PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 4, réédition en librairie le 23 novembre

Je pars bien entendu d’un grand rire sardonique (genre Basam Damdu) quand je vois l’un d’entre vous m’opposer ce qu’il croit être une objection imparable et dont je sais que le problème fut résolu par moi plus loin dans le livre. Ceci m’encourage à poursuivre malicieusement la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. N.B. J’ignore – à de très rares exceptions près – les très nombreuses notes qui émaillent le texte.

4. Les systèmes intelligents dans la perspective de l’auto-organisation

Il a été dit au chapitre précédent que l’optimisation du rapport existant entre les éléments de discours stockés en mémoire, leur organisation et les procédures opératoires portant sur eux, constitue ce qui pourra apparaître au sein du système comme son auto-organisation. Il s’agit d’un complexe indissociable et toute réflexion sur l’optimisation ne peut porter que sur l’ensemble. Il faut procéder cependant dans un certain ordre. Faisons débuter l’investigation par une réflexion générale portant sur les stratégies globales de développement d’un système et examinons comment se présentent les options envisageables du point de vue de l’optimisation recherchée.

On peut prendre un discours, une parole, et l’envisager de la manière suivante : comme un parcours séquentiel à l’intérieur d’un espace de signifiants (de mots envisagés comme réalités acoustiques, indépendamment de leur signification), c’est-à-dire comme un chemin tracé sur un lexique compris comme la liste de tous les mots d’une langue. Untel parcours peut consister par exemple à aller de « Le » à « chat », de « chat » à « est », de « est » à « sur », de « sur » à « le », de « le » à « tapis », pour obtenir une phrase chère aux philosophes anglo-saxons de l’IA, « Le chat est sur le tapis ».

On peut alors définir une manière de parcourir ce lexique, de telle sorte que l’on générera, reproduira, tout discours imaginable : un dialogue de Platon, une conversation de café du commerce, un chant vaudou dahoméen.

Cette approche en termes de parcours séquentiel d’un espace de mots est un outil universel : si l’on dispose du lexique d’une langue, il suffit pour tout discours que l’on veut reproduire de définir très exactement le parcours qui lui correspond. Par exemple de la manière décrite plus haut : de « le » à « chat », de « chat » à « est », etc.

Comment faire pour que la machine reproduise un dis- cours particulier ? « Reproduire » non pas au sens de recopier, mais de recomposer en suivant un ensemble de directives. Il existe trois types de méthodes envisageables, dont seules les deux premières ont été prises en considération jusqu’ici.

La méthode dite du singe

La première méthode consiste à utiliser la force brute de l’ordinateur, lorsque la machine explore l’ensemble des tirages d’une vaste combinatoire. Cette méthode peut être dite du singe du fait qu’avant l’avènement de l’informatique on imaginait généralement, lorsqu’on voulait évoquer l’exhaustion d’une combinatoire, l’exemple d’un singe qui écrit à la machine et qui le fait comme un singe, c’est-à-dire en tapant sur les touches au hasard. On se posait alors la question de savoir combien de temps il lui faudrait pour reproduire sans faute un texte donné.

On peut penser aussi à la nouvelle de Borges intitulée La bibliothèque de Babel : je rappelle que dans cette biblio- thèque sont rangés tous les ouvrages que l’on peut obtenir en combinant de toutes les manières possibles tous les signes de l’alphabet. Si l’on cherche un ouvrage particulier, on pourra, avec beaucoup de patience, le trouver un jour dans les rayons, mais entre-temps on aura découvert, par exemple, une copie presque parfaite du livre puisqu’un seul mot diffère par rapport à l’original, ou un exemplaire qui contient effectivement tous les mots de l’ouvrage, mais dans un ordre différent, et ainsi de suite.

Inutile de préciser que la méthode dite du singe est une manière peu efficace pour déterminer un parcours séquentiel sur un espace de mots. On peut améliorer marginale- ment son rendement en imposant quelques contraintes minimales sur la génération des séquences de mots. On peut imposer par exemple que le même mot n’apparaisse pas deux fois de suite.

Quoi qu’il en soit, la méthode dite du singe n’a jamais été imaginée qu’au titre de plaisanterie.

La méthode dite des règles

La deuxième manière possible d’aborder la question du parcours séquentiel d’un lexique en vue de la reproduction d’un discours donné consiste à déterminer a priori un ensemble tout à fait complet de contraintes auxquelles ce parcours sera soumis. Cette méthode-ci peut être prise au sérieux : c’est elle qui préside à la réalisation de l’ensemble des Systèmes Intelligents aujourd’hui existants. Elle peut s’énoncer de la manière suivante : on définit de façon générale et a priori un ensemble de systèmes de contraintes énoncées sous forme de règles, et on parcourt l’espace des signifiants en s’assurant que ces règles sont à tout moment respectées dans la génération des mots successifs.

