L’avenir du salariatLa sauce à laquelle vous allez être mangé !, par Jean-Baptiste Auxiètre

Billet invité.

Paul Jorion se garde bien de lire dans sa boule de cristal pour faire des prévisions, pourtant bien des internautes se rendant sur son blog sont avant tout préoccupés de comment placer leur argent ou d’optimiser leurs placements.

Quant à moi, je n’ai nulle renommée à défendre, ni quoi que ce soit  d’autre, et je ne vais donc pas me gêner de jouer les Madame Irma.

Les revenus des salariés vont se retrouver dans une fourchette entre 0 et 2x le SMIC.

La notion de mérite est de fait superfétatoire. Chacun se trouve lui-même du mérite et en reconnaît peu à son voisin. Cette valeur se révèle finalement complètement subjective et la place de l’aléa se vérifie de fait plus que celle d’un effort réellement consenti ou d’une volonté réelle de l’individu dans sa propre réussite, que de toute façon on est scientifiquement incapable de mesurer. La notion de mérite étant donc soumise en plus à toutes les préférences injustifiées, qu’elles soient de l’ordre de l’amitié, de la préférence sexuelle ou d’avoir été dans la même école, ou de toute autre chose puisqu’il n’y a aucun compte à rendre à ce sujet de la part de celui qui reconnaît ou non un mérite.

Actuellement, les revenus des professions dites « réglementées » sont en voie d’être rabotés pour se rapprocher dans les faits d’un seuil à terme de 2x le SMIC qui serait une prétendue justice sociale. En effet chaque profession gagnant de fait plus que les autres va être jetée à la vindicte populaire l’une après l’autre. La plupart des gens pensant que le voisin gagne trop sera prêt à réclamer une diminution des revenus de cette profession. Les professions réglementées n’étant qu’un début, les autres suivront ! Cela permettra de lisser les revenus de toutes les professions salariées. En passant les professions une à une en revue cela permettra de tout « normaliser ».

À ce titre, l’entrepreneur ne sera pas mieux loti, étant généralement un employé du capital puisqu’il emprunte de l’argent pour sa société, il va rapidement être rappelé lui aussi à l’ordre et ne pourra plus se verser comme revenu ou résultats de dividendes que 2x le SMIC au maximum sinon on ne lui prêtera tout simplement plus et les banques vont regarder cela de plus en plus près.

Par ailleurs on tend à rapprocher les revenus du travail manuel du travail intellectuel sous prétexte de pénibilité. On va du coup raboter là aussi  et comme on ne pourra pas réellement augmenter les premiers on fera baisser les revenus des seconds.

Les retraites seront elles aussi plafonnées puisque ce sont des personnes non -productives et qu’elles ne pourront décemment pas gagner plus que ceux qui obtiendront les meilleurs revenus obtenus par leur travail.

Les seules personnes qui gagneront plus, et même beaucoup plus, seront celles qui ont du capital c’est à dire de l’argent disponible et à prêter.

Est exclu l’argent immobilisé que ce soit dans l’immobilier ou autre puisque non disponible. N’est à considérer comme capital que l’argent disponible et prêtable. Le reste sera taxé ou récupéré.

Pour l’héritage, la dernière année de vie coûtant en frais de santé plus de 100.000 euros et l’héritage moyen étant légèrement supérieur, l’héritage sera imputé de cette valeur au titre de la dépendance, en allant jusqu’à raboter aussi les donations.

Pour ce qui est du travail du dimanche et de nuit, comme il devient normal, au sens de la norme statistique, il ne sera évidemment plus payé plus cher, que ce soit grâce à des conventions collectives par métier ou parce que la France est de toute manière peu ou prou entièrement une grande zone touristique.

L’individualisation poussée à son paroxysme ayant discrédité définitivement les syndicats, ceux-ci sont devenus totalement inefficaces et non-représentatifs. Ils n’avaient une certaine force en effet que quand il existait une conscience de classe ou au moins une notion collective pour un métier ou une catégorie sociale. Chacun croyant désormais qu’il se défendra mieux lui-même, c’est plié !

Sous prétexte de liberté d’entreprendre, on a bien créé une liberté réelle de commercer pour les entreprises mais on a perdu la liberté de l’individu, qui de toute façon, avec la disparition de véritables représentants, ne signifie plus grand chose. Les politiques ne représentant plus grand chose non plus, et appliquant tous dans le monde entier et pas seulement en France, une vaste mise en application du libéralisme à la mode des années 80 de Thatcher et de Reagan, qui n’était rappelons-le qu’une méthode de boutiquiers qui met plus d’eau et d’air dans la glace en la vendant au volume pour faire plus de bénéfice. En gros : vendre au plus grand nombre une mauvaise soupe en se faisant le maximum d’argent, ce qui est devenu le modèle de référence de la production.

La valeur du travail étant généralement pensée par le naïf comme étant la valeur de ce que l’on produit est définitivement passée aux oubliettes. La seule chose payable ou valorisable aujourd’hui est la meilleure compétitivité.  Ce n’est pas le travail que l’on effectue mais bien la différence entre le travail moins cher que l’on effectue soi-même par rapport à celui du voisin qui fait la même chose. Seule cette différence garde une valeur.

La valeur globale du produit ne peut plus être considérée puisqu’elle est en effet complètement hypothéquée par les intérêts à tous niveaux de l’investissement et de la production.

On ne paye plus pour ce que vous produisez mais juste une partie de la différence entre le bénéfice de mettre d’autres personnes « moins compétitives » au chômage pour les remplacer par vous « plus compétitif » et cela seul est payable de façon sonnante et trébuchante en partageant en plus la moitié grosso modo sous forme d’intérêts et d’assurances et du droit à travailler qu’implicitement vous payez aussi.

Le tout en attendant qu’une machine vous remplace sachant qu’un bête PC a près de la puissance de 40.000 secrétaires, et que cette machine travaille quasiment 24h sur 24 sans râler et qu’elle remplace aujourd’hui tout aussi bien un ingénieur qu’un artiste.

Vous pensez pouvoir quand même planquer votre argent sous votre matelas ? Ne vous inquiétez pas, ils ont pensé à cela, pour toute somme de plus de 2 à 3.000 euros, il faudra déjà justifier de sa provenance et même les impôts n’acceptent plus l’argent liquide ! Tout transfert d’argent est aujourd’hui traquéau-dessus de cette somme, dont le montant va en s’amenuisant de plus en plus. La liberté d’acheter ou de vendre est très entamée puisque vous ne pouvez déjà plus le faire sans être suivi.

