Plaidoyer sarcastique mais néanmoins argumenté pour le remplacement de la Troïka par une Autorité de curatelle, par Georges Lagarde

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Remplacer la Troïka improvisée en mai 2010 par autorité de curatelle adaptée aux réalités nouvelles résultant à la fois du traité de Lisbonne, du pacte budgétaire européen (TSCG) et de la crise économique et financière est devenu indispensable et urgent.

Cette Autorité de Curatelle Tripartite (ACT) aurait pour fonction d’assurer, après décision d’une Cour Européenne des Tutelles, la protection de tout gouvernement national dont les décisions (1) ne seraient pas conformes aux Traités ou (2) iraient à l’encontre des décisions du Conseil ou de la Commission ou (3) feraient obstacle à l’action de la Banque Centrale Européenne.

Un gouvernement protégé pourrait continuer à accomplir en toute souveraineté la plupart des actes qui lui sont habituellement dévolus. Cependant, pour certains de ces actes tels que le budget, les impôts ou les privatisations, pour lesquels les intérêts de l’Union s’opposent souvent à ceux du pays concerné, le gouvernement protégé devrait se soumettre au contrôle de l’ACT et suivre impérativement ses conseils.

Depuis la déclaration de Jyrki Katainen vice-président de la Commission européenne : « We don’t change policies depending on elections”, qui reprend sous une forme concise et limpide d’autres déclarations allant dans le même sens, il est devenu clair que, de quelques tendances qu’ils soient, les programmes politiques déraisonnables, populistes et extrémistes ne sont pas compatibles avec les règles de l’Union. Dans un ensemble qui compte pas loin d’une trentaine de membres, les revirements électoraux trop fréquents et les gouvernements instables auxquels ils conduisent n’ont plus leur place et ce d’autant plus que cette instabilité risque de mettre en péril la monnaie unique, résultat des efforts et des sacrifices de tous.

Le remplacement du gouvernement Berlusconi, incapable de se conformer au règles communautaires, par celui de Mario Monti à la suite des pressions exercées par la BCE et accessoirement par les membres les plus influents du Conseil et de la Commission n’a abouti à aucun résultat durable, ce gouvernement ayant été balayé par le suffrage universel à la première occasion …ceci n’empêchant d’ailleurs pas une large majorité d’électeurs de se dire attachés à l’Europe et opposés à l’abandon de l’euro!

Le chantage permanent exercé par des partis favorables à la sortie de l’UE pour les uns ou l’abandon de l’euro pour les autres, après référendum ou non, est incompatible avec la stabilité nécessaire à l’économie de marché et a fortiori avec le financement des États membres par ce même marché, deux des choses auxquelles nous nous sommes engagés par des traités irréversibles et de plus en plus contraignants.

Seuls des programmes politiques conformes aux traités et tenant compte de manière réaliste du principe de suppléance comme du principe de subsidiarité peuvent permettre un fonctionnement harmonieux des institutions et assurer la stabilité indispensable à la cohérence d’un ensemble européen attaché à sa monnaie commune.

La Cour Européenne des Tutelles, à qui il reviendrait de décider de la mise en curatelle, pourrait faire penser à la Cour Suprême des États-Unis qui est appelée à trancher dans d’innombrables et inévitables querelles de répartition des pouvoirs entre les États de l’Union et les institutions fédérales. La Cour Suprême a par exemple décidé en 1857 que les Noirs n’étaient pas et ne pouvaient pas être citoyens des États-Unis ou encore que le gouvernement fédéral ne pouvait pas interdire l’esclavage dans les territoires de l’Ouest (cette dernière décision s’étant avérée par la suite une des causes principales de la guerre de Sécession.)

Il y a cependant une différence radicale entre les États-Unis et l’Europe: les décisions de la Cour Suprême portent le plus souvent sur des points de droit que le Président et son gouvernement peuvent aisément faire appliquer une fois que la Cour a tranché, au besoin en faisant appel à la force. A l’inverse c’est l’application des décisions de Bruxelles par les États concernés qui laisse à désirer puisque l’UE ne dispose pas de services fiscaux communs, ni de services de renseignement communs, ni non plus d’une police et d’une force militaire susceptible d’intervenir en dernier recours.

Comme on peut s’en rendre compte lors des interventions de la Troïka, le flou concernant les domaines dans lesquels les différents niveaux de pouvoir et de contrôle ont à intervenir est une autre source de désordre et de confusion. Grâce à l’action directe de l’ACT les choses deviendraient beaucoup plus simples, rapides et efficaces.

