UNE BRÈVE HISTOIRE DE L’ILLUSION ALLEMANDE, par Michel Leis

Billet invité

Dans mon précédent billet, je dénonçais « l’illusion allemande » et voilà que la France s’est dotée d’un « Ministère du Redressement productif » dont l’intitulé un peu désuet renvoie à la grande époque des plans et des vieilles rivalités industrielles. Dans le même temps, les négociations salariales en cours en Allemagne laissent entrevoir une hausse généralisée des salaires tandis que ses géants industriels annoncent des profits toujours aussi élevés. À l’attention de Monsieur le Ministre, il me semble donc utile de détailler en quoi cette réussite apparente cache une illusion.

Le spectacle des excédents commerciaux dégagés par une industrie allemande triomphante est très ancien. Il doit beaucoup à l’intervention de l’État ainsi qu’aux errements précoces de la mondialisation.  Au 19ème siècle, l’État a investi dans les infrastructures lors de l’unification de la nation allemande. De plus, l’Allemagne s’est relativement peu dispersée dans des aventures coloniales, évitant ainsi la création de ces grandes maisons de commerce à fort taux de profit qui ont mobilisé les ressources dans d’autres pays européens. Enfin, l’influence des commandes de l’État en matière d’armement y est pour beaucoup et certains des grands groupes allemands sont les héritiers de ces marchands d’armes. Cette  puissance ancienne conduit la Grande-Bretagne à imposer le label « Made in Germany » dès la fin du 19ème siècle pour inciter les Anglais à acheter aux producteurs britanniques. Mal leur en a pris, ce label va devenir un symbole de qualité et un puissant support à l’exportation pour l’industrie germanique.

Il y a bien sûr des raisons plus récentes à ce succès, mais elles ne sont pas liées aux facteurs traditionnels de la compétitivité. Dans l’industrie, la productivité horaire est plus élevée en France, le coût horaire du travail est très légèrement supérieur en Allemagne (+20 cts d’euros en 2008). La compétitivité de l’industrie allemande est d’abord le résultat d’un positionnement spécifique. Son industrie grand public est en parfaite adéquation avec la norme de consommation. Ce qui caractérise la norme de consommation moderne, c’est la plus-value d’image qu’un produit est censé apporter à son propriétaire. L’Allemagne s’est spécialisée dans le haut de gamme et s’adresse à la frange la plus riche des consommateurs qui sont les éléments moteurs de cette norme. L’un des symboles en est l’automobile : rouler dans une belle allemande, c’est aussi afficher un statut social. Cette image forte du produit s’accompagne d’un rapport de force favorable dans la chaîne de valeur, c’est-à-dire la manière dont la marge va se répartir entre les différents acteurs impliqués dans la production et la distribution. Les prix sont élevés, la production est capable d’accaparer le meilleur de la marge, et la distribution ne peut faire l’impasse sur ces produits en raison de leur pouvoir d’attraction. Même un euro longtemps à des sommets n’a pas handicapé les produits allemands tant l’appétence des consommateurs les plus aisés pour ces produits est élevée.

Dans les biens d’équipements, ce sont des situations quasiment oligopolistiques qui expliquent ce succès. Dans le domaine de la machine-outil par exemple, les principaux acteurs mondiaux sont allemands ou japonais. Le ticket d’entrée dans ces secteurs est très élevé. Ce qui caractérise beaucoup de secteurs industriels, ce sont des cycles de capitaux longs et une forte intensité capitalistique. Pour investir des capitaux dans l’industrie, il faut parfois accepter des rentabilités sur capitaux propres inférieures à ce que peuvent proposer d’autres placements, le propre de ce que l’on a appelé parfois le capitalisme familial encore prégnant dans la structure du capital en Allemagne.

Ces vertus ont longuement été analysées, mais l’on aurait tort de croire que les préoccupations des investisseurs allemands sont fondamentalement différentes de celles des autres investisseurs dans le monde, il n’est qu’à voir le degré d’exposition de certaines banques allemandes aux produits toxiques. Derrière cette apparente sagesse se cache un effet retard. L’élévation globale des attentes de profit a été la caractéristique dominante de ces trente dernières années, mais l’industrie allemande a dû faire face à un certain nombre de facteurs contraires au début des années 90. La réunification allemande a différé la réduction de l’impôt sur les sociétés enclenchée dans les autres pays européens à partir de la fin des années 80. Les courbes comparées du taux maximum de l’impôt sur les sociétés entre la France et l’Allemagne soulignent ce décalage, mais la comparaison serait valable avec d’autres pays. Plus imposées, les entreprises allemandes ont continué à fonctionner sur des dynamiques antérieures : investissement en partie autofinancé, recherche d’un effet taille par le rachat de concurrents.

Mais une fois cette période passée, l’Allemagne a rattrapé brutalement son retard dans la norme de profit : réduction de l’impôt sur les sociétés, délocalisations, lois sociales régressives (Hartz IV), modération salariale imposée. L’évolution comparée de la rentabilité économique entre la France et l’Allemagne pour le secteur industriel est impressionnante.

Dès le début des années 2000, les ex-pays de l’Est sont devenus « l’Hinterland » allemand, le lieu des sous-traitances à moindre coût. L’emploi dans l’industrie manufacturière a baissé en Allemagne en valeur absolue entre 2002 et 2009 (-500 000 personnes). En valeur relative, il ne représente plus que 24.5% de l’emploi salarié contre 28.2% en 2001. Il est probable que la contrepartie se retrouve dans ces ex-pays de l’Est. Les emplois « Hartz » sont pour l’essentiel des emplois de services (les salaires horaires pratiqués dans les services sont bien moins élevés en Allemagne, le différentiel étant de plus de 5 euros avec la France).

L’industrie allemande est par nature peu sensible aux pressions sociales qu’elle exerce. La modération salariale pratiquée à haute dose ou les délocalisations n’ont pas d’impact significatif sur ses ventes. Par exemple, le développement limité des marchés dans les ex-pays de l’Est concerne surtout l’apparition d’une classe de nouveaux riches, segment dévolu à l’industrie allemande. Mais ce faisant, elle s’affranchit d’un des fondamentaux de la réussite du capitalisme industriel : contribuer à la création de ses propres marchés. L’originalité de l’Allemagne, c’est de répondre aux attentes de profits par l’industrie. Avec le rattrapage de profit de ces dernières années, ces excédents se sont beaucoup investis dans de nouvelles unités de production situées dans les marchés en développement rapide et l’Hinterland allemand.

Pire encore, l’industrie allemande devient un modèle de réussite et une stratégie de référence pour bon nombre d’entreprises. Elle contribue fortement à l’élévation de la norme de profits. À travers l’Europe, les groupes industriels continuent à mobiliser des moyens pour se faire une place dans le haut de gamme perçu comme seul segment de marché à même de générer des profits élevés. Quelques entreprises peuvent réussir, une grande majorité échouera. Il y a une contrainte de réalité qui est le nombre de clients de ce segment. Le cœur des marchés reste le milieu et l’entrée de gamme, le positionnement prix y est un facteur essentiel. Sur ces segments, la guerre des prix se conjugue à un rapport de force souvent favorable à la distribution dont toute la stratégie de profit repose sur l’achat à moindre coût. L’industrie européenne est incapable en produisant localement d’y faire face.

La première illusion allemande, c’est de croire avec Angela Merkel que la bonne santé apparente de l’industrie allemande est due à une combinaison réussie des facteurs de production et que le salut passe par la généralisation de cette combinaison à tous les pays européens. Ni la productivité du travail ou du capital, ni un différentiel de coût de main-d’œuvre ne peuvent expliquer cette situation. Seul le positionnement de l’industrie allemande explique cette exception. Nous l’avons vu, il ne peut être reproduit par tous les acteurs. De plus le tout industriel ne correspond ni à l’histoire, ni aux spécificités économiques de beaucoup de pays. Restaurer la compétitivité, cela pourrait bien être dans l’esprit des industriels allemands l’alignement du coût de la main-d’œuvre des pays européens sur ceux de l’hinterland allemand pour multiplier les possibilités de sous-traitance à moindre coût.

La deuxième illusion, c’est de penser que le maintien de la rigueur sera sans effet dans le long terme sur l’industrie allemande. Malgré son positionnement haut de gamme, l’asphyxie lente qui gagne les marchés européens risque de réduire à la foi le potentiel de clients aisés et les investissements en biens d’équipements en Europe. En cas de surcapacité avérée, le jour où il faudra arbitrer entre les unités de production allemandes et celles créées dans les marchés en pleine croissance ou à faibles coûts, il n’est pas sûr que cet arbitrage se fasse en faveur des sites allemands au nom de la norme de profit.

La troisième illusion, c’est de penser que la croissance peut inverser la tendance actuelle. Nonobstant les pressions que le retour d’une consommation élevée ferait porter sur la planète, le fonctionnement de la norme de consommation moderne est un phénomène constant d’arbitrage sous contrainte pour une classe moyenne de plus en plus affaiblie. Des produits sortent de la « shopping list » et subissent de ce fait une forte pression sur les prix. De plus, une grande partie des produits porteurs d’image qui demeurent accessibles sont déjà produits hors d’Europe. Pour les produits en voie de déclassement, les distributeurs et les industriels préféreront se fournir ou produire auprès de pays leur garantissant un niveau de marge suffisant. Une croissance retrouvée n’entraînerait pas forcément un rebond pour l’industrie européenne à part pour l’industrie allemande qui ne s’adresse pas à cette clientèle.

Ce que semble montrer la décennie 90 en Allemagne, c’est qu’une modération imposée des profits a eu des effets bénéfiques. Mais le monde politique européen n’a toujours pas analysé ni compris la dynamique de la norme de profit. Pire encore, il a ouvert un boulevard aux investisseurs en institutionnalisant la concurrence fiscale et les distorsions sociales. Or il en est de la norme de profit comme d’un escalier, chaque marche franchie accroît les attentes des investisseurs, que ce soit dans l’industrie ou au travers des instruments de spéculation, mais cela augmente aussi les dégâts potentiels en cas de chute…

(Aux lecteurs intéressés par la relation entre norme de consommation et norme de profit, je renvoie à la lecture de mon essai « Crises économiques et régulations collectives » paru aux éditions du Cygne)

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158 réflexions sur « UNE BRÈVE HISTOIRE DE L’ILLUSION ALLEMANDE, par Michel Leis »

  1. « Ce que semble montrer la décennie 90 en Allemagne, c’est qu’une modération imposée des profits a eu des effets bénéfiques. Mais le monde politique européen n’a toujours pas analysé ni compris la dynamique de la norme de profit. »

    Ensemble économique très bien expliqué.

    1. Tout à fait vous avez bien résumé, la niche du haut de gamme ne peut accepter toute l’Europe car les clients n’existent qu’en petit nombre.
      La niche de la France, c’était le tourisme le luxe et l’exception culturelle avec quelques produits industriels, c’était Concorde et le France mais ça c’était avant…
      Maintenant tout se ressemble même dans le tourisme c’est les mêmes hôtels les mêmes produits sur toute la planète. Il n’y a plus de différence.

  2. Excellent, pendant ce temps là sur la très grande radio on vous explique très sérieusement que limiter la rémunération d’un patron risque de pénaliser la compétitivité d’une entreprise.
    Quelle époque.

    ah oui s’il vous manque des actions facebook passez voir ubs, (prononcez oups)
    sinon toujours une promo sur x à moins de trois euros … avec un kebab offert.

  3. Yes. J’ai encore eu une discussion à ce sujet avec un commercial allemand aujourd’hui qui admet la chose….tout celà me fait penser que la croissance est un indicateur, pas un modèle économique et de société.

    J’ai d’ailleurs une question : si il y a croissance de la production et qu’il n’y a pas croissance de la valeur ajoutée, peut on vraiment dire qu’il n »y a pas de croissance ?

    1. Pour faire bref, il me semble que la vraie question n’est pas la croissance en tant que telle mais plutôt son orientation, la répartition de la plus value et le niveau de productivité atteint dans des domaines moins exposées à la mondialisation (je suis désolé de faire aussi court et aussi « bateau »).

  4. Helmut Schmidt : « Les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain. »
    Que n’a-t-on entendu cela, la réalité c’est que les profits ont alimentés et concourus à l’hypertrophie du secteur financier, secteur qui actuellement fait pression pour imposer ses « réformes » (assouplissement du droit du travail, privatisations, libéralisation des marchés, etc…) et jamais l’on a vu création d’emplois.
    Helmut Schmidt pensait sans doute sincèrement qu’un peu plus de profits génèreraient à terme les empois attendus par la population, il n’en est rien, c’était ne pas tenir compte de la cupidité de quelques-uns.
    Comment enrayer ce processus de soumission de l’ensemble de la population à un petit nombre de possédants ne rêvant que d’accroître leur magot?
    Peut-on encore être optimiste?

