FUKUSHIMA : LES CONDUITES DE SECRET DE L’ÉLECTRONUCLÉAIRE, par François Leclerc

Billet invité

Il n’existe aucune trace des réunions des cinq différentes commissions gouvernementales qui ont géré la catastrophe de Fukushima en mars 2011. Ni comptes-rendus, ni minutes, ni enregistrements des débats et des décisions ! Un black-out qui ne pourrait pas être mieux nommé, s’agissant de l’industrie électronucléaire.

Venant d’être reconnue, cette lacune fait obstacle à la reconstitution des événements et à l’analyse de la catastrophe ainsi que des réponses qui lui ont été ou non apportées. Elle participe à un ensemble de révélations qui s’accumulent et concourent à mettre en évidence l’état d’impréparation et de manquement des acteurs et des structures dédiées à la sûreté nucléaire, gouvernement ou opérateur privé de la centrale.

Yukio Enado, le ministre de l’économie, du commerce et de l’industrie, a présenté ses excuses en confirmant ce trou de mémoire. Porte-parole du gouvernement à l’époque du démarrage de la catastrophe, il a jugé “regrettable” l’absence de ces documents.

L’Agence de sûreté nucléaire et industrielle (NISA), dont la responsabilité a été pointée dans la presse japonaise, a rétorqué que les décisions prises à l’occasion de ces réunions ayant été communiquées à la presse, le mal n’était pas si important !

L’actuel gouvernement a depuis décidé d’établir a posteriori des compte-rendus, en se basant sur les témoignages des participants à ces réunions, mais quelle confiance pourra-t-il leur être accordé, des rumeurs faisant état de documents destinés à s’assurer de la convergence de leurs récits ?

Comme les activités financières, l’électronucléaire est consubstantiel aux conduites de secret ; danger tout aussi néfaste que l’insidieuse dissémination de la radioactivité, quand une défaillance aux proportions incommensurables et aux effets méconnus intervient.

Partager :

87 réflexions sur « FUKUSHIMA : LES CONDUITES DE SECRET DE L’ÉLECTRONUCLÉAIRE, par François Leclerc »

    1. Les garanties de responsabilité civile sont actuellement plafonnées à 92millions par centrale pour EDF.

      D’après Didier Migaud, premier président de la Cour des compte( « Le monde » du 31/01/2012 ) « La Cour recommande que l’on relève ce plafond à 700 millions d’euros ».

      À Fukushima, le coût a été évalué à 11,4 MILLIARDS d’euros.

  1.  » Nous entendons par « officiel », ce qui est admis reconnu par tepco, mais qu’en est-il du réel recensement des morts dus aux radiations à la centrale de Fukushima et dans les zones hautement radioactives où les ouvriers sont sensés oeuvrer à la décontamination ?

    Pour le moment, chaque fois qu’il y a eu des cas de décès des travailleurs de la centrale, tepco a jusque-là et sans preuves d’autopsie, toujours clamé que « ce n’était pas dû aux radiations et que la mort n’avait rien à voir avec la situation de la centrale nucléaire « .

    Pourtant selon les municipalités concernées par la crise de Fukushima , il y aurait officiellement 573 personnes qui seraient décédées suite à la catastrophe survenue dans la centrale de Fukushima. Mais alors, le chiffre concernant les morts des travailleurs directement présents sur le site, là où la radioactivité est la plus élevée ne serait-il pas dramatique ?  » … Extrait de :
    http://fukushima.over-blog.fr/ article du 15 février 2012 :  » Situation alarmante à Fukushima  » .

  2.  » La mafia du nucléaire travaille
    Éric Besson est rassuré, nous pas du tout !  »
    21 février 2012 dans  » le jura libertaire  » : document sur le désastre fukushimièsque ; un ouvrier qui a fait de l’entrisme à Tepco , quelques vidéos ; ne pas manquer .
    J’ajoute :
     » 1143 enfants (plus de 30%) sur 3765 de Fukushima ont des anomalies de la thyroïde  »

Les commentaires sont fermés.