Les « aides à la pierre » : l’incohérence au pouvoir, par Louise Bardin

Billet invité.

Je souhaiterais vous faire part de mon indignation :

Je suis actuellement salariée dans une association qui s’occupe de distribuer, via des appels d’offre, les « aides à la pierre » proposées par le gouvernement (subventions données aux particuliers pour la rénovation de leur logement au niveau thermique, au niveau de l’accessibilité pour le maintien à domicile des personnes âgées ou handicapées, ainsi que la rénovation des habitats indignes, etc.) Ces aides sont distribuées par l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH)

Or, on entend partout parler de transition énergétique, surtout par Mme Ségolène Royal, qui clame haut et fort qu’une importante enveloppe budgétaire sera attribuée entre autres aux particuliers pour les aider à rénover thermiquement leur habitation.

Il faut tout de même dénoncer le fait que depuis fin juillet, l’ANAH du Morbihan, département où je réside, a décidé, vu le nombre trop grand de dossiers de demande de subventions, dans le cadre du programme « habiter mieux », de ne plus financer que les dossiers des demandeurs dont les plafonds de ressources sont qualifiés de « très modeste » (personnes percevant un salaire du niveau du SMIC) alors que ces subventions devaient au départ être accordées à des personnes ayant des revenus moyens et plus. Le résultat de cette restriction c’est que au moins 200 dossiers de demande en attente dans le seul département du Morbihan, ne seront pas subventionnés pour l’année 2014.

De plus, la menace de fermer complètement le « robinet » pour les subventions économie d’énergie 2014 se fait de plus en plus précise…

Mon entreprise ne sait donc plus que faire, elle se retrouve en première ligne pour recevoir le mécontentement des gens et cela va fortement peser sur son image de marque.

La volonté de ne pas renouveler les contrats des CDD embauchés, dont un emploi jeune, pour faire face à l’afflux des demandes de subvention, commence à apparaître, et des licenciements « secs » pourraient se produire.

Il devrait y avoir aussi des conséquences sur l’activité des entreprises du bâtiment, secteur qui est en crise depuis 2 ans, car beaucoup de ces dossiers ne seront pas suivis de travaux, faute de financement suffisant. Les « aides à la pierres » ayant aussi pour vocation de maintenir l’activité du bâtiment.

 

P.S. par J-P.V. : Le sujet est intéressant car ce genre d’association d’animation locale est probablement un des principaux terreaux pour le développement des modes de fonctionnement nouveaux  dont on parle sur le Blog de PJ sous les différentes rubriques « 80% ». C’est un bel exemple de la gribouillerie du gouvernement, plus soucieux de com que de résultats, et de l’imbécillité des restrictions budgétaires : on continue à payer les fonctionnaires, mais on coupe les crédits qu’ils sont supposes être payes pour distribuer. C’est aussi un bel exemple de la stupidité de passer par les marchés pour financer l’État. À condition que les frais de gestion soient raisonnables, – et dépensés le plus possible localement -, et que tout le monde fasse son travail et vérifie que les aides vont bien là où elles doivent aller, ce genre d’injection d’argent est l’une des meilleures façons de relancer l’économie localement.

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54 réflexions sur « Les « aides à la pierre » : l’incohérence au pouvoir, par Louise Bardin »

  1. Je suppose que vous êtes employée d’une ADIL ( au passage, à quel titre passez vous des appels d’offres et sur quelles prestations ?).

    Sur le fond du sujet que vous soulevez :

    http://www.batiweb.com/actualites/legislation-et-reglements/la-cour-des-comptes-sinterroge-sur-la-gestion-de-lanah-entre-2006-et-2012-30-01-2014-23667.html

    Il me semble aussi que le Sénat s’était intéressé au sujet en 2013 ( à la ressource et à la diversification des charges ) mais je ne sais plus retrouver sn rapport .

    Puisque PJ est devenu pote avec Cécile Duflot ,elle est la mieux placée pour alimenter ce billet !

  2. L’adage est bien connu  » on ne prête qu’aux riches ».
    D’autre part, la gentrification aboutit à l’augmentation des loyers et des impôts locaux, obligeant les revenus modestes à s’exiler vers la périphérie des grandes agglomérations et voir grever leurs maigres ressources par les frais de transport. C’est pas beau la justice sociale !

