Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? par Luc Baudoux

Billet invité.

Gramsci disait que la crise, c’est un monde qui meurt tandis que le nouveau n’est pas encore né. C’est dans une période comme celle-ci que nous vivons. Pour comprendre, cela fait bientôt sept ans que je me nourris ici d’avis, de constats et de débats. Intellectuellement, c’est passionnant.  Les analyses livrées sur le blog de Paul Jorion ont beaucoup contribué à ma prise de conscience. Le cercle de ceux qui savent s’élargissant, j’étais convaincu que toute cette manne finirait par percoler dans la foule des citoyens électeurs, et par ricochet, influencerait nos dirigeants. Tragiquement peu, en réalité !

Devant ce constat amplement partagé, les actions concrètes pour le changement se font de plus en plus nombreuses dans des domaines très divers, qu’elles soient lancées par des ONG ou des citoyens ordinaires. Un peu comme si l’utopie de John Holloway (Change The World Without Taking Power, 2002)  pouvait devenir réalité ! Il y prétend notamment que les brèches dans le système capitaliste proviendront d’initiatives locales, dès maintenant. Lancé en mars 2013 en Belgique, le projet d’une nouvelle banque éthique sous forme coopérative, NewB, rentre dans cette mouvance en visant à influencer positivement les pratiques bancaires. Mais Luc Coene, le gouverneur de la Banque Nationale de Belgique, n’a pas vraiment fait mystère de ses réticences. Lors d’une interview en octobre dernier, il a affirmé qu’il y avait trop de petites banques en Belgique. Il lui suffit de laisser le dossier de demande d’agréation dormir tranquillement dans le bas de la pile pour ne pas devoir notifier un refus. Car les initiateurs du projet jouent maintenant contre la montre, tandis que leurs adversaires mesurent tranquillement l’assèchement progressif des liquidités de NewB. La finance durable n’ayant rien de commun avec le maraîchage bio à l’échelle locale,  il faudra trouver autre chose !

Pour tenter de faire sauter le verrou, différentes pistes ont déjà été évoquées sur ce blog, dont la constitution d’un parti politique ou des pétitions, sans compter d’innombrables propositions de modifications des institutions et des lois.  « Il serait temps de faire quelque chose » est sans conteste l’affirmation la plus répandue. Dès qu’il s’agit d’avancer une proposition plus concrète, les avis divergent.

La suggestion de Paul Jorion de créer un tribunal d’opinion (Troïka : Il va peut-être falloir s’en occuper nous-mêmes !), suite au documentaire « Puissante et incontrôlée : la Troïka », a provoqué beaucoup de réactions en sens divers (252 !). Une bonne dizaine d’intervenants s’est montrée clairement favorable, les autres ont émis des doutes et des réticences ou se sont égarés, souvent de façon intéressante mais éloignée de la question posée. Je crains que cette proposition ne sente déjà le sapin… Si ce devait être le cas, dommage.

Quelle que soit l’action qui pourrait être entreprise, elle devrait au moins avoir pour effet majeur de braquer une lumière crue sur les pratiques des membres de la Troïka et de les transformer ainsi en  lapins affolés dans les phares. Ces gens-là n’aiment pas la clarté, tout comme les fonctionnaires européens qui nous acheminent en douce vers un Pacte Transatlantique qui servira de cercueil à ce qui nous reste de démocratie. Bien orientée, la lumière peut aider à faire avorter les projets destructeurs et à découvrir le visage des responsables de pratiques singulièrement malhonnêtes.