Parmi les contraintes retenues, on imposera en général,

a) des contraintes d’ordre syntaxique : l’ensemble des mots de la langue sont partagés en partie du discours et on énumère des règles formulées dans ces termes, par exemple,

« qu’après un article on ne peut trouver qu’un substantif ou un adjectif », etc.

b) des contraintes d’ordre sémantique qui correspondent à l’organisation interne de la langue : par exemple que le verbe « penser » exige pour sujet un substantif dénotant un être animé, etc. ;

c) des contraintes d’ordre pragmatique : par exemple, qu’il n’est pas permis de faire suivre une phrase d’une autre dont le sens est sans rapport avec celui de la première, ou d’une autre qui dit le contraire de ce qu’avance la première, etc. (Aristote 1960 ; Grice 1975, 1978) ;

d) des contraintes d’ordre logique : par exemple, que si l’on dit que la fraise est un fruit, et que tous les fruits sont sucrés, on ne pourra pas dire ensuite que la fraise n’est pas sucrée, etc.

Cette deuxième manière de déterminer le parcours séquentiel d’un lexique, à partir de contraintes a priori selon la méthode dite des règles, permet une formalisation globale du problème et rend compte de toute variation sans ambiguïté aucune. On peut, grâce à elle, définir les conditions d’un discours normal en disant que l’ensemble des règles sémantiques, syntaxiques, pragmatiques et logiques classiques sont d’application. Par exemple, une grammaire en usage dans les écoles permet si l’on respecte ses règles d’écrire un discours exempt d’erreurs de syntaxe. On peut ainsi générer un discours unique mais il est aussi possible de relâcher certaines des contraintes pour que n’apparaisse plus un discours singulier, mais une famille de discours : par exemple, l’ensemble des géométries euclidiennes et non-euclidiennes, l’ensemble des explications d’un phénomène naturel en termes d’agents surnaturels, l’ensemble des discours présentant les traits d’un type particulier d’aphasie, et ainsi de suite.

On peut aussi, à partir d’un tel système de règles, déterminer un type particulier de discours en ajoutant ou en retranchant des contraintes spécifiques qui s’exerceront durant le parcours séquentiel. On peut dire par exemple que la mentalité primitive ne respecte pas un certain aspect du principe de non-contradiction (cf. Jorion 1989). On lèvera cette contrainte particulière sur un discours, soumis par ailleurs à toutes les autres et on obtiendra en sortie un discours de mentalité primitive. Ou bien, on lèvera la contrainte qui veut que l’on ne dise à la suite que des choses ayant un rapport entre elles, et celle qui veut qu’on ne se contredise pas, et on obtiendra en sortie un discours comparable à celui du Chapelier Fou d’Alice au Pays des Merveilles.

Ceci signifie toutefois que si l’on bâtit un Système Intelligent selon la méthode dite des règles, qu’avant même de pouvoir générer une première phrase, il aura fallu construire un système immense en termes de règles et de métarègles stockées, et qui exigera pour son simple fonctionnement un temps considérable. Rien que le « parsage » des phrases d’entrée exige souvent un temps de traitement inacceptable en temps réel, correspondant à des milliards d’opérations séquentielles. Or on sait par ailleurs :

a) que la production d’une phrase par un être humain ne prend que quelques dixièmes de secondes en plus du temps nécessaire à la prononcer,

b) que les influx nerveux parcourent le cerveau à la vitesse de quelques mètres à la seconde, ce qui signifie qu’au cours d’une seconde, le cerveau humain ne peut opérer de manière séquentielle que dix à quinze opérations, alors qu’un micro-ordinateur peut en traiter aujourd’hui dans le même temps jusqu’à plusieurs dizaines de millions.

Ce qui veut dire que même si la méthode dite des règles est rationnellement et esthétiquement satisfaisante, l’être humain ne fonctionne cependant pas de la manière qu’elle suppose.

La méthode dite au coup par coup

La troisième manière de définir un parcours séquentiel sur un lexique est celle-ci : au lieu de disposer d’un système de règles a priori à respecter lorsque l’on met les mots à la suite les uns des autres, il suffit qu’à chaque fois que l’on a écrit (ou dit) un mot, on dispose d’un principe qui permette de déterminer quel devra être le mot suivant.

Ce principe doit résumer, contenir en lui, un nombre considérable de contraintes puisqu’une fois le discours à reproduire reproduit, tout devra s’être passé comme si (en cours de route) avaient été respectées l’ensemble des règles syntaxiques, sémantiques, pragmatiques et logiques qui décrivent a priori la manière dont doivent être concaténés (mis à la suite) les mots qui constituent le discours à reproduire.

Le problème que pose la méthode dite au coup par coup n’est pas simple mais si l’on parvient à le résoudre on aura découvert une méthode qui est, elle, compatible avec la façon dont procèdent des êtres humains. Par exemple, si la méthode suppose qu’à chaque fois qu’un mot a été posé il ne reste que, disons, dix à quinze choix à opérer, alors on peut être sûr que cette méthode est au moins vraisemblable par rapport à ce qui est su par ailleurs du fonctionnement du cerveau humain.

