N’êtes-vous pas vous-même un peu largué ?, par Éric Gaillot

Billet invité.

P. J. : Certains d’entre vous qui m’écrivez, ne me ménagez pas. Vous êtes parfois surpris quand je vous réponds alors que votre critique me semble sinon juste, du moins justifiée. Éric Gaillot et moi nous nous disputons ainsi depuis plusieurs mois. Je lui ai proposé de publier comme « billet invité » son plus récent reproche. Il m’autorise à le faire à condition que je mette en chapeau ce que je lui écrivais alors. Je le fais bien volontiers. Voici :

Me permettez-vous de mettre votre mail en ligne comme billet sur le blog ? Je l’ouvrirai aux commentaires bien entendu, car vous posez les vraies questions sur ce que j’essaie de faire et… je ne crains pas les vraies réponses, bien au contraire.

Éric Gaillot : Je respecte votre combat acharné pour réformer la finance. Il n’y a pas tant de gens comme vous pour que je ne considère pas votre travail à la hauteur de ce qu’il mérite. J’espère que vous viendrez à bout de votre prochain ouvrage sur Keynes que nous ne sommes sans doute pas très nombreux à attendre tant Keynes est d’un pays éloigné, comme dirait Racine pour parler du passé lointain.

Parfois, je me demande si vous n’êtes pas vous-même un peu largué, comme beaucoup d’entre nous, tant notre monde évolue vite. Si vite que nous nous retrouvons dans une sorte de présent éternel, le passé et le futur n’existant plus.

Êtes-vous plus en état que moi de savoir de quoi votre lendemain sera fait ? Il est sans doute vrai que votre agenda est plus ou moins rempli pour les semaines et les mois à venir, ce qui n’est pas le cas du mien car je suis en avance sur vous.

Mon agenda est vide, blanc, vierge. Je ne l’ai pas choisi ayant été longtemps un travailleur consciencieux mais sans l’avoir choisi, je l’assume et je m’en porte très bien. Imaginez votre agenda vierge de tout rendez-vous. Vous vous levez le matin et vous n’avez rien à faire de toute la journée, ni rien à préparer pour les jours suivants car tout ce à quoi vous pensez ne sert à rien.

Certes, ce genre de situation exige une forme d’initiation et peu y parviennent car avec Pôle Emploi, il y a toujours quelque chose à faire du genre déplacer un tas de terre d’un côté à l’autre et recommencer dans l’autre sens. Et plus vous allez vite en besogne et plus votre surveillant/contrôleur vous demande d’aller vite. Jusqu’au jour où vous perdez la tête et là votre compte est bon.

Vous me semblez être un peu ce genre de bonhomme à vouloir aller plus vite que les autres et se prendre la tête plus fort que les autres. Cela vient sans doute du fait que vous n’avez pas suivi le cursus normal de l’intellectuel. Si vous aviez suivi ce cursus normal, vous seriez sans doute aujourd’hui Prix Nobel d’économie ou quelque chose comme ça, comme Obama ou Arafat sont prix Nobel de la paix. Dieu merci, pour l’instant en tout cas, ce n’est pas votre cas. Tout n’est donc pas désespéré.

En même temps, le pire est à craindre car vous semblez tout de même vous acharner à une certaine forme de reconnaissance, quitte à ce qu’elle soit posthume. Oui, au pire, et sans vouloir vous blesser, vous n’en êtes plus très loin car à votre âge, que vous reste-t-il sérieusement à espérer sinon un Prix Nobel à défaut d’avoir réformé le système de la finance ? Keynes lui-même ne s’y est-il pas cassé les dents ?

Il se trouve que ce système est plus fort que nous et que chaque fois que nous prétendons le réformer dans un sens que nous estimons favorable à nos petites personnes, il se débrouille au contraire pour accentuer son caractère de prédation. C’est à se demander pourquoi nous insistons lourdement pour le réformer. Sans doute pour obtenir un Nobel… qui fut, autant que je m’en souvienne, un marchand de canons ou quelque chose comme ça.

Ceci – ce baratin, ce badinage si vous préférez – pour vous montrer que je sais trouver la manière la plus propice à m’offrir la sérénité à laquelle j’aspire.