    1. la gentrification que vous évoquez est un phénomène qui a surtout sévi dans les années 75 /90 ,et assez largement favorisée par les crédits de l’ANAH via les OPAH ( opérations programmées d’amélioration de l’habitat ) ;A l’époque ,il y avait pas mal de zones sinistrées dans les quartiers de certains bourgs , villages , villes , et les maires étaient à la recherche de moyens de « redonner vie  » à des zones autre fois très vivantes mais en voie de ruine .

      De vastes opérations ont été lancées pour subventionner jusqu’à 50 voire 75 % des travaux de remises en état . Ce bâti appartenait très souvent à des vrais pauvres âgés qui ne souhaitaient plus que mourir dans leurs murs, et qui se sont très vite laissés séduire par les offres d’achat de particuliers  » venus d’ailleurs » à bas coût ( mais qui pour eux étaient la possibilité de payer quelques années de maison de retraite) .

      Le nouveau propriétaire ,engrangeant la subvention ( les conditions de ressources étaient évanescentes à l’époque) , réhabilitait souvent avec goût dans des quartiers à fréquents passés historiques , constituant une sorte de ghetto de mêmes profils , un ghetto riche , excluant tout retour de pauvres assurant une forme de mixité sociale .

      Il y a eu alors quelques âmes pour lever les fourches à ce terme, et, de ce point de vue , on doit se féliciter que les subventions ANAH soient réservées aux plus pauvres relatifs , aujourd’hui !

      Mais s’attrister que l’enveloppe ne soit pas grassement alimentée et les taux de subvention revus à la hausse .

  3. Bonjour à tous,
    Pierre qui roule n’amasse pas mousse et réservé les aides aux plus pauvres : « de ne plus financer que les dossiers des demandeurs dont les plafonds de ressources sont qualifiés de « très modeste »  » c’est limiter cette mesure qui ne reste que de la communication.
    Donc les riches se jettent sur la loi Duflot, et les pauvres petits entrepreneurs doivent attendre que les pauvres sans dents souhaitent faire des économies énergétique. IL est évident que moins leur budget énergétique sera douloureux tout ira pour le mieux , encore faut il qu’il est quelque moyens à investir dedans , ce que je ne pense pas . Donc du bla, bla, c’est beau ça sent bon et rien que de la communication .

  4. ce qu’on disait pour la PLF 2013 ( voir chapitre C2)

    http://www.senat.fr/commission/fin/pjlf2013/np/np31/np311.html

    et pour la PLF 2014 :

    http://www.senat.fr/rap/a13-157-8/a13-157-82.html

    Vous aurez donc votre réponse dans la PLF 2015

    Noter globalement que les ressources nécessaires au financement  » via » l’Etat sont de plus en plus débudgétisées ( il faut d’abord payer les dettes) et assises sur des « sources  » de plus en plus aléatoires .

    1. Merci pour cette illustration qui se passe (presque) de commentaires.
      Une tendance y est notamment flagrante : moins l’état dépense pour aider à la construction et à l’amélioration de l’habitat (-35 %), plus il dépense pour encadrer et contraindre ces aides (+10%).
      Bientôt il financera un service uniquement pour s’assurer qu’aucune aide ne peut être versée…

      1. Un peu outré , mais pas complètement faux .

        C’est aussi tout le sujet de la dette qu’on rembourse , ou qu’on creuse ,ou qu’on ne rembourse pas .

        Ce qui est certain c’est que depuis plus de 25 ans , l’état des finances du pays ne permet presque plus d’investissement et que la pression étant maximale sur les crédits de fonctionnements , les crédits de fonctionnement qui restent seront de plus en plus consacrés à expliquer pourquoi il faut se passer d’investissements , de crédits de fonctionnement , de fonctionnaires., de modèle social à la française …

        Les fonctionnaires qui resteront seront ,comme les prisonniers juifs contraints par les SS à se faire les bourreaux de leurs propres frères , contraints d’expliquer pourquoi il faut les supprimer eux mêmes.

        La dette est plus balèze que les SS.