Nous allons donc vers une sorte de soviétisation, qui n’empêchera pas que l’on nous rabâche des contre-exemples notoires de réussite pour laisser croire qu’une certaine liberté persiste, même si ces exemples de réussites seront soit fabriqués, soit tiendront d’une « série rose » de chances (aléas) dont chacune individuellement est équivalente à celle de gagner au loto.

Le système paraitra en apparence équitable puisque tout le monde sera payé à peu près pareil d’une part et laissera croire qu’il est quand même possible de réussir, même si cette illusion sera fabriquée à coup de publicités amplifiées par les médias. Le tout permettant de valider le système.

La suite étant probablement une longue descente vers une nouvelle forme de féodalisme.

Nous sommes en train de glisser vers une combinaison du pire du système soviétique et du pire du système capitaliste libéral, pour le bénéfice d’une infime minorité.

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63 réflexions sur « L’avenir du salariatLa sauce à laquelle vous allez être mangé !, par Jean-Baptiste Auxiètre »

  1. Libéralisme pour le peuple, socialisme pour le pognon comme disait à peu près Gore Vidal.

    Et… Il y a encore plus longtemps, avec d’autres machines/organisations efficaces :

    Un grand pays libéral est-il mécaniquement destiné à sombrer dans le socialisme ? On peut, devant le terrible cas romain, se poser la question. Nous avons répété à plusieurs reprises quelle est la première cause de l’extinction du libéralisme romain : l’apparition d’un capitalisme de connivence, l’utilisation de la puissance publique par la classe dirigeante romaine pour s’enrichir, forme de socialisme par le haut qui constitua un déséquilibre initial.

    Philippe Fabry, Rome, du libéralisme au socialisme : Leçon antique pour notre temps, conclusion

  2. […….Nous sommes en train de glisser vers une combinaison du pire du système soviétique et du pire du système capitaliste libéral, pour le bénéfice d’une infime minorité.]
    Ce type d’économie semble déjà être d’actualité en chine?

  3. Tout ceci semble brillant, je ne suis pas économiste et bien que je suive depuis plusieurs années le blog de Paul Jorion découvert grâce à Frédéric Tadéï, je n’ai fait aucun progrès en cette matière et suis toujours aussi mauvais et incapable de tenir un raisonnement économique, aussi celui-ci me paraît il tout aussi probable qu’un autre. En le lisant on sent monter la peur, et à cette peur succède la haine, et à cette haine l’envie de tout détruire, puis on se dit que de toute façon, l’argent est vil et que l’on peut bien aller vivre comme Thoreau au fond d’un bois. On se dit que l’essentiel est ailleurs, au fond de soi, qu’il y a en soi une bataille bien plus importante à livrer, alors on regarde la peur en face et celle-ci disparaît, puis la haine… alors ne reste que la vacuité.

    Je suis artiste, peintre même, et je ne pense pas que l’art puisse être réalisé par une machine. Bien sur l’ordinateur pourra peut-être créer une image parfaite, ou une image même imparfaite, est-ce que cette image sera pour autant de l’art ? Non car pour que l’art soit il faut que l’artiste connaisse la souffrance, et pleure en pensant et en voyant la souffrance. Si la machine parvient à simuler la souffrance, ce n’est toujours qu’un simulacre. En fait seul le matérialiste peut croire que l’art puisse être créé par une machine. Ou alors cette machine n’en sera plus une et elle connaîtra elle même la souffrance, alors elle découvrira la peur de la mort et deviendra comme l’homme complètement préoccupée par elle-même et alors oui peut-être pourra-t-elle créer, car elle aura acquis l’Esprit.

    Je m’étais dit que je n’écrirais plus sur le blog ne me sentant pas vraiment apte à cela, mais c’est plus fort que moi, j’ai l’impression qu’il faut que je dise ce que je ressens.

    1. Vous faites bien.

      Les machines auront un jour, plus qu’aujourd’hui, besoin de l’imperfection de l’homme.

      Nous sommes d’ailleurs peut-être ici pour ça. 😉

      1. En fait bien peu de gens achètent aujourd’hui mes tableaux. L’art est un marché comme le reste, et ceux qui achètent des tableaux la plupart du temps le font pour en tirer un bénéfice substantiel. L’art ne les intéresse pas vraiment, ce qu’ils voient c’est ce que voit aussi l’oncle « Picsou ». Ainsi des artistes se retrouvent propulsés vers des prix absolument inimaginable pour un travail qui parfois ne vaut même pas un sou. Tout est aujourd’hui au même niveau, l’art n’échappe pas à cette règle. La FIAC ce grand rendez-vous des galeries est un gigantesque marché très peu artistique, alors si des robots nous proposent un jour des œuvres d’art, il suffira que ces messieurs qui font de l’argent le décident, et ils seront vendus des fortunes, dans quelle poche ira cet argent, à qui bénéficiera la « profitation » (mot guadeloupéen)? Pour ma part je ne trouve pas absurde de cesser de considérer l’art comme une valeur marchande. Si l’on redistribue (dans un monde idéal débarrassé des financiers) l’argent que les robots font gagner aux entreprises à ceux qui ont perdus leur emploi, on peut aussi le redistribuer aux artistes, qui ne vivront plus de la vente de leur œuvre, mais d’une rente à vie suffisante pour créer tranquillement et donner à qui le veut l’œuvre ainsi réalisée. D’ailleurs c’est une solution qui devra sans doute être adoptée pour la plupart d’entre les salariés, et qui ainsi pourront devenir créatif. Et si l’on considère cet article si pessimiste sous cet angle, il n’y aura plus de salariés et donc plus de salaires, mais des rentiers. J’ai l’impression de délirer, mais un monde idéal est un monde sans travail. La bible nous a enseigné cette terrible chose, en guise de punition Divine: « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front », endoctrinement très efficace jusqu’à aujourd’hui, il est peut-être temps d’y mettre un terme. Dans les années « 70 », j’ai lu un livre qui s’intitulait « Travailler deux heures par jour », il serait temps d’y penser.