Imaginons qu’ait déjà été trouvé un principe qui per- mette d’écrire « Le chat » et admettons que l’on sache aussi que le quatrième et le cinquième mots seront « la souris », alors il est vrai que la langue n’oblige à prendre en considération pour le choix du troisième mot qu’un nombre très restreint de candidats possibles : « mange », « attrape », « rattrape », « estourbit », et quelques autres et il est plausible que le nombre de possibilités reste bien en dessous de quinze. Évidemment si l’on entend faire de la poésie, on peut dire « Le chat transsubstantie la souris », mais dans ce cas, le cerveau consacrera bien plus que cent millièmes de seconde à trouver une formule aussi audacieuse, et il est probable qu’aura été à l’œuvre un autre mécanisme que celui qui opère dans la production de phrases ordinaires.

Cela veut dire que sans avoir à définir des règles a priori qui déterminent les parcours légaux à l’intérieur du lexique, on peut imaginer que soient en place de manière constante des « chenaux », des chréodes (*), des passages privilégiés pour se rendre d’un mot à un autre. Par exemple qu’il existe un chenal qui conduise de « pharaon » à « pyramide » mais non de « pharaon » à « rhapsodie », et que si l’on veut vrai- ment se rendre de pharaon à rhapsodie il faille faire un long détour à l’intérieur d’un lexique précontraint quant aux parcours possibles en son sein. Et il est plausible que l’apprentissage, c’est-à-dire la mise en mémoire des mots, s’opère de cette manière-là, par la création de chenaux.

Ce n’est plus à La bibliothèque de Babel qu’il faut songer alors mais à une autre nouvelle de Borges, Pierre Ménard, auteur du Quichotte. Ménard, écrivaillon ambitieux, s’est convaincu qu’il pourra s’imprégner à ce point des influences diverses subies par Cervantès en termes de style, de préoccupations, de climat social, etc. qu’il parviendra à reproduire – sans le recopier – le don Quichotte, c’est-à-dire à le réécrire exactement comme s’il en était l’auteur : réinventant l’intrigue, réfléchissant au choix de ses mots, recherchant vainement l’inspiration, souffrant de l’angoisse de la page blanche, et ainsi de suite. Il finira par y arriver, du moins pour deux chapitres. Ménard ne peut que rédiger selon la méthode dite au coup par coup : il faut que par identification totale à son modèle fameux il puisse générer les mots l’un après l’autre – sans consultation de systèmes de règles – et reconstituer ainsi entièrement le grand roman épique qui le fascine.

En dépit de sa folie – ou à cause d’elle – Ménard peut être notre référence : il est le héros pathétique de la méthode dite au coup par coup, envisagée ici comme principe directeur pour le parcours séquentiel d’un lexique.

La leçon à en tirer est la suivante : on a vu au second chapitre que le rendement d’un Système Intelligent équivaut à la spécificité des réponses qu’il produit en sorties. La spécificité la plus grande pourra être obtenue si l’élément de discours stocké est le plus petit possible. Mais du coup, les procédures opératoires devront être extrêmement sophistiquées. Ou bien il faudra remédier à cette sophistication par une organisation préalable des éléments de discours stockés. La méthode dite au coup par coup suggère un type d’organisation : l’existence de chenaux tracés entre les éléments de discours. Il faut maintenant envisager ce que ces derniers pourraient être.

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(*) On pense immédiatement aussi au terme de chréode introduit par Waddington (1957 : 32) pour rendre compte de passages obligés tout à fait analogues en embryologie (cf. aussi Thom 1972 : 121-123 ; Thom & Waddington 1967).

 

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60 réflexions sur « PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 4, réédition en librairie le 23 novembre »

      1. Le système d’une langue internationale auxiliaire équitable, facile, fondée sur 16 règles de grammaire et diffusé depuis 125 ans est-il intelligent?
        En tout cas Chomsky se serait moins emmerdé à répertorier toutes les irrégularités qu’avec l’anglais vu qu’il n’y a pas d’irrégularités en esperanto qui est une langue pont idéale.
        Voir article Wikipedia esperanto
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Esp%C3%A9ranto

  1. Bonsoir Paul
    « …l’existence de chenaux tracés entre les éléments de discours. Il faut maintenant envisager ce que ces derniers pourraient être. »

    La « danse » d’apis mellifera par exemple?

    @Rahane
    le rire sardonique est une variété de casse-croûte!

    Cordialement

    1. Ce rire sardonique est conditionnel, il anticipe les objections faites à Paul à la lecture de son livre par ceux qui les on faites; de ce point de vue il peut étre « Sardonique ».

  2. Ces « chenaux tracés entre les éléments de discours » font penser aux galeries dans les nids d’insectes sociaux qui servent à relier des chambres. Leur structure s’analyse aussi par des graphes, et des simulations informatiques ont prouvé que les insectes les construisent en suivant des règles simples, sans disposer de plan d’ensemble, c’est-à-dire sans aucune connaissance a priori. A cet égard, ils sont aussi « nus » que l’être humain à sa naissance. L’analogie peut être poussée plus loin puisque ces insectes se guident sur des phéromones dans lesquelles ont peut voir le pendant des affects.