Outre l’établissement des responsabilités dans ce désastre, la publicité ainsi aidée par la technique du projecteur sert aussi à l’information publique. J’ai été sidéré par les trente dernières minutes du documentaire sur la Troïka. Je ne savais pas, ou du moins je ne me rendais pas compte. L’information que j’avais déjà, c’était par exemple : « Une banque portugaise a été liquidée dans l’urgence pour une somme dérisoire, afin, selon la Troïka, de limiter au plus vite les pertes ultérieures ». La réalité, c’est : « La fille du président angolais a acquis la banque portugaise pour un dixième de son prix, tandis que le gouvernement portugais a conservé les actifs toxiques dans une bad bank ». La première information provoque un haussement de sourcils désabusé. Par contre, la froide réalité déclenche un mouvement de colère, du moins chez les citoyens qui disposent d’une certaine culture financière. Quant aux autres, nombreux, ils n’ont toujours aucune idée de ce qui se passe. Comment en serait-il autrement ? Le documentaire est passé en semaine en fin de soirée et les vues sur Internet n’ont pas dépassé quelques centaines, soit bien moins que les gaudrioles vidéo de n’importe quel chat de gouttière sur YouTube.

Nous disposons actuellement d’informations comme jamais auparavant et Internet permet d’élargir l’audience. Une action ciblée tel qu’un tribunal d’opinion peut servir de démultiplicateur, tout en pointant les responsabilités. Ce n’est probablement pas la seule option. Dans tous les cas, nous devrons rapidement plonger les mains dans le cambouis, afin de dépasser « l’activisme du clavier » qui nous donne l’illusion de l’action. Dans le cas contraire, notre futur est déjà tout tracé « pour notre bien ».

La proposition que je souhaiterais faire passer est la suivante : que ceux parmi les lecteurs de ce blog qui ont une suggestion précise ou un projet concret d’action puissent en faire part dans un cadre précis, sur ce blog ou en dehors de lui.

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187 réflexions sur « Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? par Luc Baudoux »

  1. Comme je le mets plus haut quelque part, la seule solution paraît être celle-ci :
    http://www.dailymotion.com/video/x29ofzk_metamorphose-la-loi-du-changement-1-2_animals
    …. d’où la difficulté
    A voir particulièrement la fin de la vidéo 2, métamorphose du cerveau. Le « décorticage » de la crise réalisé ici, à mon avis, y aide pour partie, le reste dépend de chacun.
    Sinon, comme le suggère Dup, les artistes pourraient effectivement envahir la voie publique
    J’aime bien l’idée de la bibliothèque de vidéos et de textes mais aussi la suggestion d’actions en justice évoquée quelque part plus haut (je ne retrouve plus le commentaire d’une internaute….)
    Un autre internaute évoque une synthèse des suggestions du blog en matière d’alternative ou plutôt …. de métamorphose… indispensable ! Ce serait un bon outil pour que nous fassions notre boulot de communication

  2. Une autre question à tiroir pour demain matin cette fois:
    Qu’est-ce qu’il se passe si la Grèce est amenée à devoir faire défaut ?

    J’ai cru comprendre que l’on pénaliserait alors non pas les banques prêteuses et largement prêteuses mais plus « équitablement » les déposants de ces banques et pour être sans doute « plus équitable » encore en faisant participer tout un chacun en socialisant plus généralement ces pertes (soyez généreux).
    Si c’est là le possible scénario, de quelle façon technique et pratique se fera cette pénalité ?
    Comment cela peut-il être appliqué et quelles réactions est-on en droit d’attendre ?

    Compte tenu du risque politique encouru pour ce scénario peut-on imaginer la BCE devoir prendre et rouler ces pertes ?

    1. Les banques se contrefoutent d’un défaut grec, Hervey, puisqu’elles n’ont jamais été concernées par les menaces de Tsipras et qu’elles ont déjà pris leurs pertes (50% du nominal soit bien plus en réalité) sur le peu qu’elles avaient encore en portefeuille en 2012.
      Et de toutes façons, en cas de bail in bancaire, après les actionnaires et les créanciers ce n’est qu’au-delà de 100 000 € que les créanciers-déposants seraient impactés. Mais ce scénario ne concernerait aucune banque européenne dans le cas grec, hormis bien sûr les banques grecques.

