Paul Jorion pense tout haut le 30 septembre 2015 à 19h43 – (retranscription)

Retranscription de Paul Jorion pense tout haut le 30 septembre 2015 à 19h43. Merci à Olivier Brouwer !

Ouvert aux commentaires. J’aimerais que le débat – qui me semble important – soit ciblé sur les sujets que j’évoque ici. Je demanderai du coup à quelques commentateurs habituels qui ont fait la preuve au fil des ans de leur incapacité à parler du sujet évoqué [BasicRabbit, Dominique Gagnot, Gudule et JDucac] de s’abstenir cette fois-ci pour laisser de la place aux autres.

Bonjour, nous sommes le mercredi 30 septembre 2015. Quand je vous parle un vendredi, j’appelle ça Le temps qu’il fait. Quand c’est un autre jour, j’appelle ça parfois Le temps qu’il fait, si on est un jeudi, en vous expliquant que le lendemain, je serai sur la route ou je ne sais quoi. Aujourd’hui, on est mercredi, et j’ai envie de parler de quelque chose, c’est d’une inquiétude que j’ai, et en même temps, ce n’est pas vraiment une inquiétude parce qu’il y a quelque chose de rassurant dans toute cette histoire.

On m’a posé la question, c’était à la Catho de Lille, la semaine dernière, sur l’espérance. Et ce qui m’est venu, c’est de dire que quand l’espérance est nécessaire en permanence, eh bien, c’est une mauvaise chose : c’est que vraiment, ça va trop mal, et qu’on ne vit qu’à partir d’une représentation probablement assez mystifiée de l’avenir.

Il ne faut pas « vivre dans l’espérance ». On peut vivre dans l’espérance de temps à autres, de temps en temps, quand ça ne marche pas trop bien : quand mon ami Debauche disait que ce ne serait peut-être pas une mauvaise chose de boire un petit apéritif pour se remettre sur les rails. François Debauche, qui est mort il y a pas mal d’années [en décembre 1996], qui était un psychiatre remarquable de Bruxelles : une personne qui était venue très tard à la médecine, à la psychiatrie, mais qui est venue, je dirais, avec un sens de l’humain extraordinaire et qui nous a appris pas mal de leçons, à beaucoup d’entre nous.

Et donc, l’espérance, voilà, c’est bien de temps à autres, comme un petit apéritif, mais il ne faut pas vivre là-dessus. Si on vit sur l’espérance, c’est comme disait Mad Max : c’est parce qu’on n’arrive à rien, et dans ce cas-là, eh bien, on devient fou. Voilà.

Donc, il faut essayer de changer les choses, et parfois, ça va bien. Moi, je ne sais pas combien, c’est des centaines de vidéos que j’ai faites comme ça, que vous avez eu l’amabilité de regarder, et parfois, je me dis : « T’étais plein d’enthousiasme ou t’étais pas plein d’enthousiasme , et ça dépendait plutôt, sans doute, d’humeurs qui te sont propres et qui n’ont pas grand-chose à voir avec le monde. »

Je dois retomber sur mes pattes, puisqu’on me supprime un enseignement quelques semaines avant que j’imaginais le recommencer, et donc, j’ai relancé cette idée qui était la mienne, c’est que, depuis pas mal d’années, depuis le tout début des années 90, j’ai eu ce sentiment – parce que j’ai eu le plaisir, et je dirais l’honneur, d’avoir eu une psychanalyse avec Philippe Julien – d’avoir le sentiment que la psychanalyse, c’est quelque chose de très important. Malheureusement, malheureusement, certains psychanalystes, même très célèbres, sont des gens qui sont passés à côté de cette expérience. Quand ils en parlent, les bras m’en tombent, parce que ça veut dire que malgré la place qu’ils ont dans la représentation de ce que c’est que la psychanalyse, c’est quelque chose qu’ils n’ont pas compris. Ils n’ont pas compris, sans doute, parce qu’ils n’ont pas eu un bon analyste qui les a fait passer à côté de quelque chose de très important. Moi, j’ai eu un premier psychanalyste, qui m’a fait passer à côté de quelque chose de très important, et c’est grâce à une amie qui a insisté, qui m’a dit : « Non non, non non, il y a là quelque chose d’essentiel ! », et qui m’a conseillé de faire une analyse avec Philippe Julien… Et ce monsieur qui est mort maintenant, lui il comprenait de quoi il s’agissait, et avec un énorme travail de sa part, un énorme travail de sa part : nous avons beaucoup souffert, lui et moi, à essayer de tirer le maximum qu’il est possible de cette expérience.

Et quand on réussit cette expérience, quand on découvre ce qu’il y a moyen de faire avec une psychanalyse, on se dit que tout le monde devrait en faire une, et que si on parvenait à faire ça, et que ce soit une analyse réussie, eh bien, le genre humain serait d’une autre nature.

Souvent, les gens me disent : « Oui, ce n’est pas d’une révolution extérieure dont on a besoin, on a besoin d’une révolution intérieure ! », mais il faut encore que cette révolution intérieure soit d’une qualité exceptionnelle pour que, voilà, si tous les êtres humains passaient par là et en tiraient les conséquences, on aurait une représentation du monde tel qu’il est, qui permettrait de le changer dans la bonne direction.

La semaine dernière, j’ai été reçu, donc, à l’Université Catholique de Lille, et j’ai eu un accueil comme on les rêve, c’est-à-dire d’un public qui vous écoute, qui a l’impression qu’il peut tirer quelque chose de ce que vous dites, et moi aussi, de pouvoir tirer quelque chose, non seulement de l’attention, au moment même, mais aussi des questions qui me seront posées par la suite.

Mais en même temps, en même temps, devant ce public où quelqu’un m’a demandé si j’étais croyant, pas pendant l’exposé mais par la suite, et que j’ai dit : « Non : non non, je ne suis pas croyant », mais il y a quand même, dans un auditoire où on comprend ce que je dis quand je répète après d’autres qu’il faut rétablir les valeurs, que les valeurs, c’est quelque chose qui n’a pas de prix, contrairement à ce qu’on nous répète depuis qu’Albert le Grand a falsifié délibérément une traduction d’Aristote, et on nous a dit que derrière chaque prix, il y a une valeur qui se cache… Non, non, le domaine des valeurs et le domaine des prix, c’est des domaines qu’il ne faut pas faire communiquer : là où il y a valeur, il n’y a pas de prix, là où il y a prix, il n’y a pas de valeur. Et c’est Supiot, Alain Supiot, qui reprend le vieux terme de l’époque de la scolastique en parlant de « dignités ». Les dignités comme l’honneur, comme ce qu’on appelle les vertus, etc. Alors là, je dirais, parmi les gens qui sont soit catholiques, soit « catholiques-zombies » comme dit mon ami Emmanuel Todd, il y a des gens qui comprennent encore – et ils ne sont pas les seuls, bien entendu – qu’une valeur et un prix, ça n’a aucun rapport, et qu’il faut rétablir, je dirais, le royaume, le royaume des valeurs. Et c’est une chose qui vous vient en psychanalyse, même si vous ne l’avez jamais comprise, que ce que c’est qu’être humain, être un être humain, et comprendre, je dirais, toute la dimension merveilleuse qu’il y a derrière ça. Malgré, malgré toutes les horreurs que produisent les êtres humains, c’est qu’il y a une expérience, là, qui vous fait toucher les choses de près.

Et je le leur ai dit, à mes amis qui m’écoutaient à la Catho de Lille, qu’il y a quelque chose, malheureusement, dans la manière dont eux posent les choses – même s’ils mettent le doigt sur une grande vérité qui est celle de la condition humaine – que dans le fait qu’ils imaginent, au moins certains d’entre eux, ceux qui sont croyants, qu’il y a derrière tout ça un endroit après l’expérience de la mort, un endroit où la justice se rétablit, où on est récompensés pour les vertus qu’on a présentées et punis pour les vices qui ont été les nôtres, il y a dans cet élément-là un élément démobilisateur. Cette idée que, même si on baisse les bras, même si on arrête de se retrousser les manches, il y aura une récompense, là, quelque part, un jour, c’est un élément démobilisateur. Même si, comme certains d’entre eux m’ont rappelé, que Jésus – Jésus Christ – nous a dit qu’il fallait s’occuper des choses tout de suite, parce que ce monde, dans lequel nous sommes, c’est celui qui nous est donné dans l’immédiat, cette idée qu’il y a, derrière tout cela, après, une immortalité où les choses s’arrangeront, ça nous empêche de mettre tous nos efforts, de mettre toutes nos énergies au service de ce qu’il faudrait changer maintenant, parce qu’il faut changer les choses à l’échelle de deux générations, trois générations, c’est-à-dire de 60 ans, de 90 ans… Non, non, c’est maintenant, c’est maintenant, tout de suite. Voilà.

Parfois je parle de ces choses-là le vendredi. En général, le vendredi, je fais un récapitulatif de la semaine qui vient de s’écouler. Quand j’ai envie de parler de choses un peu plus graves, j’appelle ça Paul Jorion pense tout haut (un jour de semaine). Voilà. J’espère que nous pourrons tous tirer parti de ces réflexions qui me viennent un mercredi soir. Voilà, à bientôt !

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136 réflexions sur « Paul Jorion pense tout haut le 30 septembre 2015 à 19h43 – (retranscription) »

  1. Quelle espérance devrais-je avoir quand je découvre en vivant au quotidien avec des « non-citadins » pour lesquels le seul idéal c’est de passer du canapé de leur pavillon (« villa ») au siège de leur voiture en considérant tout AUTRE comme une nuisance (le voisin, le conducteur devant) que le tout-bagnole et la télé ont définitivement eu raison de l’humain et de l’urbanitas ou de la vie en collectivité/groupe/tribu qui va avec? Comment être humain quand on ne doit plus rien à la société, qu’on est amené par la suppression de tous transports EN COMMUN à être atomisé à ce point? Je vois là une différence énorme entre la France et d’autres pays européens où les quartiers « résidentiels » impliquent tout de même quelques activités communautaires (balayer devant chez soi en cas de neige… y’en a-t-il d’autres?)
    L’espérance dans l’au-delà en revanche, ce sont des contes de fées. Mais comment ne pas comprendre que ceux qui ont tout perdu (leurs proches/une pitance quotidienne/un toit) s’y accrochent? Il y a une violence inouïe de la part de ceux qui ont la certitude du rien, quand on pense à la vie de ceux qui n’ont rien.

    1. « espérance » versus « espoir »…
      Comment concrétiser ?
      Il me semble que le point de départ est quasi résumé dans ces quelques mots extrait du récent billet de Roberto Boulant, dont le titre emprunte les paroles de Jésus-Christ:
      http://www.pauljorion.com/blog/2015/09/28/laissez-venir-a-moi-les-petits-enfants-par-roberto-boulant/

       » Un procédé vieux comme le Monde : réduisez un adulte en esclavage, et il n’aura de cesse que de se libérer. Éduquez un enfant en tant qu’esclave, et l’adulte qu’il deviendra considèrera sa condition comme naturelle. »

      Notre cadre est délimité par cette méthode depuis des millénaires et c’est de celui-ci, me semble-t-il qu’il nous faut s’extraire !

      « … c’est maintenant, c’est maintenant, tout de suite. Voilà. » (P.J.)

    2. C’est vrai que les non citadins risquent de passer en fait plus de temps devant la télé, et donc de se faire lobotomiser. Ce monde est inouïe. « Si vous êtes malheureux, et je sais que vous êtes malheureux… », disait Tolstoï, et aussi « le royaume des cieux est en vous ».