      2. Pas la bonne question.
        A vrai dire c’est le milieu dans lequel évolue le peintre qui fixe un ordre de prix.
        Le circuit marchand c’est autre chose où l’on retrouve là les jeux habituels de la bourse et de la spéculation. Mais ce que l’on désigne ou que l’on entend par « art » est quelque chose qui est bien au dessus de toutes ces préoccupations dans la mesure où on peut dire qu’il en a vu d’autres. Plus de 40000 ans d’existence… l’est pas prêt de disparaitre et ce n’est pas le fait qu’il y ait les banques derrière toutes les grandes foires internationales qui me feront changer d’avis.
        Un coup d’oeil réjouissant chez les l’Omo. Merci Silvester.

    2. Rassurez-vous, je ne suis pas plus économiste que vous, peut-être même moins mais l’économie n’est rien d’autre qu’une petite planète dans un grand univers de pensées.
      Paul nous dit qu’il faut introduire l’effet de ratage et c’est ce que vous exprimez à travers vos peintures.
      Au fait, c’est quoi l’effet de ratage?

    3. J’ai un ami peintre qui réalisait des couvertures de livres .
      C’était magnifique mais évidemment plus coûteux que celles réalisées aujourd’hui par des sociétés qui proposent aux éditeurs , grâce à l’informatique , des centaines de possibilités pour une couverture de livre .
      En musique , même phénomène . Là où travaillaient des dizaines d’interprètes pour une création X , c’est maintenant une seule et unique machine . Un de mes amis , compositeur , a créé un opéra sans voir UN musicien .

  4. D’un côté, j’ai envie de partager votre analyse. Mais d’un autre, quand j’en parle autour de moi, on me dit qu’il ne faut pas dramatiser comme cela, que les choses ne vont pas si mal.

    Du coup, je finis par douter. Peut-être ont-il raison ? Peut-être est-ce moi qui, à force de fréquenter ce blog et d’autres, devient adepte d’une secte millénariste prêchant l’adoration de l’apocalypse ?

    Après tout, depuis le temps qu’on nous prédit la faillite des banques, la fin de l’euro, le chômage de masse, la banqueroute des Etats, rien ne s’est passé. Un peu de chômage en plus, un peu de pouvoir d’achat en moins… Mais sinon, on vend toujours des masses de voitures, les avions low-cost continuent de charrier leurs contingents de touristes pas tous fortunés…

    1. Vous pensez manifestement beaucoup mieux quand vous pensez tout seul.

      Le remède est clair : cessez d’en parler autour de vous, vous êtes manifestement TRÈS TRÈS mal entouré.

      1. Une grande rupture ne peut se voir factuellement car autrement ce serait plutot un doux changement! Je prefererais continuer a discuter par plaisir et pour comprendre les arguments de chacuns (sans trop se fatiguer!) afin de discerner au moins pourquoi vous n’etes pas en accord.

      2. Il n’est pas mal entouré mais il n’a pas encore compris ce qu’est construire une pensée qui est à l’opposé de l’acceptation d’un gourou.
        Je suis sûr que cela viendra, c’est mon côté optimiste.

      3. Merci pour votre analyse.

        C’est effectivement l’hypothèse que j’aurais tendance à privilégier, dès que je constate que mes interlocuteurs :

        1° quoique bardés de diplômes, sont finalement ignares dès qu’ils sortent de leur domaine d’expertise;

        2° fondent leur raisonnement non pas sur une analyse mais sur leurs sentiments (n’hésitant pas au passage à disqualifier par l’un ou l’autre biais les analyses qui démentent leurs sentiments);

        3° lesquels sentiments sont fondés sur (l’illusion de) l’exceptionnalité de leur propre destinée.

    2. Vous êtes victimes d’un effet d’optique:

      Même si 50% des habitants n’ont plus les moyens d’acheter, les 50% restant suffisent à donner l’illusion que tout va bien. Les autres sont invisibles, a moins d’en faire partie.

      Or les chiffres de la misère ne cessent de grimper, lentement mais surement…

      1. @Dominique Gagnot : oui, vous avez raison. Mais je vous livre deux remarques par rapport à cela :

        – dans ma région, cela fait un bon trente ans que la misère, le chômage, la combine, la criminalité se répandent, sans que cela ne gêne grand monde; les plus nantis déménagent, des poches de désespérance se créent dans les coins les plus délabrés, mais finalement, un équilibre se crée qui semble arranger tout le monde;

        – en Europe, un Etat comme la Grèce a subi un traitement d’une violence inouïe et non seulement la majeure partie de la population européenne s’en fout ou applaudit, mais la population grecque est elle-même divisée (au point qu’une majorité de rupture n’a toujours pas réussi à voir le jour, près de 4 ans après le début de la « consolidation fiscale »).

        Ne pensez-vous pas que la crise chronique, finalement, on finit par s’en accommoder? On encaisse les coups en attendant un mieux qui finira sûrement par venir…

      2. @Luxy Luxe 9 novembre 2014 à 21:30

        Comme vous l’avez bien expliqué dans votre post précédent, les « bardés de diplômes » n’y comprennent rien, et ils s’en moquent. « c’est pas de leur faute » pensent ils.
        Et pourtant ils profitent de ce système basé sur l’exploitation des uns par les autres, car grâce à leurs diplômes ils sont (provisoirement) du bon côté. Et habitent a bonne distance des lieux miséreux qu’ils ne sauraient voir.
        Ils ne comprendront (peut être) que lorsque eux même ou leurs enfants seront touchés.

        Dans les mois qui viennent, il me semble que les choses vont s’accélérer.
        Mais la stratégie du pouvoir réel (qui tient les ficelles) est de diviser, comme en Grèce. Le FN est le meilleur de leurs alliés. Et les médias stupides ou aux ordres font tout pour le rendre populaire. :/

  5. Hier à Liège, j’ai eu le plaisir d’assister à la conférence de Paul (que je remercie d’être passé dans ma ville) et tout tournait autour du prêt à intérêt et du soliton, je pense avoir convaincu mon voisin (docteur en médecine) de s’occuper d’économie et de virer l’intérêt de son imaginaire.

    Il faut dire que Paul est arrivé légèrement en retard et opportunité pour moi d’expliquer à mon voisin, et lors de l’exposé de Paul, mon voisin m’a dit : C’est ce que vous m’aviez dit, on travaille pour payer les intérêts.
    Et c’est ce que vous voulez dire.