  5. La pierre, hélas !
    Bifurcation.

    « Hier j’ai peint quelques études où l’on voit la cathédrale. Et j’en ai également une petite du parc. Néanmoins, je préfère peindre les yeux des hommes que les cathédrales, car dans les yeux il y a quelque chose qu’il n’y a pas dans les cathédrales, même si elles sont majestueuses et qu’elles en imposent, l’âme d’un homme, même si c’est un gueux ou une fille de rue, est plus intéressante à mes yeux. »

    Lettre de Van Gogh à son frère Théo – Anvers, novembre 1885

  6. ahahahhahaha ! ayant grandi dans une famille qui possédait une petite entreprise, j’ai eu ensuite la chance dans ma vie de travailler pour une multinationale et pour l’Etat Français. J’ai connu dans la première une ambiance difficile de restructuration permanente et de vision ultra court terme, dans le second, un monde difficile, parfois absurde, avec absence de vision cohérente et constante sur le long terme (quand vision il y avait). Dans les deux cas : démotivation, inhibition de l’action et aucun résultat, au niveau opérationnel bien sûr. Un choc quand je compare au monde de la petite entreprise. De ces expériences, on peut en conclure que tous les beaux discours de toutes les grandes organisations ça n’est que du vent ; derrière les beaux discours, il y a autre chose.
    Il faudrait interdire, 1) la spéculation, 2) le recours à la justice pour les joueurs soit. Mais aussi 3)les structures énormes, démesurées, où le coeur d’activité n’est à ma connaissance, jamais centré ni sur l’être humain (ou la société) ni sur un quelconque respect du travail qui aurait un sens, une finalité humaniste. Ces structures sont leur propre monde et ne s’intéressent à rien qu’à elles mêmes (comme l’aristocratie à une autre époque).
    Je n’ai pas le temps d’étudier malheureusement les propositions de fonctionnement nouveaux proposés par le blog, mais redonner de l’initiative locale avec pouvoir de décision & responsabilité au niveau de chacun, cela ferait peut-être du bien à bcp. Après un minimum de stabilité de contexte (ce que l’Etat, en pleine panique, n’offre pas actuellement)… On en arrive, c’est drôle, à l’énonciation de « tables de loi », quelques grands principes, et puis alea jacta est, faisons et donnons confiance. Tout contrôler, mesurer, la culture de l’indicateur, de l’évaluation a ses effets très pervers.

    1. Finalement , aujourd’hui , vous travaillez dans une petite entreprise , dans une grande , dans une multinationale ou pour une collectivité publique ?

      Avec une vision à court , moyen ou long terme ?

    2. C’est mon intuition que les plus grosses dérives viennent des plus grosses structures,… et dans celle-ci des plus grosses fluctuations que vous avez pu voir.

      En phase de croissance, cela peut marcher quand même (la sncf des années 1950..1970…), mais ce n’est pas « résilient ». Do’ù cette appel aux petites échelles que je comprends bien.
      Ca se discute ce qu’il faut se appeler petit aujourd’hui, d’ailleurs : des usines d »écran plats géants fonctionnent avec 15 personnes (les plaques n’aiment pas les poils et les squames des hommes), une raffinerie ou une cimenterie a-t-elle besoin de gigantisme ?

      Sinon, sur l’aspect de « à qui profite les aides », il y a cet adage anglo-saxon rarement démenti :
      « programs for poor are poor programs »…qui semble bien s’appliquer ici. C’est dans le tissage inter-classe que peut se faire quelque chose de bien, j’en suis assez d’accord, sinon en terme d’efficacité réelle, au moins en terme de levier intellectuel pour échapper à la grande jacquerie désordonnée qu’on prépare ainsi.

      1. Les programmes de l’ANAH , qui ont longtemps été généreux et bien abondés , ne s’adressent pas par nature aux « plus pauvres  » auxquels les « pas si pauvres que ça  » semblent beaucoup s’intéresser ces temps ci .

        Ils s’adressent aux propriétaires occupants ou bailleurs ,qui ne sont pas en majorité  » pauvres » , même s’il y a bien naturellement des conditions de ressources pour y prétendre.

        Pour les locataires , qui eux sont en majorité pauvres ( dont pas mal de mères célibataires ,évolution sociale aidant ),l’aide vient au travers de l’APL , à peu près systématique sur les locaux réhabilités par des opérations ANAH visant à la mise en location .

        Sinon ,le débat ,c’est l’assiette de la ressource qui assure l’enveloppe finale à répartir , pas la mécanique , ni je ne sais quel complot .

      2. @ Timiota

        Tu dis : « C’est mon intuition que les plus grosses dérives viennent des plus grosses structures,…  »
        Ne serait-ce pas là le fait du troisième principe de la thermo ?!!
        Perso, je pense que oui.
        Il faut donc dissoudre et interdire les grosses structures, comme le dit laura au petit 3 de son commentaire.

