Paul Jorion pense tout haut le 30 septembre 2015 à 19h43 – (retranscription)

Retranscription de Paul Jorion pense tout haut le 30 septembre 2015 à 19h43. Merci à Olivier Brouwer !

Ouvert aux commentaires. J’aimerais que le débat – qui me semble important – soit ciblé sur les sujets que j’évoque ici. Je demanderai du coup à quelques commentateurs habituels qui ont fait la preuve au fil des ans de leur incapacité à parler du sujet évoqué [BasicRabbit, Dominique Gagnot, Gudule et JDucac] de s’abstenir cette fois-ci pour laisser de la place aux autres.

Bonjour, nous sommes le mercredi 30 septembre 2015. Quand je vous parle un vendredi, j’appelle ça Le temps qu’il fait. Quand c’est un autre jour, j’appelle ça parfois Le temps qu’il fait, si on est un jeudi, en vous expliquant que le lendemain, je serai sur la route ou je ne sais quoi. Aujourd’hui, on est mercredi, et j’ai envie de parler de quelque chose, c’est d’une inquiétude que j’ai, et en même temps, ce n’est pas vraiment une inquiétude parce qu’il y a quelque chose de rassurant dans toute cette histoire.

On m’a posé la question, c’était à la Catho de Lille, la semaine dernière, sur l’espérance. Et ce qui m’est venu, c’est de dire que quand l’espérance est nécessaire en permanence, eh bien, c’est une mauvaise chose : c’est que vraiment, ça va trop mal, et qu’on ne vit qu’à partir d’une représentation probablement assez mystifiée de l’avenir.

Il ne faut pas « vivre dans l’espérance ». On peut vivre dans l’espérance de temps à autres, de temps en temps, quand ça ne marche pas trop bien : quand mon ami Debauche disait que ce ne serait peut-être pas une mauvaise chose de boire un petit apéritif pour se remettre sur les rails. François Debauche, qui est mort il y a pas mal d’années [en décembre 1996], qui était un psychiatre remarquable de Bruxelles : une personne qui était venue très tard à la médecine, à la psychiatrie, mais qui est venue, je dirais, avec un sens de l’humain extraordinaire et qui nous a appris pas mal de leçons, à beaucoup d’entre nous.

Et donc, l’espérance, voilà, c’est bien de temps à autres, comme un petit apéritif, mais il ne faut pas vivre là-dessus. Si on vit sur l’espérance, c’est comme disait Mad Max : c’est parce qu’on n’arrive à rien, et dans ce cas-là, eh bien, on devient fou. Voilà.

Donc, il faut essayer de changer les choses, et parfois, ça va bien. Moi, je ne sais pas combien, c’est des centaines de vidéos que j’ai faites comme ça, que vous avez eu l’amabilité de regarder, et parfois, je me dis : « T’étais plein d’enthousiasme ou t’étais pas plein d’enthousiasme , et ça dépendait plutôt, sans doute, d’humeurs qui te sont propres et qui n’ont pas grand-chose à voir avec le monde. »

Je dois retomber sur mes pattes, puisqu’on me supprime un enseignement quelques semaines avant que j’imaginais le recommencer, et donc, j’ai relancé cette idée qui était la mienne, c’est que, depuis pas mal d’années, depuis le tout début des années 90, j’ai eu ce sentiment – parce que j’ai eu le plaisir, et je dirais l’honneur, d’avoir eu une psychanalyse avec Philippe Julien – d’avoir le sentiment que la psychanalyse, c’est quelque chose de très important. Malheureusement, malheureusement, certains psychanalystes, même très célèbres, sont des gens qui sont passés à côté de cette expérience. Quand ils en parlent, les bras m’en tombent, parce que ça veut dire que malgré la place qu’ils ont dans la représentation de ce que c’est que la psychanalyse, c’est quelque chose qu’ils n’ont pas compris. Ils n’ont pas compris, sans doute, parce qu’ils n’ont pas eu un bon analyste qui les a fait passer à côté de quelque chose de très important. Moi, j’ai eu un premier psychanalyste, qui m’a fait passer à côté de quelque chose de très important, et c’est grâce à une amie qui a insisté, qui m’a dit : « Non non, non non, il y a là quelque chose d’essentiel ! », et qui m’a conseillé de faire une analyse avec Philippe Julien… Et ce monsieur qui est mort maintenant, lui il comprenait de quoi il s’agissait, et avec un énorme travail de sa part, un énorme travail de sa part : nous avons beaucoup souffert, lui et moi, à essayer de tirer le maximum qu’il est possible de cette expérience.

