SOPA : LES AMÉRICAINS NE RIGOLENT PAS AVEC LA LIBERTÉ !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Si vous êtes Français, vous avez entendu parler de HADOPI, la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, une loi qui vise, en principe, à protéger le droit des créateurs en empêchant le téléchargement gratuit des œuvres couvertes par le droit d’auteur. En France, HADOPI a été adopté en 2009 dans une espèce d’indifférence générale, seul le Conseil Constitutionnel s’étant montré quelque peu sourcilleux sur certaines implications. Ceux qui téléchargent à l’œil des choses qui valent de l’argent, seront cloués au pilori, et pire encore – pour autant qu’on les pince.

Il est question en ce moment d’introduire aux États-Unis, l’équivalent d’une HADOPI, sous le nom de Stop Online Piracy Act (SOPA), et les Américains qui, comme chacun le sait, ont bien davantage la tête près du bonnet que les Français, crient au meurtre et à l’assassin. C’est une levée de boucliers quasi unanime, où l’on trouve réunis, excusez du peu : Google, Facebook, Yahoo, Twitter, eBay, AOL et Wikipedia.

Vous connaissez l’histoire de la grenouille dans la marmite, qui se laisse cuire sans broncher, pour autant que la température monte insensiblement ? Eh bien, les Américains sont de moins bonnes grenouilles à ce point de vue que les Français – ce qui est tout à fait logique si l’on pense que les Français sont appelés Froggies (grenouilles) par les Américains.

C’est au point que Wikipedia (version anglaise) lance la grève générale demain pour toute la journée pour protester contre l’atteinte aux libertés. Si vous voulez savoir (en anglais) qui est Franklin D. Roosevelt, vous avez tout intérêt à vous informer ce soir avant minuit (heure de Washington), parce qu’après, ce sera trop tard pour vingt-quatre heures.

Jimmy Wales, le patron de Wikipedia, a déclaré : « L’une des choses que nous avons apprises récemment durant le printemps arabe est que l’internet est un instrument puissant et efficace permettant à l’opinion publique de s’organiser et de faire entendre sa voix ». Comme c’est bien dit ! Go Jimmy ! Go, go, go !

Il peut paraître paradoxal que les marchands aient pu prendre le pouvoir sur l’internet sans coup férir en France, alors qu’aux États-Unis ils s’apprêtent à prendre au contraire une volée de bois vert dans les jours qui viennent, mais que voulez-vous, on vit une époque curieuse où le paradoxe est au pouvoir !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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245 réflexions sur « SOPA : LES AMÉRICAINS NE RIGOLENT PAS AVEC LA LIBERTÉ ! »

  1. Merci pour le billet !

    Hors Sujet : Help !!!

    Je recherche un commentaire fait « recemment » (disons dans les 2 mois précédent) par quelqu’un dans un billet où cette personne citait le commentaire d’une autre personne sur le blog de J. Attali.
    Ce monsieur racontait sur le blog de J. Attali comment il était devenu chef d’entreprise pour une multinationale avec comme mission de fermer les entreprises les unes après les autres, ce qu’il faisait sans aucun état d’âme.
    Bref, je cherche à retrouver ce récit et je n’y arrive pas, quelqu’un a de meilleurs souvenirs que moi ?

  2. Le viol du terme virtuel depuis les nineties a vraiment fait des ravages …

    Maintenant on ne sait même plus faire la différence entre :
    censure : interdiction de diffuser un nouveau message
    piratage : interdiction de diffuser des copies d’oeuvres existantes

    On a aussi oublié semble-t-il que pour partager (faire connaitre) une oeuvre à ses « amis », communiquer le tritre, référence, lien, suffit.

  3. Monsieur Jorion, aux USA les marchands du net, Google, Facebook, Yahoo, Twitter, eBay, AOL, etc., ont déjà le pouvoir et ils luttent pour ne pas le partager avec les autres corporations.
    En France, les politiques ont le pouvoir, et ils le (se?) vendent aux plus offrants qui ne sont pas nos marchands du net.