      3. @ ecodouble
        Bonsoir

        les plus grosses dérives viennent des plus grosses structures,… »
        Ne serait-ce pas là le fait du troisième principe de la thermo

        Je le pense aussi, mais as-tu déjà lu La Troisième Vague D’Alvin Toffler?
        Il faut bien entendu lire cela avec un esprit critique.
        Ce qui m’a frappé dans ce livre est l’émergence du prosommateur (celui qui consomme ce qu’il produit lui-même) que j’appelle créalisateur (celui qui utilise ce qu’il crée lui-même)

  7. J’ai dans l’idée que ce genre de dispositif ressemble à s’y méprendre à une rente déguisée pour certains secteurs d’activité jouissant d’un lobbying efficace mais à l’utilité discutable. Il ne se passe ainsi pas une semaine sans que je reçoive une demi douzaine d’appels de sociétés prospectant pour installer des panneaux photovoltaïques ou tout autre équipement labellisé « greenwashing », avec l’aimable concours de l’Etat et d’un secteur financier tout disposé à fournir d’avantageuses conditions de financement (pour qui est-ce vraiment avantageux, là est la question). De ce point de vue, l’échec partiel ou total de ces mécanos ne m’émeut pas vraiment.

    Incidemment, le marché immobilier/bâtiment en Bretagne n’est pas en crise depuis seulement 2 ans, il sombre graduellement depuis plusieurs décennies, non pas tant sous l’effet d’une spéculation outrancière (qui a pu néanmoins exister momentanément – notamment sous l’effet d’une migration britannique aussi massive que temporaire, disons entre 2000 et 2010 – mais n’est au plus que la part émergée de l’iceberg) mais sous celui bien plus insidieux mais probablement aussi beaucoup plus dévastateur de la désertification qui s’est propagée depuis le centre (à l’œuvre depuis 50 ans au moins dans cette zone) vers les côtes (propagation frappante depuis 2007) sous l’effet de choix de politiques économique ou encore d’aménagement du territoire désastreuses, en faisant notamment de cette région une zone consacrée pour l’essentiel à l’agriculture et au tourisme, c’est à dire dans un cas, le premier secteur à avoir historiquement fait disparaître la main d’œuvre de son équation et dans l’autre cas un secteur dramatiquement fragile car soumis, c’est le cas de le dire, aux quatre vents, qu’ils soient ceux de la conjoncture économique ou des dérèglements climatiques.

    Bien entendu, la désertion de la région notamment par les jeunes ou plus généralement par la population active a produit son lot d’effets de bord envisagés comme autant d’opportunités pour certains « entrepreneurs ». Le vieillissement accéléré et totalement artificiel de la population a ainsi fait émerger un secteur de service aux personnes âgées et paramédical en plein essor (c’est bien le seul), lequel « jouit »(si l’on ose dire) d’un n-ième versant de la « Crise » (avec un énAUrme « C »), à savoir celle du secteur médical, lui aussi en état de putréfaction avancé.

    Dans ce cas comme dans tant d’autres, il ne me semble donc pas particulièrement pertinent d’attribuer comme le fait en anotation J-P. V. tout le mérite de ce cafouillage au gouvernement actuel, qui bien que ne faisant évidemment rien pour arranger les choses, n’est néanmoins pas à la source du problème. Au pire se laisse-t-il entrainer par un courant qu’il est manifestement incapable de remonter.

    1. Ce que vous appelez cafouillage ,st en fait une règle de gestion constante dans tous les gouvernements du monde , et les nôtres entre autres .
      Les effets d’annonce ou d’affichage parfois au sens propre , même et surtout à l’échelon local (  » ici bientôt construction de .. ».barrer la mention inutile), non encore assurés par des financements pérennes , sont le mode de faire de tous ceux qui ont été élus un jour . Sauf peut être ceux qui ont la « chance » d’avoir une centrale nucléaire sur leur territoire .

      Pour ce qui est du » lobbying » efficace , je me méfierais davantage de la responsabilité à l’échelon de structures soit disant virginales ,dans l’attribution de marchés après appels d’offres dont j’aimerais bien connaître la composition du jury .