    Mais justement, le numéro d’octobre de Pour la Science nous en apprend plus, à savoir qu’ils déconstruisent autant qu’ils construisent : leurs nids sont remodelés en permanence, des galeries sont agrandies ou ajoutées tandis que d’autres se font obstruer. Autrement dit, ils oublient des parties de leur réseau à mesure qu’ils l’étendent, ce qui redonne toute sa pertinence à ma remarque sur la mémoire. Mais je ne doute pas que ce problème a été résolu par notre génial taulier ! 🙂

    1. Evidemment voire avidement, l’oubli…
      « Dans le plus petit comme dans le plus grand bonheur, il y a toujours quelque chose qui fait que le bonheur est un bonheur : la possibilité d’oublier, ou pour dire en termes plus savants, la faculté de se sentir pour un temps en dehors de l’histoire. L’homme qui est incapable de s’asseoir au seuil de l’instant en oubliant tous les évènements passés, celui qui ne peut pas, sans vertige et sans peur se dresser un instant tout debout comme une victoire, ne saura jamais ce qu’est un bonheur et ce qui est pareil ne fera jamais rien pour donner du bonheur aux autres. Imaginez l’exemple extrême: un homme qui serait incapable de rien oublier et qui serait condamné à ne voir partout qu’un devenir; celui la ne croirait plus en soi il verrait tout se dissoudre en une infinité de points mouvants et finirait par se perdre dans ce torrent du devenir. Finalement en vrai disciple d’Héraclite il n’oserait même plus bouger un doigt. Tout acte exige l’oubli comme la vie des êtres organiques exige non seulement la lumière mais aussi l’obscurité. Un homme qui ne voudrait rien voir qu’historiquement serait pareil à celui qu’on forcerait à s’abstenir de sommeil ou à l’animal qui ne devrait vivre que de ruminer et de ruminer sans fin. Donc, il est possible de vivre presque sans souvenir et de vivre heureux, comme le démontre l’animal mais il est impossible de vivre sans oublier. Ou plus simplement encore, il y a un degré d’insomnie, de rumination, de sens historique qui nuit au vivant et qui finit par le détruire, qu’il s’agisse d’un homme d’une nation ou d’une civilisation. »
      Nietzsche, Secondes considérations intempestives
      ps: en ces jours de « sorties », je rappelle le dernier bazar d’Arno.

      1. Pour le jour des morts, encore et toujours le Volcan bien sûr. Pour ceux que lire amuse, Juan Rulfo, Pedro paramo…

      2. Rahaha,

        pour avoir longuement discuté avec des seiches( genre sépia)

        Ah oui je vois l’genre, des seiches,géantes, du genre de celles qu’on trouve lamentablement échouées (suicidées ivres de douleur??? ) sur les plages de Knokke-Le-Zoute ? Très, loquaces en effet les bestiaux. M’enfin par ici, sur la côte landaise ou basque, on appelle ça des planches de surf.

    2. Oui, l’intelligence se développe avec la mémoire.
      Ce qui est difficile sinon impossible pour d’autres espèces que la notre.
      Les poulpes, comme le montrait un récent documentaire sur ARTE, sont intelligents et capables de mémoriser à l’échelle de leur existence de poulpe. Par contre la génitrice meurt juste après la naissance des nouveaux nés et donc aucun savoir ou savoir faire ne peut être transmis de l’adulte à la nouvelle génération…
      Cependant on aurait détecté des évolutions dans le comportement des poulpes peut-être liés à une transmission de savoir.
      Vous me direz même chez les humains les djeunes n’écoutent pas forcément les adultes….
      Enfin puisque certains rêvent d’une diminution du coût du travail pourquoi ne pas imaginer l’emploi de braves céphalopodes ? Avec huit bras au bureau on est en mesure d’abattre du boulot.
      Sauf que le poulpe ayant une intelligence susceptible de se développer de façon exponentielle, il n’est pas sûr qu’il marche dans la combine sans défendre ses arrières, sans prendre ses précautions. Bref au bout de quelques temps le poulpe dirige le travail de tout un bureau en attendant de prendre le contrôle de tout le reste. Pas plus mal finalement….

      1. le fait que la génitrice, dame poulpe meurt après la naissance de sa progéniture n’est pas le seul handicap du poulpe
        le poulpe ne connait pas la douleur.
        il est donc assez tétu, trouillard par manque de point de référence pour estimer un danger vital,
        audacieux pour les mêmes raisons
        intelligent mais pas très relationnel
        les poulpes vivent pour eux même , privé d’un référent sensible dans le sens du toucher.

        peut-être qu’en dotant les robots du sens de la douleur cela changerait tout…

      2. @vignongnon
        la plupart des animaux marins sont sensibles aux sons et aux chocs électriques parce que c’est un mode de communication usuel dans les milieux aquatiques
        doté d’un système nerveux le système réagit en lui-même
        néanmoins le poulpe ne réagit pas aux brulures de cigarettes ni aux projections d’acide ni à des excès soudains de température de l’eau
        ses capacités tactiles très développées semblent être concentrées autour de la capacité de concevoir les formes y compris dans de faibles reliefs donnant l’illusion d’une sensibilité tactile
        complète.
        (j’adore les octopus)
        la qualité pivot qui fait apprentissage naturel chez le poulpe est son intense curiosité, son coté explorateur
        une autre qualité des poulpes( pour avoir joué avec un représentant de l’espèce)
        semble être une aptitude au jeu. bien que ce ne soit pas un animal vivant en société

