RITUELS D’AUTREFOIS

Les résultats du premier tour des législatives en France sont tombés et j’ai le sentiment en les examinant de me pencher sur l’issue de quelque rituel ancien périodique : comment s’est passée cette année la Feria del Toro de Pampelune ? Comment s’est déroulée la procession des pénitents de Tolède ? J’ai le sentiment d’être Wittgenstein s’interrogeant sur l’interprétation par Frazer, dans son Rameau d’Or, de l’ancien rituel de Beltane, sur la signification profonde duquel chacun continue, encore aujourd’hui, de s’interroger.

J’ai le sentiment que tout cela appartient à une autre époque : j’ai le sentiment, pour tout dire, que les temps ont changé.

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232 réflexions sur « RITUELS D’AUTREFOIS »

    1. chaque soir une soupe infâme absorbée par les millions de « citoyens » transformé en « consommateur » le « danger » de « l’ immigré » plutôt que le « banquier » s’ invite au souper dans les foyers pour le plus grand bien du MEDEF
      Comment s’étonner du désintérêt ?

      1. Si je comprends bien vous voudriez remplacer l’immigré par le banquier en tant que bouc émissaire.
        Faites un pas de plus et vous aurez franchi une autre limite.

      2. Ah non c’est vrai, ce n’est qu’une émanation. Il n’y a donc rien à faire que d’attendre et de voir que ce sont les libertariens qui remportent le morceau. Les plus lucides des deux en quelque sorte, ceux qui savent que l’équilibre liberté-égalité qu’eux ne veulent surtout pas, seul l’Etat peut le garantir, parfois, quand on sait l’utiliser. Mais curieusement autant les uns que les autres le détestent et veulent le voir périr. Je reviens donc à ceux qui gagneront, si vous les laissez faire naturellement, ce que vous faites à merveille pour le moment.

      3. à Nicks,

        Au lieu de vous distraire en ces lieux ne devriez vous pas aller, dare-dare, reconstruire votre parti, en déliquescence permanente depuis que l’URSS a sombré ?

      4. @schizosophie 12 juin 2012 à 12:38
        Je reviens entre autre de où à l’intérieur de l’énorme bâtiment minier, dans un gigantesque salle, il y avait cette …petite chose, qui quand on la faisait tourner jouait la mélodie, qui, par un système de microphones et d’enceintes, se retrouvait audible à l’extérieur du bâtiment par centaines de décibels au travers une batterie d’enceintes. L’effet boule de neige…comme dans ces vidéos visibles dans l’expo sur les mineurs belges solidaires pendant la grande crise.
        Et j’ai découvert le système monétaire de l’asile de Gent. Sont mêmes exposés de vrais billets papier, de vraies pièces en aluminium et en alliage de cuivre qui ont circulé longtemps à l’intérieur de l’asile. D’après la guide d’autres asiles belges possédaient leur propre système monétaire inconvertibles entre eux. La guide n’a pas su me répondre quand j’ai demandé comment ils avaient estimé la quantité d’émission de monnaie mise en circulation, si l’inflation existait, et pourquoi après des décennies de fonctionnement ça s’était arrêté. Dommage…mais il y a plein de belges sur ce blog, je ne désespère pas.

      5. @Nicks 12 juin 2012 à 11:42

        Je ne suis pas communiste

        Je ne peux plus compter les fois où vous avez écrit ça !
        Et pour le jacobin de gauche, bon y zont fait leur boulot en leur temps, modélisation d’un parti politique, fédérer les provinces au Champ de Mars mais c’est installé durablement et pas saillant vis-à-vis de nos affaires contemporaines.

      6. @Rosebud1871, le 15 juin 2012, à 0 h 35
        Avis aux Belges… l’expérience de la monnaie à l’asile des gens, mais déjà que les russophones n’avaient pas fait écho une autre fois. Il doit bien rester des écrits de patients et d’aliénistes, voire des rapports, d’où l’expérience monétaire pourrait être lus en chorale ou en polyphonie. Mais il faudrait peut-être quelques historiens thésards pour que l’autorisation de les recenser, les consulter, les exploiter etc. se fasse jour ou un Johannès Finck. L’équivalent avait-il existé en Urssie ?

        Au musée Guislain, on est adulte à partir de 27 ans :
        « Prix d’entrée
        Adultes: € 6,00
        Billets à tarif réduit: € 4,00
        12-26 ans: € 1,00 »

        J’ai une de ces petites choses, au logis. Il m’arrive de la faire tourner, souvent en parlant. Je ne sais plus qu’elle est sa mélodie dans l’étroite gamme de son engeance accessible dans de rares rayons. Il m’est arrivé d’en user rien que pour lever étrange familiarité et me rappeler son air, puis j’oublie.

      7. @schizosophie 15 juin 2012 à 08:08
        Une monnaie spécifique dans les asiles, c’est la première fois où j’entends parler de ça. Sûr que c’est dans un contexte où l’autonomie économique était de « rigueur » ; quand à la masse monétaire mise en circulation, je ne vois pas de raison que sa technique soit différente du « vrai monde » soit l’à-peu-près nécessaire à l’usage. La notion de valeur n’est coté objet que le répondant de l’être coté sujet, ils font la paire et je ne vois pas très bien comment titiller l’un sans que l’autre en soit bousculé. Pour ce qui est des « restes » coté organisateurs et organisés, les historiens thésards ne trouveront que les lambeaux des représentations communes en cours au moment de leur actes avec qui sait dans un détail une curiosité étonnante. Autre reste on voit à Guislain les fers des aliénés, particulièrement celui où était attaché une casserole en cuivre à l’époque. Ça permettait de localiser au bruit les déplacements des aliénés parfois dangereux, et c’est sans doute l’origine de l’expression « se trainer une casserole ». À Genk on entend dire un texte intitulé « the décapitation of money » la monnaie est une chose trop sérieuse pour qu’elle n’interroge pas les fous et les artistes. à y perdre la tête aussi. Moi aussi j’ai la petite boîte à musique at home !

    2. Les toros pénitents me font penser plutôt aux partis fascistes. Le rituel démocratique électoral permet notamment de s’y opposer et de maintenir la liberté d’expression biaisée par la Haute Finance qui contrôle l’essentiel des media, les choix certes biaisés pour plus de social (Gauche) ou plus de profitariat (Droite). Attention à ne pas se tromper d’adversaire.

    3. Et comme les lois électorales scélérates interdisent le second tour à ceux qui ont moins de 12,5% DES INSCRITS, un de ces jours cette loi démocraticide concoctée par les partis genre US des l’Establishment bonnet-blanc/blanc-bonnet du parti unique bicéphale finira par se retourner contre ses pères : quand le taux de participation sera tombé à moins de 25% même ces partis « institutionnels » (révélateur ce terme vous trouvez pas ?) n’atteindront pas ces 12,5% des inscrits. à la porte !

  1. Oui, c’est une élection totalement ridicule qui illustre la régression démocratique en France.

    La cinquième république donne un poids tellement grand à l’exécutif que le législatif est éclipsé. En fait, dans l’esprit de nombreuses personnes, ces deux pouvoirs se confondent. Pire, certains ne voient aucun mal à l’influence que peut exercer l’exécutif sur le pouvoir judiciaire.

    La France ignore que d’autres pouvoirs sont apparus entre-temps, notamment celui des médias et qu’une démocratie moderne doit prendre en compte les influences que chaque pouvoir peut exercer sur l’autre.

    Les Français ont trop de patrimoine, voilà un autre problème qui empêche les Français d’opter pour un vrai changement. La crise que l’on vit pourrait aboutir à une forte contraction de ce patrimoine. C’est une chance qui se présentera alors à la France pour réformer sa démocratie…

    1. En ce qui concerne le patrimoine, il y aura peut-être un incident, l’éclatement d’une petite bulle:
      si l’on croit Moody’s, la CIF ne pourra plus refinancer ses crédits de 33 milliards sans aide externe. Cela ne serait pas un rituel.

    2. Je lisais dans un instantané de campagne, je ne sais plus dans quelle banlieue un assesseur je crois dire que les gens venaient voter pour le président et pour le maire. Sais pas trop ce que veulent les français. Mon pessimisme naturel me ferait des choses qu’il serait inintéressant que j’expose ici. Mais le fonctionnement du parlement n’est pas forcément limpide pour tous, à juste titre: les gens votent sur une circonscription, mais le député élu n’est pas censé la défendre au parlement.

      1. @lou

        Une certaine France se méfie des parlements (surtout quand il n’y en a qu’un…) depuis 1793…

        Donc des élections qui mettent en avant des personnalités, ça leur paraît moins louche…ça explique la réticence de la droite à la proportionnelle,elle, qui promeut l’idée de l’homme fort…

        En 40 ans de front national, personne n’a fait remarquer que ce parti n’a jamais remis en cause les institutions de la cinquième république…ça laisse deux possibilités :

        1/soit le FN est un parti pleinement démocrate

        2/soit la cinquième république n’est pas pleinement démocratique

        @Germanicus

        33 milliards ça ne représente pas beaucoup dans l’encours de crédits des ménages (je crois 3%). C’est encore difficile à évaluer cette affaire. C’est peut-être le début d’un effet domino sur le secteur bancaire français mais il ne faut pas s’attendre à ce que la France demande début juillet une aide pour ses banques (quoique…)

  2. sentiment partagé.
    Toujours les mêmes bla-blas, les paroles et paroles, les mots les mêmes mots….
    Sont-ils vraiment ausi élogner des réalités?
    Nos chers concitoyens ne sont-ils que des voeux comme le disait le général?
    J’en ai vraiment l’impression ce soir!
    A moins que l’abstention nous dise le contraire. Il ferait bien ces têtes pensantes de s’interroger sur ce constat car rien de plus terrible que de ne pas savoir ce que pensent plus de 40% des électeurs.

    1. La cinquième république a été pensée non dans le but d’avoir toutes les sensibilités politiques représentées à l’assemblée nationale, mais dans le but de donner des majorités pour gouverner au pouvoir. On peut dire que ça marche plutôt bien.
      Par contre cela favorise le bipartisme: deux gros partis, qui dans l’idéal alternent, mais qui ne sont surtout pas là pour remettre en cause le système économique néo-libéral voulu par la technocratie européenne, qui elle même n’est que la courroie de transmission des marchés internationaux et de la finance mondiale.
      En général le parti dominant obtient une majorité absolue d’élus avec un faible pourcentage de voix. Aujourd’hui le PS avec 35%, et 60% de participation représente 21% du corps électoral, mais il est en passe d’obtenir une majorité absolue à l’assemblée.
      Ce système faussement démocratique a été pensé pour qu’une minorité, transformée par la magie du mode de scrutin en majorité impose sa loi à tout le peuple.
      Mais tout comme les allemands refusent de faire marcher la planche à billet au motif qu’ils ont connu l’hyper-inflation dans les années 20-30, nous, nous refusons de changer de république au motif que la quatrième république était dominée par l’instabilité gouvernementale.
      Donc effectivement partout, les comportements, les rituels restent figés à cause d’un passé qui est de plus en plus lointain et que l’on aimerait croire révolu.
      Enfin pas grand chose ne va changer, et la Grande Perdition va suivre imperturbablement son cours…

    2. « Nos chers concitoyens ne sont-ils que des VŒUX comme le disait le général? »

      Elle est très jolie,celle-là….Et d’une profondeur sans pareil…

      😀

      Voilà un jeu de MEUH eeeeuuuuuh mot fort bien (involontairement? Ce sont les meilleurs !) troussé…

    1. Qu’est-ce qu’il peut faire d’autre ?

      Il n’a aucune chance de remporter le second tour, étant donné que Marine Le Pen est loin devant et que le candidat PS est deuxième. Sauf s’il veut faire gagner la fille Le Pen.

      En y pensant, la petite-fille Le Pen a fait un score très élevé à Carpentras : je me rappelle qu’en 2010, candidate aux régionales en IDF, elle était incapable de dire une seule des prérogatives du conseil régional.

      Belle récompense pour le népotisme…

      1. Par contre j’aimerais maintenant savoir ce que compte faire le PS dans la 13eme des Bouches-du-Rhône…

      2. @ l’albatros :
        Belle récompense pour Marine Le Pen : non comptant de bientôt être élue, elle accroche à son tableau de chasse un ancien candidat à la présidentielle et le seul adversaire résolument opposé …
        C’est les communistes qui doivent se frotter les mains, ce soir.

        @ Nicks :
        Je t’avais pourtant averti. Mélenchon était trop dangereux pour le PC, pas pour le FN, encore moins pour le PS : faut pas toucher au grisbi.
        Erreur stratégique et politique monumentale. Je ne crois pas que Mélenchon ait été aussi bête pour cela. Je penche plutôt qu’il s’est fait bien manipulé. Va falloir que le PG en tire les conséquences. Mais trop tard, de toutes façons.

      3. Mais quand même, devoir appeler a voter pour un magouilleur patenté comme Ph. Kemel, quelle perspective déplaisante.

        Les électeurs n’auront que ce qu’ils méritent, après tout.

      4. @Zebu

        Il n’avait pas le choix. N’importe où ailleurs, il n’aurait pas fait la moitié de ce score. Il nous reste à résoudre l’équation médiatique. Le problème n’est pas le Pc mais bien le Ps, qui ne voulait en aucun cas d’un adversaire gênant à l’assemblée. Tous les moyens ont été bons comme pour la présidentielle. Je m’en doutais mais encore une fois, il n’avait pas le choix, il fallait tenter le coup.

      5. Non, Nicks, tu te trompes encore. N’importe où ailleurs, il aurait fait mieux. Surtout à Marseille.
        A Hénin-Beaumont, c’était mort avant même de mettre le pied.
        Qui a intérêt que Mélenchon s’efface ? Le PS ? La belle affaire ! Depuis le début et l’OPA lancé par le PG sur le PC, c’est bien le PC qui a flairé la bonne affaire avec Hénin-Beaumont : les apparatchiks, qui vivotent de leurs mandats, avaient tout à craindre de son émergence et surtout de sa perpétuation.
        Ils ont gagné. Et je le regrette. C’était à prévoir.
        La prochaine étape sera l’éclatement du FDG. Le PG va avoir des choix difficiles à faire.
        Faudra espérer que Mélenchon sera plus lucide qu’il ne l’a été jusqu’à maintenant.
        Bon courage.

      6. @Zebu

        Je ne vois pas trop l’intérêt du Pc de se suicider politiquement car c’est bien ce qui se passera s’ils vont à la soupe. Mélenchon échoue de peu derrière le candidat Ps après une nouvelle fois un traitement mediatique hautement hostile. Nous le savions. C’est la problématique principale : comment diffuser nos idées sans les media et comment les diffuser avec. Ailleurs le Ps était trop fort, même à Marseille alors qu’à Hénin-Beaumont, la corruption l’avait fragilisé et c’était là que nous pouvions lui passer devant. Il s’en est fallu de peu. Encore une fois on observe que les intentions de votes plongent avec la curée des bien pensants qui stigmatisent le cirque politico-mediatique en se gardant bien de parler du programme et des idées. Je ne les ai pas entendu beaucoup dénoncer les méthodes pétainistes du Fn…Vous sous-estimez grandement la haine des anciens tenants du oui pour le Front de gauche. Elle serait excusable si elle ne favorisait pas indirectement l’extrême-droite…

        Je ne reviens pas sur la dynamique stoppée au premier tour des présidentielles par la bonne grâce du vote utile. J’avais pourtant prévenu tout ceux qui me disait qu’ils voteraient aux législatives FDG mais Ps à la présidentielle qu’il y avait toujours une prime au sortant, qui plus est dans la configuration actuelle et que ça c’était une faute stratégique. Le résultat c’est que si les temps changent, c’est bien un ciel noir qui s’annonce, au couleur de l’extrême-droite (parce que la législature Ps va bien préparer le terrain). Voilà où mène l’attente et les hésitations pudibondes…

      1. « Non, Nicks, tu te trompes encore. N’importe où ailleurs, il aurait fait mieux. Surtout à Marseille. »
        Pour ce qui concerne le PC, je ne sais pas.
        Mais oui, il aurait fait mieux ailleurs, c’est évident.

      2. C’est une déculottée magistrale, tout de même. Quelle idée…

        De plus, et surtout, les socialistes ne sont pas en odeur de sainteté à Hénin-Beaumont, vu dans quel état ils ont laissé les comptes de la ville (importantes malversations)!

        Il y a quelques années, peu après la découverte du pot… « aux roses », j’y ai travaillé une semaine: il fallait voir l’ambiance, une vraie ville sinistrée.

      3. @Garorock

        Evident ? Arguments ? Où avait il une meilleure chance d’être élu, c’est à dire de passer devant le Ps sans affronter un candidat Ump au deuxième tour ? Mélenchon a fait 11% à la présidentielle, il en fait 21% aux législatives. Ce n’est pas assez, mais je ne vois pas où il aurait pu faire mieux.

      4. Comme annoncé, Mélenchon s’est prit une déculottée par Marine Le Pen, ce qui devrait prouver dans les faits aux derniers sceptiques l’inanité de sa pseudo stratégie anti-FN. Mais comment voulez-vous vous poser en candidat de « l’anti-système » face à Marine après avoir appelé à voter Hollande !? Arriver à perdre la moitié de ses électeurs en un mois, c’est je crois, assez parlant…

      5. Comme il y a ceux qui ne veulent pas admettre que capitalisme et industrie sont un couple, il y a ceux qui ne comprennent pas, ou qui sont payés pour le dissimuler, que l’antifascisme et le fascisme forment un couple.
        Pour parler la langue de notre époque, il est improductif de s’attaquer aux conséquences d’une catastrophe plutôt que de s’attaquer aux causes.
        La catastrophe du nationalisme raciste aux allures anti-libérales, quoique très attaché à la propriété privée, fondement du capitalisme, et son développement prévisible en Europe sont le produit du manque de critique pratique de ce qui le fonde.
        Comme le disait Orwell, et comme l’a rappelé un commentateur qui semble en vacances, ceux qui, depuis 1920, aimaient la liberté* devaient être à la fois antifascistes et antistaliniens.
        De ce point de vue, je pense que rien n’a changé.