  5. Excellente analyse que je partage totalement, sauf sur un point :
    A propos de l’industrie automobile il est dit que les Allemands ont choisis le haut de gamme et que les autres pays européens ne peuvent que se positionner en entrée et moyen de gamme le marché n’étant pas assez vaste pour tous sur un seul créneau. En fait les allemands sont présents (et efficaces) sur TOUS les segments (il n’y a pas qu’ Audi et Merco, l’allemagne produit aussi en entrée et moyen de gamme : WW, Ford…).
    L’industrie française se meurt par défaut d’innovation. Quand on a perdu sur un créneau la bonne règle marketing c’est de proposer la technologie suivante. Par exemple si les constructeurs français avaient investis massivement sur l’hybride et l’électrique il y a dix ans ils seraient aujourd’hui leaders. Pourtant l’inéluctable renchérissement du pétrole est connu depuis 40 ans…Commercialement parlant on ne devient jamais leader en proposant des produits « me too » . La qualité de la recherche et de l’investissement est donc la clée que nos chers polytechniciens ont perdus sur le champ de tir…

    1. Pas que de l’innovation, Alain, ou alors de l’innovation financière :
      « Quelques jours après la publication de son rapport, Jean-Claude Volot a lancé un véritable coup de gueule devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée, le 26 octobre, pour dénoncer le « cynisme hallucinant » des grands groupes, la « dictature des directeurs financiers », allant jusqu’à se demander « s’il exsite un autre pays industriel au monde où les grandes entreprises sont aussi apatrides ». « Même dans les pays très libéraux, comme l’Angleterre, l’attachement au drapeau anglais est bien plus grand que chez nous », a-t-il tancé. »
      « Outre-Rhin, « le comportement d’écosystème intelligent est bien plus développé : évidemment, les grands donneurs d’ordre allemands portent leurs fournisseurs aux quatre coins de la terre ; évidemment, un donneur d’ordre allemand priorise toujours un fournisseur allemand », a indiqué Jean-Claude Volot. »
      L’organisation industrielle. Le rôle de ‘l’Etat-stratège’. La planification économique, y compris par la déflation salariale.
      Mais cette position s’est rigidifiée depuis les années 2000, ou plutôt à finit par tourner autour du taux de profit, à tel point qu’en phase de crise comme actuellement, il faudra des années à l’Allemagne pour modifier sa trajectoire.
      Probablement trop tard : le taux de profit nuit au profit.
      Et je serais intéressé pour savoir comment un ‘écosystème intelligent’ comme celui décris pour l’Allemagne par Volot réagira, lorsqu’il prendra conscience qu’il ne peut plus éviter le mur, car son rayon de braquage étant irrémédiablement trop court.

      Les grosses allemandes ont-elles, aussi, des gros airbags … en série ?

    2. J’ai toujours été étonné, en effet, que l’industrie française ne soit pas capable de s’investir massivement dans les énergies renouvelables..

      1. Oui, et surtout sur le STOCKAGE de ces énergies renouvelables. Marché gigantesque à prendre, pour des investissements réduits (les technologies existent déjà, elles doivent seulement être améliorées).
        Je prédis que les japonais (avec Fukushima et l’arrêt des centrales) devanceront tout le monde…
        Et l’Europe encore une fois à la ramasse…

      2. Et n’oublions pas le marché du démantèlement des réacteurs nucléaires : 220 milliards d’euro de part le monde, dans les 20 ans à venir. D’après une étude de la Commission européenne datant de 2004, 50 à 60 réacteurs sur les 155 en fonctionnement dans l’Union devraient être démontés à l’horizon 2025.
        En France on ne semble pas penser les technologies jusqu’au bout…

      3. @quelqu’un
        c’est parce qu’il n’y a rien à démanteler : tout fonctionne très bien et est prévu pour durer toute l’éternité.

      4. à quelqu’un

        Et le marché du stockage des déchets pendant des milliers d’années pour certains : voilà du développement durable !

      5. à Marlowe :Le nucléaire sème effectivement la con-fusion. Il essaye de faire con-fondre « développement durable » et « enveloppement durable », ce qui n’est pas tout à fait la même chose, il me semble. Mais c’est vrai aussi: il ne maîtrise pas non plus l’enveloppement durable des matières dangereuses…

    3. Pour répondre plus spécifiquement sur l’automobile, VW développe depuis des années l’image de ses produits (Golf mais avant Coccinelle), cette marque est au cœur de la norme de consommation tout en étant positionne comme dise les « marketeurs » dans le « upstream ». Quant à Ford et Opel (par ailleurs filiales de groupes américains), on en reparlera dans les prochains mois.
      L’innovation en soi ne suffit pas dans la norme de consommation moderne, il faut aussi qu’elle apporte une plus value d’image pour son propriétaire… Et il faut des clients encore solvables !

      1. des clients encore solvables !! ce sera bien là le principal problème de l’industrie allemande dans les mois à venir.
        si on continue sur l’exemple de l’automobile, beaucoup de clients français font un réel effort financier pour s’offrir la berline allemande de leurs rêves, ils ne font pas forcément des 10% les plus riches. Quand cette masse de client aura renoncer par manque de moyen, de combien chuteront les ventes ?
        même chose pour les machines-outils .. quand le carnet de commande est au plus bas, on se contente de rafistoler les vieilles machines.

    4. En proportion, 3 fois plus de brevets déposés en Allemagne, cherchez l’erreur.

      « On doit donc améliorer les relations de sous-traitance en appliquant la loi. Les grands groupes ne la respectent pas. Je note, que certains d’entre eux changent les prix de manière unilatérale et rompent des contrats. D’autres pratiquent le pillage de la propriété intellectuelle. Quand un sous-traitant a un brevet, le grand groupe se l’approprie. Les grands groupes pratiquent le pillage des cerveaux… »

      https://ecointerview.wordpress.com/2012/05/18/reindustrialiser-autrement/

      1. France : 33 Prix Nobel en sciences
        Allemagne : 68 Prix Nobel en sciences
        Espagne : 2 Prix Nobel en sciences

        Au vu des brevets et des Prix Nobel, il est logique que l’Allemagne mette au point des produits à haute valeur ajoutée.

    5. Hélas non , le véhicule n’est surtout pas qu’un produit fini sur lequel on peut disserter à propos de sa production . Les milliers de composants assemblés proviennent d’une industrie d’équipementiers très efficaces qui forment un réseau intégré « kolossal » , un grand combinat avec les quelques assembleurs finaux . Les quelques grands équipementiers français ( Valeo, Michelin , Faurecia etc ) sont loin de la multitude d’empires comme Bosch , Continental , Sachs , Fag , Luk etc ..

  6. Bonjour,

    La monnaie unique n’est-elle pas la clé du graphique sur la rentabilité ? On voit bien que les profits allemands décolle à partir des années 2000.

    1. La monnaie unique a été une aubaine mais n’explique pas tout. Les pays du sud ont pu aussi profiter à leur façon de cette monnaie qui leur a fourni des taux d’intérêts très bas et donc l’occasion de se développer bien plus rapidement que ce qu’ils ne l’auraient pu autrement. L’Espagne d’avant l’UE, c’était des liasses de billets pour faire le plein et une agriculture manuelle. Avec l’UE puis l’euro, ça a été la mécanisation de l’agriculture et la possibilité d’exporter massivement en Europe, détruisant par la même occasion les agricultures françaises, italiennes,..

  7. L’industrie française représente 11% du PIB, contre je crois 28% en Allemagne.

    Où est l’erreur de stratégie, en France? D’avoir « flingué » les PME, le monde politique privilégiant, en ne s’intéressant qu’à elles, les « entreprises du CAC40 », vitrine du pays? D’un manque d’investissement productif desdites PME, ses propriétaires préférant investir personnellement dans la pierre dès qu’une marge de manoeuvre se présente, plutôt qu’au nom de la PME, dans l’investissement productif?

    Votre tableau sur la rentabilité comparée des entreprises allemandes et françaises est en tout cas impressionnant!

    1. Tout à fait. C’est d’ailleurs pour cela que l’on a en France des entreprises qui figurent parmi les leaders mondiaux dans des domaines où cela est complètement paradoxal (Bouygues, Vinci, Vivendi,..) alors que la taille du pays et son marché intérieur ne fournissaient en aucun cas la possibilité de construire de tels géants dans ces domaines. Cela est la preuve de la volonté politique d’ériger ces géants pour des raisons d’orgueil et de stratégie économie pas toujours bien vue.

      Dit autrement, en France l’argent va souvent là où il ne devrait pas. La « pierre » est un exemple flagrant : les pays « PIGS » sont ceux où le taux de propriétaires est le plus élevé. A l’opposé, l’Allemagne a un taux de propriétaires très bas, mais aucune crise immobilière, des prix relativement bas, et des loyers modérés.

    2. Les PME françaises ont également beaucoup de mal à trouver des financements pour se développer. J’ai entendu une interview du patron d’Oséo qui expliquait qu’en réalité, il ajoutait le complément au financement d’une banque. Autrement dit, pas de banque privée au départ, pas de coup de pouce d’Oséo. A ce jeu-là, les filiales de grands groupes sont ultra favorisées. Sans compter qu’elles ont souvent plus de personnels e de savoir-faire pour remplir d’interminables dossiers de demande d’aide. La bureaucratie est très compliquée pour une petite entreprise, même si les agents des services publics sont sympas. L’inventeur toulousain du trottoir qui récupère l’énergie des pas des promeneurs pour éclairer les réverbères la nuit a dû s’expatrier aux USA parce qu’il ne trouvait pas de financement, malgré le soutien de la mairie de Toulouse. Mais il n’était pas dans le giron d’un grand groupe…

      La France a beaucoup d’inventeurs, mais pas forcément toutes les structures pour leur permettre de développer leurs inventions sans de gros moyens/fortune personnelle au départ.

      L’Allemagne s’est posée sur le créneau de la qualité et de l’innovation, pas forcément uniquement sur le haut de gamme.

      Quand on visite un magasin de bricolage, on voit plein de produits pas haut de gamme mais bien foutus et solides qui sont d’origine allemande (matériaux isolants écolos, charnières, mécanismes, outils, etc) et ça se vend. Même sur les meubles de cuisine Ikea comprenant des charnières compliquées (meubles aux portes coulissantes), les charnières sont allemandes. Ce n’est pourtant pas un produit de luxe.

      Je ne pense pas que l’achat d’une charnière de tiroir allemande soit du snobisme, le consommateur veut juste un truc solide, bien fichu, pas trop compliqué et qui dure si possible un bon moment.

      Pour ce qui est du bricolage, les produits conçus en France mais, hélas, fabriqués en Chine sont bien souvent de moins bonne qualité. Ca casse, c’est mal fichu, mal expliqué et il faut racheter…

      Ca donne l’impression que les entreprises françaises ont beaucoup délocalisé sans se préoccuper autant de la qualité et de l’innovation que les Allemands.

      En plus, beaucoup de boîtes allemandes ont un très bon SAV par rapport aux françaises…

      1. Et oui
        Si tout simplement leurs produits étaient meilleurs….et que cela se sache !!!

        C’est pas très glorieux comme explication, …mais peut-être bigrement réaliste.

      2. Oui, c’est bien cela. Mon père qui a eu une carrière complète dans la chaudronnerie ne jure que par l’outillage allemand (Würth, Facom,..) or on pourrait considérer à tort qu’il n’y a pas de différence entre 2 clés-plates..

  8. « Seul le positionnement de l’industrie allemande explique cette exception. »

    C’est très réducteur et en plus complètement faux car s’il suffisait de se positionner alors tout le monde en ferait autant malgré le coût du ticket d’entrée. Il suffit de comparer les ventes de VW et de Mercedes pour s’en convaincre.
    Et si l’on veut bien avoir l’esprit assez ouvert pour ne pas s’en tenir aux machines-outils : BULL a été un fiasco franco-français quand SAP arrive à imposer un produit d’envergure internationale.

    Ce qui fait la réussite de l’Allemagne, au moins en partie, c’est par exemple le kilo de tomates qui est moins cher dans un supermarché allemand qu’un supermarché français – alors même que ces tomates sont produites en France comme je l’ai constaté par moi-même à plusieurs reprises. Mais ça bien sûr, c’est un poil plus compliqué à expliquer que le « positionnement sur un segment » qui n’est ni plus ni moins l’analyse d’un stagiaire de 1ère année en HEC.

    1. Les Allemands produisent donc, avec la même productivité que les Français, mais une rentabilité plusieurs fois supérieure et moins d’impôts, une gamme de biens de consommation et d’investissement dans tous les segments, qui représente la meilleure qualité au monde par l’innovation et la plus-value d’image qu’elle intègre.
      Cet avantage, et les profits générés leur permet d’envisager une hausse généralisée des salaires.
      « Excellente analyse que je partage totalement, sauf sur un point » ! (Loréal Alain)
      Ce point ne serait-il pas essentiel ?
      Surtout si l’industrie allemande représente plus du double de l’industrie française ?
      Surtout si la même démarche en matière commerciale leur permet de vendre en Allemagne des tomates françaises moins cher qu’elles ne sont vendues en France ?

    2. Le conformisme des stratégies est une réalité, il suffit d’entendre le discours du PDG de Renault sur la nécessaire montée en gamme alors que les profits de Renault sont aujourd’hui largement générés par le low cost. C’est bien la ou le bât blesse, c’est que l’imitation de ces stratégies rencontrent la limite des clients solvables. C’est au cœur de l’illusion dont je parle dans ce billet.
      De même, comparer au premier degré les ventes de VW et de Mercedes n’a pas de sens mais comme je l’ai dit dans un autre commentaire, VW a construit sa réussite sur l’image, c’est-à-dire son positionnement au cœur de la norme de consommation. Rentrer au cœur du rapport entre norme de consommation et production n’a rien d’une évidence…
      Pour revenir au prix du kilo tomate, il est aussi mentionné dans mon billet que le coût de la main d’œuvre est bien moins élevé dans les services en Allemagne qu’en France (sans doute l’absence de salaires minimum et les lois Hartz), ce qui explique en partie le differentiel.
      Mais vous avez raison sur ce point, j’ai centré mon billet sur l’illusion industrielle mais il existe aussi d’autres facteurs. L’Allemagne n’a pas mobilisé le pouvoir d’achat de ses consommateurs dans la bulle immobiliere ou l’explosion de la norme de profit dans la distribution (il y a là aussi un contexte historique particulier).

      1. L’illusion allemande consisterait-elle à croire que parce qu’ils ont tout juste maintenant, cela va continuer ?
        Ne se doutent-ils pas qu’ils vont se faire rattraper incessamment par ceux qui ont tout faux aujourd’hui mais qui vont tout changer ?

      2. Vous avez raison. En plus, les Allemands privilégient les produits de chez eux, un arbitrage qui est moins évident en France (notamment parce que, dans bien des domaines, il n’y a tout simplement plus de production française).

    3. En Allemagne, les tomates françaises sont en concurrence avec les tomates hollandaises ou espagnoles ou encore allemandes parce que les allemands achètent les tomates en fonction de leur aspect alors que les français les achètent plus souvent, du moins le croient-ils, en fonction de leurs qualités gustatives, cela peut expliquer ce différentiel observé.
      L’analyse proposé dans le billet n’a rien à voir avec ce que vous avez constaté sur le prix des tomates.