Et quand on réussit cette expérience, quand on découvre ce qu’il y a moyen de faire avec une psychanalyse, on se dit que tout le monde devrait en faire une, et que si on parvenait à faire ça, et que ce soit une analyse réussie, eh bien, le genre humain serait d’une autre nature.

Souvent, les gens me disent : « Oui, ce n’est pas d’une révolution extérieure dont on a besoin, on a besoin d’une révolution intérieure ! », mais il faut encore que cette révolution intérieure soit d’une qualité exceptionnelle pour que, voilà, si tous les êtres humains passaient par là et en tiraient les conséquences, on aurait une représentation du monde tel qu’il est, qui permettrait de le changer dans la bonne direction.

La semaine dernière, j’ai été reçu, donc, à l’Université Catholique de Lille, et j’ai eu un accueil comme on les rêve, c’est-à-dire d’un public qui vous écoute, qui a l’impression qu’il peut tirer quelque chose de ce que vous dites, et moi aussi, de pouvoir tirer quelque chose, non seulement de l’attention, au moment même, mais aussi des questions qui me seront posées par la suite.

Mais en même temps, en même temps, devant ce public où quelqu’un m’a demandé si j’étais croyant, pas pendant l’exposé mais par la suite, et que j’ai dit : « Non : non non, je ne suis pas croyant », mais il y a quand même, dans un auditoire où on comprend ce que je dis quand je répète après d’autres qu’il faut rétablir les valeurs, que les valeurs, c’est quelque chose qui n’a pas de prix, contrairement à ce qu’on nous répète depuis qu’Albert le Grand a falsifié délibérément une traduction d’Aristote, et on nous a dit que derrière chaque prix, il y a une valeur qui se cache… Non, non, le domaine des valeurs et le domaine des prix, c’est des domaines qu’il ne faut pas faire communiquer : là où il y a valeur, il n’y a pas de prix, là où il y a prix, il n’y a pas de valeur. Et c’est Supiot, Alain Supiot, qui reprend le vieux terme de l’époque de la scolastique en parlant de « dignités ». Les dignités comme l’honneur, comme ce qu’on appelle les vertus, etc. Alors là, je dirais, parmi les gens qui sont soit catholiques, soit « catholiques-zombies » comme dit mon ami Emmanuel Todd, il y a des gens qui comprennent encore – et ils ne sont pas les seuls, bien entendu – qu’une valeur et un prix, ça n’a aucun rapport, et qu’il faut rétablir, je dirais, le royaume, le royaume des valeurs. Et c’est une chose qui vous vient en psychanalyse, même si vous ne l’avez jamais comprise, que ce que c’est qu’être humain, être un être humain, et comprendre, je dirais, toute la dimension merveilleuse qu’il y a derrière ça. Malgré, malgré toutes les horreurs que produisent les êtres humains, c’est qu’il y a une expérience, là, qui vous fait toucher les choses de près.

Et je le leur ai dit, à mes amis qui m’écoutaient à la Catho de Lille, qu’il y a quelque chose, malheureusement, dans la manière dont eux posent les choses – même s’ils mettent le doigt sur une grande vérité qui est celle de la condition humaine – que dans le fait qu’ils imaginent, au moins certains d’entre eux, ceux qui sont croyants, qu’il y a derrière tout ça un endroit après l’expérience de la mort, un endroit où la justice se rétablit, où on est récompensés pour les vertus qu’on a présentées et punis pour les vices qui ont été les nôtres, il y a dans cet élément-là un élément démobilisateur. Cette idée que, même si on baisse les bras, même si on arrête de se retrousser les manches, il y aura une récompense, là, quelque part, un jour, c’est un élément démobilisateur. Même si, comme certains d’entre eux m’ont rappelé, que Jésus – Jésus Christ – nous a dit qu’il fallait s’occuper des choses tout de suite, parce que ce monde, dans lequel nous sommes, c’est celui qui nous est donné dans l’immédiat, cette idée qu’il y a, derrière tout cela, après, une immortalité où les choses s’arrangeront, ça nous empêche de mettre tous nos efforts, de mettre toutes nos énergies au service de ce qu’il faudrait changer maintenant, parce qu’il faut changer les choses à l’échelle de deux générations, trois générations, c’est-à-dire de 60 ans, de 90 ans… Non, non, c’est maintenant, c’est maintenant, tout de suite. Voilà.