Les cas de la Grèce (Syriza) ou de l’Espagne (Podemos) sont des exemples évidents pour lesquels il ne semble pas nécessaire d’argumenter longuement sur l’intérêt d’une mise en curatelle qui les protégerait de leurs propres erreurs. Il suffit de dire qu’une surveillance de leurs emprunts publics aurait évité à ces deux pays bien des souffrances et que les deux partis extrémistes en question constituent un menace inadmissible pour l’euro.

Le cas du Royaume-Uni est à l’inverse bien plus délicat à trancher : en raison d’une tradition de fierté un peu rigide de ses gouvernements, d’une méfiance quasi systématique envers Bruxelles, de traditions démocratiques séculaires restant encore profondément ancrées dans l’esprit de ses citoyens et du fait qu’il détient l’arme nucléaire, on imagine mal qu’une forme quelconque de mise sous tutelle du Royaume-Uni soit possible. Il semble donc que son départ soit à terme aussi souhaitable que difficilement évitable, d’autant plus que l’euro ne s’en trouverait pas menacé.

La solution la plus habituelle pour les autres pays membres, adoptée par exemple par l’Italie et la France à plusieurs reprises, a été de présenter aux électeurs un programme plus ou moins incompatible avec les règles et traités tout en rassurant les autorités de Bruxelles sur la ferme intention qu’ils avaient de ne pas appliquer ce programme. Certes, cela permet d’habituer progressivement les électeurs aux réalités nouvelles mais cela affaiblit tellement leur pouvoir politique que ces gouvernements ne peuvent ensuite assurer l’équilibre de leur budget et le remboursement de leur dette. Cette attitude politicienne de double jeux vis à vis de Bruxelles et qui menace l’euro à chaque élection (Front National de Marine Le Pen, M5S de Beppe Grillo) serait quasiment impossible dès lors que celle-ci se déroulerait sous la menace d’une mise en curatelle par la Cour Européenne des Tutelles.

Les membres de cette Cour Européenne des Tutelles, inamovibles comme ceux de la Cour Suprême, devraient être choisis par la Commission sur proposition du Conseil. Ainsi, libérés de toute contrainte électorale, ils seraient en mesure de protéger contre eux-mêmes les pays qui seraient confiés à l’ACT afin de les guider sur la voie la plus efficace: la compétitivité, la croissance, l’équilibre financier et finalement le remboursement de la dette qui assurerait la pérennité de l’euro.

Comme l’a montré aux États-Unis la guerre de Sécession et le million de morts qui s’en est suivi, il n’y a pas d’alternative au strict respect des règles communes quand il s’agit d’éviter les aventures irresponsables et les catastrophes auxquelles elles conduisent fatalement.

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71 réflexions sur « Plaidoyer sarcastique mais néanmoins argumenté pour le remplacement de la Troïka par une Autorité de curatelle, par Georges Lagarde »

  1. Le ton sarcastique des propositions de ce texte est si froidement argumenté… si logiquement et justement analytique par rapport à tant de rapport de force, qu’il en est effrayant de constater que la réalité de sa fiction dépeinte, dépasse l’effroi, la tétanisation du réel, de ce qu’on vit, pour masquer notre survie, de que l’on espère pour masquer ce que l’on subit déjà…

  2. Ce qui est proposé dans ce billet est tout simplement la fin de la démocratie. Lorsque l’auteur écrit : « Le chantage permanent exercé par des partis favorables à la sortie de l’UE pour les uns ou l’abandon de l’euro pour les autres, après référendum ou non, est incompatible avec la stabilité nécessaire à l’économie de marché et a fortiori avec le financement des États membres par ce même marché, deux des choses auxquelles nous nous sommes engagés par des traités irréversibles et de plus en plus contraignants.

    Seuls des programmes politiques conformes aux traités et tenant compte de manière réaliste du principe de suppléance comme du principe de subsidiarité peuvent permettre un fonctionnement harmonieux des institutions et assurer la stabilité indispensable à la cohérence d’un ensemble européen attaché à sa monnaie commune. », il est évident qu’il n’est plus nécessaire de procéder à des élections au suffrage universel et que les gouvernements qui en sont issus ne sont plus responsables devant leurs électeurs, mais devant les institutions européennes..