        * Je rappelle que la liberté, pour le courant libertaire, doit être accompagnée de l’égalité telle que définie par les révolutionnaires français il y a plus de 200 ans.
        Ceux qui confondent libertaires et libertariens ne sont rien d’autre que des désinformateurs.

      6. …l’égalité telle que définie par les révolutionnaires français il y a plus de 200 ans.

        Il s’agit de l’égalité en droit (= contre noblesse-clergé-tiers état).

        A mon avis: purement théorique, les gens n’ayant pas les mêmes moyens matériels pour se défendre (exemple: entre une PME, et une multinationale, qui a les moyens pour se financer les meilleurs avocats?…).

      7. Marlowe, La liberté et l’égalité ne doivent plus être mentionées sans faire référence à la fraternité. Encore une fois et au risque de me répéter, comprenez que la devise de la république francaise a été mal formulée.

        A Liberté-égalité-Fraternité, il faut substituer Liberté-Fraternité-Egalité.
        Seul, la fraternité est à-même de rendre cette devise un temps soi peu réaliste et donc peut-être un jour applicable.

      8. @Circé

        La Fraternité fait référence à la maçonnerie. C’est en tout cas ainsi que je comprends ce terme.

    1. @Nicks
       » Quatre options au moins ont été sur la table : deux dans les Bouches-du-Rhône, une dans l’Hérault, trois dans la région parisienne, une dans le Pas-de-Calais. Quand tout cela sera décanté je dirai mon avis personnel aux dirigeants du Front de Gauche. Et nous prendrons la décision. »
      Je cite ce qu’il a écrit sur son blog.
      Pensez-vous que dans chacune de ces circonscriptions, il aurait fait moins bien que Le Pen?
      Etant entendu, si j’ai bien compris, que le but de la manoeuvre était, à minima, d’être devant elle.
      Enfin, on ne va pas refaire l’histoire. L’échec de Mélenchon est une chose, le fait qu’il n’y ait pas à l’assemblée une force suffisante à la gauche du PS en est une autre et c’est celle là qui à mes yeux est la plus regrettable.

      1. @Garorock

        Le but était d’être élu surtout, l’aspect symbolique d’une victoire contre le Fn étant un plus. Or je ne vois pas où il aurait pu être élu, c’est à dire passer devant le Ps ailleurs réellement qu’à Hénin-Beaumont. Mais je suis bien conscient qu’il recherchait autre chose en y allant, à savoir essayer de transformer les législatives en élections nationales, ce qu’elles sont d’ailleurs, pour que les thématiques de la crise puissent être à nouveau débattues en espérant que la couverture mediatique y pousserait. Mais le verrouillage a été complet, la bête mediatique est beaucoup trop forte pour le moment pour être contrariée dans son habitus. S’il avait été candidat ailleurs, il n’y avait pas la moindre chance qu’on parle de nos idées non plus et je ne vois pas vraiment de circonscriptions gagnables contre le Ps, la bataille éventuelle contre le Fn se jouant ensuite, au deuxième tour.

  3. Je me disais la même chose.

    Il était l’heure de choisir ses maitres, ses dominants, son chef de file.

    Et si nous n’avions plus besoins de chef ?

    Tant que l’humanité était dans l’enfance, il lui fallait un père, une mère pour l’éduquer.

    Maintenant, tout le monde sait lire, écrire et penser.
    L’école nous à formé à obéir mais pas à exercer notre pouvoir et notre responsabilité qui n’attend qu’un déclic pour exister.

    Et si ce déclic était cette fameuse crise ?

    1. « Et si nous n’avions plus besoins de chef ? »

      Rares sont ceux qui pensent pouvoir s’en passer. La plupart des individus aiment et veulent être dirigés, comme nous l’a souvent démontré l’histoire du monde et de la France. Rien n’a changé.
      On confond allègrement anarchie et désordre ou chaos. C’est dire à quel point la perspective d’être libre peut effrayer. Nombreux sont ceux qui trouvent juste et confortable d’être gouvernés, même par des imbéciles, des crapules ou des incompétents. Imaginez donc, si on leur rendaient le pouvoir, l’état de confusion dans lequel cela les mettrait. Ils seraient désemparés, perdus, contraints peut-être de se mettre à penser, ce qui demande du temps dont nul ne dispose plus et peut même se révéler douloureux. Non, vraiment, il vaut mieux laisser cela aux petits chefs charismatiques qui savent tout.

  4. Ce que l’on peut dire, c’est que le système électoral et médiatique est bien huilé. Il fonctionne efficacement pour éliminer de la représentation nationale, tous les partis qui contestent l’hégémonie de l’ UMPS.
    Ma foi si c’est cela la démocratie, je m’incline.
    Maintenant le PS va avoir toutes les manettes, on va voir ce qu’il va faire, s’il va faire une politique de gauche ou une politique libérale avec un soupçon de social.
    On va surtout voir où sont les limites du pouvoir français, dans un cadre européen où les états ont déjà perdu beaucoup de leur souveraineté au profit d’une technocratie néo-libérale. Et vont en perdre encore plus avec le pacte budgétaire. Qui devait d’ailleurs être renégocié avant l’élection présidentielle, et qui semble déjà ne plus devoir l’être. Est-ce le syndrome Jospin qui frappe déjà le nouveau pouvoir ?
    Il va être particulièrement intéressant de voir les limites réelles du pouvoir du gouvernement et de la représentation nationale face à Berlin, Londres, Bruxelles, et in fine face aux marchés.

    1. Maintenant le PS va avoir toutes les manettes, on va voir ce qu’il va faire, s’il va faire une politique de gauche ou une politique libérale.

      Hollande représentant le courant libéral au P.S, il n’y pas lieu de s’interroger. Ce sera le changement dans la continuité. Ne l’avez pas entendu parler de la sacrosainte croissance ? Reste à savoir s’il ira la chercher avec les dents ou au harpon.

    2. Maintenant le PS va avoir toutes les manettes, on va voir ce qu’il va faire, s’il va faire une politique de gauche ou une politique libérale avec un soupçon de social.

      Poser la question, c’est y répondre.
      Quand avez vous vu des réformistes faire autrechose qu’une politique libérale ?
      Souvenez-vous des gouvernements de Mitterrand,
      ou plus récemment des trahisons Jospin-Buffet-Mélenchon…
      Et encore plus récement Zapatero ou Papandréou.
      Ou Ben Ali ou Moubarak, membres de l’Internationale Socialiste.
      Il n’y a que le FdG pour tenter de donner un vernis de gauche à Hollande.
      Bien sûr, ils n’y croient pas eux même,
      mais c’est le prix du picotin, dans tous les exécutifs qu’ils partagent déja,
      et auxquels ils aspirent;
      Et après, certains s’étonnent que non inscrits et abstientionnistes
      soient presque majoritaires…

  5. Quand les gens délaissent la politique, la politique s’occupe d’eux quand même. J’ai plutôt l’impression que des temps reviennent. Au moins aurais-je la conscience tranquille d’avoir tenté de l’éviter, au contraire de certains…

  6. http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Homme_des_foules

    … quand la taie qui recouvrait la vision spirituelle est arrachée, l’ἀχλὺς ἣ πρὶν ἐπῆεν, — où l’esprit électrisé dépasse aussi prodigieusement sa puissance journalière que la raison ardente et naïve de Leibniz l’emporte sur la folle et molle rhétorique de Gorgias. Respirer seulement, c’était une jouissance,

    « And I’ve removed the filter from your eyes
    which covered them before,  »

    Iliad, 5 127

      1. D’abord, Poe écrit en anglais, ensuite la version française me semblait moins respecter le découpage en chants, et parfois la formule anglaise est plus courte, donc ça me semblait plus proche du grec….

      2. Dommage, surtout qu’il y a au moins trois traductions époustouflantes en français :
        * Mazon et * Jacottet, deux superbes proses.
        * Brunet qui reproduit la scansion de l’aède, gigantesque!

      1. Par rapport à quoi ?

        Par rapport à l’idéal démocratique et par rapport aux pratiques égalitaires.

      2. Ce scrutin à deux tours favorise les arrangements entre amis au dépend de la représentativité à l’assemblé nationale.

        Le MoDem, 1,7% des suffrages à l’échelle nationale : 2 sièges max à l’assemblée.
        Le Front De Gauche, à 6,8% : plus ou moins 15 sièges.
        Le Front National : 13,7% : 2 sièges max, comme le MoDem

        On aime, ou on n’aime pas le MoDem, le FdG ou le FN, mais je ne suis pas franchement à l’aise avec ce mode de scrutin.

        La question de la proportionnalité donne matière à débat me semble-t-il.

      1. Quelles alternatives?
        La proportionelle à 1 tour?
        L’interdiction des « petits » partis?
        L’interdiction des désistements entre les 2 tours?
        La démocratie c’est la dictature de la majorité sur les minorités

  7. Nous sommes condamnés au saut par dessus le feu
    et au gâteau d’avoine parce la modernité reste un rêve.
    Ou plus exactement , elle ne s’exprime pas dans une élection.
    La pâte de l’opinion publique , ses croyances et ses élans,
    est lourde à se mouvoir. Aussi bien , c’est une protection contre l’aventure.

    Nous n’en avons pas d’autre moyen de faire émerger
    une opinion qui satisfasse l’ impératif d’ égalité.
    Ce rituel est absolument respectable.
    Il a même un côté attendrissant. De toute façon , c’est ça ou une guerre civile larvée.
    La Démocratie, c’est l’apaisement des luttes sociales.
    La lutte demeure mais elle est policée, une règle du vivre ensemble.

    Ceci dit, le vote présidentielle a été d’une très bonne participation.
    Et « l’autre » avec ses discours sans effet, ses diversions de vendeur à la sauvette,
    sa régression d’une droite sans confiance ni amour nous a fait perdre 5 ans.
    C’est maintenant, s’ils le comprennent -et c’est pas assuré- que l’en avant
    pourrait commencer. Et plus tard, on pourra dire: « ils ont avancé dans la modernité, un peu ».

  8. Votre rapprochement entre le rituel et l’expression démocratique est révélateur selon moi du besoin de religiosité que chacun de nous véhicule.
    Problème: on se prosterne devant nous mêmes.
    La folie, expression suprême de la raison selon moi, sera probablement bientôt à l’oeuvre, et offrira une destruction salvatrice pour que l’homme se libère de lui même.

    1. St Antoine c’est toujours périlleux d’étendre à d’autres ce qui ne concerne que soi. Examinez aussi le sens que vous sous-entendez à votre équivalence rituel = besoin de religiosité (j’ai par exemple en commun avec Michel Leiris un rituel que les initiés sauront reconnaître, et qui aurait alors une drôle d’odeur de sainteté). Quant à la destruction salvatrice, n’hésitez pas à payer de votre personne.

      Nb : Raskolnikov, ça a pris quelques rides, voyez-vous.

      1. Cher Jicé, c’est pour cela que j’ai précisé « selon moi ». J’émets mon opinion et ce qui à mon sens en découle.
        Pour la destruction salvatrice, à voir votre réaction, je commence à sentir les coups de cailloux 🙂

  9. Rituel certes dans cette alternance sans alternative ici ,en France
    Le 17 juin en Grèce aurez vous si Syriza l’emporte la même appréciation?
    Le résultat du référendum en Irlande…rituel
    La démocratie peut être ronronnante,soporifique,rituelle…et la même démocratie dans d’autres circonstances,en un même lieu peut surprendre dans un sens totalement paradoxal ,inattendu,frustrant(Irlande),pour la Grèce nous attendons un résultat porteur d’espoir pour nous à travers eux,une revanche sur notre propre lassitude en quelque sorte par procuration,un résultat qui sera tout sauf du domaine de l’habituel,du banal,alternative démocratique ou révolte…

    1. « la même démocratie dans d’autres circonstances,en un même lieu peut surprendre dans un sens totalement paradoxal ». Oui, oui et oui, Bernard Louis Marie. Pas aujourd’hui, sûrement, mais il faudra être prêt le jour où les circonstances seront réunies. C’est tout le sens de la réflexion sur ce blog.
      Mélenchon à Hénin-Beaumont, s’il eût été vainqueur …, on aurait parlé de l’influence des médias, voire de l’inconstance (=puérilité) des électeurs. Ne peut-on en retenir le courage de celui qui avait fait un score faible aux présidentielles dans cette circonscription et, ayant maintenant perdu de peu sur le concurrent PS, se retire dans l’espoir de faire barrage aux amis de « l’Aube dorée » ? On en retiendra qu’il a pu exprimer des idées souvent proches de ce qu’on lit dans ce blog.
      Après les discours tendant au racisme ou à l’exclusion de l’ancienne présidence agonisante et ceux de la mouvance F’Haine, on a pu entendre ici ou là dans les grands médias des paroles qui font honneur à la démocratie et aux idéaux républicains. Le néolibéralisme a mis 50 ans à s’imposer, désormais il faudra peut-être aussi longtemps à la démocratie pour y parvenir, tout en sachant qu’elle ne pourra jamais gagner définitivement.
      L’oeuvre pédagogique de ce blog est plus que jamais nécessaire. Mieux comprendre les enjeux réels (partage des richesses créées, limites des ressources naturelles, … ) et imaginer des solutions, ou des pistes pour y parvenir. Faire prendre conscience au grand nombre de ce qui se passe ou se trame, comme en Grèce, en Espagne, au Québec ou en France. Merci de nous y aider, Paul, François et tous les contributeurs.

      1. Vous oubliez une « oeuvre pédagogique » fondamentale:
        déniaiser ceux qui n’ont pas encore compris que la « révolution par les urnes »
        n’a jamais existé nulle part, mais a toujours servi de grande cuiller à soupe.

  10. le vrai déni de démocratie est à mon sens dans les commentaires condescendants que je peux lire ou entendre
    des électeurs -votants ou abstentionnistes qui disent : « tous pourris, campagne nulle, déni de démocratie, élection ridicule… » et j’en passe j’ai envie de leur dire:
    1) présentez vous!
    2) votez pour des gens nouveaux
    3) lisez les programmes et vous constaterez qu’il y a des partis qui ont de bonnes idées, des gens qui veulent s’investir pour le bien commun
    4) mobilisez vous dans la vie politique mais aussi à votre travail – en tant qu’ancien délégué du personnel, j’ai pris pas mal de coups et a chaque fois mes collégues parlaient haut et fort dans les vestiaires et devant le patron il y n’y avait plus personne -y compris ceux qui étaient protégés par leurs statuts
    5) faite pression sur votre maire,sur vos élus pour changer les choses depuis le bas
    6) on a les représentants qu’on mérite !

    Le PS fera bien sur une politique de sociale démocratie qui nous conduira directement dans le mur et au lieu de se tourner vers des gens modérés, réfléchis et responsables, les électeurs tomberont dans le piège des populistes qui n’auront qu’un but : le pouvoir !

    1. @Laurent Tirel
      Vous avez raison; beaucoup de citoyens sont morts dans le passé pour que tous les Français aient le droit de vote . Facile de critiquer derrière son écran, moins facile de s’engager dans un syndicat ou un parti politique…. Combien d’électeurs votent pour des cumulards ? 80% des députés de l’ancienne Assemblée le sont…..

  11. bah , on va droit vers une forme renouvelée de fascisme .. au lieu de fiches cartonnées bristol le traitement des donnés individuelles sera informatisé !
    et
    business as usual …

  12. Ici en « Gwada » (Guadeloupe), 70% de la population en âge de voter n’y croit plus et ne s’est pas déplacée pour le barnum parlementaro-colonialiste (ils étaient à peine plus de 50% à voter pour le match précédent, celui des présidentielles), et les candidats parachutés du FN et du FDG font 1% des exprimés (donc 0,3% du corps électoral)., ça devrait en faire rêver plus d’un…

    Le peuple français n’est pas si stupide, il finira bien un jour par comprendre lui aussi…

    1. Bien entendu, les Guadeloupéens viennent de faire l’expérience
      que c’est par l’action unitaire et de masse, au besoin la grève générale,
      que l’on fait plier la bourgeoisie et son Etat,
      pas avec les promesses des politiciens de « gauche »,
      ceux là même qui dénoncent la grève générale quand elle se prépare.

  13. En 2002, le gouvernement socialiste,sous la pression des partis de droite accepte de retenir un amendement du parlement. Il s’agit d’une disposition rétroactive qui permet au procureur général de faire appel des acquittements en cour d’assises (rétroactif puisque cela aggravait la situation de ceux qui sans cela auraient été acquittés définitivement)

    La première personne sur qui tombe une condamnation à 25 ans de prison après une acquittement est M. Daniel Massé. Pourquoi acquitté en première instance ? C’est qu’il est innocent.
    Donc son fils réunit un comité de soutien et, après avoir revu tout le dossier, dépose une requête en révision.
    La cour de cassation ne veut pas en entendre parler (pardi avec cette condamnation on a distribué 800 000 euros de dommages et intérêts) et donc se met à transgresser la loi et la constitution et refuser même de motiver ses décisions. Mépris des institutions, mépris de la constitution, mépris des libertés publiques, tout y est.

    Donc le comité de soutien saisit les parlementaires avant de saisir la Cour européenne des droits de l’Homme.

    Le commentaire oral de Mme Catherine Lemorton, député de la 1ère circonscription de Haute-Garonne, à M. Yannick Massé, vu que le fait de voter des lois rétroactives ne gêne apparemment personne parmi ces gens là, a été celui-ci :

    « Mais M. Massé, nous ne sommes plus en démocratie, il faut le savoir ! »

    No comment.

    1. @ Jean-Loup
      J’apprends par vous cette histoire de loi bafouée à propos de rétroactivité . .
      C’est évidemment très grave et significatif de notre temps .
      Dans le même ordre d’idée , on pourrait parler de la délation , interdite par la loi et bafouée également . Elle entre dans les textes par la petite porte , c’est toujours le cas ( voir l’histoire des contrôles génétiques , à l’origine destinés aux délinquants sexuels , contrôle appliqué aujourd’hui au moindre voleur de baskets ) : obligation de dénoncer , lors d’une infraction de conduite automobile et ds le cas où vous prêtez votre voiture , le conducteur de votre véhicule , mais aussi l’essai d’instauration par Guéant des  » voisins vigilants  » , c.à.d d’auxiliaires de police ).