  3. Pourquoi nous sommes tétanisés

    Sans doute y a-t-il une part d’ atavisme. Après tout la masse de nos ancêtres n’ avait pas une vie très facile, c’ est le moins qu’ on puisse dire.
    L’ illusion qu’ avoir du confort, plus de facilité, voila ce qui nous est proposé depuis des décennies et nous nous retrouvons aujourd’ hui littéralement intoxiqués par cette idée et la peur immense de perdre ces choses. Tout ceci prend énormément de place et nous y laissons ce qui fait notre beauté, c’ est à dire notre humanité.
    A la fin on accepte même d’ être maltraité.
    Seule la souffrance nous permet, c’ est étrange, de nous libérer de ce qui nous fait souffrir tant.
    En général on n’ aquiesce pas pas à un changement avant.
    Or tout ceci que je viens de nommer crée déjà beaucoup de stress, inutile d’ en rajouter. Prendre conscience des faits, sans avoir besoin absolument de l’ approbation d’ autrui comme les petits enfants ont souvent du apprendre à la faire, rester conscient et agir, même si c’ est difficile ou paraît impossible. Parce qu’ il n’ y a pas grand chose d’ autre à faire à mon sens.

  4. A retenir : Percoler.

    Définition percoler , verbe transitif
    L’action de percoler consiste à faire passer une substance liquide, généralement bouillante et sous haute pression, à travers un filtre qui contient un agent de saveur, afin de réaliser une boisson chaude, comme le café. [Cuisine] Exemple : Peux-tu percoler deux tasses de café, s’il te plaît ?
    (Dictionnaire de la langue française L’internaute.com)

    A utiliser pendant 3 semaines/1 mois pas plus; après ça deviendra ringard et « percoler » rejoindra « éponyme », « au jour d’aujourd’hui », « doxa », « point-barre » et autres, dont on n’entend plus parler.

    Thierry, c’est pas grave mais évite « petits ouvriers et employés ». Je suis déjà sans-dents et illettré de la France d’en bas, me voilà maintenant petit … en attendant d’être moche et sans humour ^^.

    1. Bonjour La belette,

      La percolation ne se pratique pas seulement en cuisine et dans les cafés, loin de là!
      Il existe des filtres percolateur où le liquide diffusé, loin d’être bouillant, ou à haute pression, ne se charge d’aucun agent de saveur de nature à en faire une boisson… puisqu’il s’agit de filtres destinés à traiter les déjections humaines ou animales dans les installations autonomes d’assainissement !
      Eh, oui, en ces temps troublés, c’est tout de même rassurant de savoir que même la merde peut se percoler, non?
      Prière donc de ne pas reléguer trop vite ce mot sans doute ringard, mais utile, au musée, car il sert encore à quelques authentiques humains non raccordés à l’égout… et qui de ce fait ont, sans doute un peu plus que les autres, conscience que si ils ont une bouche, ils ont aussi un anus, ce qui me paraît, pour un être humain, plutôt…. fondamental.

      Merci pour eux, Eric.

      Nota: Et pour ceux dûment raccordés aux réseau, qui ne le savent pas, ça percole aussi « a donf » dans les stations d’épuration…OK?

  5. Canal Plus vient de faire un sujet de 2 ou 3 minutes sur la catastrophe a venir des prets etudiants aux USA.Je sais sur ce blog rien de nouveau mais si les grands medias se mettent a en parler,c’est peut etre que la secousse approche?

      1. Ok vigneron,Canal parle de mille milliards,pour les US surement pas enorme,mais si il y a credit,il y a surement
        des derivés et si il y a des derivés il ya surement des trucs hyperspeculatifs et pour quels montants?

      2. Historiquement largement backé (garantis) à 85 % par le gouvernement américain, avec une portion congrue ouverte aux investisseurs privés. Les dérivés sur ce marché portent le doux nom de « Slabs » (Student Loan Asset Backed Securities).

      3. Lisez les 12 pages très claires de la Banque de France, le risque s’il existe est plus économique que financier.(La titrisation ne concerne que 18% de l’encours).