    D’autant plus que cette Cour sera composée de magistrats inamovibles choisis par la Commission sur proposition du Conseil « Ainsi, libérés de toute contrainte électorale, ils seraient en mesure de protéger contre eux-mêmes les pays qui seraient confiés à l’ACT afin de les guider sur la voie la plus efficace: la compétitivité, la croissance, l’équilibre financier et finalement le remboursement de la dette qui assurerait la pérennité de l’euro. »

    C’est le TINA. institutionnalisé.

    Cela dit, il ne faut pas se voiler la face. la démocratie élective est en crise et n’est plus efficace. Elle doit être analysée et révisée profondément, car, en définitive, c’est au peuple à donner les grandes options politiques même si elles dérangent les instances dirigeantes de l’Union européenne. Leur faute est de ne pas avoir encouragé une Europe fédérale qui aurait été la seule voie vers une démocratie supranationale. Ce n’est plus possible, maintenant.

  3. Parabole

    L’Europe voulait damner le pion aux États-Unis. Les États-Unis d’Europe devaient devenir la première puissance du monde. Mais, imbibés de mimétisme, nous vivons une époque bipolaire, et aux moments d’exaltation succèdent les moments de déprime. L’Europe se révélait surtout une vaste machine technocratique soumise à l’influence de lobbys tout puissants. De dépit on se mit à réclamer sur tous les tons une « autre Europe ».

    Puis il y eut la réunification de l’Allemagne et, au nom d’une exaltante mais fantasmée « réunification européenne », l’Europe s’agrandit de douze nouveaux membres. Mais il fallut vite déchanter. Le revers de cette si glorifiée réunification était l’impossibilité désormais reconnue, à 28, et aussi disparates, de créer un véritable état fédéral européen.

    Toujours cette même alternance exaltation-dépression. La bipolarité est un mal tenace.

    Entretemps il y avait eu l’euro, et ses pères s’étaient à nouveau exaltés, se voyant une fois encore en fiers nation builders, en héroïques géants de l’histoire. Mais, nouvelle déprime, car, en 2007-2008, l’euro ne protégea pas la zone euro. Bien au contraire, il l’enfonce depuis dans les déficits et les dettes, et surtout il accentue dramatiquement les déséquilibres entre riches et pauvres. Qu’à cela ne tienne ! « Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour défendre l’euro » affirma le président de la BCE, ajoutant : « whatever it takes », « quoi qu’il en coûte ». Il arrive ainsi, aux gens bipolaires, s’ils ne peuvent atteindre le meilleur, de viser le pire.

    Nous sommes désormais dans un avion dont le pilote, l’oligarchie bruxelloise, enfermé seul dans le cockpit, désinhibé par la prise régulière de fortes doses de MES, FESF, MEFS, LTRO, taux zéro, etc., dirige l’avion vers la montagne. Le verrou et le blindage de la porte sont solides : aux peuples qui sonnent pour entrer et reprendre les commandes, il est répondu, d’une formule sans appel, qu’« il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Les succès des partis Mouvement Cinq Etoiles, Syriza, Podemos, FN, Ukip et autres sont autant de coups de pioche inutiles contre la porte blindée du poste de pilotage. Les cris des passagers se font de plus en plus forts, en vain. Les populations souffrent des mesures d’austérité de plus en plus inhumaines qu’elles subissent, et qui ne servent à rien. Elles sont effrayées, s’attendent au pire, voient la montagne se rapprocher à toute vitesse. Mais, arc-bouté sur ses commandes, le pilote ne peut plus reculer. Coups et cris deviennent assourdissants. Mais il n’ose pas, ce serait reconnaître sa folie, et puis c’est trop tard.

    Ne pouvant réaliser son rêve, il aura au moins provoqué une catastrophe qui restera dans l’histoire…

  4. Cher Pierre Verhas,
    Rassurez-vous, c’est une blague. Très pédagogique d’ailleurs. Car cette dictature nous pend au nez.
    Qui aurait imaginé que si le peuple votait contre le TCE en 2005, on jetterait tous les bulletins au feu ? C’est pourtant ce que deux partis UMP et PS ont fait. Et ils osent encore parler de République ou pire de démocratie. A chaque fois qu’un de ces partis ennemi du peuple et de la démocratie prononce ce mot, il faut leur en nier l’usage.
    Afin que la prochaine fois, quand il jetteront encore les bulletins de vote au feu, ce soient les fourches qui les chassent.
    En attendant puisque c’est pour la Grèce qu’il faut préparer les fourches, chacun trouvera dans cette mine matière à réflexion et action:
    http://www.anti-k.org/?s=Gr%C3%A8ce

  5. @ Georges Lagarde, merci pour votre billet : il est remarquable !
    On ne peut s’empêcher de penser à Jonathan Swift et sa « modeste proposition« . Oui l’humour est une arme de destruction massive contre les pouvoirs à visée totalitaires.