      1. Il me semble que certaines obligations étatiques de délation, théoriquement interdite, ont été créées par des gouvernants « de gauche ».
        Nous devons nous attendre à un renchérissement de ces pratiques.

  14. Bon; je suis allé voter; il faut dire que dans mon bled, vous prenez une chèvre, un veau élevé sous la mère, vous lui collez l’étiquette UMP et vous avez un député à 60% de matière grasse minimum, comme le Reblochon fermier; alors tant qu’à faire ….les chants désespérés sont les chants les plus beaux, disait le poëte!

  15. J’ai le sentiment que tout cela appartient à une autre époque : j’ai le sentiment, pour tout dire, que les temps ont changé

    J’avoue ne pas comprendre cette phrase. Jusqu’à preuve du contraire, le système dans lequel nous vivons est toujours là. Le voir dysfonctionner à l’envi avec la complicité d’électeurs infoutus d’accomplir leur devoir électoral ne me réjouit pas. Parce que cela ne sert qu’une seule chose, justement : maintenir encore le statut quo, ne pas amorcer de changement et, par conséquent, rendre de plus en plus plausible une issue finale d’explosion qui ne mènera certainement pas à un paradis que certains imaginent.

    Je constate que la population française avait l’occasion avec l’élection de ses parlementaires de faire changer une certaine donne, de changer les équilibres des familles politiques, et n’en a eu cure. Je constate une fois de plus ce à quoi mène le vote non obligatoire : au profit de la droite et particulièrement de l’extrême-droite. Les français ne semblent s’inquiéter que de leur monarque présidentiel, ce qui démontre selon moi à quel point un système qui prévoit l’élection d’un monarque présidentiel au suffrage universel est vicié et pernicieux. Les législatives ? On s’en fout, y a du foot et Roland Garros ! Allez, quelle blague ! Les français – ils ne sont pas les seuls dans le cas – ne veulent même pas savoir à quel point la composition d’un parlement est importante, à quel point est fondamentale l’assemblée qui écrit et vote les lois.

    Se déplacer pour voter ? Oh non, trop difficile, trop compliqué, trop d’effort !

    Et qu’on ne vienne pas geindre en disant « oh mais personne ne me représente, ouin ouin. » Ridicule. Il y a suffisamment de sensibilités représentées. Et même si ce n’était pas le cas, au lieu de vider sa bière devant le foot ou le tennis, ou de pêcher un pauvre poisson qui n’a rien fait à personne, faut bouger son auguste postérieur, s’impliquer, et VOTER. Si on ne le fait pas, on perd le droit à la parole, et le droit de se plaindre du résultat.

    On continue dans la sempiternelle veine de comportement je m’en foutiste de l’électeur. Les événements se succèdent, l’Espagne demande de l’aide – à quelles conditions ? – les sacro-saintes agences de notation reviennent dire coucou, la bande des quatre se prépare à tenter d’imposer les pires régressions sociales (y compris le droit du travail) jamais vues, mais tout ça n’effleure même pas des électeurs infoutus d’accomplir un devoir électoral qui est la base de fonctionnement d’une démocratie – infoutus de se mobiliser pour élire une assemblée qui pourrait bien être le dernier rempart quand il faudra ratifier – ou refuser de ratifier – des textes imposés par la commission européenne ou autres structures si bienveillantes. Pas étonnant que la démocratie soit malade, dans ces conditions ! Et les électeurs en question font plus que partie du problème !

    1. faut bouger son auguste postérieur, s’impliquer, et VOTER. Si on ne le fait pas, on perd le droit à la parole, et le droit de se plaindre du résultat

      .

      merci, merci,
      entièrement d’accord,
      les gens qui ralent et ne font rien me fatiguent

      1. C’est précisément le problème. On ne sait plus faire et surtout on ne sait pas inventer les mots nouveaux pour actualiser les sentiments d’injustice.

    2. Comme beaucoup et comme vous l’ont appris les baratineurs stipendiés que sont les médiatiques, vous confondez démocratie et représentation dite démocratique.
      Pour parler une dernière fois du vote, quand un électeur qui se croit citoyen a donné sa voix, il n’a plus droit à la parole.

      1. La fuite est-elle une meilleure représentation ? et de quoi ?
        C’est bizarre, l’habitude du sport vu à la télé comme substitut du sport, peut-être.

        Ceux qui ont votés sont les héros de notre démocratie.
        Un rituel ? quelle importance ! Soyez fier de vous.

        Hououji Fuu, vous avez bien exprimé l’enjeu.
        Les fatigués du bulbe nous sortirons une philosophie
        de derrière les fagots pour justifier l’inaction.

        Marlowe
        5 juin 2012 à 21:22
        à Daniel,

        Pour parler franchement, sachez que je ne suis pas démocrate.
        Je ne vote jamais.
        /***********************************************/

      2. Nos amis libertaires attendent l’effondrement que le prophète a prévu. Sauf qu’après ce sera toujours pareil, à moins que l’humanité ne s’auto-détruise. J’ai de la peine à imaginer autant de fatuité chez des gens aussi cultivés, en tout cas pour certains…

      3. @Nicks: « Sauf qu’après ce sera toujours pareil »

        De quoi tu te plains alors? Pourquoi tu pleures alors? Dis nous donc ce qui te rend si amer. Attends, attends, laisse moi deviner: toi tu pouvais nous apporter le changement, toi t’avais la solution, toi t’es pas un prophète mais carrément le Messie. Mais, las!, on dirait que la foi n’a pas remué les foules.
        J’ai bon?

      4. @Moi

        Quand je dis pareil, je dis juste le rapport dominants/ dominés avec la possibilité de le pondérer par les structures. C’est cela qui sera pareil et vous serez comme toujours marron, peut-être même que l’effondrement que vous aurez attendu et favorisé vous aura emporté et moi avec. Champion quoi !

      5. @Nicks : « je dis juste le rapport dominants/ dominés »

        Il peut y avoir une grosse différence en gardant ce rapport. Par exemple entre l’Ancien Régime et de nos jours, on a bien le même rapport dominants/dominés, mais personne ne trouve que c’est kif-kif que d’aller vivre sous Louis XIV. On préfère être pauvre de nos jours, non? Bon, ben, on préférera être pauvre dans 100 ans. J’y crois. Et ça se fera grâce à des gens qui croyaient qu’un véritable changement était possible même au prix de grosses convulsions.

      6. @Moi

        Ce n’est pas ce que vous défendez à longueur de temps, ce progrès raisonnable. Bien au contraire, cette logique, c’est celle de l’action politique et ce n’est pas à un jacobin que vous allez expliquer à quoi a abouti la Révolution. Vous êtes conscient que vous venez de vous contredire en deux messages ?

        Ce que j’essaie de faire comprendre ici, c’est qu’il faut à tout prix éviter la violence et faire en sorte d’utiliser tous les leviers possibles du changement avant d’y avoir recours. Par ailleurs, je pense qu’après l’effondrement, c’est encore la vision de la politique que je pense relativement incontournable qui sera toujours en vigueur, donc pas de société sans classe, d’harmonie bien responsable et d’émancipation ultime, tout simplement parce que nous serons toujours dans la société des hommes.

        Donc oui nous vivons mieux aujourd’hui qu’il y a deux siècles, mais les courbes s’inversent et les fondamentaux de la domination sont toujours les mêmes. Il faudrait aussi regarder en quoi le modèle politique que je promeus est responsable de ces progrès et je crois qu’il n’y est effectivement pas étranger.
        Si le clash est inéluctable, ce sera parce que les gens n’auront pas compris à temps, pas parce qu’ils vont changer. C’est même le contraire. Je ne vais tout même pas, tout révolutionnaire que je suis au fond de moi, choisir de laisser advenir, voire de favoriser une période d’ultra-violence, (alors qu’il reste des solutions), parce que je souhaite un monde plus paisible. Au moins je suis cohérent, ce qui n’est pas le cas de tout le monde ici…

      7. @Nicks : tu poses mal le problème avec certains -tu perds ton temps à discuter, quoi. La génération NPA actuelle est pathétique, de l’aveu des anciens eux-mêmes. La seule morale politique des types que tu as croisés ici est parfaitement résumé dans un proverbe tchetnik qui dit : »Mieux vaut voir crever ses deux chèvres plutôt que le voisin en ait une. » C’est la seule logique de la joie mauvaises qu’ont ces lointains débris de la comète léniniste à acter l’échec du FDG -ils ont encore cette vieille croyance pathétique dans la dialectique historique, pas très différents au fond des grenouilles de bénitiers de toutes obédiences : ils voulaient les masses, ils auront le fascisme.

        Sinon, la tentative du FDG est au final un échec, au sens de : pas loin du but mais raté. C’est de ce point qu’il faut partir, pas de rond de jambes ou de circonlocutions. On espère un autre « kairos » : le 17 juin, avec Syrizia peut-être.

      8. @Nicks: « Ce n’est pas ce que vous défendez à longueur de temps, ce progrès raisonnable. »

        Ben non, ma position est là: « des gens qui croyaient qu’un véritable changement était possible même au prix de grosses convulsions ».

        « Vous êtes conscient que vous venez de vous contredire en deux messages ? »

        Ben non, lis plus attentivement, ma position est décrite ici plus haut. Je réponds juste à ton argument en disant que dans le pire des cas, même si on garde les mêmes rapports dominant/dominé, ça ira mieux. Mais ça sera pas grâce aux réformistes. Dans le meilleur des cas, ils ne font que se vanter de concessions obtenues grâce à la menace révolutionnaire et lorsque cette menace disparaît ils rendent très vite ces avancées aux capitalistes. Autrement dit, ils roulent pour le camp d’en face.

        « tout simplement parce que nous serons toujours dans la société des hommes »

        Tu généralises ta culture à l’humanité. Des sociétés sans classes ont déjà existé et existeront encore.

      9. parce que je souhaite un monde plus paisible.

        mais le monde ne le cherche pas vraiment, préférant les turbulences , l’effervescence , l’excitation speed . et ayant le sentiment de s’ennuyer quand il va à la pêche . et comme il est plus rentable de vendre que de produire , ou pire de spéculer , le monde est entrainé dans cette spirale d’argent facile, en un clic de souris pour certains . tandis que d’autres voient passer les trains .
        et puis , quand ça bloque, le monde devient carrément hostile . et invente toutes sortes de stratégies .
        Les bulletins de vote révèlent les fonds de pensées et de pension .

      10. @Jicé

        En effet, le FDG a échoué mais je pense que la logique politique est la bonne et qu’il faut continuer à la promouvoir. J’espère que la Syriza aura plus de succès dans un contexte différent, mais je regrette par avance qu’elle ne dispose pas de l’appui qu’elle aurait pu avoir si les français avaient pu concrétiser réellement la dynamique lancée par le FdG. Nous avons sans doute raté une des dernières opportunités de changement avant le clash.

        @Moi

        Les sociétés sans classes ? Hors de la tribu ? Ce n’est pas raisonnable , vraiment…L’égalité en droit, c’est l’Etat bien investi qui l’apporte. Sur les modalités de sa gestion, il y a une large place pour l’innovation et la discussion, la part notamment à l’échelon local de la démocratie directe. Mais sur le reste, vos espoirs sont notre futur enfer car comme le dit Jicé, c’est l’extrême-droite qui va profiter de cette espèce de naïveté qui a désormais beaucoup de peine à m’attendrir, quand je vois ce qui se prépare.

      11. @Nicks: « c’est l’extrême-droite qui va profiter de cette espèce de naïveté »

        Ouaip, c’est l’argument habituel des libéraux. Si c’est pas nous, vous aurez l’extrême-droite. Et quand y’a aucun risque probable venant de l’extrême-droite, on sort l’argument du risque stalinien.
        C’est le même argument qui est à chaque fois sortit par les conservateurs aux progressistes: on sait ce qu’on a et le risque est gros d’avoir pire si on bouge donc faut pas bouger.
        Y’a rien à répondre à ça sauf qu’on en a marre et qu’on est prêt à prendre le risque du changement. Ce sentiment va monter de plus en plus et lorsque la majorité pensera qu’elle ne peut plus supporter le statu-quo, elle prendra le risque du changement. Et puis ensuite, on verra… Mais ce qui est sûr c’est que les progrès ne sont arrivés que comme ça, pas grâce aux frileux qui avaient peur de l’avenir et du changement ou qui étaient contents du présent.

        Au passage, je signale que la gauche, la vraie gauche, est le parti du mouvement, du changement et du progrès. On voit clairement où se positionne la gôche, c’est-à-dire les sociaux-démocrates réformateurs-conservateurs. Ils veulent le statu-quo, ça les arrange. Ils font partie du système à abattre.

      12. @Moi

        La gauche est le parti du progrès social donc quand il y a régression sociale la gauche est conservatrice, elle cherche à préserver ou à reconquérir. Le mouvement pour le mouvement, le modernisme contre l’archaïsme, les aventureux contre les routiniers, les winners contre les losers, ça c’est la doctrine libérale du changement.

        Les idées que je défends si elle venaient au pouvoir marqueraient une rupture assez franche avec les 30 ans que nous venons de vivre et ce serait déjà pas mal. Encore une fois, ma critique n’est pas celle du changement mais celle de la non prise en compte d’un élément essentiel puisqu’il s’agit simplement de l’être humain. Il n’a pas existé à ma connaissance de société sans classe qui sorte du cercle de la tribu isolée. L’expérience des communautés hippies a été suffisamment éloquente pour que ce fantasme libertaire, tout sympathique et jouissif qu’il soit comme parenthèse, ne puisse justement faire société.

        Ce n’est pas le changement qui me fait peur, c’est savoir ce qui peut le déclencher. Je ne veux pas être complice d’un chaos meurtrier pour avoir le simple plaisir ou l’horreur probablement de voir par quoi il faudra en passer pour qu’une rupture s’opère, pour un résultat qui a une probabilité infime et selon moi inexistante de ressembler à ce que vous voulez et que je considère comme inhumain. Tant qu’il existe une chance d’accéder au progrès sans folie meurtrière, je souhaite qu’on la tente. Le reste m’apparaît totalement irresponsable.

    3. @Hououji Fuu

      Il y a suffisamment de sensibilités représentées.

      Si l’on pense qu’il est grand temps de changer le fromage pour un tout autre aliment, vous croyez vraiment qu’un plateau de fromage bien garni fera l’affaire pour éviter le non-appétit ?!

      1. et un point pour Martine… 🙂
        mais si vous voulez des fruits rouges passez me voir en Provence, j’ai cerises et framboises au jardin

      2. Un vieillard sur son âne aperçut en passant
        Un pré plein d’herbe et fleurissant
        Il y lâche sa bête, et le grison se rue
        Au travers de l’herbe menue
        Se vautrant, grattant, et frottant
        Gambadant, chantant, et broutant
        Et faisant mainte place nette.
        L’ennemi vient sur l’entrefaite.
         » Fuyons, dit alors le vieillard.
        – Pourquoi? répondit le paillard:
        Me fera t-on porter double bât, double charge?
        – Non pas, dit le vieillard, qui prit d’abord le large.
        – Et que m’importe donc, dit l’Ane, à qui je sois?
        Sauvez-vous et me laissez paître.
        Notre ennemi, c’est notre maître:
        Je vous le dis en bon françois. »
        (La Fontaine.)

      3. Le fromage, c’est exactement ce dont il s’agit.
        Les politiciens de « gauche » ont toujours fait des déclarations radicales
        pour ratisser à « gauche », puisque c’est leur segment de marché,
        et se compromettre ensuite dans des exécutifs locaux, régionaux, ou même nationaux.
        Qu’on fait d’autre par exemple les dirigeants du FdG?

        Résultat: ils auront encore moins d’élus en 2012 qu’en 2007.
        Et certains accusent les poissons, la pêche, le ballon rond…

      4. Eh Politburo vous omettez de commenter les glorieuses victoires démocratiques du singulier NPA, je crois 0, 8% ou qchose dans ma circonscription. Ah ouais, j’oubliais : « les élections, on s’en bat les roubignoles à Léon ». Mais que diable fichaient-ils alors dans cette galère? Mais peut-être que Deuxième Bureau (vous l’avez précédé dans la carrière sur ce blog, à tout Seigneur tout honneur) viendra dialectiser savamment sur le truc.

        Au plaisir de vous entendre.

      5. @ Jicé
        Essayez de respecter le sérieux de ce blog,
        d’apporter informations et si possible analyses,
        au lieu d’enrager contre les personnes.

        Vous posez la question de la finalité des élections.
        Elle servent à certains comme tribune pour affirmer la nécessité de sortir du cadre,
        et rassembler les ouvriers de la première heure.
        La preuve de l’utilité de cette tribune, c’est que les illusions
        sur les politiciens du système sont encore très majoritaires.

        Elles servent à d’autres comme cuiller à soupe dans divers exécutifs
        pour renforcer ce cadre, en collaboration avec le PS.

        Patience et tolérance:
        la crise qui avance accueillera à bras ouvert les ouvriers de la dernière heure.

      6. à Charles A

        L’erreur, datée, que vous faites est de croire qu’à partir d’une tribune médiatique vous pouvez convaincre qui que ce soit de quoi que ce soit.
        Ce n’est qu’à partir des sensations de la vie réelle et des coups de pied qu’on y reçoit que les individus comprennent le vrai et le faux.
        A ce moment là, les rencontres et les lectures permettent de comprendre les situations et, parfois, de contribuer à en créer d’autres.

      7. @Marlowe: +1, again. Il est très agréable de ressentir quelque chose et d’ensuite découvrir que cela a déjà été pensé et analysé. En bref, que quelqu’un d’autre a été frère d’expérience et qu’il a réussi à mettre des mots sur ce que l’on ressentait.

