Électricité : Un rapport accablant… qui n’empêchera pas les choix idéologiques scandaleux qu’il dénonce, par Jean-Luc Tur

Billet invité.

Le 5 mars 2015 une commission d’enquête a rendu son rapport1 sur « les tarifs d’électricité » à l’Assemblée Nationale qui l’a adopté.

Ce rapport est avant tout un réquisitoire sur les résultats de l’ouverture totale des marchés en 2007 et du capital d’EDF, sur l’imbroglio du libéralisme dans le domaine … et des coûts engendrés dans un océan de centaines de milliards d’€uros.

Il se penche aussi par anticipation, sur les lourdes conséquences des mesures à venir dans le cadre de l’approfondissement de la libéralisation du marché.

Le rapport (65 pages) est construit sur la base d’auditions d’une multitude d’acteurs du marché de l’électricité (371 pages) soit 436 pages.

Extraits :

« Cette initiative est intervenue suite aux débats nés à la fois :

de la hausse continue de la facture des usagers, de l’ordre de 30 % depuis 2007 ;

– de la bataille juridique qui se joue, désormais systématiquement, à l’occasion de la fixation, par arrêté interministériel, des tarifs réglementés de vente…

Pour les entreprises, l’énergie est un facteur de production souvent essentiel. Le cas des « électro-intensifs » est emblématique, mais le double enjeu de la sécurité d’accès à l’électricité et de la stabilité des prix est déterminant pour beaucoup d’autres activités commerciales, artisanales ou agricoles. À ce titre, la disparition, au 1er janvier 2016, des tarifs réglementés « vert » et « jaune » suscite l’inquiétude de milieux professionnels. Plus généralement, notre capacité à préserver un avantage comparatif décisif inquiète : alors que la très grande qualité du système électrique français a toujours compté parmi les moyens de lutter contre la désindustrialisation de notre territoire, il ne faudrait pas que cet atout décisif se perde….

La hausse des prix est concomitante à l’ouverture à la concurrence des marchés de l’électricité. Contrairement au « credo » européen qui affirme avec constance que la concurrence est le gage d’obtention du meilleur prix assorti du meilleur service, l’ouverture à la concurrence ne s’est pas traduite, dans les faits, par une baisse tendancielle des prix

La fixation des tarifs réglementés de vente (TRV) a été particulièrement perturbée par les conséquences de recours quasi-systématiques des fournisseurs alternatifs contre les arrêtés tarifaires, au motif que ces derniers ne leur laissaient pas d’espace économique suffisant pour survivre.

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Préserver le pouvoir d’achat des ménages

Historiquement, le tarif réglementé de vente est un outil de la puissance publique. Il permet de maîtriser l’évolution des prix du bien essentiel qu’est l’électricité. C’est pourtant avec le même objectif de préserver le pouvoir d’achat des ménages, que les directives Européennes de libéralisation du secteur de l’électricité ont porté des coups successifs aux         tarifs réglementés…

En tout état de cause, là où des bénéfices étaient escomptés pour le client final en termes de baisse des prix, la concurrence semble paradoxalement avoir été génératrice de coûts nouveaux…

Un « saucissonnage » du secteur de l’électricité

En imposant l’évolution de l’architecture des systèmes électriques de chaque État membre, les directives européennes donnent lieu à l’arrivée de nouveaux acteurs du secteur, ce qui complexifie sensiblement la gouvernance de ce-dernier

Le démantèlement d’EDF

Ensuite, l’ouverture à la concurrence a engendré des coûts administratifs, que ce soit pour la séparation entre les différentes entités d’EDF ou, de manière générale, pour l’adaptation des règles liées à la concurrence. Par exemple, la CRE évoque le coût de la duplication des systèmes informatiques entre EDF, ERDF et RTE, estimé à 84 millions d’euros (1).

Le bilan de l’ouverture à la concurrence est une question lancinante dans le débat. Concrètement, force est de constater que la libéralisation du marché de l’électricité en France est une source de complexité sans avoir apporté de bénéfices réels

EDF est régulièrement appelée à venir en aide d’entreprises du secteur de l’énergie, à la demande de l’État, alors même que ça n’était pas son cœur de métier…

EDF immobilise ainsi du capital supplémentaire, alors même qu’elle est confrontée à un besoin de capital important.

EDF a supporté – et continue de supporter – des charges de service public sans pour autant recevoir de compensation. L’exemple le plus marquant est bien évidemment la dette de CSPE, qui a atteint près de 4,9 milliards d’euros…

La tarification mise en place selon un logiciel libéral faisant la part belle au prix de marché ne correspond plus aux fondamentaux de la production…

En 2000, les acteurs industriels sont les meilleurs avocats de la libéralisation du secteur de l’énergie pour profiter d’un effondrement des prix de l’électricité. Quelques années plus tard, à partir de 2005, ils demandent au législateur d’intervenir pour les protéger de la hausse des prix, ce qui mène à la mise en place du TaRTAM (tarif réglementé transitoire d’ajustement du marché)…

La mécanique est devenue d’une telle complexité que plus personne ne la maîtrise »…

Bâtir une solution ambitieuse, à la hauteur des menaces pesant sur la sécurité du système électrique européen

Nous avons mis en place l’euro avant de créer les mécanismes d’harmonisation nécessaires entre les États membres interconnectés. Les conséquences furent graves lors de la crise financière.

Nous sommes en train de reproduire la même erreur dans le secteur de l’énergie

D’un côté, il n’est pas satisfaisant de constater que l’électricité, est le vecteur énergétique au contenu carbone le plus faible mais aussi le plus taxé :

les taxes représentent ainsi 34 % de la facture d’électricité

De plus, l’électricité supporte à titre principal le financement du déploiement des énergies renouvelables …

Etc.

À la lecture du rapport, on se dit qu’ils ont compris ; qu’il faut sortir de ce système qui ne fonctionne pas et revenir au service public nationalisé qui marchait plutôt bien.

