LE TEMPS QU’IL FAIT, le 3 décembre 2011

3 interventions.

Un malencontreux lapsus me fait appeler Claude Durand, “Guillaume”. Mes excuses à tous, et à lui en particulier bien entendu.

Pour ceux qui ont des problèmes avec Dailymotion, la vidéo est également disponible sur Youtube

Et pour ceux dont les connexions internet sont trop limitées, le podcast audio ci-dessous :

Paul Jorion – Le temps qu’il fait, le 3 décembre 2011 by pauljorion

Partager :

217 réflexions sur « LE TEMPS QU’IL FAIT, le 3 décembre 2011 »

  1. Toujours les mêmes sophismes chez Jorion, la finance et la « science économique » pas grand rapport

    ????

    La « science économique » nous dit certaines choses que reprend patiemment Paul Jorion à chacune de ses interventions

    La finance a derrière un bilan hallucinant qui démontre à l’envi qu’elle se soucie fort peu du devenir des peuples et qu’alternativement la cupidité et la lâcheté lui tiennent lieu de boussole.

    Sur:

    Les montagnes de dettes

    accumulées en dehors du contrôle des peuples, deux observations:

    1 – Ils y a ceux qui, comme vous, on l’air de penser que c’est parce que nous sommes un peu distraits
    2 – Ils y a ceux, nombreux sur ce blog et ailleurs, qui pensent que les déséquilibres dans la répartition de la richesse finissent immanquablement par provoquer des catastrophes. J’en suis.

    Quand à la volonté que vous affichez de vouloir réformer la finance, elle se heurte à de puissants intérêts toujours en place, et là, je nous souhaite bonne chance. A ce propos, je vous demande de bien vouloir considérer ce qu’il est advenu des timides tentatives de Barak Obama.

    Vocifération n’est pas raison.

    1. René Riou, z’êtes trop généreux de vos efforts avec hakim, ça ne valait pas cette peine, d’autant que vu le niveau du post incriminé j’ose croire que vous répondez là à un autre quidam qu’hakim.

      1. @vigneron

        Je répond inlassablement à tout ce qui me paraît inexact. Cette démarche est strictement intéressée. Si je veux voir triompher la vérité et la logique je ne dois pas laisser passer les signaux de ceux qui voudraient, par malaise ou par calcul, peu importe, échapper à la rigueur d’un raisonnement.

        Je vais me faire le plaisir de vous citer Maximilien Robespierre:

        Dire la vérité à des hommes libres, c’est éclairer leur courage

        Amicalement

  2. @ hé las

    Des idées que l’on retrouvent chez frédéric lordon dans cette intervention: Valeur objective et processus de valorisation, bien entendu sous une grille de lecture “spinoziste” via les concept d’affect et de conatus.
    Conclusion il n’y a pas de valeurs intrinsèque des choses, pas de valeurs consubstantielle .

    http://www.youtube.com/watch?v=7YZouR3nfy8

  3. Une question de création monétaire me tarabuste:

    Si la banque centrale fait un prêt à une banque privée à 1%, elle créé en quelque sorte de l’argent. Au remboursement de ce prêt par la banque privée, la création d’argent est annulée.
    Mais si entre temps, cette banque privée refait ce prêt à un particulier à 2%, où les 1% de différences sont-ils pris ? A volume de monnaie constant, ça voudrait dire que les 1% sont pris à d’autres. D’une manière générale, la question est: d’où provient l’argent qui constitut les bénéfices des banques ?

    J’ai l’impression qu’il est économiquement ineficace qu’une banque fasse des profits. Ce serait l’argument ultime en faveur d’une nationalisation des banques.

    1. La banque centrale crée normalement de la monnaie en fonction de la richesse existante ou créée dans sa zone d’exercice. Elle est la seule banque à créer de la monnaie. Lorsqu’une banque commerciale prête à un taux plus élevé que celui auquel elle se procure la monnaie auprès de la banque centrale, de déposants ou d’autres banques commerciales (ce qui est logique, elle fait un profit justifié par son rôle d’intermédiation entre prêteurs et emprunteur), l’argent qui sert à rémunérer la marge d’intermédiation provient soit de la croissance, qui a créé plus de richesse dans la zone monétaire et donc justifié une création monétaire par la banque centrale, soit d’une ponction sur le stock monétaire existant.

      1. Comment la BCE crée de la monnaie en fonction de la richesse ?
        Une fois cette monnaie créée, qu’en fait elle ?