        Ceci dit, il faut bien faire connaître l’existence d’explications théoriques en attendant que l’expérience vécue y ouvre certaines pensées; pour que la rencontre se fasse.

        On peut déduire de tout cela qu’un penseur de notre société réellement scientifique, c’est-à-dire nous apprenant quelque chose sur notre vécu concret, ne peut pas rester éternel dans ces affirmations mais uniquement dans sa méthode de recherche. Du fait même que la société évolue, que l’expérience des gens change, ce qu’il a affirmé sur la société un jour ne peut que devenir faux (ou du moins partiellement) dans l’avenir. D’où l’importance de lire un auteur plutôt que ses exégètes, car l’important est de voir la pensée de l’auteur en action et non d’ingurgiter des affirmations.

      8. C’est que, Charles A, j’essaie le tenir le défi de l’abyssale profondeur de vos analyses :

        Le fromage, c’est exactement ce dont il s’agit.

        d’une redoutable puissance, il faut en convenir!!

        Quant à a rhétorique de « l’aller à la soupe » elle figure sans doute très exactement le niveau de pédagogie que vous réservez aux masses à l’occasion des élections (je passe sous silence le robuste mais mallarméen « tout est à nous / rien n’est à eux » qui mérite de devenir un tube de l’été (on a bien eu la Soca dance » : http://www.dailymotion.com/video/xq5ld_charles-d-lewis-soca-dance_news

      9. à Moi,

        Un penseur de notre société réellement scientifique

        De quel poète voulez-vous parler ?
        Je ne connais que celui qui pouvait se rencontrer dans les cafés de la jeunesse perdue.

      10. @Marlowe: amusant que vous ayez remarqué ce passage et que vous me posiez la question. En fait j’avais carrément Marx en tête, vu que je me suis mis à le lire suite à la lettre à Proudhon que nous avais mis Paul en lien. J’en avais toujours une connaissance de seconde main, ce qui n’est pas du tout la même chose.

        Ceci dit, votre poète aussi je l’aurai mis dans le bon tas. Mais malheureusement, c’est fondé sur une simple intuition, vu que là aussi je n’en ai encore qu’une connaissance de deuxième voire troisième main. J’y remédierai en son temps…

      11. à Moi

        Si le poète vous tente, je vous conseille ses oeuvres, pas complètes, mais presque, et surtout les essentielles dans la collection Quarto (Gallimard), plus de 1800 pages pour un peu plus de 31 euros pour de la pensée dense (et non de la danse pensée) avec toute la poésie indispensable.
        Il s’agit de Guy Debord, bien entendu.

    4. Je vous suis à 100%, Hououji Fuu. Permettez-moi de citer Laurent Tirel, intervenant ci-dessus :
      « le vrai déni de démocratie est à mon sens dans les commentaires condescendants que je peux lire ou entendre
      des électeurs -votants ou abstentionnistes qui disent : « tous pourris, campagne nulle, déni de démocratie, élection ridicule… » et j’en passe j’ai envie de leur dire:
      1) présentez vous!
      2) votez pour des gens nouveaux
      3) lisez les programmes et vous constaterez qu’il y a des partis qui ont de bonnes idées, des gens qui veulent s’investir pour le bien commun
      4) mobilisez vous dans la vie politique mais aussi à votre travail – en tant qu’ancien délégué du personnel, j’ai pris pas mal de coups et a chaque fois mes collégues parlaient haut et fort dans les vestiaires et devant le patron il y n’y avait plus personne -y compris ceux qui étaient protégés par leurs statuts
      5) faite pression sur votre maire,sur vos élus pour changer les choses depuis le bas
      6) on a les représentants qu’on mérite !

      Le PS fera bien sur une politique de sociale démocratie qui nous conduira directement dans le mur et au lieu de se tourner vers des gens modérés, réfléchis et responsables, les électeurs tomberont dans le piège des populistes qui n’auront qu’un but : le pouvoir ! »
      Je ne pourrai dire plus juste. Ce ne sont jamais les majorités qui ont fait changer les choses. Voilà qui devrait nous encourager à continuer.

    5. Je comprends bien votre sentiment, votre révolte, votre indignation. Cela dit, je comprends parfaitement aussi le sentiment de ceux qui n’y croient plus, qui savent (et les faits le prouvent) que cela ne sert à rien, qui ont conscience que cela ne change rien, que ce n’est pas ainsi qu’ils obtiendront le changement qu’ils espèrent. Il est toujours difficile de se mettre à la place des autres. L’homme n’est pas très doué pour l’empathie, au contraire. Ce que j’observe le plus souvent, c’est qu’on n’écoute que très peu les autres. Ceux qui ne votent pas s’expriment aussi d’une certaine manière. On peut trouver cela stupide (les autres sont toujours stupides, même si leurs motivations sont légitimes et réfléchies -L’autre a par principe, tort. Chacun détient sa vérité et l’impose) comment accepter par exemple sans s’interroger que l’assemblée ne soit qu’une chambre d’exécutants recevant ses ordres de l’exécutif ? Comment accepter cela en sachant que ces députés godillots, ces privilégiés sont pour bon nombre des carriéristes peu présents lors des débats mais ne refusant jamais de toucher leur indemnité ? Il se peut aussi que l’assemblée ne soit plus le lieu ou se fait la politique. L’abstention est un phénomène qu’on ne devrait pas considérer avec légèreté ou pire avec dédain car sa signification est peut-être très différente de celle que vous croyez.

    6. Café.

      Le nouveau café du commerce est beaucoup plus pénible que l’ancien café de la jeunesse perdue.

      1. « A la moitié du chemin de la vraie vie, nous étions environnés d’une sombre mélancolie, qu’ont exprimée tant de mots railleurs et tristes, dans le café de la jeunesse perdue. »

  16. Ceux qui n’ont que le vote à leur disposition ont de moins en moins influence sur les choix politiques. Ne pensez-vous pas que c’est de plus en plus évident pour tout le monde?

    1. « Ceux qui n’ont que le vote à leur disposition ont de moins en moins influence sur les choix politiques. »

      Et oui ! Surtout ceux qui votent avec comme seule possibilité d’information politique, l’abrutissement que leur prodigue des médias promoteurs du « changement dans la continuité »
      Médias pour la plupart possédés par les « élites » libérales mais pas libertaires.
      Tout cela sent de plus en plus mauvais, surtout quand on laisse le poison de l’extrémisme de droite s’insinuer par perfusion dans les veines de la cité.

    1. non seulement ils ne s’y intéressent plus mais simplement lire leur contrat de travail ou les papiers que leur font signer les banques ou les assurances est au dessus de leurs forces.
      par contre regarder les émissions de télé-réalités ils adorent

    2. Ou alors 47% de nos concitoyens ne sont pas dupes, et une fois passée le petit intérêt qui suscite généralement une élection présidentielle, ils expriment logiquement leur peu d’illusion quant à la suite effective des événements. Ce qui peut tout aussi bien être compris comme un signe de lucidité et donc plutôt comme une bonne nouvelle…

      1. Bonsoir Martine.
        J’aimerais tant que vous ayez raison au sujet de la motivation des 47 %. Je crains que ce bloc ne soit pulvérulent et qu’il n’échappe toujours à la prise des analystes. L’abstention rend l’abstentionniste irreprésentable. Je dois avouer que j’en fais partie. Ce n’est pas un aveu qui me coûte. Me coûte beaucoup plus la peinture de la situation qui m’a contraint à prendre le parti de n’en soutenir aucun. Mon abstention est motivée par trois faits étroitement corrélés : 1) je vis dans un « fief » et pas une circonscription ; 2) la députée sortante, élevée au rang de ministre, après une année de lobbying intense rue de Solférino, activité qui lui a fait négliger ses devoirs de maire, est une créature poussée par le padishah local, cumulard éhonté de fonctions territoriales, réélu dès le premier tour, également ministre ; 3) toute la gauche locale, y compris les excroissances groupusculaires tributaires, se croit tenue à l’hommage-lige envers le padishah. C’est donc en toute conscience et en toute lucidité que je me suis abstenu… de vomir dans l’urne. Laurent Tiriel a raison d’accabler ces râleux qui se coupent les mains et dénoncent l’impuissance du politique à changer les choses. Il existe cependant des abstentionnistes occasionnels, sans doute nombreux, que les mots d’ordre urgentistes du genre « faire barrage à la droite » à tout prix indisposent au dernier degré. Dans l’un de mes billets, je préconisais d’éconduire les détenteurs de fiefs à gauche au profit de candidats moins connus et moins compromis. C’était, selon moi, la vraie condition d’un bouleversement de l’ordre monarchique ou, à tout le moins, oligarchique. La chose étant impossible à mettre en œuvre dans ma circonscription, je me suis éconduit moi-même comme électeur. Ma vertu est sauve. J’ai vaincu Méphisto. Reste son Maître, le diable, du grec diabolos, « celui qui divise », l’esprit de parti, lequel exige une abnégation pavlovienne que je n’aurai jamais.

        Bien à vous.

      2. Il n’y a aucune « lucidité » de la part d’un peuple dans le fait de laisser faire un blocage de l’action présidentielle qu’il a lui même contribué à mettre en place, des gens comme Copé n’attendent que ce genre de « lucidité ».

        Pour ceux qui ne vont pas voter quand on leur explique qu’il faut une majorité présidentielle pour pouvoir agir (le 1er des ministres le leur a expliqué, ainsi que TOUS les autres, la majorité des journalistes politique, même des gens de droite…), ce n’est pas le mot « lucidité » qui me vient à l’esprit.

        Et j’ai d’autant moins de mal à dire cela que je n’ai pas voté pour ce Président (blanc, encore moins pour « l’autre », évidement !) mais pour le coup j’ai contribué a essayer de lui donner une majorité absolue, pour voir au moins ce que sa politique peut donner, après on peut critiquer ou pas et ce sera légitime. Mais critiquer tout le temps et ne rien faire pour que ça change, c’est juste attendre le « fascisme » qui finira par vraiment s’installer et là, il ne faudra pas venir pleurer.

      3. @ BRL :
        +1
        Vous qui connaissez bien le sens des termes, celui de ‘tenure’ me semble bien représentatif.
        L’hommage-lige au suzerain, qui attribue les fiefs : qui décide des candidats ? Le suzerain.
        Celui des armagnac, des bretons, des bourguignons, peu importe.
        Et l’adoubement emporte l’adhésion des troupes, à commencer par les chevaliers-notables, lesquels apportent leurs roturiers comme troupes au combat (qu’ils envoient à leur place, dans la rue : rarement vu un notable tracter à 21h du soir …).
        On est en plein dedans.
        Question : comment faire quand dans ce type de tenure le FN arrive en tête ?

      4. @ BRL

        Dans ce cas il faut voter blanc, parce que le jour où vous n’aurez plus le droit de voter, que ferez vous ?

      5. @ BRL: vous êtes de par chez moi? une député sortante, un « padishah local ». Bon, pour ses devoirs de maire, si c’est elle , j’ai forcément un autre point de vue. Mais serais contente de connaitre le vôtre. C’est même peut être bien possible que je le connaisse déjà (cette ville est si petite, quand on vient de contrée plus vaste). Bien sûr, si il s’agit de la même personne.

      6. @ Zébu
        Bonjour. Je pensais en effet à la tenure féodale, avec cette nuance toute moderne que le padishah qui règne sur un fief républicain ne se conçoit pas comme un primus inter pares et donc ne se sent pas tenu de la même façon. Or, la vraie tenure est un régime de fidélité et de félonie réciproques. Qu’un vassal casse le contrat pour une raison juste et dûment justifiée, il ne sera pas blâmé. Qu’un suzerain trahisse ses serments parce que tel est son bon plaisir, il sera blâmé. Dans le cas de mon padishah, toute rupture, même motivée, vaut déclaration de guerre et conduit l’appareil qui le sert à frapper de damnatio memoriae le rebelle. Le padishah peut trahir, dans sa gestion des affaires publiques, les principes du parti qui l’a porté au pouvoir, nul, dans son camp, ne doit en faire état. Notre république a laissé se mettre en place un régime féodal à tendance absolutiste, qui nous offre une forme compressée de l’histoire politique de notre pays. Quant à savoir quoi faire s’il y a un candidat FN au second tour face à un unique challenger… Plusieurs cas de figure : FN versus UMP, je vote blanc, ces deux partis s’entre-nourrissant ; FN versus Modem, je vote Modem ; FN versus pourriture de gauche, je vote pour la pourriture de gauche en protestant haut et fort ; FN versus gauche, je vote pour le candidat de gauche. Pour le premier tour, c’est vote d’adhésion, abstention ou vote blanc, en fonction de la diversité réelle de l’offre. La connaissance de la vie politique locale m’aide à cocher l’une de ces trois cases.
        Cordialement.

      7. @ Lou
        Bonjour. Madame le maire, ministre des sports, a le ministre des Affaires Étrangères pour mentor. Si vous relevez du même fief que moi, je vous invite à juger de la hauteur de vue de la gauche locale aux grands travaux infrastructurels qu’elle a diligentés et à l’usage qu’elle fait de la démocratie participative.
        Bien à vous.
        (votre voisin, peut-être)

      8. @ BRL: sais pas si vous avez l’intention de me répondre. Si nous sommes du même « fief », je confirme tout ce que vous avez écrit. Si ce n’est l’abandon de madame la députée maire, de ses responsabilités électives locales. Car elle est très présente. Elle et son cabinet. Dans la mesure où est élue une équipe municipale (adjoints dans l’exécutif, et conseillers municipaux dans l’assemblée délibérative), cette omniprésence peut s’apparenter à de l’autocratie. Je ne parle même pas de la participation des habitants. Leur seule façon de se faire entendre est le rapport de force: pétition et articles dans les médias locaux. Mais tout cela n’est pas une spécialité du cru. J’ai bien conscience d’être le cul entre deux chaises, coincée entre un foutu devoir de loyauté que je m’impose, et la colère qui ronge mes entrailles. Ajoutée à ça, l’incapacité à démêler le vrai du faux. Je fais naturellement confiance, sans cela, pas de relation possible, or, là, comment être sûre de ce que je vois, ce que j’entends. Malgré tout, il y a parmi ce marécage de crocodiles des personnes qui valent le coup.Je veux les croire sincères, et naifs, comme moi.

      9. @ Lou
        Sur le chapitre de la fidélité, je ne vous ferai pas une réponse de Normand, quoique je le sois (cela vous aide-t-il un peu ?). Si vous voulez briser la tendance absolutiste du représentant du mouvement qui a votre sympathie, revenez aux fondamentaux du contrat féodal (voir ma réponse à Zébu). Votre allégeance ne tient et ne vous oblige que si et seulement si le suzerain tient ses engagements (de franchise, de bonne gouvernance, de probité, etc.). S’il piétine les principes sur lesquels il a fondé son action politique, ne vous faites pas un scrupule de vous en détourner et d’en détourner tous ceux que vous aurez informés de sa forfaiture. J’attends le moment où un Balkany devra se trouver un ermitage sous les huées et les étrons volants.

      10. @ BRL: nous sommes donc bien du même fief. Sur la fidélité et la loyauté, comme je l’écrivais, mon problème peut se résumer à: est ce que je me fais un film. M’étant toujours tenue à l’écart de tout ce que je considère comme pourri dans ce milieu, je ne sais pas au fond ce qui se passe. Je parle là du fonctionnement du parti, localement, pas des collectivités, c’est un autre débat. J’avais tendance à mettre tout ce petit monde (partisans de la motion dominante, opposants, etc) dans le même sac, c’est à dire des gens assoiffés de reconnaissance. Donc je regardais cela avec distance. Puis J’ai vu qu’on pouvait dézinguer une militante, pour des histoires de cotisations. J’ai réalisé que ce qui occupe tout ce petit monde, ce sont des histoires de lutte de pouvoir. Sont tous parano.(mais c’est vrai dans tous les partis) Bref, je m’étais toujours mis en position de ne rien devoir, rien demander. Mais hélas, par sentimentalisme (on ne m’y reprendra plus), angélisme, loyauté…j’ai accepté de prêter main forte. Je pensais également naïvement que je pourrais servir de messagère. Hélas.En fait, ça leur parait impensable qu’on puisse vouloir faire de la politique, militer, uniquement pour défendre des idées, des valeurs… Bon, je vais arrêter de râler, ça fait passive agressive! Faudra que je me décide un jour à leur dire ce que je pense.Et en tirer les conséquences.
        Ca fait plaisir de vous lire et de savoir qu’un normand fréquente le blog de Jorion.

      11. @Jean Valjean

        Je suis allée voter hier pour donner une majorité à l’actuel Président.
        J’ai donc fait exactement comme vous.

        Pour autant mon analyse diffère de la vôtre en ce que je pense qu’il existe désormais chez un nombre important d’électeurs, de droite comme de gauche, une immense, profonde et véritable désillusion.

        Attention, je ne parle pas ici de ce que l’on dénonçait il y a encore quelques années comme une exaspération grincheuse assez typiquement française contre les hommes politiques et la classe dirigeante en générale, laquelle s’exprimait alors par un « tous pourris » bien facile. Non. Je parle de quelque chose de plus profond. Le sentiment que même en faisant notre devoir, que même en votant pour le moins mauvais choix possible, que même en exprimant une façon de voir, « une sensibilité » comme disait un commentateur, nous n’échapperons pas au désastre qui vient. Puisque personne, absolument personne, en haut lieu ne semble avoir pris la complète mesure des choses.

        Parce qu’en haut lieu on a quant même bien tous le sentiment que ça joue la montre, que ça joue petits bras, que ça tergiverse grave, que ça pinaille, que ça parle âge de la retraite & niveau des cotisations fiscales, syndicats & restructuration industrielle, mais qu’en fin de compte étant donné qu’il n’y a aucune vision globale du monde, aucune finalité à long terme, aucun sens spirituel à toute cette agitation et aucune révolution intellectuelle qui se dessine, et bien en vérité ça lambine à mort.

