JEAN « MOEBIUS » GIRAUD (1938-2012)

Illustrateur du Lieutenant Blueberry sous son propre nom et dans la ligne « jijé ». Humoriste particulièrement grinçant dans Hara-Kiri mensuel, sous le pseudo de Moebius, jusqu’à ce que « Moebius » devienne la marque sous laquelle il développera une « ligne claire », de plus en plus claire… qui laissera pantois des auteurs de mangas japonais parmi les mieux inspirés, en sus de nous tous bien entendu.

De l’estampe japonaise à Hayao Miyazaki ou Otomo Katsuhiro, en passant par l’école belge et Möbius.

Merci M. Giraud, votre très grand talent nous a fait rêver.

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43 réflexions sur « JEAN « MOEBIUS » GIRAUD (1938-2012) »

  1. c’est marrant comme dans mon adolescence des années 70 nous avions l’impression que Moebius faisait vraiment parti de nous. Comme Druillet ou Bilal. On lisait ça en écoutant Magma ou Led Zep.

    1. Ouaip… des clones zombiesques, bien formatés, qu’on était… tain ! ça m’fout le blues. Quelle époque de mètres ces seventies.

      1. Formatés par quoi? Par qui?
        Des clones de quoi?
        On était pas très nombreux. Précise svp.
        ça nous changeait d’Asterix et Tintin ou même Pif Gadget qu’on avait connu gosse.
        C’était une esthétique différente.

    1. Putain le pied !

      1 – J’ai toujours adoré cette émission du temps de son existence !

      2 – 4 grands dessinateurs qui déconnent (et qui fument !) vieille époque.

      3 – Ce qu’ils sont capables de faire avec un simple feutre : quand moi je me vois (ou me suis vu avec un tel instrument) j’ai honte, z’avez pas idée !

      4 – Et leurs idées à la con, ça aussi vieille époque …

      Putain que je me sens vieux !

  2. Nous avions passé la soirée à parler de Gurdjieff….

     » Je pense que ceux qui ont eu, comme moi, la chance d’échapper à Gurdjieff et assez de sérieux pour dresser un vrai bilan de leur séjour chez lui, se considèrent, à juste titre, comme à jamais endommagés mais aussi initiés aux faiblesses et aux pouvoirs essentiels de la nature humaine.

    C’est donc une condamnation contre-balancée par une certaine reconnaissance très ambiguë. mais la mise en garde est sans équivoque :
     » Je dis que, pour certains écrivains, l’expérience Gurdjieff, qui est la grande tentation, a ouvert et risque d’ouvrir encore, les chemins de la maladie, du lit d’hôpital et du cimetière LOUIS PAUWELS – 1952

    « Après quoi je commencerai une vie nouvelle, en me servant des facultés que je possède pour la seule satisfaction de mon égoïsme personnel.
    Un plan s’ébauche déjà dans ma folle cervelle pour mes futures activités.
    Je me vois organiser un nouvel institut avec de nombreuses succursales, non plus cette fois pour le développement harmonique de l’homme, mais pour l’apprentissage de moyens inédits d’auto satisfaction…
    Et vous pouvez me croire, une affaire comme celle-là, marchera toujours comme sur des roulettes. »

    GURDJIEFF (1877-1949) in RENCONTRES AVEC DES HOMMES REMARQUABLES – Ed du Rocher (page 351)

  3. Très grande perte.
    A mon goût c’est de loin le prince des dessinateurs (loin devant).
    Grande puissance à (faire) rentrer dans un rêve tangible (sorte d’ « onirisme réaliste » à la Ph.K. Dick).
    Soutenu par une ligne de dessin hors du commun, fluide et puissante – un peu olympienne, par son achronie (dans le même sens: l’usage de la variation illogique d’éléments censés être stables, d’une planche à l’autre, ainsi que l’immersion dans une platitude infinie apaisante).
    Un élément clef à mes yeux de son art est quelque chose comme « l’apesanteur par mutilation partielle » des volumes (ce qui met d’emblée hors-jeu, chez le spectateur, les contraintes de « l’état de veille »). Une brisure volontaire de réalité qui de suite en ouvre une autre (familière à tous les rêveurs).
    Je ne connais pas la bio du bonhomme, ai par contré dévoré (= grandi avec) beaucoup de ses oeuvres purement graphiques (connais pas Blueberry, mais adore le reste, Arzach & Co.), qui ont marqué indélébilement mes yeux.
    « La garage hermétique de Jerry Cornelius » est ce que je préfère (conseil improbable: le lire en écoutant « Genesi » de Franco Battiato engendre des résonances sensorielles assez puissantes, qui ne craignent pas la répétition).
    « Moebius in L.A. » est étonnant, sorte de coup unique (du moins à l’époque), où il a essayé de jouer le peintre dans une galerie (non sans humour). Je n’en connais pas la réception (je crois mitigée), moi j’aime beaucoup (= Moebius essayant d’abolir la narration – pas facile pour lui: c’est un narrateur de génie)
    Jusqu’à la fibre érotique lui réussit (« Le bandard fou », et plein d’autres – parfois totalement obscène, mais avec grâce, réalité et totale innocence – encore la dimension onirique -, si et quand ça lui prend).