  4. Foin des lois mémorielles et Hadopi, la liberté d’expression doit être totale, à charge pour les diffamés de plaider. Seuls les actes peuvent être condamnés a priori. Il faut revenir aux fondamentaux des « lumières radicales »

  5. Et n’oubliez pas non plus que si le piratage ne rapporte pas un centime aux auteurs, ça n’est pas le cas de tout le monde :
    http://owni.fr/2011/12/14/secret-megaupload-streaming-kim-schmitz-david-robb/
    http://www.nzherald.co.nz/nz/news/article.cfm?c_id=1&objectid=10626044

    Et le vrai gratuit comme wikipedia très bien, mais pourquoi ne pas pouvoir acheter le petit Robert 2012 par exemple en tant que site web à 15 20 ou 30€ et « à vie »(« upgrade » à l’occasion quand on veut), pourquoi pas une pluralité du contenu de qualité sur le web ?:

    http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/concepts-economie-numerique-draft

    Tout est quasiment pourtant là …
    Et le dogme du « tout gratuit, tout pub, exception tout donation pour wikipedia », bousille quand même pas mal ce que ça pourrait être …

      1. bah on sait jamais rototo, peut être il reste deux ou trois personnes sachant lire et n’ayant pas attendu internet pour savoir que l’on peut transmettre des lettres ou symboles par câbles télégraphique, qui sait ?

        Même si
        «Des faibles se mettraient à penser sur la première lettre de l’alphabet, qui pourraient vite ruer dans la folie !» (Rimbaud)

        Donc clairement pas grand monde …

      2. @ yt759 « Des faibles se mettraient à penser sur la première lettre de l’alphabet, qui pourraient vite ruer dans la folie ! » : Vous pensez au triple A?

  6. Piratage et partage:

    Et si les internautes qui partagent des documents qu’elles ou ils ont créés, recevaient en échange un droit d’accès à des documents usuellement payant sur internet en fonction de l’importance de leurs contributions et du nombre de visites qu’ont eu leurs créations?

    En quelque sorte un troc de connaissances…

    Paul T

  7. Je n’aime pas du tout ce billet ; c’est bien le premier venant de Paul Jorion, et même sur l’ensemble des billets du blog.
    Ce billet me met mal à l’aise, pour beaucoup trop de raisons :

    – passons sur le titre et la tonalité qui opposent de manière néfaste LES Américains, d’un côté, et LES Français, de l’autre, en recourant notamment à un cliché raciste (les grenouilles). Curieuse démarche pour un anthropologue que d’essentialiser ainsi les peuples !
    – passons sur le fait d’assimiler HADOPI à SOPA ; des internautes, ici, ont démontré qu’il ne s’agit pas de la même chose.
    – passons sur « l’indifférence générale » vis-à-vis de HADOPI, en France ; d’autres internautes ont montré que c’était tout à fait faux. Et aussi que la loi HADOPI était inefficace quand à son objet, par conséquent, peu contraignante.
    – passons – c’est difficile ! – sur la brochette de ces curieux « Américains » donnés en exemple, et qui ne sont que de grands ou très grands groupes marchands (Wikipedia excepté), eux-mêmes fort peu soucieux de la protection des droits individuels et intellectuels (Google et la numérisation des livres ; Facebook et la protection/utilisation des données privées ; Wikipedia et le pillage des encyclopédies, etc.).
    – passons sur l’emploi du terme « Américains » alors que se généralise enfin le terme exact, correct, non-idéologique, « Etats-unien » ou « étasunien » (cf. Le Monde, etc.), qui existe depuis longtemps dans d’autres langues (ex. espagnol). Nos ressortissants des DOM et COM des Amériques apprécieront ; ce sont des Américains, eux aussi (mes amis martiniquais se décrivent ainsi ; sans parler des Haïtiens, au delà des Français de la Caraïbe).
    – passons sur le surprenant, pour un économiste/sociologue/anthropologue, « (Etats-Uniens) qui ont la tête près du bonnet » ; alors que le revenu moyen des Etats-Uniens stagne depuis les années 70, pour toujours plus d’heures de travail et des conditions de travail dégradées (guerre sans relâche contre les syndicats et le syndicalisme), et que les retraites privées et autres 401K ont été ratiboisés par la crise financière.

    …mais on ne peut pas passer sur l’affirmation selon laquelle Internet permettrait à l’opinion de faire entendre sa voix. Internet a certes permis à l’opinion des pays concernés par les révolutions arabes, de s’informer, de prendre corps, de s’organiser, de se diffuser mais rien, absolument rien, ne serait arrivé sans les émeutes, les morts (non pas qu’il en faille !!) et les occupations physiques, extraordinaires, massives, durables, héroïques des lieux stratégiques. Bien au contraire, aux USA, nombre d’analystes estiment qu’internet, avec ses réseaux et forums variés suivant les affiliations politiques ou les thèmes d’indignation, a plutôt fragmenté, confiné et stérilisé l’indignation, notamment sous l’ère Bush, vis-à-vis des guerres US d’agression, de la restriction des libertés et des sauvetages éhontés et répétés de la finance. Mais ce n’est pas encore le plus grave…