        Alors que le monde court à la catastrophe.
        Que tous les continents sont à la dérive économique, que chacun sait que le manque de croissance des uns entrainera inexorablement le manque de croissance des autres, que c’est le virus de la récession progresse tous les jours que les robots-serveurs de la haute finance font, que Fukushima continue de déverser ses merdes dans la nature, que la Chine joue perso comme une idiote prépubère, que l’Amérique a le nez sur ses plutôt bons, puis plutôt moyens, puis de nouveau plutôt mauvais chiffres macroéconomiques, que l’Europe s’apprête à sauver les banques espagnoles parce l’Espagne est un trop gros morceau pour qu’on puisse faire autrement, et qu’on final, après que une tonne et demie de déclarations en tout genre, les autorités européennes finissent par imprimer du billet, puisqu’on ne voit que ça à faire. Encore et encore.

        Bref ce que j’appelle — avec un peu d’optimisme, j’avoue — « lucidité » c’est cette certitude diffuse et un peu lasse, non dénuée de pas mal de fatigue, de détresse et parfois même d’égoïsme (préférer regarder le foot pour se détendre…) , que de toute façon nous sommes dans la cata jusqu’au cou. Et qu’il va falloir bien plus que quelques petits aménagements avec le montant du Smic pour que le navire vire, enfin, véritablement de bord.

      12. @ Marlowe
        Très juste. Les promesses sont la fausse-monnaie dont se paie l’impuissance qui donne procuration à des hongres pour féconder l’avenir. En l’absence de culture politique et civique, le vote signifie moins un choix que, paradoxalement, une suspension de tout choix (voter pour un candidat parce qu’il le faut et non parce qu’on le veut). C’est à cette diablerie d’une abstention dans le vote que j’entends me soustraire, compte-tenu de la situation particulière que j’ai décrite plus haut. Je n’en fais pas une règle pour tout scrutin. L’inculture politique et civique, ça se soigne.

        Cordialement.

      13. @ Martine Mounier, votre long post ci-dess(o)us, ça porte un nom :
        la bêtise systémique (Chez Bernard Stiegler).
        Ou encore chez Kant la « minorité » (opposé à la majorité, âge où l’on sait ce prendre en main).

    3. 60 à 75 % des lois votées par le parlement ne sont que des retranscriptions de directives européennes… Ils savent que le pouvoir n’est plus ici mais rue de la Loi, 1040 – Bruxelles, Belgique.

      1. Les directives européennes sont des ordres que les « élus » appliquent, comme le maire applique ceux du ministre de la police.

  17. Quel beau dimanche pluvieux !
    Heureusement les écrans veillent sur nous.
    A la télévision, du foot, du tennis, de la F1 et des joutes médiatiques.

  18. Abstention et vote blanc. Voilà deux « votes » bien embarrassants qu’on s’empressera de ne pas commenter au delà d’une indignation de « bon ton ». Et pourtant…

    1. Abstention et vote blanc, ce n’est pas la même chose, si vous ne savez pas faire la différence, attendez vous à ne plus avoir le droit de voter à un moment donné (mais là, vous ferez certainement la différence).

      1. je vous rassure, je fais la différence… Je les amalgame ici, à tord peut-être, puisque je crée un malentendu, dans un vote de contestation, de rejet. Quoi que l’on pense de l’un, qui fait son devoir civique, ou de l’autre, qui (je ne parle pas des pêcheurs du dimanche) exprime un plus fort rejet encore.
        Ma pensée derrière voulait précisément éviter la polémique que vous mettez en avant.
        Parlons-en deux secondes: 42% d’abstention, la pire selon vous (je veux bien vous rejoindre), doit amener à se poser les bonnes questions et réponses. Cela se veut être le cas, à entendre de vouloir coupler présidentielles et législatives sur une date.
        Je crois que ce ne sont pas encore les bonnes questions/réponses… Le rejet plus profond que ces 42% témoignent est à mon sens conscient ou inconscient sur une politique que l’on sait vouée à se prendre le mur qui arrive de pleine face, que l’on va esquiver au mieux le plus longtemps possible en enlevant progressivement ce côté démocratique auquel vous faîtes allusion…
        J’y tiens comme vous. Mais quand on propose A et B, et qu’on ne veut ni de A, ni de B, il faut bien trouver un moyen d’expression de rejet. Je note comme tous qu’on parle de l’abstention, pas du vote blanc. Le vote blanc devrait au moins être mentionné!!

      2. Question qu’un journaliste pourrait poser à un homme politique dit « d’envergure »:
        Comment pouvez-vous expliquer ce taux d’abstention record?

  19. Je propose de rendre le vote obligatoire, avec amende prélevée par le fisc contre ceux qui ne s’acquittent pas de leur devoir démocratique. Ca s’est fait dans des pays étrangers. Je ne sais pas si c’est encore le cas, mais on pourrait très bien remettre tout le monde sur le chemin des isoloirs, au lieu de se lamenter sur la décadence de l’institution démocratique.

    1. Ouais!! et fusiller ceux qui se moquent de notre belle et grande démocratie ! Non, mais !

    2. @ savad

      Et la liberté, vous en faites quoi? Vous la passez par pertes et profits ?

      Une démocratie qui obligerait à voter n’en serait plus une et croire sincèrement que transformer un devoir en obligation et instaurer un système répressif seraient les meilleures façons pour lutter contre la décadence de l’institution démocratique, c’est nager en pleine contradiction. Une telle obligation ne résoudrait rien et certainement pas le problème de la désaffection croissante des citoyens pour la vie politique.

      Si vous voulez être constructifs, commencez par vous poser la question du « pourquoi » et ensuite celle du « comment » avant de nous proposer des solutions simplistes à base d’obligation et de répression.

      L’abstention, aussi regrettable soit-elle, n’est pas politiquement neutre. Au contraire, elle fait sens. Interrogez-vous sur ce sens et nous pourrons commencer à discuter.

      1. Rien ni personne n’empêche de voter blanc, vous êtes inscrit, il y a un certain nombre de votes blancs, une soustraction est faite par rapport aux votes déterminés et au nombre d’inscrits, vous êtes entendu.

        L’abstention ne fait aucun sens, ce serait trop facile, la majorité qui n’a pas voté s’en fout complètement, vous le savez aussi bien que tout le monde.

      2. @ Jean Valjean

        Le vote blanc, entendu ! C’est nouveau ? Ça vient de sortir ?

        Le vote blanc n’a aucun poids et les électeurs le savent bien en lui préférant l’abstention, autrement plus significatif politiquement. Contrairement à vos évidences sans nuance, un certain nombre d’abstentionniste ne vote pas pour montrer leur désaccord. Dire qu’ils s’en foutent, c’est un peu rapidement éluder la question du « pourquoi » d’où les réponses simplistes à un raisonnement simpliste.

        Et la liberté, vous en faites quoi?

      3. @ Fod 11 juin 2012 à 00:31

        Si vous voulez être constructifs, commencez par vous poser la question du « pourquoi » et ensuite celle du « comment » avant de nous proposer des solutions simplistes à base d’obligation et de répression.

        On peut même aller plus loin et, pour être pleinement positif, tenter de répondre à la question après avoir fait une analyse et avancé une thèse.

        L’individu est devenu tellement individualiste, qu’il ne prêche la mise en commun, la démocratie, l’octroi de droits collectifs, que pour mieux se défiler, fuir ses devoirs individuels, cacher son manque de courage en fuyant ses propres responsabilités. Ne pas s’impliquer dans la préparation du futur, voila un programme plein d’avenir.

        Jouir au mieux du temps présent, sans se soucier du lendemain.
        « Carpe diem » « Après nous le déluge » « A la grâce de Dieu » voila des mots d’ordre porteurs ! N’a-t-on pas le droit de penser cela et de propager cette façon de voir quand on n’a pas conscience de son devoir, celui de préparer le futur, à seule fin de perpétuer notre espèce ?

        Que la collectivité me donne tout, tout de suite, en n’exigeant de moi le moins possible !

        Voila comment, on peut contribuer le mieux à faire déclasser et périr sa communauté.

      4. @ Fod,

        « Le vote blanc n’a aucun poids et les électeurs le savent bien en lui préférant l’abstention, autrement plus significatif politiquement. »

        C’est n’importe quoi.

        Moi je vous dis que l’abstentionniste préfère râler la semaine et aller à la pêche le dimanche ! Comment faites vous pour me prouver le contraire ! Allez y, j’attends la démonstration que ce que vous dites est vrai.

        « Et la liberté, vous en faites quoi? »

        Quand vous n’aurez plus le droit ni de voter ni de contester, vous ferez quoi de votre « liberté » ?

      5. @ Jean Valjean

        Ça, c’est extraordinaire ! Le monsieur avance une thèse sans preuve et ce serait à moi d’en apporter. Avancez les vôtres d’abord ! Prouvez nous que TOUS les abstentionnistes sans exception vont à la pêche le dimanche et se foutent de la politique. Je m’en délecte par avance. Quant à la technique qui consiste à renverser la charge de la preuve, elle est aussi vieille que le monde et ne constitue en rien un argument. Puisque c’est vous qui avez ouvert le bal, à vous l’honneur !

        Quand vous n’aurez plus le droit ni de voter ni de contester, vous ferez quoi de votre « liberté » ?

        Ben voyons ! Tout de suite les situations extrêmes. L’exagération et l’outrance en guise d’argument imparable. Feriez-vous partie de ces gentils naïfs qui croient encore que leur vote a une portée ? Il y a malheureusement longtemps que la démocratie nous a été confisquée alors voter ou pas, quelle conséquence voulez-vous que cela ait ? Le problème n’est pas dans l’acte de voter stricto sensu, mais dans la participation effective des citoyens à la prise de décision. Plus ils seront éloignés des centres de pouvoir, confisqué par une communauté de politiques professionnels, moins ils se sentiront concernés. Si voter se limite à choisir entre blanc bonnet ou bonnet blanc, l’acte en lui même perd tout sens.
        Dans un tel contexte, l’abstention – je persiste et je signe – reste, pour un certain nombre de personnes, un geste hautement politique.

        PS : je tiens à vous signaler avant que le point Godwin ne soit atteint que je vote et m’y astreins. Pour autant, je ne jette pas l’anathème sur les abstentionnistes. J’essaie de comprendre avant de conspuer.

      6. @ Fod,

        « Le monsieur avance une thèse sans preuve et ce serait à moi d’en apporter. »

        Oui, bien sûr :

        « L’abstention, aussi regrettable soit-elle, n’est pas politiquement neutre. Au contraire, elle fait sens. Interrogez-vous sur ce sens et nous pourrons commencer à discuter. »

        « Le vote blanc n’a aucun poids et les électeurs le savent bien en lui préférant l’abstention, autrement plus significatif politiquement. »

        « Contrairement à vos évidences sans nuance, un certain nombre d’abstentionniste ne vote pas pour montrer leur désaccord. »

        Vous êtes drôle ! Je vous laisse à vos certitudes, vous cherchez juste à avoir le dernier mot, ça ne m’intéresse pas.

        « Ben voyons ! Tout de suite les situations extrêmes. »

        Comment appelez vous le placement sans l’accord de la population concernée des « anciens » de la Goldman Sachs dans divers pays d’Europe ?

        http://www.challenges.fr/galeries-photos/galeries-photos/20111116.CHA7051/ces-anciens-de-goldman-sachs-qui-dirigent-l-europe.html

        « je tiens à vous signaler avant que le point Godwin… »

        C’est sûr que si vous attendez les chemises brunes ou verte, les chars et tout le tremblement, vous risquez d’attendre un moment, si vous pensez que les néo fascistes vont débarquer avec le mot « fasciste » gravé sur le front, vous risquez de passer à côté !

      7. @ jducac

        Avec vous le problème, c’est que vous voyez des devoirs partout et des droits nulle part : devoir de travailler, devoir d’obéir, devoir de se taire, devoir de subir, devoir d’épargner, devoir de se prosterner devant la toute puissance du capital etc… Bref, une axiomatique de la soumission.

        En plus, vous avez la fâcheuse habitude d’être dans le tout ou rien, toujours partisan du tiers exclu, et grand manipulateur de « faux dilemme », incapable de voir toutes les nuances entre le noir et le blanc, en d’autres termes dans une généralisation abusive et un simplisme quasi permanent.

        Jamais, il ne vous arrive de penser que l’on puisse être à la fois dans le « Carpe Diem » et avoir le souci des autres ? Vous est-il impossible d’imaginer qu’un individu puisse être pluriel dans sa façon de penser et d’agir, tout en gardant une certaine cohérence? Vous paraît-il insensé que l’on puisse à certains moments pratiquer le « carpe diem » et à d’autres se consacrer exclusivement au bonheur des autres, à la défense de leurs intérêts, à une réflexion sur les grands problèmes de société ?
        Nous ne sommes pas des machines – n’en déplaise à l’ingénieur que vous avez été – réglées comme du papier à musique et fabriquées sur le même moule. Si notre physicalité est une, notre intériorité est multiple, « divers et ondoyant » dirait Montaigne, évoluant selon un rythme sinusoïdal autour d’une ligne d’équilibre.

        Avant de sortir des propos comme celui-ci

        « Que la collectivité me donne tout, tout de suite, en n’exigeant de moi le moins possible ! »

        , vous devriez aller visiter le site du MAUSS (auquel participe Paul Jorion), en lien sur la page du blog et plus particulièrement celui-ci où vous trouverez une mine d’or intellectuelle, notamment sur le paradigme du don qui prend le contrepied de l’axiomatique de l’égoïsme. Lisez les introductions de tous les ouvrages mises gratuitement à votre disposition et peut-être que vous changerez d’optique en reléguant vos conceptions utilitaristes et économicistes au placard… peut-être…

      8. @ jducac

        quand on n’a pas conscience de son devoir, celui de préparer le futur, à seule fin de perpétuer notre espèce ?

        actuellement on prépare le futur de qui ?

        celui des possedants et de leurs larbins , sans aucun doute

        quant à l’avenir de l’humanité, c’est bien le dernier soucis de toute cette engeance

      9. @ Fod 11 juin 2012 à 15:59

        Avec vous le problème, c’est que vous voyez des devoirs partout et des droits nulle part : devoir de travailler, devoir d’obéir, devoir de se taire, devoir de subir, devoir d’épargner, devoir de se prosterner devant la toute puissance du capital etc… Bref, une axiomatique de la soumission.

        Mais pourquoi donc introduisez-vous « l’autre » dans le débat ? Dès votre deuxième mot, vous avez déjà exporté l’analyse du problème en impliquant « quelqu’un d’autre ».
        Pourquoi tout de suite, donnez-vous l’impression d’imputer l’obligation du devoir à l’exécution d’une volonté ou d’une imposition de « quelqu’un d’autre » que vous ?

        Là, vous vous adressez à un « jducac » qui ne représente, tout comme vous, qu’1/ 7 000 000 000 000, c’est-à-dire pratiquement rien d’une entité appelée espèce humaine, partie de presque rien, de quelques cellules vivantes, lesquelles se sont multipliées, ont transformé une planète entière, tout cela pour seulement permettre à la communauté des hommes, en survivant depuis ses origines, de mieux connaître et comprendre la marche du monde.

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Origine_%C3%A9volutive_de_l'Homme

        L’accomplissement d’un devoir peut très bien ne dépendre que de soi, et ne résulter que du simple état de conscience de son rôle, extrêmement ténu, mais essentiel, au sein de son environnement.
        Chacun de nous, au sein de la communauté des hommes, ne compte pas pour plus 1/ 7 000 000 000 000 des « électrons » qui pèsent presque rien individuellement, mais qui ne comptent que parce que nous gravitons tous autour de notre attracteur commun « notre humanité ».

        Personne ne nous a fait un devoir de respirer, depuis que nous avons poussé notre premier cri et pourtant nous l’avons fait. Personne ne nous a fait un devoir de consommer pour alimenter votre vie, afin de l’entretenir et lui permettre de se perpétuer et pourtant nous l’avons fait, poussés par la vie qui était en nous.

        Personne ne nous a fait un devoir collectif de chercher à mieux connaître et mieux comprendre l’univers auquel nous appartenons. Pourtant, nos prédécesseurs s’y sont attelés et nous y participons tous un peu. Alors, pourquoi ceux qui nous suivent ne se sentiraient-ils pas en devoir de poursuivre l’aventure ?

        Ah bien sûr, il faut qu’ils puissent le faire. Il faut que nous leur laissions une situation qui leur permette de le vivre et cela ne dépend que de nous, de l’idée que nous nous faisons de notre rôle et du devoir que nous-nous assignons collectivement, en ne nous soumettant à personne si ce n’est à l’idée que nous nous faisons de notre devoir.

        Vous est-il impossible d’imaginer qu’un individu puisse être pluriel dans sa façon de penser et d’agir, tout en gardant une certaine cohérence? Vous paraît-il insensé que l’on puisse à certains moments pratiquer le « carpe diem » et à d’autres se consacrer exclusivement au bonheur des autres, à la défense de leurs intérêts, à une réflexion sur les grands problèmes de société ?

        Carpe diem, oui, mais est-ce acceptable que certains en fassent une règle de vie de chaque instant durant toute une vie et propage une telle façon de se comporter ? Personnellement, je ne le pense pas.

        Quant à « se consacrer au bonheur des autres » le mieux que l’on puisse faire en ce domaine, est d’aider chacun à construire lui-même son propre bonheur. L’amener à se prendre personnellement en charge, à surmonter les difficultés qui se présentent, au lieu de se laisser aller à mettre en cause « quelqu’un d’autre ».

        Nous ne sommes pas des machines – n’en déplaise à l’ingénieur que vous avez été – réglées comme du papier à musique et fabriquées sur le même moule. Si notre physicalité est une, notre intériorité est multiple, « divers et ondoyant » dirait Montaigne, évoluant selon un rythme sinusoïdal autour d’une ligne d’équilibre.

        Désolé Fod, avant d’être des hommes pensant et nous projetant dans le futur, nous avons été des machines et nous sommes restés des machines. Nous sommes des bactéries évoluées qui consomment de l’énergie pour vivre et se perpétuer à seul fin de donner un sens au temps. C’est notre devoir d’en prendre conscience et d’en faire prendre conscience.