      Pour ce qui est de l’adéquation entre fonctionnaires payés et crédits  » distribués »( sous conditions et contrôles, certains trouvent même qu’ils sont trop sévères ) , s’il fallait augmenter ou diminuer le nombre de fonctionnaires , chaque fois que Bercy ouvre les vannes ou coupe les robinets pour 6 mois parce qu’il y a des fins de mois guerrières à régler (ou , j’ai même connu ça parce que Bercy s’était planté sur l’estimation des salaires de ses propres agents !), il y aurait de quoi déglinguer toute forme d’administration publique .

      1. N’empèche que la diminution massive des dépenses d’intervention (et surement pas pour 6 mois « seulement »), par exemple dans le secteur associatif sanitaire et social (où je travaille), conduit les fonctionnaires chargés de les distribuer à ne plus distribuer que de puissants « encouragements » pendant que les « permanents » -au mieux en cdi, souvent cdd- des dites structures croulent sous un travail pas toujours rémunéré à hauteur des heures effectuées pour se voir conduire un à un au chomage depuis un an (et pire l’année prochaine). Avant que les structures administratives ne diminuent elles même au prorata de l’activité, il va couler de l’eau …
        A chaque fois, c’est une forme de « culture d’entreprise » qui disparait avec une équipe licenciée qui avait accumulée un savoir faire définitivement perdu et qui devra être reconstruit ultérieurement.
        Surement que certains décideurs ont imaginé que le travailleur social en précarité, ressentirait comme « empathiquement » mieux et avec une évaluation plus sûre et plus efficace, le vécu des usagers qu’il est censé accompagner.
        En fait, l’un des aspects du « mal » français, c’est une division radicale des conditions de travail en 2 mondes qui se cotoient fréquemment mais ne se mèlent jamais.

      2. Un jour ou l’autre il faudra bien diminuer le nombre de fonctionnaires si leur travail n’a plus aucun objet, ils servent à quoi ? cet argent serait bien mieux utilisé à former ou/et indemniser les chômeurs.
        Un jour ou l’autre, de toute façon, il faudra sérieusement revoir le statut de la fonction publique, notamment formation et emploi à vie car à tout les niveaux çà devient aussi cher qu’injuste…
        et comme c’est bizarre, Attali n’en parle pas…!

    1. Pourquoi donc ? Les 30 milliards normalement destinés à la formation professionnelle, ils vont où ?
      Attali est le seul à gueuler là-dessus et il a raison. La formation comme l’éducation c’est pas une paille n’est-ce pas ?

      1. Il vont à la formation de celles et ceux qui travaillent déjà , pas des chômeurs .

        C’est ça le discours de JA , mais je n’ai pas encore celui de  » la défense » ( les syndicats et le patronat ) .

      2. Deux ou trois choses sur M.Attali.
        A son point de vue, c’est le manque de qualification des travailleurs qui serait responsable du chômage ? Mais les patrons sont-ils prêts à rémunérer en conséquence les emplois qualifiés ?
        Ensuite, il faudrait savoir quel pourcentage des gens ayant suivi un stage de formation ou de recyclage a retrouvé un emploi !
        Il fait semblant d’ignorer que l’argent de la formation reste dans les caisses des entreprises qui facturent des journées de formation qui n’ont lieu que sur le papier.
        Enfin, ce monsieur a conseillé les Présidents Mitterrand et Hollande(peut-être aussi Sarkozy); deux échecs notoires pour une politique de changement, mais un total succès pour les riches.
        Au fond, nous savons très bien qui servent les diplômés des grandes Ecoles !

      3. Il faut que cette argent aille aux chômeurs. De manière à fabriquer LE robot qui fermera définitivement le bouton au sieur Rebsamen. Et à notre bêtise à tous. Amen.

      4. Renverser les courbes du chômage! Elle rêve (j’ai oublié son nom)
        On ne résoudra pas le problème du chômage par la relance de l’emploi (formation ou pas qui échoue) cela cûte trop cher en matière première et énergie.
        Mes dix dernières années de ma carrière je les ai passé à dépanner, 45000 km/an, 5000lites de gasoil et 650 heures passées au volant;
        Aujourd’hui je suis retraité et je ne le regrette pas (Bonjour Bernard Friot)

    2. ATTENTION !!! ERRATUM !!!

      Très grosse erreur sur les chiffres de la part de Jacques Attali durant l’émission « ce soir (ou jamais !) » (à partir de 1h10 environ) :
      « La principale cause du chômage en France c’est la non qualification des gens […] entre 70 et 80% des chômeurs sont des gens qui sont pas formés. »
      http://www.france2.fr/emissions/ce-soir-ou-jamais/diffusions/05-09-2014_259857