    Quand j’étais jeune (les années soixante), on me disait « consomme et tais-toi » (y’avais du pétrole à gogo, les salaires ne posaient pas de problèmes, on était certain de gagner plus l’année suivante) aujourd’hui on nous dit « payes et tais-toi »,

    Aujourd’hui retraité je viens de recevoir 3 extraits de compte concernant mon épargne « bla bla bla votre taux est dorénavant de 0,64 au lieu de 0,73 » .

    De toute façon, pour moi le salariat fait partie du capitalisme donc dépassé et destiné à disparaître.

    Il faut penser au soliton de Paul qui devient pour moi la pièce maîtresse et qui ne veut rien dire que la systémique que nous rencontrons dans les problèmes qui se posent à nous.

    Si systémique il y a dans les problèmes, systémique il y a dans les solutions.

    On ne peut imaginer les solutions les unes après les autres ou indépendamment les unes des autres, mais en même temps et s’interférant les unes aux autres, en voici quelques unes.

    -Interdire la spéculation qui n’est plus nécessaire et très dangereuse
    -Abolir la rente de la propriété privée
    – Communautariser les ressources planétaires (Un clin d’oeil à Dominique)
    – Faire la distinction entre économie de marché, libéralisme et capitalisme
    – Faire la distinction entre travail, emploi et activité.

    Ce qui a comme conséquences

    – Individualiser les décisions (seul ou en groupe restreint)
    – Relocaliser l’économie
    – Revenu de base ou salaire à vie
    – Développer la prosommation ou la créalisation ( Google is my friend, sauf pour le deuxième terme, vous aurez du mal je l’ai inventé, c’est en fait celui qui utilise ce qu’il a créé)
    – Transmission des connaissances d’une génération à l’autre pour complémenter l’enseignement
    (l’économie pour les gosses d’école primaire par exemple)
    – Introduire de la sobriété énergétique dans l’économie (faire plus avec moins de ressources) qui pourrait rejoindre la prosommation et la créalisation et activer notre épargne dans ce sens.
    Etc…

  6. Je suis assez pessimiste, mais je dois dire que j’ai trouvé quelqu’un qui y est beaucoup plus que moi.!
    Maintenant, je suis assez d’accord avec l’auteur ,sauf qu’il ne nous propose rien pour éviter la catastrophe qu’il nous prédit.
    Je ne suis toute fois pas d’accord avec cette tendance à mettre tous les salariés dans le même sac, car les cadres dirigeants n’ont pas les mêmes intérêts que les prolétaires (ouvriers et employés).
    Quant aux professions libérales ou les petits patrons, il a parmi eux un certain nombre de profiteurs auxquels il me semble normal de s’attaquer.
    Je pense aussi que la minorité d’exploiteurs (les riches et les hyper riches) aura le plus grand mal à arriver aux fins que l’auteur décrit.
    Je préfère aussi l’égalité à l’équité pour éviter toute ambiguïté.
    Merci pour ce blog

    1. Seuls les hauts cadres dirigeants des multinationales seront payés suffisamment pour être dans la poche des gros actionnaires. Mais ils seront fort peu nombreux.
      Et à terme, lorsque l’ensemble des populations seront paupérisées, même ces entreprises qui dominent le système, n’auront plus de raison d’être, faute de marché.

      Les PME au service des grands groupes sont touchées bien avant de disparaître avec les multinationales. Elles doivent s’aligner sur le moins disant, et toujours plus bas. Les employés, le patron et même leurs actionnaires devront « faire des efforts ».
      Je déconseille d’investir dans une PME…

      Quand aux PME de services aux particuliers, et aussi les professions libérales, elles disparaîtront avec le pouvoir d’achat des particuliers.

      En fait toute activité économique, autre que police et sécurité ainsi que la débrouille de survie, est condamnée.

      Une minorité possédera l’ensemble des ressources essentielles, ainsi que son propre personnel pour lui fournir tous les produits et services dont elle pourra rêver.

      Pourquoi en serait il autrement? C’est clairement la voie sur laquelle nous sommes depuis 4 décennies, même si jusqu’ici c’était peu visible, grâce à l’enfumage médiatique.

  7. Salariés , travailleurs manuels ou intellectuels, professions  » reglementées » , entrepreneurs, retraités, tous à 1 ou 2 Smic… Ça ne semble pas très enthousiasmant . Mais vous ne dites rien des 5 millions de chômeurs, des  » inemployables  » comme on dit à polemploi… Qu’est-ce qui va se passer pour eux ? Eux aussi auront-ils droit à 2 smic ( ou même à 1 seul ) ? Oui ? Alors ce n’est peut-être pas un horizon si noir…. Ça mérite même une discussion !

    1. Mais vous ne dites rien des 5 millions de chômeurs, des » inemployables » comme on dit à polemploi… Qu’est-ce qui va se passer pour eux ? Eux aussi auront-ils droit à 2 smic ( ou même à 1 seul ) ? Oui ? Alors ce n’est peut-être pas un horizon si noir…. Ça mérite même une discussion !

      Développons le revenu de base et gagnons la bataille de la sobriété énergétique
      Cela mérite une discussion. Non?

      1. Michel, je partage vos propositions, mais je m’étonne de votre ton. Vous dites cela comme vous diriez « allons boire un coup »

        Etes vous bien conscient que ceci remet en question la propriété privée, et une bonne partie des libertés individuelles sacralisés dans la Constitution.
        Et donc que ça implique une Révolution du même ordre d’importance que celle de 1789?

        Il ne faut pas s’en cacher, si?

      2. @ Dominique
        Je préfère partir à la bataille de la sobriété énergétique en buvant un coup (bien que ce ne soit pas trop indiqué) et la fleur au bout des idées, que comme nos aïeux en partant vers les tranchées la fleur au bout du fusil pour se faire massacrer.
        Comme notre hôte j’ai bien conscience de ce que cela suppose, mais a-t-on le choix?
        Si je ne me trompe, cela ne fait pas longtemps que vous avez pris conscience « que cela va mal », cela fait plus de trente ans que j’ai compris que ce monde va se casser la figure, j’en arrive à la conclusion qu’on n’a plus qu’une possibilité, le réparer, le remplacer ou les deux.