      1. J’hallucine ! J’ai fuit la ville comme la peste, je vis en pleine campagne dans un endroit idyllique et je serais lobotomisée?
        Alors, merci pour le mépris. parce que vous pensez sérieusement que parce qu’on a pas 100.000 magasins, boites de nuits, voisins chiants, rues dégueulasses, bruits incessants on est lobotomisé? Qu’on a que la télé?
        Faut vraiment être un citadin pour dire des conneries comme ça. Vous croyez sans doute que le lait sort des boites? Ou que nous avons tous des chèvres, des cochons et des poules qui courent dans nos cuisines? Que nous dormons au-dessus du bétail?

        Alors pour vous en dehors de la cité point de salut? Tous des bouseux avachis dans leur fauteuil, pauvres victimes de la télé? Alcoolos peut-être?

        Il vous manque une case et une sérieuse.

      2. Non ça va je crois même avoir des cases vides. Je comprends votre réaction, il y a aussi des bibliothèques et internet dans les villages pour s’occuper autrement, mais dans de nombreux villages les commerces et postes ou gares ou usines ferment ce qui provoque ce risque d’être exposé à la télévision débilisante, bien qu’on peut trouver des programmes intéressants parfois. Après tout est affaire de goût, et j’aime le terroir comme vous.

  2. Si j’apprécie vraiment le fond de ton propos, Paul, ou le fonds qui nous plonge plus profond encore mais aussi plus en ce dedans-dehors qu’est notre humanité, je ne cesse de buter sur des mots. Pour ma part, et espérant ne vexer personne, si je peux apprécier l’espérance, c’est que j’y vois de l’espoir, c’est-à-dire quelque chose que nous pouvons construire, qui n’oublie pas que nous sommes très limités tant sur le plan de la conscience que de la perception. A la suite de quoi un Dieu qui finalement arrangerait tout, et sans notre concours, me paraît être une voie tronquée des religions. Ce n’est pas ce que je lis dans les textes sacrés. Comment un Dieu omniscient et omnipotent pourrait-il poser la question « où es-tu? » à Adam (qui représente l’humanité et non l’homme de sexe qui pend entre les jambes seul) ? Cela n’a pas de sens aux miens. Cela pour dire aussi que l’exercice de la psychanalyse me paraît lui aussi comme tronqué. Si elle peut être efficace, elle me paraît sanctionner cette idée que Un Belge considérait dans un texte récent comme naïve, celle d’une unité commune de la psyché. Et, oui, quand une personne est malade, le commun l’est aussi. Je n’aime pas cet abandon de l’interdépendance et des interactions qui me paraît lié à la folie de notre monde. Je crois aussi que la modernité de la psychanalyse tient avant tout à un discours qui a avili la pensée traditionnelle, celle du « sauvage », du « primitif », et que cela est fortement lié à la donne économique que nous connaissons. Cela me semble lié à l’abandon d’une pensée qui autorise à penser aussi ce que nos actes font de nous, par exemples des moutons, et nous font en termes de bon/mal psychologique et physique. Tout cela me semble inévitablement lié à notre perception de l’espace et du Temps auxquels j’ajoute une donne « communicationnelle ». Bref, lié à l’invention de la vérité et de la réalité, ce qui, si j’en crois ma lecture de ton intervention à l’académie royale des sciences, n’intervient pas dans ta réflexion, ceci dit en toute amitié ici renouvelée.

  3. La physique quantique propose plusieurs modèles d’explications de l’univers, plus ou moins concurrents. Une conviction commune les rassemble : à chaque fois qu’un choix est proposé à un être conscient (libre-arbitre), de ce choix va découler une version de l’univers plutôt qu’une autre, alternative. Un peu comme si, à chaque carrefour, nous choisissions une direction plutôt qu’une autre ; cela nous mènerait soit là-bas, soit ailleurs, soit… ici (à tourner en rond). La destination importe peu à quiconque n’a pas de but et souhaite seulement se déplacer. Par contre, pour celui qui cible un objectif, une destination précise, chaque choix à chaque carrefour est important.

    L’espérance, ce serait comme errer sans carte ni GPS sur les chemins de la vie, en supposant qu’il existe des chances que les choses s’arrangent (par hasard ou par nécessité, voire par miracle ou intervention d’un démiurge). A l’opposé, il existe des gens qui, au lieu d’espérer (ou en plus d’espérer), passent à la vitesse supérieure, choisissent de prendre leur vie en mains, se fixent des buts et projettent consciemment leurs intentions vers l’avenir. Ces buts peuvent n’être que provisoires, susceptibles d’être adaptés s’ils s’avèrent inadéquats, irréfléchis, obsolètes ou insuffisants.

    Projeter consciemment ses intentions vers le futur, c’est contribuer à l’émergence d’un futur où concrètement, ces souhaits deviendront réalité. Espérer n’est pas suffisant : la physique quantique – et en particulier un de ces récents développements mettant en jeu la « double causalité » et la « rétrocausalité » – montre qu’à celui qui souhaite un monde meilleur, il faut aller plus loin que la floue espérance et forger en soi que le futur sera bel et bien tel que souhaité. C’est une certitude absolue qu’il faut faire naître en soi. La conscience adéquatement canalisée crée comme un sillon dans lequel vont s’écouler les événements à venir.

    C’est ce qu’on appelait, jadis, la « foi », c’est-à-dire la certitude que ce qui n’est pas encore sera, tandis que l’espérance, plus molle, nous dédouane de toute mobilisation consciente, reportant toute non-survenance événementielle sur les autres, les aléas, la fatalité, les statistiques.

    Oh, bien sûr, tout n’est pas possible tout de suite : un laboureur ne peut pas irriguer le haut d’un terrain pentu seulement en creusant des sillons d’écoulement ; par contre, pour les plantations du bas du champ, son art de tracer des sillons fera la différence entre l’apport d’eau adéquat, la sécheresse, ou l’inondation. De même, la physique quantique n’envisage que peu de place à nos petites consciences individuelles pour moduler les grandes tendances déjà tracées pour le futur, mais notre libre-arbitre peut influencer l’avenir en ce qui concerne de petits détails. A moins qu’une prise de conscience massive d’une population entière produise des décohérences en cascade pour basculer globalement d’un futur vers un autre, tel un gros éboulement qui détourne le cours d’une rivière.

    (N.B.: Ce principe d’intentionnalité pour moduler le futur ne marche pas pour la Loterie, à cause du conflit d’intentions de très nombreux joueurs.)

  4. Paul JORION écrit : … »Non, non, le domaine des valeurs et le domaine des prix, c’est des domaines qu’il ne faut pas faire communiquer : là où il y a valeur, il n’y a pas de prix, là où il y a prix, il n’y a pas de valeur« ….
    Ianis VAROUFAKIS(dans la seconde partie appelée de manière floue « Plan B » du lien:
    http://www.mediapart.fr/journal/international/250915/en-direct-de-mediapart-leurope-de-yanis-varoufakis ) affirme(Question de Médiapart , réponse de I.V.) :
    MP : Vous ne parlez pas de la transition écologique, ni de l’avenir. Selon vous, quelle croissance faut-il dans l’avenir ?….. Au final, n’êtes-vous pas un vieux Keynésien ?

    YV : Non, non […] Il est essentiel que l’on passe à une organisation sociale de production et de distribution qui NE QUANTIFIE PAS les éléments qui créent de la QUALITE et de la VALEUR dans notre vie.

    Pas mal…non ??
    Et, lui, il rêve de créer un réseau intra-européen…entre gens compétents et de bonne volonté qui n’auraient pas peur du fait politique ni de s’impliquer….vous en connaissez??? (ici..??) ..°(^!^)°..

    Pour rappel, (re ?)lire le long billet consacré à sa réflexion en tant que « Marxiste erratique » (traduction d’un contributeur d’un article du Guardian datant de février), dont j’extrais quelques paragraphes relatifs à cette discussion :
    « […] Si jamais le capital arrive à quantifier le travail et à ensuite le transformer complètement en marchandise, comme il tente sans cesse de le faire, il extirpera cette liberté humaine récalcitrante,
    indéterminée, qui, dans le travail, est justement la source de la création de valeur. La vision brillante de Marx de l’essence des crises du capitalisme est précisément celle-ci : plus grand sera le
    succès du capitalisme à transformer le travail en marchandise, moindre sera la valeur de chaque unité produite, moindre sera le profit, et, au final, plus proche sera la prochaine récession de l’économie en tant que système
    . Le fait de décrire la liberté humaine en tant que catégorie économique est spécifique à Marx, et cela rend possible une interprétation analytiquement fine et très distincte des autres, de la propension du capitalisme à arracher la récession, et même la dépression, des mâchoires de la croissance.

    Quand Marx a écrit que le travail est le feu de la vie, le feu qui donne forme, l’aspect transitoire des choses ; leur temporalité ; il a réalisé la plus grande contribution qu’aucun économiste ait jamais
    faite à notre compréhension de la contradiction aigüe dissimulée au sein de l’ADN du capitalisme. Quand il a décrit le capital comme «
    …une force à laquelle nous devons nous soumettre…elle développe une énergie universelle, cosmopolite, qui brise toutes les limites et tous les liens, et se positionne comme la seule politique, la seule chose universelle, la seule limite et le seul lien », il mettait en exergue la réalité : le travail peut être acheté par du capital liquide (de l’argent), sous sa forme marchande, mais il comportera toujours une volonté hostile à son acheteur capitaliste. En disant cela, Marx ne faisait pas seulement une déclaration politique, philosophique ou psychologique. Il nous fournissait une analyse remarquable de la raison pour laquelle, au moment où le travail (en tant qu’activité inquantifiable) perd cette hostilité, il devient stérile : incapable de produire de la valeur.

    À une époque où les néo-libéraux ont pris au piège la majorité des gens dans leurs tentacules théoriques, régurgitant sans cesse l’idéologie de l’amélioration de la productivité du travail comme
    moyen d’améliorer la compétitivité avec en ligne de mire la croissance, etc, l’analyse de Marx offre un puissant antidote à cette doxa. Le capital ne pourra jamais remporter sa lutte pour transformer le travail en un input méchanisé, infiniment élastique, sans se détruire lui-même.
     »

    Pour les croyants :  » Prions… ».

    1. Un autre genre de psychanalyse, tout aussi nécessaire (mais on est d’accord: la maïeutique, en discutant avec un AUTRE, ou l’écriture, qui permet de s’analyser aussi, fonctionnent parfois mieux que les psys-patentés) c’est la psychanalyse collective dont les Français auraient bien besoin, et qui constituerait aussi un processus démocratique, car sans dialogue, pas de demos. Varoufakis nous propose un début ici (et attention, ça fait mal), à la 55è minute de son interview sur Médiapart, 1ère partie.
      http://yanisvaroufakis.eu/2015/09/30/europe-revisited-2hr-interview-on-mediapart-25-sep-2015/

      1. Bonsoir..( pourvu que vous soyez du sexe féminin..)…très chère Julie… ,
        Ouf , enfin un(e) allié(e)… depuis des jours où j’ (nous) essaye(ons) de diffuser ce double génial entretien , dont j'(nous)ai(avons) essayé d’encourager la vision et la propagation , ici et ailleurs..!! , avec un succès , disons , relatif…!
        Voyez mon lien discret (à 11h13)…pas de photo du « clown »… , un nom pas souligné…, ..éviter à tout prix les ciseaux biseautés de l’inquisition(modération) , en particulier sur les média(s) français , misérables « à la gamelle » , verrouillés jusqu’au trognon , pleutres complices hollandais…!
        Même ici , la crainte de « heurter des « ego »(s?) surdimensionnés »..
        Puis brutalement , A.S.Lapix(« C’est à vous ») , Paris-Match ..sans doute d’autres…!.. franchissent le barrage…la raison?..je l’ignore, « je suis un héros »? »je cours au secours de la victoire »?le tirage de la loterie du hasard?..