Que nenni ! les mêmes parlementaires qui ont adopté ce rapport, ont voté le 22 juillet la loi de transition énergétique qui prévoit, entre autre, la privatisation par l’ouverture à la concurrence de la production hydraulique !

Un projet initié sous la droite par Jean-Louis Borloo.

Ceci avec l’absolution d’EELV 2, dont on peut comprendre, par ailleurs, la position par rapport à la place du nucléaire, des ENR, de la réduction des GES … mais de là a accepter tout et n’importe quoi !

C’est inouï ! Privatiser l’immense réserve d’eau, le grenier à eau de la France qui représente 8 milliards de m3, une gestion efficace des crues, la valorisation des voies navigables, l’optimisation des cours d’eau au service de nombreuses activités et industries.

Qu’adviendra-t-il de la stabilité du système électrique, dès lors que l’énergie hydraulique de pointe sera non plus à disposition du gestionnaire de réseau mais entre les mains d’industriels ou de traders ?

La mise en concurrence des concessions offre également la possibilité à des opérateurs privés de spéculer sur l’énergie de pointe, de dégager des marges considérables entre le prix de production et le prix de marché, cela au détriment, encore, des usagers.

Dès lors, quid de la péréquation tarifaire nationale qui permet d’avoir un même coût de KW/h sur tout le territoire ?

Sans vouloir faire de catastrophisme, la question du refroidissement des centrales nucléaires en cas de besoin est posée. Ce genre de problème s’est déjà posé depuis la privatisation de la CNR (Compagnie nationale du Rhône).

Dans quelles conditions une collectivité, un industriel… pourront-ils prétendre à réviser le cahier des charges d’une concession en cours, afin de pouvoir concrétiser un projet lié au multi-usage de l’eau, sans devoir s’acquitter d’une indemnisation exorbitante auprès du concessionnaire ?

Prenons l’exemple de l’aménagement hydraulique de la rivière d’AIN composé de 6 barrages. Ceux-ci alimentent les nappes phréatiques de la vallée et permettent l’irrigation des plaines agricoles et les pompages d’eau potable. Actuellement des conventions sont passées entre EDF et les collectivités locales, les fédérations de pêche, ou d’autres partenaires concernés. Ils étudient ensemble l’évolution de la rivière et mènent des actions en fonction des besoins.

Imaginons, que le barrage de VOUGLANS soit piloté par un groupe privé. Pouvons nous croire que celui-ci accepterait de lâcher ou de retenir l’eau du barrage pour satisfaire aux besoins amont et aval, des sociétés de pêche, des bases nautiques ou des céréaliers et industriels de la plaine de l’AIN … ? Et à quel coût ?

Au reste, ce barrage associé aux ouvrages hydroélectriques en aval permet de mettre à la disposition du réseau électrique national plus de 400 000 kW en moins de 5 minutes, soit 1,5 fois la puissance nécessaire à l’alimentation électrique domestique du département du Jura en hiver. Comment contraindre un producteur privé à turbiner en cas de demande sur le réseau national et à quel coût ?

Il s’agit d’un véritable hold-up sur un patrimoine public financé par l’impôt et les usagers de l’électricité ! Ainsi que de la remise en cause de l’indépendance énergétique du pays. Aucun autre pays en Europe ne s’est engagé dans cette absurdité. La France devient le seul pays à offrir ce joyau à la concurrence.

Nos gouvernants sont en train de tout brader aux capitalistes et aux intérêts financiers : les autoroutes, les aéroports, les lignes de chemin de fer, les réseaux de gaz et d’électricité etc.

Ils sacrifient sur l’autel du marché la première énergie renouvelable de France

Ils ont bonne mine de nous parler d’écologie !

 

Liens :

« Le barrage de Vouglans en début de chaîne est le 3ème réservoir artificiel français. Il conditionne tout le fonctionnement hydrologique de la rivière d’Ain. »

Tur4

Tur2

Tur1

4 http://www.bassevalleedelain.com/gestion.php

Le SAGE (syndicat d’aménagement et de gestion de l’eau)

« Le fonctionnement écologique de la basse rivière d’Ain est étroitement dépendant du fonctionnement de la chaîne de barrages hydroélectriques (entre Vouglans et Allement) et des apports par la nappe phréatique fortement influencés par les captages agricoles. »

« Définir et mettre en oeuvre un partage de l’eau permettant le bon fonctionnement écologique de la rivière d’Ain tout en conciliant les différents usages (AEP, industrie, hydroélectricité, agriculture, loisirs) »

« La canicule et ses effets sur la rivière d’Ain » : La cellule d’alerte de la basse vallée de l’Ain est en état de vigilance accrue et demande au préfet d’autoriser des lâchers d’eau préventifs.

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40 thoughts on “Électricité : Un rapport accablant… qui n’empêchera pas les choix idéologiques scandaleux qu’il dénonce, par Jean-Luc Tur”

  1. Quels intérêts (fric, carrière, autres ?) ont les députés à trahir ainsi le peuple qu’ils représentent, y a t-il des enquêtes sur ce sujet ?

    D’un autre côté, tout cela est peu de chose dans le désastre planétaire généralisé. Le nouveau est que la mafia (je ne vois pas d’autre terme à utiliser) s’est enracinée au cœur de l’Europe.

     

  2. Pour ma part, la bêtise de nos représentants élus, prisonniers de dogmes idéologiques libéraux à la mode, est désespérante….

