Agora, la nouvelle émission de Stéphane Paoli sur France inter, le dimanche de 12h à 14h,
« marche-t-elle » ?

Ouvert aux commentaires.

La nouvelle formule : Agora, qui succède à 3D du même Stéphane Paoli, à laquelle j’ai également eu l’occasion de participer au fil des années, dans le même créneau horaire, « marche-t-elle » ?

Tout d’abord un rappel du format de 3D et ce qui là, du point de vue de l’invité, ne marchait pas. Deux invités ou plus, à qui Paoli posait de nombreuses questions. Le temps nous était donné de nous exprimer pleinement, mais « en silo » : les invités eux n’avaient pas l’occasion d’interagir. S’ils étaient ravis d’avoir pu parler à satiété sans être interrompus, ils étaient frustrés de ne pas avoir pu s’adresser l’un à l’autre.

Quand on m’a présenté la nouvelle formule dont on me proposait d’être le premier invité représentant de « la société civile », il m’avait initialement été précisé que l’absence d’interaction entre les invités restait la règle. Puis le site de l’émission lui-même affirma que les invités pourraient s’adresser l’un à l’autre, et j’avais relayé ce message dans mon annonce ici-même. Mais le jour venu, avant le début de l’émission, Paoli nous prévenait que le silo restait de mise.

Pourquoi tout d’abord ce silo ? J’imagine pour que l’affaire n’échappe pas au journaliste : s’il est interdit aux invités de s’adresser l’un a l’autre, il reste le maître du jeu et tout risque de dérapage entre eux est écarté. Mais alors pourquoi en inviter deux ou davantage ? Est-ce tout simplement parce que l’émission dure deux heures et qu’on estime qu’un seul ne parviendrait pas à retenir l’attention aussi longtemps ?

Paoli nous dit à nous, intervenants, avant que le direct ne débute, et il le répétera tout au long de l’émission, que la parole sera accordée de manière égale aux deux invités, dont l’un représente « le monde politique » et l’autre, « la société civile ». Il faut lui accorder qu’il tente vaillamment de le faire mais le fait est qu’il n’est plus seul aux manettes (si l’on excepte Aurore Vincenti qui, survivante elle aussi de 3D, commente à deux reprises l’étymologie de certains mots) : ont été adjoints à Paoli trois intervenants dont le seul souci, si l’on en juge par l’émission d’hier, est de dialoguer avec la représentante du monde politique. Et l’un d’eux en tout cas n’est pas immunisé contre le virus « people », interrogeant Valérie Pécresse sur sa manière d’occuper ses loisirs et les sports qu’elle pratique. À cet endroit, me semble-t-il, cette femme politique éminemment professionnelle et honorable aurait dû couper court au dérapage en observant : « Il était question de faire de la nouvelle émission, une émission sérieuse ». Elle n’y a pas pensé et on ne pourrait lui en faire grief : il n’est pas de bonne politique, quand on est en politique précisément, de faire taire un(e) journaliste en le(la) rappelant aux bonnes pratiques de sa mission.

Le déséquilibre perçu par tous, en sus de celui dans le temps de parole, résulte me semble-t-il de la confrontation personnalité « du monde politique » versus « de la société civile », bancale par nature : la première est une vedette qui fascine en tant qu’elle-même, alors que la seconde est un témoin et un ambassadeur du monde de la culture dans sa généralité. On n’est pas couché et Les Matins de France culture dans la même émission, avec trois interrogateurs qui tirent à hue et à dia en sus de Paoli lui-même, qui suffirait pourtant à mener la barque, ce n’est évidemment pas donné d’avance !

Alors la nouvelle formule Agora « marche-t-elle » ? C’est sans doute Stéphane Paoli lui-même qui a apporté la réponse, en remerciant Valérie Pécresse d’avoir été « sa première invitée » et moi-même, de l’avoir « accompagnée ».

 

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71 réflexions sur « Agora, la nouvelle émission de Stéphane Paoli sur France inter, le dimanche de 12h à 14h,
« marche-t-elle » ? »

  1. Merci de m’avoir confirmé ce qui me semblait avoir été dit…La chaleur, l’heure de la sieste pouvaient troubler mon entendement ! Ouf!…Je suis resté vigilant…Quand même et malgré tout et ce,  jusqu’au bout..!.Tout ce gentil monde, je pense aussi aux intervenants  » grain de sel « … c’est bien attristant alors que :

    « LA MER MONTE….!!!!! »…..Prenez soin de vous…. la route sera longue, et rude………….

  2. Comme le site pour commenter sur  France Inter n’est plus mis à jour apparemme,t (modération « longue » ?), je réponds ici à Cédric Pignon qui demande des références :

    – L’étude américaine sur la politique et sa domination par les élites, vient de Gilens et Page de Princeton :

    scholar.princeton.edu/sites/default/files/mgilens/files/gilens_and_page_2014_-testing_theories_of_american_politics.doc.pdf

    Testing Theories of American Politics: Elites, Interest Groups, and Average
    Citizens,
    Martin  Gilens and Benjamin  I.  Page

    dans « Perspectives on Politics », 2014, p.564-581

    doi:10.1017/S1537592714001595

    (et ma mention dans un billet :http://www.pauljorion.com/blog/2015/04/21/invasion-de-cliquets-par-timiota/)

    Et aussi l’étude de Vitali, Glattfelder et Batiston de Zürich sur la domination par 147 sociétés de 70% des « affaires »..

    http://www.pauljorion.com/blog/2011/09/08/le-reseau-de-controle-global-par-les-grandes-entreprises-par-stefania-vitali-james-b-glattfelder-et-stefano-battiston/

    Avec les liens dedans :

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=28308 (billet de PJ)

    http://arxiv.org/PS_cache/arxiv/pdf/1107/1107.5728v1.pdf (l’article)

  3. Je crois quand même que les gens qui ont bien voulu écouter et ne connaissait pas bien Paul Jorion ont appris qu’il existait des points de vue pour « sortir du cadre ».