      3. « Développons le revenu de base et gagnons la bataille de la sobriété énergétique
        Cela mérite une discussion. Non? »
        Je suis tout à fait pour ces mesures, mais pas pour des raisons de science économique.
        J’ai bien apprécié ce billet qui pousse jusqu’à un paroxysme les conséquences de la politique économique conduite actuellement au mépris des liens sociaux antérieurs les plus positifs . Ni le rire ni les larmes ne sont le propre de l’espèce humaine, mais la créativité: l’art, mais aussi l’esprit d’entreprise . Depuis que nous avons quitté « l’ère de la survie et de l’adaptation » (-30000 ans), durant « l’ère du néolithique », et une courte « ère de l’énergie », la volonté humaniste ( effort d’hominisation de la nature) est devenue otage du système marchand, jusqu’au fondamentalisme actuel, avec l’essor technologique des derniers siècles n’ayant malheureusement pour finalité que la « croissance productiviste quantitative ».
        Ce qui peut nous permettre de sortir de cette situation c’est la conscience d’un ratage monumental:  » la vengeance de Gaïa! » ( la Terre, « Pacha Mama » comme disent les présidents Moralès et Coréa à partir des traditions amérindiennes). Et nous avons les moyens de réussir le redressement, pour ouvrir une nouvelle ère « de l’information » ( ou « cybernéticienne » selon l’initiateur de l’informatique Wiener) , grâce au formidable bond en avant des connaissances durant le temps très cours où nous avons dilapidé l’aubaine des énergies fossiles. C’est possible par le retour à l’anthropologie, laquelle montrait, dans ma jeunesse ( c’est tout de m^me pas si vieux!) l’importance primordiale de la dimension symbolique, source du Sens, dans les sociétés primaires? Merci aussi à Paul Jorion pour ses travaux d’anthropologue sur les pêcheurs d’Houat!

      4. Merci, au nom de ce monde très étranger à la modernité à l’époque (sauf pour le radar et le sonar qui faisaient leurs prémières incursions sur les bateaux), et aujourd’hui disparu.

      5. @Michel Lambotte 9 novembre 2014 à 20:27

        Je préfère partir à la bataille de la sobriété énergétique en buvant un coup (bien que ce ne soit pas trop indiqué) et la fleur au bout des idées, que comme nos aïeux en partant vers les tranchées la fleur au bout du fusil pour se faire massacrer.
        Comme notre hôte j’ai bien conscience de ce que cela suppose, mais a-t-on le choix?
        Si je ne me trompe, cela ne fait pas longtemps que vous avez pris conscience « que cela va mal », cela fait plus de trente ans que j’ai compris que ce monde va se casser la figure, j’en arrive à la conclusion qu’on n’a plus qu’une possibilité, le réparer, le remplacer ou les deux.

        Détrompez vous, c’est en 1989 (j’avais des doutes depuis bien plus longtemps), que j’ai démonté les mécanisme du système économique, et compris que ça ne pouvait mener que là ou nous sommes.
        Vous semblez largement sous estimer l’ampleur du problème. Cette révolution ne peut se faire sans remettre en question les lois fondamentales du système, à commencer par la rédaction d’une nouvelle Constitution. Mais la société n’est pas encore suffisamment mûre pour l’accepter. Attendons que la misère gagne les couches plus élevées de la société…

        Le gaspillage des ressources, la pollution, les exploitations en tous genres sont indispensables aux profits, c’est dire la taille de l’obstacle auquel nous sommes confrontés! Vous n’avez donc aucune chance de changer quoique ce soit (sauf à la marge).
        Ce qui me gêne le plus est que beaucoup, comme vous, s’imaginent pouvoir changer sans s’attaquer aux racines. Or pour résoudre un problème, il faut d’abord l’avoir compris.

      6. @ Dominique
        Tout ce que j’ai compris c’est qu’une politique d’austérité ne relancera rien du tout.
        Qu’une politique de relance de l’emploi n’est plus possible faute de croissance énergétique.
        Que tergiverser pour gagner la bataille de la sobriété énergétique entraînera encore plus de gens dans la misère, ce qui n’empêche aucunement de voir prendre des mesures comme Paul ou vous-mêmes voulez prendre.

      7. @ Michel

        D’accord, mais soyez bien conscient que les conséquences de la bataille que vous menez avec d’autres, comme les Colibris, ne peuvent être que marginales, et en aucun cas ne pourront résoudre le problème sur le fond.

        Car le fond du problème est systémique. Des millions (pour ne pas dire quasiment tout le monde si on regarde de près) de personnes vivent d’activités nuisibles, telles les extractions minières, en ravageant les forêts, en transportant des marchandises dans tous les sens, en produisant tout et n’importe quoi n’importe comment, etc.
        Vous comprenez bien que ces entreprises ne vont pas abandonner leur gagne pain, pour une « rente sobriétaire »… , et que leur impact écologique est infiniment plus important que ceux sur les quels vous avez prise.

    2. Les chômeurs auront droit à la charité publique.
      Quand au smic, il n’a aucune raison de ne pas baisser, voir de disparaitre.

    3. Hélas il sont dans la partie des 0 à 1x le SMIC ! Mais que vaut un pousseur de wagon de charbon dans une mine lorsqu’une machine à vapeur fait maintenant le travail et qu’on lui dit d’aller chercher ailleurs un travail de pousseur de wagon ? Les personnes ayant encore du travail et étant un peu plus âgées et ayant de plus mauvais diplômes sont prêtes à traiter les gens plus jeunes qu’eux qui ont fait plus d’efforts, plus d’études, qui ont plus d’expérience qu’eux au même âge, de feignants en leur demandant encore plus de compétences et d’expérience qu’elles mêmes n’ont plus et jamais eues sous prétexte d’être ceux qui « donnent » le travail.

  8. La classe, l’optimisme…
    Le nivellement par le bas, la hantise des classes moyennes. Pire qu’ Obamacare, inspiré par le socialo-marxisme des européens dégénérés, français surtout.

    Y manque un truc : le renouveau de la guerre froide…
    La soviétisation des esprits nous préparent à l’invasion des chars de l’Est, conçus du temps l’URSS.
    ( « finlandisation » ne fait plus recette). Bientôt les Spetsnaz laverons leurs vareuses dans la Seine, rendue potable par les nivelleurs-décroissantistes.
    Tout va mal, nous sommes cernés.