      1. « L’analyse proposé dans le billet n’a rien à voir avec ce que vous avez constaté sur le prix des tomates. »

        Bien sûr que ça a à voir. L’article explique la réussite allemande par un positionnement marketing alors que cette vision de choses est très réductrice. L’auteur lui-même le dit ci-dessus, il y aurait beaucoup de choses à considérer pour appréhender l’économie allemande à sa juste valeur. Les tomates ne rapportent rien à l’Allemagne qui pourtant ne décide pas pour autant de les taxer ou de se faire une grosse marge dessus comme le font les Français qui en sont pourtant producteurs. La démarche générale est extrêmement éloignée de celle que nous connaissons en France, d’où l’affectation plus judicieuse de l’épargne.

    4. J’ai une amie qui a fait un jour ses courses dans un supermarché en Allemagne (elle travaillait à l’époque dans un train SNCF…), en achetant exactement les même produits de marque qu’à Paris, en grande surface: résultat des courses, globalement deux fois moins cher en Allemagne!

      Sans parler du nombre de frontaliers français allant faire leurs courses en Allemagne.

      Sur le plan des prix, il y a un scandale franco-français dans le monde de la grande-distribution…

    5. vous parlez de quelle tomate ? une tomate, cela ne veut rien dire sauf pour celui qui veut remplir son ventre. C’est dommage d’oublier la sensation, la saveur et peu importe sa forme ! Parler d’une tomate sans savoir ce que sait ! Respectons les produits (variétés de tomate) et savourons, dégustons, le plaisir jubilatoire de l’instant. Ce qu’elle nous procure en dehors de nous goinfrer d’une surconsommation symptomatique de la décadence des esprits. Oh esprit de la tomate, tu m’entends…..

      1. Avant, il y a déjà longtemps, était la tomate qui a presque complètement disparu.
        De nos jours, règne, et voyage, la néo-tomate.

      2. excellent, marlowe,
        De ce fait, je vais parler à mes tomates et dès ce soir de ma rencontre inattendue avec un « ami de la tomate ». A l’issue, un vote sera établi afin de valider la création d’une association pour la défense de la tomate contemporaine.
        Je pense gagner le challenge de la récolte de la tomate dès cette année.
        J’ai remarqué qu’elles rougissaient plus rapidement lorsqu’elles étaient flattées.
        D’ailleurs, je pense en faire une équation mathématique.
        M*P (kilo de la tomate multiplié par prix unitaire de la tomate)= V*C (la vitesse de consommation de la tomate par la population consommatrice). Sachant qu’une tomate fait un kilo (néo tomate oblige), combien faut-il de tomates mangeables en 2 hrs pour nourrir la population mondiale par un crédit à 10% sur 5 ans garanti par Goldman Sach ? C’est l’histoire de la néo-tomate. Un musée de la tomate sera à l’ordre du jour de la prochaine réunion courant juillet 2012 afin d’honorer l’histoire de la tomate ancienne.

      3. à olivier69

        Tout cela est beau comme la rencontre, dans le centre de la France, de deux camions chargés de néo-tomates, l’un venant d’Espagne et allant vers l’Europe du Nord, l’autre venant de Hollande et allant dans le Sud !

      4. Marlowe,
        Alors, il faut manger celles venant d’Espagne avant qu’elles arrivent en Europe de Nord et celles de Hollande avant qu’elles arrivent au sud ! J’espère que l’on sera plus de deux au moins ……

  9. Quand la croissance devient impossible, sauf par brèves saccades sur de petits marchés, la difficulté augmente pour les concurrents challengers par rapport aux leaders, d’autant plus quand le prix n’est pas le principal argument de vente.
    Tout cela est vrai.
    Il reste que la monnaie inique a bien servi l’industrie allemande et son commerce, et bien desservi les Etats dont les habitants étaient les clients de l’Allemagne.
    Ayant été pendant les 12 dernières années de mon activité professionnelle, jusqu’à fin 2011, agent, pour la France, d’imprimeries (livres) catalanes, j’ai depuis 2007 soutenu à mes interlocuteurs espagnols qu’il leur serait un jour impératif de sorti de l’euro et de revenir à une autre conception de l’économie, tant leur croissance rapide, en grande partie fondée sur la bulle immobilière, était fragile et ne durerait pas. A l’époque cela les faisait rire.
    Depuis, le plus important d’entre eux a créé deux filiales, une en Slovaquie pour produire, et une en France pour vendre.
    Et malgré deux ans d’efforts, il n’a jamais réussi à pénétrer le marchand allemand alors qu’il était devenu un des leaders en France (sur le créneau du livre de poche) !

    1. Je remarque avoir écrit monnaie inique au lieu de monnaie unique.
      A moins que ce ne soit une programmation du serveur ?
      On dit que les lapsus sont révélateurs d’un état d’esprit et contiennent plus de vérité que tout ce qui est policé.
      Allons-y donc pour inique.

    2. à Eric L

      Merci pour la remarque.
      Il fallait bien évidemment essayer de lire marché.
      Je crois que c’est encore une blague du serveur ou de mon caractère impétueux.

      1. mais n’y -t-il pas en fait que des marchands dans les marchés ? le marché est un alibi pour pénétrer les marchands . les gens , en somme .

      2. à Eric L,

        Non, ce sont les marchands qui nous pénètrent et les marchandisent qui nous habitent.

      3. à Eric L,

        Vous vouliez parler des marchants et non des marchands.

        Attention, marchant est un adjectif.
        Il est vrai que l’époque de la novlangue généralisée transforme à sa guise les noms en adjectifs et les adjectifs en noms.

      4. même les marchands doivent marcher . c’est le triste jeu de la concurrence . C’est simplement , ça que je voulais dire . on est coincé dans une logique , gros ou petit . c’est pour cette (mauvaise ) raison qu’on y perd toujours des plumes , pensant y trouver de la vie .

      5. en quelque sorte , oui .
        ceci dit , je n’ai aucune solution .
        que peut-on faire ? donner sans attendre de retour ?
        tenez, ça a été dit depuis longtemps .

      6. 95. Jésus a dit :
        « Si vous possédez de l’argent, ne prêtez pas à usure, mais donnez plutôt à celui qui ne vous le rendra pas. »

      7. le soupçon, la défiance fait que l’on dresse des murs . cela révèle un manque de confiance , placé un peu au-dessus de la condition humaine, la sienne y compris . Et en même temps, on confie son destin à l’homme .
        L’habitat composé de murs est symptomatique d’une mentalité . On prétexte les intrusions de chiens, mais en fait on se prémunit contre des voleurs potentiels . Tout s’édifie sur ce modèle .
        l’inverse n’est pas simple . confiant, on peut avoir confiance dans l’homme sans nécessairement lui confier les clefs de sa maison, aveuglément . Sans doute est-ce par méconnaissance que les gens deviennent étrangers partout ?

      8. @ marlowe
        excusez, je suis un peu long à la détente . Le fétichisme, non . on peut être fétichiste , pas de souci . les objets parlent de tas de choses

    3. Marlowe,

      précisons que les imprimeurs allemands sont très équipés et que les éditeurs allemands sont fortement attachés à la production locale.

      Je me rappelle des incursions sur le marché français de Bertelsmann ds les années 90, ils étaient 30 à 40% plus cher que les imprimeurs français et ne parlons pas de l’Espagne (dont le matériel était vieillissant ) ou de l’Italie.
      D’ailleurs de fait, l’imprimerie est un bon exemple aussi bien en terme de services que de construction mécanique (la faillite de MAN-Roland illustre le retournement de situation qui pourrait atteindre d’autres secteurs ou entreprises non soutenus par des aides d’état -> i.e Heildelberg et KBA pour la construction de presses, Schlott pour le service) car étant positionnée sur un secteur en difficulté et fortement concurrencé par les constructeur japonais et les chinois (longtemps boudés car de moins bonne qualité, soi-disant) .
      N’oublions pas aussi que beaucoup d’éditeur en Allemagne sont encore des industriels ou ont de fortes participations dans des imprimeries ayant investies des sommes énormes au début des années 2000 pour régénérer leurs outils de production. Certains en ont profité pour investir dans les pays de l’est mais à destination de leur propre marché. je viens de lire que le groupe Bertelsmann « filialisait » les activités Print du groupe.

      1. à IG

        Quant un grand groupe d’édition et de médias a eu en son sein des imprimeries, comme c’est le cas de Bertelsmann, depuis de trop longues années, il finit par être confronté à deux problèmes qu’il ne sait pas gérer : le prix de revient réel de ses imprimeries et le montant qui finit par devenir monstrueux qu’il lui faut investir, c’est à dire soustraire à ses bénéfices, et donc aux dividendes versés, pour redevenir compétitif.
        Le groupe Hachette a bien connu cette situation à la fin du siècle dernier en France.
        L’imprimerie, qui est essentiellement une activité de sous-traitance, est un secteur industriel avec une faible rentabilité à condition que les clients soient raisonnables ce qui n’est souvent pas le cas.
        Depuis 15 ans, chaque mise en route d’une machine plus performante dans une imprimerie provoque une baisse du prix de vente moyen du produit final considéré et les investissements sont de plus en plus risqués dans ce domaine.
        Les constructeurs de matériel sont aussi les artisans de tous ces problèmes de part l’accroissement insensé, et dans un laps de temps trop court, des performances des machines.
        Le retour de bâton qu’a connu MAN-Roland, était inévitable.
        Il y en aura d’autres, d’autant plus que dans ces métiers, la croissance ne sera plus jamais au rendez-vous, c’est le moins qu’on puisse dire.

  10. Lire et relire Le dernier article de London
    Allez voire sur les-crises .fr , Le blog d’Oliver.
    Nous aussi nous avons une chance de dire un jour : plus jamais ça !! Comme nos Peres ont pu Le dire

  11. L’Allemagne est comme un chat .
    Elle a toujours su retomber sur ses pattes .
    Le miracle allemand qui redémarre après guerre est lié à un afflux de capitaux pour faire repartir sa production , tout en la débarrassant des contraintes militaires .
    Mais il faut reconnaître aussi , à un savoir faire , à une technique de pointe , à un sérieux commercial jamais démenti .
    Outillage , machines outils , imprimerie ,robotique , construction navale , mécanique, automobile et camions de qualité et achetés partout dans le monde , car particulièrement solides et fiables .
    Il y a aussi leur pragmatisme : jamais l’Allemagne n’investit dans des programmes hasardeux , de prestige alors que nous en France nous les avons accumulés enchaînant désastres industriels sur désastres commerciaux .
    Depuis la construction du France parfaitement anachronique , programme concorde , TGV , les gouffres de l’armement : chars, rafales , des choses invendables et enfin le nucléaire ruineux adossé sur le nucléaire militaire gaulliste .

    1. « Le miracle allemand qui redémarre après guerre est lié à un afflux de capitaux pour faire repartir sa production »

      Les plus gros bénéficiaires du Plan Marshall : l’Angleterre et la France, loin devant l’Allemagne. Or l’état de l’Allemagne à l’issue de la guerre était incomparablement plus grave que celui des 2 premiers pays cités.

      « tout en la débarrassant des contraintes militaires »

      Exactement. Au moment même où les Allemands reconstruisaient patiemment, la France s’embourbait dans des conflits très graves (Indochine, Algérie). Aujourd’hui encore la France géographique est différente de la France historique (limites naturelles indiquées par le Rhin, les Alpes et les Pyrénées), et bien qu’il n’y ait pas de conflits on peut s’interroger sur la légitimité ou la stratégie de long-terme quant à la possession de ces territoires.

    2. à meson,

      Pour employer une phraséologie contemporaine, et très représentée par la tendance, allemande, de la critique de la valeur, ne devrait-on pas dire que les industriels allemands ont voulu conserver plus de valeur d’usage que leurs concurrents des autres pays, à la fois comme réalité et comme image ?

  12. Un des gros problèmes de la France est de privilégier systématiquement le dirigeant (économique mais pas seulement) à l’entrepreneur. L’un peut ouvrir son parachute doré quand l’autre n’a pas de filet de secours.
    On est ainsi passé du CNPF au MEDEF, où le « P » de patronat a été remplacé par le « D » de dirigeant (salarié).
    Plus profond dans la mentalité nationale, l’élitisme républicain par la voie de la sélection des élites par concours les sacrant dans nos « Grandes Ecoles » donne des (passe)droits trop facilement et plus que des devoirs, des connaissances souvent superficielles et abstraites plus que de l’expérience concrète acquise, le sens de la caste plus que celui de l’intérêt général.
    Polytechnique, HEC, ENA, ENM:; privé ou public; économie, politique ou justice: même combat.

    1. + 1

      en tant qu’ingénieur, j’ai toujours été ulcéré par l’impossibilité de BAC +2 de passer cadre sous le prétexte qu’ils n’avaient pas le diplome d’ingénieur ( au moins dans de grandes groupes )

      et bien peu d’ingénieurs autour de moi trouvait ça anormal ………

      1. Je n’aime pas les hérésies.

        La majorité des cadres en France n’ont pas de bac+5. Cela permet d’éviter de payer les heures sup. Croyez-vous que les patrons soient tous idiots..??
        Je suis devenu ingénieur après avoir été longtemps cadre.

        Maintenant, dans les grands groupes, les conventions collectives OBLIGEAIENT à un niveau de diplôme. Croyez-vous que ce soit encore le cas..??

    2. Je plussois itou.

      L’incompétence de l’oligarchie patronale française et ses complicités politiques (issus des mêmes corps) qui privilégie « le Dirigeant » sur l’Entrepreneur une des raisons majeure du différentiel France/Germany…

    3. L’ENM ? Ah ouais j’en vois une qui y serait soi-disant passée et qu’avait déjà accumulé toutes sortes «d’expériences concrètes» (j’ai même un cousin qui l’a eue comme jeune stagiaire arriviste dans sa boite – un truc qui bossait pour «Matra-Jean Luc», voyez l’genre… – et en garde un souvenir… catastrophé). Ministre de la Justice qu’elle a fini « concrètement ». Il était vert le cousin. L’a plus jamais voté UMP après… Ça m’revient : Rachida qu’c’était son p’tit nom. Pas Eva Bidule, ni Renaud van Trucmuche, ni Eric de Mongazier… Non non : Rachida.