    1. S’il ne s’agissait que de bêtise… Non il s’agit de compromission et de mettre la main dans le pot de confiture

  3. déclaration de l’ancien directeur d’EDF, Marcel Boiteux en 2007, :

    « il ne s’agit plus d’ouvrir à la concurrence pour faire baisser les prix mais d’élever les prix pour permettre la concurrence. »

    déclaration que l’on retrouve à la page 8 de ce document

    CONTROLE GENERAL ECONOMIQUE ET FINANCIER
    Mission placée auprès d’EDF – PARIS,  LE 30  janvier  2013
    NOTE
    L’introduction de la concurrence dans le système électrique français

     

  4. Le barrage d’Allement n’est pas le dernier sur la vallee de l’ain,il y a encore 3 plus petits mais qui influent aussi,quand le debit est faible,les barrages de Neuville sur Ain,Oussiat commune de Pont d’ain et Pont d’ain.En aval de tout ça quelques ombres essaient de survivrent pendant les periodes de secheresses.

     

  5. Excellent article.

    La trahison des parlementaires est indiscutable.

    L’allégeance, quand il ne s’agit pas de simple complicité avec des faits délictueux, est patente: l’appropriation du bien commun (plus précisément de la sécurité économique collective dont l’énergie est un parfait exemple) au nom d’intérêts particuliers relève du crime économique pur et simple.

    « Nos gouvernants sont en train de tout brader aux capitalistes et aux intérêts financiers : les autoroutes, les aéroports, les lignes de chemin de fer, les réseaux de gaz et d’électricité etc. » 

    Il ne s’agit plus de braderie mais bien de pillage pur et simple.

    Confiez-moi les rênes du pays et je mettrai un coup d’arrêt brutal à cette dérive économique mortifère. Décidément, il faut d’urgence se débarrasser des « prêtres de cette religion féroce  » qui agissent en toute impunité.

    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/l-accueil-du-dr-fu-man-chu-en-160403

  6. C’est la même idéologie et ce sont les mêmes intérêts capitalistes qui sont à l’origine de la punition infligée au peuple grec par l’Union Européenne. Sauf qu’en France, c’est notre propre gouvernement qui décide de nous infliger cette punition.

    1. D’abord merci à Jean-Luc de cette synthèse (je le salue au passage), je voudrais simplement rappeler que tout ce que nous vivons actuellement la CGT Enregie l’a dénoncé en son temps. Mais malgré des tracts à la population, des manifs etc. le « bon peuple a préféré faire la sourde oreille en se disant comme d’habitude « on verra bien ». eh bien maintenant on voit, nos politiques font preuve d’une incompétence qui frise la malhonnêteté. Pour des intérêts purement financier on va brader notre patrimoine énergétique au profit du fric. Nous sommes dans la droite ligne de ce qui se passe avec la GrèceCe qui m’inquiète le plus c’est que le capitalisme est entrain de gagner la partie et que si l’on veut s’en sortir cela risque d’être douloureux..

  7. Accablant, en effet!

    Quand la bêtise se conjugue à la cupidité…une fois de plus.

    Y aura-t-il un terme à cette folie?

  8. 1/ Sortir de cette Europe pour reconstruire autre chose

    2/ Quel parti politique, quel mouvement citoyen pour réaliser cette prouesse ? A quel prix ?

    On se sent bien impuissant et le cadavre de la démocratie est attaqué par les vautours car nous sommes encore un pays riche. Riche du travail de nos parents et de nos aïeux et ça fait mal de voir tout cela bradé jour après jour.

  9. Pour compléter Jean-Luc Tur, j’ajoute d’abord que les grands barrages sont parmi les sites les plus sensibles de France et que l’armée est entraînée à leur protection en cas de menace terroriste, que l’on ne peut malheureusement pas écarter. Dans le cas de Vouglans, la modélisation de la rupture du barrage indique une vague de 10m de hauteur au niveau de Lyon. Quant aux centrales nucléaires de la vallée de l’Ain puis du Rhône, le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles seraient en danger.
    Ensuite, au niveau écologique, un paramètre est souvent ignoré, pour ne pas dire méconnu : la retenue des sédiments par les barrages. Leur écoulement avec la rivière, ou le fleuve est considérablement diminué et au lieu de s’accumuler à l’estuaire, ils s’accumulent désormais dans une retenue artificielle. Le problème c’est que l’accumulation ne peut se faire indéfiniment et qu’à un moment il faut les évacuer, typiquement en ouvrant les vannes par le bas du barrage. Les dégâts environnementaux peuvent s’avérer conséquents. Par exemple, les chasses du Rhône sont un véritable désastre, un scandale environnemental. Genève est pointée du doigt à ce sujet et a annoncée des changements pour la prochaine chasse avec un lâcher plus progressif ainsi qu’une part de curage, qui est évidemment beaucoup plus couteux qu’ouvrir une vanne. On parle souvent du problème de migration des poissons, je tenais à évoquer celui de la migration des sédiments qui est à mon avis au moins aussi important mais méconnu.

    Ce que je veux dire, c’est que les barrages sont perçus par certains comme une simple entité économique. Une entité bien juteuse sur laquelle il faut mettre la main pour se remplir la poche. D’un autre côté, celui où je me situe, les barrages sont perçus comme un élément de l’aménagement du territoire. Et là, leur gestion est politique : la politique d’aménagement du territoire, avec tous les acteurs et toutes les interactions que cela implique, comme expliqué par Jean-Luc Tur. A mon sens, l’hydroélectricité est un bon exemple de bien public. La magouille à son sujet, un bon exemple de la mentalité au pouvoir.

  10. Un autre danger guette la riviere d’Ain,c’est le gaz de schiste.La riviere evolue sur les deux tiers de son parcour (Jura Bugey jusqu’a Pont d’Ain)sur un systeme karstique(sous sol calcaire en gruyere avec de multiples reseaux hydrauliques souterrains ,qui rejoignent la riviere).En effet le permis d’exploitation des Moussieres  qui englobe Jura sud et haut Bugey (pour l’instant suspendu par Segolene Royal) serait catastrophique, car il faudrait percer le systeme karstique pour atteindre les nappes d’hydrocarbures convoitees,

    avec des risques enormes de pollutions sur les reseaux souterrains,puis les rivieres.