Partager :

80 réflexions sur « N’êtes-vous pas vous-même un peu largué ?, par Éric Gaillot »

  1. Comme le disent « les Econoclastes » la crise…quelle crise ?
    le capitalisme se transformera par lui-même, selon eux, nous sommes dans une phase de transition, qui passe de  » la croissance/Inflation » à une phase  » stagnation.déflation »
    lire :
    http://leseconoclastes.fr/

  2. P. Jorion vous avez eu un parcours très intéressant, vous proposez une analyse très concrète de la situation économique et sociale de notre époque. Ce qui m’a plus particulièrement, c’est la fois où vous êtes allé à la rencontre de la troïka au Parlement européen, comme indiqué dans votre billet du 6 novembre 2013 intitulé « les prêtres d’une religion féroce », dans lequel vous décrivez cette confrontation face à des économistes officiels, et l’on voit bien que l’on peut vouloir y mettre du sien et tenter de comprendre les mécanismes et le déséquilibre de notre système économique pour le corriger, il en ressort qu’il est vain de discuter avec ces escrocs.
    Vous nous avez démontré qu’il ne sert à rien d’espérer, ils ne régleront jamais rien.
    A nous de nous sortir de cette servitude indécente. Nous n’y croyons plus. Non pas que ces économistes n’aient aucun talent ou aucune compétence, mais parce que tout leur discours sert uniquement la classe dominante.
    C’est bien de s’interroger sur le pourquoi du comment, mais une fois que l’on voit la magouille et ses grosses ficelles, ne rien faire est désespérant. Voter, non merci, je me rappelle encore du duel Chirac/Le Pen auquel j’ai bêtement participé. Alors voilà, je me demande si nous pouvons envisager une autre voie. pour ma part je ne renonce pas à la violence même si je ne la pratique jamais à titre privé, et alors même que je lis tout ce que je trouve de Tolstoï. Mais jusquà présent je subvenais à mes besoins. Or, là j’ai un problème..Que faire? La bonne réaction, peut-être est-ce l’autodéfense, rendre les coups, assumer sa révolte et souhaiter qu’il en sorte quelque chose de positif. La colère, elle est terrifiante pour les bourgeois, elle peut être salvatrice pour le peuple. La plupart des gens ne feront rien, même ceux qui galèrent. Ceux qui peuvent agir sont ceux qui détiennent le pouvoir, voilà le souci. Le Système nous a rendu mou et inoffensif, il nous méprise et a t-il tort? Nous ne faisons rien. Avons nous pris la pleine mesure de ce vers quoi nous allons? Mais surtout je pense que nous avons l’obligation de ne pas faire passer notre intérêt particulier et immédiat avant l’intérêt général et l’avenir de nos enfants.
    M. Jorion, merci pour ce blog que je trouve vraiment passionnant. Dans votre page « Qui suis-je », il y est indiqué que vous participez à un cercle de réflexion dirigé par Attali, cela me fait sourire et j’en ai besoin. Merci

    1. En effet, M. corbeau, ce ne sont pas les économistes qui nous manquent, mais l’ECONOME (1) – L’économie n’étant qu’une « science » qu’ils exercent, en attendant de la découvrir un jour. Jour toujours plus lointain, puisque pas plus que la médecine, l’économie n’est une science exacte.

      (1) : personne originellement qui a la responsabilité de gérer les biens d’une organisation familiale, privée ou publique, en veillant à ce que chaque membre reçoive au bon moment ce dont il a besoin.
      Un bon économe se doit avant tout d’être loyal, sûr et fidèle dans les transactions, sans exprimer de favoritisme ni parti pris, ainsi que d’être prévoyant, créatif, plein de bon sens, toujours attentif aux besoins et intérêts des gens dont il est responsable.
      L’économe, par définition, ne doit en rien être axé sur le capital, mais sur les différents membres réunis, afin de partager entre eux des ressources, en les redistribuant d’une façon juste et opportune.