  6. Hello you happy taxpayers!

    C’est sans importance! Avez vous oublié Desproges? « … les enfants croient au père Noël, les adulte votent! »
    Allons, allons ne vous inquiétez pas, ne vous prenez pas la tête. Pensez plutôt à votre nouveau crédit de consommation qui vous permettra d’acheter le dernier grand écran Foulle HS pour être prêt pour la prochaine coupe du monde de foutre.
    Bonjour chez vous N°……….( veuillez apposer ici, votre matricule CEB – (Circonscription Bancaire Européenne) qui vous a été attribué par l’European Patriot Act afin de mieux vous protéger et de nous permettre de vous adresser les offres promotionnelles les mieux adaptées à votre sous caste.)

    PS: N’oubliez pas, le dernier à sortir du bureau de vote – bandes des caméras de surv…de protection faisant foi – sera passible d’une retenue sur son crédit conso de survie de 75 € s’il oublie d’éteindre la lumière, de bien fermer la porte et de jeter la clé dans la poubelle JAUNE!

    Orginet Porginet, Gloire à notre Grand Protecteur !

    1. Justement, c’est là que réside le problème (dans chaque pays il existe des garde-fous pour éviter ou rattraper les errements financiers des communes et autres institutions.)

      1. Pour aller jusqu’au bout de votre …caricature , il faudrait donc que vous indiquiez les pistes qui vous paraissent les plus efficaces pour faire sauter ces garde-fous , afin que tutelle et curatelle fonctionnent sans entraves .

      2. Votre logo , c’est une abeille ou un bourdon ?
        L’abeille aurait au moins l’avantage d’apporter aussi bien le miel que l’aiguillon .
        Mais dans les deux cas , in cauda venenum .

  7. Comme une pièce d’un (ou de deux) euro, cette proposition m’a fait devenir jaune, comme le rire, à l’extérieur et blanc, comme la stupeur, à l’intérieur.

  8. Très bonne analyse, bravo !
    Mais pour que ce programme sauvegardant les institutions européennes soit correctement appliqué, encore nous faudra-t-il un homme providentiel. Un Chef, un vrai. Un homme à poigne, qui n’hésitera pas à supprimer provisoirement l’état de droit pour mieux nous défendre.
    Réveillons-nous, nous sommes au bord du gouffre. Il est temps de faire un grand pas en avant !

    1. Ce sera une femme à poigne en France. Si on ne vote pas comme il faut en 2017. C’est bien fichu. Elle aura été contre l’euro certes, mais se rendra vite à la raison.

  9. Il me vient un doute : n’est-ce pas un billet où Paul Jorion se cache derrière Georges Lagarde qui est un nom tout à fait inconnu au « bataillon »…

    Et si cette proposition n’est pas destinée à tester les réactions des correspondants du blog.

    En outre, pour mettre sur pied cette Cour, il faudra un nouveau Traité ou changer le Traité de Lisbonne et ce n’est pas demain la veille qu’on y arrivera.

    Alors ?

      1. Ben on peut conclure que le Français se germanise au niveau sens de l’humour, à la baisse évidement.
        D’ailleurs il me semble qu’ils étaient déjà nombreux ici à pas avoir très bien saisi le sens de la satire de Jan Böhmermann au moment de son fake varoufake…

      2. Ne croyez vous pas qu’il soit difficile de « rire »…, afin de ne pas se prendre trop au sérieux soit disant en passant… de « rire » du « sérieux » de l’adversaire… dont on sait déjà prévoir le funeste mortifère des conséquences de ses propositions… à l’aune de ce qu’il ne veut pas discuter aujourd’hui en terme de causes… qui sont pourtant autant réellement cruelles, que mesurables (antérieurement) à court-moyen-long terme…?

  10. Je me souviens d’un billet « invité » sur le blog, il y a quelques années, qui développait à peu près la même idée, mais au premier degré !!! Il s’agissait de définir au niveau des états un processus de liquidation judiciaire.

    Paul aime bien la provoc… 😉

    Qui retrouvera les références ?