  9. j’ai bien l’impression que le pire du système capitaliste libéral possède des siècles d’avance sur le pire du système communiste. La nouvelle armée de réserve semble être les robots pour niveler vers le très bas le salariat, voire l’anéantir… mais la partie ne fait que commencer, je crois qu’il va falloir penser autrement qu’en salaire pouvoir d’achat et consorts.
    pour certaines professions réglementées, on risque d’assister à la disparition des bons notables conservateurs de province, Chabrol doit se retourner dans sa tombe.

  10. Bonjour,

    Je ne peux m’empêcher de réagir au billet de Mr Auxiètre…
    Intéressant, il l’est effectivement, car il me paraît tomber dans le même excès que celui qu’il veut dénoncer: à savoir l’idée selon laquelle  » Chacun se trouve lui-même du mérite et en reconnaît peu à son voisin. »
    Nulle doute que l’auteur ne s’inclut pas dans le troupeau « des salariés »!
    Voyez le titre « La sauce à laquelle vous allez être mangés »: Il n’est nullement concerné!
    D’ailleurs, au lieu de discerner le plus petit soupçon de fraternité dans ce discours, on peut y trouver un brin de condescendance si ce n’est une certaine jubilation à l’égard de l’inquiétude bien compréhensible de ceux qui souhaitent continuer à vivre de leur activité, salariée ou non…
    Mais il est vrai qu’annoncer des catastrophes devient une marotte pour nombre de commentateurs, et si certains parviennent parfois à approcher la vérité, c’est le plus souvent du fait d’un nombre important de prédictions opposées!
    Bref, J’ai deviné qui se cache derrière le masque de « JB Auxiètre »…
    Ce n’est pas bien de n’oser dévoiler ses véritables intentions que sous une fausse identité!
    Il y a plein de gens avec des piques et des fourches qui demandent à vous voir…
    Allez, François H. et Jacques A. Montrez-vous!

      1. Oup’s!
        Quel glacial détachement, quelles visions fatales, dans ce billet !
        Serait-ce du désespoir? De l’amertume? Une soif de vengeance aveugle?
        De 0 à 2 x le SMIC, dites vous? Et si c’était suffisant pour rebondir…
        N’attendez surtout pas la retraite, cela pourrait être pire encore…
        Mangé? Non avalé seulement.
        Faites vomir le monstre.
        Cordialement, Eric.

  11. En fait ça se terminera comme n’importe quelle partie de Monopoly:
    à la fin un seul joueur possède tout, et les autres rien.

    Ce qui m’étonne le plus est que, alors que cela est prévisible depuis les dérégulations commencées dans les années 1970, ce n’est que maintenant que l’on commence à s’interroger!
    Tant que ça ne touchait que le bas de la pyramide sociale…

    1. J’ai peur que si l’on s’interroge tant maintenant, c’est plutôt parce que les couches intermédiaires de la pyramide sociale sont de plus en plus atteintes, la base étant au contraire plus dense donc plus compacte du fait l’apport inexorable des déclassements en cours…
      Le bas de la pyramide sociale n’intéresse le sommet que quand il risque de ne plus accepter son sort!

  12. Bonjour à tous,
    cela a déjà commencé ici, en Polynésie. Ma fille vire de son compte pro au compte perso ce qui sont ses revenus, puis elle retire une bonne partie de l’argent pour vivre, c’est plus simple pour elle. La banque de Tahiti lui a bloqué son compte pro et lui a demandé la liste de ses dépenses, en arguant qu’elle ne disposait pas à son gré de cet argent (elle est entièrement payé par la caisse de SS). Incompétence, ignorance, abus de pouvoir ? il a fallu plus de 8 jours pour débloquer le compte, et je me suis fait un plaisir d’ envoyer les lois sur le blanchiment d’argent qui leur servaient de prétexte, et d’atteinte à la vie privée. Ici, les gens sont mal informés et obéissent aux ordres sous les menaces diverses et variées que l’on ose leur servir.

  13. Les psychopathes aux commandes de cette machine à transformer en bouilli le genre humain suivent une trajectoire parallèle et semée de cadavres. D’autre part, le machin a démarré en ordre dispersé induisant des interférences entre petits potentats. Viens se greffer sur ce corps mou de multiples boucles de rétroaction positive et négative et des seuils de saturation qui le rendent totalement imprévisible. Bref soyez vigilant et rapide, travaillez l’esquive et on verra bien qui du mastodon à dix têtes ou des souris tireront(mon choix est fait) leurs épingles du jeu.

  14. Ce qui permet de valider un système est le fait qu’il marche ( bien ou mal d’ailleurs).
    L’avenir du système actuel est celui de la PANNE ( dont la panne de croissance).On ne peut croire à une croissance infinie dans un monde fini.

    Deux fois le smic , vous pensez?Encore faudrait il que les banques aient toujours la main sur l’argent .L informatique pourrait changer la donne … Suffit de constater à quel point les nouveaux moyens de paiements séduisent . On peut passer du paiement par portable au  » droit à « …, un système où les puissants géreraient  » l’usage  » de toute chose ,sans passer par la monnaie. On est d’ailleurs assez … pour laisser résoudre ce genre de problématique par un robot . Il y aura toujours un programmateur assez fou pur aider la chose…

    Dans un délai de 20 à cinquante ans , L’anarcho- capitalisme actuel devra surtout affronter son inconséquence vis à vis des problèmes écologiques.Ce sera le début de fin de cette civilisation qui a fait de l’argent un veau d’or.
    Pour survivre , il faudra se rappelller ce qui fait notre humanité .
    Ce qui devrait permettre d’ailleurs de passer de la survie à la vie , la vraie vie …

    PS: dans ce cadre là , à lire en urgence : » quand l’austérité tue  » de David Stucler et Sanjai Basu