  11. Comme toujours tous les « concurrents » pensent être meilleurs que leurs voisins et espèrent exporter plus, pour gagner plus.
    Il est évident qu’à l’origine,  l’ouverture du marche de l’électricité à la concurrence était une énorme erreur, surtout pour la France qui avait bien développé ses réseaux et sa production. Avec tout de même le lourd handicap d’avoir presque tout misé sur le seul nucléaire. Qui plus est et comme souvent, sur des technologies plus « prétentieuses » que fonctionnelles.
    Énergie électrique maintenant plus coûteuse dans le cas de centrales neuves. Sinon même plus, dans le cas de vieilles centrales. Sans compter le risque.
    Les prix bas pratiqués par les tarifs régulés étaient partiellement illusoires, ou dépendants de décisions politiques et non technico-économiques ou même commerciales.
    Cette forme de dumping n’a malgré tout pas empêché le déménagement de l’industrie vers d’autres cieux.
    L’ouverture du marché présente au moins l’intérêt d’obliger les producteurs à s’intéresser à des sources de productions alternatives, telles le solaire et l’éolien, et à de la production locale et non centralisée.
    La vraie concurrence commencera au moment ou chaque consommateur pourra aussi être producteur d’énergie, même de manière partielle. Surtout si la source de production est gratuite, tel le soleil et le vent.
    Il est évident que le réflexe des fournisseurs est de tenter d’empêcher cela.
    Ceux qui prendront de l’avance, pays, groupes, industriels, etc… seront ceux qui au contraire se seront adaptés à cette évolution. Les progrès les plus importants vont certainement venir du stockage d’énergie, car c’est un problème qui concerne de multiples champs d’applications.
    Mais on n’en est pas là…

    1. « La vraie concurrence commencera au moment ou chaque consommateur pourra aussi être producteur d’énergie, même de manière partielle. Surtout si la source de production est gratuite, tel le soleil et le vent. »

      Est-il pertinent de mettre en avant le caractère « gratuit » du soleil et du vent » ?

      La gratuité du soleil et du vent n’est-elle pas la même que celle du pétrole, du charbon, du gaz, du nucléaire et de l’eau (chutes d’eau, courants marins, vagues, marées) et de la géothermie en ce sens que toutes ces sources d’énergies sont mises à disposition par dame nature ?

      Le seul intérêt de l’utilisation du soleil et du vent est leur « bilan carbone » et leur égale répartition sur la planète.
      Le vent et le soleil sont à flux continu mais les machines qui transforment cette énergie primaire en énergie finale ont une durée de vie, un cout et leur propre « bilan carbone » . . . !
      D’après cette page du site de Jean-Marc Jancovici, la fabrication des panneaux solaires, en Chine, émet autant de CO2 que l’usage, en France en éviterait.
      Malheureusement il ne dit pas sur cette page comment il en est arrivé à ce résultat . . .

      Est-il pertinent d ‘aller vers une décentralisation de la production d’électricité ?
      Une autre page sur ce même site qui donne quelques éléments de réflexion . . .

    2. A l’origine, les tarifs régulés ne sont pas du tout « illusoires ».
      http://www.observatoire-electricite.fr/Comprendre-les-tarifs-historiques
      Ils découlent d’une tarification conçue sur la base de deux objectifs  :
      1) refléter, dans leur architecture et dans leur niveau, les coûts réels de production, de transport et de distribution de l’électricité
      2) envoyer au consommateur final, un « signal prix » le plus proche possible du coût de production de l’électricité qu’il consomme.
      Pour les pères de cette tarification dite au coût marginal, économistes de renommée internationale (Marcel Boiteux, Pierre Massé), il s’agissait que les tarifs de l’électricité simulent, dans leurs résultats, une situation de « concurrence pure et parfaite ». Le tarif était donc, aussi, un moyen de régulation pour l’État afin d’inciter le monopole d’EDF à la plus grande efficacité économique possible. Les tarifs étaient « calibrés » pour qu’EDF ne fasse, en moyenne, que très peu de bénéfices, celle-ci n’étant pas, à l’époque, une SA cotée en bourse, mais un EPIC.

      En outre,  il est hardi et erroné d’affirmer que  « l’ouverture du marché présente l’intérêt d’obliger les producteurs à s’intéresser à des productions alternatives, locales et non centralisées ».
      C’est en 1946, après la nationalisation et création d’EDF,   qu’une politique de grands aménagements et un important effort d’équipement ont été décidés et permis d’exploiter une grande partie du potentiel hydroélectrique français.
      EDF s’est ouverte aux énergies nouvelles depuis le début des années 1990.
       L’ouverture du marché a, avant tout, un objectif mercantile et permet  à des financiers de capter des parts du gâteau, et de faire du profit à tout prix et dans n’importe quelles conditions, y compris en spéculant, au détriment de l’intérêt général.
      Contrairement à ce que vous dites, ces « nouveaux entrants »  sont très concernés par l’appropriation de moyens de production locaux, surtout déjà amortis, tels les barrages existants.
      Voir également l’exemple de l’exploitation des gaz de schistes au  DAKOTA :
      http://www.lcp.fr/emissions/docs-ad-hoc/vod/164712-l-or-noir-de-l-amerique
      Si, effectivement, une production locale d’électricité est à développer (Eolien, solaire, géothermie, méthanisation, bois ….), celle-ci doit se faire dans des conditions économiques, écologiques et technologiques encadrées, j’allais dire régulées, par la loi.
      Cette production locale doit être interconnectée au maximum au réseau national ; ce qui suppose une qualité de la fréquence du courant  (ce qui n’est pas garanti avec l’éolien et le solaire) et pilotée de façon centralisée.
      C’est ce qui permet une péréquation tarifaire, une solidarité inter-régions et un équilibre du réseau.
      Enfin, le développement des ENR nécessite  des investissements colossaux  qui ne peuvent et ne doivent être porté que par une volonté politique ambitieuse et des établissements publics.
      Pour ce qui est de « La vraie concurrence commencera au moment ou chaque consommateur pourra aussi être producteur d’énergie, même de manière partielle. Surtout si la source de production est gratuite, tel le soleil et le vent. »
       Je ne vois pas l’intérêt de faire à  tout prix  de la concurrence au prétexte qu’elle serait vraie.
      La  concurrence pour une énergie non stockable et en réseau, ça  ne marche pas. C’est juste un dogme qui sert à faire monter les prix et enrichir quelques uns.
      Au reste, je ne comprends pas  la finalité, et encore moins la faisabilité d’une production individuelle par chaque consommateur qui entrerait en concurrence avec d’autres consommateurs/producteur ?
      Faudra t’il que chacun tire son réseau ? Ou utilise le réseau public existant ? Dans quelles conditions économiques, techniques …
      Quid des habitants de plus en plus nombreux des villes et en logements collectifs ?
      En fait cette production individuelle existe déjà, via des panneaux photovoltaïques et est revendue à EDF, qui en a l’obligation de rachat à un prix qui impacte ses comptes et par contrecoup ceux des contribuables et clients « ordinaires » ; sans parler des problèmes liés à la qualité de la fréquence de cette production, ni de ceux liés au recyclage des panneaux.
       