        Allez , j’en remets une couche…(pas encore visionné ..! m’en fous!…s’il est bon , voire excellent , tant mieux,bravo…sinon tant pis…il savait où il mettait les pieds…donc autant savoir…°(^!^)°…
        Varoufakis face à l’ennemi de classe(..en tout cas ce que les « 1% » ont réussi à en faire)… »Ecorama ».! [ Donnez-moi quand même votre avis que je confronterai au mien ..°(^!^)°..]
        http://yanisvaroufakis.eu/2015/10/01/entretien-exclusif-yanis-varoufakis-sur-ecorama/

  5. Non seulement l’idée qu’il y a un arrière monde, ou un après monde, ou un autre monde, c’est démobilisateur, mais ça peut être dangereux si l’on y croit vraiment. Un peu comme dans « Un jour sans fin » ou l’on peut tout se permettre, y compris tenter de se suicider, puisque quoiqu’il arrive, le coup d’après existe et que tout sera rétabli.

    L’espérance, je connais. Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes ! Et pourtant, quelque chose me disait que ça sonnait faux. L’idée obsessionnelle de vouloir changer les mentalités m’a toujours apparu comme une quête à la Don Quichotte. Beau, vertueux, mais vain, voire ridicule. Alain Badiou, dernier communiste ?

    Donc si l’on écarte l’espérance religieuse d’un au-delà, et l’espérance communiste d’une communauté fraternelle, démocratique, égalitaire et partageuse, il reste quoi ?

    Le cynisme, l’ironie, l’humour ou le désespoir (ou le tout mélangé) sont des réponses trop faciles mais humainement compréhensibles dans un monde ou la question du sens n’est jamais donnée à l’avance. Plus exactement les réponses verticales et structurantes des sociétés précédentes ont volé en éclats; les mythes, les religions, les idéologies.

    On est dans le creux de la vague, on a du vague à l’âme, d’autant que de nouvelles menaces se font jour. Ce n’est plus la peste (quoique ?) ni le malin. On a cru que la science nous résoudrait tout çà. On a eu le réfrigérateur et la bombe atomique.

    Si quelqu’un à des réponses ? Verre à moitié vide, verre à moitié plein. Vieux problème.

    1. Le verre est toujours plein. Plein d’interactions. Xavier, à travers son dessin – http://www.pauljorion.com/blog/2015/10/01/climat-bipolaire-par-xavier/ – , nous montre une piste quant à l’état d’esprit ambiant. La folie de notre monde a largement oblitéré des systèmes de pensée qui n’était sans doute pas tant verticaux que nous les pensons, ceux de l’humanité du « dehors-dedans ». Nous pouvons penser, et bien parfois, nos connexions, il n’en reste pas moins que la loterie universelle ne s’arrête pas à nos personnes, ni dehors, ni dedans (plus d’ADN non humain en nous que d’humain). Et ce tout influence notre pensée comme nos idées de devenir.

    2. En quoi, l’après-monde (version paradisiaque) serait-il démobilisateur ? Bien au contraire…Puisqu’il faut ,selon les diverses « goupillonneurs » se bouger le c… (et si possible dans le « bon » sens) pour y avoir accès ! Quant aux conneries que l’on pourrait faire ici-bas sous prétexte que « Demain-on-rase-gratis », c’est s’exposer au supplice de tantale pour l’éternité (moins un jour?) parce que la femme pour laquelle vous vous êtes suicidé (par exemple) sera elle aussi bien là mais….Pas dans la même pièce ! Et la porte grillagée par laquelle vous la verrez allez et venir donc, sera fermée à double tour, sans espoir d’ouverture….Vous serez bien avancé ! Donc…On se calme !

  6. Quand Paul souhaite que le genre humain soit d’une autre nature, celà me rappele la conclusion de ce superbe film -documentaire « Survivre au Progrés » inspiré du livre « Brève histoire du Progrès « de Ronald Wright qui est produit, entre autre, par Martin Scorcese.
    https://youtu.be/z07JAMm6csM

    1. « La pasteurisation du lait ou l’éradication de la variole ont permis d’accroître considérablement le nombre d’êtres humains…Il faut qu’on vise une population largement inférieure à 7 milliards d’habitants. Qu’on divise ce nombre par deux ou par trois si l’on veut que tout le monde puisse vivre confortablement et décemment. »
      (–> 16′ 36″)
      Le mode d’emploi n’est pas précisé.

  7. Paul, vous posez à juste titre la question des valeurs.
    J’en poserais une autre; comment enseigner aux jeunes les valeurs, une morale, une éthique… quand tout – ou presque – dans la société nous enseigne le contraire, ou plus exactement des valeurs égoïstes, nuisible au vivre ensemble.
    * Corruption politique, course à l’audimat, népotisme, clientélisme..
    * Paradis fiscaux
    * Golden hello, parachutes doré, retraites chapeaux..
    * Vedettes du sport ou du spectacle, traders payées à coup de millions
    * Publicité, Pornographie, arnaques en tous genres…
    * Bernard Tapie (cas d’école)
    etc… etc..
    C. Castoriadis avait déjà pointé le problème. Comment espérer une société juste, équitable… quand les individus qui la composent sont gangrénés par les « valeurs » de la recherche du gain. Recherche qui ne peut s’exercer que dans un jeu de concurrence de tous contre tous. Et comment espérer changer les règles du jeu?
    En attendant on rétabli les valeurs civiques à l’école.
    C’est pas gagné quand les parents les plus avisés font des pieds et des mains pour placer leur rejeton dans le meilleur collège, le meilleur lycée.

  8. Espoir vs espérance : Dans la situation difficile dans laquelle je me trouve actuellement, j’ai l’espoir de voir se réaliser le processus qui me permettra de sortir de ce mauvais pas à l’échelle de ma vie, l’espoir fait vivre.
    En revanche, je n’ai aucune espérance concernant une vie meilleure dans un au-delà hypothétique promis par l’une ou l’autre religion…., la vie c’est ici et maintenant.

    1.  » Se sortir du mauvais pas » ou d’une situation héritée… du temps de sa vie !?
      Le handicap peut être tel que le mieux que l’on puisse espérer (et faire dans cet objectif), serait que nos descendants vivent mieux que nous.
      Est-ce satisfaisant, suffisant, au regard que l’on peut se poser sur l’Univers ?
      Nous avons des attributs qui nous poussent à croire que non, qu’il y a des dimensions qui nous contraignent mais d’autres, envisageables, qui nous paraissent inaccessibles.
      Alors « l’espérance » n’est pas incompatible avec « l’espoir » plus terre à terre…
      Mais, effectivement, il nous faut réviser notre héritage culturel, trompeur, depuis la « nuit des temps », nous ayant sur-enseigné que le seul choix était de se soumettre à un gourou ou un autre, politique, religieux, économe, idéologue… aboutissant au même statut de trompé, pour le pire ou le pire.
      A ce prix, on peut encore envisager le meilleur, sans trop attendre…

  9. « Je n’ignore pas qu’on arguera de l’impératif moral selon lequel les entreprises doivent suivre des principes vertueux , que cela leur soit ou non profitable. Je préfère souligner que, tout au long de l’histoire, dans toutes les sociétés humaines politiquement complexes (…), la régulation gouvernementale est précisément apparue parce qu’on l’a estimée indispensable pour faire respecter les principes moraux. L’invocation de principes moraux est une première étape nécessaire pour déclencher le comportement vertueux, mais elle n’est pas suffisante. » (Jared Diamond, Effondrement, p. 736). Vieux débat de la perspective individuelle — et son avatar des ‘bons gestes’ qui font la différence morale, même inefficaces ou dérisoires ou symboliques — et de la perspective collective (gouvernementale ou citoyenne ‘auto-organisée). Elles sont en réalité complémentaires.

  10. Je suis frappé, en rapprochant le dossier VW et le dossier de la vague migratoire, par la production d’un discours construisant une réalité désirée et déconnectée des vrais enjeux. VW distille des messages brefs, pour tenir en haleine et garder le pouvoir d’informer, tout en laissant l’espace aux autres communications (élus, experts), mais en réduisant l’espace que prendrait une communication sur leur crime (pas seulement moral) pour la pollution de l’air et la santé et pour les politiques publiques. Dans le dossier des migrants, nous attendons un discours de ‘gestion’ et de digestion euphémisant ce problème, sans s’appesantir sur notre responsabilité due à nos interventions meurtrières dans nos anciennes colonies pétrolières (pour faire bref). Ce que VW manipule dans son dossier, nous le manipulons collectivement dans le second.
    Tout ceci comme rapprochement avec un discours « d’émerveillement » apporté par une psychanalyse…

  11. Changer les choses tout de suite.
    Les chrétiens devraient prendre plus souvent pour exemple celui qu’ils considèrent comme étant leur dieu (ou fils de, ou les deux en même temps):

    « Le jour où les Juifs célèbrent la fête de la Pâque était proche et Jésus se rendit à Jérusalem. Il trouva, dans la cour du Temple, des marchands de bœufs, de brebis et de pigeons, ainsi que des changeurs d’argent, installés à leurs comptoirs. Alors il prit des cordes, en fit un fouet, et les chassa tous de l’enceinte sacrée avec les brebis et les bœufs ; il jeta par terre l’argent des changeurs et renversa leurs comptoirs, puis il dit aux marchands de pigeons : « Otez cela d’ici ! C’est la maison de mon Père. N’en faites pas une maison de commerce ». »

    —Jean 2, 13–16

      1. Et puis je comprends pas pourquoi il faille « Changer les choses tout de suite. » et ne parler que des Chrétiens ?

  12. Espérer,d’accord!mais espérer quoi ?peut on espérer autrement que dans le vague?(puisqu’on ne connait pas l’avenir) ou peut être que l’espoir,l’espérance, n’ont pas grand chose à voir avec la recherche de la vérité . peut être que espérance,espoirs,sont des manières de vivre en essayant de se soustraire de l’immédiat. Une façon de passer les difficultés, de traverser les déserts …

  13. Voici ce qu’écrivait un poète en 1948
    A UN CROYANT
    J’ai contemplé ses mains exsangues de prière
    Serrant le chapelet des résignations
    De sa lèvre coulait une incantation
    Molle blessure ouverte au flanc de sa misère
    L’homme implorait un rêve clos sous sa paupière,
    Replié sur son mal et sur sa passion,
    N’espérant, par delà l’humble contrition,
    Que le maigre salut d’une âme prisonnière.
    Et je voyais, face à ce croyant dérisoire
    Le vagabond Jésus, vaincu par sa victoire
    Qui chassait les marchands du temple d’Israël.
    Rouge lutteur debout sur le seuil de notre ère,
    Planter avec mépris sa bouche de colère
    Dans l’éponge de sang, de mensonge et de fiel.

  14. L’espoir est moins dangereux quand il y a un ennemi authentique (de génération en génération c’est encore mieux), ça me rappelle Miguel Benasayag, qui parlait de sa vie et où l’ennemi était facile à trouver (il avait des uniformes, prononcés les mots clefs, étaient issus des mêmes familles et tout et tout), l’espoir de les vaincre est mobilisateur.
    Ce battre contre le « progrès » (enfin une certaine modernité sans qu’on ne puisse réguler ces excès), le « capitalisme », le « réchauffement », « l’écologie », c’est flou, c’est complexe, il suffit pas de tuer quelques gus, l’espoir doit faire place à du temps, de la compréhension, du doute et de la discussion.
    Y à surement quelques choses à faire avec ce mot, recréer une dualité espoir/espérance (l’espérance d’un jour déçût).
    Mais, comment intégrer la part de chance et d’époque pour que les winners intègrent ce questionnement et ce doute?
    Miguel est une bonne piste (et puis y à des Tedx), notamment sur l’impossible choix parfait entre un communisme industriel et une écologie solidaire.