Parfois je parle de ces choses-là le vendredi. En général, le vendredi, je fais un récapitulatif de la semaine qui vient de s’écouler. Quand j’ai envie de parler de choses un peu plus graves, j’appelle ça Paul Jorion pense tout haut (un jour de semaine). Voilà. J’espère que nous pourrons tous tirer parti de ces réflexions qui me viennent un mercredi soir. Voilà, à bientôt !

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136 réflexions sur « Paul Jorion pense tout haut le 30 septembre 2015 à 19h43 – (retranscription) »

  1. Vivre chaque jour dans l’espérance que le lendemain sera meilleur que la veille parce que le jour présent semble sans issue: c’est exténuant, stérile, sans poésie aucune. Parce qu’il faudra recommencer les jours suivants et qu’il ne semble pas nous être donné un autre choix.
    On a comme un petit caillou dans sa chaussure. On peut boiter toute sa vie… Surtout quand la vie est bancale. Faudrait pouvoir changer d’époque. Laquelle choisirait-on? Celle qui vient?
    Si on répond: « non »; on boitera longtemps encore…

  2. @Merlin II
    Vos citations nous montrent que nos états d’âme ne sont pas nouveaux. Ce qui nous arrive n’a donc rien d’original. Nous sommes très nombreux à le penser, à le ressentir, moins nombreux probablement à vouloir changer le système. La désillusion conduirait-elle à la passivité ?
    Question pour tous : comment faire le marketing « des bonnes idées » ou « de bonnes idées » ?

    Une idée : il probablement plus accessible de promouvoir de bonnes idées plébiscitées par 75% des amis de Paul.
    Pourquoi 75% ? Et ben … pourquoi pas ?
    Donnez votre point de vue sur le chiffre jusqu’à la fin de la semaine prochaine et on fait la moyenne.

    Une autre méthode qu’on trouve sur pas mal de blog, Les « like ». Il aide à repérer les messages jugés les plus intéressants. Je ne me bagarrerais pour cette idée à moins que vous la jugiez intéressante. Pourquoi ne pas l’appliquer sur le blog de Paul.

    Bonne journée.

    1. Bel exemple de dérive via la tyrannie par les nombres !
      Supiot pourrait le relever, et d’ailleurs pas mal d’autres , dont je suis , sont consternés par le côté pouce levé ou baissé qui s’installe sur les réseaux sociaux .

      1. Tyrannie par les nombres, why not. Mais la tyrannie par les mots guette ce blog… Tout est donc une question d’équilibre et d’objectif.

      2. @Vermont :

        L’objectif peut être fils de l’espérance ou de l’espoir .

        Mais , l’équilibre est menacé de mal connaître son père et sa mère ,et de confondre quantitatif et qualitatif . Nous voilà bien dans le fameux rapport de forces souvent évoqué ici et ailleurs .

        En principe , c’est la Constitution ( via en particulier , l’équilibre des pouvoirs ) qui doit être la bonne balance pour « peser » , évaluer » , la meilleure  » harmonie » de réalités contradictoires , toujours en « bascule avant » si possible .

        Les grecs appelaient aussi ça le sens de la « mesure »
        ( « Jamais trop ») , au chiasme de nos deux cerveaux .

        Il y a plein d ‘êtres très intelligents complètement déséquilibrés , qui nous imposent un équilibre de la terreur , ou des équilibres budgétaires dénués de sens et d’espoir .

  3. « Comment remonter le torrent
    ses rocs, ses gouffres,ses remous?

    Seul y rit un souffle feroce contre quoi rien ne prevaut,
    sinon parfois de grands troncs morts

    Franchis-les
    Defie le courant comme une truite avide d’accomplir son frai,
    car si tu parviens jusqu’a l’antre d’ou sort la source,

    Tu apprendras qu’elle est en toi
    tout en etant plus que toi-meme,

    et qu’en buvant l’eau qu’elle t’offre
    Tu bois aussi sa propore soif de ta soif »
    de JC. Renard

    1. Très joli ! Les métaphores semblent parfois exprimer des choses contraires et pourtant elles se rejoignent dans leur sens supérieur.

      « Quels que soient le ou les cailloux dans son lit, l’eau trouvera toujours un chemin pour couler vers l’aval. Les cailloux ne lui importent guère : elle les contourne et, les contournant, elle les use jusqu’à les réduire en sable. »
      Marc Halévy.
      Le Tao

  4. @ TOUS ,

    ( Ci-après ma dernière occurrence sur le sujet traité , sauf à lire des messages concrets de suivi , bien entendu..)