    1. Mais enfin Marc, il n’y aucune ambiguïté sur le sens de ce billet ! Relis-le : par ex. les remarques sur la Cour suprême US en 1857. C’est quand même curieux de penser que Paul inviterait un billet sur ce genre de propositions. L’art de G. Lagarde est justement de nous démontre la folie tendancielle de l’Eurocratie actuelle. Pas besoin de se référer à d’anciens billets ou à de la provoc !.
      Bon, je vais arrêter là mes trop nombreux commentaires car je devine qu’une réaction sur deux va aller dans le sens du premier degré — dû à une lecture rapide . Pour en finir je cite Paul :

      Le mot « sarcastique » doit être pris au sérieux.

    1. Là , c’est de l’humour et pas du sarcasme , vis à vis duquel nous sommes critiques tous deux .

      Le sarcasme , c’est la position « en détresse » , de Lucky Luke.

      Je le sais , je l’ai pratiqué souvent . Et comme l’ironie , dont il est cousin , c’est une arme à double tranchant .

    2. Je n’ai rien d’autre en commun qu’un nom de famille banal avec Christine Lagarde.

      Elle a eu l’occasion de voir de près les deux versants de la mise sous tutelle de gouvernements qui refusent ou sont incapables de se conformer aux règles en vigueur mais je suppose qu’il est beaucoup plus confortable pour elle de n’avoir aucune opinion personnelle au sujet de ces règles.

  11. Le juge de tutelle me rappelle qu’il n’y a que 861 € au compte « donation mensuelle » . Je ne sais pas comment va agir la curatelle .

    Je vérifie demain que la pension est arrivée , et j’apporte mon écot ( j’ai dit écot pas complément ).

    J’en profiterai pour consulter aussi le site du ministère de l’intérieur pour avoir mon fromage habituel entre inscrits , abstentions , blancs , nuls , divers partis . Ce que j’ai entendu dans les discours des principaux leaders ne m’a même pas donné envie de faire du sarcasme .

      1. Julien, c’est peine perdue…
        Je resterai quand même triste et effaré de voir que des lecteurs du blog de Paul Jorion aient, d’une part, pu prendre ce texte au premier degré et, d’autre part, soient aussi imperméables à l’humour. Dans ce cas humour noir et sarcastique : j’espère qu’ils n’ont pas défilé en mémoire des dessinateurs de Charlie. Ou qu’ils ne pensent pas que Jonathan Swift était un infâme promoteur du cannibalisme avec de bébés pour résoudre le problème de la famine en Irlande.
        Comme dit Timiota :

        Oui oui, trop de drôleries. Mettons Voltaire sous Lexomil aussi.

        PS : il dit ça pour rigoler car il admire Voltaire… ah! ah!

      2. Jacques Seignan :

        L’humour , même noir , ce n’est pas du sarcasme .

         » Car la nuance seule fiance ,…. »

      3. @ Juannessy, j’ai lu de meilleurs commentaires de votre part !
        Humour noir, sarcasme, caricature (comme le signale GL), autant de nuances et également de subjectivités. L’humour noir peut être inacceptable s’il est mauvais, certes.
        J’admets que l’on puisse ne pas apprécier la forme de ce texte, OK. Moi, il m’a vraiment beaucoup plu ; par contre j’en ai assez de certaines réactions… Il aurait été bien plus profitable de parler du fond : l’arrivée d’un pouvoir non-élu et au service d’une oligarchie destructrice. Une façon de tuer l’Europe qui est pourtant une des plus belles idées de l’Histoire. L’épreuve que subit la Grèce et son gouvernement élu le démontre tous les jours — ça dans l’indifférence de presque tout le monde. « Ils n’avaient qu’à payer leurs impôts et travailler plus » comme on dit à la télé.
        On est mal barré !

      4. @Jacques Seignan :

        Je ne critiquais pas , je précisais .

        Je pense d’ailleurs être rentré dans l’esprit du billet en posant une question de fond au terme du commentaire n° 8 , encore sans réponse pour le moment . Vigneron et Zebu ont peut être cette réponse ?

        Je n’avais pas saisi que vous alimentiez le fond de cette caricature , sauf à l’approuver .

  12. @ timiota.

    Je n’ai besoin d’aucun antidépresseur, somnifère, ou neuroleptique quelconque pour apaiser la démesure d’angoisses que vous voudriez me prêter. Je ne fais que questionner. Et je demande s’il est aussi facile que ça… et sain…. de « rire » d’un constat et des anticipations et prévisions dangereuses pour « l’espèce humaine », pouvant en être faits, nous faisant dire et penser actuellement…: « Mieux vaut en rire qu’en pleurer » ? Et je ne critique pas par ailleurs et d’avance, ceux et celles qui préfèrent rire que pleurer devant un désastre existant et l’ampleur de son cataclysme annoncé.