      4. Exact Vigneron, je n’ai pas (encore) lu le papier de la BdF, j’avais 15 % en tête. 18 %, OK, ça fait 180 milliards, avec un taux de défaut (en baisse depuis le pic de 2010) qui ne doit pas dépasser les 9 %, on parle d’une perte de 16 milliards. On a vu pire.

      5. Au passage, le pay as you earn proposé par Obama, pour plafonner à 10 % du revenu le remboursement du prêt étudiant, c’est peu ou prou la formule proposée par Varouf pour la dette grecque.

      6. L’encadré qui tue, le retour sur investissement du diplôme à crédit…

        L’éducation supérieure demeure-t-elle un investissement rentable aux États-Unis ?
        La hausse continue des coûts de l’éducation parallèlement à la baisse du revenu moyen des jeunes diplômés tend à remettre en cause l’intérêt d’investir dans des études supérieures aux États-Unis. En s’appuyant sur une analyse des bénéfices de l’éducation supérieure en termes de salaire depuis les années soixante-dix, J. Abel et R. Deitz (2014) montrent toutefois que pour les diplômés de premier cycle, la rentabilité reste forte. Leurs calculs aboutissent ainsi à un taux de rendement interne d’environ 15 % lors de la dernière décennie. Les auteurs expliquent ce phénomène par la baisse encore plus importante qui touche les salaires des non-diplômés du supérieur, réduisant ainsi le coût d’opportunité à prolonger ses études au-delà du lycée et renforçant le retour sur investissement du diplôme de l’enseignement supérieur.

      7. En France, même chose : quel intérêt de taper une ESC à 20 boules par an alors qu’un IAE ou IEP amènera (quasi-gratuitement) au même résultat, avec un enseignement en prime largement moins débilitant.

      8. Ouf ! on est bien rassuré ! ça fait bien plaisir.
        Et puis tant pis pour le pauvre type qui a emprunté 30 000 $ ou 50 000 $ et qui doit rembourser pendant des années et qui perd son boulot : c’est un nul, un loser,. C’est peut-être un peu emmerdant ou même terrifant pour sa vie mais qu’importe, bon sang ! On va pas s’apitoyer ! Il faut se battre et vivent les études payantes et de plus en plus chères. Enfin soyons modernes et compétitifs !

      9. Déconne pas Julien, c’est Michael Moore qui l’a dit ! Michael Moore…
        (même à 10% (!) sur 50 ans (!) on est juste à 400 000 pour 100 000 empruntés…)

      10. Ben voyons…
        Quelques bloggueurs franchouilles qui vont faire la leçon à Michael Moore, insinuant que tout n’est que mensonge et affabulation, je ne vais que feindre l’étonnement.

        Pourtant les faits sont là, et les têtes d’oeuf de la BDF peuvent faire toutes leurs nanalyses possibles ( à vos frais au passage ).

        Est-ce que des retraités, oui des retraités américains n’ont toujours pas pu remboursé leur crédit étudiant ? Oui ou non ? On leur en a fait cadeau peut-être ?

        http://www.latribune.fr/actualites/economie/20140914trib86d157b6b/ces-retraites-americains-qui-n-ont-toujours-pas-fini-de-rembourser-leurs-prets-etudiants.html

        Ah, les beaux calculs effectués à la louche devant un écran d’ordi vous avaient empêché de prendre ce détail en compte ; c’est sûr quand on préfère brasser du vent… et justifier l’injustifiable !

      11. Les affirmations chiffrées de la BDF valent -elles mieux et sont elles plus crédibles que la cour des comptes américaine ?

        Allons, vous voulez sauver la face avec le ridicule de vos pseudo calculs !
        Vous avez le droit de ne pas aimer le travail de Michael Moore, mais vos supputations, comment dire, je m’en , vous voyez n’est-ce pas.

        Qu’en est -il des retraités américains n’ayant pas payé leurs prêts étudiants ? Un oubli dans vos calculs ?