    Je viens d’achever la vision du lien que j’osais recommander en aveugle à « Julie » dans mon message du 01/10 à 20:32 :
    http://yanisvaroufakis.eu/2015/10/01/entretien-exclusif-yanis-varoufakis-sur-ecorama/
    …27 minutes excellentes , presque suffisantes pour que ceux qui n’ont pas de temps pour le lien « Médiapart » de base ( = 2x une heure de vision passionnante..) puissent se faire une idée de l’état d’âme intello-combattif et associatif de Ianis VAROUFAKIS ,à exploiter d’urgence à mon sens…
    I.V. termine l’interview face à l' »ennemi? de classe » ECORAMA par:
    … »Il faut démocratiser , créer un mouvement PAN-EUROPEEN pour démocratiser l’argent , l’euro , notre devise… »
    Mise en valeur finale par le présentateur de son dernier livre :
     » Un autre monde est possible «  pour que ma fille croie encore en l’économie….. Flammarion.
    [ Déjà en format « Epub »(FNAC) ..Prévu en format Kindle (Amazon) dès le 7 octobre …]
    ————————————————————————————-
    «  » » » »AUX ARMES CITOYENS..!!. » » » » »…………….°(^!^)°

      1. J’aime bien A. Tsipras, ainsi que mon homonyme qui en fait un peu trop mais franchement les européens le méritaient.
        Vive AT, vive YV. Ils sont sur la bonne voie tous les deux à leur façon et nous redonnent de l’espoir.

      2.  » Ma modeste suggestion « … : ………°(^!^)°…

        Création médiatiquement (audio-visuelle) retentissante d’un CABINET NOIR de Surveillance et de Conseil en Economie Européenne Validée…. ( C.N.S.C.É.E.V.))……appellation non protégée..°(^!^)°..

        Base : BRUXELLES car capitale européenne et..et..et..
        Origine : Créer une A.S.B.L. de droit (belge?)…
        Objet : Émission de commentaires et suggestions post- MAIS idéalement pré- décisions économiques européennes en veillant exclusivement à l’intérêt général
        Mode de fonctionnement : Tenue informatisée et transmission médiatiquement orchestrée  » urbi et orbi  » d’avis et commentaires [[ triés validement par un comité d’experts et de citoyens (  » QI normaux  » , candidats à la fonction éventuellement tirés au hasard si trop nombreux ) ]] sur tout projet d’ordre économique concocté ou décrété par les « autorités compétentes » de l’U.E….
        Transparence : par création et/ou délégation d’un blog citoyen pan-européen dédié. Accessibilité et contrôle à définir sur base d’avis expérimentés….°(^!^)°..
        Comité de base : Composition sur base volontaire mais comportant au moins toutes les « pointures » citées au cours de mes interventions sur ce fil…( Cliquer sur cet article — Tenir enfoncées un instant en même temps les touches-clavier « Ctrl » et « F » — Taper « Otromeros » dans le cadre lumineux brusquement apparu en bas de page — lister les occurrences une à une en tapant sur les touches de défilement vertical proposées…LIRE..)

        En présidence d’honneur (..au moins..) vous ne serez pas étonnés de me voir suggérer Ianis Varoufakis à qui l’offre de participer aura clairement été faite…. ( à l’initiative de ce blog…idéalement…)

        On va pouvoir se compter…°(^!^)°…..tenez-nous au courant.

    1. C’est la réponse « sensible » , du corps , à l’interrogation faite .
      La réponse « volontaire » est plutôt celle de Guillaume 1er d’Orange-Nassau .

      1. Réponse « volontaire » :

        « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » (Guillaume d’Orange).

        J’ajouterai : « Il faut imaginer Sisyphe heureux » (Camus)