    Ce que je veux dire c’est que chacun-e est libre de choisir de mourir comme il-elle entend, en riant ou pleurant, si elle est… la mort… là… à la porte… et inéluctable… Mais est-ce que cette liberté là est à mettre sur le plan d’égalité quelque part, avec d’une part le fait de refuser de mourir, et donc d’en rire encore moins, et d’autre part, l’obligation à lutter contre cette inéluctable fatalité, parce que croyant qu’elle peut être combattue, sans sombrer dans l’euphorie aveuglante de l’ironique dernier « baroud d’honneur »…?

    1. Se priver d’un élément central de la dynamique d’affect (l’humour, la critique, la distance) , pour reprendre les analyses qui ont court ici, me paraitrait une idée artificielle et pas la meilleure du moment.

  13. PLus loin. N’est-ce pas aussi une manière de donner des armes à l’adversaire pouvant décrypter dans nos divisions derrière l’emploi du sarcasme, pouvant révéler bien des craintes profondes, qu’il ne manquera pas d’user et d’abuser, en les inversant, derrière aussi une pointe de sarcasme…?

    Pour exemple…: Combien de blagues entre chômeurs-esues, gens aux RSA, etc, derrière l’appellation « philosophie de comptoir », nourrissent plus que grassement autant des prétendus « humoristes », façonnent les clichés et préjugés des politicards-es, et autres patrons, etc… avec l’argent d’une partie des même pauvres, chômeurs-euses « croyant », ou ne voulant pas être exclu de « l’hilarité » ambiante, se persuadant à « du second, troisième, etc degré » dans « l’intention » de l’ironie…? J’aurais pu prendre un autre exemple plus polémique et plus récent de sarcasme et du double tranchant de son emploi en remémorant les clivages ici même entre « Je suis Charlie » Et « Je le suis… sans l’être »…

    1. Et zut ! vous mélangez tout Pierre Juillot.
      Un texte de cette qualité n’est surement pas une brève de comptoir. Comme dit Timiota, et il se réfère à juste titre à Voltaire, c’est une manière puissante de détruire les idées dominantes est de les reprendre pour exprimer leur jus de l’inacceptable.
      Mais bon quelqu’un comme moi qui met Reiser au panthéon est sans doute inguérissable — et inconsolable de la mort de l’esprit Hara-Kiri.

      1. Je mélange peut être c’est vrai et l’excellente qualité du texte que j’ai souligné dans mon tout premier commentaire d’ailleurs, et les commentaires qui en découlent… ou leur peu de présence, leurs absences quoi. Ce sont aussi les réactions tant pour que contre, tant étant embrouillées qu’encore plus éloquentes dans le faible score des réactions, réactions à ce sarcasme, qui sont susceptibles de nous renseigner sur la réception et compréhension de celui ci. Et sa porté plus loin.

        En « mélangeant tout », notamment le sarcasme concernant les pauvres, etc, « l’humour », ceux et celles le pratiquant à des fins mercantilistes, j’essaie d’exprimer autant un malaise personnel ressenti dans ce sarcasme à but non lucratif, que je sais être vrai ici, que sans prétention, ce que je pense être celui ressenti de personnes ne s’exprimant pas ici… Beaucoup peuvent lire, sans oser ou avoir envie de participer pour de nombreuses raisons. J’essaie de les inviter à le faire, s’exprimer, en prenant cet exemple sur les pauvres de manière provocatrice, tout autant que le sens de ce billet, qu’en ayant aussi abordé la polémique sur un autre sarcasme au sujet d’une certaine presse, qui fut proche de celle dont vous parlez, peut être selon moi un autre point d’entrée au débat sur : comment ce sarcasme est interprété, comme interprétable ?

        Mais je manque aussi peut être de clarté dans ma manière d’exprimer autant mes sentiments que mes « intentions » dans ce que vous interprétez comme : « mélanger tout »..