    Et ils auront sans doute en mémoire, en réécoutant Pécresse ou d’autres, d’entendre, sur fond d’incendie, une lyre au son de violon :-;) …

  4. Tout en étant encore la moins inaudible des radios généralistes, c’est peut-être France Inter qui ne « marche plus »…C’est dire la ‘misère’… :-/

  5. Une véritable déception à l’écoute de cette première émission. Dans le déséquilibre flagrant entre les temps de parole des intervenants, mais également dans le fait que Mme Pécresse se servait des questions de Stéphane Paoli pour promouvoir sa campagne électorale (on aurait pu l’invité dans une émission ayant pour sujet le saut à la perche, que le résultat eut été le même).
    Cependant, l’actualité d’hier nous a offert un saisissant résumé des maux qui détruisent notre contrat social. Pendant que l’ancienne ministre-énarque, présentait ses solutions macro-économiques à base d’emplois de promeneurs de toutous, on apprenait que le P-DG d’Alcatel Lucent partait avec 13,7 millions d’euros…, après avoir supprimé 15.000 postes ! Tout cela, par la grâce de nouvelles règles votées par son Conseil d’Administration, pour le remercier d’avoir par un tour de passe-passe, pardon à l’aide des outils de l’ingénierie financière et comptable, multiplié la valeur du titre par 6.
    Un télescopage qui résume à lui seul, l’impuissance des uns et la toute-puissance des autres, mais qui a le mérite de répondre clairement à la question posée par le titre de l’émission : « Qu’est-ce qui prime : l’économie ou le politique ? ».

  6. L’objet est bien loin de sa présentation publicitaire. Il n’y a aucun dialogue, aucun vrai échange dans ce formatage.

    La « médiation » de 4 journalistes fait completement derailler le sujet initial et n’apporte rien. Notamment dans ce rappel des petites phrases des uns et des autres dans un microcontexte national (mais les elections arrrivant n’est ce pas fait sciemment).

    Quand à l' »agora »: 5 minutes en fin d’emission, et 30 secondes d’un dialogue avec Mme Pecresse.

    C’est donc tres décevant par rapport à ce qui est annoncé: le dialogue entre le politique et la société civile n’a pas lieu, avec deux personnes hautement qualifiées.

    Je me demande si les producteurs se rendent compte de ce décalage independamment des commentaires que nous en faisons ici.

     

    1. Oui Arnaud et je pense qu’ils devraient renommer l’émission ! Car c’est un peu curieux — ça frôle le ridicule — d’appeler Agora (lieu de discussions et d’échanges publics) une émission comme ça, sans possibilité d’échange, totalement déséquilibrée en faveur du politicien professionnel. De toutes façons quel politicien prendra actuellement le risque d’un échange équilibré avec une voix alternative ? Faut pas rêver !

      Cela étant on a l’habitude de ces comportements biaisés et au moins la parole de Paul, ayant été rendue plus rare, aura peut-être eu plus de poids que les histoires de pêche à la mouche… et de plus on a parlé de son livre.

      1. Plus bas, Paul nous indique que Mme Pecresse a tenu a contester un point qu’il a soulevé.

        Mais c’est ça que tout le monde voudrait entendre, l’échange, d’autant que Mme Pecresse n’étant pas (encore) élue sa parole n’a pas « d’effet performatif » et est donc « libre ». Ce type de formatage prive completement de toute réciprocité et d’intelligence du langage quant à sa « négociation » (cf Principe des systèmes intelligents). C’est déshumanisant , et  ça nous prend vraiment trop pour des cons.

         

  7. respectueusement, courroucé déjà par votre annonce d’un « débat » en un média qui n’est pas réputé pour son honnêteté intellectuelle ni rien, puis par votre « drague » envers une garce dont nous espérions que ce n’était que pour mieux la remettre à sa place au bon moment, et enfin par votre billet « est ce bonne formule? » lors que ce devrait être une affirmation, mascarade lèche audimat de droite, nous voulions vous écouter mais avons vite perdu patience,…et c’est donc par respect que nous ne détaillons pas pourquoi l’une est une garce et que vous n’avez pas encore l’expérience des médias, mais on vous aime et on vous lit toujours

  8. Stéphane Paoli est médiocre (c’était déjà ainsi avec 3D) et sa nouvelle formule n’est qu’un trompe l’oeil. De quoi devenir « Agora-phobe ». Les sujets qu’il aborde sont souvent intéressants mais sa personnalité et son approche gâchent tout.

    C’était visiblement un piège destiné (même indirectement) à valoriser une personnalité politique, voire une orientation politique ce qui serait encore plus grave. Le seul avantage que l’on pourrait y voir est de faire connaître la sortie du dernier de livre de Paul Jorion (son éditeur doit être ravi).

    1. On ne peut entendre des choses intéressantes à la radio, il y a trop de monde qui écoute (Coluche)

      Le directeur de Radio France, et les journaliste du sévice public sont sélectionnés à cet effet.

  9. Bonjour,

    Merci d’avoir ouvert aux commentaires et à Timiota pour les liens et précisions.

