Messieurs les riches, encore un effort, par Julien Alexandre

Billet invité

Nous vous avions récemment présenté les principaux enseignements de la dernière étude d’Oxfam sur la concentration de la richesse mondiale. Un des chiffres qui avait le plus attiré l’attention était le suivant : les 85 personnes les plus riches au monde possédaient autant que les 3,5 milliards les plus pauvres.

Le calcul effectué par Oxfam était basé sur le classement Forbes 2013. Or, une rapide actualisation en utilisant le classement 2014 permet d’aboutir à un nouveau chiffre : les 67 plus riches de 2014 valent autant que les 85 de 2013. Pourquoi ? Parce que les plus riches se sont enrichis entre 2013 et 2014 de façon exponentielle. Grâce à quoi ? À la machine à concentrer la richesse qu’est le capitalisme et son mécanisme de versement d’intérêts. On peut présenter la chose autrement : dans certaines grandes entreprises, l’écart de rémunération entre le salaire médian et celui du PDG peut atteindre un rapport de 1 à 400, c’est-à-dire que le PDG « vaut » 400 de ses employés. Les chiffres dont nous parlons ici sont d’un autre ordre : chacune de ces 67 fortunes « vaut » 52 millions de pauvres. Bill Gates, l’homme le plus riche du monde, en « vaut » 156 millions à lui tout seul. Quel homme !

Si désormais il ne faut plus que 67 des plus grosses fortunes pour égaler le patrimoine de la moitié la plus pauvre de la population mondiale, les paris sont ouverts : combien de temps encore avant qu’une seule personne ne possède autant que les 3,5 milliards de plus pauvres ? Au rythme actuel, ce sera probablement le cas avant la fin de cette décennie.

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