      1. La concentration d’argent chez quelques privilégiés affairistes est devenue telle, que ceux-ci ont le pouvoir de placer sous influence n’importe quel leader (politique et pas seulement), venant se mettre en travers de leurs intérêts personnels et privés.
        Un « cancer » qui ronge notre système politique à la dérive et dont les méthodes ont fini par détourner les citoyens des urnes.
         
        Lobbyiste, nous connaissons le « job » de ces démarcheurs présents en permanence dans les couloirs de nos instances gouvernementales Françaises et Européennes. Curieusement, ils sont autorisés à venir faire pression sur les parlementaires et obtenir ainsi, leurs faveurs.
         
        Une émission télé récente à même révélé, que certains parlementaires présentent des propositions de lois, des amendements, ayant été préparés et écrits, par ces Lobbyistes, eux-mêmes.
         
        Les hommes sont les hommes, capables du meilleur quand ils ont appris la vie dans la modestie, la simplicité, les valeurs humaines. Capables aussi du pire, quand l’éducation se fait au travers d’exemples ou la seul façon de réussir sa vie est de devenir riche, pour devenir puissant, rapidement et à n’importe quel prix.

      2.  
        La mise en concurrence qui est une illusion en France, étant donné le maintien de tarifs régulés. Quand à l’obligation d’achat par un operateur unique, cela participe également au maintien de son quasi monopole sur la production.
         
        Tout à fait d’accord pour les « problèmes » posés par le solaire et l’éolien et si en plus les gens commencent à produire leur propre énergie, où va-t-on ? Bientôt ils vont vouloir produire leurs propres fruits et  légumes et vouloir boire de l’eau gratuite. Personne n’a pensé à monopoliser le débit de l’air que l’on respire ? il parait que les sportifs en consomment plus que les autres, il va falloir réguler tout ça, par l’intermédiaire d’une taxe.  Nous voila revenus à l’époque où l’on taxait la taille des fenêtres et donc la lumière ? (pour préserver le lobbie des fabricants de bougies) 
         
        Du coup, on peut en déduire que les micro ordinateurs et internet et tous ces appareils individuels perturbent les réseaux. Qui plus est si les utilisateurs se mettent à donner leur propre avis et à vouloir communiquer entre eux…
        Un bon gros ordinateur central et des écrans passifs pour tous les citoyens et cela permettra de mieux réguler le réseau et les idées. Quoi que pour certains, c’est déjà fait.
         
        Quand aux cyniques qui reprochent aux panneaux solaires de polluer, ce sont certainement les mêmes qui prônent le développement du nucléaire et le transfert du problème des déchets aux générations futures, en les cachant sous le tapis ou au fond d’un trou.
         
        Même si la concurrence n’a pas que des avantages, elle permet au moins de comparer les systèmes entre eux et de s’adapter à l’évolution. Quitte à contrarier quelques conservateurs ou profiteurs du système en place.

  12. Bonjour ,

    Merci JLT , super aticle !

    Merci M JORION de publier se papier.

    Un désastre financier et environnementale en vue .

    Les crapules adpetent de la libéralisation et capitalisme à outrance  se frottent les mains.

    Remercions,  encore une fois , nos gouvernants pour nous rapprochez un peu plus de la situation greque ! Quelle solidarité !!!

  13.  
    Voilà encore et toujours la démonstration que « nos » élus sont vendus et manipulés comme des marionnettes par des lobbys sans vergogne.
     
    La mécanique est désespérante.
     
    Les banques s’effondrent d’avoir mal parié, on les renfloue sur le dos d’une dette publique.
     
    Les autoroutes sont construites on les vend …
     
    On privatise les centrales hydroélectriques…
     
    On vend les aéroports…
     
    On pose des vétos à l’interdiction du chalutage en eaux profondes…
     
     
     
    Il ne reste que la rage, ou les yeux pour pleurer.
     

  14. Inepsie totale que cette propension de l’Europe actuelle d’imposer des privatisations dans tous les domaines où l’Etat (donc le citoyen lambda indirectement) possédait des participations.

    Le cas d’EdF est symptomatique, l’on scinde la société nationale en deux entités et on l’oblige à fournir de l’énergie aux « concurrents », concurrents qui n’ont jamais investi le moindre centime dans la construction de centrales électriques, donc c’est une concurrence fabriquée pour permettre à des groupes privés de se goinfrer !

    Il en va de même pour la SNCF qui est aussi scindée et avec l’obligation de laisser l’accès aux concurrents sur le réseau, réseau qu’aucun de ces concurrents n’a investi le moindre centime dans la construction.