        Lisez les introductions de tous les ouvrages mises gratuitement à votre disposition et peut-être que vous changerez d’optique en reléguant vos conceptions utilitaristes et économicistes au placard… peut-être…

        Sans s’interdire les nourritures immatérielles, il faut aussi se préoccuper de l’aspect matériel et de l’énergie qu’on y puise pour perpétuer la vie. Les gens du Mauss ne peuvent pas nier que sans leurs semblables qui se sont consacré à la matérialité de la vie, ils n’auraient pas pu vivre et développer leurs pensées et réflexions. Or, si les intellectuels de profession vivent, c’est parce que d’une manière ou d’une autre, ils ont été en mesure d’échanger de l’immatériel, contre du matériel pour s’alimenter et vivre matériellement.

        Jusqu’à preuve du contraire, il faut de tout pour faire un monde. Y compris des personnes qui se consacrent aux utilités que d’autres consomment pour vivre, même les anti-utilitaristes.

      10. @ J.Gorban 12 juin 2012 à 06:40

        Actuellement on prépare le futur de qui ? Celui des possédants et de leurs larbins, sans aucun doute quant à l’avenir de l’humanité, c’est bien le dernier souci de toute cette engeance

        Mais le futur, c’est nous. C’est ce que nous en ferons en interagissant avec notre environnement. Nous le façonnons collectivement et, en retour, il nous oblige à évoluer en fonction des évolutions que nous lui imprimons.

        Pourquoi toujours revenir à la question de propriété (aux possédants) et celle de soumission (les larbins) ? Chacun de nous n’est il pas alternativement l’un et l’autre ? C’est ainsi que l’on s’achemine vers le futur et que notre communauté progresse sur l’axe du temps, en plaçant un pas devant l’autre.

        Aujourd’hui, à force de refuser de prendre de la hauteur et de regarder là où pouvait nous conduire le chemin emprunté collectivement, nous constatons avec effroi que nous nous sommes engagés dans une impasse. Il nous faut faire marche arrière, battre en retraite, revenir là où nous étions il y a 65 ans, voire-même deux siècles en arrière, lorsque nous n’avions pas encore commencé à dilapider le capital énergétique que la nature avait accumulé en son sein depuis des millions d’années.

        Inutile d’opposer possédants et larbins, il faut dépasser cela et s’atteler à la tâche tous ensemble en épargnant nos ressources afin de nous donner davantage de chances d’en avoir encore suffisamment pour revenir à la bifurcation que nous avons laissé passer.

      11. jducac

        Quelle bifurcation ?

        Celle qu’évoque Jorion ? C’est à dire celle où l’on expliquait encore l’économie en termes de rapports sociaux, avec les entrepreneurs, les capitalistes et les salariés.

        Si c’est autre chose ce à quoi vous pensez, il ne s’agit pas d’une bifurcation, mais d’un ordre social figé, d’un passé révolu. Il s’agit alors d’une régression. Ce n’est pas parce que le mode de développement colonisateur de la planète et capitaliste a atteint ses limites que nous devrions nous tourner vers des solutions où il s’agirait seulement de restreindre la consommation en ressources non renouvelables.

        Il faut vous interroger sur lien existant entre un certain système, le nôtre, avec ses présupposés et la dilapidation des ressources. J’attends toujours votre réfutation de la science économique actuelle comme pseudo-science. Tant que vous ne daignerez pas faire un peu d’épistémologie vous ne sortirez pas de votre cadre.

      12. @ Pierre-Yves D. 13 juin 2012 à 11:04

        Quelle bifurcation ? Celle qu’évoque Jorion ? C’est à dire celle où l’on expliquait encore l’économie en termes de rapports sociaux, avec les entrepreneurs, les capitalistes et les salariés. Si c’est autre chose ce à quoi vous pensez, il ne s’agit pas d’une bifurcation, mais d’un ordre social figé, d’un passé révolu. Il s’agit alors d’une régression

        Non, la bifurcation que j’évoque, n’est pas celle qu’a évoquée Paul Jorion. La mienne est bien moins philosophico-politique et bien plus concrète et matérielle. Elle me semble bien plus essentielle, bien plus capitale et bien plus critique que celles qui s’intéressent aux rapports sociaux, au fait que certains sont plus débrouillards que d’autres, pris individuellement ou par regroupements, locaux, régionaux, nationaux, continentaux.

        Avant de s’intéresser aux rapports sociaux et aux règles de partage de ce qui permet à chacun de vivre, il convient, d’après ce que je ressens, de s’intéresser de toute urgence à ce qui permet à nos communautés de vivre. A savoir l’énergie.

        Autrement dit, au lieu de s’obliger à penser à « l’humain d’abord », à l’individu d’abord, il me semble primordial de penser à la « communauté d’abord » toute imparfaite qu’elle soit. Il importe de veiller à la faire survivre d’abord, pour qu’elle ait la possibilité de se perpétuer et de s’employer, ensuite, à perfectionner son fonctionnement.

        Là où notre communauté s’est trompée, c’est quand, pour bien vivre et en faire profiter le plus grand nombre, elle a pris la mauvaise branche dans la bifurcation. Lorsqu’elle s’est engagée dans la voie de la consommation de notre capital commun, celui des réserves d’énergie non renouvelables. C’était une faute économique, capitalistique et écologique qu’il est urgent de corriger.

        Ce n’est pas parce que le mode de développement colonisateur de la planète et capitaliste a atteint ses limites que nous devrions nous tourner vers des solutions où il s’agirait seulement de restreindre la consommation en ressources non renouvelables.

        Quand un animal domestique n’a pas encore appris à se comporter convenablement dans son environnement, comme cela arrive avec les jeunes chats, il n’y a souvent pas d’autre solution que de lui mettre le nez dans ce qui sent mauvais pour qu’il se corrige.

        Nous en sommes là en occident, et particulièrement en Europe occidentale, surtout dans le Sud. Il faut que les peuples comprennent et que leurs élites plus rêveuses que pragmatiques, le comprennent aussi. Ça n’est pas le capital et l’esprit capitaliste qui est nuisible pour l’avenir de l’humanité, mais la consommation excessive, celle qui amène à dépenser plus que ce que l’on gagne et à aller jusqu’à consommer le capital tant qu’il y en a.

        Certains peuples et leurs élites l’ont compris. Je ne crois pas que ce soit une question d’épistémologie ou de sortie mentale du cadre. C’est pour cela qu’il me semble de mon devoir de le faire percevoir et comprendre. Il est inutile de parler de science économique. Il suffit de bien saisir les bases du fonctionnement économique, qui sont très simples. Même les gens les plus modestement dotés intellectuellement les ont comprises. Le problème est venu de ce que des élites ont volontairement complexifié les choses afin d’en tirer profit. D’autres ont orienté leur décryptage afin d’en tirer des profits politiques. Je pense que les uns et les autres finiront par devoir changer d’avis.

        PS : Je vous ai également répondu ici :
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=37924#comment-330418

  20. L’interprétation des interprétations qui se font ou se feront de la magie-démocratie …

    « Il faudrait conserver la profondeur de la magie.
    Oui, l’élimination de la magie a ici le caractère de la magie elle-même. »

    D’après ce que j’en ai compris, Wittgenstein définit la pensée magique comme la persistance du rite magique, au-delà même de la réalité des effets de la magie elle-même. C’est cette persistance, cette récurrence qui permet à la magie de perdurer mais aussi de conserver l’état du monde tel qu’il est et tel qu’il a (toujours) été. Et ce faisant, la magie d’affirmer que sans elle et ses rites, le monde ne serait plus ce qu’il est et a été.
    Au-delà même de la réalité de la magie ou non, des croyances mêmes de ceux qui la pratiquent, l’essentiel est bien la pratique, pas les croyants, ou la magie.

    Si on transpose cela à la démocratie, on en retient que l’essentiel est bien la pratique (le vote), au-delà même des croyants (les électeurs) et de leurs croyances (les idéologies), sans qu’il soit nécessaire finalement de savoir si la magie (la démocratie) est réelle ou non.
    La fin ou la désaffection croissante des croyants dans les rites permet rétrospectivement d’expliquer aux croyants les raisons de l’absence d’effets de la magie (la démocratie) et de se focaliser sur la pratique des rites (les élections), pour que la magie reprenne de sa vigueur et de ses effets (plus de démocratie). Quand les croyants cessent de croire dans ses effets, ils cessent alors de pratiquer les rites.
    Ce faisant, la pensée magique est une pensée circulaire : elle s’auto-fonde et s’auto-explicite, dans son lien à la réalité.

    Les élections, les électeurs, la démocratie, c’est pareil : nous ne faisons que constater ce soir la désaffection croissante des croyants envers les rites de la magie, laquelle se délite par manque de pratiquants, laquelle exhorte les pratiquants … à pratiquer, afin de sauvegarder le monde en état. Ce qui ne permet absolument pas de comprendre pourquoi les croyants cessent de croire.
    Cela me rappelle les sacrifices humains des aztèques, qui devaient être accomplis pour permettre de régénérer le monde dans lequel ils vivaient (5 mondes au total). Le rite était vital, au sens d’anthropologique : sauver l’espèce humaine et plus largement le monde dans lequel il vivait, sous peine de destruction.
    Mais quand les espagnols ou les maladies vinrent ravager ce monde aztèque, ils augmentèrent les rites, soit les sacrifices, sans pour autant modifier quoique ce soit à la réalité vécue. Les aztèques cessèrent alors progressivement de croire dans leurs rites et cessèrent de les pratiquer et la fin des pratiques accélérèrent la fin de leur monde (réellement et magiquement). Ils se tournèrent alors massivement vers les nouveaux rites des nouveaux maîtres : le christianisme.

    Comme il l’écrit, en le paraphrasant, il faudrait conserver la profondeur de la démocratie et son élimination [i.e. telle qu’elle est actuellement] serait le caractère de la démocratie elle-même : c’est le principe même de la pensée magique, la renaissance après la mort symbolique.

    La question n’est donc pas de chercher le rite qui remplacera les élections pour refonder la magie-démocratie.
    La question est bien de savoir pour quelles raisons les croyants ont cessé de croire en sa magie.
    A mon humble avis, c’est parce qu’elle ne produit plus d’effets sur la réalité ou produisant toujours la même réalité.
    Pour conserver la profondeur de la démocratie, il faudrait donc un acte qui vienne éliminer la reproduction stérile du même pour la procréation d’autre chose.

    Quel serait cet acte ?

    1. J’adhère entièrement. Voilà qui fait parfaitement écho (et complète) ma seconde intervention sur le fil « REGRESSIONS », hier…

    2. l’ancien monde aurait tendance à se pétrifier s’il veut se conserver . et comme cela ne semble pas possible il semble aussi qu’il préférerait son suicide . c’est étrange, comme posture d’entêtement .
      alors qu’en fait , s’il lâchait prise, il pourrait renaître par ceux qui suivent .
      sans doute , que de toutes façons, les choses ne pourrons pas être instituées , mais s’inscrire de façon progressive dans un nouveau mode de pensée .
      les murs tomberaient tout seul , par la force des choses ( on peut au moins le souhaiter et peut-être le constater )

  21. Hors sujet, J.K Galbraith

    « Les mensonges de l’économie », 2004

    Kenneth n’est pas karl (Marx), il redoute principalement la guerre ( « La guerre reste l’échec humain décisif » ) l’emprise des Pdg ; il pense néanmoins en termes de cycles et ne voit pas la fin venir, ne se pose pas le problème de l’équilibre. D’ailleurs toute la transformation du capitalisme par la robotique lui échappe. Typique, de ces génies du Kansas comme dirait l’autre…. tous les intellectuels américains sont comme ça, il leur manque le mordant, une certaine dose de folie. Consensuel malgré son humanisme de gauche, il dénonce toutes les fictions qui règnent dans l’économie (la distinction public /privé, l’efficacité de la fed, l’économie de marché, l’esquive élégante de la réalité en ce qui concerne la fed), il ne voit pas que ça va mal finir pour des raisons internes à l’économie :

    « On l’a vu, le passage des bonnes aux mauvaises périodes, puis finalement des mauvaises aux bonnes est imprévisible. (…) Puis à un certain moment, il y reprise. »

    Cet aveu sur l’imprévisibilité de la part d’un économiste chevronné, est étonnant. Il dit notamment que la politique de baisse des taux de la FED ne sert que le bâtiment et que ça n’a pas d’influence sur le reste. Keynésien très classique, qui voit l’importance de la demande.

    Mais finalement aucune théorie de l’argent comme crédit, compréhension du crédit. Par rapport à Keynes, sur ce petit livre, il est même en retrait, plus sociologue qu’économiste.

    J’ai mis J.B.Say sur la tête… Say l’apocryphe. Si Frankenstein existe, il a la tête de J.B Say, et il va revenir. J’espère qu’il sera le cauchemar des libéraux. Le mensonge qu’il a oublié de souligner, concerne le réinvestissement de l’épargne.

  22. Amsterdam, 10 juin 2012

    Chèr(e)s ami(e)s,

    1. Se réjouer de la chute d’une partie de la démocratie, c’est à dire de la démocratie représentative, ne me paraît pas trop sage, sachant où menait l’abstention ‘ad fundum’ (et même au-dela du fond..) dans d’autres sociétés en profonde crise. Je pense notamment au Brésil et à la Colombie pendant la conquête de leurs sociétés par une section du capitalisme trop souvent oubliée, aussi ici au BLOG, les réseaux obscures des capitaux illégaux, suivant les calculs des Nations Unies, plus élevés que jamais avant dans l’histoire.

    Et, signe de la crise profonde dans les diverses cultures, ‘médicament’ logique contre la douleur psychique des jeunes et des adultes de nos sociétés: l’auto-anesthésie.

    2. Si vous pensez que cela se passe très loin de chez vous, alors, pour une fois, lisez un commentaire de Jacques Attali que je partage complètement. Après la guerre Sarkoziste et Blairiste au Libye, les Touaregs bien armés se trouvent maintenant non seulement devant les portes de Mopti au Mali, mais sont en train de ravager le patrimoine historique de Timbouctou, et ne vont certainement pas oublié quel est l’intérêt du Niger pour la folie nucléaire en France..

    En outre, « the war on drugs » pourrait avoir détruit les FARC en Colombie, mais certainement pas les réseaux de tranfert de la platine blanche de nos temps, le fameux poudre dont monsieur Freud était le grand promoteur. Et ces réseaux, si l’on ne veut ou pas, marchent certainement via Libéria et Sierra Léone (ou nos ami(e)s les maffiosi parcourent ouvertement les villes et les campagnes), vers le Mali, et sont dominés là bas par les même tribus Touaregs et autres.

    3. Les ravages qui vont se réaliser en Europe avec l’effondrement du système socio-économique et financier, seront aggravés énormément par la pénétration plus intense des bandes hors-loi et du commerce hors-loi des stupéfiants.

    Et vous croyez vraiment que M. Rajoy, ou M. Hollande vont arrêtez la consommation parmi ses populations? Et vous croyez vraiment que M. Rajoy et M. Hollande vont pouvoir mobiliser les pouvoirs étatiques contre les intensifications des importations et des consommations illégales?

    Alors, ils rêvent. Ils ne savent même pas par quels drames les sociétés de l’Amérique Latine sont passés dans les 30 ans passés.

    Et, ils n’ont aucune idée réelle des pouvoirs des réseaux illégaux des capitaux.

    On pourrait comparer cet aveuglement avec la réaction des gens au pouvoir aux observations de Paul Jorion dès l’intérieur des machines de la production de la folie financière: les gens au pouvoir préfèrent de rêver… de ne pas écouter, et de continuer avec des politiques auto-déstructrices.

    4. Contre toute imagination, c’étaient des mouvements AUTONOMES des citoyens en Amérique Latine, qui ont rompu le silence international sur les ravages y provoqués par les consommations de la cocaine par exemple ici en Europe, mais, c’est logique, majoritairement aux Etats Unis.

    Eux, les citoyens, qui se sont exprimés massivement par l’abstention presque totale contre la corruption de la démocratie représentative, ont créeé dans les 8 – 10 années passées partout en Amérique Latine des mouvements de citoyens préoccupés. Qui se sont transformés en mouvements de participation réelle dans la prise des décisions et qui, partout, ont imposé de nouvelles formes de surveillance civique, et de vérification et de contrôle additionnelles.

    Au Brésil, Dilma Rousseff n’aura pas pu émerger sans ces mouvements de base, d’abord en Rio Grande del Sul. En Colombie, Sergio Fajardo (maintenant gouverneur de l’Antioquia), la même chose. Au Pérou: c’est égal. Etc.

    5. Ainsi, la première chose qu’on pourrait apprendre en France (et en même temps en Angleterre, avec EXACTEMENT le même problème) c’est qu’on ne peut pas continuer impunément à violer les principes de base de la Triaspolitica de Montesquieu.

    C’est INCROYABLE qu’en France (comme en Angleterre) les ministres peuvent être membres du Parlement, et j’estime qu’une fraction très grande du peuple Français ne veut plus continuer avec cette infraction à l’impossibilité de combiner l’exécutif avec le contrôle. Parceque, c’est cela, plus que l’aspect législatif, qui est scandaleux.
    Qu’en France (comme en Angleterre) le Pouvoir Exécutif se Contrôle lui-même…

    Alors, pourquoi aller aux scrutins pour des élections FAUSSES. Choisir une deuxième fois l’exécutif? Pourquoi?

    Ainsi, la crise en France et puis en Europe sera une multi-crise dans les mois et les années qui viennent.

    Et « le reveil des humiliés » de notre ami Attali sera plus écrasant qu’il ne l’aura su au moment qu’il écrivait son livre, et viendra des cotés plus proches que pensé jamais avant: auprès de chez lui et auprès de chez nous tous. Alimenté par la chute du capitalisme, la conquête de l’espace par l’illégalité sera aussi rapide en France et en Europe, comme la conquête des Touaregs du Nord du Mali.

    Ce que nous pouvons apprendre de nos soeurs et de nos frères en Amérique Latine est, qu’íl nous faut urgemment une croissance accellerée de nos consciences, de nos analyses, de nos courages, de nos solidarités et de nos capacités auto-organisatrices.