    1. Après est-ce que l’absence d’espoir est une forme de désespoir? qu’une certaine forme de stoïcisme soit à ce point has been, pour que la pilule rouge si elle n’est plus disponible soit remplacé par des amphétamines? (ou autres).
      Si je reprend l’ensemble de mes projections adolescentes ou de jeune homme, elles étaient d’un optimisme évident face à la réalité qui suit (même sans supra-conducteur à température ambiante, un très bon conducteur n’est pas nuisible, l’optimisation d’une centrale est médiocre, peu de valorisation des eaux à température médiante, peu de recyclage ou alors le plus facile l’organique, comme ci la nature avait inventé la pollution, alors que tout ce qu’elle fait est biodégradable, « et c’est la mort, la mort, toujours recommencer », peu de vulgarisation, peu de valorisation des savoirs existants: phages, auxiliaires, optimisation d’une combustion par une hydrolyse de l’eau rationalisant l’énergie initiale de la combustion, peu d’outil préventif à usage du médecin, on peut analyser le fourrage par infrarouge à la volée dans une ensileuse mais pas une goutte de sang chez le toubib, non il faut des big data aux traitements des corrélations empiriques, peu de diplomatie envers les émergents: « et si le Brésil voulait un soutient pour du spatial, pourrait-on l’échanger contre une meilleur gestion des pillards de la frontière guyanaise?, pourquoi napalm me renvoi au Vietnam et pas au Cameroun, l’histoire doit solder ces comptes pour que le présent soit plus que le prolongement du passé! pourquoi la ville ne comprend pas qu’elle est permise par la campagne et non nécessaire à celle-ci comme débouché, par inversion de la réalité?, pourquoi James Bond ne danse jamais, avant la dernière cela donnerai un autre possible du mâle, James Bond et le Tango cela peut être classe, pourquoi à l’heure de la mondialisation, peu de personnes ont 3 notions de géographie, etc…) .
      Je comprend Meadows vous faite 3 scénarios un optimiste par idéal (on est humain), un moyen par pragmatisme (en au final c’est celui sur lequel vous misez) et un critique « business as usual » pour faire peur comme dans un roman d’anticipation et c’est ce dernier qui advient, que faire de l’espoir?, de l’espérance?

      1. C’est un gâchis humain incroyable, il faut l’accepter, est-ce une forme de désespoir? non c’est la réalité, faut faire avec, s’en protéger un peu (je ne suis pas superman) et advienne que peu… « à cœur vaillant rien d’impossible », mais je ne suis pas de Bourges, mais de Normand p’t-être ben que oui…

      2. Bon je suis surement lourdingue, mais je vais encore illustrer l’inutile espoir vis-à-vis à la compréhension du monde qui permet un Plan.
        Prenons un physicien sur une colline la nuit observant la Lune et un schéma de compréhension des pertes d’énergies.
        Le schéma de compréhension de l’énergie peut ce symboliser par des traits sur une carte, mettons qu’un centimètre d’épaisseur soit l’énergie disponible et qu’il s’affine au fur et à mesure de ces pertes.
        Le plus simple c’est de partir d’un puits de pétrole ou le gaz n’est pas valorisé (cela arrive en Afrique, y à pas toujours des pipelines ou un port accessible) on part de 1cm au niveau du puits, puis 0.7cm (puisque le gaz va être brulé dans des torchères), il va être transporté (l’affinement du trait ne sera que peu perceptible), raffiné chez nous (on peut perdre encore 1mm en fonction de la qualité du pétrole), puis il est à nouveau transporté, puis il arrive dans notre automobile et va perdre encore 2 mm (alors bon dire qu’un tier de l’énergie disponible à la pompe peu sembler excessif, mais déplacer plus d’une tonne de ferraille pour un chargement utile de moins de 100 kg: le conducteur, ce n’est pas l’idéal non plus).
        Si on souhaitait projeté ce schéma sur une carte pour l’ensemble des énergies, le mieux serait d’utiliser la couleur (vert: 100%, rouge moins de 10% et noir lorsque c’est négatif, comme pour certain forage de gaz de schiste).
        Si on reprend notre physicien, il est peu probable qu’il pense à cela, il est plus probable, qu’il pense à son divorce, à ses gosses, au sens de la vie et à la reconnaissance par ces pairs.
        Pour qu’il explique ce schéma, il faut qu’il fasse parti d’un ministère au plan, ou il doive expliquer à son ministre de tutelle, qu’effectivement la prime machin truc pour des condensats sur des chaudières à fioul est une idée merveilleuse (et qu’il est aussi, soit dit en passant, merveilleux), mais que le trait est déjà bien plus fin, pour que cela puisse compenser la torchère initiale (pareil pour le frigo+++ et la perte de chaleur d’une centrale nucléaire).
        L’espoir c’est croire que le physicien fera de lui-même ces schémas de compréhensions, les institutions, la planification et la politique, c’est forcer ces schémas.
        (et je crois que la politique énergétique Européenne suivra la même ligne, que la politique sociale, alors je suis sûrement belliqueux, mais c’est ce que je crois).

      3. Je suis peut être con ( bouche bée ) comme la lune , mais s’agissant de schéma de compréhension , c’était plus clair quand je travaillais en ministère !

        Pour ma femme et mes gosses , ça peut aller pour le moment .

      4. Depuis quand regardez vous seul la Lune nocturne sur une coline? je serai votre femme je me méfierai de vos habitudes 🙂

      5. @Samuel:
        Ho , vous savez , il nous est arrivé , et il nous arrive encore d’y être tous les deux ensemble .

        En tous cas , comme vous confondez le futur et le conditionnel , je constate que l’espérance n’est pas un problème pour vous .

      6. L’espérance a besoin de projections, d’anticipations, à titre indicatif les romanciers de science fiction ont fait le constat, anticiper n’est plus possible (soleil vert, farenheit, robocop, psycho-histoire, etc..), on est obligé de prolonger le présent et malheureusement tout ce qu’on voit est une limite physique, la terre n’est plus un berceau, c’est une prison et l’espérance n’est plus qu’une somme d’espoir pour que cela ne devienne pas un asile.
        Why not?, mais l’espérance a besoin de beaucoup plus.

  15. L’intermittence est une condition nécessaire de l’espérance, de la création, c’est la façon dont émergent des aspects de fond du fonctionnement du cerveau humain.
    Une difficulté de toute théorie « occidentale » (avec des catégories asymétriques, et une implication de ce doit être fait pour qu’advienne un « monde meilleur ») est de projeter cette intermittence sur quelque chose de constant, de dur, de gravé dans le marbre, et qui donc s’émousse. Notre cerveau a été fait pour la gestion de ressources intermittentes (fruits, vents, éclosions de toutes sortes). Croire est un mot souvent utilisé pour la projection dans une croyance fixe. La célébration des « dignités » serait plutôt une succession d’intermittences qui laisse la place à une reconstruction permanente.
    L’émergence de l’internet permet un peu de cette intermittence, quand tout va bien, cela fait espérer aussi.

  16. Espérer en une future réalité sur laquelle nous n’avons aucune prise me semble être une perte de temps. Sans l’expérience qui s’en suit, l’espérance est un vain mot.
    Il me semble que les deux fonctionnent alternativement, c’est ce que j’ai toujours rencontré dans ma carrière de technicien.
    On réalise, puis on espère que cela va fonctionner, après l’expérience on corrige ce qui doit être corrigé, puis on réessaye en espérant que la correction était la bonne.
    Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les questions économiques, sociales ou politiques?
    Il faut agir tout de suite comme on construit des cathédrales en pensant à ce que les générations futures auront besoin.

    1. Je suis pas sûr que les cathédrales soit le bon exemple. Bien qu’elles incarnent un rêve et un idéal. C’est quand même mieux que de penser à son petit cul de capitaliste. Un tableau avec 3 pommes en dit parfois plus sur le destin de l’humanité.

      1. Tout ce que nous allons devoir construire portera sur plusieurs générations en commençant immédiatement comme le dit Paul.
        Je n’ai pas trouvé d’autre exemple que les cathédrales pour illustrer cela. Je ne connais pas l’histoire des cathédrales mais je me rends bien compte que le but de leur construction n’était pas toujours louable.
        Nous devons arriver à vivre mieux avec moins, c’est la condition primordiale de l’émmergence d’un futur durable. Ce n’est pas seulement consommer moins sans rien changer au système, c’est également remettre en question les fondements de notre civilisation telle que la rente de la propriété privée qui pousse à la croissance, tous ces mytes de la modernité qui nous font penser qu’on pourra mettre la nature au pas alors que c’est d’elle qu’il faut nous inspirer. Vouloir mettre du mécanique dans de l’organique est une ineptie qui ne fonctionnera jamais.
        Le dépassement du capitalisme nous demandera de remettre en question toutes nos représentations mais il faut vivre dans l’espérance et agir en conséquence.

      2. Merci octobre
        Je voudrais revenir sur un point que Paul évoque souvent « il faut partir de la demande plutôt que de l’offre ». Je dirai même plus, il faut partir des besoins réels des gens et considérer que ces besoins peuvent aussi être satisfaits par autre chose que la mondialisation de l’économie. Je pense surtout à la relocalisation de l’économie et à l’autonomie de l’individu qui pourraient être amplifiée par le revenu de base.
        Rien que cela tu t’imagines les réticences.

        Pour être concret, au potager collectif auquel je participe j’essaye de convaincre du bien fondé d’un potager couvert en permanence. La plupart en sont encore à « Je ne veux voir qu’une seule tête et pas une motte de travers » , mais cela change au vu des résultats et surtout par rapport à la diminution de la pénibilité du jardinage.
        Je me dis que si, par son exemple, une personne peut modifier modestement la vision qu’ont les autres de la réalité, un ensemble de personnes dispersées un peu partout peut, il me semble, engendrer un changement en tache de léopard.
        Alors restons dans l’espérance en agissant chacun avec nos capacités et nos envies et je pense que le changement peut advenir.
        Comme le dit Paul, on ne peut pas vivre seulement d’espérance, il faut aussi agir et se dire qu’on aura tout essayé.

  17. Je retiens d’abord que nous avons besoin INDIVIDUELLEMENT d’une « révolution intérieure » que M Jorion voit par la psychanalyse.
    C’est bien le changement chez les individus (en nombre et force suffisants) qui changera la société et non l’inverse, comme le croient les révolutionnaires qui échouent ou retombent dans l’ornière.
    Personnellement, je nomme ce changement, cette éducation, « révolution copernicienne » telle celle qui eut lieu à la Renaissance en sciences exactes. Notre génération et nos enfants se doivent de la mener sous peine d’extinction de notre confort démocratique.
    Je doute très fort des psychanalystes, trop souvent, leur langage reste obscur.

    1. Espérer le changement des individus c’est quand même une marque d’échec. Si les individus étaient formés « correctement », il n’y aurait pas besoin de vouloir les changer.

      « C’est bien le changement chez les individus (en nombre et force suffisants) qui changera la société et non l’inverse »

      Sauf que l’homme fait l’histoire comme le cochon fait la saucisse

      Dans la vidéo indiquée par Philippev (Arte / Brève histoire du Progrès) il est dit qu’il y a sur terre deux milliards de gens vivant dans le confort de la classe moyenne, et cinq milliards qui s’impatientent d’accéder à ce niveau (même dans les yourtes d’Asie central ils ont des smartphones)
      J’imagine mal ces cinq milliards de gens faire leur « révolution copernicienne » et se résigner à leur mode de vie frugal. Très frugal.

      1. « J’imagine mal ces cinq milliards de gens faire leur « révolution copernicienne » et se résigner à leur mode de vie frugal. Très frugal. »
        Je vous répond car vous illustrez à quel point une « révolution copernicienne » – rationnelle, si vous préférez, semble difficile à comprendre bien que d’essence simpliste. La méthode scientifique n’ a rien à voir avec la frugalité (ni le luxe).