  14. « Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. » Disait le vieil Albert!
    La passivité ambiante quasi généralisée me laisse craindre que ce genre d’évolution institutionnelle ne soit pas complètement utopique. Ce que « Bruxelles » fait en Grèce n’est rien d’autre qu’un pas dans cette direction et comme le dit Roberto plus haut : « …nous sommes au bord du gouffre. Il est temps de faire un grand pas en avant ! »

  15. Que jusqu’à ce que les grecs contraignent les dirigeants de l’UE à transformer le nom de la «Troïka» en «groupe de Bruxelles» (sans que l’Europe soit cependant évoquée dans cette nouvelle appellation) montre bien qu’au sommet ils sont quelque peu gênés aux entournures et n’ont pas le courage nécessaire pour affronter l’opinion au sujet de ce qu’ils ont entrepris. C’est peut-être leur point faible.

    Ce qui me semble le plus inquiétant c’est le quasi-silence qui a accueilli les déclarations de J.C. Junker et J. Katainen sur leur intention de ne pas tenir compte du résultat des élections quand elles ne sont pas conformes à leurs souhaits.

    Le tour de passe-passe sur lequel l’évolution actuelle de l’UE repose est que c’est le « principe de suppléance » qui se substitue progressivement au « principe de subsidiarité ». Ça s’applique à l’économie en général et à l’euro (grâce à la BCE prétendument indépendante) en particulier.

    Le budget des gouvernements nationaux est sous tutelle, même si c’est de manière plus ou moins discrète selon les cas. Depuis plusieurs années leur pouvoir s’en trouve affaibli et la situation des élus vis à vis des électeurs est de plus en plus difficile, voire aussi ridicule que les promesses qu’ils n’ont plus le pouvoir de tenir (vous voyez peut-être à qui je pense ?)

    C’est ce trompe l’oeil et cette pseudo-démocratie auto-bloquée, dans lequel rien de sérieux n’a remplacé des élections nationales de plus en plus décrédibilisées, que j’ai tenté de mettre en évidence en en poussant la logique jusqu’à la caricture 🙂

    Ça dépasse largement le seul cas de la Grèce et des autres pays « méditerranéens », celui de la Grande-Bretagne, pays pas franchement porté vers les extrêmes, mériterait un examen moins expéditif que celui auquel on a procédé jusqu’ici…

    Pour le reste, il se trouve qu’ayant un très mauvais souvenir de la précédente tentative d’unifier l’Europe, j’ai longtemps éprouvé de la sympathie pour l’actuelle malgré tous ses défauts.

    1. Merci G L pour ces éclaircissements et votre billet, par ailleurs. La fin de votre commentaire est certes très claire, plus qu’explicite, quand à révéler un non choix démocratique, économique, social, etc, entre le pire d’un passé européen, dont les blessures sont encore brûlantes, les espoirs déçus, avortés, d’avoir voulu éviter de le réitérer, et à nouveau ce pire se profilant pour l’Europe, et plus encore quand c’est elle qui pourrait le propager de nouveau de part le monde. Et elles ne sont pas seules ces « Zélites » européennes… et leurs fascismes en col blanc ou autres… à trouver l’appuie de vieux relents xénophobes, « nationalistes », esclavagistes, colonialistes, de part le monde.

    2. Sauf que la Grèce, elle, a déjà connu son « ACT ». Non non, pas la Troïka, la CFI, Commission Financière Internationale, 40 ans de tutelle financière de la troïka France/GB/Italie, jusqu’en 1936. Voui, 40 ans c’est long. Mais ça s’oublie vite.

    3. @ Georges Lagarde, votre billet était parfaitement explicite à qui voulait bien le lire… « poussant la logique jusqu’à la caricature » ; en prenant même soin de signaler « sarcastique ». Vous y évoquiez Katainen etc… Etc. C’est quand même dommage qu’il semble quasi-impossible d’écrire un billet comme ça sans que tant de commentateurs tombent dans le panneau du premier degré. Est-ce révélateur d’un monde devenu si oppressant . Sans doute… En tout cas bravo pour cette synthèse originale.

      PS – un petit conseil à Paul pour sa BD : ajouter un gros bandeau sur la couverture : Attention humour! ». Et également traduire en allemand.

      1. @ vigneron,
        J’ai une immense admiration, perspect et estime pour M. Varoufakis. Quand il a nié avoir fait ce doigt, je l’ai cru et puis ensuite assez vite ce fut démonté.
        Pauvre vigneron : ça vole toujours aussi haut « plouf, plouf » eh bien je mets à votre niveau et je vous dis « nananère ».