    Nous devons donc subir ce que les lobbies ont imposés à l’Europe, mesures transposées dans chaque état avec la bénédiction des Exécutifs respectifs, Exécutifs qui eux-mêmes imposent aux Législatifs via la discipline de vote……!

    Cette Europe là a été rejetée par le peuple en 2005, mais la démocratie ne peut perturber ce que veut le business n’est-ce pas………..

  15. Il y a eu la privatisation de l’eau, des autoroutes (par le député communiste Gayssot), puis France Telecom, Laposte, SNCF en partie, Gaz De France, la liste est longue des services publics privatisés.

    Quand FT etait public, si on souhaitait connaître un numéro de tel on faisait le 12 pour contacter les renseignements téléphoniques, il y avait un seul opérateur public, très efficace et gratuit. Aujourd’hui que FT est privatisé il y a plus de 8 services concurrents, celui qui est le plus en vue facture 5 euros le service, le moins cher 1,12 euro.

    C’est l’avantage de la privatisation, l’usager se transforme en pigeon et les actionnaires encaissent.

    1. Bernard Maris disait (du moins ce que j’ai retenu) que pour se faire du fric, il faut mettre des robinets partout ou c’est possible.

      Le but des privatisations est de permettre de placer un maximum de robinets.

  16. Comptant un certain nombre d’années, de trop ; je vois le problème avec du recul et fatalement différemment.
    Dès sa création, EDF a était sous la main de la GGT, courroie de transmission du parti communiste dont le but était la préparation du « grand soir ».
    A cette fin elle devait être un monopôle, production et distribution.
    Elle était une nécessité, mais sous la forme ERDF.
    L’EDF n’a jamais équilibré ses compte, elle a bénéficié de la nationalisation de l’hydro-électrique, de tarifs artificiels des charbonnages, des investissements nucléaires pris jusqu’en 1990 en charge par le ministère de la défense.
    Le personnel d’EDF a usé et abusé de ce monopôle, pour par ses grèves exercer des pressions paralysantes. Travaillants en 1963 à Bois-Colombes, nous avons eu 22 jours à récupérer par suites des coupures de courant. Et, pas de trains, pas de métro, pas de tramways.
    Des « avantages acquis », mafieusement prenant la Nation en otage, les agents s’en vantaient et en avaient plein la bouche !
    C’était un état dans l’état ! Et c’est la raison profonde de son démantèlement.
    Dire qu’une solution équilibrée de remplacement est en vue, certes pas. Le grand capital est là pour se servir, non servir. L’Europe a était faite pour lui.
     
    Oui, la situation est sérieuse ! Le nucléaire est un échec vu les surcoûts sans fin, et le problème des déchets et de neutralisation des centrales n’a pas trouvé un début de solution.
    La moitié des grandes retenues d’eau sont devenues dangereuses.
     
    RV écrit :
    « La vraie concurrence commencera au moment ou chaque consommateur pourra aussi être producteur d’énergie, même de manière partielle. Surtout si la source de production est gratuite, tel le soleil et le vent. »
    Mais le soleil est là à la période de plus petite consommation.                             Le vent est présent plus à propos, mais la pensée totalitaire actuelle conditionne son exploitation au recourt au décrochement aérodynamique comme moyen ou auxiliaire de gestion et régulation des hélices de ces machines.
    Ce qui est hautement anti productif.
     
    Et, en plus solaire et éolien sont devenu un capitalisme par subventions.

    1. L’ Énergie est une ressource primaire qui, comme toutes les Ressources primaires, donne un pouvoir extravagant à ses gestionnaires.

      Cela illustre la nécessité de ce qu’une entité supérieure détienne et gère les Ressources primaires, (et seulement les Ressources primaires).

      Note: Cette entité pourrait ressembler à une organisation du type NASA,    avec les contraintes de la sécurité aérienne pour ce qui est de son invulnérabilité à la corruption, et certainement pas ressembler à un organisme de gouvernement présent ou passé, où les intérêts de caste prévalent sur toute autre considération.

      C’est évidement un problème complexe, qui ne peut se résoudre sur un coin de table. Mais d’un intérêt majeur pour la survie de l’espèce (enfin, selon moi).

      Ceci dit, cela est incompatible avec le monde actuel, (ou plutôt inversement). Ce qui suppose des bouleversements préalables.

      1. En fait, l’idéal aurait été que Dieu gère lui même les Ressources primaires.

        Car de toute évidence, nous sommes bien trop …  (mettre le qualificatif approprié) pour le faire.

        Du moins jamais nous n’avons étudié la question comme elle mériterait de l’être…

      2. Une des ressources primaires à ne pas oublier est l’alimentation des vivants que sont et les animaux et les hommes… « bêtes de somme », d’autant que la spéculation va bon train sur ces ressources-là, les denrées alimentaires !

    2. Le problème n’est pas uniquement dans l’intermittence ou les conditions météo, mais dans l’état d’esprit vis à vis de la production locale, ou décentralisée. Quand à l’hypothèse que le consommateur devienne producteur, ou même gérant de son énergie (produite ou consommée), cela provoque des blocages incompréhensibles (pas uniquement d’une partie de la CGT, et certainement pas de toutes les CGT)

      Il tout à fait envisageable d’intégrer dans le réseau 20% de la production en éolien et en solaire, plus les 15 % en Hydroélectrique, ce serait déjà ça.