      3. @vignongnon
        mwouais , aucun de ces documents n’amène catégoriquement la preuve du fait que le poulpe connaitrait la douleur
        rien que des présupposés pour satisfaire les défenseurs des droits des animaux
        je ne confonds pas souffrance et douleur
        pour avoir longuement discuté avec des seiches( genre sépia)
        de toute évidence ces animaux connaissent la souffrance( de l’enfermement , la peur, la contrariété, de l’étouffement entre autre) et vous le disent très bien
        du coup je ne mange plus ni poulpe ni seiche
        le calamar est nettement plus con

  3. Thom: « Je suis convaincu que le langage, ce dépositaire du savoir ancestral de notre espèce, contient dans sa structure les clés de l’universelle structure de l’Etre ».

    PS1: le « immédiatement » de la note terminale du billet est sans doute inutile car les rapports entre l’embryologie et le langage ne sont peut-être pas évidents pour tout le monde…
    PS2: si les vues de Thom et de PJ sont correctes (ce que je crois) sale temps pour la TSE!

    1. Et moi qui voulait vous faire, enfant que je suis, une blague avec Tom et Jerry… en disant qu’ils réussissent toujours à s’entendrent et à se comprendre quand ils ont un ennemi ou un but en commun… C ‘est assez bien dit dans Wikipédia.
      Mais en lisant après-coup le billet de Mr Jorion, pour y trouver un lien avec ce que j’aurais voulu vous dire, je vois qu’il a su avec une certaine malice déjà utiliser cette comparaison animale du
      chat et de la souris en transsubstantiation poétique. (C’est dingue !). Enfin pour ma part, je ne m’arrêterai pas au seul langage des mots, sans parler du « langage des sens »… (Mais je n’ai rien lu encore des autres principes mis en chapitre précédemment, ni du livre…). Cependant, si je dis RO, je pense aussitôt à rouge, rose ou rouille mais certainement pas à bleu, blanc ou blond. Comme si à chaque avancée en matière (R, RO,ROU) et mis sillon, correspondait tout un champ éliminé, par économie. Ainsi, suivant cette même logique, il me semblerait évident, en regardant un tableau dont la moitié de gauche est tout bleu et l’autre tout rouge, que mon cerveau ne se fatigue pas à percevoir chaque pixel des deux couleurs, mais de n’en compter que des « pixels » délimitant le cadre et la ligne médiane marquant le net changement de tons, ainsi on pourrait dire que voir, i.e, comprendre ce que l’on voit, c’est avant tout chercher à économiser ce que l’on perçoit.
      Bref ! Tout ça pour dire que l’économie serait avant tout question de Langage.
      Aurions-nous une économie saine si nous avions un corps sain et esprit sain ? Question d’âmes probablement. Encore merci pour la citation de Thom – Trop fort ce Thom. Elle est terrible cette phrase !
      Moi si candide sur ces sujets, je me demanderais où commence l’Universel et où s’arrête l’Être… Dans quelle structure tout cela s’agence-t-il ? Dans le vivant peut-être…
      ………. Ah zut et zut, c’est très pénible parfois, ce correcteur automatique d’orthographe sur l’IPad, il avance des mots qu’on avait pas entêté… encore un… ENTÊTE ! N’A … Non : NA !

  4. Une sélection efficace doit se faire via une récompense endogène. Peut être en terme d’énergie. Un vécu douloureux ou bien fortement positif étant plus fortement engrammé.

    1. la récompense n’ a pas pour opposé la douleur.
      la récompense est une manière d’asservir la satisfaction à des niveaux physique par l’intermédiaire de la jouissance des sens et les inductions hormonales qu’elle provoque sous forme de réflexe conditionné.
      la récompense place celui qui la reçoit sur le mode animal.

      1. Parfait Rahaha, ça tombe très bien, je n’avais nulle envie de vous recompenser. Vous m’en voyez donc bien aise, soulagé – pour ainsi dire récompensé. Vous n’en serez donc pas meurtrie, espéré-je.

      2. La mémoire a une composante émotionnelle.
        Certaines peuplades avaient comme principe d’amener leurs guerriers à la limite de leur territoire, ils leurs demandaient de mémoriser chaque frontière: et pour renforcer la mémorisation pendant leur tentative de tout mémoriser, ils les frappaient ! D’une autre manière, il est de coutume ( un peu barbare!) de laisser un enfant toucher une surface chaude pour qu’ensuite il n’y revienne plus.
        En ce qui concerne les inductions positives il en est de même. L’effet première fois….
        On a beau y retourner, l’effet ne sera plus jamais aussi intense!
        On peut raisonner en endorphine, mais il est apparent qu’un mouvement est contenu dans le principe de mémoire. Il est donc nécessaire d’y associer de l’énergie.

