LES MOIS QUI VIENNENT

Je viens de vivre une expérience très neuve pour moi : vingt-quatre heures de privation de réseau pour cause de Carpates. Eh bien, l’expérience n’est pas concluante : irritabilité, sueurs froides, tremblements, etc. Il a fallu me conduire d’urgence vers un hôtel du voisinage avec connexion WiFi où je suis en train de récupérer lentement.

Vous verrez des gens vous dire : « J’ai été privé de téléphone mobile, d’Internet pendant 4 jours : quelle délivrance, etc. », eh bien, permettez- moi de vous le dire franchement : ce sont des malades !

P.S. Je plains de tout coeur Bénédicte qui va devoir gérer la modération des quelques phrases innocentes qui précèdent.

Je réfléchis pendant ce temps-là aux choses qui vont changer sur le blog dans les mois qui viennent en raison de mon enseignement « Stewardship of Finance » qui débute en octobre.

Pour commencer, j’entends faire cela sérieusement, et je me rends compte que depuis l’annonce officielle, je me suis replongé dans mes bouquins techniques de finance avec – il faut bien l’avouer – une certaine délectation : je ne suis pas seulement accro de l’Internet mais aussi des maths, et très certainement de la programmation – je n’ai pas programmé depuis cinq ans et les démangeaisons atteignent en ce moment les limites du supportable…

Ensuite il y a le fait que j’écrirai beaucoup plus souvent en anglais que cela n’a été le cas ces temps derniers. Cela va de soi : de la même manière qu’un grand nombre de mes billets sont des esquisses de chapitres qui se retrouvent dans mes livres, certains de mes billets seront des esquisses de mes leçons.

J’anticipe avec appréhension le premier commentateur qui s’écriera ici : « Quoi, pourquoi écrivez-vous tant d’anglais ? Elle n’est pas belle la langue de Paul Déroulède ? », et à qui je devrai répondre : « Écoutez, pendant quatre années et demie j’ai vainement tenté de me voir confier un enseignement en français, et rien n’est venu, si ce n’est essentiellement des courriers ignorés, alors quand la Vrije Universiteit Brussel me fait le très grand honneur et le très grand plaisir de créer une chaire pour me la confier, je ne dirai certainement pas ‘Non’, même si c’est en anglais ».

Est-ce qu’on trouvera ici moins de mes billets critiques de la manière dont les choses se passent à tous les niveaux parce que j’aurai vendu mon âme au système ? Comme vous le savez, je ne suis pas très partisan des paris en général, mais à ce sujet-là, je vous dis en confiance : « Les paris sont ouverts ! »

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73 réflexions sur « LES MOIS QUI VIENNENT »

  1. J’ai été privé d’internet (et même de réseau de téléphonie mobile) pendant dix jours il y a quelques semaine de cela.

    En effet, le temps paraît long, surtout quand la chaleur s’y mêle et vous empêche raisonnablement de sortir de 10h à 17h.

    Le fait de ne pas recevoir d’appels, de sms ou encore de mails ne me désespéraient pas outre mesure. Tout comme d’être globalement incapable de savoir ce qui se passait sur le front de la crise.

    Enfin, j’avais tout de même angry birds…

  2. vous aviez bien vendu votre âme aux banques dans le passé, alors que le système vous récupère, vous devez vous dire : enfin ! Je reviens parmi eux, les hommes !

  3. Bon, on devrait pouvoir survivre avec les posts de Francçois Leclerc …
    Moi qui suis chargé de cours à l’Université en plus de mes activités professionnelles, c’est l’enseignement qui me démange. Conclusion temporaire et postulat : la démangeaison est un affection qui sévit dans la partie non directement professionnelle du bipède diplômé.
    Par ailleurs, je suis bien d’accord avec vous : le web est une formidable vitrine exposition … et pas que de ses idées. Certains y trouve une paire de chaussures, d’autres leur conjoint, d’autres encore des relations agréables …
    O tempora, o mores … ben oui …

  4. De là où on se trouve et quelle que soit la langue utilisée, on peut toujours avoir une influence positive sur le monde aussi minime qu’elle soit…Pour ce qui est du blog, j’espère continuer à y trouver des choses intéressantes même si c’est en anglais.

  5. Je suis content pour Monsieur Jorion. Il n’est pas du tout évident, à son âge chronologique, de trouver une belle opportunité au sein d’une organisation. La discrimination des « seniors » en Europe de l’ouest est une honte. J’ai rencontré des gens de 35/40 ans qui se font rejetés sur le marché d’emploi en raison de leur âge. Alors que l’âge chronologique ne veut plus dire grande chose.
    J’espère pour tous les fidèles visiteurs que ce blog ne mourra pas. En ce qui me concerne, je ne suis qu’un « Zaungast », un oiseau qui se pose te temps en temps sur la latte de clôture.
    Mais je pense à ceux pour lesquels le blog est une véritable espérance.

  6. UNE DIVAGATION

    Et si c’était l’Université qui prenait un pari sur Paul Jorion ? Celui de faire entrer dans son bénitier un diable dont l’énigmatisme enrobé d’humour fait bien souvent surgir des questions voraces que des réponses multiples ne peuvent cependant pas rassasier.

    Je me plait à divaguer, à imaginer une université prête à tenter de perdre une partie de son âme, sinon sa totalité, pour accueillir notre humaniste, pour l’instant préféré, et qui pourrait, qui sait, infléchir la trajectoire de l’orbite du monde

    Qui est Paul Jorion? Je n’en sais que des bribes Mais ces miettes titillent mon appétit et m’incitent à croire que ce personnage ductile est bien capable d’imposer un étirement de la vérité pour, avec d’autres, mieux la faire pénétrer dans les interstices de la réalité. .

    .

  7. Cher Paul, vous serait-il possible de nous dire ce que vous pensez du caractère scientifique de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui les « sciences économiques » ? Est-ce que la modélisation (et donc la « programmation » au sens informatique du terme) vous semble contenir une réalité et être susceptible de permettre d’appréhender la complexité de l’humain dans l’univers économique ? Est-ce que l’utilisation de variables permet de supposer une partie du problème résolu (sans oublier – jamais – qu’elle ne l’est pas) pour pouvoir se pencher sur la partie qui l’on cherche à élucider ? Ou bien est ce la preuve que l’on peut ramener la réalité de l’homme au travail ou se livrant à toute activité économique de production, de consommation, de spéculation, etc. à des composantes extrêmement simples, même en supposant que les systèmes d’équations utilisés puissent être très complexes…?

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