FUKUSHIMA TOUJOURS PAS SOUS CONTRÔLE, par François Leclerc

Billet invité.

Les fuites d’eau contaminée se succèdent sans relâche sur le site de la centrale, son opérateur n’ayant d’autre ressource que de les constater au fur et à mesure, puis de tenter d’en minimiser les conséquences. Cette fois-ci, ce sont 750 tonnes d’eau contaminées au strontium 90 qui ont débordé de l’enceinte constituée de petits murets qui bordent les citernes stockant l’eau radioactive, afin de la contenir en cas de fuite.

Si cette eau n’a pas atteint la mer, comme Tepco le prétend, elle va se mélanger dans le sous-sol de la centrale avec les eaux de ruissellement qui proviennent des reliefs avoisinants. Semblant le confirmer, une montée brutale de la radioactivité de l’eau souterraine a été mesurée dans un puits qui se trouve à proximité de la fuite. Où va-t-elle couler par la suite ? L’opérateur n’en a évidemment pas la maîtrise.

Les pluies diluviennes qui se sont abattues ces derniers jours sur la centrale – un phénomène coutumier – sont à l’origine de cette nouvelle fuite, soulignant la précarité d’installations provisoires qui semblent condamnées à durer – et qui s’agrandissent – ce qui ne fait qu’accroître le danger car elles ne sont pas conçues pour un usage prolongé.

Quand ce n’est pas de l’eau de pluie, ce sont les eaux souterraines ou celles qui arrosent en permanence les réacteurs qui sont contaminées, faisant de la centrale électrique d’origine une véritable usine à contaminer l’eau. Au total, 615.000 mètres cubes d’eau contaminée sont stockés dans plus de 1.100 citernes, et environ 65.000 mètres cubes se trouvent dans les sous-sols des bâtiments des réacteurs et les tranchées qui parcourent la centrale. 

Afin d’éviter que les eaux de ruissellement ne soient contaminées, un projet de construction d’un « mur de glace » souterrain est à l’étude. Mais les premiers essais de mise en œuvre de cette technologie n’ont pas été concluants et il faudra dans le meilleur des cas des années de travaux pour qu’il remplisse sa fonction.

Quatre ans se sont écoulés depuis la catastrophe et « la gestion de l’eau contaminée n’est pas sous contrôle » comme l’a déclaré l’ancien premier ministre Jun’ichirō Koizumi, qui était en fonction lors de la catastrophe et qui est devenu depuis un opposant anti-nucléaire.

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« LA POPULATION EST DANS UNE SITUATION INEXTRICABLE »

Résidente depuis près de quinze ans au Japon, Cécile Asanuma-Brice,
rend compte de la situation de la population déplacée qui vivait autour de la centrale dans le journal du CNRS.

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