  5. Bonjour. L’espérance est à mes yeux trop connotée religieusement. Quant à l’espoir, il doit s’enraciner dans du concret pour me visiter. Je crois que, bien entendu, la vie ne vaut pas grand chose si son humanité n’est pas première, à savoir que sans valeurs, on risque de ne connaître que des prix, des bénéfices, des pertes, et d’en rester au domaine du combat et de la concurrence, à la solitude donc. Mais cet univers de la tension et de l’agression, qui ne réserve que la victoire ou la défaite, est ce que nos temps gris nous ont infligé. Chacun d’entre les humains vivant dans les pays « modernes » est confronté au choix simple de tenter d’exister pour et par lui-même face aux autres, ou de se fondre dans le grand chaudron de l’individualisme consumériste et donc de l’égoïsme. Car exister pour les autres ne peut sans doute être possible qu’à partir d’une individualité construite, capable de forger sa propre échelle de valeurs dans un contexte où le supermarché des fausses valeurs, enracinées peu ou prou dans un prix, fournit de la camelote aisément accessible. Evidemment, une grande inégalité sépare les hommes, dont tous n’ont pas l’exigence d’être. Ce qui est bien dommage, car les plus grands bonheurs naissent de soi, du partage de soi, et l’on ne peut partager que ce que l’on possède (… et, sur les marchés, vendre ce que l’on ne possède pas!). En la matière, un intellectuel a (peut-être) le choix: soit il diffuse des idées et des concepts empruntés à l’air du temps, avec la quasi certitude de rencontrer la notoriété et ce qui va avec, soit il forge avec sa vision un discours, un univers donc, qui véhicule à la fois des idées, et son humanité, qui alors sont un. Attaquer rationnellement un « intellectuel alimentaire » sur son discours académique, c’est frapper à la caisse. Mettre en cause malignement celui qui se bat pour l’être et le partage, c’est abîmer l’espoir, et se révéler prisonnier de l’aliénation généralisée qui nous guette. Le « miracle Jorion » est d »avoir allié l’exigence absolu de l’humain et de l’expertise et d’avoir rencontré la notoriété. Ce parcours est une preuve que le combat des idées enraciné dans l’ambition de l’altruisme et de l’honnêteté a un bel avenir. Un parcours susceptible de faire naître l’espoir. Et pour certains, un « parfum d’espérance »? Après tout, pourquoi pas?

    1. Ce qui tendrait à montrer , si vous rejoignez Paul Jorion ( et il le semble) , que vous confondez  » apéritif » et  » parfum » .
      Le goût , l’odeur , voilà deux sens ( ça va faire plaisir à Basic dans sa retraite) satisfaits .
      Mais quid de la vue , du toucher et de l’oreille ?
      Une ligne d’horizon , « corps femenin qui moult es tendre », une voix ou une mélodie qui rend vulnérable « le temps d’un instant » ?

      Au total , on dirait que « l’espérance « est éphémère et légère , comme l’amour , enfant de bohème .

      1. Pour tenter la reconnaissance de l’espérance par « la vue » , plutôt que le cliché un peu convenu de la ligne d’horizon , on peut préférer un tableau , une image , un dessin ( dessein ?) , magique mariage des formes et des couleurs ( le vert en prédominance ?) .
        Ça possède aussi l’avantage de me réconcilier avec Octobre .
        Enfin , j’espère .

  6. Nul besoin d’espérance pour résister
    Nul besoin de pari, de promesse ou d’illusion
    La résistance est la pulsation de l’existence
    La voie de la création l’empreinte de la liberté
    Sans elle, l’homme renonce à lui-même.
    Yannis YOULOUNTAS

    1. Je partage assez l’idée que l’on est plus résistant ( résilient ) par  » son corps » que par « raisonnement » , et que l’on devient lutteur, alors que tout semble perdu ,  » à sa raison défendant » .

      Mais cette « pulsion de vie » paradoxale ( j’ai plus de circonspection envers  » la voie de la création et l’empreinte de la liberté ») qui regarde la mort en face , d’où tient elle sa source ?
      Et pourquoi cette source universelle se tarit elle pour trop d’humains ?

      1. @juannessy dit : 2 octobre 2015 à 20:18
        1 – Axe sud ouest : Bordeaux proche de Vélizy, tiens tiens !
        2 – Alliances et la recherche d’appuis , 24 heures : évident, non !
        3 – Aspirine ou alcool ? Plutôt aspirine.
        4 – Science Po : un peu de provo pour dire qu’on peut mieux faire !
        5 – Appréciation : mais le doute habite la tête de gondole .

        Espérance : la lutte est trop inégale entre ceux qui en viennent à se droguer à l’espérance et ceux qui droguent de la finance (avec le vain espoir que tout continuera comme avant). Une fois qu’on aura cantonné la finance à ce qu’elle doit faire et sait faire, on pourra rêver sans drogue. Je ne souhaite pas mettre la charrue avant les boeufs, en parallèle pourquoi pas.

      2. @Vermont :

        Mettre son espérance dans des parallèles, qui par construction ne se rencontreront jamais ,c’est une mise en perspective qui ressemble plutôt à un point de …fuite .