    J’ai envoyé un message hier au site « Agora » pour exprimer ma surprise et ma déception quant au déséquilibre sur le temps de parole et cette première émission de manière générale. Je recevrai peut-être une réponse ; je l’ai demandée en indiquant qu’elle serait déterminante pour m’inciter à écouter, ou non, les suivantes. Si je la reçois, j’en ferai part à Paul Jorion. Même si certains auditeurs ont eu l’occasion de découvrir ses réflexions, c’est vraiment dommage qu’on ne lui ai pas donné l’espace qui lui correspondait.

    Et j’ai trouvé assez choquante la dernière phrase de Stéphane Paoli remerciant Paul d’avoir « accompagné » V. Pécresse, même si elle correspondait -hélas- à la réalité… Si l’un des invités doit être le faire-valoir de l’autre, il faudrait annoncer la couleur. Mais alors, personne ne voudra jouer à ce jeu-là et l’émission est condamnée à terme.

     

  10. Rentrée difficile pour Paul qui a effacé plus de deux milles amis sur facebook, faut le faire.Rentrée difficile pour Paul avec un billet sur la convergence lepeno-poutinienne qui a suscité quelque opposition notamment chez les amis de Tchaikowki .Rentrée difficile pour Paul rapidement devenu agoraphobique ,n’ayant pas eu le loisir d’opposer son point de vue stratosphérique à une dame qui est prête à réviser le code du travail pour promouvoir les vocations  de promeneur de clébard.

    L’abus d’anaphore est dangereux,je sais.

    1. @Piotr :

      Bon résumé .

      Sur  Paoli , j’en suis encore à chercher comment il a réussi , avec ses « animateurs » , à faire une émission aussi nulle avec deux bons invités et un sujet qui est un sujet citoyen majeur sinon le principal !

      Même Valérie Pécresse a paru parfois gênée qu’on lui serve sur un plateau l’occasion de tester et dérouler son discours pour les prochaines régionales  . C’est dire le niveau où cette équipe de « journalistes » , ayant théoriquement préparer leur sujet , ont réussi à abaisser l’absence de débat.

      Noter pour moi au vol , bien peu de points d’accroches qui auraient pu mettre le feu aux poudres :

      -La reprise en main du politique sur l’économie passe-t-elle comme Pécresse le pense ( ou le souhaite depuis que la droite s’est refait quelques bastions dans les communes et les départements ) par le communal ? Toute mon expérience sur ces dernières décennies me dit le contraire . Par contre c’est un bon moyen pour la droite ,alliée aux centristes, de tailler des croupières aux partis de « gauche ». La politique de droite primera ainsi sur la politique de gauche .

      – la place des collectivités locales ( oublions l’état exsangue ) donne -t-elle, en France ou dans d’autres pays européens, plus d’occasions et de pouvoirs pour que le politique et l’avis des administrés , priment sur le lobbying et la « mise en condition » par les milieux d’affaires ( c’était la réplique de Valérie Pécresse à Paul Jorion en toute fin d »émission ,et il n’y a guère eu que ces dix secondes finales ,laissées en point d’orgue à l’invitée vedette, qui auraient pu au moins servir à argumentation réciproque instructive )? Là aussi mon expérience sur quarante ans deux d’accompagnement ( j’accompagnais , moi aussi !) des collectivités locales , me dit que ce filtre théorique n’en est pas un et que le monde des affaires , s’il s’agace ou fait semblant de s’agacer des complexités des « coalitions de projets  » territoriales , n’est le plus souvent pas mécontent de ces divisons qui lui permettent de régner .

      – la fracture entre les discours même cohérents des politiques au petit pied ,et la gravité première des enjeux qui emportent tous les autres : c’était peut être l’essentiel à mettre en interrogation, mais ça n’est pas dans une émission de campagne électorale pour les régionales qu’on pouvait espérer voir reprendre la balle au bond .

       

      Monsieur Paoli , reprenez vous .

      Ou on se passera de France Inter .

  11. Elle n’assume plus l’ENA sous couvert de fausse modestie mais disserte sur la boxe. Cela représente parfaitement la politique actuelle.

    Quant à ses ‘vraies prises sur le réel’, neuf ans pour construire une bouche de métro…. Ah oui -_- en effet.

    Nous avons besoin d’un peu de hauteur nom d’une pipe, des fourmis ne peuvent pas gouverner quand il y a le feu !

    1. Ne soyons pas naïfs. On ne devais pas s’attendre à autre chose que  faire la publicité pour une politicienne en montrant qu’elle est concrète ( pêcher à la mouche ou pratiquer la boxe) et présenter le livre d’un intellectuel. C’est la copie conforme de ce à quoi sert un service d’information. Vous ne voudriez tout de même pas qu’un intellectuel soit pour de bon confronté  à une personnalité politique dans un débat sur l’agora?

  12. Non, cela ne marche pas, les journalistes sont pratiquement tous formatés de la même manière, hypnotisés par les hommes et femmes politiques, relayant souvent de manière consciente ou inconsciente le discours de ces gens déconnectés de la société civile qu’ils sont censés représenter.

    Il n’est que voir ce qui se passe actuellement au Liban où a lieu une « révolte » de la société civile exaspérée des agissements de leurs représentants:

    http://www.lorientlejour.com/article/941771/la-societe-civile-a-donne-72-heures-au-gouvernement-pour-reagir-sinon.html

    A quand, un véritable débat société civile/politiques?

  13. Monsieur Paul JORION est un honnête homme et un homme honnête.

    Alors face aux incompétents, aux hypocrites, aux menteurs de tous bords….