    2. Excusez moi si je me trompe, mais le mot « confort » est redondant chez vous. Le confort, par les temps qui court, c’est très bourgeois et mieux vaut ne pas trop s’y attacher.

      1. Le confort pour moi c’est d’appuyer sur un interrupteur et la lumière s’allume, c’est d’ouvrir un robinet et de l’eau potable de très bonne qualité coule.
        Je ne crois pas que cela soit « bourgeois »

        « Annoncée le 3 juin 2015, la nouvelle fait beaucoup sourire. Au Japon, le ministère des Infrastructures réfléchit actuellement avec les industriels du secteur sur la mise à disposition d’eau potable et de WC dans les ascenseurs.  »
        Çà c’est bourgeois

  18. Belle idée d’aller prendre un petit coup d’espérance quand on est bien découragé , mais sans en abuser et sans tomber dans l’addiction…
    Espoir : Grâce à la psychanalyse on peut avoir une représentation du monde tel qu’il est… On peut comprendre qu’être un humain est une merveille ( malgré toutes les horreurs dont nous sommes capables ) …
    À condition que la psychanalyse réussisse, qu’on rencontre son Philippe Jullien .. Combien de Philippe Julien parmi tous ces psychanalystes qui n’ont rien compris ? Non qu’ils soient stupides ou indifférents mais parce que justement ils ne croient pas ( ou plus ) à une révolution , ils sont enfermés dans le royaume des prix et ne croient pas ( ou plus ) au royaume des valeurs, à la possibilité du royaume des valeurs.
    Vos dernières phrases me rappellent ce que me dit souvent une amie boudhiste qui cite un maître zen :  » vous n’avez pas besoin de mourir pour entrer dans le royaume de dieu… Le royaume de dieu c’est maintenant ou jamais.  »
    Je ne suis ni catholique ni boudhiste , mais cette injonction me touche. Oui , il y a urgence à entrer au royaume des dignités ..

    1. Les  » urgentistes » sont souvent les meilleurs professionnels de santé !
      Ceci dit , quand il y a urgence , le diagnostic doit être acéré et prompt , mais il est d’une certaine façon plus aidé par les manifestations du mal .
      Dans ces cas là , l’espoir ou l’espérance pèsent assez peu , car ce qui « presse » peut être nommé , et le choix conscient ou inconscient d’accepter ou pas, de réduire ce qui presse , laisse peu de champs aux « discussions » .

      Entre Espoir et Espérance , je fais un distinguo en affublant l’espérance d’une dose de « croyance volontaire » . Car , à y réfléchir , si le désespoir c’est l’évidence et le constat, et si l’espoir est  » généreux dans le faux  » selon Cioran, l’espérance dans… la vie , à défaut de côtoyer l’enfer de Dante , reste  » l’utopie réaliste » qui nous fait .

      Je m’aperçois que ,prudemment , j’avais mis un S , dans le billet pondu sous le titre de  » Derniers espoirs d’un père et d’un grand-père » !

      Et que ma croyance , plus apprise que volontaire , c’est le sourire comme chemin et but .

  19. Je radote en posant pour la 3ème fois en 6 ans cette citation d’Halperin. La première fois, c’était pour me moquer gentiment des essais de PSDJ.

    […] « La vie est gaspillée. Elle est nécessairement gaspillée. Elle est gaspillée non pas parce qu’on aurait fait n’importe quoi ou qu’on aurait raté sa vie, mais parce qu’elle ne peut pas être thésaurisée ni monnayée contre quelque chose d’autre, ni fixée à tout jamais dans la plénitude su sens. […] Nous n’avons pas le choix de gâcher ou non notre vie. Le choix qu’il nous reste, c’est savoir si nous voulons la gâcher pour quelque chose ou la gâcher pour rien […]

    J’y repensais à cette citation avant hier en écoutant dans Human ceci qui dit quelque chose de voisin.

    https://www.youtube.com/watch?v=0JXMpQf2XyE

    Pepe Mujica au moins un Président de République sympa, en dit plus longuement.

    https://www.youtube.com/watch?v=4GX6a2WEA1Q

    Paul jorion « je répète après d’autres qu’il faut rétablir les valeurs, que les valeurs, c’est quelque chose qui n’a pas de prix… » bon il n’est pas seul et il est donc en bonne compagnie.

    Ceci dit les fous de Dieu carburent d’abord à la valeur et peu au prix, enfin juste ce qu’il faut pour défendre la valeur.
    Bref les valeurs, genre valeur Ueber alles, faut voir lesquelles et au compte-gouttes ! retour donc du prix à payer pour elles !

    Côté psychanalyse Freud s’est clairement prononcé pour la psychanalyse obligatoire pour les hommes politiques (au genre neutre). L’ennui c’est que l’obligatoire est antinomique avec la notion de transfert, pivot de la psychanalyse.
    Quand aux effets remarquables et remarqués de l’analyse sur la vie en société, suffit de s’inscrire à une société professionnelle dédiée pour constater que c’est pas gagné. L’avantage de l’expérience de l’analyse sur d’autres est de produire la capacité de dire, et d’écouter. M’enfin y a d’autres pratiques subjectives qui mènent à ça aussi mais par d’autres détours.

    1. À propos des associations professionnelles, les enjeux de doctrine, de pouvoir, de vérité qui sont au mieux au cœur de celles-ci, font que ça saigne toujours. Ou alors ça verse du coté des avantages acquis et ça roupille, voir chez les économistes officiels…

  20. Doucement, on est pressés.
    En lisant une interview de Bookchin par Peter Einarson, je fais la (re)découverte de l’éclatement idéologique de la gauche dans une de ses réponses où il parle de son enfance et de sa jeunesse:
    « C’était une société solidaire, avec des tendances diverses, et non pas différentes gauches qui se détestent comme des sectes protestantes. La Révolution bolchevique a fait énormément pour détruire cette communauté, à cause de la répression de Lénine contre tous les adversaires du bolchevisme, et même contre ses partisans. Critiquer n’était même pas nécessaire ! Si tu n’était pas pour, tu étais contre ! Des abîmes se sont creusés dans cette communauté de gauche, et sa culture même en a été profondément marquée, car l’élément humaniste du socialisme était sapé. »
    Je crois que nous n’en sommes toujours pas revenu et que ce poison continue de faire son effet. Pourtant, le Bolchévisme était aussi soutenu par l’idée de s’occuper de faire descendre le paradis sur terre maintenant. L’interview est dans cette liste de textes, vers le bas de la liste, d’un site d’écologie sociale:
    http://www.ecologiesociale.ch/index.php/textes

    Lire Bookchin aujourd’hui me semble une des meilleures pistes pour renouer avec l’humanisme dont il témoigne, un humanisme et une sensibilité, étendus à l’ensemble des êtres qui nous entourent.
    http://solidariteliberale.hautetfort.com/archive/2015/03/17/la-gauche-est-morte-vive-la-gauche-5584705.html

  21. Prière de la sérénité

    Mon Dieu,
    Donnez-moi la sérénité
    D’accepter
    Les choses que je ne peux pas changer,
    Le courage
    De changer les choses que je peux,
    Et la sagesse
    D’en connaître la différence.

    Je me redis souvent ces mots. Je suis croyante.

    C’est la prière de la sérénité qui guident les AA (alcooliques anonymes). Les alcooliques sont des êtres sensibles, à fleur de peau qui ont du mal avec la vie en eux.

    Chaque jour connaître la différence entre ce que je peux changer et ce que je ne peux pas changer, c’est pas tous les jours facile mais cela apaise mon inquiétude, ma crainte d’espérer pour rien ou de me révolter pour rien.

  22. Pourquoi vouloir sauver un monde qui nous fait souffrir ? Depuis plusieurs années les expressions politiques ne parlent que de « sauver ». Sauver la planète, sauver le système de protection sociale ,sauver l’Euro, sauver la France et puis pourquoi pas la race blanche. Sauver les banques et sauver le pouvoir d’achat. Nous vivons dans un paradis menacé . espérer c’était espérer quelque-chose de mieux. Comment pourrait on espérer quelque améliorations alors que nous vivons dans le meilleur des mondes ? Le seul espoir rationnel est celui d’y faire sa place. L’espoir,l’espérance, ne le voyez vous pas mes frères, mes camarades,c’est a remiser dans le passe des enfers romains ou des enfers industriels du 19eme. Pour nous,habitants de la société de consommation, il n’y a plus d’espoir dans quelque énorme positivité rédemptrice et paradisiaque future. Il n’y a plus que la peur du Titanic.

    1. « Il n’y a plus que la peur du Titanic. »
      Et encore, du temps du Titanic, il y avait des icebergs.
      Au train ou vont les choses, il va bientôt falloir sauver les icebergs

  23. Hé ho, ce n’est pas la fin du monde…nous ne sommes pas (encore ) morts ….arrêtons la déprime personnelle dans ce monde de déprime générale …c’est vrai, beaucoup d’entre nous ont été virés (souvent injustement) , trahis , se retrouvent sans boulot (ou peu de boulot..), sans ou avec peu de fric …mais le soleil brille toujours et la majorité a encore de quoi manger …l’essentiel …c’est vrai que ceux qui nous gouvernent (pas tous élus) veulent nous ramener au 19e siècle….à nous de ne pas nous laisser faire …d’ailleurs, leurs mensonges , tricheries et corruption dans tous les domaines, au niveau national et global, commencent à remonter à la surface …..c’est vrai, ces nouveau puissants – riches sont encore moins doués que les anciens …alors, il faut se réveiller, pousse un bon coup de gueule….mettre un coup pied dans la fourmilière…au boulot …nous ne sommes pas trop vieux pour ça…. surtout pas se laisser aller….

  24. Je n’ai lu aucun commentaire pour ne répondre qu’a toi Paul!
    (je les lirais plus tard).
    C’est en vivant du peu que j’avais accumulé que je me suis rendu compte de ma fragilité de vouloir faire corps avec l’ensemble de mes concitoyens.
    En effet même avec un r.s.a. , on ne fait que mendier, tout ce que tu expliques dans tes livres ; je dois le surmonter chaque jour de ma vie.
    J’ai encore un soit disant travail tel que dans une publicité je réponds au doigt et à l’œil à ton exigence dans la seconde qui suit ce que j’écrits.
    Alors oui il y a urgence et oui il faut se rassembler sur des valeurs , sur de la morale et sur de l’éthique.
    Je vais m’agenouiller comme cette fois où je t’aie rencontrer avec un très bon spaghetti bolognaise et te répéter : tu me régale de tes états d’êtres , car au fond en refaisant mon lacer , j’essaie de créer un lien.

  25. Bonsoir à tous
    Paul, à la question « Croyez vous en Dieu? », depuis longtemps je ne peux plus répondre que: « Lui seul le sait! ».
    A la question « Êtes vous croyant? » je répond pourtant  » Oui! »
    Je tiens que l’espérance en une récompense dans un au delà verdoyant si on a été sage relève de l’arrêt sur image effectué, une bonne fois pour toutes,vers l’âge de 10ans. A un niveau encore moindre ce genre d’espérance fait voter Hollande ou Sarkozy ou un autre….
    Si l’on veut évoluer, nos mêmes textes métaphysiques qui servent de base au type de croyance momesque énoncé plus haut mènent pourtant à une degré d’humanité tout à fait comparable à ce que les asiatiques nomment état d’éveil et qui est simplement l’état humain hors de la caverne de Platon, ou de la grotte d’Elie.

    Le contraire de l’espérance c’est l’acédie, le désespoir , la déprime profonde, qui était considéré par les Pères du désert comme l’errement – sens premier de « péché »- le plus grave….