        Variante : quand on se tient en …équilibre, entre deux parallèles , il faut être sur qu’on a les jambes assez longues pour que le grand écart n’aboutisse pas à la chute .

        Sauf si l’on espère dans la lévitation .

        Mais j’ai enfin mieux réussi à vous  » localiser » .

      3. La source de la pulsion,- ou de la pulsation de vie ?

        Comme le pense Yannis Youlountas, c’est justement la résistance, la rébellion, la révolte. Camus pensait aussi que la révolte, la capacité de révolte donne tout son sens à la vie.

        Pourquoi la pulsion de vie se tarit-elle chez tellement d’humains ? Parce qu’elle est inhibée, endiguée, enchaînée.

        Une psychanalyse à travers le dé-formatage de son « moi » qu’elle provoque, permet de se dés-inhiber, de libérer en soi cette pulsion de vie, de se dés-enchaîner, de devenir soi, unique, avec et pour les autres.

      4. @Chantal :
        J’ai fait un raccourci effectivement vicié . Pulsion ,’est pas pulsation , tous les cardiologues le savent bien ( les cardiaques aussi !).
        Dans le combat entre pulsion de vie ( Éros ) et de mort (Thanatos) , depuis Freud , Jung , Nietzsche, Kierkegaard, et quelques autres , la psychanalyse a précisément résumé , d’une certaine façon , ce qui nous fait « homme » à « l’assemblage dynamique » de ces deux combattants .
        Enfin , c’est moi qui le résume comme ça , et c’est ma principale réticence à octroyer à cette …discipline , la vertu absolue de nous aider à comprendre , décrypter , désirer , communiquer , agir .
        Considérant comment la psychanalyse n’a pas échappé, et n’échappe pas encore, à des chapelles et aux prêtres eux aussi plus ou moins féroces , j’ai préféré continuer à essayer de trouver dans la multitude des « regards », un semblant de vérité .
        Que je n’ai pas encore trouvé !

        « J’espère » faire encore quelques progrès ( on appelle parfois ça « culture ») tant que cette « tension » existe , avant que la nature , bonne mère , ne m’ôte la conscience .
        Pour le moment , juste la vague intuition , que cette  » tension » n’est pas de mon  » ressort » .

        La culture et la « volonté » de partager ce que je crois acquis pour « vrai » , si .

  7. PJ said : « Et quand on réussit cette expérience, quand on découvre ce qu’il y a moyen de faire avec une psychanalyse, on se dit que tout le monde devrait en faire une, et que si on parvenait à faire ça, et que ce soit une analyse réussie, eh bien, le genre humain serait d’une autre nature. »

    Une autre nature ? Diantre ! Va falloir encore se contenter de la chimie pour ça…

  8. Pour résumer la recette du changement :
    Un peu d’espérance
    Beaucoup de foi (en soi-même)
    Et une parfaite connaissance de soi (ici nommée psychanalyse)
    Il faut ensuite rajouter :
    Beaucoup de motivation, de courage
    Beaucoup d’interactions
    Beaucoup de persuasion

    Et partager cela avec le plus de monde possible.

    Le plus difficile n’est pas de construire un nouveau modèle, c’est aussi de démonter l’ancien menaçant ruine.

    1. Pourtant , quand on voulait réparer une montre , il était plus facile de la démonter ( même si c’était  » la moitié du travail de fait » ), que de la remonter .
      Les meubles en kit ( pas de pub) se rapprocheraient davantage de vos modèles .
      Mais sur les mondes qui s’écroulent ,et les poutres à changer , tels que Zébu les évoquait un jour , j’ai déjà rappelé mon opinion .

  9. J’ai un peu honte , et demande par avance excuse à mes ami(e)s catholiques , mais je relève que , si Jésus avait mis son espérance que dans une récompense dans l’au delà , il n’aurait pas levé les bras et retroussé ses manches jusqu’à la fin …

    De façon moins censurable , l’idée qui me vient à moi aussi , là tout de suite en écrivant , est que cette tentative de recherche d’issue par la psychanalyse , c’est un peu beaucoup l’espoir mis dans la « confession » en religion catholique , ce qui rendrait Paul Jorion plus catholique que protestant en dépit de ses origines ethniques récemment rappelées !

  10. S’il ne faut pas « vivre sur l’espérance » , est ce pour autant qu’il faut vivre sur la psychanalyse , au risque que Mad Max n’en fasse le même commentaire ?