        Ce que prétend cette jeune femme ( les montants annoncés ), quand elle avance que le crédit souscrit fera des petits pendant toute sa vie, c’est qu’elle aura a payé une somme halluccinante A CAUSE DES FRAIS, DES PENALITES, DES INTERETS, voir DES PRELEVEMENTS SUR SA RETRAITE,

        c’est TOUT cela qu’il FAUT prendre en compte !

        Et pas comme ça vous arrange de n’utiliser qu’ UN élément pour discréditer l’ensemble.

        Mon premier exemple fait deux heures dix sept minutes, date de 2009, et vous en avez vu 20 secondes ; pas mal pour être crédible dans son argumentation…

        Le second, vous l’avez tranquillement zappé !

        Depêche Reuters, reprise par la Tribune et autres fin 2014 !

        Les retraités américains, qui tirent le boulet du prêt étudiant toute leur vie, et qui explicite concrètement les propos de la jeune femme pilote, vous n’aviez pas fait le rapprochement bien entendu.

    1. La transformation d’un prêt d’un montant de 100.000 $ en une dette de 500.000 $ n’a absolument rien de mystérieux pour quiconque a travaillé dans le secteur du crédit, ni même pour quiconque a simplement vécu aux Etats-Unis : ce sont les pénalités successives pour non-paiement de la somme qui font grimper le montant de la dette.

      1. Merci Paul pour cette précision importante qui montre encore une fois la complexité financière et la nécessité d’en être au plus prêt des mécanismes.
        Incidemment, ça montre que cas présenté par Michael Moore garde son exemplarité. Je ne suis pas objectif en disant ça car je fais partie des inconditionnels de M. Moore. Y a-t-il autant de gens intelligents non sans courage pour dénoncer ce système ?
        Pour ce qui du rapport de la BdF à travers sa lecture ds effets économiques des prêts étudiant aux USA il montre une vision à la fois infecte et imbécile des études supérieures, en ligne avec l’ordolibéralisme. J’ai fait des études d’ingénieur gratuites sans calcul de ROI perso et pour le plaisir, oui le plaisir ! En obligeant des millions de jeunes américains à emprunter pour les études on obtient deux effets pervers : un nouveau risque systémique type subprime (certains ne pourront jamais rembourser) et en raison d’une optique purement fric, bassement marchande, on élimine potentiellement tout ce qui ne sert à rien dans une économie néolibérale. Un exemple me vient en tête lié aux destructions archéologiques en Irak : pourquoi financer des études sumériennes ? A quoi ça sert ? Il y a là également une destruction délétère mais certes moins sauvage.
        Et dernier effet pervers : on contribue à tuer aussi la recherche pure non finalisée — comment calculer le retour sur investissement des études de Turing par ex.– alors que l’on nous vend l’innovation technologique comme la clé de tout, y compris en développement économique. Contradictions !

      2. Qui peut sérieusement prétendre, hormis notre faiseur de crockumentary démonétisé (quoique très fortuné) ou ses suiveurs invétérés, que cette jeune pilote a financé son brevet avec un student loan ? D’où sort-elle ce chiffre de 500 000 ? Moore n’explique rien, évidemment, Jorion non plus.

      3. vigneron, tu n’hésites jamais à sortir de ton domaine de compétence, c’est très courageux. Mais tu es aussi le spécialiste du « pont trop loin ».

      4. On attend des arguments chiffrés sur un cas précis, pas des généralités, des amalgames, des sarcasmes ou des actes d’autorité.

  6. Mr Juncker regarde aussi Arte !
    Lors d’un entretien au journal allemand Die Welt , le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a déclaré que les négociations sur les programmes d’aide ne doivent pas nécessairement être moins exigeantes, mais elles doivent être « plus politiques ».
    Il a ajouté : « Il n’est pas acceptable qu’un Premier ministre doive négocier des réformes avec des fonctionnaires. L’un est élu, les autres ne le sont pas ».