    Alors quelle pourrait être une véritable espérance de croyant?
    Voici une réponse faite par François Cheng qui me convient:
    « Ne quémande rien. N’attends jamais
    D’être payé de retour.Le pur souffle
    Que tu propages doit faire le long tour,
    Par-delà tes jours. Te reviendra
    En orties, ou en pierres, peu importe.
    Il t’accompagnera dans ta marche.
    Plus loin que toi le long de la Voie. »

    Quand à la proposition que chacun entreprenne une analyse, j’en suis d’accord. Avec mes amis psychothérapeutes, nous pensons même qu’il faudrait débuter par une psychothérapie dès l’adolescence accompagnée d’un sevrage parental d’une bonne année. Comme les rites de passage dans certaines nations…
    Suivre Abraham: s’arracher au lieu de son enfantement, à la maison du père pour commencer de se libérer du connu et du sac des programmes familiaux… C’est long , pas facile, souvent douloureux et demande une attention soutenue pendant des années. Mais quoi d’autre, c’est ça ou Mad Max!

    Cordialement.

  26. Deux moyens d’actions remontant au plus basique et profond:

    LA solution individuelle:
    La psychanalyse pour tous (…ceux volontaires).

    LA solution collective:
    Réappropriation collective des ressources primaires, façon DG.

    on se dit que tout le monde devrait en faire une [psychanalyse], et que si on parvenait à faire ça, et que ce soit une analyse réussie, eh bien, le genre humain serait d’une autre nature.

    Néanmoins, les expressions «qui les a fait passer à côté de quelque chose de très important. » et « Non non, non non, il y a là quelque chose d’essentiel ! »
    sont quelque peu cryptiques. Avons-nous en nous, tous et chacun, une chose très importante justifiant -s’il le fallait- une psychanalyse?
    Quand votre vie est figée dans une direction non souhaitée et impossible à forces humaines à changer, la psychanalyse est d’un faible apport.
    Dans ce cas, le choix n’existe pas. Tout le déroulé de la vie est contraint. Les solutions matérielles immédiates sont plus importantes…
    Pour les autres, il faut relativiser : les rêves, les espoirs et l’espérance sont des luxes. Notre petit cap terminal de l’Eurasie n’est en rien représentatif du Monde.

  27. Paul, déprimez-vous ? Espérance, psychanalyse, valeur, récompense, condition humaine, Emmanuel Todd, accueil de rêve, croyance, n’arriver à rien, retomber sur ces pattes. Retombez sur terre, Paul
    Les bonnes idées prouvent leur bien fondé par les actions concrètes qui les mettent en pratique et sont couronnées de succès. Face à l’association finance – politique -1%, il va falloir rassembler toutes les bonnes volontés pour trouver l’angle d’attaque efficace qui fera tomber le colosse au pied d’argile. Attendre l’effondrement, ce n’est pas ma tasse de thé même si la voie rapide nous y mène.
    Quels sont les 2 ou 3 thèmes compréhensibles par tous à matraquer jour et nuit ?
    En voici une à laquelle je pense : en augmentant uniquement les bas salaires de 2 à 3%, on est sûr d’augmenter l’inflation.
    Et une deuxième : pourquoi acceptons nous que la BCE se lance dans un QE qui fait baisser les coûts du financement donc les prix, au lieu de désensibiliser la dette souveraine des attaques des marchés financiers. La situation est d’autant plus cocasse que les marchés financiers utilisent l’épargne de vous et moi à ce petit jeu qui se retourne toujours contre nous ; tout en préservant les bonus et salaires de ces messieurs ?
    ACTION please, arrêtez de débattre à vide.

    @Vigneron : intervention un peu courte, un petit effort svp.
    @ BasicRabbit, Dominique Gagnot, Gudule et JDucac : intervenez que diable, de façon courte et en restant dans le sujet svp. Ne vous laissez pas intimider, ce n’est pas ce qui est souhaité mais restez dans le sujet.

    1. L’axe « sud ouest  » semble se reconstituer !
      A vous deux ( le deuxième se reconnaitra) , vous pourriez peut être effectivement offrir un verre de bordeaux à Paul Jorion pour lui redonner le peps pour retourner au combat sans cellule de soutien psychologique .
      En fait ,dans la tourmente ,il semble chercher des alliés, ce qui est plutôt un pas dans la bonne et efficace direction .
      Car nos commentaires ne peuvent guère avoir que la qualité d’un comprimé d’aspirine .
      PS pour Vigneron : Science Po vire FN ?

      1. I don’t understand –> I dislike ?
        Un ami qui vous offre un comprimé d’aspirine, c’est mieux que le manque d’intérêt.

        La tourmente, pas sûr. La fatigue c’est sûr. Chercher des alliés, c’est plutôt bien, surtout dans le style Wanish. Pas la peine d’être d’accord à 100% avec quelqu’un pour faire une partie du chemin avec lui. C’est le but ultime qui compte, non ?

        Axe sud-ouest : désolé, je ne comprends pas. Ayez pitié de moi. J’aime bien l’impertinence de Vigneron et son indépendance. I like mais point trop n’en faut.

        Pourquoi Sciences Po … y aurait-il une association secrète de Sciences Po sur le blog ?

      2. @Vigneron:
        Merci . J’ai essayé (et réussi ) d’atteindre le lien sur le Monde Education , effectivement un peu plus concret et relatif .
        Quelles sont en fait la signification et l’incidence pratique éventuelle , pour une « association » , d’être  » reconnue » par l’IEP ?
        PS : je viens d’écouter France Culture . Heureusement que Paul Jorion était là pour assurer l’émission , car entre bafouillage d’Ivar Ekeland ( On espère qu’il est meilleur à l’écrit ), et charlatanisme de Amstrong heureusement écourté par les difficultés de liaisons que n’avait pas intégrées le big data ,Michel Alberganti a pu se raccrocher à lui pour sauver l’économie et les mathématiques .

      3. @Julien Alexandre :
        Est ce à cause de NPDCP que Paul Jorion prend son bâton de pèlerin pour Douai le 15 octobre ?

      4. @Yves Vermont :
        1 – je parlais d’axe sud ouest ,car j’ai cru repéré que Vigneron et vous habitez à moins de 100 kms de Bordeaux .
        2 – sur les alliances et la recherche d’appuis , j’en ai toujours été partisan . La première chose que je racontais à mes (jeunes) nouveaux collaborateurs pleins d’énergie et d’idées  » inédites  » , c’était : OK mais prends 24 heures pour faire le tour des écrits qui peuvent se rapporter à ton sujet , appelles tous ceux qui ont aussi des choses à dire ou déjà dites là dessus , et on en reparle , éventuellement avec eux .
        3 – Pour l’aspirine ( je suis plutôt Richarde!) , c’est mieux que rien effectivement , mais ça ne soulage que les effets , pas les causes , et ça n’a qu’un temps .
        4 – Science Po , parce que , sauf erreur ou omission , je crois que Vigneron est passé par là .Je pense qu’il avait son quant à soi avant d’ailleurs !
        5 – mon commentaire de 15h19 vaut appréciation sur le dernier passage de Paul Jorion à France Culture , dont le pod cast est en tête de gondole .

    2. @ Yves VERMONT…. @Tous ,
      A partir du contenu précédent , du contenu (commun avec « Julie » à 18:01) de mon message du 01/10 à 11:13 et de celui de « Chabian » du 01/10 à 13:24………………..

      P.JORION parle anglais(sauf si la V.U.B a raison..of course..) , B.COLMANT aussi , E. TODD & F.LORDON sans doute au moins aussi un peu…
      Ianis VAROUFAKIS tient le haut du pavé pour l’instant et est en brutale odeur de sainteté à la TV française + partout ailleurs..!!

      CHACUN  » TWITTE » abondamment …

      Au diable les fiertés mal placées….QUI commence le tour des popotes.??….Invitations à se lancer S.V.P. URGENT………°(^!^)°

      1. Invitations à lancer : Julien pourrait le faire, non ? Nous sommes sur le Blog de Paul Jorion et Julien en est un des piliers.

        A PJ de décider ce qu’il veut faire et comment il veut s’y prendre.
        Mais aidons le à sortir de sa déprime.

        Good luck

  28. « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer ». F. Scott Fitzgerald

    « L’espérance, toute trompeuse qu’elle soit, sert au moins à nous mener à la fin de la vie par un chemin agréable. » La Bruyère

    « J’aimerais terminer sur un message d’espoir. Je n’en ai pas. En échange, est-ce que deux messages de désespoir vous iraient ?  »
    F. Dard

  29. La religion catholique considère trois vertus dites théologales : la foi, l’espérance et la charité. J’ai cessé de croire bien avant d’avoir eu le temps d’en approfondir le sens. Ainsi, je ne sais pas ce que vient faire la charité dans cette trinité de vertus. Par contre, je suis convaincu qu’il faut avoir la foi pour pratiquer l’espérance. Ainsi, je ne connais donc pas l’espérance…
    Paul, j’ai été frappé par le fait que le mot espoir ne figure nulle part dans votre réflexion, alors que la grande majorité des commentaires y font référence. Pourtant, lorsque vous dites : « Non, non, c’est maintenant, c’est maintenant, tout de suite. Voilà. », cette affirmation me semble relever de l’espoir. L’espoir fait partie de notre vie, et de la vôtre aussi, j’espère. De temps en temps en tout cas, vous en suscitez aussi chez vos lecteurs par certaines de vos propositions, car il existe une chance que l’une d’elle se concrétise un jour. Gardons l’espoir !

  30. Vivre chaque jour dans l’espérance que le lendemain sera meilleur que la veille parce que le jour présent semble sans issue: c’est exténuant, stérile, sans poésie aucune. Parce qu’il faudra recommencer les jours suivants et qu’il ne semble pas nous être donné un autre choix.
    On a comme un petit caillou dans sa chaussure. On peut boiter toute sa vie… Surtout quand la vie est bancale. Faudrait pouvoir changer d’époque. Laquelle choisirait-on? Celle qui vient?
    Si on répond: « non »; on boitera longtemps encore…

  31. @Merlin II
    Vos citations nous montrent que nos états d’âme ne sont pas nouveaux. Ce qui nous arrive n’a donc rien d’original. Nous sommes très nombreux à le penser, à le ressentir, moins nombreux probablement à vouloir changer le système. La désillusion conduirait-elle à la passivité ?
    Question pour tous : comment faire le marketing « des bonnes idées » ou « de bonnes idées » ?

    Une idée : il probablement plus accessible de promouvoir de bonnes idées plébiscitées par 75% des amis de Paul.
    Pourquoi 75% ? Et ben … pourquoi pas ?
    Donnez votre point de vue sur le chiffre jusqu’à la fin de la semaine prochaine et on fait la moyenne.

    Une autre méthode qu’on trouve sur pas mal de blog, Les « like ». Il aide à repérer les messages jugés les plus intéressants. Je ne me bagarrerais pour cette idée à moins que vous la jugiez intéressante. Pourquoi ne pas l’appliquer sur le blog de Paul.

    Bonne journée.

    1. Bel exemple de dérive via la tyrannie par les nombres !
      Supiot pourrait le relever, et d’ailleurs pas mal d’autres , dont je suis , sont consternés par le côté pouce levé ou baissé qui s’installe sur les réseaux sociaux .

      1. Tyrannie par les nombres, why not. Mais la tyrannie par les mots guette ce blog… Tout est donc une question d’équilibre et d’objectif.

      2. @Vermont :

        L’objectif peut être fils de l’espérance ou de l’espoir .

        Mais , l’équilibre est menacé de mal connaître son père et sa mère ,et de confondre quantitatif et qualitatif . Nous voilà bien dans le fameux rapport de forces souvent évoqué ici et ailleurs .