    D’autant que la psychanalyse  » à enseigner dans les écoles dès le plus jeune âge » , et « à tout le monde » , ça me rappelle furieusement tout ce que nous renvoyons à nos chers bambins , faute d’avoir le courage , le goût , ou le talent de le faire nous mêmes .

    Je redoute le moment où l’on dira que , puisqu’elle ne peut maîtriser le capitalisme libéral , la démocratie ne vaut pas plus que cet agonisant . Car , alors , on sera vraiment dans la folie dégénérative de Soral et Dieudonné , dont les névroses personnelles devenues psychoses se sont engouffrées dans le vide apparent laissé par nos « non-hommes d’État » dans le combat entre démocratie et capitalisme .
    Et qui auraient bien eu ,et ont, besoin que quelqu’un leur dise :  » parlez moi de vos parents  » . Mais la liste est longue dans la salle d’attente potentielle !

    Je repense aussi à Oscar Wilde ( Dans une démocratie aboutie , tous les citoyens sont des aristocrates ).

    Si « aristocrates » passe par  » psychanalysés » , je préfère la démocratie imparfaite , longue , trop souvent décevante .Mais qui est vraiment nous et vraiment moi .

    Liberté , Égalité , Fraternité étendue au vivant .

    1. Dans le genre igné , je préfère Johnny Hallyday .

      Ha que , il baisse jamais les bras , sauf pour gratter sa guitare .

      La pêche ! Normal , il est belge .

  11. @Juan,

    Mise en parallèle… vous avez tout faux.
    2 parallèles se coupent à l’infini donc elles ne peuvent pas s’écarter.

    Mince, j’essaye d’être sérieux, de composer et on m’envoie en l’air.
    Sincèrement, j’ai choisi mon sujet, la finance. Quant à la psychanalyse, l’espérance et tutti quanti, ce sera pour demain dès que j’aurais accepté mon échec, car la finance, c’est un sacré morceau.

    Je viens d’imaginer un schéma de représentation simplifiée de la circulation mondiale des liquidités par un réseau de canalisations horizontales et verticales, avec des clapets anti-retour, des petits tuyaux, des grands tuyaux qui fonctionnent suivant le principe des vases communiquant.
    Pour représenter le QE, il suffit d’ajouter du liquide en partie haute. Je vais probablement ajouter une vanne et une canalisation pour permettre aux profits bancaires d’alimenter les réserves de la banque centrale.
    La finance devient un jeu de légo ! Espérons que mon futur petit fils comprendra, pour reboucler avec le thème de l’espérance.

    1. Moi j’espère ( en fait ,pour le coup, je suis vraiment sur ) que lorsqu’il sera là, son grand père trouvera tout autre chose à lui raconter !

      1. @juan
        Grand-père ! Juan, vous me connaissez au travers de ce que j’écris, qui ne traduit pas ma pensée, c’est le principe de la tyrannie des mots. Les chiffres sont plus synthétiques mais tout aussi tyranniques, cf le PIB.
        Je suis le champion des casse-pieds quand j’ai une idée en tête. Elle tourne dans mon cerveau jusqu’à ce qu’il crie Euréka…

        Plus sérieusement, effectivement, avec mon petit-fils, je ne me comporterais pas ainsi. Je jouerai avec lui comme j’ai toujours joué avec mes enfants. Mais je crains de ne pas résister à l’intéresser aux sciences, à la physique, aux mathématiques, à l’économie politique, au fonctionnement du cerveau qui nous leurre tous les jours.
        J’essayerai de lui communiquer mon optimisme béat, mais raisonné, mon espérance dans une vie meilleure etc…

        Tout un programme ! Ne revient-il pas aux anciens d’aider les jeunes à appréhender notre monde. Je veux bien être, pour lui, un accélérateur de compréhension du monde qui nous entoure, en acceptant de me tromper. La transmission du savoir (la formation), c’est grâce à elle que nous discutons ensemble.

        Ce sera mon dernier commentaire sur ce billet. A bientôt Juan. Ce fut un plaisir.
        Je retourne à l’écriture besogneuse de mon bouquin.

      2. @Yves Vermont :

        Si les mots et les chiffres vous trahissent , vous avez sans doute raison de vous retourner vers le dessin et les schémas !

        Pour vos petits enfants présents ou à venir , vos préparatifs de généreuse transmission sont de bonne augure , mais attendez vous à ce que vos petits enfants vous apprennent plus que vous ne leur apprendrez !

        Car les enfants sont d’incroyables psychiatres .

        Bonne journée !

