce que cela revient à dire que l’état allemand purge les actifs toxiques de ses banques (probablement des cadavres de subprimes, puisque aucune banque européenne n’était exposée à cette hauteur à la dette grecque) ? L’état français fait-il de même avec son secteur bancaire ?

    La deuxième question concerne l’Irlande : on entend depuis quelques jours des commentateurs dire que la croissance irlandaise approchera 1% cette année et que le pays est en bonne voie. Cela paraît très surprenant dans la mesure où les taux sont toujours très élevés (de l’ordre de 8% à 10 ans). Qu’en est-il vraiment ?
    Merci.

    1. Je ne dispose pas d’éléments à propos de HRE, mais ils ne devraient pas tarder car, comme a dit un député allemand, ce n’est pas une somme qu’une ménagère enferme dans une boîte à biscuit !
      Qu’y-t-il derrière la croissance irlandaise ? c’est là tout le problème. Le pays continue de servir de porte d’entrée en Europe pour les compagnies en raison de sa taxation avantageuse. Le bronzage dissimule parfois le teint des malades.

      1. S’il y a véritablement eu transfert de la dette publique vers la dette privée à hauteur de 56 milliards dans le contexte actuel, cela éclaire les décisions imposées par l’Allemagne depuis maintenant plusieurs mois : plutôt que de laisser le champ libre à la BCE, la chancelière a clairement fait le choix de présenter l’addition aux peuples. Pense-t-elle que l’austérité et les baisses de salaire subséquentes vont améliorer la compétitivité des pays européens ? Est-ce le moyen trouvé pour imposer le modèle allemand à tout le continent ?

  11. Vous passez sur cet astre pour 100 ans , vous n’êtes rien en regard du temps , n’acceptez ni l’esclavage , ni le mensonge , ni la corruption , ni la tromperie , vous avez le devoir d’être honnête , lorsque vous voyez des malfaisants vous devez les éliminer , si vous êtes un malfaisant vous devez vous éliminer.
    Si durant votre vie vous laissez faire ce qui ne doit pas être , alors vous devenez un acteur de ces actes pour les générations suivantes et il sera plus difficile de changer le monde humain.
    L’évolution humaine ne peut se faire qu’avec des principes intangibles.
    Respectez les , faites les respecter , vous en êtes responsables.
    Respectez , faites respecter les commandements quelle que soit votre religion.

  12. Cher Monsieur,
    oui nous sommes face à une situation pré-révolutionnaire comme le dernier message de P. Jorion le soulignait.
    Nous cherchons des pistes de réflexion pour trouver des solutions et rechercher l’architecture morale; politique, économique et financière de l’avenir meilleur auquel nous aspirons.
    Que pensez-vous et P. Jorion avec vous du dernier message de la commission JUSTICE ET PAIX du Vatican ?

      1. Malgré certains de ses aspects négatifs, la mondialisation réunit davantage les peuples, les incitant à s’orienter vers un nouvel « état de droit » au niveau supranational, situation étayée par une collaboration plus intense et plus féconde. Suivant une dynamique analogue à celle qui, dans le passé, a mis fin à la lutte « anarchique » entre les clans et les royaumes rivaux, en vue de la constitution d’Etats nationaux, l’humanité doit aujourd’hui s’engager dans la transition entre une situation de luttes archaïques entre les entités nationales et un nouveau modèle de société internationale plus unie, polyarchique, respectueuse de l’identité de chaque peuple, dans le cadre de la richesse variée d’une unique humanité. Un tel passage, qui a d’ailleurs déjà timidement commencé, assurerait aux citoyens de tous les pays – quelles qu’en soient la dimension ou la puissance – la paix et la sécurité, le développement, des marchés libres, stables et transparents.

        http://www.justpax.it/fra/home_fra.html

        On dirait que ce texte a été écrit par Alain Madelin. Ou par Hervé Novelli. Ou par Patrick Devedjian. Ou par Gérard Longuet. Ou par Laurence Parisot. Ou par Ernest-Antoine Seillière. Ou par Denis Kessler. Ou par Serge Dassault. Ou par Alain Minc.

        En fait, ce texte vient du Vatican : « Conseil pontifical Justice et Paix ».

        Normal.

        C’est la même armée.

        Toutes ces personnes font partie de la même armée.