        1. La BCE accepte des collatéraux censés représenter une richesse (métaux précieux, devises étrangères, obligations d’État, titres financiers) et émet de la monnaie en contrepartie. La monnaie ainsi créée a pour vocation de circuler.

      2. Concernant les obligations, c’est de la dette qui doit être remboursée, donc l’argent émit revient au bout du compte à la BCE.

        Quant aux autres collatéraux, ça m’inquiète un peu que le seul moyen qu’ai la BCE pour créer de la monnaie en fonction de l’augmentation de richesses est d’acheter ces richesses avec de l’argent fraichement imprimé.

    2. C’est un rapport de force. L’entrepeneur ou l’ouvrier ne sont pas rénumérés correctement.
      Ce qu’ils perdent de fait est mis dans la poche du rentier.
      C’est quand meme ce qu’avait démontré Karl Marx, que je sache?
      Vous vous basez sur le fait que l’entrepeneur est équitablement rénuméré, ce qui est faux.

  4. @RIOU René

    “La « science économique » nous dit certaines choses que reprend patiemment Paul Jorion à chacune de ses interventions

    La finance a derrière un bilan hallucinant qui démontre à l’envi qu’elle se soucie fort peu du devenir des peuples et qu’alternativement la cupidité et la lâcheté lui tiennent lieu de boussole.”

    J’avais cru comprendre au contraire que PJ passait son temps à critiquer ce que l’on appelle “science économique” à l’heure actuelle, et en particulier à dire qu’elle était partie en vrille depuis le XIXeme.

    Mais déjà, personnellement je ne pense absolument pas qu’il puisse y avoir de science économique, et de toute manière si il y en avait une, alors comme toute science celle-ci n’aurait strictement rien à voir avec la morale, c’est à dire qu’elle serait amorale comme toute science, et donc des choses comme “qu’elle se soucie fort peu du devenir des peuples et qu’alternativement la cupidité et la lâcheté lui tiennent lieu de boussole.” n’y aurait typiquement rien à y faire.

    C’est d’ailleurs ce qu’elle énonce clairement, par exemple :
    “There is one and only one responsibility of business – to use its resources and engage in activities designed to increase its profits so long as it stays within the rules of the game.”
    Milton Friedman

    Et le “game” dans ce contexte, c’est ce que l’on appelle aussi souvent la Politique, c’est à dire que ce qui peut introduire de la morale dans les rapports entre acteurs économiques, c’est la politique et pas une quelconque “science économique”.

    La finance elle, c’est beaucoup des règles et produits financiers auto créés, dont les règles ont un certain aspects scientifique ou disons formels, mais cela reste bien évidemment des créations humaines un peu comme le sont les machine ou la technique par exemple.

    D’autre part la bêtise majeure de la “science économique” actuelle est en gros de valoriser le capital constitué par les ressources naturelles à zéro (ce sur quoi Marx et Friedmann sont en accord d’ailleurs), et donc de partir sur une hypothèse de croissance possible perpétuelle au moins sur une échelle importante de temps, précisemment ce sur quoi nous butons en ce moment, pour des ressources critiques comme le pétrole mais pas uniquement. Hypothèse de croissance d’où proviennent bien évidemment aussi les dettes, dettes par ailleurs largement partagées entre tous les acteurs économiques (personnes, sociétés, états).

    En gros on en est là et c’est juste un constat. Après comment le crédit peut fonctionner sans croissance ? Pas évident (mais enfin un crédit c’est aussi un pari sur investissement, certains marchent d’autre non, équilibre entre les deux ?

    Une chose est sure, il est extrêmement urgent d’appuyer très fort sur le frein en ce qui concerne les ressources, et si lors du premier choc pétrolier des mesures avaient été prises (typiquement la TIPP), aujourd’hui, dans ce que l’on pourrait caractériser comme LE choc pétrolier, on est même plus capable d’en parler, alors que par exemple les bagnoles n’ont fait que grossir depuis les années soixante (dernière clio plus lourde que ne l’était une R16), et pourrait très facilement maigrir de beaucoup. Par rapport aux ressources et à l’énergie, la priorité beaucoup plus que les “alternatives” est de consommer moins, et pour cela les taxes au volume sur les matières premières certainement la meilleure mesure, poussant toute les solutions dans le bon sens sans devoir les définir. Avec en parallèle le besoin de maintenir ou augmenter le niveau de redistribution et infrastructures et services communs.