  3. Paul Jorion largué, je ne vois pas comment pour la simple raison que sa perception de la réalité évolue avec le temps. Comme le dit Robert Denis soit on conduit, soit on est conduit ou comme le disait Churchill soit on fait l’histoire soit on la subit. Je pense que Paul Jorion fait partie de la première catégorie, essayons aussi d’en faire partie.
    Je n’ai aucune formation universitaire, je suis un simple technicien en électromécanique maintenant à la retraite et il est important pour moi de faire un petit tour presque quotidien sur le blog de Paul Jorion. Ses informations que je suis loin de comprendre dans leur entièreté m’aide à structurer ma pensée concernant les problèmes actuels de notre monde, c’est toujours cela de pris.
    Comme vous le dites « Pour comprendre son temps il faut le tâter et proposer des réformes » on peut aussi proposer des idées comme le fait de remplacer la rente de la propriété privée par la rente de la sobriété privée
    http://petrole.blog.lemonde.fr/2014/06/11/petrole-hormis-les-non-conventionnels-americains-la-production-mondiale-a-baisse-en-2013/#comment-20875
    Mais bon, le fait de faire un glissement de catégorie dans l’idée du capitalisme n’intéresse a priori pas grand monde.
    De toutes façons, il faudra partir de ce que nous avons avec nos connaissances, nos expériences, mettre les choses à plat sans a priori, ce que je faisais lorsque j’étais au travail de dépannage et cela ne me réussissait pas si mal. Un grand coup de pied dans la fourmilière n’aurait été d’aucun secours. Notre avenir est d’agir avec pragmatisme. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pragmatisme
    J’aime bien cette phrase.
    «  »l’idée selon laquelle l’intelligence a pour fin la capacité d’agir, et non la connaissance. » »

    Continuez sur cette voie mon cher Paul.

  4. @ Frank Marsal

     » Enfin, dernière particularité de la situation actuelle, dans le système capitaliste, à contrario des régimes précédents, ne subsistent plus que deux seules classes principales, les travailleurs et les capitalistes. La classe ouvrière est une immense majorité. Pour s’émanciper, elle ne peut s’ériger en classe dominante, car, qui dominerait-elle alors ? »

    Deux classes principales…. Il y en a donc d’autres, les paysans, peut-être. ?
    Les paysans sont LA classe principale quoique largement ignorée : on peut se passer de tout sauf de manger. Il est vrai que les seigneurs n’ont pas été les seuls à les considérer comme de la boue, les urbains, pour le dire gentiment, n’ont jamais été urbains avec eux…

    Merveilleuse révolution communiste, pour les ouvriers et surtout les paysans : les paysans ont été parmi les principales victimes du communisme réel.
    Comme mais plus que sous n’importe quel régime politique.

    Si les communistes gagnent autrement que par la démocratie et en respectant les droits de l’homme, je prédis sans risque de me tromper qu’ils opprimeront les paysans.
    On ne se refait pas, ils feront payer aux paysans d’être le symbole d’un passé qu’ils abhorrent, comme ils s’en sont pris, aux religions au nom de leur propre croyance que je ne vais pas m’ennuyer à définir, et d’autant que cela ne serait peut-être pas agréable pour vous. En tout cas, il y a, déjà, le culte de la personnalité pour donner un indice.

    Eh oui, l’homme est un animal religieux, et la religion chassée par la porte revient par la fenêtre on devient ce quon combat, non, pire, bref, c’était prévisible avant et si le communisme revient par la violence, il recommencera.
    Parce que la violence fait qu’on devient la caricature de ce qu’on a abattu.

    Donc, les communsites persécuteront probablement en les exploitant ceux qu’ils ont déjà piétiné.

    Et je m’amuse un peu,qui d’autre ?
    Ben, si la recherche et développement leur prêtent vie, les intelligences artificielles.
    Je ne comprends pas qu’on ne comprenne pas que si ces êtres adviennent, intelligents… en les faisant travailler pour nous et sans aucun droit, capitalistes et communistes et tout ce qu’on voudra, tous ceux qui le feront recréront l’esclavage.

    Il faut diminuer les injustices sans aboutir à une solutions pires par violence que ce qu’on combattait style j’ai guéri le patient mais il est mort.

  5. Ah! la finance ! ah ! l’argent ! ah ! l’économie ! des tonnes de bouquins, des théories en veux-tu en voilà, des économistes à ne plus savoir qu’en faire ! et tout ça pour quoi ? pour rien, car, comme l’a si bien dit M. Jorion : « on serait bien mieux dans un monde sans argent ! »