      Petite parenthèse : en déclarant ceci, monsieur Attali démontre surtout qu’ « Il existe [bel et bien] une préférence française pour le travail non qualifié. »
      http://www.lesechos.fr/26/03/2014/LesEchos/21655-008-ECH_olivier-passet—–il-existe-une-preference-francaise-pour-le-travail-non-qualifie–.htm

      Ces chiffres donnés durant l’émission sont absolument FAUX !!! Et je suis personnellement très inquiet par ce genre de propos qui touchent directement tous ceux qui ne retrouvent toujours pas de travail aujourd’hui en dépit de l’accumulation de leurs diplômes !!! Cela touche notamment les Bac+2, +3, +4, +5, voire plus… Nous en connaissons tous aujourd’hui tout autour de nous compte tenu de l’ampleur et de la durée de la crise…

      DEMONSTRATION à l’attention de monsieur Attali :

      « De 2008 à 2012, le nombre de chômeurs a augmenté de 743000. Parmi eux, 465000 – soit 62% – étaient ouvriers ou employés, contre 100000 professions intermédiaires et 50000 cadres supérieurs. »
      http://www.observationsociete.fr/ch%C3%B4mage-les-ouvriers-non-qualifi%C3%A9s-aux-premi%C3%A8res-loges

      Selon les chiffres INSEE de 2012, 14.4% des ouvriers (qualifiés ou non) sont au chômage.
      Selon ces mêmes chiffres INSEE de 2012, 20.4% des ouvriers non qualifiés sont au chômage.
      http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=80

      Et si l’on se donne les moyens de creuser un peu plus dans le détail, selon les chiffres INSEE de 2012 toujours :
      19.3% des chômeurs sont des Bac+2, +3, +4, +5, voire plus.
      43.6% des chômeurs sont des Bac, CAP ou BEP.
      37.1% des chômeurs sont des non qualifiés.
      … à vos calculettes pour ceux qui veulent vérifier ces chiffres :
      http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon03345

      En outre, de 2008 à 2012, on constate une progression du chômage chez les ouvriers de seulement +35%, contre +38% chez les cadres, voire +41% chez les professions intermédiaires !!!

      Alors certes, le taux de chômage des personnes non qualifiées est important, notamment chez les jeunes, c’est un fait…
      http://blogs.mediapart.fr/blog/brigitte-pascall/041213/les-jeunes-non-qualifies-pauvres-sont-au-chomage-49

      … mais ne nous trompons pas sur les chiffres comme le fait ici Jacques Attali, au risque d’oublier tous les demandeurs d’emploi diplômés… Car les causes du chômage de masse sont bien plus profondes et souvent évoquées sur le Blog de Paul Jorion… cf. « C’est pas du boulot ! »
      http://www.pauljorion.com/blog/2014/09/02/vous-etes-sans-emploi-cest-de-votre-faute/

      A plus j’y réfléchis, à plus je me dis que la solution pourrait bel et bien être celle-ci :
      http://www.pauljorion.com/blog/2014/08/19/une-proposition-en-vue-de-remettre-la-planete-en-etat-par-philippe-soubeyrand/

      1. Vous y trouverez un commentaire de ma part ,qui est un salut à la fonction publique comme je l’aime et crois l’avoir pratiquée , et comme Pascal-b Eisentstein semble ne pas la souffrir.

        Mais il a tort et j’ai raison , et il a raison et j’ai tort , car une société a besoin de fonction publique et de production privée .

        L’équilibre entre les deux ,c’est le projet démocratique d’avenir qui le donne .

        Et là, il n’y a plus personne .

        Et ce n’est pas l’attaque de l’Etat par un (très) petit bout de la lorgnette ( la réhabilitation du parc privé ) qui fera beaucoup progresser .

  8. Plus on a les qualités demandées aujourd’hui….
    Humanisme, croire en l’homme.
    Esprit d’entreprise, croire en soi et aux contrats, et en l’Etat…
    Plus on peut être trompé.

    En fait, il faudrait présumer que qui peut nuire impunément le fera.
    Les institutions politiques et économiques devraient être repensées selon la séparation des pouvoirs.

    Le cadre est plus important que le chemin, il ne s’agit pas d’aller vers je ne sais quelle harmonie qui ne peut pas exister entre les hommes mais d’établir le meilleur cadre possible pour réduire leur capacité de nuisance les uns sur les autres.