        En principe , c’est la Constitution ( via en particulier , l’équilibre des pouvoirs ) qui doit être la bonne balance pour « peser » , évaluer » , la meilleure  » harmonie » de réalités contradictoires , toujours en « bascule avant » si possible .

        Les grecs appelaient aussi ça le sens de la « mesure »
        ( « Jamais trop ») , au chiasme de nos deux cerveaux .

        Il y a plein d ‘êtres très intelligents complètement déséquilibrés , qui nous imposent un équilibre de la terreur , ou des équilibres budgétaires dénués de sens et d’espoir .

  32. « Comment remonter le torrent
    ses rocs, ses gouffres,ses remous?

    Seul y rit un souffle feroce contre quoi rien ne prevaut,
    sinon parfois de grands troncs morts

    Franchis-les
    Defie le courant comme une truite avide d’accomplir son frai,
    car si tu parviens jusqu’a l’antre d’ou sort la source,

    Tu apprendras qu’elle est en toi
    tout en etant plus que toi-meme,

    et qu’en buvant l’eau qu’elle t’offre
    Tu bois aussi sa propore soif de ta soif »
    de JC. Renard

    1. Très joli ! Les métaphores semblent parfois exprimer des choses contraires et pourtant elles se rejoignent dans leur sens supérieur.

      « Quels que soient le ou les cailloux dans son lit, l’eau trouvera toujours un chemin pour couler vers l’aval. Les cailloux ne lui importent guère : elle les contourne et, les contournant, elle les use jusqu’à les réduire en sable. »
      Marc Halévy.
      Le Tao

  33. @ TOUS ,

    ( Ci-après ma dernière occurrence sur le sujet traité , sauf à lire des messages concrets de suivi , bien entendu..)

    Je viens d’achever la vision du lien que j’osais recommander en aveugle à « Julie » dans mon message du 01/10 à 20:32 :
    http://yanisvaroufakis.eu/2015/10/01/entretien-exclusif-yanis-varoufakis-sur-ecorama/
    …27 minutes excellentes , presque suffisantes pour que ceux qui n’ont pas de temps pour le lien « Médiapart » de base ( = 2x une heure de vision passionnante..) puissent se faire une idée de l’état d’âme intello-combattif et associatif de Ianis VAROUFAKIS ,à exploiter d’urgence à mon sens…
    I.V. termine l’interview face à l' »ennemi? de classe » ECORAMA par:
    … »Il faut démocratiser , créer un mouvement PAN-EUROPEEN pour démocratiser l’argent , l’euro , notre devise… »
    Mise en valeur finale par le présentateur de son dernier livre :
     » Un autre monde est possible «  pour que ma fille croie encore en l’économie….. Flammarion.
    [ Déjà en format « Epub »(FNAC) ..Prévu en format Kindle (Amazon) dès le 7 octobre …]
    ————————————————————————————-
    «  » » » »AUX ARMES CITOYENS..!!. » » » » »…………….°(^!^)°

      1. J’aime bien A. Tsipras, ainsi que mon homonyme qui en fait un peu trop mais franchement les européens le méritaient.
        Vive AT, vive YV. Ils sont sur la bonne voie tous les deux à leur façon et nous redonnent de l’espoir.

      2.  » Ma modeste suggestion « … : ………°(^!^)°…

        Création médiatiquement (audio-visuelle) retentissante d’un CABINET NOIR de Surveillance et de Conseil en Economie Européenne Validée…. ( C.N.S.C.É.E.V.))……appellation non protégée..°(^!^)°..

        Base : BRUXELLES car capitale européenne et..et..et..
        Origine : Créer une A.S.B.L. de droit (belge?)…
        Objet : Émission de commentaires et suggestions post- MAIS idéalement pré- décisions économiques européennes en veillant exclusivement à l’intérêt général
        Mode de fonctionnement : Tenue informatisée et transmission médiatiquement orchestrée  » urbi et orbi  » d’avis et commentaires [[ triés validement par un comité d’experts et de citoyens (  » QI normaux  » , candidats à la fonction éventuellement tirés au hasard si trop nombreux ) ]] sur tout projet d’ordre économique concocté ou décrété par les « autorités compétentes » de l’U.E….
        Transparence : par création et/ou délégation d’un blog citoyen pan-européen dédié. Accessibilité et contrôle à définir sur base d’avis expérimentés….°(^!^)°..
        Comité de base : Composition sur base volontaire mais comportant au moins toutes les « pointures » citées au cours de mes interventions sur ce fil…( Cliquer sur cet article — Tenir enfoncées un instant en même temps les touches-clavier « Ctrl » et « F » — Taper « Otromeros » dans le cadre lumineux brusquement apparu en bas de page — lister les occurrences une à une en tapant sur les touches de défilement vertical proposées…LIRE..)

        En présidence d’honneur (..au moins..) vous ne serez pas étonnés de me voir suggérer Ianis Varoufakis à qui l’offre de participer aura clairement été faite…. ( à l’initiative de ce blog…idéalement…)

        On va pouvoir se compter…°(^!^)°…..tenez-nous au courant.

    1. C’est la réponse « sensible » , du corps , à l’interrogation faite .
      La réponse « volontaire » est plutôt celle de Guillaume 1er d’Orange-Nassau .

      1. Réponse « volontaire » :

        « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » (Guillaume d’Orange).

        J’ajouterai : « Il faut imaginer Sisyphe heureux » (Camus)

  34. Bonjour. L’espérance est à mes yeux trop connotée religieusement. Quant à l’espoir, il doit s’enraciner dans du concret pour me visiter. Je crois que, bien entendu, la vie ne vaut pas grand chose si son humanité n’est pas première, à savoir que sans valeurs, on risque de ne connaître que des prix, des bénéfices, des pertes, et d’en rester au domaine du combat et de la concurrence, à la solitude donc. Mais cet univers de la tension et de l’agression, qui ne réserve que la victoire ou la défaite, est ce que nos temps gris nous ont infligé. Chacun d’entre les humains vivant dans les pays « modernes » est confronté au choix simple de tenter d’exister pour et par lui-même face aux autres, ou de se fondre dans le grand chaudron de l’individualisme consumériste et donc de l’égoïsme. Car exister pour les autres ne peut sans doute être possible qu’à partir d’une individualité construite, capable de forger sa propre échelle de valeurs dans un contexte où le supermarché des fausses valeurs, enracinées peu ou prou dans un prix, fournit de la camelote aisément accessible. Evidemment, une grande inégalité sépare les hommes, dont tous n’ont pas l’exigence d’être. Ce qui est bien dommage, car les plus grands bonheurs naissent de soi, du partage de soi, et l’on ne peut partager que ce que l’on possède (… et, sur les marchés, vendre ce que l’on ne possède pas!). En la matière, un intellectuel a (peut-être) le choix: soit il diffuse des idées et des concepts empruntés à l’air du temps, avec la quasi certitude de rencontrer la notoriété et ce qui va avec, soit il forge avec sa vision un discours, un univers donc, qui véhicule à la fois des idées, et son humanité, qui alors sont un. Attaquer rationnellement un « intellectuel alimentaire » sur son discours académique, c’est frapper à la caisse. Mettre en cause malignement celui qui se bat pour l’être et le partage, c’est abîmer l’espoir, et se révéler prisonnier de l’aliénation généralisée qui nous guette. Le « miracle Jorion » est d »avoir allié l’exigence absolu de l’humain et de l’expertise et d’avoir rencontré la notoriété. Ce parcours est une preuve que le combat des idées enraciné dans l’ambition de l’altruisme et de l’honnêteté a un bel avenir. Un parcours susceptible de faire naître l’espoir. Et pour certains, un « parfum d’espérance »? Après tout, pourquoi pas?

    1. Ce qui tendrait à montrer , si vous rejoignez Paul Jorion ( et il le semble) , que vous confondez  » apéritif » et  » parfum » .
      Le goût , l’odeur , voilà deux sens ( ça va faire plaisir à Basic dans sa retraite) satisfaits .
      Mais quid de la vue , du toucher et de l’oreille ?
      Une ligne d’horizon , « corps femenin qui moult es tendre », une voix ou une mélodie qui rend vulnérable « le temps d’un instant » ?

      Au total , on dirait que « l’espérance « est éphémère et légère , comme l’amour , enfant de bohème .

      1. Pour tenter la reconnaissance de l’espérance par « la vue » , plutôt que le cliché un peu convenu de la ligne d’horizon , on peut préférer un tableau , une image , un dessin ( dessein ?) , magique mariage des formes et des couleurs ( le vert en prédominance ?) .
        Ça possède aussi l’avantage de me réconcilier avec Octobre .
        Enfin , j’espère .

  35. Nul besoin d’espérance pour résister
    Nul besoin de pari, de promesse ou d’illusion
    La résistance est la pulsation de l’existence
    La voie de la création l’empreinte de la liberté
    Sans elle, l’homme renonce à lui-même.
    Yannis YOULOUNTAS

    1. Je partage assez l’idée que l’on est plus résistant ( résilient ) par  » son corps » que par « raisonnement » , et que l’on devient lutteur, alors que tout semble perdu ,  » à sa raison défendant » .

      Mais cette « pulsion de vie » paradoxale ( j’ai plus de circonspection envers  » la voie de la création et l’empreinte de la liberté ») qui regarde la mort en face , d’où tient elle sa source ?
      Et pourquoi cette source universelle se tarit elle pour trop d’humains ?

      1. @juannessy dit : 2 octobre 2015 à 20:18
        1 – Axe sud ouest : Bordeaux proche de Vélizy, tiens tiens !
        2 – Alliances et la recherche d’appuis , 24 heures : évident, non !
        3 – Aspirine ou alcool ? Plutôt aspirine.
        4 – Science Po : un peu de provo pour dire qu’on peut mieux faire !
        5 – Appréciation : mais le doute habite la tête de gondole .

        Espérance : la lutte est trop inégale entre ceux qui en viennent à se droguer à l’espérance et ceux qui droguent de la finance (avec le vain espoir que tout continuera comme avant). Une fois qu’on aura cantonné la finance à ce qu’elle doit faire et sait faire, on pourra rêver sans drogue. Je ne souhaite pas mettre la charrue avant les boeufs, en parallèle pourquoi pas.

      2. @Vermont :

        Mettre son espérance dans des parallèles, qui par construction ne se rencontreront jamais ,c’est une mise en perspective qui ressemble plutôt à un point de …fuite .

        Variante : quand on se tient en …équilibre, entre deux parallèles , il faut être sur qu’on a les jambes assez longues pour que le grand écart n’aboutisse pas à la chute .

        Sauf si l’on espère dans la lévitation .

        Mais j’ai enfin mieux réussi à vous  » localiser » .

      3. La source de la pulsion,- ou de la pulsation de vie ?

        Comme le pense Yannis Youlountas, c’est justement la résistance, la rébellion, la révolte. Camus pensait aussi que la révolte, la capacité de révolte donne tout son sens à la vie.

        Pourquoi la pulsion de vie se tarit-elle chez tellement d’humains ? Parce qu’elle est inhibée, endiguée, enchaînée.

        Une psychanalyse à travers le dé-formatage de son « moi » qu’elle provoque, permet de se dés-inhiber, de libérer en soi cette pulsion de vie, de se dés-enchaîner, de devenir soi, unique, avec et pour les autres.