    Nous vivons une période où il faut apprendre de nouveau à être très méfiants……

    Cordiales salutations

  14. Je pense que ça s’est passé ainsi:

    Gallet croise Paoli dans les couloirs de Radio France, en rentrant de vacances:

    G – Bonjour Stéphane!   Bonnes ces vacances ?

    P   – (lèche cul) Super.  J’ai préparé ma nouvelle émission, Agora, avec Valérie Pécresse.

    M – Bonne idée, Pécresse, tu feras Dati ensuite ?

    P – Oui, je vais voir…

    M – Et c’est qui l’invité pour la brosse à reluire ?

    P – J’ai découvert un bouquin qui va sortir, (ça fera moins de frais d’invitation), ça parles de Keynes, et le gars à l’air sympa, il s’appelle Jorion je crois.

    M – QUOI!!!   Tu ne sais pas que c’est un dangereux gauchiste! Mais on va se faire virer!

    P – C’est pas un gauchiste Keynes, je crois qu’il a été conseillé de Roosevelt.

    M –  J’ai viré Mermet, et toi t’invites Jorion.  Ah, mais quelle gaffe. Bon, surtout tu l’isoles bien de Pécresse, il faudrait pas qu’il l’abîme. Et je vais inviter 2 ou 3 collègues pour parler des vacances de Pécresse, ou autre chose pour détendre l’atmosphère.  Nous sommes là pour distraire l’auditeur, pas pour lui prendre la tête. Retiens ça!

    Bon, ben voila quoi. C’est Radio France, en 2015.

  15. Bonjour,

    Je ne prends pas souvent la souris pour m’exprimer sur un blog ou votre blog. J’ai décidé de sortir de ce silence car 3D a disparu et 3D était une émission contre la pensée paresseuse. J’y ai découvert la zététique, la redécouverte de Chauvet, Rifkin, vous et d’autres… Je cherche maintenant une autre source de flux de pensées… difficile.

    J’ai écouté hier Agora. Je souhaite qu’elle évolue et qu’elle ne fasse pas comme toutes ses émissions politiques du paf… Pas sur que dimanche prochain, j’écoute de nouveau.

     

    Belle continuation

  16. Trop de journalistes pour un piètre encadrement. Il n’y aurait plus d’homme orchestre dans la profession ?
    Il me semble que les temps de paroles entre les deux invités n’ont pas été respectés. Du coup « la » politique en a profité, ça ils ou elles savent faire et ne s’est pas privée de sauter la barrière.
    J’ai cru entendre siffler dans l’expression « le professeur Jorion » une amabilité plutôt cruelle. Et je ne pense pas avoir mauvais esprit.
    Je ne sais pas s’il est utile de noter tous ces petits détails mais sans arbitres les coups bas pleuvent. Chez les politiques pas de retenues, c’est même leur marque de fabrique. Il faut marquer des points, coûte que coûte.

     

  17. Après avoir écouter le podcast, et lu les commentaires ci-dessus je constate que ce qui m’est resté c’est le plaisir d’entendre Paul « défendre » la rémunération au mérite des « grands » dirigeants d’entreprise 1000 fois plus intelligents que madame Pécresse, monsieur Paoli et lui-même.Rien que pour ce bref passage il fallait le faire.

  18. Emission médiocre dans sa formule et mensongère quant à son annonce puisqu’en off, elle doit fonctionner en silo alors que le contraire est annoncé, Paoli promet aussi à Mme Pécresse qu’elle pourra réagir à votre intervention, on attend toujours cette réaction. Un petit article sur acrimed.org pour faire part de la différence entre la formule annoncée et la réalité ferait une « bonne pub » à l’émission.

    Mon impression rétrospective est d’avoir écouter deux émissions qui n’ont pas grand chose à voir avec deux invités différents. La stratégie de communication de Mme Pécresse est limpide, elle essaye de vendre ses salades pour son élection à la région et prend bien garde de ne pas se laisser entrainer sur la voie dangereuse de l’économie politique, créneau moins vendeur en terme électoral.

    Les deux invités de l’émission étaient mal choisi pour que quelque chose en ressorte, une émission avec Jean-Pierre Garnier (voir ici) en face de Mme Pécresse aurait été plus intéressante et une émission avec un politicien d’envergure national agissant sur le plan macro économique en face de M. Jorion aurait été plus intéressante également.

  19. Amusant (?) de voir comment, au fil des années, les hommes politiques deviennent la coqueluche des médias…

    Cela leur permet d’exister encore, alors  que grandit d’année en année  l’ « insignifiance-impuissance » du personnel politique.

    Plus le média a d’importance, et moins il en concède au politique.

    A quoi sert aujourd’hui, un ministre, et a-t-il encore le moindre pouvoir d’agir sur le cours des choses?

    C’est pour mieux nous aveugler, pauvre peuple, que nos médias  font de nos politiques des « people » (ce mot infect…)

    C’est avec cette monnaie dévaluée (la pipolisation) que nos politiques se laissent acheter, amoindrir, humilier.

    Quant à vous, Mr Jorion, on peut dire que dans ce système, votre cas était « réglé d’avance », n’est-ce pas ?

    Vous, à défaut de pouvoir vous acheter, on se contente de vous faire « accompagner »…(Chien-chien, toutou, brave faire-valoir …)

    Toute honte bue.

    Avec le temps, votre parole reste (et restera…mais il sera trop tard.)