    Je prends ce titre : « les Américains ne rigolent pas avec la liberté ! » comme une douloureuse plaisanterie ! Il faut considérer l’évidence de l’histoire immédiate : la liste sans fin des restrictions apportées aux libertés publiques et au règne du droit, depuis 2000 et l’ère Bush, inaugurée par le coup d’Etat judiciaire qui le nomma en lieu et place du légitime vainqueur Al Gore (vainqueur en Floride, au recompte ; et, « accessoirement », dans le pays tout entier), jusqu’à Obama, continuateur, soi-disant à son corps défendant, de l’oeuvre bushiste en général : multiplication des guerres (Iran bientôt ?), escalade des moyens guerriers (drones), pillage des ressources (mountain top removal en West-Virginia, etc.). Concomitamment à ces exploits impériaux, les restrictions accrues des libertés des citoyens et leur indispensable surveillance, confinent maintenant à la menace ouverte (depuis Obama, l’Exécutif US peut assassiner, sans autre forme de procès, tout citoyen US partout dans le monde, qu’il jugerait « terroriste », sans avoir même à se justifier de cette appellation).

    Pour une petite recension, non-exhaustive, de ces menaces ou privations en matière de libertés publiques au cours de la présidence Obama, voir :

    http://articles.latimes.com/2011/sep/29/opinion/la-oe-turley-civil-liberties-20110929 (article de fond)

    http://www.commondreams.org/view/2012/01/17-7 (sur le goulag US)

    http://www.commondreams.org/view/2012/01/16 (Authorization for Use of Military Force / National Defense Authorization Act)

    http://www.commondreams.org/view/2012/01/16-1 (sur l’inégalité croissante entre citoyens US, liberticide en ce qu’elle recrée des castes d’individus aux droits et obligations différents selon le rang de fortune)

    … je ne mésestime en rien cette protestation bienvenue vis-à-vis du SOPA, tout comme je m’intéresse aux mouvements Occupy comme à d’autres encore, très prometteurs (ex. le recall en cours de l’odieux gouverneur républicain du Wisconsin, Scott Walker), mais toutes ces actions me paraissent encore bien insuffisantes à renverser le cours d’une dégradation continue des libertés publiques aux USA, à la faveur de l’apathie politique traditionnelle de la majorité des citoyens-consommateurs US, redoublée par les angoisses du quotidien (travail harassant, précarisé, sous-payé). Notons, en particulier, ce véritable syndrome de Stockholm qui frappe les supporters libéraux d’Obama, alors qu’ils devraient dénoncer sans relâche les innombrables manquements aux promesses de campagne de leur champion, au lieu de les excuser (cf. cette vidéo ironique, qui dresse un catalogue de leurs arguments si compréhensifs à l’égard d’Obama : http://www.commondreams.org/further/2012/01/17-5).

    Pour moi, comme pour beaucoup d’autres, un mouvement anti-SOPA ne fait pas le printemps, ni le renouveau des libertés aux USA, pays-épicentre de l’empire néollibéral, qui risque, bien au contraire et sous l’effet des crises gigantesques qui vont immanquablement l’atteindre au cours des toutes prochaines années, de glisser vers le fascisme ou/et les guerres-échappatoires renouvelées ou/et la guerre civile.

    « Nous assistons à l’écroulement d’un monde, des forces immenses sont sur le point d’être déchaînées », nous dit Frédéric Lordon. Les USA, hélas, me paraissent plus incapables encore que l’Europe à les « étaler » comme disent les marins. Car ces US of A nous ont habitué, dans l’histoire, au pire : génocide des natives, Guerre Civile, Dépression, guerres coloniales et néo-coloniales, violence endémique, très cruelle exploitation des hommes (esclaves, immigrants, classes ouvrières et paysannes), déchaînement de la ploutocratie et de la finance prédatrice, extension irrépressible d’un mode de vie insoutenable.

    1. Nerima-kun, t’es trop sérieux et tu loupes donc comme beaucoup le leurre-Jorion, pêcheur en passant. Il plaisante et s’amuse. La « liberté ». Vaste blague qui ne rigole avec personne.