    1. Dans le temps, les Etats modernes sont devenus des ensembles structurés, concentrant leur souveraineté dans les limites de leur territoire. Mais les conditions sociales, culturelles et politiques se sont transformées progressivement. Leur indépendance s’est accrue – de sorte qu’il est devenu naturel de penser à une communauté internationale intégrée et toujours plus dirigée par un système partagé – mais une forme corrompue de nationalisme est restée, suivant lequel l’Etat estime pouvoir, de façon autarchique, réaliser le bien de ses concitoyens.
      Aujourd’hui, tout cela semble surréel et anachronique. Aujourd’hui, toutes les petites ou grandes nations, de même que leurs gouvernements, sont appelées à dépasser cette « situation de nature » qui voit les Etats luttant entre eux en permanence. Malgré certains de ses aspects négatifs, la mondialisation réunit davantage les peuples, les incitant à s’orienter vers un nouvel « état de droit » au niveau supranational, situation étayée par une collaboration plus intense et plus féconde. Suivant une dynamique analogue à celle qui, dans le passé, a mis fin à la lutte « anarchique » entre les clans et les royaumes rivaux, en vue de la constitution d’Etats nationaux, l’humanité doit aujourd’hui s’engager dans la transition entre une situation de luttes archaïques entre les entités nationales et un nouveau modèle de société internationale plus unie, polyarchique, respectueuse de l’identité de chaque peuple, dans le cadre de la richesse variée d’une unique humanité. Un tel passage, qui a d’ailleurs déjà timidement commencé, assurerait aux citoyens de tous les pays – quelles qu’en soient la dimension ou la puissance – la paix et la sécurité, le développement, des marchés libres, stables et transparents.

      1. « il est devenu naturel de penser ».
        Vatican vs états souverains. vieille querelle en fait. Comme si le droit international était un « état de nature » comme ils le disent dans ce texte. Comme si les états nations étaient incapables de coopérer dans les structures existantes (car si elles ne le sont pas, qui introduira cet ordre? C’est plus machiavélique que Machiavel! Ils vont bientôt nous ressortir la théorie de la guerre juste de st Aug… (ah, non, çà c’est déjà pris par les USA.)), ou que celles ci soient insuffisantes.
        Le dialogue (en vue de l’accord sur le vrai), c’est de toute façon pas non plus le fort du vatican.

        ils ont en outre une vision (pensée naturelle sans doute) très patriarcale de l’état à l’état du vatican…je me demande bien ce qu’ils entendent par état supra national… »une communauté internationale intégrée et toujours plus dirigée par un système »… »polyarchique »(?!? démocratiquement choisis ou acceptés? j’ai un doute.)

        « Aujourd’hui, tout cela semble surréel et anachronique. » là, j’ai l’impression qu’ils parlent du vatican. ou de ce « néo colonialisme » bien pensant : les droits de l’homme « for happy few » et la politique de la canonnière si nécessaire. Ils semblent commodément oublier que ces luttes archaïques sont aussi et surtout celles du capitalisme, et que les états nations qui le portent sont à l’origine, comme source et comme moteur, de cette même « mondialisation ». Ceci acté, il est presque comique de voir les mêmes états (bien souvent largement influencés par ces intérêts capitalistiques), sans même qu’ils aient fait leur mue, soutenir la constitution d’un « état de droit » international (permettant aussi ainsi à ces mêmes intérêts capitalistiques de monter d’un niveau). et presque tragique que le pape les accompagne, l’air d’avoir l’espoir qu’ils se calmeront une fois parvenus au sommet.

  13. Je lis que la dette Grecque serait de 350 milliards. dans le même temps, je lisais dans un magazine éco que les Suisses auraient en dépôt quelques 280 milliards sinon plus. Est-ce possible que les Grecs, lesquels, se soient mis à planquer leur argent et pourquoi ? Dans ce cas, pourquoi personne dans les instances de l’UE ne bouge ?