  6. Question utopique : quelle serait la première mesure à faire voter, qui permettrait d’enchainer ensuite un cercle vertueux d’autres mesures ?
    Il est facile d’établir une liste de mesures à prendre pour assainir la situation. Mais a-t-on trouvé celle qui, par son adoption, donnerait une réelle opportunité d’agréer une bonne partie de toutes les autres mesures nécessaires ?
    J’y vais de mon hypothèse, naïvement : criminaliser le mensonge médiatique.
    J’entends par là adopter une loi qui instaure le crime de mensonge par média interposé. Ainsi, serait rendu criminelle toute personne qui énoncerait un mensonge à la télé, à la radio, aux journaux, etc… Avec une peine financière, en pourcentage du revenu et de la fortune, et privative de liberté, dont la durée maximale serait assez longue pour que la prescription des faits ne puisse pas arriver trop rapidement.
    Pour que cela n’entraine pas une censure de fait, il faudrait ajouter un alinéa pour préciser des exemples de formulation qui couvre un discours. Par exemple : « Je ne garantie pas l’exactitude de ce qui va suivre, mais voici ma conviction… » .
    Est-ce que cela ne permettrait pas de modifier les discours dominants, en montrant justement qu’il n’y a pas de certitudes sur de nombreuses affirmations ? Libre aux gens par la suite de décider par eux-mêmes s’ils ont envie de partager les convictions de untel. Ou pensez-vous que les agences de communication trouveraient rapidement une parade ?

      1. Nous en sommes à 56 commentaires, de quoi en tirer quelques conclusions.

        Le problème n’est pas de savoir les réformes qu’il faudrait appliquer mais comment gagner le pouvoir de le faire ?

        Très amicalement,
        Eric Gaillot

    1. Toujours mon prosélytisme pour l’oeuvre de Thom.
      Légiférer sur le mensonge revient à légiférer sur la vérité. Vaste problème qu’effleure à peine la logique classique.
      Thom: « La classe engendre ses prédicats, comme le germe engendre les organes de
      l’animal. Il ne fait guère de doute (à mes yeux) que c’est là l’unique manière de théoriser ce qu’est la Logique naturelle. »
      « La distinction Vrai-Faux n’a guère d’intérêt métaphysique. Elle n’engage pas la structure de l’être. »
      « Ce qui limite le vrai, ce n’est pas le faux, c’est l’insignifiant. »
      « Le problème important – en matière de philosophie du langage – n’est pas celui de la vérité (affaire d’accident, Sumbebèkos dirait Aristote), mais bien celui de l’acceptabilité sémantique, qui définit le monde des « possibles », lequel contient le sous-ensemble (éminemment variable) du réel. »

      L’ajout systématique d’un louable « Je ne garantis pas l’exactitude de ce qui va suivre, mais voici ma conviction… » renvoie à la subjectivité de l’interprétation et donc au problème de savoir s’il y a des points de vue plus pertinents que d’autres. L’ambition (considérable) de la théorie des catastrophes de Thom est d’arriver à « créer une théorie de la signification, dont la nature soit telle que l’acte même de connaître soit une conséquence de la théorie ». La théorie des catastrophes élémentaires, qui constitue les prolégomènes de cette théorie générale qu’espère Thom, propose déjà une nouvelle grille de lecture du monde (et de soi-même!); en découvrant petit à petit la pensée thomienne j’ai l’agréable et apaisante impression que je pense comme je suis (et non donc je suis!).

    2. la non assistance à personne en situation de pauvreté pourrait être pénalisée, c’est un point de départ, bien sûr la sanction devrait être prononcée par un juge d’une juridiction internationale reconnue (semblable au FMI…ou pas) qui proposerait des taux intéressants aux économies nationales vertueuses…le but étant dès lors d’obtenir un taux 0 pour une économie sociale et solidaire, ce qui est bien différend de chercher le triple A.

    3. Est-ce moi ou j’ai l’impression qu’on pense que la politique ne peut jouer de rôle dans tout ce m…dier ? Ma (toute petite) croyance démocratique (et qui rapetisse peu à peu) me pousse à penser que plutôt que d’essayer de penser les problèmes de manière extérieure, de comprendre et théoriser, en surplombant la société et croire en des règles lumineuses, ne faudrait-il pas laisser le champ libre au champ politique en le modifiant fondamentalement et par exemple, et pour être concret (tout en restant utopique), avec deux réformes « simples » : inverser les élections présidentielles et législatives (c’est à dire délégitimiser la présidence, l’homme providentiel, les courses intra-partisanes qui y mènent, la foi populaire dans le sauveur, le retour à la délibération et rendre au parlement un poids important, c’est à dire premier) accompagné d’une re-dynamisation de cette décidément fermée représentation nationale ou locale (et partidaire) en limitant le nombre et la répétition de mandats électifs de manière drastique – maximum deux mandats, aucun cumul possible – (alors l’humaine tendance népotique, les cercles de pouvoirs, les rigides structures partisanes auront peut être tendance à faiblir, les carrières politiques prendront peut être fin (mais les héritiers risquent de rester) et de nouveaux « jobs dans la vie réelle » s’offriront à ces « extraordinaires » énarques hors du pantouflage 😉 … 2 réformes qui pourraient remettre la destinée politique et ainsi économique du pays entre des mains variées changeantes, aux imaginaires riches et non contraints par des études similaires et des milieux homogènes … (puis je me dis que finalement, rien n’y fera).

