FUKUSHIMA, PASSOIRE INFERNALE (SUITE), par François Leclerc

Billet invité

300 tonnes d’eau contaminée ont déjà fuit d’un réservoir et se sont répandues sur le site de la centrale sous la forme de grandes flaques situées pour l’instant à 500 mètres de l’océan Pacifique. Mesurée à 50 centimètres au-dessus de celles-ci, la radioactivité est de 100 millisieverts par heure, correspondant pour une exposition de 12 minutes à la dose annuelle maximale admissible pour les ouvriers de l’industrie nucléaire au Japon.

Tepco, l’opérateur de la centrale, a commencé à pomper cette eau au rythme de 1 mètre cube par heure pour éviter une extension de la contamination du site, tandis que la fuite se poursuit depuis le réservoir contenant encore environ 670 tonnes d’eau. L’enjeu est d’éviter qu’une large superficie du site où 3.000 ouvriers travaillent ne devienne inaccessible, compliquant encore les travaux qui y sont effectués.

Une ou plusieurs valves d’un petit muret de contention construit autour du réservoir qui fuit pourraient avoir été laissées ouvertes, mais les fermer pose maintenant problème. Sur un chantier où règne une constante improvisation pour faire face aux situations et événements imprévus, où perdurent des installations provisoires, tout petit dysfonctionnement prend vite une grande dimension. Faute de procédures établies appliquées par des ouvriers rompus à celles-ci, le chantier de Fukushima est appelé à connaître de nouvelles contaminations le rendant de moins en moins praticable. Jusqu’au jour où il faudra en tirer les conséquences et abandonner le mythe d’une situation sous contrôle. Mais pour faire quoi ?

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