      2. Respect sans doute Jacques, chacun y a droit après tout. Mais c’est un fieffé menteur, et un sacré idiot de l’avoir fait en direct comme cela, alors qu’il aurait dû deviner que la vidéo allait ressurgir et être analysée pour démontrer qu’il avait menti sans se démonter… Il aurait eu mon estime en se contentant de dire : « oui, un doigt d’honneur « économique », adressé à la politique allemande et pas aux Allemands. Et alors ? ». Alors qu’en soulevant la théorie du complot… Bref, c’est l’écume des vagues, mais personne ne lui a demandé de prendre sa planche de surf 😉

      3. Qu’entends-tu ou que nous faut-il entendre par « je l’ai cru et puis ensuite assez vite ce fut démonté » ?

      4. Julien, je ne comprends pas ce que tu veux dire :

        Mais c’est un fieffé menteur, et un sacré idiot de l’avoir fait en direct comme cela, alors qu’il aurait dû deviner que la vidéo allait ressurgir et être analysée pour démontrer qu’il avait menti sans se démonter…

        Pourtant il y a eu ce billet :
        http://www.pauljorion.com/blog/2015/03/20/lindex-de-varoufakis/

        Idiot, menteur… , Varouf en un mot… Bon, je vois que décidemment nous aurons là un point de désaccord définitif mais en tout cas je suis certain que nous, nous respectons et gardons au delà de cette divergence, notre amitié au service de nos idéaux communs !

      5. Julien, en fait je comprends maintenant ce que tu voulais dire : le fake était un fake.
        D’accord, tu as raison à 100 % sur ce point. OK.
        Mais comment peut-on oublier qui Varoufakis doit affronter ? Il ne doit donc ne jamais faire d’erreurs (cf. Paris Match), être parfait, absolument ? Bien sûr la Grèce est sur le point d’échouer : ils seront obliger de redevenir une colonie, et bien sûr on va dire c’est la faute (en partie) à ce « Varouf » sans cravate. Mais de toutes façons avec n’importe quel autre gouvernement une politique féroce et de surcroit inepte serait appliquée en Grèce comme rappel à la soumission de tous les peuples européens qui voudraient lutter contre le TINA.
        Alors oui, je maintiens que ce baroud d’honneur n’aura pas été vain.

      6. Plouf au cube Seignan. Je te disais bien que t’étais mal placé pour donner des leçons de sagacité.

  16. Derrière les avertissements « attention humour », etc, et autres justifications à défendre l’ironie, etc, je m’étonne que personne ici ne parle de l’échec du parti Italien 5 étoiles ou encore, M5S, fondé par l’humoriste italien Beppe Grillo, qui a commencé à milité politiquement par l’ironie, le sarcasme, etc, et qui est au bord de l’implosion aujourd’hui… Cet échec électoral comme politique, n’est-l pas instructif de la part d’un pays européen latin, de type « méditerranéen »? Et n’est-il pas révélateur de la limite de l’ironie, du sarcasme etc en politique par rapport à tant de sujets économico-sociaux, etc sensibles, et sensibilités exacerbées d’être moquées, ou de ne pas comprendre le degré employé, etc…?

    1. A y repenser , la commission européenne n’a pas de père et mère connus , car elle est le clone héritier de la « Haute autorité » de la CECA … dont les objectifs ont abouti à Arcelormittal .

      Qui veut comprendre la commission européenne doit comprendre Arcelormittal .

      Je ne sais plus qui embrasser à part les victimes licenciées .

  17. Ainsi, libérés de toute contrainte électorale, ils seraient en mesure de protéger contre eux-mêmes les pays qui seraient confiés à l’ACT afin de les guider sur la voie la plus efficace: la compétitivité, la croissance, l’équilibre financier et finalement le remboursement de la dette qui assurerait la pérennité de l’euro.

    C’est un peu gros comme poisson d’avril. (pour autant que les commentaires soient encore ouvert mardi)

  18. On se plaît à souligner « sarcastique » dans le titre en se rassurant de la belle blague, alors que le plus intéressant est bien entendu :

    « Néanmoins argumenté »

  19. Ma question était : faut il rembourser la dette trop pesante qui correspond aux erreurs des banques. (fallait il pour le passé et le faudra t il pour celles a venir dans les 3/4 prochaines années.)

    telle était ma question.

    Je respecte toute personne sur ce blog et j’aime le lire.

  20. C’est bien la preuve que Paul Jorion a fréquenté et saisi la pensée des gens qui travaillent et fréquentent le Berlaimont…lol….blague à part, ces gens sont dangereux…

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