    2. Ben oui, c’est un peu paradoxal les E-U.
      Par exemple, leur attitude vis à vis des conflits d’intérêts peut être plus sérieuse que l’attitude française où trop souvent on ne se pose pas la question de qui siège dans divers comités. Ce jugement ne s’applique certes que hors les domaines à bulle (ceux du film Inside Job , ou encore FM & FM) où les conflits d’interêts à la Goldman Sachs semblent au contraire avoir été patents.

      Si on admet qu’il y a une culture juridique pour ces choses là, et qu’elle n’est pas imbibée (ou aplatie par) d’une autorité immanente de la haute administration (les énarques en France), ce paradoxe s’explique : là où il n’y a ni faille ni énorme attrait, le respect est scrupuleux, chacun délimite bien son intérêt, tandis qu’à l’inverse, dans un monde financier où les failles prospèrent avec l’aide des même juristes, les montages complexes se montent et remontent sans fin, et les lawyers at autres attorneys se payent sur la bête, pas loin derrière les « capitalistes ».

  8. ça rappelle sony, qui a vendu son premier graveur CD, juste après la vente de son catalogue musical. business is business 🙂
    Y à quand même une différence culturel, en France on a une version personnalisé du code civil, une par habitant.
    On les adapte assez facilement les lois(les radars sont donnes 5 km/heure de marge, les compteurs des voitures sont un peu sous calibrés).
    On a une vision plus personnel de la liberté qu’institutionnelle (en même temps la première chose qui choque un Français qui ce ballade, c’est la fierté du drapeau, beaucoup de farmers ont des mats pour les suspendre, mais ça doit être un reste de notre collaboration).

  9. Merde ! Wikiki c’est pipo à coté de mon Wikoco…
    «The Marxists Internet Archive is on strike for 24 hours in protest against the SOPA laws before the US. Congress which would make sites like ours illegal.»
    http://www.marxists.org/index.htm
    Tell me Sir, who’s really liberal ?

  10. HADOPI etc… Quand on pense qu’un auteur touche 5% au mleux…Une galerie prends au minimum 50% du prix de l’oeuvre…
    Les créateurs sont exploités…Pour etre riche il faut vendre par millions…Etre super star…
    La concentration des richesses, le matraquage universel, le néolibéralisme tout craché…
    Pourquoi se battre pour 5%?
    Peutre-etre que d’autres méthodes existent pour mieux vivre de son art , mieux que son industrialisation, sa reproduction en série…
    HADOPI etc…Nous sommes sous l’Ancien Régime, les has-been, les nostalgiques d’une économie déchue, du décervelage organisé, de la trépanation culturelle des cerveaux.

  11. Oui ça fait parti des choses qui nous amène parfois à se dire que cela pourrait le faire, comme par exemple avec l’autre guillaume de mes deux sur BFM, mais faut pas trop se leurrer quand même, et cela même si je comprends un peu le sens positif de ce que vous avez voulu faire passer à travers ce billet Paul, surtout en ce moment.

    C’est pourquoi il a bien eu raison le modo de ne pas laisser passer mon dernier commentaire au sujet de l’Amérique, de ces grandes Multinationales, de ces piètres élites Américaines, mais c’est ma faute à moi, la crise me pousse même à devenir de plus en plus vulgaire, inconvenant.

    De toutes façons dans un tel monde où tout devient de plus en plus pipé et verrouillé partout, faut plus trop chercher non plus à se tromper, car demain ce sera bien vite oublié. Ce n’est peut-être même pas à l’écroulement d’un monde, que nous sommes tous en train d’assister, mais bien peut-être à l’extinction progressive de l’espèce humaine, par petites touches d’épiphénomènes en plus, constamment, par pure souci d’économie oblige.

    Non je vous assure Paul ce billet ne me fait pas plus réver en matière de liberté d’expression sur le net, surtout au regard d’une telle civilisation, marchande, commerciale. C’est comme pour le printemps Arabe ou l’automne Congolais faut pas trop se leurrer non plus avec les barbus. Il y a quand même des sujets un peu plus graves que ça, quand est-ce par exemple qu’on parlera des pauvres gens de l’Amérique, et cela régulièrement comme une chronique.

    De toutes façons l’internet n’a jamais mieux fait entendre la petit voix du pauvre Jérémie. Non je ne crois pas que les gens de l’Amérique soient plus courageux spirituellement que le reste du monde, plus soucieux de la condition humaine, plus défenseurs de la cause des petits.

    Ah si seulement l’autre pouvait admettre qu’il ne peut pas plus changer les choses que moi, il pourrait peut-être mieux me comprendre, putain il fait chier le Jérémie avec ces commentaires.