  13. Suite à l’effondrement du mur en 1989, près de 2 millions de jeunes qualifiés de l’ex RDA sont passé à l’Ouest, renforçant la concentration industrielle….

    Mon sentiment est que l’Allemagne n’avance qu’à coup de cataclysmes. Enfin, elle a beau être notre voisin, pour moi, la culture néo-libérale l’a totalement pervertie au profit d’un paternalisme bonapartiste écœurant. L’Allemagne est très différente de la France, et nous sommes beaucoup plus proches de la Pologne et de la Belgique mettons, de la Grèce aussi du point du point de vue de la façon de concevoir le vivre ensemble. Un pays qui laisse s’installer un système de santé à 2 vitesses, qui promeut les jobs à un euro etc est totalement désamarré de toute idée de responsabilité démocratique et d’égalité notamment. La folie libérale à remplacé la folie précédente. C’est toujours pareil, ils imitent toujours et le résultat est une catastrophe. Et ça commence avec Luther.

    Ils n’ont pas fait de révolution en 1789, et Weimar s’est terminé sur par a fuite du gouvernement, sans coup férir… c’est un pays pour le moment, sans aucun idéal révolutionnaire. L’Italie, la Grèce, la France, ont eu des partis communistes puissants, pas l’Allemagne…. La contestation en Allemagne reste toujours bien sage, « organisée ».

    Maintenant, les citoyens Allemands, ceux qui n’ont pas la parole, sont des gens extrêmement ouverts et intelligents. C’est cette classe politico-médiatique qui ne va pas.

    1. pas mal, pas mal, mais sur l’aspect révolutionnaire il faudrait voir plus large. Les pays voisins de la France ont pu constater ce qu’il s’est passé en 1789 avec le remplacement des élites françaises. Guère plus tard plusieurs coalitions seront menées contre la France et Bonaparte, ce qui a donc consolidé les politiques étrangères de nos voisins. Une nouvelle consolidation allemande a eu lieu avec 1870, puis encore une autre en 1918 où malgré la défaite les Allemands noteront la prise en étau organisée par la France et son allié russe. Peut-on donc leur en vouloir de penser différemment ?

      « Weimar s’est terminé sur par a fuite du gouvernement, sans coup férir »

      Doit-on vous rappeler l’épisode franco-français peu glorieux du paquebot Massilia ?

    2. Le cataclysme est à l’Allemagne ce que la révolution est à la France ! Pour le moment, l’Allemagne profite de la dernière crise et la France attend sa révolution salvatrice qui ne saurait tarder. Chacun son tour !

  14. Le Kanban ou la qualité et le sérieux au travail.

    J’ai eu récemment un questionnement de M. Jorion sur ma manière de l’appeler Monsieur, je réponds ici à deux interrogations, celui présent sur la réussite allemande et en meme temps à notre hote, la nature humaine est la cause de la crise actuelle et n’est pas financière.

    Je crois que la science économique pense se substituer aux comportements humains, chacun ici et ailleurs tente dans les chiffres de traduire les comportements humains, hors avant les chiffres il y a les humains.

    Le marché à raison, non les hommes finissent par eux-memes trouver un équilibre, après on pourra tjs tenter par des courbes d’expliquer le comportement du marché, non c’est le comportement des hommes qui est en cause.

    Le kanban et la réussite des japonais mais aussi des allemands et sans doute maintenant des coréens et des chinois, le principe du Kanban avant tout est le controle du travail du travailleur précédent par le suivant, en d’autres termes si une pièce à mal été usinée, au japon et sans doute en allemagne, on remet une autre pièce en fabrication, à la fin de la chaine il y a de la qualité pour ces pays, en france où il est hors de question de critiquer ou de juger son collègue de travail, on ne mettra pas la pièce au rebut car c’est un jugement négatif porté à son voisin et en france cela ne se fait pas entre travailleur, à l’arrivée un produit mal fait et un client mécontent.

    Notre pays est resté profondément agriculteur, le français n’aime pas son industrie, tout le monde voudrait travailler en blanc et ne pas se salir les mains, résultat travailler en usine ou de ses mains est péjoratif dans notre pays, l’apprentissage est donc une voie de garage alors qu’elle devrait juste etre une possibilité.

    Il y a 10 ans j’avais été surpris de voir que la france était le pays comptant le plus de machines outils par employé, sans doute en partie à cause des 2 éléments cités précédemment, le résultat, une production apparente par travailleur français supérieure à celle des allemands par exemple, on retrouve cela dans la dernière étude du prix du travail en europe où le français ferait mieux que l’allemand, il est précisé qu’il y a deux catégories de français pris en compte, les travailleurs et employés d’un coté où le résultat n’est pas mirobolant, et la catégorie des indépendants qui eux font bien mieux que tous les autres, en combinant les 2 on arrive au miracles français, nous sommes les plus productifs d’europe.

    J’ai été transporteur, suis allé en Allemagne, jamais pu travailler en direct pour les allemands, par contre pour une entreprise française pas de nationalité, elle travaille avec tous les transporteurs européens, résultat les allemands on des prix corrects au départ de chez eux et cassent les prix en france, nous français n’avons pas de chasse gardée, nous avons donc des prix bradés dans les 2 sens, qui plus est comme il y a une union par la nationalité, un transporteur allemand en attente en france, son donneur d’ordre va intervenir aussitot, bref en France c’est le chauffeur français qui attend et pas le chauffeur étranger.

    Nous sommes restés Colbertins, réussir en France c’est etre épaulé et accepté par l’administration, en 1968 à l’ouverture des frontières on a voulu des entreprises françaises fortes pour contrebalancer celles des allemands, on a donc fait des lois qui donnent des avantages exhorbitants aux grandes entreprises, qui plus est on a accepté que les grandes mettent les petites en coupe réglée pour leur permettre de lutter contre les autres, aujourd’hui nous n’avons plus de PME, juste voir le niveau de la fiscalité sur IS entre les grandes et les petites et encore merci Chirac qui avait fait un effort.

    Nous savons que nous avons des charges importantes en france, les entreprises se trouvent dont en situation de concurrence difficile, en particulier au niveau de la fabrication automobile, je pense que cela se retrouve partout en fait, les donneurs d’ordres comme Renault, chaque année demandait à ses sous traitants, leurs bilans et leur proposait avec son aide de réduire ses couts chaque année, le résultat a été que les sous traitants n’ont plus fait de la qualité mais des prix bas, l’automobile française déjà mal assemblée s’est trouvée avec des sous ensembles sans robustesse, pour tenir les prix, Renault et Peugeot ont tapé sur leurs fournisseurs, ils ont été incapables d’offrir des produits de qualité, s’ils vendent des petites voitures, c’est que sur ce créneau c’est le prix qui prime et pas trop la qualité car nous ne savons pas faire de la qualité.

    Pour terminer, on parle de la trappe à liquidité, c’est beau, on a une explication théorique et mathématique, ne pourrait on pas tout simplement dire qu’au Japon où la natalité est faible que tous les japonais ont leur maison, leur voiture, leur TV et donc plus de croissance à attendre, idem pour l’allemagne …

    Voilà je crois qu’il faut arreter de chercher dans les chiffres et les équations des explications aux comportements humains, la finance l’a bien compris qui s’arrange tous les jours pour fournir des news contradictoires pour faire évoluer les réactions euphorique ou non des investisseurs, rien de bien mathématique là dedans, juste la connaissance..

    J’ai été aussi DJ, j’ai pu voir comment en peu de temps, dès le moment où on vous passe un morceau 30 fois par jour, vous finissez par l’apprécier et l’accepter alors que c’est de la daube épouvantable, bref est ce le marché qui a raison et qui fait le succés ou est ce la technique de commercialisation qui fait le succés, est ce les formules mathématiques des TBTF qui fondent leur rentabilité ou l’exploitation qu’elles font de leurs relations et de la manipulation des marchés…

    Ce qui différencie le public du privé est la sanction, si on privatise tout c’est que dans le privé la sanction existe encore et pas dans le public, notre pays est curieux, il est assis avec intransigeance sur ces acquis et droits, par contre il n’aime pas, voire refuse ses devoirs. Hollande dit nous avons le droit à la croissance, les allemands répondent oui mais vous avez d’abord le devoir de réduire vos couts et déficits.

    Sans doute on pourra penser que je vais un peu loin, mais réfléchissez y un peu …

    Voilà pour le problème de la réussite allemande, c’est toute une culture protestante qui est en cause, c’est toute l’histoire d’un pays qui nous saute à la G…., on pourra parler de recherche, d’innovation, de formation, avant tout il faut réconcilier le français avec le travail et le plaisir du travail bien fait, cela passe par l’école et là je crois bien que d’une part ce n’est pas gagné, d’autre part je crains que nous n’ayons plus trop le temps.

    Bref nous ne jouons plus trop dans la meme cours que les allemands et en ce sens, etre adossés à eux à travers l’euro est une hérésie humaine.

    PS : aujourd’hui pas pu mettre de ^^

    1. « à la fin de la chaine il y a de la qualité pour ces pays, en France où il est hors de question de critiquer ou de juger son collègue de travail, on ne mettra pas la pièce au rebut car c’est un jugement négatif porté à son voisin et en France cela ne se fait pas entre travailleur, à l’arrivée un produit mal fait et un client mécontent »
      « Pour terminer, on parle de la trappe à liquidité, c’est beau, on a une explication théorique et mathématique, ne pourrait on pas tout simplement dire qu’au Japon où la natalité est faible que tous les japonais ont leur maison, leur voiture, leur TV et donc plus de croissance à attendre, idem pour l’Allemagne … »
      Tout sur l’industrie et la finance par un transporteur-DJ ! C’est rafraichissant ! Au moins autant que « la réussite allemande est une illusion » par un intellectuel-historien !

    2. @Bourdon
      Il est peut-être bon de noter que les fabricants japonais d’automobiles, lorssqu’ils ont décidé d’exporter vers l’Europe et les USA, ont décidé d’inclure dans leur fabrication la notion de non-défaut. Pourquoi? Pour 3 raisons essentielles: 1) en cas de réparation nécessaire, l’envoi de pièces de rechange coûterait trop cher par rapport à la concurrence 2) éviter de stocker ces pièces dans les pays d’importation 3) une image forte de qualité avec longue garantie.

      On peut constater encore aujourd’hui que les pièces neuves nécessaires aux réparations sont fort chères, en comparaison des marques européennes.

    3. Notre pays est resté profondément agriculteur, le français n’aime pas son industrie, tout le monde voudrait travailler en blanc et ne pas se salir les mains

      j’ai arrêté de vous lire là !

      trop bon cette psychologie à 2 balles surtout pour sortir une énormité pareille : ainsi , d’après vous, l’agriculteur travaille en blanc et ne veut pas se salir …………..

    4. Bourdon,

      …, avant tout il faut réconcilier le français avec le travail et le plaisir du travail bien fait,…

      Il me semble que vous omettez de qualifier correctement la sorte de travail que vous évoquez dans votre phrase. Permettez donc que je rectifie pour vous :

      …, avant tout il faut réconcilier le français avec le travail très mal payé et le plaisir du travail très mal payé bien fait,…

      Vous avez aussi oublié de citer la devise du travailleur français :

      Je ferai semblant de travailler beaucoup tant que mon patron fera semblant de me payer beaucoup.

      1. De qui qu’tu causes nulle part ? Idem pour Bourdon. Un ouvrier dans l’industrie, dans le bâtiment ou un smicard en général est nettement mieux payé, respectivement, qu’un OS, qu’un manoeuvre ou qu’un smigard ne l’était il y a 45 ans. Et il bosse moins mais nettement mieux et nettement plus vite que lorsque Jduc les menait à la schlague et faisait visiter fièrement sa boutique à de futures huiles vierges extras première pression à froid du Cac40.

      2. Qu’entends tu par « nettement mieux payé »? Avant 68, avant 81? L’est si vieux que ça notre brave apôtre jducac?

        Pour ma part j’évoque tous les travailleurs salariés en général qu’ils soient dans le privé ou dans le public. Sans même parler du salaire différé sous forme de retraite ou autres prestations sociales ou de santé préalablement côtisées, les salaires ont diminué, diminuent et diminueront encore grâce au futur pacte de croissance accompagné de sa contrepartie réputée inévitable de cortèges de contre réformes concernant le marché de l’emploi. Mais il est vrai que les pires cas se trouvent dans la restauration rapide, l’hôtellerie, la grande distribution et les services à la personne. Tous jobs sujets à la précarisation ultime et au temps partiel non choisi occupés majoritairement par des femmes.
        De toute façon le travail salarié est mal rémunéré au regard des dépenses contraintes qui croissent nettement plus vite que les salaires surtout si l’on considère l’énorme contingent d’heures supplémentaires non payées qui, soit dit au passage, améliore artificiellement la productivité des travailleurs français devant lesquels s’ébahissent pourtant régulièrement les économistes élevés en université qui n’ont jamais foutu les pieds dans une PME de leur vie et n’ont pas l’intention de les y mettre.

      3. Avant 68 bien sûr. Les sixties et les glorieuses quoi. Et le Jacques de Rouen (Jduc), l’est de 35 si je ne m’abuse, 33 hivers en 68, l’âge du Christ le vendredi saint quoi, sauf qu’y s’en est pas relevé lui, l’a pas eu son lundi l’Jduc. Psychologiquement évidemment pasque financièrement l’a rien à r’dire le vioque. L’en a ben profité du merdier, d’çui d’avant comme d’çui d’après.

    5. Bourdon : Sans doute on pourra penser que je vais un peu loin, mais réfléchissez y un peu …

      Pas du tout, vous pourriez même aller encore plus loin si votre analyse n’était pas entachée d’un état d’esprit négatif à l’égard des Français, qui se perçoit malheureusement que trop dans vos propos.