    1. C’est pas le problème, évidemment que des pénalités peuvent faire grimper grave la facture d’un emprunt mais comparer les prêts étudiants fédéraux Stafford aux subprimes, aux junk credit auto loans ou aux revolvings, c’est ridicule, même si les Obama ont attendu 2004 pour solder leurs prêts étudiants – surtout si les Obama ont attendu 2004.

  7. Voilà,

    Parfois j’ai des idées farfelues.

    Pour moi le FMI c’est un grossiste en argent. Et je trouve aussi qu’il a une position trop dominante. Il faudrait faire jouer la loi antitrust un truc du genre pour arrêter cela.
    Je vous avais prévenu c’est farfelu.

  8. Luc, voici un projet concret d’action: arrêter de tenter de maintenir à flot un monde qui est de toutes façons en plein effondrement. Il s’agit véritablement d’arriver à la cinquième étape du modèle d’Elisabeth Kübler-Ross, à savoir l’acceptation. Notre monde moderne est sous perfusion et bientôt il s’éteindra, au propre comme au figuré, par manque d’énergie.

    J’ai pris connaissance du phénomène du pic pétrolier en juillet 2007, et j’ai depuis lors pu passer par toutes les étapes du modèle: choc, déni, colère, etc. Car malgré sa pollution massive (invisible jusqu’à ce que l’on fasse une prise de sang pour un rapport toxicologique), ce monde moderne nous offre une vie bien plus facile que celle d’un paysan du Moyen-Age.

    Malheureusement, ce monde moderne a entièrement été bâti grâce à l’abondance de pétrole bon marché. Le phénomène du pic pétrolier et les statistiques de l’EIA nous apprennent que ce pétrole est en train de nous quitter. On peut ergoter, ignorer la physique, rêver de renouvelables, faire de la politique; la réalité est que sans pétrole, le monde moderne cesse de fonctionner.

    On ne peut pas construire une éolienne avec du vent, des panneaux solaires avec du soleil ou des barrages avec de l’eau. Sans parler du transport, de l’entretien, des réparations. Toute énergie qui se veut pérenne doit avoir les moyens de sa propre production. En outre, ces énergies renouvelables ne produisent « que » de l’électricité.

    Et l’électricité n’est pas une énergie primaire, mais un vecteur. Cette électricité, il faut bien l’apporter là où on en a besoin. L’Allemagne, qui s’équipe de l’éolien à tout vent, produit son électricité dans le nord, mais c’est dans le sud que les industries en ont besoin. D’où cette autoroute de pylônes à haute tension, qui ne peuvent être installés que grâce au pétrole.

    Depuis 2007, j’ai par conséquent broyé pas mal de noir, notamment en me décernant le titre peu envié d’homme le plus pessimiste au monde. Puis, ces derniers temps, j’ai approfondi un sujet que je ne connaissais pas en 2007, à savoir la permaculture. Et je suis arrivé à la conclusion que seule la permaculture peut nous sauver.

    La permaculture, voilà un projet précis. Par exemple, ouvrir des centres de permaculture dans les villes permettra de montrer que ce système, qui imite la Nature, notamment en employant des espèces végétales comestibles, peut être appliqué partout. La permaculture n’est pas un mode de pensée, elle est un mode d’agir.

    J’habite à Bruxelles et je me lance en ce printemps 2015. J’applique les préceptes de Bill Mollison, Geoff Lawton (dont les nombreuses vidéos se trouvent facilement sur Internet) et Toby Hemenway. Je ne dispose malheureusement que d’une petite cour, mais la permaculture fonctionne aussi dans les endroits les plus exigus.

    Je lance donc un appel ici. L’idéal est de disposer d’un terrain d’un minimum de 500-600m² afin de pouvoir développer les zones 1 et 2 du modèle de base de la permaculture. Celles ou ceux qui disposent d’un tel terrain à Bruxelles peuvent me contacter, je les aiderai bien volontiers à y développer un espace de permaculture exceptionnel.