  7. Le Blog de Paul Jorion a un petit côté énervant mais j’y reviens toujours.

    J’y reviens toujours car j’y trouve mon compte, des explications simples, des informations pertinentes, des références. C’est grâce et suite à une référence donnée par PJ, que je viens de lire, « Le casse du siècle » de Michael Lewis. Ce n’est pas tant les explications sur le mécanisme des subprimes qui m’a apporté, mais la description du comportement des acteurs du milieu financier, de la collusion implicite entre tous ces acteurs qui s’épaulent mutuellement pour gagner de l’argent et plumer l’investisseur de base. Ce n’était pas nouveau mais c’est clairement décrit et me conforte (donc me rend plus fort) dans ce que j’ai fini par comprendre après de nombreuses lectures accessibles via Internet.

    Le côté énervant, c’est le côté moi-je, moi-je … mes livres etc… vous voyez ce que je veux dire. Et si ce côté énervant (malgré lui) n’était que l’expression de l’implication totale de PJ et de sa volonté de partager. Ne cherchons pas d’arrières pensées et tenons nous en à la finalité de ce blog : faire cesser ces agissements.

    Commençons par bien choisir les mots que nous utilisons : ne parlons plus de la crise des subprimes, mais parlons de l’escroquerie des subprimes.

    Merci à PJ et JA.

  8. Et si Jorion n’était qu’une pute post calviniste, ne lésinant sur aucun moyen, incluse la bonhomie altruiste distanciée, afin de faire cracher leurs sequins à des esprits faibles, abusés par un faux sentiment d’élévation sur fond de socialisme éclairé à la française. Oooh Lumières !

    Vous êtes la caricature de ce qui mène le monde à sa perte. Incarnation de la malédiction du verbe, théorie sans pratique, doublée de l’efficacité des apothicaires protestants saxons, maîtres de l’argent, soutiens des Gog et Magog de la finance avec intérêts.

    Regardez d’où vous venez. La programmation qui fut la votre. Que vous ne savez que reproduire

    1. Je crois moi-même à un déterminisme quasi-absolu, je n’en serais donc nullement surpris !

      « Théorie sans pratique » ? le reproche pourrait être justifié si j’avais fait carrière dans l’université, j’ai été au contraire les mains dans le cambouis toute ma vie, de la pêche à la finance.

      Quant à « faire cracher leurs sequins à des esprits faibles », ai-je droit à des circonstances atténuantes pour avoir tenté de le faire mais sans succès aucun depuis bientôt 68 ans ?

      1. « Je crois moi-même à un déterminisme quasi-absolu, je n’en serais donc nullement surpris ! »

        Human bio-robot then ? You man, bio robot zen ?

        Bon. Question d’ado alors : quelles seraient les pistes envisageables pour que le codage/éducation d’une telle machine bio-robot humanoïde lui permettent de sortir de cette prison, de transcender ses propres théories-spéculations…

    2. Enfin un commentaire qui répond aux souhaits de Paul Jorion, je cite son chapeau: « …je ne crains pas les vraies réponses, bien au contraire. »

      Merci à Pierre Smith, je n’aurais personnellement jamais osé… Mais étant donné la teneur des commentaires, celui-ci est vraiment intéressant pour relancer le débat qui finissait par tourner en ronds… de jambe. La situation est assez explosive pour accepter de se dire les choses en face. Après, il ne restera plus que la violence brutale et aveugle pour s’expliquer.