      L’avantage des analyses objectives est d’avoir une portée positive, contrairement aux états d’âmes qui n’apportent pas grand chose.

      Dommage.

    6. Sans doute on pourra penser que je vais un peu loin, mais réfléchissez y un peu

      C’est la phrase qui m’a le plus interpellé dans votre brillant exposé.

      1. Je n’ai rien à vous vendre et rien à prouver, je vous donne juste ma réflexion sans doute particulière sur le problème posé par l’Allemagne.

        Suis-je négatif sur le travail des français, j’ai juste dit qu’il n’acceptait pas de controler le travail de son voisin, dites moi où cela est négatif, sauf que dans la qualité finale, ce petit quelque chose à des effets inimaginables.

        Sur le post 7 de Zebu vous avez un article qui vous dit la meme chose que moi, à la différence près que ce que je vous dit est mon expérience et mes conclusions personnelles sur la difficulté que rencontre notre pays dans la compétition internationale.

        Quant à ce qui semble vous perturber, c’est justement ce que j’indique, le français n’aime pas, mais n’aime absolument pas les devoirs, il veut bien de tous les droits mais refuse totalement les devoirs.

        Dès que l’on parle de responsabilité aux français, c’est jamais de leur faute, toujours celles des autres, en l’espèce, notre déficit est le plus important de la zone européenne car nos dépenses sont exhorbitantes par rapport à notre PIB, je sais, à chaque fois on répète que nous incluons dedans l’éducation nationale ou la Sécu alors que d’autres imposent l’école privée ou les mutuelles, mais que fait-on réellement pour tenter de réduire, que je sache, ce sont encore des augmentations d’impots qui nous attendent et toujours pas d’économie à l’horizon…

        Ah oui le salaire des ministres a baissé, juste que bien plus de ministre que par le passé, le double si j’ai bien noté, je suppose que les secrétaires sont payés moins cher qu’un ministre, bref j’aurais bien aimé avoir le cout réel pour réellement constaté l’économie.

        Quant au voyage en train de Hollande, mine de rien l’avion a quand meme fait le voyage tout simplement car il en va de la sécurité de la France, là aussi de la poudre de perlimpinpin…

        Suis toujours aussi détérioré, avec une administration omniprésente dans notre pays, c’est elle qui est chargée de remettre de l’ordre dans celle de la Grèce, notre pays ne sait quasi rien sur rien, je n’en voudrais pour preuve la pitoyable histoire de la retraite à 60 ans, une fois de plus je ne prends pas plus partie que je ne l’ai fait précédemment, cela fait quand meme pas mal de temps que l’on en parle et on apprend brusquement que ce ne sont pas 150.000 qui seraient concernés mais quelques centaines… on critique l’Espagne actuellement mais sommes nous si loin d’eux.

        Curieusement on critique l’ancien gouvernement pour le non remplacement d’un départ en retraite sur 2, on apprend avec surprise que malgré ce non remplacement, la charge des salaires continue à augmenter dans le budget de l’état et notre nouveau président a annoncé de nouvelles créations.

        Je dis juste dans mon message qu’il est facile de mettre sur le dos de patrons trop payés, qui ne feraient pas assez de recherche, pas assez d’investissements la raison du miracle Allemand, trop facile de charger l’ancien président, est ce lui qui a initié les 35 heures, je sais c’est un acquis mais franchement ne me dites pas que 35 heures cela fait augmenter ce que l’on appelle la rentabilité et le cout du travail.

        Enfin pour terminer, nous vivons malheureusement avec la situation de concurrence actuelle, nous avons deux solutions, petit exemple du photovoltaique
        – la 1ère, l’allemagne vient d’abandonner la filière photovoltaique car la concurrence chinoise ne le leur permet plus.
        – total vient de mettre en service une unité de fabrication alimentée par l’indonésie, en meme temps le patron moustachu de notre monstre de rentabilité dit qu’il paye trop d’impots, mon avis qu’il va bientot demander de l’aide pour cette filière et cette usine toute neuve an Alsace

        Bref en Allemagne, ils ont géré comme des patrons, si un concurrent est trop fort, ou tu cherches à faire mieux ou tu lui laisses la place, ce faisant pas de perte d’énergie inutile, on met tout dans l’envie de vaincre, les salaires d’Air france et le temps de travail est trop faible par rapport à l’Allemagne en particulier, je ne parle pas du low cost, et bien pas de problème on va supprimer des avions mais on garde tout le personnel et malgré cette absurdité on va devoir baisser les couts, sans doute on va demander au gouvernement une aide pour résoudre cette équation impossible.

        Remarquez bien cela fait plus de 5 ans que le problème Air France est bien posé, juste que cette entreprise s’était bien protégé de la hausse du kérosène, elle a été protégée 2 ans gràce à cela, mais ce n’est maintenant que la situation est grave que l’on va enfin se mettre au travail…

        Suis surpris d’ailleurs de vos critiques qui reposent sur peu d’éléments bien étayés, suis surpris que Vigneron vienne à mon aide, c’est rare sur ce blog et je l’en remercie.

        Voilà derrière mon petit écran, coupé du monde, je cherche à communiquer et je cherche à mieux comprendre le monde actuel et tenter de découvrir vers où il peut aller, à voir vos réponses et cela ne me surprend absolument pas, mon avis que le français n’a pas encore pris pleinement conscience du monde dur dans lequel nous vivons aujourd’hui.

      2. Bourdon :

        Suis-je négatif sur le travail des français, j’ai juste dit qu’il n’acceptait pas de controler le travail de son voisin, dites moi où cela est négatif, sauf que dans la qualité finale, ce petit quelque chose à des effets inimaginables.

        -> Si ce qui suit n’est pas négatif, c’est qu’on ne regarde pas les mêmes photos 😉

        Notre pays est resté profondément agriculteur, le français n’aime pas son industrie, tout le monde voudrait travailler en blanc et ne pas se salir les mains, résultat travailler en usine ou de ses mains est péjoratif dans notre pays, l’apprentissage est donc une voie de garage alors qu’elle devrait juste etre une possibilité.

        Vous cherchez à communiquer dites vous ?
        bienvenue dans les commentaires, mais pour que la communication passe bien, n’hésitez pas à laisser tomber les jugements hâtifs sur notre pays qui n’en peut plus de ces Français qui ne l’aiment pas.
        Concernant la population allemande je me garderais bien de faire un pack l’assimilant à la politique menée par ses dirigeants depuis 20 ans, ils en bavent tout autant que nous, mais en effet, il n’est pas dans leur mentalité de se rebeller.
        Je les considère autant victimes que les autres européens. Comment ne pas compatir devant les restrictions qu’ils subissent depuis tant d’années ?

      3. Bourdon,
        Quel défoulement. J’espère que vous vous êtes senti mieux apres, d’avoir tant daubé sur nous autres « maudits » français… Derrière votre petit écran vous ne cherchez point à communiquer mais à épancher votre bile, frustré par je ne sais quelle histoire personnelle. Aurais je touché la ou ça fait mal: la faiblesse de votre argumentation?
        Que voulez vous balancer que « la critique du travailleur n-1 » du collègue est l’alpha et l’oméga des méthodes de production performantes c’est ne rien avoir compris à la méthode lean, au Toyota way, au 6-sigma, au mode Kaisen( amélioration continue), à la cogestion allemande, comme faire un Ishikawa à une branche. Bref Votre analyse des modes de defaillance ni faite ni à faire,
        Et Dieu merci si l’industrie ne fonctionnait qu’avec des gens comme vous, ma boite aurait mis la clé sous la porte depuis longtemps (mais jusqu’à présent ça va merci, en produisant sur le sol français on arrive même à mettre nos composants dans les tablettes à la pomme).

    7. @bourdon

      Félicitations pour cette avalanche de commentaires négatifs et quasi-unanimes, cela prouve que vous avez définitivement banni le politiquement correct de vos propos.

      Et pourtant il y a probablement « a réfléchir » comme vous dites ,moi je retiens chez vous les relations donneurs d’ordre sous-traitant qui sont effectivement épouvantables.
      Je retiens aussi, d’un autre commentaire, notre gout de « grandeur » qui ne serait pas trop pénalisant si il n’était souvent associé à un manque de pragmatisme et un complexe de supériorité (complexe, qu’entre parenthèse , je sens très fort chez Hollande)
      On peut aussi ajouter qu’à diplôme équivalent (nombre d’année post bac) un cadre supérieur dans la banque est payé 40 % de mieux que dans l’industrie en France, et il semblerait que ça soit l’inverse en Allemagne.

      Bref je vais pas faire de synthèse (on a élu quelqu’un pour ça) mais il n’est pas mauvais de mettre en regard de l’illusion Allemande quelques illusions Françaises.

  15. On est bien d’accord là-dessus, Pignouf 1er ! Le positionnement n’est qu’un état relatif. On est toujours positionné par rapport à d’autres. Et donc, ces autres-là cherchent également une position par rapport à tout le reste. N’empêche qu’une position dominante sur un marché offre pas mal d’avantages : choix des investissements, choix des clients les plus rentables, choix des modèles de produits futurs, j’en oublie.

    Quant à la tomate allemande, je ris. J’habite dans le sud et le spectacle hideux et polluant des « pétro-tomates » autour de l’étang de Berre et en Provence ou Languedoc ne montre qu’une seule chose : on peut être écolo chez soi et pas du tout ailleurs. C’est un colonialisme qui ne dit pas son nom.

  16. « Cette puissance ancienne conduit la Grande-Bretagne à imposer le label « Made in Germany » dès la fin du 19ème siècle pour inciter les Anglais à acheter aux producteurs britanniques. Mal leur en a pris, ce label va devenir un symbole de qualité et un puissant support à l’exportation pour l’industrie germanique. »

    L’essentiel est dans la qualité du produit. Sans cette qualité, les allemands n’auraient pas pû se positionner victorieusement dans le haut de gamme. Les autres aussi ont essayé et s’y sont cassés les dents. Fabriquer un produit de qualité haut de gamme, c’est plus facile à dire qu’à faire.

    1. à Moi,

      Vous voulez sans doute nous faire comprendre qu’il ne suffit pas de le dire, mais qu’il faut aussi le faire.
      Mais alors, pourquoi payer un publicitaire ?

      Remarquez, comme je l’ai écrit un peu plus haut (14), je pense que dans la Société du spectacle, il faut à la qualité à la fois la réalité et l’image pour qu’elle conserve sa valeur .

      1. @Marlowe: oui, sauf que c’est le produit et non la qualité qui a une valeur. Qualité est synonyme de valeur. J’acquiesce à cette phrase: « il faut au produit à la fois la réalité de la qualité et l’image de la qualité pour qu’il conserve sa valeur ». J’acquiesce aussi à votre phrase: « les industriels allemands ont voulu conserver plus de valeur d’usage que leurs concurrents des autres pays, à la fois comme réalité et comme image », sauf que tout le monde aimerait avoir la valeur d’usage et que c’est pas facile à faire. C’est pourquoi la solution de facilité, malheureusement éphémère, est de progresser dans l’art de faire des images. C’est l’américanisme, le financiarisme, le virtualisme, etc.

      2. à Moi,

        Le produit a une double valeur, d’échange et d’usage, mais la qualité qui est attachée au produit a aussi cette double valeur.
        Précision : quand je parle de la réalité et de l’image de la marchandise, c’est à dire du produit et de sa valeur, je parle de la vérité du produit quant à l’usage qu’on peut en faire et aussi du fait qu’il peut rapporter durablement de la valeur à celui qui le fabrique, à condition que le producteur garde la main sur la commercialisation.

  17. C’est un intéressant article qui mérite d’être lu et discuté.

    La base du succès allemand est de nature bicéphale:
    Le grand nombre de PME innovatrices et tournées vers l’extérieur, c’est-à-dire commercialement présentes et actives dans le monde entier. Certaines sociétés ont dans ce sens une longue tradition, parfois cent ans et plus. Elle s’adaptent sans cesse pour rester compétitives
    De ce fait, l’état joue un rôle moins important – contrairement à la France. Le gouvernement francais a tendance à soutenir des industries même moins compétitives rien que pour sauver des emplois. Pour rattraper son retard par rapport à l’Allemagne, la France aurait besoin de décennies et un changement de la politique industrielle. Cela ne va pas sans douleurs.

    Deuxièmement le force allemande cache un faiblesse: la forte dépendance de l’export. On l’a vu en 2008/2009: le marché de l’emploi s’est contracté, provoqué par une chute des commandes. Cela risque d’arriver à nouveau, malgré le dynamisme de l’Europe de l’est.

    On cause en ce moment de la « croissance » en faisant inconsciement une analogie nostalgique avec l’idéal des Trente Glorieuses. Ce raisonnement est faux. Il y a toujours de la croissance, la vie continue, mais elle n’est pas forcément là ou l’on croit qu’elle doit être.

  18. c’est durant la guerre que le ‘made in germany’ a gagné ses galons, en 1940 le matériel militaire français égalait et même surpassait probablement le matériel allemand. ensuite c’est une question de réputation qui se pérennise avec le temps sans cesse reconfirmée et entretenue par la qualité de la production. ça relève d’une volonté industrielle.

    témoignage d’un chef de char de la 2e DB US, en 1945, ne laisse pas de zone d’ombre sur la considération des alliés pour ce char :

    « Un jour un Tigre Royal me repéra à 150 mètres et mit mon char hors de combat. Cinq de nos tanks ont ouvert le feu sur lui, de 200 à 600 yards (180 à 540 mètres). Six obus touchèrent le Tigre de face et firent ricochet sur sa cuirasse. L’engin recula et disparut dans la forêt. Si nous avions des chars comme ceux-là, nous serions tous rentrés chez nous aujourd’hui. »

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Hannut

    1. d’un autre côté le KreuzerPanzer le plus gros char allemand construit en prototype à la fin de la guerre etait certes « the state of the art » mais beaucoup trop gourmand pour avancer ..

      j’appellerais ça la « phylogénétique capitaliste de kondratieff  » :

      chaque cycle part en vrille en multipliant les bestioles les plus exotiques – dinosaures , CDS ou automobiles , c’est pareil – on arrive toujours au tipping point quand les trucs censés etre les plus élaborés , les plus sophistiqués ne résistent pas à la réalité !