    Et puis certaine personnes en parlent quand même, par exemple :
    « A highlight is the keynote speech that will be delivered by Total’s President and CEO, Christophe de Margerie on the theme: “Peak oil- ahead of us or behind us?” on December 7. »

    http://www.gulf-times.com/site/topics/article.asp?cu_no=2&item_no=473819&version=1&template_id=36&parent_id=16

    Donc oui certainement la finance doit être réformée, et de toute manière quelque chose va se passer. Mais cela ne change strictement rien au problème des ressources, et au fait que le “règne de la technique” enclenché à la révolution industrielle va lui aussi changer d’une manière ou d’une autre.
    Peut-être en revenir aux physiocrates comme par exemple le dialogue sur les artisans ci-dessous :
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k72832q.pdf
    Etant donné que l’on peut considérer la technique comme une évolution de l’artisanat.
    Et puis Mallarmé “sur le beau et l’utile” aussi, pourquoi pas :
    http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/mallarme-sur-le-beau-et-lutile/

    Quant au fait qu’Obama aurait essayé de réformer la finance on peut en douter, du fait qu’il était plus ou moins le candidat de wall street (là où un bush était plus celui des majors du pétrole), il me semble que PJ a d’ailleurs le même avis à ce sujet.

    1. @Hakim:
      Si je te suis sur les penuries d’énergies comme causalité premiere de nos problèmes …je me permets de te contredire sur le volet “économie” .:Tu écris :

      ////// Mais déjà, personnellement je ne pense absolument pas qu’il puisse y avoir de science économique, et de toute manière si il y en avait une, alors comme toute science celle-ci n’aurait strictement rien à voir avec la morale, c’est à dire qu’elle serait amorale comme toute science, /////

      Je perçois le terme “économie” comme le bilan (et bilan dynamique) des échanges ds un système , ou , pour un élément du système, le bilan de ses échanges internes et externes .
      En ce sens , il me semble qu ‘ il existe donc une “science” économique …qui serait l’art de réguler et ordonner ces bilans ds l’interet de ses differents “clients” …ces interets etant bien sur la survie pour l’ un , l’agrément pour l’autre etc …
      Si l’on se penche sue le client “Sapiens” en le sortant de son milieu , on constate qu’en tant qu’animal social (et peut etre plus …voir pour l’ organicisme , A.Comte , Durkheim …) et au regard des travaux nombreux sur cette socialisation , cette derniere s’appuie fortement sur l’affect ….Cet affect est gandement utiisé pour structurer le groupe par de rites …qui seront détournés en “MORALE” bien plus tard …..Il en ressort , selon moi que la “morale” est une des bases de l’économie en ce que les objets primitivements échangés n’étaient que des supports des “valeurs “de l’émetteur au receveur ..
      Meme s’il n’en reste plus grand chose , on ne peut ignorer , me semble t il l’origine morale des échanges .

    2. Merci pour votre argumentaire serré Vous soutenez que la science économique

      serait amorale comme toute science

      pourquoi pas….

      Mais ça ne l’oblige pas à s’enfermer dans une sorte d’aveuglement volontaire car alors ça n’est plus de la science. Ça devient une religion….avec sa morale propre.

      la Politique, c’est à dire que ce qui peut introduire de la morale dans les rapports entre acteurs économiques

      La politique ne doit pas se soucier de morale ni de religion. Par contre elle a certainement comme obligation de régir les rapports entre les acteurs, notamment économiques, de la cité dans le but de réaliser un certains nombres d’objectifs…Défense, éducation, santé, organisation. Elle n’a pas pour but de nous mener à la ruine, à minima.

      Vous pensez que:

      il est extrêmement urgent d’appuyer très fort sur le frein en ce qui concerne les ressources

      Ménager les ressources n’implique pas forcément de ménager nos efforts de création. Choisir un développement harmonieux, produire à moindre coût écologique des biens moins gourmands en énergie, améliorer la santé, l’éducation, la recherche, l’alimentation est une affaire de choix qualitatif et non quantitatif.

      La politique a quelque chose à voir avec tout ça et cette politique là nous entraîne, bien sûr, très loin des objectifs des agents de Wall Street….et de peut-être de la morale des religions qui dissimulent pas mal de cadavres dans leurs placards.

      Sur Obama vous avez parfaitement raison.