      3. @Rahane:
        /// la récompense n’ a pas pour opposé la douleur. ////

        en terme de plaisirs primaires ( physiques) , il me semble pourtant que le plaisir (récompense) n’est que l’ arret d’un déplaisir (manque) …ce manque ( faim soif, froid…) peut etre assimilé a un douleur .
        D’ ou les déviances qui surviennent lors d’ une recherche de plaisir supplémentaire apres satisfaction du manque .

      4. c’est parce qu’on confond plaisir et satisfaction

        @kerkoz
        la satisfaction d’un manque faim froid soif ou l’arrêt d’une douleur d’une peur n’est pas du plaisir mais du soulagement
        le système de la récompense offre un surplus gratuit et utilise un système voisin de la domestication par séduction mettant en jeu l’avidité du sujet
        sinon, si on le fait précéderpar l’organisation d’une situation de manque ou de peur il s’agit plutot d’asservissement par la torture.

  5. lorsqu’un enfant apprend le mot « arbre » il sait ce qu’est l’arbre. ce qu’il apprend c’est l’interface qui lui permet de désigner l’arbre
    quand il lui semble avoir réussi une association valide du seul fait que vous le compreniez il va vous montrer tout ce qui est arbre en vous prenant à témoin du fait qu’il a bien compris le lien entre le mot et la chose arbre
    quand on apprend à un enfant le mot arbre on lui montre un arbre on ne lui explique pas les racines les branches les feuilles le tronc la sève
    et pourtant il sera capable d’identifier la grande majorité des arbres quelque soit leurs formes leurs tailles leurs genres même un bonzai
    parce que le concept précède le mot.

    1. Ahhh Rahaha, Ferdinand vous aurait expliqué mieux que moi les subtiles différences entre « la sémiologie et la linguistique de de Saussure » et « la sémiologie et la linguistique de deux chaussures »…

    2. L’enfant s’est construit dans son cerveau un modèle de ce qu’est un arbre et le terme qui lui est associé dans sa langue courante. Donc chaque objet correspondant à ce modèle sera identifié comme étant un « arbre ». Ce mécanisme est utilisé pour la conception de logiciels. Toute la difficulté étant de réussir à référencer les caractéristiques du modèle « arbre » à partir des sens de l’enfant.
      L’apprentissage est la base de la fabrication du modèle.

      1. Et ben non, ça ne se passe pas du tout comme ça. Jetez un oeil sur le lien fourni par Marc Peltier, et allez écouter la leçon « Introduction au raisonnement Bayésien et à ses applications » : vous y découvrirez que les enfants saisissent très vite le sens d’un mot sans avoir pour autant un « modèle » de ce qu’il désigne.

      2. A Crapaud Rouge

        Qu’appelez-vous le « sens » d’un mot si ce n’est la mémorisation faite de caractéristiques de l’objet désigné par le mot (le modèle). Pour reconnaitre, il faut bien avoir connu au préalable. Que ce soit par la vue directe ou par une acquisition indirecte (description faite par le parent, la maitresse, le livre, le film, etc). La manière dont le cerveau stocke le modèle est un autre débat.

        Merci pour le lien. C’est très intéressant.

      3. Qu’appelez-vous le « sens » d’un mot si ce n’est la mémorisation faite de caractéristiques de l’objet désigné par le mot (le modèle).

        Vous n’avez pas écouté toute la leçon que je vous ai indiquée, sinon vous sauriez que l’on peut reconnaître une chose, par exemple un arbre, sans avoir pour autant identifié ses caractéristiques. Un nourrisson de quelques mois fait sûrement la différence entre un visage d’être humain et un visage de singe : et pourtant, pourriez-vous dire qu’il en connaît les « caractéristiques » ? Idem quand vous lisez : est-ce que votre cerveau pense aux « caractéristiques » des lettres et des mots pour les reconnaître ? Si cela lui arrive, c’est justement dans les cas où il n’arrive pas les reconnaître : il faut alors analyser, comparer, réfléchir, supputer des solutions, etc.

      4. on peut reconnaître une chose, par exemple un arbre, sans avoir pour autant identifié ses caractéristiques

        C’est clairement impossible. Votre cerveau associe le modèle mémorisé où un modèle proche à ce qu’il voit. C’est automatique et inconscient. La réflexion n’est pas nécessaire.
        La construction du modèle dans le cerveau est aussi inconsciente.
        Si on vous montre des images d’un animal que vous ne connaissez pas, votre premier réflexe sera de dire « il ressemble à tel ou tel animal ». Preuve que vous essayez d’associer ce que vous voyez à ce que vous avez mémorisé des autres animaux, c’est-à-dire les modèles.

      5. L’apprentissage est la base de la fabrication du modèle.

        Moui. Mais il y a de façon générale, « perte du sens ».
        Par exemple de jeunes élèves habitaient, en banlieue parisienne, la « cité des Moulins ». Il n’y avait là aucun moulin bien sûr. Uniquement des barres de HLM. Quand l’enseignant mentionna un moulin dans son récit et voulut demander si quelqu’un savait ce qu’était un moulin, une forêt de doigts se levèrent. On savait bien ce qu’était un moulin puisqu’on habitait dedans….