     

    1. Bien vu Pierrounet! Oui, c’est ça, l’intellectuel est l’animal de compagnie de la politicienne, et le journaliste  a pour emploi  « promeneur de l’intello qui écrit des livres. Elle est « bien accompagnée » comme on dit,  d’un intellectuel de  grande  race…

  20. Il m’a semblé que la « hauteur de vue » était plus du côté de Paul Jorion que de Valérie Pécresse dont les propositions revêtaient un caractère technique, tellement technique qu’elles ne risquaient pas de soulever un quelconque enthousiasme (promener les chiens des vieux…)

    Autrement dit, elle n’avait rien à dire. J’ajouterai la confusion voulue entre métier et emploi. Le pouvoir, l’intelligence des choses, la solidarité et les libertés passent par le métier pas par l’emploi.

    Le samedi matin, sur France Culture une rediffusion montrait la perte de substance du discours politique. Valérie Pecresse l’illustrait de façon caricaturale

    Merci à Paul Jorion de tenter de nous rendre nous les auditeurs intelligents

  21. J’ai écouté l’émission pour entendre Paul Jorion et j’ai eu droit à du Pécresse, encore du Pécresse et toujours du Pécresse. Impossible de lui clouer le bec, à cause du « silo ». Journalistes très révérencieux à leur habitude, même lorsque Pécresse justifiait le refus de logements sociaux dans les mairies de droite, par la protection de l’environnement! Pécresse évitant soigneusement les sujets brûlants, type « migrants » et refusant de suivre Paul Jorion, lorsque celui-ci essayait d’élever le débat.

    Le procédé est très vicieux. Paul Jorion n’est pas invité pour ses compétences, mais en tant que représentant de la « société civile », alors qu’en face Pécresse est partie prenante du pouvoir. Ce qui lui permet de justifier le refus de la démocratie participative, car ce sont les maires, les politiques qui ont la responsabilité de décider. Lorsque Paul Jorion tente d’élever le débat, Pécresse joue le bon sens prés de chez vous en restant au ras des pâquerettes. Le plus grave, c’est que l’auditeur, n’étant pas informé de la règle de « non-contradiction », pense que Paul Jorion approuve toutes les âneries débitées par Pécresse, puisqu’il ne dit mot. Au final, l’invité de la « société civile » sert de faire valoir au « politique ». Et celui qui est venu écouter Paul Jorion, se voir servir du Pécresse. On ne m’y reprendra plus!

    1. Le procédé est très vicieux. Paul Jorion n’est pas invité pour ses compétences, mais en tant que représentant de la « société civile », alors qu’en face Pécresse est partie prenante du pouvoir…  Le plus grave, c’est que l’auditeur, n’étant pas informé de la règle de « non-contradiction », pense que Paul Jorion approuve toutes les âneries débitées par Pécresse, puisqu’il ne dit mot. 

      Voila exactement mon ressenti, inconscient jusque la, mais « ravivé » à votre lecture. je trouve cela TRES GRAVE!! sourires si si : je m’explique :

      — je ne suis pas né de la dernière pluie, j’ai ressenti a l’écoute une sensation de « manque » de quelque chose, de guimauve, de mou, de lisse, de sucré qui tend à faire passer Pecresse pour un être au demeurant plutôt sympa et Paul pour un intello insipide, qui a prévenu ses troupes d’une bataille rangée, pour.. rien!

      — Ce process est INCONSCIENT : car bien sur, je ne connaissais pas la règle de l’isolement que je trouve… abjecte! Intellectuellement, humainement, politiquement, socialement.. abjecte!

      Donc oui, c’est un procédé diablement VICIEUX n’ayons pas peur des mots, PERVERS (qui utilise intelligemment un « représentant civil » à d’autre fin a son détriment).

      Il me semble essentiel de doubler toutes les interventions d’un REX (retour d’expérience) sur les conditions de l’interventions afin de rétablir l’équilibre des choses et de lutter contre ces procédés diaboliquement intelligents.

      et puis s’entrainer a dialoguer, co-raisonner, co-penser les uns et les autres. hugh!

       

  22. Je pari qu’ils inviterons pas  Mélanchon : il serait capable de se couper la parole tout seul pour emm…der les journalistes. C’est le seul politique qui réagit face a la mauvaise foi manipulatrice des journalistes et ça lui a valu une image de pitbull enragé.

  23. Pour consoler tous « les cocus » de France Inter s’exprimant ci-dessus, je leur conseille d’écouter sur le blog l’ interview de Paul Jorion interrogé par l’excellente Soraya Amrani de la RTBF lors la fête des  Solidarités à Namur ce samedi. Questions pertinentes, intelligentes et réponses claires et convaincantes. France-Belgique : 0-1.

  24. Pour couronnée le tout Me Pecresse se permet d’adresser un reproche à P Jorion. Non contente d’avoir eu l’occasion de débiter une pure rhétorique électorale sans doute souhait elle également contrôler la parole de son opposant. La suffisance des politiques est sans limite.

    Emission à l’évidence formatée pour la valorisation des invités politiques. Pas d’échanges, pas de réelle contradiction. Tout a fait dans l’esprit des émissions actuelles, divertissement et journalistes montreurs d’ours. Voilà au moins un métier ou pour certains d’entre eux, les robots remplaceront sans difficulté quelques journalistes.

    Les politiques ayant par ailleurs, étape par étape, organisé la perte de leur pouvoir au profit des multinationales et autres organismes financiers et n’ayant de surcroit aucune envie de le regagner, ils ne leur reste effectivement plus qu’une chose à faire pour occuper le temps : jouer du violon.