    1. J’ai commencé par les Blueberry du début – c’est dire 🙂 – J’ai beaucoup moins aimé les « délires oniriques » de la fin. Arzach c’était cool.

      Je lui avais demandé de me dessiner Chini – à sa surprise – lors d’une séance de dédicaces dans nos iles lointaines.

      J’ai prêté à un moment ma collect de Blub; jamais revenue… chié! 🙂

  4. Grand merci Paul pour cet hommage à un immense artiste.
    Dessins, univers, imagination, rêves… tout… quel manque !

  5. Je suis effondré.

    Mais quand même merci de retrouver le partage de cette peine ici. Du coup ça fait moins lourd.

    Et merci Kerjean, c’est exactement cela.

  6. Emotion !
    Je me souviens….Jijé… né dans mon village ( Gedinne) juste après mon grand-père…
    Mon fils à beaucoup joué à vélo sur la place qui porte son nom…
    Merci Paul de citer pour rappel « le Jijé de notre bled « ….
    Merci à ces grands créatifs qui ont bercé notre jeunesse de m’avoir ouvert l’esprit et permis ( pour une part) de devenir à leur contact, ce que je suis.
    Ci-joint un petit article d’un ami ( ex maire du village ) pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur Jijé ..

    http://gedinne.blogspot.com/2012/01/place-jije.html

  7. Quand je pense que ma soeur m’avait fait faire dédicacer par Moebius une des ses affiches, malheureusement elle n’a jamais pu remettre la main dessus, perdue sans doute qu’elle fut dans un déménagement. Mais après tout c’est la beauté du geste qui compte, pas la propriété des choses. 😉
    Et plus encore ce fabuleux univers dessiné qu’il nous a donné en partage.

    1. oula j’en perds ma syntaxe
       » quand je pense que j’avais fait dédicacer une affiche de Moebius par l’intermédiaire de ma soeur …

  8. Mahleur, mahleur, un jour de deuille

    Que serai ma vie sans les aventures de John Difool, les mystéres du monde d´Edena ou les recherches insolites dans Garage Hérmétique… Et tant d´autres personnages venu d´un monde merveilleux…

    Tout mes hommages à Jean Giraud!

      1. Quand des auteurs que l’on a aimés pour leurs oeuvres, c’est un peu de soi qui disparaît aussi.
        J’aime bien cette idée qu’à eu Paul de nous rappeler régulièrement – car la vie est ainsi faite que personne n’est éternel ! — l’existence de ceux qui de beaucoup se firent connaître, car c’est une façon de faire retour sur soi, sur sa propre vie, en communion avec d’autres qui ont aimés les mêmes auteurs, qui ont partagé les mêmes vives émotions quand leurs œuvres paraissaient en albums ou dans la presse spécialisée.

        A une époque ou l’accélération des choses est devenue une constante, ou le futile chasse l’éphémère, il est bon de revenir à ce qui est bel et bon. La nostalgie qui surgit à l’occasion d’une mort, ce n’est pas seulement la passion régressive dans laquelle nous pourrions nous complaire, c’est aussi et surtout un cadeau que nous fait l’être qui faisait partie de nos vies sans toutefois que nous en eussions la pleine conscience, et qui en se rappelant à nous, dans un geste — leur dernier — qui tient un peu de la catharsis, nous font paradoxalement sentir à nouveau ce qu’est le goût de vivre.

    1. Je soupçonne que tu fais plus allusion à ma réponse à fujisan qu’à sa propre intervention.

      Non, à ma connaissance, Druillet n’est pas mort. (Et même si j’aime moins ce qu’il fait depuis 30 ans que ce qu’il faisait à ses débuts, j’en suis ravi !).

      Moi je parlais de la 1ère vidéo : Jijé, Forrest, Hugo Pratt et donc maintenant Gir(aud)/Moëbius, eux, sont tous morts !

      Et ça fait chier ! Même si je n’aimais pas Forrest et que je n’appréciais qu’à moitié Hugo Pratt, c’était des grands !

  9. Quand on a découvert Jean Giraud ou plutôt Moebius grâce au magazine « Métal Hurlant », on avait l’impression de regarder de la SF d’une véritable modernité, d’une grande créativité et surtout qui arrivait à nous surprendre.

    Aujourd’hui qu’il n’est plus là, doit on en conclure qu’on a vieilli ?

    (Pas forcément car je n’ai pas vu de relève à la hauteur !)

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