  19. On oublie toujours d’évoquer les importants aspects culturels de ces différences, très bien expliquées économiquement.
    Il serait intéressant d’étudier de près l’importance de facteurs comme le prix, bien plus important en Allemagne dans la décision d’achat qu’en France, la recherche permanente du consensus social, la vie au travail, l’approche du management, l’éducation, l’aversion au risque, la recherche maladive de la fiabilité, bref… Tout !!

    1. autrichon gris
      « l’approche du managment, la vie au travail » – non, l’évolution est plutôt négative en Allemagne.
      Le consensus social était plus fort durant les Trente Glorieuses où le patronat avait besoin de la paix sociale pour se développer. Et quant à la « recherche maladive de la fiablité », elle se vend, elle contribue à la prospérité de l’Allemagne.
      On peut mentionner le fait que les allemands, échaudés par l’éclatement des bulles aux USA et ailleurs, ont changé de politique en investissant davantage (dès 2005) dans leur industrie au lieu de privilégier la rentabilité par la spéculation ou des placements. Ce que d’autres pays n’ont pas fait.
      Votre commentaire démontre une fois de plus que les gens connaissent mal l’Allemagne. Il y a quelques années, le journal « Le Monde » a assimilé cette ignorance à la connaissance que les Francais ont de la Mongolie.

      1. Sauf vot’ respect, pour habiter depuis 47 ans dans une ville frontière avec l’Allemagne, y aller régulièrement, travailler avec des entreprises allemandes, et avoir des membres de ma famille qui y habitent, j’avais la vague impression de savoir vaguement de quoi je cause.
        D’ailleurs je ne vois pas dans vos commentaires ou je dis le contraire.
        Toutefois si vous ne constatez pas d’écart culturel dans l’approche du management ou la vie quotidienne au travail, c’est que vraiment on ne fréquente pas les même endroits/entreprises/milieux en Allemagne. Tant mieux pour tout le monde.

  20. Bonjour,
    Permettez-moi ici un petit commentaire strictement économique.
    Dans votre deuxième tableau, le point d’inflexion de la courbe de rentabilité économique se situe en 2003, ce qui correspond bien au début de la loi Hartz IV. (Un chef d’oeuvre de tartuferie et de malheur aux vaincus réunis, soit dit en passant, et qui vaut bien un petit détour !)
    La modération salariale, terme lui-même modéré, semble donc bien jouer son rôle dans notre affaire, en tout cas depuis cette année-là.

    Le modèle allemand est désormais celui d’un marché intérieur atone, la contrainte salariale étant à la fois une limitation de la consommation intérieure et une contribution au deuxième élément du régime allemand, le large excédent extérieur, ce dernier renforcé par le recours massif à la délocalisation en Europe centrale.

    Notons que dans ces conditions, l’économie allemande est plus fragile que la française, et d’autres, en cas de baisse des activités à l’international, comme on l’a vu en 2008-2009.

    S’agissant de la puissance exportatrice allemande, le positionnement en haut de gamme des biens de consommation, et le quasi oligopole des biens de production, auxquels vous vous attachez, ne peuvent en tant que tels rendre compte du succès des ventes allemandes sur les marchés extérieurs. Ils doivent eux-mêmes être expliqués. Ces positionnements ne tombent pas du ciel des essences. Il y a dans cette réussite un facteur proprement national (et donc lui aussi inexportable) qui fait que le Made in Germany n’est pas qu’un label promu par le lobby industriel britannique. Comme le savent tous ceux qui l’ont vérifié en-dehors des livres, les produits allemands sont réellement efficaces, solides, précis, et durables, ce qui explique que les particuliers, professionnels et industriels sont prêts à les payer même plus cher, la rentabilité restant in fine supérieure. Jean-Claude, le cordonnier de mon quartier, a utilisé en trente ans des machines originaires de cinq ou six pays d’Europe, il en a vu d’autres encore chez des confrères ou en formation. Il me dit en souriant, rêveur comme devant l’énigme de la Joconde : « Mais il n’y a rien à faire, les machines allemandes, elles sont plus costaudes, plus efficaces, plus précises, et elles durent beaucoup plus longtemps. Elles peuvent être plus chères à l’achat, mais on y revient toujours, au bout du compte on est gagnant. »
    De 1950 à 1980, pendant que la valeur du Deutsche Mark, exprimée en francs belges et en d’autres devises, quadruplait, le monde entier n’a pas cessé d’acheter allemand: la qualité y était. Pendant ce temps, la France inventait, ou pour le moins attachait à ses marques nationales, la notion de dévaluation compétitive. Il y a là comme une différence d’optique, ou de moyens.
    Le génie national, la culture, la structure familiale et aussi les aléas de l’histoire – abandon de la guerre par les armes à la guerre économique, y sont pour quelque chose, dans cette différence, et nous voyons ici à quel point la pertinence des raisonnements strictement économiques est petite, comme est petite la notion d’homo economicus. « Une science économique est-elle possible ? »…

    Cela dit, « modèle allemand » reste une baudruche idéologique agitée par des patrons et des politiciens de droite, parfois sociaux-démocrates.
    J’en donne ici une critique : Une Allemagne s’il-vous-plaît, sans modèle

    1. @Leboutte

      Complètement d’accord, je racontais plus haut l’expérience de mon paternel qui a aujourd’hui plus de 50 ans d’expérience dans son domaine (réparations de pièces métalliques ou mécaniques, interventions sur des moissonneuses-batteuses par exemple, systèmes d’arrosages d’assez grande envergure, etc). Si vous prenez une clé FACOM qui est réputée précise et indestructible, elle bénéficie en plus de la garantie à vie. Dans ces circonstances, il est évident que le client devient fidèle car au final son outil est un peu plus qu’un outil (revoir la fable de Couillatris citée ici sur ce blog, elle décrit assez bien la relation homme-outil).

      1. tout le monde peut se tromper disait le hérisson en descendant de la brosse à habit !
        Facom est une marque d’outils française, principalement présente en Europe, créée en 1918 par l’ingénieur Louis Mosés. Son nom est l’acronyme de « Franco-Américaine de Construction d’Outillage à Main ». . .
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Facom

      2. @Pignouf 1er
        Concernant la marque d’outillages FACOM, elle est de grande qualité et française…..
        Elle fut créée en 1918 par l’ingénieur Louis Mosés (Franco Américaine de Construction d’outillages à Main)
        Mais Facom est aujourd’hui filiale de l’entreprise américaine Black et Decker…., tout fout le camp !

      3. @tournebelles
        @nyssen

        OK merci pour l’info

        @leboutte
        je suis d’origine espagnole, non belge. Votre billet est intéressant, merci.

      4. Des clés Facom j’en ai pétées ou tordues autant qu’un jésuite peut en bénir. Et perdues alors là !… de quoi défroquer tous les légionnaires du Christ du monde chrétien ! Idem les sièges Strafor, je teste et direction ferraille. T’façons c’est mort Facom France, plus un ouvrier, plus qu’une marque.
        Prix prohibitifs et marque surcotée Facom. Achetez Sam. Moins sexy, plus costaud, garanti et moins cher.

      5. bonne came facom , parfois faudrait rétablir des barrières douanières.

        à moins qu’on risque le repli sur soi en matière de clef à molette ? 🙂

      6. D’après ce que j’ai pu lire sur SAM, c’est une entreprise familiale (avec un vrai contrôle familial au niveau de la direction) depuis presque 100 ans, c’est-à-dire sa fondation. C’est fréquent en Allemagne qu’une entreprise reste familiale (même les gros groupes industriels).
        Serait-ce là la cause de la qualité des produits?

      7. à moins qu’on risque le repli sur soi en matière de clef à molette ?

        Dite aussi « clé anglaise »…

      8. Familiale ? Rien à foutre qu’elle soit familiale, multinationale, française, allemande, bretonne, nigérienne ou alsacienne. Pour te marrer lis le rapport des « Daubasses », investisseurs action chez Sam en 2010… extrait introductif :

        Il s’agit du fabricant français d’outillage SAM. Le 11 janvier 2010, nous avions acquis des actions de cette société au prix de revient, frais de courtage inclus, de 21,99 euros. Aujourd’hui, après nous avoir payé 2,30 euros de dividende brut, l’action cote à 45 euros [avril 2012]. […]
        De plus, nous avons payé la société à un prix défiant toute concurrence… sauf que… sauf que la société n’a jamais coté à son juste prix depuis son introduction en bourse il y a 9 ans Au cours des 5 dernières années, la décote moyenne sur les fonds propres a été de 46 %.
        Pourtant la direction semble bien travailler : le rendement moyen des capitaux investis des 5 dernières années est de 19 %.
        Le problème viendrait-il de l’activité peu sexy et de la capitalisation boursière « rikiki » (à peine 8 millions d’euros) ? Nous devons vous l’avouer, cher lecteur, nous n’en savons rien. Mais il est possible que nous soyons obligés d’attendre assez longtemps qu’un « catalyseur » permette enfin au cours d’atteindre la juste valeur de SAM. Ce catalyseur pourrait constituer en un rachat d’actions propres de la société (au cours actuel, la trésorerie excédentaire pourrait permettre de racheter 30 % du capital) ou la distribution d’un « super dividende » (« à la Vet’Affaires ») voir l’intérêt marqué d’un concurrent qui lancerait une OPA.
        En attendant, nous patienterons avec le dividende actuel de la société : un bon 5 % brut …

        http://blog.daubasses.com/2012/04/08/bas-les-masques-sam-outillage/

      9. c vrai c vrai mais ils nous ont bien piqué le french kiss , ça vaut bien une clé, même anglaise.
        – qui dit barrière dit pas imperméabilité totale – (heureusement)
        ni qu’on ne puisse s’harmoniser ultérieurement avec d’autres.

      10. @vigneron: mais c’est du jducac ma parole.
        Faut vraiment interdire la bourse, ils n’en ont vraiment rien à foutre du futur de l’entreprise ces gamblers.

      11. Oui oui Moi, quoiqu’en l’occurrence j’ai la nette impression que c’est la direction et les propriétaires de Sam qui n’en ont, à très peu de choses près, rien à cirer de leurs 9% d’actionnaires « invités »…

      12. @vigneron: of course, c’est le gagne-pain de la famille depuis un siècle et ils ont sans doute envie que ça le reste. C’est pourquoi je dis que c’est peut-être une des causes. Quand c’est familial, les actionnaires passent après les intérêts de la pérennité de l’entreprise…

    2. Il est exact que les fameuses lois « Hartz » sont à l’origine de la montée de la paupérisation en Allemagne. L’un des buts de cet ensemble de lois consiste à fournir au patronat une maind’oeuvre à bas coûts et à faire baisser les dépenses de l’Agence pour l’Emploi en terme d’assurance chômage. J’ai moi-même entendu de la bouche de l’ancien chancelier Schröder (à Davos, en 2005 il me semble) des paroles tels que « nous avons maintenant une maind’oeuvre compétitive…. »
      Je doute que les Hartz contribuent à la baisse du chômage, ce n’était pas le cas pendant la crise 2008/2009.

      1. En tout cas, les travailleurs sociaux affirment sans hésitation que le dispositif Hartz est un échec complet du point de vue de son objectif officiel: remettre les chômeurs et ex-chômeurs (équivalents des fins de droit en France) au travail…

        La vérité des réformes Hartz n’est évidemment pas du tout de remettre les gens au travail!
        Elle est d’attiser les conflits entre ceux qui travaillent pour un petit salaire et ceux qui, ne trouvant pas de travail, doivent tout de même en démocratie recevoir quelques moyens de subsistance.
        Et d’entretenir la peur de ceux qui ont encore un emploi.

      2. Oui, vous avez vu le motif officiel de ces lois?
        « renforcer la lutte contre le chômage volontaire et améliorer le retour en activité des bénéficiaires d’allocations »…

        C’est un échec total de ce point de vue, et tout à fait normal, bien sûr. Cependant, pas de scandale dans la presse, nulle part… Il y a eu un reportage à Berlin sur Rtbf Première, je ne sais plus quand, samedi passé à midi, je crois, sur le sujet.

        Quelle hypocrisie et quel silence !!!!!

  21. Assez d’accord avec billet. Quelques remarques:

    1/ Le positionnement allemand à l’international: On peut en effet pour simplifier parler d’un positionnement « haut de gamme », je dirai plutôt « peu sensible à l’élasticité-prix » (exemple: les acheteurs de Mercedes). En creux, ça donne quand même la principale faiblesse de la France à l’export: sa sur-exposition sur un positionnement par le prix à l’international.

    2/ Sur l’euro fort: Aucun effet sur ses clients euro-zone; boom des exports sur l’euro-zone (lois Hartz) + effet bénéfique de l’euro fort sur les intrants: l’Allemagne importe des matières premières sensibles aux prix mais compensé par l’euro fort et exporte des produits finis moins sensibles aux prix que les autres. Il y a tout de même eu un effritement continu sur la balance commerciale hors zone euro.

    3/ Un contexte historique toujours prégnant: En Allemagne (comme aux Pays-Bas) c’est le commerce qui tire la croissance (sur les courbes l’augmentation du commerce précède toujours l’augmentation de la croissance et de la consommation).
    En France c’est le contraire: C’est la consommation qui tire la croissance (l’augmentation de la consommation précède toujours l’augmentation de la croissance et du commerce)…

  22. [Je suis critique. Il reste que je suis incapable d’apporter
    des réponses remontant aux causes premières.
    Mais je cherche…]

    Je suis déçu.
    Il y a un mystère allemand.
    Il est réel, il dure depuis au moins 150 ans.
    (au pif, à partir de zollverein, 1834.)
    La révolution industrielle sur le continent
    ( Belgique, allemagneS, France, Suède , Pays-Bas etc…)
    a permis aux Allemagnes d’exploser, de se mettre en évidence,
    de briller comme si elles avaient trouvé leur vocation nationale
    dans la production industrielle, sans abandonner le reste pour autant.