    1. Apparemment ils sont en train d’essayer de récupérer un peu de ce qui a été déposé en Suisse, les Grecs ne savent plus quoi faire…

  14. Même le Vatican s’y met, extrait:
    « sur des mesures de taxation des transactions financières, avec l’application de taux justes d’impôt, avec des charges proportionnées à la complexité des opérations, surtout de celles réalisées dans le marché «secondaire ». Une telle taxation serait très utile pour promouvoir le développement mondial et durable selon les principes de justice sociale et de solidarité, et elle pourrait contribuer à la constitution d’une réserve mondiale destinée à soutenir les économies des pays touchés par la crise, ainsi que la restauration de leur système monétaire et financier ;

    sur des formes de recapitalisation des banques avec aussi des fonds publics, en mettant comme condition à ce soutien un comportement « vertueux » et finalisé à développer l’économie « réelle » ;
    sur la définition du cadre de l’activité de crédit ordinaire et d’Investment Banking. Une telle distinction permettrait d’instaurer une discipline plus efficace des « marchés-ombre » privés de tout contrôle et de toute limite. »

  15. Merci, Monsieur Leclerc, pour cet article de fond.
    Après l’avoir lu et relu, ainsi que les commentaires qui l’accompagnent (idem pour les deux billets précédents); après avoir cherché ici où là des informations complémentaires; après surtout avoir vaqué à d’autres activités plus utiles ou distrayantes, j’en suis arrivé à la conclusion que je savais fichtre pas quoi penser de tout ça.
    Le refus de faire appel aux BRICS, et surtout, en l’occurrence, à la RPC, pour étaler les dettes européennes constitue-t-il un « déni » du nouvel ordre du monde, une tentative de « repli’ sur soi et sur le passé ?
    Ou bien, n’est-ce qu’une position prudente, consistant à refuser une domination déclinante contre un nouveau maître du jeu, plus performant et exigeant ?
    Après tout, si la Chine a tant d’argent susceptible d’être investi dans les économies occidentales, c’est que l’accumulation du capital et des richesses n’y est pas moins grande que dans les pays occidentaux, quoique prenant encore d’autres formes.
    Donc, comme toujours dans ces cas-là, seul l’avenir me le dira.
    Et en particulier, dans l’avenir en question, les contreparties qui seront demandées au soutien accordé.
    S’il s’agit d’un rééquilibrage du FMI et à l’élaboration d’un nouveau système monétaire international, votre tir de barrage se révélera pertinent.
    S’il s’agit d’un accès accru au marché européen (en particulier par la reconnaissance factice du statut d’économie de marché) et au technologies locales (en particulier militaires), la position de M. Hollande me semblera celle d’un homme prudent.

  16. Vous écrivez :
    « Puisqu’un grand saut doit être effectué, le système étant en train d’imploser sous nos yeux, sur quels principes fondateurs peut reposer une alternative ? A quelles aspirations doit-il être répondu et comment ? L’exercice réclame de sortir des sentiers battus et de ne pas s’enfermer dans un réalisme qui se trouve dans l’impasse et procède du manque d’ouverture d’esprit quand ce n’est pas de l’imposture. Mais au contraire d’affronter le vent du large. »

    J’ai fait le rapprochement avec ce que j’ai lu hier, en visitant une expo de la 11ème Biennale d’Art Contemporain de Lyon :

    « L’extraordinaire – et parfois très opportune – ingéniosité de l’humanité m’enthousiasme. Si vous vous retrouvez dans un navire qui coule et que tous les canots sont partis, un couvercle de piano qui flotte suffisamment bien pour vous maintenir à la surface vous servira de bouée de sauvetage de fortune. Mais cela ne veut pas dire que la meilleure façon de concevoir une bouée de sauvetage soit de lui donner la forme d’un couvercle de piano. Je pense que nous nous accrochons à un grand nombre de couvercles de pianos en acceptant les découvertes fortuites d’hier comme étant les seules manières de résoudre un problème donné. »
    Richard BUCKMINSTER FULLER (architecte-designer)

    Merci pour vos analyses…

    1. l’histoire du couvercle de piano est bien un des meilleurs trucs que j’ai retiré de l’expo; je ne sais plus où j’ai lu ça; fondation Bullukian ou La Sucrière ( pas terrible terrible, la sucrière )
      pour le reste, cela s’appelle le syndrome de la caisse à outil ( on a une réponse, ça a marché une fois, donc on la réutilise )

  17. Le paradigme économique selon Ubu : on prete de l’argent que l’on imprime à des gens qui ne pourront pas rembourser pour leur vendre des choses que l’on fabrique pour produire de la croissance qui permettra d’emprunter pour preter. Cornegidouille!