      1. Il me semblait bien l’avoir lu/vu quelque part cette vignette.
        La ou(‘) je me sens un peu idiot est pas avoir simplement prit les infos dans l’URL de l’image pour ensuite faire une petite recherche duck duck go 🙂

  6. Il ne faudrait pas oublier les réseaux bayésiens basés sur la formule de Bayes qui est en passe d’expliquer le fonctionnement de l’esprit humaine et qui, en tout cas, est utilisée par les jeunes enfants pour leur développement intellectuelle et mémorielle, entre beaucoup d’autres choses. (revue scientifique à l’appuie et voir : http://clopinet.com/isabelle/Projects/causality/leray.pdf)

    1. à Franc:

      J’ai l’impression que cette histoire de cerveaux bayésiens « tourne en rond ». Je ne crois pas dire une connerie en considérant que le raisonnement bayésien fonctionne dans toute situation « orientée » ? Ainsi, il me semble, c’est clair,que si j’observe qu’une bille, placée sur un plan incliné descend depuis deux secondes », je peux renforcer « ma probabilité a priori » (qu’elle descendra encore la seconde suivante) par « un calcul bayésien ».

      Je crois donc pouvoir dire que le calcul bayésien fonctionne sur ce cas, mais que le processus sous-jacent n’est pas « bayésien ». D’après ce que j’ai pu en lire « très superficiellement », toute cette histoire de cerveaux bayésiens repose en définitive sur une « mega hypothèse » -mathématiquement certainement brillamment formulée – de la façon selon laquelle les agents biologiques résistent à la tendance naturelle au désordre, c’est-à-dire en minimisant l’énergie libre. Alors là, chapeau, nous voici revenu à Maupertuis, et ça ne me plait pas du tout – ce n’est pas mon hypothèse à priori – je préfère que l’humanisation soit fondée un principe de gaspillage volontaire (G.Bataille) , et non pas la théologie du minimum d’entropie qu’exprimait, jadis sur ce blog, Paul Trehin; nous n’allons quand même pas « nous économiser » sous le prétexte que le soleil va s’éteindre.

      Benjamin Matalon ( in Logique et connaissance scientifique -sous la direction d e J. Piaget- p.552) avait, me semble-t-il ,très bien résumé, l’épistémologie sous-jacente aux usages de la statistique bayésienne :

      Il s’agit en définitive de modifier les opinions de façon cohérente, c’est-à-dire de transformer les probabilités a priori en probabilités a posteriori – en principe meilleures.

      Le risque de rejeter une hypothèse – de modifier à tort une opinion – alors qu’elle est vraie, reste inscrit à l’intérieur de tout raisonnement bayésien; le coût de l’opération permettant d’aller chercher l’information permettant d’améliorer l’estimation de la probabilité a priori « du cerveau bayésien » est assurément élevé, et sans doute à la mesure de ce qu’il s’agit d’éviter : savoir pourquoi nous résistons !

      1. Pour aller dans votre sens Jean-Luce Morlie l’économie volontaire, c’est peut-être une « sous-intuition », qui pourrait être une incompréhension sur le vivant.
        J’ai pas trop le temps à ces billets, je devrai même pas arrivé sur ce blog (c’est bien ce qui m’énerve, le confort de l’habitude, on ce rassure…, mais bon c’est fait et malheureusement j’ai quelques choses à dire 🙁 ).
        Une bactérie par la mitose donne deux bactérie, un être mâle plus un être femelle donne par la méiose, un individu, mathématiquement la sexualité est idiote, le mâle ne sert pas à grand chose et la femelle ne produit qu’un individu au lieu de deux (du coup je parle de l’homme puisque pas mal de mammifère en produise plus et sinon je cible les stratèges k plutôt que les r, ou la méiose est plus fertile…. bon c’est un exemple imprécis).
        Il n’empêche l’ajout du mâle n’apporte pas grand chose mathématiquement, sauf qu’il permet une plus grande variété du génome, indispensable à la survie d’être procaryote (vu qu’il y a parfois des échanges de génomes directes entre bactéries et que sinon les phages apportent de leurs petites morts une variabilité supplémentaire, comme des menthes religieuses à l’envers).
        Raisonner le vivant en énergie, plutôt qu’en adaptation (je devrais dire évolution) est un dérivé trop facile de la physique classique, alors qu’elle est aujourd’hui plus sur la problématique de l’information, l’évolution c’est anticiper l’information (le chat développe un « potentiel » pour pouvoir, peut-être sortir de la boite avant de savoir s’il est mort ou vivant 🙂 ).
        Je crois pas que notre cerveau diffère, un potentiel cognitif (ou évolutif) vaut pas mal d’économie (cognitive et donc énergétique)

  7. (Help) Il y a un comique ( du nom de femme politique , mais j’ai un trou !) …..qui fait un sketche en levant au hasard des pancartes ou sont inscrit des mots doominants de la « langue de bois » ( durable … avenir …etc) …. il arrive a chaque fois a sortir un discours crédible et de bon niveau ….
    Pour :
    //// l’existence de chenaux tracés entre les éléments de discours. Il faut maintenant envisager ce que ces derniers pourraient être. /////
    ces derniers ne pourraient etre qu’ eux memes , le résultat d’ une auto-organisation de niveau inferieur ……un caractere fractal indispensable , sinon on essaie de faire passer qqs rétro-actions pour de la complexité .