    Revenons au titre, “l’illusion allemande”.
    N’est-ce pas plutôt l’illusion française; notre grande illusion collective ?
    Depuis 30 ans, j’entends de beaux esprits français
    se lamenter sur notre infériorité relative mais se redresser
    en disant avec délectation: “cela ne durera pas.”
    Il y a une perversité française à prédire
    à l’Allemagne les pires difficultés dans le futur.
    30 ans, j’en témoigne, que l’horizon des désastres reculent
    au fur et à mesure des années.
    Si on enlève quelques incidents isolés dans le cours de
    son histoire (les 2 guerres mondiales…)
    l’histoire économique et industrielle allemande
    est une success story impressionnante, par sa durée
    et son ampleur.
    Le clearing France-Allemagne est d’environ 60
    milliards d’ Euros à notre détriment.
    Il est le plus souvent croissant et jamais longtemps en baisse.
    -60 milliards, une illusion ?
    Le flot allemand de matériels,de services,
    de nourritures(!) made in Germany se déversant dans ce pays-ci,
    année après année, une illusion ? Allons-donc !
    Il faut vivre dans un rêve bien franchouillard pour le croire.
    De fait, et c’est une réalité que nous français ne voulons
    voir: l’ Allemagne est l’ étalon de nos insuffisances.
    Plutôt que d’analyser, nous préférons débiter des prévisions
    hasardeusess ou jouer à l’autruche.

    L’ insensibilité allemande au taux de change est une anomalie
    dans la théorie économique
    ( “le taux monte, l’ Allemagne ne gagne pas moins,
    le taux baisse, l’Allemagne gagne plus”
    c’est une observation d’un livreur de charbon, préposé au
    chauffage central de la cité où nous vivions…)
    Il n’a jamais reçu d’explication satisfaisante.
    Sur bien des points, l’ Allemagne est dans un angle mort économique.
    Curieux, non?

    Terminons sur une note personnelle.

    J’ai vécu 3 ans en Allemagne avec 2 enfants en bas âge.
    ( le second est né en Allemagne.)
    Ils étaient blonds et très clairs de peau.
    Lorsque nous nous promenions tous les 4 au centre ville
    il n’était pas rare que ma femme et moi soyons félicités
    pour nos beaux enfants, vraiment allemands.
    Nous laissions lachement notre fille de 4 ans
    (Kindergarten…) remercier.
    Trop cruel de décevoir une si belle appartenance “ethnique”.

    Si j’étais chômeur ( éventualité non improbable et déja connue)
    j’aimerais l’être en Allemagne.
    Si j’étais de la classe moyenne inférieure, avec un travail à orientation
    manuelle, je préférerais l’être en Allemagne.
    Le salaire serait plus élevé, la défense syndicale assurée,avec voix à la
    gestion de l’entreprise( selon la taille), le C.E. et C.H.S. ne seraient de tristes plaisanteries, la formation n’aurait pas besoin d’ être arrachée ( y compris
    au moyen de chantage…), la promotion quasi sûre.

    J’aimerais bien que la France et l’ Allemagne
    permuttent leur avenir, et la France n’ait à résoudre que des problèmes
    allemands.
    Mais ça, c’est une vraie illusion.

    de Bourdon:
    « Notre pays est resté profondément agriculteur, le français n’aime pas son industrie, tout le monde voudrait travailler en blanc et ne pas se salir les mains, résultat travailler en usine ou de ses mains est péjoratif dans notre pays, l’apprentissage est donc une voie de garage alors qu’elle devrait juste etre une possibilité. »

    Je m’associe à cette constatation. Il me semble qu’avec cette remarque, on commence à remonter aux causes premières…

    1. « …..c’est une vraie illusion. »
      Mais l’axe franco-allemande survivra l’inévitable chute de l’euro, malgré les différences qui existent entre les deux pays. Ces deux pays sont économiquement intimement liés.

      J’ai été moi-même élvé dans un milieu pluriculturel – allemand, francais, anglais – et je n’éprouve aucune difficulté de voltiger entre les deux, trois cultures/ identités.
      La seule chose qui me frappe vraiment: les allemands sont très corrects, souvent un peu trop. on pourrait parler de « german correctness »; le francais l’est beaucoup moins, ce qui peut avoir, de temps en temps, des effets agacants ou reposants, selon le cas de figure.

      1. Donc vous admettez bien des différences culturelles sensibles (voir votre commentaire plus haut , suite à mon post sur lesdites différences culturelles).
        J’ai tendance à croire qu’il n’y a vraiment pas que la « correction » qui soit en décalage… Mais je vous renvoie à ce qu j’en dit plus haut, je vais me répéter sinon.

    2. Daniel, merci, je me demandais si Alzheimer ne m’avait pas attiré dans ses griffes, me demandait aussi si je n’étais pas devenu un philosophe de bas étage et si, in fine, je ne devais pas juste me contenter de rester simple lecteur sur ce blog parfois très déroutant.

      1. Accrochez-vous ferme.
        De la variété et de l’originalité en toutes choses.
        Ou la grand large, coté inexploré.
        Peut-être que le tour en sera vite fait, et que le grand
        se révèle pas si grand. On ne sait pas.
        En tout cas, la « manualité », l’anthropologie de la blouse bleue,
        quelque fois graisseuse est un continent gris et mal vu.
        Visiblement, ça ne se fait pas. Solécisme mondain.

        Accrochez-vous.

    3. Daniel,
      Allez, pourquoi profiter du modèle Français ? Si le paradis est ailleurs, ne vous retenez pas ! Vous sentez la classe sociale incomprise qui dans les propos reflètent une frustration profonde. Les comparaisons critiques France/Allemagne sont idiotes et vos analyses erronées. Stigmatisez, et cela vous empêche de prendre vos responsabilités…..Les deux guerres mondiales, des incidents isolés ? Vous parlez comme si vous les aviez vécues !
      Commencez plutôt à apprécier vos propres voisins de pallier et peut-être que vous ne perdrez pas votre temps à vociférer sur des comparaisons par un égo surdimensionné. Combien de temps avez-vous travaillé les mains sales (une expérience furtive sans doute? rien qu’à vos propos, vous transpirez)?
      Au fait, presque tout le monde (normalement travailleur salarié) a déjà connu au moins une fois le chômage, le saviez-vous?
      La cause première est notre responsabilité collective (mais ce n’est pas votre avis puisque votre objectivité est au dessus du phénomène, comme un juge d’application des peines). Vous avez un problème avec la performance.
      Et bien, je vous apprend que vous en avez également un avec la diversité…. Peut-être que votre véritable richesse est blonde…

    4. Allons, allons…
      « Si j’étais chômeur ( éventualité non improbable et déja connue)
      j’aimerais l’être en Allemagne.
       »
      Ah bon? 12 mois d’allocation pour les salariés virés qui n’ont commis aucune erreur (allez voir « Hartz » sur mon billet) pendant que les banquiers et financiers qui ont foiré, c’est le moins qu’on puisse dire, restent aux commandes.

      « Si j’étais de la classe moyenne inférieure, avec un travail à orientation manuelle, je préférerais l’être en Allemagne. »
      Re-ah bon? Et pourquoi donc, mon cher ?

      1. Esprit critique ou Esprit de la critique.

        D’un coté une recherche d’explication sur ce qui pourrait expliquer ce décalage fort important entre notre pays et l’Allemagne, certains, au travers de leur ‘esprit Critique tentent de comprendre et d’expliquer, d’autres n’ont à proposer que la critique, rien que la critique.

        Au delà de tout ce qui est dit ici, il faut reconnaitre qu’en Allemagne apparemment on se nourrit pour moins cher, apparemment on s’y loge pour moitié moins cher, apparemment trouve un emploi pour un jeune est toujours une réalité, apparemment un pays qui continue à s’enrichir …
        un pays qui tout au long de l’histoire à chercher à mettre sa main sur ses voisins.

        D’un autre coté un pays gaté par la nature, un pays qui pense avoir fait la révolution mais continue à vouloir un Président Roi, un pays créatif il est vrai mais bien mauvais fabricant, bref une France reine de la terre face à une Allemagne conquérante.

        Qui gagnera, pour moi l’histoire est jouée, mais pour nombre de mes concitoyens et en particulier sur ce blog, semble-t-il non, car cet éclat Allemand revèlerait à l’évidence une faiblesse …

        Comment cacher ses peurs et se voiler la face, esprit Critique ou Esprit de la critique !

      2. @Bourdon

        Il ne s’agit pas de dire que l’Allemagne n’a pas d’atouts et ne présente pas quelques réussites dont nous devrions nous inspirer. Mais globalement son modèle est défaillant, ne serait-ce que parce que, pas davantage que les autres, plutôt moins que le nôtre par atavisme, il n’a pris en compte l’impasse du capitalisme financiarisé et de la concurrence comme seul levier de la création de richesses. On ne peut tout de même pas passer sous silence la régression sociale en marche dans ce pays depuis l’ère Schroeder, pas plus d’ailleurs que la nocivité de l’axe qu’il avait constitué avec Blair et dont l’Union paye aujourd’hui les orientations.

        D’ailleurs dans le contexte que nous connaissons, pas un seul modèle social en Europe ne peut être mis en exergue, dans son état actuel. Le modèle rhénan a été battu en brèche, le nôtre a été ravagé, le système scandinave est mité par les attaques du néolibéralisme. Ce qu’il faut rejeter partout et avant tout, c’est l’idéologie néolibérale dans toutes ses variantes et notamment l’ordo-libéralisme allemand qui mène l’Union à sa perte. Même si Lordon personnalise trop à mon sens le combat à mener contre l’Allemagne même, alors qu’il ne s’agit que de dogmes à faire tomber, dogmes que le peuple allemand conteste lui aussi de plus en plus, son analyse globale de la situation est toujours aussi brillante :

        http://blog.mondediplo.net/2012-05-24-Euro-terminus

      3. @ Nicks:

        A un moment donné tout ramener à l’idéologie devient risible et à tout mélanger on devient inaudible. Qu’est est le rapport entre les « lois Hartz », « l’ordo-libéralisme allemand » et le « capitalisme financiarisé » ?
        Il faut sortir des œillères idéologiques: les lois Hartz n’ont rien à voir avec le « néolibéralisme », elles sont juste le fruit d’une réflexion visant à préserver les intérêts de l’Allemagne. Parfois au détriment de ses partenaires européens. Et son modèle a des points forts et des faiblesses. Il est parfois beaucoup moins défaillant que le nôtre: et la bombe (atomique) à retardement que constitue le financement de notre protection sociale.

      4. bourdon,
        vous avez raison, Vous ne m’enlèverez pas mon désarroi et mon dégoût lorsque l’on décrit les deux guerres mondiales comme des incidents isolés.
        Lisez entre les lignes et vous découvrirez peut-être un jour l’esprit critique..
        Quant à votre réponse, elle n’apporte rien de nouveau mais un parti pris.
        Elle est donc un esprit de la critique.
        Ou sont vos questions plutôt que de jouer également les juges de l’idéologie.
        L’Allemagne est une chose et la France, une autre…..
        Il n’y a pas à gagner l’histoire. Ensuite, qui a réellement peur ?
        Ce sont vos propos qui voudraient créer la peur mais il n’en est rien !
        Retournez à vos livre d’Histoire afin de gagner la partie imaginaire du futur…..

      5. @Bourbon!
        Ben ça!
        Heureusement qu’il nous reste les alsaciens, qui parlent comme vous sous administration française, et au contraire sous administration allemande.

        Arrh!
        Si tout le monde pensait comme moi, il contribuait alors aisément à contrôler l’autre, et y’aurai même plus besoin de se contrôler….
        Contrôlez-vous un peu vous-même, vous provoquerez la responsabilité, … oder?

      6. sylvain,
        La protection sociale n’est pas un mal sauf pour les représentants du modèle néo libérale. L’empathie ne tue pas !
        Vous revivrez l’histoire si vous ne vous occupez pas des exclus de la génétique financière.
        Lorsque l’esclave n’a plus que ses chaines…

      7. @Sylvain

        Ben tiens, et ce n’est pas un neolib qui me dit ça. Pas de chance, je me souviens toujours du positionnement de mes contradicteurs. La fin des idéologies, c’est pour les pigeons afin de leur en faire becqueter une et une seule.

        Les lois Hartz ont pour but d’améliorer le coût du travail en ne permettant pas aux salariés de trop chipoter sur leur rémunération et les conditions de travail quand ils veulent en retrouver un. Si ce n’est pas une mesure néolib, je ne sais pas ce que c’est.

      8. @ Nicks:

        Manifestement vos combats idéologiques de pacotille sont plus importants que la réalité.

        Vous n’avez aucune idée de ce que sont concrètement les lois Hartz.: la réalité c’est que le niveau des salaires en Allemagne est issu de la négociation Patronat-Syndicats (avec un salaire moyen supérieur à celui de la France et sans SMIC) et que les lois Hartz visaient à faire en sorte d’inciter les chômeurs à reprendre une activité en réduisant leur temps d’indemnisation chômage à taux plein. Rien à voir avec la modération salariale donc.

        La réalité c’est que la croissance allemande de ces 10 dernières années a surtout tenu à la croissance dans les pays vers lesquels l’Allemagne exportait et à une modération salariale qui s’est décidée à l’intérieur des entreprises exportatrices.

        Et la réalité c’est que les lois Hartz n’ont pas marché parce qu’il ne suffit pas d’inciter les chômeurs à reprendre une activité pour que tout à coup le chômage se réduise: c’est bien d’accroître la main d’oeuvre disponible pour les entreprises à condition d’avoir un système de formation efficace, sinon les entreprises ne seront pas interessées par la main d’œuvre en question. Et c’est exactement ce qui s’est passé pour les salariés allemands visés par les réformes en question.

      9. @olivier69:

        Votre empathie est une façon pratique de se donner bonne conscience à peu de frais. La solidarité elle, elle se finance. Votre réaction s’appelle un déni et c’est le meilleur moyen de tuer à moyen terme notre système de protection sociale.