    C’ ‘est quand on a cessé de croire qu’on arriverait à avoir une chrétienté unanime en Europe qu’on a fait le premier pas vers la tolérance religieuse mère de notre laicité.

    C’est quand on a cessé de croire que faire la morale aux princes ou d’en changer comptait beaucoup qu’on a inventé, par essai et erreur, l’équilibre des pouvoirs.

    C’est quand on cessera de croire au capitalisme ou au communisme qu’on commencera a envisager les forces économiques comme des forces, savoir des capacités à abuser ce qui est plus faible, et qu’on établira un équilibre entre elles et avec l’Etat.

    1. Mmouaip, on n’est pas loin du « milieu associé » de Bernard Stiegler…, celui où la parole est un tant soit peu réciproque, où l’auditeur a une chance raisonnable d’être écouté s’il est locuteur, avec ou sans dents.

      1. @ Timiota

        Merci de faire découvrir cet auteur. Il faudra que j’en apprene plus sur lui, je crois. Là j’ai juste lu wiképédia.
        Mais il y a tant à lire !

      1. @ Daniel

        A qui vous adressez vous et que voulez-vous dire ?
        Qu’est-ce qu’une porte ouverte ou fermée ?
        Et donc qu’est-ce qu’enfoncer une porte ?

        Pour ce qui me concerne, je n’ai pas l’impression que l’équilibre des pouvoirs soit une question si traitée que ça.
        Plutôt que soit les gens acceptent le monde tel qu’il est soit ils croient découvrir une utopie qui sauvera la monde.
        Mais limiter les abus des gens les uns sur les autres ?
        Pas tellement, et ça se comprend puisque chacun a tendance à croire qu’il est bon et l’autre mauvais.

  9. Il est évident que la sobriété énergétique dans l’habitat et l’agriculture devrait devenir la priorité de tout gouvernement et de toute la société digne de ce nom. C’est tout simplement criminel de ne pas le comprendre.
    Ce que vous décrivez démontre de façon pertinente l’incurie des gouvernements qui sont à la solde du pouvoir financier qui a de surcroît le culot de profiter, par l’intérêt du prêt, de l’aubaine de ces aides, peut-être qu’aujourd’hui le jeu n’en vaut plus la chandelle.
    Je pense qu’il est grand temps de démarrer des initiatives citoyennes qui pourraient aller dans cette direction de la sobriété en saisissant toutes les opportunités qui se présentent.

      1. Tu cliques sur mon nom et tu verras, je participe à cela sans pour autant être mis en évidence, faudrait de temps en temps faire l’effort d’y prêter attention en essayant de comprendre la démarche, et que vous ne me croyez ou pas, si la vie veut bien m’accompagner, j’essayerai d’y accompagner les générations futures.

      2. @michel lambotte :

        dont acte .

        Il m’arrive aussi ,à défaut de site , de participer à deux ou trois petites choses , sans autre prétention que d’y participer et sans illusion sur leur facultés rassembleuses et universelles .

      1. Je propose le FIT, le Forum International du Travail, avec des conférences, des documentaires, au Bourget pourquoi pas, pour discuter de la mondialisation du travail, des moyens de production et des enjeux du développement des territoires, en présence du maximum de représentants de travailleurs de tous les continents, mais au moins européens d’abord, avec les représentants du patronat et Hollande en invité de marque (s’il organisait lui-même ce serait mieux), pour que tout le monde se comprenne bien et qu’on envisage autre chose en terme de système économique.
        Le rapport avec les aides à la pierre, c’est une nouvelle approche de la propriété privée, qui devrait tendre à satisfaire pas mal de monde, finalement.
        M. ATTALI le conseiller de gôche ou de droâte peut-il en parler en haut lieu, car depuis toutes ces années ce sherpa qui nous déclenche les avalanches n’a pas dû bien se poser de questions sur la vie quotidienne du travailleur qui bosse (ou qui aimerait bien) sur la plateforme mondiale de l’exploitation capitaliste.

      2. the FIT, doing a feat or you will be six feet under. Featuring all nations!
        Des gens pourraient s’y intéresser, j’y vois déjà un beau succès.

    1. Au passage , le budget de l »ANAH est en partie alimenté par la rétrocession significative par l’état du produit des taxations carbone .