  15. Le « marché » de l’emploi d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui des années 60 ou encore 70. On peut distinguer, grosso modo, deux populations: celle qui profite de la mondialisation écoonomique. Elle vit dans les grands centres et peut s’affrir un mode vie convenable – tant les affaires marchent. On y trouve des professions variées telles que ingénieurs, économistes, techniciens, informaticiens et aussi des techniciens spécialisées dans les technolgies des robots – très appréciés ceux-là.
    L’autre population doit se contenter d’un « marché » de l’emploi extrêmement compétitif où le travail se fait de plus en plus rare, notamment en ce qui concerne les emplois peu ou moins qualifiés, ou peu « bankable » dans la prose de l’économie.
    Les salaires stagnent ou son à la baisse. Ce n’est pas une spécialité francaise, on l’observe aussi dans d’autres pays européens et aux Etats-Unis. Les « bons emplois » industriels tendent à disparaître au profit de boulos de service faiblement remunérés.
    C’est la raison pour laquelle on pense qu’il dans l’avenir deux types de populations: celle qui sera condamné à l’inactivité ou à la précarité durable, occupé simplement par le « Tittytainment », et d’autre part une deuxième categorie, beaucoup moins nombreuse celle-ci, qui aura un emploi remunéré. Ce que l’on peut craindre c’est la réaction de la sociéte: elle pourrait considérer, un jour, les inactifs comme des simples facteurs de coût à éliminer, d’une manière ou d’une autre. Tout est possible dans l’histoire de l’humanité. Quand on entend parler certains protagonistes des Républicains américains ou ceux du Tea Party, on peut arriver à de telles conclusions.

  16. Je partage cette analyse d’un nouveau féodalisme au profit d’une élite. J’ajouterais seulement un bémol car si le salaire est effectivement decorrele de sa productivité réelle, il n’est selon moi pas lie à une compétitivité mais a la situation du travail dans la pyramide social, l’argent s’accumulant ainsi en haut (banques et secondairement multinationales et politiciens) sans plus se déverser. Hors les nouveaux seigneurs sont généralement seigneurs par le cercle vicieux selon lequel l’argent achete le pouvoir politique qui par la régulation amene plus d’argent. Il reste pour la majorité, avec la disparition du travail productif, à devenir les esclaves de cette minorité en lavant leurs villas, en préparant leurs repas et pour les mieux lotis financièrement, en gérant leur argent. C’est la disparition des classes moyennes et populaires transformées en une classe de serviteurs au profit d’une classe de seigneurs. Tout ça au nom de l’idéologie du travail qui bloque l’avènement du revenu de base, l’argent des quantitative easings étant distribué aux membres du sommet et non aux citoyens.

    1. Oui, en Californie c’est ça: ceux de la high tech qui habitent de somptueuses villas, et à 2 rues une sous société survit de l’entretien des propriétés…

  17. La chaîne de pouvoir est la suivante: l’oligarchie financière contrôle la majorité des media. Ceux-ci mettent en valeur les politiques qui servent leurs intérêts ou ne leur font pas d’ombre. Ceux-ci au pouvoir aggravent la méga-rente financière versée à l’oligarchie et en conséquence mettent en place une économie anti-sociale au service des 1% avec dégradation accélérée de l’environnement.

    La solution est l’utilisation de la démocratie contre le capitalisme financiarisé. La droite et l’extrème droite étant structurellement au service de l’oligarchie financière, il convient de ramener du côté de la démocratie social-écologique les partis sociaux démocrates. Il suffit que quelques milliers de militants veuillent défendre efficacement le plus grand nombre. Si on ne veut pas tomber dans la prochaine méga-crise financière c’est la solution la plus rapide. Le passage de relai d’un parti de gauche à un autre parti de gauche plus radical prend en moyenne quelques décennies quand il a lieu.

  18. Le tableau est sombre. Mais ça ne décrit qu’une partie de la réalité.
    Nous occidentaux qui vivons encore avec beaucoup voyons notre train de vie diminuer. C’est inéluctable.
    Toutefois c’est la décroissance imposée pour de mauvaise raisons, au bénéfice des mauvaises personnes.
    Qui? Chacun d’entre nous?, moi?, acceptera joyeusement cette décroissance de fait?
    Comment cela peut il être accepté sans projet politique consensuel ?
    Comment obtenir un consensus quand les citoyens ne font pas leur job. C’est à dire s’occuper de leurs affaires. Plus de syndicat, plus de militants…
    Donc la méthode choisie par les dirigeants est la méthode de la douce dictature des médias.
    Distraire les « masses » , les faire rêver de tout ce qu il ne pourront pas acheter…
    La civilisation de la frustration permanente.

  19. La mécanique infernale décrite dans ce papier est un bel exercice d’intelligence, qui a le défaut de sa qualité: il évoque une futur obéissant à un enchaînement systématique, dont toute possibilité d’erreur (au bon sens du terme) est exclue. Rejoignant au plus près la réalité de l' »esprit des choses » telles qu’elles paraissent se dessiner en économie, en politique ou en matière sociale et sociétale, il brille par un argumentaire strict et logique, impressionnant, mais fort peu humain. Il faudrait donc réintroduire dans ce raisonnement l’humanité des réactions possibles, la richesse de l’intelligence humaine, qui peut à un moment ou à un autre rendre cette évolution caduque, ou bien la sottise des profiteurs du système qui ne voient pas plus loin que le bout de leur oligarchique nez. On sait bien par exemple quel est le futur sort probable du salariat, quel est le triste rôle, visible, des « grands médias », et la voracité du capitalisme financier. On ne sait pas encore où le rouleau compresseur qui nous broie va s’arrêter, mais je suis pour ma part certain que la panne interviendra, hélas probablement du seul fait de dysfonctionnements internes et non de mobilisations que l’on nommait jadis « populaires ». Tous les risques sont devant nous, mais comme dans les pires moments de l’histoire, des raisons d’espérer aussi. En tout cas, bravo pour ce « papier » de haute tenue, qui annonce efficacement l’un des avenirs qui peut nous attendre.

  20. Bonjour!
    Je généralise un peu…
    Il ne faudrait quand même pas que le pessimisme des plus nombreux, je veux dire ceux qui ont choisi le salariat (et de se cacher derrière le méchant patron profiteur qui va avec, tout en lui crachant dessus quand il a le dos tourné), et de surcroît, souvent la fonction publique, ne sapent le moral de ceux, très minoritaires qui ont préféré depuis bien longtemps s’en remettre à leur seul savoir faire en créant leur propre « emploi », déchargeant ainsi la majorité revendicative du poids financier de leur possible incompétence pour la transformer au mieux en une simple aptitude à s’en sortir quotidiennement…tout en serrant les dents et en souriant …(essayez, c’est pas simple!)