      Les subventions sont devenues quasiment inexistantes sur les grandes centrales et ont toujours été mineures dans l’éolien  Et même, si les ENR bénéficiaient d’autant de subventions qu’en a eu le nucléaire, … avec parfois des résultats si peu probants qu’à la fin, on a envie de dire : « tout ça pour ça ? »

  17. Réponse à commentaire de VELKA du 2 Aôut 11h51

     

    On parle des enjeux de la  privatisation du service public de l’électricité, vous nous parlez de  production individuelle !
    Un peu d’histoire.
    En France, avant la nationalisation de la production, du transport et de la distribution de l’électricité,   1500 entreprises privées opéraient dans ce secteur.
    Celles-ci appartenaient à des industriel ou notables qui ont investis  leur capital dans des moyens de production au fil des diverses rivières du pays.
    Leur production servait en premier lieu à alimenter leurs usines et demeures (souvent des châteaux), en second lieu les autres notables et  au mieux le centre  des villes et villages.
    Les quartiers ou hameaux  isolés n’avaient pas droit à cette énergie, car les  producteurs privilégiaient le profit immédiat et tranquille à l’investissement dans des réseaux à construire et entretenir.
    Les habitants de ces zones non desservies manifestaient souvent (physiquement ou par pétitions) pour exiger la desserte en électricité.
    Ce qui donné lieu à la création des premiers cahiers des charges de concession, en 1906.
    Pendant la 2éme guerre mondiale, le CNR (Conseil National de la Résistance) a programmé la création d’une entreprise nationalisée chargée d’alimenter correctement tout le territoire dans le but de satisfaire aux besoins des habitants, mais aussi pour faire de la France un grand pays industriel.
    C’est ainsi qu’à partir de la nationalisation de 1946 sous le gouvernement du Général DE GAULLE,  l’Etat a investi des milliards de francs dans l’aménagement hydraulique ; des centrales thermiques ; des réseaux de transport et de distribution de grande qualité.
    Ce que le privé n’aurait jamais pu, ni voulu  entreprendre.
    Cette politique a engendré l’aménagement du territoire ; (quasiment le  moindre hameau est alimenté en électricité)  ; la gestion centralisée, via l l’interconnection ; permet une cohésion et une solidarité  d’alimentation entre les régions ; un prix du kw/h identique  (à puissance égale) que l’on habite Neuilly ou Guéret (péréquation tarifaire)  etc
    Ensuite vous affirmez que les tarifs régulés (fondés, je le rappelle, sur le coût marginal) empêchent la concurrence.
    Je signale qu’à côté des tarifs régulés, il y a ceux du marché qui peuvent être à un moment donné ; en dessous de ceux régulés, en fonction des fluctuations des   bourses d’échange (EPEX Spot pour les produits spot (Paris) et EEX Power Derivatives France pour les produits à terme (Leipzig)); de la spéculation ou du dumping des fournisseurs.
    C’est comme cela que le réseau électrique privatisé de Californie s’est effondré dans les années 2000. Face à des pics de demande, les producteurs privés ne faisaient pas tourner leurs centrales dans le but de faire s’envoler  les prix du KW/H. Des prix pourtant déjà gonflés artificiellement par les pratiques illégales d’ entreprises de trading comme ENRON, dont on connaît la fin tragique.
    Je vous invite à lire le rapport du 05 mars 2015 rendu par une commission parlementaire composée de toutes les tendances politiques représentatives à l’AN ; dont je parle dans mon billet et dont j’ai mis le lien.
    Celui-ci a été  élaboré à partir de l’audition de multiples acteurs dans le domaine.
    Je trouve qu’il ne traite pas assez en profondeur de toutes les conséquences néfastes de la libéralisation du secteur ; comme par exemple, la fermeture de  milliers d’ agences de service public de proximité.
    Mais, vous y verrez que la concurrence est bel et bien effective et … nocive.
    D’ailleurs,  il y a une multitude de fournisseurs d’énergie :
    http://www.cre.fr/operateurs/fournisseurs
     les collectivités locales ont l’obligation de lancer des appels d’offre au-delà d’un certain plafond  de consommation d’un site  ….etc …
    Lisez aussi la loi NOME qui a contraint EDF à vendre à un prix de MWh  très intéressant, 100 TWh /an de sa production nucléaire à ses concurrents !!!
    http://www.cre.fr/glossaire/loi-nome
    Quand à l’obligation d’achat par EDF, vous affirmez que  « cela participe  au maintien de son quasi monopole sur la production ».
    Notons que vous parlez de quasi monopole de production.
    En effet, c’est une réalité ; il y a en France, en plus d’EDF ;  300  producteurs privés d’électricité, dont la CNR privatisée en 2003.
    Donc, EDF a seule, dans un monde concurrentiel de la production à la fourniture, l’obligation d’achat de production privée, chère et de mauvaise qualité. La fréquence délivrée par le solaire et l’éolien est médiocre et pollue le réseau. EDF doit s’en débrouiller et adapter le réseau en conséquence, ce qui engendre des coûts « cachés », car un écart infime de fréquence peut faire s’effondrer le réseau électrique national !
    Alors votre production individuelle, pourquoi pas, pour celui  qui a les moyens de se la fournir pour sa propre consommation autonome … mais pas pour faire du business.
    Pour toutes les raisons invoquées plus haut ; mais surtout parce que tout le monde n’a pas la chance d’avoir les moyens patrimoniaux et financiers ; et que la nation (les nations) a besoin d’une alimentation fiable et abordable (coût marginal) de jour comme de nuit, les jours de pluie ; les journées sans vent ; été comme hiver ….
    Pour ce qui est de l’informatique et du réseau internet, leur production est en effet une grosse source de pollution (2% CO2)  , leur consommation équivaut à une quinzaine de centrales nucléaires.
    http://www.maplanetebleue.net/2010/09/12/internet-et-les-ordinateurs-une-reelle-source-de-pollution/
    http://pro.01net.com/editorial/593131/les-ravages-insoupconnes-de-la-pollution-informatique/
    Il faut donc bien s’en préoccuper, sans tomber dans votre paranoïa dictatoriale.
    Enfin, sur les panneaux solaires.
    Je ne fais pas partie des cyniques dont vous parlez ; étant pour une sortie, forcément progressive, du nucléaire.
    Oui aux panneaux solaires de qualité fabriqués dans des conditions économique et sociales respectueuses de l’environnement.
    Mais il se pose la question de leur recyclage, sur laquelle nous devons nous pencher rapidement.
    http://blog.solorea.com/enjeux-recyclage-panneaux-solaires

    1.  