    Regardons cette photo: au milieu un jardin mettant en pratique les préceptes de la permaculture et, à gauche et à droite, des jardins « classiques » avec une « jolie » pelouse non productive. Les pelouses sont une aberration, un « luxe » que l’on pouvait se permettre lorsque le pétrole était abondant et bon marché. Au milieu, pas de jeux pour les enfants, mais bien leur futur.

    Luc, la question était « Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait? », voilà ma réponse. Evidemment il va falloir mettre les mains dans la terre (on peut mettre des gants lol). Mais tenter de maintenir à flot un Titanic dont cinq compartiments se remplissent d’eau, ça ne peut pas fonctionner. Dirigeons-nous maintenant vers les canots de sauvetage: la permaculture.

    Je réitère mon appel pour créer un centre de permaculture à Bruxelles (et ailleurs). Il y a deux livres en français de Bill Mollison qui s’appellent tout simplement Permaculture 1 et Permaculture 2. On peut se les procurer sur Internet sous forme de fichiers pdf, ou ici et ici. Je reste disponible pour toute demande d’aide.

    1. C’est exactement ce que suggère John Holloway : des actions concrètes qui peuvent changer notre quotidien et, pourquoi pas, devenir virales. La permaculture est tout à fait dans cette tendance. Cette technique fonctionne. Les sceptiques font cependant remarquer qu’on ne peut l’utiliser à grande. Notez bien que personne ne leur demande que ce soit le cas, d’autant que c’est la multiplication de petites entités de culture bio adaptées à chaque terrain qui pourrait permettre de faire face aux changements climatiques !
      Ceci dit, il y a loin du clavier au jardin (ouf, j’ai failli écrire « bêche » !) pour un grand nombre d’entre nous….

  9. Au-delà de la question – réelle – de la diffusion dans le corps social des idées émise sur ce blog, rien ne garantit, si cela était, que le corps social s’emparerait du sujet et encore moins qu’il bougerait. Je crois en effet que le problème social principal auquel nous sommes confrontés est la corruption, l’appât du gain. Rien de nouveau dira-t-on, tant ce sujet a déjà été évoqué par divers intervenant sur ce blog, en particulier Michel Leis, remarquable pédagogue de la norme de production et de la norme de consommation.
    Il n’y a hélas pas que les banquiers ou les gros pleins de fric qui sont obséder par le toujours plus d’argent: nous le sommes tous; car nous voulons toujours le dernier gadget à mode (nouveau téléphone, réédition des baskets Stan Smith – actuellement en rupture – etc…) et que pour accéder au nouveau gadget à la mode -norme de consommation – , il faut de l’argent, donc un revenu, donc du travail (actuellement en voie de disparition, mais qui s’en soucie ?) et donc se soumettre aux conditions de travail patronales – norme de production-, les « entreprises » étant les seules pourvoyeuses de travail et donc de revenus. Personne ne renoncera à cette soumission (d’où vient je crois le délitement démocratique) parce que personne ne veut renoncer au dernier gadget à la mode.
    Le seul moyen – et cela, tout le monde peut le mettre en oeuvre – de retrouver des degrés de liberté vis-à-vis du système néo-libéral, c’est de renoncer à absolument posséder le denier gadget à la mode.

    Si les gens ont le choix entre l’iphone6 (1 k€ quand même!) et la révolution, que croyez vous qu’il choisiront?

    Révolution = mauvaise réponse.

  10. Réserver la monnaie actuelle -l’Euro- à l’économie d’aujourd’hui (biens matériels, finance…) et créer une nouvelle monnaie pour ce qui deviendra l’économie future (nourriture, salaires, services…): c’est ce que propose le physicien et astronome français François Roddier pour réguler l’économie et éviter une transition « abrupte », autrement dit un effondrement abrupt à terme. Une approche résolument systémique et “thermodynamique” des sociétés humaines.

  11. Bonjour Monsieur Beaudoux,

    Je me permets de vous contacter par ce fil de commentaires pour avoir des nouvelles de l’initiative que vous proposiez.

    Merci.
    denis Chmielewski

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