      4. @Chantal :
        J’ai fait un raccourci effectivement vicié . Pulsion ,’est pas pulsation , tous les cardiologues le savent bien ( les cardiaques aussi !).
        Dans le combat entre pulsion de vie ( Éros ) et de mort (Thanatos) , depuis Freud , Jung , Nietzsche, Kierkegaard, et quelques autres , la psychanalyse a précisément résumé , d’une certaine façon , ce qui nous fait « homme » à « l’assemblage dynamique » de ces deux combattants .
        Enfin , c’est moi qui le résume comme ça , et c’est ma principale réticence à octroyer à cette …discipline , la vertu absolue de nous aider à comprendre , décrypter , désirer , communiquer , agir .
        Considérant comment la psychanalyse n’a pas échappé, et n’échappe pas encore, à des chapelles et aux prêtres eux aussi plus ou moins féroces , j’ai préféré continuer à essayer de trouver dans la multitude des « regards », un semblant de vérité .
        Que je n’ai pas encore trouvé !

        « J’espère » faire encore quelques progrès ( on appelle parfois ça « culture ») tant que cette « tension » existe , avant que la nature , bonne mère , ne m’ôte la conscience .
        Pour le moment , juste la vague intuition , que cette  » tension » n’est pas de mon  » ressort » .

        La culture et la « volonté » de partager ce que je crois acquis pour « vrai » , si .

  36. PJ said : « Et quand on réussit cette expérience, quand on découvre ce qu’il y a moyen de faire avec une psychanalyse, on se dit que tout le monde devrait en faire une, et que si on parvenait à faire ça, et que ce soit une analyse réussie, eh bien, le genre humain serait d’une autre nature. »

    Une autre nature ? Diantre ! Va falloir encore se contenter de la chimie pour ça…

  37. Pour résumer la recette du changement :
    Un peu d’espérance
    Beaucoup de foi (en soi-même)
    Et une parfaite connaissance de soi (ici nommée psychanalyse)
    Il faut ensuite rajouter :
    Beaucoup de motivation, de courage
    Beaucoup d’interactions
    Beaucoup de persuasion

    Et partager cela avec le plus de monde possible.

    Le plus difficile n’est pas de construire un nouveau modèle, c’est aussi de démonter l’ancien menaçant ruine.

    1. Pourtant , quand on voulait réparer une montre , il était plus facile de la démonter ( même si c’était  » la moitié du travail de fait » ), que de la remonter .
      Les meubles en kit ( pas de pub) se rapprocheraient davantage de vos modèles .
      Mais sur les mondes qui s’écroulent ,et les poutres à changer , tels que Zébu les évoquait un jour , j’ai déjà rappelé mon opinion .

  38. J’ai un peu honte , et demande par avance excuse à mes ami(e)s catholiques , mais je relève que , si Jésus avait mis son espérance que dans une récompense dans l’au delà , il n’aurait pas levé les bras et retroussé ses manches jusqu’à la fin …

    De façon moins censurable , l’idée qui me vient à moi aussi , là tout de suite en écrivant , est que cette tentative de recherche d’issue par la psychanalyse , c’est un peu beaucoup l’espoir mis dans la « confession » en religion catholique , ce qui rendrait Paul Jorion plus catholique que protestant en dépit de ses origines ethniques récemment rappelées !

  39. S’il ne faut pas « vivre sur l’espérance » , est ce pour autant qu’il faut vivre sur la psychanalyse , au risque que Mad Max n’en fasse le même commentaire ?

    D’autant que la psychanalyse  » à enseigner dans les écoles dès le plus jeune âge » , et « à tout le monde » , ça me rappelle furieusement tout ce que nous renvoyons à nos chers bambins , faute d’avoir le courage , le goût , ou le talent de le faire nous mêmes .

    Je redoute le moment où l’on dira que , puisqu’elle ne peut maîtriser le capitalisme libéral , la démocratie ne vaut pas plus que cet agonisant . Car , alors , on sera vraiment dans la folie dégénérative de Soral et Dieudonné , dont les névroses personnelles devenues psychoses se sont engouffrées dans le vide apparent laissé par nos « non-hommes d’État » dans le combat entre démocratie et capitalisme .
    Et qui auraient bien eu ,et ont, besoin que quelqu’un leur dise :  » parlez moi de vos parents  » . Mais la liste est longue dans la salle d’attente potentielle !

    Je repense aussi à Oscar Wilde ( Dans une démocratie aboutie , tous les citoyens sont des aristocrates ).

    Si « aristocrates » passe par  » psychanalysés » , je préfère la démocratie imparfaite , longue , trop souvent décevante .Mais qui est vraiment nous et vraiment moi .

    Liberté , Égalité , Fraternité étendue au vivant .

    1. Dans le genre igné , je préfère Johnny Hallyday .

      Ha que , il baisse jamais les bras , sauf pour gratter sa guitare .

      La pêche ! Normal , il est belge .

  40. @Juan,

    Mise en parallèle… vous avez tout faux.
    2 parallèles se coupent à l’infini donc elles ne peuvent pas s’écarter.

    Mince, j’essaye d’être sérieux, de composer et on m’envoie en l’air.
    Sincèrement, j’ai choisi mon sujet, la finance. Quant à la psychanalyse, l’espérance et tutti quanti, ce sera pour demain dès que j’aurais accepté mon échec, car la finance, c’est un sacré morceau.

    Je viens d’imaginer un schéma de représentation simplifiée de la circulation mondiale des liquidités par un réseau de canalisations horizontales et verticales, avec des clapets anti-retour, des petits tuyaux, des grands tuyaux qui fonctionnent suivant le principe des vases communiquant.
    Pour représenter le QE, il suffit d’ajouter du liquide en partie haute. Je vais probablement ajouter une vanne et une canalisation pour permettre aux profits bancaires d’alimenter les réserves de la banque centrale.
    La finance devient un jeu de légo ! Espérons que mon futur petit fils comprendra, pour reboucler avec le thème de l’espérance.

    1. Moi j’espère ( en fait ,pour le coup, je suis vraiment sur ) que lorsqu’il sera là, son grand père trouvera tout autre chose à lui raconter !

      1. @juan
        Grand-père ! Juan, vous me connaissez au travers de ce que j’écris, qui ne traduit pas ma pensée, c’est le principe de la tyrannie des mots. Les chiffres sont plus synthétiques mais tout aussi tyranniques, cf le PIB.
        Je suis le champion des casse-pieds quand j’ai une idée en tête. Elle tourne dans mon cerveau jusqu’à ce qu’il crie Euréka…

        Plus sérieusement, effectivement, avec mon petit-fils, je ne me comporterais pas ainsi. Je jouerai avec lui comme j’ai toujours joué avec mes enfants. Mais je crains de ne pas résister à l’intéresser aux sciences, à la physique, aux mathématiques, à l’économie politique, au fonctionnement du cerveau qui nous leurre tous les jours.
        J’essayerai de lui communiquer mon optimisme béat, mais raisonné, mon espérance dans une vie meilleure etc…

        Tout un programme ! Ne revient-il pas aux anciens d’aider les jeunes à appréhender notre monde. Je veux bien être, pour lui, un accélérateur de compréhension du monde qui nous entoure, en acceptant de me tromper. La transmission du savoir (la formation), c’est grâce à elle que nous discutons ensemble.

        Ce sera mon dernier commentaire sur ce billet. A bientôt Juan. Ce fut un plaisir.
        Je retourne à l’écriture besogneuse de mon bouquin.

      2. @Yves Vermont :

        Si les mots et les chiffres vous trahissent , vous avez sans doute raison de vous retourner vers le dessin et les schémas !

        Pour vos petits enfants présents ou à venir , vos préparatifs de généreuse transmission sont de bonne augure , mais attendez vous à ce que vos petits enfants vous apprennent plus que vous ne leur apprendrez !

        Car les enfants sont d’incroyables psychiatres .

        Bonne journée !

      3. il faut que tu respires du Mikey 3d au lieu du Johnny Hallyday .
        Car si l’idée, est de foutre le feu, moi je préfère maitriser les événements et non les subirent.

  41. Bon je maitrise pas la psychanalyse, j’ai l’impression d’avoir passé une bonne partie de mon adolescence à mon rapport à ma parenté, là où mes congénères cherchaient plutôt à ce reproduire, c’est comme ça.
    Mais est-ce qu’elle peut tempérer un sociopathe?, elle a surement des vertus sur la compensation d’un manque affectif (quoique les analystes me semblent aussi rigide qu’ils s’espèrent ouverts).
    Mais n’y a t-il pas des possibles plus simple a réaliser, peut-être moins ambitieux et plus rapides, qui offriraient déjà un questionnement suffisant (quoique faut déjà un certain état d’esprit).
    Si quelqu’un est assez compétent pour un billet sur les psy-machin-truc c’est le moment.

    1. Vous avez déjà fait une partie du bon chemin tout seul.
      La partie la plus difficile , celle qui consiste à faire le demi tour pour se remettre dans le sens du  » à venir  » , plutôt que du rétroviseur et de la fausse protection douillette .
      Pour la suite , psy ou pas , c’est affaire de rencontre avec des personnes assez fortes pour ne pas vous donner à porter leurs propres valises .

      1. Au passage , je crois que vous avez confondu sociopathe et a-social .
        Enfin j’espère ne pas me tromper .

      2. Franchement si je ne souhaitai pas m’occuper du « à venir » je n’aurai jamais écrit une ligne :), mais il suffit pas de chanter tout les jours.
        On savait que tel que fût configurer l’Euro (zone monnétaire non optimale avec des différentiels de taux d’endettement fragilisant les territoires à la fois périphérique et moins productif), la Grèce aurait son endettement qui exploserait (c’est presque un cas d’école des pays « en voie de développement » des années 80, excepter que l’endettement n’était pas basé sur une culture d’exportation, mais sur un simulacre d’unité Européenne) par rapport au PIB, ajuster des critères institutionnels la dessus c’est débile, ou monstrueux (vous avez le choix à Francfort de l’adjectif soit vous êtes débiles soit vous êtes encore une fois monstrueux), j’allai quand même pas me taper le film au ralentie alors qu’on connaissait l’épilogue (sans annulation d’une forte partie de la dette, sans une mutualisation de la dette, sans des transferts massifs ou une sortie de l’Euro, y avait que la tiers mondialisation du pays comme stratégie, c’est minable, cela résume le projet Européen depuis quelques décennies)
        Le  » à venir » il transpire assez.

  42. … »Je viens d’imaginer un schéma de représentation simplifiée de la circulation mondiale des liquidités« …

    Mais encore…??…°(^!^)°…

      1. Il y a des crises partout et dans tous les secteurs et la Bourse est en hausse ! Absurde.
        Ce vieux monde se délite, le nouveau émerge difficilement, mouvements tectoniques comme l’a dit P.J.
        Pas besoin d’être psychiatre pour constater l’énorme arnaque des puissants , le message à la plèbe : changez individuellement de comportement, recyclez, consommez mieux, acceptez la trahison énergétique, adaptez-vous ou crevez.
        Ils empêchent, censurent ou récupèrent les changements collectifs nécessaires au bien-être du plus grand nombre et les média sont leurs prophètes.

      2. @Béotienne :
        Si j’écoute et crois ce qui se dit , la dernière hausse des bourses , au moins occidentales , est due au report à un peu plus tard d’une hausse des taux d’intérêts américains par la FED .
        Et si la FED « patiente » , c’est parce que les courbes d’évolution du chômage aux States , ne sont pas bonnes .

        On ne saurait mieux démontrer que le bonheur des actionnaires a besoin du malheur des salariés .

        On cherche un psychiatre pour expliquer pourquoi et comment nous pouvons encore le supporter .

  43. Zébu : Qui est habile?
    Comme son billet n’appelle pas trop de commentaire , je me contente de noter qu’il alimente l’album de la Comtesse .

    Pour les billets en tir groupé de Paul Jorion et Marie-Paule Nougaret , je vais prendre mon joker , en notant vicieusement qu’ils manquent cependant de précision me permettant de les contredire , circonstancier ou enrichir, et , sans que mon entraineur ne me le demande, je vais m’asseoir 24 heures sur le banc de touche plutôt que m’étendre sur le divan du psy .

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