      10. sylvain,
        l’empathie ne se choisit pas et ne peut pas non plus s’acheter. Et croyez moi, si c’est un sentiment faussement noble alors il y a son revers : celui du malaise face à son impuissance de changer les choses (l’incompréhension). Je peux même vous avouer que par moment, je préfèrerai ne pas être affecté. Pour autant, sachez que je ne suis pas riche au sens contemporain mais j’apprends à être au maximum autonome (le savoir faire et la polyvalence) afin de mieux pouvoir aider. Quant à la solidarité qui se paye, votre interprétation me dérange puisque vous laissez l’impression d’acheter un individu dans le besoin (sa situation). C’est pourquoi, je prône la satiété (donner n’est pas acheté). J’aime sa vertu par conviction. L’apprentissage est aussi un moyen d’être solidaire par exemple. Et l’étalage du pouvoir de la finance n’est pas dans ma culture. La remise en cause de la protection sociale n’est donc même pas envisagée, ni envisageable. D’ailleurs, la solidarité se cimente dans sa propre nature. Il y a l’homme civilisé (richesse humaine) et l’homme sauvage (richesse financière). Je vous laisse deviner quel est le prédateur et quelle est la proie.
        « Ne pas faire payer » (donner) serait déjà un bon début…Tout ne s’achète pas !
        Je refuserai votre crédit car vous n’êtes pas crédible…Je dois avoir un problème avec le collatéral.
        Enfin, la protection sociale : c’est une bombe à retardement pour ceux qui le veulent !
        A penser de la sorte, vous allez également finir vos jours dans un paradis fiscal…

    5. Daniel,

      Si on enlève quelques incidents isolés dans le cours de ,
      son histoire (les 2 guerres mondiales…) l’histoire économique et industrielle allemande
      est une success story impressionnante, par sa durée et son ampleur.

      Merci d’établir pour nous le « Top 50 des pays qui gagnent ». Mais ne vous arrêtez pas à la comparaison France-Allemagne donnez nous la liste que votre grande intelligence aura dressée pour nous (Jomon, Dynastie Han, Tolteques etc).

      Et si vous pouviez préciser les critères précis et mesurables à retenir pour juger des périodes à « enlever » dans l’histoire d’un pays ou d’un peuple pour juger de sa supériorité supposée. Le nombre de chiffres aprés la virgule pour la limite acceptable de millions de victimes de conflits, quels développements technologiques pertinents (développement d’infrastructures, industrie aéronautique, chimique)?. Qu’ avez vous intégré dans l’ algorithme: la durée des période de Paix ou de continuité politique, le nombre d’oeuvres artistiques passées à la postérité même si elles donnent envie d’envahir la Pologne. Doit on élever le tout à la quantité de bombes balancées ou doit on prendre en compte la puissance ou la masse? Et comment tenir compte de la fécondité ou de coutumes excentriques comme l’antropophagie ou bien les birkenstock chaussette blanches?

    6. @ olivier69 :
      Comme le dit si bien Leboutte : Allons, allons…

      des précisions:
      Je travaille dans la graisse, pas toujours mais néanmoins fréquent.
      La qualité varie de l’huile de coupe, hydrosoluble (dans l’eau
      elle devient laiteuse) à la graisse qualité alimentaire.
      J’ai même de la graisse “solide” en paillette, en passant
      par différentes qualité avec adjuvants, dont le lithium.( “savon de lithium”, accrocheur et haute pression) et l’oxyde de bérillium pour ses qualités thermiques.
      Evidamment, l’état varie lui-aussi fortement, avec l’âge et la propreté. Vos n’ignorez pas que de la vieille graisse chargé en impureté donne une sorte de cambouis, tout à fait repoussant , un fléau à tous points de vue.
      Je dirais: ‘la graisse, je cotoie, c’est ma copine’.
      Production ? A chaque étape son huile ou sa graisse;
      Entretien ? Graisses, encore et toujours.
      En fait, la fonction lubrification est universelle;
      Bref, je vous assure que je suis un manuel. Mon costume de travail
      est une blouse bleu, et elle n’est pas toujours sale.
      Pas plus que nécessaire.

      « Blonde »: mes 2 enfants avaient aussi les yeux bleu.
      La fille, d’un bleu pervenche hypnotique. Et elle savait en jouer en séductrice…
      Avec l’age ils sont devenus bleu avec des paillettes marrons…
      Le garçon a perdu ses yeux bleu vers 8-10 ans. Ils sont marrons clairs.

      “Deux incidents” ne méritent pas d’être relevés.
      Euphémisme, ça vous dit?
      On peut parler Histoire sans avoir y été, je pense.

      “Vous avez un problème avec la performance.
      [et] avec la diversité…”
      Il n’est pas certain que j’ai compris “ problème avec la performance.”
      Comment faut-il interpréter ?
      Ces 2 “problèmes” restent superficiels, vu les autres, si nombreux.

      J’espère que vous voilà rassuré. En particulier, « blonde » méritait ces précisions,
      si, si., ne dites pas non… Il y a tant et tant de causes d’incompréhension.

      @ bourdon
      31 mai 2012 à 09:37
      Je suis à nouveau de votre avis pour les 2 premiers paragraphes.
      La suite ne me semble pas vraiment pertinente, vu le sujet.
      Mais pas faux non plus.
      “Qui gagnera, pour moi l’histoire est jouée,”, je ne suis pas d’accord.
      Notre monde est d’une taille finie: gagner , forcément contre, n’est pas innocent.
      La coopération est préférable.
      L’histoire n’est pas jouée, une position de principe.

      @ Nicks
      Assez d’accord.
      J’ai assez dit que le libéralisme est l’ennemi.
      C’est un devoir de le combattre.
      Chaque fois que j’en ai l’occasion, je n’y manque pas.
      La financiarisation n’est pas spécifiquement un problème allemand.
      Que Hollande veuille mettre sur pieds une banque chargée de financer l’Industrie
      montre assez que les françaises ne le font pas.
      Et donc le règne des banques est de ce côté-ci du Rhin, aussi sinon plus.

      Pendant qu’on y est, je vous souffle une idée:
      le mal de l’industrie, ici, c’est la caporalisation des esprits.
      L’outil est le statut de cadre avec ses avantages exorbitants.
      Tant que cet état d’esprit perdurera, pas grand’chose ne sera possible.
      La créativité ne sera pas libérée, rien de moins.
      Sur le plan historique, l’idée vient de Pétain. Le CNR l’a incorporé
      sans problème, comme d’autres legs pétainistes.
      C’est maintenant un cadeau empoisonné, depuis longtemps en fait.
      Le salaire devrait être suffisant pour distinguer un type
      si vraiment c’est nécessaire (?).
      J’espère que vous êtes à mon côté pour ce petit changement
      social.

      Je suis surpris de certaines réactions qui n’hésitent pas à voir
      ce qui n’y était pas.
      L ‘Allemagne est notre poil à gratter et le miroir de nos
      insuffisances car nous sommes très proches.
      Disant cela, j’ai aussi en tête les aspects sociaux,
      des détails qui facilitent la vie des blouses bleu et apparentés.
      Il est important que les désavantages ne se cumulent pas.
      ( il s’agit d’une étude que j’avais faites sur les éboueurs dans les 2 pays.
      la France cumulaient les désavantages, l’ Allemagne les compensait.
      Rien de décoiffant, juste des détails. Et c’est vieux.)
      Les aspects sociaux sont certes en cours de démolition,
      mais les restes sont encore désirables.
      En imagination, on a bien le droit de faire son marché.

      1. Daniel,
        Les conceptions de la performance, de la diversité, et des guerres ne sont justement pas superficielles, ni innocentes. C’est pourquoi, il faut être prudent lorsque l’on tient un jugement. Votre intérêt doit être générationnel (blond, roux, brun,…) avant tout autre considération.
        Admettre nos faiblesses n’est déjà pas si mal et je ne crois pas au jeu historique.

      2. @ Daniel,

        Quand je dis que la France a été gatée par la nature, ce n’est pas une image toute simple, nous avions une façade sur deux mers, sommes devenus le maitre en Méditérranée, avons poussé les anglais vers le sud de l’Afrique mais n’avons pas eu assez faim pour les bouter hors des Amériques, nous avons depuis un domaine maritime extraordinaire.

        Pays riche par sa terre, son climat, aujourd’hui nous pouvons passer nos vacances sur place, cela a fait dans le passé de notre pays le plus riche de l’europe, aujourd’hui il amène une richesse supplémentaire, quoiqu’on puisse penser, lorsque l’on importe, on paye d’une certaine manière une dime au pays qui exporte, d’aucun appelle cela la balance commerciale.

        L’Allemagne n’avait pas ces protections naturelles que nous avons, ils ont du plus batailler plus que nous pour protéger leur pays, pas cette richesse que nous avons obtenu de nos colonies, bref faire avec leur moyen alors que pour nous c’était comme pour l’Angleterre Byzance.

        Est ce qu’à travers notre histoire, nous retrouvons ce pragmatisme, ce rigorisme qui est une des forces de l’Allemagne, est ce la froidure, mais disons le la France est le pays de l’Europe qui a été le plus gaté par la nature.

        Quant à notre révolution, il est vrai que nous avons été des précurseurs, je reconnais que nos ancetres ont décapité la royauté et la noblesse, Napoléon a remis la royauté au centre de notre histoire.

        Mitterand fut un roi, De Gaulle, Pompidou, Chirac d’une certaine manière, Sarko n’en fut pas un, pas de majesté, de prestance, de profondeur diront les journalistes.

        Lorsque nous avons vu Sarko et Hollande cote à cote, le roi était Hollande et il a gagné, quant à la noblesse, elle a changé de visage Raymond Barre il y a longtemps appelait cela le microcosme parisien, sans doute est ce une des raisons qui font que tout ce fait encore et toujours dans notre capitale.

        Je ne fais pas dans la critique, je regarde le monde en essayant de le comprendre par mon esprit critique, lorsque je ne suis pas d’accord avec une personne, je lui dis pourquoi et je donne mes arguments, c’est ce que j’appelle mon esprit critique qui est un esprit tourné vers la compréhension et la tentative d’explication, vous l’aurez compris je n’aime pas la critique gratuite qui ne fait pas avancer la compréhension du sujet traité.

        Quant à mon dernier paragraphe, nous sommes face à un gateau, la terre, que de plus en plus de personnes désirent, les états, brutalement le nombre des convives a triplé et le gateau ne s’est pas agrandi en conséquence.

        Certain ont décidé d’avoir une plus grande cuillère pour avoir un gros morceau, d’autres, peut-etre trop Gatés n’ont pas fait l’effort pour avoir une cuillère plus grande ….

  23. @ daniel

    la france a toujours eu un capitalisme de rentiers , -peut etre un résidu de la monarchie catholique ? – c’est à dire faire assez de pognon pour ne plus bosser pas comme les protestants chez qui l’accumulation d’argent rapproche de dieu -d’où le maintien des PME industrielles familiales en allemagne par exemple .

    ces deux atitudes sont assez incompatibles mais complémentaires .

    je trouve assez interessant les liens entre certains pays d’europe et leurs « equivalents » asiatiques :
    la belgique et sa comunauté coréenne -deux pays coupés en deux , Mao qui a vécu en France , les conglomérats allemands ABB , Mannesmann et leur doubles japonais Mitsubishi ou Matsushita …

    je sais que ces comparaisons ont leur limites mais ceci explique souvent cela !

  24. Süddeutsche Zeitung : Ackermann und das Atom
    Malgré Fukushima et la sortie du nucléaire en Allemagne, la Bundesbank continue à investir massivement dans le nucléaire : plus d’un milliard € en un an. Le chef de la Bundesbank avait pourtant déclaré il y a 12 mois  » qu’on analysera les circonstances de l’accident de Fukushima avant de se lancer dans d’autres projets de financement nucléaires ».
    L’ONG allemande « urgewald » a découvert que la Bundesbank supportait financièrement 30 des 46 firmes nucléaires « sous observation ».
    Les firmes ayant profité du soutient de la Bundesbank sont notamment Areva, Electricité de France, Korea Hydro & Nuclear Power, Rosatom, Southern Company, TVO, Urenco oder United States Enrichment Corporation.
    L’ONG « urgewald » a trouvé particulièrement grave le fait d’avoir soutenu la firme nucléaire italienne Enel, laquelle avait installé les 2 réacteurs de Mochovce 3 et 4 en Slovaquie, réacteurs ne répondant à peine aux standards de sécurité des années 70 , sans enceinte de confinement…
    L’ONG exige donc que la bundesbank prenne ses responsabiltés comme en 2008, où elle décida de ne plus financer les producteurs explicites de bombes à fragmentations et en 2011, où elle décida de ne plus financer aucune firme étant liée de près ou de loin à cette production d’armes.

    (NB: il y a d’autres banques qui font le même jeux irresponsable)

    1. Tant qu’ils ne sont pas soumis à une contrainte forte, les « investisseurs » financiers, même institutionnels, font de l’argent, point barre !
      L’auto-regulation, oubliez. La conscience, morale ou autre, oubliez.
      C’est même pire d’après le « cartoonist » Pat Bagley. Dans « Banking While Intoxicated », son dessin paru dans le Salt Lake City Tribune, lors des récents problèmes de J.P. Morgan Chase, il nous dit que ce sont les règles qui créent les délits… 🙂
      Ici sur le site de « syndication » Cagle Post, ou là (image seule).

  25. Bon ben, je peux en placer une. Je bosse en Allemagne, l’innovation. Mes revenus ont été doublés, mes idées par effet d’échelle rapportent, aussi aux clients. En France je me faisais marcher dessus, en Allemagne c’est tapis rouge. Ils importent du français créatif, warum nicht.

    La dernière boite française ou j’étais fourguait du matériel médical de merde, quand je leur disais ils s’en foutaient et me tapaient sur les doigts. Ici, dès le premier défaut, c’est arrêt des expéditions, quitte à perdre des millions d’euros. Ca fait une différence.

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