  18. On change de système?
    OK d’acord, on fait comment?
    La BCE ne doit pas prêter directement aux états, on supprime les crédits alors?
    la BCE ne doit pas éponger les dettes souveraines? on les suppriment carrément?
    Eclairez-moi, je suis dans le brouillard!
    et modérez-moi si vous voulez
    je reviendrai poser des questions bêtes, suis pas intelligent moi, je comprends pas vite, faut m’expliquer longtemps.
    Désolé

  19. AtChoo!

    Bonjour
    Vous pouvez aller voir ce qu’en dit JC Werrebroucke sur son site.
    Sur Business Insider il y a un billet intitulé: « la preuve que les dirigeants européens sont insanes: préférer se réfugier à l’ombre du parapluie chinois plutôt que de modifier eux même le statut de leur banque centrale »

    Jupiter rend il fous ceux qu’il veut perdre?
    Vous le saurez en suivant le prochain épisode de notre grand feuilleton:  » Ce n’est pas parce que les caisses sont vides qu’elles sont inépuisables! »
    ( P. Séguin)

    Cordialement

  20. @ Monsieur Leclerc et @ tous,

    encore un billet, et des commentaires dans son sillage, qui nous aide à transcender les boulversements en cours. Merci.

  21. Angela dit:
    la BCE ne peut pas preter aux états les traités ne le permettent pas (Berlin refuse cette solution contraire à l’esprit du Traité de Lisbonne. « La BCE n’est pas conçue pour financer les Etats » a réaffirmé le ministre des finances allemand Wolfgang Schaüble.)

    Angela dit: Dimanche soir, Angela Merkel a commencé son intervention en expliquant  » On ne peut exclure des modifications des traités pour avoir des politiques budgétaires plus strictes »

    ce Angela dit, Nicolas le fait!

    Amen !

    1. L’Europe ne serait donc composée que de deux pays et de deux décideurs : l’ Allemagne et la France . Les autres participants ne seraient là que pour faire joli, rien que des potiches ?
      On en arriverait sans peine au commentaire de Calebirri

      e la crise de l’Euro à l’Empire Européen

      Posté par calebirri le 28 octobre 2011

      sur http://calebirri.unblog.fr/

      Ca y est, le coup d’Etat contre l’Europe a réussi. Comme je l’avais soupçonné il y a déjà quelques mois, l’Allemagne et la France sont en passe de prendre le contrôle total de l’Europe toute entière, et cela sans même prendre la peine de consulter le peuple !

      C’est ahurissant : en l’espace de quelques mois, la crise a permis aux Etats français et allemand de mettre tous les autres Etats européens à genoux, et cela tout en leur imposant une cure d’austérité drastique. Regardez ce qui se profile à l’horizon, il suffisait d’écouter parler le président ce jeudi soir : l’Allemagne et la France vont prendre le contrôle de l’Europe pour continuer à exister sur le plan international, instaurer une “règle d’or” économique si contraignante qu’elle empêchera à l’avenir toute dépense sociale, et “harmoniser” la fiscalité européenne pour enfin gouverner d’une seule voix.

      Ce n’est donc pas à l’avènement du fédéralisme que nous assistons, mais en réalité à la fondation d’un véritable empire !

      Mais enfin, personne n’entend donc le cri des indignés grecs, Italiens, Espagnols, Anglais … et leurs manifestations, exclues des informations de notre TV officielle, sont devenues transparentes .
      Leur faudra-t-il déferler sur Paris et Berlin pour se faire entendre ?

      1. @Mianne

        Quand les foules déferleront à Paris, on ne parlera plus d’indignés. Le mouvement sera entré dans son âge adulte. Mais il va falloir encore du temps et sans doute quelques larmes, malheureusement…

  22. J’avoue ne pas être très captivée par l’histoire des « dettes », dettes qui ont vécu 30 bonnes années sans créer de problème majeur avec des états nations qui fonctionnaient tant bien que mal, mais plutôt mieux qu’aujourd’hui.

    En revanche, sur le plan géostratégique et dans la situation actuelle, je préfère avoir en Europe un contrepoids et l’arrivée de la Chine par le biais des aides financières et sans doute par d’autres, me semble remplir ce rôle.

  23. Le mouvement  » occupy … » s’étend un peu partout . Le 2 novembre, grève générale à Oakland  » Occupy Oakland » .

    Une nouveauté :
    Suite à l’agonie d’un manifestant provoquée par le taser  » non létal » d’un policier, des vétérans des dernières guerres , armés jusqu’aux dents, protègent les manifestants contre les forces de police .
    Potemkine, le Retour !

    http://www.occupyoakland.org/

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