      3. il faut que tu respires du Mikey 3d au lieu du Johnny Hallyday .
        Car si l’idée, est de foutre le feu, moi je préfère maitriser les événements et non les subirent.

  12. Bon je maitrise pas la psychanalyse, j’ai l’impression d’avoir passé une bonne partie de mon adolescence à mon rapport à ma parenté, là où mes congénères cherchaient plutôt à ce reproduire, c’est comme ça.
    Mais est-ce qu’elle peut tempérer un sociopathe?, elle a surement des vertus sur la compensation d’un manque affectif (quoique les analystes me semblent aussi rigide qu’ils s’espèrent ouverts).
    Mais n’y a t-il pas des possibles plus simple a réaliser, peut-être moins ambitieux et plus rapides, qui offriraient déjà un questionnement suffisant (quoique faut déjà un certain état d’esprit).
    Si quelqu’un est assez compétent pour un billet sur les psy-machin-truc c’est le moment.

    1. Vous avez déjà fait une partie du bon chemin tout seul.
      La partie la plus difficile , celle qui consiste à faire le demi tour pour se remettre dans le sens du  » à venir  » , plutôt que du rétroviseur et de la fausse protection douillette .
      Pour la suite , psy ou pas , c’est affaire de rencontre avec des personnes assez fortes pour ne pas vous donner à porter leurs propres valises .

      1. Au passage , je crois que vous avez confondu sociopathe et a-social .
        Enfin j’espère ne pas me tromper .

      2. Franchement si je ne souhaitai pas m’occuper du « à venir » je n’aurai jamais écrit une ligne :), mais il suffit pas de chanter tout les jours.
        On savait que tel que fût configurer l’Euro (zone monnétaire non optimale avec des différentiels de taux d’endettement fragilisant les territoires à la fois périphérique et moins productif), la Grèce aurait son endettement qui exploserait (c’est presque un cas d’école des pays « en voie de développement » des années 80, excepter que l’endettement n’était pas basé sur une culture d’exportation, mais sur un simulacre d’unité Européenne) par rapport au PIB, ajuster des critères institutionnels la dessus c’est débile, ou monstrueux (vous avez le choix à Francfort de l’adjectif soit vous êtes débiles soit vous êtes encore une fois monstrueux), j’allai quand même pas me taper le film au ralentie alors qu’on connaissait l’épilogue (sans annulation d’une forte partie de la dette, sans une mutualisation de la dette, sans des transferts massifs ou une sortie de l’Euro, y avait que la tiers mondialisation du pays comme stratégie, c’est minable, cela résume le projet Européen depuis quelques décennies)
        Le  » à venir » il transpire assez.

  13. … »Je viens d’imaginer un schéma de représentation simplifiée de la circulation mondiale des liquidités« …

    Mais encore…??…°(^!^)°…

      1. Il y a des crises partout et dans tous les secteurs et la Bourse est en hausse ! Absurde.
        Ce vieux monde se délite, le nouveau émerge difficilement, mouvements tectoniques comme l’a dit P.J.
        Pas besoin d’être psychiatre pour constater l’énorme arnaque des puissants , le message à la plèbe : changez individuellement de comportement, recyclez, consommez mieux, acceptez la trahison énergétique, adaptez-vous ou crevez.
        Ils empêchent, censurent ou récupèrent les changements collectifs nécessaires au bien-être du plus grand nombre et les média sont leurs prophètes.

      2. @Béotienne :
        Si j’écoute et crois ce qui se dit , la dernière hausse des bourses , au moins occidentales , est due au report à un peu plus tard d’une hausse des taux d’intérêts américains par la FED .
        Et si la FED « patiente » , c’est parce que les courbes d’évolution du chômage aux States , ne sont pas bonnes .

        On ne saurait mieux démontrer que le bonheur des actionnaires a besoin du malheur des salariés .

        On cherche un psychiatre pour expliquer pourquoi et comment nous pouvons encore le supporter .

  14. Zébu : Qui est habile?
    Comme son billet n’appelle pas trop de commentaire , je me contente de noter qu’il alimente l’album de la Comtesse .

    Pour les billets en tir groupé de Paul Jorion et Marie-Paule Nougaret , je vais prendre mon joker , en notant vicieusement qu’ils manquent cependant de précision me permettant de les contredire , circonstancier ou enrichir, et , sans que mon entraineur ne me le demande, je vais m’asseoir 24 heures sur le banc de touche plutôt que m’étendre sur le divan du psy .

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