      L’ouverture du marché a été actée, avec l’accord des gouvernements (de gauche même me semble t’il ?). Espérant certainement conquérir des marchés à l’export, ce qui a été fait de manière plus ou moins rentable. Mais on ne peut « raisonnablement » vouloir exporter et empêcher les concurrents de venir en France. Certes on peut toujours fermer les frontières et ériger des murs, mais à voir les résultats dans quelques pays, il me semble que l’on s’éloignerait de la démocratie.
      L’impact était prévisible en termes de montée des prix, ne serais qu’étant donné les moyens nécessaires au marketing et autres activités de com.
      Mais malgré cela, cela peut booster la technologie et les modes d’organisation, de production et de consommation et permettre à terme, la baisse des prix.

       

      Ce n’est pas EDF qui veille à l’équilibre du réseau mais ERDF et ils facturent les moyens nécessaires pour corriger les imperfections, déséquilibres et autres problèmes, liés autant à la consommation qu’à la production.

       

      La situation d’EDF est particulière (même vis à vis du pouvoir élu). Et j’admets qu’ils subissent des stratégies et réorientations pas toujours en phase (humour) avec la politique d’un groupe international. Voir épisodes Areva, Cspe, EPR, tarifs régulés et autres décisions, autant politiques que stratégiques. J’ai l’impression qu’à chaque fois qu’ils constituent une tirelire (pour le démantèlement des vieilles centrales,…), quelqu’un leur prend l’argent…

       

      EDF vend au prix ARENTH car la plus part des centrales nucléaires en production ont été financées avec l’argent PUBLIC et n’appartiennent donc pas exclusivement à l’operateur. Quand à la loi NOME, on en constatera les effets bientôt, avec la disparition des tarifs verts et jaunes.  Sauf contournement…

       

      Pour la sortie du nucléaire, ne rêvez pas, elle risque de se faire (si elle se fait) de manière urgente et coûteuse, car le nucléaire coûte aussi cher pendant la production, qu’après.

       

      Pour le recyclage des panneaux solaires et des déchets nucléaires,… je veux bien m’occuper des panneaux.

    2. Juste pour ajouter que la gestion du réseau était aussi faite par de petits syndicats avec la concertation des communes, mais il faut des grandes communes et de grands syndicats d’électricités.

      C’est assez fou quand on y pense la souplesse des institutions après guerre: une gestion nationale de la production et de la distribution (et de ces normes, on a pas la moitié du territoire à 110 volt et l’autre à 380), l’entretient et l’extension des réseaux aux niveau locale et un potentiel de rachat pour des productions locales tierces. (du nationale, du public, du locale, du mutualisme et un compteur individuel pour responsabilisé chacun)

  18. réponse à carré jean

    Vous dites  » je vois le problème avec du recul et fatalement différemment. »

    A mon avis, vous avez toujours vu le problème de beaucoup trop loin, au point d’en ignorer l’histoire et les enjeux réels.

    Mais ce n’est pas fatal !

    Vous pouvez  à minima voir ma réponse ci-dessus à VELKA, où mieux;  lire les nombreux ouvrages, lois, débats sur l’énergie en France et ailleurs.

    cordialement

    1. Je vois le problème de trop loin dîtes vous !

      Aider la machine à la force physique en faisant la bourrique, courroie ou manivelle, les puissances disponibles accordées étant inférieures au Kw, peut -on être plus proche du problème? ? A cela s’ajoutait l’absence d’hydrocarbures.

      Quittez votre mentalité de nantis !

      Les questions d’énergies de ce fait je les ai suivies,vécues et pas dans l’abstrait.

      Et l’histoire fait aussi partie du savoir, et pour se situer il faut regarder autour de soi et pas prendre des vessies pour des lanternes.

      Aussi c’est  dans un état d’esprit très clairvoyant, suite a de gros travaux que j’affirme que l’éolien est dans l’impasse avec le recourt au décrochement aérodynamique.

       

  19.  

    Beaucoup de débats pour rien, on reste cantonnés au même paradigme et au même constat : un pari quasi culturel sur le tout nucléaire (du moins au niveau des « élites», le peuple suivra).

     

    On aura beau discuter, tergiverser, calculer, comparer, communiquer,  il sera difficile de sortir de cet état, non pas de « pensée unique », mais d’orientation unique. On en a la preuve depuis des années maintenant.

     

    Il semble y avoir des rapports de forces ou d’influences, que même des ministres n’osent, ou ne peuvent contrarier.

     

    Si,  il y a eu la parenthèse J.L. Borloo, un grand moment de volontarisme et d’engouement, qui aurait pu faire évoluer les choses et surtout les esprits. Ce fut un épisode ambitieux et prometteur. Certes coûteux, car trop généreux en termes de tarifs de rachat. Mais d’un autre côté, seul cet électrochoc aurait permis de combler le retard pris depuis des décennies par la France dans le domaine des ENR. Et quel que soient les moyens investis dans ce domaine, ils seront toujours marginaux par rapport à ceux engagés dans l’atome.
    Culture élitiste oblige. Comme si le nucléaire était érigé comme valeur, loi universelle (ou religion ?), alors que ce n’est qu’une technologie comme les autres, comportant énormément de risques.
    Personne ne peut contester son pouvoir de destruction, utile dans le cadre de l’usage militaire, ne serais qu’à titre dissuasif.

     

    Les lois physiques étant incontournables, on aura à terme la solution de l’équation et du « qui avait raison et qui avait tort ».
    Moi je continue de penser que nous sommes dans une forme de démonstration par l’absurde.

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