    Il va encore nous gâcher la soirée …

  12. C’est une levée de boucliers quasi unanime, où l’on trouve réunis, excusez du peu : Google, Facebook, Yahoo, Twitter, eBay, AOL et Wikipedia.

    Puis

    Il peut paraître paradoxal que les marchands aient pu prendre le pouvoir sur l’internet sans coup férir en France, alors qu’aux États-Unis ils s’apprêtent à prendre au contraire une volée de bois vert dans les jours qui viennent, mais que voulez-vous, on vit une époque curieuse où le paradoxe est au pouvoir !

    Toute l’ironie de ce billet résumé dans ces deux quotes: Il ne s’agit pas d’une bataille opposant les 99% aux 1%, mais bien d’une bataille dans les rangs du 1%: Le plus gros soucis des capitalistes, c’est eux-même, et leur tendance cannibale.

    P.S. si cette présentation n’est pas encore assez claire, voyez ceci: Google, Facebook, Yahoo, Twitter, eBay, AOL et Wikipedia ne sont pas des associations philanthropiques, ce sont bel et bien des marchands. Et présentement, ils cherchent à reprendre à leur compte le business des Sony BMG, Universal et consors. Ou pour être plus précis, reprendre les bénéfices que ceux-ci génèrent puisqu’aux dernières nouvelles, ni e-bay ni google ni aucun autre de la première liste ne produit quoi que ce soit: Ils ne font qu’exploiter la production des autres.

    1. un proche m’a soufflé :
      Wikipédia n’est-il pas plus ou moins philanthropique. Il ne vend rien ne présente pas de pub, le contenu est sous licence « creative commons by sa » ce qui n’est pas si mal et il ne le vend pas, c’est une fondation qui gère wikipédia.
      Google yahoo ont produit les premiers moteurs de recherche efficaces (ceux qui se souviennent d’altavista en son témoin). L’utilisation et le référencement de/par ces moteurs de recherche est gratuite.
      Google produit aussi un système d’exploitation pour téléphone mobil basé sur linux, avec yahoo il propose des services plus ou moins utiles, googlemap, yahoo groupe
      Tout ça pour dire qu’il ne font pas qu’exploiter la production des autres.
      Sans moteur de recherche internet aurait nettement moins d’intérêt par exemple.

  13. « les Américains sont de moins bonnes grenouilles à ce point de vue que les Français – ce qui est tout à fait logique si l’on pense que les Français sont appelés Froggies (grenouilles) par les Américains. »
    Mon beau frère Australien marié depuis plus de 40 ans avec ma belle sœur qui elle ,est Française l a toujours appelé froggie
    J ai toujours compris que ce mot signifiait pour les anglos saxons, « mangeur de grenouilles » ,ce qui bien sur n a rien avoir avec le Français docile qui se laisse cuire sans broncher dans sa marmite….

    1. Il faudrait, néanmoins, souligner qu’à l’exemple de toutes les autres populations, ils savent aussi bien dégorger, comme des escargots.

  14. Les républicains ne rigolent pas avec les candidats qui parlent le français.

    PRIMAIRES US – Le pire défaut de Romney ? Il parle français !
    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/01/13/primaires-us-le-pire-defaut-de-romney-il-parle-francais/#xtor=RSS-32280322

    En gros c’est la démocratie au pays des garants de la démocratie. Quelle merveille.

    Signé. Un démocrate prêt à être taxé à 99% si c’est ce qu’il faut pour sauver le démocratie. Ce qui n’engage que moi bien sûr.

    1. Non! ce n’est pas la langue française le problème. Pour les conservateurs du fin fond de la Bible belt, c’est que la France est un pays socialiste, même après cinq ans de Sarkozy. Un repaire d’accroc au « Welfare State », d’assistés congénitaux.
      Quelle horreur!!! Pour des gens qui croient que les premiers hommes, ont cohabité avec les dinosaures.

  15. Je suis une américaine et nous n’appelons jamais les grenouilles maintenant. En plus les sites qui arrêtent aujourd’hui sont seulement Wikipedia et Reddit.