      Je répète ici ma conclusion suite aux commentaires: le problème n’est plus de savoir ce qu’il faut réformer mais, quelles que soient les réformes à faire, comment gagner le pouvoir de le faire ? A défaut, pourquoi se prendre la tête ? Personnellement, je n’ai aucune idée de la manière de gagner un quelconque pouvoir réel pour changer les choses, c’est pourquoi « mon agenda est vierge ». Mais si quelqu’un à une idée… Je suis prêt à étudier toute proposition y compris avec Paul.

      Merci d’avance.
      Eric Gaillot

      1. Les pouvoirs en place n’envisageant pas un instant de passer la main ou de relâcher leur pression, bien au contraire, les processus démocratiques inexistants.
        Il ne semble pas y avoir d’autre issue que le rapport de force.
        La principale force à opposer devrait être naturellement le nombre, le rapport entre les tenants de la situation actuelle et les opposants suffisamment disproportionné pour, peut-être, éviter ou au moins minimiser la répression conduisant aux pires violences, bien que tous les moyens de répression soient entre leurs mains.
        La difficulté semble donc de fédérer ces opposants dans toute leur diversité ce qui n’est évidemment pas une mince affaire.
        Maintenant faute d’y parvenir la situation, étant suffisamment explosive comme vous le dîtes, nous pètera à la gueule à un moment ou à un autre que personne n’est en mesure d’anticiper.

  9. Une des choses les plus intéressantes que j’ai lues récemment se trouve dans ce blog, dans l’article LES CHOSES BOUGENT EN ESPAGNE, par Diego Carretero. J’y apprends pour la première fois qu’un mouvement social a commencé de formuler le nécessaire dépassement de la contradiction droite-gauche. Cette contradiction vire à la confusion et crée l’impuissance à partir du moment où le camp qui se désigne « de gauche » est en fait de droite pour l’essentiel (le capital, la finance, l’austérité, les normes de travail), et s’oppose sur des questions secondaires (essentiellement les moeurs) à la droite officielle. Du côté de la théorie, la stérilité de cette contradiction est le sujet du livre de Jean-Claude Michéa, publié la première fois en 2002, Impasse Adam Smith, sous-titré Brèves remarques sur l’impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche.
    Et voici que dans la réalité de la scène sociale, le mouvement espagnol a lancé cette réflexion: « la division gauche-droite n’était pas aussi importante que la division bas-haut : nous sommes les gens d’en bas et allons déboulonner les gens d’en haut »
    Ça me paraît « capital »!

    Par ailleurs, une chose que je n’ai pas vue mentionnée dans ce blog (PJ), par exemple dans l’article « Deux excellentes analyses de l’affaire BNP Paribas », c’est l’intervention de Frédéric Lordon sur ce sujet:
    http://blog.mondediplo.net/2014-07-08-BNP-Paribas-une-affaire-de-geometries-variables

    1. L’article de Lordon a été discuté au sein de Les amis du Blog de Paul Jorion. La raison pour laquelle son article n’a pas été explicitement mentionné sur le blog est probablement dû au fait que sa position – à moins qu’il n’en juge lui-même autrement – semblait quasi identique à la mienne exprimée antérieurement. Ceci dit, nous sommes suffisamment peu nombreux aujourd’hui à défendre cette position pour saluer que Lordon l’adopte lui aussi. Ce n’est pas la première fois, et ce n’est probablement pas la dernière, que Lordon et moi défendons des positions très proches – chacun en est conscient puisqu’on pourrait faire la liste des diverses références à « Paul Lorion », « Frédéric Jordon », etc. au fil des années.

    2. Ce n’est pas la première fois que je lis un avis faisant remarquer que l’opposition aujourd’hui n’est plus entre la droite et la gauche mais entre le bas et le haut. C’est très intéressant. Essayons d’appliquer cette grille de lecture en France. Quel parti politique représente le haut (1% des électeurs, n’est-ce pas?) et quel parti représente le bas (99% des électeurs, n’est-il pas?) ? A priori, ça ne marche pas sinon les 99% serait actuellement au pouvoir et la dette serait tout simplement annulée.
      Non, cette idée de vouloir remplacer le rapport gauche/droite par un rapport haut/bas ne fonctionne pas. C’est même l’exemple type de l’illusion de nos intellectuels qui confondent le monde tel qu’ils le pensent avec le monde tel qu’il est. Je ne désigne personne ici, ne me faite pas dire ce que je ne dis pas.

      EG

Les commentaires sont fermés.