    1. En revanche.. j’ai trouvé la marseillaise remixée bobo tout a fait mignonne.. dans le générique.

      Tout était déjà inscrit dans ce générique :: le concept de la marseillaise détricotté en lounge music  bobo confortable et consensuelle… Un poil de sentiment pour réveiller les coeurs, et une rythmique bobo dance pour endormir les esprits.

      Et comme je suis musicien flutiste bobo (oui ça fait beaucoup je sais.. mais je me soigne!)  j’ai bien aimé… à la première écoute, avant de réfléchir!

      C’est dur de tenir le coup quand en face on a une armée de professionnels qui nous concoctent des messages hyper construits sophistiques. pfff!

  25. Je me demande comment les contorsions de mr paoli pour gérer la parole sur son émission ne lui sont pas insupportables a lui même…a moi elles le sont de plus en plus…et je suppose que bon nombres d’auditeurs, travaillés à longueur d’émissions par la cuculerie , le conformisme sans âme,Le spectacle affligent de la soumission de la pensee (sous des dehors affranchis voués a la stérilité du narcissisme le plus inepte) toujours reconduite…je suppose nombre d’auditeurs cramponnés au rêve de la gauche et de sa culture,constater avec effroi le néant de cette bien pensance qui ne penses jamais a rien d’autre qu’a son interet personnel et de caste…et qui se figure peut-être que cela ne se voit pas,alors que saturés par toute cette vulgarité répétitive l’auditeur que je suis ne peut plus ressentir que dégoût et mélancolie à l’écoute de toutes ces pitoyables contorsions langagières

     

  26. La meilleure démonstration du ratage de l’animation de l’émission , est donnée par l’illustration que France Inter a cru bon d’en faire, a posteriori,  par trois « extraits » vidéos , deux consacrés à Pécresse (la vérité en politique et faut il toujours démolir le politique aux manettes ) et le troisième à Jorion ( le politique se soucie -t- il bien de l’essentiel et de ce que crient les peuples ).

    Soit aucun en relation immédiate avec le sujet de l’émission .

    1. Il m’a été expliqué que les producteurs de l’émission n’auraient pas leur mot à dire dans le choix des vidéos qui seraient produites : ce sont les gens de la com’ de France Inter qui s’occupent de cela !

  27. voila ce que j’ai écrit à France Inter  à la fin de l’émission:

    « grosse déception après la première émission pourtant le choix des intervenants et le thème étaient très judicieux. l’émission avait bien commencé  puis tout a déraillé:  déséquilibre flagrant ente le temps de parole donné à la société civile  (Paul Jorion) et au politique (Valérie Pécresse)  et  la pauvreté des interventions des journalistes qui ont fait dévier un débat intéressant vers un  » populisme de bas étage »  ou on a discuté de pêche à la mouche plutôt que d’économie et de politique. L’absence totale d’interaction entre les deux intervenants rendent cette émission particulièrement ennuyeuse .  »

    je pense qu’en compléments aux réactions sur ce blog , il faut aussi réagir  vis-à-vis des responsables de l’émission.

    Cela dit la première partie n’était pas mal du tout. J’aurais aimé entendre PJ et VP discuter de la complexité paralysante de nos sociétés

  28. Je viens de poser mes valises et découvre ce petit débat public en cours !

    Bravo Paul !

    Sympas de prolonger ici la discussion autour de cette première émission… ce zéro pointé !

    Ce fut un véritable plébiscite du politique en guise de réponse implicite à la question pourtant bel et bien posée : « Qu’est-ce qui prime : l’économie ou le politique ? »

    A quoi bon poser la question si c’est pour en imposez la réponse ?

    Quelle mascarade !

    Second bravo Paul, pour avoir su vivement encourager l’auditeur à lire le livre indispensable de monsieur Todd. Ce fut l’un des temps fort de l’émission qui a dû probablement en déstabiliser plus d’un !

    Car tel un Mithrandir qui n’en avait pas encore tout à fait fini avec son adversaire, troisième bravo Paul, pour cette métaphore Ô combien jouissive avec les violons/lyres de Néron !

    Alors Paul, on ne vous a certes pas beaucoup entendu lors de cette soi-disant émission/débat, mais soyez assuré que le peu que vous ayez pu dire aura su percuter juste ce qu’il faut dans la tête du plus ignorant des novices !

  29. Cette émission n’a strictement aucun intérêt pour les auditeurs sous cette forme. Dur dur pour France Inter ! L’objectif souhaité n’est pas atteint.

      1. Elle n’a que faire de la POLITIQUE, z’ont tous oublié ce que c’était d’avoir un impact sur un pays.

        Une visite de courtoisie à France QUISPERD où la fragilité de sa voix et la coolitude de son expression orale a ému les cœurs les plus froids…

        Et je suis sûr que des femmes quarantenaires se sont remises au sport après l’avoir entendu,
        alors AUX NOMS DE TOUTES CES FEMMES QUI NE SAVENT PAS COMMENT NOURRIR ET PROTÉGER LEURS FAMILLES, MERCI MM PECRESSE.

        Faut rester paoli mais bon c’est révoltant.

  30. Mme Pécresse : le politique et l’économique sont  indissociables : on demande donc au politique des résultats économiques.

    Un peu de rigueur aurait autorisé le journaliste à préciser ce qu’il fallait entendre par l’économique de Mme Pécresse : l’économie capitaliste. A défaut, il fallait entendre que l’on devait donc faire l’impasse sur l’économie familiale, l’économie domestique, l’économie villageoise ou communale,  l’économie sociale, la redistribution et le service public, et  toute prestation économique qui fait intervenir des relations de réciprocité entre les citoyens  sur les marchés populaires où l’échange souscrit à des règles communes, ou encore dans les diverses associations sans but lucratif, etc…

    Le bien public, assène-t-elle, c’est de donner du travail à ceux qui peuvent en exercer et de l’aide à ceux qui n’en n’ont pas encore : le bien public est le bien économique.