      1. Et bien parfait les Français, vous allez dans la bonne direction mais il me semble comme le dit Paul Jorion qui est Belge habitant en France, on gagnerait beaucoup à abolir la rente de la propriété privée, ou le prêt à intérêt.
        Vous trouvez normal vous, que 30 à 40% (chiffre de 1999 d’ Helmut Creutz) du prix des matériaux susceptibles de réduire la consommation d’énergie constituent des charges financières qui retournent dans la machine à concentrer la richesse, et bien moi pas et je pense que Paul sera d’accord avec moi.
        Comme quoi il y a des priorités, pas de sobriété avec l’intérêt financier!!

    1. Merci d’avoir un peu éclairé ma lanterne, un peu de sérieux et de pragmatisme après tous ces commentaires qui dérivent un peu, ça fait du bien ! Reste que le problème au niveau des personnes qui travaillent sur le terrain n’est pas résolu !

      1. Pour avoir eu à connaître des impacts des décisions aléatoires et mal étayées, sur les équipes de celles et ceux chargés de les mettre en musique , je comprends vos inquiétudes et risques de découragement.

        Travaillant à l’aval de l’ANAH , aux variations saisonnières près , vous restez dans une chaine qui a des chances de rester pérenne .car sauf catastrophe mondiale ou crises de nerfs à Bercy , le magot reste significatif .

        Quand Bercy veut se débarrasser d’un service ou supprimer des fonctionnaires ( ailleurs qu’aux finances ou aux impôts , mais c’est moins vrai depuis dix ans ) , les manœuvres sont plus vachardes et durables de façon continue dans le temps( diminuez de 2 % par exemple par an , un budget de fonctionnement et au bout de moins de dix ans , la démonstration est faite que vous ne servez à rien ( et pour cause puisque vous ne pouvez rien faire ) . Il y a à Bercy des virtuoses de la chose depuis plus de trente ans .

        Ce qui pourrait être sain et salvateur si les coupes n’étaient totalement arbitraire et le plus souvent uniquement déterminées par le poids de la laine à tondre .

        Serrez les dents et gardez vos clients , car ce qui est vrai dans ce que certains ont dit ,c’est que les crédits ANAH ont un effet de levier important, et s ‘adressent prioritairement à des natures de travaux immédiatement accessibles aux artisans locaux ( dont on s’aperçoit souvent à ce moment qu’ils ne sont pas ceux qui ont le moins de travail).

  10. Bonsoir

    Juridiquement, un Etat n’a pas de sens:ce n’est qu’une puissance! Qui obéit aux ordres du groupe qui en a pris les commandes. Dans ces conditions qu’est ce qu’une fonction publique?

    Il s’agirait , pour chacun, afin d’aller vers une vraie république démocratique, de commencer par renoncer à une forme d’infantilisme bien ancrée chez nous qui voit l’Etat comme une sorte de Père Noël ou de Père Fouettard selon l’humeur du jour, succédané irénique laïque du Dieu tout puissant d’antan qui chérit ses enfants!
    République, Démocratie et Fonction Publique requièrent comme conditions premières nécessaires mais non suffisantes pour pouvoir exister, des citoyens adultes, responsables donc….

    Cordialement.

  11. Ceci est un commentaire pour l’article de Jeanne Favret-Saada qui n’est pas ouvert aux commentaires.

    Chère madame, je ne sais pas qui vous êtes mais merci de dire aussi simplement et aussi justement ce que je pense en silence. Ma colère est aussi grande que la votre. J’ai adhéré au PS en 2002 et déchiré ma carte depuis. c’est ma seule incursion en politique. J’ai vote non a Maastricht et j’ai vote exactement comme vous depuis, avec le même manque d’enthousiasme et a peu près pour les mêmes raisons. Mon écœurement est immense. J’ai un bref moment, vers 2002, cru en Montebourg. J’ai même eu l’occasion de lui parler assez longuement. Et je me suis rendu compte que comme les autres, il préférerait toujours son ego et son ambition a la noblesse de la politique. Le discours politique ne dit plus rien. Il n’a comme prétention que d’éviter le monde, d’éviter le réel, d’endormir pendant qu’ailleurs, discrètement, les choses se passent. Peut-etre suffit-il d’attendre que le système actuel finisse de se décomposer pour retrouver de l’enthousiasme en politique. Ou peut-etre faut-il agir et faire de la politique en dehors du système et malgré lui.

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