    Et bienque nos problèmes puissent se présenter comme des problèmes isolés à nous en Europe, en réalité sont des problèmes de toute l’humanité, ou, mieux dit, de chaque femme, chaque homme et chaque enfants vivant(e) à notre belle planète.

    Le grand jour est là.

    Bien à vous tous,

    Johan Leestemaker

  23. Législatives: majorité absolue à l’Assemblée pour PS-EELV

    dimanche 10 juin 2012, 23:21

    La majorité présidentielle (PS, divers gauche, écologistes d’EELV) obtiendrait la majorité absolue à l’Assemblée nationale dimanche prochain, même dans les scénarios les moins favorables pour elle, selon les dernières estimations de TNS Sofres et Ipsos. Selon une deuxième projection de TNS Sofres en sièges affinée et basée sur les résultats du 1er tour, le PS et ses alliés PRG, MRC et divers gauche recueilleraient de 285 à 320 sièges, le milieu de la fourchette se situant à 302, a précisé l’institut. En ajoutant Europe Ecologie/Les Verts, qui est crédité de 14 à 20 sièges, cela ferait au minimum 299 sièges, dix de plus que la majorité absolue à l’Assemblée (289).

  24. Bonjour,

    Je ne vois aucun intérêt à me déplacer pour aller faire le pitre derrière un rideau en donnant ma voie à l’un ou l’autre de ces charlots (et je reste poli) qui sont complètement incapables de voir plus loin que le bout de leur mandat & qui feront une politique suivant les incitations que leurs feront miroiter les divers lobbies.
    De toute façon, quand on réalise pour qui roule tous ces gens-là, aller faire le mariolle dans un isoloir, c’est se tirer soit même une balle dans le pied.

    Cordialement.

  25. abstentionniste acharné revendiquant simplement l’intégration du vote blanc dans les pourcentages du décompte définitif, après, on causera… et d’avance merci aux moralistes de tous
    poils de bien vouloir ranger leurs « yakas » de bistrot. Et pourquoi-pas constituer un parlement élu
    par tirage au sort (évitant de fait la professionnalisation et ses « tares » consubstantielles, et aussi,
    cela permettrait une économie des frais « astronomiques » d’organisation, de propagande etc…)

    P.S. et 2 points pour Martine

    1. Et bien votez blanc dès maintenant alors ! Abstentionniste, vous laissez les autres décider de la raison de votre « non choix » à votre place ! Prouvez moi le contraire !

      1. Vous essayez , peut-etre, de nous expliquer que Cosette doit voter pour les Tenardier, c’est ça? j’ai bon?

      2. J’essaie de vous expliquer que Cosette doit voter pendant qu’elle le peut encore, c’est plus clair pour vous ?

      3. Ne vous est-il pas venu à l’idée que parmi ceux qui ne votent pas, il puisse en être qui ne sont pas « démocrates » ou « républicains » et qui, pour des raisons parfois très respectables, et parfois non, conchient* la démocratie représentative et aussi que certains, un peu perdus, font un dimanche le contraire de ce qu’ils ont fait un dimanche précédent ?
        Ce que je veux dire ici c’est qu’en dehors de quelques milliers de libertaires décidés, très opposés à toutes les formes d’Etat, ceux qui ne votent pas, comme ceux qui votent, ne font pas des choix raisonnés.

        * le verbe conchier est présent dans le dictionnaire le Grand Robert.

      4. Bonjour jean,

        Il ne peut exister de « non choix ».
        Même si vous décidez de ne pas choisir, vous avez tout de même fait un choix.

        Cordialement.

      5. @ Marlowe

        Pour ne pas participer, il suffit de ne pas s’inscrire sur les listes électorales.

      6. à Jean Valjean,

        Cela fait plus de 40 ans que je m’obstine à ne pas être inscrit sur les listes électorales, et pourtant j’existe.

  26. Dire que les temps changent, est certainement vrai pour les ministres nouvellement élus.
    Pour reste c’est à voir dans les détails.

    La droite lepeniste sera très faiblement représenté, c’est bien, sans aucun doute mais guère démocratique, la gauche républicaine radicale aura dans le meilleur des cas, un groupe sans tête à la chambre, pourquoi pas?.
    Pour le reste le centre droit s’éclipse totalement,les astronomes politiques ne savent dirent pour combien de temps.
    Les deux partis de gouvernement n’ont jamais si bien porté leur nom, tous va bien de ce côté là.

    L’Europe à Bruxelles peut être rassurée, elle avance…en sautillant sur sa chaise.

    Les vents poussent sur nous les noires nuées, c’est peut être la pire meilleure nouvelle?

  27. Et si, tout simplement, le fait que les gens ne votent plus – ou ne croient plus dans la « magie » du vote- était déjà une preuve du changement. Et si le gens ne voulaient plus d’une société à domination pyramidale, mais plutôt une société d’échanges et de réseaux, sur un même niveau (horizontal, comme sur ce blog) ??

    Notre monde a changé profondément, sans que l’on s’en doute, et la jeune génération a une autre vision de notre monde, bien plus sereine, sans trop d’illusion et adaptée au présent, mais c’est une vision trop segmentée. Les aînés ont le devoir de les encourager à affronter l’existence, mais aussi à leur offrir les moyen de mieux comprendre les mécanismes de nos sociétés, dans leur durée et dans leur espace (l(Histoire et le dessous des cartes). C’est ce qui leur permettra de comprendre et d’agir en évitant d’être (trop) dominés.

    Les pratiques changent, et c’est bien. Les rites suivront.

    1. « Et si, tout simplement, le fait que les gens ne votent plus – ou ne croient plus dans la « magie » du vote- était déjà une preuve du changement. Et si le gens ne voulaient plus d’une société à domination pyramidale, mais plutôt une société d’échanges et de réseaux, sur un même niveau (horizontal, comme sur ce blog) ?? »

      Vision idéaliste ! Pardon !
      Mais croyez-vous que les détenteurs de cartes électorales viennent s’informer sur le blog de Paul?
      Leurs réalités quotidiennes se trouvent plutôt dans les journaux des TV qui ne sont pas là pour leur distiller une quelconque pédagogie politique, mais plus certainement une lobotomisation pour qu’ils courent bien vite vers la grande surface la plus proche et érigent des murs autours de leur maisons quand ils en possèdent une.

      1. erde

        Pour connaitre ce blog,il faut connaitre Paul Jorion
        Pour connaitre Paul Jorion,il faut être très curieux d’un monde qui nous échappe nous les sans grade,ou un hasard….ou,un film retraçant la vie de Paul Jorion

      2. @ Erde
        En effet, DES « gens » comme vous dites s’enferment dans des habitudes… par peur du changement, par facilité. Mais ne pensez-vous pas qu’à présent chacun est conscient qu’il se passe quelque chose d’inhabituel? Et ces gens-là aussi. Alors, vous qui vous tenez informé et n’êtes pas idéaliste (donc esprit pratique?) qu’attendez-vous pour contribuer à sortir ces gens de leur torpeur? Ne me dites pas que cela ne sert à rien, et que vous avez baissé les bras.

  28. Les partis socialistes révolutionnaires de la fin du XIXè siècle ont cru ingénument que la conquête du suffrage universel, dans des Etats où la prolétarisation des masses allait bon train, porterait irrésistiblement la classe ouvrière au pouvoir. Depuis, ils ont déchanté… ou se sont résignés à la « gestion loyale » de l’ordre bourgeois.
    On sait que dans les centres impérialistes la bourgeoisie domine plutôt « au consensus » qu’à la « coercition » : elle s’efforce d’obtenir l’adhésion des classes dominées aux valeurs, aux finalités, aux options conformes à ses intérêts de classe, plutôt que de contraindre les dominés, les producteurs par la force, même si la menace de la violence est inscrit dans l’inconscient historique. L’ « hégémonie », disait Gramsci, c’est quand une minorité arrive à convaincre une majorité que la défense de ses intérêts particuliers convient à l’intérêt général. La violence de la crise du capitalisme peut modifier rapidement et brutalement ce mode de domination par l’émergence de luttes.
    L’état n’est en définitive, qu’une bande d’hommes en armes au service du capital.
    Mais la société capitaliste – même avancée – étant déchirée par les antagonismes de classes, la production du consensus est rien moins que spontanée. Elle s’effectue délibérément et systématiquement au moyens d’un ensemble complexe d’appareils d’hégémonie publics ou privés, qui vont des grands moyens d’information et de communication de masse à l’Eglise, la famille, la caserne, l’école, le sport ; en passant bien sur par l’usine qui comme chacun sait ne produit pas seulement des biens matériels mais de l’idéologie et des rapports sociaux. (cf. Robert Linhart, l’Etabli, Ed . de Minuit 1978).
    C’est ce travail quotidien de production et de reproduction du consentement et de la servitude volontaire que les élections viennent périodiquement entériner. Celles-ci ne sont qu’un instrument de mesure, une photographie de l’opinion à un instant donné. Elles ne produisent pas elles-même cette opinion. Laquelle se forme pour l’essentiel hors de la sphère électorale, dans toutes les pratiques sociales telles qu’elles sont structurées par les rapports sociaux dominants et les institutions qui les cristallisent.

    LES ELECTIONS SE GAGNENT HORS DES CAMPAGNES ELECTORALES ET HORS DU CHAMP DE LA POLITIQUE INSTITUTIONNELLE :
    Pour que les élections n’enregistrent pas simplement « la domination des dominateurs », et une alternance sans alternatives, le mouvement anti-capitaliste, le « mouvement ouvrier » doit intervenir longtemps avant l’échéance électorale, au niveau du procès de formation du consensus lui-même.
    C’est dans les luttes, même élémentaires, dans les formes d’auto-organisation que se forge la conscience d’intérêts communs et que se brise la vision du monde distillée par l’ordre dominant qui se présente toujours comme un « ordre naturel ». En dehors de grandes mobilisations populaires, c’est devant cet « ordre naturel » que se prosternent tous les opportunistes, surtout quand ils conservent certains liens et certains avantages dans les rapports de productions qui structurent ce modèle social, vécu alors pour chaque individu, comme un horizon indépassable.

    1. Je suis accord avec vous quand vous dites que, d’une certaine manière les élections sont, dans les pays où règne la démocratie représentative – en fait les lois du marché -, un véritable indicateur de la servitude volontaire.

  29. J’adore les « démocrates » qui dénoncent la démocratie quand le contenu des urnes ne répond pas à leurs attentes. J’aime aussi ceux qui ne vont pas voter pour se donner l’impression d’être majoritaires par l’abstentionnisme.
    Je renvoie beaucoup de commentateurs aux propos d’un ancien premier ministre anglais sur le système démocratique.

  30. Merci Paul pour ces remarques du grand Wittgenstein, que je relis chaque fois avec les mêmes yeux d’enfant et la même émotion. Par ailleurs, sa distinction entre propositions expressives et propositions cognitives est fort utile pour comprendre les « débats » politiques tels ceux d’hier soir.

  31. C’est l’élection qui est ridicule ou les hommes politiques, voire le monde la finance, du capitalisme dévoyé – ces derniers étant plus dangereux qui ridicules ?
    Depuis quelques temps, avec l’attaque sur les députés et sénateurs (faisant suite à celles contre les enseignants, les pharmaciens, les taxis, les chercheurs du GIEC….) qui seraient un véritables gangs de maffieux, l’heure est à l’idée du démantèlement de ce qui fait fonctionner la démocratie, à la disparition de l’Etat ainsi du citoyen livré en pâture.
    Des gens stupides, gagnant 10 000/mois (plus que les députés…) , j’en rencontre souvent dans mon patelin, et pas des plus sympathiques, plutôt des plus… magouilleurs, et ce type de personnage est très enclin à renverser la table, pour magouiller encore plus, assumer leur violence envers les plus faibles, bref, à se moquer des élections. Ceux-là, ne sont jamais remis en cause, malgré ce qu’ils peuvent nous couter.
    Je suis donc surpris par ce que je lis. Il faut remonter à l’origine du mal, jusqu’à la vérité et tenter de proposer des solutions, contrôler, punir, mais profiter d’une crise pour tout jeter et se tromper de cible, c’est, le saut dans le vide. Ou l’envie de ne rien régler ?

  32. Et si pour s’amuser un peu, on tirait au sort (parmi des volontaires qualifiés autrement que par la longue suite de compromissions permettant d’arriver au sommet) un % d’élus équivalent à celui des vote blancs et nuls, je ne sais pas combien il y a eu de votes blancs et nuls pour les législatives mais pour la présidentielle, c’était environ 6 % soit plus de 30 députés retrouvant une liberté de parole, ça serait pas mal pour commencer.

  33. Joly out, Mélenchon out, Bayrou out…

    Morale: le courage et/ou l’honnêteté ne paye pas en politique, sauf peut-être en période de crise très grave ( et encore ?).

    A cette aune, il semblerait que la majorité de ceux qui s’expriment par leurs votes vivent encore, malgré tout, assez confortablement.

    Quant à ceux qui expriment leur mécontentement par le vote, ils vont grossir le score du FN…

    Tous les autres vont à la pêche ou cueillir les pâquerettes.

    Tout va bien, tout va très bien! Pas de risque de changement en vue: « business as usual ».

    C’est la démocratie antenniènne

    1. « le courage et/ou l’honnêteté ne paye pas en politique »

      Des exemples de « grandes » réalisations concrètes de ces personnages ?

      1. @Pignouf 1er

        Mon intention n’était pas de faire l’apologie de ces « personnages » comme vous dites.

        Simplement ils/elles ont eu le courage en campagne, me semble-t-il, de ne pas tomber dans la facilité de la démagogie, ou de ne pas dévoiler ses batteries comme d’autres.

        Quant à leur réalisations, je laisse leurs historiographes s’en occuper.

        Mais j’attends maintenant de voir les réalisations, de ceux qui ont toutes les manettes, pour juger sur pièces.

        Pour ceux qui ont eu les manettes avant eux, je crois inutile de rappeler leurs réalisations, ce doit être encore frais dans votre esprit.

      2. Parce que le bi-partisme et l’alternance au pouvoir depuis des décennies ont -ils réalise concrètement de grandes choses ?
        A part une mille-feuille de lois et réglementations ont-ils prévu la déroute de ce système ?
        Le constat est aisé à faire….et les slogans faciles à contourner !

  34. Amsterdam, 11 juin 2012

    @Eole

    Après vos leçons sur la démocratie, une petite question à vous.

    Ne serait-il pas beaucoup plus proche de la vérité démocratique représentative de laisser VIDES 43 % des chaises à l’Assemblée Nationale approchante, pour aider, tous les jours, les occupant(e)s des 57 % chaises restantes de se souvenir le scandal de leur participation active à la violation de la TriasPolitica en France et de les MONTRER en réalité ce qui veut dire la faillite de leur attitude?

    Ou est-ce que vous préférez d’attendre le résultat de la bataille entre la mère des enfants de François Hollande et Olivier Falorni dans la fin de semaine prochaine pour vous rendre compte de la folie du système démocratique à 100 % présidentiel et corrompu en France?

    Allez voir, dans ces jours, comment l’agent Ayrault, au nom du chef et du papa des enfants Royal, va aider à tuer la démocratie représentative à Rochelle.

    Ou est-ce que vous M o Mme Eole, vous avez besoin d’une petite leçon de M. Marchand, ancien ministre sous Mitterrand à ce sujet?

    Et probablement une deuxième très grande leçon de votre compatriote Montesquieu quant aux principes de la TriasPolitica et ses pourquois.

    Je vous propose: réveillez vous!

    Johan Leestemaker

    1. Ne vous inquiétez pas, les députés français sont les rois de l’absentéisme…certains textes sont votés avec seulement 50 députés présents.

      Le vide autour d’eux ne les impressionne guère…

    2. Une quasi-mise sous tutelle du pays

      Du Contrat Social ou Principes du droit politique est un ouvrage de philosophie politique pensé et écrit par Jean-Jacques Rousseau, publié en 1762. L’œuvre a constitué un tournant décisif pour la modernité et s’est imposé comme un des textes majeurs de la philosophie politique, en affirmant le principe de souveraineté du peuple.

      Constitution de la Cinquième République française
      TITRE PREMIER : De la souveraineté
      Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

      Le contrat social de Rousseau est le texte qui a le plus directement inspiré la constitution de la république française. Peu de citoyens ont lu ces textes, ce qui est dommage, mais on pourrait dire qu’ils les vivent tout en étant conscients qu’ils n’ont jamais été parfaitement appliqués.

      Le problème est actuellement qu’un beaucoup trop grand nombre de décisions politiques et spécialement celles qui concernent l’économie et les finances ne correspondent plus à ce « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » dont il est question et que des groupes d’influence, groupes d’intérêt ou groupes de pression (tels que les lobbies notoirement présent à Bruxelles ou les marchés dont nous parle ce blog) font qu’on peut douter qu’il soit raisonnable de continuer à faire comme s’il ne s’agissait que d’imperfections ne remettant pas fondamentalement en cause le contrat en question.

      La phrase qui a déclenché ce post figure aujourd’hui sur lemonde.fr, à propos de l’Espagne: « M. Rajoy a réussi à éviter à ce stade ce qu’il redoutait par-dessus tout : une assistance pleine et entière pour son économie, sur le modèle grec, qui aurait supposé en contrepartie de nouveaux sacrifices, et la quasi-mise sous tutelle du pays. »

      1. « M. Rajoy a réussi à éviter à ce stade ce qu’il redoutait par-dessus tout : une assistance pleine et entière pour son économie, »

        Et Rajoy a omis de préciser pour l’économie FINANCIERE de l’Espagne.
        Croyez-vous que les « expulsés », les « sans-terres » , profiteront concrètement de « l’aide » de l’Europe?

  35. La magie qui permet de rester dans l’ineffable et d’attendre que viennent sur scène les bavards aux yeux bandés…Bon, allons-y pour le tour de piste.