    Même observation sur la définition du travail : le travail dont elle parle est le travail tel que le conçoit le capitaliste, celui qui lui assure ses profits ! Du travail tout le monde peut en offrir :  les joueurs de flûte, les conteurs de rêve… les poètes, mais qui ne trouvent pas d’emploi dans l’économie capitaliste.

    Bref, biaisée dès les premiers mots, cette émission paraissait un pénible effort de propagande pour une politique en détresse.

    Et nous n’avons pas les moyens d’accepter toute la misère du monde. Mais si Madame ! L’intelligence pour mettre fin à la détresse du monde est à la portée de tout le monde.

  31. Navrant de faire tant d’études pour être aussi peu visionnaire des enjeux futurs. Encore une qui est restée bloquée au 20ème siècle et qui ne sait pas encore que ce n’est plus le cas. Il est vrai que son monde n’a pas dû beaucoup évoluer en 15 ans. Merci Mr Jorion de l’avoir informée de la disparition du travail et des changements climatiques, elle a semblé tomber des nues, c’est le cas de le dire. Une classe politique vraiment désespérante qui vit totalement hors sol.

    1. Ne pas oublier que nos personnages politiques sont fabriqués par le système, et pour le système. L’ensemble est très cohérent. C’est d’ailleurs ce que PJ devait entendre lorsque dans « le temps qu’il fait » du 27 aout, il disait que Mme Pécresse est très cohérente.

    2. « Elle a semblé tomber des nues »

      Comment choisir entre trois économistes qui portent des avis différents disait-elle ? Trop dur visiblement de faire appel à sa capacité d’analyse et de ressenti (pourquoi faire des études ?). Et elle ne semblait pas tomber des nues tant elle apprécie la théorie de Schumpeter et sa « destruction créatrice » ! Pour un peu elle aurait pour slogan de campagne :

      « Détruisons ! Détruisons ! »

  32. L’idéal, quand il s’agit d’une émission de télévision ou de radio, c’est bien de parler avec quelqu’un.
    Donc, dans le cadre de cette nouvelle émission, un présentateur, Stéphane Paoli, pour ne pas le nommer, décide de réunir deux personnes, qui, du moins l’espère-t-il, peuvent avoir des choses à se dire, mais sans vraiment pouvoir se parler directement ?, dans ce premier numéro, entre un intellectuel et une politique.
    Quel concept original, en effet ! que de faire participer une personne, venant de la sphère civile, pour avoir un entretien “silencieux” avec une autre personne (invité principal?), et venant du monde politique. On peut alors imaginer – pour peu que notre intellectuel se soit récemment engagé sur un sujet qui lui tient à cœur : travail, régulation, corruption, spéculation, etc…; autant de sujets qui peuvent être abordés en parlant de son dernier ouvrage ou de ses travaux de recherche – que l’émission aura de quoi éveiller, malgré tout l’attention des auditeurs par une telle originalité d’écoute des invités entre eux. Alors, que nous aurions beaucoup plus aimé savoir en quoi Valérie Pécresse, par exemple, a apprécié ou pas l’ouvrage de Paul Jorion, et ce que Paul Jorion pense, lui, en tant que membre de la société civile, grand intellectuel et chercheur, de la politique de Valérie Pécresse…

    Originalité, cette émission aurait pu en avoir une si et seulement si, on avait permis aux deux invités venant de deux sphères différentes, de se parler et de débattre entre eux. Mais apparemment, le débat entre deux personnes “adultes”, à la télévision comme à la radio n’est plus à la mode.
    Dommage aussi pour le suspens, dans le sens où, sans se le cacher, il aurait été permis à l’auditeur de s’amuser à deviner si la personne de la société civile pourrait avoir une chance de relever une sorte de défi, même aussi minime qu’il puisse être : soit, que par sa seule pensée ou par son expérience personnelle, il puisse au cours d’une seule émission – à laquelle, qui plus est, le politique se sera bien préparée – marquer ou tordre une des positions de l’invité politique qui justement pourrait prêter à discussion… Mais, manifestement, c’est ce que voulaient éviter notre journaliste et ses adjoints.
    C’est comme si un mot d’ordre était en train de se répandre partout dans les médias : il ne faut plus contredire le plus fort, il faut l’accompagner !
    Autant dire que dans un tel cadre, aussi restreint, sans reprendre ce qui a été dit dans les autres commentaires précédents, l’invité intellectuel devra sérieusement surestimer ses chances de pouvoir dire quelque chose, bien sûr, sans se commettre avec le politique. Mais, il devra encore plus rêver en ses chances, s’il espère pouvoir l’influencer, pris dans un tel piège, bien sûr, sans perdre de vue la recherche de la vérité intellectuelle…

    Je comprends donc le malaise ressenti par Paul Jorion, du moins, son questionnement.