    1. mouais ce comique démontre qu’on peut parler très bien pour ne rien dire( en politique) et que c’est même une technique assez simple.
      tout le monde comprend un langage signifiant qui ne recouvre rien que du verbiage
      la fameuse langue de bois.
      en fait il nous fait la démonstration de la part « interface » du langage qui peut très bien exister sans l’ombre d’un contenu valide
      le contenu étant fourni non par le locuteur mais mais l’auditeur
      le langage des stroumpfs fonctionne aussi de cette façon
      à votre imaginaire de colorier les enveloppes creuses des mots.
      il parait qu’on entend que 20% de ce qu’on nous dit
      et encore sur ces 20% il ya tout une part d’interprétation.

  8. b) que les influx nerveux parcourent le cerveau à la vitesse de quelques mètres à la seconde, ce qui signifie qu’au cours d’une seconde, le cerveau humain ne peut opérer de manière séquentielle que dix à quinze opérations, alors qu’un micro-ordinateur peut en traiter aujourd’hui dans le même temps jusqu’à plusieurs dizaines de millions.

    Encore faudrait-il que le cerveau ne travaille que sur un mode séquentiel … J’ai du mal à concevoir que les extraordinaires capacités de notre cerveau ne soient pas (au moins en partie) liées à des capacités de traitements (massivement) parallèles ainsi qu’aux émergences résultantes de ce type de traitements.

    1. Il n’est absolument pas dit que le cerveau ne travaille que sur un mode séquentiel, le modèle décrit par la suite dans le livre est d’ailleurs parallèle et non séquentiel.

    2. Il semblerait que le mode de fonctionnement du cerveau soit proche du mode « hollographique » , …ce qui lui donne acces a une complexité mémorielle non linéaire .

      1. C’est l’hypothèse de Karl H. Pribram. Il a eu la surprise de découvrir que son modèle se trouvait déjà largement décrit par… Sigmund Freud. Il l’explique dans PRIBRAM, K.H. & GILL, M.M., 1986 (1976), Le « Projet de psychologie scientifique » de Freud : un nouveau regard, Paris : Presses universitaires de France.

      2. Mon écriture, en réalité, a toujours vu s’ouvrir devant elle deux routes divergentes, correspondant à deux modes différents de connaissance: la première traverse l’espace mental d’une rationalité désincarnée, où l’on peut tracer des lignes reliant des points, des projections, des formes abstraites, des vecteurs de forces; suivre l’autre, à travers un espace rempli d’objets, c’est chercher à créer un équivalent verbal de cet espace en remplissant de mots la page, tout en s’efforçant d’adapter minutieusement l’écrit au non-écrit, à la totalité du dicible et de l’indicible. Aucune de ces deux pulsions vers l’exactitude ne sera jamais absolument satisfaite: dans le premier cas, parce que les langues naturelles disent toujours quelque chose de plus que les langages formalisés, et qu’en elles une certaine quantité de bruit trouble toujours l’essentiel de l’information; dans le second cas, parce qu’en rendant compte de la densité et de la continuité du monde environnant, le langage se révèle lacunaire, fragmentaire, il en dit toujours moins que la totalité du monde sensible.

        (I.Calvino)

      3. Aussi entendu que le génome fonctionnerait sur ce mode et non pas en séquentiel , comme on aurait plutot aimé …

  9. Petite expérience de psychologie quotidienne. Vous êtes chez vous, vous occupant aimablement et tranquillement. Soudain, une idée vous vient, nettement et brutalement: le téléphone va sonner. De fait, il semble à l’esprit que quelques parties de seconde plus tard le téléphone sonne bel et bien. Le cerveau donne l’impression d’avoir en quelque sorte remonté le temps. Cet effet temporel curieux est plus répandu qu’on l’imagine s’agissant de cet effet accoustique. On peut supposer que cet effet de décalage de perception s’applique à beaucoup d’autres aspects de la vie quotidienne. La notion du temps qui sert de référence au néocortex n’est sans doute qu’une abstraction càd une représentation à posteriori.

    1. la pensée réelle( le processus de penser( en concept)) est en dehors du temps
      par contre l’organisation du mental en terme d’interface pour communiquer se fait( pour l’instant)
      sur le mode de la linéarité historique.

      on nous apprend de manière limitative que nous avons 5 sens éventuellement un 6ème qui sert de fourre tout
      en fait nous avons douze et si nous étions éduqué à la conscience de l’entièreté de nos sens nous serions certainement moins invalides.

      les pieuvres sont en train d’élaborer un système d’apprentissage par l’éducation collective, un début d’élaboration de conscience collective
      de conscience d’être un groupe
      je suis contente pour elles
      manifestement cet animal est doté d’une conscience.
      9 cerveaux ça aide
      et pendant ce temps…
      http://www.youtube.com/watch?NR=1&v=Ze8iio2awW0&feature=fvwp

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