    Il y a sans doute quelque chose de magique dans l’observation des résultats et leur commentaire par les médias, les politiques, bref ceux qui sont « autorisés à s’autoriser ». N’étant ni dans la position de Wittgenstein ni utilisateur – dans ce cas – du regard qu’il prétendait poser sur Frazer, j’ai plutôt tendance à être dégouté et penser que tout cela est une propagande continuée qui vise à décrédibiliser fondamentalement le politique, comme les pratiques de l’UE tendent fondamentalement à donner un espace inexistant à la démocratie.

    L’auteur ressent tout cela comme relèvant d’une autre époque, ce qui est cohérent avec sa théorie générale du capitalisme à l’agonie.
    Si agonie du politique « représentatif » il y a, il semble qu’il manifeste une singulière tendance à maintenir les choses encore en l’état et on n’avance pas d’un iota, alors qu’Hollande commence son mandat en nous faisant du Mongénéral au petit pied avec sa cérémonie pour la soldatesque qui prend les risques incombant à son métier, dans un pays que ni moi, ni aucun citoyen n’avait jugé bon d’envahir.

  36. Ce que j’écris ici n’a pas de rapport direct avec le sujet mais je suis frappé par la jeunesse de beaucoup des candidats FN aux législatives. Est-ce parce que les jeunes de maintenant ont oublié la signification du « IIIe Reich » ? Ou sont-ce les théories néolibérales qui les attirent ?
    En tout cas, cela annonce du mauvais pour les prochaines décennies.

    1. Je relaie nos observations (différents collègues de boulot) dans « un Lycée de bord de mer du sud de la France » : pénétration massive des thèses du FN, adhésion importante, pour des motifs divers, mais en particulier sur des motifs anti-immigrés et d’ « ordre » : des choses du type « les arabes foutent la merde » et autres joyeusetés. Le plus récent du phénomène c’est la conscience de la montée en puissance, la prise de conscience de la cristallisation politique de leur camp : ça leur donne des ailes, ça les rend d’autant plus attractifs (la force d’un discours dominant). Bien évidemment, impuissance radicale des rappels historiques, des discours de morales, voire de la simple logique : ils sont le produit de discours et d’évolutions de moyen terme, il n’en faudra pas moins pour tordre le bras dans l’autre sens. Un de mes meilleurs élèves, et des plus sympathique et courtois est dans ce camp-là : parfaitement rationnel et totalement imprégné d’un discours de type « choc des civilisations ».

      Nb : beaucoup ne dépassent pas le stade du discours, se désintéressent du vote et généralement de la politique, et seraient bien incapables -voire révulsés- de tabasser
      quiconque.

      1. « Nb : beaucoup ne dépassent pas le stade du discours, se désintéressent du vote et généralement de la politique, et seraient bien incapables -voire révulsés- de tabasser
        quiconque. »

        Fort heureusement, mais cela peut se comparer à une forme d’endoctrinement qui ne demandera qu’à s’exprimer une jour prochain.
        Le danger est bien là, sournoisement les idées nauséabondes s’immiscent au travers des médias qui plutôt que de faire prendre conscience du danger, participent à la « dédiabolisation » des partis xénophobes donc fascistes…..
        Plutôt que d’aller vers le « choc des civilisations » , il serait souhaitable de miser sur la pédagogie et ne pas attiser les tensions entre citoyens, qui si elles existent, ce n’est que par un manque de lucidité de la part des élites aux pouvoir.
        La prévention du conflit vaut mieux que la gestion de celui-ci.

      2. C’est une bonne chose que les candidats ou les électeurs FN soient plutôt jeunes. Sont moins nombreux que les vieux, les jeunes. Et puis, « n’est-ce pas », l’avenir et ses idées neuves appartiennent aux vieux, aujourd’hui comme toujours : voir le blog Jorion.
        PS : les tout jeunes officiers très diplômés qui commandaient les Einsatzgruppen n’avaient pas connu les tranchées de Verdun, mais savaient à merveille faire creuser des fosses, en Pologne, en Ukraine, dans les pays baltes ou en Russie; et les faire combler.

    2. Peut être que c’est juste le besoin d’avoir le sentiment d’exister parmi les « winners »…
      Quand on peut pas être trader, vedette de télé, chef d’entreprise, leader du FN peut leur sembler être un vague palliatif.
      Encore un effet pervers du mimétisme. (Bonsoir Jicé)

  37. Ce qui ne change pas, c’est la sempiternelle présentation des médias, à propos de l’abstention.
     » La démocratie est en danger ! »

    Par contre, la démocratie n’est jamais en danger quand les ministres et présidents européens font le jeu des banques, des chambres de compensation et des paradis fiscaux.

    L’ultra libéralisme des dirigeants des banques n’est jamais un danger pour la démocratie, c’est la négation de la démocratie.

    1. Je plussoie ! Les médias participent gaiement à « l’enfumage » puisque les médias étant la finance, le troisième pouvoir qu’ils sont censés incarner n’est plus qu’un outils de la dominance.

  38. HUMOUR
    Humble proposition…
    (Excusez-moi, je sais d’avance que je ne ferai pas aussi bien que
    http://fr.wikisource.org/wiki/Modeste_proposition)
    ————————————
    Le meilleur moyen (imparable) pour lutter contre l’abstention consiste à revenir au suffrage censitaire.
    Les électeurs, fiers d’acquitter leurs impôts, se rendraient aux urnes avec entrain afin d’exhiber aux yeux de la population admirative leur formidable supériorité de classe. Le sentiment d’appartenir à une caste favorisée les inciterait à accomplir leur devoir civique, qui deviendrait de la sorte non plus une pénible corvée mais une joyeuse équipée.
    http://www.youtube.com/watch?v=uZ_KJQ2kjw0
    Le reste de la population, envieuse, soudain animée par l’envie irrépressible d’acquérir ce merveilleux privilège (comme le démontre parfaitement la théorie du désir mimétique de René Girard) obéirait aussitôt à l’objurgation fameuse de François Guizot :
    « Enrichissez-vous par le travail et par l’épargne, et vous deviendrez électeur ».
    http://www.wikiberal.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Guizot
    En conséquence, cela engendrerait indirectement une dynamique économique absolument inattendue, déclenchant enfin la relance tant attendue que ni les processions ferventes, multipliées aux quatre coins du pays, ni les boisseaux de cierges consumés en vain, ni les litanies marmonnées soir et matin avec recueillement, ni les invocations chamaniques de Madame Lagarde (je ne parle pas des sacrifices d’animaux divers, chats, poulets et vaches sacrées), n’avaient pu, jusqu’à présent ranimer. La prospérité de la nation retrouvée irait ainsi de pair avec l’accomplissement des devoirs civiques les plus sacrés.

    1. L’article et l’étude de terrain sont réellement intéressants, y compris l’aspect concernant l’inscription sur les listes électorales pour ceux qui sont accueillis de manière hostile aux guichets administratifs, mais il ne concerne pas toutes les situations d’abstention.

      Je pense par exemple à un étudiant qui juge qu’il n’y a aucun parti digne de son vote (je ne suis pas sur que ça ne me soit pas arrivé quand j’étais étudiant) ou de ceux probablement nettement plus nombreux auxquels la société n’accorde de manière durable qu’une situation précaire et qui ne veulent pas conforter par leur vote le système en place puisqu’il n’est pas ou plus capable de prévoir une place pour eux (dans le contrat social en vigueur.)

      La manière sommaire dont usent les médias pour évacuer l’absence de vote des 19 700 000 français (42,77%) qui se sont abstenus en dit long sur le sujet.

      1. Quand une action, ou une idée, n’existe pas médiatiquement, il faut comprendre que c’est parce que cette action, ou cette idée, n’est pas la bienvenue et donc que son existence est contestée.
        Il en va de même pour ceux qui ne votent pas, ou votent blanc. Nos existences sont contestées.
        Cela fait penser au sort réservé aux non-croyants dans les pays de croyants (tous en fait)

  39. Autres temps autres moeurs dit-on !
    (au fait, je n’ai pas vu passer la poupée à l’effigie de François, quelqu’un a des nouvelles ?)

  40. @ jean valjean
    comprenez bien que je n’ai pas à voter blanc car de toutes les façons, ce vote ne sera pas intégré
    au pourcentages définitifs publiés officiellement par le ministère de l’intérieur.
    Laurent Fabius fût le dernier politique d’envergure à parler du vote blanc à ma connaissance, il y a
    déjà quelques années… depuis, un silence radio semblant arranger tout le monde (les 2 partis de
    gouvernement) . quand à prouver quelque chose, je n’ai rien à vous prouver, mais plutôt vous
    rappeler de quelle manière le vote des français (NON à 55% au référendum de mai 2005) fut
    lamentablement contourné, au nom de la démocratie peut-être ???
    ceci clarifié sans acrimonies aucune. à bonne entendeur.

  41. SI la politique est un message d’espoir, alors ce ne sont pas les votant qui se sont vautrés avec 42% d’abstention, ce sont bien les politiques.
    Car non, vous ne nous ferez pas porter le chapeau de cette sale affaire à venir, vous autres les moralisateurs de l’abstention.
    Ce sont bien les gouvernants qui ont bafoué notre confiance, nous qui payons nos impôts, travaillons dur, et qui déléguons nos pouvoirs comme il en est convenu dans ce système à gouvernement représentatif.
    Cet abstention n’est qu’un résultat logique.
    Nous vivons déjà dans le totalitarisme de votre système électorale inconsistant, alors il peut bien survenir votre apocalypse, pour nous c’est déjà blanc bonnet ou bonnet blanc.

    Voilà une question réellement ouverte à vos suggestions :
    Ce système à t’il réglé un seul grand problème ces 30 dernières années ?
    La faim dans le monde, l’éducation, l’énergie, la pollution, le chômage, la dette, la violence,
    l’égalité aka la démocratie.

    1. « Ce système à t’il réglé un seul grand problème ces 30 dernières années ?
      La faim dans le monde, l’éducation, l’énergie, la pollution, le chômage, la dette, la violence,
      l’égalité aka la démocratie. »

      Personnellement je répondrai : oh que non !

      Mais modestement, je n’ai peut être pas les compétences pour étayer ma réponse…
      Nul doute que sur le blog de Paul Jorion vous obtiendrez bien de meilleures réponses .

  42. Saint Augustin, s’il était dans l’erreur et peut importe laquelle, en tout cas il était financé par la manière, fusse-t-elle dérivée, d’un rituel?

    Alors, je vais m’inventer un rituel…, et y’a intérêt à ce que je sois financé!
    Wittgenstein s’avère plein d’humour rituel avec l’erreur de s’attaquer à l’erreur.
    C’est quoi notre rituel et son erreur manifestée ce jour?

    1. En toute modestie, parce que je ne suis pas épargné par l’absence (de vérité ), je dirais que l’erreur est la non- manifestation du divin , ou ce qui est presque pareil de n’accorder aucun crédit à la transcendance ,ou de le poser à distance ou extérieur , sans recours pour le monde . C’est ce qui enlève à l’ensemble sa divinité , qui reste donc plutôt divisée , et incohérente , sans connaissance, et qui ne se féconde donc pas . Parce que nous ne savons plus ces possibilités du divin , celui-ci reste en retrait , nous laisse nous démener selon nos choix , qui sont bien et mal, ( ils ne peuvent pas se séparer ) , au lieu de recevoir un source commune , d’être récepteur d’une inspiration commune et constater que Nous formerions cette transcendance , comme un accomplissement possible . bref, soit nous vivons, soit non . ( plus qu’un cerveau , c’est aussi un cœur et un corps )
      La nature ayant horreur du vide, toutes sortes d’idoles occupent la place vacante .
      Il me semble donc qu’il ne faille pas avoir de Dieu devant notre face .
      mais qu’il soit Présent parmi Nous …
      ceci dit grosso modo . ensuite, c’est à chacun de voir pour ce faire .
      Tout ceci n’étant pas très concret a priori , mais serait une base morale sans laquelle les choses ne peuvent pas se tenir entre elles .
      Cette absence de vérité ne pouvant être que relative , elle ne se manifeste que sous l’angle du négatif .

      1. Une autre erreur serait aussi de ne pas rendre vraie la beauté ou de ne pas rendre belle la vérité .

      2. Sans vouloir quitter l’intérieur, il me semblait seulement qu’à l’intérieur, se présente le rituel des marchés.
        Mais bon, il y a sûrement des « valeurs », par la foi qui avec elles engloberaient, et c’est là une affaire spécifique, qui n’ont pas de contre-valeurs sur les marchés….

        Je ne saurais pas investiguer plus avant, même si je pense que l’atomisation des spiritualités ne mérite pas le raidissement, plus loin que des esprits, des simples mœurs ici bas.
        En manière de vérités, il y a beaucoup de frontières difficiles à appréhender suivant comme les mœurs diffractent ces vérités.
        C’est avec l’idée de la nécessité des affrontements semblables aux franchissements de frontières morales, que je réfléchis à la non nécessité de la rudesse de tels affrontements…

      3. si les choses se présentent en vérité on n’a pas besoin de rituel . c’est quand elle fait faillite qu’on ritualise, pour essayer d’en retrouver la trace , dans toutes sortes de symboles.

        ne mérite pas le raidissement, plus loin que des esprits, des simples mœurs ici bas.

        en effet . Mais est-ce parce qu’on aurait cette impression de tout perdre si on perd « son » esprit ?

        non nécessité de la rudesse de tels affrontements…

        oui, mais c’est comme le jeu , ou les matchs amicaux semblent sans intérêt ; il faut qu’on joue pour de vrai . on met sa vie en jeu .
        si on s’identifie à des dollars, ou un porte feuille , ça donne quoi ?

        l’impression que la question d’identité est assez centrale elle aussi,
        et comme les questions d’identités forment des groupes qui se reconnaissent suivant les mêmes critères …
        en tous les cas , il semblerait qu’il vaut mieux perdre sa vie qu’ être cause de la perte de celle d’autrui .
        parce que le jeu ne nous demande pas de perdre , ni l’un ni l’autre , sans être nul cependant .

      4. @Eric L

        Peut-être disons-nous la même chose, jusqu’à « l’impression de tout perdre ».
        il y a en effets des attachements qui ne sont pas seulement spirituels, mais beaux et bien inscrits physiquement dans les psychismes.

        La réalité, avant la vérité, a la peau dur sans besoin d’ajouter « sacrément ».
        C’est ce que démontre les avancées de la neurobiologie, même si ce n’est pas très « rattaché » avec l’entendement par toutes sorte d’idées partageables, qu’il s’agisse du jeu avec la sélection « naturelle », …de l’identification avec la comptabilité en dollars ou autre monnaie, les rites à la mort avec la corrida et ainsi de suite.

        L’impression de tout perdre est avant tout considérable, parce que ce n’est pas en argent que d’abord elle affecte.

        La règle des marchés ignore beaucoup trop de tout cela.
        Les marchés adorent l’affection, par laquelle la réalité des attachements fait motif instantané, jamais nécessité ni « obstacle en vérité ».
        Elle ignore ce que l’on peut appeler l’égalité, par idéal de « concurrence » s’il fallait s’expliquer jouer, devant les attachements subjectifs, ceux qui fondent au delà du désir en étalage.
        Pourtant, mais peut-être allez-vous me démontrer le contraire, il y a un régime de stricte égalité entre les attachements, ceux qui étant « physiquement » inscrits en chaque individus, anéantissent, stimulent ou indiffèrent pour soi, font pareil mais ailleurs pour les autres.
        Vous rejetez pourtant quelconque ailleurs, si j’ai bien lu.

        La coupure des attachements cela fait mal autant que c’est… impayable versus marché!
        Pas tout à fait, s’il était possible la généralisation des faillites, ces part intégrées du modèle.
        Vous ne poursuivez, pour juguler l’impression de tout perdre, que d’une violence légitime qui fait passé parce qu’elle ferait encore reconduction avec le concours amical…, et même si:
        « il semblerait qu’il vaut mieux perdre sa vie qu’ être cause de la perte de celle d’autrui . »

        Excusez-moi, mais, je ne vois pas comment un tel repêchage de la violence admise, malgré la violence connue et celle qui peut s’admettre entre attachements et argent par les marchés, a quelque chose à voir avec le retournement vers soi de la violence.

        Dans l’entendement de ce qui fait la foi, il y a sûrement l’examen préalable de la violence qu’elle engage!

  43. @Zenblabla

    Pourtant, mais peut-être allez-vous me démontrer le contraire, il y a un régime de stricte égalité entre les attachements, ceux qui étant « physiquement » inscrits en chaque individus, anéantissent, stimulent ou indiffèrent pour soi, font pareil mais ailleurs pour les autres.
    Vous rejetez pourtant quelconque ailleurs, si j’ai bien lu.

    je ne rejette pas quelconque ailleurs, je ne vois pas où j’aurais dis cela , j’ai dis que l’ailleurs ne pouvait pas trop pour nous, mais que notre fin se situe ailleurs . sous condition .

    je ne légitime pas la violence , il se trouve qu’elle est là . et nous force à y penser .
    si on est confronté à sa survie , comment doit on réagir ? exacerbe -t-on celle-ci en tuant ceux qu’on considère comme ennemis ou bien vaut-il mieux mourir ? c’est tout ce que je voulais dire. ( j’espère être plus clair )
    parce que si on perpétue cette violence, on alimente le cercle vicieux des haines . l’inverse non .
    Maintenant , savoir ce qui pourra nous détacher de nos attachements ? et s’il le faut ?
    l’impression que l’on ne peut guère mélanger les plans . amour ( pour faire vite ) et argent . lumière et boue .
    est-ce parce qu’un des deux est frustrant qu’il engendre autant de problèmes dans le monde ?
    ou bien est-ce parce qu’ils ne sont pas à leur place respectives ? et ne se servent pas mutuellement, l’un l’autre ?
    mais auraient tendance à signifier des abus de pouvoirs et d’impuissances de l’autre côté dont le marché s’accommode .

    et comme vous le disiez , tout le monde victime … ce qui ne ferait pas mal aux yeux des marchés

    Pas tout à fait, s’il était possible la généralisation des faillites, ces part intégrées du modèle.

    ?
    est-ce qu’on se comprend ?

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