  16. Dans le Télérama du 21 janvier, un long article intitulé: « Hackers, le cinquième pouvoir ».

    « Les Anonymus, Telecomix, le Parti pirate… Armés de leur clavier et de leur savoir-faire, les hackers sont devenus un vrai contre-pouvoir. La technologie au service de la démocratie? »

    1. Bingo, ils ont même pas besoin de Sopa pour faire fermer Megaupload pourtant basé à HongKong, ca leur a pris moins de 2 semaines pour monter le bouzin apres l’affront de la MegaSong ;D
      Comme quoi les americains ne rigolent pas avec la liberte et la justice, ca depend juste pour qui 😉

  17. Information complémentaire : ce jeudi 19 janvier 2012, au lendemain de la journée d’action contre les projets de lois SOPA et PIPA, le site megaupload vient d’être fermé à la demande de la justice américaine. Avant même l’officialisation des textes il s’agit de l’une des premières mise en application du blocage DNS afin de rendre impossible l’accès à un site par son nom de domaine. La complicité du régulateur mondial des noms de domaine, l’ICANN ex-INTERNIC, est ici engagée.

    Il s’agit d’un fait historique dans le sens où cet organisme qui est un pilier du réseau internet actuel n’avait jusque-là jamais opposé de résistance si manifeste au déploiement du web dans son approche universelle en s’en prenant à un site grand public – i.e. en terme de fréquentation s’entend.

    La régulation du web s’appuie désormais sur la particule élémentaire du réseau. Le combat avance d’un front.

  18. « VOUS N’AUREZ PAS MA LIBERTE DE VOLER ».
    Quand les moutons se prennent pour des loups, ils finissent par organiser des festins cannibales sous prétexte que c’est dans leur nature. Ils accusent le berger affolé de poser des contraintes liberticides, en plus de vouloir les tondre.

    La Démocratie se mange le bras, pendant que le Capitalisme bouffe sa propre jambe.
    Les loups, eux, doivent bien se marrer.

  19. LES BRITANNIQUES, EUX, N’ONT PAS BESOIN DE SOPA-PIPA POUR CENSURER !

    Hier, c’est l’Ofcom (Office of Communication), la haute autorité britannique de régulation de l’audiovisuel, qui a annoncé la révocation de la licence d’utilisation de la plate-forme Sky par la chaîne d’information internationale iranienne PressTV.com, arguant du fait qu’elle a diffusé une interview censément « sous contrainte » de Maziar Bahari, un journaliste irano-canadien détenu en Iran, puis fait état de son incapacité et de son refus de payer une amende de 100.000 livres sterling. La plate-forme Sky fait partie de ce qu’il reste de l’“empire Murdoch”.

    Le site PressTV.com estime, en s’appuyant sur une interview du journaliste britannique Phil Rees, qu’il s’agit d’un acte de censure. Il explique que l’OffCom est proche de la famille royale et que la famille royale n’a pas apprécié certaines nouvelles sur elle-même diffusées par PresTV.com ; on pourrait ajouter que Sky, c’est-à-dire Murdoch, ne doit pas être fâché de ce “service” rendu à la dignité de la fonction royale. L’alliance de la dignité royale, d’un gouvernement dont on mesure chaque jour la hauteur morale et l’intelligence de l’efficacité, et du prince de la corruption qu’est Murdoch, situe le fond de bassesse où les directions politiques du “bloc américaniste-occidentaliste” stagnent aujourd’hui sous l’empire du Système. Dans ce cas, la censure devient une sorte de réflexe machinal, comme on se gratte.

  20. « Les Anonymous préparent une manifestation « réelle » à Paris.
    […]
    « Nous ne sommes pas des enfants, ni des criminels, ni des pédophiles, ni des nazis, ni des terroristes », explique l’appel qui circule en ce moment chez des initiés et qui condamne en vrac les dispositifs Hadopi, Loppsi, Acta, Ipred (une directive européenne anti-piratage) ou encore Sopa et Pipa, les projets de lois américaines qui ont conduit Wikipedia à une journée écran noir cette semaine. Le document précise : « Nous sommes des citoyens attachés à leurs libertés et à la neutralité d’Internet où les gouvernements et les entreprises n’ont aucun droit supérieur à nous, ses utilisateurs. »
    http://www.lepoint.fr/technologie/les-anonymous-preparent-une-manifestation-reelle-a-paris-20-01-2012-1421755_58.php

  21. Avec un peu de retard…

    La liberté (cette conception si générale) est idéalisée aux Etats-unis comme l’égalité en France. Les affects n’ont peu-être pas la même hiéarchie des pensées.dans ces deux lieux.

    Commençons par construire ce sentiment d’égalité en France,  » se sentir égaux », et les inégailtés, les vraies, pourront se fixer. La vonlonté de défendre la liberté viendra juste après.

    L’un des concurrents en (bonne) prévision de Paul Jorion tente de mettre cette hiéarchie en relation avec les structures familiales chères aux anthropologues (vous le trouverez!).

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