    Et, par une heureuse coïncidence, justement, j’ai écouté ce matin même sur France-Culture, la sociologue Nathalie Heinich, sociologue et chercheur au CNRS et le philosophe Heinz Wismann, tous deux invités par Guillaume Erner, dans “L’invité des matins”, dont le thème était : “Quelle est la place des intellectuels dans notre société ?” On passe au début de l’émission un extrait d’un entretien avec Pierre Bourdieu. Il y parle essentiellement de son malaise avec les médias. Nathalie Heinich nous explique qu’il se retrouvait en quelque sorte, coincé entre sa position de chercheur universitaire et intellectuel (avec un impératif d’engagement, de dire des choses toujours dans la visée d’une recherche de la vérité) et celle de ne pas s’afficher ou d’entretenir des relations compromettantes avec les médias, l’opinion, mais aussi bien sûr, avec les politiques…
    Alors comment se sortir de ce piège, comment l’intellectuel devrait-il répondre ou plutôt, comment devrait-il questionner le politique et nous questionner ?
    Naturellement, nous en revenons à nous poser la question sur la pertinence du questionnement maïeutique, et en ses faiblesses… quand l’opinion, le politique, mais aussi l’intellectuel lui-même doit prendre conscience, dans une situation d’urgence, des nombreux dangers qui nous menacent…
     
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Maïeutique_(philosophie)

  33. @ Gudule

    Les trolls ont le petit doigt levé. Les perfectiteurs, c’est le bras. Mystique de la comédie humaine et de ses complots. Pas d’inquiétude. Les deux en cénacle se distinguent, ils sont des tricheurs.

    Plus sérieusement ceux qui naviguent contre vents et marées journellement en soins palliatifs à domicile ou en institutions, vivant la mort incontournable, douleurs / souffrances à soulager, renoncements à accepter, dé-couvrent des espaces inaccessibles (voir la grande Élisabeth qui était impatiente de mourir pour « rentrer à la maison », inaudible pour certains, salutaire pour d’autres) à ceux qui théorisent et développent une éthique comportementaliste raisonnante.

    Nous sommes des funambules. L’essentiel n’est-il pas de résister à la tentation de tomber dans une dé-couverture magnifiée, puis raisonnante à son tour ?

    Pour vous faire sourire : imaginez une baleine malhabile sur un fil …. que de gadins !!!

     

     

     

    1. @Baleine

      « Les trolls ont le petit doigt levé. Les perfectiteurs, c’est le bras. Mystique de la comédie humaine et de ses complots. Pas d’inquiétude. Les deux en cénacle se distinguent, ils sont des tricheurs. » 

      C’est ça ! ou peut être qu’on est pas sur la m^me planète ou au m^me étage,    😉

      « Plus sérieusement ceux qui naviguent contre vents et marées journellement en soins palliatifs à domicile ou en institutions, vivant la mort incontournable, douleurs / souffrances à soulager, renoncements à accepter, dé-couvrent des espaces inaccessibles (voir la grande Élisabeth qui était impatiente de mourir pour « rentrer à la maison », inaudible pour certains, salutaire pour d’autres) à ceux qui théorisent et développent une éthique comportementaliste raisonnante. »

      Ben oui, l’avantage c’est que pour l’égo face à la mort, plus de triche possible , ça rigole moins, si il faut ça pour faire « tomber le masque »…

      Certains préfèrent le faire de leur vivant. C’est l’incarnation qui justifie la vie et non l’inverse, je comprend EKR, quand on a ‘fait le job’, ben oui, on salue et on s’en va et puis on passe à autre chose ; Ou bien quand la souffrance du vivre devient trop insupportable. Mais le courage c’est de VIVRE et d’être là malgré la peur la chienlit ambiante les blessures jamais cicatrisés et le coeur en lambeaux, la mort on a le temps elle vient bien assez vite .

      La grande Elisabeth est dcd, le Pape François est vivant et a « traversé le voile » du moins en esprit, pour moi , c’est « trés clair », il a le FEU, c’est un aigle et un grand mystique. Hier soir j’écoutais le prêtre Gilbert en parler à la radio. Il disait que ce pape avait des cojones, qu’il s’engageait, qu’il allait voir et parler aux pauvres et aux réfugiés AVANT d’aller voir le chef d’état du pays où il se rend, bref pas un bigot ni un cul béni. Le prêtre Gilbert a été invité par le pape François à célébrer une messe avec lui :

      http://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes/guy-gilbert-le-cure-des-loubards-va-celebrer-ses-50-ans-de-sacerdoce-avec-le-pape-800183.html

      « Nous sommes des funambules. L’essentiel n’est-il pas de résister à la tentation de tomber dans une dé-couverture magnifiée, puis raisonnante à son tour ? »  

      Oui, entièrement d’accord. Mais rien n’interdit d’aller au charbon et de monter au créneau, surtout quand la déraison utilise la raison dans ce qu’elle a de plus asséchant et de stérilisant voire mortifère (c supiot ) pour justifier les sophismes déshumanisant qu’on essaie de nous faire gober , cf billet sur la world bank.

      Je suis d’accord, trouver les mots reste toujours difficile; le pape François est un champion olympique, M Jorion s’y essaie aussi avec brio et courage, d’autres aussi, ces éclaireurs et ces pionniers font pour moi oeuvre utile de déniaiserie et de débigoterie, la pensée unique et le politiquement correct sont des saloperies. Il faut le dire, c’est tout, mais pas que. Le démonter n’est pas si simple face à des esprits conditionnés comme des boîtes de conserve.

      « Pour vous faire sourire : imaginez une baleine malhabile sur un fil …. que de gadins !!! » 

      🙂    Idem pour une Gudule et sans filet….mdrrr

      le club va s’agrandir, baleine, et peut être que les plus malhabiles ne sont pas toujours ceux et celles que l’on croit…

      Merci Baleine pour ce beau partage, vous honorez l’Océan qui vous porte et vous nourrit, et ce blog aussi.

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