    1. TORPEDO, je pourrais comprendre votre point de vue … mais un « détail » me bloque : l’illusion des entrepreneurs (très minoritaires vous dites) qui eux ont choisir de ne pas être (lâchement vous osez suggérer) salarié.
      Vous êtes-vous jamais posé la question des inégalités qui rendent ces choix pratiquement prédéterminés ? Croyez-vous vraiment que les gens ont le choix de leur vie ? Pensez-vous qu’un gamin né dans telles ou telles conditions a exactement les mêmes chances qu’un autre « plus favorisé » ? Mais JB Auxiètre a déjà répondu : certain réussissent malgré les handicaps initiaux mais ça se réduit à un « tirage au loto » qui permet à ceux qui subissent de ne pas exploser ! Et la télé réalité et les autres machines à décerveler aident bien à ce contrôle social qui en plus est renforcé par ce genre de propos : créez votre emploi ou vous êtes un minable qui se décharge de son incompétence.

      1. Minoritaires, oui, en effet… Mais en plus, la plupart d’entre eux ( je ne parle pas des entreprises du CAC, bien-sûr!) voient leur subsistance mise en cause par des administrations tentaculaires, des censeurs patentés privés ou publics, où oeuvrent avec une lassitude coupable des salariés de plus en plus détachés de toute notion de service public. (oui je sais ce n’est pas de leur faute)
        Si le salariat mène à cela (je veux dire à atteindre son niveau d’incompétence), alors je dis que cela ne vaut pas le coup, et que mieux vaut vendre ses modestes compétences directement (et même à vil prix) à ceux qui en ont réellement besoin, c’est tellement plus gratifiant!
        Les inégalités, cher monsieur, je les ai bel et bien subies comme chacun, mais on peut choisir de ne pas s’en occuper quand on comprend qu’on y pourra rien et fuir des combats perdus d’avance (dès l’école).

    2. Je ne pige pas cette dichotomie entre l’entrepreneur – qui serait le seul méritant à faire tourner sa boutique – et les salariés qui ne serait semble t il que des profiteurs du système. Même si je observe que la motivation de beaucoup à du mou, beaucoup font leur boulot consciencieusement, et même corrigent les inepties des modes managériales.
      Comment imaginer que les services publiques et les entreprises fonctionnent encore sans les salariés et sans les dirigeants bien sûr.
      Ce discours d’opposition, est totalement contre productif, et une calamité pour le pays.

  21. @ Jean-Baptiste Auxiètre, votre billet est une parfaite synthèse de la situation.
    Sur un seul point je serais presque plus catégorique que vous. Vous dites :

    La suite étant probablement une longue descente vers une nouvelle forme de féodalism

    .
    Pour moi, on y est déjà dans le féodalisme. 67 individus possèdent 50 % de la richesse mondiale ! La victoire totale d’une caste est arrivé paradoxalement avec la Grande crise démarré en 2008. Sa domination sans partage a pu être établie et verrouillée. Seules manquent les peintures et finitions au château féodal…
    Prenons juste un petit détail de la vie politique en France sur l’argent et la démocratie. Il suffirait simplement de copier les USA en permettant un financement illimité des campagnes électorales par des personnes morales pour résoudre — cyniquement — ces problèmes de corruption et magouilles qui se déversent en flots puants devant nos yeux écœurés.

    1. Seignant,

      67 individus possèdent 50 % de la richesse mondiale !

      Soyons précis monsieur l’ingénieur: posséder une fortune équivalant celle de la moitié la plus pauvre (et la plus endettée) de l’humanité ne signifie nullement posséder la moitié de la fortuite mondiale, loin de là – i.e à tout casser quelques millièmes.
      C’est à 70 millions de zigs (le 1% des plus riches) que se situe le seuil des 50% de la richesse mondiale, un million de fois plus que tes 67…

    2. http://www.liberation.fr/monde/2014/04/09/les-67-plus-riches-de-la-planete-possedent-autant-que-les-35-milliards-de-plus-pauvres_994386

      Ceci dit , je serai curieux de savoir comment ils ont fait pour calculer la fortune de 67 , et la fortune de 35 milliards …sachant que les plus riches ne savent même pas ce qu’ils possèdent , tant les ordres de grandeur sont grands et les fortunes fluctuantes.
      On ne peut donc pas parler de chiffres  » précis » , mais au mieux d’évaluation à la louche.

  22. Bonjour à vous,
    Les prévisions proposées sont déjà là: la Corée du Nord en est un exemple, et nous les trouvons dans le communisme pur et dur de Staline…seulement nous sommes maintenant dans un monde ouvert et seul la fermeture des frontières permettrait la mise en application d’un revenu limité à 2 SMIG. Fuite générale de toute un chacun sinon…Quand à la survie dun tel État avec une telle economis de marché tiree par le bas…
    Q

  23. bonjour,
    toujours fervent lecteur de ce blog, je voulais juste faire remarquer que ce n’est pas parce que l’on est diplômé qu’on fait partie des salariés les mieux payés et qu’on vit en ville, convaincu d’être intouchable – il y a aussi des gens très cultivés et compétents qui refusent ce système de l’allégeance à la hiérarchie pour grimper socialement, et donc obtenir un certain nombre de passe-droits par les réseaux et les petits copains qu’on se fait au fil des années
    si toutes les affaires pitoyables de vol (luxembourg et la defisc de 350 multinationales, les magouilles des politiques, le cumul des mandats, les réseaux sciences po et ENA tout puissants, les retraites chapeau etc etc, etc les exemples ne manquent pas) provoquaient au moins des réactions parmi les citoyens … mais non, chacun vit sa petite vie égoïstement en pensant qu’il saura ne pas faire partie des dommages collatéraux, car il le vaut bien – la publicité justement, est le second marché en taille après celui des armes, ce n’est pas pour rien …
    demain, si on lançait une grève générale, vous en seriez ? bien-sûr que non, vous ne voulez pas perdre de votre salaire ou avoir peur de vous faire virer, donc, avec la trouille au ventre, on se fait bouffer – on récolte, à mon avis, les dirigeants et le système que l’on mérite – sans se mettre en danger (notion de risque), on n’obtient rien !

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