      Amicalement

      1. Désolé mais encore une fois je ne pense en aucune manière que la science économique actuelle en soit une, c’est une idéologie que l’on pourrait qualifier de “néolibéralisme confiant en la croissance éternelle”, voilà tout. Et comme toute idéologie elle a ses partisans “acharnés”.
        Par contre je pense quand même que cette idéologie est très efficace dans sa capacité à créer de nouveaux produits,à optimiser leurs productions, et à les promouvoir avec force marketing et pub, même si sans le savoir (ou en s’en foutant), on pourrait aussi en donner une définition qui serait “comment détruire le monde le plus vite possible”.
        Et encore une fois c’est juste un constat.
        Mais c’est bien à travers la politique et les lois que la morale peut être amenée.
        Cordialement

      2. @hakim

        Ne soyez pas désolé. Nous commençons à converger légèrement…Le dialogue a du bon.
        Comme je ne veux pas envahir ce blog qui ne m’appartient pas, il me reste à vous remercier pour cet échange.

      3. @René Riou:
        ///// Ménager les ressources n’implique pas forcément de ménager nos efforts de création. Choisir un développement harmonieux, produire à moindre coût écologique des biens moins gourmands en énergie, améliorer la santé, l’éducation, la recherche, l’alimentation est une affaire de choix qualitatif et non quantitatif. ////
        Celà ressemble a un credo . Mais c’est voué a l’échec . C’est faire croire qu’on peut vivre de façon identique et aussi obscène qu’actuellement , avec un “gain de productivité” meilleur . On touche là , a un argumentaire qui sert les scientistes : “ON” va trouver des solutions … S’il est vrai qu’il doit etre possible de vivre avec d’autres outils économiques qu’actuellement , il faudra aussi réapprendre a se salir les mains et a ne pas compter sur les autres pour accéder ne serait ce qu’aux besoins essentiels . DE plus il est probable qu’il soit nécessaire de pas mal de violence pour faire lacher aux “nantis” le modèle actuel qu’ils ne voudront pas lacher .

    3. Les 20 principaux contributeurs de chaque candidat en 2008 (en gras, banques, en italiques les cabinets d’avocats plus Pricewaterhouse Cooper…) :
      Campagne Mc Cain
      1 Merrill Lynch $359,070
      2 Citigroup Inc $296,151
      3 Morgan Stanley $262,777
      4 Goldman Sachs $228,695
      5 JPMorgan Chase & Co $215,042

      6 US Government $195,505
      7 AT&T Inc $185,063
      8 Credit Suisse Group $178,053
      9 PricewaterhouseCoopers $166,470
      10 Blank Rome LLP $161,826
      11 Wachovia Corp $159,107
      12 US Army $158,170
      13 UBS AG $147,465
      14 Bank of America $143,026

      15 Greenberg Traurig LLP $142,137
      16 Gibson, Dunn & Crutcher $141,446
      17 US Dept of Defense $129,725
      18 FedEx Corp $125,654
      19 Lehman Brothers $115,707
      20 Bear Stearns $113,050

      Campagne Obama
      1 University of California $909,283
      2 Goldman Sachs $874,207
      3 Harvard University $717,230
      4 Microsoft Corp $714,108
      5 Google Inc $701,099
      6 JPMorgan Chase & Co $581,460
      7 Citigroup Inc $581,216

      8 National Amusements Inc $543,859
      9 Time Warner $508,148
      10 Sidley Austin LLP $492,445
      11 Stanford University $481,199
      12 Skadden, Arps et al $473,424
      13 Wilmerhale Llp $466,679
      14 UBS AG $454,795
      15 Latham & Watkins $426,924
      16 Columbia University $426,516
      17 Morgan Stanley $425,102
      18 IBM Corp $415,196
      19 University of Chicago $414,555
      20 US Government $400,819

      Source: Center for Responsive Politics

  5. Bonjour Paul,

    Trois messages forts retenus de votre intervention à France-Culture :

    – “la moissonneuse-batteuse est en panne, et rien pour la réparer”
    – “le coeur de la finance a fondu” vous disent les banquiers (au creux de l’oreille ?)
    – “éviter de remplacer une aristocratie par une autre”

    Pour calmer votre contradicteur malhonnête, l’aïkido propose bien au-delà des tatamis une technique simple et non-violente : accueillir – accepter – accompagner – apaiser

    Je sais, c’est difficile d’accueillir la mauvaise foi en gardant son calme, mais indispensable pour la contrôler puis l’évacuer.

  6. Ce sont vraiment des ingrats ces chroniqueurs aux ordres de la pensée dominante, alors que sur votre blog tout est fait pour éviter soigneusement les sujets interdits qui pourraient peut-être faire changer les choses !

Les commentaires sont fermés.